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CHAPITRE 3

DIMENSIONNEMENT DES SYSTEMES DE CONVERSION


D’ENERGIE ELECTRIQUE PHOTOVOLTAÏQUE

1. Introduction
L’électrification par énergies renouvelables est une solution attractive en site isolé, à accès difficile
ou éloigné du réseau électrique. Cette électrification, par voie photovoltaïque ; nécessite un
raccordement de dispositifs capables de convertir l’énergie solaire en énergie électrique exploitable à
des fins d’alimentation. Connaissant le procédé de conversion photovoltaïque ainsi que les éléments
constituant la centrale électrique d’origine photovoltaïque ; on doit déterminer en fonction des
sollicitations telles que l’ensoleillement et le profil de charge, l’ensemble des éléments de la chaîne
photovoltaïque.
Toute installation photovoltaïque possède un dispositif de stockage, qui est l’un des éléments le plus
fragile du système, pour assurer une longue vie de la batterie on doit lui associer un système d’interface
pour sa protection.

2. Procédé de conversion photovoltaïque


2.1. Le système photovoltaïque
Le solaire photovoltaïque repose sur l'effet photoélectrique, découvert en 1839 par Antoine
Becquerel et théorisé en 1922 par Albert Einstein. C'est l'énergie lumineuse qui arrache un ou plusieurs
électrons aux atomes de silicium du capteur. Ces électrons, en se déplaçant, fournissent un courant ou
une tension électrique.
L'énergie photovoltaïque résulte donc de la transformation directe de la lumière du soleil en énergie
électrique au moyen de cellules généralement à base de silicium. Pour obtenir une puissance suffisante,
les cellules sont reliées entre elles et constituent le module ou panneau solaire.
En fonction de la puissance désirée, les panneaux eux-mêmes peuvent être assemblés pour
constituer un "champ photovoltaïque". Relié au récepteur sans autre élément, le panneau solaire
fonctionne "au fil du soleil", c'est-à-dire que la puissance électrique fournie au récepteur est fonction de
la puissance d'ensoleillement. Elle est donc à son maximum lorsque le soleil est au zénith et nulle la nuit.
Mais, très souvent, les besoins en électricité ne correspondent pas aux heures d'ensoleillement ou
nécessitent une intensité régulière (éclairage ou alimentation de réfrigérateurs, par exemple). On équipe
alors le système de batteries d'accumulateurs qui permettent de stocker l'électricité et de la restituer en
temps voulu.

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Un régulateur est alors indispensable pour protéger la batterie contre les surcharges ou les
décharges profondes nocives à sa durée de vie.
Enfin, le générateur photovoltaïque produisant du courant continu (comme des piles), il est
nécessaire pour un certain nombre d'applications de le convertir, à l'aide d'un onduleur en courant
alternatif (comparable à celui qui alimente nos appareils type télévision, réfrigérateur, etc.…).
Ces différents éléments constituant le système photovoltaïque, générateur d’énergie électrique
(voir figure 3.1), sont décrits dans les paragraphes suivants :

Fig 3.1: Schéma bloc d’une installation photovoltaïque autonome avec stockage d’énergie.

2.2. Les cellules photovoltaïques ou photopiles


Il est possible d'utiliser directement l'énergie reçue du soleil grâce à des capteurs soit sous forme
électrique, soit thermiques.
Le générateur photovoltaïque responsable de la conversion d’énergie solaire incidente en énergie
électrique par l’effet photovoltaïque, est constitué de plusieurs modules assemblés en série et en parallèle
selon la puissance demandée ; chaque module est lui-même constitué de cellules photovoltaïque
généralement montés en série ; (voir figure 3.2).

Fig 3.2: Schéma bloc d’une installation photovoltaïque autonome avec stockage d’énergie.

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Actuellement la majorité des cellules solaires commercialisées sont fabriquées en silicium, la
différence entre les constructeurs se situe dans la taille et la forme des cellules et celle des modules ainsi
que dans la manière d’encapsulation des cellules.
Une cellule photovoltaïque est principalement constituée à partir de silicium dopé (semi-
conducteur : jonction PN). Lorsqu’une cellule est exposée au rayonnement électromagnétique solaire,
les photons de la lumière transmettent leur énergie aux atomes de la jonction. Cette énergie permet aux
électrons de libérer des atomes, générant ainsi des électrons (charges N) et des trous (charges P). Ces
charges sont alors maintenues séparées par un champ électrique qui constitue une barrière de potentiel.
Une fois les charges P et N isolées, il suffit de fermer le circuit entre ces deux zones P et N pour
mettre en mouvement les électrons et crée ainsi un courant électrique. L’effet photovoltaïque ainsi réalisé
permet de convertir l’énergie du rayonnement (photon) en énergie électrique (Volt); (voir figure 3.3).

