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Chapitre N° 1

RAPPEL
Microprocesseur et Système à Microprocesseur

Objectifs de la leçon :

 Présenter les éléments et la structure interne d’un microprocesseur


 Donner les différents types de microprocesseur (CISC et RISC)
 Donner les deux architectures d’un système à microprocesseur

1 Microprocesseurs RISC et CISC

1.1 Définition :
Le microprocesseur, noté aussi M.P.U. (Microprocessor unit) ou encore C.P.U. (Central
Processing Unit) est un circuit intégré complexe appartenant à la famille des VLSI (Very large
scale intégration) capable d'effectuer séquentiellement et automatiquement des suites
d'opérations élémentaires.
Ce circuit remplit deux fonctions essentielles :
 le traitement des données
 le contrôle du système

Il y a deux type de microprocesseur ( μP):


-CISC : (Complet Instruction Set Computer) : jeu d’instruction étendu
-RISC : (Reduced Instruction Set Computer) : jeu d’instruction réduit et grande vitesse
d’exécution (grâce à une architecture particulière Harvard)
Exemples de microprocesseur :

CISC RISC
S/360 (IBM) Alpha (DEC)
VAX (DEC) PowerPC (Motorola)
68xx, 680x0 (Motorola) MIPS
x86, Pentium (Intel) PA-RISC (Hewlett-Packard)
SPARC

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1.2 Caractéristiques :

Les principales caractéristiques des microprocesseurs CISC sont les suivantes.


-Jeu étendu d'instructions complexes (une instruction = plusieurs opérations élémentaires)
-Compilation et programmation en assembleur relativement facilitées, code compact, limitation
des accès mémoire
- instructions de format variable,
- temps de décodage et d'exécution des instructions trop long
Les principales caractéristiques des microprocesseurs RISC sont les suivantes.
- Codage uniforme des instructions
-Registres indifférenciés et nombreux
-Limitation des accès mémoire
-Nombre réduit de modes d'adressage
-Nombre réduit de types de données

La simplification du jeu d'instructions a reporté une partie du travail sur le compilateur. Ce


dernier joue un rôle essentiel dans l'optimisation du code engendré. Il doit en particulier gérer les
points suivants.
 allocation optimale des registres,
 élimination des redondances,
 optimisation des boucles en ne conservant à l'intérieur que ce qui est modifié,
 optimisation du pipeline,
 optimisation du choix des instructions,

1.3 Organisation interne simplifiée d’un μP :

Le microprocesseur renferme tous les circuits logiques qui permettent de rechercher, décoder et
exécuter automatiquement les instructions logées en mémoire.
Le μP peut être considéré comme un automate composé de deux ensembles :
- la partie opérative. Elle permet d’effectuer les opérations arithmétiques et logiques sur les
données ainsi que de calculer l’adresse mémoire des instructions ou des données
- la partie commande. Elle est notamment composée d’un registre instruction où est stocké
le code de l’instruction à exécuter. Ce registre est associé à un séquenceur chargé de
délivrer l’ensemble des signaux internes nécessaires au fonctionnement de la partie
opérative du μP La figure ci-dessous donne une représentation d'un μP à architecture Von
Neuman.
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Figure N°1 : structure d'un μP

2 Structure interne /Modèle logiciel d’un μP :

2.1 Structure interne :


Les structures internes détaillées des μP varient assez fortement d’un constructeur à l’autre,
notamment à cause de la présence ou non de registres spécialisés (accumulateur, …) et des
différentes façons de gérer la mémoire (modes d’adressage).
Les structures internes des μPs sont souvent très complexes, aussi les constructeurs ne donnent
dans leurs notices techniques que des structures très simplifiées. Celles-ci permettent d’avoir une
vue d’ensemble des registres disponibles. Exemple de structure interne : 80186 d’Intel

Figure N° 2 : Structure interne simplifiée du 80186 d’Intel

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Dans l’unité d’exécution, l’ALU, le registre d’état, A est l’accumulateur principal, B, C et D
peuvent avoir de multiples fonctions. SP est le pointeur de pile ; les registres BP, SI, DI sont liés
au mode d’adressage.
Pour la partie d’interfaçage avec le bus, le registre IS joue un peu le rôle du compteur
programme. Les registres CS, DS, ES, SS sont liés aux modes d’adressage. L’adresse est ici
déterminée en effectuant la somme de 2 registres avec le sommateur ∑.

