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CENTRE EUCHARISTIQUE ET MARIAL SPIRI-MARIA PÈRE STÉPHANE GAM ACHE

Samedi et dimanche 16 et 17 août 2014

LE GRAND MYSTÈRE DE L’IMMACULÉE

LE DOGME DE L’IMMACULÉE CONCEPTION


En décembre prochain, nous célébrerons le 160 e anniversaire de la
promulgation du dogme de l’Immaculée Conception. Ce dogme était le
couronnement d’un long cheminement de l’Église guidée par l’Esprit Saint,
cheminement pendant lequel il a fallu réconcilier des éléments de notre foi,
apparemment contradictoires. Résumons brièvement:

Tous, enfants d’Ève que nous sommes, avons été touchés dès la
conception par le péché originel. Tous doivent donc être sauvés, rachetés par les
mérites de la Rédemption. Puisque Marie est une fille d’Ève, Elle devrait
normalement avoir été touchée par le péché originel, et elle devrait donc Elle
aussi avoir besoin de Rédemption, comme il en est pour tous. Mais afin de SE
donner une Mère digne de Lui, le Fils de Dieu décida de sauver sa Mère non
pas après sa conception, mais PAR AVANCE, dès le commencement de son
existence. C’est cette Rédemption ANTICIPÉE de Marie que Pie IX proclama
solennellement le 8 décembre 1854: «La bienheureuse Vierge Marie fut, dès le
premier instant de sa Conception, préservée et exempte de toute souillure
de la faute originelle, par une grâce et un privilège spécial de Dieu
tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain.»

Par ce dogme, Marie était officiellement reconnue comme une femme


exceptionnelle, mise à part, élue et élevée par Dieu au-dessus de tout autre être
humain! Mais Elle n’en demeurait pas moins une femme. Et ils n’étaient
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probablement pas si rares ceux qui pressentaient que Marie était «plus divine
qu’humaine», et que ce dogme ne disait donc encore que bien peu de choses
sur le grand Mystère de Marie. D’ailleurs, certains passages du dogme
lui-même, semblaient déjà nous inviter à aller beaucoup plus loin.

En effet, dès le premier paragraphe, le dogme affirme:

«Dieu, qui est ineffable […], choisit et prépara, dès le commencement


et avant les siècles, une Mère à son Fils unique, […] et Il L’aima
entre toutes les créatures d’un tel amour, qu’Il mit en Elle seule, par
une souveraine prédilection, toutes ses complaisances. L’élevant
incomparablement au-dessus de tous les esprits angéliques, de tous les
Saints, Il La combla de l’abondance des dons célestes, pris au
trésor de la divinité, d’une manière si merveilleuse, que toujours et
entièrement pure de toute tache du péché, toute belle et toute parfaite,
Elle avait en Elle la plénitude d’innocence et de sainteté la plus
grande que l’on puisse concevoir au-dessous de Dieu et telle que,
sauf Dieu, personne ne peut la comprendre.»

Plus loin, le Pape en rajoute quand il décrit Marie comme

«Celle qui, au-dessous de Dieu seul, est au-dessus de toutes les


créatures, qui par nature est plus belle, plus parfaite, plus sainte que
les Chérubins et les Séraphins, que toute l’armée des Anges, et dont,
ni sur la terre, ni dans le ciel, aucune langue ne peut dignement
célébrer les louanges.»
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«Celle», nous dit le Pape, «au-dessous de Dieu SEUL» et «au-dessus


de toutes les créatures»; préparée «dès le commencement et avant les siècles»;
si grande, que «personne sauf Dieu ne peut la comprendre»!!! Oui, par ces mots
sans équivoques, le Pape Pie IX invitait la chrétienté à percer davantage le
Mystère inépuisable de Marie.

D’ailleurs, Pie IX s’était exclamé à une autre occasion: «Avec la


Vierge, vous pouvez concevoir les choses les plus magnifiques, les plus
extraordinaires: vos idées ne seront même pas au niveau de ce que l’on peut
penser et croire de la Vierge Marie.» (Site: http://crc-resurrection.org/, L’Immaculée
Conception, préexistante)

LOURDES ET LE PÈRE KOLBE


(Citations: Manteau-Bonamy, La doctrine Mariale du Père Kolbe)

En 1958, moins de 4 ans après le dogme de l’Immaculée, Marie nous


livrait Elle-même une importante clé de son Mystère. Elle fit à Lourdes cette
déclaration solennelle: «Je suis l’Immaculée Conception.» Plusieurs y ont vu une
confirmation du dogme. Mais d’autres ont bien vu toute la nouveauté et le
mystère de cette déclaration. Le curé de Lourdes lui-même, en entendant ces
mots répétés par Bernadette, se demanda avec raison: «Comment peut-Elle être
sa propre conception?»

