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Procédure d’études génie civil Juin 2012

de projets de stockage d’hydrocarbures

Projet de Fin d’Etudes


Procédure d’études génie civil tenant compte de l’aléa sismique dans des
projets de stockage d’hydrocarbures

Zone de Stockage Projet Tunisien

Spécialité Génie Civil

Auteur : Sid Ahmed HALAIBI


Elève Ingénieur de 5ème Année

Encadrant Entreprise : Asmahou NDIAYE


Ingénieur Génie Civil

Encadrant de Stage : Georg KOVAL


Maitre de Sid
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Ahmed Génie civil 5ème Année JUIN 2012 1
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de projets de stockage d’hydrocarbures

Remerciements

Je tiens à remercier dans un premier temps, le Groupe ENTREPOSE CONTRACTING pour


m’avoir accueilli au sein de leur filiale ENTREPOSE PROJETS ce qui a été une opportunité
d’intégrer le domaine fermé de l’OIL&GAZ.

Je souhaite remercier tout particulièrement ma tutrice d’entreprise Mademoiselle Asmahou


NDIAYE, Ingénieur en Génie Civil ainsi que Madame Françoise BOISARD, Directeur Adjoint de
l’Ingénierie, pour leur disponibilité, leur précieuse aide pédagogique et professionnelle lors de
mon projet de fin d’études.

Je remercie également Monsieur Georg KOVAL, tuteur de stage et Maître de conférences à


l’INSA de Strasbourg, pour m’avoir accompagné, conseillé et donné des lignes directrices
tout au long de mon projet.

Je tiens aussi à remercier le personnel d’ENTREPOSE PROJETS pour leur accueil, leur
pédagogie, leur disponibilité et leur support technique pluridisciplinaire qui a répondu à ma
curiosité pour le domaine de l’OIL&GAZ.

Je remercie enfin ma famille qui m’a soutenu durant toute ma formation d’ingénieur et leur
dédie mon projet de fin d’études.

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SOMMAIRE

Remerciements ................................................................................................................... 2
Introduction ......................................................................................................................... 5

1. Informations générales ................................................................................................ 7


1.1. Groupe ENTREPOSE ................................................................................................... 7
1.2. Projet TUNISIE .............................................................................................................. 9
1.2.1. Présentation ........................................................................................................... 9
1.2.2. Retour d’expérience ........................................................................................... 10
1.2.3. Problématique ..................................................................................................... 11
1.3. Projet IRAK ................................................................................................................ 11
1.4. Planning d’études ................................................................................................... 12
1.5. Structure du présent rapport ................................................................................. 13

2. Projet de Stockage GPL ............................................................................................. 14


2.1. Procédure de calcul du système de fondation ................................................. 14
2.1.1. Introduction .......................................................................................................... 14
2.1.2. Note d’hypothèses générales ........................................................................... 16
2.1.3. Modélisation du séisme ...................................................................................... 21
2.1.4. Géotechnique du site ......................................................................................... 23
2.1.5. Analyse de la liquéfaction ................................................................................. 24
2.1.6. Modélisation de l’effet du remblai de sable dans le sarcophage .............. 26
2.1.7. Condition d’appuis ............................................................................................. 30
2.1.8. Modèle de calcul structure................................................................................ 35
2.1.9. Vérification du système de pieux ..................................................................... 39
2.1.10. Vérification radier ............................................................................................... 43
2.1.11. Ferraillage des voiles .......................................................................................... 47
2.2. Conclusion ............................................................................................................... 50

3. Projet de Stockage Pétrole ....................................................................................... 51


3.1. Base d’étude ........................................................................................................... 51
3.1.1. Introduction .......................................................................................................... 51
3.1.2. Hypothèses et Vérification ................................................................................. 51

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3.1.3. Géotechnique ..................................................................................................... 58


3.2. Dimensionnement de la fondation ...................................................................... 60
3.2.1. Géométrie d’étude ............................................................................................. 60
3.2.2. Critère de tassement .......................................................................................... 61
3.2.3. Capacité portante .............................................................................................. 63
3.2.4. Stabilité au cercle de rupture du « ring wall » ................................................. 64
3.2.5. Stabilité au glissement ........................................................................................ 65
3.3. Conclusion ............................................................................................................... 67

4. Conclusion et Perspectives ....................................................................................... 68


4.1. Conclusion Projet de Stockage GPL .................................................................... 68
4.2. Conclusion Projet Stockage Atmosphérique ...................................................... 69

Conclusion ......................................................................................................................... 70
Références Bibliographiques ........................................................................................... 71
Liste des figures ................................................................................................................. 73
Liste des Tableaux ............................................................................................................. 74

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Introduction

Les projets internationaux énergétiques connaissent une croissance importante ces dernière
années, et ce malgré la crise économique mondiale, ce qui oblige certaines entreprises à
étendre leur savoir-faire dans le domaine, parfois très fermé, de l’OIL&GAZ. Compte tenu des
phénomènes récents de catastrophes environnementales dues aux aléas sismiques, les
clients portent une attention particulière aux méthodes de conception et aux normes utilisées
lors de l’ingénierie du projet tout en restreignant l’enveloppe de son financement. Il est donc
à l’entreprise, mandatée pour le projet, de concevoir de manière sécuritaire tout en
optimisant sa conception pour réaliser sa marge commerciale.

Mon Projet de Fin d’Études (PFE), élaboré dans la perspective d’obtention du diplôme
d’Ingénieur en Génie Civil, s’est déroulé au sein au sein du département Ingénierie
d’ENTREPOSE PROJETS, filiale du Groupe ENTREPOSE CONTRACTING basée à Colombes (92).
Ce projet s’intéresse à l’ingénierie du Génie civil de projet de stockage d’hydrocarbures type
GPL et Pétrole. Contribuant à deux projets clef en main internationaux distincts (stockage
Propane, Butane et GPL en Tunisie et stockage Pétrole en Irak), il a été proposé d’étudier et
de présenter les méthodologies adoptées de conception Génie Civil de ces projets
d’envergures localisés dans des zones où l’aléa sismique existe.

Ce projet a été proposé dans le but d’une part d’analyser les effets de l’aléa sismique
présent sur les sites de construction (Tunisie et Irak) selon les règlements en vigueur
(EUROCODE 8, PS92, UBC 1997…), de paramétrer ces effets à la conception du génie civil de
ces ouvrages (Sarcophage Béton armé et fondation pour le projet GPL et Fondation
superficielle pour le projet pétrole), et de présenter ainsi les grandes lignes de la procédure
adoptée en étude Génie civil spécifique pour ce type d’ouvrage. D’autre part, j’ai participé
chez ENTREPOSE PROJETS à la conception des plans guides et d’exécution. Deux projeteurs
Génie Civil ont été mobilisés à cet effet sur AUTOCAD 2012. J’ai donc eu un rôle de contrôle
et d’interphase, encadré par ma tutrice ingénieur en génie civil Asmahou NDIAYE, avec les
sous-traitants missionnés lors des projets afin de répondre aux attentes du cahier des charges
du client.

Après la présentation de l’entreprise et des projets, le présent mémoire exposera les deux
procédures spécifiques adoptées pour l’étude Génie Civil pour chacun des projets. Je
traiterai des fondations (radier sur pieux) et du sarcophage béton armé pour le projet de
stockage gaz et des fondations superficielles pour le projet de stockage pétrole. La
conception de ces ouvrages obéira aux normes et règlements contractuels.

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Résumé et mots-clés

Mon projet de fin d’études, élaboré chez ENTREPOSE PROJETS, a eu pour objectif de mettre
en évidence la procédure d’études Génie civil de deux projets de stockage
d’hydrocarbures, l’un basé en Tunisie (stockage Gaz Pétrole Liquéfié) l’autre basé en Irak
(Projet Pétrole). Ces projets se trouvant en zone sismique, les procédures d’études doivent
tenir compte des conséquences de l’aléa sismique selon les normes en vigueur. A l’aide de
modélisation aux éléments finis, les systèmes de fondation du stockage GPL (sur radier
annulaire sur pieux) et du stockage pétrole (fondation superficielle « ring wall ») ont été justifié
afin de répondre d’une part à la fonctionnalité de l’ouvrage et d’autre part à la sécurité vis-
à-vis du séisme. Basées sur des campagnes géotechniques et hypothèses d’études, les
étapes de la procédure d’études Génie Civil seront présentées afin de donner les grandes
lignes de l’ingénierie de projet de réservoir GPL et pétrole.

Mots-clés :

Modèle aux éléments finis – GPL – Pétrole – Fondations – Aléa sismique – Procédure –
Géotechnique

Abstract:

My graduation project, carried out in ENTREPOSE PROJECTS, has been aimed of pointing out
the Civil Engineering design of two oil storage projects, one located in Tunisia (LPG storage)
and the other located in Iraq (Oil Storage). These projects are located in seismic zones so
engineering procedures must consider the consequences of the earthquake hazard
according to existing international standards. Using finite element modeling, the foundation
systems of LPG storage tank (reinforced concrete sarcophagus annular bottom slab on piles)
and oil Storage tank (shallow foundation "ring wall") have been checked to meet on the one
hand the functionality of the structure and on the other hand to the earthquake hazard
safety. Based on geotechnical survey and hypothesis, Civil Engineering procedures will be
introduced to outline the engineering project of oil and LPG tank.

Keywords :

Fine elements model – LNG – Oil -– Foundation – Earthquake hazard – Process -–


Geotechnical survey

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1. Informations générales

1.1. Groupe ENTREPOSE

Afin de situer mon projet de fin d’études et plus exactement l’expertise de l’entreprise, je vais
vous présenter brièvement le Groupe ENTREPOSE.

ENTREPOSE Contracting est spécialisé dans la conception et la réalisation de projets


industriels complexes dans les domaines du pétrole et du gaz. Depuis la réalisation de
solutions de transport et de stockage jusqu’à la livraison de projets clés en main, le Groupe
développe des compétences de maîtrise d’œuvre et de gestion de projets en
environnement sensible. La Figure 1.1 présente une échelle chronologique relatant les étapes
importantes de l’histoire du Groupe.

Figure 1.1 – Histoire du Groupe

Le Groupe ENTREPOSE est scindé en plusieurs entités comme l’atteste la Figure 1.2 ci-après.
Mon projet de fin d’études a été effectué dans l’entité « PROJETS » s’occupant de
l’ingénierie, achats et construction des projets clefs en main. Plus couramment dénommé
projet EPCC : Engineering (ingénierie), Procurement (Achats), Construction et Commissioning.

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Figure 1.2 – Organigramme du Groupe

Le Groupe réalise en 2010 un chiffre d’affaire record de 870 Millions d’euros, pour un effectif
de 1200 personnes, produit pour un tiers par l’entité « PROJETS » qui tend à se développer en
augmentant en autres sa capacité en ingénierie. Ce chiffre d’affaire est réparti
géographiquement sur des projets à l’échelle internationale (Figure 1.3).

Figure 1.3 – Répartition géographiques des sites

Il est facile d’imaginer que les Principaux clients d’ENTREPOSE sont des compagnies
pétrolières et gazières opérant dans diverses pays (Algérie, Nigéria, Angola…). Les projets
pour lesquels j’ai contribué durant mon projet de fin d’études se trouvent en Tunisie et en Irak
ce qui prouve l’échelle internationale sur laquelle le Groupe s’est positionné.

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L’organisation du département Ingénierie est présentée en Figure 1.4.

Figure 1.4 – Organigramme « PROJETS »

Le département du génie civil compte peu de personnes (1 Ingénieur Génie civil et 1


Responsable Conception). Ma tutrice Asmahou NDIAYE, ingénieur en génie civil, a été la
première personne engagée dans le développement du département du Génie Civil et
Charpentes.

Mon intervention en projet de fin d’études se situe donc au moment d’une dynamique de
développement de ce département pour lequel je voue un intérêt grandissant et de la
conduite de deux projets d’importance de type EPCC de stockage d’hydrocarbures basés
en Tunisie et en Irak.

Je vais vous présenter dorénavant les deux projets constituants l’élaboration de mon projet
de fin d’études.

1.2. Projet TUNISIE

1.2.1. Présentation

Le projet TUNISIE est un projet de stockage de gaz (Propane, butane et GPL). Il constitue un
projet clef en main EPCC : Engineering (Ingénierie), Procurement (Achats équipements),
Construction et Commissioning. Ce projet comprend dans son cahier des charges du génie
civil : l’ingénierie et construction de 6 sphères métalliques de 19,7 m de diamètre d’une
capacité de 4000 m3 et de sa structure béton armé (sarcophage de confinement,
fondations), de 4 bâtiments annexes (administratif, médico-social, électrique et salle de
contrôle), de structure métallique (Pipe Rack pour tuyauterie, passerelles…) et des éléments
de génie civil annexes comme des massifs de support. Vous trouverez en Annexe 1 une sortie
de maquette présentant le site.

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1.2.2. Retour d’expérience

Un projet similaire a déjà été mené par ENTREPOSE dans une autre ville de Tunisie en 2006
pour lequel 4 sphère de stockage GPL, des sarcophages de confinement en béton armé
ainsi que des bâtiments annexes ont été commandés. Ce projet m’a servi de retour
d’expérience, pour d’une part m’imprégner des savoir-faire du Groupe, et d’autre part pour
comprendre la schématique employée dans la conception du sarcophage béton armé et
des fondations.

Le sarcophage en béton armé a une utilité primordiale aussi bien sur la sécurité du réservoir
que sur le respect des règlements en vigueur. L’Arrêté du 24 décembre 2007[1], stipule dans
son Annexe II.2 (Stockage en réservoirs fixes aériens), que
« les charpentes métalliques supportant un réservoir dont
le point le plus bas est situé à plus d'un mètre du sol ou
d'un massif en béton doivent être protégées
efficacement […] sous-talus d’un matériau justifié par le
constructeur contre les effets thermiques susceptibles de
provoquer le flambement des structures ». Un
sarcophage béton armé cylindrique a été choisi avec un
recouvrement de la sphère par 0,6 m de sable une fois le
Figure 1.5 – Recouvrement de sable de
sarcophage réalisé (Figure 1.5). la sphère

Avant cet arrêté, les sphères de stockage gaz aériennes


sont soutenues par des poteaux métalliques (Figure 1.6).
Cependant, étant donné l’exposition de la sphère, les
variations de température sont plus importantes. C’est
pour cela qu’un système de refroidissement est prévu
pour ne pas augmenter la température du produit qui a
pour conséquence d’augmenter la pression interne de la
Figure 1.6 – Sphère de stockage GPL
sphère.
au Nigéria

La solution de fondation en première approche (similaire à l’ancien projet) a été constituée


d’un radier annulaire reposant sur 33 pieux de Béton C30, forés sous boue, avec tubage
provisoire en tête, d’une longueur de 38 m et d’un mètre de diamètre répartis en 3 files pour
chaque sphère. La sphère repose sur un voile intérieur de 60 cm d’épaisseur et enveloppée
d’un voile extérieur de 35 cm qui renferme la sphère ainsi que le talus de sable (Figure 1.7).

Figure 1.7 – Demi-coupe de la Solution de fondation de 1ère


approche

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1.2.3. Problématique

La sismicité du site de TUNISIE est relativement importante. Il est donc nécessaire de définir et
modéliser les conséquences de cet effet. Je vais vous présenter la procédure d’études
employée par ENTRPOSE PROJETS pour le génie civil du sarcophage des sphères et
fondations.

Elle a fait appel à différentes normes et réglementations officielles. Ces normes sont imposées
par le client au moment de l’appel d’offre. Pour le projet de stockage TUNISIE, les normes
suivantes d’études génie civil ont été appliquées :

 EUROCODE 8 et PS 92 pour l’étude sismique ;


 Fascicule 62, Titre V pour la conception et réalisation des fondations des réservoirs de
stockage ;
 Documents Techniques Unifiés : DTU 13.12 Fondations superficielles, DTU 13.2
Fondations profondes ;
 Normes définissant les effets de la neige et du vent NV65 (dernière révision) ;
 Règles applicables aux installations sous pression Arrêté du 10 mai 1993.

Les études de conception, à un stade d’avancement important à mon arrivé, constitueront


la première partie de mon analyse. En effet, j’ai contribué lors de ma période de stage aux
études d’un autre type de stockage : réservoirs de pétrole.

1.3. Projet IRAK

Le projet IRAK est un projet EPCC en Consortium, avec un partenaire international, de


stockage pétrole brut dont l’étude génie civil a démarré en début 2012. Ce projet réunit
l’agrandissement d’un site existant regroupant 3 réservoirs de 91,7 m de diamètre et de 10 m
de hauteur (Figure 1.8). Cet agrandissement comprend l’étude, l’approvisionnement et la
construction de 3 nouveaux réservoirs similaires à l’existant (Annexe 2 Maquette 3D) et leurs
équipements associés ainsi que leur raccordement aux installations existantes.