Fig 3.3: La Jonction NP connectée à une charge.

Il existe un grand nombre de technologies mettant en œuvre l’effet photovoltaïque, les principales
technologies industrialisées en quantité à ce jour sont à base du silicium sous forme monocristallin,
polycristallin ou amorphe ; ces matériaux sont utilisés en tranches fines ou en dépôts sur un substrat.
- La technologie monocristalline : Plus chère, utilise des barres pures de silicium également
employées dans la fabrication des puces électroniques. Le silicium monocristallin est une matière
première d'une très grande pureté.
- Le silicium polycristallin : Quant à lui, est obtenu par refonte des chutes de silicium
monocristallin. Son taux de rendement est légèrement inférieur mais il est beaucoup moins cher à l'achat.
- C’est la technologie ‘couche mince’ : Qui désigne un type de cellule (ou module) obtenu par
diffusion d’une couche mince de silicium amorphe sur un substrat (verre).

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2.2.1. La caractéristique I-V d’une cellule photovoltaïque
Les caractéristiques du courant d’une cellule photovoltaïque peuvent être schématisées comme suit:

Fig 3.4: Schéma équivalent d’une cellule photovoltaïque.

Pour la cellule idéale : IV  Iph  IdV où


IV : Courant disponible ;
V : Tension aux bornes de la jonction ;
Iph : Courant produit par la photopile, ce courant est proportionnel au flux lumineux.

 q  V 1 
On a aussi : IdV   I  Exp  où
 JkT
kT
 26mV à 300K(27C) pour le silicium ;
q
J : Coefficient d’idéalité de la diode ;
Is : Courant de polarisation de la diode.

Cette représentation schématique de la photopile est idéalisée. Une photopile comporte en réalité
une résistance série Rs et une résistance en dérivation ou shunt Rs Rsh  . Ces résistances auront
une certaine influence sur la caractéristique I-V de la photopile ; (voir Figure 3.5).

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Fig 3.5: Influence des résistances shunt et série sur la caractéristique courant-tension d’une cellule
photovoltaïque.

- La résistance série : Est la résistance interne de la cellule ; elle dépend principalement de la résistance
du semi-conducteur utilisé, de la résistance de contact des grilles collectrices et de la résistivité de ces
grilles ;
- La résistance shunt : Est due à un courant de fuite au niveau de la jonction ; elle dépend de la façon
dont celle-ci a été réalisée.
On appelle facteur de forme FF (filling factor), le rapport entre la valeur maximale de la puissance
pouvant être extraite Im Vm  de la photopile sous les conditions de mesures standardisées, et le produit
Icc Vco où:
- Icc : Intensité de court-circuit ;
- Vco : Tension de circuit ouvert ;
Im Vm
FF 
Icc  Vco
Pour une cellule de fabrication industrielle, le facteur de forme est de l’ordre de 70%.

2.2.2. Influence de l’ensoleillement et de la température


Sachant que le courant produit par la photopile Iph est pratiquement proportionnel au flux
lumineux  . Par contre, la tension V aux bornes de la jonction varie peu car elle est fonction de la
différence de potentiel à la jonction NP du matériau lui-même (pour le silicium monocristallin, elle est
de 590 mV pour Tj  25C . La tension de circuit ouvert ne diminuera que légèrement avec le flux
lumineux. Ceci implique donc que :
 La puissance optimale de la cellule Pm est pratiquement proportionnelle à l’éclairement ;
 Les points de puissance maximale se situent à peu près à la même tension ; (voir Figure 3.6).

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Fig 3.6: Influence de l’ensoleillement sur la courbe.

L’influence de la température est non négligeable sur la caractéristique courant/tension d’un semi-
conducteur (voir figure 3.7). Pour le silicium, lorsque la température augmente, le courant augmente
d’environ 0,025 mA/cm2/°C alors que la tension décroît de 2,2 mV/°C/cellule. Cela se traduit par une
baisse de puissance d’environ 0,4%/°C. Cette influence devra être prise en compte lors du
dimensionnement du générateur photovoltaïque.

Fig 3.7: Influence de la température sur la courbe I-V.

Une convention internationale définit la puissance d’une cellule en watt crête.


Le Wc (Wp en anglais) est la puissance optimale fournie par la photopile sous des conditions de
mesures normalisées (cmn), c’est-à-dire pour un ensoleillement de 1kW/m2 et pour une température de
jonction de la cellule de 25 °C. Le rendement de conversion (efficacité) d’une cellule est le rapport entre
la puissance électrique optimale (Pm) et la puissance solaire reçue à la température de référence. Ainsi,

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une simple cellule de silicium monocristallin ayant une surface de 100 mm×100 mm aura une efficacité
d’environ 14% et produira environ 1,4 Wc à 0,5 volt.

