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Université d`Etat de Moldova

Faculté du Droit

Le Parlement de la France

Realisé: Tucan Ecaterina,

Professeur: Bahneanu Vitalina

Chișinău 2021
Parlement français
Le Parlement français exerce une grande partie du pouvoir législatif et peut en partie contrôler
l’activité gouvernementale, selon la Constitution du 4 octobre 1958.

Il est bicaméral, c'est-à-dire composé de deux chambres :


• le Sénat, dit « chambre haute », qui comprend 348 sénateurs1,
• l’Assemblée nationale, dite « chambre basse », qui compte 577 députés1.

Les deux chambres siègent dans des lieux différents : le palais du Luxembourg pour le Sénat et le
palais Bourbon pour l’Assemblée nationale.
L`Assemblée nationale est renouvelable intégralement tous les 5 ans (une législature) sauf dissolution.
Le nombre de députés ne peut excéder 577. Ils sont élus pour 5 ans. Ils sont
rééligibles. Pour être éligible il faut avoir 18 ans accomplis, être français et avoir la qualité
d`électeur. Les députés sont élus au suffrage universel direct au scrutin majoritaire uninominal à deux
tours. La circonscription est une partie d`un département.

Le Senat est renouvelable par moitié tous les 3 ans. Le nombre de sénateurs ne peut excéder
348. Ils sont élus pour 6 ans. Ils sont rééligibles. Pour être éligible il faut avoir 24 ans accomplis, être
français et avoir la qualité de l`électeur.

Les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect


-au scrutin majoritaire à deux tours (2 sièges au moins)
-au scrutin proportionnel (3 sièges et plus)

La circonscription est le département ou la collectivité d`outre mer. Le nombre de sièges à pourvoir par
circonscription varie de 1 à 12.

Les sénateurs sont élus dans chaque circonscription par un collège électoral lui-même formé d`élus de
celle-ci : députés, conseillers régionaux, conseillers départementaux, conseillers municipaux.
Les commissions parlementaires
1) Les commissions permanentes ont pour objet l`examen des textes de loi. A coté de ce rôle
législatif elles ont aussi un rôle de contrôle, notamment à l`occasion des auditions de
personnalités ou de ministres (à leur demande ou à celle de la commission). Elles rendent compte de
leurs travaux une fois par semaine pendant les sessions. Leur nombre est limité à 8 dans chaque
assemblée. Au sein de chaque assemblée parlementaire est instituée une commission chargée des
affaires européennes.

2) Les commissions spéciales. Elles ont pour objet l`examen d`un texte de loi non soumis à l`examen
d`une commission permanente. Elles cessent d`exister dès que le texte de loi a fait l`objet d`une décision
définitive (promulgation, abandon)

3) Les commissions mixtes paritaires. Les commissions mixtes paritaires ont pour objet de
rechercher une conciliation entre les positions divergentes des deux assemblées à propos d`un texte de loi.
La commission est réunie à la demande du Premier ministre ou, pour une
proposition de loi, à la demande des présidents des deux assemblées agissant conjointement.

4) Les commissions d`enquête. Les commissions d`enquête sont chargées :


-de contrôler le Gouvernement et d`évaluer les politiques publiques
-de recueillir des éléments d`information sur des faits précis
-d`examiner la gestion administrative, financière ou technique des services publics ou d`entreprises
nationales

5) Les délégations parlementaires et les missions d`information. Les délégations


parlementaires permettent de suivre de façon permanente un problème dans le cadre plus restreint que
celui des commissions permanentes. Elles sont d`initiative parlementaire et instituées par des lois. Elles
sont soit communes aux deux assemblées soit propres à chacune d`elles.
Avant 1962, le Parlement était le détenteur unique de la souveraineté populaire. Depuis cette date, le
pouvoir est partagé entre le Parlement et le chef de l'État, choisi lors de l’élection
présidentielle au suffrage universel.
Tout-puissant sous les IIIe et IVe Républiques, il a vu son pouvoir diminuer sous la Ve
République. Les évolutions actuelles des institutions françaises tendent à lui redonner quelques nouvelles
prérogatives (cf: réforme de de 1995 et du 23 juillet 2008). Cependant, la montée en puissance des
pouvoirs des institutions européennes tend à limiter son influence, environ 70 % de son activité étant
consacrée à la mise en œuvre du droit communautaire.

