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Fonctionnement et gestion des environnements aquatiques

Partie Mme GYPENS


Cours 1 6/02/2020

+ 8- Changements climatiques et écosystèmes aquatiques

Modalités du cours FGEAA


Partie Mme Gypens et M. Servais sur les environnements aquatiques
Partie M. Godden pour les environnements agricoles (évolution de l’agriculture, ressources en eau en Wallonie,
utilisation des pesticides en agriculture, lien entre l’eau et l’azote, lien entre l’agriculture et l’atmosphère dans le cadre
du changement climatique et des pluies acides)

Pourquoi ces 2 types d’environnements sont donnés dans un même cours ?


Parce que les activités qui ont lieu sur le continent, en particulier les pratiques agricoles, impactent les écosystèmes
aquatiques par l’apport de nombreuses substances dans les eaux continentales qui vont ensuite arriver dans les
océans.

M. Servais : focus sur les écosystèmes continentaux (limniques1)


Mme Gypens : focus sur les environnements marins (liens entre la structure, le fonctionnement, la pollution de ces
écosystèmes et la qualité de l’eau)

Pas de slides sur l’UV. On les reçoit par mail après le cours.

1re séance avec Mme Gypens puis 3 cours avec M. Servais. Mme Gypens reviendra pour 2 cours.
M. Servais donnera les parties 2, 3, 4 et 5. Mme Gypens donne les parties 1, 6, 7 et 8.

Pourquoi je vous donne aussi la partie sur la modélisation de la qualité des eaux ? Parce que j’étudie le fonctionnement
des écosystèmes aquatiques et l’effet des pressions anthropiques et du climat dessus. Je l’étudie en utilisant des outils
mathématiques. On fait des modèles pour évaluer la qualité/l’état actuel.le des eaux et essayer de prédire leur évolution
future. Dans ces modèles mathématiques sont, je pense, un outil intéressant quand on veut s’intéresser à la gestion
d’un milieu (aquatique ou pas). On verra cela au dernier cours « modélisation de la qualité des eaux continentales et
côtières ».

1
(Écologie) Relatif à l’ensemble des eaux continentales, les eaux lotiques (rivières, fleuves) et lentiques (lac, étangs).

1
Table des matières

Parties en présentiel
1 - Introduction : Problématique de l’eau à l’échelle globale ______________________________________________________________________ 3
6- Structure, fonctionnement et pollution des écosystèmes marins ____________________________________________________________ 29

Parties à distance
7- Modélisations de la qualité des eaux continentales et côtières : études de cas - l’eutrophisation _____________________ 64

8- Changements climatiques et écosystèmes aquatiques _________________________________________________________________________ 85

2
1 - Introduction : Problématique de l’eau à l’échelle globale

Pq s’intéresser à l’eau de manière générale? On sait


qu’elle représente une surface importante du globe et

recouvre + de 70% de cette surface. Si on s’intéresse


à l’endroit où cette eau est stockée ou la forme de cette
eau, on se rend compte que 97% de l’eau disponible
sur terre est de l’eau salée. Seuls 3% sont de l’eau
douce. Quand on regarde dans quel réservoir se
trouve cette eau douce, on remarque que moins de
1% de l’eau douce sera réellement disponible pour les
usages car une grande partie de l’eau douce est stockée dans les calottes glaciaires ou les glaciers ou dans les eaux
souterraines, où elles ont un taux de résidence qui est très important, plus que dans les eaux de surface. Si on regarde
comment est réparti ce moins de 1% d’eau douce, on voit que la majeure partie se retrouve dans les lacs, les marais
et un faible pourcentage dans les rivières. Donc il y a beaucoup d’eau sur terre mais l’eau reste une ressource limitée
pour servir nos besoins. Ceux-ci sont multiples.

Quels besoins?
On utilise l’eau ou les écosystèmes aquatiques pour de multiples
usages :
- La production alimentaire (pêcheries)
- Les activités touristiques et culturelles
- L’irrigation (en agriculture)
- Assainissement et utilisation dans les villes
- Activités industrielles
- Production énergie
- Transport
- Régulation climat (les écosystèmes aquatiques jouent un
rôle très important dans la régulation du climat ! Ils
absorbent une grande quantité des émissions de CO2, ce
qui permet de temporiser l’augmentation atmosphérique de température)

Donc quand on va changer les conditions physico-chimiques


de ces écosystèmes, on va aussi modifier le rôle qu’ils
peuvent jouer / qu’ils jouent dans la régulation du climat. En
changeant aussi les organismes qui sont dedans, on peut
aussi changer les émissions de certains gaz comme les
émissions de méthane. Ces écosystèmes jouent donc des
rôles très importants.

On a énormément de besoins, d’utilisations de l’eau. Si on


regarde l’évolution de la demande, de l’utilisation de l’eau de
1900 à 2000, on voit qu’elle n’a fait qu’augmenter, avec une

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augmentation de la population (2 milliards à 7 milliards de personnes). On voit aussi que l’eau a augmenté
proportionnellement plus vite que l’augmentation de la population. Car une grande partie de l’eau est utilisée
principalement pour l’agriculture et l’industrie. Avec le développement industriel qu’on a eu dans les années 50, cette
augmentation a été d’autant plus importante.

Grands problèmes liés à l’eau


Quand on parle de l’eau et de l’accessibilité à l’eau, il y a différents problèmes qui peuvent être mis en avant. 3
problèmes majeurs décrits ci-dessous.

1. Accès à l’eau : si on s’intéresse à l’échelle


globale, tout le monde n’a pas accès à l’eau de la
même manière.

Carte : elle représente les pourcentages de la


population qui a accès à une source
d’approvisionnement en « eau potable améliorée »
(l’OMS utilise ce terme – elle considère que c’est une
population qui a accès soit à un raccordement
immédiat à l’eau comme nous à la maison ou accès
soit à des puits forés, des puits creusés protégés ou
des sources protégées). On voit sur la carte toutes
les couleurs non bleues qui montrent des endroits
zones où moins de 83% de la population (ou moins
de 65% de la population pour les couleurs presque
oranges) a accès à une source d’eau potable
améliorée. On estimait en 2015 à +/- 2 milliards de personnes soit +/- 30% de la population mondiale sans accès à
l’eau potable. Cette proportion augmente d’autant plus jusqu’à 60% si on considère les personnes qui auraient accès
à des dispositifs d’assainissement qui soient gérés en toute sécurité.
Cela a des impacts, notamment pour la propagation des maladies. 80% des maladies dans les pays PEVD sont
véhiculées par l’eau.

2. Détérioration de la qualité de l’eau : à cause de l’augmentation des activités anthropiques, industrielles,


agricoles, les pollutions,… on a une diminution de la qualité de l’eau.

3. Absence de règles mondiales réellement contraignantes quant à la disponibilité ou la gestion de l’eau

Le premier forum de l’eau a eu lieu en 1997, puis 2e dans


les années 2000. On y discutait de l’accessibilité de
l’Homme à l’eau. Avec parfois des propositions pour
privatiser de + en + la gestion de l’eau. La plupart des
ONG s’y sont opposées parce que cela risque d’entraîner
de grandes disparités. En 2010, l’accès à l’eau potable a
été reconnu comme un droit fondamental par l’ONU.
Maintenant, un grand challenge c’est essayer de donner
un accès à l’eau au maximum de personnes dans un
esprit de rentabilité suffisante. Il va falloir trouver un
équilibre pour que cet accès soit disponible pour tous.

4
Propriétés particulières de l’eau

1. La molécule d’eau est une des seules substances que l’on retrouve dans les 3 phases sur terre : gazeuse,
liquide, solide

Si on regarde schématiquement comment sont


distribuées les molécules dans ces différentes phases, on
voit qu’en général les molécules en phase gazeuse ont
des arrangements qui sont assez aléatoires et les
molécules sont assez espacées les unes des autres.
Quand on va aller du gaz vers les autres formes, ces
molécules vont avoir tendance à se rapprocher et à
prendre une forme de + en + ordonnée.

Sur base du degré d’arrangement de ces molécules, on


va pouvoir calculer la densité de l’eau. C’est un paramètre
important parce que dans l’eau que l’on trouve dans une
colonne d’eau, l’eau de + faible densité se trouvera plutôt
en surface et l’eau de + forte densité en profondeur.

Généralement, les eaux de faible densité sont des eaux


chaudes. Les eaux de forte densité sont des eaux froides.
C’est la densité de l’eau qui va être responsable de la circulation de l’eau. On a une circulation globale dans les océans
qui permet le transfert de chaleur de l’Equateur vers les pôles. Toute cette circulation est due à cette densité de l’eau.

La densité peut être calculée comme la masse SUR le volume. La densité de l’eau pure à 4°C, elle équivaut exactement
à 1 kg par litre.

Quand on est à une pression constante, une substance va


changer de phase/d’état, soit en retirant soit en ajoutant de la
chaleur. Quand on va ajouter de la chaleur, on va augmenter
l’énergie cinétique des particules et donc elles vont pouvoir
se déplacer et vont s’écarter les unes des autres (si elles ne
sont pas comprimées). Quand les particules vont s’écarter,
leur volume va augmenter et donc leur densité va diminuer. A
l’inverse, quand on refroidit, les particules se rapprochent, le
volume diminue et la densité augmente.

Quand on suit ce raisonnement, on se dit que la densité d’un


solide est supérieure à celle d’un liquide et supérieure à celle
du gaz. Ca paraît logique. Mais si vous pensez au glaçon que
vous mettez dans le verre d’eau, est-ce qu’il coule au fond ?
La glace flotte sur l’eau. Ca veut dire que quelque chose ne fonctionne pas. Ca veut dire que il y a des forces
supplémentaires qui vont maintenir les molécules éloignées les unes des autres quand ces molécules se retrouvent
en phase solide. Et que la densité de la glace est inférieure à
celle de l’eau. C’est quelque chose que l’on observe mais qui
n’est valable que pour de l’eau pure (fonctionnera pas avec
eau salée!).

Ces forces sont dues aux ponts hydrogène. Ce sont des


relations qui (molécule d’eau formée d’atomes d’oxygène et
d’hydrogène et entre ces différents atomes vont se former des
relations qui sont les ponts hydrogène) vont maintenir les
molécules entre elles et vont leur donner une forme cristalline.

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Donc pour de l’eau pure/douce, on a un maximum
de densité observé à 4°C. Vous avez sur le slide
schématiquement l’arrangement que peuvent
prendre ces molécules dans l’espace pour
différentes températures.

Et puis, vous voyez l’évolution de la valeur de la


densité en fonction de la température. On peut
observer qu’il y a un maximum de densité qui
correspond à 4°C. Après cela, la densité va diminuer
parce qu’il va y avoir une augmentation du nombre
de ponts hydrogène entre les différentes molécules
qui vont de nouveau réespacer ces molécules et qui
vont expliquer que la glace a une densité inférieure
à celle de l’eau et qui explique que la glace flotte sur
l’eau.

Ceci ne vaut pas pour l’eau salée car bcp + d’ions présents dans l’eau. Quand on se balade à Bruxelles, on voit
régulièrement de la glace se former sur étangs. Par contre, en mer, c’est assez rare de voir la glace qui se forme sur
les océans. Ça peut arriver. La banquise est un exemple. Généralement, c’est quand il y a un refroidissement très
rapide. A ce moment-là, l’eau peut geler à la surface des océans. De manière générale, ce n’est pas ce qui se passe.
Dans ce cas-là, la densité de l’eau augmente en se refroidissant et l’eau plonge au fond. Cela entraîne la grande
circulation thermohaline, qui se propage dans tous les océans et permet le transfert de chaleur à l’échelle du globe.
Parce que la lumière n’arrive pas de manière homogène sur terre. On a plus de lumière au niveau des tropiques, moins
aux pôles. Donc température plus élevée au niveau des tropiques, plus faible aux pôles. Cette circulation océanique
(on a la même dans l’atmosphère) permet ce transfert de chaleur partout sur le globe.

Cette propriété de l’eau est donc importante car elle a beaucoup d’effets sur le fonctionnement, les circulations dans
les océans.

2. Comme expliqué, la molécule d’eau


existe dans les 3 formes (solide, liquide et
gazeuse) sur terre. Le passage d’une phase à
une autre dépend des chaleurs latentes de
fusion et d’évaporation. Donc les
températures auxquelles la substance va
passer d’une phase à l’autre. De manière
générale, ces différentes températures
d’ébullition ou de fusion dépendent du poids
moléculaire de la substance et du nombre de
liaisons dans cette substance. Normalement,
si on compare (cf graphe) différentes
molécules qui ont le même poids moléculaire.
Molécules H2O, H2S, H2Se, H2Te ont +/- le
même poids moléculaire donc à s’attend à
des températures de fusion et ébullition
proches. La température de fusion de l’eau
devrait être de -90°C et celle d’ébullition de
-68°C. Ce n’est pas le cas (on n’aurait pas les 3 formes d’eau sur terre). Les températures de 0°C et
100 °C pour fusion et ébullition sont dues à ces ponts hydrogène. Suite à leur présence, il faut plus de chaleur
pour briser ces liens entre les molécules pour passer de la phase liquide à gazeuse. A l’inverse, en
refroidissant, elles vont plus vite se solidifier parce que les liens vont aider à créer la forme solide et donc il

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faut moins d’énergie pour former de la glace. Les ponts hydrogène sont donc une caractéristique très
importante de la molécule d’eau.

Les ponts hydrogène font aussi que quand on nage dans l’eau, on a une résistance beaucoup plus forte que
si on fait le même mouvement dans l’air.

3. Inertie thermique élevée de la molécule d’eau


Elle peut emmagasiner beaucoup de chaleur. Vous avez déjà entendu parler des GES. Le premier GES
naturel, c’est la molécule d’eau. Cette molécule permet d’avoir une certaine stabilité de la température et
elle diminue les différences jour-nuit ou les différences de saison dans la température atmosphérique.

Les réservoirs en eau


L’eau est stockée dans des réservoirs importants :
les océans, les glaces, les eaux souterraines,
toutes les eaux douces (mers intérieures, lacs,…),
les cellules vivantes (plantes ou humains). Avec
des temps de résidence très variables (quelques
heures, quelques jours ou plusieurs centaines de
milliers d’années)

L’eau va circuler. On appelle ça le cycle


hydrologique de l’eau :
Eau dans les océans —> s’évapore dans
l’atmosphère (où il fait plus froid) —> condensation
—> une grande partie de l’eau reprécipite dans les
océans, une partie va précipiter au niveau des
continents —> là-bas, stockage dans les arbres, les
rivières, sous forme de neige, dans les sols,… —>
ensuite, évaporation ou évapotranspiration par
végétaux renvoie une partie dans l’atmosphère /
elle peut aussi simplement rester dans les lacs et
les rivières. Si l’eau se retrouve plus profondément,
elle peut être stockée dans des nappes
phréatiques. Et puis, on peut avoir des apports d’eau souterraine qui vont retourner aux océans. Le cycle hydrologique
de l’eau à l’échelle du globe (dans les différents compartiments continentaux, atmosphère ou océans) est complet.

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D. Bilan hydrique mondial
Le bilan hydrique décrit les flux d’eau qui entrent et sortent d’un système. Pour le calculer, on peut faire la différence
entre l’importance des précipitations qui tombent dans une région, l’évapotranspiration et les apports d’eau par
ruissellement ou d’éventuelles modifications de stock si on sait qu’on va pomper autant de cubes d’eau à cet endroit-
là.
De manière générale, parmi ces grands réservoirs, les
océans sont LE + grand réservoir d’eau. 90% de l’eau
évaporée au niveau des océans va directement
reprécipiter sur les océans. Le reste sur le continent.
1 partie va de nouveau être évaporée. La différence
sera fournie par les apports par les rivières ou par les
eaux souterraines. On a un cycle hydrologique qui est
+ ou - à l’équilibre.

E. Bilan hydrique l’échelle des continents

Le bilan hydrique varie très fort en fonction des


continents considérés. Les ressources en eau
d’un pays/continent dépendent du climat auquel
il est soumis. De manière grossière, les
précipitations sont très variables à l’échelle du
globe. Elles varient de 10 000 m3 à 10 000 000
m3 par km2. Les écoulements annuels (les

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écoulements représentent l’eau qui est vraiment disponible pour nos besoins >< celle de l’atmosphère ne l’est pas,
dans les eaux souterraines non plus) vont varier de la même manière, de quelques milliers à plusieurs millions de m3
par km2 et par an.

Je vous montre ici une carte d’une


modélisation représentant le débit
des cours d’eau à l’échelle du globe.
Plus c’est bleu, plus les débits sont
importants.

Différents biais sont associés à cette


étude. Il faut d’abord se rappeler les
hypothèses derrière le modèle. C’est
que le ruissellement continental allait
être fonction de l’importance des
précipitations et de l’évaporation aux
endroits considérés, de la
température, de la végétation (en
fonction de végétation, on retient + ou
– d’eau), des caractéristiques du sol
(qui induit qu’ils peuvent retenir + ou
– d’eau) et de l’élévation. De
nombreux biais sont reportés dans
l’étude : on n’a pas le même nombre de données partout (par ex. en région arctique, Afrique, Amérique du Sud), il y a
des erreurs dans les estimations des caractéristiques de surface et d’évaporation,… MAIS ce que l’on peut obtenir en
regardant la carte, c’est qu’on voit des différences très
importantes en disponibilité en eau d’un continent/d’une
région à l’autre. C’est plus une carte qualitative du
monde que réellement quantitative.

De la même manière, sous forme de chiffres, si l’on


regarde la disponibilité en eau (= ruissellement :
différence entre les précipitations et l’évaporation) en
fonction du continent, on voit que (que ce soit en mm ou
km3) disparités très importantes sur l’importance des
précipitations. C’est aussi le cas très fort pour
l’évaporation et donc dans le ruissellement. De manière
générale, on peut remarquer que le continent asiatique
et l’Amérique du Sud vont déjà représenter à eux 2 = plus
de la moitié du débit mondial des cours d’eau.

A l’inverse, l’Afrique ne représente que 10% de cette


moyenne globale. De manière générale, on observe un
pourcentage de précipitations qui ruisselle donc on a moins
d’évaporation dans l’hémisphère nord que l’hémisphère sud,
en particulier en Afrique où l’évaporation est très importante
et donc la disponibilité en eau est beaucoup plus faible.

Si on regarde l’évolution de la disponibilité en eau en termes


de ressources en eau par habitant, on voit à nouveau de
grandes disparités en fonction des continents mais on voit
aussi qu’entre 1960 et 2000, la disponibilité n’a fait que
diminuer partout, sur tous les continents. Diminution
importante des ressources en eau depuis 1900, en fait.

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1.3 Quantification des usages de l’eau
A- consommation globale L’eau peut être utilisée pour différents
usages. On va essayer de quantifier à l’échelle globale les usages de
l’eau qui sont faits. Si on regarde l’évolution de la consommation en
eau quel que soit le continent entre 1900 et 2024, on a en bleu le total,
en noir l’Asie, puis l’Amérique du Nord, l’Europe, l’Afrique, l’Amérique
du Sud et enfin l’Australie/Océanie.

Quel que soit le continent considéré, cette consommation a augmenté


et va continuer à augmenter. Dans cette consommation globale, 70%
de l’eau est consommée pour l’agriculture, l’irrigation,… 20% pour les
pratiques industrielles. Seuls 10% correspond à l’usage de l’eau pour
les besoins domestiques.

Agriculture
Quand on parle donc de l’utilisation de l’eau dans
l’agriculture, c’est principalement pour l’irrigation mais on a
remarqué actuellement que près de 80% de l’eau utilisée
dans l’agriculture est perdue par évaporation et n’atteint
jamais les racines des plantes.

Industrie
20% de l’utilisation mondiale d’eau
Quand on parle de l’utilisation de l’eau dans l’industrie,
on parle de l’eau utilisée pour la fabrication des produits,
l’élimination des déchets, génération d’électricité et toute
l‘eau de refroidissement ou réchauffement de certains
processus industriels (pour une gde part compte le
refroidissement de l’eau dans les centrales électriques).

Besoins domestiques
On ne parle pas simplement de l’eau qu’on boit. Les
besoins incluent : se laver, nettoyer, cuisiner, boire,
l’arrosage, les piscines (pas un gros problème chez nous
mais dans certaines régions ça pt représenter une plus
grande part dans les besoins domestiques pour l’utilisation
de l’eau.)

Si on regarde maintenant l’évolution dans le temps de la


consommation de l’eau dans ces différents secteurs, on
voit qu’en général, l’agriculture reste la consommation la
plus importante. Avant 1950, la consommation d’eau par
l’agriculture, elle représente + de 70% de celle-ci. Cette
consommation tend à augmenter mais
proportionnellement (par rapport aux différents usages de
l’eau) tend à diminuer et représente actuellement +/- 60%

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du prélèvement total. Le prélèvement de l’eau augmente de manière +/- corrélée avec les surfaces irriguées pour
l’agriculture. Quant à l’industrie, à l’inverse de l’agriculture, fortement augmenté au milieu des années 1950.
Développement industriel très important, pour se stabiliser et diminuer légèrement. Là où les prélèvements d’eau ont
augmenté le plus, c’est au niveau des besoins domestiques. Augmente constante proportionnellement par rapport aux
autres secteurs. Sont passés de 4 à 12% sur la période étudiée. Et puis, l’évaporation au niveau des barrages, parce
qu’on a construit bcp de barrages sur cette période.

Si on regarde pour ces différents secteurs, agriculture, industrie et besoins domestiques, la consommation globale par
secteur en fonction du continent montre de nouveau de grandes disparités, avec des proportions/usages de l’eau qui
vont varier d’un continent à un autre :

Mis sous une autre forme, on a la quantité en m3 d’eau utilisée en bleu pour l’agriculture, l’industrie ou les besoins
domestiques, en fonction du continent. Et une étude a regardé en fonction du revenu moyen des gens dans les
continents quelle proportion de l’eau était utilisée pour ces 3 secteurs. L’étude a montré que la proportion de l’eau
utilisée pour l’agriculture est d’autant plus importante que le revenu des gens est faible. Si on regarde l’Afrique, l’Asie,
on est d’accord que la quantité d’eau est moindre que celle utilisée en Am du Nord mais proportionnellement la quantité
d’eau utilisée pour l’agriculture par rapport aux autres secteurs est beaucoup plus importante qu’en Europe ou ailleurs,
où l’utilisation de l’eau pour l’industrie ou les besoins domestiques est beaucoup plus importante proportionnellement.

ð A nouveau, grande disparité au niveau de l’utilisation de l’eau en fonction du continent.

B- consommation individuelle d’eau


La consommation individuelle va varier très fort aussi d’un continent à
l’autre. Au niveau de la consommation directe (pour boire, pour cuire des
pâtes, laver ses vêtements…) la moyenne globale est 180
litres/jour/habitant. Va jusqu’à 250 litres/jour/hab dans les pays développés.
Notre consommation de l’eau, c’est aussi la consommation indirecte par
les produits que l’on consomme. J’ai pris ici l’exemple de l’agriculture. Les
produits consommés nécessitent un apport en eau. Celui-ci varie en
fonction du produit considéré. On peut ainsi comparer le besoin en eau pour
produire 1kg blé, riz, volaille, bœuf. La quantité en eau varie d’un ordre de
grandeur à un autre. 1,3 m3/kg blé / 2 m3/kg riz / 5,8 m3/kg volaille / 16
m3/kg bœuf
Donc notre régime alimentaire va avoir un impact très important sur notre propre consommation d’eau. Un calcul a été
fait pour comparer 2 régimes alimentaires (régime californien avec 64% de viande & tunisien avec 27% de viande). On
passe du simple au double pour la consommation d’eau, juste en raison du régime alimentaire.

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Quand on veut faire une projection, calculer les
consommations annuelles mondiales en eau, on doit tenir
compte de la croissance démographique mais aussi des
habitudes alimentaires.

Sur le slide, on voit étude qui montre le besoin en eau douce


pour une certaine population. Ils ont fait 2 estimations
différentes en considérant des régimes alimentaires
différents. Une consommation en eau pour un régime
alimentaire avec viande et un régime sans. Ceci en
considérant un certain nombre d’individus différents, quelle
est l’eau nécessaire et ils ont comparé avec la quantité
minimale ou maximale d’eau disponible à l’échelle du globe.
Ce qu’on peut voir, c’est qu’un régime alimentaire sans
viande restait jusqu’à 12 milliards de personnes inférieur à la
disponibilité minimale en eau alors qu’un régime qui
contenait de la viande dépassait la disponibilité maximale en eau.

C - empreinte sur l’eau


Sur base de cette consommation directe et indirecte, le
concept d’empreinte sur l’eau a été développé. Similaire au
concept d’empreinte carbone. L’empreinte sur l’eau, c’est
l’indicateur de l’usage de l’eau direct et indirect. Elle tient
compte de toute la consommation d’eau (pt être de l’eau
virtuelle utilisée pour produire ce que l’on va consommer).
C’était un exemple du nombre de litres d’eau nécessaires
pour produire 1kg de certaines choses. Le jour où j’ai préparé
cette slide, je n’ai plus jamais utilisé d’aluminium. (100 000
litres !) On ne se rend
pas compte à quel
point c’est
consommateur d’eau.

