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PROGRAMME KUDU ZOMBO

(Linking Future Program)

LA PROMOTION DES INITIATIVES DE FORESTERIE COMMUNAUTAIRE AUTOUR DU PARC NATIONAL


DE CAMPO MA’AN :

Approches-Résultats-Défis

Juin 2011

1
Equipe de Rédaction

Romain KANA, WWF-Kudu Zombo, (RKana@wwfcarpo.org)

Barthelemy ONDOUA, WWF Kudu Zombo , (Bondoua@wwfcarpo.org)

Gilles ETOGA, WWF-Kudu Zombo ((GEtoga@wwfcarpo.org)

ii
Avant propos

Depuis 2003, le Fonds mondial pour la nature (WWF) en collaboration avec certaines ONG
locales et internationales, accompagne dans le cadre du programme Kudu Zombo le Service de la
conservation du parc national de Campo Ma’an dans la réalisation de son plan d’aménagement.
Celui-ci vise à la fois la préservation de la riche biodiversité d’un parc de plus de 264 000 ha et
l’amélioration de conditions de vie des populations riveraines à travers entre autres, la promotion
des initiatives de gestion collective des ressources naturelles dont la foresterie communautaire.

Le présent document vise à rendre compte des travaux réalisés par le programme Kudu
Zombo dans le cadre de la promotion des initiatives de foresterie communautaires autour du parc
national de Campo Ma’an entre les années 2006 et 2010. De même, il met en exergue sur la base de
ses expériences, les principaux défis actuels et futurs du développement de la foresterie
communautaire afin de donner quelques orientations à tous ceux ou celles qui souhaiteraient
intervenir dans ce processus au sein de l’UTO Campo Ma’an.

C’est aussi l’occasion de remercier tous les bailleurs de fonds qui ont soutenu les activités de
la foresterie communautaires dans le cadre du programme Kudu Zombo, contribuant ainsi non
seulement à la promotion du parc dans l’UTO, mais aussi à l’évolution du processus de foresterie
communautaire au Cameroun. Nous parlons principalement du DGIS à travers les projets CAFPAB
(Central African Forests and Poverty Alleviation Programme) et LFP (Linking Future Program), ainsi
que l’Union Européenne à travers le projet CBFE (Community Base Forest Enterprise)

iii
Sommaire

Avant propos ..................................................................................................................................... iii

Liste de tableaux, figures et photos ..................................................................................................... v

Liste des sigles et abréviations ........................................................................................................... vi

1. Introduction ................................................................................................................................1

2. Les initiatives de foresterie communautaire autour du parc national de Campo Ma’an ...............2

3. La stratégie de promotion des forêts communautaires dans l’UTO Campo Ma’an.......................4

3.1 L’appui technique et financier aux structures locales d’accompagnement et communautés


dans le processus d’obtention des forêts communautaires. ............................................................4

3.2 L’appui à la mise en place des entreprises forestières communautaires ..............................5

3.2.1 La promotion d’un modèle organisationnel entrepreneurial : ......................................6

3.2.2 Le renforcement des capacités techniques en exploitation de bois et des produits


dérivés 8

3.2.3 Le renforcement des capacités en marketing et l’établissement des partenariats


d’affaires. ....................................................................................................................................9

3.2.3 La mise sur pied d’une plateforme de promotion de la foresterie communautaire au


niveau de l’UTO.........................................................................................................................10

4. Résultats obtenus .....................................................................................................................11

4.1 Au niveau de l’appui à l’obtention des forêts communautaires................................................ 11

4.2 Au niveau organisationnel des FC en phase d’exploitation ....................................................... 11

4.3 Au niveau de la production, commercialisation et investissement socio économiques des FC en


phase d’exploitation. ....................................................................................................................12

4.4 Au niveau du cadre règlementaire et institutionnel ...............................................................13

5. Défis et perspectives de la foresterie communautaires à Campo Ma’an .................................... 13

5.1 Mettre en place des mécanismes durables de financement des initiatives de foresterie
communautaire. ...........................................................................................................................13

5.2 Diversifier les revenus des forêts communautaires par l’exploitation des PFNLs ? ................... 14

5.3 Rapprocher les services administratifs des forêts communautaires ?....................................... 14

6. Bibliographie .............................................................................................................................16

iv
Liste de tableaux, figures et photos

Liste de tableaux

Tableau 1: Les initiatives de foresterie communautaire de Campo Ma'an dans leurs différentes
phases en 2006 ..................................................................................................................3

Tableau 2: Communautés ayant bénéficié du soutien du WWF en différentes phases du processus


d’obtention de forêts communautaires .............................................................................5

Liste de Figures

Figure 1: Modèle organisationnel entrepreneurial promu dans les FC 7

Figure 2: Participation des femmes dans les structures de gestion des FC en phase d'exploitation en
2009 ..................................................................................................................................11

