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N’ayez pas peur des hormones 

!
Chère amie, cher ami, 

Nous ne pourrions pas vivre sans les microbes, bactéries, parasites, spores et virus
qui occupent une grande place [1] dans notre organisme. La santé, quel que soit notre
âge, reste un équilibre précaire entre les « germes de paix » et les « germes de
guerre ». Notre système immunitaire s’efforce de faire à la fois la police et le ménage
dans tout cela ! 

Nous ne pourrions pas non plus vivre sans nos hormones. Et pourtant, ce seul mot
« hormone » suffit à faire peur. Rassurez-vous… 

Avant toute chose, écartons les simplifications abusives des uns et des autres,
oublions les querelles entre les partisans et les opposants aux traitements
hormonaux. 

Ce que l’on sait, c’est qu’une surveillance attentive des déficiences hormonales et une
éventuelle supplémentation en fonction des résultats de cette surveillance (tant
clinique que biologique) permettent d’optimiser sa vitalité et sa longévité. 

Bien sûr, la prévention liée à la nutrition et à l’exercice doit toujours passer au


premier plan. Mais certaines personnes ayant des taux hormonaux « limite » verront
leur état amélioré par des supplémentations judicieuses et adaptées à chaque cas. 

C’est le rôle du thérapeute que de proposer les bonnes mesures, de trouver les
solutions, d’éclairer le patient sur les avantages et les éventuels risques d’une
supplémentation, de le guider dans ses choix et de l’accompagner dans le suivi du
traitement. 

On a tendance à l’oublier : mais les déficiences hormonales sont aussi fréquentes


que les déficiences nutritionnelles… et elles sont souvent liées. 

Qu’il s’agisse de notre peau, de notre poids, de notre forme, de l’état de nos cheveux,
de nos sourcils, de notre cœur, de notre circulation et bien entendu de notre cerveau
et système nerveux, nous avons absolument besoin d’une « optimisation hormonale
permanente ». 

Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : quand je parle d’optimisation,
cela n’est pas du tout synonyme de dopage et d’injections !

Les hormones surrénaliennes : la résistance au stress

Nos surrénales, ces petites glandes situées au-dessus de nos reins, sécrètent un
certain nombre d’hormones dites « stéroïdes ». Parmi elles se trouve la fameuse
cortisone, mais il y en a d’autres. 

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Quand nous sommes stressés et surtout lorsque nous le sommes trop, trop souvent et
trop longtemps, nous « épuisons nos surrénales ». 

Mon confrère le Dr Thierry Hertoghe nous a convaincus de proposer à nos patients,


en situations intenses et répétées de stress, des supplémentations adaptées en
hormone surrénalienne naturelle (l’hydrocortisone) équivalentes en général à la
moitié ou un peu plus de la quantité sécrétée dans une journée par nos surrénales. 

Il ne s’agit donc pas d’un « traitement à la cortisone » ou « aux corticoïdes » [2], mais
d’une supplémentation quasi physiologique visant : 

À nous épargner des états de fatigue et d’épuisement 


À nous éviter des « coups de pompe » inopinés  
À aider nos surrénales 
À récupérer notre énergie ! 
Pourquoi est-ce que nous pouvons avoir besoin de ce coup de pouce ? L’accélération
de nos modes de vie spécifiques à notre société les sollicite en permanence : nous
devons sécréter de façon intense et répétée du cortisol mais aussi de l’adrénaline.
C’est la fameuse bouffée d’adrénaline dont on parle si souvent : elle survient en cas
de peur, de colère, de réaction d’agressivité ou de fuite… 

Comment compenser cette « fatigue surrénalienne » ? 

On utilise l’hydrocortisone bio-identique, c'est-à-dire « copie conforme de


laboratoire » de celle que sécrètent nos surrénales. Elle se présente en petits
comprimés de 10 mg. On préconise 3 à 4 prises par jour de 5 à 10 mg (1/2 à
1 comprimé), en général au petit-déjeuner, milieu de matinée, déjeuner et parfois
milieu d’après-midi. On ne prend jamais de doses le soir pour ne pas risquer de
perturber le sommeil. L’amélioration de la forme et de la vitalité est souvent
spectaculaire. 

Il ne faut pas avoir peur de cette supplémentation qui fait souvent des « miracles » et
qui n’a pas les inconvénients des doses prolongées et beaucoup plus fortes des
dérivés synthétiques de cortisone (corticoïdes) que l’on utilise pour le traitement de
certaines maladies. 

En cas de périodes de stress prolongé, de surcharges de travail, d’infection, de


convalescence ou de fortes chaleurs, il peut être nécessaire d’augmenter légèrement
les doses. En cas de résistance à l’insuline, à plus forte raison de diabète ou de risques
de décalcification osseuse, on doit éviter l’hydrocortisone. Les sportifs doivent bien
entendu s’abstenir. 

Dans le plasma sanguin, un rapport élevé cortisol/sulfate de DHEA traduit un état


de stress et d’anxiété chronique. Il est alors indispensable d’apprendre à mieux gérer
son stress (yoga, respiration, exercices… meilleure alimentation) et souvent de se
supplémenter en DHEA. En retour, l’excès de cortisol risque de favoriser des états

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d’anxiété, de boulimie, d’insomnie et des épisodes infectieux .

Les hormones thyroïdiennes : garder sa ligne et sa vivacité

Indépendamment de toute maladie de la thyroïde et comme les hormones surrénaliennes,


notre thyroïde est très sollicitée par le rythme de la vie moderne. Les principales hormones
de la thyroïde sont : 

Triodothyronine ou l’hormone « T3 » 


Thyroxine ou l’hormone « T4 » 
Un dérèglement, même subtil, de la fonction thyroïdienne peut avoir des conséquences
importantes sur nos fonctions vitales et de ce fait accélérer nos processus de vieillissement. 

L’excès d’hormones (hyperthyroïdisme) provoque ainsi un amaigrissement parfois


important, une accélération des battements du cœur (tachycardie), une sensation permanente
de chaleur avec transpiration, anxiété, angoisse, nervosité et souvent de l’insomnie. Cet excès
peut même se lire sur le visage : l’expression faciale est caractéristique (si l’on y prête
attention), les yeux ont tendance à devenir proéminents (exophtalmie). 

À l’opposé, l’insuffisance hormonale (hypothyroïdie) conduit à la frilosité, au


ralentissement de la fréquence cardiaque (bradycardie), à la prise de poids et à la fatigue tant
physique que psychique et cérébrale qui peut être confondue avec la dépression. Dans ce cas,
gardons-nous si possible des antidépresseurs ! 

Le dosage des hormones thyroïdiennes (T3 et T4) et de la TSH (thyrotropin stimulating


hormone) sécrétée par l’hypophyse et sensible aux variations d’activité de la glande thyroïde,
devrait, en principe, nous renseigner sur le bon fonctionnement thyroïdien. 

En général, les normes que fournissent les laboratoires ne sont pas adaptées au diagnostic
d’un dysfonctionnement thyroïdien, susceptible d’affecter la qualité de vie. Seul le
thérapeute, en examinant le tableau clinique et biologique, sera en mesure de proposer une
supplémentation et un suivi, soit en T4, soit en T3, soit en associant les deux. 

Quoi qu’il en soit, la recherche d’un dysfonctionnement même léger devrait faire partie de
tout bilan biologique : 

Si vous craignez de plus en plus le froid 


Si vous avez de plus en plus de mal à vous réveiller le matin 
Si vous prenez du poids sans raison et sans modification de vos habitudes 
S’il vous semble que votre cerveau « tourne au ralenti » et que vous avez de plus en plus de
mal à trouver rapidement vos idées et vos répliques. 
La carence en iode peut être une cause de déficit de la glande thyroïde. À son maximum, elle
conduit à l’installation de goitres et surtout de déficits psycho-intellectuels importants. On
s’est aperçu que ceux que l’on appelait autrefois les « crétins des Alpes », des personnes
souffrant de déficits intellectuels et dotées de goitres, étaient en réalité fortement carencés en
iode ! 

Malheureusement, la déficience iodée est, en France, et pas seulement dans les Alpes, la
déficience minérale la plus fréquente. Il est facile de la dépister en dosant l’iode dans les

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urines de vingt-quatre heures. Il est encore plus facile de la prévenir : manger des algues et
du sel complet non raffiné ! 

La thyroïde est sensible à notre environnement. Elle peut être ralentie quand il fait froid : il
faut souvent adapter les supplémentations à la saison. 

Un certain nombre de déficiences nutritionnelles (sélénium, fer, zinc, cuivre, magnésium,


vitamine C, carotène, vitamine A, vitamines B, polyphénols) peuvent induire ou
aggraver une dysthyroïdie. La déficience en acide aminé « L-Tyrosine » également. 

La thyroïde est également très sensible aux toxiques (métaux lourds, produits


chimiques…), pensez-y en cas de dysfonctionnement et si vous prenez en continu certains
médicaments (aspirine, antidiabétiques oraux, corticoïdes, sels de lithium…). Certaines
femmes ayant reçu un traitement radiothérapique à la suite d’un cancer du sein développent
par la suite une insuffisance thyroïdienne. Il faut penser à la rechercher en cas de fatigue
attribuée trop facilement à des problèmes physiques ou psychologiques. 

Quelles sont les hormones thyroïdiennes à préconiser ? 

En France, la plupart des médecins généralistes ou spécialistes prescrivent en cas


d’insuffisance thyroïdienne l’hormone T4. Si cette habitude peut être justifiée en matière de
pathologie franche, elle ne l’est pas toujours en matière de dysfonctionnement thyroïdien. 

Mais nos bilans biologiques, ainsi que ceux de nombreux confrères, montrent qu’il existe
souvent une insuffisance en hormone T3 (triodothyronine) qui est corrélée aux symptômes
physiques ou psychiques. 

La supplémentation en T4 seule ne sert à rien si la conversion de la T4 en T3 ne se fait pas ou


mal, ce qui peut être la conséquence de déficiences nutritionnelles. Malheureusement, en
pratique médicale courante, le dosage de la T3 est rarement prescrit car son remboursement
n’est pas autorisé en dépistage. 

À partir des résultats, il devient facile de savoir si l’on doit compenser avec de la T4, de la T3
ou un mélange des deux, et de suivre l’amélioration les dosages, mois après mois. (la suite ci-
dessous)  

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La médecine anti-âge fait actuellement des progrès étonnants. Vous pouvez en bénéficier en
suivant les conseils de nos experts dont le Docteur Hertoghe, président de l'Association
Mondiale de Médecine Anti-âge, fait partie. Rendez-vous ici pour en savoir plus. 

Les hormones sexuelles qui ne servent pas qu’à ça…

Non, elles ne servent pas qu’à l’amour et au plaisir ! Œstrogènes, progestérone et


testostérone ne gouvernent pas que le sexe. Notre vitalité physique et intellectuelle en
dépend aussi fortement. 

Ces hormones sont produites effectivement par nos glandes sexuelles (testicules chez
l’homme, ovaires chez la femme), mais aussi par certaines cellules spécialisées du cerveau
pour la prégnénolone que l’on nomme d’ailleurs « neurohormone », et par nos glandes

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surrénales. 

En fait les hormones sont asexuées : la testostérone (hormone masculine) est également
indispensable chez la femme, en particulier à l’âge de la ménopause, afin de conserver
énergie physique et psychique, libido, plaisir, et parfois pour lutter contre certaines obésités. 

Les œstrogènes

Les œstrogènes sont sécrétés principalement par les ovaires en première partie de
cycle, et chez l’homme comme chez la femme par les surrénales. 

Plusieurs signes peuvent indiquer une carence œstrogénique : la sécheresse vaginale,


la baisse de libido ou la chute de cheveux. 

En cas de besoin, il faut toujours investiguer et modifier le mode de vie et


d’alimentation et le corriger au besoin. 

La décision d’entamer un traitement doit être « collégiale » : elle doit résulter d’un
accord entre le médecin et son patient. Le médecin doit pouvoir expliquer clairement
les possibles risques et/ou contre-indications, mais surtout les avantages et
inconvénients (balance bénéfice/risque) d’un traitement qui sera toujours contrôlé et
suivi cliniquement et radiologiquement (dosages plasmatiques ou urinaires,
mammographies, frottis vaginaux, etc…).

Faut-il avoir peur des traitements hormonaux de substitution (THM) ?

En 2003, il y a eu un vent de panique : des études essentiellement américaines ont


mis en lumière les conséquences dramatiques de certains traitements hormonaux. Ce
que l’on n’a pas dit sur le moment, c’est que ces études portaient sur des traitements
synthétiques, notamment sur des hormones fabriquées à partir d’urine de jument ! 

Immédiatement après la parution de ces publications, de nombreuses femmes ont


arrêté leur traitement. Parallèlement, de nombreux prescripteurs ont décidé
d’abandonner définitivement ces traitements hormonaux. 

Mais à la suite de l’arrêt de ces traitements chez de nombreuses femmes, on s’est


aperçu que bon nombre d’entre elles étaient victimes très rapidement de véritables
« coups de vieux » ! 

Paradoxalement, alors qu’elles étaient censées condamner les traitements


hormonaux, ces études ont surtout contribué à démontrer les effets positifs, et parfois
spectaculaires, des supplémentations hormonales d’origine naturelle. 

À titre personnel, je pense, comme beaucoup de mes confrères d’ailleurs, que si l’on
respecte les indications et contre-indications (antécédents familiaux et personnels de
cancers du sein, maladies gynécologiques à risque…) et que l’on surveille très

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soigneusement les femmes concernées, le risque de voir apparaître une maladie liée
au traitement n’est pas très élevé. 

Il existe aussi ce que l’on appelle des « phytomodulateurs végétaux », comme le trèfle
rouge ou encore l’Agnus castus (gattilier)… Ils permettent de réduire les doses
efficaces et donc les risques de surdosage. Mais contrairement à ce que pensent (ou
espèrent…) certaines femmes, ils ne permettent pas la plupart du temps de
remplacer le traitement hormonal lui-même. 

Progestérone naturelle et progestatifs

La progestérone est une hormone sécrétée par les ovaires de la femme. Plus
spécifiquement, il s’agit de l’hormone du « corpus luteum » (ou corps jaune) sécrétée
juste avant l’ovulation et augmentant rapidement après celle-ci pour devenir
l’hormone féminine principale durant les deux dernières semaines du cycle
menstruel. 

Plus on vieillit, plus on tend à manquer de progestérone en fin de cycle, mais


certaines jeunes femmes aux règles douloureuses en manquent déjà dès leur
adolescence. Il s’installe alors un déséquilibre œstroprogestatif au profit des
œstrogènes qui peut considérablement augmenter le risque de certaines maladies
comme les kystes ovariens ou mammaires. D’autres troubles (règles douloureuses,
fatigue, dépression, bouffées de chaleur, prise de poids) peuvent être en relation avec
ce déséquilibre. 

Quel type de progestérone choisir ? 

Il ne faut pas confondre progestérone naturelle et progestatifs (autrement dit : la


« progestérone de synthèse »). Analogues dans leur structure chimique et leurs
fonctions, la différence essentielle réside dans leur mécanisme d’action biologique,
leurs effets secondaires possibles et leurs risques potentiels. 

On entend par « progestérone naturelle » la progestérone que sécrètent nos


organismes, ou une copie réalisée à partir de produits naturels (souvent des plantes)
en laboratoire, dite « progestérone naturelle bio-identique ». 

Toutes les études sur les risques des traitements hormonaux de la ménopause
soulignent que c’est bien, comme nous l’avions nous-mêmes pressenti il y a plus de
dix ans, la progestérone naturelle qui présente le moindre risque. 

Cette progestérone est aujourd’hui disponible, c’est la fameuse crème préconisée par
feu le Dr Lee [3] que l’on trouve sur de nombreux sites Internet européens… Elle est
intéressante et efficace lorsque les déficiences ne sont pas trop importantes. 

La « progestérone naturelle » dite micronisée est disponible, en pharmacie. Les


capsules (remboursables sur prescription médicale) sont prises, le soir, car la
progestérone facilite le sommeil. Certaines femmes qui la digèrent mal préfèrent les

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placer au fond du vagin, mais d’autres ne tolèrent pas cette forme pouvant
provoquer des démangeaisons. 

Dans tous les cas, l’usage des progestatifs, c'est-à-dire des « progestérones de
synthèse », plus ou moins éloignées de la progestérone, obéit à des indications
médicales particulières (notamment les règles hémorragiques) qui ne sont pas notre
sujet. 

Œstrogènes : prendre en compte certaines constantes métaboliques 

La prise d’œstradiol ou d’œstrone chez des femmes ayant des déficiences


nutritionnelles et consommant trop d’acides gras trans peut favoriser le cancer du
sein, des ovaires et de l’endomètre alors même que ce risque aurait pu être diminué
en prenant de la progestérone et en ayant un régime alimentaire approprié. 

Il existe des moyens efficaces de dépister ou d’évaluer ce risque : 

En proposant des bilans d’équilibre nutritionnel, de stress oxydatif, de vitamines


antioxydantes ou d’acides gras qui permettent d’évaluer un « terrain nutritionnel à
risque », de le corriger et surtout d’indiquer et de suivre le bien-fondé de la
supplémentation. 
En faisant des analyses de flore intestinale qui permettent de dépister certaines
femmes dites « à risque » [4]. 
En examinant et en modifiant l’alimentation des femmes en pré et/ou en
postménopause. 
Hormones sexuelles et artères coronaires 

La mortalité par maladie coronarienne est rare chez les femmes avant la ménopause,
elle augmente très fortement après la ménopause. À l’autopsie, on trouve que les
artères coronaires des femmes qui meurent de maladie coronarienne contiennent
moins de plaques athéromateuses que celles des hommes qui meurent (généralement
plus jeunes) de cette maladie. 

Des recherches ont montré que l’augmentation de la maladie coronarienne chez les
femmes supplémentées était la conséquence de l’utilisation de la seule hormone de
synthèse, que l’on appelle le médroxyprogestérone-acétate (MPA ou Provera® [5]). 

Les recherches de Kent Hermsmeyer [6] et de ses collaborateurs à l’Oregon Regional


Primate Research Center et de l’Oregon Health Sciences University, ont démontré
que des spasmes continus de l’artère coronaire pouvaient être induits chez des singes
rhésus femelles castrées recevant un traitement hormonal substitutif (THM) avec de
la médroxyprogestérone-acétate, et supprimés chez ces mêmes singes lorsqu’ils
recevaient un THM à base de progestérone (naturelle). 

Des résultats semblables furent obtenus par le Dr Peter Collins de la National Heart


Institute of London, en faisant courir des femmes sur un tapis de jogging et en
réalisant un électrocardiogramme à la recherche d’une ischémie cardiaque. On a

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d’abord administré à ces femmes un THM avec de la médroxyprogestérone-acétate
(Provera®) et ensuite un THM avec de la progestérone naturelle. Une aggravation de
l’ischémie (diminution du flux sanguin vers le cœur) a été observée chez les femmes
recevant un THM avec des hormones de synthèse, alors que chez les femmes prenant
de la progestérone naturelle, l’ischémie était évitée. 

La raison de l’augmentation de la mortalité par maladie coronarienne chez les


femmes après la ménopause semble être liée à l’utilisation des progestatifs de
synthèse.

Avez-vous toujours peur des hormones ?

Le débat à propos des hormones et de la nécessité d’une supplémentation est loin


d’être achevé. Dans tous les cas, il faut être prudent. 

Il faut rester méfiant vis-à-vis des chiffres et des grandes études qui tantôt sont
totalement « pour », et parfois totalement « contre ». Toutes ces études issues de ce
que l’on appelle l’« Evidence Based Medecine » ou « médecine basée sur les preuves »,
ne tiennent et ne peuvent tenir compte des situations particulières. 

Chaque personne est un cas particulier. C’est pourquoi il faut toujours intégrer
l’environnement, l’alimentation, les antécédents personnels ou familiaux, de mode de
vie (et d’exposition à certains toxiques, comme les métaux lourds et plus
généralement la pollution). 

Chaque situation reste unique comme chaque indication, chaque proposition ou


chaque réaction. Il ne doit exister ni dogmes, ni dangers absolus. 

L’optimisation de la santé est une réflexion, une expérimentation personnelle, un


challenge et une remise en question permanente. En attendant, surveillez bien votre
messagerie ! 

Arthrose : l'étonnante découverte d’un confrère

Lorsqu’il a vu cette patiente revenir dans son cabinet, le médecin de notre histoire
aurait pu mal réagir. 

Il soignait cette femme atteinte d’arthrite depuis des années, sans le moindre


résultat. 

A tel point qu’elle avait décidé d’aller consulter un autre docteur, qui plutôt que
d’appliquer les traitements conventionnels contre l’arthrose et les rhumatismes
s’intéressait lui, à… l’alimentation. 

Et aujourd’hui elle était là… radieuse ! 

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Elle était revenue exprès lui dire que ses douleurs étaient parties !!! Que l’autre
praticien avait réussi là où il avait échoué. 

Vous imaginez bien que notre médecin aurait pu ressentir une certaine jalousie, peut-
être même de la colère ! 

Mais comme vous allez le découvrir dans Alternatif Bien-Être, ce n’est pas du tout ce
qui s’est passé. 

Cette femme était si convaincante, si affirmative, qu’il l’a écoutée détailler son régime
alimentaire tout du long, presque sans rien dire. 

Ce fut pour lui une révélation, à la fois professionnelle et humaine. Ça peut l’être


aussi, vous allez le voir, pour votre propre santé. 

La preuve que ça marche !