Pour saint Maximilien Kolbe, cette nouvelle révélation de Marie à


Lourdes est loin d’être banale et mérite une nouvelle réflexion théologique. Ce
fut le point de départ d’une ardente contemplation et d’une réflexion profonde
sur le Mystère de l’Immaculée. «Il faut tout faire, dit-il, pour que l’Immaculée
soit toujours mieux connue. Il faut que soient connues les relations de
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l’Immaculée avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit, avec la Sainte Trinité, avec


Jésus, les anges et nous-mêmes… Il y a là un champ d’étude illimité… Nous
savons encore si peu de choses sur tout ce qu’a fait l’Immaculée pour
l’humanité depuis le premier instant de son existence jusqu’à aujourd’hui.» (p.
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Alors que son coeur place l’Immaculée au coeur même du mystère


trinitaire, la théologie lui enseigne plutôt que «de toute éternité, le Père
engendre le Fils sans mère» (p. 45). Que faire? Comment concilier ce qui paraît
inconciliable? Comment la théologie peut-elle voir en l’Immaculée un véritable
«complément de la Sainte Trinité» (p. 31)? «Quelques heures avant son
arrestation, le Père Kolbe fixe sur le papier sa toute dernière pensée sur Celle
qui, tous les jours, depuis près d’un quart de siècle, n’a cessé d’occuper son
esprit et son coeur.» (p. 25) Arrivé au sommet de sa réflexion, il rappelle
d’abord qu’au sein de la Trinité, «l’Esprit est le fruit de l’Amour du Père et du
Fils», puis, que le fruit de tout amour est nécessairement une conception. Ainsi,
l’Esprit Saint est donc “l’Éternelle Immaculée Conception du Père et du
Fils”.» Et il ajoute: «Si chez les créatures l’épouse prend le nom de l’époux
parce qu’elle lui appartient, ne fait qu’un avec lui, devient son égal et est avec
lui principe créateur de vie, à plus forte raison le nom de l’Esprit Saint:
Conception Immaculée, est-il le nom de Celle en qui Il vit comme Amour,
principe de vie dans tout l’ordre surnaturel de la grâce”.» (p. 28-31) Pour Kolbe,
«l’Esprit Saint et l’Immaculée sont deux personnes qui vivent en union si intime
qu’Elles ont ensemble une seule et même vie» (p. 63) Et à cause de cela, dit-il,
«on peut affirmer que l’Immaculée est, en un certain sens, “l’incarnation de
l’Esprit Saint”» (p. 68), ou encore «la personnification de l’Esprit Saint» (p. 116).
Rien d’étonnant alors, qu’il en arrive à affirmer que l’Immaculée est «une figure
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de peu inférieure à Dieu» (p. 79), qu’Elle «touche à la divinité» (p. 90), qu’Elle
est «divine selon un mode indicible» (p. 87), et même, que l’Immaculée est
«complètement divine» (p. 126).

À Lourdes, Marie avait révélé son Nom: «Je suis l’Immaculée


Conception». Et comme l’écrivait le Père Kolbe: «Seul Dieu sait parfaitement
ce que veut dire: “Immaculée”. “Conçue immaculée”, on le comprend un peu,
mais “Immaculée Conception”, c’est plein des plus consolants mystères.»

Sans être arrivé à soulever entièrement le voile sur le Mystère de


l’Immaculée, Maximilien avait très bien saisi que le dogme de l’Immaculée
Conception définissant Marie comme ayant été conçue immaculée, n’était encore
que bien peu de chose comparé à la grande révélation de Lourdes.

Saint Maximilien nous laisse le témoignage d’un passionné qui a voulu


non seulement connaître l’Immaculée, mais vivre de l’Immaculée avec toutes les
fibres de son être, et cela, jusqu’au don suprême de sa vie, par amour. D’autres
allaient prendre le relais et continuer ce qu’il avait si bien commencé.