Figure 3: Participation des femmes dans les structures de gestion des FC en phase d'exploitation en
2010 ..................................................................................................................................11

Figure 4: Evolution de la production de bois dans les FC de Campo Ma'an entre 2008 et 2010 .......... 12

Liste de Photos

Photo 1: ONG locales, Staffs WWF et personnel du MINFOF à la sortie d’une réunion de concertation
sur les initiatives de forêts communautaires ........................................................................4

Photo 2: Remise d'un package d'outils de gestion aux FC ayant participé à un séminaire de formation
en gestion financière et comptabilité à Ma'an ......................................................................8

Photo 3: Séance de travail sur la place de la femme et minorités dans le processus de foresterie
communautaire à Ma'an ......................................................................................................8

Photo 4: Représentants de FC et partenaires d'affaires dans un atelier de formation au sciage à la


Lucas mills............................................................................................................................8

Photo 5: Séance de formation sur la maintenance des tronçonneuses au profit des FC avec l'appui de
la CAMCI ..............................................................................................................................8

Photo 6: FC et acheteurs internationaux de bois après un séminaire sur le marché de bois à Kribi ......9

Photo 7: Visites de l'usine d'un partenaire d'affaires par les FC de Campo Ma'an ................................9

Photo 8: Aperçu du poster sur le MdP produit et distribué par les WWF à Campo Ma'an .................. 10

Photo 9: : Aperçu du Guide simplifié sur le MdP produit et distribué dans l'UTO Campo Ma'an......... 10

v
Liste des sigles et abréviations

APED Appui pour la Protection de l’Environnement et le Développement

CADER Centre d’Appui au Développement Rural

CEPFILD Centre de Promotion de la Foresterie et des Initiatives Locales de Développement

CG Convention de Gestion

CP Convention Provisoire

EFC Entreprises Forestières Communautaires

FC Forêts communautaires

FLEGT Forest Law Enforcement, Governance & Trade

FODER Forêt et Développement Rural

GIC Groupe d’Initiative Commune

MdP Manuel de Procédures d’Attribution et des Normes de gestion des forêts


communautaires

MINFOF Ministère des Forêts et de la Faune

ONED Organisation pour la Nature, l’Environnement et le Développement

ONG Organisation Non Gouvernementale

PFNL Produits Forestiers Non Ligneux

PSG Plan Simple de Gestion

SAGED Stratégie d’Appui au Genre, à l’environnement et au Développement

SDD Soutien au Développement Durable

UTO Unité Technique Opérationnelle

WWF Fonds Mondial pour la Nature

vi
1. Introduction

Au lendemain du sommet de rio en 1992, le Cameroun s’est engagé dans un


processus de réformes de sa politique forestière. Celle-ci s’est matérialisée à travers la Loi
n°94/01 portant régime des forêts, de la faune et de la pêche et son Décret d’application de
1995. Une des grandes innovations de cette nouvelle politique forestière est l’introduction
du concept de foresterie communautaire, lequel vise à impliquer les communautés locales
dans la gestion durable des ressources forestières. A travers ce concept, les communautés
peuvent demander en vue de gestion et de conservation pendant 25 ans, une portion de
forêts d’au plus 5 000 ha dans le domaine forestier non permanent.

Afin de favoriser le développement effectif de la foresterie communautaire au


Cameroun, l’Etat a également pris plusieurs dispositions règlementaires et institutionnelles.
Sur le plan règlementaire, un manuel de procédure d’obtention et de normes de gestion des
forêts communautaires (MdP) a été élaboré en Avril 1998 puis rénové en 2009 avec la
contribution de la société civile. En 2001 un droit de préemption attribuant en priorité des
forêts du domaine forestier non permanent est concédé aux collectivités. Sur le plan
institutionnel, on peut noter la création de la Cellule de Foresterie Communautaire comme
une unité de Sous Direction des Forêts en 1999, laquelle a été érigée en 2006 en Sous
Direction de Foresterie Communautaire. Et l’éligibilité de la foresterie communautaire au
financement du Programme National de Développement Participatif(PNDP) dont une des
missions est de responsabiliser les collectivités décentralisées afin qu’elles deviennent des
acteurs principaux de leur propre développement.

En 2005, le gouvernement avait déjà attribué 107 forêts communautaires,


représentant 336 548 ha, soit environ 5% de la superficie totale de forêts de production
(Karsenty et al, 2006). En 2010, on en était à 482 initiatives avec la signature de 40
Conventions Provisoires de Gestion (MINFOF, 2010). Le développement des initiatives de
foresterie communautaire est certes la conséquence des mesures institutionnelles et
règlementaires prises par le gouvernement, mais il est aussi le résultat d’un travail important
de la société civile et des partenaires internationaux en l’occurrence celui du Fonds Mondial
pour la Nature (WWF), partenaire du MINFOF dans la réalisation de sa politique forestière.
Ce document permet de mettre en évidence une des expériences du WWF en matière de
foresterie communautaire dans la Région du Sud Cameroun, et plus précisément dans l’Unité
technique et opérationnelle (UTO) de Campo Ma’an où il accompagne depuis 2003 le Service
de la conservation du parc national de Campo Ma’an (PNCM) dans la réalisation de son plan
d’aménagement.