Notre régime
alimentaire (viande 16
000 litres) mais aussi notre consommation de vêtements (jeans qu’on achète
chaque année) vont avoir un impact important sur notre empreinte eau, notre
utilisation de l’eau.
Un exemple repris largement dans les médias = un calcul du WWF sur l’empreinte
d’eau d’une tasse de café. Ils ont estimé que c’est 140 litres d’eau. Il faut faire
pousser le plant de café, le
récolter, transporter, emballer,
vendre, préparer,… Dans leur
calcul, ils avaient pris la tasse aussi (même si celle-ci est réutilisable).
C’était pour avoir des chiffres et des images marquants pour quelque
chose de notre quotidien.

Utilisation de l’eau au travers de notre alimentation est beaucoup


étudiée actuellement. Une étude a comparé 4 régimes alimentaires
différents (1 régime européen moyen de référence assez équilibré, 1
régime un peu + sain avec moins de protéines animales, graisses
animales et huiles végétales, 1 régime végétarien et 1 régime
intermédiaire entre le régime sain et le régime végétarien, avec une

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consommation limitée de viande) pour voir quelle était l’empreinte eau de ceux-ci. Ce que l’on voit c’est que nos régimes
actuels européens ne vont pas pouvoir être soutenus par la disponibilité actuelle en eau. En mangeant moins de viande,
il est malgré tout possible de trouver un équilibre et rester en dessous du plafond eau virtuellement disponible.

L’empreinte eau a été schématisée à l’échelle


globale. Comme à chaque fois, on pt voir de
grandes disparités d’un continent à l’autre. Quel
que soit la question que l’on se pose ou
l’indicateur que l’on utilise. On a des empreintes
eau très importantes en Am du Nord et
beaucoup plus faibles en Afrique
subsaharienne ou en Asie.

1.4. Indicateurs de stress hydrique


Pour pouvoir calculer l’importance du stress hydrique (on
arrive à cette notion parce qu’on se rend compte que notre
manière de consommer de l’eau implique de consomme de
l’eau au-delà de la disponibilité ; si on veut que tout le
monde puisse consommer de l’eau comme nous, on est au-
delà de la capacité de l’eau disponible sur terre). Un certain
nombre d’indicateurs ont été développés pour essayer de
quantifier ce stress hydrique, auquel sont soumis une
région, un continent,…

La définition est « le moment à partir duquel la demande en


eau dépasse les ressources en eau disponibles. »

J’ai choisi 4 indicateurs différents. Il en existe d’autres. Je n’ai pas choisi ceux-ci parce que ce sont les meilleurs. Ce
sont ceux que j’ai trouvé à l’époque lors de mes recherches.

a. Indicateur de Falkenmark est basé sur une estimation de la


quantité de ressources en eau renouvelable (de nouveau, l’eau
renouvelable = eaux de surface ou souterraines) disponible en
moyenne par habitant et par an, comparée au besoin en eau
individuel calculé en prenant un pays développé, sous un climat
semi-aride comme référence.
En fonction des régions, ils ont regardé quelle était la quantité
d’eau renouvelable et l’ont comparée aux besoins calculés pour
un endroit bien précis. Sur cette base-là, ils ont défini des
normes. En dessous de 500 m3/personne/an, on est dans une
pénurie d’eau absolue. Entre 500 et 1000, pénurie d’eau
chronique. 1000 à 1700 stress hydrique régulier. Et + de 1700
stress hydrique occasionnel ou local.
Cet indicateur a comme avantages que intuitif, facile à
comprendre et données dont on a besoin pour le calculer sont disponibles. Limitations : ne tient pas compte des stress
locaux pour pouvoir accéder à l’eau ni des infrastructures disponibles et néglige les différences socio-économiques vu
qu’il ne calcule ça que comparé aux besoins que nous on en a.

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Sur base de cet indicateur, on voit que à l’échelle mondiale,
de manière générale, la situation la plus grave est en Afrique
saharienne.
Cet indicateur a été repris par l’OMS pour pouvoir aussi
étudier le stress hydrique. Ils ont repris la référence de 1700
m3 d’eau par an. Si un être humain a moins que cela, c’est
qu’il y a un stress hydrique. Il s’agit de pénurie si moins de

1000 m3 d’eau. Ils ne sont pas descendus jusqu’à 500. Si on


utilise cette base-là, on voit qu’il n’y a pas que l’Afrique
saharienne qui semble soumis à un stress hydrique
important. Il y a aussi l’Afrique subsaharienne et aussi l’Asie.

b. Indice de l’usage de l’eau en fonction de la ressource


Cet indicateur est calculé comme étant le rapport entre les
quantités d’eau utilisées et les ressources disponibles en un endroit.
Il tient compte davantage des différences géographiques.

RWD = prélèvement/eau accessible* x 100 (en pourcentage)

Plus cet
indicateur sera
élevé, plus le
stress subi sera
important. Ils
ont défini aussi
des normes (cf. slide) Va de stress faible à stress élevé.
Les eaux accessibles = les eaux de ruissellement ou les eaux
facilement accessibles à l’utilisation.

Sur cette base-là, voici une nouvelle carte. D’une carte à l’eau, on
voit des différences. En fonction de la manière dont l’indicateur est
calculé, on n’a pas la même chose. Ce que l’on voit dans toutes
les cartes, ce sont des disparités très importantes d’un continent à un autre. Continents qui sont, quel que soit
l’indicateur choisi toujours et de manière + régulière soumis à des stress hydriques importants. Sur cette carte-ci, toutes
les régions en rouge foncé sont celles dans lesquelles on considère qu’on a un stress hydrique (en bleu faible stress
hydrique). On voit que ce sont toujours les mêmes régions qui sont soumises à des stress hydriques bcp plus élevés.

c. Water poverty index (WPI)

(Lawrence et al., 2002)

Cet indicateur-ci tient compte de beaucoup plus de critères. Les autres étaient faciles à calculer mais qui tenaient peu
compte des différences spatiales ou socio-économiques.

14
Dans cet indicateur-ci, les auteurs ont proposé une
approche holistique qui tient compte :

- Accessibilité à l’eau par les individus (quantité,


qualité, variabilité)
- Ressources disponibles
- Usages faits de l’eau
- Capacité technique de gestion de l’eau
- Aspects environnementaux (intégrité écologique)

Le calcul est plus compliqué mais de manière générale,


Plus la valeur du WPI est élevée, moins l’eau sera limitante.
Les auteurs ont à nouveau proposé une carte à l’échelle
globale pour quantifier le stress hydrique. Bleu = stress hydrique peu important. Plus on va vers le rouge, plus régions
sont soumises à des stress hydriques importants. On retrouve Afrique et Asie, à nouveau.

d. Indicateur basé sur notion de water footprint


Basé sur la notion de l’empreinte eau que nous avons vue. L’indicateur va être calculé comme le rapport entre
l’empreinte de l’eau bleue dans le bassin (quantité d’eau directe et indirecte utilisée dans un bassin, dans un continent,
dans un pays) par rapport à l’eau bleue disponible au même endroit.
Eau bleue = l’eau qui se trouve dans cours d’eau de
surface ou les eaux souterraines
>< eau verte = eau consommée et évaporée par les
plantes
>< eau grise = eau polluée par les processus de
production.
Mais on considère que seuls 20% de l’eau bleue est
réellement disponible. Donc ce calcul ne se fait pas
sur les 100% de l’eau bleue disponible mais sur 20%.

Sur cette base, ils ont défini des critères. Quand on a


un index en dessous de 100%, ça veut dire que pas
de stress hydrique et qu’on utilise moins de 20% de
l’eau bleue disponible à l’endroit considéré.

Quand on a un faible stress, on est entre 100 et 150. Entre 150


et 200, stress + significatif. Sévère si plus de 200.

De nouveau, on peut refaire une carte. On voit plus ou moins la


même chose. Dans toutes les cartes que l’on a vues, on a vu
des différences. Ce que l’on a pu voir aussi c’est que cartes ne
sont pas uniformément vertes ou bleues. On voit qu’il y a bcp
d’endroits qui actuellement subissent des stress hydriques,
avec des populations soumises à un manque d’eau important,
ce qui a des conséquences sur les populations et a des
conséquences géopolitiques

15
1.5. Conséquences géopolitiques du stress en eau
A- Migrations
Il va y avoir des migrations pour différentes raisons. L’une d’elles c’est
l’augmentation du niveau de la mer. C’est quelque chose que l’on va
voir de plus en plus.
→ Hausse du niveau des mers
Celle-ci va être liée à l’augmentation de la température et à la fonte
des glaciers des montagnes et des calottes polaires.
Cette augmentation ne va pas être identique partout mais on s’attend
à une élévation (on ne pourra pas y échapper) de 0.5 à 1 mètre d’ici
la fin du siècle. On va avoir des territoires qui vont être recouverts par
l’eau mais on aura aussi une contamination des nappes d’eau
phréatiques par de l’eau salée.

Les régions qui vont être principalement touchées sont en rouge sur la carte. Ce sont toutes les régions côtières et
deltaïques, qui sont en contact avec les océans.

→ Baisse des précipitations, sécheresse


Une 2e raison qui va entraîner des migrations de population, c’est l’inverse : sécheresse et baisse des précipitations.
On va avoir des gens qui vont avoir des problèmes d’accès à l’eau, une augmentation du stress hydrique. En général,
ce sont les régions où on a déjà des stress hydriques. Cela va s’aggraver.

- Problèmes d’accès à l’eau: augmentation du stress hydrique


- Combinés à la hausse du niveau des mers
- Principalement en Afrique subsaharienne, en Asie septentrionale, en
Amérique centrale

→ Evénements climatiques extrêmes


3e raison que l’on voit de plus en plus se produire actuellement suite au changement climatique. Ce sont les
évènements climatiques extrêmes qui vont aussi obliger populations à se déplacer.

B- Conflits
A côté des migrations mais liées à celles-ci, on a aussi des
conflits qui émergent suite aux stress en eau. Peuvent être des

conflits intranationaux (crise environnementale ou quand


ressource se raréfie), conflits frontaliers (si rivières/fleuves
passent par différents pays et certains décident d’installer
des barrages pour détourner l’eau), conflits internationaux
(entre pollueurs et payeurs comme on le voit suite à des
accidents/pollutions en mer). La carte montre régions qui ont une pénurie en eau en orange et en rouge. Ce sont
celles où les prévisions pour 2025 prévoient des pénuries en eau +/- importantes. En bleu, régions où peu de pénurie

16
en eau. Les petites étoiles = endroits où on a déjà répertorié des conflits dus à l’eau. On voit que dans tous les endroits
où on répertorie un stress hydrique important, on retrouve les conflits liés à la disponibilité en eau. Très peu en Europe
ou en Am du Nord ou Russie.

1.6. Qualité de l’eau


On a beaucoup parlé de quantité d’eau. Passons à la
qualité de l’eau. Celle-ci va être modifiée par les activités
humaines exercent des pressions multiples (liées à nos
usages mutliples) sur les écosystèmes aquatiques.

Une 1re pression intuitive/évidente : rejets d’eaux usées,


polluées pouvant contenir pesticides, métaux lourds,
matière organique (MO), phosphate et du nitrate.

La modification de la qualité peut aussi provenir de


l’aménagement des cours d’eau (par le dragage pour être
utilisé dans l’industrie, la canalisation des cours d’eau,
l’endiguement ou la modification de la trajectoire d’un cours
d’eau)

La qualité de l’eau et les organismes qu’on y trouve vont être modifiés aussi par la pêche (et surtout de la surpêche)
Prélèvement de l’eau (pour les activités agricoles, industrielles, domestiques)
Changement d’utilisation du territoire (en fonction de l’utilisation du territoire, on va avoir des apports d’eau ou de
matière organique qui vont être différents donc la déforestation, les cultures intensives vont modifier les apports d’eau
dans les rivières)
Tourisme
Changements globaux (principalement l’augmentation de la température)

Carte : à l’échelle mondiale, on représente les activités


humaines cumulées sur les écosystèmes aquatiques. Les
auteurs ont essayé de tenir compte de la plupart des
activités humaines sur les océans. On peut voir que les
zones très peu impactées (en bleu) sont très limitées.
Quasi tous les océans sont impactés, voire très fort
impactés par les activités humaines.

Les pressions anthropiques vont :

● Modifier les propriétés abiotiques (pas les


organismes, pas ce qui est vivant mais les
propriétés physicochimiques de l’eau) – ce sont
ces propriétés qui vont déterminer quels
organismes on trouve dans un écosystème (en
modifiant les propriétés physicochimiques, on
modifie les organismes présents et donc la
structure et le fonctionnement de l’écosystème)
● Modifier le cycle de l’eau, qualité de l’eau, température, salinité et lumière disponible dans l’eau
(caractéristiques importantes pour les organismes qui y vivent)

17
● Modifier les propriétés biotiques (càd qu’elles peuvent
directement modifier les organismes présents dans ces
écosystèmes, soit en retirant des organismes par la pêche
ou surpêche, soit en introduisant de nouveaux organismes
—> généralement, quand on introduit une espèce en
dehors de son milieu naturel, celle-ci peut devenir invasive
et prendre la place des espèces habituellement présentes
dans l’écosystème)

Tout d’abord, nous allons voir comment les pressions anthropiques modifient les propriétés abiotiques des
écosystèmes aquatiques.

A - cycle de l’eau et ses perturbations


La première chose que nos activités humaines
peuvent modifier, c’est une modification
quantitative du cycle de l’eau. Donc les quantités
d’eau disponibles dans les différents réservoirs
d’eau à l’échelle du globe.

Ici, c’est une autre image qui permet de voir les


différents réservoirs d’eau et les différentes
activités que l’on trouve sur les continents
(irrigation, urbanisation, désalinisation,
transpiration).

Les différentes activités modifient le trajet,


l’importance de l’eau qui va transiter dans les
différents compartiments du globe. La 1re chose,
c’est qu’en modifiant l’utilisation du sol par les pratiques agricoles de manière générale, on va augmenter le
ruissellement (avec la déforestation, l’utilisation + intensive du sol,…). On va augmenter l’importance de l’eau qui va
se retrouver dans les rivières et augmenter les inondations car le sol ne sait plus absorber comme avant l’eau. En
déforestant, on diminue l’importance de l’évapotranspiration des plantes. En puisant de l’eau dans les nappes
phréatiques, on va diminuer les quantités qui y sont présentes, jusqu’à en épuiser certaines.

On peut aussi modifier le trajet de l’eau en détournant les cours d’eau. Donc, ça peut amener (on a des petites rivières
qui se jettent dans des fleuves, etc.) des baisses du débit de fleuves et l’assèchement de certains fleuves ou rivières.
Et puis, avec l’augmentation de la température, on va avoir une fonte accélérée des glaciers. Et un déplacement de
l’eau de ceux-ci qui va se retrouver dans les océans et être
responsable de l’augmentation du niveau des mers.

La modification de la température va aussi avoir d’autres


csq sur les mouvements atmosphériques et l’importance
des précipitations aux différents endroits du globe, avec
une augmentation des précipitations aux hautes latitudes.

Ceci, c’était pour les modifications en termes de quantité.


A côté de cela, il y a les modifications au niveau de la
qualité.

18
B- Modification de la qualité de l’eau

L’augmentation de la turbidité peut être


causée aussi par nos activités humaines.

Turbidité = la quantité de matière de


substances en suspension dans l’eau qui
vont diminuer la quantité de lumière
disponible dans l’eau. Donc on va avoir une
augmentation des apports de matière
organique ou de substances dans l’eau avec
une diminution de la disponibilité en lumière. Or, la lumière est nécessaire pour pouvoir faire la photosynthèse. Les
organismes qui sont à la base de la production (que ce soit continentale dans les écosystèmes aquatiques), ce sont
les producteurs primaires (plantes, algues,…) qui vont faire de la photosynthèse. Celle-ci consiste à transformer/utiliser
l’énergie lumineuse et le CO2 pour le transformer en MO. C’est à la base de la production d’un écosystème.

On peut avoir une contamination par les pesticides de l’eau et des sédiments + des pollutions par les métaux lourds
è vous verrez ces différents points avec M. Servais

On peut avoir aussi une augmentation de l’acidité de l’eau et un enrichissement en nutriments et l’eutrophisation.
(M. Godden et M. Servais vous en parleront aussi. J’en parle brièvement.)

L’augmentation en nutriments et l’eutrophisation. On entend


par nutriments = l’azote et le phosphore

Les producteurs primaires ont besoin pour former de la


biomasse d’énergie, de carbone (sous forme de CO2) mais
aussi d’autres éléments : les nutriments. L’azote et le
phosphore leur permettent de former des acides aminés, les
molécules fonctionnelles de ces organismes.
L’eutrophisation, c’est quand dans un écosystème ces
apports de nutriments vont être très fort augmentés suite à
des apports dus principalement à des activités anthropiques
comme l’agriculture (parce qu’on retrouve ces nutriments
dans les engrais agricoles). Comme on a bcp de pertes et de
lessivage, tout cet azote et phosphore (surtout le 1er) se
retrouvent dans les rivières et les océans. Cela enrichit les milieux aquatiques en substances nutritives. C’est un
phénomène naturel que l’on peut observer par ex. dans un lac, au fur et à mesure du temps, sur des échelles de temps
assez longues, ceux-ci vont être enrichis en MO donc en nutriments. L’eutrophisation anthropique dont je veux vous
parler est culturelle. Celle-ci fait qu’on a un apport de nutriments très important en un très court laps de temps.

Cela a été observé dans la plupart des eaux continentales ou côtières des pays insutrialisés depuis le milieu des
années 50, avec l’augmentation de l’industrialisation et de l’agriculture (et de l’utilisation des engrais). Rejets de + en
+ importants d’azote et phosphore dans ces eaux qui ont conduit à l’eutrophisation des eaux, càd une augmentation
de la production primaire, l’augmentation des algues dans ces écosystèmes. Quand la production primaire est très
importante, ou quand on a des déséquilibres importants dans les apports de nutriments, on peut voir l’apparition
d’efflorescences algales (algues indésirables).

19
Je parle de déséquilibre car les organismes des algues ont besoin de carbone, d’azote, de phosphore mais certaines
ont besoin de silice aussi. Ce sont les diatomées. Généralement, ce sont des organismes peu toxiques, ont des tailles
adaptées pour être mangées par les organismes
supérieurs. Donc généralement, cette production primaire
se transfère facilement aux niveaux trophiques supérieurs,
qui stimule la production secondaire puis la production de
poissons. Quand on amène bcp plus d’azote et phosphore
par rapport à la silice et par rapport aux besoins naturels
des organismes, on favorise l’apparition d’efflorescences
algales très importantes qui peuvent être toxiques ou
nuisibles. On a par exemple les dinoflagellés2 qui forment
des efflorescences algales qui peuvent être rouges, vertes,
très spectaculaires. Certaines sont toxiques, d’autres pas.
On en a sur les eaux côtières de la Manche et la mer du
Nord, surtout en France où beaucoup d’ostréiculture
(élevage huîtres), production de mollusques, moules,… Ils
ont des réseaux de surveillance pour voir l’apparition des
algues toxiques parce que les moules vont filtrer les algues
et accumuler ces toxines, parce qu’on s’est rendu compte
qu’avec l’eutrophisation il y a une production de + en + importante de ces algues toxiques.

On a aussi à côté de la production d’algues indésirables. Elles ne sont pas vraiment toxiques mais ont des effets
indésirables sur l’écosystème aquatique. A la mer du Nord, aux alentours du mois d’avril, on peut observer (pas toujours
aussi spectaculaire que sur photo) de la mousse sur les plages chaque année. Cette mousse est due à des
efflorescences algales très importantes de phaeocystis. Ce sont des petits nanoflagellés (on ne peut les voir qu’au
microscope). Algues toutes petites mais qui quand elles sont dans des conditions où beaucoup d’azote et phosphore
(surtout le 1er) forment des colonies, se mettent ensemble. Elles vont avoir autour des colonies du mucus, qui est du
carbone pour les protéger. Elles vont atteindre des tailles de plus en plus grandes et donc ne peuvent plus être
mangées par les organismes supérieurs (zooplancton, copépodes3) donc elles vont s’accumuler dans la colonne d’eau.
Puis, avec mouvement des vagues, elles vont faire une accumulation de mousse qui a une odeur désagréable liée à
présence de soufre (DMS). Cela fait des amas de mucus dans la colonne d’eau et sur les plages. Pas toxique mais
effets indésirables —> pas mangé par les organismes donc on a beaucoup de production primaire mais elle ne va pas
être transférée aux niveaux trophiques supérieurs. On n’aura pas d’effet bénéfique sur la production de poissons.
D’après études/sondages (beaucoup étudié en mer du Nord, interrogé les pêcheurs comme c’est massivement observé
depuis plusieurs dizaines d’années), on sait que ça colmate les filets de pêche, pour le tourisme, ce n’est pas très
attractif non plus.

Donc l’eutrophisation apporte des matières nutritives qui peuvent augmenter la production de l’écosystème mais va
favorise des espèces qui ne sont pas spécialement intéressantes ou qui n’ont pas d’effet bénéfique sur le reste de
l’écosystème. Et donc l’eutrophisation a des effets sur les biens et services rendus par les écosystèmes.

2
Les dinoflagellés sont des microalgues unicellulaires de couleur rouge-orangé et de taille moyenne ou petite, entre 3 et 50 microns. Leurs deux flagelles leur permettent d’effectuer de relatifs déplacements tournoyants et des migrations verticales. Aussi connus
sous le nom de dinophycées, ils appartiennent à la famille des phytoflagellés et sont apparus il y a plus de 400 millions d’années. Environ 3000 espèces sont actuellement connues et de nouvelles sont régulièrement découvertes. Particulièrement abondants dans les
régions tempérées et polaires, les dinoflagellés sont présents dans le monde entier et vivent, isolés ou en colonies, dans les eaux marines ou saumâtres. Se développant habituellement du printemps à l’automne, ils apparaissent aujourd’hui également de plus en
plus souvent toute l’année. Comme toutes les microalgues, ils se reproduisent par division cellulaire : une cellule mère donne deux cellules filles toutes les 12 à 36 heures. Les dinoflagellés occupent une place importante (après les diatomées) dans la contribution à
la production primaire, alimentation de base de la chaîne alimentaire marine qui va jusqu’aux gros poissons et aux grands mammifères marins.
3
Les copépodes sont un groupe de petits crustacés, libres et parasites, vivant dans l'eau de mer et dans presque tous les habitats d'eau douce. En mer, ils forment la base du plancton et la nourriture des poissons.

20
● Augmentation de l’acidité des eaux

Autre modification de la qualité de l’eau dont on parle


beaucoup, liée au changement climatique.
L’augmentation de température dans l’atmosphère due à
une augmentation de la concentration en GES, en
particulier en CO2. Or, les écosystèmes aquatiques
absorbent une quantité importante de CO2. Plus on va
avoir de CO2 dans l’atmosphère, plus on en a dans l’eau.
Un équilibre se crée entre les 2.

Une fois que le CO2 se retrouve dans l’eau, il modifie les


conditions physico-chimiques de l'écosystème. Avec
l’augmentation de la concentration en CO2 dissout dans
l’eau, il y a l’équilibre des carbonates (le carbone peut
se retrouver sous différentes formes dans les océans),
quand le CO2 réagit avec l’eau, il va produire des ions H+ qui vont diminuer le pH de l’eau donc qui vont acidifier un
peu les eaux. Elles ne vont pas devenir acides mais le pH actuel de l’eau est autour de 8. Il va diminuer un peu. On ne
pourra pas sentir que c’est acide en trempant son pied dedans. Mais ces modifications de propriétés physico-
chimiques, des petits changements de pH peuvent avoir des effets importants sur la capacité de l’écosystème à encore
absorber du CO2 mais aussi sur les organismes de cet écosystème.

Avec le CC, il y a eu pas mal d’études pour voir quel était l’effet de l’augmentation de la concentration de CO2 dans
l’eau sur les organismes qui vivaient dans l’eau. Ici, ils ont regardé quel était l’effet sur les coccolithophoridés4. C’est
du phytoplancton de très petite taille. Caractérisé par le fait qu’autour de sa cellule, l’organisme a des plaques calcaires
formées de carbonate de calcium. La dissolution/formation du carbonate de calcium dépend du pH. Ils ont fait des
expériences où ont modifié la concentration en CO2. Expériences qui datent un peu parce que la concentration actuelle
de CO2 dans l’eau se rapproche plus de 400 que de 300 mais à l’époque ils étaient passés de 300 à 815 ppm. On
peut voir que les organismes survivent encore mais ils n’ont plus du tout la même tête que dans des conditions
acceptables. Cela veut dire que cela modifie fort leur capacité de croissance, leur taux de production,…

Cela a été fait aussi sur des oursins. Les conditions utilisées étaient bcp + drastiques. Ca a un effet un peu + irréaliste
mais ils voulaient voir à partir de quand on pouvait voir les effets de l’augmentation de la concentration en CO2.
A force de faire ces études, on s’est rendu compte que c’est comme pour tout. Il y a des organismes qui ne sont pas
du tout tolérants à une telle augmentation. Certains ne vont pas du tout être impactés. D’autres vont s’adapter,… Mais
il faut se rendre que cela va avoir des implications sur les organismes. Et surtout sur la capacité de l’océan à continuer

4 Algue marine unicellulaire rencontrée principalement dans l’Atlantique nord.

21
à absorber du CO2. C’est grâce à l’absorption du CO2 par les écosystèmes aquatiques que l’on a une augmentation
de la température, un réchauffement gérable jusqu’à présent. Enjeu important donc.