2.3. Les modules photovoltaïques


Chaque cellule fournit fort peu D’énergie électrique, sous une tension (Maximale) de 0.45V
environ ; il est donc indispensable de grouper ces cellules, pour obtenir une énergie exploitable, sous
une tension pratique à utiliser. Généralement les cellules sont montées en série, La tension du module
est égale à : la somme des tensions des cellules ; par contre, le courant est celui d’une seule cellule ; (voir
figure 3.8).

Fig 3.8: Groupement des cellules dans un module.

2.3.1. Les caractéristiques I-V d’un module photovoltaïque


Ces courbes sont déterminées pour un éclairement et une température ambiante donnés. Souvent
une seule courbe est donnée : celle qui correspond aux conditions standards : éclairement conventionnel
de 1000 W/M2 à une température de 25°C.
La caractéristique du courant I = f (V) d’une cellule photovoltaïque peut être schématisée comme
suit :

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Fig 3.9: Caractéristique I-V d’un module photovoltaïque Pour une température T=25°C et un
éclairement E=1000 W/m2.

2.3.2. Les caractéristiques des modules photovoltaïques


Le module photovoltaïque est un élément de base du générateur, par assemblage de modules on
obtient l’énergie électrique nécessaire ; un module photovoltaïque est caractérisé par deux grandeurs
principales :
 La puissance crête d’un module est la puissance électrique maximale délivrée sous un éclairement
de 1000 W/m² et pour une température de jonction de la cellule de 25°C, la puissance crête correspond
donc à une puissance maximum que le module peut fournir.
 La tension nominale d’un module est celle qu’on mesure aux bornes lorsqu’il fournit sa puissance
maximale.

2.3.3. La protection des cellules et des modules


La cellule photovoltaïque est un élément très fragile, en cas d’occultation ou un court-circuit
accidentel, la cellule peut subir une tension inverse trop élevée ou être traversée par un courant trop
important.
Afin de protéger les cellules et les modules photovoltaïques, on utilise des diodes de protections
qui doivent être montées en série ou en parallèle.
 Les diodes parallèles (shunt) : Pour la protection des cellules contre les tensions inverses.
 Les diodes série : Pour la protection d’une branche de modules ou de cellules contre le courant
inverse.
La figure (3.10.a) et (3.10.b) illustre le principe de protection des cellules et des modules par utilisation
des diodes.

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Fig 3.10.a: Protection des cellules contre la tension inverse.

Fig 3.10.b: Protection des modules par des diodes.

2.4. Les batteries d’accumulateurs


2.4.1. La nécessité de stockage
Les caractéristiques de l’énergie solaire pose le problème du stockage au niveau des installations
photovoltaïques. En effet, l’apport et les besoins en énergie ne coïncident pas, les besoins augmentent là
où les apports solaires n’existent pas, comme c’est le cas pour les systèmes d’éclairage dont le besoin
augmente la nuit.
Le moyen le plus adapté aux systèmes photovoltaïque est le stockage électrochimique. Le système
le plus couramment utilisé est la batterie d’accumulateur électrochimique ; ces accumulateurs permettent
de stocker l’énergie électrique sous forme chimique pour la restituer à tout moment et sur demande grâce
à des réactions réversibles.

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2.4.2. Le rôle d’une batterie
Dans un système photovoltaïque, la batterie remplit trois fonctions importantes :
 Autonomie : Une batterie permet de répondre aux besoins de la charge en tout temps, même la
nuit ou par temps nuageux.
 Courant de surcharge : Une batterie permet de fournir un courant de surcharge pendant
quelques instants, c’est-à-dire un courant plus élevé que celui que peut fournir le champ PV. Ceci est
nécessaire pour faire démarrer les moteurs et les autres appareils requérant un courant de démarrage de
3 à 5 fois supérieur au courant d’utilisation.
 Stabilisation de la tension : Une batterie permet de fournir une tension constante, en éliminant
les écarts de tension du champ PV et en permettant aux appareils un fonctionnement à une tension
optimisée.

2.5. Les régulateurs


2.5.1. La nécessité d’un régulateur
La batterie d’accumulateurs est l’un des éléments le plus fragile d’un système photovoltaïque ; en
effet, une charge excessive entraîne un dégagement gazeux, dû aux réactions internes, ce qui provoque
l’oxydation des électrodes ; de même une décharge profonde provoque la sulfations des électrodes ; c’est
à dire une couche blanche de sulfate de plomb qui empêche toute recharge.
Afin de contrôler au mieux les conditions de charge et de décharge on intercale entre le générateur
et la batterie d’accumulateur un dispositif de régulation appelé : régulateur de charge. Celui-ci constitue
donc, un élément de base dans l’installation photovoltaïque dont dépend la fiabilité et le rendement de
la centrale.
Le régulateur de charge assure donc deux fonctions principales :
 La protection des batteries contre les surcharges et les décharges profondes ;
 L’optimisation d’un transfert d’énergie du générateur photovoltaïque à l’utilisation.