Histoire
Le Parlement français, en tant que pouvoir législatif, ne doit pas être confondu avec les parlements d’Ancien
régime qui étaient des cours de justice ayant certaines attributions politiques.

Le Parlement, au sens moderne du terme, est apparu en France avec la Révolution. Sa forme
(monocamérale, bicamérale ou pluricamérale), ses noms et ses attributions, définis par les différentes
constitutions, ont pris des formes très différentes suivant les régimes .

Parlement sous la Ve République

 Élection des parlementaires


Les députés qui siègent à l’Assemblée nationale sont élus au scrutin majoritaire uninominal à deux tours dans
le cadre de circonscriptions plus ou moins équivalentes à 100 000 habitants, pour cinq ans, sauf dissolution de
l’Assemblée. La loi électorale de 1986 précise que les écarts de population entre circonscriptions ne doivent en
aucun cas aboutir à ce qu’une circonscription dépasse de plus de 20 % la population moyenne des
circonscriptions du département. Mais il existe des inégalités entre les circonscriptions rurales moins peuplées et
les circonscriptions urbaines. À titre d’exemple, le député de la circonscription la plus peuplée du Val d'Oise
représente 188 000 électeurs quand celui de la circonscription la moins peuplée de Lozère n’en représente que 34
000. Chaque candidat se présente avec un suppléant qui prend sa place en cas d’incompatibilité de fonction,
quand le député devient ministre par exemple.
Les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect par les « grands électeurs ». Les grands électeurs sont les
députés, les conseillers régionaux, les conseillers départementaux, ainsi que des délégués des conseils
municipaux. Ces derniers, qui ne sont pas toujours des conseillers municipaux, représentent 95 % du corps
électoral. La loi du 30 juillet 2003 a réformé l’élection des sénateurs. Dans les départements élisant tout au plus
trois sénateurs, le scrutin reste le scrutin majoritaire à deux tours avec possibilité de panachage. Dans les
départements élisant au moins 4 sénateurs, le scrutin
proportionnel à la plus forte moyenne a été adopté. Cette loi a également diminué la durée du mandat des sénateurs
qui est passée de 9 à 6 ans. Le Sénat, qui était précédemment renouvelé par tiers tous les trois ans, est désormais
renouvelé par moitié tous les trois ans.

 Fonctionnement parlementaire

Un des objectifs de la Constitution du 4 octobre 1958 était de discipliner la vie parlementaire. Un des moyens
d’y parvenir a été de réduire la durée des sessions. En 1958, il existait deux sessions
parlementaires ordinaires. La première d’une durée de 80 jours commençait début octobre, la seconde d’une durée
de 90 jours commençait début avril. Depuis la réforme constitutionnelle de 1995, il n’existe plus qu’une session
unique de 9 mois débutant début octobre. Le nombre de jours de session est cependant limité à 120. Si besoin, le
Premier Ministre peut décider de la tenue de jours de session supplémentaires.

Les articles 29 et 30 de la Constitution prévoient la possibilité de tenir des sessions


extraordinaires. Elles sont ouvertes et closes par le président de la République. L’ordre du jour est déterminé à
l’avance et les parlementaires ne peuvent y déroger. Si la session extraordinaire a lieu à la demande des
parlementaires, sa durée ne peut excéder 12 jours. Si elle a été demandée par le gouvernement, aucune durée
n’est fixée.