En Occident, vers les années ‘80, un autre fils de saint François et


«l’un des plus grands biblistes contemporains, le Père Emanuele Testa, ose
parler de Marie comme “quatrième élément de la Tétrade divine”, reprenant
un concept déjà exprimé au début du 2 e siècle» (Le Royaume, n/ 113, p. 6; cf. Testa,
Maria: Terra Vergine, 1985), le mot «Tétrade» signifiant groupe de quatre. Si

Raoul Auclair a eut le génie d’inventer l’expression «quatrième de Dieu en


Trois Personnes», conservant ainsi la foi en la Trinité divine, l’expression
d’Emanuele Testa: «quatrième élément de la Tétrade divine» avait, pour sa part,
l’avantage de nous faire franchir un pas de plus vers la foi en la Quinternité
divine.
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Mais pour pouvoir être en mesure d’embrasser cette foi nouvelle qui
est désormais la nôtre, il fallait tout d’abord bien établir la préexistence de
Marie. André Frossard écrivait à ce sujet: «Le dogme de l’Immaculée
Conception, qui semble impliquer une étrange sorte d’antériorité à Elle-même
de la Vierge Marie, se situe en plein coeur de la Sainte Trinité. C’est un
mystère éblouissant qui exerce un effet de sidération sur l’intelligence qui a la
hardiesse de le fixer.» (N’oubliez pas l’Amour, La Passion de Maximilien Kolbe, p. 121)

C’est de cette antériorité de Marie à Elle-même, ou préexistence de Marie,


dont nous parlerons après le chant: «Ô Vierge Immaculée».

LE DÉVOILEMENT DU MYSTÈRE DE L’IMMACULÉE


Au sein de l’Oeuvre de la Dame, le dévoilement du Mystère de
l’Immaculée s’est opéré d’une façon accélérée, voire fulgurante! En l’espace
d’une seule génération, nous sommes passés de «Marie-Immaculée» à
«l’Éternelle Immaculée Conception» puis à «l’Immaculée-Trinité», et enfin à la
«Quinternité divine» en laquelle Marie, incarnation dans le temps de l’Éternelle
Immaculée, n’est rien de moins que la divine Épouse du Père, Co-Créatrice
de l’univers et Mère Universelle.

Puis, le 31 mai 2012, ce qui peut être considéré comme le dernier coin
du voile fut soulevé. En effet, jusque-là, Marie-Mère et Marie-Paule-Fille étaient
considérées comme «complètement divine», mais sans être Dieu (cf. Marc
Bosquart, L’Immaculée, la divine Épouse de Dieu, p. 26). Ce jour-là, le Roi Marc-
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André I er commença par clarifier les deux sens du mot Dieu: en tant qu’Être
originel et en tant que Personne partageant la nature divine. En effet, au sein
de la Trinité divine, le Père est l’Être originel, Celui de qui les deux autres
Personnes procèdent. Et le «Père serait toujours Dieu même s’Il n’avait pas de
Fils, tandis que Celui-ci ne saurait exister sans Père. Il en va de même pour
l’Esprit qui procède de l’un et de l’autre». En appliquant cette distinction à la
Quinternité, il concluait: «Marie-Mère et Marie-Paule ne sont pas Dieu si l’on
considère que l’Être originel seul est Dieu, mais, si l’on appelle Dieu toutes les
Personnes qui partagent la nature divine, alors Marie-Mère et Marie-Paule
sont Dieu comme L’est Jésus-Christ.» (Le Royaume, n/ 215, p. 8-9)

LA PRÉEXISTENCE DE MARIE
Tout ce prodigieux dévoilement du Mystère de Marie, jusqu’à en
arriver à croire que l’Immaculée est Dieu, a pour fondement la croyance en la
préexistence de Marie, cette «étrange sorte d’antériorité à Elle-même de la
Vierge Marie» dont parlait André Frossard. En effet, comment concevoir que
l’Immaculée se soit incarnée en Marie de Nazareth et réincarnée en
Marie-Paule, si Elle n’était pas déjà là, «avant» l’existence terrestre de Marie?
Et comment comprendre que l’Immaculée soit la Co-Créatrice de l’univers et la
Mère Universelle, si son origine ne remonte pas bien avant la conception de
Marie?