2.5.2. Le principe de fonctionnement d’un régulateur


L’indicateur utilisé est la tension aux bornes de la batterie ; en effet, cette grandeur est la seul
facilement mesurable capable de donner une estimation de l’état de charge. Le régulateur doit maintenir
l’état de charge des batteries entre deux seuils, un seuil haut et un seuil bas à ne pas dépasser.
Différents types de régulateurs existe sur le marché, les plus utilisés parmi sont : les régulateurs
série et les régulateurs shunt. Lorsque les batteries ont atteint leur pleine charge, le régulateur shunt
intercepte le courant en provenance du champ et l’envoie directement à la terre (ou à une borne négative),
par l’intermédiaire d’une charge résistive. Le régulateur série ouvre le circuit électrique pour couper le
courant qui provient du champ PV.

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Un régulateur de charge qu’il soit de conception simple ou compliqué, constitue toujours le cœur
d’une installation photovoltaïque et doit assurer la fiabilité et la performance.

2.6. Le convertisseur
C'est un onduleur qui transforme le courant continu produit par le générateur photovoltaïque en
courant alternatif adapté aux normes industrielles qui sont le monophasé ou triphasé, 50 ou 60 Hz.
Un onduleur est un dispositif électronique statique servant à convertir le courant électrique continu
en courant alternatif (signal carré ou sinusoïdal) avec la fréquence souhaitée ; dont ils existe une très
grande variété sur la marché.
Ils sont utilisés principalement dans deux types de systèmes :
 Les alimentations sans interruption : La source de tension continue est généralement donnée
par la batterie d'accumulateurs, la tension et la fréquence de sortie sont fixent ;
 Les variateurs de vitesse : La tension et la fréquence de sortie sont variables.

3. Les stratégies de régulations des systèmes photovoltaïques


3.1. Les batteries d’accumulateurs
Les accumulateurs électrochimiques sont des générateurs réversibles, c’est-à-dire pouvant stocker
l’énergie électrique sous forme chimique puis la restituer à tout moment sur demande grâce à la
réversibilité de la transformation.

3.1.1. Les principaux types d’accumulateurs


Les deux types de batteries utilisés le plus couramment dans les systèmes photovoltaïques sont :
 Les batteries avec accumulateurs au plomb (Pb) ;
 Les batteries avec accumulateurs au nickel-cadmium (Ni-Cd).
Actuellement, les accumulateurs les mieux adaptés aux systèmes photovoltaïques sont les éléments
au plomb ; la mise en série d’éléments permet d’avoir la tension souhaitée.
Particulièrement les systèmes photovoltaïques utilisent les batteries stationnaires, qu’on trouve
souvent dans les systèmes d’éclairages et les centraux téléphoniques et qui sont adaptées selon le cas :
 A la décharge lente à partir de 3 heures jusqu’à 10 heures ;
 A la décharge rapide avec parfois des autonomies de 5 minutes.

3.1.2. Les caractéristiques des accumulateurs solaires


Généralement une batterie est caractérisée par un certain nombre de paramètres qui déterminent
son fonctionnement :

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 La tension : La tension aux bornes d’un élément d’accumulateur est voisine de 2 V, elle varie
entre 1.7 V et 2.4 V suivant l’état de charge en conditions normales de fonctionnement.
 La capacité : On appelle capacité la quantité maximale d’énergie restituable par l’accumulateur
pendant la période de décharge, exprimé habituellement en ampères-heures (Ah). La capacité d’un
élément est fonction du régime de décharge, la capacité nominale C n  d’une batterie étant donnée, en
général, pour un régime de décharge en 10 h.
 La charge : Pendant la charge l’accumulateur est un récepteur (environs de 2,2 V) ; en fin de
charge (point M), on note un accroissement rapide de la tension, les plaques complètement polarisées,
la fin de charge est atteinte à 2.6 V ou 2.7 V en charge cyclique.
 La décharge : Pendant la décharge, la force électromotrice varie, en fonction du temps comme
l’indique la figure (3.1). Durant une assez longue durée d’utilisation, elle reste remarquablement constant
à la valeur de 2V environ. A partir du point N, elle diminue brusquement (1,8V), il faut alors recharger
l’accumulateur, sous peine de voir apparaître la sulfatation des plaques.
En pratique, on ne descend pas en général au-dessous de 20 % ou davantage de la capacité
batterie. Sinon, la sulfatation entraîne une perte de capacité et une augmentation de la résistance interne
d'où baisse de tension.

