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Introduction 

: Nous soulignons en ce 17 janvier le 150e anniversaire de l’apparition de Marie à Pontmain. Le Père Stéphane
Gamache revient sur cette apparition et sur sa signification toujours actuelle.

Notre-Dame de Pontmain, Mère de l’Espérance

L’apparition de Marie à Pontmain se situe dans le lourd contexte de la guerre franco-allemande


qui débuta en juillet 1870. Dès le mois de septembre, les troupes allemandes avaient commencé
le siège de Paris, démontrant ainsi leur nette supériorité. Progressant davantage à l’ouest, la
ville de Mans tombait entre leurs mains le 12 janvier 1871. Progressant davantage à l’ouest, les
allemands arrivaient le 17 janvier 1871 aux portes de Laval, situé à une cinquantaine de
kilomètres de Pontmain, et à 25 kilomètre seulement de la Bretagne. Parmi les soldats français
régnaient le désordre et la panique. Et aux misères de la guerre s’ajoutait une épidémie de
fièvre typhoïde et de variole.

Sur une population d’environ cinq cents habitants, Pontmain avait vu partir trente-huit jeunes
gens appelés sous les drapeaux. On était sans nouvelles. Tout allait mal. Les paroissiens
disaient: «On a beau prier, le Bon Dieu ne nous écoute pas.»

Deux jours avant l’apparition, après les Vêpres du dimanche, le curé avait entonné comme de
coutume le cantique de Saint-Brieuc: «Mère de l’Espérance, dont le nom est si doux, protégez
notre France, priez, priez pour nous.» Mais l’émotion des paroissiens avait fait qu’il s’était
retrouvé tout seul à chanter. Se retournant, il avait exhorté ses paroissiens à joindre leur voix à
la sienne. Alors ils chantèrent tous, les larmes aux yeux et des sanglots dans la voix.

Arrive donc le 17 janvier 1871. Ce mardi, on demeurait dans l’inquiétude, la désolation.


« Quand donc cette horrible guerre va-t-elle finir? Jusqu’où la France va-t-elle reculer devant
l’ennemi? Nos jeunes gens vont-ils revenir en vie et en santé? » Humainement, tout semblait
perdu, désespéré.

C’est donc au cœur d’une grande détresse, que Marie apparaît ce soir-là à six enfants de
Pontmain. L’apparition dura trois heures et demi. Et – chose étonnante – pendant tout ce temps,
Marie ne prononce pas une seule parole. Au lieu de paroles, c’est le décors entourant Marie qui
évolue, riche en symboles, et dont nous n’avons peut-être pas encore découvert toute la
signification.

L’apparition se déroule en neuf étapes qu’il serait trop long de décrire ici. Retenons toutefois
que les adultes ont vite fait de constater la véracité de ce que les enfants leur décrivent. Et, dès
lors, cette apparition s’est vite transformée en une très belle Heure Mariale pendant laquelle
cantiques et prières s’alternaient, et auxquels la Dame semblait répondre par son attitude et par
l’évolution du décor qui l’entourait.

Pendant le chant du Magnificat un habitant arriva et annonça que les Allemands étaient à Laval.
C’est alors que des lettres dorées s’imprimèrent une à une sur une banderole qui était apparue
aux pieds de Vierge. Bientôt, les enfants purent lire: MAIS PRIEZ MES ENFANTS. Puis,
pendant le chant des litanies de la Sainte Vierge, l’inscription se compléta, lettre par lettre. Si
bien qu’à la fin du chant, les enfants purent lire: DIEU VOUS EXAUCERA EN PEU DE
TEMPS. La Dame, disaient les enfants, souriait et paraissait heureuse. Les larmes coulèrent
alors de tous les yeux. Chacun remercia la bonne Vierge pour cette espérance et cette confiance
qui pouvait renaître. Enfin, à la prière: «Auguste Mère du Christ», voilà qu’apparaissent encore
de nouvelles lettres. Les enfants épelèrent et ils lurent: MON FILS SE LAISSE TOUCHER.