● Modification de la température

Un autre effet lié aux activités anthropiques, c’est la


modification de la température. Il y a tout d’abord
celle qui est en lien avec ce dont je viens de vous
parler : suite à l’augmentation des GES, on a une
augmentation globale de la température
atmosphérique et donc dans l’eau aussi. Mais on a
également, de manière + locale, des modifications de
la température des rivières, ou des zones côtières,
liées directement aux processus industriels, avec le
rejet des eaux (de refroidissement, de
réchauffement,..). Vont avoir un impact direct sur la
température des écosystèmes. Et donc, il y aura un
effet sur les organismes parce que les organismes ont
aussi des gammes de température auxquelles ils sont
adaptés pour se développer et pour vivre.
La modification de la température va avoir un effet sur le niveau de la mer, avec une augmentation du niveau de la
mer.
Un effet bien connu sur les organismes, dont on parle régulièrement, c’est le blanchissement des coraux. Avec cette
augmentation de température, ils vont avoir tendance à mourir car c’est une symbiose entre un corail et une
zooxanthelle (un organisme qui vient à l’intérieur) et qui ne tolère pas des grandes variations de température. Pour se
protéger de ces variations, le corail va produire des antioxydants qui vont être mauvais pour la zooxanthelle. Les
zooxanthelles finissent par être expulsées des coraux et ceux-ci vont mourir. A l’échelle du globe, on voit que
l’augmentation de température déjà subie jusqu’à présent a entraîné une mortalité très importante des coraux.

Des modèles mathématiques faits pour essayer de voir les projections futures de la mortalité des coraux. Sur le slide,
on voit les résultats de 2 modèles. Projections sur les coraux qui subissent un stress thermique important. Plus on se
rapproche du gauche, plus le stress thermique subi est important, à l’horizon 2030-2039 ou 2050-2059. On peut voir
que, quel que soit modèle choisi, quasi tous les coraux recensés ou représentés dans le modèle subissent des stress
thermiques et ces stress seront d’autant plus importants en 2050.

Quand on fait des projections futures, il y a différents types de scénarios. Généralement, on a le scénario business as
usual puis scénarios + optimistes (on favorise un peu + le local,…). Dans cette modélisation, c’est qu’ils avaient fait
c’est choisir un scénario avec un monde très hétérogène, réel avec une augmentation de la population mondiale en
continu et une croissance économique à vocation régionale. Ils n’ont donc pas pris ici un scénario business as usual

22
catastrophique. On essaie ici d’avoir une utilisation + régionale de nos consommations. C’est un scénario plausible.
On peut voir que la modification de la température risque à terme d’avoir un impact très très important sur les coraux.

C- Directive cadre EAU 2000/60/CE


Pour pouvoir légiférer autour de cette gestion de l’eau,
différentes législations ont été mises en place. Une d’elles
est la Directive cadre EAU, mise en place pour les eaux
continentales. Elle fournit un cadre de gestion cohérent pour
toutes les législations relatives à l’eau. Parce qu’il y a
énormément de législations relatives à l’eau. Jusque dans
les années 2000, elles étaient gérées de manière
relativement indépendante. La directive a fourni un cadre
pour essayer d’intégrer les différentes législations portant
sur les pesticides, directives d’habitat, traitement des eaux
polluées, la directive nitrate,…

L’objectif de la directive cadre quand elle avait été énoncée


en 2000, c’était à cf. slide ci-dessous

L’objectif était d’atteindre pour 2015 un bon état écologique de ces eaux. Dans le cadre de cette directive, on avait
intégré le fait qu’il fallait absolument une coopération entre les différents pays (et les régions des pays entre elles). On
essayait aussi de faire participer bcp + activement les ONG, les communautés locales dans les activités et la gestion
de l’eau. L’objectif pour 2015 (décrit selon certains critères) n’a pas été atteint pour l’ensemble des eaux. L’objectif
d’atteindre le bon état écologique a été reporté à 2021 ou 2027.

Je suis allée voir des rapports de la Région wallonne


l’année passée pour voir un peu où on en est. J’ai trouvé
un graphique qui montre le bon état écologique des
masses d’eau en Région wallonne. Ils avaient fait un bilan
dans une situation initiale en 2008. Ils montraient leurs
objectifs pour 2015. Ca doit être un rapport de 2014.
Avaient prévu le fait que bon état était prévu pour 2015
mais 2021 et 2027 étaient les échéances possibles futurs.
Ils prévoyaient déjà pour 2015 une légère amélioration.
Eaux en très bon état écologique sont en bleu foncé. Bleu
atténué = état moins bon. On voit qu’ils avaient une
amélioration des eaux mais qui était loin d’être
significative par rapport à l’état initial. L’idée était d’avoir une amélioration significative d’ici 2021 et 2027. Je ne sais
pas où ça en est mais on a cette directive. Il y a une obligation légale d’atteindre un bon état écologique des eaux.

23
D- Directive cadre stratégie marine européenne
On a la même chose pour les eaux marines dans le
cadre de la Directive cadre stratégie marine
européenne. A été adoptée en 2008, avec l’idée
d’atteindre un bon état écologique pour les mers en
2020. Celui-ci est basé sur 11 descripteurs différents.
Ils sont de tous types ex. le 2e = le nombre d’espèces
non indigènes. Le 5e = l’eutrophisation. Dans ce
descripteur-là, on a des concentrations maximales en
nitrate, phosphate, chlorophylle ou par ex. pour la
zone côtière belge en nombre de phaeocystis à ne pas
dépasser.
Descripteurs listés ci-contre.
Maintenant, on a une obligation d’atteindre ce bon état
écologique sous peine de contraintes.
Ca, ce sont les 2 grandes directives existant dans le
cadre de la gestion de l’eau en Belgique et en Europe.

1.7 Quelles projections des ressources en eau pour 2025 et 2050?


On a vu les cartes passées. Si on veut essayer de prédire les ressources en
eau disponibles dans le futur, la première chose dont on doit tenir compte
c’est évolution de la population mondiale. A priori, elle va continuer à
augmenter. La 2e chose, ce sont les changements climatiques.

Différents modèles ont été développés pour prédire ces ressources en eau,
à l’échéance 2025 ou 2050. Je vais vous montrer les résultats obtenus par
un modèle. Dans celui-ci, ils tiennent compte des paramètres suivants :
croissance de la population et le changement climatique. Ils ont fait 3
scénarios. Un scénario de référence = l’année 1985 (en considérant une
année climatique moyenne). Parmi les 3 scénarios, 1 où on considère le
climat de 2025 mais la population de 1985 (pour mettre en avant le CC) ; 1 scénario où on considère le climat de 1985
mais la population de 2025 ; 1 scénario où on considère l’augmentation de la population estimée et le changement
climatique estimé pour 2025. Quel que soit le continent, on a une augmentation de la population qui reste toutefois
limitée en Europe (population vieillissante donc
augmentation plus restreinte).

Quand on s’intéresse au changement climatique et aux


effets que ça peut avoir sur la quantité d’eau disponible,
on peut voir que l’on a entre 1985 et 2025 une diminution de la quantité d’eau disponible par an, excepté en Europe
ou en Am du Nord. Assez restreint car les CC prévus pour 2025 sont moins importants ou en tout cas l’effet qu’ils
peuvent avoir sur la quantité d’eau disponible (on aura peu changé nos pratiques agricoles, nos utilisations dans
l’industrie,…) sera peu élevé. Pour estimer l’effet que cela peut avoir sur la disponibilité en eau, ils ont utilisé le 2e

24
indicateur que j’ai présenté, l’indicateur calculé sur base du rapport entre l’eau consommée et l’eau disponible en un
endroit. Ils ont regardé en fonction des différents scénarios considérés, des différents continents, quel était le
changement de la valeur de cet indicateur. Les chiffres sont un %age (augmentation ou diminution de la valeur de cet
indicateur). Plus l’indicateur est élevé, plus le stress hydrique est important.

Le scénario 1 est celui qui a l’effet le moins important sur le stress hydrique par rapport aux 2 autres mais il a tendance
à déjà augmenter le stress hydrique auquel seront soumis les continents africain, asiatique et australien (pas
spécialement en Europe et Am du Nord). Scénario qui intègre impact du changement climatique et augmentation de la
population, on voit une augmentation très importante du stress hydrique sur l’ensemble des continents. Donc les cartes
que je vous ai montrées avec les différents indicateurs de stress hydrique, elles seront encore plus dans le rouge d’ici
quelques années. Les changements que l’on va subir en termes de CC et population ne vont faire qu’augmenter le
stress hydrique déjà subi.

Vous pouvez voir aussi les résultats obtenus avec un autre type de modélisation, sur un autre type d’index mais cela
montre la même chose. Compare le stress hydrique estimé en 2000 et en 2050. On voit de nouveau les continents
déjà soumis à des stress hydriques importants qui vont voir ceux-ci s’aggraver.

1.8. Approche intégrée de la gestion de l’eau


Si on regarde à l’échelle globale en comparant les continents, on
se rend compte des disparités importantes et que l’on utilise
énormément d’eau. A priori, il y a un manque important d’eau qui
peut être observé, même si ce n’est pas encore à l’échelle globale.
Sur cette base-là, la gestion de l’eau est une problématique
actuelle et importante.

Il faut donc approcher la gestion de l’eau de manière intégrée.


Aussi bien dans les moyens ou au niveau des acteurs impliqués
dans cette gestion de l’eau. La 1re chose qu’on peut essayer de
faire, c’est essayer de préserver l’eau. Pourquoi préserver? Au fur
et à mesure que l’eau s’épuise, on va devoir aller chercher de l’eau
dans des endroits de + en + inaccessibles et donc prix va devenir de en plus élevé donc on a intérêt à garder l’eau qui
est actuellement disponible plutôt qu’essayer de traiter l’eau polluée. L’idée est aussi de pouvoir la garder à un prix
raisonnable. 1/3 de la population mondiale n’a pas accès à l’eau potable. Si on augmente le prix encore + pour atteindre
une eau potable de qualité, ce sera encore plus problématique. Ces personnes n’y auront pas accès. Il faut donc
trouver des moyens de préserver l’eau.

25
Ce n’est pas juste réduire notre consommation de l’eau par individus, seulement 10%. Comme montré, 70% de l’eau
va dans l’agriculture. 20% dans l’industrie. On peut aider en changeant notre manière de consommer mais c’est surtout
dans les industries et les pratiques agricoles qu’il faut agir.

On a vu que l’on utilise bcp d’eau dans l’agriculture pour


l’irrigation mais on a remarqué que 80% de cette eau est
perdue avant de pouvoir être réellement utilisée par les
plantes. Une piste pour préserver l’eau en agriculture, c’est
d’essayer d’améliorer l’efficacité de l’irrigation. Il y a des
techniques qui sont proposées pour améliorer les systèmes
d’irrigation. On a des systèmes d’irrigation au goutte à goutte
par exemple qui permettent de limiter la quantité d’eau utilisée
et s’assurer que l’eau soit vraiment utilisée par les plantes.

On peut aussi diminuer les pertes de la production à la


consommation puisque on a beaucoup de production qui est
perdue parce qu’on jette énormément, on ne consomme pas
tout ce qui est produit. On peut diminuer les pertes en modifiant notre manière de consommer.

Au niveau de l’industrie, bcp d’industries ont déjà essayé de mettre en place des techniques pour essayer de conserver
eau. Cherchent à utiliser l’eau plusieurs fois plutôt que la rejeter dans les écosystèmes aquatiques. Ils mettent en place
des techniques pour pouvoir recycler l’eau de refroidissement ou les eaux usées.

Au niveau de nos besoins domestiques, on peut aussi réfléchir à notre consommation personnelle et notre manière
d’utiliser l’eau pour essayer de la préserver.

La 2e manière de gérer l’eau si on ne peut pas


la préserver, c’est la traiter. On a déjà mis en
place (de manière efficace dans nos pays
industrialisés) des traitements d’épuration des
eaux usées (on verra ça en détail avec M.
Servais). On a différentes types de traitement
(primaire, secondaire, tertiaire) qui permettent
de traiter les pollutions dans l’eau, diminuer la
quantité de matière en suspension (MES) dans
l’eau, la MO, l’azote, le phosphore. Aussi
traitements pour désinfecter par rapport aux
contaminations biologiques éventuelles. Il
existe aussi des traitements de potabilisation
de l’eau.

De manière générale, dans certains endroits, la


préservation, le traitement de l’eau n’est/ne
sera pas suffisant pour prévenir le manque
d’eau donc faut imaginer d’autres manières d’obtenir de l’eau. Ce que j’ai vu :

● Transport d’eau potable par camions


● Désalinisation : on retire le sel de l’eau marine -> cela consiste à chauffer l’eau, récolter la vapeur d’eau sans
les sels mais énergiquement, ces traitements sont très coûteux

Que ce soit l’un ou l’autre, c’est coûteux. Cela ne va pas pouvoir être mis en place dans des régions où déjà grand
stress hydrique. Le prix de ces solutions va être un obstacle. N’ont pas les moyens de financer cela.

26
Je suis sûre qu’il existe encore d’autres solutions. Etudiante mentionne des filets dans pays où beaucoup de brume (et
peu de pluie) qui permettent de récupérer de l’eau. La prof ne connaît pas l’efficacité de cette méthode.

Il va falloir maintenant être ingénieux et


trouver d’autres solutions. La première
chose la plus utile et facile est de diminuer
notre consommation. Je vous ai montré qu’il
y a beaucoup d’eau sur terre mais c’est une
réserve finie. On ne peut pas en créer plus
que ce que nous avons. Les réservoirs dans
lesquels on a de l’eau douce sont peu
importants par rapport à la quantité qu’on a
sur terre. Donc je pense qu’il y a une
réflexion importante à mener à la base.

Dans le futur, ces questions vont être


critiques à aborder dans la gestion de l’eau.

D- Approche intégrée à l’échelle de l’écosystème

Il faut une approche intégrée à ces questions.


Si vous vous souvenez du cycle de l’eau, celle-ci va
passer dans différents réservoirs qui sont tous
connectés les uns autres. Quand on veut s’attaquer à
un problème, à la gestion d’un écosystème aquatique.
Généralement, on voit que cet écosystème n’est pas
déconnecté des autres.
Si on s’intéresse à des zones particulières, par ex. les
zones côtières, celles-ci sont sous l’influence de
l’atmosphère, des zones océaniques, des estuaires.
Les estuaires sont sous l’influence des rivières. Les
rivières sont sous l’influence de toutes les activités
anthropiques que l’on a sur le continent.
Et donc, quand on s’intéresse au fonctionnement ou
à la gestion d’un écosystème aquatique, il faut pouvoir
tenir compte de la complexité, de l’interaction entre
les écosystèmes, les acteurs qui vont entrer en jeu
dans la gestion ou dans l’utilisation de ces différents
écosystèmes.
S’intéresser aux écosystèmes aquatiques demande aussi de s’intéresser aux écosystèmes continentaux, à l’agriculture
et donc à des acteurs très différents. Cela demande donc une vision plus intégrée, plus large que juste celle que l’on
pourrait avoir de l’écosystème aquatique en tant que tel, aussi bien au niveau politique, socio-économique qu’au niveau
des organismes en tant que tel.

27
Prochain cours : fonctionnement des
écosystèmes aquatiques et écosystèmes
marins, propriétés de l’écosystème et les
différents organismes des écosystèmes,
structure d’un écosystème classique, comment
ils fonctionnent (comment la matière est
transférée dans écosystème) et surtout
comment la pollution/pressions anthropiques
vont affecter cette espèce de cascade
(propriétés abiotiques -> structure ->
fonctionnement à effet que ça peut avoir sur
biens et services rendus par écosystèmes
aquatiques)

Cours avec M. Godden en horaire décalé. Excursion avec lui. Il en parlera pendant son cours.

Examen : questions sur les 3 parties. Servais et Gypens moitié des points pour la partie écosystèmes aquatiques.
L’autre partie sur les environnements agricoles avec M. Godden. Examen écrit sur les 3 parties en même temps.
Ce sont des questions ouvertes.

28
Cours du 12/03/2020
2e cours aujourd'hui et semaine prochaine avec Mme Gypens
Slides sur l’UV aussi

6- Structure, fonctionnement et pollution des écosystèmes marins


On va voir la structure (quels organismes va-t-on retrouver dans les écosystèmes aquatiques, principalement marins ?)
Bcp de choses que je vais dire aujourd’hui peuvent s’appliquer aux écosystèmes aquatiques de manière générale mais
tous les exemples sur lesquels Mme Gypens se base sont des exemples provenant du milieu marin. Souvent des
milieux principalement côtiers -> parce que milieux très productifs et om énormément de pressions anthropiques.

Autres questions auxquelles on va répondre : Comment les écosystèmes fonctionnent ? Comment les flux de matière
circulent à l’intérieur des écosystèmes entre ses différents composants ? Quelles pressions anthropiques agissent sur
ces écosystèmes ?
Lors du dernier cours, nous verrons l’utilisation de modèles mathématiques pour étudier la gestion des écosystèmes
aquatiques. Et puis, le lien des CC sur les écosystèmes aquatiques.
Quand on parle des écosystèmes aquatiques, on s’intéresse au continuum aquatique, càd qui part des écosystèmes
limniques5 continentaux (avec les lacs, les rivières),
en passant par les estuaires, les zones côtières et les
océans. Dans le cadre de ce cours-ci, on va se
focaliser sur les zones de transition estuaires, zones
côtières et l’océan. Pourquoi ? Parce que ces zones
sont soumises à nombreuses pressions anthropiques.
Des pressions qui proviennent aussi bien du continent
(suite à ce continuum aquatique – toutes les pressions
agissant sur les écosystèmes limniques continentaux
vont impacter les océans côtiers et l’océan) que de
manière directe. Activités anthropiques incluent
l’agriculture, l’industrie, les usages domestiques de
l’eau, les aménagements hydrauliques, le tourisme,…
Tout cela impact les écosystèmes continentaux. On a
aussi les pressions qui s’exercent directement sur les écosystèmes marins comme la pêche, l’aquaculture, le transport
maritime l’introduction d’espèces exotiques, l’exploitation de manière générale de cet écosystème.

Nous allons donc nous concentrer sur la zone de transition entre écosystèmes continentaux et écosystèmes marins.
Et donc la dernière zone où il y a un certain filtre pour les composantes biogéochimiques de l’écosystème aquatique.

Plan de cette partie


6.1. Caractéristiques générales
6.2. Composition de l’eau de mer
6.3. Zones estuariennes et deltas
- Processus physiques
- Processus biogéochimiques
6.4. Zones côtières et océaniques
- Contraintes physico-chimiques
- Structure et fonctionnement des écosystèmes aquatiques
6.5. Impact des activités humaines
6.6. Etudes de cas: La Mer du Nord et la Mer Noire
6.7. Législation: la directive cadre européenne: Stratégie pour le milieu marin, MSFD (Marine Strategy Framework
Directive)

a. Définition

5
(Écologie) Relatif à l’ensemble des eaux continentales, les eaux lotiques (rivières, fleuves) et lentiques (lac, étangs).

29
D’un point de vue géographique, la zone côtière est définie comme
la zone à l’interface entre le continent, l’océan et l’atmosphère. Elle se situe sur le plateau continental donc juste avant
la marge continentale (l’endroit où la profondeur de l’océan va devenir très importante). La mer côtière est située sur
le plateau continental, à l’interface de ces 3 grandes eaux

La dimension géographique de ces différentes zones est très variable. De manière générale, les zones côtières
représentent seulement 15% de la surface des océans et - de 1% du volume des océans.

D’un point de vue juridique, les législations qui vont régir les océans et les
zones côtières ont été définies dans le cadre de la Convention des NU sur le droit de la mer (UNCLOS). Signée en
82 et entrée en vigueur en 94. Elle a fait suite à différentes conférences des NU sur le droit de la mer qui avaient eu
lieu à Genève en 1958 et 60. Après cela, les différents partenaires avaient observé qu’il fallait mettre en place une
nouvelle réglementation qui tenait compte du fait que les problèmes liés à la mer ne pouvaient être vus
indépendamment d’un pays à un autre mais de manière globale, avec l’idée de résoudre les problèmes liés à
l’utilisation, gestion ou pollution de la mer dans un cadre apaisant, accepté par tous.

Cette convention a été la première convention importante pour l’utilisation et la conservation des écosystèmes marins.
La Convention précise un certain nombre de notions apparues dans le droit coutumier (ou l’utilisation commune),
comme :
la mer territoriale,
la zone économique exclusive (ZEE),
le plateau continental

Elle définit également les principes généraux de l'exploitation des ressources de la mer (ressources vivantes,
ressources du sol et du sous-sol).

Elle a aussi créé le Tribunal international du droit de la mer qui peut être sollicité en cas de pollution ou de problème
dans les eaux océaniques.

30
Les zones suivantes ont été définies dans la convention :
- Les eaux intérieures (comprenant les cours d’eau, les
ports et toutes les échancrures de la côte), ligne de base
(en pointillé - limite d’influence de la marée) et la mer
territoriale (s’étend jusqu’à 12 000 nautiques calculés à
partir de la ligne de base)

Ces zones sont considérées comme du territoire terrestre


d’un Etat côtier. Et donc un Etat y a les mêmes droits
souverains que sur son territoire continental.

- On a ensuite la zone contiguë qui fait également 12


000 nautiques.
- Ensuite, la zone économique exclusive (ZEE).
La ZEE peut s’étendre jusqu’à 200 000 nautiques. Zone importante pour Etats côtiers car sur cette zone, l’Etat a un
droit exclusif d’exploitation et de pêche. L’Etat a aussi des responsabilités en cas de pollution, pour les infrastructures
construites dans cette zone,… Comparée aux autres zones associées au territoire continental d’un pays, dans une
ZEE, le pays n’a pas de droit exclusif pour les recherches marines et la liberté de navigation donc il y a une liberté pour
les autres Etats de pouvoir y développer des recherches marines, y passer en bateau, en survol, construire des
pipelines,… mais en se conformant à législation de l’Etat côtier dont dépend la ZEE. è ZEE = zone importante en
termes d’exploitation pour les pays côtiers.

- Le plateau continental = la zone qui s’étend jusqu’à la marge continentale. Tous les droits, devoirs liés au plateau
ne comprennent que les fonds marins et le sous-sol de cette zone. Là, les Etats n’ont plus de droit exclusif ou souverain
sur la colonne d’eau qui se trouve au-dessus de ces fonds marins. En fonction des endroits, le plateau peut aller jusqu’à
200 000 nautiques ou peut s’étaler plus loin (si la marge continentale naturelle est plus large que cela, avec une valeur
max. de 350 000 nautiques pour le plateau continental associé à un pays).
è Toutes ces zones sont définies pour un pays par rapport à un autre

Carte : partage des différentes ZEE pour les EM de l’UE.

Si on regarde la ZEE de la Belgique, on se rend compte que


ZEE (qui peut en théorie s’étendre jusqu’à 200 000
nautiques) s’étend jusqu’à +/-40 000 nautiques seulement.
Comme Mer du Nord pas très grande, le partage s’est fait
entre les pays bordant celle-ci. ZEE est donc bcp plus petite
que celle qu’on pourrait avoir dans d’autres endroits.

Cf. slide pour délimitation de la ZEE. La Belgique y un droit


souverain en termes d’exploration et d’exploitation mais aussi
obligation de conservation et gestion donc notre pays a
l’obligation d’atteindre un bon état écologique des eaux dans
sa ZEE. Les autres droits sont les mêmes que décrits
ci-dessus.

31
Les zones côtières sont petites en termes de surface ou de volume mais
on y porte un intérêt important car si on s’intéresse aux processus biogéochimiques, ces zones jouent un rôle important.
Si on regarde par rapport à l’océan global, en termes de production primaire (dans les océans, on a du phytoplancton,
des algues qui produisent de la biomasse – cette biomasse, c’est la production primaire, c’est la production associée
aux niveaux trophiques primaires) associée aux océans côtiers, on voit que même s’ils représentent environ - de 1%
du volume, ils représentent de 20 à 30% de la production primaire globale des océans. Importants pour la séquestration
du carbone dans les sédiments. Importants aussi pour la reminéralisation (transformation de la MO en matière
inorganique) Donc ce sont des zones très actives, très importantes au niveau des processus biogéochimiques et donc
pour le cycle du carbone global et pour les CC. Ce sont aussi des zones qui sont clé soit pour la production soit la
séquestration des gaz climatiques (N2O, méthane et CO2). Comme déjà évoqué, les océans jouent un rôle clé dans
la séquestration du carbone. Ils sont capables d’absorber une large partie du carbone émis dans l’atmosphère.

D’un point de vue écologique, les zones côtières sont des aires
qui abritent les aires de reproduction et de croissance de nombreux juvéniles (poissons). D’un point de vue
environnemental, ces zones sont soumises à des conditions environnementales qui variant fort : sont soumises à la
marée, aux apports d’eau qui proviennent des continents par les rivières (avec un débit qui varie beaucoup : plus fort
en hiver et beaucoup + faible en été). La lumière et la t° varient de manière + importante aussi. Et, ces zones sont
soumises à des épisodes extrêmes (tempêtes, inondations,…) donc des conditions environnementales qui sont très
changeantes.

