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Université Catholique d’Afrique Centrale

École des Sciences de la Santé

Rédiger un Protocole de recherche en sciences de la santé


et sciences humaines

Titre du projet de recherche (maximum 20 mots)

Cycle de formation :

Nom et adresse du responsable de la recherche :

Nom et adresse du directeur de recherche :

Date prévue de début de la recherche sur le terrain :

Date prévue de la fin de la recherche sur le terrain :

Kimessoukié Omolomo Étienne, Inf. Msc. PhD. - École des Sciences de la Santé – UCAC-2020 - 1
Table des matières

Elle présente les titres des pages liminaires, des chapitres et de leurs grandes sections, ainsi que les listes
des annexes, tout en précisant les numéros de pages respectives.

Exemple de sommaire pour cet ouvrage :

Table des matières __________________________________________________________ 2


Introduction générale de l’ouvrage _____________________________________________ 4
Chapitre 0 : Les pages liminaires du protocole de recherche _________________________ 7
Équipe de recherche _________________________________________________________ 9
Liste des abréviations _______________________________________________________ 10
Résumé / Abstract _________________________________________________________ 11
1 Chapitre I : État de la question (5 à 10 pages) ________________________________ 16
1.1 Contexte de l’étude ______________________________________________________ 16
1.2 Problème _______________________________________________________________ 16
1.3 Problématique __________________________________________________________ 17
1.4 Question de recherche ____________________________________________________ 18
1.5 Hypothèses de recherche __________________________________________________ 19
1.6 Objectifs de recherche ____________________________________________________ 19

2 Chapitre II : Cadre de recherche (10 à 15 pages) ______________________________ 22


2.1 Cadre de recherche dans un travail de 1er cycle ________________________________ 23
2.2 Cadre de recherche dans un travail de 2nd cycle ________________________________ 24
2.3 Cadre de recherche dans un travail de 3e cycle _________________________________ 26
2.4 Schéma conceptuel et modèle d’analyse conceptuel ____________________________ 27

3 Chapitre III : Site de l’étude et Méthodologie ________________________________ 32


3.1 Site de l’étude ___________________________________________________________ 32
3.2 Méthodologie ___________________________________________________________ 32

4 Chapitre 4 : Considérations éthiques _______________________________________ 63


4.1 Populations vulnérables ___________________________________________________ 63
4.2 Compensation-incitatif-rémunération ________________________________________ 64
4.3 Risques et inconvénients __________________________________________________ 64
4.4 Avantages ______________________________________________________________ 64

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4.5 Divulgation partielle ______________________________________________________ 64
4.6 Informations aux participants ______________________________________________ 65
4.7 Consentement écrit ou verbal ______________________________________________ 65
4.8 Protection des données à caractère personnel _________________________________ 65
4.9 Utilisation ultérieure des données ___________________________________________ 65

5 Budget et chronogramme de la recherche ___________________________________ 66


5.1 Budget _________________________________________________________________ 66
5.2 Chronogramme de la recherche _____________________________________________ 67

Normes Typographique des textes et Références bibliographiques __________________ 68


Format des nombres, des tableaux et des figures_____________________________________ 68
Renvois bibliographiques, citations et liste des références bibliographiques _______________ 68
Quelques exemples de présentation des références dans la liste de références ____________ 69

Annexe 1 Notice d’information _______________________________________________ 71


Annexe 2 : Formulaire de consentement Éclairé __________________________________ 73

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Introduction générale de l’ouvrage

La recherche scientifique est une démarche systématique de production de nouvelles


connaissances (recherche fondamentale) ou de nouvelles solutions (recherche appliquée). Elle vise
à : décrire les caractéristiques ou les composantes des phénomènes ; décrire le contexte d’émergence
d’un phénomène, les interactions du phénomène à l’étude avec d’autres phénomènes ; expliquer et/ou
modéliser les relations entre le phénomène à l’étude et les autres phénomènes avec lesquels il interagit ;
prédire la survenue ou les manifestations du phénomène à l’étude ; contrôler ou modifier les
manifestations du phénomènes (Fortin & Gagnon, 2016) ; ou Développer de nouvelles solutions à des
problèmes. Elle est au cœur du développement des pratiques professionnelles, de l’innovation et de la
transformation sociale. Dans le domaine de la formation, elle est au cœur du processus de
développement et acquisition des compétences par les apprenants. Dans le système de formation LMD1,
elle est présente dans chacun des cycles, dont elle sanctionne la fin, à travers la rédaction d’un travail
de recherche et la soutenance devant un jury.

La recherche scientifique permet de remettre en question les pratiques professionnelles, les


comportements et les différentes visions des choses. Elle permet de questionner ou d’interroger le réel
ou ce que nous considérons comme allant de soi. Elle conduit à la découverte de certaines facettes de la
réalité qui existe dans notre environnement de façon inconsciente (Nkoum, 2016). Elle a pour finalité
de faire avancer les connaissances scientifiques sur un objet ou un sujet donné.

Pour l’Association Médicale Mondiale, l’objectif premier de la recherche médicale [ou de manière plus
large en santé] qui implique la participation des êtres humains, que ce soit dans le cadre de la recherche
expérimentale ou non, est de comprendre les causes, le développement et les effets des maladies et
d’améliorer les interventions préventives, diagnostiques et thérapeutiques (méthodes, procédures et
traitements). Elle soutient également que même les meilleures interventions éprouvées doivent être
évaluées en permanence par des recherches portant sur leur sécurité, leur efficacité, leur pertinence, leur
accessibilité et leur qualité (AMM, 2013).

La recherche est donc importante pour le développement des disciplines et la reconnaissance du champ
d’action des professions. Elle est le principal outil d’innovation et d’amélioration des pratiques
professionnelles. Elle fournit l’occasion de démontrer la valeur des services professionnels offerts à la
population et permet de fournir des données probantes pour mieux éclairer les décisions et améliorer
ainsi la pratique (Fortin & Gagnon, 2016).

Si la recherche est indispensable pour la transformation sociale et l’amélioration de la qualité de vie des
personnes, elle peut également représenter des risques importants pour les participants. La conduite
d’une recherche auprès des êtres humains, si elle n’est pas règlementée, peut mener à des abus ou à des
dommages sur les plan physique, psychologique et social (Fortin et Gagnon, 2016, p.150). L’histoire
nous enseigne d’ailleurs plusieurs dérives dans des recherches, intentionnelles ou non, qui ont entrainées
la mort des participants ou ont occasionnées des séquelles réversibles ou irréversibles sur ces derniers.
C’est en réponse aux violations des droits de la personne que des codes visant à réglementer la recherche
auprès des êtres humains ont été peu à peu instaurés à l’échelle internationale. Le Code de Nuremberg
et la Déclaration d’Helsinki figurent parmi les efforts les plus évidents pour contrer les violations des
droits de l’homme ; ceux-ci soutiennent que la recherche en santé est soumise à des normes éthiques qui

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Licence – Master - Doctorat

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promeuvent et assurent le respect de tous les êtres humains et qui protègent leur santé et leurs droits.
L’AMM (2013) soutient avec force que si l’objectif premier de la recherche en santé est de générer de
nouvelles connaissances, cet objectif ne doit jamais prévaloir sur les droits et les intérêts des personnes
impliquées dans la recherche. C’est à ce titre qu’elle recommande que la conception et la conduite de
toutes les recherches impliquant des êtres humains soient clairement décrites et justifiées dans un
protocole de recherche.

Le protocole de recherche est un document écrit officiel, qui décrit l’étude qu’un chercheur voudrait
entreprendre, quel que soit le type de recherche : qualitative, quantitative ou développemental. Il décrit
les différentes phases de la recherche à entreprendre, les règles qui seront observées dans les relations
entre le chercheur, les pouvoirs publics et la population concernée par l’étude. Il doit donc contenir
également une déclaration sur les enjeux d’éthiques de la recherche, notamment comment ils seront pris
en considération. Il devrait également inclure des informations concernant le financement, les
promoteurs, les affiliations institutionnelles, les conflits d’intérêts potentiels, les incitations pour les
personnes impliquées dans la recherche et des informations concernant les mesures prévues pour soigner
et/ou dédommager celles ayant subi un préjudice en raison de leur participation à la recherche. C’est
donc un engagement, un cahier de charges, une convention, un guide qui dicte les règles de conduite du
chercheur pendant tout le processus du travail de recherche (AMM, 2013; Bossali et al., 2015).

Le protocole de recherche est un document écrit et officiel rédigé prioritairement pour les Comités
d’éthique de la recherche et les terrains d’études en vue de l’obtention, respectivement, d’une clairance
éthique et d’une autorisation administrative pour effecteur la recherche. Il est aussi souvent destiné à
des organismes subventionnaires pour l’obtention de financement pour le recherche. L’AMM (2013) et
le Ministère de la Santé publique du Cameroun, à travers le Comité national d’Éthique de la Recherche
pour la Santé Humaine, conditionnent d’ailleurs le début de toute phase empirique de la recherche, par
l’obtention d’une clairance éthique. Un protocole de recherche doit comprendre :

1) des pages liminaires : titre du projet de recherche, table des matières ; informations sur les
membres de l’équipe de recherche et les promoteurs ; la liste des abréviations, des tableaux et
figures s’il y a lieu ; la liste des annexes ; le résumé du projet de recherche en français et en
anglais. Dans cet ouvrage, la description de ces pages liminaires est faite dans le « Chapitre 0 ».
Ce chapitre a été numéroté ainsi à dessein afin que la numérotation des chapitres qui suivront
corresponde à ceux d’un protocole.

2) Un 1er chapitre sur l’état de la question, d’une longueur comprise entre 5 à 10 pages, selon
la complexité du projet de recherche. Ce chapitre présente : le contexte d’émergence du
problème de recherche ; un énoncé du problème de départ ; une présentation de la problématique
de la recherche dans laquelle sont décrit brièvement, entre autres, le bilan des connaissances sur
le problème de départ, l’ancrage théorique et méthodologique de l’étude ; les questions,
hypothèses s’il y a lieu, et objectifs de recherche ; l’intérêt ou les retombées théoriques et
pratique de l’étude.

3) Un 2e chapitre sur le cadre de recherche : celui expose de manière un peu plus détaillée la
revue de littérature sur le problème de départ, le cadre théorique et/ou conceptuel de l’étude, le
schéma et le modèle d’analyse conceptuel de l’étude. Ce chapitre est d’une longueur de 10 à 15
page selon la complexité de l’étude.

4) Un 3e chapitre sur le site et la méthodologie : il décrit le terrain de l’étude ; le devis de


recherche ; le plan de recherche et le protocole d’intervention s’il y a lieu ; les participants ; les

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outils de collecte de données ; le matériel et méthodes s’il y a lieu pour les recherches
biomédicales ; le processus de collecte et d’analyse des données ; les critères de rigueur
scientifique de l’étude (validité interne et externe).

5) Un 4e chapitre sur les considérations éthiques : il énonce les dispositions prises dans l’étude
pour les populations vulnérables ; les compensations – incitatif – rémunération des participants,
s’il y a lieu ; la gestion des risques et inconvénients qui pourront survenir au cours de la
recherche ; il décrit les avantages associés à la participation des individus à la recherche ; il
décrit s’il y a lieu les raisons de divulgation partielle des informations sur l’étude aux
participants ; les modalités de diffusion ou non des résultats de la recherche aux participants ;
le processus de recueil du consentement libre et éclairé des participants ; les mesures de
protection des données à caractère personnel ; les conditions d’utilisation ultérieure des
données ; la convention de partage des données dans le cadre des recherches internationales ;
les conflits intérêts, le cas échéant.

6) Une liste des références bibliographiques décrivant selon le système de référence choisi,
toutes les sources bibliographiques qui ont été utilisées dans le document.

7) des pages annexes comprenant : le budget et le calendrier de l’étude ; tous les outils de collectes
des données qui seront utilisés (grilles d’extraction pour les études retrospectives, grilles
d’observation, questionnaires, guides d’entretien, échelles, vignettes, etc.); une copie de la
notice d’information aux participants et une copie du formulaire de consentement éclairé ; les
formulaires d’engagement de confidentialité de tous les membres de l’équipe de recherche qui
auront accès aux données de l’étude, le curriculum vitae des principaux investigateurs.

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Chapitre 0 : Les pages liminaires du protocole de recherche

Dans ce document, la description de ces pages liminaires est faite dans le « Chapitre 0 ». Ce chapitre a
été numéroté ainsi à dessein afin que la numérotation des chapitres qui suivront corresponde à ceux d’un
protocole

1. Titre du projet de recherche

Il doit comprendre un maximum de 20 mots. Les critères du PICOS aident à formuler le titre qui devrait
contenir le Problème, la Pathologie s’il y a lieu, la Population, l’Intervention s’il y a lieu, le critère de
comparaison s’il y a lieu, et le site de l’étude.

Exemple

« Facteurs associés à la Transmission Mère –Enfant de l’hépatite B dans les formations Sanitaires
du District de santé de Mokolo »
Problème : Transmission de l’Hépatite B
Pathologie : Hépatite B
Population : Mère-enfant
Site de l’étude : Formations sanitaires du District de santé de Mokolo

2. Table des matières

Les us à l’École des Sciences de la santé suggère au début du document un Sommaire (table de matière
abrégée) qui présente les grands titres, et à la fin du document, une table des matières qui présente tous
les titres et sous-titres.

Pour un document peu volumineux comme un protocole, le chercheur pourrait se contenter d’une Table
des matières en début de document.

Il est fortement recommandé d’utiliser le traitement de texte avancé proposé par Microsoft Word afin
de pouvoir générer automatiquement ce Sommaire et/ou Table de matières.

3. Informations sur les membres de l’équipe de recherche et les promoteurs

Les membres de l’équipe de recherche sont constitués des personnes qui interviennent d’une manière
ou d’une autre dans la conception du protocole de recherche, le recueil et l’analyse des données, ou alors
dans la rédaction du rapport final.

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Les participants ou personnes enquêtées, les autorités administratives de l’Institution de formation ou
du lieu de collecte des données, les membres des Comités d’éthique ne font donc pas partie de l’équipe
de recherche.

Le chercheur doit également, s’il y a lieu, fournir des informations sur l’identité des promoteurs de la
recherche ; notamment des organismes subventionnaires, en précisant la nature de la contribution ou du
soutien. Dans ce cas de figure, le chercheur devra dans le chapitre relatif aux Considérations éthiques,
préciser s’il y a ou non des conflits d’intérêt.

4. Liste des abréviations, des tableaux et figures

La liste des abréviations, symboles, sigles et acronymes présente de manière exhaustive toutes les
abréviations, symboles, sigles et acronymes utilisés dans le document. Il est recommandé aux chercheurs
de n’utiliser que des abréviations conventionnelles (Exemple : OMS, ONU, HTA, cm, USA, Mme, Dr,
%, etc.). L’emploi d’abréviation non conventionnelle rend pénible la lecture d’un document car elle
occasionne de nombreux vas et viens entre le texte et la liste des abréviations ; c’est pourquoi le
chercheur limitera leur usage.

5. Liste des annexes

Dans le cadre d’un protocole, les annexes le plus souvent exigés sont : les outils de collecte de données,
la notice d’information, le formulaire de consentement éclairé, le formulaire d’assentiment s’il y a lieu,
les lettres d’engagement à la confidentialité des membres de l’équipe de recherche, autres que les
investigateurs principaux, les curriculums vitae des investigateurs principaux, la lettre d’acceptation de
financement de la recherche s’il y a lieu.

6. Résumé du projet de recherche en français et en anglais.

À la fin des pages liminaires, le chercheur introduira un résumé en français en anglais du protocole de
recherche. Celui-ci comprendra une brève description du problème de recherche, l’objectif général de
l’étude, la méthodologie (méthode de recherche, participants, technique et taille d’échantillon, outils de collecte
des données, stratégie d’analyse des données) et les retombées anticipées de l’étude. Ce résumé comprendra
en moyenne 300 mots. Le chercheur y insérera à la fin 5 à 8 mots clés. Il pourra se référer au PICOS
pour les identifier.

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Équipe de recherche

Identifiez chacune des personnes qui auront à intervenir lors de votre recherche en précisant le statut de chacune
(étudiant, technicien, professionnel, chercheur) et le rôle qu'elle jouera (rédaction du protocole, recrutement des
participants, explication de la recherche, collecte de donnée, analyses des données, rédaction du rapport final,
etc.).

Chacune de ces personnes devra rédiger un engagement à la confidentialité. Ce document, pour chacun des
membres de l’équipe de recherche, une fois rempli, doit se mettre en annexe.

NB : Les informateurs clés ou les personnes enquêtées ne sont pas membres de l’équipe de recherche.

Exemple :

Moi, [nom du membre de l’équipe de recherche], je m'engage à collecter ou traiter, dans la

plus stricte confidentialité, les données de recherche auxquelles j’aurai accès dans le cadre du

projet intitulé [titre du projet de recherche], mené par le chercheur principal [ Nom du

chercheur principale ], et supervisé par [ nom du Directeur de mé moire et de

thèse, pour les projets conduits par des étudiants] , conformément à toutes les normes
éthiques qui s'appliquent aux projets comportant la participation de sujets humains.

Date : ___/____ /_______ Date : ___/____ /_______

Signature :

[Nom du membre de l’équipe de recherche] [Nom du chercheur


principale]

Membre de l’équipe de recherche Chercheur principal

S'agit-il d'un projet multicentrique?


S'il y a lieu, indiquer : le nom des institutions et /ou organismes impliqués dans la recherche ou ceux dont la
collaboration s'avère nécessaire pour l'obtention d'autorisation, d'accès aux données ou autres, la nature des
démarches qui ont déjà été faites pour s'assurer de leur collaboration, le nom de la personne responsable si elle
est connue. Pour les recherches expérimentales, Il est recommandé d’obtenir un accord de principe des sites de
l’étude. Cet accord est demandé et délivré sous réserve de l’approbation du projet de recherche par un comité
d’éthique.
NB : la délivrance des clairances éthiques pour les recherches multicentriques ou les essais cliniques sont du
ressort du Comité national d’éthique de la recherche.

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Liste des abréviations

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Résumé / Abstract

Résumé
Donnez un aperçu global du problème, de votre objectif de recherche, de votre méthode de recherche, des outils
de collecte des données, de la population visée et de la démarche de recrutement de votre projet de recherche,
de la stratégie d’analyse des données.
Pour le cas spécifique du résumé d’un protocole de recherche, le chercheur y ajoutera les retombées théoriques
(notamment en quoi la recherche qu’il voudrait entreprendre contribuera à l’avancement des connaissances) et
les retombées pratiques de l’étude (ce que cette étude apporterait sur le plan social ou clinique) attendues.
Ce résumé aura une taille d’environ 300 mots.

Mots clés : 4 à 6 mots clés


Le chercheur pourra s’inspirer de la méthode PICOS pour identifier les mots clés. Ceux-ci devront donc
comprendre : La Problème et ou la Pathologie, la Population, l’Intervention, la Comparaison et le Résultats s’il
y a lieu, le site ou région de l’étude.

Abstract
Give an overview of the research problem, objectives, method, population of study, and the procedure to be used
to recruit participants for your research project (about 300 words)

Keywords:

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Exemple de résumé d’une recherche quantitative pour un
protocole
Ce résumé est issu du protocole du mémoire de master en sciences infirmières réalisé par l’Étudiant Killanga
Killanga Roméo au cours de l’année académique 2018-2019. Cette recherche portait sur « Effet de la diffusion
d’une vidéo éducative sur les compétences des accompagnateurs d’enfants fébriles de moins de cinq ans ».