L’intuition de la préexistence de Marie n’est pas exclusive à l’Oeuvre


de la Dame. Mais pour nous, la croyance en la préexistence de Marie nous vient
surtout de Raoul Auclair. Tout comme saint Maximilien, Raoul a perçu la
signification sublime de la déclaration de Marie à Lourdes, osant la comparer
avec la déclaration de Dieu sur le Mont Sinaï: «Je suis Celui qui suis.» Pour
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Raoul, le «Je suis» dans l’expression «Je suis l’Immaculée Conception», indique
que Marie ne nous révèle rien de moins que son Nom d’éternité. D’ailleurs,
en 1947, à Rome, Marie se fit un parfait écho du «Je suis Celui qui suis» du
Sinaï en déclarant cette fois: «Je suis Celle qui suis... dans la Trinité divine.»

En déclarant «Je suis Celle qui suis», Marie se révélait comme


Co-Éternelle, au Cœur même de la divinité. Plus précisément, Raoul explique
qu’avant que Marie ne soit, il y avait «Celle», «la première-née de Dieu, en
Dieu, sans être Dieu» (Le Royaume, n/ 117. p. 9). Et qu’au moment de la
conception de Marie, il y eut «invasion de Celle en Marie». «Dans cet instant,
Marie, s’ouvrant à “CELLE”, devenant UNE avec “CELLE”, devient ce qu’était
“CELLE”: L’IMMACULÉE CONCEPTION. Donc, et désormais, rien de moins
que LA QUATRIÈME DE DIEU EN TROIS PERSONNES.» (Le Royaume, n/ 117,
p. 8)

Pour Raoul, «L’Immaculée» S «la première-née de Dieu» S n’est autre


que «Celle», la Sagesse qui est décrite dans les Saintes Écritures. Voici ce que
la Sagesse dit d’Elle-même dans le livre des Proverbes (8, 22-31):

«Le Seigneur m’a faite pour lui, commencement de ses voies, avant
ses œuvres les plus anciennes. Avant les siècles, j’ai été fondée, dès
le commencement, avant l’origine de la terre. Quand l’abîme
n’existait pas encore, qu’il n’y avait pas encore les sources
jaillissantes, je fus enfantée. Avant que les montagnes ne soient fixées,
avant les collines, je fus enfantée. Alors que Dieu n’avait fait ni la
terre, ni les champs, ni l’argile primitive du monde, lorsqu’il
disposait les ciels, j’étais là. Lorsqu’il traçait un cercle à la surface
de l’abîme, chargeait de puissance les nuages dans les hauteurs et
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maîtrisait les sources de l’abîme; lorsqu’il imposait à la mer ses


limites, pour que les eaux n’en franchissent pas les rivages, lorsqu’il
établissait les fondements de la terre, j’étais à ses côtés comme un
maître d’œuvre, faisant ses délices jour après jour, jouant devant lui
à tout instant, jouant dans son monde terrestre, et trouvant mes délices
avec les fils d’Adam.»

Pour les Pères de l’Église, cette Sagesse éternelle décrite dans les
Proverbes, ne peut être que le Verbe par qui tout fut fait (cf. Jn 1, 1-3), ou
encore, le Saint-Esprit, comme le croyait saint Irénée (cf. Contre les hérésies IV, 20,
3). Pourtant, à partir des 7 e et 8 e siècles, l’Église n’hésita plus à proposer aux

chrétiens, pour ses liturgies en l’honneur de Marie, les textes bibliques décrivant
la Sagesse incréée et éternelle. Mais, comme le rappelait Pie IX, c’était parce
que, dans l’éternel présent de Dieu, l’Incarnation du Verbe et la Maternité
divine de Marie furent «l’objet d’un même décret» (dogme de l’Immaculée). En
général, les théologiens qui se sont penchés sur cette question, disent que Marie
existait éternellement, non pas réellement, mais «dans sa pensée», comme une
idée.

Raoul Auclair, saint Raoul-Marie S «le plus grand théologien de tous


les temps, le plus grand parce que se sachant le plus petit, un pauvre type!» S,
n’hésita pas à s’appuyer humblement sur les révélations privées pour appliquer
à l’Immaculée ce que les Livres Saints disent de la Sagesse éternelle.