32
A l’échelle globale, sur le plan économique et social, ces zones
concentrent une quantité de populations importante et des activités humaines très intenses : urbanisation importante
le long du littoral, transports maritimes, industrialisation élevée, effet de l’agriculture, dvpt de l’aquaculture et des zones
de pêches importantes (c’est dans les ZEE qu’on a les pressions de pêche les plus fortes), le tourisme,…

Quelques exemples en termes de chiffres sur ces zones côtières :


- 80% du commerce international se fait par voie maritime.
- La pêche mondiale, représentant 20% de la consommation humaine de protéines, se fait à près de 90% dans
ces zones.
- Forages marins produisant 26% des besoins mondiaux en pétrole et gaz
- Densité de population importante proche de la mer (75% de la population mondiale vivant aujourd’hui en
2020)
- Ecosystèmes côtiers ou zones humides (=marais, eaux stagnantes,…) fournissent biens et services clés pour
les écosystèmes

Quand on étudie le fonctionnement et la structure des écosystèmes, pour savoir quels organismes on va retrouver
dans un écosystème, la 1re chose qu’on regarde, ce sont les caractéristiques abiotiques, la composition
physico-chimique. En fonction de ces caractéristiques, on trouve des organismes différents.
1. Salinité : quand on parle de salinité, on parle des concentrations en sel dissous. Slide montre les concentrations
moyennes des différents ions que l’on trouve dans l’eau de mer pour une salinité proche de 34.5. La salinité varie
d’un écosystème à un autre. Dans l’océan, elle varie de 33 à 37. Dans la mer côtière, c’est plus faible à cause des
rivières (varie de 28 à 33). Dans les eaux saumâtres, la salinité est inférieure à 28.
Une propriété de la salinité, c’est que la concentration totale va varier. Elle varie de 0 à 37. C’est la concentration
totale des ions déterminant la salinité mais la proportion relative des différents ions les uns par rapport aux autres
reste constante ! Comme pour tout grand principe, il y a des exceptions (il y a des endroits où des processus
biologiques, physico-chimiques, physiques vont faire varier ces concentrations) mais normalement,
théoriquement, ces concentrations vont rester proportionnelles. Par ex. quand on veut mesurer la salinité de l’eau
de mer quand on fait des expériences, si on n’a pas un salinomètre, il est plus facile de mesurer la chlorinité
(=concentration en ions chlorure dans l’eau de mer). En utilisant une proportionnalité entre chlorinité et salinité, on
peut estimer la salinité de l’eau. En se basant sur le fait que la proportion des ions reste constante.

33
Je vous ai dit que le contenu en sels varie très fort quand on passe des
rivières aux océans. Si on regarde sur slide, on a les concentrations
des ions que l’on peut trouver dans les océans ou les rivières. La 1re
chose que l’on peut voir, c’est que les graphes ont des axes totalement
différents donc la quantité d’ions dans les océans est beaucoup +
importante que dans les rivières. Les ions majeurs dans les océans
diffèrent des ions majeurs des eaux continentales. Au-dessus, on a un
graphe qui représente la quantité des ions que l’on va trouver dans
l’eau de pluie. L’eau de pluie ressemble aux océans. Pourquoi ? Si
vous vous souvenez, je vous ai présenté le cycle de l’eau. à La
majorité des nuages sont formés au-dessus des océans par
l’évaporation de l’eau de mer et donc la concentration en sels retrouvé
dans la pluie va être fortement influencé par la composition que l’on retrouve dans les océans mais avec des
concentrations bien moins importantes que celles dans les océans. Donc l’eau de pluie a une composition qui dépend
de celle que l’on retrouve dans l’eau.

La composition des ions retrouvés dans l’eau dépend principalement de l’érosion du plancher océanique. A l’inverse,
les constituants dissous que l’on retrouve dans rivières, ils proviennent de dissolution des roches continentales avec
des dominances différentes d’un endroit à l’autre.

2. Carbone inorganique (ou concentration en CO2) : le CO2 peut se


trouver sous différentes formes qui sont à l’équilibre et la concentration de ces formes va définir le pH de l’eau de mer.
En fonction des concentrations, on a un pH variable d’un endroit à l’autre.

3. La concentration en nutriments majeurs : l’azote (sous forme nitrate, ammonium), le phosphore (sous forme
phosphate) ou la silice. Si on regarde les concentrations dans les océans, en surface, en profondeur ou les rivières, on
voit des couleurs. Plus la couleur est rouge, plus la concentration est élevée. Bleu = faible. On voit qu’il y a des
concentrations beaucoup + élevées à proximité des côtes que vers le large parce que les concentrations dans les
rivières sont bien + grandes que dans les océans. C’est lié aux activités agricoles. Avec l’utilisation des engrais azotés,
on a une concentration bcp + élevée en azote dans les rivières. La silice vient de la dissolution des roches
continentales.

Je vais à présent définir les différentes zones estuariennes, que l’on trouve avant la zone côtière.

a. Estuaires : se trouvent à la rencontre d’un fleuve et d’une mer. Caractérisés par une influence dominante de la mer.
Quand on décrit estuaire, on peut le faire en considérant 3 secteurs différents : les secteurs amont, moyen et aval. Il y
a aussi 3 catégories différentes d’estuaires : en fonction de l’intensité, de la marée et du débit de rivière. Estuaires
peuvent être stratifiés, càd en plusieurs couches (avec des caractéristiques différentes). Certains sont stratifiés toute
l’année, d’autres sont partiellement mélangés (à certains moments, on a une stratification de la colonne d’eau et à
d’autres moments, toute la colonne est bien mélangée). Et puis, à l’inverse, on a l’estuaire de l’Escaut en Belgique, qui
est tout le temps bien mélangé.

34
b. Deltas : à la même zone de transition entre un fleuve et une mer,
on peut trouver des deltas, caractérisés par une influence
dominante du fleuve. De la même manière, on peut décrire les
deltas en considérant 3 parties différentes la plaine deltaïque, le
front du delta et le prodelta (partie la + externe, en contact avec le
continent). De nouveau, on peut avoir des morphologies qui
dépendent de l’influence, la puissance du fleuve et de la mer où il
se trouve. Avec des deltas qui ont une dominance des apports
fluviaux, une dominance des marées ou une dominance des
houles. Quelle est la différence ? Marée = mouvement de l’eau dû à l’influence de la lune et du soleil sur les
mouvements d’eau.
Houle = mouvement d’eau dû au vent.

c. Biocénose

Dans estuaires ou deltas, on va avoir des gradients très importants. Comme ils sont à l’interface entre les eaux douces
et les eaux marines, ça va être des zones de transition avec des gradients très importants.
Gradients importants pour la salinité, la turbidité (= à quel point l’eau est chargée en MES, donc à quel point est claire
ou non) et en termes de nutriments.
On peut voir qu’en fonction de la salinité, quand on passe d’eau douce vers l’eau de mer, on a une diminution importante
des concentrations en nutriments, de MES (plus MES est importante, moins il y a accès à la lumière dans la colonne
d’eau parce que la matière va absorber la lumière).
Comme les organismes font face à des gradients importants, ces zones vont être caractérisées par un nombre
d’espèces qui sera généralement + faible que celui que l’on va pouvoir trouver en mer.

Si on compare (ici étude réalisée dans l’estuaire de la Seine) le nombre d’espèces que l’on pouvait trouver en mer ou
dans l’estuaire aval et amont, on peut voir diminution très importante. Quand on fait face à des conditions très variables,
il faut pouvoir s’adapter à ces changements. De manière générale, organismes sont adaptés à des conditions optimales

35
bien particulières, avec certaines capacités d’adaptation mais ça restreint le nombre d’organismes qu’on peut trouver
dans ces milieux.
d. Pressions anthropiques : pour rappel, il y a des pressions anthropiques importantes dans ces zones. On voit
d’autant plus avec le réchauffement climatique, des évènements
extrêmes qui vont impacter ces zones avec une augmentation
très importante du risque d’inondation dans ces zones.

Structure des écosystèmes marins


Comme expliqué, cela peut s’appliquer aussi de manière générale aux écosystèmes aquatiques.
On doit s’intéresser au biotope (=paramètres physico-chimiques) et à la biocénose (= les organismes qui vivent dans
cet écosystème) et puis, aux interactions existant entre les organismes et l’environnement et enfin, entre les
organismes entre eux.

Les propriétés physico-chimiques importantes dans écosystèmes aquatiques sont : la lumière, la t°, la composition
chimique (en termes de salinité, d’oxygène de carbone, de nutriments, de MO).

Les différentes groupes biologiques fonctionnels importants sont : les organismes autotrophes (qui vont faire la
photosynthèse, qui fournissent la production primaire), les consommateurs et les décomposeurs (=bactéries).

Quand on compare un écosystème terrestre avec un écosystème aquatique et qu’on s’intéresse aux propriétés
physico-chimiques, on peut voir que les limitations sont très différentes d’un écosystème à l’autre.

Dans les écosystèmes terrestres, l’eau est limitante de manière générale.


Ce n’est pas le cas dans les écosystèmes aquatiques mais elle va pouvoir se trouver dans un état variable. Eau se
trouve sous 3 formes différentes sur terre donc a des écosystèmes qui seront recouverts par ex. par de la glace.
La lumière est généralement abondante dans les écosystèmes terrestres. A l’inverse, dans les milieux océaniques, la
lumière est limitante car absorbée au fur et à mesure que diminue avec la profondeur de la colonne d’eau. Dans les

36
écosystèmes continentaux, la t° est très variable, tant à l’échelle de la journée que de la saison. A l’inverse, comme la
molécule d’eau a comme effet de diminuer les différences thermiques, la t° restera assez constante dans un
écosystème donné. Dans un écosystème continental, les nutriments sont concentrés dans quelques dizaines de cm,
quelques mètres >< dans les océans, ils peuvent être dilués jusqu’à 2000 mètres.
è Donc on n’a pas les mêmes contraintes/ limitations dans les écosystèmes terrestres que dans les écosystèmes
aquatiques.

a. Contraintes physico-chimiques
La disponibilité en lumière dépend de différents processus. La 1re chose, c’est la quantité de lumière qui arrive à la
surface de l’eau. Celle-ci varie déjà en fonction de la latitude : il y a bcp plus de lumière près de l'Équateur que près
des pôles. Une partie de la lumière qui arrive à la surface de l’eau est directement réfléchie par l’eau. Quand pénètre
dans l’eau, la lumière peut être soit absorbée, soit diffusée par les molécules que l’on trouve dans l’eau. De manière
générale, on observe que la disponibilité en lumière diminue de manière exponentielle en fonction de la profondeur.
Sur slide : 2 courbes : l’importance de la lumière disponible va être + faible dans les écosystèmes turbides, côtiers.
Plus on a particules dans l’eau, plus elles absorbent la lumière et en laissent moins dans la colonne d’eau. Quel que
soit l’écosystème, on a une diminution exponentielle en fonction de profondeur.

Cette diminution exponentielle dépend en général de la quantité qui arrive en surface + d’un coefficient d’atténuation
verticale de la lumière. Celui-ci est d’autant + important qu’il y aura des particules dans l’eau (par ex. chlorophylle
absorbe la lumière).

Quand on part en vacances, on voit souvent une belle couleur bleue dans la mer >< couleur de l’eau dans la mer du
Nord verdâtre, brunâtre. Une grande partie de la couleur de l’eau s’explique par ces processus d’absorption et
dispersion. Toutes les molécules et les pigments comme la chlorophylle vont absorber la lumière mais ils l’absorbent
à des longueurs d’ondes différentes. Si on regarde le spectre des longueurs d’ondes de la lumière, on a de la lumière
qui va du bleu au rouge. En fonction des molécules dans l’eau, elles vont absorber des longueurs d’ondes différentes.

La 1re molécule qui absorbe la lumière, c’est l’eau (H2O). Elle absorbe toutes les longueurs d’ondes, sauf le bleu. C’est
pour ça que l’eau est bleue. Parce que cette molécule absorbe les autres longueurs d’ondes de la lumière.

Si on est dans un écosystème avec des algues, celles-ci contiennent le pigment chlorophylle a, celui qui sert à la
photosynthèse. Les algues sont vertes parce que la chlorophylle est
verte, parce que quand elles sont dans l’eau, elles vont absorber
toutes les autres lumières, sauf le vert. Quand on est dans un
écosystème tropical, où limitation très importante par les nutriments,
il y a très peu d’algues, l’eau sera bleue car les seules particules
absorbantes de la lumière qu’on trouvera dans l’eau, ce sera des
molécules d’eau. Quand écosystème avec bcp d’organismes, bcp
de particules, couleur tendra + vers le vert. Donc, l’absorption de la
lumière est importante dans les écosystèmes aquatiques.

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Pour mesurer, on prend des mesures à différentes profondeurs. On mesure
d’abord la lumière en surface (I0), puis la lumière à différentes profondeurs et puis
en utilisant la formule du slide ci-dessus, on peut calculer le coefficient
d’atténuation verticale.

Il y a des mesures plus simples. Avant pour évaluer la lumière disponible dans
l’eau, on appelait ça mesures avec le disque de « Secchi » : lancer de disque
dans l’eau depuis un bateau et on mesure à partir de quelle profondeur on ne le
voit plus. Ca permettait d’avoir une estimation de la disponibilité de la lumière dans l’eau, comment la lumière s’atténuait
dans l’eau.

La disponibilité en lumière a aussi un effet sur la température parce


que les 2 sont intimement liés. L’importance de lumière a un effet sur les distributions latitudinales et verticales de la
t°.
De manière générale, comme on a une diminution exponentielle de la lumière, on va voir aussi une diminution de la t°.
En général, on trouve une colonne d’eau séparée en plusieurs couches : une couche supérieure chaude, bien
mélangée : une couche inférieure froide, bien mélangée & entre les 2, une couche dans laquelle la t° diminue de
manière très importante. Cette couche s’appelle la « thermocline ». C’est l’endroit où la t° varie fortement. C’est la
présence la thermocline qui engendre une stratification de la colonne d’eau, qui va séparer la colonne en plusieurs
couches. Avec la présence d’eau chaude (donc moins dense et moins lourde) et d’eau froide + dense, on va avoir une
séparation de la colonne en plusieurs couches. C’est la stratification (due à t° ou due à la densité).

Cela a des implications directement à l’échelle saisonnière mais aussi


dans la circulation thermohaline. à c’est la circulation à grande échelle, celle du globe, et qui permet de transférer
la chaleur de l'Équateur vers les pôles et qui se fait sur cette base de différences des densités des masses d’eau. Aux
pôles, on a des masses d’eau froides + denses qui vont couler et qui vont circuler à travers les océans. Petit à petit,
elles remontent quand se rapprochent de l’Equateur puis redescendre elles sont à nouveau près des pôles. Cela
permet de faire circuler la chaleur à l’échelle des océans mondiaux.

La t° peut donc engendrer une stratification des eaux qui peut varier de manière saisonnière. En général, en hiver (en
tout cas en zone tempérée), on a une t° atmosphérique + froide, des vents + importants donc on a généralement un
mélange des eaux important. Donc, on a une t° assez constante sur toute la profondeur.

38
Au printemps, quand la t° augmente, on a un réchauffement des couches supérieures de l'océan et la mise en place
d’une stratification qu’on appelle « saisonnière »
(parce qu’elle n’est pas là toute l’année). La
stratification est d’autant + importante en été (car la
t° atmosphérique est + importante et donc la t° des
couches de surface aussi) et elle va avoir tendance
à disparaître en automne avec le refroidissement de
la t° atmosphérique et l’apparition de conditions qui
vont engendrer un mélange + important.

On peut avoir une évolution à l’échelle de la saison


mais on a aussi une stratification + ou – importante
en fonction de la latitude : quand on est dans
écosystèmes tempérés comme chez nous, on a une
stratification saisonnière apparaissant au printemps
et en été et disparaissant en hiver. Quand on est dans des faibles latitudes, au niveau de Equateur, avec une t°
atmosphérique assez constante à l’échelle de l’année, on a une stratification très importante (donc les couches de
surface sont bcp + chaudes que les couches profondes) qui dure toute l’année. A l’inverse, aux pôles, où t° + faible,
mélanges + importants, on n’a pas de stratification. On a un t° + faible mais constante sur toute la profondeur.

Je vous parle de la stratification car cela un impact sur les


organismes vivant dans les écosystèmes. La lumière va évoluer comme sur le slide, en fonction de la t° donc on a de
la lumière importante en surface. A l’inverse, si on s’intéresse aux nutriments, si on regarde une colonne d’eau, dans
les couches de surface, on a les organismes qui font de la photosynthèse donc de la production primaire. Quand ceux-
ci meurent, ils vont sédimenter, couler dans le fond de la colonne d’eau donc quantité de MO importante dans le fond
de la colonne d’eau. Dans ce fond, la MO va être reminéralisée par les bactéries et donc on aura des nutriments, de la
matière inorganique dans le fond, et une lumière importante en surface. Donc la stratification tendra à séparer une
couche en surface riche en lumière d’une couche profonde riche en nutriments. Alors que les producteurs primaires,
ils ont besoin de lumière & de nutriments pour leur croissance. Pour avoir accès aux 2, il faut un mélange de la colonne
d’eau pour faire remonter les nutriments des profondeurs en surface.

Connaissez-vous des zones où on a des remontées importantes avec productions importantes ? Les côtes où on a
des upwellings (= remontées d’eaux profondes) Ces zones sont connues pour être des zones de pêches productives
(bcp d’anchois, sardines, hareng,..) parce que les eaux profondes y remontent riches en nutriments et ramènent les
nutriments en surface, où on a de la lumière.

39
Donc cela va être les conditions de lumière, t° et nutriments qui
vont déterminer l’importance de la production et quels organismes
on va trouver dans les écosystèmes. Quand on étudie un
écosystème, on ne peut pas ne pas tenir compte des conditions
abiotiques de ces écosystèmes.

B1. Structure des écosystèmes aquatiques


On peut représenter les écosystèmes en utilisant une structure
pyramidale représentant différents niveaux trophiques. Les
niveaux primaires représentant des biomasses bcp + importantes que les niveaux secondaires.

Production primaire = les organismes photosynthétiques. Au-dessus, on a les consommateurs. : d’abord ceux qui sont
herbivores, puis les consommateurs carnivores qui consomment les herbivores,… Ainsi de suite jusqu’au top
prédateur.

Les producteurs primaires = les végétaux, les algues microscopiques et


le phytoplancton qui, sur base de la photosynthèse, fabriquent de la MO. La photosynthèse, c’est le fait d’utiliser
l’énergie de la lumière et le CO2 atmosphérique pour former de la MO (donc du carbone sous forme organique, du
glucose). Ce processus rejette de l’oxygène. Sur photos, producteurs primaires que l’on peut trouver dans les océans :
macrophytes et microalgues (organismes que l’on ne peut voir qu’au microscope). On voit des microalgues pouvant
vivre dans le benthos6 (donc dans les sédiments), dans le plancton (la colonne d’eau) ou la glace.
Dans les écosystèmes aquatiques, la production primaire est soutenue à 90% soutenue par les microalgues et 10%
par les macrophytes.
Les limitation en nutriments et lumière que l’on retrouve dans les écosystèmes aquatiques ont tendance à favoriser les
organismes de petite taille, car de manière générale + un organisme est petit, plus ses processus physiologiques sont
rapides et + il a la capacité de vivre dans des environnements limitants en nutriments, en lumière (car parfois les
nutriments sont de distribuer sur une profondeur très importante donc ils vivent dans des environnements pauvres).

Les consommateurs
Soit des organismes herbivores (qui vont manger les micro ou macroalgues), soit des organismes carnivores.

6
Le benthos est l'ensemble des organismes aquatiques (marins ou dulcicoles) vivant à proximité du fond des merset océans,
des lacs et cours d'eau. Par opposition, on parle de pélagos (constitué du plancton et du necton) pour désigner l'ensemble des organismes
qui occupent la tranche d'eau supérieure, du fond à la surface.

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Parmi les organismes herbivores, on a beaucoup de zooplancton. De nouveau, organismes de petite taille. Dessins du
slide montrent ces organismes zooplanctoniques qui mangent le phytoplancton. On a aussi parmi les herbivores
certains invertébrés et des poissons.

Au-dessus, on a les consommateurs de plus grande taille : poissons, mammifères marins, requins

Les décomposeurs

Ce sont les micro-organismes qui transforment la MO en


matière inorganique. Ce sont les bactéries. Photos que l’on peut avoir des bactéries au microscope. Beaucoup moins
sympa et moins varié que le phytoplancton. Organismes jouent le rôle de reminéralisation de la MO, qui pourra ensuite
être réutilisée par le phytoplancton.

B2. Fonctionnement
En fonction des écosystèmes, on trouve des réseaux trophiques, des organismes et des interactions entre les
organismes très variables. Je vous ai mis des figures de différents réseaux trophiques dans des écosystèmes
coralliens, l’océan, des mangroves,... D’un endroit à un autre, on retrouve des organismes totalement différents. Mais
le fonctionnement est partout + ou - le même. Càd qu’on a la lumière, t° et les nutriments qui vont être utilisés par le
phytoplancton pour produire de la MO. Ensuite, la MO va être transférée, elle va passer d’un niveau trophique un autre.
Du phytoplancton au zooplancton, du zooplancton vers les organismes supérieurs (poissons et ainsi de suite). Tous

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ces organismes vont mourir et redonner de la MO, qui va être
utilisée par les bactéries qui va redonner de la matière
inorganique. Et on peut avoir des bactéries qui vont être
mangées d’autres organismes, les protozoaires, qui vont être
mangés par le zooplancton. On va avoir un transfert de la MO
d’organismes de + en + grands. à On mange tjs quelque chose
qui est plus petit que soi de manière générale.

Schématiquement, on peut représenter 2 grandes voies de


transfert de la MO dans les écosystèmes aquatiques. Ce qu’on
appelle la chaîne trophique linéaire ou le réseau microbien.

On part des nutriments inorganiques. On peut avoir dans la


chaîne trophique linéaire un transfert linéaire, càd qui passe d’un niveau tropique à un autre sans passer par plein de
niveaux intermédiaires. Donc la MO qui est utilisée par le phytoplancton (de grande taille) qui va être mangé par du
zooplancton (de grande taille) et va être directement transféré au poisson. On peut avoir des nutriments qui vont être
utilisés par du phytoplancton (de petite taille) ou par les bactéries qui, eux après, vont être mangés par du zooplancton
de petite taille, qui après va se retrouver dans du zooplancton de grande taille. Ce que l’on voit, la grande différence
entre la chaîne trophique linéaire et le réseau microbien, c’est que à le nombre d’étapes pour par ex. arriver au poisson
est bcp plus important dans le réseau microbien que dans la chaîne trophique linéaire. Cela a une importance dans
l’efficacité de transfert parce qu’on considère que quand on a passe d’un niveau tropique à un autre, on transfère 10%
de la MO ou de l’énergie. Ce qui veut dire que si on s’intéresse à la production de poissons :
- le transfert de la matière par la chaîne linéaire est bcp plus efficace que la MO qui sera transférée par le
réseau microbien, car il y a + d’étapes pour arriver à la production de poisson.
- ET le réseau microbien va être bcp plus important pour tout ce qui est réminéralisation (moins de MO
transférée au niveau trophique supérieur mais quantité de MO transformée en matière inorganique par les
bactéries ou les organismes hétérotrophes qui sera bcp plus importante).

Donc, les écosystèmes dominés par des espèces phytoplanctoniques de grande taille vont être bcp + efficaces pour
produire du poisson. A l’inverse, les écosystèmes avec des espèces phytoplanctoniques de petite taille vont avoir une
reminéralisation qui sera un processus bcp plus important que le transfert, que la production de MO pour les niveaux
trophiques supérieurs. à donc on va avoir des fonctionnements, des productions (primaires ou secondaires) associées
à ces écosystèmes qui vont être très différents.

Dans quel type d’écosystème on va avoir du phytoplancton de grande taille ? Des écosystèmes où les limitations en
nutriments ou en lumière seront moins importantes. Comme je vous l’ai dit pour vous expliquer pourquoi on a bcp de
phytoplancton, en général, plus on est petit, plus on a des processus physiologiques rapides et plus on a la capacité
de vivre et se développer dans des conditions limitantes. Donc + la limitation en nutriments ou lumière sera importante,
+ on aura tendance à favoriser des espèces phytoplanctoniques de + taille. Et vice versa.

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En termes de fonctionnement, on a un fonctionnement général avec 2
grandes voies principales pour le transfert ou le réminéralisation de la MO. On peut aussi avoir un contrôle de
l’écosystème qui varie d’un à l’autre, avec plusieurs grands types de contrôle. Un contrôle de l’écosystème qui
dépendra principalement de la disponibilité en ressources (les concentrations en nutriments, la disponibilité en
lumière,…) à ça s’appelle un contrôle bottom-up, par le bas. Dans ces écosystèmes, on considère que les réseaux
trophiques sont des chaînes linéaires (où la MO ou l’énergie sera transférée d’un niveau trophique à un autre). Dans
ces cas-là, quand on a un contrôle princiaplement par ressources, on peut observer que quand les ressources sont
abondantes, la biomasse en zooplancton est abondante, celle en poisson est abondante aussi. Et ainsi de suite. A
l’inverse, quand les ressources sont faibles, les biomasses en zooplancton sont faibles. Et ainsi de suite. à On a une
évolution linéaire dans la chaîne trophique.