Chaque Assemblée rédige son règlement qui est ensuite soumis obligatoirement à un contrôle de
constitutionnalité auprès du Conseil constitutionnel. Différents organes permettent aux Assemblées de
fonctionner. Le bureau est chargé de diriger les débats et d’administrer l’Assemblée nationale. Il a à sa tête un
président élu par tous les sénateurs ou tous les députés au scrutin secret pour toute la durée de la législature, soit
trois ans pour le Sénat et cinq ans pour l’Assemblée nationale. Pour être élu, il faut avoir la majorité absolue aux
deux premiers tours. Au troisième tour, la majorité relative suffit. Les présidents des Assemblées nomment
chacun un membre du Conseil constitutionnel tous les trois ans. Ils ont le droit de le saisir pour vérifier la
constitutionnalité d’une loi. Ils sont régulièrement consultés.
Leur pouvoir est donc très important. Le président du Sénat est le troisième personnage de l’État et il assure
l’intérim en cas de vacance du pouvoir du président de la République (décès ou démission). Les autres membres
du bureau sont les vice-présidents, les secrétaires et les questeurs. Eux aussi sont élus par les Assemblées.
Les groupes parlementaires jouent aussi un rôle non négligeable dans la vie parlementaire. Ils regroupent les
élus du même parti ou de la même sensibilité. 15 députés ou 10 sénateurs sont
nécessaires pour constituer un groupe parlementaire. Les présidents des groupes participent à la conférence qui fixe
l’ordre du jour des séances. Chaque groupe désigne les membres qui siègent dans les commissions.

Rôle
La Constitution de 1958 a considérablement amoindri les pouvoirs du Parlement. Celui-ci garde sa prérogative
habituelle à savoir le pouvoir législatif comme le dit l’article 24. « Le Parlement vote la loi ». Mais cet article
limite singulièrement le domaine de la loi. Le Parlement fixe les règles concernant les droits civiques et les
libertés publiques, le droit des personnes, le droit pénal et celui de procédure pénale. Il légifère à propos des
juridictions, des magistratures, des impôts, de la monnaie, des régimes électoraux, de la création de catégories
d’établissements publics, du statut des fonctionnaires, des nationalisations. Par contre il fixe uniquement les
principes fondamentaux pour l’organisation de la défense nationale, les collectivités locales, l’enseignement, le
droit de propriété, celui des obligations et du travail. Toutes les autres matières relèvent du domaine
règlementaire, c’est-à-dire du pouvoir exécutif (article 37). Cette limitation avait pour but de mettre fin à la
paralysie parlementaire existant sous la IVe République.

Il appartient au gouvernement de contrôler la compétence législative. Si un élu propose une loi ou un


amendement qui n’appartient pas au domaine législatif tel qu’il est défini dans l’article 34 de la Constitution,
le gouvernement oppose l’irrecevabilité. En cas de désaccord sur la nature du texte avec les assemblées, c’est le
conseil constitutionnel qui tranche. Si le Gouvernement se rend compte qu’une loi fait partie du domaine
règlementaire alors qu’elle a déjà été votée et promulguée, il peut aussi saisir le conseil Constitutionnel pour
faire valoir son caractère règlementaire. Il pourra ainsi la modifier par décret s’il le souhaite.

Responsabilité du Gouvernement devant l'Assemblée nationale


Pour montrer leur désaccord, les députés peuvent déposer une motion de censure. Elle n'est recevable que si elle
est signée par 10 % des députés. Il est procédé au vote 48 heures après. Il faut un vote favorable de 50 % des
membres de l’Assemblée nationale pour qu’elle soit acceptée. En cas de vote positif, le gouvernement est
contraint à la démission. Mais depuis 1962, l’existence d’un parti majoritaire a permis au gouvernement de
s’appuyer sur une majorité solide rendant impossible le vote d’une motion de censure. En 1974, le parti
majoritaire de la coalition au pouvoir, le RPR, n’est pas le parti du chef de l’État. Mais le RPR n’a pas voulu
déstabiliser le président dont il avait soutenu l’élection, Valéry Giscard d'Estaing.
Autres moyens de contrôle
Le Parlement autorise la déclaration de guerre et l’intervention de l’armée à l’étranger ; il autorise la prorogation
au-delà de douze jours de l’état de siège et de l’état d’urgence.