Problème. La fièvre constitue le motif le plus fréquent en consultation pédiatrique. Malgré les
approches traditionnelles d’éducation pratiquées dans les formations sanitaires, plusieurs études
montrent que les parents ont besoin de plus de connaissances et aptitudes en gestion des enfants
fébriles de moins de cinq ans (GEF˂5). Une approche techno-pédagogique de l’éducation en
santé ayant recours à la vidéo pourrait être plus efficace pour développer les compétences des
parents en GEF˂5. Objectif. Déterminer l’effet de la diffusion d’une vidéo éducative sur les
compétences des parents en GEF˂5. Méthodologie. Cette étude utilisera la méthode Delphi
pour le développement et la validation de la vidéo éducative. Cette dernière se fera par des
experts (pédiatres, médecins généralistes et infirmières travaillant en pédiatrie) à l’aide d’une
grille de validation élaborée pour la circonstance. Elle va aussi recourir à une méthode de
recherche quasi expérimentale pour évaluer l’effet de cette vidéo. Un questionnaire sera
élaboré pour mesurer les compétences des parents en GEF˂5 (avant et après la diffusion de la
vidéo). La population visée ici concerne les parents venus consulter au Centre de Santé
Catholique de Nkol Eton (groupe expérimental, N=60) et au Centre Hospitalier Catholique
Claudine Echernier (Groupe contrôle, N=60), tous de la ville de Yaoundé. L’échantillon sera
extrait de cette population par la technique non probabiliste de convenance. L’obtention d’un
Alpha de Cronbach supérieur à 80% permettra la validation du questionnaire de compétence.
Un test T de Student pour échantillons appariés permettra d’évaluer l’efficacité de l’approche
éducative par vidéo et le calcul du « d de Cohen » donnera une estimation de la taille d’effet de
cette intervention. Retombées de l’étude. Les résultats de cette étude pourront soutenir les
politiques d’éducation en santé fondée sur les techno-pédagogies et valider une vidéo dont
l’utilisation pourra être immédiate après l’étude.

Mots clés : Fièvre, Vidéo éducative, Compétences des mères, Enfants fébriles, Yaoundé.

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Exemple de résumé d’une recherche qualitative pour un protocole
Ce résumé est issu du protocole du mémoire de master en sciences infirmières réalisé par l’Étudiante Nénoumé
Wanda Géraldine au cours de l’année académique 2017-2018. Cette recherche portait sur « Expérience de
résilience des personnes traumatisées à la suite d’un accident de la voie publique ».

Problème. Les accidents de la route sont des évènements inattendus qui perturbent
significativement la vie des personnes. Ils sont responsables de profonds traumatismes
physiques et psychiques qui affectent l’autonomie et la qualité de vie des victimes dont certaines
vont sombrer dans la troubles anxieux, dépressifs et/ou dans la déficience physique, tandis que
d’autres vont réussir à remonter la pente et à réorienter positivement leur vie. Quel processus et
composantes de cette expérience positive pourraient structurer un programme
d’accompagnement des personnes victimes d’accidents de la voie publique ayant entrainé une
déficience motrice ou une psychopathologie ? Objectif. Comprendre à partir du paradigme de
la transformation et de l’École de l’humain en devenir de Rizzo Marie Parse (1990), le
phénomène de la résilience chez des personnes ayant subi un traumatisme par accident de la
voie publique. Méthodologie. Cette recherche aura recours à une méthode phénoménologique
descriptive. À l’aide de plusieurs entretiens individuels approfondis, elle recueillera jusqu’à
saturation l’expérience des personnes accidentées résilientes. Les participants seront recrutés
parmi les anciens patients du Centre National de Réhabilitation des personnes handicapées
d’Etoug Ebé (Yaoundé). Un premier entretien avec les personnes présélectionnées et une
évaluation avec l’échelle de résilience de Wagnild et Young permettra d’identifier les personnes
résilientes avec qui seront poursuivis les entretiens. Une analyse de contenu permettra de
ressortir les facteurs et le processus de résilience qui sous-tendent l’expérience positive des
personnes accidentées qui ont remontées la pente. Retombées. Les résultats de cette étude
contribueraient à élaborer un programme de résilience assistée pour les personnes traumatisées
à la suite d’un accident de la voie publique.

Mots clés : Résilience, Accidents de la voie publique, Traumatisme, Déficience physique,


Yaoundé.

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Exemple de résumé d’une recherche – Développement pour un
protocole
Ce résumé est issu du protocole de recherche conduite l’étudiante en Doctorat Sciences Infirmières à l’ESS,
Nkamga Tachoua Armelle, pour une recherche qui a été présentée lors des 2e Journées Scientifiques Infirmières
du Cameroun, du 10 au 12 mai 2019. Cette communication portait sur le « Développement d’un protocole de
prévention des incidents liés au cathétérisme veineux périphérique ».

Problème. L’observation des environnements de soins infirmiers au Cameroun montre un très


grand déficit en référentiels de soins socialement et culturellement ancré. L’Association des
Infirmiers et Infirmières du Cameroun (AIIC), face à ce constat, et en s’appuyant sur les
dispositions du document de Stratégie Sectorielle de Santé du Cameroun révisée le 14 août
2008 a entrepris de contribuer à réduire ce gap. Elle a choisi de se pencher sur une situation
clinique à laquelle sont confrontés les professionnels des soins infirmiers au quotidien.
Objectif. Elaborer un protocole de prévention des incidents liés au cathétérisme veineux
périphérique. Méthodologie. L’étude aura recours à la méthodologie de la recherche-
développement. Elle se déroulera en trois principales phases : (1) la phase de développement
de la version préliminaire comprend la définition de l’objectif du protocole, la constitution et
l’organisation d’un groupe de travail, la synthèse des savoirs scientifiques et expérientiel, et
l’élaboration de la version préliminaire du protocole. La synthèse des savoirs scientifique s’est
faite à partir d’une recension des écrits dans les bases de données Hinari et Google Scholar, en
utilisant les descripteurs peripheral venous catheterization security. La recension des savoirs
expérientiels se fera par des entretiens avec des infirmiers expérimentés exerçant depuis au
moins une dizaine d’année dans des hôpitaux de Yaoundé. (2) La phase de validation sera
constituée de cinq étapes, notamment, la pré-validation de la version préliminaire du protocole,
la construction d’une grille de validation, la passation de la grille de validation et le calcul des
accords inter-juges, la rédaction du manuel utilisateurs, y compris la sélection des outils qui
contribueront à l’application du protocole. (3) La phase d’implantation du protocole se fera en
trois étapes : le briefing du personnel soignant des services des hôpitaux sélectionnés pour
l’implantation du protocole, l’utilisation du protocole sous la supervision des responsables
nursing, l’évaluation de l’efficacité du protocole pour la réduction du nombre d’incidents et le
confort de la personne malade, et le débriefing du personnel participant. Retombées.
Standardisation de la prévention des incidents liés au cathétérisme périphérique, et
amélioration du confort des personnes des malades sous cathéter périphérique.

Mots Clés : Cathétérisme veineux périphérique, Incidents, Prévention, Recherche –


Développement, Yaoundé.

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Exemple de résumé d’une recherche quantitative pour un
mémoire ou un article scientifique
Ce résumé est issu du mémoire de master en sciences infirmières réalisé par l’Étudiant Killanga Killanga Roméo
au cours de l’année académique 2018-2019. Cette recherche portait sur « Effet de la diffusion d’une vidéo
éducative sur les compétences des accompagnateurs d’enfants fébriles de moins de cinq ans ».

Quelle différence faites entre ce résumé et celui du protocole figurant sur les pages précédentes ?

Problème. La fièvre constitue le motif le plus fréquent en consultation pédiatrique. Malgré les
approches traditionnelles d’éducation pratiquées dans les formations sanitaires, plusieurs
études montrent que les parents ont besoin de plus de connaissances et aptitudes en gestion des
enfants fébriles de moins de cinq ans (GEF˂5). Une approche techno-pédagogique de
l’éducation en santé ayant recours à la vidéo pourrait être plus efficace pour développer les
compétences des parents en GEF˂5. Objectif. Déterminer l’effet de la diffusion d’une vidéo
éducative sur les compétences des accompagnateurs d’enfants fébriles de moins de cinq ans.
Méthodes. Une étude quasi expérimentale a été réalisée. La taille de l’échantillon était de
200 accompagnateurs dans le groupe expérimental contre 51 dans le groupe contrôle avant
l’intervention. Au post test, le groupe expérimental a été constitué de 50 participants
comparativement au groupe témoin qui a compté 30 participants. Des statistiques descriptives
et inférentielles ont été réalisées à l’aide du logiciel SPSS 19 avec un seuil de signification de
0,05. Résultats. La capsule vidéo a été validée par un comité de professionnel de la santé et a
obtenu un accord inter juge de 94,49 %. L’échelle de compétence quant à elle a obtenu un score
de 95,56 %. Une différence significative de compétence ressort entre le nombre d’enfants dans
une famille, la position de l’enfant dans la fratrie, l’occupation de l’accompagnateur et le
niveau de compétences de l’accompagnateur. L’effet de la vidéo est de grande taille, et celle-
ci a obtenu un feedback positif de la part des participants. Conclusion. La vidéo permet
d’améliorer significativement les compétences des accompagnateurs d’enfants fébriles. Il
serait intéressant d’expérimenter en contexte camerounais cette forme d’éducation dans
d’autres domaines de la santé où un changement de comportement est jugé nécessaire,
notamment en contexte d’épidémie et/ou pandémie.

Mots-clés : Fièvre, vidéo éducative, compétences des accompagnateurs, enfants fébriles de


moins de cinq ans

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1 Chapitre I : État de la question (5 à 10 pages)

Rédiger un état de la question qui expose le problème de départ, qui montre en quoi le problème que vous soulevez
est en rapport avec votre discipline, un bilan synthétique de la littérature sur ce problème de départ (qui énonce
ce que les chercheurs ont dit de ce problème, les limites que vous identifiez à ce qu’ils ont dit, les aspects du
problème que ces chercheurs n’ont pas abordé dans leurs études). E chapitre permet aussi de délimiter ce sur
quoi vous allez spécifiquement orienté votre recherche et sur quelles théories se fondera votre étude (montrer en
quoi cette théorie est pertinente pour l’étude du problème que vous avez délimité). Cette section aura la structure
ci-après.

1.1 Contexte de l’étude

C’est une présentation générale du phénomène, un bref exposé sur le sujet à l’étude, sa définition, son
ampleur en allant du général au particulier (prévalence et mortalité, le cas échéant, en utilisant
l’approche de l’entonnoir), les circonstances socio-environnementales dans lequel le phénomène
émerge, les facteurs associés ou les phénomènes avec lesquels il y a interrelation, l’évolution du
phénomène, les conséquences écosystémiques (individuelles, familiales et environnementales) et les
complications, etc.

C’est un argumentaire logique, ordonné et progressif qui permet d’emmener le sujet et de conduire
graduellement le lecteur vers le problème d’intérêt que veut aborder la recherche. Il permet à terme de
montrer que le problème soulevé se situe dans un grand ensemble.

1.2 Problème

Le problème décrit habituellement un écart entre une situation observée et une situation attendue; une
situation réelle ou actuelle et une situation normative; entre des connaissances attendues sur un objet ou
phénomènes, et des connaissances disponibles sur ces objet et phénomène. Le problème est une question
à résoudre. Dans le champ spécifique de la recherche, c’est une difficulté théorique ou pratique dont la
solution n’a pas encore été trouvée ou reste incertaine (Ferron, Bédard, & Oliver, 2005). Le problème
peut donc être social ou scientifique. Le problème social traduit une difficulté pratique. Il est aussi appelé
problème de départ. Le problème théorique correspond quant à lui au problème scientifique ou de
recherche.

Le problème pratique ou social décrit un écart entre une situation attendue et une situation observée,
ainsi que les limites des stratégies mises en œuvre par divers acteurs pour réduire cet écart. Il a davantage
un ancrage empirique ou social. Il comprend quatre principales caractéristiques :

 un écart dont l’ampleur est ou pourrait être mesurable et observable. En santé publique, il
pourrait s’agir de la prévalence d’un phénomène, de la variation de cette prévalence ou de tout
autre indicateurs de santé au cours d’une période (exemple : accessibilité aux soins, variation
de la fréquentation ou du recours à certains services de santé, mortalité, etc.)
 des conséquences de cet écart sur la santé ou le bien-être des populations. Ces conséquences
peuvent être décrites sur les plans biologique, psychologique et social ; sur les plan individuel,
familial, communautaire, économique et environnemental ; etc.

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 les solutions existantes ou les actions entreprises pour réduire cet écart, ainsi que les résultats
obtenus;
 un questionnement sur la complexité ou les différentes facettes ou angles dudit problème, etc.

Il est important qu’apparaissent ici des faits observés ou tirés de la littérature qui peuvent décrire de
manière explicite la situation qui fait problème. Pour densifier cette partie, les chercheurs ont parfois
recours à des études exploratoires. Si le contexte a une orientation plus générale, le problème a, quant à
lui, au 2nd cycle, une orientation plus spécifique avec le lieu, la culture, et la population qui est concernée
par l’étude ; ou encore avec le champ disciplinaire. C’est donc un exposé socialement et/ou
culturellement ancré sur la question de départ. Pour Loiselle et al. (2007, p. 116), « un problème de
recherche est une situation comportant des aspects énigmatiques, confus ou conflictuels, qui peuvent
être éclairés grâce à une exploration méthodique ».

Le problème théorique décrit les questionnements qui sous-tendent les débats dans une discipline sur un
objet de recherche, les différentes méthodes utilisées pour l’étudier, ou encore les débats qui découlent
des différents positionnements épistémologiques dans lesquels les chercheurs s’inscrivent pour aborder
l’objet de recherche. Cette dimension du problème correspond davantage à des travaux de 3e cycle.

1.3 Problématique

La problématique est l’étude du problème social/pratique ou encore un ensemble de délimitation


(disciplinaire, thématique, géographique et théorique) que le chercheur fait pour circonscrire son objet
de recherche. Pour Nkoum (2005, p. 76), « c’est l’approche ou la perspective théorique qu’on décide
d’adopter pour traiter le problème posé par la question de départ ». Elle comprend trois principales
parties.

La première sous-section de la problématique permet de situer l’objet de recherche dans un champ


disciplinaire ; situer en quoi il s’insère dans l’objet d’étude d’une discipline. Un même objet de recherche
serait abordé différemment selon la discipline dans laquelle on le traite. Dans le cas des Sciences
Infirmières par exemple, le chercheur montre que le phénomène à l’étude fait partie de la classification
des diagnostics infirmiers, la classification des interventions infirmières ou encore la classification des
résultats de soins. Il peut également montrer que le phénomène auquel il s’interesse est un objet d’étude
de sa discipline en citant les modèles ou théories qui en font mention, ou les auteurs qui s’y sont
intéressés (motivation, résilience, autosoins, besoin, adaptation, etc.). En santé publique, il peut montrer
en quoi le problème décrit se situe dans les politiques prioritaires de santé actuelles. Dans les disciplines
plus cliniques, il peut montrer la relation qu’il y a entre le problème décrit, les référentiels d’intervention,
les protocoles et guides de bonnes pratiques, la classification internationale des maladies, les politiques
de soins, etc.

La deuxième sous-section de la problématique permet de faire un bref état des connaissances sur l’objet
de recherche. Il s’agit ici de ressortir succinctement les résultats des études qui ont portés sur le problème
décrit, leurs limites et les aspects qui n’ont pas encore été abordé. Lorsqu’un sujet a été très peu, sinon
pas du tout abordé dans la littérature, il constitue un sujet original et représente un très grand intérêt en
recherche. Cette revue de littérature, très sommaire dans cette sous-section, est développé plus
amplement dans le chapitre ou la section consacrée à la revue de la littérature. Elle permet de justifier
scientifiquement la nécessité d’entreprendre l’étude ; elle permet de circonscrire l’objet scientifique de
l’étude afin que la recherche à entreprendre contribue à un avancement des connaissances. Cette sous-

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section ne peut donc être rédigée valablement qu’après avoir rédigé la section Revue littérature dont elle
n’est qu’un brève synthèse.

La troisième sous-section de la problématique porte sur l’ancrage ou l’orientation épistémologique /


théorique de l’étude. Le chercheur y justifie son positionnement théorique par rapport aux différents
débats scientifiques, les principaux postulats et/ou composantes de la théorie qui orienteraient l’étude.
Il faut toutefois rappeler qu’un chercheur peut mobiliser plusieurs théories dans une étude. Ce
positionnement théorique fera l’objet d’un développement plus approfondi dans la section ou le chapitre
portant sur le cadre théorique. En Recherche, la vérité scientifique émerge du débat, de la confrontation
des idées, de la contradiction. Le principe de falsificationnisme en recherche soutient que toute vérité
scientifique est falsifiable ; c’est-à-dire qu’elle est sujette à débat ou à contraction. Il existe donc
rarement un consensus sur les vérités scientifiques ; elles font souvent l’objet de positions différentes
entre diverses écoles de pensée. Il est donc important dans cette sous partie de mettre en évidence ces
différents débats épistémologiques sur l’objet et les méthodes de recherche, et pour le chercheur, de
décliner dès le départ sa position épistémologique. Les résultats d’une recherche portant sur un problème
scientifique donné diffèreront selon les approches théoriques choisies. Il est donc important que le
chercheur clarifie le positionnement épistémologique de l’étude, le cas échéant, comment les théories
convoquées pourraient éclairer l’étude de l’objet de recherche circonscrit. Ce positionnement
épistémologique influence en général les questions, hypothèses et objectifs de recherche.

1.4 Question de recherche

Une question de recherche est une interrogation sur la nature, l’expérience, la signification, la structure,
l’ampleur, les relations, le processus, les causes, les facteurs de risque, les facteurs de protection, les
conséquences, les stratégies de contrôle d’un ou plusieurs phénomènes pour lesquels il y aurait un déficit
de connaissances. C’est une interrogation sur un ou plusieurs phénomènes et dont la réponse nécessite
un travail de recherche. Elle se formule à la forme interrogative et comprend les concepts ou variables
clés de l’étude, ainsi que la population cible. Pour Fortin et Gagnon (2016), c’est un énoncé interrogatif
déterminant les concepts clés et la population cible qui feront l’objet d’une investigation empirique. Elle
se décline en plusieurs questions secondaires ou spécifiques.

La question principale de recherche ou question scientifique est un énoncé formulé à la suite d’une
recension d’écrit et éventuellement à la suite du choix de l’ancrage théorique ou épistémologique de
l’étude. Elle se formule donc au terme de la problématique, qui est le processus qui permet le
cheminement du problème social au problème scientifique, de la question de départ vers la question
principale de recherche. Cette question principale doit donc exprimer une volonté d’avancement des
connaissances.

Les questions secondaires de recherche découlent de la question principale de recherche. Elles ont
souvent un caractère plus opérationnel et fondent l’ossature du travail de recherche. Elles guident la
conception des principales sections des outils de collecte des données. Elles se formulent très souvent à
partir des dimensions ou composantes du concept cible ou d’intérêt de l’étude dont l’opérationnalisation
a été faite en fonction de l’ancrage théorique, le cas échéant.