On peut avoir des écosystèmes dont fonctionnement est dominé


principalement par la présence de top prédateurs. Dans ces écosystèmes, si on regarde l’évolution que l’on peut
attendre d’un niveau trophique à un autre, on peut voir un comportement très différent. Evolution sous forme de
cascade trophique. Càd que le super prédateur, par prédation qu’il exerce sur niveau tropique inférieur, va avoir un
effet négatif sur niveau inférieur. Si on a beaucoup de top prédateurs, ils vont manger bcp de poissons. La biomasse
de ceux-ci va diminuer. Au niveau suivant, ils exercent alors une pression de prédation plus faible. Ce niveau trophique
va pouvoir se développer de manière + importante. Et ainsi de suite. Donc quand on a une concentration en top
prédateurs importante, on va avoir une concentration en poissons + faible à + de zooplancton à moins de
phytoplancton.

3e type de contrôle du fonctionnement de l’écosystème : ceux


qui sont contrôlés par un niveau intermédiaire. Nous parlions des upwellings tout à l’heure. Ecosystèmes dans lesquels

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la biomasse la plus importante, ce sont les poissons de petite taille. Là-bas, on a un contrôle du fonctionnement de
l’écosystème par un niveau intermédiaire. Plus celui-ci sera important, plus il va favoriser les top prédateurs. Il jouera
un rôle de contrôle bottom up pour les niveaux supérieurs. Mais il jouera aussi un rôle de contrôle top down pour les
niveaux trophiques inférieurs (= évolution en cascade).

Cela veut dire que dans le cadre de la gestion d’un écosystème aquatique, ou quand on s’intéresse à l’effet des activités
humaines sur le fonctionnement d’un écosystème, l’effet que va avoir la disparition ou l’ajout d’une espèce dans un
écosystème ou l’augmentation/diminution des ressources d’un écosystème va varier en fonction du niveau trophique
de l’espèce considérée et en fonction du contrôle de l’écosystème considéré. Il n’est donc pas facile de prédire quel
va être l’impact de la disparition ou l’ajout d’une espèce x dans un écosystème. Ce ne sera pas le même partout. Ca
va dépendre du contrôle principal observé dans cet écosystème.

De manière générale, on peut se dire (en tout cas quand on est


dans un écosystème qui principalement contrôlé par les ressources) que la disponibilité en ressources va définir la
structure de la communauté. Si on est dans un système où énormément de ressources, on va favoriser les espèces
phytoplanctoniques de grande taille (comme les diatomées et on va favoriser la chaîne trophique linéaire). A l’inverse,
si on est dans un milieu océanique, où moins de nutriments, on va favoriser des espèces de petite taille (et favoriser
principalement le réseau microbien). Dans ce cas-ci, les conditions abiotiques déterminent la structure. La structure de
la communauté phytoplanctonique va définir la structure de tout le niveau trophique. Et la structure totale de
l'écosystème définit le rôle de l'écosystème dans les cycles biogéochimiques, dans le climat, son rôle en termes de
ressources biologiques,… è Et donc, on a un lien direct entre les conditions abiotiques et la structure de l’écosystème,
et les biens et services qui sont associés à un écosystème.

Quand on veut étudier


l’impact des activités humaines, de la pollution sur les biens et services
associés à un écosystème (c’est ce qu’on attendra de vous si vous
faites de la gestion d’un écosystème, que ce soit en termes de
biens/services ou biodiversité ou ressources pour la pêche), une
approche largement utilisée dans les études d’impact, c’est l’approche
DPSIR (driver, state, impact, pressure, response). Approche qui intègre
tous ces éléments dans un écosystème. On va regarder quelles
activités socio-économiques on a, quelles pressions elles exercent ; on

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va définir comment les pressions changent l’état de la structure de l’écosystème, comment cela impacte les
biens/services et le fonctionnement de l’écosystème et quels sont les options de management à mettre en place pour
modifier ces éléments. C’est quelque chose que vous trouverez assez bien dans littérature. C’est une option de
management assez répandue.

Impact des activités anthropiques sur les écosystèmes aquatiques (marins, en particulier)

1. La pêche (surpêche)
2. L’aquaculture
3. Le transport maritime
4. L’introduction d’espèces exotiques
5. La pollution par les plastiques
6. Les contaminants
7. Les nutriments – Eutrophisation

+ Le changement climatique (*Je l’ai rajouté ici mais je ne voudrais que vous pensiez que je ne pense pas que le CC est une
pression anthropique importante sur les écosystèmes. J’en parlerai au cours prochain.)
J’ai choisi un certain nombre de pressions. Ce n’est pas du tout exhaustif.

a. Première pression : la pêche


Une des pressions anthropiques les + importantes que subissent les écosystèmes marins. En 2013, poisson = 17%
des apports de protéines animales pour la population mondiale. Si on regarde l’évolution des productions halieutique
et aquacole (//aquaculture) mondiales entre 1950 et 2014, elles ont connu une forte augmentation. Proche de 20
millions de tonnes/an en 1950 et production halieutique a atteint +/- 85 millions de tonnes au milieu des années 90.
Cela s’est maintenu à ce niveau jusqu’en 2014. Pendant cette période, on voit une augmentation importante de la
production aquacole (2014 : 40% de la production de poissons).

Quand on parle de pressions anthropiques sur les écosystèmes aquatiques, plus que la pêche, c’est surtout la
surpêche qui est problématique pour le fonctionnement de l’écosystème. Quand on parle de surpêche, on parle d’une
pêche excessive, de surexploitation, qui menace le renouvellement des ressources marines, car les espèces sont
pêchées + vite que ce qu’elles ne peuvent se reproduire et se maintenir. Donc la surpêche va à l’encontre d’une pêche
durable.

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Si on se base sur chiffres donnés par FAO, entre 1974 et 2013, et
regarde en pourcentage l’évolution des stocks de poissons à l’échelle mondiale. Ils sont considérés comme étant
« sous-exploités », « exploités au maximum » ou « surexploités ». On peut voir que pendant toute cette période, on a
une diminution de près de 30% de la quantité de poissons qui est sous-exploitée, qui correspond à une augmentation
de la quantité de poissons surexploités pendant cette période-là. Si on regarde un peu plus loin dans les chiffres, on
voit que les 10 espèces les plus productrices dans les poissons pêchés représentent 30% des captures. Mais que
l’ensemble de ces espèces sont actuellement surexploitées. Donc si on veut augmenter ou juste maintenir la quantité
de poissons pêchés, on ne va plus pouvoir le faire comme elles sont actuellement surexploitées.
Ce graphique ne montre pas qu’on a diminué l’effort de pêche au niveau mondial depuis les années 90. Cet effort ne
fait qu’augmenter. On a amélioré les techniques de pêche, on augmente le nombre de bateaux mais malgré ça, on a
une stagnation des quantités de biomasse pêchées. Ca s’explique par le fait que la plupart des espèces actuellement
fort pêchées sont exploitées déjà soit à un niveau maximum biologiquement soutenable, soit déjà surexploitées. On a
beau augmenter l’effort de pêche, on ne va plus pouvoir augmenter la quantité de biomasse pêchée.

La surpêche est due à différentes causes :


• Manque de législation et de surveillance (même si législation, la surveillance en haute mer du respect de
celle-ci est quasiment inexistante)
• Techniques de pêche : on a bcp parlé des techniques de pêche qui raclaient totalement les fonds des océans.
On a pointé du doigt un certain de grands groupes, notamment de supermarchés. Leurs techniques
dévastaient totalement le milieu marin. Ils pêchaient bcp d’espèces ou groupes de poissons qui ne les
intéressaient pas à cause de techniques totalement invasives.
• Manque de connaissances sur les populations de poissons, de leurs quotas, de leurs modes et temps de
reproduction
• Gaspillage et pertes importantes liées aux techniques de pêche (on pêche beaucoup plus large que ce qui
nous intéresse dans la vente/consommation de poisson)

La surpêche va avoir effets sur les écosystèmes et fonctionnement de ceux-ci.

Conséquences directes de la (sur)pêche :

● diminution voire disparition des grands prédateurs (parce que on pêche d’abord les organismes de grande
taille dans les écosystèmes donc d’abord les grands prédateurs)
● diminution du nombre de prises, voire parfois (si surexploitation) disparition locale (ou mondiale) de certaines
espèces

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C’est ce que l’on peut voir dans la littérature si on fait des recherches sur les effets de la (sur)pêche dans les
écosystèmes océaniques. Il y a énormément d’études locales ou globales sur le sujet. Je vous montre ici les résultats
d’une globale sur 5 plateaux continentaux différents. Dans 9 systèmes océaniques. On voit que, peu importe l’endroit
où on regarde (tempéré, tropical, subtropical,…), ils ont regardé l’évolution de la biomasse des grands poissons
prédateurs (morue, thon, espadon, requin, colin,…). On peut voir que de 1960 à 2000, on a une diminution très
importante de la biomasse de ces poissons. Jusqu’à 80% dans certains endroits.

• Diminution de la taille moyenne des poissons que l’on trouve dans les écosystèmes marins. Je vous montre
photos prises dans un port aux USA. On voit la taille des poissons qui ont été pêchés au fil du temps (57, 80
et 2007). On voit une diminution très importante sur 50 ans (alors que même port et techniques améliorées
au fil du temps) de la taille moyenne de ce qui a été pêché.

Remarque : On ne sait pas si c’est quand ils sont à leur taille maximale qu’ils ont une reproduction qui est la + optimale. On sait que
poissons doivent atteindre une taille minimale pour pouvoir se reproduire. A savoir si taux de succès reproductif + important avec une
taille bcp + grande, je ne m’y connais pas assez. On a mis en place des taux admissibles de capture fixant une taille minimum (mais
il n’y a pas de limite quant à la taille maximum – ce serait compliqué à mettre en place sur le plan pratique).

Après la disparition des grands prédateurs, la diminution de taille observée dans les écosystèmes, on a remarqué aussi
un changement dans les pratiques de pêche. Les pêcheurs ont commencé à pêcher des espèces + petites. On
augmente donc les conséquences sur l’écosystème parce qu’on a fait disparaître tout un niveau trophique (ou en tout
cas diminuer très fort). Donc on s’attaque au niveau trophique inférieur. Cela a des effets directs sur les populations
de poissons : cela entraîne une diminution des stocks d’individus à différents niveaux trophiques. Et cela a aussi des
conséquences indirectes. Comme expliqué, les différents niveaux trophiques sont liés. Peu importe qu’ils soient
contrôlés par les ressources ou par le top prédateur, il y a toujours un lien direct entre les niveaux. Quand on impacte
les niveaux supérieurs, on impacte aussi le reste de l’écosystème et donc son fonctionnement.

Conséquences indirectes :
- Diminution de la nourriture pour les grands prédateurs (non touchés directement par la pêche, que ce soit des
oiseaux, des ours, des baleines,…)
- Changements de régime (changement de dominance et de fonctionnement) des écosystèmes (ceux qui ne sont
plus contrôles par les top prédateurs, la disparition de ceux-ci a des effets sur les niveaux inférieurs)
- Développement des algues (avec une augmentation potentielle des efflorescences indésirables) qui ne sont plus
contrôlées. Effet en cascade : quand les top prédateurs diminuent, on a plus de poissons à moins de zooplancton à
plus d’algues.

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Sur le changement de régime
Ex. changement de régime dans les récifs coralliens. Quand on parle de régime, on parle du fait que les écosystèmes
(terrestres ou aquatiques) évoluent tout le temps et qui généralement tendent à évoluer vers un régime d’équilibre,
un climax, un régime optimal mais les écosystèmes en général n’ont pas un seul régime d’équilibre sous lequel ils
fonctionnent. Ils peuvent avoir plusieurs régimes/fonctionnements dans lesquels ils sont capables de fonctionner. Il y
a 2 états : un sain et un perturbé (suite à des perturbations de l’écosystème). Un récif corallien qui est à l’état sain, on
considère que c’est un écosystème dans lequel les coraux demeurent. Dans ces écosystèmes, les coraux sont
généralement en compétition avec les algues (accrochées au sol ou le phytoplancton). C’est la présence des
organismes de niveaux trophiques supérieurs qui va réguler la population du phytoplancton (parce que ces organismes
vont manger le zooplancton, le phytoplancton) et permettre au corail de se développer. Si on pêche beaucoup trop, on
fait disparaître quasi tous les poissons dans l’écosystème et donc on ne va + avoir aucun contrôle des algues, qui vont
se développer au détriment des coraux. On peut aussi avoir le cas où on va simplement retirer les top prédateurs, mais
en faisant cela, on va favoriser le niveau trophique inférieur, qui va exercer une pression + importante sur les
organismes herbivores, qui ne vont de nouveau + contrôler le phytoplancton ou les algues.

è Qu’on soit à une pêche sur les top prédateurs ou l’ensemble des poissons, l’effet sur les récifs coralliens c’est que
ça favorise la compétition des algues par rapport aux coraux. On voit dans beaucoup de régimes un changement de
régime, de dominance. On a des récifs coralliens dominés par présence de coraux qui vont petit à petit avoir un
développement d’algues de plus en plus important. Ils vont devenir dominés par les algues. Ces récifs/écosystèmes
fonctionnent sauf que le fonctionnement ne sera plus le même. On ne va plus avoir la même structure. On ne va plus
avoir de coraux mais on aura des algues, qui soutiennent la production primaire et secondaire. A la limite, on peut
soutenir des poissons mais on passe d’un régime à un autre. Les pressions anthropiques vont avoir des conséquences
indirectes sur l’ensemble du fonctionnement de l’écosystème et peut changer totalement la structure et le
fonctionnement (manière dont le transfert va se faire dans l’écosystème) de l’écosystème.

Autre conséquence indirecte de la surpêche en termes de changement de


régime d’un écosystème : engendrer le développement des méduses dans les écosystèmes aquatiques. Les
méduses se trouvent à même niveau trophique que des petits poissons. Leur biomasse / développement est
généralement contrôlé par les top prédateurs, qui vont les manger. Les méduses se nourrissent du zooplancton mais
aussi des larves de petits poissons herbivores ou piscivores. Si on retire les top prédateurs de l’écosystème, on retire
les prédateurs des méduses donc elles peuvent se développer de manière importante. Si après, on va en plus pêcher
les petits poissons pélagiques, on donne encore plus d’importance aux méduses. On va exercer une pression de pêche
sur ces poissons et les méduses (qui se développent de manière + importante) vont exercer une pression + élevée sur
les œufs des poissons.

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è 2 pressions vont s’exercer sur ces poissons, qui vont tendre à disparaître aussi des écosystèmes. On voit
maintenant des écosystèmes totalement dominés par les méduses. Il y a 5-10 ans, beaucoup de reportages sur la
gélification des océans, photos à l’appui (océans recouverts de méduses). Ce sont des écosystèmes qui fonctionnent
parce que la méduse remplace dans l’écosystème les top prédateurs et certains poissons (herbivores ou piscivores)
mais c’est un autre régime. Faut avoir envie de manger des méduses mais c’est un goût différent ;-) A nouveau,
pressions anthropiques qui changent totalement la structure et fonctionnement d’un écosystème. On a un transfert de
MO mais au lieu de permettre de faire du poisson, on fait de la méduse.

Les pressions anthropiques ont des effets directs et indirects très importants sur la structure. Quand on modifie la
structure, on modifie le fonctionnement mais aussi les biens et services rendus par les écosystèmes (dans notre cas,
la production de poisson).

Déchets liés aux activités de pêche


Même si maintenant il y a des améliorations, on a toujours des quantités de déchets importantes pour diverses raisons :
● poissons impropres à consommation
● poissons de taille inférieure à limite autorisée (on va les rejeter à l’eau)
● poissons à faible valeur marchande (on ne va pas non plus s’encombrer de ça dans le bateau)

Parfois aussi, on pêche des poissons dont on a dépassé le quota de pêche. Ils sont relargués dans l’eau, morts.

Causes : techniques de pêche, loi de l’offre et de la demande, règlementations

Exemple montrant l’importance de ces pêches. En mer du Nord, on a remarqué que 4% de la biomasse totale des
poissons représentait 20% des captures. En termes de biomasse, ce que l’on garde ce sont les grands poissons. Peut-
être pas important en termes de biomasse mais en termes d’individus capturés, on n’est quasiment à ¼ des poissons
qui étaient des déchets de pêche, rejetés à l’eau sans intérêt économique. Les seuls qui en profitent, ce sont les
oiseaux charognards qui suivent les bateaux qui relarguent constamment des déchets de pêche qu’ils peuvent
consommer.

Face à cela, on a mis en place nouvelle politique commune de gestion de pêche en 2003. Dans le cadre de cette
convention, comme mentionné, l’objectif de cette politique de gestion, c’était de prendre des décisions pour essayer
de gérer les stocks existants mais aussi de reconstituer les stocks déjà surpêchés et donc prendre des décisions pour
reconstituer les stocks des espèces menacées. Pour mettre en œuvre ces plans de reconstitution et de gestion, il a
été décidé :
- des taux admissibles de capture (pour chaque espèce ou groupe de poissons, taux maximal de capture)
- zones où la pêche est interdite
- restrictions sur les engins ou le type d’engins de pêche pouvant être utilisés

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- taille minimale de capture en dessous de laquelle on ne peut pas capture les individus (pour permettre la
reconstitution du stock)
- fourniture d’incitants pour une pêche non destructive (pour essayer de mettre en place un changement par
ex. pour le type de bateau utilisé en essayant de financer de nouveaux types de bateaux, moins destructeurs)

b. Aquaculture
Comme montré dans le 1er graphe, celui-ci montre l’évolution de la production due à la pêche en rouge (+ la production
de poissons liée à l’aquaculture continentale – en vert - ou marine – en jaune). Augmentation de 5% par an.

On peut voir que depuis les années 2000, on a une part importante de la production de poisson qui provient de
l’aquaculture. Ça peut avoir un effet bénéfique parce que cela peut pallier (peut-être à terme diminuer) l’importance
des pêches mais ça a aussi des effets négatifs. Parce que la mise en place de cette aquaculture va avoir des
conséquences sur les conditions physico-chimiques, abiotiques des eaux (sur le continent ou en mer) mais aussi sur
les organismes (on peut avoir introduction de certaines espèces exotiques - ou en tout cas non indigènes - dans
certains écosystèmes, avec une possible compétition avec les organismes présents, une possible transmission de
pathogènes à des organismes natifs qui n’avaient jamais été exposés et qui sont + sensibles, avec dans la modification
des conditions physico-chimiques, on va rajouter bcp de nourriture pour la production de ces poissons -> modification
des nutriments qui vont être présents dans ces zones). Donc l’aquaculture a aussi des impacts négatifs, directs et
indirects, sur les écosystèmes.

En mer, l’aquaculture peut se faire dans des aires définies par des grands filets ouverts. Eau est en contact avec l’eau
extérieure mais on fournit de la nourriture aux organismes, qui eux sont confinés par ces filets. Sauf que tout ce qui est
dissous dans l’eau reste en contact permanent avec l’eau qui est à côté de l’aquaculture. Que ce soit les virus ou les
substances dissoutes, elles peuvent passer et être transférées dans le milieu aquatique naturel, qui se trouve aux
alentours de ces zones. Il y aussi des organismes qui peuvent s’échapper des filets et donc qui rentrent en compétition,
contact avec les organismes du milieu naturel.
Cela se fait toujours en zone côtière parce qu’il y a le problème de l’accessibilité. C’est pour ça que tout se fait plus en
milieu côtier qu’océanique (parce que l’accessibilité est moindre et probablement aussi parce que les mouvements
marins seront plus importants).

Quand on est sur le continent, ça peut être différent. Là, on peut vraiment confiner dans des bassins mais il y a aussi
des rejets d’une partie de l’eau. On peut rejeter avec des nutriments, des éventuels pathogènes. En dessous de ces
zones d’aquaculture, il y a une sédimentation très importante. Rien que les déjections des poissons amènent
énormément de MO. En dessous de ces zones d’aquaculture, il y un apport de MO qui est énorme à eutrophisation

On ne se rend pas compte que l’aquaculture peut vraiment avoir beaucoup de conséquences négatives indirectes.
Plus que ce que l’on pense. A la base, c’était vraiment vu comme bénéfique par rapport à la (sur)pêche.

Face à cela, certaines réglementations ont été mises en place mais Mme Gypens ne sait pas si elles tiennent compte
de ces effets indirects. C’est plus d’un point de vue sanitaire, moins le fonctionnement de l’écosystème. C’est plus dans
l’idée que ça pourrait contaminer l’être humain. Il va certainement falloir étendre ces dispositions. Malheureusement,
quand on propose de nouvelles technologies, on ne réfléchit pas à tous les effets indirects. Il faudra des études
scientifiques qui mettent en avant les effets négatifs.

50
è Donc l’aquaculture = pression importante, qui modifie la structure, le fonctionnement des écosystèmes naturels et
qui a des impacts sur biens et services de ceux-ci.

c. Transport maritime
On entend par là, aussi bien transport de passagers que de marchandises. Sur la carte, je vous montre les échanges
de transport maritime recensés entre les années 1990 et 2012. On voit l’évolution de l’importance de la densité des
bateaux. On voit une augmentation très importante pendant cette période. Flotte marchande a quasi quadruplé. Elle
assure près de 90% du transport du fret mondial. Et, elle est principalement concentrée dans l’océan indien et la mer
de Chine. C’est illustratif de notre consommation actuelle : on a énormément de produits que l’on utilise ici mais qui
proviennent de là. On s’en rend compte aujourd’hui de manière significative. Transport maritime est donc très important.

Ce transport peut avoir des conséquences multiples sur les écosystèmes aquatiques : pollution atmosphérique (tout
ce qui y est se retrouve un jour ou l’autre dans l’océan) à on a des émissions importantes de CO2, de N2O, de soufre,
liés au carburant utilisé pour le transport maritime. On a des marées noires (on en parle régulièrement dans les
médias). A côté de ça, on a aussi quelque chose qui est plus régulier et a les mêmes effets en termes de pollution, le
dégazage (lié aux bateaux, qui de manière tout à fait consciente et voulue, dégazent des quantités de pétrole
importantes dans l’eau).

A côté de cela, on a la pollution acoustique. On en parle aussi de + en +. Mammifères marins qui se retrouvent là
où on ne les attend pas, dans des estuaires voire sur les côtes. En fait, le transport génère un bruit dans milieu marin.
Sons de basse fréquence ou infrasons qui vont se propager sur de longues distances et qui vont interférer avec les
vocalises de certains organismes (principalement mammifères marins, cétacés) et donc avec leur communication et
leurs déplacements. Ce qui a des impacts sur leur nutrition. Organismes qui meurent de faim simplement parce qu’ils
ne sont plus au bon endroit pour trouver la nourriture dont ils ont besoin pour survivre.

Effet néfaste lié au transport maritime, c’est l’introduction d’espèces exotiques liée à l’effet ballast. Ballasts =
réservoirs d’eau que l’on peut trouver sur certains gros bateaux. Servent à stabiliser le bateau pendant la navigation,
optimiser la vitesse de navigation, optimiser la hauteur à laquelle le navire se trouve dans l’eau. Quand on construit
navires, c’est pour transporter une cargaison mais ce n’est pas toujours dans les 2 sens. Parfois, ils naviguent à vide.
Dans port de départ, on remplit les ballasts d’eau. Dans l’eau, on a des organismes. Le navire va se déplacer. Quand

51
il va charger sa cargaison, il va vider les ballasts de l’eau mais aussi des organismes. Ils se retrouvent transportés d’un
endroit à un autre, ce qui mène à l'introduction d’espèces exotiques.

Le transport maritime est géré par une convention, la Convention MARPOL


datant de 1973. Elle vient de l’organisation maritime internationale. A pour but de prévenir ou gérer la pollution par les
navires. En 2013, 152 pays signataires (en vert sur la carte). Ce qui représente plus de 99% du tonnage mondial. Ce
qui veut dire que la plupart des pays qui organisent le fret mondial sont signataires de cette convention. Tous les
navires qui portent le pavillon d’un pays signataire sont soumis à la convention quelles que soient les mers dans
lesquelles ils circulent. Le pavillon dont on dépend décide si on doit suivre la convention (plutôt que l’endroit où on est).
On a donc une convention avec une portée mondiale assez importante.

d. Introduction des espèces exotiques

Une des pressions anthropiques importantes qu’on peut observer sur les écosystèmes aquatiques qui a un effet sur la
structure des écosystèmes. Je vous montre sur slide 2 représentations de l’importance des espèces exotiques
recensées à l’échelle de l’Europe ou de la mer Noire, mer Méditerranée. Vous avez les différents groupes d’espèces
recensées, avec l’impact déjà recensé qu’elles peuvent avoir. Le nombre d’espèces par groupe est noté. L’impact que
ces espèces peuvent avoir sur les écosystèmes est représenté comme suit : plus la barre est foncée, plus leur impact
est potentiellement important sur la structure ou le fonctionnement de l’écosystème.

