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TECHNOLOGIE GENERALE

LTI Classe :
CHAPITRE 8 :
M. DELAFOSSE
Année scolaire : TRAITEMENTS EFFECTIF :
2016-2017
THERMIQUES Elèves

I. DEFINITIONS
On appelle traitement thermique l’ensemble des opérations de chauffages et de refroidissements,
destinées à modifier les propriétés et les caractéristiques d’un produit métallurgique de manière à adapter
son aptitude à certains emplois ou à une mise en forme.
Un gros grain facilite la transmission de la chaleur mais fragilise l’acier en favorisant la progression de
la cassure et réduit ainsi la résistance aux chocs et à la fatigue. Le but des traitements thermiques est
aussi d’obtenir un grain fin dans une pièce mécanique.
Les principaux traitements thermiques pratiqués en fabrication mécanique sont :
La trempe, le revenu, le recuit et le vieillissement.

II. LA TREMPE
II-1 Définition
La trempe se définit par une opération qui consiste à soumettre le métal à un cycle thermique approprié
comprenant successivement :
Un chauffage qui consiste à porter le solide, à la température d’austénisation.
En pratique on adopte pour cette température :
- Ac3 + 50°C pour les aciers hypoeutectoïdes
- Ac1 + 50°C pour les aciers hypereutectoïdes
Un maintien pendant un certain temps pour permettre l’homogénéisation
Un refroidissement brusque (par l’intermédiaire d’un bain convenable réglant la vitesse de trempe)
jusqu’à une température plus basse et pouvant même être différente de la température ambiante.

II-2 Courbe de pratique de la trempe

Ac3 + 50°C

Acm

maintien
Ac1 + 50°C
Ac1
Ac3 Ac3+50°
Ac3
Aciers hypo- Aciers
eutectoïdes hyper- chauffage
eutectoïdes refroidissement

Température
ambiante

0 0,85 %C temps

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II-3. Résultats obtenus après trempe


La trempe donne à l’acier une grande dureté par transformation de l’austénite en constituants durs. Le
maintien à la température d’austénisation permet l’homogénéisation de la structure par un chauffage de
la pièce à cœur et l’achèvement des transformations de phase. Ce maintien ne doit pas être trop long
pour ne pas provoquer le grossissement plus ou moins important du grain et la carburation des couches
superficielles de l’acier. Les constituants obtenus après refroidissement sont les suivants : la troostite,
la bainite, la martensite.

Austénite
Refroidissement

Chauffage

V3 V4
V2
V1

Perlite Martensite Bainite troostite Perlite

V1 = 100°C/s V2 =100°C/10s V3 =100°C/30s V4 =100°C/100s Temps

 La Troostite Agrégat de ferrite et de cémentite presque homogène (structure en lamelles de ferrite et


la cémentite en éventail HB = 400).
 La Bainite Même constituant que la troostite mais de structure microscopique en aiguilles, dureté
moyenne entre la troostite et la martensite (HB : de 400 à 600)
 La Martensite Solution solide sursaturée de carbone dans le fer. Le réseau cristallin est déformé et
donne une structure en aiguilles très dure et très fragile (HB de 630 à 650).

Avec la trempe, la dureté et la résistance augmentent, alors que l’allongement et la résilience diminuent.

H R K A%

II-4 Les paramètres de trempe


La trempe d’un acier dépend :
 La teneur en carbone de l’acier.
 La température maximale de chauffage.
 La durée de maintien à la température de chauffage.
 La vitesse de chauffage et surtout de refroidissement.

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II-5 Les principaux défauts de la trempe

 Dureté inacceptable (élevée)


 Pièces déformées
 Trempe hétérogène
 Contrainte et tapures (déchirure interne partant de la surface)

II-6 Les remèdes aux défauts de trempe

 Chauffage et refroidissement convenable


 Trempe étagée isotherme
 Revenu

II-7 Les variantes de trempe


On distingue :
 La trempe vive : Elle donne une plus grande résistance aux aciers. Elle se réalise en plongeant la pièce
dans un bain d’eau pure à 20°C ou dans un bain d’eau salée (sel marin à 40°C).
 La trempe douce : Elle confère à l’acier une dureté moins importante par rapport à la tempe vive. On
utilise de l’huile du pétrole ou de l’air soufflé. Cette trempe intéresse en particulier les aciers rapides.

II-8 Remèdes aux accidents de trempe


Pour éviter des déformations et des critiques il faut :
 Se conformer aux instructions du métallurgiste
 Passer lentement la zone de fragilité.
 Plonger les grandes pièces dans le sens du grand axe pendant le refroidissement et les pièces plates
complètement.
 Déplacer constamment les pièces verticalement dans le bain pour éviter les poches de vapeur.
 Supprimer autant que possible les angles vifs rentrant qui sont des amorces de rupture.
 Préserver les zones fragiles.