Après avoir fait (1) un état du potentiel d’initiatives de forêts communautaires dans l’UTO
Campo Ma’an en 2006, le document présente (2) la stratégie d’appui déployée par le WWF
au côté du Service de la conservation pour soutenir les initiatives de foresterie
1
communautaires, (3)les résultats atteints au terme de l’année 2010, (4)ainsi que les
principaux défis et perspectives d’un meilleur accompagnement des forêts communautaires
dans l’UTO Campo Ma’an.

2. Les initiatives de foresterie communautaire autour du parc national de Campo Ma’an

L’UTO Campo Ma’an est localisée dans la Région du Sud Cameroun, celle-ci couvre une
superficie de 771 668ha, soit le quart de la superficie de toute la Région. Elle s’étend sur
trois Départements de la Région du Sud, à savoir les Départements de l’Océan, de la Mvila et
de la Vallée du Ntem. Cette partie du pays est caractérisée par sa faune et flore riche et
diversifiée1, ce qui a constitué un argument important pour la création d’un parc national
dans ce site.

Carte 1: Les Forêts communautaire dans le plan de zonage de l’UTO Campo


Ma’an
L’utilisation de l’espace dans l’UTO doit respecter un plan de zonage qui alloue 33,5 %
de l’espace au parc national, 31% aux unités forestières d’aménagement, 35,5% de zone agro
forestière affectée aux usages multiples et dans laquelle se trouve les plantations
industrielles, les terroirs villageois, un domaine public maritime et les forêts
communautaires.

1
En plus de la présence de mammifères spectaculaires comme l’élephants (Loxodonta africana cyclotis) ou le
gorille (Gorilla gorilla), cette région est réputée être la plus riche en espèces de plantes endémique de l’Afrique
de l’Ouest (Tchouto Mbatchou, 2002)

2
En Janvier 2007, une étude réalisée par le WWF a permis de mettre en évidence 32
initiatives de forêts communautaires portant sur une superficie de plus de 75 000ha. Ces
initiatives comme le présente le tableau ci-dessous se trouvait à plusieurs stades du
processus d’obtention et de gestion des forêts communautaires.

Tableau 1: Les initiatives de foresterie communautaire de Campo Ma'an dans leurs différentes phases
en 2006

Stades du processus de FC identifiés Zones (Arrondissements)

Total
Akom II Campo Ebolowa (partie Kribi (partie Ma'an
riveraine au Parc) riveraine au Parc)

2 2
(1) Sensibilisation (début de
mobilisation)
(6,25%)

4 1 1 2 3 11
(2) Entité juridique légalisée
(34,38%)

1 1
(3) Dossier de Réservation soumis au
MINFOF
(3,13%)

9 9
(3a) Demande/Dossier de
Réservation rejeté
(28,13)

(4) Réservation acquise 1 1 2

(5) PSG en cours d’élaboration 1 1 2

(6) PSG et CG soumis au MINFOF et 2 2 4


attente

(10) FC en exploitation 1 1

Total 9 (28,13) 4 (13%) 1 2 16 (50%) 32

Parmi toutes ces initiatives, plus de 70% n’avaient pas encore obtenues la réservation
de la forêt communautaire et une seule avait atteint la phase d’exploitation (la forêt
communautaire d’AKAK). Bien que suscitant beaucoup d’enthousiasmes auprès des
populations, les initiatives de forêts communautaires étaient confrontées à plusieurs
difficultés parmi lesquelles :

Encadrement technique insuffisant des communautés dans le processus d’obtention


et de gestion des forêts communautaires

L’absence et/ou les difficultés d’accès au financement du processus d’obtention des


forêts communautaires sollicitées, lequel est jugé assez coûteux et au dessus des
moyens propres des communautés villageoises

3
L’insuffisance de communication/collaboration avec l’administration forestière locale
couplée aux lenteurs administratives

3. La stratégie de promotion des forêts communautaires dans l’UTO


Campo Ma’an
Face à l’ampleur des initiatives potentielles de FC dans le plan d’occupation des terres
de l’UTO, leur influence possible dans la préservation de la biodiversité du parc et
l’amélioration du bien être des populations locales, le WWF a développé une stratégie
d’intervention articulée autour de trois axes : l’appui technique et financier aux structures
locales d’accompagnement et communautés engagées dans le processus d’obtention des
forêts communautaires, l’appui à la mise en place des entreprises forestières
communautaires (EFC), et à un niveau plus macro la contribution à l’amélioration du cadre
règlementaire et institutionnel des FC.