En 2013, 1369 espèces exotiques avaient été signalées dans les mers européennes. Augmentation importante par
rapport à 2009 (737 espèces signalées). On a remarqué différentes sortes d’espèces : invertébrés, vertébrés,
plantes,… Pays où nombre d’espèces introduites étaient le + important : Israël, Turquie, Italie, France, Egypte,… (en
bleu foncé sur la carte). On peut voir qu’autour de la mer Méditerranée, il y a énormément de pays où ces espèces ont
été recensées, ce qui veut dire qu’il y a eu beaucoup d’espèces introduites aussi bien en mer Méditerranée qu’en mer
Noire (étude de cas à la fin de ce cours).

Introduction peut se faire via les ballasts des bateaux, par l’aquaculture et aussi par le transport des bateaux (certaines
espèces s’accrochent aux coques des bateaux). Ensuite, espèces se déplacent d’elles-mêmes. Entrées dans mers
fermées comme Canal du Suez ou autre. Là, c’est une introduction naturelle mais par un canal construit par les êtres
humains ou en tout cas de plus en plus utilisé par les activités humaines.

52
Plus de la moitié des espèces exotiques ont été introduites par le biais de la navigation, par ballast ou fouling (par les
attaches sur les bateaux). Les couloirs marins et intérieurs (type Canal de Suez) sont la 2e voie d’introduction la plus
courante. Ensuite, aquaculture et le commerce des aquariums (quand même plus ponctuel)

Ceci va avoir un impact sur la structure de l’écosystème. Peut se faire de différentes manières :
- Perte de biodiversité pour diverses raisons
- Espèces vont pouvoir exercer une certaine prédation sur les espèces présentes dans le milieu naturel.
- Peuvent entrer en compétition avec les espèces autochtones à diminution des ressources et de l’habitat
- Vont pouvoir propager des virus ou pathogènes qui vont être + létaux pour les espèces autochtones qui ne
sont pas habituées à être en contact avec ceux-ci.
- Vont se développer de manière parfois bcp + importante que les espèces autochtones et prendre leur place
- Vont pouvoir s’hybrider à suffisamment proches des espèces autochtones pour pouvoir s’hybrider à perte
de diversité dans les populations locales.
Ceci entraine un changement dans le fonctionnement des écosystèmes et parfois une diminution de la qualité de l’eau.

e. Pollution par les plastiques


On en a bcp parlé l’année passée car la directive européenne là-dessus a été adoptée cette année-là. Quand on parle
de pollution par les plastiques, on parle des plastiques synthétiques : thermoplastiques (utilisés pour les emballages
de la nourriture), bouteilles, isolants, thermodurcissables (généralement utilisés dans l’industrie automobile, ou
fabrication des jouets, coques de bateaux et colles,…), élastomères (plastiques + élastiques comme les pneumatiques,
ce qui est utilisé dans les combinaisons de plongée,…)

Si on regarde l’évolution de la production de plastique entre début 1900 jusqu’en 2017, on voit une augmentation très
importante, qui a principalement commencé dans années 1960. Près de 400 millions de tonnes par an produites en
2017. Sur ces 400 millions, très peu de plastiques sont recyclés. Une grande partie sont brûlés, enfouis ou se retrouvent
dans les écosystèmes marins. Parce qu’ils sont emportés par le vent, par les rivières,… On en trouve partout (en forêt,
en pleine nature,…). Comme les océans représentent 70% de la surface de la terre, au final, bcp de plastiques y
arrivent.

On a calculé qu’environ 10 à 15% de la production de plastiques qui se


retrouvent par an rejetés dans les océans. On l’a remarqué parce qu’on a trouvé ces océans de plastique. Dans les
océans, on a une circulation générale qui fait qu’à certains endroits, on a des gyres. La circulation générale dans les
océans est due : aux vents et au fait de la rotation de la terre (force de Coriolis). Ces 2 choses font que circulation
générale dans les océans avec une convergence vers l’Equateur. Puis, les courants vont diverger. On a des zones de

53
convergence de chaque côté de l’Equateur, où les courants vont avoir tendance à converger C’est là que les plastiques
vont rester. C’est comme ça qu’on a remarqué qu’il y avait autant de plastique dans les océans. On s’est retrouvés
avec ces grands continents de plastique, de taille similaire à de vrais continents terrestres.

Sous l’action physique des rayonnements UV et de la chaleur, ces plastiques


vont se dégrader en plastiques microscopiques, les microplastiques. Les microplastiques sont les plastiques qui ont
une taille inférieure, par définition, à 5 millimètres. Cette présence des microplastiques va avoir des effets/impacts sur
les écosystèmes aquatiques :

Pollution chimique
- Absorption et vecteurs de polluants De par leur composition, les plastiques contiennent et peuvent absorber un
certain nombre de polluants comme : Phtalates, BisphénolA, Pesticides, Hydrocarbures (Polluants organiques
Persistants) Lorsque le plastique est dégradé dans les océans, on va avoir une libération de ces polluants.
- Bio-accumulation dans la chaîne alimentaire Taille microscopique, similaire au phytoplancton ou certaines
espèces de zooplancton. Ils vont être ingérés par les organismes qui vont les ingérer de la même manière qu’ils le font
avec le phyto ou zooplancton. Le plastique, comme les métaux lourds, va s’accumuler dans la chaîne trophique et va
devenir de plus en plus important. Ce qui peut entraîner une certaine (bio)toxicité chez les organismes.
Accumulation de polluants → biotoxicité
- Modification de l’écosystème : lorsque les grands plastiques s’accumulent, ils forment un espèce de radeau, sur
lesquel un développement biologique sera possible → nouvel habitat et transport des microorganismes dans d’autres
endroits, avec une modification des organismes présents et du fonctionnement de l’écosystème
→ support pour le stade fixé d’organismes juvéniles
- Ingestion et étranglement d’organismes de + grande taille par ces plastiques

1 millions d’oiseaux -100000 mammifères marins


Trouve bcp de photos sur le net. Les tortues mangent les méduses. Qu’est-ce qui ressemble plus à une méduse qu’un
sachet en plastique une fois que dans l’eau ? Une fois qu’ingéré, cela va prendre de la place. Parfois, ils auront la
sensation de satiété alors qu’ils n’ont rien dans l’estomac ou alors cela entraîne une réelle perturbation de leur système
digestif.

On a commencé à beaucoup parler de la pollution plastique. On a réfléchi à


cette problématique. On a lancé des recherches pour trouver des substituts. Nouveaux types de plastique ont été

54
développés, notamment à base de constituants végétaux. A base de maïs, cellulose,… C’est bien parce c’est du
plastique à base végétale et plus chimique mais ça reste du plastique ! On utilise les mêmes procédés pour transformer
du végétal en du plastique. Ca se dégrade plus vite, ça ne fait pas de demande fossile. C’est une alternative mais on
n’a pas trouvé la solution en faisant cela. On peut composter mais il ne faut pas des quantités trop importantes,… à il
faut certainement aller plus loin. Il faut plutôt voir des changements de comportement : réutilisation, interdiction,…

L’année passée, on a mis en place l’interdiction de l’utilisation d’une série de plastiques à usage unique. Idée du
zéro déchet : ne pas le produire du tout, le déchet plastique, c’est encore mieux. Comme le plastique n’est pas quelque
chose que l’on peut recycler à 100%.

Il y a d’autres discussions : pour les bouteilles d’eau, avant toutes les bouteilles étaient en verre. Après, passé au
plastique. Les bouteilles en verre reviennent mais études ont été faites pour calculer l’impact écologique d’une telle
bouteille. En Belgique, où on a des sources naturelles d’eau proches de chez nous, utiliser la bouteille en verre a tout
son sens. Une bouteille en verre, c’est plus lourd donc quand on doit transporter sur une longue distance, cela a un
effet sur la pollution aussi (même si ce n’est plus de la pollution plastique). Si on intègre toutes les pollutions, on a une
pollution atmosphérique qui est plus importante. On a calculé dans une étude jusqu’à quelle distance c’est intéressant
d’avoir une bouteille en verre pour consommer de l’eau plutôt qu’une bouteille en plastique. A partir d’une certaine
distance, la pollution engendrée par le transport (et le lavage,…) devenait supérieure à la pollution enregistrée avec
une bouteille plastique. Et donc, (l’eau du robinet reste la meilleure solution mais pas toujours possible), quand parle
de pollution, il faut savoir intégrer beaucoup de notions, regarder tous les aspects. La pollution plastique est une
pollution ponctuelle que l’on peut facilement résoudre en utilisant d’autres choses mais il faut faire attention à intégrer
la pollution par le CO2 (et regarder de plus près les alternatives envisagées). Les solutions ne sont pas toujours
évidentes.

f. Contaminants (vus avec M. Servais donc on ne développe pas ici)


- Métaux lourds: Pb, Cu, Zn, Cd, Hg
- Produits organiques de synthèse: pesticides, PCB, TBT
- Substances radioactives
- Les nutriments

Les nutriments sont à la base de la chaîne trophique, l’azote et le phosphore. On en parle également dans le cours de
M. Godden (engrais – eutrophisation et agriculture). C’est en effet un lien très important entre les écosystèmes
terrestres et aquatiques, que l’on voit actuellement dans nos pays industrialisés depuis les années 50.

g. Nutriments - eutrophisation
Eutrophisation : « augmentation de la production primaire et de l’accumulation de MO en réponse à une augmentation
des matières nutritives assimilables par les algues, càd principalement le phosphore et l’azote. » Il y a 3 grands
nutriments majeurs dont les algues ont besoin : phosphore, azote et (pour certaines) silice. Les diatomées utilisent de
la silice en plus du phosphore et azote.

Causes de l’augmentation de l’azote et du phosphore :


- augmentation de la population
- développement industriel
- intensification des pratiques agricoles (surtout pour l’azote)

55
Sur le graphe, on voit entre 1850 à 2000 l’évolution de la population humaine, la production des légumineuses et du
riz, l’augmentation des fertiliseurs et en parallèle l’augmentation de composés azotés (N2O). On peut voir qu’à partir
des années 50, on a observé une augmentation de la population très importante, une industrialisation intense et donc
une augmentation de la production des légumineuses + une augmentation d’autant plus forte de l’utilisation des
fertilisants dans l’agriculture intensive. En lien avec cela, on a observé les 1ers symptômes liés à l’eutrophisation.
Dans les années 50-80 dans les pays industrialisés. On commence à les observer (et on va voir de plus en plus) dans
les pays en voie de développement avec l’adoption des pratiques.

L’augmentation d’azote et phosphore va stimuler la production algale, à la base de la chaîne trophique. On a remarqué
qu’elle a tendance à stimuler la production algale d’espèces nuisibles (pour 2 raisons différentes :
- soit parce que vont atteindre des biomasses qui sont bcp trop importantes
- soit parce que vont produire des toxines)

Causes
- Augmentation azote et phosphore (pas la silice ! – erreur slide 74)
- Provient principalement des rivières
- Lié aux activités humaines, principalement l’agriculture (mais aussi industrie, aménagement du territoire,
tourisme, urbanisation,…)

L’eutrophisation modifie les quantités de nutriments dans les eaux mais aussi la qualité. Comme expliqué, les
organismes ont besoin d’azote, de phosphore et de silice. Et ils ont besoin dans ces nutriments de quantités
proportionnellement différentes. Azote et phosphore utiles pour produire les acides aminés, l’ATP,… Mais on n’a pas
besoin d’autant de moles d’azote que de moles de phosphore pour les former. De manière naturelle, les organismes
ont besoin par mole de carbone formé du rapport suivant (rapport de Redfield) :
16 moles d’azote, 16 moles de silice (pour ceux qui en ont besoin), 1 mole de phosphore
Donc il faut en général moins de phosphore que d’azote, silice ou carbone. Quand on a par l’eutrophisation augmenté
artificiellement les apports d’azote et phosphore, on a modifié quantitativement mais aussi qualitativement.

Donc on a modifié les rapports naturels qu’il y avait dans les eaux qui découlaient de la décomposition de la MO et on
a favorisé la quantité d’azote et de phosphore par rapport à la silice. Cela veut dire qu’on a favorisé des espèces qui
n’ont pas besoin de silice par rapport à des espèces qui en ont besoin. Diatomées ont besoin de silice à ce sont les
espèces phytoplanctoniques de grande taille. Quand j’ai montré les 2 voies qu’on peut trouver pour le transfert de MO,
les diatomées se transféraient par la chaîne trophique linéaire très rapidement aux poissons. Les espèces de
phytoplancton de + petite taille, ils étaient plutôt impliqués dans la reminéralisation, dans le réseau microbien et il leur
fallait + d’étapes pour être transférés aux organismes de grande taille et aux poissons.

Donc, quand on favorise des espèces qui n’ont pas besoin de silice par rapport à des espèces qui en ont besoin, on
va modifier le fonctionnement d’un écosystème. On a vu que la réponse de la communauté algale tend à favoriser des
espèces, du phytoplancton par rapport aux macrophytes, du phytoplancton non-silicé par rapport aux diatomées ou du
phytoplancton toxique par rapport au non toxique. Ce qui avait donc un impact sur l’importance de la chaîne trophique

56
linéaire par rapport au réseau microbien. Ou l’importance de la chaîne pélagique (dans la colonne d’eau) >< benthique
(les macrophytes se trouvent dans le benthos, sur le sédiment)

On a vu des changements de structure et de fonctionnement des écosystèmes, avec des conséquences indésirables
dans les écosystèmes, comme :
● détérioration qualité de l’eau (en termes de concentration en nutriments ou production de toxines)
● déficit d’O2 (plus on a organismes présents dans l’eau, plus on a de la MO, plus on a de la dégradation de
MO, qui va consommer de l’oxygène), production H2S
● perte de valeur esthétique
● empoisonnements
● perte de diversité (une espèce va se développer très fort à rentre en compétition avec d’autres)
● perte d’espèces qui avaient une valeur commerciale

Pour reprendre cela schématiquement, quand on a augmentation de


concentration en nutriments, on peut avoir augmentation de production de phytoplancton qui jusqu’à un certain point
va avoir des effets bénéfiques (car peut se transférer aux niveaux trophiques supérieurs). Quand on dépasse un certain
seuil de production, on va avoir des effets négatifs : production de certaines algues, diminution de la quantité de lumière
dans la colonne d’eau (+ on a phytoplancton, + on a particules dans l’eau, + elles vont absorber la lumière donc il y en
a moins pour les organismes). C’est comme cela que l’on favorise le phytoplancton par rapport aux macrophytes. + on
va avoir des organismes dans l’eau, + on va avoir reminéralisation et moins on aura de l’oxygène.

Conséquences directes remarquées suite à l’eutrophisation :

● apparition d’efflorescences alguales indésirables (soit parce qu’elles formaient des biomasses importantes)
● accumulation de mousse sur les plages comme en mer du Nord (dues à augmentation d’une espèce de
phaeocystis, qui se développent quand bcp d’azote dans les colonnes d’eau -> ont un cycle de vie complexe
à quand elles sont nombreuses, elles forment des colonies, s’entourent d’un mucus à ne vont plus pouvoir
être mangées par le zooplancton, comme en se mettant ensemble qui est bcp + grande que leur taille
naturelle ; en s’accumulant dans la colonne d’eau, avec le processus de mélange des vagues, elles vont
former de la mousse avec une odeur désagréable) à peut avoir des conséquences sur l’écosystème
● développement d’algues toxiques (dinoflagellés peuvent être toxiques)
● efflorescences d’algues rouges ou vertes (visibles de loin)

57
Effets indirects de l’accumulation de ces biomasses :
La biomasse va sédimenter dans la colonne d’eau, être reminéralisée et on va avoir un déficit en oxygène. C’est
quelque chose que l’on a observé. Sur la carte, tous les points rouges montrent des endroits où des épisodes d’anoxie
(manque en oxygène) ont été relevés et étaient liés à la production de biomasses phytoplanctoniques très importantes.

A côté de l’accumulation de biomasse,


on a la production de toxines, produites par certains groupes d’algues favorisés par l’eutrophisation. Elles vont
engendrer des mortalités importantes au niveau des poissons mais elles peuvent aussi être transférées à d’autres
niveaux trophiques et à l’être humain -> par ex. les mollusques qui filtrent l’eau, manger le phytoplancton et accumuler
les toxines. Quand on mange des moules ou huîtres, on peut être impactés par ces toxines. Donc, il y a sur des côtes
françaises, il y a un réseau de surveillance (parce qu’on sait que les blooms toxiques apparaissent principalement au
printemps ou en été, ils font des prélèvements à cette période pour surveiller la présence de ces toxines pour s’assurer
qu’il n’y a aucune toxicité qui soit transférée à l’Homme)

Si on compare les épisodes de toxicité qui avaient été relevés pour 2 toxines différentes : PSP (toxine paralysante) et
DSP (toxine diarrhéique) Sont produites par des dinoflagellés. Si on comparait pour la toxine paralysante le nombre
d’épisodes qui avaient été relevés dans les années 70 et les années 2000, on voyait une explosion très importante de
ces épisodes de toxicité, liés à l’eutrophisation et à ces efflorescences algales importantes. On peut voir aussi relevé
de tous les épisodes de toxine diarrhéique qui avaient été relevés entre 1990 et 99. On voit que sur quasi toutes les
côtes européennes, ces épisodes de production de toxine diarrhéique ont été relevés.

En parallèle à ça, on a des épisodes de mortalité importante de poissons également relevés à l’échelle mondiale.

58
Cas d’étude
Différentes pressions anthropiques ont été observés dans ces 2 cas. On va voir ce que cela a entraîné comme
conséquences sur structure et fonctionnement de l’écosystème.

a- Baie Sud de la mer du Nord


Située en face de la Belgique. C’est un bassin fortement anthropisé et où la circulation résiduelle de l’eau dans la
Manche et mer du Nord fait qu’on a une accumulation des apports qui proviennent de l’Atlantique, des rivières
françaises vers les côtes belges et puis hollandaises. Et donc on a remarqué depuis années 50 une augmentation des
apports d’azote et phosphore par rapport aux besoins physiologiques des espèces. On avait des concentrations en
azote et phosphore bien + élevées que le rapport 16/1 attendu. Et des rapports en silice et phosphore qui étaient plus
élevés. Cela avait tendance à défavoriser les diatomées par rapport aux espèces qui n’avaient pas besoin de silice.

On a observé dans cet écosystème : au printemps, quand on bcp de nutriments, on a toujours une efflorescence de
diatomées mais qui depuis les années 50 est suivie par efflorescence de phaeocystis, qui domine totalement la
biomasse au printemps. Bcp d’études scientifiques ont été réalisées. On a pu faire un lien entre la densité alguale et
la concentration en nutriments. On a remarqué que les colonies n’étaient pas mangées efficacement par les copépodes
(zooplancton) et qu’on avait donc une efficacité de l’écosystème très faible : moins de 5%. On n’avait plus de transfert
de MO vers les niveaux trophiques supérieurs. + Autre effet néfaste : l’accumulation de mousse dans l’eau et sur les
plages.

Etudes menées pour voir l’impact


de cette accumulation sur les productions de poissons ou en tout cas sur les pêches et sur la perception des gens
(pour voir l’impact sur le tourisme). Des enquêtes ont été menées auprès des gens pour voir s’ils étaient capables
d’identifier les efflorescences de phaeocystis comme étant un impact négatif sur l’écosystème ou le tourisme. Quand
ils demandaient « qu’est-ce qui pollue les plages ? », ils se sont rendu compte que l’accumulation de mousse (impact
que les gens pouvaient voir) n’était pas réellement perçue comme une pollution par ceux-ci. Ils pointaient la pollution

59
par le pétrole, les méduses, les poissons morts. Perçues comme étant bcp + importantes que la pollution due à
l’eutrophisation.

Même question posée à des pêcheurs pour comparer les perceptions et


voir à quels impacts négatifs ils associaient cela. On leur a demandé quand et où les efflorescences ont lieu. (Il faut
savoir qu’elles ont tous les ans lieu exactement à la même période, à 15 jours près). La plupart d’entre eux étaient
capables de dire quand. C’est normal car c’est perceptible à l’oeil nu depuis le bateau en mer. On leur a demandé à
quoi ils l’attribuaient. + de 75% d’entre eux l’attribuent à l’augmentation de la température. Très peu attribuaient cela à
un changement des concentrations en nutriments dans la colonne d’eau.
Concernant la question sur l’impact sur la qualité et la quantité de poissons et crevettes pêchées, réponses tant
positives que neutres ou négatives. Effet négatif principal pointé : pas spécialement mortalité importante (comme
mousse pas toxique), pas spécialement des poissons + petits mais ils voyaient que la mousse colmatait leurs filets de
pêche, ce qui leur faisait perdre bcp de temps pour les nettoyer et les réutiliser, ce qui causait un manque de production.
è Effet mécanique négatif de la mousse sur les filets.

Ce que les différentes recherches ont montré, qu’elles soient scientifiques ou sur base d’enquêtes publiques, c’est que
les phaeocystis, comme elles ne sont pas productrices de toxines, ont au final des nuisances et pertes économiques
assez limitées. Labo de Mme Gypens a travaillé pendant presque 20 ans sur eutrophisation car à la fin des années
90, ça a été pointé comme un problème très important. On ne se rendait pas compte de l’impact que ça avait et donc
énormément de recherches là-dessus. Maintenant, dans nos régions, on l’étudie moins car on a vu que peu de
production de toxines. Dans d’autres régions, la production de toxines est très importante donc l’impact l’est aussi. En
Belgique et en Hollande, on a cette production de phaeocystis avec un impact assez limité. Mise en place de mesures
de gestion coûteraient très cher donc on a peu de chance de le faire. Cela consisterait à diminuer les apports d’azote
et phosphore. Phosphore, ça a été fait facilement. Pour l’azote, ça couterait vraiment cher. Il faut se battre contre les
lobbies agricoles…

Malgré cela, il y a toujours une obligation de la Belgique et Pays-Bas pour atteindre un bon état écologique de l’eau.
Les concentrations en nutriments sont des indicateurs de la bonne qualité de l’eau et donc il y a quand même une
obligation à réduire ces apports de nutriments pour atteindre une concentration en azote ou phosphore considérée
comme saine.

60
b-Mer Noire

Bassin qui est sous l’action anthropique d’un continent avec bcp d’activités
anthropiques, des apports par rivières qui sont importants et bassin qui a subi différentes pressions. Dans les années
60, les études montraient que la Mer Noire était un écosystème riche et très diversifié en termes d’espèces présentes.
Avec l’augmentation de la population, le développement industriel, la mise en place de barrages, on a vu un
changement important dans les concentrations en nutriments (comme observé en mer du Nord) avec une augmentation
des apports d’azote et phosphore et une diminution de la silice.

La baisse de silice est due aux barrages. La silice provient principalement de l’érosion des roches qui sont sur le
continent. Quand on retient l’eau continentale, on retient la silice qui va sédimenter et ne va plus arriver dans les mers.
Et puis, on a observé l’introduction d’espèces exotiques comme mnemiopsis, une espèce de gélatineux. Se
surimposant à cela, une pêche très importante.

Plusieurs activités humaines se sont superposées et ont modifié profondément la structure de l’écosystème de la Mer
Noire. 1re chose qu’on a vu c’est la concentration en nutriments. On peut voir les concentrations en N, Si et P sur le
slide. Dans les années 60, les concentrations en Si étaient très importantes, + que l’azote. Avec l’eutrophisation, on a
vu un changement total avec une augmentation très importante de l’azote et du phosphore (comme dans la plupart
des mers anthropisées).

Cela a entraîné une modification des efflorescences algales. On voit sur


slide évolution en pourcentage les biomasses des diatomées (losanges) et des organismes non siliceux. On voit que
jusqu’au début des années 70, les diatomées représentaient + de 70% de la biomasse algale. Suite à l’eutrophisation,
et donc à ces déséquilibres N-P-Si on a eu un changement de dominance avec les espèces non siliceuses qui

61
dominaient la biomasse phytoplanctonique. Donc on a eu un changement fondamental dans la structure des
producteurs primaires. Avec une dominance de non siliceux alors que les diatomées dominaient avant les années 70.

On a vu aussi une diminution progressive des herbiers, se trouvant dans le fond de la colonne d’eau, suite à la limitation
de la lumière, engendrée par l’augmentation de la production primaire et donc une disparition de certaines aires de
reproduction des poissons.

Avec ça, il y a eu l’introduction d’une espèce exotique : « mnemiopsis » à partir des années 90. Espèce qui peut
s’accrocher sur les coques des bateaux. Suite à l’introduction de cette espèce de gélatineux, on peut voir sur le graphe
l’évolution de la biomasse des mnemiopsis en vert et de 2 espèces de zooplancton en orange et en jaune. On voit une
diminution drastique du zooplancton, car il a été mangé par les gélatineux et donc il y a eu un effondrement total de
leur concentration, en 1994.

Donc, on a eu : un 1er changement au niveau de la production primaire (augmentation) à un changement de


dominance. Suite à l’introduction de mnemiopsis à effondrement du zooplancton.

Dans une autre étude, ils ont essayé de retracer tous les évènements qui ont modifié l’écosystème de la mer Noire. Si
on compare par rapport aux années 60 l’évolution des captures de pêche totales et la proportion des anchois par
rapport aux autres poissons de plus grande taille. Avant, ils représentaient 37% des pêches. Puis, on a eu le
développement d’abord dans années 60 : l’introduction d’une méduse, Orelia, qui a entraîné un 1er bouleversement de
l’écosystème. Et puis, avec l’augmentation de la pêche, la disparition de groupes de poissons emblématiques
(symbolisée par les poissons sur le graphe). Le 1er = les maquereaux. Puis un autre, puis le blue fish. Avec
l’augmentation de la pression de pêche, on a eu un changement dans la population de poissons avec la disparition de
différents groupes.

