Vous êtes sur la page 1sur 11

USTHB, Faculté de Mathématiques 2020/2021

LMD-SM-Section 8
Math 1

Série d’exercices N ◦ 1 : Nombres réels

Exercice 1. Déterminons si les parties de R suivantes sont minorées, majorées. Pour


chaque partie de R, déterminons, s’ils existent, la borne inférieure, la borne supérieure, le
minimum et le maximum.

• La partie A1 =]0, 1]∪]2, 4[ est bornée. Par exemple 0 est un minorant et 4 est un
majorant (de A1 ). Posons B =]0, 1] et C =]2, 4[. On a

A1 = B ∪ C,

et
inf(B) = 0, sup(B) = 1, inf(C) = 2, sup(C) = 4.
D’où
inf(A1 ) = min(inf(B), inf(C)) = min(0 , 2) = 0
et
sup(A1 ) = max(sup(B), sup(C)) = max(1 , 4) = 4.
On a inf(A1 ) = 0 6∈ A1 , donc min(A1 ) n’existe pas.

Aussi sup(A1 ) = 4 6∈ A1 , donc max(A1 ) n’existe pas.


• La partie A2 =] − ∞, 5] est majorée (par exemple 5 est un majorant) mais n’est pas
minorée.

Comme 5 est un majorant de A2 et que 5 ∈ A2 , alors

max(A2 ) = sup(A2 ) = 5.

La partie A2 n’est pas minorée, donc inf(A2 ) et min(A2 ) n’existent pas.


• Soit A3 = {3 − n1 , n ∈ N∗ }. Pour tout n ∈ N, on a
1
n≥1 ⇒0< n
≤1

⇒ −1 ≤ − n1 < 0

1
⇒2≤3− n
<3

1
Donc pour tout n ∈ N∗ , on a
1
2≤3− < 3.
n
Ainsi, la partie A3 est bornée (2 est un minorant et 3 un majorant de A3 ).

Comme 2 est un minorant de A3 et 2 ∈ A3 (pour n = 1), alors

min(A3 ) = inf(A3 ) = 2.
 
1
D’autre part, comme 3 est un majorant de A3 et que lim 3 − = 3, alors
n→+∞ n
sup(A3 ) = 3.

Comme 3 6∈ A3 , alors max(A3 ) n’existe pas.


• Soit A4 = { n1 + (−1)n , n ∈ N∗ }. Pour tout n ∈ N∗ , on a
1
−1 ≤ (−1)n ≤ 1 et 0< ≤ 1,
n
d’où, en passant à la somme, on a pour tout n ∈ N∗ ,
1
−1 < + (−1)n ≤ 2 (?)
n
Donc la partie A4 est bornée. Par exemple, minorée par −1 et majorée par 2.
On peut écrire A4 = B ∪ C avec
1 1
B={ + (−1)2n+1 , n ∈ N} = { − 1, n ∈ N}
2n + 1 2n + 1
et
1 1
C={ + (−1)2n , n ∈ N∗ } = { + 1, n ∈ N∗ }.
2n 2n
– Calculons inf(B) et sup(B) : pour tout n ∈ N, on a
1 1
n ≥ 0 ⇒ 2n + 1 ≥ 1 ⇒ 0 < ≤ 1 ⇒ −1 < −1≤0
2n + 1 2n + 1
D’une part, 0 est un majorant de B et 0 ∈ B (pour n = 0), donc sup(B) =
1
max(B) = 0. D’autre part, −1 est un minorant de B et on a limn→+∞ 2n+1 −1 =
−1, donc inf(B) = −1.
– Calculons inf(C) et sup(C) : on a
1 1 1 3
n ≥ 1 ⇒ 2n ≥ 2 ⇒ 0 < ≤ ⇒ 1< +1≤ .
2n 2 2n 2
Donc 32 est un majorant de C. Comme 32 ∈ C (pour n = 1), alors sup(C)  =
3 1
max(C) = 2 . D’autre part, 1 est un minorant de C et on a limn→∞ 2n + 1 = 1,
donc inf(C) = 1.

