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L’impact de l’édition française

Compréhension Orale – préparation DELF B2


corrigé des questions

1. Lors de quel événement a lieu cette émission ?


Lors de la rentrée littéraire (2017).

2. Cette émission aborde un impact de l’édition du livre…


q récent
n méconnu
q négligeable

3. Par quoi est aggravé l’impact social et environnemental de l’édition du livre ?


Par la popularité / mode des gros livres / des livres de 700 à 1000 pages.

4. Marion Muller et Christophe Alliot du B.A.S.I.C ont été invités pour…


n informer et avertir l’ensemble des citoyens.
q dénoncer et condamner les maisons d’édition.
q proposer et défendre des solutions à ce problème.

5. D’après l’étude du B.A.S.I.C, que se passe-t-il à chaque euro gagné par un éditeur ?
q Un employé du secteur gagne 75 centimes d’euros.
q Un arbre est coupé pour être utilisé dans la production de livres.
n De l’argent est dépensé pour compenser les impacts négatifs de la production.

6. Par qui est supporté l’impact social et environnemental de l’édition selon Christophe Alliot ? (Deux
réponses attendues)
Par les états et par les citoyens.

7. À quelle étape a lieu la moitié des coûts sociétaux ?


La moitié a lieu à la fabrication du papier.
8. Selon Christophe Alliot, dans quel domaine le secteur de l’édition a -t-il fait des progrès ?
q La défense des salariés
n La protection de l’environnement
q La rationalisation de la production

9. Selon Christophe Alliot quelle crise traverse le marché du livre ?


Une crise de l’emploi : de chômage, de sous-rémunération, de disparitions d’emplois.

10. D’après Marion Muller, par qui le marché du livre français est-il détenu ?
Par trois grands groupes / entreprises d’édition (Hachette, Editis et Madrigal).

11. Pourquoi ignore-t-on généralement cette concentration ?


Parce qu’il y a une diversité des noms des maisons d'édition.

12. D’après Marion Muller, la relation entre cette situation et l’aggravation du bilan environnemental et
social est…
q évidente.
n incertaine.
q présumée.

13. Quel est le constat final de Marion Muller concernant le monde de l’édition ?
Il y a eu une percée du marketing et du management dans le monde de l'édition du livre à partir des années 90 : la rentabilité du
livre, de l'impression et du papier rentre aujourd'hui en jeu.
L’impact de l’édition française
Compréhension Orale – préparation DELF B2
transcription de l’audio & réponses

La journaliste (Anne-Cécile Bras) : 581 romans et recueils de nouvelles, tel est le volume de la rentrée littéraire 2017 (Q1). Derrière
chaque livre, il y a bien sûr une création artistique mais aussi, et cela personne n'en parle (Q2), un bilan social et environnemental
de plus en plus désastreux surtout que cette année la mode est aux gros livres. 700 à 1000 pages (Q3). Le journal Le Monde signe un
article : « Le pavé, tendance lourde ? » sans s'inquiéter un seul instant d'ailleurs des conséquences de cette industrie. Heureusement
que les équipes du B.A.S.I.C, le bureau d'analyse sociétale pour une information citoyenne, sont là pour nous alerter (Q4). Bonjour
Marion Muller et Christophe Alliot.

Marion Muller et Christophe Alliot : Bonjour.

La journaliste : Alors, vous venez de publier une étude justement sur les coulisses de l'édition et les conclusions, Christophe Alliot,
sont surprenantes puisque vous dites que derrière chaque euro de bénéfice pour l'éditeur, il existe un coût caché social et
environnemental de 75 centimes. Alors expliquez-nous comment c'est possible ?

Christophe Alliot : Alors, comment c'est possible d'abord c'est ce coût social et environnemental, c'est quoi ? C'est des dépenses
publiques que différents pays (Q6), à commencer par la France, prennent en charge pour supporter ou pour lutter contre des
conséquences négatives (Q5) de comment la filière fonctionne en démarrant (à) l'exploitation forestière jusqu'à l’achat et au
recyclage des livres. Grosso modo, ces coûts sociétaux, ça correspond à quoi ? Si vous avez une usine au Brésil, on va dire au hasard,
qui va rejeter des polluants dans l'eau, pas complètement les filtrer et bien vous avez après un coût de dépollution en aval pour
rendre l'eau potable et ça c'est à la charge des citoyens des villes (Q6) qui doivent essayer de s'approvisionner. C'est typiquement ce
genre de dépenses. Et du coup, on a mesuré qu'il y avait la moitié des coûts sociétaux sur tout l'amont de la filière c'est-à-dire toute
la fabrication du papier (Q7) et l'autre moitié, et jusqu'à l'impression, l’autre moitié sur tout l'aval.