Ensuite, il y a eu l’introduction de mnemiopsis. Comme expliqué, quand ça se produit, ils peuvent entrer en
compétition avec les autres pour la nourriture, soit en se nourrissant du zooplancton, soit en mangeant les larves.Le
taux de capture a continué à augmenter pendant longtemps. Comme on a amélioré les techniques de pêche, on a
augmenté la pression de pêche. A un certain moment, il y a eu un 2e épisode : la concentration en mnemiopsis dans
la Mer Noire est devenue tellement importante qu’elle a représenté la majeure partie de la biomasse. On a vu un
effondrement total des captures parce qu’elles étaient rentrées en compétition avec les poissons. On voyait aussi un
changement dans ce qu’ils pêchaient. La proportion des anchois par rapport à d’autres poissons. Ils ont remarqué la
disparition d’un certain nombre d’espèces, le changement de biomasse représenté par des groupes de tailles de
poissons différents et puis un effondrement total.

62
Ils ont essayé de mettre en place des politiques de réduction
des apports de nutriments et d’essayer de diminuer la présence des gélatineux pour voir si ça permettait de
réaugmenter la concentration en anchois (les 1ers qui pouvaient réaugmenter dans cet écosystème) En effet, suite à
la disparition de mnemiopsis, on a vu une réaugmentation dans les stocks d’anchois donc espoir pour un possible
retour à un état initial.

è C’était 2 exemples de 2 écosystèmes qui ont été impactés par des activités humaines différentes, très importantes.
Cela vous montre que ces activités modifient les organismes qui sont dedans et quand on fait cela, on modifie le
fonctionnement et les biens et services (que ce soit tourisme, pêche ou autre).

Directive cadre européenne pour la protection du milieu marin


Marine Strategy Framework Directives
Cette directive marine a pour objectif d’atteindre un bon état écologique des eaux en 2020 mais on n’y est pas! On va
certainement avoir un plan d’action pour les années futures. Tous les Etats, toutes les mers européennes doivent
suivre cette directive avec comme obligation d’atteindre ce bon état écologique, qui se définit selon un certain nombre
de descripteurs (diversité biologique, nombre d’espèces invasives recensé dans un écosystème, biomasse des
espèces exploitées à des fins commerciales, pollution, concentrations en nutriments par rapport à l’eutrophisation,
sources sonores sous-marines,…) 11 descripteurs différents utilisés pour définir le bon état écologique.

63
Partie cours à distance

7- Modélisations de la qualité des eaux continentales et côtières : études de cas -


l’eutrophisation
Plan de cette partie
7. Modélisation de la qualité des eaux continentales et côtières
7.1. Notions élémentaires de modélisation
7.2. Cas d’étude
- Qualité des eaux continentales (DC-EAU)
- Qualité des eaux marines (DC-Stratégie Marine)
- Eutrophisation côtière/Mer du Nord (Convention OSPAR)

2 : Dans le cadre de ce cours, on va s’intéresser à la modélisation mathématique comme outil de recherche et


d’aide à la décision dans le cadre d’études de la qualité de l’eau : cette approche se basera principalement sur un
exemple de modèle développé pour étudier l’eutrophisation en zone côtière belge. Ensuite, nous nous intéresserons à
l’effet des changements climatiques sur les écosystèmes aquatiques et le rôle de ces écosystèmes dans la régulation
du climat.

3 : Modèles mathématiques = outils précieux pour l’étude et


la gestion de la qualité des eaux (d’une part en raison de la complexité des interactions mais aussi parce que les
écosystèmes aquatiques sont des systèmes complexes, non linéaires et donc l’effet d’une modification d’une pression
sur un écosystème est parfois difficile à prédire)

5 : Un modèle mathématique est une représentation


simplifiée d’un système complexe ou d’un phénomène basé sur le langage mathématique. Le modèle se concentre
uniquement sur un objet d’intérêt : on a un système naturel complexe, sous l’influence de différents facteurs externes.
Pour l’élaboration d’un modèle, il faut sélectionner un nombre de variables d’intérêt dans cet écosystème et les facteurs

64
externes importants qui vont influencer leur évolution. Il faut aussi sélectionner les échelles temporelles et spatiales
d’intérêt pour répondre à la question que l’on se pose dans un écosystème particulier.

6 : Modèle mathématique d’écosystème : ces modèles visent à caractériser un écosystème par un ensemble fini de
composants (vivants et non vivants) qui seront les variables d’état du modèle. Ces composants interagissent entre eux
de manière complexe, des interactions qui seront décrites au travers des équations du modèle. Les composants vont
également interagir avec l’environnement (au travers de la description de contraintes ou de forçages dans le modèle).
Les liens ou équations qui relient les variables d’état constituent un ensemble de mécanismes faisant intervenir des
phénomènes fondamentaux de la physique, de la chimie, de la biologie et de la biochimie.

7 : Un écosystème = biotope (environnement) +


organismes (biocénose) mais aussi des interactions entre ses organismes et leur environnement. Tout modèle
décrivant le fonctionnement d’un écosystème aquatique résulte donc du couplage entre un modèle hydrodynamique
et un modèle biologique.

8 : Modèle hydrodynamique résout les équations de conservation de la vitesse et de conservation de la masse d’eau.
Donc, en fonction d’un certain nombre de contraintes (comme la marée, le débit d’eau douce, les apports d’eau
souterraine, l’importance du vent,…), le modèle calcule la vitesse et
la direction des courants, l’élévation du niveau de l’eau, les
paramètres de mélange de cette colonne d’eau ou encore la
température et la salinité de l’eau. Le modèle va également calculer
la conservation de la masse pour chaque variable d’état biologique,
biogéochimique du modèle, càd qu’en un endroit particulier, il va
calculer quelle est l’évolution dans le temps de la quantité d’une
variable d’état en fonction du déplacement de la masse d’eau.

65
9 : Modèle écologique décrit les transformations des
éléments biogéniques (le carbone, l’azote, le phosphore, l’oxygène) résultant des processus biologiques et chimiques.

Dans cet exemple imagé, on voit la représentation simplifiée de l’évolution temporelle inverse de la biomasse d’une
proie et d’un prédateur dans un même volume pour deux temps spécifiques différents. Vous pouvez voir que l’évolution
de la proie (en vert) va diminuer entre le temps t et le temps t + delta t alors que la biomasse du prédateur (en rouge)
va augmenter.

Dans les équations d’état très simplifiées, on peut voir dans l’équation d’état du prédateur que l’entièreté de la biomasse
mangée par le prédateur ne va pas être transformée en biomasse mais va être multipliée par une efficacité de
croissance. En effet, une partie de la biomasse mangée par le prédateur va être perdue par respiration.

10 : Le modèle idéal d’écosystème devrait décrire un


nombre infini de variables écologiques dans les quatre dimensions (temps + les 3 dimensions spatiales) pour pouvoir
représenter l’ensemble des composants d’un écosystème.

Mais, en pratique, c’est impossible de développer le modèle parfait. La construction de modèles mathématiques
implique des simplifications (en termes de nombre de variables d’état biologiques, en mettant l’accent uniquement sur
les composants d’intérêt et la sélection d’un nombre limité de variables d’état représentatives du fonctionnement
général de l’écosystème mais également des simplifications en termes de choix d’échelles temporelles et spatiales.

11 : Comme illustration de la variabilité des échelles


de temps et d’espace, voici les échelles
caractéristiques de certains organismes et de leur
environnement.

Quand on étudie par ex. la dynamique des algues, on


parle d’organismes de l’ordre de quelques micromètres
à l’échelle de la journée ou de plusieurs jours. Si on
s’intéresse au comportement des dauphins, nous

66
sommes dans des échelles d’espace et de temps de l’ordre de quelques mètres et de plusieurs années.

12 : De la même manière, différentes fenêtres de temps et


d’espace sont caractéristiques des différents écosystèmes avec en général une augmentation de la résolution spatio-
temporelle avec l’augmentation de la complexité et donc, une augmentation de la résolution spatio-temporelle dans
des écosystèmes côtiers, mers régionales, des lacs,… comparés à des modèles qui vont décrire la dynamique que
l’on observe dans l’océan global (où les contraintes varient à plus grandes échelles de temps et d’espace que dans
ces écosystèmes de plus petite taille).

13 : De manière générale, construire un modèle nécessite


des compromis entre : la complexité du modèle vs incertitudes de celui-ci, la complexité vs le coût de calcul, la
complexité entre la description des processus écologiques vs physiques, la complexité vs les échelles spatiales et
temporelles choisies mais aussi la complexité des processus que l’on va décrire vs les données disponibles.

En général, les incertitudes existant dans un modèle augmentent avec la complexité de celui-ci. Et, la représentation
des processus écologiques et physiques vont varier de manière inverse, càd que plus les processus écologiques seront
décrits précisément, plus le modèle physique associé sera décrit de manière simple. Avec des modèles physiques qui
vont décrire un nombre de dimensions spatiales de plus en plus importantes lorsque les processus écologiques seront
de plus en plus simples. Le choix de la complexité nécessaire sera généralement déterminé en fonction de la
connaissance que l’on a du système et de la question que l’on se pose.

67
14 : Il faut plusieurs étapes pour développer un modèle :

D’abord, il faut définir la structure du modèle en fonction du problème, de la question posée. Par exemple, quelle est
l’évolution des masses phytoplanctoniques en répondre à la modification des apports de nutriments à la mer ? Il faut
identifier les différents composants (les variables d’état) et les flux (les processus) qui seront important pour décrire
l’écosystème.

Les modèles NPZD (pour nutriments/phytoplancton/zooplancton/détritus ou MO) = des modèles simples largement
utilisés pour décrire la dynamique des écosystèmes aquatiques. Ils représentent l’évolution de 4 composants dans
l’écosystème en considérant 4 variables d’état et 6 ou 7 processus.

Dans la définition de la structure du modèle, il faut également définir les contraintes environnementales qui vont avoir
un effet sur l’évolution de ces variables d’état. Dans ce cas-ci, par exemple, la lumière ou la température qui peuvent
influencer les processus biologiques.

15 : L’évolution temporelle des variables d’état dépend


de différents processus de croissance ou de pertes qui sont décrits en utilisant des formulations mathématiques.

Dans ce cas-ci par ex., l’évolution dans le temps de la biomasse du phytoplancton dépend de 3 processus : 1 processus
positif (représentant la prise de nutriments et la croissance du phytoplancton, augmentant sa biomasse) et 2 processus
négatifs (représentant les pertes de biomasse dues à la respiration et à la mortalité des organismes).

Dans cette équation, la croissance (uptake) est représentée par un taux maximal de croissance, une limitation par la
concentration en nutriments, exprimée en utilisant une relation de type Michaelis-Menten, et la concentration en
nutriments.
Les processus de perte sont représentés par des formulations de premier ordre, dépendant d’un taux de respiration ou
de mortalité et de la concentration en phytoplancton.

68
16 : La deuxième étape pour développer un modèle d’écosystème est la paramétrisation des processus/calibration
du modèle, càd que des valeurs doivent être attribuées aux différents paramètres utilisés dans les équations du
modèle, sur base de mesures expérimentales ou de données disponibles dans la littérature. Si ces données n’existent
pas, des procédures d’estimation mathématique peuvent être utilisées pour faire des approximations de la valeur de
ces paramètres).

Par exemple, les courbes photosynthèse-lumière


établies sur base d’expériences de laboratoire
peuvent être utilisées pour représenter la
photosynthèse ou la croissance du phytoplancton
dans le modèle.

La photosynthèse du phytoplancton peut être


calculée en utilisant différentes relations
empiriques (vous le voyez sur la gauche du slide)
sur base de la connaissance du taux maximal de
photosynthèse des organismes, càd le pMax et
leur efficience photosynthétique, le alpha). Ces
deux paramètres peuvent être déduits des
courbes photosynthèse-lumière réalisées en
laboratoire. Dans cette expérience, on soumet un échantillon de phytoplancton à différentes intensités lumineuses -
représentées sur l’axe x - et on estime la photosynthèse associée - sur l’axe y. Le taux maximal de photosynthèse
utilisé dans les équations correspondant au plateau de la courbe et le alpha à la pente de cette courbe.

17 : Troisième étape pour construire un modèle est la


validation du modèle :

La capacité du modèle à représenter la dynamique de l’écosystème sera estimée en comparant les résultats du modèle
avec les données existantes.

Dans la figure, on voit la comparaison de l’évolution saisonnière de 3 groupes de phytoplancton, simulée par un modèle
décrivant l’écosystème de la zone côtière belge avec les données disponibles dans cette même zone.

18 : 4ème étape pour construire un modèle = l’exploitation

69
Une fois le modèle validé, il peut être exploité à des fins de prédiction ou de gestion, par exemple pour tester l’effet de
la réduction des apports de nutriments par les rivières sur la succession du phytoplancton dans les eaux côtières
belges.

Ici, on voit les résultats obtenus pour un modèle dans la zone côtière belge (BCZ) quand on a testé 2 types de scénarios
(càd 50% de diminution des apports de phosphore ou 50% de diminution des apports d’azote).

Dans ces figures, une simulation de référence (en noir) est comparée avec le scénario dans lequel les nutriments ont
été diminués (en rouge). On peut regarder quel effet ça a sur la succession des efflorescences de diatomées ou de
phaeocystis: on voit que les deux scénarios ont des effets différents.

La diminution du phosphore affecte aussi bien la biomasse atteinte par les diatomées que celles atteinte par les
phaeocystis. >< La diminution d’azote n’affecte que la biomasse des phaeocystis.

On considère que la biomasse des diatomées est plutôt une biomasse intéressante pour la productivité de l’écosystème
car elle peut être transférée au niveau trophique supérieur alors que les phaeocystis sont des espèces qui ont des
effets nuisibles sur l’écosystème. Donc, diminuer les apports d’azote plutôt que les apports de phosphore pourrait avoir
un effet bénéfique sur l’efficacité de l’écosystème de la zone côtière belge.

Ces résultats de modélisation nous montrent qu’on peut avoir des options de gestion qui vont différer en fonction du
résultat obtenu.

19 : De manière générale, les modèles mathématiques sont développés avec plusieurs objectifs :

- Synthétiser les connaissances


- Tester la compréhension que l’on a de la dynamique d’un écosystème
- Interpoler des observations limitées dans le temps ou dans l’espace
- Prédire l’évolution passée ou future d’un écosystème

20 : Les modèles sont des outils de compréhension développés pour synthétiser les connaissances actuelles,
comprendre le fonctionnement d’un système ou
encore, pour tester une hypothèse.

La formulation du modèle et la comparaison avec


les données est un processus itératif qui va se
répéter jusqu’au moment où le modèle sera
capable de représenter les données disponibles.

Dans une première étape, la formulation du


modèle est basée sur l’observation des données
réelle. Ensuite, la comparaison des résultats du
modèle avec les données réelles permet d’évaluer
le niveau de connaissance du fonctionnement de
l’écosystème et, en cas de différence entre les
résultats du modèle et les données, souligner des
problèmes et incohérences dans notre
compréhension de l’écosystème.

Cela engendre la formulation de nouvelles études expérimentales ou la modification de notre compréhension


conceptuelle de l’écosystème et donc de nouvelles formulations mathématiques dans le modèle.

70
21 : Les modèles sont également des outils d’analyse
développés pour faire des bilans ou pour extrapoler/interpoler des données éparses.

Par exemple : dans le cadre de la problématique de l’eutrophisation, on peut s’intéresser à l’origine des apports d’azote
dans la zone côtière belge (zone côtière influencée par les apports de nutriments provenant de l’Escaut mais aussi de
la Manche, sous l’influence d’autres fleuves, français par exemple, comme la Seine). On peut donc réaliser des bilans
qui regardent l’importance des différents apports et des différents processus de transformation de l’azote sous ses
différentes formes (organiques ou inorganiques). Les modèles vont aider à quantifier l’importance de ces différentes
sources et processus et aussi quantifier l’importance de l’exportation vers les zones côtières hollandaises ou
l’importance de la rétention de l’azote dans la zone côtière belge.

22 : Les modèles sont aussi des outils importants pour quantifier des processus non mesurables.

Pour le cycle de l’azote, les processus de transformation de


l’azote dans les sédiments sont importants. Dans ce cadre,
les données de concentration en nitrates ou en ammonium
dans les sédiments sont importantes mais le processus de
nitrification (transformation de l’ammonium en nitrates) est
très difficile à mesurer expérimentalement.

On peut donc utiliser des modèles pour estimer l’importance


de ce processus en partant du postulat que si le modèle est
capable de reproduire correctement les données de
concentration en nitrates et en ammonium, il permettra de
quantifier le taux de nitrification.

Figure : on voit la comparaison des concentrations en nitrates et en ammonium simulées sur les 10 premiers
centimètres de sédiments dans la zone côtière belge avec une comparaison des résultats obtenus par un modèle et
les données disponibles.

71
23 : Pour finir, les modèles sont aussi des outils de prédiction
et de management : en effet, le modèle peut simuler des scénarios passés et futurs et déterminer ou tester l’effet de
différentes options de management.

Par exemple, dans le cadre de la question « quel est l’effet de la réduction des apports des nutriments par les rivières
sur la succession du phytoplancton dans les eaux côtières belges ? » On peut, par le biais d’un modèle, tester
différentes options de management possibles et tester l’effet qu’aurait une diminution de 50% des apports d’azote ou
de phosphore.

Dans ce cadre-ci, les résultats du modèle montrent, en rouge, comparés à une simulation de référence en noir, des
réponses différentes si on diminue les apports d’azote ou le phosphore. Sur base de ces réponses, on peut voir que
l’on peut choisir des options de gestion différentes en fonction de l’effet qu’on souhaite obtenir sur la biomasse
phytoplanctonique. L’objectif est-il de diminuer l’ensemble de la production primaire (aussi bien diatomées que
phaeocystis) ou simplement la biomasse des algues indésirables (phaeocystis) et dans ce cadre-là, une option de
management tendant vers une diminution des apports d’azote semble, sur base des résultats du modèle, plus
appropriée que la diminution des apports de phosphore.

24 : Quand on s’intéresse à la qualité de l’eau et effet des


activités humaines sur le fonctionnement de l’écosystème aquatique, quelle est la résolution trophique nécessaire ?
(Quels organismes doivent être représentés ?)

Cela dépend en particulier de la question qu’on se pose et de la pression anthropique à laquelle on s’intéresse.

Dans le contexte de l’eutrophisation, il est important de représenter l’évolution des nutriments (azote, phosphore,
silice,…), les différentes formes étant importantes vu que l’eutrophisation joue principalement sur l’azote et le
phosphore, sans modifier la silice et ainsi favoriser certains groupes phytoplanctoniques par rapport à d’autres). Il
faudra donc aussi représenter l’évolution de plusieurs groupes phytoplanctoniques, et éventuellement le zooplancton,
si on veut estimer l’effet de l’eutrophisation sur les niveaux trophiques supérieurs.

Au contraire, si on s’intéresse à l’effet de la pêche, le modèle se concentre sur les niveaux trophiques supérieurs du
zooplancton au poisson.

72
25 : En fonction de la question, les modèles
d’écosystèmes NPZD peuvent devenir des modèles NnPpZzDd avec plusieurs variables d’état différentes pour
représenter les nutriments, le phytoplancton, le zooplancton ou encore les détritus.

26 : Tout modèle d’écosystème résulte de la combinaison d’un


modèle biologique, biogéochimique, et d’un modèle physique. La résolution du modèle physique comme celle du
modèle biologique peut varier en fonction de la question. D’un modèle boîte 0D (où les conditions physiques, le
mélange, sont considérées comme homogènes dans l’espace) à des modèles 3D (représentant une variabilité des
processus physiques dans les 3 dimensions).

27 : Le cas d’étude porte sur le développement et l’utilisation d’un modèle mathématique pour étudier la qualité des
eaux continentales et côtières de la mer du Nord en lien avec les indicateurs proposés dans les directives et
conventions européennes d’application dans cette zone.

Plan du cas d’étude


Qualité des eaux continentales (DC-EAU)
- Qualité des eaux marines (DC-Stratégie Marine)
- Eutrophisation côtière/Mer du Nord (Convention OSPAR)

73
28 : La zone d’étude porte sur la Manche orientale et la
baie Sud de la mer du Nord, avec un focus sur la (ZEE) belge.

29 : La zone côtière belge (ou BCZ) correspondant à la


ZEE est caractérisée par des concentrations importantes en nutriments provenant de différents fleuves (Seine, Somme,
Escaut) situés sur trois bassins versants fortement anthropisés. Ces apports de nutriments s’accumulent selon un
gradient sud-ouest nord-est et la zone est anthropisée par les activités humaines et caractérisée par un enrichissement
en azote et en phosphore par rapport à la silice si on compare avec les besoins naturels des algues.

30 : En réponse à ces concentrations importantes en nutriments,


la zone est caractérisée par des efflorescences algales printanières importantes, dominées par des colonies de
phaeocystis. Comme expliqué, lorsque les cellules de phaeocystis sont en colonie, elles atteignent des tailles qui font
qu’elles ne peuvent plus être mangées par le zooplancton et elles s’accumulent dans la colonne d’eau.

74
Plusieurs questions se posent suite à l’apparition des colonies de phaeocystis et à la mise en place des premières
options de management. En effet, depuis 1990, depuis la
prise en compte du problème d’eutrophisation et la mise
en place d’un certain nombre d’options de management,
on a diminué de 50% les apports de phosphore mais
aucun effet visible n’a été observé sur la biomasse
atteinte par les efflorescences de phaeocystis : pourquoi ?
existe-t-il un état écologique de référence et si oui, quelles
sont les réductions de nutriments nécessaires pour s’en
approcher ?

31 : Les problèmes liés à l’eutrophisation ont été abordés


dans différentes conventions et directives depuis les
années 1980.

Lors de la 2ème conférence ministérielle internationale sur la protection de la mer du Nord organisée à Londres
en 1984, il a été décidé qu’il fallait prendre des mesures importantes pour réduire de manière drastique les quantités
de nutriments et de substances toxiques qui atteignaient les environnements aquatiques de la mer du Nord. Objectif :
atteindre une réduction de 50% de ces apports entre 1985 et 1995.

Lors de la convention OSPAR (pour la protection du milieu marin de l’Atlantique du Nord-Est) de 1998, on a abordé
le problème de l’eutrophisation. Cette convention a préconisé une diminution progressive des apports de nutriments et
de toutes les substances dangereuses pour retrouver dans le milieu marin des concentrations proches des valeurs
représentatives des concentrations produites naturellement par l’écosystème sans l’influence anthropique.

Remarquant l’absence de réponse de l’écosystème à la diminution des apports de phosphore initiés depuis 1985, la
convention recommande de continuer la mise en œuvre des recommandations précédentes ainsi que des directives
nitrates et traitement des eaux mises en place sur le continent & de concentrer les efforts de recherche sur le lien
existant entre l’enrichissement en nutriments et la réponse des écosystèmes.

La directive cadre stratégie marine européenne a été adoptée en 2008 avec l’objectif d’atteindre un bon état écologique
des mers et océans pour 2012 (ce bon état écologique étant décrit sur base de différents descripteurs, dont
l’eutrophisation).

32 : Le problème de l’eutrophisation est aussi abordé par différentes directives qui légifèrent sur la qualité des eaux
continentales comme par ex. celles décrites ci-dessous :
Gouvernance

75
33 : Dans le cadre de ces directives ou conventions,
différents critères sont établis pour atteindre le bon état écologique et chimique des eaux. Dans le cadre de la
convention OSPAR, des critères ont été établis sur base des concentrations en nutriments hivernaux (concentrations
en nitrates et phosphates) mais aussi les concentrations atteintes par la biomasse phytoplanctonique en termes de
chlorophylle ou en termes de cellules de phaeocystis, avec des concentrations maximales ne pouvant être dépassées
pour considérer que les eaux dans un bon état écologique.

34 : Des questions scientifiques découlent de ces critères, généralement


fixés de manière assez arbitraire. Est-il possible d’atteindre la réduction demandée ? Les mesures proposées ciblent-
elles les bons nutriments ? Avons-nous la connaissance suffisante pour prédire quel sera le résultat de l’application
des mesures sur la qualité de l’écosystème de la mer du Nord ? Les références de qualité sont-elles vraiment
représentatives d’un bon état écologique ? La stratégie de monitoring utilisée pour juger du bon état écologique de
l’écosystème est-elle adaptée ?

Des recherches sont menées sur base de ces questions avec l’objectif de définir des objectifs de qualité écologique et
de développer des outils d’analyse (pour reconstruire l’évolution historique de l’écosystème, faire des projections
futures mais aussi essayer d’évaluer le succès de diverses mesures mises en place).

76
35 : La référence qualité correspondant à la biomasse naturelle de
phaeocystis sans effet des activités humaines a été définie sur base des observations de terrain. L’hypothèse que si
les colonies ne s’accumulaient pas avant dans la colonne d’eau, c’est qu’elles étaient principalement consommées par
le zooplancton.