Figure 1.8 – Photographie d’un réservoir existant

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En termes de cahier des charges du génie civil, on doit élaborer les études de fondations des
réservoirs de pétrole de 91,7 m de diamètre, le design des routes et VRD et des structures
métalliques annexes comme des passerelles de passages de tuyauterie.

Le site du projet se trouve dans une zone sismique dont l’amplitude nous a contraints de
considérer l’aléa sismique lors de nos études. Je vais donc vous présenter comme pour le
projet TUNISIE, la procédure d’études qui a été menée pour la conception des fondations
des réservoirs tenant compte de l’aléa sismique et des réglementations en vigueur :

International Society of Building officials


 Uniform Building Code UBC, 1997 ed.
American Institute of Steel Construction (AISC)
 AISC 360-05 Specifications for structural steel buildings
 AISC 341-05 Seismic provision for structural steel buildings
American Petroleum Institute (API)
 API 650 Welded Steel Tanks For ail Storage
American Concrete Institute (ACI)
 ACI 318-08 Building Code Requirement For Structural Concrete
 ACI 3512R-94 Foundation for Static Equipment’s

1.4. Planning d’études

Je vous présente en Figure 1.9 le planning de mon projet de fin d’études au sein
d’ENTREPOSE PROJETS.

Figure 1.9 – Planning d’étude intermédiaire

Mes missions chez ENTREPOSE CONTRACTING n’ont pas été seulement limitées à l’étude
structure GC de projets de stockage OIL&GAZ. J’ai participé à l’élaboration des plans guides
sur lesquels on définit les besoins des clients et de notre organisation selon le cahier des
prescriptions techniques particulières (CPTP). Ces plans ont été réalisés sous AUTOCAD 2012
par deux projeteurs GC. J’ai eu donc comme responsabilité, encadré par ma tutrice
Asmahou NDIAYE de définir les besoins génie civil des cahiers des charges des clients, de
suivre l’élaboration des plans guides et d’animer l’interface avec les sous-traitants GC
missionnés et autres disciplines du projet (Tuyauterie, électricité, mécanique).

En effet, une fois l’accomplissement des plans guides achevé, ces plans sont transmis au
client et au sous-traitant concerné pour le contrôle et l’élaboration des documents de détails

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établis en général par le sous-traitant. Ces documents de détails sont de plusieurs formes :
plan de ferraillage, plan de coffrage et notes de calcul. Les révisions de ces documents de
détails sont importantes car il est impératif de contrôler et déceler toute incompréhension
avant publication en révision finale : Bon Pour Exécution (BPE).

Pour le projet TUNISIE, une maquette 3D a été utilisée. Au fur et à mesure de l’avancement du
design du projet, les projeteurs alimentent et corrigent la maquette ce qui permet aux
projeteurs d’autres spécialités de remarquer toutes modifications opérées.

J’ai donc depuis le commencement de mon projet de fin d’études suivi et participé à ces
opérations de prés afin d’en apprendre toujours plus du métier d’Ingénieur en Génie Civil
dans le domaine OIL&GAZ.

1.5. Structure du présent rapport

Mon projet de fin d’études englobe deux projets dont les savoir-faire en matière d’ingénierie
et de méthodes sont distincts. Je vais donc effectuer un distinguo entre la procédure
d’étude GC employée pour un projet GPL à travers le projet TUNISIE et la procédure d’étude
GC employée un projet Pétrole à travers le projet IRAK.

Je commencerai par le projet GPL pour lequel la prestation en termes de génie civil s’oriente
principalement autour de l’étude structure du sarcophage béton, des fondations et des
bâtiments annexes (Annexe 1). Ensuite, je vous exposerai le projet d’études IRAK où la
définition du mode de fondation du réservoir et sa justification (Maquette et photographies
des réservoirs existants Annexe 2).

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2. Projet de Stockage GPL

2.1. Procédure de calcul du système de fondation

2.1.1. Introduction

Un projet EPCC de stockage d’hydrocarbures (GPL, propane, butane) comprend plusieurs


corps d’états : génie civil, tuyauterie, procédé et équipements. On s’intéressera
principalement à certaines parties du génie civil du projet à savoir le sarcophage béton
armé constitué d’un voile extérieur de 35 cm, d’un voile intérieur de 60 cm et d’une dalle de
fermeture supérieure du tunnel, et du système de fondation (Figure 2.1).

Figure 2.1 – Coupe type de Sphère et sarcophage

Pour le projet de TUNISIE (Figure 2.3), un système de fondation a été opté sous base de retour
d’expérience en première approche. Ce prédimensionnement à la capacité de portance
des pieux a été vérifié (Annexe 3) mais ensuite écarté du fait d’un aléa géotechnique
important. La solution retenue est la suivante (Figure 2.2):

 diamètre des pieux : Ф=600 mm (section A=0.28 m²)


 longueur des pieux : L=13 m (Ancrage dans une couche de sables fins très compacts
selon coupe géotechnique exposé en partie 2.1.4) ;
 radier annulaire d’un mètre reposant sur 155 pieux disposés en 4 files concentriques
comme suit :

 File A : 45 pieux au droit du voile extérieur au Rayon=11.105 m ;


 File B : 45 pieux entre le voile extérieur et le voile intérieur à R=9.245 m;
 File C : 30 pieux au droit du voile intérieur se trouvant à R=7.545 m ;
 File D : 30 pieux entre le voile intérieur et le bord du radier R=6.045 m ;
 soit une maille moyenne : 1.55 x 1.55 m environ pour 150 pieux par sphère.

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A B C D

Figure 2.2 – Solution de fondation optée

Sphères de stockage
Propane, Butane et GPL
avec le sarcophage
Bâtiment
Electrique Salle de
Contrôle

Réservoir
incendie d’eau

Bâtiment
médico-social Chargement
camion

Bâtiment
Administratif

Figure 2.3 – Maquette 3D D’implantation site

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2.1.2. Note d’hypothèses générales

2.1.2.1. Caractéristiques des matériaux

 Béton:

Les valeurs à 28 jours de la résistance en compression (fC28 voir tableau ci-dessous), en


traction (ft,28) et du module d’élasticité à court terme :

La fissuration est considérée comme préjudiciable. Le tableau 2.1 rappelle les


caractéristiques du béton utilisé.

Classe de Classe Ei,28 Nature du


Partie d’ouvrage
résistance d’exposition (MPa) Ciment
Pieux C25/30 XF1, XA2, 34 000 CEM I 42.5 N HRS
Radier C35/45 XF1, XA2, 35 982 CEM I 42.5 N HRS
Voile sarcophage intérieur C35/45 XF2, XA2, XS1 35 982 CEM I 42.5 N HRS
Voile sarcophage extérieur C35/45 XF2, XA2, XS1 35 982 CEM I 42.5 N HRS
Dalle supérieure C35/45 XF2, XA2, XS1 35 982 CEM I 42.5 N HRS
Tableau 2.1 – Caractéristiques des bétons employés selon la norme NF EN 206-1

 Acier:

Les armatures Aciers HA ont une limite élastique fe=400 MPa avec un coefficient de
scellement 𝜓=1,6 et une longueur de scellement LS prise forfaitairement égale à 50 fois (selon
le BAEL 91[2]) le diamètre de la barre d’acier. Les aciers à ronds lisses ont une limite élastique
fe=235 MPa avec un coefficient de scellement 𝜓=1,0. Les aciers ont un module d’élasticité
des aciers : ES=200 000 MPa.

2.1.2.2. Actions

Charges permanentes

 Poids propre

Le poids propre comprend celui de la structure en béton, celui de la sphère métallique, et


celui des équipements et des superstructures. L’étude a été réalisée pour la sphère de gaz
de plus importante masse. Nous avons choisi de réaliser l’étude de la sphère GPL (voir
Tableau 2.2). Entre les deux types de structures seuls quelques paramètres font varier leur
poids total :

 Poids d’acier pour sphère de stockage


 Densité du gaz et Poids de sable

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Voici un comparatif de bilan de charges en tonnes (Tableau 2.2) mettant en jeu une sphère
GPL à une sphère Propane :

Eléments GPL PROPANE


1. Radier 883 883
2. Voile intérieur 336 336
3. Voile extérieur 1389 1389
4. Dalle supérieur du tunnel 197 197
5. Sphère à vide 401 612
6. Sphère service 2690 2723
7. Sphère en épreuve 4401 4612
8. Equipement sphère 15 15
9. Sable 5040 4978
10. Couverture sphère 56 56
Génie Civil + Sphère vide
3221 3432
(1+2+3+4+5+8)
Epreuve (1+2+3+4+7+8) 7221 7432
Service (1+2+3+4+6+8+9+10) 10606 10577
Tableau 2.2 – Charges en tonnes pour une sphère GPL et une sphère Propane

Au final, la Sphère GPL est la plus lourde à cause du sable, ayant une densité de 20 kN/m3.
L’effet de poussé du sable sur le voile extérieur (Voir Figure 2.1) doit nécessairement être
étudié du fait de sa forte contribution. Notons que le produit est compté dans l’étude
comme une charge permanente compris dans le poids propre structure de la sphère. Pour
les calculs, les sphères ont été considérées comme pleines à 100% en service. Les données
concernant la sphère dans le tableau 2.2 ont été fournies en données brutes sans
majorations par le sous-traitant spécialiste.

 Poussière

Une charge de 20 daN/m² de projection horizontale a été appliquée en service (long terme)
pour prendre en compte les charges de poussières, commun sur les sites désertiques de
stockage gazier.

 Dilatation de la sphère

En service, la pression interne de la sphère varie en fonction de la température ambiante. Ce


phénomène induit des efforts sur le voile périphérique extérieur du sarcophage. Ces efforts
couplés aux efforts induits par la poussée du sable ont été déterminés dans une partie
ultérieure selon un modèle présenté partie 2.1.5 suivante.

Charges variables

 Charges d’exploitation & manutention

Nous faisons l’hypothèse que les charges d’exploitation & manutention ne soient pas prévues
et prises en compte dans l’étude structure du génie civil.

HALAIBI
HALAIBISid Ahmed Génie civil 5ème Année 17
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de projets de stockage d’hydrocarbures

 Effet du vent

Il a été indiqué par le client une vitesse de référence de 131 km/h (site exposé).
Conformément aux règles Neige et Vent 65[3], cela revient à considérer par analogie que le
site se trouve en région 3 ce qui correspond à une pression dynamique de base normale q10 :

On en déduit alors la pression dynamique par la formule suivante avec H la hauteur de


l’ouvrage depuis sa base (ici nous avons pris H=23 m) :

𝐻 8 23 8
𝑞ℎ 𝑞 2 2 ≈ 93 𝑑𝑎𝑁 𝑚
𝐻 23

Ainsi, le vent a été appliqué sur la structure :

 En pression (coefficient de pression 0.8) sur la face au vent


 En dépression (coefficient de pression -0.3) sur la face sous le vent.

Le vent a été donc appliqué selon toutes les directions par pas de 30° (d’où 11 cas de
charges). Le cas de charge de vent est donc l’enveloppe de ces cas de charges unitaires.

 Effet de la neige

Aucune charge de neige n’a été considérée pour cette étude.

 Actions dues à la variation de la température

Dans les cas extrêmes de service, la température du produit stocké peut atteindre -40°C (cas
critique de dépressurisation de la sphère). Une variation thermique (+/-10°C) a été
considérée à court terme et à long terme selon le module instantané du béton
conformément aux règles BAEL 91[2]. De plus, un gradient thermique entre les faces
intérieures et extérieures de la paroi de la sphère de 18°C a été pris en compte.

Charge accidentelle de séisme

Le projet TUNISIEN a été étudié à l’EUROCODE 8[4] avec Annexe nationale et Arrêté du 22
octobre 2010[5] relatif à la classification et aux règles de construction parasismiques
applicables aux bâtiments de la classe dite « à risque normal ». Une carte de Tunisie de
l’accélération sismique probable pour la période de retour de 500 ans établie par l’Ecole
Nationale d’Ingénieurs de Tunis (ENIT) a servi pour la détermination des accélérations de
dimensionnement.

 Définition accélération nominale

L’accélération nominale à prendre en compte afin de définir les spectres de réponse


sismique du site peut être définie à partir de l’EUROCODE 8[4]. Les paramètres nécessaires à
la définition de cette accélération sont détaillés ci-après :

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 Accélération maximale de référence au niveau d’un sol:


agr = 1,1 m/s² ; valeur maximale donnée par
CPTP pour une période de retour de 200 ans.
Cette valeur est conforme à la valeur lue
pour la région considérée sur la carte de
Tunisie de l’accélération sismique probable
pour la période de retour de 500 ans établie
par l’ENIT (Figure 2.4)
 Sol de classe C : c'est-à-dire des dépôts
profonds de sable de densité moyenne, de
gravier ou d’argile moyennement raide,
ayant des épaisseurs de quelques dizaines à
plusieurs centaines de mètres, soit une valeur
du paramètre de sol S= 1,5 ;
 Catégorie d’importance pour installations
«classées» : l’EUROCODE 8[4], notamment
par comparaison avec la réglementation
étrangère, recommande l’application d’un
coefficient d’importance de 1.6 pour une
catégorie d’importance IV.

Figure 2.4 – Carte de Tunisie de l’accélération


sismique (période de retour de 500 ans)

On obtient donc l’accélération nominale suivante :

𝑎𝑁 𝛾 𝑎𝑔𝑟 𝑆 ≈2 𝑚 𝑠

 Spectre de réponse élastique

Le spectre de réponse élastique horizontal est défini selon l’EUROCODE 8 avec l’Arrêté du 22
Octobre 2010[5] de la façon suivante :

2
2
2
2

Avec :
- T la période de vibration ;
- S paramètre du sol ;
- Se le spectre de réponse élastique ;
- η coefficient de correction de l’amortissement visqueux. Ici égal à 1 pour 5%
d’amortissement visqueux béton armé ;
- Sol de classe C en zone modéré (agr=1,1 m/s²), d’où Tb= 0,06 s ; Tc = 0,4 s et Td = 3 s.

HALAIBI
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Le spectre de réponse élastique vertical est défini selon l’Arrêté du 22 Octobre 2010[5] de la
façon suivante :

3 9 9 en Zone sismique II

3 ; avec Tb=0,03 s et Tc=0,2 s

3 ; avec Td=2,5 s

Ce qui donne les représentations (Figure 2.5 et Tableau 2.3) suivantes des spectres de
réponse :

Figure 2.5 – Spectres de réponse type (orange horizontal, rouge vertical)

Tableau 2.3 –Valeurs de réponses sismiques

 Détermination de la période propre de la structure

Il est nécessaire de connaitre la période propre de la structure (Sarcophage béton armé,


sphère et sable) pour déterminer les accélérations verticale et horizontale. Pour cela, une
étude spectrale de la totalité de la structure a été menée en positionnant les masses de la
sphère et du sable à leurs centres de gravité respectifs (Figure 2.6).

HALAIBI
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Figure 2.6 – Modélisation type de la structure

On obtient les principaux modes dans chaque direction (X, Y, Z) mobilisant de 80 à 98% de la
masse généralisé en service tableau 2.2 : 10 606 tonnes.

MODE Fréquence (Hz) Période T (s) Masse X Masse Y Masse Z


1 2,052 0,487 7906.43 0 749.402
2 2,075 0,482 747.991 1.286 7874.835
3 4,632 0,216 0.049 10378.658 0.41
Tableau 2.4 – Tableau de valeurs étude modale structure

Les périodes sont équivalentes sur X et Z, ce qui est cohérent avec la géométrie de la
structure. Ces périodes permettent de déterminer sur les spectres (Tableau 2.3) suivant
l’accélération à prendre en compte, à savoir :

𝑎𝑉 32 𝑚 𝑠

𝑎𝐻 𝑚 𝑠

2.1.3. Modélisation du séisme

La sphère métallique est supportée par le voile intérieur (Figure 2.1) par l’intermédiaire d’une
couronne métallique dimensionnée pour résister au séisme. Je vais vous présenter comment
ont été considérés les séismes vertical et horizontal.

2.1.3.1. Séisme horizontal

On a divisé la structure en trois parties :

 la sphère et son poids de sable porté (1);


 le sable compris entre la sphère et le voile, qui poussera sur le voile, dans le sens du
séisme (2);
 le sable restant qui poussera sur la sphère dans le cas d’un séisme (3).

