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BELAID Djamel

SOCIETE A RESPONSABILITE LIMITEE


SARL

REGLEMENTATION COMMERCIALE
FISCALE
SOCIALE

DANS LE CONTEXTE ALGERIEN

C.C ; Code de commerce 1


Introduction

Partie I : La réglementation commerciale régissant la société à responsabilité limitée


(SARL)

Chapitre I- Société à responsabilité limitée (SARL)

Section 1/- Création et constitution d’une SARL


1/- Le contrat de société
1-1/- Les éléments caractéristiques du contrat de société
1-1-1/- L'existence d'associés :
1-1-2/- La mise en commun d'apports
1-1-3/- La participation au résultat d'exploitation
1-1-4/- L'affectio societatis
1-2/- Typologie des apports
1-2-1/ - Apport en numéraires
1-2-2/- Apport en nature
1-2-3/- L'apport en industrie
1-3/- La taxation des apports
2/- Les formalités de constitution
2-1/- La phase préalable à la signature des statuts
2-2/- La phase de la rédaction et la signature des statuts
2-3/- La phase de formalité postérieure à la signature des statuts

Section 2/- Les conditions de fonds


1/- Le consentement
2/- La capacité
3/- L'objet
4/- La cause

Section 3/- Les conditions de forme


1/- Les statuts
2/- Les actes passés pour le compte de la société non encore immatriculée
3/- La publicité

Section 4/- Gérance d’une SARL


1/ Le mandat de gérant
1-1/- Qui peut diriger une SARL ?
1-2/- Modes de nomination
1-2-1/- Lors de la constitution de la société
1-2-2/- Au cours de la vie sociale
1-2-3/- Publicité de la nomination
1-3/- Révocation
1-3-1/- La révocation est décidée par les associés
1-3-2/- La révocation est demandée au tribunal
1-4/- Les pouvoirs du gérant de SARL
1-4-1/- Les pouvoirs du gérant vis à vis des associés
1-4-2/- Les pouvoirs du gérant vis à vis des tiers
1-5/- Statut du gérant associé
1-5-1/- Quel est la différence entre le statut de gérant majoritaire et le
statut de gérant minoritaire ?
1-5-2/- Gérance majoritaire
1-5-3/- Gérance minoritaire et égalitaire
C.C ; Code de commerce 2
Section 5/- Les associés de la société à responsabilité SARL
1/ Les droits
1-1/- Droits d'informations et de contrôles
1-2/- Droit politiques
1-3/- Droits pécuniaires (Droits financiers)
2/ Obligations des associés
2-1/- Obligation au passif social
2-2/- Autres obligations

Section 6/- Cession de parts sociales


1/- Conditions de forme
2/- Conditions de fond :

Section 7/- Transmission des parts sociales


Section 8/- Nantissement :

Section 9/- Déroulement des assemblées des actionnaires et les décisions


collectives ;
1/ Assemblée Générale Ordinaire (AGO) ;
1-1/- Actes préparatoires
1-1-1/- Établissement des documents sociaux
1-1-2/- Communication préalable des documents sociaux
1-2/- Tenue de l’assemblée ordinaire annuelle (AGO)
1-2-1/- Convocation de l'assemblée annuelle
1-2-2/- Décision collective ordinaire
1-3/-Formalités de publicité
1-4/-Assemblée générale extraordinaire (AGEX)
1-5/-Assemblée annuelle pour approbation des comptes sociaux

Section 10/ Les conventions (SARL)

Section 11/ Les livres obligatoires


1/- Les livres comptables légaux
1-1/- Livre journal ou centralisateur
1-2/- Livre d’inventaire
2/- Les registres sociaux
2-1/- Le registre des procès-verbaux
2-2/- Le registre des actions

Section 12/ Augmentation de capital


1/- L'augmentation par voie d'apports
1-1/- Apports en numéraire
1-2/- Apports en nature
2/- Augmentation par compensation de créances en parts sociales
3/- Augmentation par voie d'incorporation de réserves, primes d'émission et
bénéfices

Section 13/ Réduction de capital social


Section 14/ La transformation de la SARL
Section 15/ Dissolution de la SARL
1/ La procédure de dissolution et liquidation d'une SARL

C.C ; Code de commerce 3


1-1/- Maintien de la personnalité morale de la SARL
1-2/- Disparition de la personnalité morale
1-3/- Choix du liquidateur
1-4/- Formalités de la dissolution
1-5/- Liquidation de la Société
1-6/- Formalités de la clôture de liquidation

Chapitre 2/ L'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL)

Section I/ Constitution
Section2/ Fonctionnement
1/- La gérance
2/- Droits et obligations de l’Associé unique
2-1/- Obligations
2-2/- Droits
3/- Les organes de contrôle
4/- Responsabilité
5/- Rémunération
6/- Décisions de l'associé

Section 3/ Régime des parts sociales


Section 4/ Dissolution
Section 5/ Cession de parts
Section 6/ Régime social du gérant
Section 7/ Régime fiscal du gérant

Chapitre 3/ La responsabilité des gérants de la SARL ou de l'EURL

Section 1/ Le gérant de droit


1/- La responsabilité civile
1-1/- Responsabilité en matière de capital social
1-1-1/- Capital non entièrement libéré
1-1-2/- Evaluation des apports en nature
1-2/- Responsabilité lors de la constitution de la société
1-3/- Responsabilité de l'associé qui s'est porté caution
2/- La responsabilité pénale
3/- La Responsabilité fiscale
4/- Banqueroute

Section 2/ Le gérant de fait

Chapitre 4/ Les avantages et les inconvénients d’une SARL


Section 1/ Quels sont les avantages d’une SARL ?
Section 2/ Quels sont les inconvénients d’une SARL?
Section 3/ Quels sont les avantages d’une société à capital variable ?