3.1 L’appui technique et financier aux structures locales d’accompagnement et


communautés dans le processus d’obtention des forêts communautaires.

Parmi les 32 initiatives de foresterie communautaires, le WWF a sélectionné en


collaboration avec des ONG locales 18 initiatives en vue de leur accompagnement dans le
processus d’obtention des forêts communautaires. Après un renforcement de capacités
techniques et financières de 7 ONG locales (SDD, CEPFILD, APED, SAGED, ONED, CADER et
FODER), le WWF a travaillé avec ces dernières pour soutenir les communautés se trouvant à
des phases de convention provisoire (CP), d’élaboration de plan simple de gestion (PSG) et la
signature de convention de gestion (CG). Le tableau 2 ci-dessous fait un listing des
communautés ayant bénéficié du soutien de WWF dans le processus d’obtention de la forêt
communautaire.

Photo 1: ONG locales, Staffs WWF et personnel du MINFOF à la sortie d’une réunion de concertation sur les
initiatives de forêts communautaires

4
Tableau 2: Communautés ayant bénéficié du soutien du WWF en différentes phases du processus
d’obtention de forêts communautaires

Convention de Gestion

N° Communauté Arrondissement ONG locale


d’appui
1 Assok Akom2 CADER
2 Bitoto Ma’an CEPFILD
3 Alen Ma’an ONED

4 Nemeyong Ma’an ONED

Phase d’élaboration du PSG

N° Communauté Arrondissement ONG locale


d’appui
1 Akok Akom 2 FODER
2 Minkan Mégalé Ma’an CEPFILD
3 Mvi’illimengalé Ma’an CEPFILD
4 Messame bidem Ma’an SAGED

Phase de convention provisoire

N° Communauté Arrondissement ONG locale


d’appui
1 Nlendé Kribi 1er SDD
2 Eboundja Kribi 1er APED
3 Ebodjé Campo SDD
4 Nyabitandé Akom 2 CADER
5 Nyabibak Ma’an SAGED
6 Aloum Ma’an ONED
7 Mekok Ma’an CEPFILD
8 Fenda Akom 2 CADER
9 Nlomoto Akom 2 CADER

3.2 L’appui à la mise en place des entreprises forestières communautaires

De part leurs ressources ligneuses et non ligneuses, les forêts généralement attribuées
aux communautés représentent un fort potentiel économique. A titre d’illustration, une
communauté peut avoir dans un secteur quinquennal de sa forêt plus de 5000 m3 de bois à
exploiter. Ce qui représenterait en moyenne 1000m3 de bois à exploiter par an. Dans le
même sens, l’abondance de certaines ressources non ligneuses à fortes valeur commerciale à

5
l’instar des rotins, de la mangue sauvage (Ndo’o) bien connues par nos populations locales
sont des sources d’emploi et de revenus importants dont la valorisation ne demandent pas
parfois de gros investissements. Malgré tout ce potentiel, les communautés arrivées en
phase de mise en œuvre de leur plan simple de gestion ont très souvent du mal à exploiter
leurs ressources forestière au point de s’interroger sur la pertinence d’investir une dizaine de
millions, beaucoup de patience et d’énergie pour l’acquisition de ces forêts. Pourtant la
demande en produits forestiers tant au niveau national qu’international est sans cesse
croissante face à une offre qui peine à suivre. La plupart du temps, le gros problème des
communautés repose sur la capacité à transformer ces ressources forestières en biens
commercialisables, dont susceptibles de satisfaire un besoin solvable sur le marché. Les
premières tentatives ont été de confier la responsabilité à des structures externes
(couramment appelé dans le jargon local ‘’Opérateur Economique’’), mais celles-ci très
souvent, ont des objectifs incompatibles avec une gestion durable et diversifiée des
ressources (Non respect du plan de coupes, choix très sélectif des essences, …) et se
montrent peu enclin à respecter leur engagement envers les communautés (règlement non
effectif, retard dans le retrait des produits exploités…). En plus, les communautés tendent à
travers cette sous-traitance de l’exploitation à redevenir des acteurs passifs de la gestion de
leurs ressources forestières comme dans le cadre des concessions forestières.

S’inspirant des expériences de gestion des forêts communautaires en Asie du Sud Est et
en Amérique latine, le WWF a engagé un processus de promotion des entreprises forestières
communautaires à Campo Ma’an. De façon succincte, la mise en place des entreprises
forestières vise à promouvoir des structures locales de gestion de forêts communautaires
susceptibles de mobiliser les moyens de production nécessaires et les différentes couches
sociales pour créer de la valeur ajoutée à partir des ressources forestières. Dans l’UTO
Campo Ma’an, la mise en place des entreprises forestières communautaires s’est appesanti
sur quatre principaux axes de travail : (1) la promotion d’un modèle organisationnel
entrepreneurial ; (2) le renforcement des capacités techniques en exploitation de bois et des
produits dérivés ; (3) le renforcement des capacités en marketing et les partenariats
d’affaires ; (4) la mise sur pied d’une plateforme de promotion de la foresterie
communautaire dans l’UTO Campo Ma’an.