La journaliste : Alors, l'aval, c'est-à-dire ?

Christophe Alliot : Alors, l'aval c'est-à-dire, c'est la chaîne du livre. Ça démarre à l'impression, et ça va jusque...ça passe par l'édition,
la distribution des livres jusqu'aux points de vente, les achats et puis la partie du recyclage. Alors à quoi ça correspond  ? Pour la
moitié, c'est des coûts environnementaux, ce sont des dépenses de lutte contre les différentes pollutions, contre la
surconsommation d'eau par le secteur, le changement climatique qui est associé... alors, c'est pas pour dire que le secteur,
notamment du papier, n'a pas fait beaucoup de travail, il y a eu des efforts de faits (Q8). Simplement aujourd'hui, ça ne prend pas
tout en charge en France et quand on est sur des pays étrangers comme le Brésil, pour le coup, là les dépenses sont vraiment
remises sur la société. Et après, il ne faut pas oublier la partie sociale, la partie sociale qui était importante aussi tout le long de la
chaîne : ce sont des sous-rémunérations (Q9), notamment justement sur des pays comme le Brésil ; c'est aussi beaucoup de
chômage (Q9) puisque le secteur du papier, le secteur de l'imprimerie, le secteur de la distribution et des points de vente sont des
secteurs qui détruisent beaucoup d'emploi (Q9). Ça veut dire un coût du chômage qui est à la charge de la société et puis on ne le
sait pas toujours mais beaucoup de subventions publiques dans les différents pays, à commencer par la France, pour essayer de
lutter contre cette disparition des emplois (Q9), maintenir la compétitivité, essayer de sauver ce qui peut l'être.

La journaliste : Et bien voilà un tableau noir bien dressé. Marion Muller, le livre est un objet de consommation de masse et on
observe une vraie concentration du secteur qui explique notamment cette situation.

Marion Muller : Tout à fait, on est aujourd'hui sur un secteur du livre français très concentré avec 3 grands groupes (Q10) qui font
plus de 50% du chiffre d'affaires. Cette concentration est d'autant moins visible depuis l'extérieur puisqu'on a une diversité encore
des noms des maisons d'édition (Q11) mais derrière on a bien 3 grands groupes que sont Hachette, Editis et Madrigal qui font plus
de 50%, encore une fois, du chiffre d'affaires. Cette concentration est historique et a connu tout un développement depuis le début
du XXe siècle mais s'est accélérée dans les années 80 à partir du moment où les grandes maisons d'édition ont été intégrées et
rachetées par des grands groupes mondialisés. Et là, je pense notamment à la première qu'est Hachette qui a été racheté par le
groupe Lagardère.

La journaliste : Et c'est à partir de là que le bilan environnemental et social du monde l'édition finalement s'est détérioré ?

Marion Muller : Alors, on ne peut pas faire forcément une corrélation directe (Q12). Ce qu'on sait et ce qui nous a été rapporté, que
ce soit de la bibliographie qu'on a utilisée pour le rapport ou même des acteurs du secteur du monde de l'édition justement, c'est
bien que ça a changé, ça a bouleversé quelque chose à l'intérieur du secteur de l'édition française. C'est déjà Bourdieu qui le posait
dans les années 90 et qui expliquait la rentrée finalement du marketing, du management dans les maisons d'édition françaises qui
étaient jusque-là assez préservées par ces enjeux (Q13). Donc Bourdieu le posait dans les années 90, ça a été répété par plusieurs
autres auteurs tout au long des années 2000 et aujourd'hui, on arrive à un constat où oui, on a des maisons d'édition qui sont très
imprégnées par cette dimension rentable du livre où on va avoir une réflexion beaucoup plus en termes économiques, financiers,
que ce soit sur le livre, l'impression ou le papier (Q13).

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