HALAIBI
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Sens du séisme

1 3 2

Figure 2.7 – Schéma de décomposition

A partir de cela et du tableau des charges (Tableau 2.2), la résultante des forces
horizontales a été calculée selon les données du sous-traitant spécialiste.

Voile extérieur Voile intérieur


Position du
Masses Masse en t Agit sur Poussée globale T en kN M en kN.m
CdG

1 3969 9,4 Voile intérieur 0 21433 155786

Voile
2 1825 9855 0 0
extérieur

Sphère donc
3 1825 6,0 0 9855 58640
voile intérieur
Total 7619 9855 31288 214426
Tableau 2.5 – Charges suivant la décomposition structure fournis

La résultante des forces horizontales est alors 31288+9855 = 41143 kN, ce qui correspond au
poids de la sphère en service +sable multiplié par l’accélération horizontale de 5,40 m/s².

Les moments ont été appliqués par l’intermédiaire de


forces verticales appliquées en tête du voile
périphérique intérieur (Figure 2.8). Le moment est divisé
en deux :

 D’un côté arrachement de la platine ;


 De l’autre compression du voile. Figure 2.8 – Prise en compte du mouvement de
basculement de la sphère

Pour être complet, l’effet du mouvement de la sphère a été pris en compte. Le mouvement
calculé est de 1 cm sous séisme dans des conditions conservatives (libre de mouvement). La
résultante apportée par ce déplacement selon une étude sur CASTOR (logiciel de
dimensionnement des équipements sous pression selon le
CODAP[9] Code de construction des appareils à pression)
a été appliquée au voile périphérique extérieur (Figure
2.9). Enfin, l’accélération du béton a bien évidemment été
incorporée au modèle afin de prendre en compte toutes
les masses excitées lors du séisme horizontal.

Figure 2.9 – Prise en compte de


poussée du sable sur le voile

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2.1.3.2. Séisme vertical

L’accélération verticale a été appliquée au modèle en pondérant le poids propre et les


autres cas de charge le complétant par un facteur correctif (coefficient +/-0.432). Les deux
séismes sont combinés suivant La Formule de NEWMARK :

3 3

2.1.4. Géotechnique du site

L’étude géotechnique du site est primordiale pour la conception des fondations des sphères
de stockage. Cette analyse a été réalisée à partir d’essais in situ : Pénétromètre Statique
(CPT), Pénétromètre dynamique (SPT), Pressiométrie (SP), Carrotages (SC) et Cross-hole ; mais
aussi des essais en laboratoire par prélèvement. Vous trouverez un bref descriptif de ces
essais en Annexe 4 ainsi que la coupe de calcul géotechnique retenue (Tableau 2.6). Ces
essais permettent de définir le profil géotechnique de calcul nécessaire au design des
fondations du projet TUNISIE.

Tableau 2.6 – Valeurs de la Coupe de calcul géotechnique

Une campagne géotechnique complémentaire sur une sphère (celle de l’extrémité gauche
sur la maquette Annexe 1) a permis d’identifier un aléa géotechnique important, et par
conséquent pénalisant pour maîtriser correctement le futur comportement des ouvrages
avec la mise en évidence de poches d’argile compressible au sein du substratum d’argile
raide. Compte tenu de la forte gypsosité du substratum, ces poches molles sont
vraisemblablement issues de dissolution de gypse. La hauteur des niveaux compressibles
pouvant atteindre 20 à 25 m (cas du sondage SP201Figure A4.5 de l’Annexe 4), pour une
extension latérale toutefois réduite.

Ces différents éléments conduisent à écarter une solution de fondations profondes de


première approche (pieu de 38 m) ancrées du sein du substratum argileux compte tenu de
la distribution aléatoire des poches peu compactes conduisant un défaut de portance et
donc un risques de fissuration et donc de déformation pouvant endommager la sphère. Le
niveau de la couche de sable très compact (Voir Coupe géotechnique Annexe 4 et Tableau
2.6) est tout à fait adapté à l’ancrage de fondations profondes. C’est pour cela qu’il Il a été

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donc décidé d’envisager une solution de fondations profondes sur pieux courts ancrés dans
la couche de sables fins compacts. En favorisant d’autre part le contact sol/radier entre les
pieux, la transmission de charge vers le sol permettra de soulager les pieux et optimiser le
design.

Cependant, du fait de la présence d’une nappe phréatique moyenne à partir de 5 m, la


couche sable fin peu compact contenant par ailleurs du silt, a présenté des risques de
liquéfaction à quantifier.

2.1.5. Analyse de la liquéfaction

2.1.5.1. Norme de base

L’EUROCODE 8[4] propose une analyse pour évaluer la susceptibilité à la liquéfaction de ce


sol sur la base des résultats des sondages pénétrométriques (PS301 à PS326 voir Annexe 4).
L’analyse du potentiel de liquéfaction s’effectue conformément aux recommandations
établies par le NCEER[A] (National Center for Earthquake Engineering Research), publiée en
2001, et basée en particulier sur les travaux de Seed & Idriss[B] (1971) et Seed & Ambraseys[C]
(1988). Ces recommandations sont considérées actuellement comme la référence
internationale s’agissant des analyses de liquéfaction.

2.1.5.2. Méthode NCEER (2001)

La méthode consiste à calculer le coefficient de sécurité vis-à-vis de la liquéfaction Fl


comme le rapport entre la résistance au cisaillement cyclic CRR (Cyclic Resistance Ratio) des
terrains, pondérée par un coefficient correcteur MSF (Magnitude Scaling Factor) tenant
compte de la magnitude du séisme par rapport à la magnitude de référence égale à 7.5, et
le cisaillement équivalent généré par le séisme CSR (cyclic stress ratio) :

𝐹𝑙 𝐶𝑅𝑅 𝑀𝑆𝐹 𝐶𝑆𝑅

L’EUROCODE 8[4] indique de considérer comme potentiellement liquéfiables les sols ayant un
coefficient 2 . Le cisaillement cyclique normalisé CSR est donné par la formule
suivante:

Où :
- amax est l’accélération de pic au niveau du sol,
- σv0 et σ’v0 sont respectivement les contraintes verticales totale et effective,
- rd est un coefficient fonction de la profondeur z donné par la formule:
2 2

La résistance cyclique au cisaillement CRR est quant à elle une fonction de la résistance de
pointe normalisée d’un sable propre qc1N,cs donnée par la courbe usuelle CRR=f(qc1N,cs). Pour
l’analyse suivante, nous avons donc appliqué forfaitairement :

( ) 93 8

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( ) 83

La résistance de pointe normalisée pour un sable propre q c1N,cs est donnée par :

( ) ( )

La puissance n est calée à l’issue d’un processus itératif prenant en compte les résultats des
sondages CPT (résistance de pointe et frottement latéral). Pour un sable, on a n=0.5. Le
coefficient Kc (égale à 1) pondère la résistance de pointe normalisée afin de l’adapter au
cas d’un sable propre, en prenant en compte la teneur en fines du sol selon des formules
usuelles.

Enfin, l’expression du coefficient de correction de la magnitude du séisme MSF (MSF=1 pour


le séisme de référence de magnitude 7.5) a fait l’objet de nombreuses études. La méthode
NCEER recommande une plage de valeurs de MSF (Mw=magnitude du séisme) :

Mw MSF
5 3,82
5.5 2.74
6 2.03
6.5 1.54
7 1.19
7.5 1.00
Tableau 2.7 – Coefficient MSF en fonction de la magnitude Mw (NCEER 2001)

Il suffira ensuite, à partir des données géotechniques et de bases de calculs (accélération


sismique de calcul et de la magnitude du séisme de calcul), de tracer les courbes du
coefficient de sécurité Fl en fonction de la profondeur pour vérifier le critère de non-
susceptibilité à la liquéfaction de L’EUROCODE 8[4] :

8 2

2.1.5.3. Hypothèses Complémentaires

Les hypothèses complémentaires à prendre en compte dans la méthode NCEER :


 Le séisme d’étude SMS (Séisme Majoré de Sécurité) correspond à une magnitude
Mw≈5 d’après le CPTP-Données de Base d’étude ;
 Une accélération maximale de amax=0.27g a été considérée selon les hypothèses
présentées dans la Partie II.1.2.2;
 Un niveau moyen de nappe à 4 m de profondeur est pris en compte ;
 Le poids volumique de l’ensemble des couches a été fixé à 20 kN/m 3.

2.1.5.4. Résultats

Pour chaque sondage (PS303 à PS326)), les résultats l’évolution du coefficient de sécurité
avec la profondeur, selon l’EUROCODE 8[4] ont été donnés projetés (Annexe 5). Le
coefficient de sécurité calculé est donc supérieur à 1.25 (les valeurs nulles sont dues aux
problèmes d’enregistrement). Notamment, la couche de sables fins à argileux (silts) apparaît
donc non liquéfiable.

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2.1.5.5. Comparaison avec l’analyse de la liquéfaction au PS 92

La méthodologie adoptée pour l’analyse de la liquéfaction selon l’EUROCODE 8[4] et des


travaux du NCEER présente une vérification au coefficient de sécurité (devant être supérieur
à 1,25 pour s’affranchir de risque de liquéfaction. Cependant, une analyse selon la norme PS
92 Norme NF P 06-013[6] sur la base des travaux de Seed & Idriss[B] (1971) et De Alba[D]
(1986) prévoit une tout autre approche. Il convient d’étudier les étapes:

 le contexte hydrogéologique, notamment la présence de sols dans un état proche


de la saturation ;
 la susceptibilité qualitative (par exemple critères d'identification des règles françaises
PS 92, norme NF P 06-013[6]) ;
 la susceptibilité quantitative (méthodes basées sur des essais mécaniques in situ ou au
laboratoire, par exemple Seed et al.,[E] 1983) ;
 l’opportunité à la liquéfaction ;
 le coefficient de sécurité à la liquéfaction, directement issu des deux points
précédents ;
 si susceptibilité confirmé, l’intensité de liquéfaction, à partir de l'indice global de
liquéfaction permet d'évaluer l'impact de la profondeur et de l'épaisseur des horizons
liquéfiables pour une colonne de sol.

Le coefficient de sécurité à la liquéfaction définit par le rapport des contraintes cycliques


moyennes devra être supérieur à 1,3 pour considérer que la liquéfaction soit probable ce qui
élève le niveau de sécurité de l’étude.

2.1.6. Modélisation de l’effet du remblai de sable dans le sarcophage

Sous l’effet de leur poids propre, le remblai de sable agit par poussée active sur la paroi du
réservoir et du sarcophage. Une partie du sable est néanmoins portée par la sphère
métallique. Ces poussées sont calculées à partir des caractéristiques du sable et des
coefficients de frottement Sable / Béton et Sable / Sphère. Comme exposé dans le
paragraphe 2.1.2.2, la modélisation de l’effet du remplissage du sable dans le sarcophage
est primordiale pour évaluer la répartition des charges au sein de la structure. Cette étude a
été soumissionnée à un sous-traitant spécialiste qui a utilisé un modèle aux éléments finis
construit à l’aide du logiciel PLAXIS v9.

2.1.6.1. Hypothèse de calcul

La Figure 2.10 présente la géométrie de la structure des


sphères:

 le rayon du sarcophage en béton coffré est de


10,93 m (zone verte) et l’épaisseur du béton est
considérée de 35 cm ;
 le diamètre interne de la sphère est de 19,7 m.
On considèrera une épaisseur de l’acier autour
de la sphère de 5 mm;
Figure 2.10 – Structure des sphère GPL

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 la largeur du tunnel se situant en bas en périphérie du tunnel est de 3,505 m et


l’épaisseur de la jupe (voile interne) en béton (zone rouge) est prise égale à 60 cm. La
hauteur de ce tunnel est prise égale à 4,42 m.

Le sarcophage en service sera rempli de sable avec les hypothèses suivantes :

 remblaiement du sarcophage conformément à la Figure 2.10 (présence d’un volume


de vide en périphérie haute du sarcophage) ;
 caractéristiques de friction du sable prises à φ’ = 30° et c’ = 0 kPa, γ = 20,3 kN/m3 ;
 coefficient de frottement d’interface Rinter,a entre l’acier de la sphère et le sable pris
considéré égal à 0,10 puis 0,33 ;
 coefficient de frottement d’interface Rinter,b entre le béton du sarcophage et le sable
pris considéré égal à 0,33 puis 0,10.

Le poids total de sable est d’environ 5040 t (Tableau 2.2). Cette valeur a permis aussi de
vérifier par la suite la validité des calculs aux éléments finis puisque nous devrions retrouver le
poids total du sable réparti sur les différents éléments de structure quel que soit la
configuration de paramètres étudiée.

2.1.6.2. Cas de calcul

Afin d’évaluer la répartition des charges au sein de la structure, plusieurs configurations ont
été étudiées :

 cas n°1 : l’acier de la sphère est considéré quasiment lisse (R inter,a = 0,10), tandis que
l’interaction sable/béton est prise égale à Rinter,b = 0,33 ;
 cas n°2 : l’acier de la sphère est considéré quasiment lisse (R inter,a = 0,10), et le béton
très peu adhérent (Rinter,b = 0,10). Ce cas est purement calculatoire, il n’a pas de sens
physique ;
 cas n°3 : le contact entre la sphère et le sable est plus adhérent (R inter,a = 0,33), tandis
que l’interaction sable/béton est prise égale à Rinter,b = 0,33 à nouveau ;
 cas n°4 : le contact entre la sphère et le sable reste assez adhérent (Ri nter,a = 0,33),
tandis que l’interaction sable/béton est minorée à Rinter,b = 0,10.

Par combinaison des résultats de ces différents cas de calcul, des « valeurs enveloppes » ont
été déduites et utilisées pour le dimensionnement des éléments constitutifs de la sphère.

2.1.6.3. Description de la modélisation PLAXIS

 Comportement élasto-plastique

L’étude a été menée à partir d’un modèle aux éléments finis axisymétrique de taille celle du
sarcophage et d’un comportement élasto-plastique par le critère de rupture de Mohr-
Coulomb.

 Données d’entrée

Le comportement du sable est modélisé par une loi de comportement élasto-plastique avec
critère de rupture de Mohr-Coulomb défini par un angle de frottement φ’ et une cohésion c’.

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Les autres paramètres intervenant dans la définition du sable sont les poids volumiques (sec
γunsat et saturé γsat), le module d’Young Eref, le coefficient de Poisson ν, l’angle de dilatance
ψ’ et le coefficient de résistance d’interface avec les éléments structure acier et béton
respectivement Rinter,a et Rinter,b. Le Tableau 2.8 résume les caractéristiques considérées dans la
modélisation du sable.

γunsat γsat Eref c’ φ’ ψ’


Paramètres ν Rinter,a Rinter,b
kN /m3 kN /m3 MPa kPa ° °
[0,10 ; [0,10 ;
Valeur 20,3 20,3 30 0,33 0 30 0
0,33] 0,33]
Tableau 2.8 - Résumé des caractéristiques du sable

Les éléments de structure ont été modélisés par des plaques définies sous PLAXIS par une
rigidité de flexion EI et une raideur axiale EA (E module d’Young de la plaque considérée, I
son inertie et A sa section). Ces rigidités sont définies par unité de longueur dans la direction
perpendiculaire à la figure. A partir de ces 2 paramètres, l’épaisseur équivalente de la
plaque (Tableau 2.9) est calculée comme suit :

√ 2

Poids Module
Epaisseur e Inertie I Coefficient
volumique d’Young
(mm) (m4/ml) de Poisson v
kN/m3 (MPa)
Acier sphère 50 10-5 78,5 0,2 210 000
Béton
350 3,60.10-3 25 0,2 10 000
sarcophage
Béton jupe 600 1,80.10-2 25 0,2 10 000
Tableau 2.9 – Caractéristiques des plaques

2.1.6.4. Résultats de la modélisation PLAXIS

 Répartition des efforts sur les éléments de structure

Le Tableau 2.10 présente les résultats PLAXIS en ce qui concerne la répartition des efforts
dans les différents éléments de la structure en fonction de la valeur choisie pour les
coefficients de résistance d’interface de l’acier de la sphère et du béton du sarcophage. On
obtient bien approximativement le poids de sable en résultante (environs 5000 tonnes).