L’IMMACULÉE, ÉTERNELLE ÉPOUSE DE DIEU


et CO-CRÉATRICE DE L’UNIVERS
Cette Sagesse éternelle, nous dit l’Écriture, «partage le trône de Dieu»
(Sg 9, 4), elle «était présente quand Il fit l’univers» (Sg 9, 9), et Elle était «à ses
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côtés comme maître d’oeuvre» (Pr 8, 30). Et donc, après nous avoir présenté
l’Immaculée Co-éternelle, Raoul ne pouvait pas ne point nous inviter à
contempler l’Immaculée Co-Créatrice. Raoul écrit:

«C’est par “CELLE” S que le Créateur va créer: par cette


QUATRIÈME “qui partage son Trône” (Sg 9, 4). Alors, et tout d’abord,
sortant de Dieu pour entrer dans le RIEN et le NULLE PART, il lui
faudra “tracer un cercle à la surface de l’Abîme” (Pr 8, 27); et cela afin
d’enclore la Création pour que celle-ci ne se dissolve pas dans l’infini
du Néant. En fait, l’on pourrait dire que la première “sortie”, la
première “évasion” de Dieu hors de Dieu, se fit EN Lui-même par
la naissance EN Lui de “CELLE” qui, n’étant pas Lui, était pourtant
EN Lui. […] CELLE, non pas vraiment créée, mais comme le fruit
intime et spontané de l’amour de Dieu en Dieu.»

En disant que Celle-l’Immaculée est «la première “sortie”, la


première “évasion” de Dieu hors de Dieu», Raoul osait déjà ébranler les
constructions de la théologie trinitaire pour qui la première Personne à procéder
du Père est le Fils. Pour Lui, la Mère vient nécessairement avant le Fils, comme
nous le croyons en embrassant la nouvelle foi en la Quinternité divine. Il
prépara ainsi la voie à ces autres notions, nouvelles pour nous, et pourtant
anciennes: les notions de Couple Créateur et de Mère Universelle.

Comme l’écrivait Marc Bosquart, en parlant de Dieu et de


l’Immaculée:
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«Pourquoi avoir créé l’univers et l’humanité, car Dieu n’a besoin de


rien ni de personne? Et l’Immaculée non plus, sinon de Dieu. Mais
leur Amour l’Un pour l’Autre était tellement fort et tellement
“incompressible” qu’il a fini par exploser: ce fut la Création. […]
L’Amour de Dieu et de l’Immaculée a créé tout l’univers par
débordement d’Amour divin… Et quel Amour, quel Amour éternel que
le leur, quand on songe qu’il a donné naissance à toutes choses et
propulsé dans les profondeurs du néant la valse immense des
nébuleuses et des galaxies qui sont un peu comme la dilatation
perpétuelle et la pulvérisation du trop-plein d’Amour entre Dieu et
l’Immaculée!» (Le Rédempteur et la Co-Rédemptrice, p. 33)

Le livre de la Sagesse nous dit de la Sagesse qu’Elle est «une effusion


toute pure de la gloire du Tout-Puissant, un reflet de la lumière éternelle, un
miroir sans tache de l’activité de Dieu, une image de son excellence» (Sg 7,
25-26). Celle-ci que le roi Salomon a chérie et recherchée dès sa jeunesse, étant

devenu l’amant de sa beauté, cette Sagesse qu’il s’est efforcé d’avoir pour
épouse (cf. Sg 8, 2), est en fait l’éternelle Épouse de Dieu. En effet, nous dit
Salomon, «son intimité avec Dieu fait éclater sa noble origine, car le maître de
l’univers l’a aimée» (Sg 8, 3).

En transposant sur l’Immaculée-Mère ce que le Roi Marc-André Ier


affirmait de Marie-Paule, nous pouvons La prier et L’honorer en Lui disant:

«Ô Mère Immaculée, Toi la divine Épouse de Dieu, tout ce qui est à


Dieu-le-Père se trouve à être à Toi aussi. Tout ce qu’Il peut faire,
avec Lui Tu peux le faire aussi. Dieu-le-Père est partout chez Toi; Tu
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es partout chez Lui. Dieu-le-Père peut tout voir S Toi aussi.


Dieu-le-Père peut tout entendre S Toi aussi. Dieu-le-Père est partout
S Toi aussi.» (Cf. Le Royaume, 215, p. 9)

Il est écrit au livre d’Isaïe (Is 62, 5): «Comme un jeune homme épouse
une vierge, ainsi tes fils t’épouseront.» Alors, comme autrefois le roi Salomon,
nous aussi, devenons amants de sa beauté, et efforçons-nous de L’avoir pour
Épouse (cf. Sg 8, 2). Elle sera alors pour nous un trésor inépuisable. Par Elle,
nous puiserons aux innombrables richesses de l’Amour du Père (cf. Sg 7, 11.14).

Père Stéphane Gamache

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