2
Ainsi, comme A4 = B ∪ C, alors

inf(A4 ) = min(inf(B), inf(C)) = min( −1, 1) = −1

et
3 3
sup(A4 ) = max(sup(B), sup(C)) = max( 0, )= .
2 2
Comme −1 6∈ A4 (voir (?)), alors min(A4 ) n’existe pas.

3
Comme 2
∈ A4 , alors max(A4 ) = 32 .

• A5 = { x+1
x+2
, x ∈] − ∞, −3]}. Remarquons qu’on peut écrire

x+1 x+2−1 1
= =1− .
x+2 x+2 x+2
On a
x ≤ −3 ⇒ x + 2 ≤ −1

1
⇒ −1 ≤ <0
x+2
1
⇒0<− ≤1
x+2
1
⇒1<1− ≤2 (??)
x+2
Donc A5 est borné. Par exemple, 1 est un minorant et 2 un majorant de A5 .
Comme 2 est un majorant de A5 et que 2 ∈ A5 (pour x = −3), alors

sup(A5 ) = max(A5 ) = 2.
x+1
D’autre part, comme 1 est un minorant de A5 et que limx→−∞ x+2
= 1, alors

inf(A5 ) = 1.

Comme 1 6∈ A5 (voir (??)), alors min(A5 ) n’existe pas.

• Soit A6 = {cos nπ

3
, n ∈ N}.

– pour n = 0, on a : cos 0π

3
= cos 0 = 1
– pour n = 1, on a : cos π3 = 12


– pour n = 2, on a : cos 2π = − 21

3
– pour n = 3, on a : cos 3π

3
= cos π = −1
– pour n = 4, on a : cos 3 = − 21



– pour n = 5, on a : cos 5π
 1
3
=2

3


– pour n = 6, on a : cos 3
= cos(2π) = 1.

Pour n = 6 on retrouve la même valeur que pour n = 0 et ainsi de suite. D’où


1 1
A6 = {−1, − , , 1}.
2 2
On a donc

min(A6 ) = inf(A6 ) = −1 et max(A6 ) = sup(A6 ) = 1.

4
Exercice 2. Résoudre dans R les équations et inéquations suivantes :

1. Résoudre dans R l’équation

|x − 1| + |x − 2| = 2 (1)

x 1 2 x 1 2
|x − 1| 1 − x x − 1 x − 1 ou x−1 − + +
|x − 2| 2 − x 2 − x x − 2 x−2 − − +

• Si x ∈] − ∞, 1] :
(1) ⇐⇒ (1 − x) + (2 − x) = 2
⇐⇒ 3 − 2x = 2
⇐⇒ 2x = 1
⇐⇒ x = 1/2.
Donc (1) possède une seule solution x = 1/2 dans l’intervalle ] − ∞, 1].

• Si x ∈]1, 2] :
(1) ⇐⇒ (x − 1) + (2 − x) = 2
⇐⇒ 1 = 2.
Donc pas de solution dans l’intervalle ]1, 2].

• Si x ∈]2, +∞[ :
(1) ⇐⇒ (x − 1) + (x − 2) = 2
⇐⇒ 2x − 3 = 2
⇐⇒ x = 5/2
Donc (1) possède une seule solution x = 5/2 dans l’intervalle ]2, +∞[.

D’où l’ensemble des solutions de (1) dans R :

SolR ((1)) = {1/2, 5/2}

2. Résoudre dans R l’équation

|x + 12| = |x2 − 8| (2)


√ √
x −12 −2 2 2 2
x + 12 − + + +
x2 − 8 + + − +

5
• Si x ∈] − ∞, −12] :
(2) ⇐⇒ −x − 12 = x2 − 8

⇐⇒ x2 + x + 4 = 0
On a ∆ = 12 − 4 × 4 < 0. Donc pas de solution sur ] − ∞, −12].

