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Hormone thyréostimulante (TSH)

 Définition et biopathologie
Synthétisée par les cellules thyréotropes de l’antéhypophyse, l’hormone thyréostimulante ou
thyrotropine (TSH, thyroid stimulating hormone) est une hormone glycoprotéique, constituée
de l’association non covalente de deux sous-unités : une sous-unité alpha (commune à
d’autres hormones glycoprotéiques), et une sous-unité bêta qui confère à l’hormone sa
spécificité immunologique et biologique. Les sous-unités libres sont inactives ; l’activité
biologique requiert l’association alpha et bêta. La TSH existe sous de multiples isoformes,
différant par leur structure glycanique, de demi-vie et d’activité biologique variable
La synthèse et la sécrétion de la TSH sont régulées par deux facteurs principaux et
antagonistes. La TRH (TSH releasing hormone), sécrétée dans le système porte hypothalamo-
hypophysaire, stimule la sécrétion de la TSH. De façon opposée, les hormones thyroïdiennes
inhibent la synthèse de la TRH au niveau hypothalamique et exercent leur rétrocontrôle
négatif sur la TSH au niveau hypophysaire. Plusieurs autres facteurs modulent la synthèse et
la sécrétion de TSH : la somatostatine, la dopamine et les glucocorticoïdes inhibent la
sécrétion de TSH. En revanche, la noradrénaline stimule la synthèse de TSH (par
l’intermédiaire de la TRH hypothalamique) et participe à l’adaptation au froid.
 Indications du dosage
Par son rôle essentiel de régulation de la glande thyroïde, la TSH (ou thyrotropine) est un
paramètre majeur de l’exploration fonctionnelle thyroïdienne : la TSH est le paramètre le plus
sensible et le plus précoce pour dépister les troubles thyroïdiens primaires.
 Étape pré analytique

 Echantillon
Prélèvement sur tube sec avec ou sans gel séparateur. Le plasma peut être utilisé si la
technique utilisée le permet.
 Prélèvement
Il se fait le matin (rythme nycthéméral).
Le patient doit être à jeun.
L'EDTA est à proscrire pour les méthodes immunoenzymatiques utilisant la phosphatase
alcaline comme marqueur
 Transmission
Les concentrations de TSH sont stables quelques jours à 4 ◦C et supportent un délai
d’acheminement court à température ambiante. La TSH est stable plusieurs mois à −20 ◦C, et
admet un cycle de congélation/décongélation.
 Techniques de dosages
Technique immunométrique type sandwich
Elle est utilisée pour doser les molécules de taille importante comme la TSH. On peut citer :
la méthode immunoradiométrique : IRMA, immunoenzymométrique : IEMA, etc.
La TSH est prise en sandwich entre deux anticorps différents, un anticorps de capture et un
autre anticorps portant le signal. Les anticorps sont ici présents en excès, ce qui rend ces
dosages beaucoup plus robustes. Ce type de dosage présente un gain de sensibilité, et un gain
de spécificité par rapport aux dosages par compétition, car il y a une double reconnaissance
épitopique.

 Interprétatio
n des
résultats

 Valeur de référence
Chez l’adulte sain, la concentration sérique de TSH est comprise entre 0.4 et 4.0 Mu/l selon la
technique utilisée.
 Variations physiologiques.
 Rythme circadien
La TSH est sécrétée selon un rythme circadien avec un pic nocturne (valeurs maximales à 02
h en moyenne, valeurs minimales dans l'après-midi).
 Variation en fonction de l'âge
À la naissance, on observe un pic néonatal de TSH, et les concentrations de TSH du nouveau-
né sont supérieures à celles de l'adulte.
 Variations observées au cours de la grossesse.
Les concentrations élevées d'hCG du 1er trimestre de grossesse sont associées à une
stimulation de la thyroïde, car l'hCG posséderait une activité « TSH- like ». Ceci se traduit
par une diminution de la TSH au premier trimestre, qui, dans environ 5 % des cas, s'abaissera
en dessous des valeurs de référence. Au 2e et au 3e trimestres, les concentrations de TSH
remontent.

 Valeurs pathologiques
 Elévation de la concentration de TSH
Par le rétrocontrôle, une élévation de la concentration de TSH évoque une hypothyroïdie
primaire, quelle qu'en soit la cause, qui sera ou non compensée par la stimulation de la glande
liée à l'activité de la thyrotropine. Dans le cadre d'un traitement substitutif, la concentration de
TSH est très longue à se réajuster avec les hormones périphériques, et il est nécessaire
d'attendre au moins 8 semaines avant de contrôler avec la TSH l'équilibre du traitement.
 Diminution de la concentration de TSH
À l'inverse, une diminution de la concentration de TSH évoque une hyperthyroïdie primaire
(ou un surdosage dans le cas d'un traitement substitutif). Là encore, la TSH peut rester très
longtemps effondrée alors que le patient est revenu à l'euthyroïdie avec le traitement.

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