Dans une recherche quantitative, les questions de recherche (principale et secondaires) restent stable
tout au long du processus de recherche, alors que dans une recherche qualitative, elles peuvent évoluer
en fonction des réalités rencontrées sur le terrain.

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1.5 Hypothèses de recherche

Une hypothèse de recherche est une réponse provisoire à une question de recherche; c’est la prédiction
qu’un chercheur fait sur la relation entre une ou plusieurs variables indépendantes et une ou plusieurs
variables dépendantes, sur la base de la littérature scientifique existante. Une bonne hypothèse doit
indiquer une relation entre au moins deux variables ; elle doit être claire, précise et vérifiable ; elle doit
avoir des fondements théoriques et elle doit être formulé au présent de l’indicatif. Les chercheurs
formulent habituellement une hypothèse générale et des hypothèses opérationnelles.

Dans le chapitre ou la section consacrée à la méthodologie, ce sont les hypothèses opérationnelles que
le chercheur décompose en hypothèses statistiques. Pour chaque hypothèse opérationnelle, pour avoir
l’hypothèse nulle (Ho), il postule une absence de relation entre les variables; et pour avoir l’hypothèse
alternative (H1), il postule l’existence d’une relation entre les variables. Ainsi l’hypothèse alternative
correspond donc souvent à l’hypothèse opérationnelle que le chercheur veut tester. Comme dans les
recherches, les chercheurs travaillent avec des échantillons, ils utilisent des tests d’hypothèses pour
inférer à la population générale les résultats obtenus avec l’échantillon . Dans ce chapitre ou cette
section, le chercheur indique aussi avec quelle analyse statistique il testera chacune de ses hypothèses
opérationnelles.

1.6 Objectifs de recherche

Un objectif de recherche est la projection d’une intention, d’un résultat que le chercheur voudrait
atteindre au terme de l’étude. Il s’inscrit dans une dynamique d’action et précise l’orientation que le
chercheur veut donner à son travail ou le type d’étude qu’il veut mener : exploratoire ou descriptive,
analytique ou prédictive, développementale/appliquée. Tout comme la question et l’hypothèse de
recherche avec lesquels il est en relation, l’objectif de recherche doit comprendre les concepts ou
variables clés de l’étude, la population cible, et en plus un verbe d’action. Il doit être formulé après un
examen de la littérature. Un bon objectif de recherche est précis, observable ou mesurable et réalisable.
Il se formule avec un verbe d’action.

Il existe également deux types d’objectifs de recherche : l’objectif général et l’objectif spécifique. Il y
a une congruence entre questions, hypothèses et objectifs de recherche. Le nombre de question,
d’hypothèse et d’objectif doit donc être le même.

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1.7 Intérêt de l’étude / ou retombées anticipées sur les plans théorique et
pratiques (maximum 300 mots)

1.5.1 Intérêt scientifique ou théorique

Il s’agit ici de montrer en quoi l’étude à mener pourra contribuer à l’avancement des connaissances
théoriques. Il est donc ici important que le chercheur rappelle d’abord les limites ou le manque de
connaissance scientifique sur l’objet de recherche qu’il entreprends d’étudier et quelle pourra être sa
contribution pour une meilleure connaissance de l’objet ou du phénomène étudié. C’est cette
contribution fait l’intérêt scientifique de la recherche. Si le chercheur ne parvient pas à montrer l’intérêt
scientifique, alors celle-ci n’a pas de raison d’être conduite, car elle occasionnera une perte de temps
d’énergie ou de ressources.

1.5.2 Intérêt pratique ou social

Dans cette sous-section, le chercheur montre la valeur sociale, pratique ou clinique de l’étude. En quoi
celle-ci peut contribuer à l’amélioration de la santé des populations, à la facilitation de la prise de
décision, à l’amélioration des interventions cliniques ou professionnelles, etc.

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La figure 2 ci-après donnent une représentation schématique du processus suivi par les chercheurs pour
partir de la question de départ vers les objectifs de recherche.

Question de départ

Identification des concepts clés

Concept socle ou le plus général


- Définition
- Caractéristiques ou manifestations
- Distribution s’il y a lieu (sous forme de pyramide : dans le monde, en
Afrique, pays d’étude), Etc.
Transition
Contexte de
l’étude
Concepts centraux
- Définition
- Caractéristiques ou enjeux ;
- Distribution s’il y a lieu
- Différents problèmes y compris celui en rapport avec le concept cible.
- Etc.
Transition

Concept cible : problème de départ


- Définition s’il y a lieu
Problème - Description de la situation problème de départ
- Résultats de l’étude pilote s’il y a lieu
Transition
Ancrage disciplinaire du problème
Transition
Bref résumé de la recension des écrits
Transition Problématique
Positionnement épistémologique
(Repères théoriques de l’étude ou résumé du cadre théorique)

Transition
Questions de recherche
Hypothèses de recherche
Objectifs de recherche

Figure 1 Schématisation du cheminement de la question de départ vers les objectifs de recherche

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2 Chapitre II : Cadre de recherche (10 à 15 pages)

Le cadre de recherche est un ensemble de références conceptuelles ou théoriques qui permettent


d’éclairer l’étude de l’objet d’intérêt ou du sujet de recherche. Il y est dressé un portrait quasi-exhaustif
des concepts clés (selon les ressources intellectuelles du chercheur), ainsi que des théories qui servent
de fondement à l’étude. L’appellation Cadre de recherche est utilisée par Fortin et Gagnon (2016) pour
désigner le cadre conceptuel ou théorique d’une recherche. Chez Provost et al. (2016), il prend le nom
de Contexte théorique. Chez Nkoum (2016), il prend d’une part le nom de Cadre conceptuel pour le
déroulement des concepts et d’autre part de Cadre théorique pour le développement de la théorie ou des
théories sur lesquelles se fondent la recherche. Chez tous ces chercheurs, il se dégage un certain nombre
de constantes, indépendamment des appellations : un déroulement ou développement des concepts
clés de l’étude pour en permettre une compréhension partagée, une description ou construction de la
théorie qui servira de référence pour l’étude, pour le choix ou la construction des outils de recherche,
ainsi que pour la confrontation avec les résultats de l’étude au niveau du chapitre consacré à la
Discussion. Le Cadre théorique permet donc au chercheur de décrire et/ou opérationnaliser son
positionnement épistémologique. Dans un travail de thèse, cette dernière partie devrait être précédée
d’une méta-synthèse des débats épistémologiques et méthodologique sur l’objet d’étude. La structure
d’un cadre de recherche varie selon le niveau d’étude ou la capacité d’abstraction du chercheur comme
illustré dans le tableau 8. Cette structuration est aussi influencée par le temps consacré à la recherche et
les résultats attendus à chaque niveau de formation :

 Au premier cycle, le travail de recherche correspondrait en moyenne à 06 crédits, soit


environ 150 heures de travail ;
 Au second cycle, il correspondrait en moyenne à 12 crédits pour un master
professionnel et 30 crédits pour un master recherche, soit respectivement environ 300
heures et 750 heures de travail ;
 Au troisième cycle, il correspondrait au moins à 160 crédits de recherche, soit en
environ 4000 heures de travail de recherche.

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Tableau 1

Structure du Cadre de recherche en fonction du niveau d’abstraction du chercheur

Niveau d’abstraction Cadre de recherche

1er cycle : Exploratoire ou Revue descriptive ou narrative de la littérature sur les concepts clés ou les
Descriptif variables de l’étude. Il s’agit en d’autres terme d’un Cadre conceptuel. Le cadre
de recherche au 1er cycle comprend donc :
1. Cadre conceptuel
2. Schéma conceptuel et modèle d’analyse
2nd cycle : Analytique 1. Revue intégrative de littérature sur le problème de recherche
2. Cadre théorique : description du modèle conceptuel ou de la théorie de
référence de l’étude
3. Cadre conceptuel : Revue critique de littérature sur les concepts clés ou les
variables de l’étude sous l’éclairage de la théorie choisie
4. Schéma conceptuel et Modèle d’analyse
3e cycle : Complexité 1. Revue systématique de littérature sur le problème de recherche
2. Cadre théorique : Méta-synthèse des débats épistémologiques et
méthodologiques sur l’objet d’étude
3. Cadre conceptuel : Revue systématique de littérature sur les concepts clés, les
variables (Selon la complexité de la recherche, chaque concepts clés peut faire
l’objet d’un chapitre distinct)
4. Schéma conceptuel et Modèle d’analyse

2.1 Cadre de recherche dans un travail de 1er cycle

Le Cadre conceptuel dans un travail de recherche de 1er cycle se structure en fonction des concepts
clés ou des variables ; chacun d’eux représentent donc une section de ce chapitre. Les concepts y sont
exposés dans l’ordre du PICO. À titre d’exemple, l’étudiant suivra donc l’ordre ci-après pour le
déroulement des concepts pour une étude portant sur une pathologie :

1. Concept 1 : Pathologie (Définition, Facteurs de risque/étiologie, Manifestations cliniques,


Diagnostic, Complications, Traitement ;
2. Concept 2 : Population concernée par la pathologie ; l’étudiant décrit les caractéristiques
biopsychosociales des personnes concernées par la pathologie ;
3. Concept 3 : Prise en soins ou Interventions de la Sage-femme/Infirmière (Prévention
primaire, secondaire et tertiaire), s’il y a lieu ;
4. Concept 4 : à préciser selon la nature de l’étude. Il peut s’agir par exemple de l’observance
thérapeutique, de la qualité de vie, de la continuité des soins, de l’accessibilité aux soins de
santé, des représentations ou perception d’un problème, des déterminants ou facteurs
associés, etc.

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NB : Le lieu de l’étude, bien qu’il soit un mots clés, n’est pas un Concept ; à ce titre il n’est pas développé
dans ce chapitre.

Pour une étude qui ne se base pas principalement sur une pathologie, pour chacun des concepts, le
chercheur donne :

 Une synthèse des définitions du concept selon différents auteurs


 Une description dans une sous-section distincte de chaque dimension ou composante
du concept, les déterminants ou facteurs en amont du concept, s’il y a lieu ; ainsi que
les produits ou conséquence de ce concept (en aval). Dans le cadre d’une pathologie, il
s’agit d’en décrire les caractéristiques épidémiologiques, et pour les conséquences d’en
décrire l’évolution et/ou les complications. Pour une variable comportementale, il
pourrait s’agir d’en décrire les différentes modalités, et pour un résultat de santé, les
différents indicateurs. S’il s’agit d’une variable comportementale comme l’Observance
thérapeutique, le chercheur décrit la typologie ou les composantes (observance du
traitement, observance des mesures hygiéno-diététiques, observance des rendez-vous
de suivi-accompagnement, etc.). En ce qui concerne un individu, une famille ou une
collectivité, le chercheur peut décrire les composantes biologiques, psychologique,
sociale et culturelle.
 S’il y a lieu, les outils d’observation ou de mesure du concept ou de la variable.
 Une description des relations que ces concepts entretiennent avec d’autres concepts qui
peuvent être d’un intérêt pour l’étude.

Si le chercheur choisit de construire un Cadre conceptuel en s’appuyant sur un modèle conceptuel de


soins, il décrira d’abord les principes, postulats et/ou les éléments du modèle conceptuel de référence,
puis en suivant la même démarche que pour la Revue descriptive de littérature, il décrit chaque concept
par rapport à son modèle conceptuel de référence.

2.2 Cadre de recherche dans un travail de 2nd cycle

Au second cycle, il est attendu de l’étudiant un niveau plus élevé d’abstraction/conceptualisation, de


maitrise des concepts. Cela sous-entend une capacité critique sur ces différents concepts. À ce niveau,
le Cadre de recherche peut se subdiviser en trois grandes sections: une revue intégrative de la littérature,
un cadre théorique et un cadre conceptuel.

2.2.1 Revue intégrative de littérature

Contrairement à la revue narrative de littérature qui présente de manière linéaire le résultat de la


recension d’écrit, c’est-à-dire auteur par auteur, la revue intégrative thématise ou catégorise les
principales idées développées dans la littérature. Le chercheur recourt à l’analyse thématique pour

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synthétiser la littérature. Lors de la lecture des articles, pour chacun d’eux, selon les grandes rubriques
d’informations recherchées, il identifie les extraits de textes significatifs, les nommes sous formes de
thèmes développés par l’auteur. À la fin de la lecture, il regroupe ces thèmes par ressemblance ou
proximité et les catégorise. Chaque catégorie d’information est alors décrite dans le texte de la revue de
littérature. Il tente aussi de montrer les débats théoriques existant dans la littérature. Il cherche également
à dégager les limites des différentes positions. Il ressort également ce qui paraitrait encore inconnu dans
la littérature.

2.2.2 Cadre théorique

Un cadre théorique est une structure logique constituée d’un ensemble de principes, de concepts
interreliés ancrés dans un paradigme et une théorie, et construit pour orienter ou éclairer l’étude d’un
phénomène. Son processus de construction diffère selon que le chercheur se situe dans un paradigme
positiviste ou constructiviste. Il arrive souvent que le chercheur ne puisse se référer à aucune théorie
existante pour divers raisons (niveau d’étude, phénomène peu connu ou le type de recherche ne requiert
pas le recours à une théorie). À ce moment, le chercheur se limite à présenter un cadre conceptuel.

Les recherches qui se situent dans le paradigme positiviste adoptent une démarche déductive ou
hypothético-déductives. Dans ce paradigme, les chercheurs pensent que le réel existe indépendamment
des perceptions ou des croyances et que la recherche consiste à découvrir ou à décrire les lois de la
nature et les phénomènes. Cela sous-entend donc que le cadre de recherche doit être construit à priori,
c’est-à-dire avant la descente sur le terrain, car les outils de collecte de données sont déduits de la théorie.
C’est donc avec les lunettes de la théorie que le phénomène est observé. Le cadre théorique énonce ou
décrit les principes et les théories qui sous-tendent ou guide l’étude.

Les recherches qui se situent dans le paradigme constructiviste ou naturaliste adoptent une démarche
inductive. Dans ce paradigme, les chercheurs pensent que les phénomènes humains sont des
constructions, c’est-à-dire qu’à travers la manière de les nommer, de les décrire, d’en fixer les normes,
de construire les outils pour leur observation, le sens qu’on leur donne, le réel tel que les personnes se
le représentent est une construction humaine. À titre d’exemple, la connaissance que nous avons de
l’environnement pourrait varier selon qu’on utilise pour l’observation, l’œil, des lunettes infrarouges,
un télescope, un microscope, des appareils de perception des infrasons, etc. Pour ces chercheurs, derrière
chaque outil d’observation, se trouve une théorie (avec ce que cela peut avoir comme limite), un
ensemble de biais. Dans ce paradigme le cadre de recherche est construit ou finalisé à postériori, c’est-
à-dire après la descente sur le terrain pour privilégier une démarche de découverte, sauf dans les cas des
recherches qualitatives descriptives. Ici le cadre théorique n’est pas élaboré pour éclairer l’observation
du phénomène, mais pour discuter les résultats. À ce titre, il se restreint à une description des principes
et théories qui soutiendront une discussion des résultats, Il n’y a donc pas d’opérationnalisation des
concepts ici.

2.2.3 Le cadre conceptuel

Il offre une description et analyse des concepts clés de l’étude à la lumière du cadre théorique choisi. Il
aborde les concepts en les classant par entonnoir. Il est recommandé de commencé, lorsque cela
s’applique par le concept qui rapporte à la population étudiée, ses caractéristiques, ses spécificités en
fonction du positionnement épistémologique ou de la théorie convoquée. Pour le concept d’intérêt de
l’étude, il présente et analyse les différentes outils ou méthodes d’observation.

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Pour faciliter la compréhension du cadre de recherche, le chercheur élabore aussi un schéma conceptuel
et un modèle d’analyse. Le schéma conceptuel est un graphique qui montre les différentes relations
entre les concepts. La figure 2 en donne une illustration. Le modèle d’analyse quant à lui est un tableau
qui résume la décomposition des concepts en dimensions et/ou composantes, et indicateurs.

2.3 Cadre de recherche dans un travail de 3e cycle

Dans une recherche de niveau 3e cycle, il est attendu du chercheur qu’il puisse, à travers ses travaux,
contribuer significativement à l’avancement des connaissances. Il est attendu de lui une pensée critique
rigoureuse et très élevée. La structure du cadre de recherche dans un travail de thèse devrait comprendre
au moins trois chapitres : une revue systématique de littérature sur le problème, une méta-synthèse des
débats épistémologiques et méthodologiques sur l’objet d’étude, un cadre conceptuel de l’étude (Selon
la complexité de la recherche, chaque concepts clés peut aussi faire l’objet d’un chapitre distinct).

2.3.1 Revue systématique de littérature sur les concepts clés / analyse ou élaboration des
concepts

Elle vise les mêmes objectifs qu’une revue critique de littérature, toutefois à travers un processus très
rigoureux Une revue systématique de littérature est une activité, un processus de collecte le plus
exhaustif possible des ressources bibliographiques, d’évaluation critique et de synthèse de cette
littérature scientifique sur une question ou un objet donné.

Dans une revue systématique de littérature, le chercheur doit préciser l’objet de la revue, la méthodologie
utilisée, notamment :

 Les sources documentaires (bibliothèques physiques et virtuelles);


 Les équations de recherche dans chacune des sources virtuelles, les résultats de la
recherche ;
 Les critères d’inclusion et d’exclusion des articles trouvées ;
 Le processus d’évaluation de la pertinence et de la rigueur de chaque article ;
 Les stratégies d’analyse ou le processus de synthèse de la littérature scientifique retenue.

Comme pour une revue critique de littérature, le chercheur présente en guise de résultats ce qui est
connu ; il ressort les points de convergence et de divergence entre les auteurs ; dans une démarche de
discussion, il questionne la validité scientifique et culturelle des différentes conceptions ; il dégage les
limites des différentes positions.

2.3.2 Méta-synthèse des débats épistémologiques et méthodologiques sur l’objet d’étude

La connaissance que nous avons d’un concept est généralement influencée par la culture du contexte
d’étude, le paradigme d’ancrage et les théories sous-jacentes. Or la falsifiabilité en science de chaque
théorie et les débats autours qu’elle alimente font d’elle des connaissances en devenir et non des
connaissances achevées. À ce niveau de recherche, le chercheur doit dresser un portrait de ces débats
épistémologiques et méthodologiques qui permettent la production de connaissances sur l’objet de
recherche. Cette étape est fondamentale car elle permet au chercheur d’avoir une connaissance très

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approfondie sur l’objet de recherche et de proposer une approche novatrice pour son étude. Si dans la
section 2.3.1, l’objet de la méta-synthèse porte sur le problème de recherche, ici elle porte sur les
différentes approches théoriques et méthodologiques utilisées par les chercheurs pour produire ce qui
est connu de l’objet d’étude. Tout comme pour la sous-section précédente, le chercheur doit décrire la
méthodologie de la méta-synthèse. Le chercheur à la fin présente de façon détaillée la ou les théories
qui guideront la recherche. Compte tenu des insuffisances qu’il aurait relevées, il pourrait effectuer des
adaptations ou ajustements des théories convoquées. Il peut construire une théorie qui guidera le travail.
Les résultats de la recherche pourraient alors contribuer à la validation de cette théorie.

