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Gravitation

La gravitation, l'une des quatre interactions fondamentales qui régissent l'Univers, est l'interaction
physique responsable de l'attraction des corps massifs. Elle se manifeste notamment par l'attraction terrestre
qui nous retient au sol, la gravité, qui est responsable de plusieurs manifestations naturelles ; les marées,
l'orbite des planètes autour du Soleil, la sphéricité de la plupart des corps célestes en sont quelques
exemples. D'une manière plus générale, la structure à grande échelle de l'Univers est déterminée par la
gravitation.

Plusieurs théories ont tenté de rendre compte de la gravitation. Actuellement encore, la théorie de la
relativité générale d'Albert Einstein (1915) reste la plus satisfaisante. Elle considère la gravitation comme
une manifestation de la courbure de l'espace-temps sous l'effet de l'énergie de la matière qui s'y trouve. La
loi de la gravitation de Newton, élaborée à la fin du XVIIe siècle, demeure cependant une excellente
approximation dans les cas non relativistes (vitesses faibles par rapport à celle de la lumière et masses de
l'ordre de la masse solaire ou inférieures).

À l’échelle microscopique, la gravitation est la plus faible des quatre interactions fondamentales de la
physique ; elle devient dominante au fur et à mesure que l’échelle de grandeur augmente. Avec la force
électromagnétique, elle est l'une des deux interactions à agir au-delà de la dimension du noyau atomique.
De plus, comme elle est toujours attractive, elle domine sur les forces électromagnétiques qui l'emportent à
plus courte portée, étant tantôt attractives, tantôt répulsives.

La théorie de la gravitation est ainsi toujours l'objet de nombreuses recherches, et la communauté


scientifique considère qu'élaborer une théorie plus complète de la gravitation, capable de prendre en compte
les effets de nature microscopique (quantiques), et pour cette raison appelée gravitation quantique, est un
des grands défis à relever pour la physique du XXIe siècle.

La gravitation maintient les planètes en orbite autour du


Soleil. (Échelle non respectée).
Sommaire
Compréhension intuitive
Histoire
Antiquité
Modélisation de Galilée
Modélisation d'Isaac Newton (1643-1727)
Reformulations de la théorie de Newton
Modélisation d'Albert Einstein (1879-1955)
Domaines
Gravitation et astronomie
Gravitation et cosmologie
Gravitation et physique quantique
Notes et références
Notes
Références
Liens externes
Voir aussi
Bibliographie
Articles connexes

Compréhension intuitive
Penser, comme Aristote, que sur Terre (et avec l'hypothèse du vide atmosphérique) plus un corps est lourd,
plus il tombe vite c'est faire une confusion entre quantité et qualité :

Quantité : prenons en main un corps attiré par la Terre, et décomposons-le, par un jeu de
l'esprit, en une myriade de « micro-briques de matière ». Chaque « brique de matière »,
étant attirée par la Terre, exerce une force sur la main, nommée poids, et le grand nombre
de briques exerçant ce poids donne le poids global. Le poids global d'un objet dépend de
la quantité de matière : c'est une grandeur approximativement extensive.
Qualité : lâchons ce corps, supposé fait d'une seule matière, il tombe. Chaque micro-
brique tombe parce qu'elle est attirée par la Terre et acquiert une certaine vitesse, sans
tenir compte de la présence éventuelle d'autres briques alentour. Donc, quel que soit le
nombre de micro-briques, toutes tombent simultanément et à la même vitesse (car toutes
faites de la même matière et identiques) : c'est la vitesse du corps entier, qui ne dépend
pas du nombre de briques et donc ne dépend pas de sa masse. Cette vitesse est une
qualité du corps totalement indépendante de la quantité de matière : c'est une grandeur
intensive.

Ainsi, bien qu'elles soient intimement associées dans nos expériences et nos sensations courantes, les deux
grandeurs (poids et vitesse de chute) sont bien distinctes.

La distinction ci-dessus entre qualité et quantité n'explique pas qu'en l'absence d'air, du bois et du métal
tombent exactement à la même vitesse. Ce fait expérimental laisse penser que ces deux matières différentes
(ainsi que toutes les autres) ont en commun la même qualité. Les expérimentations et les réflexions sur ce
sujet ont donné le principe d'équivalence.
En termes plus précis et plus scientifiques, la relativité générale étudie la gravitation et, comme « qualité
commune » aux corps dans le problème posé ci-dessus, permet de proposer « l'énergie », bien qu'en toute
rigueur cette théorie admet comme hypothèse l'existence de cette « qualité commune » (en admettant le
principe d'équivalence) et qu'elle exclut toute idée d'attraction et de force gravitationnelle.