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Eref (sable)=30 MPa

Rinter,a = 0,10 Rinter,a = 0,33

Rinter,b=0,10 Rinter,b=0,33 Rinter,b=0,10 Rinter,b=0,33

Voile
2082 1740 2471 2174
intérieur (t)
Sarcophage
341 910 286 777
(t)
Toit tunnel
2415 2192 2081 1890
(t)
Résultante
4838 4842 4838 4841
(t)
Tableau 2.10 – Répartition des charges sur les éléments de structure

 Poussée horizontale le long du sarcophage

La quantification de cette poussée a permis d’implanter un cas de charge radial au


sarcophage et de vérifier la résistance du voile extérieur du sarcophage sous ce cas de
charge et combiné au cas de charge accidentel (séisme). Comme vous pouvez le voir sur la
Figure 2.11, il est présenté les résultats obtenus de poussée horizontale le long du sarcophage
pour les 4 cas de calcul. On peut à partir de ce graphe, mettre en évidence les enveloppes
de charges radiales dues à la poussée du sable sur le voile extérieur et le voile intérieur.

Figure 2.11 – Courbes enveloppes de la poussée


horizontale sur le sarcophage

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2.1.7. Condition d’appuis

La définition des conditions d’appuis du sarcophage béton présente plusieurs étapes


préalables d’étude :

 vérification des tassements du sarcophage en situation quasi-permanente ;


 définition des raideurs à prendre en compte en sous-face du radier.

Ces données seront indispensables pour le modèle de calcul et vérification du sarcophage


béton et du système de fondation (radier annulaire sur pieux).

2.1.7.1. Critère de tassement

Les critères de tassements imposés par le CPTP des études génie civil sont :

 Tassement absolu maximum en service : 15 mm ;


 Tassement différentiel maximum en service : 6 mm (entre 2 points diamétralement
opposés).

Les critères de tassement ont été vérifiés suivant des phases spécifiques de travaux.

2.1.7.2. Phasage des travaux

Les travaux suivront la séquence de réalisation suivante :

1. Réalisation des fondations profondes et du radier ;


2. Réalisation du voile intérieur et mise en place de poteaux métalliques pour le test
hydraulique ;
3. Montage de la sphère ;
4. Réalisation du voile extérieur ;
5. Test d’épreuve hydraulique de la sphère reposant sur les poteaux métalliques, retirés
en fin de travaux ;
6. Fermeture des ouvertures intérieures du tunnel permettant d’accéder à la base de la
sphère ;
7. Mise en place du sable ;
8. Remplissage de la sphère en service.

La référence de mesure de ces tassements correspond au branchement des équipements


(tuyauteries…) connectés à la sphère. L’achèvement de ces connexions est suivi par la
fermeture des ouvertures intérieures du tunnel. Les critères de tassement se sont donc
appliqués entre les phases 6 et 8 du phasage décrit précédemment.

2.1.7.3. Calcul des tassements

 Principe de calcul

HALAIBI
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Le schéma Figure 2.12 présente la disposition des


fondations profondes sous le radier (4 files : A, B, C et D
représentées Figure 2.2). Le problème ne peut être
traité comme 4 fondations indépendantes sur un
substratum sain ; en effet, les spécificités suivantes
doivent être prises en compte :

 effet de groupe en frottement impliquant la


limitation de la diffusion latérale des
contraintes au sein du massif de pieux ;
 effet de groupe en pointe du fait du
rapprochement des pieux ;
 prise en compte du tassement des couches
argileuses sous-jacentes aux sables fins
compacts.

L’étude en tassement a été menée par notre sous-


traitant spécialiste en 2 temps : Figure 2.12 – Demi-coupe de la fondation avec
stratification du site

1. Dans un premier temps, une approche de calcul enveloppe et simplifiée a été


considérée afin de préciser l’ordre de grandeur des tassements attendus dans la
configuration décrite précédemment. Le principe de la semelle fictive, qui consiste à
considérer le groupe de pieu comme un monolithe équivalent, a été donc appliqué.
2. Le résultat précédent donnant un ordre de grandeur de tassement compatible avec
le critère imposé, un calcul plus détaillé a été mené en Annexe 6 visant à estimer
précisément les tassements attendus. Ce calcul s’est décomposé en 4 phases :
a. Calage d’une loi de mobilisation de l’effort de pointe avec prise en compte
de l’effet de groupe et des couches profondes (calcul éléments finis PLAXIS) ;
b. Etude d’une cellule unitaire de dimensions 1.55x1.55 m (maille moyenne)
située au centre du réseau de pieux, avec prise en compte de loi de
mobilisation du frottement latéral de Frank & Zhao[7] et de la loi de
mobilisation de la pointe calée précédemment (calcul analytique TASPIE+).
Cette seconde phase a permis de définir la raideur des pieux situés au centre
du groupe (B/C) et de déterminer la charge reprise par le sol entre les pieux ;
c. Idem que précédemment en considérant une maille « infinie » (12x12 m,
correspondant à l’entraxe entre les pieux les plus proches du centre du radier
annulaire). Cette phase a eu pour but de définir la raideur des pieux extérieurs
(A/D) ;
d. Calcul du tassement du radier appuyé sur le sol et les raideurs définies
précédemment (calcul éléments finis PLAXIS) ;
e. Calcul du tassement complémentaire induit par la charge calculée entre les
pointes des pieux à la phase 2 (calcul éléments finis PLAXIS).

La méthode de la semelle fictive sera présentée afin de donner un ordre de grandeur


simplifié du tassement. Vous trouverez en Annexe 6 le calcul plus détaillé et précis du
tassement.

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 Semelle fictive

Comme indiqué précédemment, le principe de cette méthode de calcul simplifiée est de


considérer le groupe de pieu (et le sol qu’il enserre) comme équivalent à une fondation
massive fictive de périmètre égal à celui du groupe et de longueur égale à la longueur des
pieux. Cette méthode, qui ne prend en compte ni l’interaction sol/pieu à l’intérieur du
groupe ni l’effet de groupe des pieux (1,55 m d’espacement moyen), est nécessairement
enveloppe. Le calcul a été mené à l’aide de PLAXIS (selon le Fascicule 63 Titre V[7]) en
modélisation éléments finis en axisymétrie. Le module d’Young de la semelle fictive a été
considérée égale au module d’Young d’un pieu en Béton soit E=10000 MPa. On obtient le
tableau suivant :

E = 10000 MPa
Tassement Incrément de
Phase
cumulé tassement
4. Fin des
travaux 6 mm -
GC+sphère
5. Test
15 mm +9 mm
hydraulique
6. Fermeture
6 mm -9 mm
tunnel
7&8.
24 mm +18 mm
Sable+Service
Tableau 2.11 – Maillage PLAXIS et résultats tassements semelle fictive

L’ordre de grandeur d’incrément de tassement obtenu entre les phases 6 et 8 (18 mm) est
donc compatible avec l’ordre de grandeur du critère de tassements maximum imposé (15
mm) car on rappelle que cette méthode ne tient pas compte de l’interaction sol/pieu. Afin
de déterminer le tassement précis sous notre structure sarcophage, Un calcul plus détaillé
est exposée en Annexe 6 donne un tassement entre la fermeture du tunnel et la mise en
service de 14 mm ce qui est conforme au critère imposé par le CPTP.

2.1.7.4. Remarque sur la méthode de la semelle fictive

La méthode de la semelle fictive ne prend pas en compte d’une part l’interaction sol/pieu et
d’autre part l’espacement des pieux qui contribue à l’effet de groupe. En effet, l’effet de
groupe est considéré selon le Fascicule 62 Titre V[7] pour un espacement entre pieu inférieur
à 3 fois le diamètre du pieu (0,6 m). Ici, nous avons un espacement de pieu en moyenne de
1,6 m, soit un coefficient d’efficacité, définissant le rapport entre la charge limite du groupe
de n pieux et la somme des charges limites des n pieux, (Annexe 3 partie A3.2.6) :

92

Dans ce cas, la considération de l’effet de groupe peut être négligée dans la méthode de la
semelle fictive, ce qui valide le caractère d’enveloppe (ordre de grandeur) du résultat
obtenu par cette méthode.

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2.1.7.5. Calcul des raideurs apparentes

 Raideurs verticales

Afin de mener à bien le calcul global du sarcophage béton armé, il a éré nécessaire de
définir les raideurs apparentes permettant de modéliser les pieux et le sol dans un modèle «
structure » 3D que nous verrons par la suite. La raideur des pieux correspond à l’effort repris
par chaque ancrage dans le calcul Part.A divisé par le tassement total cumulé de 19 mm,
conformément aux calculs en Annexe 6 (Tableau A6.1), soit le tableau 2.12 suivant :

File de pieux Effort en kN Raideur en kN/m


A 845 44 500
B 400 21 100
C 420 21 900
D 840 44 100
Moyenne 630 33 000
Tableau 2.12 – Raideurs verticales apparentes

La Figure 2.13 suivante présente le diagramme de contrainte reprise par le sol en sous-face
du radier. Le coefficient de réaction est déduit par division de la contrainte par le
déplacement cumulé (19 mm). En négligeant les effets de bord, la contrainte moyenne dans
la partie centrale du radier est de 19 kPa environ, soit un module de réaction du sol k :

𝑘 𝑘𝑃𝑎 𝑚

Figure 2.13 – Diagramme des contraintes au contact sol/radier

Les raideurs verticales prises en compte en statique (ELS et ELU) dans la modélisation du
génie civil sont donc :

 Raideur verticale apparente des pieux : 33 000 kN/m ;


 Module de réaction sol/radier : k=1000 kPa/m.

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 Comportement transversal

Le comportement sous sollicitations transversales des pieux a été modélisé à l’aide du


module PIECOEF + du logiciel FOXTA (développé par TERRASOL). Le principe de calcul est
conforme au Fascicule 62 – Titre V[7] et il a consisté à traduire la butée du sol par une
succession d’appuis élasto-plastiques de raideur Ki. La raideur Ki de chaque couche de sol a
été définie en considérant la rigidité relative sol / pieu et la durée d’application des
sollicitations transversales.

Les paramètres caractérisant le sol sont ceux d’essais pressiométriques (tableau 2.13). La
valeur de Pf* de la pression de fluage nette, définissant la limite entre le comportement
pseudo-élastique et l’état plastique du sol, est prise égale à Pl* (correspondant à la rupture
du sol en place) / 1,7 conformément au Fascicule 62 Titre V[7] (réf. Tableau 2.6).

Coefficient
Couche Base (m) EM (kPa) Pf en kPa Pl* en kPa
rhéologique[7]
1 -5 25 000 1/3 1175 2000
2 -10 5 000 1/3 235 400
3 -13 40 000 1/3 1765 3000
Tableau 2.13 – Paramètres de sol pour le calcul des raideurs transversales

A l’aide du logiciel PIECOEF+ (travaillant sous le Fascicule 62 Titre V[7]), les raideurs
transversales sont déterminées à l’aide des déplacements et rotation:

 raideur horizontale Kh = 97 000 kN/m ;


 raideur en rotation Khθ = 93 000 kN.m /rad.

 Comportement sous séisme

Par analogie avec les prescriptions du Fascicule 62 Titre V[7], les raideurs envisagées dans les
calculs sous séisme ont été considérées comme le double des raideurs statiques. Le module
de réaction sol/radier a été négligé.

On a donc :

 Raideur verticale apparente des pieux sous séisme : 66 000 kN/m


 Raideur horizontale des pieux sous séisme : 194 000 kN/m
 Raideur en rotation des pieux sous séisme : 186 000 kN.m/rad
 Module de réaction sol/radier sous séisme : négligé.

Tous les paramètres nécessaires à l’étude structure du sarcophage béton armé et des
fondations (radier annulaire sur 4 files de pieux de 13 m de long et de 0,6 m de diamètre) ont
été présentés :

 Définition des charges intervenantes ;


 Analyse géotechnique;
 Calcul des raideurs des pieux et du sol.

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Des vérifications préalables à l’étude structure comme l’analyse à la liquéfaction et le critère


de tassement ont été entreprises. Nous allons donc dorénavant passer à la méthode de
vérification de la solution génie civil du sarcophage et des fondations présentée au
paragraphe 2.1.1 par un modèle aux éléments finis.

2.1.8. Modèle de calcul structure

Afin de modéliser la structure aux éléments finis, le logiciel PYTHAGORE a servi de définition
d’un modèle, calculé à partir des enveloppes des efforts aux Etats limites de services (ELS),
aux Etats limites ultimes (ELU) et aux Etats limites ultimes Accidentels (appelés ELA). Les
hypothèses de calcul appliquées, le modèle constitué d’éléments de coques, les
combinaisons d’actions étudiées et enfin les enveloppes de résultats, nécessaires à la
justification de la solution vont être présentés par la suite.

2.1.8.1. Hypothèses de calcul

Les hypothèses de calcul ont été de considérer :

 Calcul linéaire ;
 Matériaux élastiques linéaires isotropes ;
 petites déformations

La densité du béton est prise à 25 kN/m3 et les modules d’Young sont respectivement : en
instantané EI égal à 35 982 MPa et en différé Ed égale à 11 993 MPa.

2.1.8.2. Modèle

Le modèle est constitué d’éléments de coques modélisant les dalles et les voiles. Le maillage
des voiles et dalles est réalisé avec des éléments de coques semi épaisses linéaires à 4
nœuds (Figure 2.14). Ce type d’élément possède 6 degrés de liberté à chaque nœud :
translations suivants x, y et z, et rotations autour des axes x, y et z.

Ci-dessous en Figure 2.15, vous pouvez voir une vue générale du modèle. Les couleurs
suivantes sont utilisées :

 En bleu le voile périphérique externe ;


 En vert, le voile périphérique interne ;
 En jaune, le radier ;
 En mauve, la dalle de fermeture du tunnel ;
 En rouge sont les éléments dont la densité
est prise comme nulle (éléments de liaison se
trouvant dans l’épaisseur du radier) ;
 En orange les voiles de fermeture du tunnel.
Figure 2.14 – Eléments de coques de base

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Le voile périphérique interne fait 60 cm d’épaisseur et le voile périphérique externe fait 35cm
d’épaisseur conformément au paragraphe 2.1.1. La dalle de fermeture fait 0.4m d’épaisseur.

Figure 2.15 – Voile extérieur du sarcophage BA et radier avec voile intérieur et dalle de fermeture à
droite

Le radier a été modélisé par des éléments rigides faisant 1.00m d’épaisseur. Tous les nœuds
du radier sont connectés à un ressort de sol :

 Modélisant un pieu ;
 Modélisant le contact avec le sol.

Ces ressort font intervenir les raideurs calculées en partie 2.1.7.

2.1.8.3. Combinaisons de charges

Soit G l’enveloppe des actions dues aux charges permanentes défavorables, Q les charges
d’exploitation (nulles dans notre cas), T actions liées aux variations uniformes de température,
∆θ action liées au gradient thermique, W le vent « normal » des règles NV65[3], S charge
poussières et Fa forces accidentelles (séisme en faisant les combinaisons de NEWMARK
paragraphe 2.1.3.2).

Les combinaisons de charges fondamentales du modèle se sont basées sur les combinaisons
du Fascicule 62 Titre I[2] (BAEL 91 rev.99) :

 Etats limites ultimes de résistance :


 1,35G+1,5Q+1,2W+S+0,8T
 1,35G+1,5x1,2W+S+0,8T
 1,35G+1,5x1,2W+S+0,8∆θ
 1,35G+1,5S+1,2W

 Etats limites de services:


 G+W
 G+T
 G+S
 G+∆θ

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A partir de cela, tous les cas de charges et combinaisons sont présentés en Tableau 2.14. Les
cases de couleur verte sont les combinaisons implantées dans le modèle.