2.3.3 Cadre conceptuel de l’étude ou opérationnalisation des concepts

La sous-section 2.3.2 aura permis au chercheur de relever les forces et les faiblesses de chaque approches
théoriques et méthodologiques. Il peut donc choisir de s’inscrire dans l’une ou l’autre position
épistémologique, choisir l’une ou l’autre théorie, ou alors formuler sa propre théorie qu’il vérifiera dans
son étude. Ce n’est qu’après cette étape que le chercheur pourra valablement finaliser la formulation de
ses hypothèses et objectifs de recherche (Provost et al., 2016); c’est pourquoi ces auteurs suggèrent de
les formuler après le « Contexte théorique ». Le cadre conceptuel suit ici la même logique dans un travail
de second cycle à la différence d’une recherche documentaire plus approfondie ou systématique pour
l’analyse critique des concepts. Ici aussi, le cadre conceptuel respecte les mêmes contraintes selon que
le chercheur s’inscrit dans un paradigme positiviste ou constructiviste. Le chercheur est aussi encouragé
à élaborer le schéma conceptuel et le modèle d’analyse conceptuel.

Le travail de thèse étant aussi un art et un exercice de création, la structuration donnée dans cette section
est essentiellement à titre indicatif. Ce qui importe essentiellement est une démarche rigoureuse,
approfondie et logique, ainsi qu’un caractère novateur en vue de l’avancement des connaissances.

2.4 Schéma conceptuel et modèle d’analyse conceptuel

Le schéma conceptuel montre le lien entre les variables ou les concepts. Il permet déjà de voir, dans le
cas des études quantitatives, si l’étude aura recours à un modèle associatif ou un modèle causal. Dans
un modèle d’association les variables ou les concepts de l’étude sont reliées par des flèches
bidirectionnelles, alors que dans les modèles de causalité, ils sont reliés par une flèches
unidirectionnelles. Le schéma conceptuel schématise aussi les relations postulées entre les variables par
les hypothèses. Il a donc une très grande valeur en recherche quantitative et donne une illustration de
l’ancrage théorique de l’étude. En santé publique, dans le paradigme positiviste, trois principaux
courants de pensée peuvent orienter un cadre de recherche, et par là, un schéma conceptuel dans une
recherche corrélationnelle ou expérimentale : le déterminisme, l’interactionnisme et la systémisme.

Le déterminisme est une théorie qui postule que la succession, l’évolution ou le comportement des
phénomènes est due au principe de la causalité. Cette théorie étudie la relation linéaire qui existe entre
les phénomènes. Le schéma conceptuel dans ce courant se présentera comme ci-dessous :

Variable Variable
indépendante (VI) dépendante (VD)

Kimessoukié Omolomo Étienne, Inf. Msc. PhD. - École des Sciences de la Santé – UCAC-2020 - 27
L’interactionnisme est une théorie qui postule que les phénomènes sont le produit de l’interaction de
plusieurs autres phénomènes. Lors de l’étude de l’effet d’au moins deux facteurs sur une variable
dépendante, il pourrait exister un 3e facteur qui serait le produit de l’interaction entre les deux principaux
facteurs. Ce 3e facteur pourrait avoir une effet synergique ou antagoniste sur la variable dépendante.
Ainsi la variable dépendante subirait trois effets : l’effet de la 1ère variable indépendante (effet principal
N°1), l’effet de la 2e variable indépendante (effet principal N°2) et l’effet de l’interaction entre les deux
variables indépendantes (effet d’interaction ou effet simple). Des analyses comme celle de la régression
linéaire hiérarchique ou l’analyse factorielle de variance permettent de mettre en évidente l’effet
d’interaction. Le schéma conceptuel s’illustrerait comme ci-dessous :

VI1 VI2

VI2 x VI2

VD

Le systémisme est un courant de pensée qui postule l’étude des phénomènes comme des systèmes
(théories des systèmes), notamment les interactions qu’entretiennent les composantes ou les sous-
systèmes d’un tout ou d’un système. Ce courant adopte une approche multifactorielle et prend en compte
les facteurs d’interaction et les variables médiatrices permettant une compréhension globale du
phénomène.

VI3
VI1

VI1xVI2 VD

VI4
VI2

Kimessoukié Omolomo Étienne, Inf. Msc. PhD. - École des Sciences de la Santé – UCAC-2020 - 28
Dans une étude, un chercheur en s’appuyant sur la théorie de l’influence sociale pour étudier l’influence
de l’appartenance à un groupe de soutien sur l’observance thérapeutique des adolescents séropositifs, a
élaboré le schéma conceptuel ci-après :

GROUPE DE SOUTIEN (VI)

Motivation de
Intention de l’adolescent
l’adolescent

Conformisme de
Perception de
l’adolescent au
contrôle de
groupe
l’adolescent

Sentiment
d’efficacité de
l’adolescent

OBSERVANCE
THERAPEUTIQUE (VD)

Figure 2 Schéma conceptuel d’une étude portant sur l’influence des groupes de soutien sur
l’observance thérapeutique aux antirétroviraux des adolescents

Le modèle d’analyse conceptuel est une synthèse des dimensions, composantes et indicateurs
des concepts fondamentaux d’un sujet de recherche. Il se présente généralement sous forme de
tableaux. Il est un guide pour la construction ou le choix des outils de collecte de données. Il
est donc construit à priori. Ngouana (2020), dans un travail de recherche portant sur la
variabilité de l’adversité, des autosoins et de la résilience chez les personnes diabétiques de
type 2 à élaborer le modèle d’analyse conceptuel ci-après. Chacun des indicateurs des concepts
ou variables d’Autosoin, Adversité et Résilience ont fait l’objet d’un item lors de la construction
des échelles ou questionnaire qui ont permis de recueillir les données dans le cadre de la
recherche effectuée.

Kimessoukié Omolomo Étienne, Inf. Msc. PhD. - École des Sciences de la Santé – UCAC-2020 - 29
Concepts Dimensions Composantes Indicateurs
Examen de routine, Consultation de routine, Consultation à un
Circonstances de découverte
problème de santé connexe

Dimension biologique Antécédents familiaux ; Surpoids, obésité, Mauvaise hygiène


Facteurs de risque
diététique, Sédentarité
Éducation thérapeutique, Adoption d‘une bonne hygiène
Diabète de type 2 Traitement et prévention diététique, Activité physique régulière, Surveillance des
complications
Données psychologiques Présence d’une anxiété , Symptômes dépressifs, Etat
Dimension psychologiques stables
psychosociale
Données sociales Représentation de la maladie par la société, préjugés sur la maladie

Limite la consommation des glucides, des lipides, Plus de fruits et


Recommandation hygiéno-
Observance légumes, Élimination du tabac , Consommation d’eau, Activité
diététique
thérapeutique physique régulière
Recommandations Respecte des prises médicamenteuses, Maitrise et respect du
pharmacologiques dosage, Contrôle glycémique,
Surveillance et soins des pieds, Port des chaussures adaptées,
Comportement sécure
Hygiène corporelles, Éviter les objets coupants
Sécurité et information
Information sur l’évolution de la maladie, Connaissance sur les
Connaissance et informations
effets indésirables des médicaments
Autosoin
Communication avec l’entourage, Avoir des amis, Relations
Interrelation sociale
Compétences familiales
psychosociales Estime de soin, Gestion du stress, angoisse, Ajustement de sa vie
Adaptation psychologique
selon les exigences de la maladie
Altération psychosociale Existence de l’angoisse, Isolement, Abandon des proches
Adversité Perception de la maladie par les proches, Prise d’un traitement
psychosocio-culturels Altération socioculturelle alternatif, Croyances au traitement de l’hôpital, Soutien des
proches
Limite dans les finances, Traitement couteux, Limite du revenu,
Adversité socio- Mode de vie
Présence des charges , Absence d’aide extérieure
économiques
Adversités Accessibilité aux soins Disponibilité des traitants, Cout des soins, Satisfactions des soins
Besoin d’aide pour administration, Difficultés à suivre le
traitement, Compétences insuffisantes dans la gestion de l’insuline
Adhérence thérapeutique et la glycémie, Information insuffisantes liées au traitement,
Adversité biologiques Instabilité glycémique ou lipidique, Maitrise des doses de
médicaments.
Adversités liées aux Pathologies cardiovasculaires, Pieds diabétiques, Symptômes
complications dépressifs, Neuropathie, cécité
s’accepter tel qu’on est, relativiser, transformer les difficultés en
Donner du sens aux choses
Acceptation de soi et défis, voir la vie du bon coté
Résilience
vie Existence d’une vie unique, expérience unique, apprécier ce qu’on
Solitude existentielle
est
Confiance en soi Estime de soi, capacité de prise de décision, autonomie
Compétences
Équanimité Contrôle de soi, maitrise des émotions, Sérénité
personnelles
Persévérance Souplesse, Flexibilité, faire des efforts

Kimessoukié Omolomo Étienne, Inf. Msc. PhD. - École des Sciences de la Santé – UCAC-2020 - 30
Processus de cohérence interne des phases du processus de recherche

Kimessoukié Omolomo Étienne, Inf. Msc. PhD. - École des Sciences de la Santé – UCAC-2020 - 31
3 Chapitre III : Site de l’étude et Méthodologie

Présenter le lieu de l’étude, le type et la méthode de recherche (en justifiant comment les choix métrologiques
effectués permettront l’atteinte de chaque objectifs spécifiques), le plan de recherche, le protocole d’intervention
s’il y a lieu (modalités de l’intervention : de quelles interventions s’agit-il ? quelle sont les acteurs qui s’occuperont
de chaque aspect du plan d’intervention ? Quelle est la fréquence et la durée des interventions, etc.); Présenter les
variables, leur opérationnalisation et leurs relations (s’il y a lieu); [Indiquer s’il y a lieu la technique de collecte
et d’analyse des échantillons s’il y a lieu (en biologie clinique)]; Présenter les stratégies de traitement et
d’analyse des données.

3.1 Site de l’étude

Décrire le site de l’étude, la durée de l’étude, la durée du travail de terrain

3.2 Méthodologie

Pour les études mixtes séquentielles, cette section doit comprendre deux parties : l’une sur la phase
quantitative et l’autre sur la phase qualitative. Ainsi pour chacune des phases, chaque sous-section ci-
dessous doit être décrite. Pour la recherche développement, chaque phase empirique doit faire l’objet
d’une description renseignant dans la mesure du possible sur chaque sous-sections ci-dessous.

3.2.1 Type et méthode de recherche

Les recherches peuvent être classées selon le positionnement épistémologique, l’objectif de la


recherche ou la finalité. Il est donc important pour un chercheur de savoir situer une recherche dans
les différentes catégories existantes ou encore d’effectuer la critique d’un travail selon la perspective
dans laquelle l’auteur choisit de s’inscrire.

3.2.1.1 Les recherches quantitatives

Elles s’inscrivent dans le paradigme positiviste ou postpositiviste. Elles s’intéressent à la mesure des
phénomènes ou à leur observation avec des outils systématisées, c’est-à-dire valides et fidèles; à la
description de la distribution des phénomènes selon diverses caractéristiques (prévalence, fréquences,
moyennes, ratio, etc.), à l’étude des relations entre les composantes d’un phénomène d’une part, et des
relations entre le phénomène à l’étude et d’autres phénomènes; à la prédiction ou au contrôle des
phénomènes; à la quantification de l’ampleur, grandeur ou taille d’effet (exemple : ampleur de l’effet
de la consommation du tabac sur la survenue du cancer du poumon). Il existe deux principales catégories
de recherche quantitative : les recherches non expérimentales et les recherches expérimentales.

Kimessoukié Omolomo Étienne, Inf. Msc. PhD. - École des Sciences de la Santé – UCAC-2020 - 32
3.2.1.1.1 Les recherches non expérimentales

Ce sont des recherches ou cours desquels le chercheur se limite à observer un phénomène dans son
milieu naturel sans le modifier, de le décrire et d’étudier ses relations avec d’autres caractéristiques
ou phénomènes (Loiselle, Profetto-McGrath, Polit, & Tatano Beck, 20072). Il n’y a donc pas
intervention ou manipulation d’une variable. Il existe deux principaux types de recherches non
expérimentales : les recherches quantitatives descriptives et les recherches corrélationnelles.

Pour Fortin et Gagnon (2016, p. 32), la recherche quantitative descriptive vise à dresser un portrait
détaillé des caractéristiques d’une population ou d’un phénomène. Les chercheurs ont recours, ici pour
recueillir les données, à l’observation, l’entretien structuré et parfois semi-structuré, ou encore le
questionnaire. Les sondages d’opinion, les études portant sur la description des fréquences, prévalence
ou distribution d’un phénomène s’inscrivent dans cette catégorie (Côté & Bouchard, 2005)3.

Les recherches corrélationnelles étudient des phénomènes qui se sont déjà manifestés ou sont en cours
de manifestation, c’est d’ailleurs pourquoi il n’y a pas d’intervention du chercheur ou de manipulation
de variable (Loiselle et al., 2007). Fortin et Gagnon (2016) distinguent deux sous types de recherche
corrélationnelle :

 la recherche descriptive corrélationnelle qui associe à la recherche quantitative


descriptive une exploration ou une description des relations entre les variables. Compte
tenu de la dimension exploratoire de ce type de recherche, la formulation des hypothèses
de recherche ne s’est pas obligatoire. Ces recherches recourent aux analyses de
variance ou aux analyses de régression. À titre d’exemple un chercheur peut
s’intéresser à la variabilité de l’autogestion d’une maladie chronique chez les personnes
âgées en fonction des caractéristiques sociodémographiques.
 la recherche corrélationnelle prédictive qui elle, à partir d’hypothèses de recherche
formulées à l’avance, vérifie les relations postulées entre les variables. Ce type de
recherche peut aussi servir à vérifier des modèles théoriques. Dans cette catégorie de
recherche, le chercheur voudrait déterminer la valeur d’une variable à partir d’une autre
ou plusieurs autres variables. Ces recherches recourent habituellement aux analyses de
régression. À titre d’exemple, en fin d’hospitalisation, un chercheur peut vouloir
prédire le degré d’observance thérapeutique d’un malade chronique en fonction de la
qualité de la préparation de la fin de séjour dans le service, de son âge, de l’étendue de
son réseau de soutien et de son revenu.

3.2.1.1.2 Les recherches expérimentales

Les recherches expérimentales sont des recherches d’intervention au cours desquelles le chercheur
crée des conditions particulières pour en observer l’effet sur un phénomène ou une variable. À la
différence de certaines recherches corrélationnelles où le phénomène s’est déjà produit, ici le chercheur
effectue une intervention et observe lui-même un éventuel changement. Ce sont des études qui visent à
examiner la relation de causalité entre des variables en vue de prédire ou d’en contrôler les effets (Fortin

2
Loiselle, C. G., Profetto-McGrath, J., Polit, D. F., & Tatano Beck, C. (2007). Méthodes de recherche en sciences
infirmières : approches quantitatives et qualitatives. Saint-Laurent, Québec: Éditions du Renouveau pédagogique.
3
Côté, S. & Bouchard, S. (2005). Introduction à la recherche, dans S., Bouchard & C., Cyr (dir). Recherche
Psychosociale, pour harmoniser recherche et pratique. Québec : PUQ.

Kimessoukié Omolomo Étienne, Inf. Msc. PhD. - École des Sciences de la Santé – UCAC-2020 - 33
& Gagnon, 20164). La typologie des recherches expérimentales varie selon les auteurs ; Loiselle et al.
(2007) en distinguent trois sous types : la recherche pré-expérimentale, la recherche totalement
expérimentale, la recherche quasi-expérimentale.

La recherche pré-expérimentale est une recherche d’intervention dans laquelle il n’y a pas de groupe
témoin. Le chercheur a donc un seul groupe de participant chez qui il prend des mesures avant
d’introduire son intervention, puis il reprend les mêmes mesures chez chaque participant à son étude
après avoir effectué son intervention, et ensuite il compare les mesures pré et post test pour voir s’il y a
une différence. Il n’est pas possible avec ce type de recherche de tirer une conclusion sur un effet de
causalité, car l’on ne saurait dire si l’effet obtenu est dû à l’intervention ou à une variable parasite. Ce
type de devis de recherche utilise les analyses de variances à mesures répétées (T-test ou Anova à mesure
répétée). À titre d’exemple un chercheur peut s’intéresser à l’effet d’un programme d’éducation
thérapeutique sur l’observance thérapeutique chez un groupe patient chronique. Les chercheurs qui
veulent établir des liens de causalité recours aux devis de recherche totalement expérimentale.

La recherche totalement expérimentale est une recherche d’intervention au cours de laquelle le


chercheur voudrait établir des liens de causalité entre des variables. Pour y parvenir, il constitue au
moins deux groupes de participants, parmi lesquels il y aura un groupe où les participant ne recevront
pas son intervention ou alors ceux-ci seront soumis à une intervention sans effets véritable appelée
placebo. Les participants sont répartis de manière aléatoire dans les différents groupes, sans que
chacun sache à quel groupe il appartient. Si le chercheur ne procède qu’à des mesures après
l’intervention, il s’agit d’une recherche totalement expérimentale élémentaire (Loiselle et al., 2007).
Dans ce type de devis, le chercheur utilise des analyses de variance. Si le chercheur procède, dans chaque
groupe de participants, à des mesures avant l’intervention, et à des mesures après l’intervention, il s’agit
d’une recherche totalement expérimentale avec pré et post test. Ce devis de recherche utilise aussi
les analyses de variances à mesures répétées. À titre d’exemple, un chercheur peut vouloir évaluer
l’efficacité du programme minceur NH4L dans une population. Ce programme est d’une durée de trois
mois. Il constitue deux groupes de participants choisis de manière aléatoire. Il soumet le premier groupe
à son programme, tandis que le deuxième n’est pas soumis au programme. Il décide de mesurer le poids
des participants au début du programme (Pds0), à mi-parcours du programme (Pds1), à la fin du
programme (Pds2) et trois mois après la fin du programme (Pds3).

Les recherches totalement expérimentales se déroulent habituellement en laboratoire pour permettre au


chercheur de mieux contrôler les variables parasites. Ce sont des recherches qui demande une logistique
lourde. Il arrive très souvent qu’il ne soit pas possible d’assigner aléatoirement des participants à l’un
ou l’autre groupe. C’est le cas par exemple si l’on veut comparer l’effet d’une intervention chez des
hommes et des femmes. Il n’est pas possible pour un ensemble de participant d’être réparti de manière
aléatoire dans le groupe Homme et le Groupe femme, car l’on se saurait attribué un sexe à une personne.
C’est aussi le cas lorsqu’on veut évaluer l’efficacité d’une nouvelle intervention, et que les participants
sont des volontaires qu’on ne peut pour des raisons éthiques répartir dans deux groupes. À ce moment,
le chercheur procède à une recherche quasi-expérimentale.

Elle a les mêmes caractéristiques et objectifs que la recherche totalement expérimentale. On y retrouve
aussi une intervention et un groupe contrôle qui est appelé dans ce cas de figure un groupe de référence

4
Fortin, M.-F., & Gagnon, J. (2016). Fondements et étapes du processus de recherche : méthodes quantitatives
et qualitatives (3e édition.). Montréal: Chenelière éducation.

