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COP26, jour 

5 : des milliers de jeunes dans


les rues pour crier l’urgence climatique
et dénoncer le « bla-bla-bla » des
dirigeants
Accusant les dirigeants mondiaux de faire des promesses creuses, des milliers de
jeunes ont manifesté à Glasgow, vendredi, pour pousser les gouvernements à agir, à
la fin de la première semaine de la conférence pour le climat.

Retrouvez chaque jour en fin de journée les moments forts de la 26 e  Conférence des
parties (COP) pour le climat des Nations unies, qui se tiendra jusqu’au 12 novembre,
ainsi que les éclairages des journalistes du Monde.

Ce qu’il faut retenir :

 Les jeunes dans les rues pour dénoncer le « bla-bla-bla » des dirigeants,
Greta Thunberg qualifie d’« échec » la COP26

Ils veulent des actes, et pas du « bla-bla-bla ». Accusant les dirigeants mondiaux de
faire des promesses creuses, des milliers de jeunes ont marché dans la rue,
vendredi 5 novembre, à Glasgow (Ecosse), pour pousser les gouvernements à agir, à
la fin de la première semaine de la COP26. Deux jours de manifestations sont prévus
dans la ville écossaise pour crier l’urgence climatique, face aux effets dévastateurs,
partout sur la planète, de la hausse des températures due aux émissions de gaz à effet
de serre.

Portant des banderoles, telles que « Défendez l’avenir », adolescents,


jeunes adultes et enfants scandaient « Qu’est-ce qu’on veut ? La justice
climatique ! Et pour quand ? Pour maintenant ! »

« Des manifestations comme celle-là font pression sur les gens au


pouvoir », a commenté la militante ougandaise Vanessa Nakate. Comme
des millions de jeunes, elle a été inspirée par la Suédoise Greta Thunberg
et son initiative Fridays for Future (« Des vendredis pour l’avenir ») : des
collégiens et des lycéens font l’école buissonnière le vendredi pour réclamer
aux chefs d’Etat et de gouvernement des actions contre le changement
climatique.

Lancées en novembre 2018, puis interrompues par la pandémie de Covid-19, ces


manifestations hebdomadaires reprennent depuis quelques semaines. A leur tête,
toujours, leur égérie, Greta Thunberg, dont les formules-chocs se retrouvent sur les
banderoles.
Tout comme les « bla-bla-bla » qui rythment ses accusations depuis quelques
mois. « Ce n’est pas un secret que la COP26 est un échec », a-t-elle lancé à plusieurs
milliers de militants rassemblés vendredi, en qualifiant la conférence
de « célébration du “business as usual” et du bla-bla ». Les responsables
politiques « ne peuvent pas ne pas tenir compte du consensus scientifique et ils ne
peuvent pas nous ignorer », a-t-elle lancé. « Nos leaders ne montrent pas le chemin,
voici à quoi ressemble le leadership », a-t-elle poursuivi en désignant la foule.

 Arrêt du financement des énergies fossiles à l’étranger : pourquoi


la France ne fait pas partie des signataires

Vingt pays et cinq banques publiques se sont engagés, jeudi, à mettre un terme au


financement à l’étranger de projets d’énergies fossiles d’ici à la fin de 2022 et de
privilégier le soutien « à la transition vers une énergie propre ». Parmi les
signataires figurent de grands investisseurs, comme les Etats-Unis, le Canada et le
Royaume-Uni, ainsi que l’Agence française de développement… mais pas la France.

Pourquoi ? Paris a décidé de s’en tenir à ses objectifs adoptés en octobre 2020 dans
son plan Climat pour les financements export public : arrêter le soutien au pétrole
en 2025, et celui au gaz au plus tard en 2035 – le charbon et les hydrocarbures non
conventionnels, comme le schiste ou les sables bitumineux, n’étant déjà plus
soutenus.

« C’est bien trop tard par rapport à l’urgence climatique. Cela ne répond pas aux
appels de la science et de l’Agence internationale de l’énergie [AIE] », regrette Anna-
Lena Rebaud, chargée de campagne sur le climat aux Amis de la Terre. En mai, l’AIE
a en effet appelé à cesser immédiatement tout investissement dans de nouvelles installations
pétrolières ou gazières, afin d’espérer atteindre l’objectif de neutralité carbone en 2050.

Les déclarations du jour :

« Sauvez notre planète »

« Pas de planète B »

« Changeons le système, pas le climat »

Les slogans de pancartes brandis par des enfants et des adolescents à la manifestation
pour le climat, vendredi, à Glasgow.

L’analyse :

Bien que les scientifiques s’accordent sur le rôle primordial des océans dans la
régulation du climat, ces derniers restent largement négligés par les responsables
politiques. La Conférence des parties est l’occasion de lancer un appel solennel
à « l’action océanique », même si cela ne débouche sur aucune décision.
Le reportage :

L’Ecosse ne parvient pas à tirer profit de la multiplication des projets éoliens au large
de ses côtes. Une reconversion politiquement sensible, alors que 100 000 personnes
travaillent encore dans les secteurs pétrolier et gazier.

Les mots pour comprendre la COP26 :


Gaz à effet de serre

Lorsque la Terre est éclairée par le Soleil, sa surface réémet vers l’espace une partie
du rayonnement qu’elle a reçu. Les gaz à effet de serre (GES), présents dans
l’atmosphère terrestre, retiennent une partie de ce rayonnement infrarouge émis par
la Terre et la lui renvoient, ce qui contribue à la réchauffer.

Les principaux gaz à effet de serre émis par l’activité humaine sont le
dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), le protoxyde d’azote (N2O) et
l’ozone (O3). Leur accumulation dans l’atmosphère depuis le début de l’ère
industrielle, qui atteint des niveaux record, est responsable de la majeure
partie du réchauffement climatique. On dit ainsi que le changement
climatique est anthropique, c’est-à-dire d’origine humaine.

14 000

C’est le nombre d’études scientifiques sur lesquelles s’appuie le dernier rapport du


Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Ce dernier, rédigé
par 234 scientifiques de 66 pays, conclut que le dérèglement touche toutes les régions
du monde, à un rythme très rapide, et qu’il s’intensifie de manière sans précédent.

« Ce rapport montre que le changement climatique est un voyage sans retour, mais
qu’aujourd’hui nous décidons de notre chemin futur », résume le climatologue
Christophe Cassou, directeur de recherche au Centre national de la recherche
scientifique (CNRS) et l’un des auteurs du rapport.

Pour la première fois, le GIEC montre que le rôle des activités humaines
est « sans équivoque » sur le réchauffement climatique, entraînant
des « changements rapides dans l’atmosphère, les océans, la cryosphère et
la biosphère ».
Des solutions pour la planète :

Chez soi, sur des centaines de mètres carrés de jardin, et même sur quelques mètres
carrés de cour, de terrasse ou de balcon, quelques centimètres carrés de rebord de
fenêtre, la faune et la flore ordinaires peuvent être protégées.

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