On sait que la taille maximale des colonies ingérées par les copépodes7 correspond à un diamètre de +/- 400
micromètres. Sur base des mesures des colonies récoltées dans la zone côtière belge entre 1988 et 2000, il semble
que les colonies inférieures à 400 micromètres représentent au maximum une biomasse de 100 milligrammes de
carbone par m³. Si on considère un degré de liberté de 50%, la référence qualité pour les colonies de phaeocystis
correspondrait à une biomasse maximale de 150 mg carbone/m³ dans l’environnement ou un nombre de cellules de 4
106 cellules par litre. Ce sont les valeurs de référence choisies pour un écosystème naturel.

On considère qu’au-delà de ces valeurs, il y a une forte probabilité que les phaeocystis représentent une nuisance
pour l’écosystème, avec par exemple une accumulation de mousse sur les plages.

36 : Pour étudier l’impact des activités humaines sur l’eutrophisation de la zone côtière et les efflorescences de
phaeocystis, un modèle mathématique intégré du bassin versant et de la zone côtière a été développé et appliqué.

Ce modèle permet de représenter les émissions provenant de l’agriculture, des industries et des stations d’épuration
pour 3 grands fleuves (Seine, Somme et Escaut) et leur transport et transformation jusqu’à la zone côtière, où l’impact
des activités humaines est estimé.

On peut également, en utilisant ce modèle, tester des scénarios/modifications des activités humaines sur le territoire
et estimer l’effet sur l’écosystème de la zone côtière.

7
Les copépodes sont un groupe de petits crustacés, libres et parasites, vivant dans l'eau de mer et dans presque tous les habitats d'eau douce. En mer, ils forment la base du plancton et la nourriture des poissons.

77
37 : Ce modèle est basé sur le principe du modèle de la boucle
DPSIR qui fait le lien entre les drivers, les pressions, l’état, la réponse de l’écosystème, et l’impact sur le fonctionnement
de cet écosystème.

38 : L’outil utilisé se base sur une représentation SIG8 des


contraintes des utilisations du sol sur le territoire. Le modèle RIVE, modèle de la qualité de l’eau dans le réseau
hydrographique, permet de calculer les apports de carbone et de nutriments qui arriveront dans la zone côtière.

Le modèle MIRO, modèle biogéochimique, calculera les concentrations en nutriments et décrira les successions
phytoplanctoniques (dont phaeocystis) dans la zone côtière belge.

39 : Le modèle Riverstrahler décrit les apports de nutriments par


les rivières Seine, Somme et Escaut en fonction des émissions/activités sur les bassins versants.

Carte de la distribution de la densité de la population, de l’utilisation du territoire et du bétail qui sont utilisés dans le
modèle pour décrire les activités humaines sur le territoire ainsi qu’une représentation du réseau hydrographique.

8
Système d’Information Géographique

78
40 : Ce modèle de réseau hydrographique résulte du couplage
entre un modèle détaillé des processus biogéochimiques (RIVE) et une représentation du réseau hydrographique basé
sur la notion d’ordre (l’ordre de Strahler, c’est une classification du niveau de complexité d’une rivière ou d’un fleuve
qui est basée sur son réseau d’affluents).

41 : Le modèle tient compte des conditions


météorologiques (rayonnement solaire, température, précipitations) mais aussi les apports diffus et ponctuels de
carbone et de nutriments. Les apports diffus de silice varient en fonction du type de roche et de l’altération de ces
roches. Les apports d’azote et de phosphore varient selon la couverture végétale et de l’utilisation du sol. Les valeurs
varient avec des concentrations maximales en azote pour les sols modifiés par rapport aux forêts primaires initialement
présentes. Et la teneur la plus importante est obtenue pour les sols agricoles.

79
42 : Le type de culture peut aussi modifier l’importance des apports
d’engrais azotés et donc la concentration en nitrates dans les eaux continentales.

43 : Le modèle décrit aussi les sources ponctuelles provenant


des sources d’épuration et des rejets industriels sur base d’une description SIG de leur localisation, comme vous
pouvez le voir sur cette carte.

44 : En tenant compte de la capacité de la station d’épuration, le mode de


traitement appliqué ou encore de l’efficacité du traitement pour calculer l’importance des rejets provenant des
différentes stations.

80
45 : Le modèle de rivière Riverstrahler a été couplé au modèle
MIRO (côtier) qui représente l’écosystème marin et qui est implémenté dans 3 boîtes successives décrivant le transport
résiduel de l’eau de la Manche à la zone côtière belge.

46 : Le modèle MIRO, dont le diagramme conceptuel est présenté


sur cette figure, décrit l’évolution du phytoplancton, des nutriments, des bactéries et du zooplancton dans la zone
côtière belge, en réponse aux différentes contraintes météorologiques et aux apports de nutriments provenant des
rivières et calculés par le modèle Riverstrahler.

47 : Avant d’être utilisé pour tester des scénarios de gestion, la


capacité du modèle à représenter la dynamique de l’écosystème de la mer du Nord, et en particulier les successions
phytoplanctoniques et la biomasse des colonies de phaeocystis, a été évalué par comparaison avec les données
disponibles.

Sur le slide, on voit l’évolution saisonnière moyenne simulée par le modèle entre 1989 et 1999, comparée aux données
disponibles pour la même période. De manière générale, le modèle reproduit bien les concentrations et l’évolution
saisonnière des nutriments majeurs (silice, nitrate et phosphate) et des groupes phytoplanctoniques importants dans
la zone (diatomées et colonies de phaeocystis).

81
48 : Deux types de simulation ont été réalisées. Des simulations de
référence. Une référence actuelle correspondant à l’année 2000 (caractérisée par des forçages météorologiques
moyens) et une référence naturelle ou pristine pour laquelle on a fait l’hypothèse que les 3 bassins versants de la
Seine-Somme-Escaut étaient recouverts de forêts primaires et qu’il n’y avait aucune activité humaine sur le territoire.

A côté de ces simulations de référence, des scénarios de réduction des apports de nutriments ont été testés en :

- Améliorant le traitement des eaux usées


- Testant l’utilisation en hiver de plantes pièges à nitrate comme la moutarde ou le colza
- En implémentant de l’élevage extensif
- Testant la combinaison des scénario 1 et 2 ensemble

49 : Dans le scénario d’amélioration du traitement des eaux usées


(WWT) : toutes les stations de capacité supérieure à 20.000 équivalents habitants ont été améliorées en appliquant un
traitement d’élimination de 73% de l’azote et de 90% du phosphore.

2 scénarios (AGRI) portant sur les apports diffus de nutriments ont été développés :

1er correspond à l’utilisation des plantes pièges à CIPAN couplée à une réduction des fertilisants azotés inorganiques.

2e est le scénario d’implémentation d’un élevage extensif – ce scénario a été construit en ne modifiant pas la densité
de bétail mais en augmentant la quantité de la zone de pâturage associée au détriment des cultures fourragères,
entraînant en conséquence une diminution de l’azote lessivé par les sols.

Dernier scénario correspondant à la combinaison du scénario WWT et des scénarios AGRI (scénario ALL)

82
50 : Les résultats obtenus pour la simulation de référence actuelle vs
pristine montrent que la qualité des eaux continentales (ici exprimée en termes de concentration en nutriments) est
fortement améliorée en l’absence d’activités humaines, avec des concentrations considérées comme ‘bonnes’ pour le
phosphate à ‘très bonnes’ pour le nitrate dans la simulation pristine.

>< Alors que cette qualité est mauvaise, voire très mauvaise, dans la situation de référence correspondant à l’année
2000, particulièrement pour le nitrate.

51 : Si on compare les résultats obtenus pour le scénario le plus


complet (ALL), combinant la réduction des apports ponctuels de nutriments provenant des stations d’épuration et les
apports diffus avec la situation de référence actuelle de l’année 2000, on observe une légère diminution de la
concentration en nutriments et donc une légère amélioration de la qualité de l’eau, sans pour autant atteindre une
bonne qualité partout dans les eaux continentales (en particulier, si on considère les concentrations en nitrate).

83
52 : La qualité de l’eau de la zone côtière a été estimée sur base,
d’une part, de l’enrichissement hivernal en nutriments (comparé aux valeurs cibles données par la convention OSPAR)
et, d’autre part, en termes de nombre maximal de cellules de phaeocystis et de durée de l’efflorescence.

Les concentrations hivernales en azote inorganique (DIN) et en phosphate simulées dans la simulation de référence
ont été comparées aux concentrations estimées pour la simulation pristine et les différents scénarios de réduction
futurs possibles.

Résultats : seule la simulation sans activité humaine permet de reproduire des concentrations en nitrate et phosphate
inférieurs aux valeurs de référence proposées par la convention OSPAR. Les autres scénarios simulant des
concentrations largement supérieures, surtout pour l’azote inorganique.

Les résultats des scénarios montrent que le scénario combiné présente les diminutions les plus importantes en azote
et phosphore alors que les scénarios AGRI et WWT ne font diminuer soit les concentrations en azote soit celles en
phosphore (aucun de ces scénarios ne permet d’atteindre les valeurs cibles imposées pour atteindre un bon état
écologique des eaux).

53 : De manière similaire, les résultats obtenus en nombre de cellules


de phaeocystis et durée de l’efflorescence montrent que les valeurs obtenues pour l’année de référence 2000 et les
différents scénarios futurs sont largement au-dessus des valeurs pristine sans aucune activité humaine.

84
54 : A côté de l’efficacité écologique, il est aussi possible
d’estimer le coût économique de ces scénarios. Le coût financier de la mise en place des scénarios a été estimé à
l’échelle annuelle pour les 3 bassins considérés mais aussi en termes d’efficacité de réduction des apports par kg
d’azote ou kg de phosphore. Ces estimations montrent un coût beaucoup plus important pour l’amélioration du
traitement des eaux usées que pour la mise en place de nouvelles techniques agricoles. Mais ces dernières ont été
assez peu efficaces en termes de diminution des apports.

55 : Conclusions :

Les résultats obtenus dans cette étude montrent que le modèle mathématique développé est utile pour tester des
scénarios de réduction et en évaluer les coûts. C’est donc un outil utile d’aide à la prise de décision.

De plus, les résultats montrent que les politiques à court terme (comme les bonnes pratiques agricoles, l’amélioration
du traitement des eaux usées, qui ont été testées dans cette étude) ne permettent pas d’atteindre un bon état
écologique, en tout cas tel que défini dans les différentes conventions. D’autres scénarios prenant en compte des
changements structurels comme le passage à l’agriculture bio doivent donc être envisagés sur le long terme si on veut
améliorer la qualité des eaux en termes d’eutrophisation.

Les deux figures montrent les résultats obtenus pour l’implémentation d’un scénario green (de passage à l’agriculture
bio pour l’ensemble des bassins versants comparé aux résultats précédents). Les résultats montrent que ce type de
changement structurel permettrait de diminuer de manière significative la durée et le nombre maximal de cellules de
phaeocystis, sans toutefois atteindre les niveaux pristines.

85
8- Changements climatiques et écosystèmes aquatiques
Dans cette dernière partie, nous nous intéressons à l’effet du changement climatique sur les écosystèmes aquatiques
et le rôle que ceux-ci peuvent jouer dans la régulation du climat.

2 : L’océan joue un rôle important dans la régulation du climat (réservoir de chaleur, pompe à carbone et rôle dans
d’autres cycles biogéochimiques).

Il est différent de l’atmosphère :

- L’océan a une capacité thermique près de 1000


fois supérieure, ce qui lui permet de stocker une
partie essentielle du flux radiatif solaire et du
surplus d’énergie générée par les activités
humaines.

La capacité thermique d’un corps = grandeur qui mesure


l’énergie qu’il faut lui transférer pour augmenter sa
température de 1 degré. Plus la capacité thermique est
élevée, plus un corps pourra pour un même
volume/masse emmagasiner de l’énergie (ex : capacité
thermique de l’air = 1.3 KJ/m³ et par Kelvin alors que celle
de l’eau = 4200 KJ/m³ et par Kelvin).

- L’océan est caractérisé par une dynamique bien


plus lente que celle de l’atmosphère : Le temps de résidence de la circulation atmosphérique est de l’ordre de
quelques mois alors que celui de la circulation océanique est plus de 1000 ans.

Les océans jouent donc un rôle primordial dans la régulation du climat et dans ses changements mais en conséquence,
les eaux marines vont se réchauffer et les conditions physico-chimiques sont modifiées. Cela engendre des
conséquences sur les propriétés et la dynamique
de l’océan, sur les organismes marins et sur les
échanges avec l’atmosphère qui pourrait conduire
à des rétroactions dans le système climatique et
accélérer ou ralentir les changements climatiques
en cours.

3 : Réservoir de chaleur : L’océan est le principal


régulateur du climat mondial grâce à ses échanges
radiatifs, mécaniques et gazeux continuels avec
l’atmosphère. La capacité de l’océan à stocker de
la chaleur est bien plus efficace que celle de
l’atmosphère et des continents.

Tableau : Comparaison de l’énergie stockée entre


1961 et 2003 dans les différents grands réservoirs de la planète.
Océans représentent 90 % de l’énergie totale stockée. >< les continents 3% et l’atmosphère 1%

L’océan reçoit principalement de la chaleur du rayonnement solaire dans les régions tropicales et les courants
océaniques redistribuent l’excès de chaleur reçu aux tropiques vers les plus hautes latitudes au travers de la
circulation thermohaline.

Cette circulation représente la circulation de l’eau à l’échelle mondiale qui va participer à la redistribution de la chaleur.
Elle est engendrée par des différences de densité de l’eau (dues aux différences de t° et de salinité des masses d’eau
: plus une eau est froide et salée, plus sa densité est importante). La circulation est initiée aux hautes latitudes de

86
l’Atlantique nord où des eaux froides et salées vont
plonger en profondeur et descendre vers le sud. Elles
seront réchauffées sous les tropiques et vont remonter
vers la surface de l’océan et continuer leur trajet vers
le nord, où elles vont se refroidir. Et ainsi de suite.

4 : Le réchauffement récent de l’océan affecte


principalement les couches superficielles (700
premiers mètres de surface) mais, dans les régions
situées aux hautes latitudes, ce réchauffement atteint
les couches profondes.

La figure montre l’évolution de l’accumulation


d’énergie en 1971 et 2010 pour différentes
composantes du système climatique terrestre.

On voit l’importance de l’océan comme réservoir de chaleur : l’énergie stockée dans les couches de surface de l’océan
a augmenté pendant toute la période et domine ces estimations. L’océan profond (sous 700 mètres) représente la
deuxième contribution la plus importante comparée à la fonte de la glace continentale, les surfaces continentales ou
l’atmosphère.

5 : Le réchauffement océanique induit des effets secondaires :

- L’élévation du niveau moyen de la mer : de manière générale, l’augmentation du niveau de la mer résulte de
deux causes principales = l’augmentation de la t° des océans et l’expansion thermique associée (quand la t°
augmente, l’eau de mer se dilate et le niveau s’élève) mais aussi la fonte des glaces continentales des glaciers
et des calottes glaciaires.

- Intensification du cycle hydrologique planétaire avec l’augmentation de l’évaporation et de la teneur en eau


dans l’atmosphère, qui va avoir tendance à intensifier le cycle hydrologique (avec des modifications des
apports d’eau douce et une modification des salinités de surface dans l’océan).

- Modifications de la dynamique et des transports de chaleur et de sels dans l’océan, perturbant ainsi localement
les échanges énergétiques avec l’atmosphère et la circulation thermohaline (ce qui affecte le climat à l’échelle
globale en diminuant significativement les transports de chaleur vers les hautes latitudes et vers l’océan
profond).

- Accélère la fonte des glaciers continentaux entourant le Groenland et l’Antarctique = les deux plus grands
réservoirs d’eau stockée sur le continent

- Modification des cycles biogéochimiques et l’oxygénation des océans, la solubilité de l’oxygène diminuant
avec l’augmentation de la t° de l’eau

87
6 : L’évolution du niveau de la mer au 20ème siècle montre sur la figure de gauche une augmentation de près de 15 cm
en moyenne.

La hausse du niveau des mers est une conséquence directe des activités humaines et du changement climatique
actuel qui va donc continuer dans le futur.

L’enjeu est actuellement d’estimer l’importance de cette hausse, les différences régionales et les incertitudes
associées.

Les incertitudes proviennent de deux sources majeures : l’importance des émissions futures de GES + la mauvaise
connaissance de certains processus affectant les variations du niveau de la mer (par ex : le processus d’écoulement
de la glace des calottes glaciaires vers l’océan).

L’augmentation future du niveau des mers peut être étudiée sur base de l’utilisation de modèles mathématiques : les
résultats présentés sur la figure de droite représentent l’augmentation moyenne du niveau de la mer attendue en 2080-
2100 comparée à la période 1986-2000. La moyenne est calculée sur les résultats obtenus par 21 modèles pour 4
scénarios futurs différents, présentés dans les figures
(a, b, c et d).

Ces résultats montrent que tous les scénarios simulent


une augmentation du niveau de la mer variant de 25
cm dans le cas le plus favorable (figure a,
correspondant au scénario RCP 2.6) à 82 cm dans le
cas le moins favorable (figure d, scénario RCP 8.25).

7 : La circulation thermohaline : en bleu, les eaux


froides et profondes et en rouge les eaux de surface,
plus chaudes. Les cercles jaunes indiquent les zones
de formation des eaux profondes.

88
L’augmentation de la t° va à priori avoir tendance à augmenter l’évaporation dans les régions tropicales et les
précipitations dans les régions de plus hautes latitudes.

La calotte glaciaire pourrait également


partiellement fondre, augmentant
ainsi les apports d’eau douce aux
pôles et entraînant une diminution de
la salinité et de la densité des eaux de
surface qui pourrait empêcher leur
plongée dans les couches profondes
de l’océan, avec un ralentissement ou
un arrêt de certains courants, comme
le Gulf Stream, et ne plus assurer les
échanges thermiques actuels entre
l’Equateur et les zones tempérées.

8 : L’augmentation de la t° des océans


aura également des effets directs sur
la diversité et la dispersion des
organismes : par exemple, un
déplacement des espèces vers le
nord (car elles recherchent des eaux
plus froides soit parce qu’ils en ont
besoin pour survivre, soit parce qu’ils suivent des organismes dont ils se nourrissent). A l’inverse, des espèces
exotiques peuvent étendre leur aire de vie.

Il va également y avoir une disparition d’espèces endémiques adaptées à des conditions particulières qui vont être
modifiées, comme le krill et les espèces antarctiques.

9 : L’océan et l’atmosphère échangent des gaz comme le CO2 et le méthane. À l’échelle globale, sur base des flux de
CO2 émis par les activités humaines en 2010, il a été estimé que 50% de ces émissions s’accumulaient dans
l’atmosphère et que les 50 autres % étaient stockés à parts égales dans les puits de carbone terrestres et océaniques.

89
10 : L’océan est donc un réservoir important de carbone.

Au cours des dernières décennies, l’océan a


ralenti le rythme du changement climatique
anthropique en absorbant près de 25 à 30% des
émissions anthropiques de CO2.

Figure : évolution de la concentration


atmosphérique en CO2 observée de 1960 à 2005
comparée aux concentrations estimées sans
l’absorption océanique.

Le rôle de puits ou de source des océans (c’est-


à-dire le sens du flux de CO2 entre l’atmosphère
et l’océan) résulte de la différence de
concentration entre la concentration
atmosphérique et océanique en CO2.

Et même si l’océan contient 50 fois plus de


carbone que l’atmosphère, ce carbone n’est pas
réparti de façon homogène en fonction de la profondeur (avec des concentrations plus élevées en profondeur qu’en
surface). Seules les couches de surface sont en contact avec l’atmosphère et contribuent aux échanges de CO2. Ce
gradient, en fonction de la profondeur s’explique par des processus physico-chimiques et biologiques.

11 : Les processus physico-chimiques et biologiques responsables de la séquestration du carbone dans les océans
sont regroupés selon l’appellation de pompe
physique et pompe biologique à carbone.

La pompe biologique résulte de l’activité des


organismes autotrophes dans l’eau. Par la
photosynthèse, le phytoplancton convertit le CO2
en carbone organique.

Ce carbone sera ensuite transféré dans la chaîne


trophique et une partie va quitter la couche de
surface et va être séquestrée dans les
profondeurs de l’océan. Une petite fraction de ce
carbone peut être stockée dans les sédiments

90
pour de très grands laps de temps à l’échelle des millénaires. A l’échelle géologique, cette séquestration a formé les
dépôts pétrolifères qui sont aujourd’hui exploités.

12 : La pompe physique résulte de la solubilité du CO2


dans l’eau et du transport des masses d’eau.

De manière générale, les gaz sont plus solubles dans les


eaux froides que dans les eaux chaudes. Le
refroidissement des eaux de surface aux hautes latitudes
augmente donc leur capacité à dissoudre le CO2
atmosphérique et augmente leur densité.

Ces eaux, riches en CO2, vont donc plonger vers les


profondeurs à travers la circulation thermohaline,
contribuant au gradient vertical de carbone dans les
océans et à la séquestration du carbone dans les
profondeurs.

13 : L’augmentation de la t° et de la concentration en CO2 dans l’eau a des effets secondaires sur la physique, la
chimie et la biologie des océans, avec des rétroactions possibles sur le climat suite à la diminution du puits de carbone
océanique et à l’acidification des océans
entre autres.

La capacité de l’océan à absorber le


CO2 atmosphérique pourrait diminuer
suite à une modification de la chimie des
carbonates ou une modification du
fonctionnement des pompes physiques
et biologiques.

Par exemple, l’augmentation de la t°


pourrait induire une diminution de la
solubilité du CO2 ou une augmentation
de la stratification qui diminuerait le
mélange vertical avec également un
effet possible sur la circulation
océanique qui limiterait l’export de CO2
vers les profondeurs.

L’augmentation de la t° va aussi modifier l’importance de la pompe biologique (mais le sens de cette modification et
son importance sont difficiles à prévoir car la croissance du phytoplancton dépend de la t° mais aussi de la disponibilité
en lumière et en nutriments).

Des études de modélisation prédisent toutefois une réduction de la production primaire en réponse à des limitations
plus importantes en nutriments (suite à l’augmentation de la stratification et la diminution du mélange des couches
profondes, riches en nutriments, avec les couches de surface). Ces prédictions montrent généralement une variabilité
régionale très importante dans la modification future de la pompe biologique.

L’augmentation de la concentration en CO2 va aussi entraîner une acidification des océans (càd une baisse du pH due
à l’augmentation des protons dans l’eau). Cette acidification des océans a des effets sur les processus de calcification
ou de précipitations des calcaires.

14 : Dans les océans, le carbone du CO2 peut être converti en d’autres formes de carbone. Le CO2 dissout dans l’eau
réagit avec la molécule d’eau pour former de l’acide carbonique (H2CO3) qui est une molécule instable, qui se dissocie
en ion bicarbonate HCO3-, en carbonate CO3 2- et en proton. C’est ce qu’on appelle le système des carbonates.

Sur la figure de droite, le diagramme présente la proportion des différentes formes du système des carbonates en
fonction du pH.

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L’équilibre de ces 3 formes représente le pouvoir tampon de l’océan qui permet de conserver un pH plus ou moins
constant.

La répartition des différents acides et bases reliés à l’acide carbonique varie en fonction du pH. Dans les conditions de
pH actuelles entre 8.1 et 8.3, l’acide carbonique ne va pas s’accumuler mais principalement se transformer en HCO3-
(sur base de la réaction numéro 2 présentée dans cette slide).

Avec l’augmentation de la concentration en CO2 atmosphérique, la dissociation de l’acide carbonique en ions


carbonates et protons va augmenter et induire une diminution du pH.

Une partie de ces protons vont réagir avec les ions


carbonates et tamponner ainsi les variations de pH.

À cause du fait qu’il y a une conversion du carbonate de


CO2 en d’autres formes de carbone, la capacité de l’océan
à capter l’excès de CO2 atmosphérique est plus importante
que s’il n’y avait qu’un simple équilibre entre le CO2
atmosphérique et le CO2 océanique.

Mais, il y a une limite à cette capacité : ce sont les ions


carbonates qui tamponnent le pH et c’est leur quantité qui
fixera cette limite.

À court terme, dans les couches de surface de l’océan, une


diminution du puits océanique liée à la chimie des
carbonates peut être imaginée suite à une diminution de la
concentration en ion carbonates.

Mais, à long terme, cette diminution en surface sera compensée par la dissolution en profondeur du carbonate de
calcium.

Si on considère l’équation de la réaction de calcification, on peut voir également qu’une augmentation de la


concentration en CO2 va déplacer l’équilibre de cette équation vers la gauche et aura pour effet de favoriser la
dissolution du calcaire, également dans les eaux de surface, avec des effets néfastes possibles sur les organismes
calcaires.

15 : Comme déjà montré lors du premier cours, on voit ici des photos où on peut voir l’effet de l’augmentation de la
concentration en CO2 sur la calcification des lithes du
squelette calcaire des coccolithophoridés, dans 2
expériences réalisées à des pressions partielles de 300 et
815 microatmosphères.

Comme nous venons de le voir dans cette dernière partie du


cours, les écosystèmes aquatiques jouent un rôle important
dans la régulation du climat mais cela va modifier, et
continuer à modifier, leur fonctionnement, avec des
rétroactions sur le rôle qu’ils jouent dans cette régulation du
climat qui sont encore difficiles à estimer.

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