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ET SI DIEU DÉBARQUAIT...

... DANS TA FAC, TES RÊVES ET TA COLOC’ ?

Ah ! Les années étudiantes… Le bel âge.


L’âge de la liberté !

Enfin… Tu la cherches encore, non ?

Je parie même que tu te poses un million de questions. Tiens, quelques


unes au hasard : peut-on être vraiment libre ? Ai-je ma place même si je
ne suis pas au top ? Faut-il s’inquiéter de l’avenir ? Et la fête sans gueule
de bois, ça existe ? Que faire face à la solitude, à l’injustice ?

Jésus comprend les incertitudes de ta vie. Il veut faire ta connaissance, et


il a plein de choses à te dire.

Alors, es-tu prêt à le rencontrer ?

L’auteur confronte les aspirations de la génération Y au Jésus de la Bible :


bien loin des clichés du genre, il montre que son message est plus que
jamais d’actualité !
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RAJAOBELINA SAOTRA

ET SI DIEU
DÉBARQUAIT...

... DANS TA FAC, TES RÊVES


ET TA COLOC’ ?
Et si Dieu débarquait… : dans ta fac, tes rêves et ta coloc' ?
Saotra Rajaobelina

© 2014 • BLF Éditions • www.blfeditions.com


Rue de Maubeuge • 59164 Marpent • France
Tous droits de traduction, de reproduction et d'adaptation réservés.

Couverture : Jean Schott


Mise en page : BLF Éditions
Impression n° 0751 • IMEAF • 26160 La Bégude de Mazenc

Sauf mention contraire, les citations bibliques sont tirées de


Parole vivante : transcription dynamique du Nouveau testament,
par Alfred Kuen.
© 2013 • BLF Éditions

ISBN 978-2-3624-9227-3 broché


ISBN 978-2-3624-9228-0 e-pub
ISBN 978-2-3624-9229-7 mobipocket

Dépôt légal 4e trimestre 2014


Index Dewey (CDD) : 243
Mots-clés : 1. Évangile.
2. Jeunesse. Étudiants.
Remerciements
L’écriture de ce premier livre a été un véritable défi !
J’aimerais remercier spécialement Alain Stamp qui
m’a poussé à le relever. Il n’a eu de cesse de me soute-
nir et de me remotiver quand cela était nécessaire.

Un merci spécial aussi à ma sœur Anja pour son aide


précieuse, ses conseils et ses relectures.

Je suis aussi reconnaissant à mes parents et à mon


autre sœur Ony pour leur soutien sans faille.

J’ai une pensée également pour mon ami Manu


L’hostis chez qui une partie du livre a été écrit.

Je souhaite aussi remercier l’équipe de BLF Éditions qui


a accepté de m’accompagner et de publier ce livre.

Enfin, un tout spécial clin d’œil à ma fiancée Élodie qui


m’a encouragé dans la dernière ligne droite.
TABLE DES MATIÈRES

Introduction
Chapitre un
La liberté, c’est sacré !
Chapitre deux
Donnez-nous notre chance !
Chapitre trois
Que nous réserve l’avenir ?
Chapitre quatre
La fièvre du jeudi soir
Chapitre cinq
Solitude, quand tu nous tiens
Chapitre six
Pourquoi tant d’injustices ?
Témoignage
Maxime, une vie changée
Témoignage
Fidji a trouvé la satisfaction en Jésus
Conclusion
INTRODUCTION

— Dieu dans ma vie ? Sûrement pas ! Pas envie que quelqu’un ne vienne
me dire ce qui est bien ou mal.
— Je tiens trop à ma liberté ! Je veux profiter de ma vie, la croquer à
pleines dents. Si je ne m’amuse pas tant que je suis jeune, quand est-ce que
je le ferai ?
— Moi, j’entends souvent dire que Dieu est amour. Mais quand je vois
toutes les injustices autour de moi, j’ai franchement du mal à le croire.
Ces objections à la foi, je les ai maintes fois entendues, dans la bouche de
différents jeunes dont je partage la vie quotidienne dans un foyer de jeunes
travailleurs. J’imagine que certaines de ces objections sont aussi les vôtres.
Quand vous pensez à Dieu, vous l’imaginez peut-être à l’opposé de vos
aspirations. Vous rêvez de liberté ? Dieu serait une sorte de dictateur qui
aurait dressé la liste des choses à faire et surtout à ne pas faire. Vous rêvez
de vous amuser ? Dieu serait le rabat-joie. Vous rêvez d’un monde juste ?
Le silence de Dieu face aux injustices de ce monde vous révolte.
Il serait dommage de s’arrêter à des impressions, surtout si elles devaient
un jour se révéler fausses… J’ai vécu quelques mois dans une cité
universitaire. Sachant que j’étais chrétien, quelques amis interloqués que
l’on puisse croire à la Bible aujourd’hui, avaient accepté de lire l’Évangile
et d’en discuter avec moi. Pas mal de leurs préjugés sur Dieu sont tombés
lors de ces discussions. Les Évangiles racontent l’histoire de Jésus en tant
que parfait envoyé de Dieu. Ils affirment qu’en observant de près sa vie et
son discours, le lecteur peut découvrir qui est Dieu. S’oppose-t-il tant que
cela à nos aspirations ? S’en soucie-t-il même ?
C’est à ce genre de questions que je tente de répondre dans ce livre. Je
vous invite à me suivre et à découvrir qui est Jésus. Comment se situe-t-il
face à vos aspirations de jeunesse ? Et si vous me lisez jusqu’à la fin, vous
ferez connaissance de deux jeunes pleins de préjugés négatifs… que Jésus-
Christ a pris à contre-pied.
Prêts ?
Chapitre un
LA LIBERTÉ, C’EST SACRÉ !

Rêves de liberté
Quand j’avais 16 ou 17 ans, avec mes copains de lycée, nos discussions
tournaient souvent autour de tout ce qu’on rêvait de faire quand on aurait
enfin 18 ans, l’âge de la majorité. Beaucoup d’entre nous désiraient arriver
à « l’âge de la liberté » le plus vite possible ! Pouvoir passer son permis,
acheter sa première « caisse », ne plus attendre papa et maman pour aller
voir ses amis. Partir en vacances avec sa bande de potes, rouler avec la
musique à fond, en un mot : être libre !
Pour vous, liberté rime peut-être avec évasion. Cette envie insatiable de
s’envoler vers d’autres horizons, de découvrir des terres, des peuples et des
cultures inconnues, d’aller à la rencontre de l’autre, de respirer une autre
ambiance et de laisser derrière soi son métro-boulot-dodo. Ces envies de
voyage sont aujourd’hui de plus en plus possibles grâce à des vols toujours
meilleur marché. Ryanair, Easyjet, Wizzair, et bien d’autres compagnies
lowcost ont vu le jour. Incroyable : des vols à un euro ! Des facilités grâce
aux programmes d’échange étudiants comme Erasmus ou encore le service
civil volontaire qui peut nous emmener à l’autre bout du monde. C’est
l’évasion. Vous voilà libéré de vos contraintes culturelles. Vous repartez à
zéro, comme une seconde chance. Vous sentez alors comme un vent de
liberté souffler…
L’évasion, c’est partir loin, mais pas toujours… Vous pouvez vous évader
aussi en recherchant des sensations extrêmes. Comme ce copain qui avait
entendu parler d’une turbine tournant à une vitesse tellement folle qu’elle
maintenait les gens en l’air. Il a tout de suite voulu goûter. Il y est allé et il a
volé. Comme un oiseau. Libre comme l’air.
Pour beaucoup, liberté rime avec tout sauf avec Dieu. Pour eux, Dieu
rime avec contraintes.
Pas de comptes à rendre !
Un bel après-midi de printemps, je suis dans ma chambre au foyer de
jeunes travailleurs en train de me débattre avec ma disserte. Quand soudain,
j’entends frapper à ma porte. J’ouvre et laisse entrer mon ami :
— Viens, Saotra, on va faire un tour dehors. Sors un peu au lieu de rester
cloîtré dans ta piaule !
Je jette un coup d’œil par la fenêtre, admire le ciel bleu et le soleil, et me
laisse tenter par une petite pause :
— OK. Je serai peut-être plus inspiré au retour.
À quelques pas du foyer, on aperçoit Kevin qui nous interpelle :
— Vous allez où comme ça, les gars ?
— On fait juste un petit tour, histoire de prendre l’air, vas-y viens avec
nous.
Kevin, c’est le genre de gars bourru. À la fois râleur et chambreur. Un
vrai phénomène ! Il n’en rate pas une pour me taquiner au sujet de ma foi.
Mais comme je suis comme lui un peu chambreur sur les bords, on s’entend
très bien. C’est de bonne guerre ! Après quelques mètres, Kevin plonge sa
main dans sa poche et sort son paquet de cigarettes. En me regardant d’un
air malicieux il me lance :
— Tu vois, j’pourrai jamais être croyant : j’sais que Dieu et la clope, ça
colle pas trop ensemble. Mais moi, je kiffe trop ça ! J’veux pas sacrifier mes
clopes pour ton Dieu !
L’idée d’un Dieu dont le job est uniquement d’interdire ou de contraindre
ne date pas d’hier.
Jésus était conscient de cela avec les jeunes de son temps. Il a raconté un
récit pour illustrer cette réalité. Un des récits les plus connus de la Bible. On
l’appelle couramment « la parabole du fils prodigue » :
Un homme avait deux fils. Le plus jeune lui dit :
« Mon père, donne-moi
ma part d’héritage, celle qui doit me revenir un jour ».
Et le père fait le
partage de ses biens entre ses fils. Quelques jours plus tard, le cadet
vend tout ce qui est à lui et part au loin dans un pays étranger. Là, il
gaspille sa fortune en menant grande vie. Quand il n’a plus un sou
vaillant, une grande famine survient dans ce pays-là, et il commence à
connaître les privations. Alors, il va se faire embaucher par l’un des
propriétaires de la contrée. Celui-ci l’envoie dans sa ferme garder les
cochons. Le jeune homme aurait bien voulu apaiser sa faim avec les
cosses des caroubes que mangeaient les bêtes, mais personne ne lui
en donnait. Alors, il fait un retour sur lui-même et se met à réfléchir à
sa situation. Il se dit : « Tous les travailleurs agricoles de mon père
peuvent manger autant qu’ils veulent, alors que moi, je suis ici à
mourir de faim ! Je vais me mettre en route, j’irai trouver mon père et
je lui dirai : “Mon père, j’ai péché envers Dieu et envers toi. Je ne
mérite plus d’être considéré comme ton fils. Accepte-moi comme l’un
de tes ouvriers” ». Il se met donc en route pour se rendre chez son
père. Comme il se trouve encore à une bonne distance de la maison,
son père l’aperçoit. Il est pris d’une profonde pitié pour lui. Il court à la
rencontre de son enfant, se jette à son cou et l’embrasse longuement.
Le fils lui dit : « Mon père, j’ai péché envers Dieu et envers toi, je ne
mérite plus d’être considéré comme ton fils ». Mais le père dit à ses
serviteurs : « Allez vite chercher un habit, le meilleur que vous
trouverez, et mettez-le-lui. Passez-lui une bague au doigt et chaussez-
le de sandales. Amenez le veau que nous avons engraissé et tuez-le.
Nous allons faire un grand festin et nous réjouir, car voici, pour moi,
mon fils était mort, et voilà qu’il est revenu à la vie ; il était perdu, et
voici, je l’ai retrouvé. Et ils commencent à se réjouir et à festoyer ».1
Ce récit se situe au Moyen-Orient, dans l’Antiquité. À cette époque-là,
comme encore maintenant, l’héritage n’était partagé qu’une fois le père
décédé. En réclamant sa part de l’héritage, ce jeune homme dit en quelque
sorte à son père : « À partir de maintenant, je te considère comme mort ! Je
ne veux plus rien à voir avec toi ! Marre de tourner en rond dans la maison
familiale ! » Il voulait être libre, complètement libre, goûter à ce que la vie
pouvait lui apporter. Et surtout être loin des yeux de son père. C’est peut-
être un peu ce qui se passe pour vous avec Dieu… Vous ne voulez surtout
pas que Dieu vienne fouiller dans vos affaires. Comme le dit souvent un de
mes amis : « Même si Dieu existe, je n’ai pas besoin de lui. D’ailleurs, je
n’en veux pas. Je suis bien comme ça et je ne veux surtout pas avoir de
comptes à rendre à un quelconque être supérieur ».

Vivre sa vie à fond !