En laissant tomber simultanément des objets de poids, formes ou volumes très différents, par exemple une
balle de mousse et une bille de métal de même diamètre, depuis une hauteur d'homme, on peut penser qu'il
a
y a égalité des vitesses de chute . Mais quand la hauteur de chute est plus grande, des différences
perceptibles apparaissent, du fait des frottements de l'air. Galilée sera le premier à comprendre que les
frottements sont la seule cause des différences de vitesses entre ces corps.

Histoire

Antiquité
1
Le philosophe grec Archimède a découvert le centre de gravité d'un triangle . Il a également postulé que si
deux poids égaux n'avaient pas le même centre de gravité, le centre de gravité des deux poids combinés
2
serait au milieu de la ligne qui joint leurs centres de gravité respectifs .

L'architecte et ingénieur romain Vitruve postule dans l'ouvrage De Architectura que la gravité d'un objet ne
3
dépend pas de son poids mais plutôt de sa nature .

Dans l'Inde ancienne, Aryabhata a identifié la force pour expliquer pourquoi les objets ne sont pas projetés
vers l'extérieur lorsque la Terre tourne. Brahmagupta a décrit la gravité comme une force d'attraction et a
utilisé le terme « Gurutvaakarshan (https://translate.google.com/#view=home&op=translate&sl=auto&tl=fr
4, 5
&text=Gurutvaakarshan) » pour décrire cette dernière .

Modélisation de Galilée

Par une expérience, mythique, réalisée du haut de la tour de Pise, le savant italien Galilée (1564-1642)
aurait constaté que des balles lourdes et de poids différents ont le même temps de chute, mais, quand il
explique dans son Dialogue sur les deux grands systèmes du monde pourquoi il en est ainsi dans le vide, il
justifie par des expériences de pensée : notamment en imaginant deux pierres de même poids et forme,
chutant simultanément et reliées ou non par un lien, formant ainsi deux corps séparés de même poids ou
6
bien un seul de poids double, mais ayant dans tous les cas la même vitesse de chute .

Vers 1604, Galilée utilise un constat : un objet en chute libre possède une vitesse initiale nulle, mais quand
il arrive au sol, sa vitesse… n'est pas nulle. Donc la vitesse varie durant la chute. Galilée propose une loi
simple : la vitesse varierait continûment à partir de 0, et proportionnellement au temps écoulé depuis le
début de la chute.

Ainsi : vitesse = constante × temps écoulé.

Il en conclut, après un calcul similaire à la démonstration établie plus de deux siècles auparavant par
Nicolas Oresme [réf. nécessaire], que, pendant une chute, la distance parcourue est proportionnelle au carré du
temps écoulé.

Plus précisément : distance = ½ constante × temps écoulé2 (avec la même constante que ci-dessus).

dé f é d é d é l d è l é l
Son idée est confirmée dans une expérience, avec du matériel construit de sa main : une gouttière inclinée le
long de laquelle des clochettes sont disposées pour indiquer le passage de la bille.
La constante sera notée g (accélération de la pesanteur) et sa valeur déterminée expérimentalement (environ
9,81 m/s2). La pesanteur varie notamment selon le lieu sur Terre. Par convention, sa valeur normale est
fixée à g 0 = 9,806 65 m s−2.

Modélisation d'Isaac Newton (1643-1727)

Mathématicien autant que physicien et alchimiste, Isaac Newton


mit au point, entre 1665 et 1685, sa théorie de la mécanique fondée
sur l’étude de l’accélération, et non seulement de la vitesse comme
le faisaient Galilée et René Descartes.

Newton chercha à unifier les lois connues pour les objets sur Terre
et les lois observées pour les astres, notamment la gravitation
terrestre et les mouvements des planètes, en considérant et traitant
la gravitation comme une force.