√ √
• Si x ∈] − 12, −2 2] ∪ [2 2, +∞[ :

(2) ⇐⇒ x + 12 = x2 − 8

⇐⇒ x2 − x − 20 = 0
1−9
On a ∆ = (−1)2 − 4 × (−20) = 81 = 92 . Donc deux solutions x = = −4 et
√ √ 2
x = 1+9
2
= 5 dans ] − 12, −2 2] ∪ [2 2, +∞[.

√ √
• Si x ∈] − 2 2, 2 2[ :

(2) ⇐⇒ x + 12 = −x2 + 8

⇐⇒ x2 + x + 4 = 0,
√ √
donc pas de solution sur l’intervalle ] − 2 2, 2 2[.

D’où l’ensemble des solutions de (2) dans R :

SolR ((2)) = {−4, 5}

3. Résoudre dans R l’inéquation

|x + 3| ≤ x (3)

Soit x ∈ R.

• Si x < 0, l’inéquation (3) est impossible.


• Si x ≥ 0, alors x + 3 ≥ 0. D’où, |x + 3| ≤ x ⇐⇒ x + 3 ≤ x ⇐⇒ 3 ≤ 0.

D’où
SolR ((3)) = ∅.

4. Résoudre dans R l’inéquation


1
| − 2| ≤ 3 (4)
x
L’inéquation a un sens pour x 6= 0.

6
Soit x ∈ R∗ . On a  2
1
(4) ⇐⇒ −2 ≤9
x
 2
1 4
⇐⇒ − +4≤9
x x

1 4
⇐⇒ 2
− −5≤0
x x

⇐⇒ 5x2 + 4x − 1 ≥ 0
Pour la dernière inéquation, on a le discriminant ∆ = 42 − 4 × 5(−1) = 36 = 62 ,
donc deux racines
−4 − 6 −4 + 6 1
x1 = = −1 et x2 = = .
10 10 5
D’où,
1
SolR ((4)) =] − ∞, −1] ∪ [ , +∞[
5

5. Résoudre dans R l’équation


√ √
41 − x + 41 + x = 10 (5)

L’équation (4) a un sens pour x tel que 41 − x ≥ 0 et 41 + x ≥ 0, donc pour


x ∈ [−41, 41].

On a √ √
(4) ⇐⇒ ( 41 − x + 41 + x)2 = 100
√ √
⇐⇒ 41 − x + 2 41 − x 41 + x + 41 + x = 100

⇐⇒ 412 − x2 = 9

⇐⇒ 412 − x2 = 92

⇐⇒ x2 = 1600

⇐⇒ x = 40 ou x = −40.
D’où
SolR ((5)) = {−40, 40}

6. Résoudre dans R l’inéquation



2x + 3 ≥ x (6)

7
L’inéquation (6) a un sens pour x tel que 2x + 3 ≥ 0, donc sur [− 32 , +∞[.

Soit x ∈ [− 23 , +∞[.

• Si x < 0, alors l’inéquation (6) est vérifiée, donc

sol[− 3 ,0[ ((6)) = [−3/2, 0[.


2

• Si x ≥ 0, on a
(6) ⇐⇒ 2x + 3 ≥ x2

⇐⇒ x2 − 2x − 3 ≤ 0
Pour l’équation algébrique x2 − 2x − 3 = 0 on calcule le discriminant ∆ =
(−2)2 − 4(−3) = 16, donc deux solutions x = 2−42
= −1 ou x = 2+42
= 3. Par
2
conséquent, on a x − 2x − 3 ≤ 0 sur [−1, 3]. Donc

sol[0,+∞[ ((6)) = [−1, 3] ∩ [0, +∞[= [0, 3].

D’où l’ensemble des solutions de (6) dans R :

SolR ((6)) = [−3/2, 0[∪[0, 3] = [−3/2, 3]

8
Exercice 3. a E(2) = 2, E(−7) = −7, E(3, 7) = 3, E(−3, 7) = 4, E(π) = 3,
1. On √
3
E(− 8 ) = −1, E( 2) = 1.

2. Résoudre dans R l’équation :

E(x3 − 1) = −1 (1)

Soit x ∈ R. On a
(1) ⇐⇒ −1 ≤ x3 − 1 < 0

⇐⇒ 0 ≤ x3 < 1

⇐⇒ 0 ≤ x < 1.
Donc
SolR ((1)) = [0, 1[

3. Montrons que pour tous x, y ∈ R, on a

E(x) + E(y) ≤ E(x + y) ≤ E(x) + E(y) + 1.