3.2.1 La promotion d’un modèle organisationnel entrepreneurial :

Le développement organisationnel est un aspect essentiel de l’EFC et porte sur un


modèle de management de ressources humaines et forestières approprié qui pourra d’une
part, doter l’entité de gestion des outils de gestion appropriés à la bonne gouvernance des
biens et des personnes, et d’autre part stimuler l’exploitation effective des ressources
forestières à travers la mise en place des unités de production spécialisées dans les produits
potentiellement exploitables de la forêt communautaire. En effet les entités de gestion
bâties sur des modèles associatifs (GIC et Associations), mises sur pied parfois à la hâte pour
se conformer à la règlementation en matière de foresterie communautaires sont très
souvent peu armées pour répondre aux principaux défis de la foresterie communautaire sur
le plan économique, social et écologique. La gestion des ressources n’est pas transparente,
les fonctions de production et de commercialisation sont inexistantes, le cadre d’intervention
des différentes couches sociales n’est pas défini, et la culture d’entreprise est quasi absente.

6
Le WWF en collaboration avec une ONG locale (CEPFILD), a œuvré dans une réforme interne
des entités de gestion de forêts communautaires afin d’aboutir à un modèle organisationnel
(voir figure 1 ci-dessous) plus favorable à l’entrepreneuriat et l’implication des différentes
couches sociales.

Figure 1: Modèle organisationnel entrepreneurial promu dans les FC

La promotion d’un tel modèle s’est fait à travers :

L’intégration au côté des entités de gestion(OG) des structures de production


organisées par types de produits (PFNL, Bois, produits dérivés du bois, …) encore appelées
unités de production (UP)

La mise en place au sein des entités de gestion des outils de gestion financière
transparentes et crédibles

L’élaboration dans chacune des FC d’un système de rémunération stimulant pour


l’entrepreneuriat et le développement communautaire.

La constitution d’une base associative de contrôle (BAC) forte à travers une meilleure
sensibilisation des communautés et différentes couches sociales sur l’appropriation de la
gestion communautaire des ressources

7
Photo 2: Remise d'un package d'outils de gestion Photo 3: Séance de travail sur la place de la femme
aux FC ayant participé à un séminaire de formation et minorités dans le processus de foresterie
en gestion financière et comptabilité à Ma'an communautaire à Ma'an

3.2.2 Le renforcement des capacités techniques en exploitation de bois et des


produits dérivés

Afin de rendre les unités de production de bois opérationnelles, plusieurs formations


sur l’exploitation du bois ont été organisées. On peut citer entre autres :

La transformation artisanale de bois à la tronçonneuse et à la Lucas Mills,

Formations en abattage directionnel et sécuritaire

La maintenance des équipements de production,

la gestion de la traçabilité,

le cubage du bois

la valorisation des rebus de bois par la production du charbon de bois.

Photo 5: Séance de formation sur la maintenance Photo 4: Représentants de FC et partenaires


des tronçonneuses au profit des FC avec l'appui de d'affaires dans un atelier de formation au sciage à la
la CAMCI Lucas mills

8
3.2.3 Le renforcement des capacités en marketing et l’établissement des partenariats
d’affaires.

Le marché des produits forestiers au niveau national ou international n’est pas toujours
facile d’accès pour les petits producteurs, surtout lorsqu’ils n’ont aucune expérience comme
la plupart des communautés ayant bénéficié d’une forêt. Dans un tel contexte, il est très
difficile pour les communautés de mener une quelconque action fructueuse (négociation de
prix, de conditions commerciales …) sans une véritable culture de marché.

Par ailleurs, la mise en marché des produits comme le bois d’œuvre requiert souvent une
multiplicité d’opérations depuis la production jusqu’à la commercialisation auprès des
consommateurs finaux. Celles-ci deviennent encore plus complexes lorsqu’il s’agit d’exporter
le produit dans un marché international caractérisé par une certaine rigueur en matière de
qualité, de délais, et de quantité. Ce serait une utopie que de croire que les communautés
qui vont à peine démarrer l’exploitation du bois seront capables d’agir efficacement dans des
marchés donnés en proposant une offre compétitive aux clients. En gros, le monde des
affaires a de nombreuses contraintes techniques, logistiques et financière. On n’y réussit
qu’à travers une expérience avérée et des partenariats stratégiques.

Pour développer la culture de marché auprès des communautés, le WWF a organisé


plusieurs séminaires sur le marché de bois et a favorisé la participation de celles-ci aux
grandes rencontres commerciales, notamment au Racewood, un salon international de la
filière bois. De même, elle a facilité l’établissement de partenariats d’affaires avec des

entreprises locales et internationales afin de favoriser l’insertion du bois des forêts


communautaires de campo Ma’an dans les marchés locaux et internationaux.