En considérant deux corps ponctuels exerçant une force


gravitationnelle l’un sur l’autre, une justification de la loi de
Newton est la suivante : Isaac Newton jette un pont entre le
ciel et la Terre. Il suggère que la
À partir des lois de Kepler, que celui-ci avait obtenues force qui nous retient au sol est la
en observant les mouvements des planètes du même que celle qui retient la Lune
Système solaire, et de la loi de Christiaan Huygens autour de la Terre.
sur la force centrifuge, Newton conclut que la force
agissante entre deux corps s’exerce en ligne droite
entre les deux corps et est proportionnelle à 1/d2, où d est la distance entre les deux corps.
Considérant que cette force est proportionnelle à la quantité de matière présente dans le
corps exerçant cette force (un corps ayant deux fois plus de matière exerce une force
égale à la somme des forces de deux corps, donc exerce une force deux fois plus grande),
il suppose que la force est proportionnelle à mA, nombre appelé « masse gravifique »,
proportionnelle à la quantité de matière dans le corps A et reflétant sa capacité à exercer
cette force (la « charge » gravitationnelle en fait), dépendant sans doute de sa nature
(plomb, argile ou gaz…).
En vertu du principe des actions réciproques, la force exercée par l’autre corps sur le
premier doit être égale (et de sens opposé) et doit aussi être proportionnelle à mB, la
masse gravifique du deuxième corps B.
Aucun autre paramètre ne semblant entrer en compte, cette force du corps A sur le corps B
s’exprime sous la forme : où est une constante, appelée

constante gravitationnelle qui est environ égale à 6,67 × 10−11 N m2 kg−2.

En écrivant le principe fondamental de la dynamique pour le corps A de masse inerte , on obtient


. On constate que pour que l’accélération (et donc la vitesse) d’un corps en chute
libre sur terre soit indépendante de sa masse inertielle (comme l’a expérimenté Galilée), il faut que
pour ce corps, c’est-à-dire que la « masse gravifique » soit égale à la masse inertielle,
indépendamment de la nature du corps (en fait la proportionnalité entre ces masses suffit, avec le même
coefficient pour tous les matériaux, ensuite on peut les rendre égales avec un choix des unités de mesure).
Newton a testé cette égalité pour de nombreux matériaux, et depuis les expériences n’ont jamais cessé, avec
de plus en plus de raffinements (balance d’Eötvös, etc.). Depuis, cette égalité a été appelée le principe
p p ( , ) p , g pp p p
d’équivalence faible.

L’action à distance (sans contact, à travers le vide) et la propagation instantanée de la force de gravitation
ont aussi suscité des doutes, y compris de Newton.

Dans l’écriture vectorielle moderne, la force gravitationnelle


s’écrit :

étant la force gravitationnelle exercée par le corps


1 sur le corps 2 (en newtons ou m kg s−2),
, la constante gravitationnelle, qui vaut Force gravitationnelle exercée
b
6,674 2 × 10−11 N m2 kg−2 (ou m3 kg−1 s−2) , par l'objet 1 sur l'objet 2 (en rouge) ;
et , les masses des deux corps en présence est le vecteur unitaire de 1 vers
(en kilogrammes), 2 (en bleu).
, la distance entre les deux corps (en mètres),
le vecteur unitaire dirigé du corps 1 vers le corps
2,
le signe – indique que le corps 2 est attiré par le corps 1.

La loi newtonienne de la gravitation permet d'expliquer l'origine de la loi de Galilée : en notant r le rayon
terrestre et mT la masse de la Terre, on obtient m s−2 soit approximativement 9,8 m/s2.

La théorie newtonienne est bien vérifiée expérimentalement. D’un point de vue technique, elle suffit pour
faire voler des objets plus lourds que l’air et pour envoyer des hommes sur la Lune. La force de pesanteur
est la résultante de la force de gravité et de forces axifuges (la force centrifuge liée à la rotation de la terre
sur elle-même, de la loi de l’inertie du mouvement, etc.).

Reformulations de la théorie de Newton

Joseph-Louis Lagrange a réécrit, à partir de 1762, la théorie de la gravitation et l'ensemble de la physique


en y introduisant le principe de moindre action qui avait été formulé par Pierre Louis Maupertuis vers 1744.

William Rowan Hamilton, vers 1830, a substitué au principe de moindre action la notion d'énergie, qui est
une constante pour tout système isolé (c’est-à-dire : sans interaction avec l'extérieur) et qui sera de la plus
grande importance pour la physique relativiste et en mécanique quantique, au XXe siècle.