Kimessoukié Omolomo Étienne, Inf. Msc. PhD. - École des Sciences de la Santé – UCAC-2020 - 34
(Loiselle et al., 2007). Mais à la différence de la recherche totalement expérimentale, il n’y a pas une
répartition aléatoire des participants dans les groupes, ce qui limite la capacité de ce devis de recherche
à tirer des conclusions sur la causalité entre les variables à l’étude.

3.2.1.2 Les recherches qualitatives

Les recherches qualitatives s’inscrivent dans le paradigme constructiviste, interprétativiste ou


naturaliste. Elles visent à décrire, analyser les processus, comprendre ou théoriser les phénomènes.
Contrairement aux recherches quantitatives où le devis de recherche est totalement élaboré avant la
phase de terrain, ici le devis n’est pas figé, il évolue avec le projet de recherche. Les chercheurs qui
recourent souvent aux méthodes de recherche qualitative s’inscrivent dans une démarche de découverte.
Le chercheur a peu de connaissance sur le phénomène à l’étude ; ce sont les participants qui lui
fournissent ces informations.

Il existe six principaux types de recherches qualitatives habituellement utilisées en sciences de la santé
: la recherche qualitative descriptive, la phénoménologie, l’étude de cas, la théorisation ancrée,
l’ethnographie et la recherche action. Les recherches qualitatives utilisent une démarche inductive, c’est-
à-dire que les chercheurs partent des observations empiriques pour dégager des théories. La plupart des
méthodes de recherche qualitative se sont développées sous l’influence d’un courant philosophique
(phénoménologie, interactionnisme, naturalisme, etc.).

1) La recherche qualitative descriptive : C’est une approche de recherche qui sert à décrire en
profondeur et analyser les phénomènes sans se référer à une méthodologie qualitative
particulière. Fortin et Gagnon (2016) observe toutefois que les courants naturalistes et
interprétativistes servent de fondement théorique aux chercheurs qui ont souvent recours à cette
approche.

2) La recherche ethnographique : elle part du postulat selon lequel « tout groupe humain finit
par donner naissance à une culture qui conditionnent la vision du monde de ses membres et la
façon dont ceux-ci structurent leur expérience » (Loiselle et al., 2007, p. 223). Elle vise à
comprendre le sens que les individus, dans une même situation, un même groupe, donnent aux
évènements et aux situations de leur vie quotidienne; elle tente de comprendre par quel
processus et dans quelles circonstances se construit le sens ou la représentation d'une situation
donnée (Côté & Gratton, 2014)5. Pour Loiselle et al. (2007), c’est une approche de recherche
qui permet de décrire et interpréter la culture ou le comportement culturel. L’unité d’étude ici
est donc une communauté ou groupe dans lequel le chercheur s’immerge pendant un séjour
prolongé pour saisir un phénomène. Pour ces auteurs, il faut parfois des mois, voire des années,
de travail sur le terrain pour apprendre à connaitre un groupe ou une communauté. Certains
auteurs l’appellent aussi « observation participante » du fait que le chercheur doit vivre dans
les groupes qu’il étudie pour mieux saisir leurs caractéristiques propres (Côté & Gratton, 2014).
Elle est la méthode de recherche de prédilection en anthropologie. À titre d’exemple, un
chercheur pourrait s’intéresser au travail de deuil dans une communauté ; à la corruption en
milieu hospitalier ; à la préparation à l’accouchement dans une communauté ; etc.

5
Côté, D.., & Gratton., D. (2014). L’approche ethnographique : illustration dans le contexte de la réadaptation en
santé mentale. Dans M. Corbière & N. Larivière (Éd.), Méthodes qualitatives, quantitatives et mixtes (p. 327-351).
Québec: Presse de l’Université du Québec.

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3) La phénoménologie : C’est un courant de pensée, une tradition de recherche, qui étudie les
phénomènes humains pour en expliciter les manifestations, les structures fondamentales et le
sens. Elle veut décrire ou comprendre les structures « essentielles », les dimensions
fondamentales des phénomènes, l’intentionnalité sous-jacente au phénomène. Elle étudie les
phénomènes tels qu’ils sont vécus par les personnes. Le phénomène est un fait dont les
manifestations sont observables, un évènement qui se manifeste à la conscience. Il se
caractérise par une structure essentielle (essence), une intentionnalité (sens) et un mode
d’apparition (manifestions). Contrairement à l’ethnographie où l’unité d’étude est un groupe
ou une communauté, l’unité d’étude ici est l’individu. Il existe deux principaux sous types de
phénoménologie :
 La phénoménologie descriptive : elle a été mise au point par le philosophe Husserl et
vise une description minutieuse, consciente et ordinaire d'un phénomène tel que vécu
par les personnes. Pour Husserl, la mise entre parenthèse (bracketing) des idées
préconçues est essentielle pour étudier un phénomène dans une démarche de
découverte.
 La phénoménologie interprétative : elle a été développée par Heidegger, disciple de
Husserl, qui considère qu’on ne peut se limiter à la description des phénomènes, mais
qu’il faut en dégager le sens. Il met donc l’accent sur la compréhension des
phénomènes. Pour Heidegger, il est impossible de mettre entre parenthèse ses idées
préconçues, et qu’il faut plutôt les prendre en compte dans les analyses.

À titre d’exemple, Kimessoukié (2016) s’est intéressé, dans une démarche phénoménologique à
l’expérience de résilience des femmes camerounaises confrontées à une forte adversité. Kowabé (2017)
s’est intéressée au vécu expérientiel des personnes sous hémodialyse.

4) La théorisation ancrée : Elle a été conçu comme une méthode de recherche qualitative
systématique et elle tire ses racines de l’interactionnisme symbolique (Loiselle et al., 2007).
L’objectif de cette méthode de recherche est de parvenir à formuler une théorie explicative des
phénomènes sociaux (Fortin & Gagnon, 2016). Ici la collecte et l’analyse des données, tout
comme l’échantillonnage se font de manière récursive. C’est-à-dire qu’après une première
phase d’échantillonnage, de collecte et analyse des données, les questions ou incompréhension
qui apparaissent font l’objet d'un autre échantillonnage, collecte de donnée et analyse ; ainsi de
suite jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’aspect incompris. Il s’agit donc d’une méthode de recherche
qui exige beaucoup de temps. Le type d’échantillonnage utilisé ici s’appelle l’échantillonnage
théorique. La théorie qui est formulée est présentée sous forme de concepts interreliés et non
d’une liste de thèmes; et la recherche devrait porter sur l’étude d’un processus, plutôt que sur
une description ou une interprétation d’un phénomène. Elle permet habituellement de répondre
à la question « comment ? » (Jacques, Hébert, Gallagher, & Tribble, 2014)6.

6
Jacques. M.-C., Hébert., M., Gallagher, F., &Tribble. D. S.C. (2014). La théorisation ancrée : une théorisation
ancrée pour l’étude de la transition des perceptions de l’état de santé. Dans M. Corbière & N. Larivière (Éd.),
Méthodes qualitatives, quantitatives et mixtes (p. 327-351). Québec: Presse de l’Université du Québec.

Kimessoukié Omolomo Étienne, Inf. Msc. PhD. - École des Sciences de la Santé – UCAC-2020 - 36
5) L’étude de cas : c’est une approche de recherche permettant l’étude approfondie d’un ou
plusieurs cas dans leur contexte naturel et sans manipulation du chercheur (Loiselle et Profetto-
McGrath, 2007; Yin, 2009). Le cas peut être une personne, une famille, une collectivité, une
institution ou un phénomène (Hentz, 2012; Loiselle & Profetto-McGrath, 2007). L’étude de cas
est conceptualisée comme une approche plutôt qu’une méthode de recherche puisqu’en raison
de sa flexibilité, elle n’exige pas une méthodologie unique de réalisation (Rosenberg & Yates,
2007). Peu importe sa finalité, l’étude de cas répond aux questions telles que « comment? » ou
« Pourquoi? » (Yin, 2009). Certains chercheurs considèrent l’étude de cas comme une méthode
de recherche qualitative (Ibid.), tandis que d’autres l’abordent dans une perspective quantitative,
notamment dans des devis pré expérimentaux (Mercier, Gagnon, & Clément, 2005; Rivard &
Bouchard, 2005)7. Il existe deux catégories d’étude de cas : les études de cas uniques et les
études de cas multiples.

6) La recherche-action : c’est une approche de recherche qui s’inscrit dans le pragmatisme. Elle
part du principe que c’est par l’action que l’on peut générer des connaissances scientifiques
utiles pour comprendre et changer la réalité sociale des individus et des systèmes sociaux (Roy
& Prevost, 2013)8. Elle vise à transformer une réalité organisationnelle ou sociale jugée
insatisfaisante par les membres du système sociale, à travers une démarche de co-construction
du changement avec les acteurs ; elle permet ainsi de générer des connaissances scientifiques
ancrée dans l’action et la réalité concrète (Ibid.). Les chercheurs selon les disciplines adoptent
diverses appellations : Recherche action participative, évaluation centrée sur l’empowerment,
évaluation démocratique, recherche-formation, recherche intervention, etc. (Larivière, Briand,
& Corbière, 2014). Pour Roy et Prevost (2013), elle a trois principales caractéristiques :
 Elle est réalisée avec la population plutôt que sur la population ; le chercheur tout
comme les participants sont des co-chercheurs.
 Elle se justifie par la nécessité d’agir avec les différentes parties prenantes pour changer
ou transformer le milieu social.
 Le processus de recherche n’est pas linéaire comme dans les recherches quantitatives,
il est circulaire, c’est-à-dire que des vas et vient sont possibles entre les différentes
étapes du processus de recherche jusqu’à l’atteinte de l’objectif.

La recherche action se déroule en trois principales phases : 1) chercheurs et acteurs co-formule le


problème de recherche, ainsi que les objectifs, et déterminent les besoins ; 2) ils s’engagent ensemble
dans une démarche de co-planification et de mise en œuvre des stratégies pour améliorer la situation ;
3) dans une démarche réflexive, ils co-évaluent de façon critique les actions qui ont été menées et leurs
effets sur la situation de départ. Toutes les étapes du processus de recherche sont documentées par le

7
Mercier. P., Gagnon. M., & Clément, M. (2005). Les protocoles de recherches pré, quasi et expérimentaux. Dans
M. Corbière & N. Larivière (Éd.), Méthodes qualitatives, quantitatives et mixtes (p. 327-351). Québec: Presse de
l’Université du Québec.
Rivard., V. & Bouchard, S. (2005) Les protocoles à cas uniques. Dans M. Corbière & N. Larivière (Éd.), Méthodes
qualitatives, quantitatives et mixtes (p. 327-351). Québec: Presse de l’Université du Québec.
8
Roy, M. & Prevost, P. (2013). La recherche-action : origines, caractéristiques et implications de son utilisation
dans les sciences de la gestion. Dans Recherches Qualitatives. Vol. 32 No 2, pp. 129-151.

Kimessoukié Omolomo Étienne, Inf. Msc. PhD. - École des Sciences de la Santé – UCAC-2020 - 37
chercheur afin de rédiger un rapport de recherche et ainsi de montrer comment la connaissance a pu
naitre de ce travail collaboratif. À titre d’exemple, des infirmiers peuvent mener une recherche-action
pour améliorer les transmissions écrites; pour introduire un dossier de soins; pour réduire le taux
d’enfant malnutris; pour humaniser les soins; améliorer la prévention d’escarre dans un service de soins;
etc. C’est une approche de recherche qui exige également beaucoup de temps. Bien qu’elle s’inscrive
dans le paradigme constructiviste, les recherches actions peuvent recourir au devis de recherches
qualitatives, quantitatives ou mixtes.

3.2.1.3 Les recherches mixtes

Les recherches mixtes sont des approches de recherche qui peuvent, du point de vue du positionnement
épistémologique, se situer dans le paradigme de la complexité car elles tentent d’articuler positivisme
et constructivisme dans un même devis de recherche pour répondre à une question de recherche
complexe. Ce sont donc des recherches qui combinent méthode quantitatives et méthodes qualitatives
(Fortin & Gagnon, 2016). Pour Loiselle et al. (2007), une méthode de recherche mixte permet d’atteindre
plusieurs objectifs :

 Construire ou améliorer des instruments de mesures : le processus d’élaboration


d’instruments de mesure commence souvent par une étude qualitative au cours de
laquelle la structure essentielle ou les caractéristiques fondamentales du phénomène
sont décrit. Les chercheurs appellent ce processus l’opérationnalisation du construit.
Ce construit est ensuite transformée en items. Puis, l’aide d’une approche quantitative,
une validation du construit de cet instrument est faite.
 Énoncer des propositions et les mettre en œuvre : Dans une démarche quantitative
des chercheurs peuvent utiliser les recherches mixtes pour valider le construit, les
dimensions d’un concept, ou encore vérifier des hypothèses qui émergent d’une étude
qualitative.
 Illustrer un phénomène ou comprendre les processus et les rapports de cause à
effet : à partir d’une étude qualitative, des chercheurs peuvent expliciter la signification
des descriptions ou des relations mis en évidence par une étude quantitative.
 Élaborer, mettre à l’épreuve et améliorer des théories : Les théories émanent
généralement d’une démarche inductive ; les chercheurs recourent donc à des approches
quantitatives pour les valider.

Les chercheurs regroupement les méthodes de recherches mixtes en trois principales catégories (Briand
& Larrivière, 2014; Fortin et Gagnon, 2016; Loiselle & al., 2007) : les méthodes de recherche mixte
simultané ou concomitante, les méthodes de recherches mixtes séquentielles; les méthodes de recherches
mixtes multiples ou transformatives. Chacune de ces catégories comprends des sous-types.

La figure ci-dessus présente de manière synoptique la typologie des recherches selon le positionnement
épistémologique.

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Figure 3 : Typologie des méthodes de recherche selon l’ancrage épistémologique

3.2.1.4 Les recherches appliquées

La recherche appliquée est un processus de résolution de problèmes qui vise à élaborer, construire ou
développer des produits, des outils, des programmes d’intervention, des applications pratiques à partir
des connaissances scientifiques actuelles, habituellement, issues de la recherche fondamentale. Les
résultats de la recherche appliquée font généralement l’objet d’un brevet, d’une protection de la propriété
intellectuelle, ou d’un sceau de secret ou de confidentialité. La recherche appliquée se situe au cœur de
la transformation sociale car elle vise le développement de solution pour la satisfaction des besoins
sociaux. Elle se décline généralement en six phases : l’analyse du problème à résoudre, la recension
décrit sur les solutions existantes, le développement de la nouvelle solution, la mise à l’essai,
l’implantation de la solution, l’évaluation de l’efficacité de la solution (Loiselle, 2001, cité par Alain et
Dessureault, 2009, p103).

1) Phase d’analyse préalable du problème à résoudre

Elle permet de comprendre les facteurs ou les déterminants, les processus, ainsi que les conséquences
ou complications qui découlent généralement du problème. Cette phase permet d’aboutir à une
modélisation qui fournit une vue détaillé et d’ensemble du problème à résoudre ; Elle vise également à

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identifier les besoins sanitaires ou sociaux qui en découlent. Elle peut se faire dans une démarche de
recherche quantitative ou qualitative, descriptive ou analytique.

2) Phase de recension des savoirs sur les solutions existantes

Cette 2e phase est essentielle pour éviter de se lancer dans le développement d’une solution qui existe
déjà, même si des adaptations sont nécessaires. Ladite solution peut déjà avoir été théorisée, ou être
encore au stade expérientielle. La recension de ces savoirs peut porter sur des solutions qui englobent
toutes les dimensions du problème, ou alors sur celles qui sont spécifiques a des aspects du problème.
Elle porte également sur une revue des approches théoriques à partir desquels le développement d’une
solution est possible. Une recension des modèles théoriques de solutions existantes s’avère donc
nécessaire.

3) Phase de développement de la solution

Cette phase porte principalement sur la théorisation de la solution et la construction du protocole


d’intervention ou le plan de mise en œuvre. Elle s’appuie directement sur les résultats des deux
premières phases et vise d’une manière générale la construction d’un prototype, une formalisation de la
solution. La théorisation de la solution consiste à :

 Énoncer l’objectif global de la solution à développer ;


 Énoncer les objectifs spécifiques de la solution en cohérence avec chaque dimension du
problème à résoudre ;
 Décrire les caractéristiques biopsychosociales de la cible de la solution ;
 Décrire les séquences logiques ou processus solutionnel associé à chaque dimension du
problème pour sa résolution ;
 Choisir, adapter ou construire les outils et/ou supports nécessaires pour chaque séquence
logiques d’activités ;
 Définir les critères de d’assurance qualité associé à chaque séquence logique d’activités ;
 Définir les indicateurs de résultats escomptés pour chaque dimension et pour l’ensemble
du problème ;
 Décrire la validité scientifique de chaque séquence logique et pour l’ensemble de la
solution ;
 Construire le logigramme ou le modèle d’analyse conceptuel de la solution.
Le protocole d’intervention est un guide opérationnel pour la mise en application de la solution. Il donne
des informations sur les consignes de mise en œuvre pour les intervenants, les bénéficiaires et
l’environnement de déploiement de la solution. Il donne également des informations sur le séquençage
opérationnel du plan de mise en œuvre de la solution.

4) Phase de mise à l’essai de la solution

Elle vise à tester la solution à petite échelle. Ce processus consiste à étudier l’adhérence ou l’adhésion
de la cible à la solution, identifier les contraintes qui émanent à l’application de la solution, décrire les
réactions positives et négatives de la cible vis-à-vis de la solution. Il y est effectué une évaluation du

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processus de mise à l’essai à travers un recueil du feedback expérientiel de tous les acteurs impliqués
(chercheurs, intervenants, bénéficiaires, administratifs, observateurs externes, etc.). Cette phase
questionne tous les contours éthiques associés au feedback expérientiel. Elle pourrait conduire à des
ajustements de la théorie de la solution et du protocole d’intervention en vue d’une application à plus
grande échelle.

5) Phase d’implantation de la solution

Elle correspond à un déploiement à plus grande échelle de la solution. Elle s’accompagne aussi d’un
plan d’implantation de la solution, notamment la formation des intervenants, la sélection des cibles et
l’évaluation du processus expérientiel d’implantation. Pour déterminer l’impact de la solution sur le
problème à résoudre, le chercheur met en place un dispositif pour estimer la taille d’effet ou la
signification pratique de la solution construite.

6) Phase d’évaluation, d’ajustement et de diffusion de la solution

Cette phase consiste à une évaluation globale de l’ensemble du processus. Cette évaluation porte sur les
résultats obtenus, les processus mobilisés et un questionnement sur le sens associé à la solution
développée. Elle commence par une confrontation des résultats obtenus par rapport aux prévisions. Elle
recherche les écarts et tente de leur trouver une justification. Elle confronte et analyse le processus
d’implantation et la théorie de la solution. Elle compare la solution développée avec les autres solutions
existantes pour en dégager la plus-value. Elle analyse dans une démarche de questionnement du sens, la
portée sociale et culturelle de la solution. Il est attendu que le travail d’évaluation fait conduise à des
ajustements de la solution développée et à sa diffusion auprès des chercheurs, des praticiens et des
décideurs.

La figure ci-après présente une vue globale des différentes phases du processus de recherche selon
l’ancrage épistémologique.