Imaginez le fils prenant la route en chantant, en dansant, tout heureux de
pouvoir enfin vivre sa vie. Et il a dû la vivre à fond ! Tous les soirs, les
boîtes de nuit ou les casinos de l’époque. Couché et réveillé à l’heure qu’il
veut et comme il veut. Sans oublier de partager sa fortune avec ses
nouveaux copains. Et bien sûr, aussi, avec toutes les jolies filles accrochées
à ses bras ! Bref, la vie, la vraie, celle de ses rêves. Seulement, le rêve a
rapidement tourné au cauchemar. Il s’est rendu compte, peut-être un peu
tard, que son argent n’était pas illimité. Trop pris par ses passions, par son
envie de satisfaire ses désirs, il a dépensé sans compter. Un beau matin, il se
réveille les poches vides. Mauvaise coïncidence, au même moment une
crise, une famine s’abat sur le pays. Apparemment, il ne l’avait pas
anticipée. Quand il dépensait son argent, il devait se dire que le jour où il en
aurait moins, il en retrouverait assez facilement. Peut-être pensait-il se
tourner vers ses nouveaux copains. Ou trouver aisément un bon boulot. Oui,
mais en temps de famine, c’est sauve qui peut ! Ceux qui peuvent fuir le
font et les autres essaient de survivre tant bien que mal. Il n’aurait jamais
imaginé se retrouver un jour dans une telle situation de crise.
Quelle que soit votre conception de la liberté, celle-ci dépend toujours de
certaines circonstances favorables. Un obstacle, un imprévu peut remettre
en question tous vos plans. Tous vos projets, toutes vos ambitions peuvent
soudain s’écrouler à cause d’une maladie, d’un échec, d’un accident, d’une
rupture.

Beaucoup de chance !
Durant mes premières années à la faculté de droit, un de mes potes de
promo me fascinait. Tout lui réussissait : son charisme attirait, il avait une
super-bande de copains, une relation sentimentale des plus enviables, un bel
appart. Il réussissait bien ses études, sans franchement bosser beaucoup. À
chaque fois, il avait la chance incroyable de tomber sur les sujets qu’il
venait de réviser la veille. Toujours un peu rageant pour ceux qui bossaient
comme des malades sans le même succès. Mieux encore : un jour, je prends
le bus avec lui. Lui avait décidé de ne pas payer de ticket et de s’en remettre
comme d’habitude à la chance. Seulement, ce jour-là, les contrôleurs sont
montés dans le bus. Croyez-le ou non, tous ceux qui n’avaient pas de billets
ce jour-là ont dû payer une amende… sauf mon ami qui a réussi à raconter
une histoire à dormir debout ! Je n’en revenais pas que les contrôleurs aient
pu le croire !
Je lui demandais parfois :
— Quel sens tu donnes à ta vie ? Qui est Dieu pour toi ?
Et cet ami me répondait :
— C’est pas mal la spiritualité, mais moi, j’aime ma vie sans Dieu et je
m’en sors très bien comme ça.
Qui aurait pu lui dire le contraire ? Il vivait « libre » ! Le jour de rentrée
de notre deuxième année, je me suis rendu compte qu’il n’était pas en
grande forme. Un soir après une nuit blanche, il avait pris la route. Après
s’être endormi, il a perdu le contrôle de son véhicule. S’il s’en est sorti
indemne, il a tout de même vu la mort de très près. Cet événement l’a
profondément marqué. Lui qui était toujours très sûr de lui, durant les trois
mois qui ont suivi, me répétait toujours la même chose :
— Imagine, on peut mourir du jour au lendemain. Tout peut finir d’un
seul coup, j’arrête pas de cogiter en ce moment.
Les épreuves, ou les souffrances de la vie nous amènent à nous poser des
grandes questions existentielles : qui sommes-nous ? Qu’est-ce qui est
essentiel ? Y a-t-il un sens à l’existence ? Pourquoi la mort ?

Manger des caroubes ?


Le jeune « fils prodigue » de notre récit a dû lui aussi avoir du temps
pour cogiter sur sa situation. Mais pour survivre, il lui fallait rapidement
trouver une solution. Il s’est retrouvé au beau milieu des cochons. On
pourrait dire qu’il est passé de la Porsche à la porcherie ! Ou pour faire plus
joli : il a rêvé de liberté, il est tombé dans l’esclavage. Ce n’est
probablement jamais très marrant de se retrouver à garder des cochons.
Mais dans le contexte juif, c’est pire encore. En fait, c’est le pire du pire du
pire ! Le cochon est un animal impur. Si donc notre jeune gars se retrouve
là, c’est que personne n’a voulu de lui ailleurs. Parti trop tôt de la maison, il
n’a sûrement pas pris le temps d’apprendre un métier ou même d’apprendre
à se débrouiller seul. Pire encore : la situation était tellement difficile que
son maigre salaire ne lui permettait pas de manger à sa faim. Dans sa
misère, un de ses doux espoirs était de manger des caroubes : la nourriture
des cochons ! Mais ni les cochons ni les propriétaires des cochons n’étaient
très généreux avec notre jeune homme. Personne ne lui offrait de ces
fameuses caroubes à manger ! Son rêve de départ : respirer la liberté. Son
rêve à l’arrivée : manger de la nourriture de cochon. Quelle dégringolade !
Combien comme lui ont un jour rêvé de liberté, mais n’ont connu que
l’esclavage ? Qui rêve d’être dépendant de l’alcool, de la pornographie, de
la drogue, des jeux de hasard ? Personne bien sûr !

Liberté et addiction
Un peu comme Lucas, un de mes amis. Né dans une famille aimante,
avec d’admirables parents. Lucas était un garçon sociable, bien éduqué et
sportif. À la fin du collège puis au lycée, il a commencé à avoir une super-
bande de copains. Ils faisaient du sport ensemble et se voyaient pour des
fiestas les week-ends. Pour que la fête soit belle, les joints tournaient et
l’alcool coulait à flots. Rien de bien original après tout. Lucas savait bien
que fumer un joint de temps en temps ne rendait pas accro. Cela permettait
simplement de mieux délirer et de bien rire. Seulement si certains arrivent à
fumer uniquement en soirée ou occasionnellement, Lucas constatait au fur
et à mesure qu’il ne pouvait plus se passer de ses joints. Situation
humiliante et alarmante pour lui. Cela ne l’empêchait pas de continuer à
faire la fête comme d’habitude. Il était, en réalité, inquiet de se voir poussé
à satisfaire ses envies qui lui demandaient toujours plus, et ne satisfaisaient
que très courtement. Il devait être honnête avec lui-même : il était devenu
dépendant du cannabis ! Comme le fils prodigue, sa soif de liberté l’a
paradoxalement plongé dans l’addiction.
Heureusement leurs deux histoires ne s’arrêtent pas là. Dans la parabole
que Jésus raconte, le fils prodigue analyse sa situation : ce qu’il a fait de sa
vie n’a vraiment aucun sens. Il se rend compte de l’énormité de sa bêtise.
Dans la maison familiale, les serviteurs de son père vivent bien mieux que
lui ! Alors, au lieu de rester à vivoter au milieu des cochons, il se décide à
rentrer. Son plan : supplier son père de l’accepter comme l’un de ses
serviteurs. Après tout, au point où il en est, il n’a plus rien à perdre. Quelle
n’a pas été sa surprise lorsqu’en arrivant près de la maison, son père lui
saute au cou rempli de joie ! Ce père qui a été sali, ridiculisé, trahi, rejeté,
ignoré par son fils, guettait donc son retour ? La scène est étonnante et
émouvante, à peine croyable ! En fait, depuis son départ, le père n’attendait
qu’une chose : le retour de son fils. Son cœur de père s’est brisé lorsqu’il
est parti désirant trouver la liberté ailleurs qu’à la maison. Le père savait
très bien que son fils allait droit dans le mur, mais il a respecté sa décision.
Au fond de lui, il espérait son retour un jour ou l’autre. Et ce jour était
arrivé !

Être aimé
Ce jour aussi est arrivé pour Lucas. Il a commencé petit à petit à se poser
beaucoup de questions sur sa vie. Et puis, il a recommencé à voir plus
souvent Stéphane, son ami d’enfance. Pendant le temps de l’adolescence, ils
s’étaient moins vus. Stéphane n’étant pas un grand fan des soirées arrosées,
il n’était tout simplement pas dans le même délire. Par contre, ils
partageaient en commun la passion du sport. Un jour, Stéphane l’a invité à
un camp de sport chrétien. Lucas a accepté de s’y rendre. Là-bas, on lui a
parlé de Dieu, du Père. En lisant cette histoire du « fils prodigue », très vite
il s’est senti interpellé : il reconnaissait que sa vie ne le menait à rien. Il
s’est reconnu dans ce fils qui voulait rester loin de Dieu. Et quand on lui a
dit que Dieu l’aimait toujours et qu’il l’attendait à bras ouverts depuis bien
longtemps, prêt à l’accueillir, il a fondu en larmes. Il a été bouleversé en
pensant à l’amour de Dieu pour lui. Ce Dieu qui a pris la forme d’un
homme en la personne de Jésus pour venir le chercher dans sa misère.
Quelques années plus tard, Lucas aime toujours autant raconter, à qui
veut bien l’entendre, combien il se sent comblé : Dieu l’aime plus que tout !
Dieu sait, mieux que quiconque, ce qui est bon pour lui ! Il a souvent
l’occasion d’expliquer sa nouvelle vie à ses amis : « Lorsque je vivais
centré sur moi, en essayant de satisfaire tous mes désirs, j’étais au fond de
moi-même toujours plus insatisfait. Ma liberté a commencé dans l’amour de
Dieu, lorsque j’ai compris son amour si grand au point d’être venu sur cette
terre pour me chercher. Dieu me met un cadre mais le cadre de Dieu et ses
recommandations sont toujours motivés par l’amour. L’amour véritable
n’est pas un poids, bien au contraire : il donne la liberté. C’est tellement
dommage que je n’aie pas plus tôt dans ma vie, regardé de près la vie de
Jésus. C’est clair qu’il n’était certes pas un tyran, mais bien celui qui veut
donner la vraie liberté. J’espère que vous aussi le comprendrez un jour ».
Alors ? C’est quoi finalement « être libre » ? L’absence de toute règle, de
tout cadre ? Est-ce que le « fils prodigue », qui a quitté la maison de son
père pour se retrouver parmi les cochons, était véritablement plus libre ?
Es-tu prêt à remettre en question ta vision de la liberté, comme Lucas ? À
revenir comme le fils prodigue dans les bras du père ?
Chapitre deux
DONNEZ-NOUS NOTRE CHANCE !

Employeurs frileux ?
Ce soir, j’ai rendez-vous avec Nasser à Nantes. Nasser est un gars que
j’ai aussi connu à la cité universitaire. Casquette vissée sur la tête, grosse
doudoune, accent marseillais, Nasser n’était pas le genre de gars qui passait
inaperçu. En outre, il avait toujours à la bouche une ou deux insultes
affectueuses. On s’était perdu de vue après l’année passée ensemble à la
cité U. J’étais retourné vivre à Rennes et lui était resté à Nantes. Les deux
villes sont distantes d’environ cent kilomètres. Un jour, alors que j’étais
venu faire un petit tour à Nantes, on s’est retrouvé au hasard d’une rue !
Comme chacun de nous était pressé ce jour-là, nous avons décidé de nous
fixer un autre moment pour prendre le temps d’échanger des nouvelles.
Rien de mieux qu’un petit resto chinois. Entre deux délicieux nems et dans
une odeur de riz cantonnais, notre conversation en arrive rapidement à la
fameuse question : « Qu’est-ce que tu deviens ? »
Mon ami m’explique ses « galères » pour trouver un emploi. Au mieux, il
trouve de temps en temps un contrat à durée déterminée. Mais surtout il
peste contre les entreprises qui exigent toutes des années d’expérience avant
d’embaucher : « Comment veulent-ils qu’on acquière de l’expérience si
personne n’ose nous prendre sans expérience ? Pourquoi ne donnent-ils pas
leur chance aux jeunes ? Ils sont ouf ! » Il agrémente sa réponse de
quelques insultes, que je ne qualifierai pas cette fois-ci d’affectueuses, à
l’encontre de tous ces employeurs frileux. Je comprends bien ce que ressent
Nasser. J’ai moi aussi connu cette période de recherche d’emploi. Ces
journées où l’on fait le tri des offres d’emploi en essayant d’éviter de
répondre à celles qui exigeront probablement une expérience
professionnelle solide. Ces matinées où l’on attend avec impatience le
courrier suite à l’envoi de dizaines de lettres de motivation. Or, la réponse
est inlassablement la même :
Bonjour,
La lettre et le CV que vous nous avez adressés nous sont bien
parvenus. Nous en avons pris connaissance avec intérêt et vous
remercions de votre confiance. Malheureusement, nous sommes au
regret de vous annoncer que nous ne pouvons donner suite à votre
demande. Nous préférons en e et privilégier des candidats ayant une
expérience professionnelle. En vous souhaitant bonne chance dans
vos recherches, nous vous prions de recevoir Monsieur nos sincères
salutations.
C’est sympa le « bonne chance dans vos recherches » à la fin de la lettre.
Mais il paraît presque ironique dans une telle réponse ! Car justement, le
rêve de tout jeune en recherche d’emploi c’est bien de tomber sur un
recruteur qui lui donnera sa chance.