L'idée d'un champ de force, introduite par Michael Faraday, ne permit qu'une réécriture de la théorie de la
gravitation newtonienne, mais cette notion se révélera féconde quand il s'agira de concevoir la gravitation
relativiste. Le champ ou champ de force de la gravitation est une propriété de l'espace due à la masse d'un
corps. Une autre masse entrant en contact avec ce champ est soumise à une influence, une force, due au
champ. Ainsi, l'influence gravitationnelle n'est pas, dans ce cadre, créée et transportée instantanément d'un
corps à l'autre, mais est déjà présente dans tout l'espace sous la forme du champ et à son contact un corps
voit sa dynamique modifiée. Toutefois, le champ est lui-même instantanément modifié par le corps qui le
crée.

Si M est la masse du corps ponctuel émetteur du champ, et si r est la distance entre ce corps et le point de
l'espace que l'on considère, le champ en ce point s'exprime par le « potentiel
gravitationnel » .

Un corps ponctuel de masse m étant en contact avec ce champ, la force qu'il subit est
, où est le vecteur unitaire de même direction et de même
sens que qui va de M à m.

Modélisation d'Albert Einstein (1879-1955)

Après avoir énoncé la théorie de la relativité restreinte en 1905,


Albert Einstein cherche à la rendre compatible avec la gravitation,
dont l'effet est supposé se propager à une vitesse infinie dans la
théorie de Newton, alors que la vitesse de la lumière est la vitesse
maximale pour toute interaction selon la relativité restreinte.

Vers 1915, on émet l'hypothèse que la gravitation n'est pas une


force au sens classique, que l'on donne à ce mot en physique, mais
une manifestation de la déformation de l'espace-temps sous l'effet
de l'énergie de la matière qui s'y trouve. Cette hypothèse résulte de Depuis la relativité générale, la
l'observation que tous les corps tombent de la même façon dans un gravitation n'est plus perçue comme
champ de gravitation, quelles que soient leur masse ou leur une force d'attraction, mais plutôt
composition chimique. Cette observation, a priori fortuite en comme une manifestation de la
théorie newtonienne, mais remarquablement vérifiée déformation de la géométrie de
expérimentalement, est formalisée sous le nom de principe l'espace-temps sous l'influence de la
d'équivalence et amène naturellement à considérer que la masse des objets qui l'occupent.
gravitation est une manifestation de la géométrie à 4 dimensions de
l'espace-temps. Au terme traditionnel de force se substitue alors
celui plus générique d'interaction.

La théorie ainsi construite, qui porte le nom de relativité générale, incorpore le principe de relativité, et la
théorie newtonienne en est une approximation dans la limite des champs gravitationnels faibles et des
vitesses petites devant celle de la lumière. En effet, les déformations de l'espace-temps prévues sous l'effet
des corps massifs, quand ceux-ci ont une forte accélération, ne se propagent pas plus vite que la vitesse de
la lumière, ce qui résout le paradoxe de l'instantanéité apparente de l'interaction newtonienne. Il en résulte
des ondes gravitationnelles, détectées pour la première fois le 14 septembre 2015.

Domaines

Gravitation et astronomie

La gravitation newtonienne est suffisante pour décrire la majorité des phénomènes observés à l'échelle des
étoiles. Elle suffit, par exemple, pour décrire l'évolution des planètes du Système solaire, à quelques détails
près comme l'avance du périhélie de Mercure et l'effet Shapiro.

Mais la relativité générale est nécessaire pour modéliser certains objets et phénomènes astronomiques
particuliers : les étoiles à neutrons, les mirages gravitationnels, les objets très compacts tels que les trous
noirs, etc.

Gravitation et cosmologie
La gravitation étant la force dominante à l'échelle des distances
astronomiques, les théories newtonienne et einsteinienne ont été
confrontées depuis leurs créations respectives aux observations de la
structure à grande échelle de l'univers. Si aux échelles des étoiles et
des galaxies, la gravitation newtonienne est suffisante, dans beaucoup
de situations, la théorie newtonienne est en difficulté. Par exemple,
elle est incapable d'offrir une description cohérente d'un univers
homogène infini alors que la relativité générale est parfaitement en
mesure de décrire une telle situation.