Ce médecin prit aussitôt contact avec l’homme qui avait guéri cette patiente, lut son
traité complet de Médecine, analysa ses succès (et également ses 20 % d’échecs), le fit
venir pour une conférence auprès de ses confrères rhumatologues, mit en pratique sa
théorie auprès de ses propres malades volontaires et fût à son tour… convaincu de la
méthode. 

Une méthode inédite pour soigner l’arthrose et plus de 200 types de rhumatismes


différents (goutte, tendinites, rhumatisme articulaire etc.), sans prise de médicaments
ni recours à la chirurgie réparatrice. 

Bien sûr, vous en retrouverez le détail dans Alternatif Bien-Être. 

Vous verrez que des gestes simples, et parfois presque oubliés, peuvent aider à
construire un cartilage de bonne qualité et limiter l’inflammation. Souvenez-vous
d’une chose : le composant essentiel pour le cartilage est la molécule d’eau.
Demandez-vous toujours si vous buvez assez d’eau ! 

Vous allez comprendre pourquoi la muqueuse intestinale est l’une des clés de la


santé rhumatologique, et ce qu’il faut faire pour éviter la porosité de cette barrière
protectrice. 

Cet article comporte de nombreux autres conseils pour prévenir et guérir les
douleurs (exercices à faire, compléments alimentaires à privilégier etc.), mais ne vous
attendez pas à lire un « simple dossier sur l’arthrose », dans ce numéro d’Alternatif
Bien-Être. 

Vous allez trouver bien plus que cela. 

Ce témoignage est la preuve qu’un formidable mouvement est en marche, qui

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replace chaque patient au centre de sa stratégie de santé. La preuve également que de
plus en plus de médecins « ouvrent leurs écoutilles », et
deviennent réceptifs aux solutions de la santé naturelle. 

Non par effet de mode ou par idéologie. 

Mais parce qu’ils ont désormais, preuves scientifiques à l’appui, la certitude que « ça


marche ». Contre l’arthrose, les rhumatismes, et de très nombreuses autres
pathologies, comme vous allez également le découvrir dans ce numéro
particulièrement fourni d’Alternatif Bien-Être : 

Contre les troubles sexuels féminins, faites ceci

Lorsque l’industrie pharmaceutique rencontre quelqu’un qui n’est pas malade, que
croyez-vous qu’elle fait. Qu’elle le laisse tranquille ? 

Bien sûr que non. 

Confrontée à l’absence de problème de santé, l’industrie pharmaceutique invente une


maladie  de toute pièce. 

Vous allez voir dans le numéro d’Alternatif Bien-Être qu’elle est prête pour cela à
déployer des efforts incroyables. 

La dernière supercherie en la matière concerne l’absence de désir sexuel chez


certaines femmes. Un sujet intime, profond, parfois douloureux, mais très
rarement une maladie. 

Qu’importe : un laboratoire américain vient pourtant d’obtenir le droit de vendre


Addyi, sa pilule rose pour les problèmes de libido féminine. Composée d’une
molécule, la flibansérine, censée agir sur la neurochimie du cerveau et détendre la
femme, la rendre plus impulsive et ainsi mieux prédisposée à la montée du désir
sexuel. 

Nous publions dans ce numéro d’Alternatif Bien-Être les résultats d’une toute


dernière étude sur ce nouveau médicament. 

Non seulement il ne sert à rien, et surtout, la liste de ses effets secondaires est terrible
: baisse sévère de la tension artérielle, syncopes, nausées, endormissement (idéal
quand il s’agit de passer à l’acte…) 

Bref, face à cette maladie qui n’en est pas une, l’industrie a inventé un médicament
qui ne sert à rien. Nous vous disons comment ne surtout pas tomber dans son piège. 

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Ce qu’il faut faire quand le désir n’est plus là

Mais cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas de barrières aux relations amoureuses
épanouies. Chez les femmes, des douleurs pendant le rapport peuvent êtres dues à
une maladie (une vraie, cette fois : endométriose, kyste, fibrome utérin) ou une
inflammation. Vous verrez quoi faire dans ces cas-là. 

Pour compenser un déficit en testostérone, une équipe de chercheurs australiens a


démontré la puissance de la phytothérapie et d’une étonnante plante
méditerranéenne (qu’on trouve aussi chez nous, heureusement !!!). 

Des difficultés d’ordre psychologique peuvent apparaître à certains temps de la vie


(période d’allaitement, de stress, d’anxiété etc.) pour lesquelles il existe de véritables
solutions naturelles, dont vous trouverez le détail dans cette édition. 

Mais cela impose de faire un vrai travail. Quelque chose qu’une petite pilule rose ne
pourra absolument pas remplacer. Une réflexion sereine, introspective et profonde
sur l’amour, en acceptant vous allez voir, des clés d’interprétation… inédites, à
propos du désir sexuel. 

La face cachée du chocolat noir

La face cachée du chocolat noir ?! 

C’est une petite bombe pour ceux qui croyaient dur comme fer aux vertus des
flavonoïdes contenus dans les fèves de cacao (antioxydants, réduisent le risque
cardio-vasculaire, améliorent les fonctions mentales etc.) 

Voilà qu’on dresse aujourd’hui un portrait largement moins flatteur de cet ami de
notre palais des saveurs. En particulier pour ceux qui ont une peau à tendance
acnéique, un terrain favorable aux calculs rénaux, ou un taux d’aluminium dans
l’organisme déjà élevé. 

Egalement, une substance à éviter à tout prix pèse sur la qualité du chocolat noir


vendu aujourd’hui (la firme Monsanto n’est pas étrangère à son développement !!!).
Heureusement il reste un moyen astucieux de repérer le chocolat d’excellente
qualité. 

Egalement dans cette édition d’Alternatif Bien-Être  : 

Vous avez peu de grains de beauté ? Attention danger ! Les personnes qui ont


beaucoup de grains de beauté sur le corps savent qu’il faut les surveiller car ils ont
un risque important de développer un mélanome (la forme la plus meurtrière des
cancers de la peau). Mais une étude très récente pointe un autre danger, meurtrier lui
aussi, chez les personnes qui ont peu de grains de beauté. Nous vous donnons les

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indices (nombre et taille des grains) qui doivent vous alerter, et comment réagir sans
tarder.  
Une coupe de cheveux qui soigne ?! Nous l’avons testée : ça commence par
une analyse de scalp, suivie d’un shiatsu crânien. Vient ensuite la « coupe vibratoire
», avec le glissement de la lame de rasoir qui remonte mèche par mèche le long du
premier des méridiens d’acupuncture du crâne… Impressionnant, agréable, mais
vous allez voir qu’il y a un hic. Sérieux.  
Sciatique : 10 minutes d’exercice par jour pour la faire disparaître. Nos exercices sont
présentés avec des photos explicatives. A répéter plusieurs fois par jour en cas de
sciatique déclarée.  
86% de réussite dans le traitement de l’uvéite auto-immune (cause importante
de cécité) ! Une étude a découvert la bactérie intestinale à l’origine de la destruction
des cellules de la rétine. Adopter un régime alimentaire précis permet de retrouver
l’équilibre de la flore et soigner l’uvéite.  
Etes-vous intolérant au lactose ? Servez-vous un verre de lait, buvez et regardez ce
qui se passe. Cinq indicesvous permettront de diagnostiquer précisément
l’intolérance au lactose.  
Griffe du chat : et si on écoutait ce que les guérisseurs amazoniens racontent de cette
fabuleuse liane ? (Elle agit pour soulager l’intestin en cas de rectocolite
hémorragique, maladie de Crohn, syndrome du côlon irritable ou diverticulite). 
Parkinson : la médecine chinoise propose une alternative à la musculation.  
Alerte médicaments : un mélange à ne surtout pas faire ! Des chercheurs ont observé
une augmentation de 60 % des hémorragies cérébrales chez les personnes qui
mélangeaient antidépresseurs et anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Et ce
n’est pas tout. Vous allez voir que la plus grande vigilance s’impose si vous
consommez ces médicaments.  

A lire aussi dans ce numéro : 

Spiruline : 10 g par jour pour booster le système immunitaire (bien veiller à la


prendre sous la bonne forme), 
Diabète : le nom du pire des coupables se confirme. Mais nous avons aussi une
bonne nouvelle pour diminuer les niveaux du sucre sanguin,  
Les omégas-3 efficaces contre le lupus, 
La position de sommeil qui limite le risque… d’Alzheimer (en protégeant le
cerveau) !  
Le cannabis désastreux pour la fertilité masculine,  
Ostéoporose : le trèfle rouge pour renforcer les os.  

Quand vos intestins disent « non »…


Chère amie, cher ami, 

Vos magazines préférés vous montrent des jeunes femmes très minces sur des
couvertures et vous incitent à perdre les quelques kilos disgracieux que vous avez
accumulés … 

12
Pour se renouveler, ces journaux inventent régulièrement des régimes différents : le
« régime sans ceci » ou le « régime sans cela »… 

Pendant quarante ans, j’ai vu défiler dans mon cabinet médical des femmes et des
hommes qui avaient des problèmes de poids. Certains me demandaient quel régime
choisir… 

L’expérience m’a appris à bannir ces « régimes pour tous » pour tenter au contraire
d’individualiser la nutrition de chacun. De la même manière, il faudrait d’ailleurs
individualiser toute prescription médicale, mais c’est un autre débat… 

Comment inventer un régime adapté à chacun ? 

Pour cela, il faut d’abord analyser l’analyse les carences (les déficiences


nutritionnelles en vitamines, minéraux, acides aminés, acides gras…), et la tolérance
personnelle aux nutriments, aliments, additifs, etc… 

Ce phénomène de tolérance intervient au niveau de la paroi intestinale de l’intestin


grêle. [1] 

On parle aujourd’hui de « tolérance » : les aliments sont décomposés dans notre tube
digestif et ces composants ne doivent pas agresser la paroi de notre intestin, sous
peine, à la longue, de l’altérer physiquement. 

Vous le savez, une bonne digestion, commence dans la bouche. 

Nos parents nous le rabâchaient, et comme souvent ils avaient raison : il est capital
de bien mâcher. 

Pourquoi ? À travers la mastication, la salive joue un rôle essentiel dans le processus


de digestion, qui se poursuit dans l’estomac et le haut de notre intestin (duodénum)
où les enzymes hépatiques, biliaires et pancréatiques jouent un rôle capital. 

Mais c’est au niveau de l’intestin grêle que la partie essentielle va se jouer. 

En présence d’un aliment, notre système de défense va réagir de trois façons


différentes : 

il le laisse passer sans réagir, l’aliment est reconnu et accepté. 


il réagit quand il ne reconnaît pas l’aliment et fait intervenir le système immunitaire.
On parle alors d’hypersensibilité alimentaire. 
il réagit quand certains aliments contiennent des molécules qui entraînent des
réactions toxiques non immunologiques : on parle dans ce cas d’intolérance
alimentaire. 
C’est impressionnant. Le système immunitaire de l’intestin grêle est le plus
important du corps. Il est pourvu de cellules immunitaires sur toute sa longueur (5 à
7 m) et sur toute sa surface (environ 200 m² !). 

13
La protection agit de 3 façons : 

Un phénomène « d’exclusion » grâce à des anticorps de type IgA : les substances


étrangères sont éliminées avant de passer la barrière intestinale. 
Un phénomène « d’élimination » : certains agresseurs sont éliminés par les cellules
du foie. 
Un phénomène de « tolérance orale » par lequel certaines substances étrangères sont
« tolérées ». 

L’hyperperméabilité intestinale : la porte ouverte à de nombreuses


maladies chroniques

L’intestin grêle est habituellement imperméable. 

Théoriquement, aucune macromolécule ne peut donc le traverser sans avoir été au


préalable décomposée en molécules simples. Cette imperméabilité est réalisée grâce à
des jonctions serrées entre les cellules de la muqueuse intestinale. 

Mais en réalité, cette étanchéité est rarement totale. 

De faibles quantités de macromolécules arrivent à passer malgré tout. Pourtant on ne


décèle pas, normalement, de réponse immunitaire : c’est ce que l’on nomme, dans ce
cas, un phénomène de tolérance orale. 

On le voit, en pratique, l’intestin grêle est donc souvent fragilisé. 

Les coupables ? Certaines bactéries, des champignons (mycoses) ou parasites, mais


aussi la présence de toxiques issus de notre environnement, comme des métaux
lourds, des pesticides, des colorants, des agents conservateurs ou d’autres molécules
étrangères à l’organisme (xénobiotiques). Certains traitements au long cours comme
les anti-inflammatoires, les antibiotiques ou l’aspirine ne laissent pas indemne cette
partie essentielle de notre organisme. 

De la même manière, il semble que la présence trop fréquente d’alcool ou de ses


dérivés induise, à la longue, une agression. Ces altérations provoquent une
modification de la structure des cellules de la paroi intestinale (en anglais « tights
junctions  »), une aggravation en retour de la dysbiose (déséquilibre de la flore
intestinale) et une diminution de l’étanchéité entre chaque cellule. 

Certains aliments incomplètement digérés vont alors traverser « illégalement » la


paroi. Le système immunitaire ne les reconnaît plus et va réagir de différentes façons,
notamment par des réactions dites « allergiques ». (la suite ci-dessous)  

N’ayez pas peur des hormones !


Chère amie, cher ami, 

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Nous ne pourrions pas vivre sans les microbes, bactéries, parasites, spores et virus
qui occupent une grande place [1] dans notre organisme. La santé, quel que soit notre
âge, reste un équilibre précaire entre les « germes de paix » et les « germes de
guerre ». Notre système immunitaire s’efforce de faire à la fois la police et le ménage
dans tout cela ! 

Nous ne pourrions pas non plus vivre sans nos hormones. Et pourtant, ce seul mot
« hormone » suffit à faire peur. Rassurez-vous… 

Avant toute chose, écartons les simplifications abusives des uns et des autres,
oublions les querelles entre les partisans et les opposants aux traitements
hormonaux. 

Ce que l’on sait, c’est qu’une surveillance attentive des déficiences hormonales et une
éventuelle supplémentation en fonction des résultats de cette surveillance (tant
clinique que biologique) permettent d’optimiser sa vitalité et sa longévité. 

Bien sûr, la prévention liée à la nutrition et à l’exercice doit toujours passer au


premier plan. Mais certaines personnes ayant des taux hormonaux « limite » verront
leur état amélioré par des supplémentations judicieuses et adaptées à chaque cas. 

C’est le rôle du thérapeute que de proposer les bonnes mesures, de trouver les
solutions, d’éclairer le patient sur les avantages et les éventuels risques d’une
supplémentation, de le guider dans ses choix et de l’accompagner dans le suivi du
traitement. 

On a tendance à l’oublier : mais les déficiences hormonales sont aussi fréquentes


que les déficiences nutritionnelles… et elles sont souvent liées. 

Qu’il s’agisse de notre peau, de notre poids, de notre forme, de l’état de nos cheveux,
de nos sourcils, de notre cœur, de notre circulation et bien entendu de notre cerveau
et système nerveux, nous avons absolument besoin d’une « optimisation hormonale
permanente ». 

Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : quand je parle d’optimisation,
cela n’est pas du tout synonyme de dopage et d’injections !

Les hormones surrénaliennes : la résistance au stress

Nos surrénales, ces petites glandes situées au-dessus de nos reins, sécrètent un
certain nombre d’hormones dites « stéroïdes ». Parmi elles se trouve la fameuse
cortisone, mais il y en a d’autres. 

Quand nous sommes stressés et surtout lorsque nous le sommes trop, trop souvent et
trop longtemps, nous « épuisons nos surrénales ». 

Mon confrère le Dr Thierry Hertoghe nous a convaincus de proposer à nos patients,

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en situations intenses et répétées de stress, des supplémentations adaptées en
hormone surrénalienne naturelle (l’hydrocortisone) équivalentes en général à la
moitié ou un peu plus de la quantité sécrétée dans une journée par nos surrénales. 

Il ne s’agit donc pas d’un « traitement à la cortisone » ou « aux corticoïdes » [2], mais
d’une supplémentation quasi physiologique visant : 

À nous épargner des états de fatigue et d’épuisement 


À nous éviter des « coups de pompe » inopinés  
À aider nos surrénales 
À récupérer notre énergie ! 
Pourquoi est-ce que nous pouvons avoir besoin de ce coup de pouce ? L’accélération
de nos modes de vie spécifiques à notre société les sollicite en permanence : nous
devons sécréter de façon intense et répétée du cortisol mais aussi de l’adrénaline.
C’est la fameuse bouffée d’adrénaline dont on parle si souvent : elle survient en cas
de peur, de colère, de réaction d’agressivité ou de fuite… 

Comment compenser cette « fatigue surrénalienne » ? 

On utilise l’hydrocortisone bio-identique, c'est-à-dire « copie conforme de


laboratoire » de celle que sécrètent nos surrénales. Elle se présente en petits
comprimés de 10 mg. On préconise 3 à 4 prises par jour de 5 à 10 mg (1/2 à
1 comprimé), en général au petit-déjeuner, milieu de matinée, déjeuner et parfois
milieu d’après-midi. On ne prend jamais de doses le soir pour ne pas risquer de
perturber le sommeil. L’amélioration de la forme et de la vitalité est souvent
spectaculaire. 

Il ne faut pas avoir peur de cette supplémentation qui fait souvent des « miracles » et
qui n’a pas les inconvénients des doses prolongées et beaucoup plus fortes des
dérivés synthétiques de cortisone (corticoïdes) que l’on utilise pour le traitement de
certaines maladies. 

En cas de périodes de stress prolongé, de surcharges de travail, d’infection, de


convalescence ou de fortes chaleurs, il peut être nécessaire d’augmenter légèrement
les doses. En cas de résistance à l’insuline, à plus forte raison de diabète ou de risques
de décalcification osseuse, on doit éviter l’hydrocortisone. Les sportifs doivent bien
entendu s’abstenir. 

Dans le plasma sanguin, un rapport élevé cortisol/sulfate de DHEA traduit un état


de stress et d’anxiété chronique. Il est alors indispensable d’apprendre à mieux gérer
son stress (yoga, respiration, exercices… meilleure alimentation) et souvent de se
supplémenter en DHEA. En retour, l’excès de cortisol risque de favoriser des états
d’anxiété, de boulimie, d’insomnie et des épisodes infectieux.

Les hormones thyroïdiennes : garder sa ligne et sa vivacité

16
Indépendamment de toute maladie de la thyroïde et comme les hormones
surrénaliennes, notre thyroïde est très sollicitée par le rythme de la vie moderne. Les
principales hormones de la thyroïde sont : 

Triodothyronine ou l’hormone « T3 » 


Thyroxine ou l’hormone « T4 » 
Un dérèglement, même subtil, de la fonction thyroïdienne peut avoir des
conséquences importantes sur nos fonctions vitales et de ce fait accélérer nos
processus de vieillissement. 

L’excès d’hormones (hyperthyroïdisme) provoque ainsi un amaigrissement parfois


important, une accélération des battements du cœur (tachycardie), une sensation
permanente de chaleur avec transpiration, anxiété, angoisse, nervosité et souvent de
l’insomnie. Cet excès peut même se lire sur le visage : l’expression faciale est
caractéristique (si l’on y prête attention), les yeux ont tendance à devenir
proéminents (exophtalmie). 

À l’opposé, l’insuffisance hormonale (hypothyroïdie) conduit à la frilosité, au


ralentissement de la fréquence cardiaque (bradycardie), à la prise de poids et à la
fatigue tant physique que psychique et cérébrale qui peut être confondue avec la
dépression. Dans ce cas, gardons-nous si possible des antidépresseurs ! 

Le dosage des hormones thyroïdiennes (T3 et T4) et de la TSH (thyrotropin stimulating


hormone) sécrétée par l’hypophyse et sensible aux variations d’activité de la glande
thyroïde, devrait, en principe, nous renseigner sur le bon fonctionnement thyroïdien. 

En général, les normes que fournissent les laboratoires ne sont pas adaptées au
diagnostic d’un dysfonctionnement thyroïdien, susceptible d’affecter la qualité de
vie. Seul le thérapeute, en examinant le tableau clinique et biologique, sera en mesure
de proposer une supplémentation et un suivi, soit en T4, soit en T3, soit en associant
les deux. 

Quoi qu’il en soit, la recherche d’un dysfonctionnement même léger devrait faire
partie de tout bilan biologique : 

Si vous craignez de plus en plus le froid 


Si vous avez de plus en plus de mal à vous réveiller le matin 
Si vous prenez du poids sans raison et sans modification de vos habitudes 
S’il vous semble que votre cerveau « tourne au ralenti » et que vous avez de plus en
plus de mal à trouver rapidement vos idées et vos répliques. 
La carence en iode peut être une cause de déficit de la glande thyroïde. À son
maximum, elle conduit à l’installation de goitres et surtout de déficits psycho-
intellectuels importants. On s’est aperçu que ceux que l’on appelait autrefois les
« crétins des Alpes », des personnes souffrant de déficits intellectuels et dotées de
goitres, étaient en réalité fortement carencés en iode ! 

17
Malheureusement, la déficience iodée est, en France, et pas seulement dans les Alpes,
la déficience minérale la plus fréquente. Il est facile de la dépister en dosant l’iode
dans les urines de vingt-quatre heures. Il est encore plus facile de la prévenir :
manger des algues et du sel complet non raffiné ! 

La thyroïde est sensible à notre environnement. Elle peut être ralentie quand il fait
froid : il faut souvent adapter les supplémentations à la saison. 

Un certain nombre de déficiences nutritionnelles (sélénium, fer, zinc, cuivre,


magnésium, vitamine C, carotène, vitamine A, vitamines B, polyphénols) peuvent
induire ou aggraver une dysthyroïdie. La déficience en acide aminé « L-Tyrosine »
également. 