Soient x, y ∈ R. Par définition, on a

E(x) ≤ x < E(x) + 1 et E(y) ≤ y < E(y) + 1.

On fait la somme on obtient :

E(x) + E(y) ≤ x + y < E(x) + E(y) + 2.

Donc E(x) + E(y) est un entier vérifiant E(x) + E(y) ≤ x + y. Comme E(x + y)
est le plus grand entier inférieur ou égal au nombre réel x + y, c’est-à-dire vérifiant
E(x + y) ≤ x + y, alors forcément

E(x) + E(y) ≤ E(x + y)

D’un autre côté, on a E(x + y) ≤ x + y < E(x) + E(y) + 2, donc

E(x + y) < E(x) + E(y) + 2.

Il s’agit là d’une inégalité stricte entre deux entiers, il vient alors que

E(x + y) ≤ (E(x) + E(y) + 2) − 1 = E(x) + E(y) + 1

4. Calculons E(x) + E(−x) pour x réel.

• Si x est un entier, alors E(x) = x et E(−x) = −x. Donc

E(x) + E(−x) = 0 .

9
• Si x n’est pas un entier, alors on a :

E(x) < x < E(x) + 1 et E(−x) < −x < E(−x) + 1.

En faisant la somme, on obtient E(x) + E(−x) < 0 < E(x) + E(−x) + 2, donc

−2 < E(x) + E(−x) < 0.

Comme E(x) + E(−x) est un entier alors forcément

E(x) + E(−x) = −1

10
Exercice 4. 1. On a
5
e + e−ix
 ix
= 1
25
(eix + e−ix )5
2

= 1
25
[(eix )5 + 5(eix )4 (e−ix ) + 10(eix )3 (e−ix )2

+10(eix )2 (e−ix )3 + 5(eix )(e−ix )4 + (e−ix )5 ] (triangle de Pascal)

= 1
25
[e5ix + 5e3ix + 10eix + 10e−ix + 5e−3ix + e−5ix ] .

2. Linéarisation de cos5 x et de sin5 x. On utilise les formules d’Euler :


eix + e−ix eix − e−ix
cos x = et sin x = .
2 2i
D’après la première question nous avons donc :
5
e + e−ix
 ix
1 
5
= 5 e5ix + 5e3ix + 10eix + 10e−ix + 5e−3ix + e−5ix .

cos x =
2 2
On utilise encore une fois les formules d’Euler :
cos5 x = 1
25
[e5ix + e−5ix + 5(e3ix + e−3ix ) + 10(eix + e−ix )] .

1
= 25
[2 cos(5x) + 10 cos(3x) + 20 cos x] .
D’où
1 5 5
cos5 x = cos(5x) + cos(3x) + cos(x)
16 16 8
De même, on a
5
eix − e−ix

1
5
sin x = = 5
(eix − e−ix )5 .
2i (2i)
On développe en utilisant le triangle de Pascal, on obtient
(eix − e−ix )5 = e5ix − 5e4ix e−ix + 10e3ix e−2ix − 10e2ix e−3ix + 5eix e−4ix − e−5ix
= e5ix − 5e3ix + 10eix − 10e−ix + 5e−3ix − e−5ix
= (e5ix − e−5ix ) − 5(e3ix − e−3ix ) + 10(eix − e−ix )
= 2i sin(5x) − 10i sin(3x) + 20i sin(x).
D’où
1 1
sin5 x = 5
(2i sin(5x) − 10i sin(3x) + 20i sin(x)) = (sin(5x) − 5 sin(3x) + 10 sin(x)) ,
(2i) (2i)4
c’est-à-dire
1 5 5
sin5 x = sin(5x) − sin(3x) + sin(x)
16 16 8

11