2.2 Eléments de la structure interne d’un μP :

Les traitements sont réalisés avec l’unité arithmétique et logique (Arithmetic Logic Unit, ALU).
L’opération à réaliser est déterminée par un mot de commande appliqué à l’UAL à partir du code
de l’instruction rangée dans le registre instruction. L’UAL peut effectuer les opérations suivantes
 opérations arithmétiques (les mots manipulés sont représentatifs de nombres)
 addition en base 2
 addition en DCB
 soustraction
 incrémentation, décrémentation
 multiplication, division
 comparaison entre 2 nombres
 opérations logiques
 opérations de base sur des mots binaires non, et, ou, ou exclusif
 décalage et rotation

A l’UAL est associé un registre qui contient des bits donnant des informations sur le résultat de
la dernière opération. Ces bits sont appelés bits d’état (status bits) ou drapeaux (flags). La grande
majorité des μP disposent des informations suivantes :
 résultat égal à 0
 résultat négatif (MSB à 1)
 retenue
 dépassement de capacité

Le registre contenant les bits d’état peut aussi contenir des bits réservés à d’autres usages. Le
nom de ce registre dépend des constructeurs. Quelques exemples de noms :
 registre d’état (status register). Nom utilisé si le registre n’a que cette seule utilité

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 registre code condition (Code Condition Register). Chez Motorola ; ce registre contient
des bits réservés à d’autres usages
 mot d’état du programme (Program Status Word). Chez Intel ; ce registre contient des
bits réservés à d’autres usages
Un μP contient un séquenceur, commandé par une horloge (généralement à partir d’un quartz),
qui permet de générer toutes les commandes internes nécessaires au déroulement.
Les registres internes d’un μP permettent de mémorisation temporairement des données et ils
sont aussi utilisés pour l’adressage.

3 Différentes architectures d’un système a μP :

Pour l’organisation des différentes unités, il existe deux architectures :


· l’architecture Von Neuman (du nom d’un des savants qui contribua à la mise au point d’un
des tout premiers ordinateurs). C’est la plus courante. Les instructions, les constantes et les
variables circulent sur le même bus appelé bus de données
· L’architecture Harvard. Les instructions et les constantes circulent sur un bus différent de
celui utilisé pour les variables (provenant des E/S ou de calculs). Ce type d’architecture est
utilisé sur des microcontrôleurs qui ont connu un très grand développement ces dernières années
: les PIC de Microchip.
Dans les applications embarquées, le programme est figé et par conséquent stocké dans une
mémoire de type ROM tandis qu’une RAM permet de stocker des résultats intermédiaires de
calcul, des données temporaires, etc.
Les figures ci-dessous représentent, de façon très simplifiée, les architectures Von Neuman et
Harvard. Les différents bus ne sont pas distingués.

Mémoire mémoire Mémoire


Unité instructions variables Unité instructions
centrale programme centrale programme
C.P.U. & constantes C.P.U. &
+ constantes
mémoire
Unité d'échanges variables Unité d'échanges

Milieu extérieur Milieu extérieur


Figure N°3 : Architecture Von Neuman Figure N°4 : Architecture Harvard

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3.1 Un système minimum a architecture Von Neuman :

Figure N°5 : Système minimum à μP a architecture Von Neuman

Un système minimum est constitué de :


 une unité d’échange : les interfaces d’E/S. Elles sont vues comme un ensemble de
registres accessibles.
 une unité centrale de traitement CPU
 une unité de stockage : les mémoires
Les unités sont interconnectées par des bus, dans ce cas, on dispose de :
 un bus de données (bi-directionnel) sur lequel sont véhiculés :
 les codes des instructions
 les données (constantes, variables)
 des informations pour le calcul des adresses

Les tailles les plus courantes des bus de données sont :


 8 bits pour les petites applications embarquées (ex 68HC11, 8051, …)
 16 bits pour les applications embarquées de moyenne complexité (exemple : 68HC16,
80196, …)
 32 bits, 64 bits pour les gros calculateurs, les ordinateurs (et même certaines consoles de
jeux grand public)
 un bus d’adresses (uni-directionnel) sur lequel sont véhiculées les adresses des mémoires
et des différents registres des interfaces

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 un bus de contrôle (bi-directionnel) qui comprend tous les signaux nécessaires pour la
gestion des échanges

Les principaux registres sont :


 accumulateur
 registre d’adresse
 compteur ordinal
 registre instruction
 registre d’index (pour l’adressage indexé)
 registre pointeur de pile

3.2 Un système minimum a architecture Harvard :

Figure N°6 : Système minimum à μP a architecture Harvard

La CPU utilise deux canaux d'échange pour lire les instructions et acquérir (lire) et restituer
(écrire) les données : le bus instruction ou bus programme et le bus de donnée. Les tailles de ces
bus sont en général différentes.
Les deux bus distincts programme et donnée permettent de réaliser simultanément une recherche
d'une instruction et l'exécution de l'instruction précédente.

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