La thyroïde est également très sensible aux toxiques (métaux lourds, produits


chimiques…), pensez-y en cas de dysfonctionnement et si vous prenez en continu
certains médicaments (aspirine, antidiabétiques oraux, corticoïdes, sels de lithium…).
Certaines femmes ayant reçu un traitement radiothérapique à la suite d’un cancer du
sein développent par la suite une insuffisance thyroïdienne. Il faut penser à la
rechercher en cas de fatigue attribuée trop facilement à des problèmes physiques ou
psychologiques. 

Quelles sont les hormones thyroïdiennes à préconiser ? 

En France, la plupart des médecins généralistes ou spécialistes prescrivent en cas


d’insuffisance thyroïdienne l’hormone T4. Si cette habitude peut être justifiée en
matière de pathologie franche, elle ne l’est pas toujours en matière de
dysfonctionnement thyroïdien. 

Mais nos bilans biologiques, ainsi que ceux de nombreux confrères, montrent qu’il
existe souvent une insuffisance en hormone T3 (triodothyronine) qui est corrélée aux
symptômes physiques ou psychiques. 

La supplémentation en T4 seule ne sert à rien si la conversion de la T4 en T3 ne se fait


pas ou mal, ce qui peut être la conséquence de déficiences nutritionnelles.
Malheureusement, en pratique médicale courante, le dosage de la T3 est rarement
prescrit car son remboursement n’est pas autorisé en dépistage. 

À partir des résultats, il devient facile de savoir si l’on doit compenser avec de la T4,
de la T3 ou un mélange des deux, et de suivre l’amélioration les dosages, mois après
mois. (la suite ci-dessous)  

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Secrets de jeunesse pour une vieillesse heureuse 

La médecine anti-âge fait actuellement des progrès étonnants. Vous pouvez en


bénéficier en suivant les conseils de nos experts dont le Docteur Hertoghe, président
de l'Association Mondiale de Médecine Anti-âge, fait partie. Rendez-vous ici pour en
savoir plus. 

18
Les hormones sexuelles qui ne servent pas qu’à ça…

Non, elles ne servent pas qu’à l’amour et au plaisir ! Œstrogènes, progestérone et


testostérone ne gouvernent pas que le sexe. Notre vitalité physique et intellectuelle
en dépend aussi fortement. 

Ces hormones sont produites effectivement par nos glandes sexuelles (testicules chez
l’homme, ovaires chez la femme), mais aussi par certaines cellules spécialisées du
cerveau pour la prégnénolone que l’on nomme d’ailleurs « neurohormone », et par
nos glandes surrénales. 

En fait les hormones sont asexuées : la testostérone (hormone masculine) est


également indispensable chez la femme, en particulier à l’âge de la ménopause, afin
de conserver énergie physique et psychique, libido, plaisir, et parfois pour lutter
contre certaines obésités. 

Les œstrogènes

Les œstrogènes sont sécrétés principalement par les ovaires en première partie de
cycle, et chez l’homme comme chez la femme par les surrénales. 

Plusieurs signes peuvent indiquer une carence œstrogénique : la sécheresse vaginale,


la baisse de libido ou la chute de cheveux. 

En cas de besoin, il faut toujours investiguer et modifier le mode de vie et


d’alimentation et le corriger au besoin. 

La décision d’entamer un traitement doit être « collégiale » : elle doit résulter d’un
accord entre le médecin et son patient. Le médecin doit pouvoir expliquer clairement
les possibles risques et/ou contre-indications, mais surtout les avantages et
inconvénients (balance bénéfice/risque) d’un traitement qui sera toujours contrôlé et
suivi cliniquement et radiologiquement (dosages plasmatiques ou urinaires,
mammographies, frottis vaginaux, etc…).

Faut-il avoir peur des traitements hormonaux de substitution (THM) ?

En 2003, il y a eu un vent de panique : des études essentiellement américaines ont


mis en lumière les conséquences dramatiques de certains traitements hormonaux. Ce
que l’on n’a pas dit sur le moment, c’est que ces études portaient sur des traitements
synthétiques, notamment sur des hormones fabriquées à partir d’urine de jument ! 

Immédiatement après la parution de ces publications, de nombreuses femmes ont


arrêté leur traitement. Parallèlement, de nombreux prescripteurs ont décidé
d’abandonner définitivement ces traitements hormonaux. 

Mais à la suite de l’arrêt de ces traitements chez de nombreuses femmes, on s’est

19
aperçu que bon nombre d’entre elles étaient victimes très rapidement de véritables
« coups de vieux » ! 

Paradoxalement, alors qu’elles étaient censées condamner les traitements


hormonaux, ces études ont surtout contribué à démontrer les effets positifs, et parfois
spectaculaires, des supplémentations hormonales d’origine naturelle. 

À titre personnel, je pense, comme beaucoup de mes confrères d’ailleurs, que si l’on
respecte les indications et contre-indications (antécédents familiaux et personnels de
cancers du sein, maladies gynécologiques à risque…) et que l’on surveille très
soigneusement les femmes concernées, le risque de voir apparaître une maladie liée
au traitement n’est pas très élevé. 

Il existe aussi ce que l’on appelle des « phytomodulateurs végétaux », comme le trèfle
rouge ou encore l’Agnus castus (gattilier)… Ils permettent de réduire les doses
efficaces et donc les risques de surdosage. Mais contrairement à ce que pensent (ou
espèrent…) certaines femmes, ils ne permettent pas la plupart du temps de
remplacer le traitement hormonal lui-même. 

Progestérone naturelle et progestatifs

La progestérone est une hormone sécrétée par les ovaires de la femme. Plus
spécifiquement, il s’agit de l’hormone du « corpus luteum » (ou corps jaune) sécrétée
juste avant l’ovulation et augmentant rapidement après celle-ci pour devenir
l’hormone féminine principale durant les deux dernières semaines du cycle
menstruel. 

Plus on vieillit, plus on tend à manquer de progestérone en fin de cycle, mais


certaines jeunes femmes aux règles douloureuses en manquent déjà dès leur
adolescence. Il s’installe alors un déséquilibre œstroprogestatif au profit des
œstrogènes qui peut considérablement augmenter le risque de certaines maladies
comme les kystes ovariens ou mammaires. D’autres troubles (règles douloureuses,
fatigue, dépression, bouffées de chaleur, prise de poids) peuvent être en relation avec
ce déséquilibre. 

Quel type de progestérone choisir ? 

Il ne faut pas confondre progestérone naturelle et progestatifs (autrement dit : la


« progestérone de synthèse »). Analogues dans leur structure chimique et leurs
fonctions, la différence essentielle réside dans leur mécanisme d’action biologique,
leurs effets secondaires possibles et leurs risques potentiels. 

On entend par « progestérone naturelle » la progestérone que sécrètent nos


organismes, ou une copie réalisée à partir de produits naturels (souvent des plantes)
en laboratoire, dite « progestérone naturelle bio-identique ». 

Toutes les études sur les risques des traitements hormonaux de la ménopause

20
soulignent que c’est bien, comme nous l’avions nous-mêmes pressenti il y a plus de
dix ans, la progestérone naturelle qui présente le moindre risque. 

Cette progestérone est aujourd’hui disponible, c’est la fameuse crème préconisée par
feu le Dr Lee [3] que l’on trouve sur de nombreux sites Internet européens… Elle est
intéressante et efficace lorsque les déficiences ne sont pas trop importantes. 

La « progestérone naturelle » dite micronisée est disponible, en pharmacie. Les


capsules (remboursables sur prescription médicale) sont prises, le soir, car la
progestérone facilite le sommeil. Certaines femmes qui la digèrent mal préfèrent les
placer au fond du vagin, mais d’autres ne tolèrent pas cette forme pouvant
provoquer des démangeaisons. 

Dans tous les cas, l’usage des progestatifs, c'est-à-dire des « progestérones de
synthèse », plus ou moins éloignées de la progestérone, obéit à des indications
médicales particulières (notamment les règles hémorragiques) qui ne sont pas notre
sujet. 

Œstrogènes : prendre en compte certaines constantes métaboliques 

La prise d’œstradiol ou d’œstrone chez des femmes ayant des déficiences


nutritionnelles et consommant trop d’acides gras trans peut favoriser le cancer du
sein, des ovaires et de l’endomètre alors même que ce risque aurait pu être diminué
en prenant de la progestérone et en ayant un régime alimentaire approprié. 

Il existe des moyens efficaces de dépister ou d’évaluer ce risque : 

En proposant des bilans d’équilibre nutritionnel, de stress oxydatif, de vitamines


antioxydantes ou d’acides gras qui permettent d’évaluer un « terrain nutritionnel à
risque », de le corriger et surtout d’indiquer et de suivre le bien-fondé de la
supplémentation. 
En faisant des analyses de flore intestinale qui permettent de dépister certaines
femmes dites « à risque » [4]. 
En examinant et en modifiant l’alimentation des femmes en pré et/ou en
postménopause. 
Hormones sexuelles et artères coronaires 

La mortalité par maladie coronarienne est rare chez les femmes avant la ménopause,
elle augmente très fortement après la ménopause. À l’autopsie, on trouve que les
artères coronaires des femmes qui meurent de maladie coronarienne contiennent
moins de plaques athéromateuses que celles des hommes qui meurent (généralement
plus jeunes) de cette maladie. 

Des recherches ont montré que l’augmentation de la maladie coronarienne chez les
femmes supplémentées était la conséquence de l’utilisation de la seule hormone de
synthèse, que l’on appelle le médroxyprogestérone-acétate (MPA ou Provera® [5]). 

21
Les recherches de Kent Hermsmeyer [6] et de ses collaborateurs à l’Oregon Regional
Primate Research Center et de l’Oregon Health Sciences University, ont démontré
que des spasmes continus de l’artère coronaire pouvaient être induits chez des singes
rhésus femelles castrées recevant un traitement hormonal substitutif (THM) avec de
la médroxyprogestérone-acétate, et supprimés chez ces mêmes singes lorsqu’ils
recevaient un THM à base de progestérone (naturelle). 

Des résultats semblables furent obtenus par le Dr Peter Collins de la National Heart


Institute of London, en faisant courir des femmes sur un tapis de jogging et en
réalisant un électrocardiogramme à la recherche d’une ischémie cardiaque. On a
d’abord administré à ces femmes un THM avec de la médroxyprogestérone-acétate
(Provera®) et ensuite un THM avec de la progestérone naturelle. Une aggravation de
l’ischémie (diminution du flux sanguin vers le cœur) a été observée chez les femmes
recevant un THM avec des hormones de synthèse, alors que chez les femmes prenant
de la progestérone naturelle, l’ischémie était évitée. 

La raison de l’augmentation de la mortalité par maladie coronarienne chez les


femmes après la ménopause semble être liée à l’utilisation des progestatifs de
synthèse.

Avez-vous toujours peur des hormones ?

Le débat à propos des hormones et de la nécessité d’une supplémentation est loin


d’être achevé. Dans tous les cas, il faut être prudent. 

Il faut rester méfiant vis-à-vis des chiffres et des grandes études qui tantôt sont
totalement « pour », et parfois totalement « contre ». Toutes ces études issues de ce
que l’on appelle l’« Evidence Based Medecine » ou « médecine basée sur les preuves »,
ne tiennent et ne peuvent tenir compte des situations particulières. 

Chaque personne est un cas particulier. C’est pourquoi il faut toujours intégrer
l’environnement, l’alimentation, les antécédents personnels ou familiaux, de mode de
vie (et d’exposition à certains toxiques, comme les métaux lourds et plus
généralement la pollution). 

Chaque situation reste unique comme chaque indication, chaque proposition ou


chaque réaction. Il ne doit exister ni dogmes, ni dangers absolus. 

L’optimisation de la santé est une réflexion, une expérimentation personnelle, un


challenge et une remise en question permanente. En attendant, surveillez bien votre
messagerie ! 

Le détective de votre santé !


N’avez-vous jamais eu l’impression, face à votre médecin, d’être nez à nez avec un
inspecteur de police, ou face à un commissaire suspicieux, à l’affût du moindre
indice ? 

22
Car une bonne consultation, surtout la première, c’est comme une enquête de police. 

Un de me vieux amis, malheureusement décédé, qui était directeur départemental de


la sécurité publique, me disait toujours : « Un bon flic devrait être bon médecin et
inversement ! » 

Dans « l’enquête médicale », les résultats des diverses analyses et les épais dossiers
médicaux que les patients ne manquent pas d’apporter servent de « pièces à
conviction » ! 

Ces « preuves » doivent ensuite être analysées, commentées et expliquées. 

Mais le poids de ces documents ne doit pas entraver le reste d’une consultation qui
est avant tout un dialogue singulier entre le médecin et son patient. 

Tout n’est pas dans le dossier, ce serait trop facile… 

Pour mener son enquête sur la santé d’un patient, le médecin va devoir alterner
interrogatoire et examen des preuves, exactement comme le feraient un Hercule
Poirot ou un commissaire Maigret ! 

En dépit du temps consacré à la première consultation, il persistera beaucoup


d’interrogations auxquelles il sera difficile de répondre immédiatement. Le médecin
ne pourra résoudre d’emblée toutes les zones d’ombres de son enquête. 

Je me souviens de cette patiente qui avait des douleurs abdominales, des périodes de
stress ou d’énervement sans raison. Je lui ai conseillé une « coproculture
fonctionnelle [1] » dans un laboratoire spécialisé. On a alors découvert des parasites
(Endolimax nana [2]) dans ses selles. Des parasites proches des amibes mais qui ne
provoquent pas les mêmes symptômes diarrhéiques que les amibes africaines ou
asiatiques. 

La patiente n’arrivait pas à comprendre comment, en menant la vie qui est la sienne
dans ce quartier privilégié de l’ouest parisien, elle avait pu attraper ces parasites. 

Sans cette analyse, elle aurait conservé ses problèmes. Dans le meilleur des cas on lui
aurait peut être prescrit pour ses douleurs et ses spasmes un calmant plus ou moins
bien toléré, dans le pire des cas, un tranquillisant. 

Je repense aussi à cette jeune femme qui ne comprend pas pourquoi elle enchaîne les
rhumes à répétition dès que les premiers froids de l’hiver arrivent. Pour identifier le
coupable, j’ai dû là aussi passer par une enquête un peu « fouillée ». On finira par
prouver que la raison de sa grande sensibilité à ces petites affections hivernales vient
du fait qu’elle manque singulièrement de zinc, de vitamine D ou C. Et, surtout, du
fait qu’elle ne mange jamais, ou si peu, de fruits et légumes, de poisson, de légumes
secs ou de fruits de mer ! 

23
Cet autre exemple est presque un cas d’école. C’était une jeune femme blonde, assez
timide, très sensible. Nos vieux maîtres homéopathes auraient parlé de « Pulsatilla
[3] » ! Cette jeune femme fragile saignait tellement que le fer lui manquait : ses règles,
parfois douloureuses, se prolongeaient une semaine par mois. On découvrira par la
suite qu'elle manquait de progestérone que ses ovaires ont oublié de fabriquer en fin
de cycle, ce qui explique aussi ses troubles des règles, mais également son risque de
ménopause précoce, et parfois ses insomnies. 

Comment on évolue vers la médecine anti-âge

On passe, ici, d’une « médecine de la forme » qui se conjugue au présent à une


« médecine anti-âge » qui va se conjuguer au futur. 

Ainsi, grâce à une prévention efficace et adaptée, on aura peut-être évité à cette jeune femme
d’avoir prématurément des fibromes utérins et plus généralement des symptômes ou
handicaps liés à la ménopause, comme bouffées de chaleur, prise de poids et fatigue. 

Quand la thyroïde se mêle de ce qui ne la regarde pas !

Un autre patient nous confiera : « Je suis au top dans la journée, mais j'ai du mal à me
réveiller le matin… Je suis anormalement frileux, et parfois je manque de répartie dans les
dîners mondains. » 

Que dirait Sherlock Holmes avec ces quelques indices ? 

Lui, pas grand chose… Mais un médecin attentif identifierait probablement le suspect : la
thyroïde. 

Elle n'est pas malade bien sûr, seulement un peu « ralentie », ce que des dosages précis
d'hormone thyroïdienne vont rapidement démontrer. Pourquoi cette paresse de la thyroïde ?
Encore à cause de ce manque de fer ou d’iode dont l'hormone a besoin pour être fabriquée,
ou bien d'un mauvais équilibre alimentaire, d'un surmenage passager, d'un problème
infectieux sous-jacent ou d’une lointaine radiothérapie… ? Les protéines apportent des
« acides aminés » qui sont essentiels au bon fonctionnement du cerveau et de la thyroïde. Si
le régime est déficitaire, on pourra voir apparaître des troubles de l’attention chez l’enfant ou
des symptômes apparentés à la dépression chez l’adulte. Bien entendu, il faudra modifier le
régime et souvent augmenter l’apport en protéines. Ce ne sont pas obligatoirement des
protéines animales mais des fruits secs, amandes, avocats, bananes… Parfois, le recours à
des suppléments alimentaires de L-Tyrosine ou des formules en contenant ainsi que d’autres
nutriments propices au bon fonctionnement thyroïdien, comme le « L-Thyrovital », sera
nécessaire. 

Et si les surrénales s’en mêlent, ce sera pire encore : la fatigue sera plus importante ou plus
matinale. Parfois une supplémentation légère en hydrocortisone naturelle pourra améliorer
la situation. Mais le mot « cortisone » fait tellement peur que même après plusieurs tentatives
d’explication, on n’y arrive pas [4]. Ou il faudra mâcher toute la journée de la réglisse (ce qui
ne donne pas une jolie langue !), mais cela n’est pas apprécié par tout le monde… 

24
Il faut chercher, si l'on veut pouvoir aider

« Je ne veux pas des chercheurs mais des trouveurs », disait le général de Gaulle [5]. 

Mais dans tous les cas on peut aider, avec un interrogatoire minutieux qui identifiera
des signes de déficiences, ou des infections chroniques méconnues, ou les raisons de
ce manque de tel ou tel nutriment. 

Gamma GT élevées : qui est le responsable ?

Tel autre sera surpris d’avoir des paramètres biologiques hépatiques que l’on nomme
gamma GT [6] légèrement augmentés, quelle que soit son alimentation, et même dans le cas
où il ne consommerait aucun alcool. 

Qui est coupable ? 

Une mauvaise alimentation avec trop de graisses animales saturées, c’est-à-dire trop de
charcuterie, de viandes grasses, de laitages… ? 
Ou alors est-ce le sucre ? Notamment les sucres « cachés » dans diverses boissons
pétillantes ? 
Est-ce plutôt lié à des problèmes de vésicule biliaire, à confirmer par un dosage sanguin de
bilirubine, une échographie ? 
Ou est-ce un problème méconnu (et souvent nié) « d’alcoolisme mondain » ? 
Un bon « enquêteur » saura aussi se méfier des apparences. Car il y a des sujets qui ont
héréditairement des gamma GT élevées. Pour eux, c’est donc moins le résultat de l’analyse
qui compte mais bien le bon ou mauvais fonctionnement hépatique. 

Pour écarter la responsabilité d’un possible « alcoolisme mondain », une seule solution :
éliminer toute prise d’alcool pendant deux mois (boissons, parfums, eaux de toilette…) et
refaire une nouvelle analyse après ce délai pour vérifier que le taux de gamma GT n’a pas
diminué. 

Dans le cadre d’une vraie consultation, un interrogatoire précis et soigneux permettra de


trancher. Et parfois, malheureusement, de contrarier un peu le patient qui avouera à demi-
mot que, oui, il est complice… 

« Mais le vin, docteur, ce n'est pas de l'alcool ! »

À Carcassonne, on me disait souvent avec plus ou moins de bonne foi : « Mais le vin,
docteur, ce n'est pas de l'alcool ! ». Ce type de formule n’est pas spécifique à cette
jolie cité. Je crois l’avoir entendue avec toute la diversité d’accents régionaux que
compte notre beau pays ! 

25
Voici comment une véritable enquête médicale pourrait vous sauver la
vie…

Il y a encore bien d’autres questions à se poser : 

Avez-vous des douleurs chroniques ? 


Oui, j'ai de petits élancements à la hanche qui m'agacent… 
Mais alors, prenez-vous des médicaments contre ces douleurs ? 
Un peu tous les jours 
Et quoi ? 
Du paracétamol [7] 
Et à quelle dose ? 
Parfois 1 gramme, parfois 2 ou 3 
Depuis longtemps ? 
Cela fait des années, puisque mon pharmacien m'a dit que c'était totalement
inoffensif ! 

Ce que ce pharmacien pourrait vous dire, c'est que l'intoxication par le paracétamol
[8] est devenue la cause la plus fréquente d'insuffisance hépatique (et de
transplantation) en France, comme dans d'autres pays occidentaux. 

Or, il n’est pas difficile de s’intoxiquer : ce médicament, peu cher, est en vente libre
dans toutes les pharmacies et aujourd’hui il n’existe aucun moyen de connaître votre
exacte consommation si vous n’en parlez pas à votre médecin. 

Bien entendu, il y a bien d'autres toxiques hépatiques que le vin et le paracétamol. 

En arrêtant ou en espaçant les prises de paracétamol, on pourrait parallèlement


entamer une supplémentation en vitamine C, en glutathion (« maître des
antioxydants » [9]) que la prise continue de paracétamol peut altérer jusqu’à
l’apparition de problèmes hépatiques graves, mais également en précurseurs de ce
même glutathion comme l'acétyl S-cystéine ou le chardon Marie (Carduus marianus),
que l'on trouve à la fois en pharmacie et dans des compléments alimentaires. 

Bref, votre santé est une grande énigme qu’il faut résoudre !