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III. LE REVENU
L’acier trempé est souvent plus dur que nécessaire et généralement fragile ainsi la trempe est suivie
d’un autre traitement thermique appelé revenu.
Le revenu s’applique qu’aux pièces trempées et doit être pratiqué aussitôt après trempe.
III-1 But du revenu
Son but est :
 De relaxer les tensions créées par la trempe en augmentant la résilience, l’allongement A% en vue
d’adapter les caractéristiques mécaniques de la pièce à celles qui seront nécessaires à son utilisation
 D’homogénéiser la structure dans toute la pièce
 D’altérer ou de faire disparaître les défauts de trempe (contraintes, fragilité…)

III-2 Courbe de pratique du revenu

Il consiste à :
 Un ou plusieurs chauffages à une température variable selon les caractéristiques à obtenir mais toujours
inférieure à AC1 et supérieure à celle atteinte par la pièce en service.
 Un maintien à la température de chauffe durant un temps qui dépend de cette température pour
uniformiser la température dans toute la pièce (homogénéisation).
 Un ou plusieurs refroidissements jusqu’à la température ambiante par un mode approprié ou suivant
une loi définie.
Le revenu se fait généralement dans un four à bain de sel et le refroidissement à l’air libre.

III-3 Résultats obtenus après revenu


Un simple réchauffage, en conférant aux atomes de carbone une certaine mobilité, suffit à provoquer
leur expulsion hors de la maille du réseau sous forme de fines particules de carbone. Cette décomposition
de la martensite s’accompagne d’un adoucissement de la structure, mais l’extrême dispersion des
particules de carbone exerçant un effet de bridage au sein du réseau de ferrite maintient une résistance
élevée tout en améliorant la résistance aux chocs (résilience).

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Donc après trempe suivie de revenu, les résultats obtenus sont :

H R K A%

III-4 Variantes de revenu


On distingue :

 Revenu de détente : température généralement inférieure à 200°C. Il provoque une baisse très
modérée de Rm une remontée sensible de Re et de Z%.
La dureté H dépendant de Rm et Re subit peu de variation. Pratiqué sur des aciers soumis à de très fortes
sollicitations, sans chocs, ou destinés à conserver localement une très grande dureté (couches
cémentées).

 Revenu banal ou classique : température comprise entre 500°C et Ac1. Il provoque la précipitation du
carbone et tend à l’achever avec les conséquences suivantes :
- une augmentation des caractéristiques (K, A%, Z%)
- une diminution de (H, Rm, Re).
Ce type de revenu permet d’établir un compromis entre les caractéristiques suivant les conditions
d’emploi des pièces après traitement.

 Revenu de durcissement : température entre 200 et 600°C. Il provoque entre 200 et 300°C la
transformation de l’austénite en Bainite ; entre 450 et 600°C, deux cas sont possibles : Transformation
de l’austénite non transformé au premier revenu ou bien précipitation des carbures fins.

 Traitement par froid : température au environ de –120°C, ce traitement est utilisé pour les pièces
trempées à une température inférieure à la température ambiante. Les pièces ainsi traitées ont ensuite
une très bonne stabilité dimensionnelle.

NB : Deux revenus (environ 500°C) peuvent être nécessaires pour obtenir le maximum de dureté sur les
aciers fortement alliés tels que certains aciers rapides.
Après revenu, le refroidissement doit être suffisamment lent pour ne pas créer de nouvelles contraintes,
mais assez rapide pour éviter la fragilité de revenu.

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V. LE RECUIT
Le recuit est un traitement thermique qui produit le phénomène inverse de la trempe. Il tend à ramener
l’acier à l’état d’équilibre dit « état de recuit » donc à lui redonner une structure perlitique : structure
d’équilibre à la température ambiante.

V-1 But du recuit


Le recuit a pour but, séparément ou simultanément :
- De détruire les effets parasites sur la structure dus à la solidification, à une déformation, à un
soudage ou un traitement thermique antérieur ;
- De mettre le métal dans un état adouci défini ou de tendre vers cet état, si la structure à été
perturbée par des traitements antérieurs ;
- De provoquer la formation de structures favorables à l’usinage ou à la déformation à froid ;
- De provoquer la formation d’une structure déterminée en vue, par exemple, d’un traitement
thermique ultérieur ;
- D’éliminer ou de réduire les contraintes propres ;
- D’atténuer les hétérogénéités de la composition chimique du métal.