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Recherche fondamentale Recherche appliquée : résolution des problèmes
(description, compréhension, explication ou prédiction des (produits, outils, services, programmes, entreprises, projets )
phénomènes) (Fortin et Gagnon, 2016) (Loiselle, 2001, cité par Alain et Dessureault, 2009, p103)

Phase d’analyse préalable


Phase de rupture :
de la question de départ aux objectifs Description du problème et identification des
besoins

Phase conceptuelle : Phase de recension des savoirs sur les


Cadre théorique ou conceptuel solutions existantes

Phase de développement de la solution


Phase de planification
- Délimitation des besoins et descriptions des
Méthodologie y compris choix ou activités ou des séquences de la solution
construction des outils de collecte des
données, obtention de la clairance éthique
- Elaboration de la théorie de la solution
- Modélisation de la solution (logigramme)

Phase empirique : Phase d’analyse de la viabilité et/ou de


Collecte des données mise à l’essai de la solution
- Etude pilote auprès de petit groupe

Phase analytique et de confrontation Phase d’implantation de la solution


Analyse des données, présentation des résultats, discussion - Elaboration du plan d'implantation de la solution
- Documentation du processus d'implantation
- Calcul de la taille d'effet de la solution
Phase de diffusion
Rédaction des rapports, articles, Phase d’évaluation, de révision et de
communication
diffusion
- Révision de la solution, si nécessaire, et diffusion

Figure 4 Spécificités des phases des recherches fondamentales et appliquées

3.2.1.5 Méthode de recherche pour le développement des questionnaires ou des échelles

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Processus de développement d’une échelle de mesure des attitudes ou des comportements
en santé

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Processus de dévéloppement d’un référentiel de soins ou de bonnes pratiques

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Processus de développement d’un programme d’intervention en santé

3.2.2 Opérationnalisation des variables de l’étude et plan de recherche


3.2.2.1 Variables dans une recherche

Une variable est l’expression utilisée en recherche quantitative pour désigner un concept ou un
construit; C’est une chose, un construit, un phénomène, observable ou mesurable, qui peut varier ou
prendre plusieurs valeurs, ou plusieurs états. Les variables constituent les éléments essentiels d’une
hypothèse de recherche. Dans la section méthodologie, le chercheur doit habituellement opérationnaliser
ses variables : il doit indiquer si elles sont quantitatives ou qualitatives, indépendante ou dépendante,
expliquée ou explicative, leurs modalités (valeurs que peut prendre la variable).

Exemples de variables : le nombre de symptôme/signes, le genre, la température, le nombre d’enfants,


le niveau de motivation, le poids, la taille, la glycémie, l’âge, etc.

Les chercheurs s’intéressent aux variables pour :

 Mesurer ou décrire leurs variations ;

 Déterminer les facteurs qui les font varier ou les variables avec lesquels elles covarient ;

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 Prédire ou contrôler leurs variations en manipulant les facteurs qui les font varier.

En recherche, les variables se classent en générale selon leur rôle : variable dépendante et variable
indépendante ; variables médiatrices et variables modératrices.

Variables dépendantes et variables indépendantes

Une variable dépendante (VD), encore appelée variable critère ou variable résultat ou variable
expliquée, est une variable dont les variations ou les valeurs sont fonctions d’une autre variable.

Une variable indépendante (VI), encore appelée variable explicative ou variable expérimentale ou
variable prédictive, est une variable dont les variations entrainent celles d’une autre variable. Dans une
recherche, plusieurs types de variables indépendantes peuvent avoir un effet sur une variable
dépendante. Ainsi, en plus des variables expérimentales ou prédictives qui ont un effet sur la variable
dépendante, des variables médiatrices ou des variables modératrices peuvent également avoir un effet
sur la variable dépendante étudiée.

Variables médiatrices et variables modératrices

Un médiateur est quelqu’un ou quelque chose qui permet ou favorise la relation entre deux entités.
C’est un intermédiaire dont l’action est nécessaire ou indispensable dans un processus. Dans une étude,
un chercheur peut s’intéresser à identifier les différentes variables médiatrices qui interviennent dans un
processus. Dans le schéma ci-dessous, B est une variable médiatrice entre A et C.

A B C

Lorsque les chercheurs découvrent une relation forte entre deux variables, ils souhaitent souvent
comprendre le mécanisme par lequel cet effet se produit. Ils cherchent alors a identifié les différentes
variables médiatrices qui interviennent dans la relation. À titre d’exemple, une cherche pourrait vouloir
expliquer la relation forte qui existe la consommation de sucre et la glycémie. Ici, une variable
médiatrice serait la quantité d’insuline secrétée ou la quantité d’énergie dépensée. Une variable est donc
dite médiatrice si elle représente un mécanisme qui produit l’effet observé (Côté & Bouchard, 2005)9.

9
Côté, S. & Bouchard, S. (2005). Introduction à la recherche, dans S., Bouchard & C., Cyr (dir). Recherche
Psychosociale, pour harmoniser recherche et pratique. Québec : PUQ.

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Un modérateur est quelqu’un ou quelque chose dont la présence ou la prise en compte modifie la
relation existante (augmente ou diminue) entre deux entités. Le schéma ci-après illustre une relation de
modération.

A C
L’effet de la variable B sur la relation entre les variables A et C est une relation modératrice ou parasite
pour certains auteurs (Loiselle & al., 2007; Fortin & Gagnon, 2016). Une variable modératrice ou
parasite est une variable qui affecte l’intensité ou la direction de la relation entre deux autres variables.
C’est pourquoi, pour déterminer l’effet réel d’une VI sur une VD, les chercheurs mettent en place des
dispositifs ou alors ils utilisent des analyses qui permettent d’identifier ou de contrôler les variables
modératrice ou parasites. Une variable modératrice peut être qualitative ou quantitative. Pour contrôler
l’effet d’une variable modératrice les chercheurs utilisent plusieurs procédés :

 Ils peuvent constituer au hasard leurs échantillons ou les différents groupes de


participants pour répartir de manière aléatoire la variance de la variable modératrice
dans l’échantillon ou dans les différents groupes de recherche. Dans une étude où un
chercheur s’intéresse à la relation entre l’indice de masse corporelle (IMC) et
l’hypertension artérielle (HTA), pour contrôler l’effet de facteurs individuels comme
l’hérédité sur cette relation, il peut décider de tirer au hasard un échantillon de personnes
dans une population.
 Ils peuvent rendre constante cette variable modératrice en sélectionnant les individus
qui ont la même caractéristique sur cette variable. Les groupes seraient constitués
d’individu homogène selon une caractéristique. Par exemple, ce chercheur pourrait
constituer un groupe de femme et un groupe d’homme tirés aléatoirement dans la
population, s’il voudrait contrôler l’effet du genre sur la relation entre l’IMC et l’HTA.
 Ils peuvent utiliser des analyses statistiques qui permettent d’isoler l’effet de la variable
modératrice ou parasite, notamment en utilisant l’analyse de covariance, l’analyse
factoriel de variance, les corrélations partielles, la régression multiple hiérarchique, etc.

La présence d’un effet modérateur entre une VI et une variable modératrice (VM) indique
habituellement l’existence d’un effet d’interaction entre VI et VM. Ainsi deux théories sont sous-
jacentes aux effets d’interaction et de modération en sciences humaines. L’interactionnisme est sous-
jacent à l’effet de modération. Cette théorie postule que lorsqu’il y a interaction entre deux phénomènes,
le tout (résultat) est plus ou moins que la somme des parties. Le phénomène de synergie et
d’antagonisme s’inscrivent dans cette logique. La théorie de la transaction est sous-jacente à l’effet de

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médiation. Cette théorie postule qu’un effet ou un résultat est le produit de plusieurs transactions (Rascle
& Irachabal 2001)10.

Dans l’exemple, ci-dessous, Kimessoukié (2016), présente comment ont été opérationnalisées les
variables de son étude portant sur la Variabilité de la résilience, de la dépression et de l’anxiété chez les
femmes camerounaises.

Tableau 2

Exemple d’opérationnalisation des variables

Dispersion théorique des Nature de


Variables Modalités Échelles de mesure
scores l’échelle
Résilience Faible Échelle de résilience de 25 à 120 Ordinale
Modérée Wagnild et Young (1993) 121 à 145
Élevée 146 à 175
Dépression Minimale Inventaire de dépression de 0 à 13 Ordinale
Légère Beck (Beck, Steer, & 14 à19
Modérée Brown, 1998). 20 à 28
Sévère 29 à 63
Anxiété Minimale Inventaire d’anxiété de 0à7 Ordinale
Légère Beck (Beck & Steer, 1993) 8 à 15
Modérée 16 à 25
Sévère 26 à 63

3.2.2.2 Plan de recherche

Un plan de recherche est une caractéristique des recherches corrélationnelles prédictives ou des
recherches expérimentales. C’est une description des différents éléments structuraux des conditions de
recherche.

10
Rascle, N., & Irachabal, S. (2001). Médiateurs et modérateurs : implications théoriques et méthodologiques dans
le domaine du stress et de la psychologie de la santé. Le travail humain, 64(2), 97-118.
https://doi.org/10.3917/th.642.0097

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Plan de recherche dans une étude quasi-expérimentale

Groupe ou condition Pré-tests Interventions Post-tests


 Instruments de mesure :
 Instruments de
- Instrument 1
mesure :
- Instrument 2
- Instrument 1
- …
- Instrument 2
- Instrument n
- … Nom ou brève description de
Groupe cible
- Instrument n l’intervention
 Temps de mesure :
- T1
 Temps de
- T2
mesure :
- …
- T0
- Tn

Plan de recherche dans une étude expérimentale sans pré-test

Groupes ou
Pré-tests Interventions Post-tests
conditions
Groupe cible 1 Nom ou brève description de  Instruments de mesure :
l’intervention - Instrument 1
- Instrument 2
Groupe cible 2 Nom ou brève description de - …
l’intervention - Instrument n
… Nom ou brève description de
Pas de pré-test l’intervention  Temps de mesure :
- T1
Groupe cible n Nom ou brève description de - T2
l’intervention - …
Groupe témoin Description du placebo ou - Tn
alors aucune intervention

Plan de recherche dans une étude expérimentale avec pré et post-test

Groupes ou
Pré-tests Interventions Post-tests
conditions
Groupe cible 1  Instruments de Nom ou brève description  Instruments de mesure :
mesure : de l’intervention - Instrument 1
- Instrument 1 - Instrument 2
Groupe cible 2 - Instrument 2 Nom ou brève description - …
- … de l’intervention - Instrument n
… - Instrument n Nom ou brève description
de l’intervention  Temps de mesure :
 Temps de - T1
Groupe cible n mesure : Nom ou brève description - T2
- T0 de l’intervention - …
Groupe témoin Description du placebo ou - Tn
alors aucune intervention

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3.2.3 Technique et Instruments/outils de collecte des données

La mesure est une opération ou un processus qui consiste à assigner des nombres à des objets, à des
événements ou des situations selon des règles préétablies dans le but de déterminer la valeur d’un
attribut donné.

La façon dont les concepts (variables) sont définis et mesurés influe directement sur la validité des
résultats d’une étude. Ainsi la manière de mesurer les concepts contenus dans les questions de recherche
et les hypothèses est donc capitale.

Les chercheurs utilisent la mesure comme un moyen de comprendre, d’évaluer et de différencier les
caractéristiques des personnes ou des objets. Elle permet de comparer, au moyen d’une unité de mesure
constante, des événements ou des phénomènes entre eux. La capacité de précision de la mesure permet
de communiquer l’information en termes objectifs, évitant ainsi l’ambiguïté dans l’interprétation. La
qualité de la mesure est fonction de : l’opérationnalisation du concept mesuré, de la nature de l’échelle
de mesure utilisée, de l’interprétation de la valeur obtenue à la suite de la mesure, du contrôle du biais
ou de l’erreur de mesure.

Pour mesurer ou observer les variables les chercheurs ont recours à plusieurs types d’instruments de
mesure : les grilles d’observation systématique, les questionnaires, les échelles, les appareils ou les tests
biomédicaux et les vignettes.

Pour décrire la validité d’une grille d’observation systématique ou d’un questionnaire, les chercheurs
recourent à la validité de contenu à travers à la validité de contenu, une estimation de l’accord inter-
juge, un calcul de la fidélité.

La validité d’une échelle est décrite par la validité de contenu, la validité factorielle à travers le
pourcentage de variance expliquée, la validité concomitante, la validité divergente, la validité de
construit, et la fidélité. Le plus souvent, les chercheurs se limitent à la validité factorielle à la fidélité.
Cette dernière s’évalue habituellement par le calcul du coefficient d’alpha de Cronbach. La validité
des appareils et test biomédicaux est évaluée par leur sensibilité et leur spécificité.

Pour chaque outil, le chercheur doit indiquer la durée d’administration.

3.2.4 Population
3.2.4.1 Population générale de l’étude

Caractéristiques de la population générale de l’étude. Il s’agit des personnes à travers le monde


qui répondent aux caractéristiques de l’étude.

3.2.4.2 Population cible

Il s’agit de la population à laquelle les résultats de l’étude peuvent être généralisées, ou


transférées le cas échéant. C’est donc les paramètres de cette population qui serviront à calculer
la taille de l’échantillon ; notamment la prévalence.

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NB : Pour les études qualitative, l’emploi du titre « Sélection des participants ou informateurs
clés » est plus approprié.

3.2.4.3 Échantillonnage

Dans une étude qualitative, le titre « Sélection des participants » est préféré par plusieurs
chercheurs.

- Décrire la technique d’échantillonnage ou méthode de sélection des informateurs


- Énoncer les critères d’inclusion et d’exclusion
- Estimer la taille minimale d’échantillon à partir de la puissance statistique
recherchée et de la taille d’effet du phénomène étudié dans la population cible
- Si l’étude requiert plusieurs groupes de participants, indiquer comment seront
constitués ces groupes, s’ils sont ou non équivalent

NB : Pour les études qualitatives, un nombre de participant peut être donnée en se référant à la
littérature. Mais il faut toujours préciser que la taille exacte sera délimitée par la saturation des
données collectées.

L’échantillonnage est un processus au cours duquel on sélectionne un groupe de personnes ou une


portion de la population pour représenter la population cible. Il suppose donc une définition claire de
la population prise en considération et des éléments qui la composent. Le concept d’échantillonnage
est davantage utilisé en recherche quantitative, car il sous-entend la représentativité avec une finalité
de généralisation. Bien qu’en recherche qualitative les informateurs clés ou participants sélectionnés
soient représentatifs du groupe par rapport à l’information recherchée sur le sujet de l’étude, c’est plutôt
une logique de richesse de l’information à obtenir qui guide le choix des participants. En recherche
qualitative, les chercheurs utilisent plus le concept de sélection des participants ou des informateurs
clés.

3.2.4.3.1 Logique de la sélection des participants en recherche qualitative

Puisque la logique ici n’est pas la généralisation des résultats, les chercheurs dans le domaine qualitatif
se posent les questions suivantes en matière de sélection des participants : qui pourrait être une
excellente source d’information pour l’étude ? à qui devrais-je parler ou que devrais-je observer pour
mieux comprendre ce phénomène ?

Au fur et à mesure que l’étude progresse, on se pose de nouvelles questions pour chercher d’autres
sources d’information permettant d’avoir une confirmation ou non des données déjà recueillies. Il peut
aussi se poser la question : à qui puis-je parler ou qui puis-je observer pour avoir la confirmation de ce
que j’ai compris ? Ou pour remettre en question, modifier ou enrichir ce que j’ai compris ? Donc tout
comme pour le projet de recherche générale d’une étude qualitative, le processus de sélection des
participants se construit au cours de la collecte des données.

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3.2.4.3.2 Types d’échantillonnage en recherche qualitative

Les chercheurs qui recourent habituellement aux méthodes qualitatives évitent habituellement de se
servir des approches probabilistes, car ce n’est pas le nombre de personnes interrogées qui compte, mais
ceux qui peuvent fournir une information détaillée sur le phénomène étudié. Il existe quatre principaux
types d’échantillonnage en recherche qualitative : l’échantillonnage accidentel, l’échantillonnage boule
de neige ou en réseau, l’échantillonnage par choix raisonné et l’échantillonnage théorique.

L’échantillonnage accidentel

Il est aussi appelé échantillonnage de convenance. Il consiste à choisir des personnes selon leur
accessibilité et à un moment précis. Il est composé de personnes facilement accessibles qui répondent à
des critères d’inclusion précis. Il est constitué à mesure que les personnes se présentent ou sont
rencontrées sur le lieu de l’étude jusqu’à l’atteinte du nombre désiré. Il est encore appelé échantillon
des volontaires.

L’échantillonnage accidentel est efficace, mais il ne représente habituellement pas la méthode de


prédilection, même dans le cas d’une étude qualitative. Celle-ci vise essentiellement à obtenir le plus
d’information possible à partir du petit nombre de sujets disponibles. Ce n’est pas le type d’échantillon
qui procure le plus d’information, mais c’est un moyen souvent utilisé pour lancer le processus
d’échantillonnage.

L’échantillonnage par réseau

Encore appelé échantillonnage boule de neige, c’est une méthode qui permet d’obtenir graduellement
un échantillon en utilisant des références obtenues des répondants recrutés initialement. Il consiste à
demander à des personnes recrutées initialement selon des critères de sélection précis de suggérer le
nom d’autres personnes qui leur paraissent répondre aux mêmes critères. Ce processus se poursuit
jusqu’à l’atteinte de la saturation en information. Cet échantillonnage est souvent utilisé lorsqu’il
s’avère difficile de trouver des sujets possédants les caractéristiques recherchées, comme les
toxicomanes, les alcooliques, les personnes sans-abris, les personnes victimes de violences sexuelles,
etc.

L’échantillonnage par choix raisonné

Le chercheur sélectionne un à un les cas, ou les types de cas qui correspondront le mieux aux besoins
en matière d’information. Ce type d’échantillonnage est couramment employé dans les études
qualitatives pour la sélection des participants possédant les caractéristiques recherchées. Il exige de
choisir un nombre déterminé de participants susceptibles de représenter les thèmes à l’étude. Il
comprend une variété de stratégies, notamment :

 L’échantillonnage par cas extrême ou s’écartant de la norme : sélection intentionnelle des


cas les plus extrêmes ou les plus inhabituels.
 L’échantillonnage homogène : sélection intentionnelle de cas présentant des
caractéristiques similaires afin de favoriser une étude en profondeur de ce groupe.
 L’échantillonnage à variation maximale : sélection intentionnelle des cas susceptibles de
montrer l’étendue de la variation du phénomène.

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L’échantillonnage théorique

C’est une méthode utilisée dans les recherches par théorisation ancrée. C’est un processus de collecte
des données visant à engendrer une théorie. L’analyste recueille, code et analyse simultanément ses
données. Ce processus se déroule de manière récursive entre l’échantillonnage, la collecte des données
et l’analyse des données jusqu’à ce que le chercheur parvienne à la conceptualisation du phénomène
étudié. Il décide des données à recueillir par la suite et de l’endroit où les trouver dans le but de bâtir sa
théorie au fur et à mesure que les matériaux voient le jour. Il diffère de l’échantillonnage par choix
raisonné. Il a pour but de découvrir des catégories et les propriétés que celles-ci comportent, et de
présenter les interdépendances qui caractérisent la théorie empirique. Une logique guide
habituellement le chercheur : à quels groupes ou sous-groupes le chercheur doit-il s’intéresser par la
suite ? Les groupes sont choisis selon les besoins, en fonction de leur pertinence théorique, pour
approfondir la conceptualisation.