Certains, dès la naissance, sont plus gâtés que d’autres. Ceux-là n’ont presque rien à faire
pour rester en bonne santé. Bien sûr, cela ne les met pas à l’abri d’une affection grave ou
précoce. 

D’autres, moins chanceux, devront dès l’enfance être plus protégés et « faire attention ». 

Mais, paradoxe : de ce fait, ils pourront aussi mieux se protéger contre certaines maladies ou

26
infections. 

Et puis il y a les « inquiets chroniques », ces hypocondriaques à qui le destin peut parfois
donner raison quand la maladie finit pas se déclarer. 

Le métier de médecin et de thérapeute consiste à essayer de démêler les éléments de


l’intrigue pour proposer des solutions qui ne sont, malheureusement, pas toujours bien
perçues ni bien suivies. 

Aidez votre Sherlock Holmes à identifier le coupable !

Sachez raconter en peu de mots à la fois votre vie et votre environnement personnel,
et n’oubliez pas les maladies ou problèmes familiaux récurrents. 

Au besoin, préparez un document le plus concis possible que vous remettrez lors de
votre première consultation : 

Dans quelles conditions ai-je grandi : à la ville, à la campagne ? Qu’y avait-il comme
environnement, hygiène et animaux autour de moi ? 
La cour de la ferme ou la vie avec certains animaux de compagnie peuvent être à
l’origine de maladies infectieuses découvertes tardivement. 
Ne trichez pas sur votre consommation présente ou ancienne de tabac, de drogues,
de sucre, de médicaments… 
Expliquez aussi dans quelle ambiance vous avez grandi : dans l’amour, le rejet, la
jalousie… ? 
Même si cela n’est pas facile à dire, si vous avez été la proie de sévices et agressions
sexuelles, n’hésitez pas à en parler. 
Sachez faire une description simple et synthétique de vos habitudes alimentaires et
culinaires, de votre environnement familial et professionnel. 

Ne négligez aucune piste, même si elles paraissent insignifiantes

Qu’ils soient physiques ou psychologiques, les microtraumatismes sont plus


nombreux qu’on ne le pense. Ces « coups » expliquent le succès parfois
« miraculeux » d’une ou plusieurs hautes dilutions [10] d’arnica que relatent des
homéopathes. 

De même, des douleurs abdominales, ballonnements, gaz et des selles


chroniquement molles ou de couleur anormale peuvent trahir un déséquilibre de la
flore intestinale, une infection chronique à champignons (candida albicans), à
parasites ou à germes microbiens. 

N’ayez crainte de mentionner ces « petites fatigues » et « coups de pompe » du


matin, du midi, du soir à votre médecin. 

N’oubliez pas ces troubles du sommeil, dont les grincements de dents, les

27
cauchemars et surtout les ronflements qui, avec les apnées du sommeil [11], peuvent
conduire à l’apparition de troubles de l’humeur mais, plus grave, de troubles
cardiovasculaires et d’hypertension artérielle. 

Ne masquez pas vos anxiétés, énervements, colères trop fréquentes sans motivations
ni réelle raison. 

Ne cachez pas vos « petits boutons » qui ne guérissent pas : si vous les négligez trop
longtemps, certains peuvent devenir des cancers, comme les mélanomes qui,
parfaitement curables au début, peuvent devenir graves par la suite. 

Ne négligez pas ces toux chroniques, douleurs de la gorge ou ganglions dans le cou,
surtout si vous fumez ou avez fumé. 

Les indigestions chroniques peuvent trahir des allergies ou intolérances alimentaires


que des tests simples [12] permettent d’identifier. En évitant certaines gourmandises
et en apprenant à lire les étiquettes des produits alimentaires, vous pourrez les
éviter. 

Si votre peau, vos ongles ou vos cheveux changent rapidement d’aspect, n’hésitez
pas à en parler. Ce changement peut annoncer un déficit nutritionnel (comme le zinc
ou le fer) mais également un bouleversement hormonal. 

Ces simples gestes peuvent vous sauver la santé et parfois la vie

L’autopalpation des seins devrait être la règle, au moins une fois par mois. 

Si votre cou grossit, pensez à en parler à votre médecin et à lui demander de


pratiquer une palpation, voire de demander une échographie de la thyroïde. 

L’examen du corps après la douche permet d’identifier une mauvaise piqûre, ou de


trouver une tique accrochée à votre peau après une balade en campagne et d’éviter
de risquer une infection chronique comme la maladie de Lyme. 

Interrogez-vous sur certaines modifications de vos réactions, comme l’augmentation


des mictions nocturnes. Elles ne trahissent pas forcément une prostate vieillissante
mais peuvent également annoncer un début de diabète. Préoccupez-vous aussi de
l’apparition d’une brutale frilosité ou au contraire de bouffées de chaleur. 

De même si vos règles changent brutalement d’aspect, de durée, de fréquence ou


deviennent douloureuses, n’hésitez pas à en parler. 

Ne masquez pas le premier inconfort, quel qu’il soit, par une autoprescription, même
si elle est conseillée par un pharmacien de bonne volonté. 

28
Tout est question d’équilibre dans le questionnement : là est la
question !

La santé doit trouver un point d’équilibre entre :

Le trop ou le trop peu d’interrogations 


La paranoïa et la négligence 
Le conscient et l’inconscient 
Comme toujours, l’équilibre est au centre. Et pour bien placer le curseur au centre, le
sien ou « celui de son coussin » comme disent les bouddhistes, il ne faut pas avoir
peur de se confier dans ses manques ou ses excès, présents ou passés, ne pas avoir
peur de se renseigner sur les thérapeutes que vous rencontrez et surtout d’être
« transparent » avec eux. 

Ne pas avoir peur d’avoir confiance, ni avoir peur de s’aimer sans tomber dans le
narcissisme stérile et épuisant pour l’interlocuteur. 

Ainsi vous trouverez plus facilement les chemins de la santé, ou du moins vous
aiderez votre thérapeute à vous les proposer. Le détective de votre santé !
N’avez-vous jamais eu l’impression, face à votre médecin, d’être nez à nez avec un
inspecteur de police, ou face à un commissaire suspicieux, à l’affût du moindre
indice ? 

Car une bonne consultation, surtout la première, c’est comme une enquête de police. 

Un de me vieux amis, malheureusement décédé, qui était directeur départemental de


la sécurité publique, me disait toujours : « Un bon flic devrait être bon médecin et
inversement ! » 

Dans « l’enquête médicale », les résultats des diverses analyses et les épais dossiers
médicaux que les patients ne manquent pas d’apporter servent de « pièces à
conviction » ! 

Ces « preuves » doivent ensuite être analysées, commentées et expliquées. 

Mais le poids de ces documents ne doit pas entraver le reste d’une consultation qui
est avant tout un dialogue singulier entre le médecin et son patient. 

Tout n’est pas dans le dossier, ce serait trop facile… 

Pour mener son enquête sur la santé d’un patient, le médecin va devoir alterner
interrogatoire et examen des preuves, exactement comme le feraient un Hercule
Poirot ou un commissaire Maigret ! 

En dépit du temps consacré à la première consultation, il persistera beaucoup


d’interrogations auxquelles il sera difficile de répondre immédiatement. Le médecin
ne pourra résoudre d’emblée toutes les zones d’ombres de son enquête. 

29
Je me souviens de cette patiente qui avait des douleurs abdominales, des périodes de
stress ou d’énervement sans raison. Je lui ai conseillé une « coproculture
fonctionnelle [1] » dans un laboratoire spécialisé. On a alors découvert des parasites
(Endolimax nana [2]) dans ses selles. Des parasites proches des amibes mais qui ne
provoquent pas les mêmes symptômes diarrhéiques que les amibes africaines ou
asiatiques. 

La patiente n’arrivait pas à comprendre comment, en menant la vie qui est la sienne
dans ce quartier privilégié de l’ouest parisien, elle avait pu attraper ces parasites. 

Sans cette analyse, elle aurait conservé ses problèmes. Dans le meilleur des cas on lui
aurait peut être prescrit pour ses douleurs et ses spasmes un calmant plus ou moins
bien toléré, dans le pire des cas, un tranquillisant. 

Je repense aussi à cette jeune femme qui ne comprend pas pourquoi elle enchaîne les
rhumes à répétition dès que les premiers froids de l’hiver arrivent. Pour identifier le
coupable, j’ai dû là aussi passer par une enquête un peu « fouillée ». On finira par
prouver que la raison de sa grande sensibilité à ces petites affections hivernales vient
du fait qu’elle manque singulièrement de zinc, de vitamine D ou C. Et, surtout, du
fait qu’elle ne mange jamais, ou si peu, de fruits et légumes, de poisson, de légumes
secs ou de fruits de mer ! 

Cet autre exemple est presque un cas d’école. C’était une jeune femme blonde, assez
timide, très sensible. Nos vieux maîtres homéopathes auraient parlé de « Pulsatilla
[3] » ! Cette jeune femme fragile saignait tellement que le fer lui manquait : ses règles,
parfois douloureuses, se prolongeaient une semaine par mois. On découvrira par la
suite qu'elle manquait de progestérone que ses ovaires ont oublié de fabriquer en fin
de cycle, ce qui explique aussi ses troubles des règles, mais également son risque de
ménopause précoce, et parfois ses insomnies. 

Comment on évolue vers la médecine anti-âge

On passe, ici, d’une « médecine de la forme » qui se conjugue au présent à une


« médecine anti-âge » qui va se conjuguer au futur. 

Ainsi, grâce à une prévention efficace et adaptée, on aura peut-être évité à cette jeune
femme d’avoir prématurément des fibromes utérins et plus généralement des
symptômes ou handicaps liés à la ménopause, comme bouffées de chaleur, prise de
poids et fatigue. 

Quand la thyroïde se mêle de ce qui ne la regarde pas !

Un autre patient nous confiera : « Je suis au top dans la journée, mais j'ai du mal à me
réveiller le matin… Je suis anormalement frileux, et parfois je manque de répartie

30
dans les dîners mondains. » 

Que dirait Sherlock Holmes avec ces quelques indices ? 

Lui, pas grand chose… Mais un médecin attentif identifierait probablement le


suspect : la thyroïde. 

Elle n'est pas malade bien sûr, seulement un peu « ralentie », ce que des dosages
précis d'hormone thyroïdienne vont rapidement démontrer. Pourquoi cette paresse
de la thyroïde ? Encore à cause de ce manque de fer ou d’iode dont l'hormone a
besoin pour être fabriquée, ou bien d'un mauvais équilibre alimentaire, d'un
surmenage passager, d'un problème infectieux sous-jacent ou d’une lointaine
radiothérapie… ? Les protéines apportent des « acides aminés » qui sont essentiels au
bon fonctionnement du cerveau et de la thyroïde. Si le régime est déficitaire, on
pourra voir apparaître des troubles de l’attention chez l’enfant ou des symptômes
apparentés à la dépression chez l’adulte. Bien entendu, il faudra modifier le régime et
souvent augmenter l’apport en protéines. Ce ne sont pas obligatoirement des
protéines animales mais des fruits secs, amandes, avocats, bananes… Parfois, le
recours à des suppléments alimentaires de L-Tyrosine ou des formules en contenant
ainsi que d’autres nutriments propices au bon fonctionnement thyroïdien, comme le
« L-Thyrovital », sera nécessaire. 

Et si les surrénales s’en mêlent, ce sera pire encore : la fatigue sera plus importante
ou plus matinale. Parfois une supplémentation légère en hydrocortisone naturelle
pourra améliorer la situation. Mais le mot « cortisone » fait tellement peur que même
après plusieurs tentatives d’explication, on n’y arrive pas [4]. Ou il faudra mâcher
toute la journée de la réglisse (ce qui ne donne pas une jolie langue !), mais cela n’est
pas apprécié par tout le monde… 

Il faut chercher, si l'on veut pouvoir aider

« Je ne veux pas des chercheurs mais des trouveurs », disait le général de Gaulle [5]. 

Mais dans tous les cas on peut aider, avec un interrogatoire minutieux qui identifiera
des signes de déficiences, ou des infections chroniques méconnues, ou les raisons de
ce manque de tel ou tel nutriment. 

Gamma GT élevées : qui est le responsable ?

Le test d'élasticité cutanée

31
Il permet par exemple d'apprécier par simple pincement, au niveau du dos de la
main ou du cou, l'élasticité de la peau et donc son équilibre nutritionnel. Il n'a
d'intérêt qu'à partir de 50 ans. Lorsque vous appuyez sur la peau avec le doigt, elle
retrouve immédiatement sa couleur d’origine si sa vascularisation capillaire est de
bonne qualité. 

Les tests de réaction aux stimuli

Celui de la règle plate permet de situer sa vitesse de réaction par rapport à une
échelle bien connue. On lâche la règle au top, combien de centimètres faut-il pour
l’arrêter. Mais prenez garde à utiliser toujours la même règle. Le score est donné par
la graduation où vous êtes parvenu à arrêter la règle. Faites trois mesures et prenez la
moyenne de ces trois mesures : la moyenne est d'environ 2 cm vers l'âge de 20 ans
pour arriver aux environs de 15 cm à l'âge (fonctionnel) de 60 ans. 

Le test de l'équilibre statique

Cela reste l'un des meilleurs tests permettant d'apprécier les facultés d'équilibre, qui
chutent de 100 % entre 20 et 80 ans. Sur un pied bien à plat et si possible déchaussé,
lever l’autre jambe à 45 degrés, fermer les yeux et… tenter de rester ainsi le plus
longtemps possible. Ce test évalue non seulement l’équilibre, et donc les facultés de
coordination, mais également la souplesse. Chronométrez : à 20-25 ans d’âge
fonctionnel on doit pouvoir rester plus de 30 secondes, à 40 ans la durée n’est plus
que de 15 secondes, à 65-70 ans elle est aux environs de 5 secondes. 

À propos de ce test, je ne résiste pas à l'envie de vous livrer les résultats d’une
récente étude de l’Université de Kyoto au Japon. Le docteur Yasuharu Tabara a réuni
841 femmes et 546 hommes d’un âge moyen de 67 ans. Après avoir mesuré deux fois
le temps que l’on pouvait rester sur un pied (les yeux ouverts), l’autre jambe pliée à
45 degrés, on a réalisé une IRM cérébrale. Cela a permis de conclure que ceux qui
réussissaient le test avaient une meilleure IRM cérébrale que les autres. 

Le test d’accommodation visuelle

Ce test évalue l'effet de l'âge sur l’accommodation visuelle : rapprochez la feuille de


votre journal : à quelle distance devient- elle floue ? À 20 ans, on peut approcher la
page jusqu'à 10 cm des yeux sans que les caractères se brouillent. Les distances sont
respectivement de 14 cm à 30 ans, de 23 cm à 40 ans, de 38 cm à 50 ans et de 1 mètre à
60 ans et plus. 

Voyons maintenant les tests à réaliser dans un cabinet médical ou dans un centre
spécialisé. 

32
On peut commencer par un test classique, qui en dit long sur notre avenir et notre
espérance de vie : l’exploration fonctionnelle respiratoire (EFR). 

D’après l'étude menée sur trois générations d’individus dans la ville de Framingham,
dans le Massachusetts, la capacité vitale (CV) déterminée lors de ce test est un des
meilleurs marqueurs de l'âge biologique et l'un des meilleurs marqueurs prédictifs
quant à la durée de vie [2]. Il explore la capacité respiratoire dans son ensemble –
musculaire et pulmonaire – ainsi que l'état de la commande nerveuse de cette
fonction. Ce test très révélateur n’est quasiment pas influencé par la condition
d'entraînement sportif. 

Cette étude de très grande ampleur a montré clairement que les individus dont la
capacité vitale était inférieure à la moyenne de leur âge ont vécu moins longtemps. 

D'autres marqueurs peuvent être déterminés lors d'un examen cardiorespiratoire tel
que devrait le pratiquer tout sportif de plus de 40 ans et tout candidat à une
longévité de qualité : 

La consommation maximum d'oxygène ou VO2 max est un bon marqueur à


condition que les résultats soient comparés à ceux de sujets ayant des conditions
d'entraînement équivalentes. 
(la suite ci-dessous) 

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Les infusions de carvi ou d'anis étoilé sont très efficaces contre le mal au ventre ;
l'huile essentielle de gaulthérie couchée remplace efficacement un anti-inflammatoire
non-stéridien ; l'ail et et les feuilles d'olivier modulent l'hypertension artérielle...
Retrouvez tous les conseils pour vous soigner efficacement et naturellement grâce
aux plantes à découvrir ici. 

Suite de la lettre de ce jour : 

L'adaptation du rythme cardiaque à l'effort et la vitesse de récupération constitue


un bon marqueur de l'adaptation cardiaque, mais il dépend également de
l'entraînement physique. 

C’est le célèbre test de Ruffier : ce test peut être aisément réalisé par une personne
habituée à le faire pratiquer. Il est souvent utilisé par les médecins pour réaliser des
certificats de « non contre-indication » à l'exercice physique car il explore l'adaptation
cardiovasculaire à l'effort. 

Il a cependant le double inconvénient d'être influencé par l'entraînement physique et


33
de présenter un risque (faible) chez les personnes âgées ou fragiles chez qui l’on
diminuera l'intensité de l'effort demandé. 

Prenez votre pouls au repos pendant 15 secondes et notez-le. Puis effectuez


30 flexions complètes en 45 à 60 secondes, et notez le pouls (mesuré sur 15 secondes)
dès l'arrêt de l'exercice, et encore une fois (toujours sur 15 secondes) une minute
après la fin de l'exercice. Vous multipliez les trois chiffres notés par 4 et vous obtenez
donc trois valeurs : P0, P1 et P2. L'indice de Ruffier est donné par la
formule : (P0+P1+P2- 200)/10 

Le résultat doit être inférieur à 3 chez des sujets en très bonne forme, entre 5 et 10
chez les sujets en forme, entre 10 et 15 pour une forme moyenne. De plus, le pouls en
fin d'exercice ne devrait pas dépasser 150 pulsations/minute et la récupération après
une minute doit être supérieure à 70 %. Les sujets ayant un indice supérieur à 15 sont
à surveiller : ces derniers peuvent être fatigués et sédentaires. Chez les personnes
âgées ou peu entraînées, on pourra se contenter de 20 flexions en 40 secondes, en
gardant toujours le même protocole pour des mesures ultérieures.

La pression artérielle systolique et ses variations sous stress ou sous effort est
considérée actuellement comme l'un des meilleurs marqueurs prédictifs au plan
cardiovasculaire, à condition de tenir compte des facteurs individuels héréditaires ou
d'environnement. 
L'examen ophtalmologique de l’accommodation, la mesure du champ visuel ainsi
que de la capacité auditive permettent d'affiner l'âge biologique réel. 
D'autres examens réalisés habituellement à des fins diagnostiques permettent de
suspecter d'éventuels troubles métaboliques et/ou carentiels et de mieux déterminer
l'âge biologique. 

Ce sont, pour beaucoup d’entre eux, des tests de laboratoire et je ne saurais trop vous
conseiller d’y prêter la plus grande attention dans le cadre d’une recherche
d’évaluation de votre âge biologique. 

Maintenant que vous savez comment mieux mesurer votre âge réel, il va falloir
penser à la manière d’optimiser votre santé. On en reparle très bientôt ! 

Méfiez-vous du BPMN…
Chère amie, cher ami, 

Lorsque j’étais jeune médecin, je voyais autour de moi des confrères passionnés par
leur métier, fiers de l’exercer avec toute la liberté que leur conféraient le système de
santé et les réglementations. 

Tant qu’aucune thérapeutique dangereuse ou trop risquée n’était mise en œuvre, les
« autorités » nous fichaient une paix royale. 

Les choses ont bien changé depuis, y compris la notion de danger. 

34
Ces grands principes qui paralysent tout

Avec l’exacerbation du principe dit « de précaution » qui vire parfois au « principe
d’immobilisme », la créativité, la liberté et le champ des possibles ont insidieusement
diminué. 

C’est ce que j’appelle le « bien penser médical » ou le « bien penser médico-


nutritionnel » (BPMN). 

Si je vous en parle, c’est que ce BPMN fait des ravages depuis une vingtaine
d’années. 

Les quelques exemples qui suivent en disent long sur cette tendance qui ronge notre
système de santé. 

Il y a quelques années encore, nous étions nombreux à proposer des procédés


thérapeutiques sans danger à condition d’être exercés avec toute la prudence et les
connaissances requises. 

Je pense par exemple à la « neuralthérapie [1] » (injection d’une petite dose dans les
cicatrices et les foyers inflammatoires d’anesthésiques locaux dérivés de la xylocaïne
pour lever certains barrages et beaucoup de douleurs), ou à certaines formes
d’ostéopathie aujourd’hui interdites. 

Beaucoup avaient aussi recours à l’isothérapie ou l’auto-isothérapie qui consistaient à


utiliser des dilutions homéopathiques, en échelle croissante, de toxiques de
l’environnement ou de ses propres excrétions (urine, selles, salive…) et bien d’autres
encore… 

À ce propos, je me souviens encore de ce week-end à la montagne. Nous étions dans


un joli chalet, complètement isolés par la neige. Cela aurait été le paradis, mais j’étais
plié en deux par la douleur, et je vomissais tripes et boyaux. Pour me soigner, le
confrère avec qui j’étais m’avait préparé par dilutions successives ce qu’il appelait un
« bouillon de poule » dilué et dynamisé. L’odeur de son étonnante potion était
abominable. « Ce devait être une bien vieille poule », lui avais-je dit. 

J’avoue avoir grimacé en avalant ce breuvage. Mais peu importe, il m’a remis
d’aplomb ! 