Un job hyper important


Un recruteur qui donne une chance… Et Jésus ? Aurait-il donné sa
chance à Nasser ? Aurait-il fait un bon recruteur ? Certes, il n’est pas venu
sur cette terre pour monter un business, mais il a tout de même engagé pas
mal de monde pour réaliser sa mission. Jésus est venu sur cette terre avec
un message incroyable : il annonçait une réconciliation possible entre Dieu
et les hommes. Il est resté trois ans sur cette terre puis a laissé les disciples
qu’il venait de recruter continuer à répandre ce message… Quelle
responsabilité ! Alors, de quelle manière Jésus a-t-il donc recruté ces
disciples pour un job d’une telle importance ? Ne fallait-il pas avoir un
passé irréprochable pour annoncer un tel message ? Une vie morale frôlant
la perfection ? Après tout, on parle de Dieu, donc d’une affaire des plus «
saintes » et des plus sérieuses. Comme dans bien des domaines, Jésus nous
prend à contre-pied ! Jésus n’a jamais appelé ne serait-ce qu’une seule
personne sur la base de ses expériences ou de ses compétences. D’ailleurs,
du fait de ses fréquentations, il a souvent été mal vu par les religieux de son
époque. Sais-tu qu’on lui reprochait de « traîner avec la racaille » ? Dans les
Évangiles, il côtoie absolument tout type de personnes : des riches, des
pauvres, des religieux, des bandits, des hommes, des femmes, des enfants,
des propriétaires, des serviteurs, etc.
De nombreuses personnes rejetées par la société d’antan venaient à Jésus,
et lui allait vers elles. Regardons une scène où Jésus rencontre un dénommé
Matthieu :
En partant de là, Jésus vit, en passant, un homme assis au bureau du
péage. Son nom était Matthieu. Il lui dit :
— Viens avec moi !
Matthieu se leva et le suivit. Un peu plus tard, Jésus était invité à dîner
chez lui. Beaucoup de collecteurs de taxes et de gens aux mœurs
douteuses étaient venus se mettre à table avec lui et ses disciples. En
voyant cela, les pharisiens interpellèrent ses disciples :
— Comment votre maître peut-il s’attabler de la sorte avec des
escrocs et des gens sans foi ni loi ?2
Matthieu était un publicain. Les publicains étaient chargés de récolter les
impôts. Si cette tâche n’a jamais été populaire, elle l’était encore moins en
Palestine. Le territoire était alors sous le contrôle des Romains. L’Empire
vendait des postes à des collecteurs d’impôts juifs, très riches. Ces derniers
ne se mettaient pas directement en contact avec la population, mais
engageaient des publicains. Ces publicains étaient non seulement considérés
comme des « collabos » de l’ennemi romain, mais aussi comme des
voleurs. On leur reprochait de prélever des sommes excessives, afin de se
remplir les poches. Ils étaient méprisés, haïs, et exclus des relations avec les
autres citoyens. Voir Jésus appeler Matthieu, puis aller manger chez lui
devait être choquant ! Le récit indique qu’il y avait autour de la table non
seulement des publicains mais aussi d’autres gens de mauvaise vie.
Sûrement des bandits, des prostitués, des délinquants notoires. Exclus de
toute part, ils formaient une microsociété. On peut s’imaginer l’ambiance :
le vocabulaire loin d’être policé, les bonnes manières reléguées aux
oubliettes. Pourtant Jésus était là. Au beau milieu d’eux. Jésus, Dieu devenu
homme. Jésus, connu pour sa vie parfaitement saine et sainte !

CV impressionnant
Parmi les détracteurs du comportement de Jésus, on trouvait les
pharisiens. Ils étaient des enseignants religieux. Ils se prenaient pour les
garants de la morale. À plusieurs reprises dans les Évangiles, on les voit
critiquer ouvertement Jésus pour son manque de moralité. Selon eux,
fréquenter des personnes de mauvaise vie revenait à se « souiller » soi-
même. Ils ne pouvaient comprendre la vision de Jésus qui était aux
antipodes de la leur. Jésus ne jugeait pas en fonction des apparences. Il ne «
recrutait » pas sur la base de CV impressionnants. Il appelait les personnes
sur la base de son amour inconditionnel. Jésus aimait les personnes pour ce
qu’elles étaient : créées à l’image de Dieu. Et c’est à son contact que les
personnes changeaient. Transformées par son amour inconditionnel. Des
voleurs sont devenus des modèles de justice.
Matthieu en fait partie. Il faisait partie des premiers disciples que Jésus
s’est choisi. Il est par la suite devenu l’auteur du premier Évangile relatant
l’histoire de Jésus et son message. Des millions et des millions de
personnes, de toutes cultures ont été touchées par cet Évangile. Lui
Matthieu, le « collabo », le paria, l’exclu. Mais au final, un individu qui a
accepté de suivre Jésus, en venant tel qu’il était pour être transformé par lui.
Aujourd’hui, Jésus continue d’appeler les hommes et les femmes à lui.
La société colle des étiquettes. Des étiquettes en lien avec la vie passée, la
famille, le diplôme ou l’absence de diplôme, le statut social, l’âge, les
origines ethniques. Ces étiquettes vont souvent nous définir au plus profond
de nous-même : nous devenons à nos yeux les étiquettes qu’on nous a
collées sur la peau. Nous nous sentons inférieurs car nous n’avons pas tel
ou tel diplôme. Nous pensons avoir moins de valeur qu’un autre à cause de
nos échecs successifs. Parfois nous essayons de mettre en avant nos atouts
pour mieux cacher nos faiblesses et nos faillites. C’est d’ailleurs ce qu’on
nous conseille de faire sur notre CV : il faut « savoir se vendre » nous dit-
on. Avec Jésus, nous n’avons rien à vendre. Inutile de nous cacher. Jésus
recrute sans même jeter un coup d’œil sur notre CV ! Nous avons pour lui
une valeur infinie qui n’a rien à voir avec ce que l’on a ou pas accompli
dans la vie. Il saura prendre en compte notre passé, nos blessures, nos
faiblesses pour les transformer en atout. À nous de nous lancer dans
l’aventure avec lui.
Chapitre 3
QUE NOUS RÉSERVE L’AVENIR ?

Génération perdue
Après la Grèce, c’est la nouvelle génération d’actifs espagnols qui fait
parler d’elle : plus de 50 % de chômeurs parmi les moins de 25 ans en
juillet 2012. Les journaux titrent : « Génération perdue ! » Effrayant,
désolant, alarmant ! En Italie aussi les chiffres font peur, la jeunesse est
frappée de plein fouet par cette crise qui n’en finit plus. Mais regarder les
déboires de nos voisins européens ne suffit pas pour se rassurer… Certes, le
nombre de jeunes chômeurs en France n’est pas encore au niveau de
l’Espagne ou de l’Italie, mais notre situation est loin d’être enviable.
L’avenir professionnel des jeunes est incertain. Dans une société où notre
identité est si intimement liée à ce que nous faisons dans la vie, il faut
avouer que « ça fout les boules » de savoir que le spectre du chômage plane
ainsi sur les têtes de toute une génération et de celle qui suivra ! Comme je
l’ai dit, j’y suis passé et pas mal de mes amis aussi. Le chômage est devenu
un sujet presque banal ! Mais ça n’enlève rien à la dureté d’être sans
emploi. À quoi sert de bosser dur à l’école, de réussir à la fac ou en grande
école si ça ne garantit pas un emploi à la clé ? De quoi ne pas être toujours
très serein face à son avenir. L’idée que la jeunesse serait le temps de
l’insouciance devient de plus en plus farfelue !

Et ma retraite ?
Un matin au foyer, je prends le petit-déjeuner dans le self avec Kevin.
Quelques autres jeunes sont là aussi. Encore à moitié endormi, personne
n’est trop bavard à cette heure-là. Les uns boivent tranquillement leur café
ou leur chocolat chaud. Les autres sont plus pressés et passent en coup de
vent devant le comptoir, boivent rapidement un jus d’orange et repartent en
courant pour ne pas louper leur bus. Kevin a du temps ce matin-là et se
lance dans la lecture du journal Ouest-France qui nous est gracieusement
offert chaque jour. Quant à moi je tente d’émerger de ma nuit de sommeil
en touillant mon thé. Entre deux gorgées, il s’exclame tout d’un coup :
— Hé les gars, ça va être trop chaud la retraite ! Je ne sais pas comment
on va s’en sortir !
Son interpellation a réveillé tout le monde. La femme du personnel de
service qui nous sert ce matin-là sourit et lui lance :
— T’as même pas encore commencé à vraiment travailler, t’as à peine 20
ans, et tu te prends déjà la tête avec le calcul de ta retraite. Profite de la vie,
t’as le temps. Ne commence pas à réfléchir comme un vieux !
— Mais bien sûr qu’on doit déjà penser à notre retraite, on sait même pas
si on aura cotisé assez d’années d’ici là !

Prince charmant
On aimerait tant ne pas avoir à penser à l’avenir, être totalement
insouciant, mais est-ce possible ? Dans notre culture, on se sent souvent
obligé d’anticiper et de penser à l’heure, à la journée, à l’année d’après.
L’homme se projette, a des ambitions pour son avenir. Et ceci ne concerne
pas seulement le domaine professionnel. Dominique Reynié, auteur du livre
La jeunesse du monde : enquête planétaire 2011 a constaté que « parmi les
différents aspects de l’existence, le fait de fonder une famille est celui qui
correspond le plus à l’idée que les jeunes se font d’une vie satisfaisante,
après le fait d’être en bonne santé ». Rêver de trouver le prince ou la
princesse charmante, fonder une famille, avoir de beaux enfants en bonne
santé. Le rêve a l’avantage de donner ce que la réalité refuse bien souvent.
Ce n’est un scoop pour personne, et les jeunes ne sont pas naïfs : beaucoup
d’entre eux ne vivront pas cet idéal familial. Vu la vitesse à laquelle se font
et se défont les couples, les certitudes sont rares dans ce domaine.

La mort, la grande inconnue


Une autre question importante sur l’avenir concerne la mort. Certains
croient qu’après la mort il n’y a rien, d’autres qu’il y a une autre vie. Dans
certaines parties du monde, l’insécurité, les maladies, la pauvreté rendent la
mort plus présente dans les esprits. Ici en Occident, le sujet est devenu
presque tabou. On préfère ne pas y penser. Impossible tout de même
d’occulter cette réalité. Un soir de début d’été, je reviens en voiture de
Nantes. À l’entrée de la quatre voies, j’aperçois un auto-stoppeur placé en
direction de Rennes. Je le fais monter dans ma voiture. C’est un étudiant.
Nous faisons connaissance, puis parlons de notre avenir. Petit à petit, le
sujet vire sur la mort et l’au-delà. Mon compagnon de route du jour est
agnostique : il estime qu’on ne peut pas savoir si Dieu existe ou pas. On ne
peut pas savoir s’il y a quelque chose après la mort ou pas. Et ça lui va très
bien comme ça, dit-il. La discussion, passionnante, rend le voyage très
agréable jusqu’au moment où une voiture qui roulait trois-cents mètres
devant nous fait un tête-à-queue invraisemblable. Lancée à 110 km à
l’heure, alors qu’elle était sur la voie de gauche, elle tourne comme une
toupie et se retrouve en sens inverse de la circulation. Hallucinant ! Le seul
fait de décrire cette scène me rappelle les palpitations que j’ai eues à ce
moment-là. Heureusement, aucune voiture ne la suivait de près sur cette
voie de gauche. À l’allure où nous roulions, on peut dire que notre vie n’a
tenu qu’à trois-cents mètres. Trois-cents mètres plus loin, on aurait eu
l’expérience de l’après-mort. Gros silence dans la voiture. Notre discussion
qui n’était que théorique a frôlé la pratique… Étrange sensation quand il
s’agit de la mort.

Consulter ou ne pas consulter ?