Fig 3.11: Caractéristique charge et décharge d’une batterie d’accumulateur.

 Le rendement : C’est le rapport entre la quantité d’électricité débitée à la décharge Qd et celle

fournie lors de la charge Qc .

  Qd / Qc

 Le taux d’auto-décharge : C’est la perte de capacité obtenue en laissant l’accumulateur au repos


pendant un temps donné.
QA  QP
 %  
n QA
Avec :
- QA : capacité avant stockage ;

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- QP : capacité après stockage ;
- n : durée du stockage en mois.
 La durée de vie : Un accumulateur peut être chargé puis déchargé complètement un certain
nombre de fois avant que ces caractéristiques ne se détériorent, par ailleurs quelque soit le mode
d’utilisation de l’accumulateur il a une durée de vie totale exprimée en année.
En limitant la profondeur de décharge journalière (< 15 % C n ) et la profondeur de décharge saisonnière
(< 60 % C n ), on estime la durée de vie des accumulateurs à 6 ou 7 ans, ceux-ci étant protégés contre la
surcharge.

3.1.3. Utilisation des accumulateurs dans les systèmes solaires


Dans les systèmes solaires avec batterie, on utilise les accumulateurs en tampon, autrement dit le
générateur solaire et l’utilisation reste branchés en permanence sur la batterie.
Le cyclage imposé aux batteries sera directement lié à la capacité de stockage et à l’apport énergétique
solaire.
 Pour un stockage journalier, l’accumulateur sera soumis à un grand nombre de microcycles liés
à l’alternance jour/nuit, beau temps/mauvais temps.
 Pour un stockage saisonnier, l’accumulateur sera soumis à des cycles plus profonds liés à
l’alternance des saisons auxquels seront superposés des microcycles journaliers.

Compte tenu des conditions d’exploitation des batteries dans les systèmes PV, on recherchera des
éléments à :
 Faible autodécharge (  5 %) ;
 Cyclage profond ;
 Faible maintenance ;
 Durée de vie supérieure à 5 ans.

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3.2. Les modes de régulations
3.2.1. Les modes de fonctionnement
Pour un système donné, 5 modes de fonctionnement peuvent exister en fonction du flux solaire
(ensoleillement) et du courant d’utilisation (hors régulation).

 Mode 1
 La charge est déconnectée ;
 Le courant du module, fonction de l’ensoleillement, charge la batterie ; (figure 3.12).

Fig 3.12: Schéma de principe pour le mode 1.

 Mode 2
 La charge est connectée ;
 Le courant I p est supérieur au courant d’utilisation I p  I b  I u ;

 Le courant excédentaire charge la batterie ; (figure 3.13).

Fig 3.13: Schéma de principe pour le mode 2.

 Mode 3
 La charge est connectée ;
 Le courant du champ se trouve, pour un ensoleillement donné, égal au courant d’utilisation
Ip  Iu ;

 Aucun courant ne traverse la batterie I b  0 ; (figure 3.14).

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Fig 3.14: Schéma de principe pour le mode 3.

 Mode 4
 La charge est connectée ;
 Le courant venant du champ est inférieur au courant d’utilisation ;
 La batterie se décharge en fournissant le courant déficitaire I b  I u  I p ; (figure 3.15).

Fig 3.15: Schéma de principe pour le mode 4.

 La charge est connectée ;


 Le courant venant du champ est nul, I p  0 (période d’obscurité) ;

 La diode anti-retour est bloquée ;


 La batterie se décharge en fournissant le courant d’utilisation I b  I u ; (figure 3.16).

Fig 3.16: Schéma de principe pour le mode 5.

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3.2.2. Le conditionnement de la charge et de la décharge
La batterie est branchée en permanence sur le générateur solaire. La surcharge est évitée en
utilisant un régulateur de charge qui maintient la batterie dans un état voisin de la pleine charge. Cette
condition de fonctionnement dite : batterie flottante ou floating.
D’autre part, on augmentera considérablement la durée de vie si on limite la profondeur de
décharge de la batterie.
Différents systèmes électroniques sont réalisés pour limiter la charge et la décharge des
accumulateurs, rôle généralement assuré par le système de régulation (régulateur) associé.

3.2.3. La régulation électronique


Le régulateur électronique associé à un générateur photovoltaïque a généralement pour rôle de
réguler la charge et la décharge de la batterie. La régulation de charge est obtenue par limitation en
tension de la batterie (de l’ordre de 2,25 V à 2,35 V par élément.) afin d’éviter :
 Une surcharge entraînant une perte en eau ;
 Un vieillissement prématuré des accumulateurs.
La protection contre la décharge profonde est réalisée par un disjoncteur automatique dont le but
est d’éviter la sulfatation des plaques.