Le Parlement autorise la prise d’ordonnances par le Gouvernement, qui sont normalement du domaine de la
loi. Elles sont prises en Conseil des ministres après avis du Conseil d’État. Elles entrent en vigueur dès leur
publication mais deviennent caduques si le projet de loi de ratification n’est pas déposé devant le Parlement
avant la date fixée par la loi d’habilitation.

Les traités sont négociés et ratifiés par le président de la République. Cependant, pour la plupart d’entre
eux, la ratification doit être approuvé par le. Dans le cas de la ratification d’un traité relatif à l’adhésion d’un
État à l’Union européenne, la procédure première est le référendum, mais par le vote d’une motion adoptée en
termes identiques par chaque assemblée à la majorité des trois cinquièmes, le Parlement peut autoriser
l’adoption du projet de loi de ratification par un vote des parlementaires réunis en Congrès. Dans ce cas le
texte doit réunir la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés
Dissolution de l'Assemblée nationale
Le président de la République peut dissoudre l’Assemblée nationale. Ceci ne peut être fait plus d’une fois
par an. Il ne s’agit pas d’une mesure propre à la France et de nombreux chefs d’État de démocratie occidentale
disposent également de ce droit (ainsi en Allemagne le président fédéral Horst Köhler a dissous le Bundestag le
21 juillet 2005 à la demande du chancelier Gerhard Schröder). Une dissolution entraîne automatiquement
la tenue d’élections législatives qui sont dites alors
« anticipées ».
Depuis 1958, et au 1er juillet 2016, il y eut cinq dissolutions.
Charles de Gaulle dissout l’Assemblée une première fois le 10 octobre 1962, après l’adoption d’une motion de
censure contre le gouvernement Georges Pompidou. Le président préfère renommer immédiatement Georges
Pompidou et dissout l'Assemblée afin de faire trancher ce conflit par les électeurs. Cette dissolution est suivie
par des législatives qui marquent la victoire des gaullistes de l’UNR-UDT et de leurs alliés Républicains
indépendants. Il utilise ce droit une seconde fois, le 30 mai 1968, pour dénouer la crise de Mai 1968. Cette
dissolution entraîna des élections législatives anticipées marquées par une forte victoire des gaullistes qui
obtiennent à eux seuls la majorité absolue (293 élus sur 487 pour l’UDR).

François Mitterrand dissout l’Assemblée le 22 mai 1981, après sa victoire à la présidentielle et pour disposer
d’une majorité à l’Assemblée, qu’il obtiendra largement aux législatives (le Parti socialiste obtenant à lui seul
la majorité absolue avec 266 députés sur 491). Il fait de même le 14 mai 1988, après sa réélection et pour la
même raison, la victoire de la gauche aux législatives est forte mais moindre qu'en 1981 (275 élus socialistes
sur 575, alliés à 41 élus de l’Union du centre).

Jacques Chirac dissout l’Assemblée le 21 avril 1997, afin d’anticiper des élections législatives
prévues un an après. Contrairement à son souhait, elle entraîne la victoire des socialistes et de leurs alliés de la
Gauche plurielle aux législatives anticipées et la nomination du gouvernement Lionel Jospin.
Bibliographie
 Les Assemblées parlementaires françaises (numéro 5216) de Pascal JAN aux éditions La
Documentation française (ISSN 1763-6191).
 Philippe Georges et Guy Siat, Droit public, Sirey, 2004.
 Sous la direction de Jean-Luc Parodi, Institutions et vie politique, la documentation française, 2003
 Valère Staraselski, Monsieur le député, publié aux éditions du cherche midi. 2002

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