La dure réalité du chômage. Un avenir économique très incertain. Des
relations humaines fragiles. La sensation de fragilité de la vie. Est-ce pour
toutes ces raisons que tant de jeunes s’intéressent à l’astrologie ou à la
voyance ? Dans un pays où l’on vante notre rationalité, difficile de se faire à
l’idée qu’un jeune sur deux croit au pouvoir des astres sur sa vie. En tout
cas, les crises économiques de ces dernières années ont amené de plus en
plus de personnes à chercher à être rassurées quant à leur avenir
professionnel. Elles vont consulter voyants et magnétiseurs et ces derniers
sont de plus en plus nombreux à pratiquer. Il existe au moins quelques
métiers qui ont de l’avenir et qui ne connaissent pas la crise ! Pendant
quelques années, ma famille et moi avons eu pour voisine Isabelle, une
voyante qui avait son cabinet à l’étage juste en-dessous. Chaque jour, nous
voyions se succéder des dizaines de personnes en quête de réponses
concernant leur avenir. La majorité de la clientèle était féminine,
principalement des jeunes femmes. En bas du bâtiment, elles discutaient
souvent entre elles, grillant quelques cigarettes en attendant leur tour. Elles
paraissaient souvent rongées par l’angoisse, le regard hagard. Bon nombre
d’entre elles venaient consulter au sujet de leurs relations sentimentales. Les
visages des clientes ne respiraient la sérénité ni en rentrant, ni en sortant.
Par contre, le business devait être très lucratif.
Si certains de ces voyants sont probablement bien intentionnés et
souhaitent sincèrement aider leur prochain, on peut tout de même
s’interroger sur le côté inoffensif de ces pratiques. Jérémie, aujourd’hui
étudiant en théologie, en a fait l’amère expérience3. En touchant à la
voyance, il a tout d’abord connu une phase exaltante : il connaissait son
avenir. Cependant, la suite est devenue très vite un cauchemar : «
J’entendais des voix, j’avais un vertige maladif, je n’avais toujours aucun
ami au collège et je devenais sombre dans mes pensées. Je ne me sentais
plus du tout “superhéros’’. Je me sentais oppressé au point que j’en suis
devenu suicidaire. J’ai vécu trois années dans cet état ». Pas étonnant que la
Bible nous mette en garde contre toutes ces pratiques liées au monde
spirituel. Elle précise que si Dieu désire notre bien, il existe aussi des
puissances occultes nocives actives dans le monde spirituel. Elle
recommande de ne pas s’aventurer dans une recherche pour connaître notre
avenir. Notre avenir appartient à Dieu. Un verset de la Bible est très
explicite à ce propos : « Qu’on ne trouve chez vous personne […] qui
pratique la divination, qui recherche les présages, consulte les augures ou
s’adonne à la magie, personne qui jette des sorts, consulte les spirites et les
devins ou interroge les morts4 ». Jérémie et bien d’autres comme lui se sont
rendu compte qu’aller à l’encontre de cet avertissement peut entraîner des
conséquences tragiques.

T’inquiète !
Jérémie s’en est finalement sorti. Il a un jour crié à l’aide et Jésus est
intervenu dans sa vie. Aujourd’hui, c’est en Jésus qu’il se confie pour son
avenir. Jésus désire en effet nous donner la paix quant à notre avenir. C’est
lui qui a prononcé cette phrase que l’on se répète à souhait quand tout va
mal : « A chaque jour suffit sa peine ». Jésus exhortait ses disciples à ne pas
s’inquiéter de leur avenir en leur disant : « D’ailleurs, qui de vous peut, à
force de soucis, prolonger son existence – ne fût-ce que de quelques
minutes » (Matthieu 6 : 27). Ou encore : « Ne vous mettez pas en souci
pour le lendemain ; il vous apportera ses propres soucis – et ses solutions »
(Matthieu 6 : 34). Certes, Jésus n’est pas le seul à nous dire : « T’inquiète
pas, ça va aller ». On entend souvent cette phrase prononcée par nos
proches quand on se fait du souci. C’est une phrase sympa à entendre, mais
elle ne change malheureusement en rien la réalité et ne nous rassure pas
vraiment. Un jour, je sortais dépité d’un partiel en droit international.
J’avais complètement loupé la dissertation d’examen et me disais que
j’allais droit au repêchage. Comme toujours, je retrouve quelques
camarades et nous échangeons nos impressions :
— C’est foutu pour moi, je suis dégoûté, j’ai même pas fini le devoir !
dis-je à un de mes amis de promo.
Particulièrement sympa et rassurant il me répond :
— T’inquiète pas, si t’as un bon plan de devoir, c’est l’essentiel, ça va le
faire tu verras.
Trois semaines plus tard le verdict tombe : j’ai frôlé le zéro pointé… Cela
n’empêche pas que j’ai apprécié la compassion de mon ami à la sortie de
l’exam (elle m’a même beaucoup touché).
Quand mon auto-stoppeur agnostique me dit, en discutant du thème de la
mort : « T’inquiète etc. », c’est une chose. Lorsque Jésus dit : « Ne
t’inquiète pas ! », ses paroles ont une tout autre portée ! En fait, personne
n’est mieux placé que Jésus pour parler de la mort et de l’après-mort ! En
effet, après sa mort sur la croix, trois jours se sont passés, puis il est revenu
à la vie. Avant de mourir, il avait clairement prédit sa résurrection. Au
premier abord, ce message de la résurrection paraît fou, invraisemblable,
absurde. Les premiers disciples eux-mêmes, qui l’avaient côtoyé
quotidiennement, ont mis du temps à y croire. Comme l’un d’entre eux,
Thomas, devenu la personnification de l’incrédulité, et à l’origine de notre
célèbre expression : « Je suis comme Thomas, je veux voir pour croire ». À
de nombreuses reprises, j’ai entendu des moqueries sur la résurrection de
Christ. Ça peut paraître farfelu de croire qu’un mort puisse revivre. Mais
sais-tu que la résurrection de Jésus est l’un des événements les plus
documentés de l’Histoire ? Te rends-tu compte qu’aucun historien n’a
sérieusement été capable de remettre en doute cette réalité ? En fait, la vraie
question c’est : qui est Jésus ? Car si Jésus est Dieu, alors, il est tout à fait
normal qu’il puisse ressusciter. Sa résurrection n’est que la preuve de sa
divinité. Il était plus fort que la mort ! Lui seul peut te rassurer
véritablement face à la mort. Et c’est ce qu’il veut faire. Tu n’as plus à la
craindre. C’est une magnifique nouvelle ! Il promet d’accompagner
quiconque qui se confie en lui à traverser sereinement cette mort, et à le
faire revivre pour l’éternité. Quelle espérance ! Ce serait tellement bête de
passer à côté de cette espérance par incrédulité ou ignorance.
Jésus maîtrise parfaitement l’avenir. Raison de plus de lui faire confiance
pour notre lendemain ! Et après-demain. Il désire nous éclairer dans nos
décisions et nous conseiller. Cela ne signifie pas une vie sans mauvaises
notes aux exams, ni une vie sans chômage, sans larmes ou souffrances.
Jésus a toujours été très clair à ce sujet. Il dit un jour à ses disciples : « Dans
le monde, vous aurez à souffrir bien des afflictions mais prenez courage,
moi, j’ai déjà remporté la victoire sur le monde » (Jean 16 : 33). Il n’a
jamais promis une vie sans difficulté. Mais il a promis qu’il donnerait la
paix à celui qui se confierait en lui. Une paix qui ne dépend pas des
circonstances. Une paix qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer. Une paix,
car il remplira l’avenir de sa présence. Nous ne serons plus seuls à
l’affronter, Jésus sera à nos côtés. Veux-tu compter sur Jésus pour ton
avenir ?
Chapitre 4
LA FIÈVRE DU JEUDI SOIR

Soirée slam
Un jeudi soir de mars, je me retrouve avec des amis au café Laverie à
Rennes. Ce soir, c’est soirée slam. L’atmosphère est bon enfant. La
température est chaude du fait du nombre de personnes par mètre carré. Le
café en question propose un concept original : à la fois un café et une
laverie, comme son nom l’indique. Une salle ne contient que des lave-linge.
Les consommateurs déposent leur linge dans les machines, puis vont boire
un coup en attendant. Rien de mieux pour attirer une foule d’étudiants qui
peuvent ainsi joindre l’utile à l’agréable. Qu’ils soient en cité U ou en
appart, les étudiants possèdent rarement une machine à laver. Et c’est
toujours un peu galère quand arrive le moment de laver son linge. On a
toujours l’impression de perdre son temps. Bref, belle trouvaille que ce
concept qui allie café et laverie ! Pour peu qu’on y aille le soir, on a souvent
droit à une soirée en musique. Un jeudi soir par mois, c’est une scène libre
de slam. C’est la deuxième soirée à laquelle nous participons mes amis et
moi. Comme nous avons suivi un atelier d’écriture au foyer de jeunes
travailleurs, vient donc le moment de nous produire en public. Comme
d’habitude, on sirote un verre avant le début officiel de la soirée, en relisant
nos textes. Chacun a un peu le trac, mais la bonne ambiance générale
détend tout le monde.
— Allez, c’est l’heure de commencer ! crie l’animatrice de la soirée dans
le brouhaha ambiant. Que la fête commence ! C’est parti pour un pur
moment de folie !
Un groupe de musiciens nous attend sur scène. Ils joueront une musique
de fond lorsque nous déclamerons nos textes. Chacun défile tour à tour,
sous des tonnerres d’applaudissements au début comme à la fin. Ça donne
l’impression d’être une star, et ce n’est pas désagréable. Les textes sont
d’une grande variété : parfois profonds, parfois surréalistes, ou encore
révolutionnaires. Un slam plein d’humour provoque l’hilarité générale ! Les
jeunes discutent et s’interpellent comme s’ils étaient des amis de toujours.
Comme je dois me lever tôt le lendemain matin, je décide de ne pas
rentrer trop tard. En sortant, je vois de nombreux autres groupes de jeunes
converger vers la rue Saint-Michel. Coin bien connu des étudiants rennais.
Sa particularité : une rue où il n’y a que des bars ! Tous cherchent la même
chose ce soir-là : passer du bon temps entre amis. Dans un café, dans un
appart, dans la rue. L’alcool est de la partie. Les clopes, c’est du délire aussi
! Ils entraîneront hurlements, franches rigolades, blagues en tous genres,
etc., et gueule de bois le lendemain ! Les jeunes veulent s’amuser, faire la
fête, s’évader, envahir ensemble le centre-ville jusqu’au petit matin ! On a
quand même le droit d’oublier le quotidien, de s’éclater, de profiter au max
de l’instant présent, non ? Alors, les discours religieux et moralisateurs,
qu’ils restent le plus loin possible. ! On n’est pas forcément contre la foi,
Jésus, Dieu, le spirituel. Mais on verra ça quand la fièvre du jeudi sera
retombée…

Eau ou (bon) vin ?