Numéro Commentaires Combinaisons


101 Poids propres GC
CP GC 102 Passerelle
103 Poussière
110 Sphère (115 ;116)
111 Sphère à vide
112 Sphère en service
CP SPHERE 113 Sphère en épreuve hydraulique
114 Equipement sphère
115 *115 : sphère en service 112+114
116 *116 : sphère en épreuve 113+114
120 *120 : poussée du sable (133 ;134 ;135 ;136)
121 S0.1 & V0.33
Cas Coeff Sable / Sphere = 0.1 et
122 S0.1 & V0.33
Sable / béton = 0.33
123 S0.1 & V0.33
124 S0.1 & V0.1
Cas Coeff Sable / Sphere = 0.1 et
125 S0.1 & V0.1
Sable / béton = 0.1
126 S0.1 & V0.1
127 S0.33 & V0.33
POUSSEE SABLE Cas Coeff Sable / Sphere = 0.33 et
128 S0.33 & V0.33
Sable / béton = 0,33
129 S0.33 & V0.33
130 S0.33 & V0.1
Cas Coeff Sable / Sphere = 0.33 et
131 S0.33 & V0.1
Sable / béton = 0.1
132 S0.33 & V0.1
133 * 133: Cas S0.1 & V0.33 121+122+123
134 * 134: Cas S0.1 & V0.1 124+125+126
135 * 135: Cas S0.33 & V0.33 127+128+129
136 * 136: Cas S0.33 & V0.1 130+131+132
137 Vent accès sur la porte
138 Vent +30 trigo / porte
139 Vent +60 trigo / porte
(137;138;139;141;142;
140 * 140 : Vent
VENT 143;144;145;146;147; 148;149)
141 Vent +90 trigo / porte
142 Vent +120 trigo / porte
143 Vent +150 trigo / porte
144 Vent +180
145 Vent +210
146 Vent +240
147 Vent +270 trigo / porte
148 Vent +300 trigo / porte
149 Vent +330 trigo / porte
150 * 150 : Thermique 156+157
dilatation thermique +10 degres
151 CT
CT = court terme

152 dilatation thermique -10 degres CT


THERMIQUE 153 dilatation thermique +10 degres LT LT = Long terme
154 dilatation thermique -10 degres LT
155 Gradient thermique de 18 degres 151+2x153
156 dilatation positive +30 152+3x154
157 dilatation positive -40

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dilatation de la sphère en service :


DILATATION 161 poussée sur voile périphérique
externe
171 Effort seisme sable et sphere
172 S0.1 & V0.33
173 S0.1 & V0.33
174 S0.1 & V0.33
175 S0.1 & V0.1
176 S0.1 & V0.1
177 S0.1 & V0.1 Sable en séisme
178 S0.33 & V0.33
179 S0.33 & V0.33
180 S0.33 & V0.33
181 S0.33 & V0.1
182 S0.33 & V0.1
183 S0.33 & V0.1
184 * 184: Cas S0.1 & V0.33 171+172+173
185 * 185: Cas S0.1 & V0.1 174+175+176
186 * 186: Cas S0.33 & V0.33 177+178+179
SEISME 187 * 187: Cas S0.33 & V0.1 180+181+182
188 * 188 : poussée du sable (184;185;186;187)
Poids sphère service
189
+équipements sous séisme
190 pp
191 séisme horizontal X
Séisme X enveloppe cas de
192 171
charge
193 Séisme X horizontal 192+(-191;191)
(190* 0.432; -0.432*190)+
194 Séisme vertical Y (188* 0.432; -0.432*188)+
(189* 0.432; -0.432*189)
Séisme horizontal prépondérant
195 193 + 0.3*194
(NEWMARK)
Séisme vertical prépondérant
196 0.3* 193 + 194
(NEWMARK)
197 Séisme (195;196)
(0.97x101;1.03x101)+
301 *G
(0.97x120;1.03x120)+115
302 *W 140
303 *S 103
GRANDEUR 304 *Q
COMBINAISONS 305 *T 150
306 *Gradient 155
307 *Fa 197
(0.97x190;1.03x190)+
308 *G Séisme
(0.97x188;1.03x188)+189
1.35*301+1.5*304+1.2*302+303+
404 * ELU FONDAMENTALE
0.8*305
ELU 405 * ELU FONDAMENTALE 1.35*301+1.8*302+303+0.8*305
406 * ELU FONDAMENTALE 1.35*301+1.8*302+303+0.8*306
407 * ELU FONDAMENTALE 1.35*301+1.2*302+1.5*303
308+1.5x304+307
ELA 408 *accidentelle

409 *ELS FONDAMENTALE 301+302


410 *ELS FONDAMENTALE 301+305
ELS
411 *ELS FONDAMENTALE 301+306
412 *ELS FONDAMENTALE 301+303
Tableau 2.14 – Combinaison de charges

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En lançant les calculs, des enveloppes de charges (Tableau 2.15) nécessaires pour les
vérifications de la portance et la vérification du ferraillage ont été déterminées :

Cas RX kN RY kN RZ kN CX kNm CY kNm CZ kNm


1 4,45 718 10,56 0,86 0 0,47
ELS 2 -13,22 611,88 -8,95 -0,46 -0,14 -0,47
3 -3,41 596,41 -7,57 -1,1 0 -0,39
1 -15,51 828,9 -12,58 -0,43 -0,13 -0,41
ELU 2 8,07 960,1 10,62 0,78 0,05 0,46
3 -5,68 802,9 -12,11 -0,89 -0,89 -0,09
ELU ACC 1 -460,7 148,9 -35,40 -0,53 -0,12 0,48
File A 2 -51,22 2 103,9 7,16 0,15 0,01 6,34
(R=11,1 m) 3 -393,92 -529,07 -5,79 -0,04 0 -0,69
ELU ACC 1 -437,47 251,31 -3,58 -1,32 0 0,54
File B 2 -390,36 -367,54 -4,25 -0,04 0 -0,63
(R=9.25 m) 3 -51,38 1881,97 3,58 0,11 0 5,78
ELU ACC 1 -51,48 1699,88 0,45 0,22 0,01 6,51
File C 2 -431,05 263,86 -4,85 -0,99 0,02 0,65
(R=7,55 m) 3 -388,51 -227,73 -5,85 -0,11 -0,01 -0,33
ELU ACC 1 -51,303 1477,009 0,239 0,413 0 7,229
File D 2 -414,266 271,998 -5,352 -0,785 0 0,647
(R=6,05 m) 3 -385,909 -90,074 -4,826 -0,166 0 -0,457
Tableau 2.15 – Enveloppes des charges en tête de pieu

Le cas n°1 correspond à un effort de compression maximal dans les pieux ; le cas n°2
correspond à un effort tranchant maximal en tête des pieux et le cas n°3 correspond à un
effort normal minimal (traction).
La vérification des pieux en capacité de portance selon les charges maximales en
compression (marquées en rouge) et à la traction selon les charges maximales de traction
(marquées en vert) dans le Tableau 2.15 a été établie à partir de ces enveloppes.

2.1.9. Vérification du système de pieux

2.1.9.1. Vérification de la capacité portante

Les charges verticales maximales admissibles sous sollicitations ELU et ELS ont été déterminées
selon les formulations du Fascicule 62 – Titre V basées sur les résultats pressiométriques (Coupe
de calcul géotechnique Tableau 2.6). Les calculs ont été effectués à l’aide du module
FONDPROF (opérant sous le Fascicule 62 – Titre V[7]) du logiciel FOXTA (de TERRASOL). Des
pieux ne refoulant pas le sol ont été considérés. Les paramètres de sol considérés sont
rappelés par la Tableau 2.16 suivant, avec qS l’effort limite de frottement latéral, kp
coefficient de portance (fonction du type de sol) et Pl* la pression limite nette.

Couche Base (m) qs (kPa) kp Pl* (kPa)


1 -5,00 120 1,2 2000
2 -10,00 20 1,1 400
3 -13,00 120 1,2 3000
Tableau 2.16 – Données préssiométriques

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A partir de ces données, on peut en déduire les charges de compression et de traction


maximales admissibles par le pieu selon le Fascicule 62 – Titre V[7]. En considérant les
enveloppes du Tableau 2.15, on peut conclure de la portance des pieux (Tableau 2.17) en
tenant compte des coefficients réducteurs du Fascicule 62-Titre V[7] rappelés en Annexe 3
(Tableau A3.6) :

Charge de Charge de Charge de


Charge de
compression traction traction
Combinaisons compression
maximale maximale maximale
maximale kN
admissible kN admissible kN kN
ELS Quasi-permanente 1370 718 0 0
ELU fondamentale 2160 960 -1430 0
ELU Accidentel 2520 2104 -1540 -529
Tableau 2.17 – Charges admissibles verticales par les pieux

Les charges verticales maximales reprises par les pieux sont admissibles. Nous allons passer
dorénavant au ferraillage. Pour cela, le comportement transversal du pieu selon les cas de
charges enveloppes est primordial.

2.1.9.2. Comportement transversale des pieux

La vérification des moments et des efforts tranchants sous efforts transversaux, a été établie à
l’aide du module PIECOEF+ du logiciel FOXTA qui permet calculer le comportement
transversal des pieux (déformation, effort tranchant et moment de flexion). En incrémentant
les valeurs des enveloppes de charges (Figure 2.15) dans le logiciel, on peut connaitre avec
précision le comportement en flexion et en traction compression suivant les 3 cas
(paragraphe 2.1.8.3). Les résultats sont présentés en Annexe 7. Ces résultats aident à la
justification du ferraillage des pieux par le diagramme d’interaction Nu-Mu.

2.1.9.3. Vérification du Ferraillage

 Armature longitudinale

Afin de vérifier le ferraillage selon la méthode des états limites, une vérification au
diagramme d’interaction Effort normal-Moment ultime (Nu-Mu) est couramment utilisée. Il a
fallu donc pouvoir tracer ces diagrammes afin de situer selon le comportement transversal
des pieux, que le ferraillage minimum soit suffisant. On a besoin pour cela, des contraintes
maximales du béton σb et de l’acier d’armature σs.

On dispose d’un béton de 25 MPa de résistance. La fissuration est préjudiciable. On dispose


d’un enrobage de 7cm. La résistance conventionnelle du béton est :

( )

Avec :

 2

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 2 coefficient déterminé à partir du Fascicule 62 Titre I[2] (BAEL91


rev.99).
 Le coefficient d’équivalence Acier-Béton ; n=Ea/Eb=15.

D’où : 98

D’où la résistance à la traction :

On dispose d’armatures HA de classe de résistance Fe 400. On obtient finalement les


contraintes suivantes :

 Etats limites de service :


9
√ 8

 Etats limites ultimes:


8
2

3 8

 Etats limites ultimes accidentels:


2

En respectant les dispositifs du Fascicule 62 Titre V[7], « le ferraillage minimale d´armatures


longitudinales est au moins égale à la fraction suivante de la section Ab du béton : 0,005
lorsque la largeur ou le diamètre B de l´élément est inférieur à 1 m ».

D’où :
3

Ce qui correspond à un dispositif de 8 HA16, soit 16,1 cm².

A l’aide d’un tableur EXCEL (incrémenté selon le Fascicule 62 Titre I[2] (BAEL91 rev.99), les
enveloppes des sollicitations de compression N et de moment M suivant le cas considéré (réf.
Annexe 7) ont été tracées afin de s’assurant de leur inscription dans le diagramme
d’interaction Nu-Mu. Les résultats sont en Annexe 8 et se présente sous la forme suivante
(Figure 2.16) :

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Figure 2.16 – Vérification au diagramme d’interaction Nu/Mu à l’ELU cas n°1

On remarque que le ferraillage minimum des pieux suffit pour reprendre les efforts aux Etats
limites de service et aux Etats limites ultimes (Annexe 8) en combinaison fondamentale (le
point bleue représentant le cas de charge Nmax et Mmax se trouve bien dans le diagramme
d’interaction). Cependant, pour les Etats limites ultimes accidentels, le ferraillage minimum
n’est plus suffisant (Annexe 8). Un renforcement a donc été envisagé.

Il a été donc admis un ferraillage théorique longitudinal global :

8 HA16 sur tout le long du pieu (13 m), soit une section d’acier 16,09 cm²
Renfort sur les 4 premiers mètres de la tête de pieu : 8 HA 16

 Armature transversale

Le cisaillement doit être dorénavant vérifié. L’effort tranchant maximal dimensionnant sur
chaque file de pieux est suivant l’Annexe 7 :

39

La contrainte correspondante selon le Fascicule 62 Titre I[2] (BAEL 91 rév. 99) avec le
diamètre du pieu :

39
8
9

La contrainte limite à l’ELU accidentel est :

2 2 9 2 9

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On vérifie bien que : 𝝉𝑼 𝝉𝒍𝒊𝒎

La section des cerces (comptée une fois) nécessaires en tête est, avec un coefficient de
sécurité :

8
2 9 2 9

En zone critique (de longueur l = 2,5* = 1,5m), la section minimale des cerces est avec une
longueur des cerces lt=1,4m selon le Fascicule 62 Titre I[2] (BAEL 91 rév. 99):

8 8 283 22

Soit :

D’où, une disposition de HA14 tous les 7 cm sur deux mètres, soit 21,98 cm²/m.

Et en zone courante (le reste du pieu) la section minimale est :

283 9

Soit :

On disposera de HA14 espacé de 10 cm soit 15,39cm²/m.

Le ferraillage final vous est présenté en annexe 9. Les pieux étant vérifiés, la vérification du
radier constitue la prochaine étape de la procédure d’étude.

2.1.10. Vérification radier

2.1.10.1. Rappel des hypothèses

Le radier est annulaire d’une hauteur de 1 m. La fissuration est préjudiciable. L’enrobage des
armatures est fixé à 7 cm. Le béton utilisé est un C35/45 :

3 3 2

On dispose d’armatures HA de classe de résistance Fe 400. On obtient finalement les


contraintes suivantes :

 Etats limites de service :

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2
√ 228

 Etats limites ultimes:


8
9

3 8

 Etats limites ultimes accidentels:


2 9

On considère deux parties du radier (A et B), celle comprise entre les deux voiles et celle
entre le voile intérieur et la première file de pieux.

2.1.10.2. Première partie

On a considéré la section A du radier située sous le prolongement de la face extérieure du


voile intérieur et sous le prolongement de la face intérieure de la jupe extérieure. Cette
section est sollicitée par un moment linéique uniforme, et que les efforts en tête d’un pieu se
répartissent sur une largeur égale à l’entraxe des pieux (1,3 m).

Figure 2.17 – Demi-coupe du radier avec pieux


section A

Il a été considéré que cette partie du radier est encastrée entre les deux voiles. Les efforts
appliqués par un pieu de la file B sur la section A :

 une réaction Ry engendrant un moment


 un effort tranchant T excentré de 0,5 m (appliqué en face inférieur du radier) qui
engendre un moment qui s’ajoute à

Il existe deux cas de figure : lorsque les pieux sont en compression c’est la nappe inférieure
au droit de la section A qui est sollicitée et lorsque les pieux sont en traction c’est la nappe
supérieure au droit de la section A qui est sollicitée.

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 Armature minimale

Les armatures minimales en flexion représentent 0,35% de la section géométrique pour


chaque face et dans chaque direction, soit 35cm²/ml. On dispose de HA25 espacées de 14
cm pour les armatures transversales à condition de ne pas dépasser lors de la vérification au
moment de flexion le ferraillage minimal.

 Armature transversale

 Pieux en compression (réf. Tableau 2.15)

A l’ELS, on a:
3 8 8 √ 33
28
2 8 2

La section d’armature est :


28
2
9 9 93 2 3

A l’ELU fondamental, on a:
3 8 9 √8 2
3 2
2 8 2

La section d’armature est :


3 2
28 99
9 9 93 3

A l’ELU accidentel, on a :
3 8 882 √3 3
2 8 2

La section d’armature est :


22
9 9 93

Les armatures de la nappe inférieure ont été maintenues au ferraillage minimal de 35cm²/ml.

 Pieux en traction (réf. Tableau 2.15)

A l’ELS, on a :
3 8 3 √9 32
2 8 2

A l’ELU fondamental, on a:
3 8 √ 3
2 8 2

A l’ELS, on a :
3 8 3 √ 3
2
2 8 2

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La section d’armature est :


2
9 9 93

Les armatures de la nappe inférieure ont été donc aussi maintenues au ferraillage minimal de
35cm²/ml.

2.1.10.3. Deuxième partie

On considère la section B du radier située sous le prolongement de la face intérieure du voile


intérieur. Les pieux de la file D se trouvent à une distance de 1,2m de cette section. L’entraxe
des pieux de cette file est de 1,27m. On peut donc considérer que la section B (Figure 2.18)
est sollicitée par un moment linéique uniforme, et que les efforts en tête d’un pieu se
répartissent sur une largeur égale à l’entraxe des pieux.

Figure 2.18 – Demi-coupe du radier avec pieux


section B

Il a été considéré que cette partie du radier est encastrée-libre entre les deux voiles. Les
efforts appliqués par un pieu de la file D sur la section B :

 une réaction Ry engendrant un moment 2


 un effort tranchant T excentré de 0,5 m (appliqué en face inférieur du radier) qui
engendre un moment qui s’ajoute à Nous avons négligé la
compression/traction apportée par cette effort.

Il existe deux cas de figure : lorsque les pieux sont en compression c’est la nappe inférieure
au droit de la section B qui est sollicitée et lorsque les pieux sont en traction c’est la nappe
supérieure au droit de la section B qui est sollicitée.