La relativité générale seule ne suffit cependant pas pour décrire la


structure à grande échelle de l'Univers. Il faut lui adjoindre des Effet de mirage gravitationnel
hypothèses sur la répartition spatiale de la matière. Les observations prédit par la relativité générale.
indiquent qu'à grande échelle, l'univers est remarquablement Les forts champs gravitationnels
homogène (à plus petite échelle, la matière est bien sûr répartie de déforment l'espace autour d'eux
façon non uniforme : l'espace entre les étoiles d'une même galaxie est ce qui courbe la trajectoire
essentiellement vide, tout comme l'espace entre les galaxies). Ce fait empruntée par les rayons
observationnel avait au départ été supposé par Einstein, qui lui avait lumineux, déformant ainsi
donné le nom de principe cosmologique. Sous cette hypothèse, la certaines images que nous
relativité générale permet, assez facilement du reste, une modélisation recevons du cosmos. On a ici un
cohérente de l'Univers. Il existe cependant, outre la matière visible seul quasar.
constituant les étoiles, et le gaz des galaxies, une matière noire aux
propriétés et à la distribution encore très mal connues.

La dynamique de l'Univers va, elle, dépendre des propriétés de la matière qui le compose, en particulier de
son équation d'état. On peut montrer que, sauf cas particulier, l'Univers ne peut être statique : il est soit en
contraction, soit en expansion globales. De toute manière, une structure globale uniforme de l'Univers serait
instable : les parties les plus denses, même très faiblement, finiraient par s'effondrer sous leur propre poids,
attirant la matière des parties les moins denses, et les laissant entièrement vides. (Cependant, à moyenne
échelle, l'Univers a une « structure d'éponge » et il existe d'énormes bulles sans matière visible).

Bien que la théorie de « l'Expansion » tienne peu compte des nombreuses interactions existant entre la
matière et les rayonnements électromagnétiques (sinon, par exemple, seul le radar existerait ; on n'aurait pas
de four à micro-ondes) ; les observations confirment globalement cette prédiction puisque l'on observe une
récession apparente des galaxies, celles-ci s'éloignant de nous d'autant plus vite qu'elles sont éloignées. Le
décalage spectral des lumières lointaines fut découvert par Edwin Hubble à la fin des années 1920. Plus
tard, son élève, Allan Sandage introduisit le concept de l'Expansion, à la suite des travaux de Lemaître et
Gamow. Elle indique que l'univers tel que nous le connaissons est issu d'une phase extraordinairement
dense et chaude : le Big Bang. Plusieurs observations quantitatives confirment l'histoire du Big Bang, à
partir de sa première minute. Le destin de l'univers n'est pas connu avec certitude, car le comportement à
long terme de la matière est incertain. On a observé une accélération de l'expansion de l'univers, due à une
force de répulsion à très longue distance, prévue comme une possibilité dans la Relativité Générale. Ceci
semble être le signe probable que l'expansion durera indéfiniment, sans donner lieu à une phase de
recontraction (Big Crunch) ou ; que cette expansion n'est qu'une apparence, très commode pour rendre
compte de nombreuses observations.

Gravitation et physique quantique

La relativité générale a été conçue sur l'hypothèse de la continuité de l'espace-temps (et même sa
différentiabilité) et sur l'hypothèse de la continuité de la matière (entre autres pour construire le tenseur de
densité d'énergie impulsion) Cette deuxième hypothèse est clairement une approximation au regard de la
densité d énergie-impulsion). Cette deuxième hypothèse est clairement une approximation au regard de la
physique quantique.
La physique quantique étant l'exploration de l'infiniment petit, l'expérimentation de la gravitation dans ce
cadre se heurte à un problème majeur : les trois autres forces qui y règnent sont au moins 1025 fois plus
fortes, alors qu'il est déjà difficile d'expérimenter sur elles ; du coup les effets de la gravitation se perdent
dans les inévitables imprécisions des mesures.

Cette difficulté expérimentale n'a pas empêché les tentatives théoriques de construire une gravitation
quantique, sans résultat susceptible à ce jour de vérification expérimentale.

On peut toutefois remarquer que :

1. L'ajout du potentiel gravitationnel à l'équation de Schrödinger permet de retrouver un


résultat connu : les particules tombent.
2. L'utilisation des intégrales de chemin de Feynman a permis de prévoir un déphasage de la
fonction d'onde dû à la gravitation (galiléenne) ; ces deux effets correspondent à une
approximation semi-classique en mécanique quantique.
3. L'équation des ondes gravitationnelles peut s'interpréter comme celle de la propagation
d'une particule appelée graviton, jugée responsable de la gravitation, dont on peut déduire
certaines propriétés (notamment sa masse, nulle, et son spin, égal à 2), sans que cela ait pu
encore être vérifié expérimentalement malgré les tentatives de plus en plus sophistiquées.