Photo 7: Visites de l'usine d'un partenaire Photo 6: FC et acheteurs internationaux de


d'affaires par les FC de Campo Ma'an bois après un séminaire sur le marché de bois
à Kribi

9
3.2.3 La mise sur pied d’une plateforme de promotion de la foresterie communautaire au
niveau de l’UTO

Le développement d’une dynamique d’entreprises forestières communautaires ne


saurait se faire sans un cadre de concertation, de coordination et de promotion des actions à
une échelle régionale. Ainsi, le WWF a favorisé la création d’une plateforme d’entreprises
forestières de l’UTO Campo Ma’an (PLEFCOCAM). Celle-ci se présente aujourd’hui comme
une interface importante de collaboration avec les institutions gouvernementales, les
partenaires d’affaires, ainsi que les autres acteurs de la société civile. Elle joue aussi un rôle
de support en contribuant à la mobilisation des moyens financiers et de production
nécessaires au développement de la foresterie communautaire au sein de l’UTO Campo
Ma’an.

3.3 L’Appui à l’amélioration du cadre règlementaire et institutionnel

La compréhension et l’évolution du cadre règlementaire a eu une influence importante


dans le développement des initiatives de foresterie communautaires au Cameroun comme
nous l’avons montré dans la partie introductive de ce document. Au sein de l’UTO, le WWF a
contribué à travers des expériences à la révision du MdP, mais aussi à la vulgarisation de
celui-ci auprès des services locaux du MINFOF, les communautés, et les acteurs de la société
civile. Ci-dessous, sont présentés les aperçus de Guides simplifiés sur le nouveau MdP et le
poster produits et distribués en vue de la vulgarisation du cadre règlementaire de la
foresterie communautaires à Campo Ma’an

Photo 9: : Aperçu du Guide simplifié sur le MdP Photo 8: Aperçu du poster sur le MdP
produit et distribué dans l'UTO Campo Ma'an produit et distribué par les WWF à Campo
Ma'an

10
4. Résultats obtenus

4.1 Au niveau de l’appui à l’obtention des forêts communautaires

4 FC (Assok, Bitoto, Allen, Nemeyong) ont vu leur convention de gestion signés rejoignant
ainsi les 4 autres forêts communautaires déjà en phase d’exploitation (Akak, Ndjabilobe,
Biboulemam, Ty’assonno).

4 FC ont vu leurs PSG validés avec réserves de complément d’information.

5 FC ont obtenu définitivement une CP (Aloum, Fenda, Nlomoto, Mekok, Nyabitande) et les
4 autres qui étaient à cette même phase, devront l’obtenir très bientôt après complément
d’informations demandées par le MINFOF.

4.2 Au niveau organisationnel des FC en phase d’exploitation

8 Forêts communautaires arrivées en phase d’exploitation ont été restructurées en


entreprises forestières communautaires à travers l’introduction des outils de gestion
financières, la collaboration avec les structures locales de micro finance, la création des
unités de production.

Au niveau de l’intégration du genre, les femmes et les minorités pygmées Bagyeli sont plus
actifs dans la gestion des FC comme en témoigne les figures 2 et 3 ci-dessous sur l’évolution
de la structure des organes de gestion des FC.

Figure 2: Participation des femmes dans les Figure 3: Participation des femmes dans les
structures de gestion des FC en phase structures de gestion des FC en phase
d'exploitation en 2009 d'exploitation en 2010
:

11
Photo 10: Femme travaillant dans le marquage
des souches d’arbres abattus à Assok

4.3 Au niveau de la production, commercialisation et investissement socio économiques des FC en


phase d’exploitation.

Des partenariats d’affaires avec des entreprises locales (SCNIC, CEB la meublerie) et les EFC
ont permis d’exporter directement du bois dans les marchés internationaux et de trouver des
débouchés pour des essences secondaires dans les marchés locaux.

Une production de bois issus des entreprises forestières communautaires en pleine


croissance au sein de l’UTO entre l’année 2008 et 2010 telle que observée dans la figure
dessous.

Figure 4: Evolution de la production de bois dans les FC de Campo Ma'an entre 2008 et 2010

Plusieurs investissements socio économiques réalisés suite aux revenus issus des forêts
communautaires (contribution à la construction d’une école de parent d’élève à Ndjabilobe,

12
paiement des salaires des instituteurs vacataires à Biboulemam, paiement de tire fort à
Ndjabilobe)

4.4 Au niveau du cadre règlementaire et institutionnel

• Plusieurs acteurs locaux intervenant dans le processus de foresterie communautaire


sensibilisés sur le nouveau MdP et sa version simplifiée (7 ONG locales, agents du MINFOF
local, 20 FC). 40 MdP et 450 guides simplifiés distribués.