 Armature transversale

 Pieux en compression (réf. Tableau 2.15)

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A l’ELS, on a:
3 8 8
√ 33 28
8

La section d’armature est :


28
2
9 9 93 2 3

A l’ELU fondamental, on a:
3 8 9
√8 2 3
8

La section d’armature est :


3 2
28 99
9 9 93 3

A l’ELU accidentel, on a:
2 √3 3 8 3
2

La section d’armature est :

8 3
2
9 9 93

Le ferraillage minimum de 35 cm²/m n’est plus suffisant. On disposera d’armatures HA32 tous
les 14 cm, soit 57,44 cm²/m.

 Pieux en compression (réf. Tableau 2.15)

Vu les faibles valeurs de traction (Tableau 2.15), le ferraillage minimum pour les armatures de
la nappe inférieure a été pris égal au ferraillage minimal de 35cm²/ml.

Les ferraillages minimum pour le système de fondations radier annulaire sur 150 pieux a été
donc vérifiés. Vous trouverez des coupes de ferraillage et des photographies du site de
TUNISIE en élaboration du ferraillage fondation en Annexe 9.

A partir des enveloppes de charges (Tableau 2.15) fournis par le modèle sur PYTHAGORE
partie 2.1.8, le sous-traitant a fourni les résultats de calculs, effectués sur ARMATEC, pour le
ferraillage du voile extérieur et du voile intérieur.

2.1.11. Ferraillage des voiles

2.1.11.1. Rappel des hypothèses

Les voiles extérieur et intérieur font respectivement 35 cm et 60 cm d’épaisseur pour 22 m et 5


m de hauteur (Figure 2.1). La fissuration est préjudiciable. L’enrobage des armatures est fixé à
5 cm. Le béton utilisé est un C35/45 :

3 3 2

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On dispose d’armatures HA de classe de résistance Fe 400. On obtient finalement les


contraintes suivantes :

 Etats limites de service :


2
√ 228

 Etats limites ultimes:


8
9

3 8

 Etats limites ultimes accidentels:


2 9

En incrémentant les enveloppes des charges déterminées sur PYTHAGORE (Tableau 2.15)
dans le logiciel ARMATEC (fonctionnant sous Fascicule 62 Titre I (BAEL 91 rév.99), on peut
déterminer les nappes de ferraillage à façonner pour les voiles.

2.1.11.2. Résultats

La nappe inférieure de ferraillage est la nappe se trouvant à l’intérieur du cylindre. La


direction xx des armatures correspond aux cerces et yy aux armatures verticales. La zone non
colorée correspondront à une section de ferraillage inférieure à la section minimale
introduite le programme (11cm²/ml). Nous avons présenté en annexe 10 les résultats de
l’enveloppe de ferraillage (déterminé par le cas ELU accidentel). Les résultats se présentent
sous la forme de la figure 2.19 suivante. Les deux voiles y sont représentés représentation du
haut de la figure 2.19 étant le voile intérieur).

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Figure 2.19 – Représentation de la nappe inférieure d’acier cerces sur ARMATEC

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2.2. Conclusion

L’étude génie civil d’un projet de stockage GPL requiert une méthodologie bien distincte et
un raisonnement à renouveler continuellement selon la localisation du site et surtout les
conditions géotechniques. Etant donné le caractère répétitif des projets de stockage GPL
chez ENTREPOSE, une procédure regroupant les paramètres, les hypothèses et les méthodes,
se bâtit à l’aide de retour d’expérience, aussi bien technique que contractuel. La procédure
d’études établie a mis en évidence les étapes de conception suivantes :

 Définition des charges et hypothèse d’études ;


 Modélisation du séisme (Spectre de réponse);
 Analyse de la campagne géotechnique et proposition d’un système de fondation ;
 Analyse de la liquéfaction ;
 Modélisation de l’effet du remblai de sable ;
 Analyse du tassement ;
 Modèle de calcul structure.

Les points critiques de la conception de ce type d’ouvrage se situent dans l’analyse


géotechnique du site. En effet, cette analyse conditionne et encourage le choix du système
de fondation. Nous avons pu voir que la première approche de considération de pieux
profond de 38 m a été écartée du fait d’une répartition aléatoire de poches de gypse
compressible dans la couche d’argile très ferme, d’où l’importance des tests in-situ de
grande profondeur et des tests d’identification laboratoire. De plus, en considérant un aléa
sismique, la campagne géotechnique permet de repérer les couches à risque de
liquéfaction dont l’analyse dépendra bien évidemment de la norme utilisée.

L’arrêté 24 Décembre 2007 a apporté plusieurs contraintes pour la conception d’un site de
stockage d’appareils sous pression aériens aussi bien techniquement que financièrement. En
effet, les sphères de stockage aériennes sont couramment construites sans protection
particulière (sarcophage par exemple) et les efforts étaient transmis aux fondations par le
biais de poteaux métalliques (Figure 1.6). Le fait d’ajouter une couche de sable contraint à
mettre en place un sarcophage béton armé pour pouvoir d’une part accéder au point haut
de la sphère et d’autre part pour contenir cette grosse quantité de matériaux de
recouvrement (sphère ensevelie). Ce sable est cependant très contraignant dans la
conception de l’ouvrage car il apporte non seulement une descente de charge importante
(Tableau 2.2) mais aussi une poussée sur les parois de la sphère (Paragraphe 2.1.6).

Je vais dorénavant vous présenter le deuxième cas d’étude sur lequel j’ai contribué lors de
mon projet de fin d’études : Projet de stockage Pétrole IRAK.

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3. Projet de Stockage Pétrole

3.1. Base d’étude

3.1.1. Introduction

Le projet EPCC de stockage Pétrole IRAK consiste en l’extension d’un site existant par 3
réservoirs métallique à toit flottant (reposant sur le liquide afin d’éviter les pertes dues à sa
volatilité) du de 91,7 m de diamètre pour environs 10 m de hauteur (Voir Figure 1.8). Cette
géométrie est particulière car la hauteur commune des réservoirs de stockage liquide peut
atteindre en général 20 m. Nous verrons les conséquences de cette géométrie sur la stabilité
mécanique du réservoir. ENTREPOSE doit assurer la conception et l’approvisionnement de
ces réservoirs. Le client a indiqué dans son cahier des charges de se référer à l’existant, c’est-
à-dire de concevoir en se basant sur les réservoirs construits en exploitation. Les études génie
civil comprendront la conception des fondations, d’un bassin de rétention en cas de fuite,
rectangulaire délimité par un merlon, des routes d’accès, des passerelles en charpente
métallique et du système d’assainissement. Ces études ont démarré concrètement en fin
Janvier 2012.

Au stade d’avancement actuel, nous sommes dans la finalisation des études de fondations
des réservoirs. Je vais donc vous présenter vous présenter les hypothèses de calculs, les
conditions géotechniques et la méthodologie du dimensionnement des fondations.

3.1.2. Hypothèses et Vérification

3.1.2.1. Codes et standards utilisé

Pour le génie civil, les codes suivant ont été soumis par le client pour la conception :

International Society of Building officials[10]


 Uniform Building Code UBC, 1997 ed.
American Institute of Steel Construction (AISC)[11]
 AISC 360-05 Specifications for structural steel buildings
 AISC 341-05 Seismic provision for structural steel buildings
American Petroleum Institute (API)[12]
 API 650 Welded Steel Tanks For ail Storage
American Concrete Institute (ACI)[14]
 ACI 318-08 Building Code Requirement For Structural Concrete
 ACI 3512R-94 Foundation for Static Equipment’s

3.1.2.2. Charges permanentes et exploitations

Le poids propre du réservoir prend en compte la charpente métallique et les équipements


annexes sur le réservoir (toit flottant, passerelles…).

Le centre de gravité de la masse totale du réservoir à vide se situe au centre à une hauteur :

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La descente de charges permanentes, comprenant la charpente et les équipements vaut:

3 3

On reporte cette descente de charges linéairement en périphérie (descente de charge sur


fondation Figure 3.1) :
𝐺𝑝𝑜𝑖𝑑𝑠 𝑝𝑟𝑜𝑝𝑟𝑒 3 8 𝑘𝑁 𝑚

Figure 3.1 – Demi-coupe du tank

La charge d’exploitation se constitue du produit stocké (pétrole brute) ayant une masse
volumique de 0,914 kg/L :

𝑄𝑙𝑖𝑞𝑢𝑖𝑑 83 8 𝑘𝑃𝑎

On a comme le Projet GPL, un test à l’épreuve hydraulique représentant dans ce cas une
charge supérieure due à la masse volumique supérieure de l’eau :

𝑄é𝑝𝑟𝑒𝑢𝑣𝑒 9 9 𝑘𝑃𝑎

3.1.2.3. Vérification de l’effet du vent

D’après l’UBC 1997[10] Chapter 16 div. III, la vitesse de base à prendre en compte :

Le facteur d’importance de la charge due au vent vaut :

Le coefficient de pression Cq est pour une catégorie d’occupation 3:

La pression constante du vent à la hauteur de référence de 10 m est :

Le coefficient d’exposition Ce est :

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On peut alors déterminer la pression du vent selon la réglementation UBC 1997[10] par
l’équation suivante :

882

En projection horizontale (S=918,3 m²), on a alors une force horizontale due au vent :

𝐹𝑤 8 9 9 𝑘𝑁

Nous allons effectuer deux vérifications de la stabilité du réservoir.

 Vérification basculement du réservoir

En nous aidant de l’API 650[12], nous allons vérifier les deux critères de basculement :

2
3

2
Avec :
 Moment de basculement dû au vent ;
 Moment de basculement dû à la pression interne, ici nulle ;
 Moment résistant dû au poids propre structure ;
 Moment résistant dû au produit stocké.

Le moment résistant dû au poids propre est : 3 3 2

Le moment résistant dû au produit stocké est : 3

Le moment de basculement dû au vent est : 8 99

D’où : 2
𝑀𝑤 𝑀𝑝𝑖 2 3 𝑀𝑁 𝑚 𝑀 𝑀𝑁 𝑚 𝑆𝑡𝑎𝑏𝑙𝑒
3 𝐷𝐿

𝑀𝐷𝐿 𝑀𝐹
𝑀𝑤 𝑀𝑝𝑖 𝑀𝑁 𝑚 2 𝑀𝑁 𝑚 𝑆𝑡𝑎𝑏𝑙𝑒
2

Ces valeurs justifient bien la géométrie « galette » des réservoirs (91,7 m de diamètre pour 10
m de hauteur) qui stabilise par leur poids le réservoir.

 Vérification glissement du réservoir

Toujours selon l’API 650[12], le glissement lié au vent se vérifie en considérant le poids total P:

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L’API 650[12] indique que la condition de non-glissement du réservoir se vérifie par le critère
suivant :

D’où :
𝐹𝑤 8 𝑘𝑁 𝑊 𝑘𝑁 𝑁𝑜𝑛 𝑔𝑙𝑖𝑠𝑠𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡

3.1.2.4. Séisme

D’après l’UBC 1997[10], le site se trouve en Zone de sismicité 1 ce qui correspond à un facteur
sismique Z=0,075g (Table 16 UBC 1997[10]). Le facteur d’importance sismique I vaut 1 et le sol
est de classe Se selon UBC 1997[10]. Le spectre élastique nous a été fourni par le client (Figure
3.2) :

Figure 3.2 – Spectre de réponse élastique UBC 1997[10]

L’accélération horizontale maximale considérée est de 0,48g, soit 4,71 m/s².

3.1.2.5. Théorie mécanique d’un réservoir en mouvement

Lorsqu'un réservoir couvert est entièrement plein, il n'y a pas de mouvement relatif du fluide
par rapport au réservoir à la suite d'une excitation sismique en base. Du point de vue
dynamique, tout se passe comme si l'ensemble fluide réservoir constituait une masse unique.
Lorsque la surface du fluide est libre, la mise en mouvement du réservoir entraîne des
oscillations, avec des implications diverses : distribution de pressions dynamiques
dissymétriques, formations de vagues, moment de flexion et cisaillement en base (Figure 3.3).
Il faut donc étudier la conséquence du séisme sur le comportement du produit stocké
(basculement mais aussi glissement).

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Figure 3.3 – Mouvement du produit stocké engendré le voilement en forme de la


base appelé « elephant foot »

Cette analyse a été longuement développée par des modèles mécaniques. Nous
attacherons, dans le cadre de cette procédure, à ne présenter que les éléments de résultats
nécessaires à un ingénieur responsable du calcul des structures pour des situations de
conception spécifiques.

Un des modèles mécaniques courant est de considérer le fluide comme deux termes
physiquement perceptibles. Le premier terme du modèle mécanique équivalent correspond
à la partie du fluide mise en mouvement d'oscillation, appelée masse oscillante ou
convective (sloshing or convective mass). Cette oscillation de fluide est, comme 1es
vibrations de solides, caractérisée par des fréquences propres liées à la géométrie du
réservoir et par un amortissement. On limite généralement la prise en compte des modes
d'oscillation du fluide au 1er mode. L'amortissement du fluide est beaucoup plus faible que
l'amortissement des structures, pour le 1er mode fluide de l’eau (ou essence, gasoil), ξ =0,5 %
de l'amortissement critique. Cette valeur très faible de l'amortissement doit être considérée
lorsqu'on effectue les calculs de l'équivalent mécanique au départ d'un spectre de réponse.
On sait que dans l’UBC 1997[10] le spectre de réponse élastique en accélération de
référence pour les problèmes sismiques correspond à ξ = 5 % de l'amortissement critique
(Figure 3.2). Le spectre de réponse correspondant à l'oscillation d'un liquide est obtenu en
multipliant la courbe de réponse Figure 3.2 par η=1,35, coefficient de correction de
l’amortissement.

Le deuxième terme du modèle mécanique équivalent correspond à la partie inférieure du


fluide, dont on peut considérer qu'elle n'a pas de déplacement relatif par rapport au
réservoir : c'est la masse impulsive rigide (Figure 3.4).

Figure 3.4 – Représentation masse convective et impulsive

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Les oscillations de la surface d'un fluide ont lieu à des fréquences très basses par
comparaison aux fréquences de la structure de sorte que le terme d’oscillation peut être
étudié avec une bonne précision en considérant le réservoir comme rigide : on considère
donc le découplage des modes structure et fluides.

On peut définir un spectre de réponse en accélération de calcul qui correspond à un


amortissement égal à 0,5 % de l'amortissement critique pour la période d'oscillation de l'eau
et à 5 % pour les modes correspondant à la structure elle-même. Ceci est réalisé en
effectuant d'abord un calcul des fréquences propres, puis en définissant ensuite une borne Tx
des périodes des modes structure. On détermine le spectre de calcul en donnant à q la
valeur adéquate pour ces modes structures et q=l pour les modes fluides convectifs.

Figure 3.5 – Spectre de réponse structure-fluide

On détermine la période convective par la relation suivante, API 650[12] :

√ é 3 28

Le coefficient KS se détermine par le graphe (API 650[12]) suivant :

Figure 3.6 – Graphe du coefficient Ks en fonction de D/H

D’où :
9 √9 3 28

On détermine ensuite par cela, les coefficients d’accélérations impulsive et convective


(§E.4.6.1 de l’API 650[12]) :

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On détermine le poids effectif impulsive et convectif du produit par le graphe (§E.6.1 de l’API
650[12]) :
9
( 8 ) ( 8 )
9
é 8 9 9 98
9
8 8
9
3
23 é

Ces poids sont appliqués aux centres convectif X1 et


impulsif X2, graphe (§E.6.1 de l’API 650[12]) suivant :

3
2 3

D’où l’effort tranchant sismique :


Figure 3.7 – Détermination des centres
convectif et impulsif

𝑊𝑖 𝑃 𝑊𝑐
𝐸 𝐴𝑖 𝐴𝑐 3 3 𝑀𝑁
𝑔 𝑔

3.1.2.6. Récapitulatif des charges

On obtient suivant le cas de charge le tableau 3.1 des charges suivant :

Cas de charge F (kN/m) P (kN/m²)


Test Hydraulique (ELS) 13,07 92,3
Service (ELS) 13,07 84,4
Service+Vent (ELU) 13,73 84,4
Service+Séisme (ELU Acc) 20,97 89,6

Tableau 3.1 – Récapitulatif des charges ancrages et réparties

Dans les cas de charges vent et séisme, on a une contribution des charges E et Fw qui se
reporte sur l’ancrage linéaire en circonférence F et sur la charge surfacique du produit P
(pour le séisme seulement). Cependant, ces charges seront aussi appliquées au centre de
gravité d’une hauteur de 5 m en tant qu’efforts horizontal en base du tank pour le
dimensionnement des fondations.

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Les combinaisons de charges appliquées sont celles de l’UBC 1997[10] Article 1612.3.2 :

 G+Q+Fw ;
 G+Q+E.