Pourquoi se priver de ces pratiques quand les thérapies « conventionnelles » ont


échouées ou ne sont pas accessibles ? Pourquoi s’en priver quand elles
peuvent sauver ? Demandez-donc leur avis aux patients ! 

35
Les pharmacies victimes du diktat des labos

Il y a quelques dizaines d’années, nos pharmacies étaient aussi beaucoup plus


intéressantes, beaucoup plus riches. On trouvait dans les officines de nombreuses
souches de plantes (phytothérapie) ou de minéraux qui ont disparu depuis. 

Pourquoi ? Tout simplement parce que les grands laboratoires qui les distribuaient
ont jugé que leur rentabilité n’était pas suffisante. 

De la même manière, l’organothérapie [2] (dilution homéopathique de produits


animaux) a été largement attaquée puis réduite à sa plus simple expression sous
prétexte de danger liés aux prions [3], alors qu’aux dilutions et avec les procédés de
filtration proposés, leur présence était tout simplement impossible. Mais le « principe
de précaution » a encore frappé ! 

Les pratiques innovantes victimes de procès en charlatanisme !

L’ozonothérapie (cure d’ozone encore largement exercée en Allemagne) a été


considérée comme dangereuse puis interdite alors qu’elle représentait un puissant
moyen de lutter contre les infections. Elle permettait également à l’organisme
d’éliminer les toxiques et d’augmenter ses capacités immunitaires. 

Je ne vais pas parler ici des thérapies de chélation par intraveineuses (IV)… 

Et que dire des thérapies par les sons, les couleurs, le mouvement (art thérapie,
eurythmie) qui ont conduit bon nombre de médecins devant les tribunaux ordinaux
pour « pratique charlatanesque »… 

De purs procès d’intention alors même que personne ne s’est jamais plaint de ces
pratiques innovantes, en dehors de « confrères bien intentionnés ». 

La « médecine anthroposophique », qui utilise des dilutions homéopathiques, est


tout juste tolérée parce que les indications proviennent des raisonnements
philosophiques du fondateur de l’Anthroposophie, Rudolf Steiner [4]. Elle a
longtemps été considérée comme une médecine charlatanesque dérivant d’une secte
et cela a également conduit des confrères à devoir en répondre devant les tribunaux
ordinaux (instances des professions de santé). 

Même punition pour certains confrères qui préconisaient du gui fermenté (Viscum
album) en traitement d’appoint de certains cancers. Pourtant, ceux qui le conseillaient
ne reniaient ni n’entravaient les thérapies dites traditionnelles… 

On pourrait multiplier les exemples à foison. 


Une frilosité qui freine tout progrès médical
Ce fameux « principe de précaution » ne constituerait-il pas, sous prétexte de
précaution sanitaire, un véritable frein à l’évolution de la pratique médicale ? Et au-

36
delà, au progrès ? 

On pourrait écrire des pages entières sur ce sujet qui reste d’actualité. En attendant je
vous propose de vous référer à quelques liens [5] qui vous permettront de
commencer à vous forger votre propre opinion. 

Ce principe de précaution est d’ailleurs considéré par certains (et pas des moindres),
comme un « principe de perversité » [6]. 

Quant à « l’Evidence Based Medecine » ou « Médecine Fondée sur les Preuves », elle
divise autant que le principe de précaution. C’est dire à quel point les « preuves
irréfutables » sont fragiles. Souvenez-vous d’ailleurs de ce que déclarait Albert
Einstein : « Je n’ai pas fait une seule de mes découvertes par un processus de pensée
rationnelle ». Et il aurait ajouté : « Il est plus facile de désintégrer un atome qu’un
préjugé ! ». 

C’est pour cette raison que les idées neuves en médecine (et ailleurs) mettent souvent
des années, parfois des dizaines d’années à s’imposer [7]. 

De grands médecins traités comme de vulgaires voyous

Il ne faut donc s’offusquer ni des polémiques ni des insultes. 

Le Pr Joyeux et d’autres sont bien placés pour le confirmer. Mais les insultes
publiques ne sont jamais ni agréables ni faciles à supporter : tout dépend des
caractères ! 

Certains voient leur vie complètement gâchée par ces attaques. 

Je me souviens très bien d’un confrère et ami, cancérologue et sublime chanteur


lyrique. Il a fini par s’expatrier à San Marin après avoir fait la « Une » d’un grand
journal méditerranéen et… quelques jours de prison. 

Qu’avait-il fait pour mériter cela ? Il avait simplement préconisé des thérapies
complémentaires dans le cadre du traitement du cancer qui, certes, n’étaient peut-
être pas toutes vérifiées ou vérifiables (par les approches scientifiques de l’époque)
mais sans danger. 

Je me rappelle le ton offusqué d’une ex-ministre de la Santé que j’avais visiblement


dérangée à l’heure du café à son sujet. Elle me répondit : « N’ayez crainte, si votre
ami est intègre, nous sommes dans un Etat de droit, il ne risque rien ». 

Quelques jours après, il était menotté et écroué. Comme un bandit de grand chemin. 

Il aura fallu attendre très longtemps pour trouver quelques lignes bien cachées,
publiées en bas de page du même quotidien qui l’avait insulté : mon confrère était

37
finalement blanchi de tout soupçon. 

Mais le mal était fait. Et il n’est jamais revenu exercer en France. 

Il n’est pas question, du moins pour moi, de prendre parti dans ces affaires comme
dans celle du Pr Solomides, du Dr Gernez ou du Pr Beljanski, et plus près de nous du
Dr Jacques Benveniste que l’on tenta de faire passer pour un charlatan après avoir
publié, puis retiré, ses articles dans la revue internationale « Sciences »… Il avait eu le
tort de s’intéresser à la mémoire de l’eau, ce qui donnait un commencement
d’explication scientifique au mécanisme d’action de la médecine homéopathique. 

Une vraie omerta sur les sujets qui sortent du cadre

Il ne suffit d'ailleurs pas d'être prix Nobel de médecine et physiologie, comme ce fut
le cas de Luc Montagnier en 2008, pour être à l'abri des bassesses et des insultes.  

Il a eu le tort de reprendre, avec les moyens actuels de la science, les travaux de


Benveniste, de les compléter et de les amplifier. En 2012, quarante-quatre « confrères
prix Nobel » ne se privèrent pas, dans une publication, de lui faire un quasi procès en
sorcellerie [8]. 

Est-ce la raison pour laquelle, aujourd’hui encore, il a beaucoup de mal à trouver des
financements pour ses recherches ?

Un excellent film documentaire a été diffusé en 2014 (sur France 5) sur les travaux
actuels du Pr Montagnier. Même ce documentaire a provoqué de vives polémiques. 

Il est très curieux de constater qu’avec le « bien penser » ambiant, certains sujets
semblent tabous et dangereux pour celui qui ose les mettre en avant. On a
l’impression de ne même pas avoir droit (quand on est professionnel de santé) de se
poser certaines questions, encore moins de mettre le débat sur la « place publique ». 

Il en est ainsi des vaccinations, de la mémoire de l’eau, de l’homéopathie, parfois


même des intolérances alimentaires… Dès que l’on aborde ce type de sujet, on passe
au mieux pour un gâteux sans importance, au pire pour un négationniste de la sacro-
sainte vérité scientifique. 

N’est-ce pas pourtant l’Etat français, les autorités nationales de santé qui nièrent que
le nuage de Tchernobyl avait survolé la France, comme elles ont nié pendant de
longues années les effets de l’amiante, comme elles continuent de nier l’incidence sur
la santé de la pollution des rivières et des nappes phréatiques, la gestion de plus en
plus tendue des hôpitaux publics, le burn-out des personnels et soignants, etc. ? 

Deux vérités à dire malgré tout

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Parmi ces vérités qu’il faut taire, il y en a au moins deux que le groupe Chronimed
que j’ai fondé dénonce depuis des années : 

La compréhension de l’autisme [9] et les troubles envahissants du


développement (TED). 
Il y a peu, seuls les psychiatres étaient « officiellement » compétents et on en trouvait
encore pour culpabiliser les mères d’enfants malades à propos des TED. Aujourd’hui,
on devrait quand même être en droit de se poser des questions à propos de ces
troubles et même de l’électrosensibilité [10] : mauvais calendrier vaccinal, adjuvants
dans les vaccins, problèmes d’environnement ou de pollution, qu’il s’agisse de
métaux, d’autres substances ou même des ondes électromagnétiques comme le
prétend le professeur de cancérologie Dominique Belpomme, membre de plusieurs
sociétés savantes internationales et président de l’ARTAC [11] ? 

Parmi ces autres « tabous » figurent les maladies chroniques inapparentes dites
« infections froides », dont j’ai donné la définition dans un de mes derniers livres
[12]. Il s’agit en fait de certaines formes microbiennes qui peuvent rester
« silencieuses » dans l’organisme pendant des années et se réveiller un jour, si le
système immunitaire s’affaiblit. Elles déclenchent alors des pathologies qui peuvent
devenir chroniques. 

L’incroyable silence de l’Etat sur la maladie de Lyme

Parmi ces « infections froides », il en est une qui fait couler beaucoup d’encre : la
maladie de Lyme. 

On le sait, elle est transmise par les tiques qui nous inoculent leurs germes, dans ce
cas les borrelies. Je ne rentrerai pas dans le détail de ce sujet, mais là encore, il faut
signaler à la fois la méfiance et la lenteur des autorités de santé qui, tout en
promettant force commissions et décrets, font tout ce qu’elles peuvent pour freiner
les publications et travaux sur le sujet. 

Comment expliquer l’absence totale de politique de prévention


publique [13] ?

Qui connaît, en France, le véritable danger des tiques et autres parasites susceptibles
de transmettre ces « infections froides » qui peuvent toucher les articulations et le
système nerveux avec comme conséquence un handicap important et une nécessité
de traitement précoce, complexe et lourd ? 

Bien au contraire, comme pour Tchernobyl, on nie, et on ne se contente pas de nier :


on fait passer les malades pour de doux dingues et la maladie comme rarissime (le
journal Le Monde recensait en 2013 pas moins de 15 000 cas). On fait aussi bien sûr
passer pour de dangereux charlatans les médecins qui essayent de prendre en charge

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ces patients ! 

Ne jamais baisser les bras face à la bien-pensance médicale

Heureusement, quelques associations [14] (pardonnez-moi, si j’en oublie) et leurs


avocats essayent d’inverser le processus. Mais c’est extrêmement difficile et lent. 

Il faut bien, pour conclure, constater que si le « bien penser » a encore de beaux jours
devant lui, nous sommes de plus en plus nombreux, patients, impatients voulant se
prévenir activement, et médecins, à vouloir lui rendre la vie de plus en plus difficile. 

Méfiez-vous donc du BPMN ! 

J’espère que cette lettre ainsi que les autres publications de « Santé Nature
Innovation » y contribueront. Je tiens à préciser qu’elles ne remplaceront jamais un
médecin bien formé et surtout un médecin libre de ses opinions et prescriptions. 

Cholestérol : les petits arrangements du


médicament le plus rentable de l’histoire
Chère lectrice, cher lecteur, 

Si vous êtes entré récemment dans le cabinet d’un médecin pour lui parler de
votre santé cardiaque ou de votre cholestérol, il est très probable que vous en êtes sorti
avec : 

un sentiment de culpabilité d’avoir « trop » de cholestérol,  


une ordonnance pour des médicaments à base de statines (comme le Tahor, le
Crestor, l’Esilor, le Zocor etc.).  
Vous n’êtes pas le seul dans ce cas : 7 millions de Français ont vécu la même
expérience. 

Seulement on ne vous a pas tout dit sur ces « statines ». Et à propos du bon niveau de
cholestérol, ne vous étonnez pas si vous avez l’impression de ne plus rien y
comprendre. 

Tout ceci ne doit rien au hasard. 

Risque de « cholestérol délirium »

Le célèbre cardiologue et chercheur au CNRS Michel de Lorgeril n’a pas hésité à


parler de « cholestérol délirium  ». Un délire généralisé où l’industrie médicale a

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commencé à raconter une histoire inventée de toute pièce, comme une mère de
famille qui voudrait endormir ses enfants, à ce petit détail près des millions de
personnes y ont cru, et y croient toujours dur comme fer !!! 

A l’origine du « hold-up »

C’est dans une petite ville américaine proche de Harvard, Framingham, qui avait
déjà été l’objet d’une étude sur la tuberculose, qu’a été menée à partir de 1948 une
étude de long terme (poursuivie de nos jours), sur les facteurs de risques
cardiovasculaires. Elle met en évidence entre 1957 et 1971, quelque chose qui n’est
aujourd’hui ni contesté, ni contestable : l’importance de l’hypertension
artérielle dans les risques d’infarctus et d’accident vasculaire cérébral (AVC). 

En 1974, cette étude désigne le diabète comme facteur de risque. Et en 1977, le


cholestérol. Mais l’étude souligne aussi l’effet protecteur d’un taux plus élevé de
cholestérol HDL (High Density Lipoproteins), une nuance qui a été pendant longtemps
complètement passée à la trappe !!! 

L’industrie pharmaceutique et à sa suite les autorités de santé publique, retiennent


seulement que : 

l’athérosclérose est due à une accumulation de cholestérol dans les parois artérielles, 
qu’il faut doser le cholestérol total, 
et le faire baisser s’il est élevé. 

Trois arguments fallacieux qui vont permettre de vendre un des médicaments les
plus rentables de l’histoire : les statines. 

Un simple chiffre résume toute l’affaire : l’anti-cholestérol Tahor a rapporté à lui


seul 130 milliards de dollars (cent trente milliards !!! je l’écris en lettres tellement
c’est énorme) depuis son lancement en 1997…Cela valait bien quelques
approximations, non ? 

Ce qui se passe quand on fait baisser le cholestérol

Et la première est d’avoir désigné le cholestérol à la vindicte populaire. Comme si ce


lipide naturellement présent dans notre corps était uniquement là pour nous boucher
les artères… 

En réalité, comme le rappelle le Dr Curtay, nous consommons chaque jour entre 250 et


300 mg de cholestérol, mais nos cellules en fabriquent quotidiennement un gramme de plus. 

Question alors : pour quoi faire ? La réponse, vous allez voir, donne une toute autre

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image du cholestérol. 

Nous sommes composés d’environ 100 000 milliards de cellules et chaque cellule est
entourée d’une membrane composée de lipides. Or le cholestérol est un composant
vital des membranes cellulaires qui joue un rôle fondamental : 

dans leur stabilité 
dans leur fluidité. A l’inverse plus une membrane cellulaire est rigide, plus elle fige
l’activité de toutes les protéines qui la hérissent comme des antennes : transporteurs,
récepteurs… Ces derniers permettent de faire circuler les nutriments de l’extérieur à
l’intérieur des cellules et aux cellules et organes de communiquer entre eux. 
dans les radeaux cellulaires, qui servent d’ancrage aux protéines qui sont fichées
dans la membrane. Par exemple le récepteur à l’insuline doit être ancré sur un radeau
pour être actif.  

Ainsi, faire baisser le cholestérol peut altérer les capacités de la plupart des


fonctions des membranes cellulaires, que ce soit le transport de nutriments ou la
communication entre les organes. 

Que risque-t-il de se passer si les récepteurs aux neurotransmetteurs du cerveau qui


nous permettent d’être attentif, de mémoriser, sont moins actifs ? Les capacités de
mémorisation déclinent. C’est exactement ce que l’on constate chez nombre de
consommateurs de statines. 

De même, la quantité de récepteurs à l’insuline capables de fonctionner chute, cela


favorise l’intolérance au glucose, le pré-diabète, puis le diabète. 

C’est pourquoi les études récentes montrent que les statines augmentent les risques
de diabète, lui-même un facteur de risque cardiovasculaire, mais aussi d’immuno-
dépression, de vieillissement accéléré et même de cancers ! 

Et ce n’est pas tout, comme vous allez le voir. Car le cholestérol est lui-même
transformé dans des molécules d’une importance capitale : 

Le cholestérol est indispensable pour la vitamine D 

C’est à partir du cholestérol que nous fabriquons le précurseur de la vitamine D qui


va être activé par l’exposition au soleil.

Or aujourd’hui des milliers d’études montrent que le manque de vitamine D est un


facteur de risque d’inflammation, d’infarctus, de diabète, de pathologies allergiques,
de cancers (en particulier sein, prostate et colon), de sclérose en plaques, de
raccourcissement des télomères (associés à la longévité et à la prévention des
pathologies dégénératives) et de forte augmentation de la mortalité de toutes causes. 

Le cholestérol est indispensable pour le coenzyme Q 10 

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C’est à partir du cholestérol que nous produisons le coenzyme Q10, une molécule
vitale, qui sert à transporter les électrons dans les mitochondries, les centrales
énergétiques pour produire le moteur de toutes nos fonctions, l’ATP. 

Le coenzyme Q10 est par ailleurs un puissant antioxydant. Sa baisse est un facteur de
raccourcissement de la longévité et il est largement démontré que les statines le font
baisser de manière très significative. 

Le cholestérol est indispensable pour la DHEA, dont le Pr Etienne-Emile Beaulieu a


montré qu’elle était une hormone anti-âge. 

Alors, vraiment, veut-on faire baisser le cholestérol à tout prix ? 

Infarctus, AVC : le cholestérol et sa bonne tête de coupable

Cet argument-là, vous l’avez forcément entendu, et personne ne peut vous blâmer
d’y souscrire tant ce bourrage de crâne a été intense : « un cholestérol élevé, nous a-t-
on dit et répété, est un facteur de risque cardiovasculaire ». 

Il est exact que l’on retrouve du cholestérol dans les plaques d’athérome (dépôts sur
la paroi interne de l’artère), mais celui-ci ne représente…que 10% de leur contenu ! 

On y retrouve surtout une prolifération de fibres et des fibroblastes qui les ont
sécrétées, des globules blancs, des cellules musculaires lisses, des plaquettes, de la
fibrine, du calcium et du fer, un puissant pro-oxydant et pro-inflammatoire… Tout
ceci indique une réaction inflammatoire, impliquant les plaquettes (elles aussi
activées par un processus inflammatoire).

Le docteur Curtay a rédigé un double dossier consacré au cholestérol et aux statines.


Il y fait le point complet, depuis les origines historiques et jusqu’aux dernières
avancées de la science sur ce sujet qui touche chacun de nous. Vous découvrirez
quelle est la véritable origine des épaississements de la paroi artérielle, et vous
verrez que de nombreux facteurs, dont certains surprenants, sont en cause. 

Et cela entraîne cette conclusion sans appel du docteur Curtay : 

« Bien plus que la diminution du taux de cholestérol, c’est la maîtrise de


l’hypertension et de l’hyperactivité plaquettaire qui est déterminante dans la
prévention des infarctus et des AVC » 

Il en ajoute une autre, qui concerne les statines. 

Cela fait si froid dans le dos que je ne peux me résoudre à vous la révéler ici sans
prendre le risque de vous effrayer. Vous la lirez dans le contexte global de son
dossier, qui prépare mieux à recevoir cette vérité. 

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Vous pouvez demander votre exemplaire de ce double dossier grâce au lien au bas
de ce message (vous le recevez EN CADEAU avec tout abonnement d’essai aux
Dossiers de Santé & Nutrition). 

Et si le cholestérol préservait du cancer ?

D’autant qu’une autre préoccupation se fait jour. De nombreuses études ont observé
une diminution du risque de cancers lorsque les sujets affichent un taux de
cholestérol total plus élevé. 

La très vaste étude récente Me-Can, menée sur 289 273 hommes et 288 057 femmes de
Norvège, Suède et en Autriche, observe plus précisément : 

- chez les hommes ayant le quintile de cholestérol le plus élevé, une réduction de 86%
des cancers du foie et des voies biliaires, de 48% de cancers du pancréas, de 33% de
cancers de la peau (hors mélanomes) et de 32% de leucémies et lymphomes. 

- chez les femmes ayant le quintile de cholestérol le plus élevé, une réduction de tous
les cancers de 14%, de la vésicule biliaire de 77%, du sein de 30%, de mélanome de
39% et de leucémies et lymphomes de 39%. 

Ceci est d’autant plus important qu’une équipe de l’Inserm à Toulouse vient de
mettre en évidence une molécule dérivée du cholestérol, appelée dendrogénine
A (DDA) qui possède des propriétés anticancéreuses. 

Au cours de leurs travaux, publiés dans la revue Nature Communications, les


scientifiques ont mis en évidence l’effet inhibiteur du cancer de la DDA, à la fois sur
des cellules tumorales cultivées en laboratoires et sur des tumeurs implantées chez la
souris. Ils ont découvert que la DDA était présente dans les cellules saines, mais
qu’elle n’était pas détectable dans les cellules tumorales. 

Si elle se confirmait, cette découverte signerait pour de bon l’acte d’innocence du


cholestérol, mais vous allez voir qu’il en faut plus pour faire trembler les vendeurs de
l’industrie pharmaceutique. 

Une arme de protection massive 

Ceux-ci sont pourtant confrontés à un double problème : non seulement le


cholestérol n’est pas le grand méchant loup qu’ils ont décrit, mais en plus les brevets
de la plupart des statines ont aujourd’hui expiré. 

Alors les stratèges des grands laboratoires vont tenter de rejouer le coup du siècle
avec une nouvelle arme. 

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Il s’agit de la nouvelle génération de médicaments anti-cholestérol. On les appelle les
anti-PCSK9, ce sont des anticorps monoclonaux. Ils sont beaucoup plus puissants
que les statines, et capables de faire chuter…de moitié le cholestérol. Boum ! 

Côté prix, ces anti-PCSK9 ne font pas non plus dans la dentelle : leur autre intérêt
majeur pour les fabricants de médicaments est qu'ils sont.100 fois plus chers. 