Exemples de théories quantiques de la gravitation : théorie M, supergravité, géométrie non commutative,


gravitation quantique à boucles.

Notes et références

Notes
a. À condition de ne pas comparer la chute d'une bille et celle d'une feuille d'automne.
b. L’incertitude relative sur cette constante est cependant élevée par rapport à d’autres
constantes fondamentales : 1 pour 10 000, soit une incertitude absolue de ±
0,000 67 × 10−11 N m2 kg−2. cf. CODATA 2006 sur le site du NIST (http://physics.nist.gov/cgi-
bin/cuu/Value?bg%7Csearch_for=Gravitationnal+constant).

Références
1. (en) Reviel Netz et William Noel, The Archimedes Codex : Revealing The Secrets Of The
World's Greatest Palimpsest, Orion, 13 octobre 2011, 320 p. (ISBN 978-1-78022-198-4),
p. 125
2. (en) Lewis Wolpert, Science and Mathematics in Ancient Greek Culture, Oxford University
Press, 2002, 379 p. (ISBN 978-0-19-815248-4)
3. (la) Marcus Vitruvius Pollio, De Architectura, Liber Septimus, Rome, 15 av. J.-C. (lire en
ligne (https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/B9781483283005500148)), p. 123-
149
4. (en) Clifford Pickover, Archimedes to Hawking : Laws of Science and the Great Minds
Behind Them, Oxford University Press, 16 avril 2008, 528 p. (ISBN 978-0-19-979268-9, lire
en ligne (https://books.google.ca/books?id=SQXcpvjcJBUC&pg=PA105)), p. 105
5. (en) Amartya Kumar Sen, The Argumentative Indian : Writings on Indian History, Culture and
Identity, Penguin UK, 2005, 304 p. (ISBN 978-0-7139-9687-6), p. 29
6. Alexandre Koyré, étude d'histoire de la pensée scientifique, éditions Gallimard, 1986
(1re édition), (ISBN 2-07-070335-5) : article « Le de motu gravium de Galilée », issu de la
revue d'histoire des sciences et de leurs applications chez les éditions PUF, 1960, p197-
245.

Liens externes
"Gravitation : plus dure sera la chute ?", émission "La méthode scientifique", France
Culture, le 31 janvier 2019 (https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/
gravitation-plus-dure-sera-la-chute)

Voir aussi
Sur les autres projets Wikimedia :
Bibliographie
gravitation, sur le Wiktionnaire
Les Cahiers de Science et Vie : Galilée
gravité, sur le Wiktionnaire
(1991), Newton (1993), Kepler (1994),
Descartes (2001). Gravitation, sur Wikiquote
Gianni Pascoli, La Gravitation, Paris,
PUF, coll. Que sais-je ?. Exposé court
des problématiques qui ont amené à la relativité générale, et études de quelques
conséquences de cette théorie.
Françoise Balibar, Galilée, Newton lus par Einstein, Paris, PUF, 1984.
Françoise Balibar, Einstein 1905. De l'éther aux quanta, Paris, PUF, 1992,
(ISBN 2-13-044298-6).
Dominique Lecourt et Thomas Bourgeois, Dictionnaire d'histoire et philosophie des
sciences, Presses universitaires de France, coll. « Quadrige Dicos Poche », 2006, 4e éd.
(ISBN 978-2-13-054499-9). On y trouve, entre autres, l'article Champ rédigé par Françoise
Balibar, ainsi que l'article Gravitation rédigé par John Stachel.
Lev Landau et Evgueni Lifchits, Physique théorique [détail des éditions]
Georges-Antoine Chaduteau, La Gravitation, attraction ou répulsion ?, Éditions
Rencontres université, 2017, 9782873070670.

Articles connexes
Champ gravitationnel
Onde gravitationnelle
Figure de la Terre et gravitation universelle
Graviton
Histoire de la gravitation, Lois de Kepler
Lagrangien, Mécanique hamiltonienne
Masse de la Terre
Mécanique newtonienne, Force (physique), Lois du mouvement de Newton
Pesanteur, Poids
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