C’est mal connaître les Évangiles que de croire en un Jésus austère,
s’isolant constamment pour méditer ou prêchant des sermons moralisateurs.
Sais-tu quel est le premier miracle qu’il a accompli ? C’est celui où il
change de l’eau en vin lors d’un mariage. Surprenant, non ? Se pourrait-il
que Jésus soit un habitué des ambiances festives et conviviales ?
Lisons cette scène relatée dans l’Évangile selon Jean :
On célébrait des noces à Cana, en Galilée. La mère de Jésus y
assistait et Jésus aussi était invité au mariage avec ses disciples. Voilà
que tout à coup, la provision de vin est épuisée. La mère de Jésus lui
fait remarquer
— Ils n’ont plus de vin.
— Écoute, lui répond Jésus, en quoi cela nous concerne-t-il, que me
demandes-tu ? Le moment où je dois agir n’est pas encore venu.
Sa mère dit aux serviteurs :
— (Si Jésus vous commande quelque chose,) faites tout ce qu’il vous
dira.
Il y a là six amphores de pierre que les Juifs utilisaient pour leurs
ablutions rituelles. Chacune d’elles peut contenir entre quatre-vingts
et cent-vingt litres. Jésus dit aux serviteurs :
— Remplissez d’eau ces amphores.
Ils les remplissent jusqu’au bord.
— Maintenant, leur dit-il, puisez-en un peu et allez l’apporter à
l’ordonnateur du repas.
Ce qu’ils font. À peine ce dernier a-t-il goûté l’eau changée en vin, qu’il
fait appeler le jeune marié. Les serviteurs qui ont puisé l’eau savent
bien d’où vient ce vin, mais l’ordonnateur du repas l’ignore, c’est
pourquoi il fait remarquer au marié :
— Généralement, on sert d’abord le bon vin, puis, une fois que les
gens ont bu tout leur soûl, on fait servir des crus plus ordinaires. Toi,
tu as réservé le meilleur pour la fin !
C’est ainsi qu’à Cana, en Galilée, Jésus fit le premier de ses miracles,
par lequel il révéla sa gloire à ses disciples, si bien qu’ils en vinrent à
croire en lui5.
Cana était un coin isolé, enclavé, loin de tout, bref, « un peu paumé ».
Pas de ciné, de matchs de foot, pas de bowling pour se divertir ! La seule
véritable occasion de fêtes était les mariages. C’est pour cela qu’ils
pouvaient durer une semaine. Familles, amis, villageois, tout le monde en
profitait à fond. Pour une fois qu’il y avait de l’animation.
La présence de Jésus à ce mariage nous montre que Jésus aimait ses
semblables, passer des instants de convivialité en leur compagnie. La
lecture des Évangiles montre Jésus comme quelqu’un de très relationnel et
d’extrêmement sociable, constamment entouré. Si la pratique religieuse
donne bien souvent l’image de restrictions au plaisir, Jésus lui, n’est pas
venu sur la terre pour nous priver des bonnes choses de la vie… Encore
faut-il s’entendre sur ces choses.
Il a sauvé la fête !
Aussi incroyable que cela puisse paraître, cette aspiration que nous avons
au plaisir, au rire, à la joie, à la fête est non seulement voulue de Dieu, mais
créée par lui. Comprenez-moi bien : Jésus vise une joie profonde, pas
simplement de surface ou d’apparence. Une joie qui dépasse de bien haut
nos plus grandes ambitions. Vous allez comprendre pourquoi on parle de lui
comme du Sauveur : ici, il va sauver la fête !
Pour que la joie soit pleine dans le mariage de notre récit, il fallait qu’il y
ait assez à manger et à boire. Hélas ici, le vin vient rapidement à manquer.
Logiquement, cela signifiait la fin de ces noces. Sûrement que les invités en
voulaient encore et étaient déçus par cette nouvelle. Pour une fois qu’ils
avaient l’occasion de bien faire la fête ! Mais bien pire que cela : ce manque
de vin était un drame du côté de la famille des mariés. La culture juive étant
fondée sur l’honneur, ne pas pouvoir satisfaire les invités pour un mariage
pouvait jeter l’opprobre et la honte sur une famille pendant des années
entières. Au fur et à mesure de la soirée en voyant le vin diminuer, le stress
et l’angoisse ont dû les envahir. Ils savaient que la cérémonie finirait dans la
tristesse et la honte, ne laissant qu’un goût amer. Tout comme certains
lendemains de fêtes que vous avez probablement déjà vécus. Vous savez, ce
vide immense qui se fait ressentir, sans compter ce fichu bon mal de crâne !
L’impression d’une superficialité masquant un désespoir profond. Bonne
nouvelle : Jésus n’a pas l’intention que ça se finisse mal. La fête, il la voit
s’achever en apothéose. Alors, il intervient pour « sauver » la joie du
mariage, et pas de n’importe quelle manière ! Il transforme l’eau en vin !
Quelle surprise ! L’Évangile précise qu’il y a là six jarres de quatre-vingts à
cent litres. Soit en tout six-cents litres d’eau transformée en vin. Beau
cadeau, n’est-ce pas ? On peut s’imaginer les cris de joie de tous les
convives du mariage face à ce miracle ! C’est reparti, la fête pourra
continuer encore longtemps ! En plus, Jésus ne fait pas les choses à moitié.
Le vin qu’il a donné est un vin d’une excellente qualité, au point d’en
étonner le responsable du repas de mariage.
Les miracles accomplis par Jésus ne sont pas simplement des prodiges et
des actes spectaculaires destinés à frapper l’imagination. Ils permettent
surtout de savoir qui est Jésus, de découvrir sa personne, son identité, ses
objectifs. Ce miracle ici présent, nous révèle Jésus comme quelqu’un de
généreux, prodigant de la qualité, désirant communiquer la joie. Son but est
tout sauf de restreindre. Il investit tout son être et toutes ses capacités dans
le but de nous apporter la joie la plus profonde que nous ne pourrons jamais
espérer. Bien loin de nos plaisirs superficiels. Cette joie qui satisfait le cœur
et ne laisse pas de vide le lendemain. Il dira plus tard : « Moi, je suis venu
pour donner la vie aux brebis, une vie surabondante » (Jean 10 : 10). Oui
Jésus veut que tu profites de la vie et à fond, que tu la croques à pleines
dents ! De la même manière qu’il est intervenu dans ce mariage, il veut
intervenir dans ta vie pour que tu savoures avec délices sa joie abondante et
durable !
Chapitre 5
SOLITUDE, QUAND TU NOUS
TIENS

Grande cause nationale


Les soirées, les fêtes, les virées entre potes, c’est sympa. Apparemment
cela ne suffit plus à masquer la solitude profonde que vivent beaucoup de
jeunes. En 2011, la solitude a été déclarée « grande cause nationale ». Un
tabou a été définitivement brisé : la solitude n’est pas réservée aux
personnes âgées. Comme le rappelle un journaliste du blog rue89 dans son
article : « Ils ont vingt ans et souffrent de la solitude6 ». Cet article prend à
contre-pied bon nombre d’idées reçues au sujet de la solitude : « Un petit
vieux seul dans son appartement : c’est l’image qui vient le plus souvent en
tête quand on évoque la solitude. À tort. Selon une étude de la TNS Sofres,
33 % des Français de moins de 25 ans disent souffrir de solitude ».
Un chiffre qui donne le tournis ! Au-delà des statistiques, ce sont des
jeunes, que l’on rencontre tous les jours. On les croise sur un terrain de foot,
à la fac, dans un café, dans la rue mais on ignore que rentrés chez eux, ils se
morfondent dans leur solitude. C’est le cas d’une des filles interviewées sur
le blog. Elle raconte son calvaire :
Je suis seule tous les jours, tous les soirs. Je dépose mes filles à
l’école, et de 8 h 30 à 18 h 30, je suis seule. Quand elles ne sont pas là,
j’ai envie qu’elles reviennent pour qu’elles fassent du bruit dans la
maison. À 20 heures, quand je les couche, je me dis : « T’as l’air bien
conne ». J’ai 24 ans, je sors, j’ai des amis, j’ai ma mère, j’ai mes
enfants. Mais ça fait deux ans que je ne partage ma vie qu’avec moi.
Finalement, une personne âgée a plus de chance de recevoir du
monde que moi. Personne ne vient me voir. La solitude, on a
l’impression que c’est une forme de faiblesse. On se dit : « Si je suis
seule, c’est que je dois pas être très intéressante ». Alors, bien sûr, je
sors, je vais en boîte, on me drague, on rigole, mais je trouve ça
hypocrite un peu. Parce qu’une fois rentrée à la maison, je serai seule.
Le plus triste dans ces histoires de solitude, c’est la honte. Par peur de
perdre la face, beaucoup n’osent pas avouer leur souffrance d’être seul.
C’est vrai que ça paraît absurde : Facebook nous permet d’être connectés à
des centaines, voire des milliers d’amis. Les villes sont de plus en plus
peuplées. Les moyens de communication n’ont jamais aussi été développés.
Qu’est-ce qui cloche ? Qu’est-ce qui fait que des millions de personnes ont
le même souci de solitude alors qu’ils vivent serrés les uns à côté des autres
?

Vous avez dit hyperconsommation ?


Le sociologue Roland Barthes a vu juste en disant : « Si je devais choisir
le décor de la solitude de Robinson Crusoé aujourd’hui, je ne le placerai pas
dans une île déserte, mais dans une ville de douze millions d’habitants7 ».
Précisons que ce serait une ville de plusieurs millions d’habitants dans un
pays développé. C’est bien dans les pays les plus riches que l’on retrouve le
plus de problèmes de solitude. Sans doute, cela est lié au modèle de société
« d’hyperconsommation ». Un terme employé par Gilles Lipovetsky,
philosophe contemporain. J’ai eu le privilège un jour d’assister à une de ses
conférences intitulée « Hyperconsommation et individualisme ». Il
démontre que c’est dans les années 1880 que la société de consommation
est née en France. Les produits de consommation n’étaient alors réservés
qu’aux riches. Cinquante ans plus tard, la consommation s’est démocratisée
avec l’émergence de la société de consommation de masse. Puis, durant les
Trente Glorieuses, toutes les familles pouvaient désormais acheter leur
radio, leur télé. Mais notons-le bien : une télé pour toute la famille, une
radio pour toute la famille. Les familles pouvaient se regrouper chaque soir
autour d’un film. Les années 1980 ont brisé ce modèle : de la société de
consommation, nous sommes passés à une société d’hyperconsommation.
D’une télévision par famille, nous sommes passés à une télévision par
individu. Un téléphone pour chacun, un ordinateur pour chacun. Bref,
chacun vit pour soi-même dans son coin. Mais le processus ne s’est pas
arrêté là. Aujourd’hui, plus besoin d’aller discuter avec qui que ce soit pour
consommer : on peut acheter n’importe quel produit depuis son ordinateur.
Nous avons tapé sur l’esprit communautaire, et en souffrons les
conséquences.

Culture communautaire
Dans les pays aux cultures communautaires, ce souci de solitude, de
manque de relations est moins courant. Un étudiant indien venu poursuivre
sa scolarité en France me confiait récemment : « C’est la première fois de
ma vie que je suis seul. Je n’ai jamais connu cela avant de venir en France !
Notre famille vit dans le même quartier : mes grands-parents, mes oncles et
tantes, mes cousins. Nous vivons tous ensemble ! »
Jésus a vécu lui aussi dans une culture communautaire. Celle du Moyen-
Orient. Les Évangiles démontrent une force de la communauté, de la
famille, des amitiés. Au-delà de la culture, Jésus a montré son attachement
profond à la notion de communauté : il n’a pas choisi un disciple pour
l’accompagner mais bien un groupe de douze. Il est venu offrir son esprit de
communauté, un cercle vivant qui brise toutes les formes de solitude. Siècle
après siècle des communautés de croyants se sont formées un peu partout
dans le monde, fondées sur le projet de leur Maître : bâtir la Communauté
par excellence. Cette communauté se nomme l’Église.

La communauté par excellence


L’Église ?
Quelle idée as-tu de l’Église ? Rime-t-elle avec beau bâtiment ? Ou avec
ennui, charabia, religiosité dépassée. Pas mal de jeunes ont une image
négative, car déformée, de l’Église.
L’Église est d’abord une communauté.
La première communauté de croyants se situe juste après les Évangiles
dans la Bible. Il en émane une atmosphère de solidarité, de joie,
d’enthousiasme, qui contraste fortement avec la persécution qu’ils ont à
affronter. Elle est fondée par des personnes aux personnalités très diverse :
extraverties et introverties, de différents arrière-plans sociaux. Tous
différents, mais tous liés par le même amour pour Jésus. C’est cette union
de chacun avec Jésus qui fait de cette Église une communauté
extraordinaire et surnaturelle. C’est son esprit qui donne vie et force à cette
communauté. Siècle après siècle, par l’intermédiaire d’Églises, le message
de Jésus s’est propagé. De nouvelles Églises sont nées sur tous les
continents. Le plus beau, c’est que chaque Église prend la couleur de sa
culture et de son contexte local. Par contre, les valeurs fondamentales des
relations entre les membres, elles, ne changent pas. Elles sont universelles,
car directement tirées de l’exemple de l’attitude de Jésus.
Quelles sont ces valeurs ?

L’interdépendance
Dans notre société, nous vivons, nous grandissons, nous éduquons nos
enfants avec comme objectif l’indépendance. Ne pouvoir compter que sur
soi-même, se débrouiller tout seul est parfois un idéal dans nos esprits.
Cependant, à force de glorifier l’autonomie, on en vient à ne plus avoir
besoin d’adresser la parole aux personnes autour de soi. Un jour dans un
bus, nous nous mettons à discuter avec un passager assis à côté de moi. Père
de famille, il me raconte l’évolution de son quartier :
— Vous savez, autrefois entre voisins, nous avions de véritables
relations. Lorsque je n’avais plus de sel chez moi, j’allais sonner chez le
voisin. Nous vivions ainsi et c’était vraiment sympa ! Aujourd’hui, c’est
fini, chacun pour soi. Il ne me viendrait même plus à l’idée d’aller
demander un service à un voisin. Chacun bâtit son confort et nous n’avons
plus besoin les uns des autres.
On en arrive même à pouvoir ne plus avoir besoin de parler face à face
avec les autres. Imaginons une personne travaillant depuis son ordinateur
chez elle, faisant les courses depuis son ordinateur, ayant des amis depuis
son ordinateur, cherchant l’âme sœur depuis son ordinateur… Caricature ou
réalité ? L’interdépendance, c’est au contraire exprimer son besoin des
autres, c’est aussi reconnaître que nous ne sommes pas des supermen ou des
superwomen. C’est enfin permettre à l’autre de se sentir utile, d’être
valorisé. Jésus a montré la voie de l’interdépendance à ses disciples de la
plus belle des manières. Jésus est l’incarnation de Dieu sur terre. Il est ainsi
venu du ciel sur cette terre afin de démontrer qui était Dieu. Ainsi, il
possédait les attributs de toute-puissance, sa richesse était infinie. Il aurait
pu venir sur cette terre accompagné d’une armée de soldats, venir habiter
dans le palais le plus luxueux possible et ne dépendre que de lui-même. À
l’inverse, il est venu sous la forme d’un bébé. Quoi de plus dépendant des
autres qu’un nourrisson ? De surcroît, il a choisi de naître dans une famille
de paysans pauvres. Et ce n’est pas tout. En grandissant, il a constamment
vécu dans une interdépendance avec ses proches. Sa condition matérielle
était précaire, de nombreuses personnes lui ont offert l’hospitalité. Il faut
savoir que dans la culture du Moyen-Orient, une personne est davantage
honorée lorsque l’on vient chez elle que lorsqu’elle est invitée chez vous.
Aller chez quelqu’un signifie que cette personne est importante pour nous et
cela la valorise. Jésus désire ainsi que ceux qui se réclament de son nom
vivent des relations interdépendantes.