Hélas, ils ont aussi toutes les chances d’être encore plus dangereux. Les premiers
anticorps monoclonaux mis en circulation comme les anti-TNFalpha, le trastuzumab
ou Herceptine, peuvent provoquer de sévères effets secondaires. L’efalizumab ou
Raptiva, utilisé dans le traitement des psoriasis, a favorisé des infections mortelles
dont des encéphalopathies : il a été retiré du marché. 

Mais il faut croire que cela n’effraie personne. 

Les autorités américaines viennent ces dernières semaines d’autoriser la mise sur le
marché du premier anti-PCSK9 de chez Sanofi et les autorités européennes ont donné
un premier avis…positif. A la clef, plus de 4,5 milliards d’euros par an pour le
laboratoire… 

Mon avis : vous risquez d’entendre à nouveau la petite ritournelle sur la nécessité
de faire baisser votre cholestérol. 

La DHEA est-elle l’hormone de jouvence ?


Chère amies, cher ami, 

Je ne compte pas le nombre de patients que j’ai vus dans ma carrière et qui
manquaient de DHEA. 

Pourtant, bien peu nombreuses sont les personnes qui savent vraiment ce qu’est la
DHEA, ce qu’elle peut faire mais, également, ce qu’elle NE peut PAS faire. 

Quand le Pr Samuel Yen a publié les premières études sur la DHEA aux Etats-Unis
en 1994, le monde entier écarquillait les yeux. On venait de « découvrir » une
« hormone de Jouvence », la « pilule de l’éternité », une pilule « pour vieillir jeune ».
Certains n’hésitaient pas à parler de la DHEA comme d’une véritable corne
d’abondance… 

Mais qu’en est-il vraiment ? 

Qu’est-ce que la DHEA ?

Cette « hormone de jeunesse », on l’a tous en nous. La DHEA ou


déhydroépiandrostérone est une hormone produite principalement par les glandes
surrénales et plus faiblement par les ovaires et/ou les testicules et le cerveau. C’est

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d’ailleurs l’hormone la plus abondante dans l’organisme. 

Dans la grande chaîne de la synthèse des hormones dites « stéroïdes », dérivant


toutes du cholestérol [2], on trouve : la prégnénolone (dont nous reparlerons), la
DHEA, puis, globalement et en fonction des sexes, les hormones masculines
(androgènes) dont DHEA et testostérone, et les hormones féminines comme les
œstrogènes et la progestérone. En quantités différentes, ces deux types d’hormones
sont présents dans les deux sexes et essentiels à une santé optimum. 

Sans que la question ne soit définitivement tranchée, il semble que la DHEA agisse
de deux manières : 

En tant qu’hormone spécifique, en particulier en tant qu’hormone surrénalienne, elle


agit sur la fatigue surtout chez les sujets qui manquent de DHEA avant d’en
prendre ; 
En tant que précurseur d’hormones sexuelles, d’où les contre-indications classiques
des supplémentations en hormones sexuelles [3]. 
Quand on l’interrogeait sur les effets réels de la DHEA, le Pr Baulieu, qui a été l’un
des premiers à étudier cette hormone, avant-même Samuel Yen, répondait
[4] : «  Beaucoup ont supposé qu’en prenant de la DHEA, ils resteraient jeunes. En fait, si
l’état de santé est normal, moyen, ça n’a aucun effet. En revanche ce type d’hormone agit
quand quelque chose va mal.  » 

Je dois avouer que je le rejoins totalement sur ce point. Mon observation personnelle
et mon expérience auprès de mes patients [5] ces quinze dernières années me l’ont
confirmé : il faut remettre la DHEA à sa place, c’est-à-dire en prévention des effets de
l’âge. Mais il faut arrêter de la parer de vertus miraculeuses. 

À l’inverse, cette hormone que l’on encense est très régulièrement critiquée et mise
en cause par les administrations américaines (FDA) et européennes. 

Reste-t-elle un maillon incontournable d’une bonne stratégie de longue vie ? 

Ce que la DHEA fait sur votre corps 

Augmentation de la masse osseuse 


C’est dans mon expérience « un grand classique ». Cela souligne l’importance de
faire doser la DHEA chez toute personne suspectée de fragilité osseuse. L'activité de
la DHEA sur la masse osseuse est trop souvent ignorée, alors même que des études
ont prouvé, tant chez l'homme que chez la femme, une action significative sur
l’amélioration de la densité et de la solidité osseuse. Chez l’homme, cette action est
obtenue par supplémentation conjointe de testostérone. Ces faits ne doivent
absolument pas exclure la recherche d’autres besoins et la correction éventuelle des
apports en calcium, vitamine D, magnésium, bore, vitamine K, silicium… 

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Limite les prises de poids liées à l’âge 
La DHEA permet aux personnes vieillissantes de limiter leur prise de poids et leur
gain de masse grasse au profit de la masse maigre, c'est-à-dire du muscle. Il s’agit
bien, vu sous cet angle, d’un ralentissement du vieillissement puisque le rapport
masse maigre/masse grasse, tel qu’il est analysé dans certains centres spécifiques de
médecine de la longévité, est bien un « marqueur de vieillissement ». 

Ralentit la résistance à l’insuline 


De nombreuses études [6] ont montré que la DHEA comme la testostérone
contribuaient à ralentir l’apparition de la « résistance à l’insuline », cause d’obésité et
souvent annonciatrice de diabète de type II (dit non-insulinodépendant). 

Réduit le risque cardiovasculaire 


La DHEA réduit aussi les risques cardiovasculaires précoces qui sont souvent
associés à cette résistance à l’insuline. D’autres études montrent des bénéfices
cardiovasculaires par l’intermédiaire d’une baisse du mauvais cholestérol (LDL) et
d’une action « fluidifiante » sur le sang. 

Il y a quelque chose qui me gêne à la lecture des différentes études publiées sur la
DHEA. La plupart du temps, elles me paraissent en décalage avec mon expérience et
mes observations. 

Je crois que ce qui explique ce décalage, c’est que les doses préconisées sont en
général beaucoup trop faibles. 

Chez certains patients, des bénéfices réels sont obtenus avec une dose de 10 à 25 mg
par jour, d'autres n'auront de résultats positifs et palpables qu'à partir de 50 voire
100 mg, par période de 24 heures. 

Force et volume musculaire 


La DHEA contribue à accroître la force et le volume musculaire. Il existe même une
étude sur son action positive concernant une maladie génétique que l’on nomme
« dystrophie myotonique de Steinert ». Une autre étude japonaise sur 11 sujets a
confirmé l’amélioration significative sur le muscle ainsi que sur les conséquences
cardiovasculaires de cette maladie. 

Fatigue et stress : des effets parfois spectaculaires ! 


J’ai souvent rencontré, et dans les deux sexes, de jeune adultes (de moins de 40 ans),
fatigués, souvent victimes de stress chroniques et prolongés. Je me suis aperçu que,
la plupart du temps, ils avaient des taux effondrés de DHEA. C’est précisément chez
eux qu’une supplémentation guidée par l’observation de la clinique et de la biologie
peut conduire à des effets vraiment spectaculaires. 

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Il ne s’agit plus alors d’un problème de prévention de « vieillissement ». Il est ici
question d’une véritable pathologie fonctionnelle liée à leurs taux : on manque de
tonus physique et psychique après avoir été soumis à des stress importants et
chroniques qui ont effondré les taux de DHEA au profit de celui du cortisol. 

Ce phénomène peut être transposé à la plupart des hormones, mais il est


particulièrement significatif en ce qui concerne la DHEA. 

C’est pourquoi il me semble judicieux de conseiller de faire mesurer son taux de


DHEA, même dès la trentaine ou en cas de fatigue inexpliquée. 

Il faut ajouter que, dans le plasma, une augmentation du rapport cortisol/DHEA est
souvent un signe de grand stress. Ajuster son taux de DHEA à ce qu’il devrait être à
la trentaine est une excellente façon d’augmenter sa résistance au stress et d’être
beaucoup plus « zen ». 

Impact sur la peau et les muqueuses 


C’est un des résultats validés par l’étude du Pr Baulieu : l’optimisation de votre taux
de DHEA améliore l’aspect, la souplesse, la douceur et l’hydratation de la peau. Il en
est de même pour toutes les muqueuses. 

N’hésitez pas à doser ou faire doser votre taux si vous avez la peau trop sèche (et à
prendre plus de bons acides gras !). 

Est-ce que je manque de DHEA ?

Voici quelques indications qui devraient vous permettre de répondre vous-même à


cette question :

Si je suis anxieux ou triste, sans raison 


Si je suis trop fatigué(e) par rapport à mon âge et mon activité 
Si j’ai tendance à prendre du poids, sans raison 
Si j’ai de la cellulite, les muqueuses trop sèches, il y a de fortes chances que mon taux
soit trop bas. 
Si ma libido est en berne, il est possible que je manque de DHEA et probablement
aussi de testostérone (pour les deux sexes). De même si ma pilosité diminue, en
particulier sous les bras et sur le pubis. 
Si mes muscles se relâchent ou si ma mémoire diminue sans raison, il sera intéressant
de faire doser mon taux de DHEA (et de prégnénolone) et de me supplémenter
jusqu’à atteindre les taux physiologiques de l’âge de 30 ans. 

Non, la DHEA n’est pas réservée aux personnes âgées !

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Il faut bien comprendre que si nos taux de DHEA baissent régulièrement dès l’âge de
25 ans, certains ont, même jeunes, des taux relativement plus faibles que la moyenne.
Cette hormone n’est donc pas réservée à un public âgé, et il peut être vraiment
intéressant d’en prendre assez tôt si certains signes indiquent une déficience. 

D’autres effets plus difficiles à confirmer ?

La DHEA a de nombreux autres effets bénéfiques que l’on a encore du mal à


confirmer de façon très claire. Voici quelques uns de ces bienfaits : 

Effets sur le maintien ou l’amélioration des fonctions cérébrales et cognitives


(mémoire), effet « antidépresseur « like ». C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est
recommandé de prévenir son médecin s’il vous prescrit des médicaments dits
« antidépresseurs » dont la DHEA peut modifier l’effet. 
Effets sur la libido et bien au delà des conclusions de l’étude DHEâge, j’ai observé
des effets positifs dans les deux sexes et à tout âge, mais il est vrai qu’ils sont plus
facilement détectables chez la femme que chez l’homme. 
La DHEA peut avoir un effet positif sur la fertilité : une supplémentation de 80 mg
par jour chez des femmes n’ayant pas eu de réponse à des traitements classiques est
en mesure de déclencher une ovulation [7]. 
L’amélioration de l’immunité reste plus difficile à prouver mais je connais de
nombreuses personnes qui, pour cette raison, ne veulent plus se passer de DHEA,
comme elles ne veulent pas se passer, surtout en automne et en hiver, de vitamine C,
de zinc ou de vitamine D… 

Faut-il se méfier de la DHEA ?

Est-ce que la prise de cette hormone présente des risques ou des contre-indications ? 

Permettez-moi de redonner ici la parole au Pr Baulieu : « Par précaution, on n’en


prescrit pas à un patient qui a un cancer du sein ou de la prostate… Et on a peut-être tort
d’ailleurs, mais on s’abstient car certaines vieilles théories prévalent toujours. En dehors de
ces cas limites, il n’y a pas d’effets secondaires de la DHEA. C’est un point très important ». 

Je crois que tout est dit, je partage complètement les propos de mon éminent
confrère. Sauf sur un point : par précaution je ne conseille pas de DHEA à quiconque
ayant eu un cancer dit « hormonodépendant ». Cela étant, il s’agit là plus d’une
précaution « médico-légale » que d’une opinion scientifiquement fondée. 

(la suite ci-dessous) 

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Les dernières avancées des médecines hormono-naturelles

49
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Suite de la lettre de ce jour : 

L’étude du Pr Baulieu l’a bien souligné : aux doses classiquement préconisées (10 à
100 mg par jour) il n’y a que de faibles effets secondaires qui n’apparaissent, en fait,
que si l’on a dépassé les doses utiles, ce que le suivi des dosages devrait pouvoir
éviter. 

En pratique j’ai parfois remarqué, sans aller jusqu’à l’acné, que la peau pouvait
devenir trop grasse. C’est le signe évident que les doses quotidiennes doivent être
réduites. Il en est de même pour l’apparition de rares hirsutismes (augmentation de
la pilosité) qui disparaissent dès la diminution des doses. 

Médicament, complément alimentaire ou dopage ?

Aux Etats-Unis et dans certains pays européens, la DHEA est considérée comme un
complément alimentaire. En France, elle est autorisée comme un médicament et ne
devrait, en théorie, être délivrée que sur prescription médicale. Pourtant, le moins
que l’on puisse dire, c’est que les médecins français ne sont pas vraiment encouragés
à en prescrire. 

Cela étant, la législation transfrontalière n’empêche personne de la commander dans


un pays où elle est considérée comme un complément alimentaire. Il est toutefois
évident que, dans ce cas, cela reste sous la seule responsabilité du consommateur. 

On peut insister sur le fait qu’aux doses inférieures à 50 mg par jour, en respectant les
contre-indications et en adaptant la dose en fonction de la réaction cutanée, il n’a pas
été identifié de dangers. 

50
Amis sportifs, attention ! La supplémentation en DHEA est totalement proscrite chez
les sportifs faisant des compétitions, pouvant, dans ce cas, être assimilée à un
dopage. 

De quelle manière faire doser sa DHEA ?

Je pense vous avoir déjà fait comprendre qu’il était important de connaître son taux
de DHEA. Et cela même si l’on est jeune, surtout en cas de fatigue ou de stress
prolongés. 

N’importe quel laboratoire d’analyse peut le faire et le dosage est peu coûteux. Il faut
faire doser la forme circulante, c'est-à-dire le sulfate de DHEA (S-DHEA). 

En revanche, écoutez-moi bien… Ne vous amusez pas à interpréter vous-mêmes les


résultats, car l’équilibre hormonal toujours complexe nécessite d’être interprété par
un praticien habitué. 

Globalement, le taux plasmatique idéal de DHEA, différent chez l’homme et chez la


femme, doit être voisin du taux plasmatique moyen observé vers la trentaine, âge où
le taux de DHEA est à son maximum. 

En ce qui me concerne, il n’est pas question de conseiller de la DHEA sans avoir un


dosage et un éventuel bilan hormonal complet. Inutile en effet de surcharger
quelqu’un qui n’en a pas besoin ou de décevoir un autre avec des doses trop
faibles… On peut aussi faire réaliser des dosages salivaires de DHEA. Ils sont très
fiables et évitent une prise de sang. 

Comment choisir sa DHEA ?

La DHEA est un produit pur et de synthèse : ne croyez pas aux précurseurs de


DHEA dont votre corps est incapable d’assurer la transformation « in vivo ». 

La DHEA est aujourd’hui disponible en pharmacie sur prescription médicale.


Certains sites Internet proposent également une DHEA dite de
« qualité pharmaceutique ». Renseignez-vous auprès de ces sites. 

À vous de choisir en fonction de votre situation personnelle, de l’avis de votre


médecin, de votre motivation et des prix. Mais dans tous les cas, évitez
l’automédication, et compte tenu des interactions de la DHEA avec les nombreux
métabolismes que nous avons décrits, prévenez votre médecin de votre choix. 

51
Une nutrition mal adaptée peut renforcer les déficiences

Les carences en acides gras, en particulier en oméga-3 et 9 peuvent induire des


déficits en DHEA : consommez au quotidien de l’huile d’olive et de colza ou de
chanvre ainsi que des petits poissons gras (sardines, anchois, maquereaux)… 

Les déficiences en antioxydants (vitamine A, vitamine E naturelle, tocophérols,


sélénium, magnésium et zinc) augmentent la consommation de DHEA. 

Et la ménopause dans tout ça ?

Mes patientes me posent souvent cette question : puis-je prendre de la DHEA si je


suis un autre traitement hormonal, en particulier pour la ménopause (ou
l’andropause) ? 

La réponse est oui ! Faiblement androgénique, la DHEA n’interfère pas avec la


sécrétion de testostérone. Elle ne la remplace donc pas lorsque cette dernière est
indiquée, en particulier après la cinquantaine. 

Même si en théorie elle peut augmenter légèrement la sécrétion d’hormones sexuelles


chez la femme, la DHEA ne les remplace pas non plus et n’est donc pas contre
indiquée en cas de traitement hormonal de la ménopause. Au contraire, on a vu
qu’elle pouvait améliorer la libido et l’état de la peau. 

De même, la prise de DHEA ne remplace pas la prise d’autres hormones quand elles
sont nécessaires : qu’il s’agisse d’hormones surrénaliennes comme le cortisol ou
d’hormones thyroïdiennes ou d’hormone de croissance (dans les pays où elle est
autorisée). Les déficiences en hormones thyroïdiennes et en testostérone peuvent
même réduire la production de DHEA. 

Si vous n’êtes pas « au top » de votre forme, contrôlez votre taux de
DHEA !

La DHEA est une supplémentation hormonale essentielle chez beaucoup d’entre


nous. Il semble aussi indispensable de connaître son taux de DHEA que son taux de
zinc, de sélénium, de cuivre ou de fer, en particulier si l’on sent que sa forme n’est
pas au top. 

Il ne faut jamais se supplémenter sans connaître et suivre son taux, ni négliger ses
réactions personnelles. Il est essentiel de prendre l’avis d’un thérapeute averti des
indications et contre-indications. 

Toutefois, une fois encore, toutes les études semblent indiquer que des doses
quotidiennes inférieures à 25 mg chez les femmes et 50 mg chez les hommes ne

52
présentent guère de danger. 

Pensez donc à faire un dosage salivaire ou à demander à votre thérapeute un dosage


plasmatique de sulfate de DHEA (S-DHEA). 

À partir de là, vous pourrez atteindre ou maintenir la dose utile de DHEA pour
atteindre la forme, la maintenir et prévenir bon nombre d’affections liées au
vieillissement et à la baisse naturelle de DHEA avec l’âge, ainsi qu’aux multiples
expositions au stress de nos vies à tous ! 

Métaux lourds, pesticides, toxiques : ils détestent cette ruse naturelle

Chère lectrice, cher lecteur, 

Auriez-vous le cran d’imiter le Professeur Virchow ? 

Pour connaître l’état de sa lymphe – le liquide qui pousse vers la sortie du corps les


dangereuses substances toxiques– ce médecin allemand s’est planté un drain sous la
peau, observant l’aspect de la lymphe qui en sortait en fonction des aliments qu’il
ingérait ! 

Pas très appétissant, peut-être, mais instructif. 

Car si les substances toxiques (pesticides, métaux lourds, molécules chimiques qui
viennent de notre alimentation, des médicaments, etc.) ne remontent pas rapidement
vers une porte de sortie, elles s’enfouissent au cœur de nos tissus, finissent par
arriver à nos cellules et par perturber notre ADN. 

Voilà pourquoi je tiens à ce que vous portiez une attention particulière à ce


message et que vous envisagiez sérieusement de vous lancer dans une vraie détox
des profondeurs. 

Plantes & Bien-Être détaille un plan en 3 phases pour fluidifier la lymphe et expulser


nos toxines vers la sortie. Et la bonne nouvelle, c’est que vous n’aurez pas à vous
planter un drain dans les veines ! 

La cure commence avec la stimulation des organes-filtres (rein, foie). Consommez


durant 15 jours les plantes hépatorénales
suivantes : pissenlit (racine), romarin et verge d’or. 

Toutes les précisions sur les quantités souhaitables et la possibilité d’utiliser


également des gélules de Chardon Marie figurent bien sûr dans notre dossier. 

Puis vient le drainage en profondeur (avec la racine de bardane, l’aunée et le


chrysantellum) et surtout, dans un dernier mouvement, il vous faudra ruser avec les
toxiques, pour orchestrer un piège digne de celui dans lequel tomba le chevalier
Roland à Roncevaux. 

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Découvrez comment la chorella et l’ail des ours peuvent vous aider à berner les
molécules toxiques (pesticides, cadmium, uranium, plomb et dioxines), direction:
dehors ! 

Vous verrez également comment des bains dérivatifs, à condition qu’ils soient bien
pratiqués, peuvent soulager la saturation des organes filtres. 
Dans ce numéro, vous trouverez bien d'autres sujets passionnants comme: 

Une tisane pour retrouver les jambes légères d’une jeune fille. Si sa réalisation vous
paraît trop compliquée, nous avons également une autre solution naturelle très
efficace qui associe deux plantes circulatoires. 

Allergies : nos grands-mères les adoraient ! Pour elles, le printemps c’était les bals de
village, la cueillette des fleurs (et d’un nouveau fiancé ?) Pour leurs petites filles
d’aujourd’hui, c’est surtout le bal des pollens, des rhinites et des crises d’asthme.
C’est que nous avons oublié quelque chose de très important. A lire dans notre
dossier spécial sur les allergies.

Voir clair ! Si vous êtes dans une période de changement, de stress lié au doute,
appliquez l’huile essentielle de verveine citronnée sur le méridien de la vésicule
biliaire 41 VB (nous vous montrons bien sûr où il se trouve avec un schéma), 3 fois
par jour pendant une semaine. 

On la surnomme « le VaIium Végétal » : la Valériane agit efficacement pour


remplacer un antidépresseur, unanxiolytique ou un somnifère. Mais attention à ne
pas la prendre n’importe comment ou vous risquez de faire vraiment la grimace. 

Bleues et dodues, les prunelles semblent bien appétissantes, mais se révèlent au


palais acides et astringentes. Il existe pourtant un moyen d’apprivoiser ces
sauvageonnes, très utiles pour soulager la diarrhée. 