Taille de l’échantillon dans une étude qualitative

Dans les études qualitatives, aucune règle ne détermine la taille de l’échantillon, qui dépend grandement
de l’objectif de la recherche, de la qualité des informateurs et du type d’échantillonnage utilisé. À titre
d’exemple, on pourrait se poser la question de savoir combien de jeune adulte dans une communauté il
faudrait enquêter pour avoir l’information sur une représentation culturelle, une coutume, un rite, etc.
comparativement au nombre de séniors (personnes âgées). On pourrait postuler que même plus de 10
jeunes adultes ne seraient pas capables de fournir la quantité d’information que donnerait une seule
personne âgée. Ce n’est donc pas la quantité de personnes enquêtées qui compte en recherche qualitative,
mais la qualité des personnes sélectionnées pour leur connaissance sur le phénomène étudié.

La saturation est le principe directeur en matière d’échantillonnage qualitatif pour délimiter le nombre
de participants. Elle correspond au point où la sélection, l’observation ou l’entretien avec de nouveaux
participants n’apporte plus une information supplémentaire par rapport à celles déjà recueillies.

3.2.5 Planification du déroulement de la collecte des données sur le terrain

- Décrire toutes les formalités administratives à accomplir pour la collecte des données sur le
terrain
- Décrire la stratégie pour obtenir l’adhésion libre et consentie des participants à l’étude
- Décrire le cadre ou le milieu physique où se fera le recueil de données
- Décrire s’il y a lieu le protocole d’intervention, s’il s’agit d’une recherche expérimentale
- Indiquer la stratégie de prévention des biais ou erreur aléatoire

3.2.5.1 Planification de la collecte des données dans une étude qualitative

Contrairement à la recherche quantitative où le processus de recherche est linéaire, c’est-à-dire que les
étapes se font l’une à la suite de l’autre, la logique qualitative est totalement différente. Ainsi le
chercheur ne sélectionne pas d’abord tous les individus (comme pour l’échantillonnage probabiliste ou
la recherche expérimentale), puis collecte les données, et ensuite les analysent. En recherche qualitative

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le processus circulaire. Il y a un va-et-vient entre l’échantillonnage, la collecte des données et l’analyse
des données.

Le collecte des données est un processus organisé mis en œuvre pour obtenir des informations auprès
de sources multiples, en vue de passer d’un niveau de connaissance ou de représentation d’un
phénomène à un autre, dans le cadre d’une action délibérée dont les objectifs ont été clairement définis,
et qui donne des garanties suffisantes de validité. Il existe plusieurs méthodes de collecte de données en
recherche qualitative : l’observation, les entrevues, les groupes de discussion focalisés, le recueil de
texte, les notes de terrain et le journal de bord, le récit de vie, la ligne de vie, etc.

L’observation

L’observation est une méthode de collecte de donnée où le chercheur devient le témoin des
comportements des individus et des pratiques au sein des groupes en séjournant sur les lieux mêmes où
ils se déroulent (Martineau, 2005). Elle permet de comprendre les mécanismes de l’interaction sociale
et de la vie en société. Dans le domaine qualitatif, les chercheurs recueillent des données d’observation
en s’imposant un minimum de structure et de contrainte (observation non structurée), contrairement à
l’observation en recherche quantitative où ils s’imposent un maximum de contraintes (observation
structurée). Une habile observation non structurée permet donc aux chercheurs de voir le monde
comme le participant, de bien comprendre les phénomènes clés et d’en fournir une interprétation étoffée,
de donner un sens aux événements et aux situations, et de saisir les subtilités inhérentes aux différents
contextes (Loiselle, Profetto-McGrath, Polit, & Tatano Beck, 2007).

La technique de l’observation participante est souvent utilisée pour se livrer à des observations dans
le milieu naturel où se déroule le phénomène étudié. L’observateur participe au fonctionnement du
groupe ou des individus. Il s’efforce après l’observation de noter ce qui se passe et de consigner
l’information selon les contextes, les expériences, les symboles pertinents pour les participants. La
participation permet d’avoir des idées qui auraient échappé à une observation plus passive (non
participante). Toutefois, certaines études qualitatives peuvent nécessiter une observation et un
enregistrement sans que le chercheur se mêle aux activités, il s’agit là alors d’une observation non
participante.

L’observateur commence par construire une grille d’observation, puis il détermine la façon de
sélectionner les observations à faire, ainsi que les sites d’observation. Les chercheurs utilisent souvent
une combinaison d’approches. Il peut rester en un seul et même lieu pendant un laps de temps donné
pour observer ce qui s’y passe; il peut se déplacer dans le site pour prendre en note les comportements
dans différents endroits, ou encore suivre une personne tout au long d’une activité ou pendant un certain

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temps. Il peut aussi compléter ses observations par des entrevues ou conversations non structurées. La
fiche ci-après présente un exemple de grille d’observation en recherche qualitative. Elle est inspirée de
Martineau (2005) et Loiselle et al. (2007).

Les entrevues individuelles

L’entrevue individuelle est un entretien destiné à obtenir des informations sur un sujet donné. Il constitue
une méthode de recherche pertinente lorsqu’on cherche à obtenir une information détaillée sur l’opinion,
les pensées, les expériences et les sentiments des gens. Elle s’avère utile si le sujet de la recherche
comporte des points qui exigent une interrogation complexe et plus poussée. L’entrevue est considérée
comme le moyen privilégié pour tenter de comprendre l’autre. Elle établit un contact direct entre le
chercheur et les participants à l’intérieur d’un environnement naturel.

Selon Paillé (1991), les appellations des types d’entrevues sont choisies selon le caractère plus ou moins
directif ou structuré recherché et non selon la qualité des données recueillies. À ce sujet, il existe trois
types d’entrevues en sciences sociales : l’entrevue en profondeur ou non directive, l’entrevue
directive et l’entrevue semi-directive. Selon cet auteur, l’entrevue directive ressemble à un
questionnaire administré personnellement. Ainsi ce type d’entrevue est souvent exclu des recherches
qualitatives. L’entrevue en profondeur et l’entrevue semi-directive demeurent les plus utilisées.

L’entrevue en profondeur est un entretien centré sur une question principale que le chercheur prépare
pour poser au participant après les formalités d’accordage. Par la suite, les autres questions découleront
du discours du participant pour permettre une compréhension en profondeur du phénomène. Elles sont
alors plus ciblées. L’accordage est un processus d’ajustement réciproque entre deux personnes
impliquant une adaptation et une modulation mutuelle des façons d’être et d’agir qui tient compte de la
personnalité, du style de vie, des champs d’intérêt et de la culture de l’autre ou des autres (Jourdan-
Ionescu et Kimessoukié Omolomo, 2018, adapté à partir de Stern, 2000). Ce type d’entretien est utilisé
lorsque le chercheur n’a aucune idée préconçue sur le contenu ou sur le flux d’information à recueillir.

Selon Paillé (1991, p.4), l’entrevue semi-directive est « semi-préparée, semi-structurée et semi-dirigée.
Ce qui signifie que le chercheur prépare son entrevue, quoique de manière non fermée, qu’il propose
un ordre des interrogations et guide la conversation, sans toutefois l’imposer. Bref, l’entrevue est
préparée, mais elle demeure ouverte à la spécificité des cas et à la réalité de l’acteur ». Elle débute
aussi par un accordage entre chercheurs et participants. Pour élaborer un guide d’entrevue structuré, le
chercheur s’appuie sur les objectifs spécifiques de l’étude dont la thématique de chacun constitue une
section du Guide d’entretien. Les sous-thèmes de chaque section découlent du modèle de structure ou
modèle d’analyse du phénomène. Pour compléter le guide d’entretien, le chercheur y ajoute une section
sur les renseignements généraux.

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Phases de l’entrevue :
1) Phase de préparation : elle comprend le rassemblement des outils de collecte de données, du
matériel d’enregistrement (dictaphone), l’identification du participant, le recueil du
consentement libre et éclairé, le choix du lieu et l’heure de l’entrevue.
2) Phase introductive : l’accordage. Elle sert à créer le contact, la relation ou une bonne ambiance.
Le chercheur rappelle aussi l’objet et la durée de la rencontre. Il réitère aussi la confidentialité
de l’entrevue, le droit qu’a le participant de consentir ou non à l’entretien. Il est important que
la personne soit confortablement installée et que le chercheur soit assis pendant tout l’entretien,
cela montre une attitude de disponibilité. L’entretien prendra la forme d’une causerie et non
d’un interrogatoire.
3) Phase d’entrevue concrètement dite : le chercheur introduit les différents points à aborder par
des questions ouvertes. Il laisse la liberté à la personne de répondre et n’exerce aucune pression
sur elle. Si la personne semble superficielle, il la relance sur ces points, et si elle n’est pas prête
à entrer dans les détails, il n’insiste pas et remet cela à plus tard. Certains sujets ne sont pas
faciles à aborder. Il fera preuve d’écoute active. Il utilisera la reformulation et le reflet pour
mieux entrer et mettre en contact la personne avec sa réalité propre. À la fin de chaque point, il
récapitulera brièvement ce qui a été dit.
4) Phase conclusive : le chercheur remercie la personne pour sa disponibilité et sa coopération. Si
le sujet n’est pas épuisé, il sollicite un autre rendez-vous auprès de la personne. Il s’engage
ensuite à envoyer la synthèse de l’entretien retranscrit au participant pour validation de
signifiance.

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La discussion focalisée de groupe

Le groupe de discussion focalisé est un type d’entrevue qui réunit un animateur et un groupe de cinq
à dix personnes qui partage certaines caractéristiques semblables dans le but d’examiner en détails
leurs façons de penser ; leurs opinions et leurs réactions vis-à-vis d’un sujet particulier. Cette méthode
fournit une grande richesse narrative grâce aux interactions qu’elle favorise entre les participants.
L’animateur oriente la discussion selon la liste des thèmes ou d’après un ensemble de questions. Cette
méthode de collecte de données fournit une grande richesse narrative grâce aux interactions qu’elle
favorise entre les participants.

Lors de l’animation de la séance de discussion du groupe focalisée, le chercheur ne doit pas manifester
des formes d’encouragement telles des « hum, hum », mais laisser au groupe le soin d’exprimer son
désaccord ou son accord. Il faut donc éviter de se manifester trop souvent afin que l’attention soit centrée
sur les positions émergeant du groupe plutôt que sur l’attitude directive du chercheur-animateur. Il doit
éviter que la discussion prenne la forme d’un dialogue entre un participant et lui, ou entre deux
participants. Il veillera à distribuer la parole à tous les membres du groupe et à solliciter celui qui ne
s’exprime pas beaucoup. Cette attitude permet d’anticiper celui que le chercheur devra encourager tout
en cueillant les réactions de l’ensemble du groupe.

La ligne de vie

La ligne de vie est un outil de collecte de donnée qui se fonde sur une méthode projective graphique.
Elle consiste à demander à une personne de dessiner sur une feuille une ligne en forme de continuum
temps et d’y inscrire les événements marquants de sa vie, de sa naissance jusqu’au moment présent
(Jourdan-Ionescu, 2011, Miller, 1993). Les événements positifs sont inscrits au-dessus et les événements
négatifs en dessous. La ligne de vie permet de situer dans le cycle de vie de la personne les transitions
vécues, les événements adverses et protecteurs. Des questions sont posées à la fin du dessin de la ligne
de vie afin de préciser ce que la personne a écrit ou représenté. La durée d’administration de la ligne de
vie est d’environ 60 minutes. Cet outil est indiqué dans les recherches phénoménologiques et les études
de cas. Kimessoukié (2016) propose une version plus structurée de cet outil qu’il nomme Ligne de
vie/événements de vie.

Kimessoukié Omolomo Étienne, Inf. Msc. PhD. - École des Sciences de la Santé – UCAC-2020 - 57
Événements ayant Événements ayant Événements ayant Événements ayant
entrainé une très entrainé une grande Âge entrainé une entrainé une très
grande souffrance souffrance grande joie grande joie

Naissance

Aujourd’hui

3.2.6 Stratégie d’analyse des données et critères de rigueur scientifique

Pour chaque objectif spécifique ou phase de l’étude, décrire comment seront traités et analyser les
données, et quelles sont les critères d’interprétation qui seront utilisés.

- En recherche quantitative, le traitement des données porte sur l’examen de la normalité de


la distribution des variables numériques, le traitement des données extrêmes ou aberrantes.
En recherche qualitative, elle porte sur le processus de validité de signifiance.
- En ce qui concerne l’analyse, en recherche quantitative, pour chaque objectif spécifique ou
hypothèse opérationnelle d’indiquer l’analyse statistique qui sera utilisée et les exigences
particulières de celle-ci s’il y a lieu
- Pour les recherches qualitatives, il faudrait indiquer le processus qui a conduit à identifier
les thèmes, ensuite la catégorisation de ceux-ci, la fiabilité des résultats (accord intercodeur
et inter-juge)
- Le critère d’interprétation réfère au seuil alpha qui sera utilisé dans cette étude

Kimessoukié Omolomo Étienne, Inf. Msc. PhD. - École des Sciences de la Santé – UCAC-2020 - 58
3.2.6.1 Stratégies d’analyse des données en recherche quantitative

3.2.6.2 Stratégies d’analyse des données en recherche qualitative

L’analyse qualitative des données est un processus inductif qui consiste à organiser et à interpréter les
données narratives en vue de découvrir des thèmes, des catégories et des modèles de référence. Pour
Patton (2002), le défi de l’analyse qualitative consiste à donner une signification à la masse de
données recueillies. Cela suppose de réduire le volume de renseignements bruts, d’éliminer les données
changeantes, de déceler les tendances significatives et de construire un cadre de référence qui permet
de communiquer l’essence de ce que les données révèlent. L’analyse qualitative des données comprend
six principales étapes : la transcription des données ; l’immersion empathique du chercheur dans les
verbatim ; l’identification des unités de signification ; le codage, l’identification des thèmes et la
synthèse des verbatim de chaque participant (organisation des données) ; le regroupement, par objectifs
spécifiques s’il y a lieu, des thèmes provenant des verbatim de chaque participant ; le regroupement des
thèmes en catégories et la construction du cadre de référence empirique du phénomène étudié, la
présentation des résultats.

Kimessoukié Omolomo Étienne, Inf. Msc. PhD. - École des Sciences de la Santé – UCAC-2020 - 59
La transcription des données

Les données brutes recueillies sur le terrain proviennent de diverses méthodes de collecte : entrevue
individuelle, discussion focalisée de groupe, observation, notes de terrain, textes, etc. Toutes ces
données constituent de la matière brute disparate et dispersée qui n’a pas encore de signification
particulière. Cette étape consiste à la transcription des données narratives en verbatim. Il faut signaler
que la transcription d’une heure d’entretien peut prendre 4 à 6 heures. Nous recommandons de
commencer la transcription des entretiens par les plus significatives. Le chercheur peut transcrire
intégralement les entretiens effectués avec deux ou trois participants. Pour les autres, il pourra se limiter
à transcrire les extraits significatifs. Dans ce dernier cas, il indiquera la séquence temporelle d’où est
tiré cet extrait.

L’organisation et la validation de signifiance des données

Le but de cette étape est d’organiser les verbatim issus de données narratives brutes et disparates, en
données organisées. Pour cela, le chercheur commence par faire une immersion empathique dans les
transcriptions à travers des lectures et relectures des transcriptions pour entrer dans l’univers expérientiel
du participant. Pendant cette immersion, il identifie à l’aide de marqueurs les extraits de texte qui ont
une signification par rapport aux objectifs de la recherche. À la marge de ces pages de documents, il
inscrit à côté de l’extrait identifié, le thème qui est véhiculé. À la fin de ce processus, grâce aux extraits
de textes significatifs et aux thèmes identifiés, il reconstitue de manière synthétique et organisée, soit
chronologiquement, soit thématiquement le discours ou l’expérience des participants. Il renvoie par la
suite ces synthèses de discours ou expériences au participant pour une validation de signifiance. Cette
opération permet au chercheur de s’assurer qu’il a bien saisi les propos du participant. Autant que
possible, le participant doit indiquer par écrit son accord ou non avec la synthèse faite. Au cas où il y
aurait des corrections à faire, il doit les indiquer. Pour garantir la fiabilité des données, le chercheur
mettra en annexe de son rapport de recherche, de sa thèse ou de son mémoire ces synthèses de discours
et d’expérience, ainsi que les documents de validation de signifiance signée du participant.

Au cours de cette étape d’organisation des données, le chercheur assure la confidentialité des données
en anonymisant les verbatim afin de protéger l’identité du participant et celle des personnes qu’il cite
sans ses propos. Pour cela, le chercheur attribuera des noms fictifs aux personnes. Il pourrait modifier
les lieux où les événements se sont déroulés, et si nécessaire les dates. Il veillera à ce que ce processus
d’anonymisation n’altère pas l’expérience partagée. Il rédigera aussi cette synthèse à la première
personne du singulier et autant que possible avec les mots utilisés par le participant.

Le regroupement des thèmes par objectifs et/ou participants

Cette étape consiste, dans un tableau, à regrouper les thèmes identifiés par participant et par objectifs
spécifiques (voir tableau ci-dessous). Si la recherche n’est pas organisée par objectifs spécifiques, le
chercheur dresse une liste de thèmes par participant.

Objectifs spécifiques de la
Participant 1 Participant 2 Participant n
recherche
Liste des thèmes avec pour Liste des thèmes avec pour Liste des thèmes avec pour
chacun la référence chacun la référence chacun la référence
Objectif spécifique 1
d’indexation dans le Synthèse d’indexation dans le Synthèse d’indexation dans le Synthèse
du verbatim du verbatim du verbatim

Kimessoukié Omolomo Étienne, Inf. Msc. PhD. - École des Sciences de la Santé – UCAC-2020 - 60
Liste des thèmes avec pour Liste des thèmes avec pour Liste des thèmes avec pour
chacun la référence chacun la référence chacun la référence
Objectif spécifique 2
d’indexation dans le Synthèse d’indexation dans le Synthèse d’indexation dans le Synthèse
du verbatim du verbatim du verbatim
Liste des thèmes avec pour Liste des thèmes avec pour Liste des thèmes avec pour
chacun la référence chacun la référence chacun la référence
Objectif spécifique n
d’indexation dans le Synthèse d’indexation dans le Synthèse d’indexation dans le Synthèse
du verbatim du verbatim du verbatim

3.2.7 La consolidation des thèmes

À cette étape du processus inductif, le chercheur opère une transition de l’individu vers le phénomène
ou la situation générale étudiée. Il regroupe par objectif tous les thèmes identifiés chez les participants,
puis supprime les thèmes qui se répètent en conservant la référence d’indexation dans les verbatim de
chaque participant. Cela permet de savoir chez quel participant cela a été identifié. La rigueur du
processus d’analyse qualitative impose au chercheur de confronter les thèmes identifiés dans le verbatim
le plus significatif, avec les thèmes issus du codage par un autre chercheur. Ce processus se rapporte à
la recherche des accords inter-codeurs pour une objectivité des thèmes identifiés.

Objectifs spécifiques
Phénomène ou situation étudiée
de la recherche
Thème 1.1 (participant2, page(P), paragraphe(p), ligne(L) ; participant n, page(P), paragraphe(p), ligne(L), etc.)