L’intérêt des autres avant le sien


« C’EST À MOI ! » : c’est une des premières phrases qu’un enfant sait
prononcer. Nul besoin de leur donner des cours de droit sur la propriété
privée. Ils savent par instinct ce que c’est. Mais, ce serait trop facile de jeter
la pierre sur les enfants. Le monde des adultes n’est pas moins égoïste. Au
fond, l’être humain a un réflexe profondément ancré en lui : celui de
défendre ses intérêts avant de se préoccuper de celui des autres. Jésus lors
de son passage sur terre a été attristé par cet égoïsme tenace des hommes.
Sa phrase : « Faites aux autres ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous »
est bien connue. Mais plus que des mots, c’est son attitude encline à
regarder l’intérêt des autres avant le sien qui est la plus frappante. Dans une
scène de l’Évangile, lui, le maître, s’abaisse pour laver les pieds de ses
disciples. À cette époque, l’on marchait de longues distances sur des routes
poussiéreuses et en sandales. L’hospitalité exigeait donc que les serviteurs
s’empressent de nettoyer les pieds des invités de leur maître. Mais c’était
bien les serviteurs à qui était assignée cette ingrate tâche, jamais au maître.
Jésus a renversé les conceptions. C’est d’ailleurs suite à ce lavement des
pieds qu’il exhorte ses disciples à suivre son exemple en étant serviteurs les
uns des autres.
Tous réunis un jour
Jésus promet aussi à tous ses disciples d’être réunis un jour et pour
l’éternité. L’auteur de l’Apocalypse, le dernier livre de la Bible décrit cette
communion : « Voici qu’apparut une foule immense à dénombrer. C’étaient
des gens de toute race, de toute nation, de tout peuple, de toute langue »
(Apocalypse 7 : 9). Plus de problèmes de races, d’incompréhension dus aux
cultures, de besoin de traducteur. Au contraire, cette diversité sera
uniquement vue comme une richesse grâce à l’union de chacun avec Jésus.
Quelle incroyable célébration ! D’ailleurs un avant-goût de cette
communion peut se vivre sur cette terre. Il y a quelques années, je
participais à une conférence réunissant des délégués de 198 pays. Tous
réunis ensemble pour célébrer le même Dieu. Des interventions, des chants,
des danses de personnes issues de différentes cultures, nous laissaient
entrevoir la beauté de ce que nous vivrons un jour éternellement. À la fin de
la conférence, nous étions unanimes : « nous avions vécu un avant-goût du
ciel ». Ça fait envie, n’est-ce pas ?
Chapitre 6
POURQUOI TANT D’INJUSTICES ?

J’ai faim !
« Naître adulte c’est nourrir sa famille avant d’apprendre à lire ». Oxmo
Puccino tape dans le mille avec sa chanson « Naître adulte ». C’est vrai que
selon l’endroit où l’on naît, les perspectives d’avenir diffèrent grandement.
Je suis né à Madagascar, un des pays les plus pauvres de notre planète.
Lorsque j’avais deux ans, mes parents sont venus en France. C’est là que
j’ai grandi. Dans ma maison, nous n’avons jamais manqué de l’eau
courante. J’ai toujours mangé à ma faim. J’ai toujours eu des chaussures à
mes pieds. Je suis toujours allé à l’école sans m’inquiéter des frais de
scolarité… Combien de Malgaches ont grandi avec ces choses qui me
semblent aujourd’hui si banales ?
La première fois que je suis retourné à Madagascar, j’avais quatorze ans.
Nous y étions allés avec ma famille pour les grandes vacances. C’était
génial de faire connaissance avec mes cousins, mes oncles et tantes. J’aime
Madagascar ! C’est une autre vie, un autre rythme, un autre état d’esprit,
une autre notion de la famille. Il y a aussi un côté sombre. Cette injustice
criante à chaque coin de rue. À l’époque, ma famille ne me laissait pas
sortir seul dans la capitale, Tana. En effet, la pauvreté d’une grande partie
de la population rendait les rues peu sûres. D’autant qu’avec mon style
occidental, on me repérait rapidement ! Cependant, un jour on m’a permis
d’aller me promener seul. Un mélange d’excitation et de craintes
m’animait. J’ai marché d’un pas décidé en prenant la direction de chez ma
grand-mère. Arrivé sur une place d’un marché populaire, j’ai senti une main
toucher mes vêtements. Je me suis retourné et me suis retrouvé nez à nez
avec un gosse. Il devait avoir trois ans environ. Il pleurait et m’a
simplement dit : « J’ai faim ». Que faire ? Tant de choses sont passées dans
ma tête. Ma tante m’avait dit de ne pas m’arrêter, de n’adresser la parole à
personne, de ne pas répondre aux mendiants, de vraiment faire gaffe aux
inconnus. J’avais donc la trouille ! Alors, je me suis détourné, j’ai accéléré
le pas et j’ai laissé cet enfant sur place… réprimant ma culpabilité.

Que fait Dieu ?


Je repense parfois à cet enfant. Quelqu’un l’a-t-il nourri ce jour-là ? Et le
lendemain ? Est-il toujours en vie ? Pourquoi ne me suis-je pas arrêté ? Si je
pouvais revenir en arrière, que devrais-je faire ? Des enfants comme lui à
Tana, il y en a des milliers. Des milliers dont le ventre crie famine. Des
milliers à arpenter jour après jour la rue en quête de nourriture. Des milliers
! Et dans le monde, des millions ! Chaque jour, plus de vingt-mille enfants
meurent de faim et de maladies largement curables dans le monde. Chaque
jour ! N’y a-t-il pas assez d’argent pour les nourrir ? Que font les
gouvernants ? Pourquoi les riches ne partagent-ils pas leurs richesses ? Et
surtout : que fait Dieu dans tout ça ? S’il existe, pourquoi tant d’injustices ?

Qui sont les coupables ?


Ne penses-tu pas qu’accuser Dieu et les autres est un peu trop facile ?
N’y a-t-il que des injustices au loin ? Ne sommes-nous pas toi et moi
coupables d’injustices au quotidien ? Musique qui dérange tout le
voisinage. Tricherie aux exams. Mensonges pour sauver des situations
compliquées. Colère qui blesse notre entourage. Tromperie dans les
relations amoureuses, etc. Nous dénonçons à juste titre l’injustice, mais
nous en sommes nous-mêmes coupables. Paul, un disciple de Jésus exprime
bien le dilemme : « Ce n’est pas la bonne volonté qui me manque, mais
plutôt la force de réaliser mes bonnes intentions. Je n’arrive pas à accomplir
le bien que je me propose et je commets, malgré moi, le mal que j’étais
pourtant décidé à éviter ». Impossible de ne pas se reconnaître dans ses
propos, n’est pas ? Paul continue sa réflexion : « Si donc je fais ce que je ne
veux pas, je ne suis pas vraiment maître de moi-même. Celui qui me
gouverne et me fait agir, ce n’est plus mon moi, c’est le péché qui a élu
domicile en moi » (Romains 7 : 18 et 19).

Levons un malentendu
Le terme « péché » soulève des incompréhensions, des moqueries, voire
du mépris. Mais de même que Paul, regardons la réalité en face : quelque
chose au fond de moi est tordu : je veux la justice tout en semant de
l’injustice. Le péché est donc d’abord à l’intérieur de moi, tel un corps
étranger, un poison qui ne devrait pas se trouver là. Il se traduit ensuite en
actes mauvais, injustes. « Personne n’est parfait, le tout est de faire du
mieux possible » me diras-tu ? Justement, évoquant le péché, la Bible dans
sa version originale exprime le fait de « manquer la cible ». Quelle cible ?
Celle de la perfection absolue établie par Dieu et mise en évidence par
Jésus. Faire du mieux possible ne suffit pas pour rayer le péché et l’injustice
de notre monde. Autre problème : Dieu dans sa justice parfaite devra aussi
punir et condamner les coupables. Nous méritons donc tous cette
condamnation ! Alors, quelle solution pour toi et moi ?
Bonne question.

La solution de Dieu face à l’injustice


Faire un constat : Dieu nous demande de reconnaître nos torts : toi
comme moi sommes concernés par le péché. Je suis imparfait, injuste. Mon
cœur comme le tien est mauvais. Nous ne pouvons le changer nous-mêmes.
Une solution : Dieu est le seul capable de se charger du mal qui est en
moi. Car si moi je suis imparfait, lui est parfait. Il s’est incarné dans la
personne de Jésus, et en mourant sur la croix il prend sur lui le mal, le
péché qui infecte nos cœurs. Trois jours après sa mort sur la croix, Jésus
ressuscite, c’est la victoire sur le péché : Le péché n’a plus de pouvoir !
Une offre : Jésus propose donc un échange : il a pris sur lui l’injustice, le
mal, la condamnation il désire nous donner sa justice, son bien, sa grâce.
Cette grâce est capable de transformer nos cœurs. Comme toute offre, il te
revient de l’accepter ou de la refuser.
Les paroles du cantique « En Christ seul » résument à merveille cette
réalité :
En Jésus seul Dieu s’est fait humain.
Afin de venir nous sauver
Lui qui était le seul chemin,
Nous l’avons pourtant crucifié !
Sur cette croix, Jésus est mort
Pour laisser Dieu prendre nos torts.
Depuis qu’ils sont posés sur lui
Par la mort de Jésus, je vis.
Dans la tombe où gisait son corps,
Jésus ne peut être embaumé,
Car il s’est relevé des morts :
Il est vraiment ressuscité
Et sur ma vie, par sa victoire,
Le péché perd tout son pouvoir.
Je suis à lui et lui à moi
Uni à Jésus par son sang8.

« Jésus, descends de ton ciel et viens nous


aider ! »
Parlons maintenant des victimes d’injustices. OK, Jésus sur la croix peut
enlever ma culpabilité. Mais que fait-il pour tous ceux et toutes celles qui
souffrent d’injustices ?
Au sommet de la ville de Rio de Janeiro, il y a une grande statue
représentant Jésus. Son visage est penché sur la ville. Cette ville est, à bien
des égards, une illustration poignante de l’injustice humaine : d’un côté les
plages paradisiaques de la baie de Rio, de l’autre les insalubres favelas.
D’un côté des touristes se pavanant sur le magnifique sable chaud, de
l’autre des adolescents soldats, instruments du trafic de drogue, risquant à
chaque instant leur vie. Un auteur chrétien a un jour imaginé un habitant
d’une favela arrivant au sommet du mont Corcovado et apostrophant la
statue du Christ dans une prière :
J’ai quitté les quartiers immondes
qui s’étendent là, en bas,
pour gravir ce pic à ta rencontre… et te faire connaître très
respectueusement ma prière :
dans les bidonvilles de cette splendide métropole s’entassent 900 000
des nôtres…
Et toi, Christ, resterais-tu ici au sommet de Corcovado, enveloppé de ta
gloire divine ?
Viens, descends dans les favelas.
Viens vivre avec nous dans ces favelas.
Ne reste pas si éloigné de nous ;
viens partager notre existence,
et donne-nous une foi renouvelée en toi et dans le Père.
Amen9.
Comment Jésus répondrait-il à une telle prière ?

La réponse de Jésus
Je pense que Jésus répondrait en proposant d’abord à cet auteur
d’examiner de près sa vie, telle qu’on peut la trouver dans les Évangiles. La
vie de Jésus est en effet parsemée d’injustices, en tous genres :

1. Jésus le réfugié
À deux ans seulement, il était déjà menacé de mort par les autorités de
son pays. Le roi d’alors, Hérode, ne supportait pas d’entendre parler de ce
bébé. Certains parlaient de Jésus comme du futur Rois des rois. La haine et
la jalousie d’Hérode étaient si intenses. Pour être sûr de le tuer, il a ordonné
l’assassinat de tous les bébés de sa ville. Quelle cruauté ! Les rues se sont
remplies de sang innocent, de cris, de larmes, de désespoir. Ses parents ont
fui en toute hâte en Égypte. Sa famille est devenue réfugiée. La vie devait
être si dure ! Arrivés en catastrophe dans un pays étranger, sans repère,
inquiet pour l’avenir. Ils ont laissé famille et amis au pays. Imaginez le
traumatisme… Quelle terrible entrée dans la vie !