Les jeunes pousses d’olivier se distinguent par leur action sur l’hypertension
artérielle, les perturbations du cholestérol et des triglycérides, l’artériosclérose
(vieillissement des artères), les défaillances cérébrales, le diabète de la cinquantaine.
Où les trouver ? En pharmacie. Mais notez bien sur un papier l’appellation
homéopathique précise que nous vous donnons pour ne pas vous tromper une fois
en magasin. 

Une histoire à glacer le sang. Il arrive que de « simples » plantes soient utilisées par
des personnes désireuses de faire du mal. Avec la grande gentiane, cette action est
parfois…terrifiante. 

La plante qui mériterait d’être décorée par la ministre de la santé : une petite
infirmière de tous les jours, à cultiver sur le rebord de son balcon, qui régule la
transpiration, agit comme antidépresseur léger, antiseptique et antioxydant. 

Et aussi dans ce numéro : 

54
Le citron contre les nausées de la femme enceinte, 

Savez-vous qu’il existe une musique qui rend les plantes plus résistantes ? 

L’ashwagandha réduit les conséquences du stress, 

Mais pourquoi personne ne parle-t-il des granules d’ellebore blanc contre la gastro ? 

Le protocole pour garder des yeux de lynx toute sa


vie

Chère amie, cher ami, 

La vue est quelque chose de trop important pour être négligée. Pourtant, bien
souvent, nous ne prenons pas soin de nos yeux et nous ne faisons même pas le
minimum. 

Aussi, je vais rappeler quelques principes de base qui, hélas, ne sont pas souvent
suivis… 

Il faut absolument : 

Protéger ses yeux par de bonnes lunettes bien adaptées à sa vue 

Surtout, fuir absolument les loupes toutes faites 


Se protéger avec des lunettes de soleil de qualité, mais seulement en cas de reflets sur
l’eau, en cas de neige et de vent 
Ne pas abuser des lunettes de soleil pour ne pas induire une sécrétion de mélatonine
dans la journée qui risque de perturber, par la suite, la qualité de votre sommeil 
Ne pas se frotter les yeux avec des mains sales mais les laver, si besoin, avec des
solutions appropriées… 
Si vous faites cela, vous limitez la casse. Mais pour protéger votre vue et ralentir le
vieillissement de l’œil, il est indispensable d’agir sur la nutrition et, si besoin, sur une
bonne supplémentation nutritionnelle. 

Le secret des pilotes de chasse anglais

Vous le savez, je conseille toujours à mes patients une analyse personnalisée pour
dépister une déficience. 

Essayez donc de faire doser les nutriments suivants dans votre laboratoire : 

55
Zinc : faites doser votre taux de zinc sur le sang total plutôt que de zinc plasmatique
(le sang total est le nom du sang avec tous ses constituants : plasma, globules rouges,
globules blancs, plaquettes) 
Vitamine A : la vitamine A et les carotènes améliorent la vision et en particulier la
vision nocturne. 
C’est pourquoi les pilotes de la Royal Air Force, l’armée de l’air britannique,
prenaient systématiquement des compléments de vitamine A. Elle exerce sur l'œil
une action anti-inflammatoire, une action antilarmoiement (avec le zinc et les
vitamines B Complexe dans les conjonctivites séniles), et une action de protection
immunitaire (avec la vitamine C et les bioflavonoïdes). 

Malheureusement, la vitamine A d’origine animale (rétinol) est difficile à trouver. Il


faut donc se rabattre sur les carotènes (vitamine A végétale). On trouve de la
vitamine A de type rétinol dans certains suppléments spécifiquement conseillés à la
protection oculaire comme l’Opticomplexe de chez Vit’all Plus, où ils sont associés
aux autres nutriments.

Sélénium : que l’on retrouve aussi dans les formulations spécifiques. Ne prenez pas
de sélénium sans savoir si vous en avez vraiment besoin. Trop de sélénium
déséquilibre les défenses contre l’oxydation (défenses antiradicalaires). 
Vitamine E: pour ses propriétés antioxydantes. Si vous devez vous supplémenter en
vitamine E, n’utilisez que de la vitamine E naturelle, de provenance végétale (d-
alpha-tocophérol) ou des complexes de différentes formes de vitamine apportant de
la vitamine E naturelle , sous forme alpha mais également gamma et des tocotriénols.
Par prudence, ne dépassez pas deux à trois supplémentations par semaine et à terme,
sur vos analyses, ne dépassez pas les taux physiologiques. 
Magnésium : si votre taux de magnésium est bas ou si vous présentez des signes
d’excitabilité ou de spasmophilie, n’hésitez pas à vous supplémenter avec un
complément contenant du bisglycinate de magnésium. 

Avant d’aller skier ou d’aller à la plage, prenez ceci…

Si vous partez en mer ou à la montagne, n’hésitez pas à prendre quelques jours avant
et pendant votre séjour un supplément « généraliste » comme l’Opticomplexe que
nous avons cité, ou alors ces produits-là : Optivision ou Macula Plus. Ce dernier
contient notamment de l’astaxanthine, un puissant caroténoïde antioxydant qui
soulage la fatigue oculaire (provoquée notamment par le travail sur écran ou la
lumière artificielle…). Elle apporte également une protection complémentaire contre
des modifications inflammatoires susceptibles d’aggraver la dégénérescence
maculaire et renforce les défenses antioxydantes. Ce produit comporte également du
C3G (cyanidine 3-glucoside) qui est une anthocyanine pourpre dont le pouvoir
antioxydant est particulièrement puissant : elle protège l’œil des attaques
radicalaires. Elle permet aussi la régénération de la rhodopsine, un pigment essentiel
présent dans les cellules photoréceptrices de l’œil, et renforce la vision nocturne. 

On peut également conseiller, pour varier, le « Luminat » (laboratoire Bionops) qui

56
contient les principaux nutriments protecteurs de la vision que nous citons ici. 

La prise biquotidienne de vitamine C à effet prolongé (AP) est toujours


recommandée à raison de 1,5 à 3 g par jour et en fonction de votre tolérance
intestinale. 

Les vitamines B dites complexes sont recommandées (ou la prise régulière de levure


alimentaire). Si vous prenez des complexes, il n’est pas nécessaire de dépasser deux à
trois prises par semaine. 

Plus simplement, vous pouvez également augmenter votre consommation de fruits


rouges comme les airelles, cassis et myrtilles. Hors saison, on peut prendre une dose
quotidienne de jus de fruits biologiques et consommer des produits congelés en
s’assurant de leur qualité. 

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Ils n'ont plus le diabète !!!

Il existe un régime alimentaire expérimental qui a permis à ceux qui l'ont suivi de se
débarrasser définitivement de leur diabète. 

Rendez vous ici pour en savoir plus

Consommez-vous assez de lutéine ?

Une prévention efficace, intense et régulière du déclin et des troubles de la vision liés
à l’âge pourrait conduire à l’usage de certains autres nutriments comme : 

La lutéine : c’est un pigment naturel de la classe des caroténoïdes que l’on trouve
abondamment dans les haricots verts, les laitues, les brocolis et les épinards.  
En 1993, une étude portant sur 421 personnes atteintes de dégénérescence maculaire
a montré une forte corrélation inverse entre la présence de ces caroténoïdes et la
maladie. Une étude rétrospective plus importante menée en 1994 par le
Massachussets Eye and Ear Infirmary de Boston a confirmé cette liaison. D'autres
études ont montré que la dégénérescence maculaire apparaissait chez des individus
globalement déficients en antioxydants, et plus particulièrement en caroténoïdes. La
lutéine aurait également une action protectrice vis à vis de la cataracte. 

Le Dr Curran-Celentano, de l’Université du New Hampshire, a montré qu’une


alimentation riche en épinards et en choux, ou supplémentée en lutéine et en
zéaxanthine peut accroître la densité du pigment maculaire, donnant ainsi un effet
protecteur. 

57
L’acide R alpha lipoïque, qui en plus d’être un « antiglyquant », donc un protecteur
des effets délétères du diabète, protège d’autres antioxydants comme la
coenzyme Q10 ou la vitamine E. 
La carnosine qui protège les protéines de l’œil de la dégradation. La carnosine
protège des cataractes séniles (étude sur des chiens) et permet de ralentir le
développement des cataractes (étude sur des lapins). Il faudrait cependant en
prendre au moins 500 mg par jour et ce nutriment est assez cher. On retrouve la
carnosine associée à la vitamine B2, à la cystéine et au glutathion sous forme de
collyre (Smart Eyes ™)². 
Le glutathion que l’on ne dose que sur des bilans complexes et coûteux de stress
oxydant (bilans dits « Oxyscale ») qui nécessitent l’envoi de sang congelé. Mais le
glutathion, au centre des défenses antioxydantes, est également au centre d’un bon
fonctionnement hépatique. Le Pr Luc Montagnier recommande son dosage au moins
une fois dans son existence et chaque année si l’on présente des taux limites. 
Les acides gras et en particulier les oméga-3 sont essentiels au développement
visuel chez les enfants. Chez l’adulte, leur carence peut conduire à un affaiblissement
de la vision et accroît le risque de décollement de la rétine. L’huile de krill constitue
une alternative aux supplémentations classiques en oméga-3 dont
l’approvisionnement est actuellement difficile. Elle a en général une concentration un
peu plus faible en acides gras oméga-3 (DHA et EPA) mais elle contient des
phospholipides qui ont une activité antioxydante sur les oméga-3. 
La N-acétylcystéine est un précurseur de glutathion peu coûteux mais aussi un
antioxydant que l’on dose dans les bilans de type « Oxyscale® » souvent déficitaire.
Certains considèrent qu’elle serait plus importante pour rétablir des taux aux limites
basses de glutathion que le glutathion lui-même. Comme ce dernier, ainsi que l’acide
R-alphalipoïque, elle fait partie des substances qui aident à la détoxication régulière
de l’organisme des métaux lourds mais peut-être aussi de bien d’autres polluants de
l’environnement. La N-acétylcystéine (ou NAC) est essentielle au bon
fonctionnement du cristallin. 
La taurine est un autre acide aminé soufré que l'organisme peut produire à partir des
acides aminés méthionine et cystéine. La taurine est un antioxydant puissant. C'est
l'acide aminé le plus concentré dans la rétine : certaines études ont montré que la
supplémentation en taurine peut prévenir les cataractes et contribuer à enrayer leur
évolution. On la trouve associée au magnésium dans de nombreux complexes, à la
fois pour augmenter son absorption et ses effets. 

Est-il possible de prévenir la cataracte ?

La cataracte ou opacification du cristallin est dépendante des phénomènes de


vieillissement mais aussi du diabète, des troubles artériels et métaboliques liés à
l’hypercholestérolémie, et de l’hypertension artérielle. Elle peut aussi être
héréditaire. 

Plusieurs publications scientifiques tant françaises qu’étrangères permettent


d’affirmer la relation entre déficience nutritionnelle en vitamines, minéraux, acides
aminés et cataracte. Mieux encore, une étude française a constaté l’amélioration de
cette affection après une supplémentation en magnésium et sélénium. 

58
Les vitamines C, E, B2, les carotènes, les bioflavonoïdes, le zinc, le sélénium, le
magnésium, la taurine, la cystéine semblent capables de prévenir et dans certains cas
de freiner l’évolution de la cataracte. 

Signalons ici que la carnosine peut être prise sous forme de collyres tels ceux que
nous avons cités.  

Par ailleurs l’airelle, la myrtille et surtout le cassis (mais pas la mûre…) renferment
des quantités très importantes d’antioxydants, anthocyanosides protecteurs électifs
de l’œil. 

Des études réalisées sur l’humain ont montré que l’extrait du fruit de cassis prévenait
le déclin et la fatigue visuelle des utilisateurs d’ordinateurs et de très nombreuses
formules de compléments alimentaires en renferment. 

Attention au glaucome et aux agressions de l’environnement !

Tout œil chroniquement douloureux doit être examiné par un médecin afin de ne pas
ignorer un glaucome. Tout œil traumatisé ou blessé doit être également examiné afin
d’éliminer le cas échéant un corps étranger ou une ulcération. 

Par contre, toute agression chronique extérieure – soleil, neige, vent, froid, travaux
prolongés sur écran – peut être atténuée par ces complexes spécialisés dits « formule
vision ». On peut bien entendu ajouter un collyre calmant et parfois des doses plus
importantes de vitamine C, de vitamine E, des extraits végétaux comme ceux de
myrtille, vigne rouge, hamamélis, fragon, ginkgo biloba…

Le pycnogénol ® extrait du pin des Landes est un flavonoïde particulier qui a des


actions protectrices sur la résistance et la perméabilité. Il est antihistaminique (anti-
allergique), anti-œdémateux et anti-inflammatoire. Bien que coûteux, il doit être
proposé brièvement en cas de traumatisme oculaire. 
La lutéine, dont j’ai décrit ci-dessus les spécifications,est particulièrement impliquée
dans la protection du glaucome. 
S’il en est besoin il ne faut pas hésiter à avoir recours aux traitements médicaux. 

Et la DMLA ?

La dégénérescence maculaire liée à l’âge est une dégénérescence rétinienne. C’est la


deuxième cause de cécité des personnes âgées après les cataractes. En France, près
d’un million de personnes sont touchées par cette maladie. Les symptômes
apparaissent généralement après 50 ans. Ils se traduisent par une gêne à la lumière,
une altération de l’acuité visuelle et un trouble de la vision des couleurs. 

La rétine, composée de cellules nerveuses reliées directement au cerveau, est la partie

59
de l’œil la plus exposée à la lumière. Formée en grande partie de lipides
particulièrement sensibles à l'oxydation générée par les radicaux libres issus des
rayonnements ultraviolets, elle est particulièrement fragile. La macula est la partie de
la rétine qui contient le plus de caroténoïdes, en particulier la zéaxanthine (épinards,
chicorée, maïs, gombo) et la lutéine. 

En 1993, une étude portant sur 421 personnes atteintes de dégénérescence maculaire


(DMLA) a montré une forte corrélation inverse entre la présence de ces caroténoïdes
et la maladie. Une étude rétrospective plus importante menée en 1994 par le
Massachussetts Eye and Ear Infirmary de Boston a confirmé cette liaison. D’autres
études ont montré que la dégénérescence maculaire apparaissait chez des individus
globalement déficients en antioxydants, et plus particulièrement en caroténoïdes. 

Mettez toutes les chances de votre côté

La protection nutritionnelle du vieillissement oculaire est un problème à la fois


simple et complexe car de nombreuses procédures peuvent être proposées et sont
encore à l’étude. 

Pour mettre toutes les chances de bien voir de votre côté, optez pour une
alimentation riche en carotènes et en fruits rouges, en oméga-3, en vitamines B et C,
en minéraux dont le zinc est à la base de tout. 

Quelques dosages simples peuvent nous aider à gérer spécifiquement cette


supplémentation. Au delà, on entre dans des propositions de complexes plus
spécifiques et coûteuses qui nécessitent, en principe, les conseils d’un professionnel. 

Les dernière avancées des médecines hormono-naturelles

Les progrès de la recherche sur les thérapies hormonales naturelles sont saisissants.
Grâce au Journal de la Médecine Anti-Âge, vous accédez avant tout le monde aux
conseils scientifiques de premier ordre dont les traitements hormonaux efficaces qui
vous permettent enfin de : 

- Combattre efficacement l’anxiété ;


- Retrouver un sommeil profond et réparateur ;
- Redevenir mince une fois pour toute ;
- Vous débarrasser de vos fatigues ;
- Eviter le cancer ou mieux y résister... 

En rééquilibrant naturellement vos carences hormonales et votre mode de vie, vous


traitez les causes de nombreuses maladies plutôt que les symptômes. C’est efficace et
cela se voit. Des traits plus fermes, un visage épanoui : votre beauté est le signe
extérieur de votre santé.  

Cliquez ici pour en savoir plus. 

60
L’hormone qui vous fait gagner à la belote !
Chère amie, cher ami, 

C’est presque un paradoxe, celle que l’on qualifie souvent « d’hormone de l’oubli »,
la prégnénolone, reste même de nos jours « l’hormone oubliée » dans bon nombre de
bilans hormonaux, tant chez la femme que chez l’homme. 

La « preg », qui a pourtant été découverte dans les années 30 et qui a fait l’objet de
multiples études cliniques et scientifiques [2], reste étrangement méconnue du grand
public et des médecins. 

Au milieu du siècle dernier, la « preg » a été étudiée à la fois comme un anti-


inflammatoire, donc contre les douleurs articulaires, et également comme une
substance en mesure d’agir sur les capacités cérébrales et en particulier la mémoire. 

Mais après les années 50, la découverte des effets anti-inflammatoires de la cortisone,


puis des médicaments contenant différentes formes de « cortisones de synthèse » (les
corticoïdes) [3], a tué en grande partie les recherches sur cette hormone. 

Une « hormone mère »

La prégnénolone, c’est « l’hormone mère », donc un précurseur de toutes les


hormones dites stéroïdes dont font partie la DHEA, les hormones sexuelles
(testostérone chez l’homme, œstrogènes et progestérone chez la femme, et cortisol).
Mais la « preg » aurait également des effets spécifiques. Si l’on a un taux plasmatique
trop faible de « preg », on risque donc d’être au-dessous des normes et des
besoins pour la plupart des hormones stéroïdes.

Ne faites pas baisser votre taux de cholestérol !

Un élément de plus pour conforter l’opinion que trop faire baisser le cholestérol n’est
pas vraiment bon pour la santé, et en particulier pour le fonctionnement et la
prévention du vieillissement cérébral. 

Avec un taux de cholestérol trop bas, les taux de « preg » et ceux de toute la chaîne
des hormones stéroïdes seront diminués. C’est d’ailleurs un phénomène
d’observation très fréquent : des personnes jeunes ayant un taux de cholestérol trop
bas, ne prenant bien évidemment aucun médicament « anticholestérol », sont
presque toujours plus fatigables, plus sujettes au stress et à la dépression que toutes
celles qui ont un taux considéré comme normal de « preg » et de cholestérol. 

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Voilà une bonne raison de plus pour signer la pétition du cardiologue Michel de
Lorgeril et lire ou relire son livre sur le sujet : « L'horrible vérité sur les médicaments
anticholestérol – Comment les statines empoisonnent en silence. » 

Devenez meilleur aux cartes !

La prégnénolone améliore les capacités de mémorisation. Cela peut vous être très
utile dans la vie de tous les jours, à l’école, au travail, mais aussi lors d’une partie de
cartes entre amis ! Vous savez maintenant comment devenir le roi de la belote… 

Il ne s’agit pas seulement de mémoire mais aussi de capacités d’apprentissage. J’ai


remarqué que, quel que soit l’âge, un déficit en « preg » nuisait à une bonne capacité
d’apprentissage et de mémorisation. 

Déjà, dans les années 40, mais dans une petite étude, des chercheurs de l’université
du Massachussetts avaient noté que la « preg » améliorait les capacités
psychomotrices sur les tests de simulateur de vol. 

Dans son livre [4] « Le secret d’une bonne mémoire », le Dr Christophe de Jaeger,
gériatre, consacre un chapitre entier aux effets de la « preg » sur la mémoire. 

Permettez-moi de vous citer ce court passage d’un article [5] de ce gériatre, confronté
régulièrement aux déficits hormonaux et à leurs conséquences sur le vieillissement : 

«  La prégnénolone est un neurostéroïde important dont l'implication dans les phénomènes de


mémorisation et les troubles de la concentration n'est plus à démontrer. Les troubles de la
mémorisation que nous observons en vieillissant doivent nous faire nous interroger sur nos
taux plasmatiques de prégnénolone. C'est une des hormones importantes de notre organisme,
profondément impliquée dans notre vieillissement, et en particulier dans notre
vieillissement cérébral (maladie d'Alzheimer), et son rôle ne fera que croître dans les années à
venir. »

Prégnénolone, stress, humeur et dépression

La « preg » est une des substances dites « anti-âge » dont on remarque très
rapidement les effets, en particulier sur le bon fonctionnement cérébral. C’est aussi
une des substances que les patients réclament le plus en cas d’arrêt (nous verrons
plus loin les contre-indications) ou de supplémentations sous-dosées. 

Elle améliore la résistance au stress, au surmenage cérébral, et l’humeur. Elle semble


contribuer à accentuer cette résistance et à éviter ou diminuer les états d’épuisement,
d’hypersensibilité physique ou affective et les phénomènes de vieillissement accéléré.
Le phénomène de « burn-out » dont on parle tant devrait systématiquement conduire

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à un dosage de prégnénolone. 

Des recherches effectuées sur des pilotes de l'armée ont permis de constater des effets
spectaculaires sur l'abaissement de la fatigue, y compris lors de conditions
d'entraînement épuisantes. Par ailleurs, la « preg » permet d’équilibrer et positiver
les états d'âme et les émotions, et même de diminuer en intensité les mécanismes
anxieux ou dépressifs. 

Elle agit sur votre système nerveux

C’est un aspect peu connu : elle possède au plus haut point la faculté d'améliorer la
transmission nerveuse. Le docteur Bruce Miller [6], neurologiste au centre médical
d'Harbor (UCLA), étudie actuellement ses effets dans la maladie d'Alzheimer. On a
d’ailleurs remarqué que chez les patients touchés par cette maladie, les taux de
prégnénolone étaient bas, comme c’est le cas aussi dans d’autres troubles de la
mémoire et de l’apprentissage… 

Toutefois, à ce jour il n'a pas encore été montré d'amélioration sensible sur la
dissolution de la plaque amyloïde, qui est la caractéristique anatomique de la
maladie d’Alzheimer. 