3.2.4. Optimisation du fonctionnement


Le générateur photovoltaïque transforme directement l’énergie solaire en énergie électrique, cette
énergie varie en fonction de certains paramètres du faite que les générateurs PV présentant une
caractéristique I-V non linéaire variant avec le flux solaire et la température de fonctionnement des
modules solaire.
Pour obtenir la puissance maximum possible du générateur photovoltaïque, il est nécessaire, de disposer
d’une impédance variable qui force à chaque instant le générateur photovoltaïque à travailler au point
de puissance max de la caractéristique I-V correspondante. En effet il faut que l’impédance interne du
générateur soit bien adapter à l’impédance de la charge ce qui permet d’assurer la poursuite du point de
puissance max. Ce problème peut être résolu en utilisant un convertisseur, qui consiste en un interrupteur
électronique (transistor, thyristor). Il doit être insérer entre le générateur et la charge et dont le contrôle
du rapport cyclique permet de maintenir ce point au point de puissance max.
Un tel système est couramment appelé système de poursuite du point de puissance maximum (MPPT :
maximum power point tracking). Il doit assurer le transfert de cette puissance quelles que soient les
conditions réelles de travail (variation du rayonnement solaire et de la température ambiante,
vieillissement des cellules) ou de la charge proprement dite.

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3.2.5. Fonctionnement au point de puissance maximum
L’étude d’adaptation (figure 3.17) d’un module PV branché sur une batterie revient à superposer
les caractéristiques I-V du module photovoltaïque et de la batterie en charge.
En première approximation, on considère qu’un accumulateur se charge sous une tension presque
constante, en dehors des courtes périodes de début et fin de charge.
On exprime la tension de la batterie Vb en fonction de deux paramètres : la force contre

électromotrice (fem) E 0 et la résistance interne r qui est très faible. La relation est la

suivante : Vb  E 0  r I p

Fig 3.17: Schéma d’adaptation des modules sur batterie.

En réalisant la liaison modules - batteries, le point de fonctionnement du module sera déterminé


par l’intersection des deux courbes caractéristiques.
I  f V 
V  V  RI  V  E  V  r  R I
 p b p d 0 d p

- I  f V  : Caractéristique du module photovoltaïque ;

- Vb : Caractéristique de la batterie ;

- Vd : Chute de tension dans la diode ;


- R : Résistance électrique des câbles.

Une bonne adaptation est obtenue lorsque la caractéristique de charge est pratiquement
perpendiculaire à l’axe des tensions dans la zone des puissances optimales. Cette condition justifie le
nombre de 36 cellules en moyenne pour les modules adaptés à la recharge d’une batterie de tension
nominale 12 V. En effet, la tension correspondante aux points de puissance maximale (14,3 V à 60 °C)
est égale à la chute de tension dans les câbles et diodes (0,8 V) additionnée à la tension de fin de charge
de la batterie (6 x 2,25 V/élément pour le plomb).

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La (figure 3.18) la superposition des caractéristiques de charge et des modules afin d’obtenir
l’adaptation adéquate :

Fig 3.18: Intersection des caractéristiques du module et de la batterie (zone de fonctionnement)

4. Dimensionnement des installations Photovoltaïques


4.1. Les différents systèmes photovoltaïques
Il existe différents types de générateurs variant selon le service souhaité et les applications
recherchées.

4.1.1. Les systèmes photovoltaïques Autonomes


Les systèmes autonomes sont très recherchés à l’échelon mondial en raison de leur rentabilité en
l'absence d'un réseau électrique ou d'un raccordement au secteur à proximité. Cette situation concerne
de nombreuses régions rurales.
Les installations autonomes se composent essentiellement de trois principaux composants. Les
modules solaires constituent le premier composant, car ils sont responsables du chargement des
accumulateurs. L’accumulateur joue un rôle clé dans ce contexte ; il doit être chargé et déchargé
correctement en vue de garantir une capacité de chargement maximale à long terme et une longévité
élevée. Le régulateur de charge, placé entre le module photovoltaïque et l’accumulateur, assure le
chargement optimal de l’accumulateur.

4.1.2. Les systèmes photovoltaïques connectés au réseau


Il s’agit d’un système qui ne peut fournir de l’énergie qu’au réseau, la batterie n’est plus présente.
L’excédent d’énergie sera fourni au réseau et l’énergie d’appoint sera prélevée du réseau. L’absence de
batterie est un point positif, car celle-ci augmente le coût du système photovoltaïque, en plus elle doit
être entretenue et changée après quelques années.