2. Jésus l’ami trahi


Judas. Il est peut-être le plus connu des disciples proches de Jésus. Hélas
! sa célébrité n’est pas due à sa noble attitude. Au contraire, Judas est et
restera la plus « grande balance » de l’histoire de l’humanité. Il a fait partie
de la petite équipe des premiers disciples de Jésus. Jésus lui a fait confiance
comme à tous les autres. Judas était le trésorier de la bande. Jésus l’aimait
profondément. Il le laissait venir avec lui, lorsqu’il prêchait aux foules. Il
partageait son intimité. Ils étaient complices. Ils ont vécu tant et tant de
choses fortes ensemble. Mais pour quelques pièces d’argent, Judas l’a trahi.
Il l’a livré aux autorités religieuses remplies elles aussi de jalousie à
l’encontre de Jésus. Quelle douleur pour Jésus. Être trahi de la sorte par un
ami si proche. Un gars qui l’avait suivi presque partout durant trois années.

3. Jésus l’innocent condamné


La passion du Christ, on connaît tous le film de Mel Gibson. Jésus
insulté, fouetté, crucifié. Une foule en furie qui crie pour que Jésus soit
condamné. Les images sont marquantes, choquantes, surréalistes. Pourtant
ces scènes se sont bel et bien passées. Le pire dans tout ça, c’est que Jésus
était innocent. Complètement, parfaitement, totalement innocent. Pas une
seule fois, il n’a pu être pris en défaut dans sa vie. Même pas pour la plus
petite des fautes. Ses accusateurs ont donc dû produire de faux témoignages
pour qu’il soit condamné. Nous sommes en présence du procès le plus
injuste de l’histoire de l’humanité. Sur la croix il est entouré de deux
brigands. Ces derniers savent qu’il est innocent. À tel point que l’un d’eux a
compassion de Jésus. Sur cette croix, Jésus subit le summum de l’injustice.

Il est proche des victimes d’injustices


Alors, difficile de soutenir que Jésus ne soit pas sensible à l’injustice. En
fait, il comprend parfaitement celui qui passe par une injustice quelle
qu’elle soit. Il n’enlèvera pas la souffrance mais promet de la remplir de sa
présence, de sa compassion.
Jésus n’était pas obligé de venir sur cette terre de misère. C’est par amour
pour toi et moi qu’il est venu. Face à l’amour de Jésus, on peut prendre
deux postures. Soit continuer de se révolter et de lever son poing contre lui.
Soit accepter la consolation qu’il propose. Cette consolation se traduit par
une présence active et constante de Jésus pour celui ou celle qui place sa
confiance en lui. Active car Jésus encourage, apaise les cœurs. Il donne une
nouvelle perspective sur la souffrance. On la perçoit comme une épreuve
utile pour développer notre compassion envers autrui et notre connaissance
de Dieu. Il offre une espérance sur une fin certaine des injustices et des
souffrances. Constante car à l’inverse de la consolation de nos proches,
lorsque nous plaçons notre confiance en Jésus, son Esprit vient vivre en
nous de manière permanente. Toujours là ! Nous n’avons plus à affronter
nos difficultés seuls. Jésus se tient à nos côtés dans la détresse et la douleur.
Aujourd’hui de nombreux chrétiens dans le monde expérimentent la
présence de Jésus au sein de la tourmente. Dans de nombreux endroits du
globe les croyants sont persécutés. Parfois très durement. Ils subissent la
discrimination à l’embauche, la prison et jusqu’au martyr. Leur foi en Jésus
accroît le nombre d’injustices à leur égard, mais au milieu de leurs
souffrances ils vivent la consolation de Jésus.
Tout comme cette foule chantant des louanges et priant à Port-au-Prince.
Ils viennent de survivre au terrible tremblement de terre à Haïti. T’en
rappelles-tu ? C’était en 2010. Sont-ils naïfs ? En tout cas le contraste est
saisissant entre eux et le chanteur français Charles Aznavour. Dans la
chanson Un geste pour Haïti, composée suite au tremblement, il accuse
Dieu :
Dieu qu’ont-ils fait de mal
pour que tu martyrises,
Tes enfants mal-aimés, sacrifiés, orphelins ?
Ils chérissaient ton nom, vénéraient tes Églises.
Ils n’avaient pas grand-chose.
À présent, ils n’ont rien.
Ceux dont il parle, durant le drame se sont réfugiés en Jésus. Ils se sont
appuyés sur sa compassion plutôt que de se révolter. Que l’on soit croyant
ou non, nous aurons à subir des injustices et des souffrances. La question
est : est-ce une occasion pour accuser, se révolter contre Dieu ou trouver en
Jésus la consolation ?

Et maintenant ? En pratique ?
1. Appelé à une vie de justice
Lorsque vous entrez dans le monde de Jésus, lui-même vous donne la
force de vous engager à semer la justice ici-bas. Pour les croyants,
l’exemple suprême est Jésus. Il est le modèle de justice. Il a toujours
dénoncé l’injustice et jamais exploité qui que ce soit. Ce regard sur le
monde, et cette capacité incroyable de faire le bien malgré un monde
injuste, voilà son projet de vie pour toi. L’appellation de chrétien était au
début de l’histoire de l’Église un surnom méprisant : on se moquait des
personnes qui se conduisaient comme des « petits Christ ». Or, c’est
effectivement cela. Le vrai chrétien, celui qui a accepté que le Christ en
croix crucifie sa vie égoïste ; celui qui a accepté d’échanger sa vie contre la
vie juste de Jésus. Il a désormais la capacité de répondre à son appel, à son
projet incroyable : mener une vie intègre et juste devant son Dieu et devant
les hommes. Il le fait non pas pour mériter quoi que ce soit, mais parce que
désormais, il n’est plus seul à diriger sa barque : le Fils de Dieu, qui a
éprouvé l’injustice dans sa vie, agit dans son cœur. Il n’est donc pas
étonnant que tant d’œuvres sociales aient été créées par des chrétiens. Bien
qu’imparfaits, leurs fondateurs valorisaient leur relation personnelle avec
leur Sauveur et désiraient plaire à leur Seigneur qui leur avait demandé «
d’aimer leur prochain comme eux-mêmes ».

2. Un monde où la justice habitera


Depuis la venue de Jésus et sa mort sur la croix, le monde n’a pas cessé
ces injustices. Cependant les Évangiles offrent une magnifique espérance :
celle d’un monde à venir, dénué de toutes injustices. Ceux et celles qui
auront placé leur confiance en Jésus le verront. Le dernier livre de la Bible,
l’Apocalypse décrit cette réalité :
Il (Jésus) essuiera toute larme de leurs yeux. Il n’y aura ni mort ni
tristesse ni sou rance. On n’entendra plus de plainte, ni de cri de
douleur. Plus de peine ni de dur labeur ! Car l’ancien monde a disparu
et tout ce qui fut autrefois a passé pour toujours.10
Ce monde sans souffrances, sans morts, sans douleurs, sans larmes, sans
injustices, nous y aspirons tous. Jésus désire te l’offrir à toi aussi. Es-tu prêt
à te confier en lui ?
Témoignage
Maxime, une vie changée

Sou re-douleur au collège


Le cœur sur la main. C’est ainsi que l’on peut décrire Maxime. Toujours
prêt à aider quiconque en a besoin. Impressionnant physiquement, du genre
« armoire à glace ». On a du mal à croire qu’il y eut un temps où il était le
souffre-douleur de la classe. Hélas, le collège est cruel. Il y en a toujours un
dans la classe qui est pris pour cible pour une raison idiote ! Max en a fait
partie, voici son témoignage.
Tous les jours mes camarades se moquaient de moi. Côté scolaire, j’y
arrivais pas ! En me voyant en échec mes parents ont décidé de m’envoyer
dans un internat. Mauvaise idée. Là-bas j’ai appris à rendre coup pour coup,
laisser parler ma haine. J’avais l’impression que rien ne marchait dans ma
vie. J’ai alors tenté de me suicider.

Sauvé par ma passion pour la moto


Heureusement, ma passion pour la mécanique m’a redonné une raison de
vivre ! J’ai fait un apprentissage dans un garage de mécanique moto. Les
week-ends, j’accompagnais un ami pour ses compétitions moto, comme
mécano de son équipe. Bref, tout mon temps, tout mon argent et toute mon
énergie y passaient. Mais on s’est pris la tête avec l’équipe. J’ai décidé
d’arrêter. J’étais dégoûté, car c’était une vraie passion.

Déchiré tous les week-ends


Désormais le week-end, c’était fiesta sur fiesta. Le tour des bars branchés
le samedi soir, en boîte jusqu’au petit matin, et déchiré à l’alcool tous les
week-ends ! De temps en temps, je faisais de la muscu. C’est comme ça que
j’ai rencontré Joël. Un gars sympa, qui avait pas mal de machines. En
entrant chez lui j’ai tout de suite été choqué par le nombre de livres
chrétiens présents dans la maison ! Mon chanteur préféré était Marylin
Manson. Sa spécialité : le blasphème. Autrement dit : le christianisme était
tout sauf ma tasse de thé !

« Pourquoi tu ne crois pas en Dieu ? »


Un jour, Joël m’a posé une question simple : « Pourquoi est-ce que tu ne
crois pas en Dieu ? ». Je ne m’étais jamais posé la question, alors, je me
suis trouvé bête… Pour moi la religion c’était les règles, les contraintes,
l’hypocrisie ! Mais bon Joël et sa famille étaient à l’opposé de cette image
que j’avais. Avant d’aller chez lui, je n’avais jamais vu une famille qui ne se
criait pas dessus ! J’étais intrigué. Alors, j’ai décidé de lire La Bible pour
les nuls. Un jour, j’ai accompagné Joël à l’Église. C’est une Église
protestante évangélique. Réflexe scolaire oblige, je me suis placé au fond.
Près du radiateur. Avec mon Bombers noir, ma grosse boucle d’oreille, mon
crâne rasé, je me demandais si mon look n’était pas trop atypique. Pourtant
à la fin, des personnes sont venues me parler naturellement ! J’étais attiré
par cette communauté. Alors, je suis revenu de temps en temps. Ça me
changeait des soirées beuveries du samedi ! Par contre, au fond de moi, rien
n’avait changé ! Mon sang ne faisait qu’un tour dès que j’étais contrarié !
Un an environ après, j’ai décidé que ce serait le dernier week-end où j’irais
à l’Église. Je n’avais rien à voir avec ces gens-là. Ils étaient trop bien pour
moi. Y avait trop de pourriture en moi. Je me disais que j’étais un gars
rempli de haine et que je resterai toute ma vie comme ça.

Transformé par Jésus


Le dimanche en question, comme par coïncidence, le pasteur qui prêchait
a particulièrement insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas de changer par nous-
mêmes mais de laisser Jésus le faire en nous : « Vous avez peut-être raté la
première page de votre vie, elle vous semble noire, Jésus veut tout
reprendre à zéro avec vous pour écrire sur une nouvelle page blanche. C’est
à vous de choisir de vivre avec lui ou non ».
J’ai immédiatement compris ! Après le prêche du pasteur, j’ai prié pour la
toute première fois de sa vie : j’ai demandé à Jésus de me transformer. À
l’instant même, j’ai constaté un changement en moi. Cette colère qui
grondait depuis mon adolescence avait disparu. Incroyable ! Mes proches
eux se moquaient et ridiculisaient ma foi à chaque occasion. Pourtant, le
jour de mon baptême, familles et amis sont tous venus11.
***

Personne ne pouvait le nier : Maxime n’était plus le même. Oui Jésus a


transformé sa vie, il n’était plus le même.
Témoignage
Fidji a trouvé la satisfaction en
Jésus

Globe-trotteuse
Globe-trotteuse. Personne ne renierait ce qualificatif à Fidji : juste après
son mariage l’an dernier, elle a pris un congé d’un an avec son mari et ils
ont visité dix pays : Inde, Népal, Thaïlande, Vietnam, Cambodge, Laos,
Malaisie, Singapour, Indonésie, Philippines. Ces nouveaux pays
s’ajouteront à d’autres sur la liste des pays qu’elle a visités, tel le Liban, les
États-Unis, le Tchad et l’Espagne. Tout cela à vingt-deux ans ! Sortir de son
confort, prendre du recul sur sa propre culture la motivent lorsqu’elle
voyage. Mais elle désire aussi rencontrer d’autres chrétiens afin de voir
comment ils vivent l’évangile dans leur contexte. Pourtant, quelques années
auparavant, personne n’aurait parié que ce serait l’une de ses principales
motivations de voyage.