Nous allons dorénavant nous intéresser aux conditions géotechniques du site.

3.1.3. Géotechnique

Le site existant présente des réservoirs qui reposent sur des fondations superficielles type
« ringwall » (couronne) en graviers concassé « crushed stone » (Figure 3.1). Cette solution est
couramment utilisée dans le cas de réservoir du fait de son avantage économique, à
condition que le sol en place présente des caractéristiques mécaniques suffisamment
importantes. C’est pour cela qu’une campagne
géotechnique est nécessaire pour le choix de conception Ø 91,7 m
des fondations.

La campagne géotechnique de base (Figure 3.8)


comprend 7 tests Pénétromètre dynamique (SPT) avec
enregistrement tous les 1,5 de 40 m, 4 carottages pour
récupération d’échantillons (BH) de 40 m, un forage pour
pouvoir effectuer un test cross-hole sur 5 m avec le forage
BH1, deux tests à la plaques pour avoir des informations sur
la couche de surface, un test piézométrique, des tests
laboratoires pour identifier les caractéristiques mécaniques
des échantillons et enfin des tests de résistivité (AB1) pour
chacun des trois réservoirs. Figure 3.8 – Localisation des tests in situ sur
un réservoir

3.1.3.1. Résultats SPT

On collecte tout d’abord les résultats des tests SPT. Ces résultats sont sous forme de nombre
de coups N à fournir pour un enfoncement ∆h, ici 2,5 m (Figure 3.9) :

Figure 3.9 – Résultats tests SPT

HALAIBI
HALAIBISid Ahmed Génie civil 5ème Année 58
Procédure d’études génie civil Juin 2012
de projets de stockage d’hydrocarbures

On remarque une véritable augmentation de la résistance au fur et à mesure que la


profondeur augmente. Comme vous pouvez le remarquer sur la Figure 3.9, la majorité des
tests 100 coups pour atteindre 30 cm de profondeur. Le milieu a été subdivisé en plusieurs
couches représentatives suivant le nombre de coups fournis (Moyenne en rouge Figure 3.9)
pour un total de 5 couches jusqu'à 40 m de profondeur.

Un test à la plaque (selon ASTM D1194[15]) nous a fourni un module d’élasticité et un module
de réaction du sol moyen à 1 m :

𝐸𝑠 𝑀𝑃𝑎
𝐾𝑠 2 𝑘𝑃𝑎 𝑚

Les tests piézométriques ont déterminé la profondeur de la nappe qui est de 14,7 m en
moyenne en Mars 2012.

3.1.3.2. Résultats Tests laboratoire

Un total de 56 échantillons non-remaniés a été collecté. On dispose majoritairement d’un sol


composé de sable (40 à 90%), de graviers (10 à 50%). La proportion de silts et argiles est
généralement faible (0 à 20%) (Figure 3.10).

Figure 3.10 – Résultats de l’identification de la nature du sol

Des essais à la boite de cisaillement ont été menés pour déterminer l’angle de frottement
interne et la cohésion. On obtient en moyenne les valeurs suivantes :

HALAIBI
HALAIBISid Ahmed Génie civil 5ème Année 59
Procédure d’études génie civil Juin 2012
de projets de stockage d’hydrocarbures

𝑐 𝑘𝑃𝑎
𝜙 3 ° 𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒 𝑒𝑡 𝑚
𝜙 38° 𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒 𝑒𝑡 𝑚
𝜙 ° 𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒 𝑒𝑡 𝑚

3.1.3.3. Coupe de calcul finale

Le rapport géotechnique préconise une fondation superficielle type « ringwall » (couronne)


en graviers concassés ce qui est un système de fondation très couramment utilisé pour les
réservoirs de faible pression interne (c’est aussi le système de fondation de réservoirs existant).
Pour les calculs de fondations, on considérera finalement les paramètres géotechniques du
tableau 3.2 suivant :

Profondeur Coefficient Poids γh


N (SPT) (°) c (kPa) Es (MPa)
(m) Poisson (kN/m3)
0,0 à 2,5 30 55
34
2,5 à 5 35 60
5,0 à 7,5 60 105
38
7,5 à 10,0 85 0 145 0,33 20
10,0 à 14,0 90 155
14,0 à 25,0 90 40 155
25,0 à 40,0 100 170
Tableau 3.2 – Coupe de calcul Projet

3.2. Dimensionnement de la fondation

3.2.1. Géométrie d’étude

Nous allons considérer la solution de fondation « ring wall » en graviers concassés comme
suivant (Figure 3.10 et Figure 3.11 page suivante). Les vérifications devront justifier et conforter
la géométrie de la solution de fondation présentée en Figure 3.12.

Comme vous pouvez l’observer sur la Figure 3.12, une substitution de 1 m suivie d’un
compactage a été suggérée selon conseil de notre sous-traitant géotechnicien du fait de
l’hétérogénéité des valeurs des modules de réaction du sol données par les essais à la
plaque de la campagne sur le 1er mètre de profondeur. Un essai à la plaque (ASTM
D1194[15]) sera effectué à fois la substitution réalisée pour valider un module de réaction du
sol de Ks=200 MPa/m.

HALAIBI
HALAIBISid Ahmed Génie civil 5ème Année 60
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de projets de stockage d’hydrocarbures

Figure 3.11 – Schéma du réservoir

Figure 3.12 – Géométrie de la fondation d’étude

Conformément à la figure 3.12, la composition de chaque élément de la fondation se traduit


par le tableau 3.3 suivant :

Coefficient
Eléments Classification (°) c (kPa) Es (MPa)
Poisson
Ring Wall (Couronne) A/B 40 1 120 0,3
Stable Material B 38 0 120 0,3
Clean sand (sable) - 38 0 120 0,3
Substitution material B/C 34 0 55 0,3
Tableau 3.3 – Propriétés des matériaux de la fondation

La classification des matériaux suit l’accréditation de l’American Association of State


Highway and Transportation Officials (AASHTO[16]).

Des vérifications valideront la solution de fondations selon 3 critères globaux :

 Critère de tassement selon l’API 650[12] ;


 Capacité de portance ;
 Stabilité de la fondation à la rupture et au glissement.

3.2.2. Critère de tassement

Les réservoirs de stockage de fine épaisseur de tôle sont sensibles au phénomène de


voilement dû au tassement de la structure. Le critère de tassement d’un réservoir de
stockage pétrole, régi par l’API 650[12] préconise les valeurs de tassement admissibles
suivantes :

HALAIBI
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A court terme :

 Tassement maximal admissible au centre du réservoir : 50 mm ;


 Tassement différentiel maximal admissible entre 2 points distants de 10 m sur une
circonférence : 13 mm.

A long terme :

 Tassement maximal admissible au centre du réservoir : 100 mm ;


 Tassement différentiel maximal admissible sur entre 2 points distants de 10 m sur
une circonférence : 26 mm.

Ces valeurs de tassement prennent en compte les installations de tuyauterie et leur


raccordement au réservoir. Compte tenu de la composition du sol (partie 3.1.3.2), la
vérification du tassement à long terme peut être affranchie du fait que l’assise soit
principalement composée de sable et graviers. Du fait que le tassement de ces couches soit
instantané (pas de fluage), seul la vérification à court terme du tassement a été élaborée.
De plus, on n’observe pas de changement majeur de caractéristiques géotechniques dans
le plan horizontal de l’assise ce qui permet de ne pas considérer de tassement différentiel sur
10 m de circonférence.

La vérification du critère de tassement s’est donc orienté autour de la considération à court


terme de ce dernier soit un tassement maximal admissible au centre du tank de 50 mm.

Le critère de tassement a été vérifié à l’aide d’un modèle axisymétrique de calcul aux
éléments finis (PLAXIS de TERRASOL en Figure 3.13). Afin d’écarter toutes incohérences dues
aux effets de bord, le modèle a été étendu sur un plan de 250 m de longueur pour 200 m de
profondeur.

La vérification du tassement s’opère lors de la phase à l’hydrotest (Test hydraulique). Les


charges à l’hydrotest combiné à la charge de vent (réf. Tableau 3.1) ont été appliquées :

 Charge du fluide contenu (ici l’eau) :

 Charge linéaire en circonférence du


réservoir :

Figure 3.13 – Modèle PLAXIS V9 fondation

HALAIBI
HALAIBISid Ahmed Génie civil 5ème Année 62
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de projets de stockage d’hydrocarbures

On obtient les résultats de tassement suivant (Figure 3.14). Le tassement maximal à court
terme vaut :

𝑆𝑡𝑜𝑡 3 𝑚𝑚 𝑚𝑚 𝐴𝑃𝐼 2

Figure 3.14 – Représentation graphique des tassements

3.2.3. Capacité portante

La capacité portante admissible de la fondation se détermine à partir de la relation de


MEYERHOF (1965) qui permet d’évaluer la capacité portante à partir des résultats SPT (partie
3.1.3.1) :
3
33
8

Avec :
- B : la longueur de la fondation ici B=91,7 m (diamètre du réservoir) ;
- D : Profondeur de la fondation ici D=0,0 m ;
- N : Nombre de coups au test SPT ici N=30 (réf. Tableau 3.2)

On obtient : 𝑞𝑡𝑜𝑡 3 𝑀𝑃𝑎

 Etat limite de service :

En référence au Tableau 3.1, aux ELS, la charge P à l’hydrotest a été considérée, soit 92,9
kPa. Cette valeur est bien inférieure à la capacité portante admissible .

 Etat limite ultime:

En référence au Tableau 3.1, aux ELU, la charge P en service a été considérée, soit 85 kPa.
Cette valeur est bien inférieure à la capacité portante admissible . La charge de vent, 810
kN, est très faible comparée à la descente de charge P.

HALAIBI
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de projets de stockage d’hydrocarbures

 Etat limite ultime:

En référence au Tableau 3.1, aux ELU ACC, la charge P en service+séisme a été considérée,
soit 90,5 kPa. Cette valeur est bien inférieure à la capacité portante admissible .

3.2.4. Stabilité au cercle de rupture du « ring wall »

Etant donnée la concentration des charges en périphérie de la fondation (donc en base du


« ring wall »), la stabilité de la fondation vis-à-vis de la rupture mécanique doit etre vérifié aux
Etats limites ultimes fondamentales et accidentels. Cette vérification s’opère sur le modèle
aux éléments finis de PLAXIS v9 (présenté en Figure 3.13).

Pour assurer une stabilité des pentes, l’UBC 1997[10] prodigue de respecter un coefficient de
sécurité suivant :

Nous nous intéresserons dans cette partie aux charges appliquées à la périphérie du réservoir
(descente de charge sur la base de la fondation). Les charges seront appliquées comme
suivant (Figure 3.15):

0,9 m
Charge surfacique Q
appliqué sur une largeur
d’influence de 14 cm

Figure 3.15 – Schéma de la fondation ring wall

La charge Q a été appliquée sur une largeur de transfert de 14 cm sur la base de la


fondation. En considérant les Etats limites ultimes fondamentales et accidentels, nous
obtenons respectivement (réf. Tableau 3.1) :

3 3
98

2 9
é

HALAIBI
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Figure 3.16 – Représentation sur PLAXIS v9 du comportement des pentes du


« ring wall »

En appliquant ces cas de charges sur PLAXIS, nous obtenons le comportement à la stabilité
local (stabilité des pentes). PLAXIS donne directement les coefficients de sécurité vis-à-vis de
la stabilité des pentes de la fondation :

𝑅𝐸𝐿𝑈 23
𝑈𝐵𝐶 99
𝑅𝐸𝐿𝑈 𝐴𝐶𝐶 8

La stabilité locale est donc vérifiée.

3.2.5. Stabilité au glissement

La vérification de la stabilité au glissement de la fondation s’effectuera aux ELS et aux ELU


accidentel. Nous nous attacherons à vérifier que le coefficient de sécurité dans les deux cas
n’excède pas 1,2 (ELS) et 1,1 (ELU ACC) selon API 650[12].

 Etats limites de service

Nous allons nous placer dans le cas le plus défavorable de l’état limite de service : le réservoir
à vide (le poids du produit contribuant à la stabilité au glissement dans ce cas) soumis à la
charge vent. Le réservoir admet une charge surfacique au centre de 0,59 kN/m² et à la
périphérie une charge d’ancrage sur le ring wall de F=3,77 MN ce qui donne sur une surface
totale de fondation de 6604 m² une charge :

HALAIBI
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Nous obtenons alors un cisaillement avec au contact de la tôle d’acier du sable avec un
coefficient de réduction de friction de 0,5 (API 650[12]) (réf. Tableau 3.3):

38

La charge de vent vaut 810 kN ce qui donne une contrainte de cisaillement en base du
réservoir de s=0,13 kPa. D’où :

𝑇𝐸𝐿𝑆 5
3 2 𝐴𝑃𝐼 2 =====> Stable
𝑠

 Etat limite ultime accidentel

Nous nous sommes placé en état limite ultime accidentel : le réservoir rempli soumis à la
charge de séisme ce qui nous donne d’après le Tableau 3.1 :

89

Nous obtenons alors un cisaillement avec au contact de la tôle d’acier du sable avec un
coefficient de réduction de friction 0,5 (API 650[12]) (réf. Tableau 3.3):

89 38 3

La charge de séisme vaut 14 MN ce qui donne une contrainte de cisaillement en base du


réservoir avec une surface de 6604 m² de s=2,12 kPa. D’où :

𝑇𝐸𝐿𝑈𝐴𝐶𝐶 5
𝑠
𝐴𝑃𝐼 2 =====> Stable

La vérification au glissement de la fondation est alors justifiée.

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de projets de stockage d’hydrocarbures

3.3. Conclusion

Dans la partie 3, nous avons vu la méthodologie d’étude Génie Civil de la conception des
fondations d’un réservoir de stockage pétrole. La fondation superficielle de type « ring wall »
(couronne) est composé de gravier concassé est couramment utilisée. Les analyses des
essais géotechniques ont confirmé ce choix, plus économique et plus rapide à mettre en
œuvre.

La méthodologie d’études du réservoir de stockage a présenté plusieurs étapes de définition


des données de service et de vérification :

 Définition de charges extérieures ;


 Vérification du glissement et basculement du réservoir dû au vent ;
 Modélisation du séisme ;
 Analyse géotechnique du site et proposition d’un système de fondation ;
 Vérification au critère de tassement ;
 Vérification à la capacité portante ;
 Vérification à la rupture de la fondation ;
 Vérification au glissement de la fondation.

Il est nécessaire de rappeler que d’autres systèmes de fondation existent dans des projets de
réservoirs de stockage pétrole : radier général, longrine annulaire béton armé et pieux. Le
choix du type de fondation s’opère selon deux critères fondamentaux :

 Les conditions géotechniques du sol en place ;


 La géométrie du réservoir de stockage ;
 Pression interne des réservoirs ;
 L’aléa sismique.

Les conditions géotechniques apparaissent comme le facteur décisif du choix de


conception des fondations. Cette analyse permet en premier lieu de trancher entre le choix
de fondations profondes (pieux) et le choix de fondations superficielles (couronne en béton
armé ou en gravier concassé). La géométrie du réservoir peut contribuer à la stabilité de ce
dernier au basculement et glissement. En admettant qu’il y ait existence d’une pression
interne due au produit stocké, les réservoirs de diamètre et hauteur similaire sont soumis à une
contrainte de soulèvement qui contribue à l’instabilité du réservoir. Dans ce cas, les
fondations de type béton armé seront privilégiées afin de pouvoir ancrer le réservoir dans le
béton. Cet ancrage intervient aussi dans le cas d’un aléa sismique important afin d’éviter le
glissement du réservoir sur la fondation.

HALAIBI
HALAIBISid Ahmed Génie civil 5ème Année 67
Procédure d’études génie civil Juin 2012
de projets de stockage d’hydrocarbures

4. Conclusion et Perspectives

4.1. Conclusion Projet de Stockage GPL

Le projet de stockage GPL de TUNISIE a présenté plusieurs points délicats lors de sa


conception. D’une part, la campagne géotechnique a mis en évidence une distribution
aléatoire de poches compressible dans le substratum d’argile. Cette considération a permis
d’écarter une première solution de fondation profonde (33 pieux de 38 m par sphère
disposés en 3 files sous un radier annulaire) mécaniquement intéressante. Un groupe de 150
pieux par sphère disposés en 4 files sous le radier a substitué cette première approche.
D’autre part, la modélisation de certains efforts (notamment l’effet de la poussée de sable) a
requis des considérations et hypothèses aux méthodes aux éléments finis afin d’extraire des
enveloppes de contraintes exploitables pour le dimensionnement béton armée. Enfin, il a
fallu considérer l’aléa sismique contribuant à la prise en compte de plusieurs phénomènes,
notamment le risque à la liquéfaction.