Thème 1.2 (participant1, page(P), paragraphe(p), ligne(L) ; participant n, page(P), paragraphe(p), ligne(L), etc.)

Thème 1.3 (participant 5, page(P), paragraphe(p), ligne(L) ; participant n, page(P), paragraphe(p), ligne(L), etc.)
Objectif spécifique 1
Thème 14 ….

Thème 1.5 ….

Thème 1.n

Thème 2.1 (participant2, page(P), paragraphe(p), ligne(L) ; participant n, page(P), paragraphe(p), ligne(L), etc.)

Thème 2.2 (participant1, page(P), paragraphe(p), ligne(L) ; participant n, page(P), paragraphe(p), ligne(L), etc.)

Thème 2.3 (participant 5, page(P), paragraphe(p), ligne(L) ; participant n, page(P), paragraphe(p), ligne(L), etc.)
Objectif spécifique 2
Thème 24 ….

Thème 2.5 ….

Thème 1.n
Thème n.1 (participant2, page(P), paragraphe(p), ligne(L) ; participant n, page(P), paragraphe(p), ligne(L), etc.)

Thème n.2 (participant1, page(P), paragraphe(p), ligne(L) ; participant n, page(P), paragraphe(p), ligne(L), etc.)

Thème n.3 (participant 5, page(P), paragraphe(p), ligne(L) ; participant n, page(P), paragraphe(p), ligne(L), etc.)
Objectif spécifique n
Thème n4 ….

Thème n.5 ….

Thème n.n

La catégorisation

Cette étape consiste pour chaque objectif, à regrouper les thèmes dans des catégories englobantes.
L’élaboration des catégories représente, pour le chercheur, l’étape la plus difficile, mais la plus créative.

Kimessoukié Omolomo Étienne, Inf. Msc. PhD. - École des Sciences de la Santé – UCAC-2020 - 61
Une catégorie est une entité générale abstraite qui représente la signification de sujets ou thème
semblables. Les catégories et les thèmes doivent autant que possible être exprimés dans le langage de la
discipline et faire sens. Il est aussi important que le chercheur confronte les résultats de son processus
de catégorisation avec l’évaluation des pairs. Pour cela nous recommandons la recherche d’accord
interjuge sur la pertinence de chaque catégorie (nom et contenu de la catégorie). Diverses stratégies
peuvent servir à élaborer des catégories. Strauss et Corbin (1998) suggèrent entre autres de poser des
questions fondamentales qui commence par quel, quand, où, pourquoi, comment. Cette étape permet
d’aboutir au cadre d’analyse empirique du phénomène ou de la situation étudiée. Ce tableau résume
de manière synthétique le phénomène étudié. Il sert également de guide pour la présentation des
résultats.

Objectifs spécifiques de
Catégories Thèmes Sources
la recherche
Participant 1 (P2.p4.L2-4)
Catégorie 1.1 Thème 1.1, thème 1.4, thème 1.6 Participant 3 (P5.p1.L5-6)
Etc.
Participant 4 (P2.p4.L2-4)
Objectif spécifique 1 Catégorie 1.2 Thème 1.2, thème1.5, thème 1.7 Participant 2 (P5.p1.L5-6)
Etc.
Participant 5 (P2.p4.L2-4)
Catégorie 1.n Thème 1.3, thème 1.8, thème 1.n Participant 3 (P5.p1.L5-6)
Etc.
Participant 6 (P2.p4.L2-4)
Catégorie 2.1 Thème 2.2, thème 2.1, thème 2.6 Participant 2 (P5.p1.L5-6)
Etc.
Participant 4 (P2.p4.L2-4)
Objectif spécifique 2 Catégorie 2.2 Thème 2.3, thème2.6, thème 2.8 Participant 3 (P5.p1.L5-6)
Etc.
Participant 1 (P2.p4.L2-4)
Catégorie 2.n Thème 2.4, thème 2.9, thème 2.n Participant 3 (P5.p1.L5-6)
Etc.
Participant 1 (P2.p4.L2-4)
Catégorie n.1 Thème 3.3, thème 3.2, thème 3.6 Participant 7 (P5.p1.L5-6)
Etc.
Participant 2 (P2.p4.L2-4)
Objectif spécifique n Catégorie n.2 Thème 3.1, thème3.9, thème 3.7 Participant 4 (P5.p1.L5-6)
Etc.
Participant n (P2.p4.L2-4)
Catégorie n.n Thème 3.4, thème 3.5, thème 3.n Participant n (P5.p1.L5-6)
Etc.

La présentation des résultats

La présentation des résultats est l’ultime étape de l’analyse qualitative des données. Elle est une
description des différentes catégories. Cette partie comprend une section sur la description des
participants, et une section se rapportant à chaque objectif spécifique. Dans la section qui se rapportent
à chaque objectif spécifique, chaque catégorie représente une sous-section dont les thèmes constituent
des paragraphes. Une description logique est faite pour chaque paragraphe en étayant avec les extraits
de verbatim de différents participants. Le cadre d’analyse empirique indique le plan de rédaction de la
partie consacrée à la présentation des résultats. A la fin de la présentation des résultats, le chercheur
insère dans son rapport, mémoire ou thèse une modélisation du phénomène étudié en montrant, si
possible les liens entre les différents concepts et catégories.

Kimessoukié Omolomo Étienne, Inf. Msc. PhD. - École des Sciences de la Santé – UCAC-2020 - 62
4 Chapitre 4 : Considérations éthiques

4.1 Populations vulnérables

Mineurs, majeurs inaptes et population carcérale


La recherche inclut-elle des mineurs (moins de 16 ans), des majeurs reconnus mentalement inaptes à donner un
consentement libre et éclairé ou des personnes en établissement carcéral? Si oui, précisez les moyens que vous
comptez utiliser pour assurer leur protection.

Liens de dépendance
La recherche inclut-elle des personnes ayant une relation client-professionnel, étudiant-professeur, employés-
employeur ou affective avec vous ou un membre de votre équipe de recherche? Si oui, précisez quel est ce lien, les
implications pour la recherche et les moyens que vous comptez utiliser pour préserver le consentement libre de
ces personnes

Implication de la communauté d'appartenance


Votre recherche implique-t-elle l'accord de la communauté sociale ou culturelle à laquelle appartiennent les
participants? Si oui, indiquez les moyens que vous comptez utiliser pour obtenir cet accord

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4.2 Compensation-incitatif-rémunération
Le projet prévoit-il une compensation pour les participants? Si oui, indiquez-en la nature et justifiez.

Le projet prévoit-il une rémunération ou un incitatif à participer pour les participants? Si oui, indiquez-en la
nature et justifiez.

4.3 Risques et inconvénients


Relever tous les risques ou inconvénients correspondant à votre recherche, puis indiquez : la nature de ces risques
ou inconvénients, les stratégies utilisées pour prévenir les risques et diminuer les inconvénients, les personnes (ou
organismes) -ressources qui pourront venir en aide aux participants si besoin est. Dans le cas d’un essai clinique,
indiquer les références de la police d’assurance souscrite pour prendre en charge d’éventuel dommage sur les
participants.

4.4 Avantages
Précisez la nature des avantages que peuvent retirer les participants de leur participation à la recherche. Au cas
où vous avez un groupe contrôle, indiquer les mesures prises pour que ceux-ci bénéficient aussi de l’intervention
si des résultats novateurs sont obtenus.

4.5 Divulgation partielle


Des informations concernant l'objet de la recherche doivent-elles être cachées aux participants ? Si oui, justifiez-
en le besoin

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4.6 Informations aux participants
Les résultats de la recherche seront-ils communiqués aux participants? Si oui, précisez les moyens que vous
comptez utiliser pour les informer. Si non, justifier votre décision.

4.7 Consentement écrit ou verbal


Obtiendrez-vous un consentement écrit des participants de la recherche? Si non, justifiez l'impossibilité de
l'obtenir et précisez les moyens qui seront utilisés pour vous assurer de la liberté des participants de participer à
la recherche

4.8 Protection des données à caractère personnel


Précisez sous quel type de support les données seront conservées, le lieu de conservation, les personnes qui y
auront accès, la durée prévue de conservation et les modalités de destruction

4.9 Utilisation ultérieure des données


Dans l'éventualité où les données pourraient être utilisées dans une recherche ultérieure, précisez sous quelle
forme elles pourraient être accessibles et les moyens utilisés pour informer les participants de cette éventualité.

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5 Budget et chronogramme de la recherche

5.1 Budget

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5.2 Chronogramme de la recherche

La rédaction d’un mémoire de master en sciences de la santé et sciences humaine est un exercice d’une
durée moyenne de 8 à 12 mois. Pour une recherche de premier cycle, il faut compter environ 6 mois
intense de travail, sinon une dizaine de mois pour un rythme de travail moyen. Pour une recherche
doctorale, le chronogramme de recherche doit être élaboré sur une période de trois ans.

La rédaction d’un travail de recherche implique une autodiscipline et une organisation rigoureuse, risque
que des distractions ou une trop grande insistance sur une étape compromette l’ensemble du travail. Le
chronogramme de la recherche est un outil de planification et pilotage qui permet au chercheur d’avoir
une représentation globale du travail à faire et du temps nécessaire. Il sert également au chercheur d’outil
de référence des évaluations à mi-parcours de l’évolution du projet de recherche. Le chercheur est invité,
lorsque les activités ne se déroulent pas au cours de la période délimitée, de procéder à des ajustements
de cet outil de pilotage.

Ngouana (2018) a élaboré le chronogramme de recherche ci-dessous pour son mémoire de master en
Sciences Infirmières.

Septembre

Novembre

Décembre
Activités

Octobre
Janvier

Février

Juillet
Avril
Mars

Août
Juin
Mai

Validation du sujet de recherche

Recherche documentaire

Élaboration du protocole

Pré-soutenance méthodologique

Rédaction mémoire

Demande de clairance éthique

Collecte de données
Formalités administratives
d’obtention des autorisations
d’enquête
Analyse des données et
présentation des résultats
Discussion
Finalisation et dépôt du
mémoire
Soutenance du mémoire

Kimessoukié Omolomo Étienne, Inf. Msc. PhD. - École des Sciences de la Santé – UCAC-2020 - 67
Normes Typographique des textes et Références bibliographiques

Format des nombres, des tableaux et des figures


 Utiliser la virgule pour séparer les décimales, pour les textes écrits en français, et le point pour
séparer les décimales, pour les textes écrits en anglais.
 De 0 à 9 : les chiffres s’écrivent en toutes lettres.
 De 10 à plus : présentation chiffrée (sauf s’ils débutent une phrase : présentation en lettres)
Exceptions : énumération, comparaison, pourcentage, référence à un tableau ou une figure, les
dates, les pages d’une référence. Ceux-ci sont toujours présentés chiffrés.
 La taille totale de l’échantillon est désignée par la lettre N, et celle d’un sous-groupe de
l’échantillon par la lettre n.
 La moyenne est désignée par la lettre M.
 L’écart type est désigné par les lettres ET.
 Les tableaux et les figures sont présentés dans le texte, de préférence en début de page. Ils sont
numérotés et ont des légendes ou des notes de bas de tableau/figures qui facilitent la
compréhension du lecteur. Ils sont toujours annoncés dans le texte avant leur apparition.
 Le titre d’un tableau s’écrit au-dessus du tableau, alors que le titre d’une figure s’écrit en dessous
de la figure.
 Les tableaux n’ont pas de lignes verticales (Norme APA).

Renvois bibliographiques, citations et liste des références bibliographiques

Le renvoi bibliographique est une information qui oriente le lecteur vers la référence bibliographique
complète dans la liste des références (Hirschauer, Gainon, & Loisel, 2019). Cette information est
constituée du nom de l’auteur et/ou des coauteurs, s’il y a lieu, de l’année de publication de la ressource
bibliographique, du numéro de la page où a été tiré un extrait des propos de l’auteur, s’il y a également
lieu.

 Le renvoi bibliographique est écrit entre parenthèses et figure dans le texte, avant ou après la
citation ou la reformulation selon la rédaction utilisée pour introduire la citation.
 Les citations sont des extraits d’une ressource bibliographique ; elles sont présentées entre
guillemets.
 Lorsque les auteurs et/ou coauteurs de la ressource bibliographique sont « sujet » de la phrase,
seule l’année de publication de la référence s’écrit entre parenthèses.
Ex 1 : Selon Jourdan et Hamelin (2013), les facteurs de protection des personnes sont …

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 Lorsque les auteurs et/ou coauteurs de la ressource bibliographique ne sont pas sujets de la
phrase, l’ensemble des informations du renvoi bibliographique sont présentées entre guillemets.
Ex 2 : Il semblerait que les facteurs de protection jouent un rôle déterminant dans la résilience
des personnes ayant vécu une situation d’adversité (Jourdan & Hamelin, 2013).

 La conjonction de coordination « et » ou la perluète « & » sépare le dernier auteur. Lorsque les


auteurs et coauteurs sont « sujet » de la phrase, c’est la conjonction de coordination « et » qui
est utilisée pour séparer le dernier auteur. Lorsqu’ils ne le sont pas, c’est-à-dire que l’ensemble
des informations du renvoi bibliographique est présenté entre guillemets, c’est la perluète qui
est utilisée pour séparer le dernier auteur.

NB : Dans la liste des références bibliographiques, seule la perluète est utilisée.

Quelques exemples de présentation des références dans la liste de références

Elles sont présentées selon les normes APA 6e édition et contiennent un maximum de 25
références bibliographiques

1) Livre : Le titre du livre est en italiques.

Ionescu, Ş. (2011). Traité de résilience assistée. Paris : PUF.


Vanistendael, S., & Lecomte, J. (2000). Le bonheur est toujours possible : construire la
résilience. Paris : Bayard.

2) Chapitre d’un livre : Le titre du livre est en italique et non le titre du chapitre.

Peterson, C. & Park, N. (2011). Forces de caractère et vertus : leur classification


et leur évaluation. Dans C. Martin-Krumm & C. Tarquinio (Éds), Traité
de psychologie positive (pp.233-248). Bruxelles, Belgique : Groupe De
Boeck.

3) Article : Le titre de la revue lorsqu’il est en anglais doit s’écrire avec une majuscule à
chacun des mots.
Michallet, B. (2009). Résilience : Perspective historique, défis théoriques et enjeux
cliniques. Frontières, 22(1-2), 10-18.

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4) Document dans Internet
Kimessoukié Omolomo, E., Jourdan-Ionescu, C., Ionescu, S., & Lapointe-
Gagnon, M. (2018). Méta-synthèse des approches théoriques de la
résilience en génies, sciences environnementales et sciences
économiques. Dans C., Jourdan-Ionescu, S., Ionescu, E., Kimessoukié-
Omolomo, & F., Julien-Gauthier. (Coord.). Résilience et culture, culture
de la résilience (pp. 902-912). Québec, Canada: Livres en ligne du
CRIRES. Disponible à : https://lel.crires.ulaval.ca/oeuvre/resilience-et-
culture-culture-de-la-resilience.

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Annexe 1 Notice d’information

INVITATION À PARTICIPER AU PROJET DE RECHERCHE PORTANT SUR …


(PRÉCISER LE TITRE DU PROJET DE RECHERCHE)

Mme, Mlle, M.
Cette recherche pour laquelle votre participation est sollicitée porte sur …. (Titre du projet). Elle vise à
… (donner le but de l’étude).
Donner la définition de l’objet principale pour aider à comprendre le titre de l’étude au cas où cet objet
est présenté par un terme technique.

Objectifs
Les objectifs de ce projet de recherche sont de : (énoncer les objectifs de votre étude dans un langage
accessible aux participants).
Les renseignements donnés dans cette notice d’information visent à vous aider à comprendre exactement
ce qu’implique votre éventuelle participation à la recherche et à prendre une décision éclairée à ce sujet.
Nous vous demandons donc de lire le formulaire de consentement attentivement et de poser toutes les
questions que vous souhaitez. Vous pouvez prendre tout le temps dont vous avez besoin avant de prendre
votre décision.

Tâche
Votre participation à ce projet de recherche consiste à (indiquer succinctement en quoi consistera la
participation ; par exemple un entretien, le remplissage d’un questionnaire, l’exécution de certaines
tâches, etc.).

Risques, inconvénients, inconforts


(Indiquer s’il y a ou non des risques, inconvénients ou inconforts associés à la participation à l’étude).

Bénéfices
Le bénéfice direct que vous pourrez tirer de la participation à cette recherche (Indiquer si une
compensation monétaire ou un quelconque bénéfice est associée à la participation à l’étude. Indiquer
aussi s’il y a des bénéfices indirects associés).

Confidentialité
Les données recueillies par cette étude sont soumis à l’exigence de confidentialité. Les résultats de la
recherche, qui pourront être diffusés sous forme d’articles, de rapport de recherche ou de
communications à des congrès scientifiques, ne permettront pas de vous identifier.
Les données recueillies seront conservées sur support … (Indiquer sur quels types de support seront
conserver les données, le lieu où ils seront conservés et les procédures d’anonymisation des données qui
seront appliquées). Les données seront détruites après la publication finale du rapport de recherche et
des articles; elles ne seront pas utilisées à d’autres fins que celles décrites dans le présent document.

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Participation volontaire
Votre participation à cette étude se fait sur une base volontaire. Vous êtes entièrement libre de participer
ou non et de vous retirer en tout temps sans préjudice et sans avoir à fournir d’explications.

Responsable de la recherche
Pour obtenir de plus amples renseignements ou pour toute question concernant ce projet de recherche,
vous pouvez communiquer avec (indiquer votre nom) par courriel à l’adresse suivante (indiquer votre
adresse courriel) ou au téléphone (indiquer votre numéro de téléphone).

Question ou plainte concernant l’éthique de la recherche


Cette recherche est approuvée par le comité d’éthique de la recherche l’École des Sciences de la Santé
de l’Université Catholique d’Afrique Centrale. Un certificat de conformité éthique portant le numéro
[no de certificat] a été émis le [date d’émission].
Pour toute question ou plainte d’ordre éthique concernant cette recherche, vous devez communiquer
avec le secrétaire permanent du comité d’éthique de l’École des Sciences de la Santé, par téléphone au
numéro XXX XXX XXX XXX XXX ou par courrier électronique XXXXXXXXXXX.

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Annexe 2 : Formulaire de consentement Éclairé

Engagement du chercheur
Moi, … (nom du chercheur), m'engage à procéder à cette étude conformément à toutes
les normes éthiques qui s'appliquent aux projets comportant la participation de
sujets humains.

Consentement du participant
Je soussigné, _______[nom du participant]_____________, confirme avoir lu et compris
la notice d’information au sujet du projet (indiquer le titre du projet de recherche) J’ai
bien saisi les conditions, les risques et les bienfaits éventuels de ma participation.
On a répondu à toutes mes questions à mon entière satisfaction. J'ai disposé de
suffisamment de temps pour réfléchir à ma décision de participer ou non à cette
recherche. Je comprends que ma participation est entièrement volontaire et que je
peux décider de me retirer en tout temps, sans aucun préjudice.

J’accepte donc librement de participer à ce projet de recherche

Date et Signature du participant :

Contact du chercheur
Courriel :
Téléphone :
Date et Signature du chercheur :

NB : introduire une liste à cocher sur les éléments du consentement …

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