• 240 posters sur les procédures d’attribution et normes de gestion des forêts
communautaires diffusés.

• Une ONG locale (CEPFILD) opérationnelle sur le terrain avec des fonds mobilisés par elle-
même.

• Une Plate forme des EFC fonctionnelle depuis juin 2010.

5. Défis et perspectives de la foresterie communautaires à Campo Ma’an

Le chemin à parcourir pour la foresterie communautaire dans l’UTO Campo Ma’an reste
long et mérite qu’on se penche sur un ensemble de problématique. Nous présentons dans
cette partie 5 grands défis qui interpellent tous les acteurs impliqués de loin ou de près dans
le processus de foresterie communautaire à Campo Ma’an.

5.1 Mettre en place des mécanismes durables de financement des initiatives de foresterie
communautaire.

Le processus d’obtention d’une forêt communautaire est très coûteux (plus de 10


millions de Fcfa pour entre autres l’élaboration des PSG, la réalisation des études d’impact
environnemental, …), et la phase d’exploitation requiert également des investissements
initiaux importants en matière d’équipements (Scies mobiles et autres accessoires pour
l’exploitation du bois) et parfois de fonds de roulement. Ces investissements sont largement
au dessus des capacités de certaines communautés qui très souvent en sollicitant des appuis
venant des personnes externes (opérateurs économiques, élites …), se sont vu
instrumentalisées, prises en otage et impliquées dans de conflits sans voie de sortie. Jusqu’à
présent les ONGs comme le WWF ont du mobiliser des sommes importantes pour financer
les activités des FC au sein de l’UTO, accompagnées en cela par le projet RICG du MINFOF.
Mais ces deux moyens de financement déjà éphémères restent insuffisants pour appuyer
toutes les initiatives de FC dans l’UTO campo Ma’an. D’autres stratégies locales et plus
durables doivent être mises en œuvre. Déjà le nouveau MdP a instauré une phase de CP
permettant aux communautés d’exploiter pendant 2 années leur forêt afin de financer leur
PSG. Mais comment mobilisent-elles les moyens nécessaires à cette exploitation ? Et
comment celles qui sont à un stade plus avancées du processus et qui représentent
aujourd’hui plus de 40% du potentiel des FC dans l’UTO trouveront-elles des moyens
financiers pour avancer dans leurs démarches ? Des solutions endogènes comme la
mobilisation de la part de redevances forestières annuelles (RFA) réservées aux

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communautés locales peuvent contribuer à apporter des solutions durables à cette situation.
Il faudra pour cela instaurer un cadre de dialogue entre les acteurs locaux de développement
(Mairies, ONG locales comme la CAMAMF, le Service de la conservation et les exploitants
forestiers) afin de trouver une solution définitive à cette problématique de financement des
initiatives de FC dans l’UTO Campo Ma’an.

5.2 Diversifier les revenus des forêts communautaires par l’exploitation des PFNLs ?

L’exploitation du bois est restée jusqu’à présent la première activité économique de EFC
à Campo Ma’an. S’il est vrai que la matière ligneuse est susceptible de part les sous produits
artisanaux pouvant être extraits des rebus de sciages, de procurer davantage de revenus et
créer des emplois pour les populations, il n’en demeure pas moins vrai que la stabilité des
recettes des revenus et l’implication effective de toutes les couches sociales reposeront à
moyen terme sur une plus grande diversification de l’exploitation des produits forestiers.
D’ailleurs pour la majorité des femmes qui se sentent désormais interpellées dans la gestion
des forêts communautaires à l’instar d’AKAK ou de Nemeyong, il est nécessaire de mettre en
place un système d’exploitation des PFNLs qui abondent dans leurs forêts, vu que l’activité
d’exploitation de bois est très contraignante pour certaine catégories de personnes. Cet
aspect de travail représente un défi majeur pour les intervenants actuels et futur de la
foresterie communautaire dans l’UTO Campo Ma’an. Le plus important sera de doter les
unités de production de PFNLs des capacités entrepreneuriales nécessaires à l’exploitation
d’une gamme variée de produits, tout en favorisant une meilleure capitalisation des acquis et
organisation de cette filière au sein de l’UTO Campo Ma’an2. L’un des défis importants pour
l’exploitation effective des PFNLs dans les FC repose sur l’inventaire et la mise sur pied des
plans de gestion durable, ainsi que l’amélioration et la vulgarisation d’un cadre légal propice
au développement d’une filière des produits issus des EFC.