V-2 Courbe de pratique du recuit


Il consiste à :

- Un chauffage à une température dite


« température de recuit » provoquant
l’austénisation et déterminée en vue du but à
atteindre.
- Un maintien isotherme ou une oscillation autour
de cette température (de 5mm à 6 heures)
- Un refroidissement à l’air calme suffisamment
lent, en suivant une loi imposée, pour éviter la
formation des constituants de trempe. Pour les
aciers fortement trempants, le refroidissement
lent est remplacé par un maintient isotherme dans
le domaine perlitique.

V-3 Résultats obtenus après recuit


Le recuit réalise l’équilibre structural en éliminant les tensions internes, les effets de l’écrouissage et
donne au métal une structure à grains fins.
Après recuit l’acier retrouve ses :
- Valeurs maximales pour les caractéristiques de ductilité : K et A%.
Valeurs minimales pour les caractéristiques de résilience : H et R

H R K A%

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V-4 Variantes de recuit


Les principaux types de recuits sont :

V- 4. 1 le recuit d’adoucissement
Il détruit les effets sur la structure d’une déformation ou d’un traitement thermique tout en affinant le
grain. Il se pratique avec un chauffage à AC3+50°C, un maintien d’homogénéisation de la température
(assez long 15mn à 2H) et un refroidissement lent (à l’air ou au four).
Pratiqué sur un acier non allié avec refroidissement à l’air calme, il prend le nom de recuit de
normalisation, la structure obtenue est une perlite fine.
Son but est de rendre usinables les aciers trempés en vue d’une mise en forme (par exemple à l’outil de
coupe), ou en vue d’une nouvelle trempe (exemple pour les outils de coupe, les matrices, les aciers à
grand pourcentage de carbone).

V- 4. 2 le recuit de régénération.
Succession rapide de chauffage à AC3+75°, et du refroidissement rapide jusqu’à AC1+50°C puis lent.
Son but est de corriger les effets de la surchauffe, d’obtenir un grain fin. Ce traitement est généralement
pratiqué après soudage ou forgeage.

V- 4. 3 le recuit d’homogénéisation
Chauffage à haute température (environ solidus –150°C) pendant une durée pouvant atteindre 4 à 6h.
Son but est d’atténuer par diffusion, une hétérogénéité de la composition chimique. Ce traitement est
généralement pratiqué après moulage ou avant laminage ou forgeage.

V- 4. 4 .le recuit de recristallisation ou de restauration


Il s’effectue à une température d’autant plus basse et fournit des cristaux d’autant plus fins que le taux
d’écrouissage est important.
La température de chauffe est aux environs de AC3+75°C (400 à 600°C), le maintien au chauffe est
relativement long (10 à 30mn) et le refroidissement lent.
Son but est de supprimer les tensions internes dues au travail de l’acier à froid. Il est aussi le remède aux
effets d’écrouissage dus au laminage, étirage, martelage. Il restaure l’édifice cristallin initial.

V – 4. 5 le recuit de détente
La température de chauffe est aux environs de AC3+50°C, le maintien au chauffe est relativement long
(10 à 30mn) et le refroidissement lent.
Son but est de supprimer les tensions internes dues au matriçage, moulage, soudage, pliage, tensions
dues au travail à chaud.

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VI. CONCLUSION

1. Au-dessus de AC3 la structure de l’acier est modifiée, ses cristaux sont plus petits : on obtient de
l’austénite.

 Un refroidissement lent redonne la structure et les constituants de l’acier à froid.


 Un refroidissement brusque donne une structure formée d’aiguilles fines et très dures : c’est la
martensite : l’acier est dit trempé.
2. Après trempe, une chauffe au-dessus de AC1 puis un lent refroidissement permet un réarrangement
des atomes de carbone au sein du réseau cristallin de l’acier et donne une structure moins fragile et dure :
c’est le revenu
3. Un acier trempé ou trempé et revenu, réchauffé au-dessus de AC3, transforme le constituant obtenu
après trempe en austénite et un refroidissement lent redonne les caractéristiques d’origine de l’acier :
c’est le recuit.
La trempe, le revenu et le recuit sont dits traitement de masse parce qu’ils s’étendent sur tous les points
de la pièce concernée si ce n’est pas nécessaire, on pratique une trempe superficielle

Transformation
AC3 RECUIT Transformation AC3
au refroidissement
lent

AC1
TREMPE

Pas de transformation
refroidissement
rapide
REVENU

temps
Tr1 Tr3
Tr2

Tr1 : temps refroidissement revenu


Tr2 : temps refroidissement trempe
Tr3 : temps refroidissement recuit

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