Ces trois phrases écrites sur la banderole constituent le cœur du message de Pontmain. Marie
était venue visiter les habitants de Pontmain pour faire renaître en eux la certitude que leurs
prières étaient entendues, qu’ils devaient garder confiance et tenir allumée la lampe de leur
espérance.

Ce soir-là, non loin de là, les Allemands s’arrêtèrent subitement. Et comme on ne comprenait
pas qu’ils se soient ainsi arrêtés alors que la victoire leur semblait assurée, on interrogea les
vainqueurs. Ceux-ci, au dire de témoins véridiques, répondirent, en désignant du geste les bois
touffus où s’abrite Pontmain: «La Dame qui est là-bas nous interdit d’avancer.» Et comme
l’atteste une inscription commémorative, les trente-huit jeunes gens de Pontmain partis au
combat furent tous préservés des blessures et de la mort.

Telle fut donc en résumé l’apparition de Pontmain. Or, comme nous le savons bien dans
l’Oeuvre de la Dame, et notamment grâce à Raoul Auclair, il nous faut dépasser le récit
historique pour en faire émerger le sens eschatologique. En effet, tout comme les apparitions de
la Rue du Bac, de la Salette, Lourde, Fatima, Beauraing, Banneux et Amsterdam, l’apparition
de Pontmain ne révèle tout son message que dans le contexte de la fin des temps, et du grand
combat apocalyptique entre la Femme et le Dragon, tel que décrit par saint Jean.

Sous cet angle, le désespoir des quelques habitants de Pontmain face à la progression des
allemands pourrait annoncer le désespoir d’une portion de l’humanité face à la progression de
Satan et de ses suppôts. Quand tout semble perdu, Marie vient remonter le courage de ses
troupes. Elle leur rappelle que le premier champ de bataille est spirituel et que l’arme principale
est la prière : « MAIS PRIEZ MES ENFANTS. »
Marie ajoute : « DIEU VOUS EXAUCERA EN PEU DE TEMPS. » Par ces paroles, Marie
nous assure de l’issue du combat et prépare la promesse solennelle qu’elle fera à Fatima, en
1917 : « À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera ». Par ces paroles, Marie annonce aussi que
la prière par excellence – le Notre Père – sera « exaucée en peu de temps ». Car, n’ayons aucun
doute, il vient le Règne du Père où sa Volonté sera faite sur la terre comme elle est faite au Ciel.

Marie termine en déclarant : « MON FILS SE LAISSE TOUCHER. » Ces paroles font
immédiatement penser à celles de Jésus à Marie-Madeleine le matin de Pâque : « Ne me touche
pas. Je ne suis pas encore monté vers le Père. » Et après être monté vers le Père, Jésus
ressuscité est revenu vers ses disciples et demandant précisément à Thomas de le toucher. Or,
cela ne préfigurait-il pas le retour du Christ à la fin des temps? Et n’est-ce pas ce retour du
Christ qui s’est réalisé en Mère Paul-Marie, elle que nos yeux ont contemplé et que nos mains
ont touché?

« MON FILS SE LAISSE TOUCHER », disait Marie. Or, soyons-en assurés : MARIE-
PAULE, QUI EST LA FILLE, SE LAISSE TOUCHER ÉGALEMENT. Et c’est son Heure à
Elle : l’Heure de Marie-Paule! Lorsque les forces du mal seront assurées de leur triomphe, et
que rien ne semblera plus pouvoir les retenir, c’est alors qu’une Belle Dame – comme à
Pontmain il y 150 ans – s’interposera et les fera reculer.

L’Heure du triomphe et de la Grande action viendra avec ses combats. En attendant, vivons
intensément l’Heure de la prière dans la discrétion du Cénacle. Fortifions notre lien avec notre
Mère du Ciel. Imprégnons-nous de sa Vie d’Amour. Et, par notre totale consécration, ouvrons-
nous à ses dons, à son Esprit, à ses inspirations.

Ô Marie-Paule, Toi, notre espérance, nous avons confiance en Toi!

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