5.3 Rapprocher les services administratifs des forêts communautaires ?

Le processus d’obtention et d’exploitation des FC requiert une étroite collaboration


entre les communautés locales et les services du MINFOF, notamment pour l’obtention des
autorisations annuelles de coupe (CAE) et les documents sécurisés de transport. Mais
jusqu’aujourd’hui, cette collaboration reste très coûteuse et handicapante pour l’exploitation
effective des ressources forestières par les communautés. Celle-ci se caractérise par une
extrême centralisation des décisions au niveau de la Sous Direction des forêts
communautaires à Yaoundé. Les communautés sont appelées à faire des dépenses
importantes de transports pour suivre l’évolution des dossiers qui, bien que déposés dans les
Délégations Départementales doivent être traitées à Yaoundé. Cela engendre très souvent
des retraits tardifs des dossiers d’exploitation, lesquels contribuent à restreindre la durée
effective de l’exploitation annuelle du bois dans les communautés. Dès lors, comment les
communautés peuvent-elles avoirs de partenaires d’affaires sérieux si elles ne peuvent
fonctionner que 6 mois sur 12 et parfois moins? Cette obtention tardive des documents

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Un document présentant la situation des filières PFNL dans l’UTO Campo Ma’an été développé par le
programme Kudu Zombo et pourrait servir de base de départ à une intervention visant le développement des
filières PFNLs.

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d’exploitation est l’un des facteurs qui favorisent le développement des circuits
d’approvisionnement illégaux de bois. Il devient de plus en plus important que
l’administration fasse un transfert de compétence au niveau des Départements ou du moins
des Régions, surtout que l’on est en plein processus de Décentralisation au Cameroun. A ce
titre un lobbying important doit être mené par la plateforme des EFC de Campo Ma’an en
collaboration avec les autres organisations nationales de FC (RFC) et les ONGs d’appui pour
faciliter un processus de décentralisation des décisions en matière de gestion de foresterie
communautaire au Cameroun.

5.4 Développer des stratégies de lutte contre la concurrence du bois illégal ?

L’arrivée dans l’UTO des grands projets structurants (barrages, port en eau profonde …)
doit entrainer un boom démographique et par conséquent une plus forte demande en bois
de constructions et d’ameublement. Cela représente une grande opportunité de marché
pour les communautés locales. Mais face à une concurrence de bois illégal qui se développe
de plus en plus dans la région en offrant des produits à des prix bas, il serait difficile de
transformer cette opportunité en réel bénéfice pour les communautés. Il appartient
désormais à la plateforme des EFC en collaboration avec d’autres acteurs locaux (ONG et
Mairies…) de mener une véritable lutte contre la propension de cette activités dans les villes
de Kribi et Ebolowa. Ils peuvent saisir l’opportunité de la mise en œuvre des accords de
partenariats volontaires sur le FLEGT (Forest Law Enforcement, Governance and Trade) entre
l’UE et le gouvernement Camerounais, ainsi que le processus REDD, lesquels visent à lutter
contre l’exploitation sauvage et incontrôlée des forêts au Cameroun.

5.5 Résoudre les conflits récurrents entre autorités traditionnelles et dirigeants des FC ?

La mise en œuvre du processus de foresterie communautaire dans les villages de l’UTO


est généralement perturbée par des conflits internes en l’occurrence ceux opposant les
entités de gestion de FC et les autres forces importantes de la structuration sociale du terroir
villageois (Autorités traditionnelles, élites…). Ces dernières ont parfois du mal à comprendre
et à s’intégrer dans ce nouvel outil de gestion des ressources dans leur terroir et développent
des actions perturbatrices. Une véritable réflexion participative devrait être menée sur la
place et le rôle de certains acteurs majeurs de la communauté sur le processus de foresterie
communautaire afin de permettre à celui-ci de s’ancrer véritablement dans son territoire.
Une telle réflexion doit être menée dans les villages entre communautés, élites, autorités
locales et facilitateurs du processus de foresterie communautaires. Les résultats de ces
réflexions doivent être transformées en action, testées dans des cas pilotes et capitalisées
dans le cadre des stratégies de gestion préventive de conflits dans les FC.

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6. Bibliographie

1) Kana R., Bosso C., Ngueko R., Ondoua B,. RadBeek., Etoga G., (sous presse). L’exploitation des
produits forestiers non ligneux dans l’unité technique opérationnelle de Campo Ma’an, Etats
de lieux et progrès réalisés dans le cadre du programme Kudu Zombo, WWF, 18P.

2) Karsenty A., Roda J.M., Milol A., Fochivé E., 2006. Audit financier et fiscal du secteur forestier
au Cameroun, MINFIB, Yaoundé, 222p.

3) MINFOF, 2010. Rapport de la mission d’évaluation de la mise en œuvre des plans simples de
gestion dans les forêts communautaires : phase II, Sous-Direction des forêts
communautaires, Janvier 2010, 14p.
4) Sonne N., Ondoua B., Ngniado A., Tayo C., 2010. Guide simplifié des procédures d’attribution
et des normes de gestion des forêts communautaires au Cameroun, WWF, Yaoundé, 25P.

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