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Ces systèmes sont utilisés dans les immeubles, les domiciles ou les maisons déjà reliées au réseau
électrique.
4.1.3. Les systèmes photovoltaïques hybrides
Les systèmes hybrides reçoivent une partie de leur énergie d’une ou de plusieurs sources
supplémentaires. En pratique, les modules de systèmes PV sont souvent alliés à une éolienne ou à une
génératrice à combustible. De tels systèmes ont habituellement des accumulateurs de stockage d’énergie.
La combinaison d’un système photovoltaïque avec un générateur d’appoint dans un système PV
hybride de production d’électricité, fourni une grande fiabilité du système et peut représenter la solution
adéquate pour des nombreux sites isolés et dépourvus de tous autre types d’alimentation électrique ; ils
conviennent aussi lorsque la demande d’énergie est élevée (pendant l’hiver ou tout au long de l’année).

4.2. Dimensionnement des installations photovoltaïques


Le dimensionnement d’un générateur photovoltaïque a pour objectif la détermination de la
puissance crête du champ de modules solaires et la capacité de la batterie associée à partir des données
d’ensoleillement du site d’une part et des besoins électriques de l’utilisateur d’autre part. Cette
détermination des différents éléments doit permettre de garantir une fourniture d’énergie électrique tout
au long de l’année ou éventuellement sur une période déterminée.
Les données radio métriques pour une région déterminée sont généralement disponibles, mois par
mois, et correspondent à l’irradiation quotidienne moyenne sur un plan horizontal.
Les données sont généralement exprimées en kW/m2 et les valeurs de l’ensoleillement sont
données à la latitude du lieu considéré, et dépendent aussi de ses conditions climatiques.
Pour déterminer l’énergie quotidienne (journalière) moyenne incidente sur le plan des modules,
on effectue un calcul assez complexe à partir des données d’ensoleillement sur le plan horizontal et de
l’inclinaison donnée aux modules.
L’inclinaison optimale est fixée par le dimensionnement qui prend directement en compte la
capacité correspondante des batteries de stockage. Toutefois, l’inclinaison choisie est en général proche
de la latitude ( i   ).

4.2.1. Les principales Règles de dimensionnement


 N’utiliser le générateur photovoltaïque que pour des applications spécifiques de production
d’électricité telles que : l’éclairage, les télétransmissions, le pompage…
 Rejeter les applications thermiques de l’électricité (chauffage et cuisson) ;
 Choisir des récepteurs à haut rendement ;
 Choisir les chaînes de puissances les plus courtes (éviter si possible les onduleurs).

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4.2.2. Les étapes de dimensionnement d’un système photovoltaïque
Dimensionner une installation solaire photovoltaïque consiste à déterminer les caractéristiques de
l'installation, cela passe par :
 Une identification précise des besoins en électricité de l'utilisateur ;
 Une connaissance des ressources solaires locales (énergie solaire disponible du site par unité de
surface) ;
 Un calcul du nombre et de la taille de modules photovoltaïques fonction des ressources solaires
et répondant aux besoins de l'utilisateur ;
 Une recherche des caractéristiques des autres composants de l'installation solaire (capacité des
batteries, section des câbles, puissance de l'onduleur,…) ;
 Une consultation des fournisseurs pour une estimation de l'investissement à considérer.
Un bon choix de matériel, associé à un dimensionnement approprié garantissent le bon
fonctionnement de l’installation, sa durée de vie et la rentabilité de l’investissement.

4.2.3. Méthode de dimensionnement d’un système photovoltaïque


Cette méthode a pour but de déterminer la puissance crête du générateur solaire et la capacité de
la batterie, à partir des données d’ensoleillement du site d’une part, et des besoins électriques de
l’utilisateur d’autre part. Le choix des composantes du système solaire doit permettre à l’usager d’utiliser
les équipements requis durant la période demandée (c’est-à-dire tout au long de l’année ou pour une
période déterminée), et ce avec une disponibilité prédéterminée.
Les étapes suivantes permettront de dimensionner approximativement un système photovoltaïque.
Il faut, en premier lieu, estimer les besoins en électricité et établir la durée de la période d’ensoleillement
minimal de la région où le système sera installé ; une fois le gisement du site est effectué, il nous reste à
choisir les éléments constituants le système PV (modules, régulateur de charge de batterie, onduleur).
Les formules de calculs ci-après permettront ensuite de dimensionner la puissance du champ
photovoltaïque et la capacité de la batterie.
La détermination du parc batterie est réalisée à partir de la prise en compte d’un certain nombre
de jours d’autonomie à assurer à production nulle. Ce nombre de jours varie suivant les auteurs mais
également suivant les applications et la situation géographique (entre 3jours et 3semaines).

a) Evaluation de l’énergie journalière fournie par un module


Sous les conditions standard de température et de l’éclairement (T = 25°C et G cs = 1000) ;
l’énergie délivrée par un module est exprimée sous la forme suivante :