Des études récentes ont montré que la prégnénolone était une aide puissante à la
réparation de la gaine de myéline qui entoure nos nerfs, et qu'elle améliorait de façon
spectaculaire les suites de traumatismes de la moelle épinière si on l'administrait très
vite après l'accident. 

Comment apaiser vos articulations ?

La « preg » diminue efficacement (à condition de la prendre aux doses


individuellement nécessaires) les inflammations articulaires, en particulier dans
l’arthrose et les conséquences des traumatismes de la moelle épinière. Cela n’a rien
d’étonnant car, historiquement, la « preg » fut préconisée pour combattre les
poussées d'arthrose et cela en absence d'effets secondaires. Personnellement, en plus
des conseils nutritionnels de base consistant à diminuer la consommation d’aliments
pro-inflammatoires (acides gras saturés et surtout les acides gras chauffés dits
« trans » [7], les excès de gluten, de lactose et bien entendu l’éviction totale de la
« malbouffe »), j’ai l’habitude de conseiller des prises quotidiennes soit en aliments,
soit en supplémentations, de curcuma et de gingembre. 

Il me semble indispensable, si l’on consomme des protéines animales, de privilégier


la consommation de petits poissons gras comme les anchois, les sardines, le
maquereau, sans dépasser deux à trois fois par semaine pour se garder d’un risque
de pollution par les métaux lourds tels que le mercure. Plus ils seront petits et bas
dans la chaîne alimentaire, moins le risque de pollution sera important. La

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supplémentation en capsules d’oméga-3 de bonne qualité [8] vient au secours de
ceux qui n’aiment pas le poisson et a l’avantage de nous mettre à l’abri de toute
pollution. 

Déficits et troubles hormonaux

Gardons en mémoire que la « preg » agit en amont de toutes les synthèses


hormonales. Il m’est souvent arrivé de constater ses effets positifs chez des hommes
dont les taux de DHEA et/ou de testostérone étaient aussi très bas. Mais c’est surtout
vrai chez les femmes qui souffraient de troubles liés à une insuffisance de
progestérone. 

Rappelons que cette hormone, sécrétée par les ovaires dans la deuxième phase du
cycle, a une influence sur le déclenchement, la durée et la qualité des règles :
quasiment toutes les femmes qui ont des problèmes de cycle (souvent des cycles trop
longs ou anarchiques, ou des règles douloureuses) ont des problèmes de sécrétion de
progestérone. Indépendamment de toute supplémentation en progestérone, j’ai
remarqué que la prise de prégnénolone était souvent en mesure de contribuer à
retrouver de meilleurs cycles et normaliser les règles. 

Comment la prégnénolone agit-elle ?

Une grande part de ses effets découle de son statut de précurseur (comme le
cholestérol) de la plupart des hormones dites stéroïdes, qu’il s’agisse de DHEA, de
testostérone, d’œstrogènes ou de progestérone. Il est également possible qu’elle
puisse avoir des effets propres, mais cela risque d’être difficile à démontrer. 

La prégnénolone bloque les effets inhibiteurs de l'acide aminé glycine et du GABA,


contribuant à l'équilibre de la balance inhibition/excitation du système nerveux
central. Elle augmente le relargage de l'acétylcholine, puissant neuromédiateur, et
agit sur les récepteurs NMDA (N-méthyl-D-aspartate) impliqués dans la mémoire. 

L'acétylcholine et les glutamates sont directement impliqués dans la maladie


d'Alzheimer qui se révèle par une atteinte de la mémoire à court terme, mais l’action
de la prégnénolone, même préventive, n’a pas été démontrée pour cette maladie. 

À quel âge faut-il faire doser sa prégnénolone ?

Même si la baisse des taux de prégnénolone se fait naturellement avec l’âge, elle se
fait très différemment suivant chaque personne et situation. Il semble que vers l’âge
de 75 ans il ne nous resterait que 40 % des taux que nous avions vers la trentaine. 

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Ces chiffres restent toutefois purement théoriques. La mesure des taux indique que
chaque situation reste individuelle : des adultes jeunes (souvent en situation de
surmenage et/ou de stress) peuvent avoir des taux très bas ; et des personnes plus
âgées des taux quasiment inexistants. 

Il n’y a, de fait, pas d’âge pour subir des stress intenses à répétition, des situations de
harcèlement, ou les rythmes de travail cérébral que l’on s’impose (parfois par défi ou
compensation) ou que l’on vous impose abusivement. 

Hélas, le stress et le surmenage n’attendent pas « le nombre des années » et il


m’arrive de constater des taux effondrés chez des personnes entre 20 et 30 ans. 

Il faut faire doser la forme circulante dite « sulfate de prégnénolone » (S-


prégnénolone), le dosage de la forme liée (prégnénolone) n’a que peu d’intérêt. Tout
laboratoire « de ville » peut transmettre l’analyse à un laboratoire spécialisé. En
France, ce dosage n’est pas inscrit à la nomenclature des actes remboursables. 

Contre-indications et effets secondaires

Comme la DHEA, en tant que neurostéroïde et précurseur des autres hormones


stéroïdes, la « preg » doit être déconseillée (en dehors d’un avis médical) chez toute
personne ayant un cancer dit « hormonodépendant » comme le cancer du sein ou de
la prostate. 

De même, il n’est pas question d’en proposer à des enfants, des femmes enceintes ou
allaitantes. Même si l’éviction doit être proposée dans certains cas, certains sujets
âgés ont du mal à s’en passer : la décision doit alors être le fruit d’une information et
d’un choix personnel. 

J’ai personnellement peu relevé d’effets secondaires. 

Cela étant, en tant que stimulant du fonctionnement cérébral, la prise de « preg »


peut avoir des effets excitants. Il est donc logique de ne pas dépasser les taux
physiologiques et d’éviter de la prendre le soir si l’on est insomniaque. 

De même on la déconseille en cas de risque épileptique ou chez des personnes ayant


des troubles de la personnalité pouvant conduire à la violence et à l’agitation. 

Certains décrivent des états nauséeux. Je n’en ai pas personnellement répertorié. Je


n’ai pas, non plus, remarqué d’interactions négatives avec des médicaments, en
particulier avec les dépressifs sous traitement. 

Chez certaines personnes, elle peut se transformer en grande partie en DHEA et donc
conduire aux mêmes effets secondaires : peau grasse, survenue d’acné. Ces troubles
sont réversibles à la diminution des doses ou arrêt temporaire du traitement. 

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Comment se procurer de la prégnénolone ?

Comme la DHEA, la « preg » est une substance de synthèse. Son statut juridique est
quasiment le même. En France elle doit être considérée comme un médicament. Elle
est donc disponible dans certaines pharmacies qui vous la délivreront sur
prescription si vous avez la chance d’avoir un médecin qui vous la conseille. 

Dans le cas contraire, vous pourrez la trouver, via le Net, sur certains sites de pays où
elle a un statut de « complément alimentaire ». Sa consommation se fera alors sur
votre seule et entière responsabilité. Mais attention : je vous déconseille toute
autoprescription de « preg » sans un dosage préalable et une autosurveillance. 

Il est bien évident que, dans l’absolu, une surveillance médicale doit être préconisée
et que, comme la DHEA, la prégnénolone est totalement interdite chez le sportif
pratiquant la compétition et sujet à des tests antidopage. 

Bonne journée et surveillez bien votre messagerie. 

Docteur Dominique Rueff 

Ces médicaments qui pourraient vous rendre


malade...

Chère amie, cher ami, 

Je regardais la fin de l’émission « Envoyé Spécial » sur France 2 à propos des


médicaments en vente libre [1]. Il était notamment question de substances en spray
nasal et en comprimés à base de pseudoéphédrine pour soigner les rhumes.

Ces substances ont le pouvoir de tuer. 

C’est ce que racontait ce reportage en se basant sur l’histoire d’une personne d’une
quarantaine d’années qui avait frôlé l’infarctus après avoir utilisé ces médicaments.
L’Académie de Médecine a d’ailleurs demandé à l’Agence française du médicament
de les placer sur liste, c’est-à-dire de ne les rendre accessibles que sur seule
ordonnance médicale… 

Pourquoi est-ce que je vous parle de cela ? En fait et toujours avec la même optique :
réfléchissons à deux fois avant de prendre un médicament, même s’il est en vente
libre. 

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Je voudrais vous parler aujourd’hui du reflux gastrique œsophagien (RGO) et des
médicaments qu’on utilise pour le traiter. Il s’agit d’une classe de médicaments que
l’on nomme « inhibiteurs de la pompe à protons ». 

Le RGO, ou reflux œsogastrique, est une maladie que presque tout le monde connaît
mais à des stades différents. Ceux qui ont des enfants ou des petits-enfants penseront
tout de suite au « rot du nourrisson ». 

Mais en réalité plus d’un Français sur dix en souffre, qu’il s’agisse de remontées de
liquide plus ou moins acides, ou de douleurs de l’estomac, ou au-dessus de ce
dernier (œsophage). 

Les IPP, tout le monde connaît également, hélas… 

Qui n’a jamais reçu une ordonnance pour ces produits destinés à bloquer les
sécrétions acides des cellules gastriques pour soulager les douleurs et prévenir les
ulcères ? Comme les vasoconstricteurs (pour soigner les rhumes) dont je viens de
vous parler ci-dessus, sachez qu’ils peuvent aussi mettre votre santé en danger. 

Après avoir vu le reportage sur le sujet publié dans la revue Alternatif Bien-Être [2]


(cliquez ici pour en savoir plus sur  Alternatif Bien-Être), qui faisait référence à deux
études scientifiques [3] publiées dans des revues internationales, dont l’une portait
sur 240 000 sujets, j’ai commencé à approfondir mes recherches. 

Je souhaite partager avec vous mes conclusions. 

Un symptôme qui disparaît aussi vite qu’il est apparu

Mais avant d’aller plus loin, je dois vous confier quelque chose afin de vous faire
réfléchir au fait que cela ne vaut probablement pas la peine de mettre sa santé, voire
sa vie en jeu pour un symptôme qui peut disparaître aussi rapidement qu’il est
apparu. Soit tout seul, soit avec quelques mesures élémentaires de nutrition et de bon
sens ! 

Dans mon cabinet, j’avais coutume de dire à mes patients : « Un rhume mal soigné
dure sept jours, et bien soigné, ne dure qu’une semaine ! » 

Mais revenons aux reflux… Voici quelques réflexes à avoir plutôt que de prendre des
médicaments qui ne traiteront pas le vrai problème. 

Si vous souffrez chroniquement de ce type de symptôme, consultez un médecin et


n’hésitez pas à lui suggérer de vous prescrire un examen visuel de l’œsophage ou de
l’estomac qu’on appelle fibroscopie. 
Ce n’est pas très agréable, j’y suis passé, mais c’est indispensable car ces lésions
peuvent dégénérer. Le cancer de l’œsophage ou de l’estomac pardonnent

67
rarement… 

Avant d’envisager une quelconque solution, cessez de fumer ou réduisez votre


consommation au maximum car le tabac est une cause favorisante de lésion bénigne,
et bien entendu de sa possible dégénérescence en cancer. 
Ne buvez jamais trop chaud ! On sait très bien que les populations qui boivent du thé
presque bouillant ont un risque plus élevé : pensez-y quand vous mangez votre
soupe. 
Qu’il s’agisse de liquides ou de solides : mâchez. L’imprégnation salivaire préparera
les aliments à leur absorption et diminuera le risque de corrosion gastrique. 
Ne dînez pas trop tard, évitez de vous coucher à moins de trois heures de votre
repas, ne mangez pas un repas trop copieux, trop gras ou trop « arrosé » le soir. 
Rehaussez la tête de votre lit ou dormez la tête sur deux coussins et de préférence sur
le côté gauche. 
Je pourrais continuer ainsi avec d’autres conseils pratiques et fondamentaux, car
presque tout le monde a connu à un moment de sa vie des remontées acides et a
expérimenté ces conseils. 

Voulez-vous mourir prématurément ?

L’article d’Alternatif Bien-Être, qui vous sera exceptionnellement offert en


cadeau pour tout abonnement à Alternatif Bien-Être, résume les conclusions de deux
grandes études américaines, et signale que les IPP prises au long cours peuvent : 

D’une part augmenter le risque de maladies graves du rein de 20 à 40 % 


D’autre part celui de mourir prématurément de 76 % 
Alors que faire quand on souffre de ce type de maux ? 

On peut bien sûr remplacer les IPP par des médicaments plus anciens comme les
« pansements antiacide », les « modificateurs de la motricité de l’estomac » ou encore
les « bloqueurs de l’acidité ou inhibiteurs de la sécrétion gastrique » appelés
« anti H2 ». 

Mais ces médicaments ont d’autres inconvénients. 

Les « pansements gastriques » sont bien connus car ils soulagent rapidement reflux
et douleurs gastriques en tamponnant les sécrétions d’acides. Présentés sous forme
de comprimés à croquer avec des parfums synthétiques, ou de gels, ils contiennent
des alginates mais parfois aussi de l’aluminium, qui est contre-indiqué lui aussi en
cas de maladie rénale. Certains avancent qu’il pourrait augmenter le risque de
maladie d’Alzheimer. Ce débat n’est pas clos. Ils peuvent aussi inhiber l’action de
certains médicaments comme les bêtabloquants prescrits en cas d’hypertension, le
fer, les hormones thyroïdiennes, l’aspirine qui peut jouer un rôle majeur dans la
prévention des accidents cardiovasculaires. Certains de leurs composants comme le

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sorbitol peuvent perturber le transit intestinal et provoquer des ballonnements. 

Les modificateurs de la motricité, eux, améliorent la vidange de l’œsophage et de ce


fait ont une action positive sur les nausées. C’est aujourd’hui la « dompéridone » qui
est utilisée, les médicaments précédents ayant été retirés du marché car ils pouvaient
augmenter le risque de troubles cardiaques graves. Ce dernier, déconseillé en cas de
troubles hépatiques, peut modifier la sécrétion d’une hormone hypophysaire appelée
prolactine et aussi augmenter le risque de troubles du rythme cardiaque en cas
d’administration concomitante d’un antifongique : le kétoconazole. 

Les « anti H2 » ou « inhibiteurs de la sécrétion gastrique » bloquent la sécrétion


acide des cellules gastriques et partagent de ce fait l’un des inconvénients des IPP
(voir ci-dessous). Leur chef de file est la « cimétidine » qui peut, elle aussi, interagir
avec de nombreux médicaments. Ils sont déconseillés pendant la grossesse, en cas de
troubles cardiaques et rénaux, et peuvent augmenter eux aussi le risque de
gynécomastie [4] et de troubles du rythme. 

Bref ! Pas de solution miracle dans ces médicaments, ce qui ne veut pas dire que l’on
ne peut en prendre ponctuellement si besoin. Si vous les prenez en automédication,
je vous conseille fortement de le signaler à votre médecin traitant pour éviter des
interactions médicamenteuses dangereuses. Car en diminuant les sécrétions acides,
tous ces médicaments, IPP compris, peuvent modifier la flore intestinale et
augmenter le risque de constipation. 

Quand les médicaments déclenchent des maladies graves

C’est le comble ! Comment accepter qu’un médicament conseillé pour soigner une
affection bénigne puisse être à l’origine d’une maladie grave ? 

En inhibant les sécrétions acides, ces médicaments peuvent engendrer, à terme, une
atrophie de la muqueuse gastrique que l’on nomme « gastrite atrophique ». Il existe
un lien entre cette maladie et le cancer de l’estomac, bien qu’aucune causalité n’ait
encore été démontrée. Dans le doute, je pense qu’un usage régulier doit être banni. 

Ce que vous risquez avec ces médicaments

Les médicaments contre les reflux et les douleurs de l’estomac modifient la flore
intestinale dont l’intégrité est indispensable si vous désirez conserver une bonne
santé et de bonnes défenses immunitaires. 

Ils modifient également le métabolisme hépatique et pancréatique par l’intermédiaire


des cytochromes [5]. 

Ils interfèrent avec de nombreux médicaments et nutriments comme le fer, les

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protéines et la vitamine B12. 

Le Conseil médical des médicaments [6], au Québec, a bien intégré leurs dangers, et a
justement lancé une campagne de sensibilisation à propos de leurs effets. 

Ces pilules qui masquent les problèmes

Le plus grave est que, comme tant de médicaments, ils soignent la conséquence
(reflux, douleurs) sans chercher l’origine du mal, la cause réelle de ces problèmes
digestifs ou de ces douleurs d’estomac. Pire, ces médicaments peuvent même
potentiellement masquer ces problèmes. 

L’origine infectieuse de l’ulcère : une révolution médicale !

Il y a quelques dizaines d’années, la découverte du rôle pathogène de l’Helicobacter


pylori, cette bactérie en forme d’hélice, d’où son nom, sur les ulcères et les cancers
gastriques fut une vraie révolution ! Cette bactérie est aussi soupçonnée de jouer un
rôle dans la survenue de certaines urticaires, purpuras [7] et même certains troubles
cardiovasculaires. 

Aujourd’hui, tous les médecins la connaissent bien et savent comment la détecter et


en suivre l’évolution après traitement. Le traitement majoritairement utilisé est une
association d’antibiotiques et antiacides pendant quelques semaines. 

Bien entendu, ce traitement va modifier la flore intestinale mais l’éradication du


germe est, à terme, une priorité qui nécessite une surveillance attentive et peut-être
de nouvelles répétitions de traitements plus ou moins modifiés. 

Entre les cures, toutes les solutions nutritionnelles (et de bon sens) que nous avons
évoquées sont absolument indispensables si l’on veut consolider le traitement et
limiter l’usage des antibiotiques, mais malheureusement elles ne sont pas à elles
seules suffisantes. 

Les alternatives ou compléments aux traitements médicamenteux

En dehors des mesures de bon sens et des médicaments, quelques-unes sont à


signaler. 

Toujours elle, la revue Alternatif Bien-Être propose de proscrire les fritures, les


épices et condiments acides, les excès d’aliments gras, la choucroute, les fromages
fermentés, les alcools forts, le café (surtout au lait !), le jus d’orange, l’oignon, le
chocolat… et bien entendu le tabac. 

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En revanche, il est recommandé de consommer de l’huile de colza, de coco et de lin,
les noix (si vous n’y êtes pas intolérant), les produits riches en oméga-3. On conseille
également de consommer du chou, des brocolis, des patates douces, des bananes, de
l’ail (si on le supporte), de la réglisse (sauf en cas d’hypertension), des myrtilles,
paradoxalement du poivre de Cayenne, et des infusions de camomille, de feuilles de
bois de pomme, d’achillée millefeuille, de marrube et de fenugrec. Mais tout est
question de mesure et de susceptibilité individuelle. 

Contrairement à ce que beaucoup pensent : 

Le citron et le jus de citron pris à jeun avec un peu de vinaigre de cidre et/ou de
bicarbonate et/ou de miel sont de grands alcalinisants 
Le jus de pomme de terre est très efficace pour lutter contre les brûlures d’estomac 
Le millet est la seule céréale alcalinisante 
Je vous conseille d’ajouter un maximum de céleri et de carottes cuites à vos plats de
légumes 
Le raisin, à condition d’être consommé bio, donc sans pesticides, est très alcalinisant. 
Parmi les compléments alimentaires, il faut signaler : 

Que la vitamine C préparée naturellement ou avec des ingrédients naturels n’est pas
acidifiante et qu’elle est absolument indispensable en cas d’infection. Vous pouvez
en cas de besoin, comme une grippe, en prendre pendant quelques jours 4 à 6 g
jusqu’à ce qu’une diarrhée vous indique de réduire la dose. 
Je vous conseille d’associer des comprimés dits « à action prolongée » et de l’acide
ascorbique que vous achèterez en pharmacie, à diluer dans un litre d’eau, sachant
qu’une cuillerée à café rase équivaut à 3 ou 4 g. 

Qu’une supplémentation régulière en vitamine E naturelle peut contribuer à traiter


efficacement les ulcères du tube digestif. 
Que l’açaï, fruit brésilien, peut être conseillé du fait de son très fort pouvoir
antioxydant. Il est source de vitamine E, de fibres, de vitamine B1 et de fer. Il peut
être consommé sous forme de gélules d’extraits concentrés bios. 
La résine de mastic est un supplément nutritionnel sûr, efficace et naturel, dénué
d'effets secondaires. Elle est présentée en capsules et son efficacité est confirmée par
plusieurs études cliniques [8]. Elle est une alternative intéressante et devrait être
proposée systématiquement entre les traitements conventionnels. Même si
l’Helicobacter pylori n'est pas suspecté, la résine de mastic peut être utilisée pour
apaiser les douleurs d'estomac, aider à reconstituer la paroi de l’estomac et du
duodénum, favoriser une bonne digestion et rafraîchir l'haleine ! 
Bien entendu la liste n’est pas exhaustive. 

Vous l’avez compris, ce que j’aimerais que vous reteniez de cette lettre, c’est qu’il est
capital de réfléchir avant de vous automédicamenter. 

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Les deux exemples que j’ai choisis ne sont pas isolés : il faudrait aussi citer les
antidouleurs comme le paracétamol ou les anti-inflammatoires non
stéroïdiens (AINS). 

Loin de moi l’idée de bannir totalement le recours ponctuel à ces molécules, mais : 

D’une part il faut en connaître les contre-indications, les limitations d’emploi et donc
à minima lire les notices et prendre conseil auprès de son pharmacien et/ou de son
médecin en n’omettant pas de signaler les autres traitements que l’on prend. 
D’autre part, ne pas les consommer au long cours sans une sérieuse raison, sans avoir
tenté des traitements alternatifs et surtout sans mesures hygiénodiététiques
indispensables et prioritaires pour un résultat à terme. 

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