Jamais vu une Bible


« Je suis née dans une famille d’athées. Je n’avais jamais vu une Bible de
ma vie avant l’âge de dix-sept ans. Comme mes parents, j’étais convaincue
que Dieu n’existait pas et qu’après la mort, il n’y avait plus rien ! J’avais
toujours des arguments convaincants pour répondre. J’aimais démontrer aux
croyants la stupidité de la foi. Un jour, je me suis posé cette question :
Pourquoi se battre si passionnément contre quelque chose ou quelqu’un qui
n’existe pas ? À quoi cela mène-t-il ?
Pendant mes années lycée, mes cours de biologie et de philosophie m’ont
fait prendre un tournant. J’ai fait mienne cette citation de Voltaire : «
L’univers m’embarrasse, et je ne puis songer que cette horloge existe et
n’ait point d’horloger ». Je suis devenue « déiste ». Le déisme est la
croyance qu’un Dieu a créé l’univers, mais sans pour autant s’appuyer sur
des textes sacrés ou dépendre d’une religion révélée. Dans le même temps,
je me suis liée d’amitié avec un chrétien, qui plus est fils de pasteur ! Un
jour, alors que je m’étais « pris la tête » avec une copine, mon ami m’a
expliqué l’importance du pardon. J’étais frappée par sa réflexion ! Je me
suis rendu compte qu’il s’inspirait de la Bible. Alors, je me suis dit : Il
serait temps d’ouvrir une Bible pour en savoir plus ! Et là, je suis tombée
des nues. Loin d’être ennuyeuse, la Bible avait un lien avec la vie
quotidienne. Plus je la lisais, plus je voulais la lire. J’ai décidé de suivre
mon ami dans l’Église où son père était pasteur. Une Église protestante
évangélique. Au lieu d’un endroit triste et morne, les personnes que j’ai
rencontrées étaient joyeuses et avaient une paix que je n’avais pas vue
ailleurs.

Question décisive
Semaine après semaine, j’ai poursuivi l’étude de la Bible. Je réfléchissais
à ce que je lisais, car je ne voulais pas « gober » n’importe quoi sous le
coup de l’émotion. Mais, en avançant dans son étude, j’ai compris que Jésus
était réellement celui qu’il prétend être dans la Bible : Dieu incarné. À ce
moment-là, je me suis posé la question : Est-ce que ça vaut le coup de
croire en Jésus et de placer ma foi en lui ? J’avais des projets. À dix-sept
ans, j’avais tout ce que je désirais dans la vie : des parents qui m’aimaient et
qui m’offraient un train de vie confortable. Mon niveau scolaire était
excellent. J’étais dans un super lycée, avec une bande de potes trop cool ! Je
vivais une belle aventure amoureuse avec mon copain.
La question me hantait, je n’arrivais pas à faire le pas. Mais quelques
semaines plus tard, je suis tombée malade. Clouée au lit pendant deux mois,
je me suis rendu compte à quel point la vie est éphémère. Sur un coup du
sort, tout peut s’écrouler comme un château de cartes.
Alors, j’ai décidé de dire Oui à Jésus. De lui faire confiance pour ma vie.
***

Après le lycée, Fidji s’est engagée dans des études de médecine.


Passionnée par sa foi en Jésus, elle espère qu’elle donnera envie à d’autres
de connaître Jésus. Des jeunes qui, comme elle autrefois, avaient plein de
préjugés sur la foi.
CONCLUSION

Lorsque le fils prodigue a quitté la maison paternelle, il avait plein de


rêves en tête : être libre de toute contrainte, goûter aux plaisirs de ce monde,
ne plus jamais avoir à rendre de comptes à son père. Comme nous l’avons
vu, il a récolté tout l’inverse, loin de chez lui. Terrible déchéance. Cruelle
désillusion pour ce jeune homme !
Ce qu’il n’avait pas saisi en partant, c’est que seul son père pouvait
répondre à ses aspirations les plus profondes : la vraie liberté, la joie
durable, un avenir sécurisé. Quelle absurdité que d’être parti, puisqu’il avait
tout chez lui ! Pourtant, le pire de cette histoire n’est pas sa déchéance, mais
le fait d’avoir bafoué l’amour de son père. De l’avoir mal compris. De
l’avoir méprisé. Ce père qui l’aimait tant et qui rêvait d’une relation
d’amour et de joie avec son fils. Il a dû être extrêmement blessé par
l’attitude de son fils.
Comme ce fils prodigue, tu as sûrement pleins de rêves pour ta vie. Tu as
jusqu’ici certainement pensé que Dieu n’en avait rien à faire de tes rêves.
Tu ne désires pas que Dieu vienne interférer dans ta vie : il serait trop
encombrant ! J’espère que ce livre a quelque peu modifié ton regard sur
Dieu. Tes rêves, il les connaît. Étant ton créateur, c’est lui qui a placé en toi
ces aspirations profondes. C’est donc lui qui est en mesure d’y répondre. La
vie de Jésus démontre qu’il a non seulement le désir, mais aussi la capacité
de répondre à nos besoins les plus profonds. Mais au-delà de ce qu’il peut te
donner, Dieu désire partager une relation personnelle avec toi. Il désire que
tu cesses de mépriser son amour. En effet, ignorer Dieu revient à mépriser
tout ce qu’il a fait pour toi et bafouer qui il est.
Dieu continue cependant de te tendre la main. En s’incarnant dans la
personne de Jésus, il t’offre la possibilité de le connaître personnellement.
Jésus est mort sur la croix, en prenant sur lui tes péchés qui te séparaient de
Dieu. Il l’a fait pour que tu puisses te réconcilier avec Dieu le Père, vivre
une relation harmonieuse avec lui. Mais voilà, une réconciliation implique
deux parties. Le père a toujours attendu son fils prodigue. Mais c’est
lorsque le fils prodigue a décidé de rentrer chez lui que la réconciliation et
la fête ont pu avoir lieu. Il est impossible de se réconcilier suite à un
différend avec quelqu’un, si cette personne le refuse. Tu vois où je veux en
venir : toi seul peux décider, personne d’autre ne pourra le faire à ta place.
Nulle décision n’est plus importante que celle-là dans une vie. J’ai pris cette
décision, juste avant d’entrer en terminale. J’avais 17 ans, pleins de rêves et
d’ambitions en tête. Je peux t’assurer que comprendre l’amour de Jésus
pour moi a bouleversé ma vie… dans le bon sens. Il m’a avant tout permis
de vivre aujourd’hui une relation harmonieuse avec Dieu, mon Créateur. Ce
Créateur qui sait exactement pourquoi il m’a créé, et qui sait parfaitement
m’orienter ou me réorienter en conséquence. Lui seul a la capacité de
répondre à mes aspirations profondes. Ainsi qu’aux tiennes. À toi de choisir
si oui ou non tu désires vivre avec lui.
Si tu as des questions à ce sujet, je serai heureux de pouvoir y répondre.
Tu peux m’écrire un mail à l’adresse suivante : srajao22@gmail.com.
1
La Bible, Évangile selon Luc, chapitre 15 versets 11 à 24.
2
La Bible, Évangile selon Matthieu, chapitre 9 versets 9 à 11.
3
Jérémie Gachon, « Des ténèbres à la lumières » [en ligne]. URL : <http://mystory.me/story/jeremie-
gachon> (page consultée le 18 juin 2014).
4
La Bible, livre du Deutéronome, chapitre 18 versets 10 et 11 – Semeur.
5
La Bible, Évangile selon Jean, chapitre 2 versets 1 à 11.
6
Article du journaliste Bertrand Stefanik, consultable sur son blog. URL :
<http://bertrand.stefanink.over-blog.com/article-ils-ont-20-ans-et-souffrent-de-la-solitude-moi-on-
m-a-zappe-107038112.html> (page consultée le 21/2/14).
7
Roland BARTHES, Le Grain de la voix, Paris : Seuil, 1981, p. 131.
8
Traduction libre du chant In Christ alone, musique et paroles Stuart Townsed et Keith Getty. URL :
<http://www.chaunyps.fr/09062007/en-jesus-seul-in-christ-alone> (page consultée le 18 juin 2014).
9
John STOTT, La croix de Jésus-Christ, Mulhouse : Grâce et vérité, 1988, p. 334.
10
La Bible, le livre de l’Apocalypse, chapitre 21 verset 4.
11
Dans la plupart des Églises protestantes évangéliques, le baptême intervient une fois que la
personne a placé sa foi en Jésus.
Saotra cite dans son livre plusieurs textes du Nouveau Testament (la
seconde partie de la Bible). Retrouvez tous ces textes, et bien
d’autres, en lisant…

Nouveau Testament
Parole vivante
Alfred Kuen
640 pages

Parole vivante est une version contemporaine du Nouveau Testament. Son style riche et accessible à
tous communique avec fraîcheur un message toujours d’actualité.
Pourquoi lire la Bible?
Elle délivre un message essentiel… qui vous concerne.
Dans la Bible, Dieu le Créateur se révèle aux hommes. Au travers des siècles, des millions de lecteurs
ont été éclairés sur des questions existentielles telles que :
• Pourquoi suis-je sur terre ?
• Pourquoi le mal, l’injustice, la sou rance dans le monde ?
• Où irai-je après la mort ?
• Dieu existe-t-il ?
• Qui était vraiment Jésus-Christ ?
Vous aussi, lisez ce livre incomparable, best-seller de tous les temps. Découvrez le trésor qu’il contient.
Votre vie pourrait en être transformée… pour l’éternité !
Je me suis toujours demandé…
Et si la vie avait
un sens ?
Yves Humilier
176 pages

Très tôt, Yves est fasciné par les mystères de la nature : l’immensité de l’univers, le caractère unique de
la Terre, la diversité des espèces animales, la structure de l’ADN, etc.
Tout fait écho à une seule question : le hasard est-il l’auteur de ces merveilles ?
Cette curiosité d’esprit le pousse à s’intéresser au bouddhisme, puis à se tourner vers le New Age.
La raison ? Une immense soif de spiritualité. De plus en plus curieux, il s’aventure dans des
expériences paranormales. Toujours plus intenses. Toujours plus proches du danger.
Mais un jour, une table de lycée allait changer le cours de son existence. Et si Dieu voulait toucher son
cœur ?
Un parcours de vie atypique, raconté avec humour et sensibilité. De découvertes en questionnements,
l’auteur interroge nos propres certitudes.
Moi aussi je
voudrais croire ! Mais…
Découvrir celui qui nous invite
à croire
Raphaël Anzenberger
96 pages

« Moi aussi je voudrais croire ! Mais… » Franchement, c’est beaucoup demander avec tout ce que je
vois autour de moi : guerre, sou rance, intolérance… Croire, peut-être, mais pas au risque de perdre
ma lucidité ou de refuser de voir la réalité en face ! Mais après tout : croire en quoi, croire en qui ? Et
comment croire ?
L’idée que la religion appartient au Moyen Âge, un temps où l’on pouvait croire tout et n’importe quoi,
reste populaire. Au cours des siècles, di érents courants ont contribué à créer un climat hostile à l’idée
de Dieu. C’est pourquoi, beaucoup tentent de rompre avec la religion traditionnelle, en explorant
d’autres voies.
Cet ouvrage captivant répond aux objections les plus fréquemment formulées à l’encontre de Dieu. Le
lecteur y trouvera matière à méditer et découvrira que la Bible est riche en réponses qui stimulent la
ré exion et étanchent la soif du cœur humain.
Médiums,
astrologues,
guérisseurs…
Ce qu’ils ne vous disent pas
Emmanuel Maennlein
96 pages

Des contacts, même occasionnels, avec les guérisseurs, voyants et médiums peuvent avoir des
répercussions, parfois sérieuses, dans certaines vies. La question des conséquences de ces pratiques est
rarement abordée avec clarté.
Vous connaissez certaines di cultés, certains troubles, et vous vous interrogez : pourraient-ils être liés
à des expériences avec ce monde spirituel ? Ce livre, particulièrement bien documenté, illustré de
nombreux exemples, écrit dans un style direct et alerte, répondra à beaucoup de vos questions.
Emmanuel Maennlein, qui connaît bien le sujet, donne régulièrement des conférences et apporte son
aide à bien des personnes. Il vaut la peine de connaître la face cachée de ce monde méconnu et secret,
trop souvent banalisé. Pour tous, curieux ou préoccupés par le sujet.
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