20
E 
E p  Pcm *  min  * k ( Wh ) (3.1)
 Gcs 
- E p : Energie journalière fournie par le module ;

- Pcm : Puissance du module exprimée (en W) ;

- E min : Irradiation moyenne journalière annuelle minimale (en Wh/m²) ;


- K : Facteur de correction global, contenant les divers rendements ainsi qu’un coefficient de
sécurité ; il est exprimé en (%) ;
- Gcs : Coefficient constant ; il est égal à 1000.

b) Estimation du nombre total de module constituant le générateur


Cj 1
N * (module)
(3.2)
R0 *Rr Ep
- N : Nombre total de module à installer ;
- R o : Rendement de l’onduleur en ( % ) ;

- R r : Rendement du régulateur en ( % ) ;

- C j : Energie journalière consommée par la charge en ( Wh ).

c) Estimation du nombre de module en série


U
NS  (module) (3.3)
Un
- N s : Nombre de module en série ;

- U : Tension d’installation en V ;
- U n : Tension nominale d’un module en V .

d) Estimation du nombre de branche en parallèle


N
Np  (branche) (3.4)
Ns
- N p : Nombre de module en parallèle.

e) Calcul de la puissance du générateur

PC  NS * N P * Pcm ( Wc )
(3.5)
- Pc : La puissance crête délivré par le générateur.

21
f) Calcul de La surface totale du générateur

St  NS * N P * Sm ( m2 )
(3.5)
- S t : Surface totale occupé par le champ sur le sol ou le toi;

- Sm : C’est la surface d’un module en m 2 ;

g) Détermination de la capacité de stockage


Cj * Nj
C ( Wh ) (3.6)
Pf * R b
- C : La capacité de stockage en Wh ;
- N j : Autonomie en jours ;

- Pf : Profondeur de décharge en % ;
- Rb : Rendement de la batterie en ¨ % ;

h) Détermination de la capacité utile de stockage


C
Cu  ( Ah ) (3.7)
U
- C u : Capacité utile en Ah .

i) Détermination du nombre d’élément batterie en série


U
N bs  ( élement ) (3.8)
Ub
- N bs : Le nombre d’élément batterie en série ;

- U b : Tension de l’élément batterie donnée par le constructeur en V .

j) Détermination du nombre de branche d’élément en parallèle


Cu
N bp  ( branche ) (3.9)
Ce

- N bp : Nombre de branche d’éléments en parallèle ;

- C e : Capacité d’un élément batterie donnée par le constructeur exprimée en Ah .

22
k) Détermination du nombre totale d’élément batterie

N b  N bp * N bs ( élement ) (3.10)

- N b : Nombre totale d’élément batterie.

4.3. Optimisation du dimensionnement


Le principe de calcul explicité précédemment détermine un générateur (puissance crête, capacité
batterie) satisfaisant certains critères techniques. Toutefois, l’analyse des coûts actuels montre qu’il est
judicieux de réduire la capacité batterie (éléments aux coûts non négligeables). Pour cela plusieurs
solutions sont possibles pour diminuer l’importance du stockage.
Ainsi, après avoir estimé une première fois les dimensions de chaque composante, il sera possible
de réévaluer ce choix en modifiant certains des paramètres de départ et d’obtenir une installation qui
fonctionnera de manière acceptable.

• Autonomie
Pour diminuer la capacité de la batterie, on peut accepter d’avoir un degré d’autonomie moindre.
Lorsque la charge peut rester inopérante durant les quelques jours les plus difficiles de la période de
fonctionnement prévue, ou lorsqu’il est possible de diminuer la demande durant ces moments critiques,
la demande sur la batterie d’accumulateurs sera moindre et on pourra choisir une capacité plus petite.

• Nombre de modules
Pour diminuer la capacité de la batterie, une solution consiste à augmenter le nombre de modules
par rapport à celui déterminé précédemment (calcul du générateur). Un nombre suffisant de modules
peut amener un déficit saisonnier nul pendant les mois d’hivers par exemple et la batterie aura, dans ce
cas, uniquement un rôle de stockage journalier.

• Inclinaison des modules


Il est possible d’augmenter la production d’énergie du générateur solaire durant les mois les plus
déficitaires en inclinant davantage le champ de modules afin qu’à cette période le rayonnement soit
perpendiculaire aux modules. Ceci permettra de diminuer le nombre requis de modules et la capacité de
stockage des accumulateurs.
L’angle optimum d’inclinaison est fonction de la latitude du site considéré. En pratique, on peut
retenir les valeurs données sur le tableau suivant :

23
Latitude  Inclinaison 
 < 10°  = 10°
10°<  < 30° = 
30 <  < 40°  =  + 10°
 > 40°  =  + 15°

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