En résumé, l’ingénierie de projet de stockage Gaz pétrole liquéfié admet les grandes lignes
d’étapes suivantes

•Normes et réglementations utilisées;


Localisation du site •Contraintes géopolitiques et contractuelle.

•Essais in-situ et laboratoires;


Campagne •Analyse des résultats;
géotechnique •Proposition d'un système de fondation
(superficielle/profonde).
•Solution de conception (Sarcophage, sphère aérienne);
•Charges permanentes et d'exploitation;
•Définition de l'aléa sismique:
Définition de la base •Analyse du risque de liquéfaction selon la norme utilisée;
d'études •Définition du spectre sismique;
•Définition du comportement du remblai sable (si existant).
•Vérification du tassement de l'ouvrage.
•Modèle élaboré selon la base d'études et normes utilisées;
Mise en place d'un
•Obtention de l'enveloppe de charges ;
modèle d'étude •Vérification de la capacité portante de la fondation;
structure •Définition et vérification du ferraillage.

Notons l’importance de la localisation du site et du client qui conditionneront une partie des
bases d’études par les normes et règlements applicables. L’impact de l’arrêté du 24
Décembre 2007 a permis d’élever aussi bien le niveau de sécurité que la difficulté de
conception. Etant donné le nombre de site de stockage en non-conformité dans les pays
appliquant cet arrêté, les choix de conception (sarcophage dans notre cas) seront sollicités
pour de prochains projets de stockage gaz. Selon le site du projet, il faudra remettre en
question les méthodes de calculs employées pour d’une part concevoir selon les besoins du
client et d’autre part pour affiner cette conception dans le but de proposer des solutions
respectant le degré de sécurité réglementaires et d’optimiser la marge commerciale établie.
Nous avons vu dans le cas du projet TUNISIE l’impact conséquent de l’aléa sismique.

HALAIBI
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Procédure d’études génie civil Juin 2012
de projets de stockage d’hydrocarbures

4.2. Conclusion Projet Stockage Atmosphérique

Le projet de stockage Pétrole présente une approche similaire des étapes de conception
du projet TUNISIE. Ayant pour but de concevoir la fondation d’un réservoir de stockage
atmosphérique de 91,7 m de diamètre pour une hauteur de 10 m (géométrie de « galette »
peu commune), une première approche a été de considérer le type de fondation commun
à ce genre de réservoir : la couronne en graviers concassés (« crushed stone ring wall »).
Couramment utilisé pour le stockage de type pétrolier, ce type de fondation superficielle a
pour avantage, si les conditions géotechniques le permettent, un coût de revient intéressant
pour le client. D’autres solutions existent et sont conditionné d’une part par les conditions
géotechniques, par la géométrie du réservoir contribuant à la stabilité de ce dernier, et aux
conditions du site (séismes) : radier général sur pieux (exceptionnellement sans), couronne en
béton armé (permettant l’ancrage du réservoir). Je vous présente ci-après un comparatif
non-exhaustif, en considérant des conditions géotechniques similaires, des différents types de
fondations pour les réservoirs de stockage de pétrole.

Critère de Répartition des Comportement


Mise en œuvre Coût
tassement contraintes au sol au séisme

Couronne en graviers
concassés = - ++ = ++
Couronne en béton
armé
+ = -- ++ --

Radier en béton armé ++ ++ -- ++ ---

Les conditions géotechniques puis l’aléa sismique apparaissent comme les points clefs du
choix de conception des fondations. Avec les caractéristiques mécaniques du sol, la
vérification primordiale de la fondation se réalise en premier lieu au critère de tassement. Ce
critère, régi par l’API 650 [12], conditionne la validation de la fondation de première
approche (couronne superficielle en graviers concassées). Dans l’hypothèse où ce critère est
vérifié, l’attention de l’ingénieur en charge de la conception des fondations s’attachera à la
modélisation du mouvement du fluide lors du séisme (si considéré). En effet, lors d’un séisme,
le mouvement d’un fluide peut être décomposé en deux termes, une masse convective et
une masse impulsive. Selon l’API 650[12], l’effort tranchant sismique nécessaire à la définition
du modèle de calcul s’obtient en considérant la contribution de ces deux termes dans le
mouvement du réservoir. Une fois l’effort tranchant sismique déterminée, les vérifications en
glissement et basculement du réservoir pourront approuver la stabilité de ce dernier et de la
fondation optée à l’aide de la modélisation de calcul (dans notre cas, modélisation aux
éléments finis par PLAXIS).

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de projets de stockage d’hydrocarbures

Conclusion

Les conditions géotechniques et sismiques sont les piliers des choix de conception de
projet de stockage d’hydrocarbures. Le projet TUNISIE de stockage GPL a mis en œuvre un
choix de conception nouveau (Sarcophage en béton armé), découlant de la mise en place
de l’Arrêté du 24 Décembre 2007 relatif aux équipements sous pression aériens. Cette
technologie a été confirmée selon la géotechnique du site et de l’aléa sismique par une
modélisation mécanique. D’autre part, le projet IRAK de stockage atmosphérique de pétrole
a présenté une solution de réservoir à toit fixe de 10 m de haut pour 91,7 m de diamètre.
L’étude a démontré que selon les caractéristiques mécaniques en place, cette géométrie
peu commune (ce type de réservoir pouvant aller jusqu’à 20-25 m de hauteur) contribuait à
la stabilité du réservoir à l’aléa sismique du site. En effet, un réservoir de stockage
atmosphérique « plat » est préféré au réservoir traditionnel, lorsqu’un risque sismique existe, du
fait de sa résistance au basculement/glissement ce qui a été confirmé en Ingénierie.

Finalement, l’existence de plusieurs types de fondations conduira le choix de


conception du Génie Civil d’un projet de stockage selon les critères généraux suivant : type
de stockage, coût, conditions géotechniques et site.

Ce projet de fin d’études, réalisé chez ENTREPOSE PROJETS, m’a permis de découvrir
un domaine pour lequel je voue un intérêt particulier du fait de sa pluridisciplinarité : Oil&Gaz.
Ayant pour objectif depuis le début de ma formation à l’INSA Strasbourg d’orienter mon
projet professionnel autour de la construction énergétique, mon projet de fin d’études a été
donc l’opportunité de confirmer cet intérêt dans la perspective d’évoluer dans le
management de projet moyen terme. Durant ma période de stage, j’ai pu être au contact
des différentes spécialités de la conception d’un projet de stockage (tuyauterie, procédés,
réservoirs, électricité) ce qui a contribué à l’ouverture d’esprit de mon profil Génie civil et aux
contraintes liées à la synergie du projet. La disponibilité des spécialistes d’ENTREPOSE PROJETS
a ainsi pu répondre aux questions techniques que je me posais ce qui a élevé ma culture du
domaine.

HALAIBI
HALAIBISid Ahmed Génie civil 5ème Année 70
Procédure d’études génie civil Juin 2012
de projets de stockage d’hydrocarbures

Références Bibliographiques

NORMES, STANDARDS et REGLEMENTS EN VIGUEUR

[1] Arrêté du 24/12/07 modifiant l'arrêté du 23 août 2005 relatif aux prescriptions
générales applicables aux installations classées pour la protection de
l'environnement soumises à déclaration sous la rubrique n° 1412 relative au
stockage en réservoirs manufacturés de gaz inflammables liquéfiés.

[2] Fascicule 62 Titre I Section I : Règles techniques de Conception et de Calcul des


Ouvrages et Construction en béton armé suivant la méthode des états limites
(BAEL 91 rév.99) ;

[3] Règles définissant les effets de la neige et du vent sur les constructions DTU NV 65,
modifiées 99 ;

[4] EUROCODE 8 : Conception et dimensionnement des structures pour leur


résistance aux séismes et document d'application nationale ;

[5] Arrêté du 22 Octobre 2010 relatif à la classification et aux règles de construction


parasismique applicables aux bâtiments de la classe dite « à risque normal »

[6] Norme NF P 06-013/A2 : Règles de construction parasismique-Règles PS


applicables aux bâtiments, dites règles PS92

[7] Fascicule 62 Titre V : Règles techniques de conception et de calcul des


fondations des ouvrages de Génie Civil.

[8] Document Technique Unifié DTU 13.12 : Règles pour le calcul des fondations
superficielles.

[9] Code de construction des appareils à pression, CODAP 2010 ed.

[10] International Society of Building officials: Uniform Building Code UBC, 1997 ed.

[11] American Institute of Steel


Construction (AISC):
 AISC 360-05 Specifications for structural steel buildings;
 AISC 341-05 Seismic provision for structural steel buildings.

[12] American Petroleum Institute (API):


 API 650 Welded Steel Tanks For ail Storage

[14] American Concrete Institute (ACI):


 ACI 318-08 Building Code Requirement For Structural Concrete
 ACI 3512R-94 Foundation for Static Equipment’s.

HALAIBI
HALAIBISid Ahmed Génie civil 5ème Année 71
Procédure d’études génie civil Juin 2012
de projets de stockage d’hydrocarbures

[15] ASTM D1194-94 Standard Test Method for Bearing Capacity of Soil for Static Load
and Spread Footings;

[16] American Association of State Highway and Transportation Officials (AASHTO).

Références bibliographiques

[A] T. L. Youd and I. M. Idriss. Liquefaction resistance of soils : summary report from the
1996 NCEER and 1998 NCEER. American Society of Civil Engineers (ASCE)

[B] Seed, H. B., and Idriss, I. M. (1971). Simplified procedure for evaluating soil
liquefaction potential. J. Geotech. Engrg. Div., ASCE, 97(9), 1249–1273.

[C] Ambraseys, N. N. (1988). Engineering seismology. Earthquake Engrg. and Struct.


Dynamics, 17, 1–105.

[D] Seed, H. B., and De Alba, P. (1986). Use of SPT and CPT tests for evaluating the
liquefaction resistance of sands. Proc., Speciality Conf. on Use of In-Situ Testing in
Geotechnical Engineering, INSITU’86, Geotechnical Special Publication No. 6,
ASCE, New York, 281–302.

[E] Seed, H. B. (1983). ‘‘Earthquake-resistant design of earth dams.’’ Proc., Symp.


Seismic Des. of Earth Dams and Caverns, ASCE, New York, 41–64

HALAIBI
HALAIBISid Ahmed Génie civil 5ème Année 72
Procédure d’études génie civil Juin 2012
de projets de stockage d’hydrocarbures

Liste des figures

Figure 1.1 – Histoire du Groupe ____________________________________________________________________ 7


Figure 1.2 – Organigramme du Groupe ____________________________________________________________ 8
Figure 1.3 – Répartition géographiques des sites ____________________________________________________ 8
Figure 1.4 – Organigramme « PROJETS » ____________________________________________________________ 9
Figure 1.5 – Recouvrement de sable de la sphère _________________________________________________ 10
Figure 1.6 – Sphère de stockage GPL au Nigéria ___________________________________________________ 10
Figure 1.7 – Demi-coupe de la Solution de fondation de 1ère approche _____________________________ 10
Figure 1.8 – Photographie d’un réservoir existant __________________________________________________ 11
Figure 1.9 – Planning d’étude intermédiaire _______________________________________________________ 12
Figure 2.1 – Coupe type de Sphère et sarcophage ________________________________________________ 14
Figure 2.2 – Solution de fondation optée __________________________________________________________ 15
Figure 2.3 – Maquette 3D D’implantation site ______________________________________________________ 15
Figure 2.4 – Carte de Tunisie de l’accélération sismique (période de retour de 500 ans) ______________ 19
Figure 2.5 – Spectres de réponse type (orange horizontal, rouge vertical) ___________________________ 20
Figure 2.6 – Modélisation type de la structure _____________________________________________________ 21
Figure 2.7 – Schéma de décomposition ___________________________________________________________ 22
Figure 2.8 – Prise en compte du mouvement de basculement de la sphère_________________________ 22
Figure 2.9 – Prise en compte de poussée du sable sur le voile ______________________________________ 22
Figure 2.10 – Structure des sphère GPL ____________________________________________________________ 26
Figure 2.11 – Courbes enveloppes de la poussée horizontale sur le sarcophage _____________________ 29
Figure 2.12 – Demi-coupe de la fondation avec stratification du site ________________________________ 31
Figure 2.13 – Diagramme des contraintes au contact sol/radier ____________________________________ 33
Figure 2.14 – Eléments de coques de base ________________________________________________________ 35
Figure 2.15 – Voile extérieur du sarcophage BA et radier avec voile intérieur et dalle de fermeture à
droite __________________________________________________________________________________________ 36
Figure 2.16 – Vérification au diagramme d’interaction Nu/Mu à l’ELU cas n°1________________________ 42
Figure 2.17 – Demi-coupe du radier avec pieux section A __________________________________________ 44
Figure 2.18 – Demi-coupe du radier avec pieux section B __________________________________________ 46
Figure 2.19 – Représentation de la nappe inférieure d’acier cerces sur ARMATEC ____________________ 49
Figure 3.1 – Demi-coupe du tank _________________________________________________________________ 52
Figure 3.2 – Spectre de réponse élastique UBC 1997[10] ____________________________________________ 54
Figure 3.3 – Mouvement du produit stocké engendré le voilement en forme de la base appelé
« elephant foot » ________________________________________________________________________________ 55
Figure 3.4 – Représentation masse convective et impulsive _________________________________________ 55
Figure 3.5 – Spectre de réponse structure-fluide ___________________________________________________ 56
Figure 3.6 – Graphe du coefficient Ks en fonction de D/H __________________________________________ 56
Figure 3.7 – Détermination des centres convectif et impulsif ________________________________________ 57
Figure 3.8 – Localisation des tests in situ sur un réservoir _____________________________________________ 58
Figure 3.9 – Résultats tests SPT ____________________________________________________________________ 58
Figure 3.10 – Résultats de l’identification de la nature du sol ________________________________________ 59
Figure 3.11 – Schéma du réservoir ________________________________________________________________ 61
Figure 3.12 – Géométrie de la fondation d’étude __________________________________________________ 61
Figure 3.13 – Modèle PLAXIS V9 fondation _________________________________________________________ 62
Figure 3.14 – Représentation graphique des tassements____________________________________________ 63
Figure 3.15 – Schéma de la fondation ring wall ____________________________________________________ 64
Figure 3.16 – Représentation sur PLAXIS v9 du comportement des pentes du « ring wall » _____________ 65

HALAIBI
HALAIBISid Ahmed Génie civil 5ème Année 73
Procédure d’études génie civil Juin 2012
de projets de stockage d’hydrocarbures

Liste des Tableaux

Tableau 2.1 – Caractéristiques des bétons employés selon la norme NF EN 206-1 ____________________ 16
Tableau 2.2 – Charges en tonnes pour une sphère GPL et une sphère Propane ______________________ 17
Tableau 2.3 –Valeurs de réponses sismiques _______________________________________________________ 20
Tableau 2.4 – Tableau de valeurs étude modale structure _________________________________________ 21
Tableau 2.5 – Charges suivant la décomposition structure fournis ___________________________________ 22
Tableau 2.6 – Valeurs de la Coupe de calcul géotechnique _______________________________________ 23
Tableau 2.7 – Coefficient MSF en fonction de la magnitude Mw (NCEER 2001) ______________________ 25
Tableau 2.8 - Résumé des caractéristiques du sable _______________________________________________ 28
Tableau 2.9 – Caractéristiques des plaques _______________________________________________________ 28
Tableau 2.10 – Répartition des charges sur les éléments de structure ________________________________ 29
Tableau 2.11 – Maillage PLAXIS et résultats tassements semelle fictive _______________________________ 32
Tableau 2.12 – Raideurs verticales apparentes ____________________________________________________ 33
Tableau 2.13 – Paramètres de sol pour le calcul des raideurs transversales __________________________ 34
Tableau 2.14 – Combinaison de charges__________________________________________________________ 38
Tableau 2.15 – Enveloppes des charges en tête de pieu ___________________________________________ 39
Tableau 2.16 – Données préssiométriques _________________________________________________________ 39
Tableau 2.17 – Charges admissibles verticales par les pieux ________________________________________ 40
Tableau 3.1 – Récapitulatif des charges ancrages et réparties _____________________________________ 57
Tableau 3.2 – Coupe de calcul Projet_____________________________________________________________ 60
Tableau 3.3 – Propriétés des matériaux de la fondation ____________________________________________ 61

HALAIBI
HALAIBISid Ahmed Génie civil 5ème Année 74

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