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Simple suggestion...

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Pour détailler quelque peu l’allusion rapportée par Marie-France James à propos de cette
« expérience de suggestion à grande distance » dont Monseigneur Elie Méric fut le support, il faudra
citer en détail l'extrait du Manuel Bibliographique des Sciences Psychiques ou Occultes d’Albert
Caillet.

Ce manuel alphabétique est constitué "principalement à partir des catalogues des grandes librairies
occultistes de son temps, plus les bibliographies plus anciennes de Guaita et de N. Langlet Dufresnoy
et les dictionnaires de l'abbé Migne" (cf. JP Laurant, L'ésotérisme chrétien en France au XIXe siècle,
1992).

Pour plus de clarté, il faut ajouter que ce manuel mélange bien des thèmes ; et pour ne parler que de
la lettre M, l’ordre alphabétique fera passer de Malebranche à Mallarmé, de la métaphysique à
l’alchimie en passant par la franc-maçonnerie jusqu’aux « traductions » de grimoires dues à Samuel
Mathers (1) destinées à évoquer des entités douteuses.

Enfin, nous y trouverons notamment l’Imagination et les Prodiges, d’Elie Méric et tout ceci sera
amalgamé sous un même label de sciences dites « psychiques ou occultes » annonçant la couleur des
orientations idéologiques d’Albert Caillet.

En effet, plutôt réservé aux sociétés para-maçonniques (2), l'occulte et l’occultisme sont les
appellations propres de personnalités aux idées souvent anticléricales, en tout cas nettement hors du
giron de l’église catholique romaine -n'en déplaise à Eliphas Levi. Mais il n’en demeure pas moins
que l’ensemble de phénomènes et d’expériences désignées par le terme plus générique de sciences
psychiques (on parlerait de paranormal ou de parapsychologie de nos jours) présentent un  vif
intérêt pour beaucoup de monde au cours du XIXe siècle, en dépit de leur appartenance religieuse.

A propos de l’Imagination et les Prodiges Albert Caillet nous dit donc

« C’est une expérience de suggestion à grande distance qui orienta Mgr Méric, alors simple étudiant,
vers l’étude de l’occulte. Malgré l’éloignement, le père Gratry, sans l’en prévenir, l’avait un jour
contraint, par sa force extériorisée, à exécuter un ordre tout à fait imprévu sans jamais avoir
auparavant exercé sur lui le moindre magnétisme. »

Si l’anecdote est à peu près exacte, on peut parier que le terme d’occulte aurait contrarié l’intéressé :
n’a-t-il pas en effet présidé une Société des Recherches Psychiques ? Certes, il en sera
démissionnaire, mais pour ensuite fonder une Académie des Sciences Psychiques et non une
Académie des Sciences Psychiques ou Occultes...

Comme le précisera Marie-France James après avoir cité Albert Caillet, Elie Méric était « soucieux de
réfuter les erreurs propagées par les spirites et autres partisans de l’occulte » (nous soulignons)
s’employant « à maintenir un discernement scientifique, philosophique et théologique en la
matière »