Partie II/ La réglementation fiscale applicable pour la société à responsabilité limitée SARL

Chapitre 1/ Régime d’imposition

Section 1/ Les impôts directs


1/- Impôt sur le bénéfice IBS
2/- Taxe sur activité professionnelle TAP
3/- Impôt sur les revenus IRG
4/- Taxe Foncière
C.C ; Code de commerce 4
5/- Taxe d’assainissement

Section 2/ Les impôts indirectes

Chapitre 2/ Traitement fiscal des revenus du gérant légal de la SARL


Section 1/ Statut fiscal du gérant légal
Section 2/ Le gérant de fait
Section 3/ Régime fiscal des associés SARL

Partie III/ La réglementation sociale du gérant SARL

Chapitre 1/ Statut social du gérant majoritaire


Chapitre 2/ Statut social du gérant minoritaire ou égalitaire
Chapitre 3/ Exceptionnellement, cumul avec un contrat de travail

Partie V/ Contrôle des SARL par le commissaire aux comptes

Chapitre 1/ Qui est le Commissaire aux Comptes?


Section 1/ Définition légale
Section 2/ Définition lexicale
Section 3/ Quelles sont les missions du commissaire aux comptes ?

Chapitre 2/ Désignation d’un commissaire aux comptes


Chapitre 3/ Le contrôle des comptes
Chapitre 4/ Les honoraires
Chapitre 5/ Obligation d’information et de communications

Section 1/ Information des dirigeants sociaux


Section 2/ Information des actionnaires
Section 3/ Rapport d’audit général
Section 4/ Rapport spécial

Conclusion

C.C ; Code de commerce 5


Introduction ;

La législation commerciale vous offre la possibilité de choisir la forme de société la plus


adaptée à votre activité et la plus avantageuse du point de vue fiscal. A ce titre, il est prévu
trois formes juridiques d'entreprise:

Les sociétés de personnes: Elles comprennent les sociétés en nom collectif (SNC), les
sociétés en commandite simple, les sociétés en participation, dont les associés
ont tous la qualité de commerçant et répondent indéfiniment et solidairement des dettes
sociales.
Les sociétés de capitaux: Elles comprennent les sociétés par action, les sociétés en
commandite par actions, et les sociétés à responsabilité limitée (SARL). La société par
actions est constituée entre des associés qui ne supportent les pertes qu'à concurrence de
leurs apports. Pour les sociétés par action, le nombre des associés ne peut être inférieur à
sept (07) membres, et leur capital ne peut être inférieur à 5.000.000 DA si la société fait
publiquement appel à l'épargne et 1.000.000 DA dans le cas contraire. Par contre, pour les
sociétés en commandite par actions, le capital social doit être divisé en actions et se
caractérisent par l'existence deux groupes d'associés, les commandités et les
commanditaires, et ne sont responsables des dettes de la société qu'à concurrence de
leurs apports et leurs actions sont librement négociables. Leur nombre ne peut être
inférieur à (03) membres. Pour les sociétés à responsabilité limitée (SARL), elles sont
constituées entre des associés qui ne supportent leurs pertes qu'à concurrence de leurs
apports. Le capital social ne peut être inférieur à 100.000 DA. La valeur nominale des parts
sociales est fixée à 1.000 DA au minimum.

La société à responsabilité limitée (SARL) est aujourd'hui l’une des formes juridiques les
plus répandues en Algérie, elle représente environ 60% des entreprises algériennes.
Il existe plusieurs formes juridiques pour les sociétés commerciales qui diffèrent les unes
par rapport aux autres dans la forme et le fond.

Quelles sont alors plus précisément les conditions de sa création, les implications de la
gérance d'une SARL, le dispositif juridique applicable pour cette forme de société, soit en
matière de fiscalité, de législation commerciale, sociales et parafiscales?

Dans ce présent ouvrage, nous étalerons à développer ces questions aussi bien sur le plan
des réglementations applicables pour cette forme de société, à savoir la réglementation
commerciale, fiscale et sociale, que sur le plan de gestion économique.

C.C ; Code de commerce 6


Partie I : La réglementation commerciale de la société à responsabilité limitée (SARL)

Chapitre I- Société à responsabilité limitée (SARL)

La SARL est une société commerciale quelle que soit son activité, par conséquent, c’est
un commerçant à part entière, et elle bénéficie des droits et des obligations au même titre
que les commerçants. C'est un commerce pour les associés. En effets ces derniers ne
répondent des pertes qu'à concurrence de leurs apports. C'est une société réglementée car
la loi doit intervenir pour protéger les tiers. Cependant, elle est beaucoup moins
réglementée que la SPA, car elle ne peut pas faire appel public à l'épargne.

C'est une société qui est intermédiaire entre la société de capitaux et la société de
personnes. Elle s'apparente beaucoup à une société de capitaux compte tenu de leur
importance et elle s'apparente à une société de personne, car on y trouve des traces
d'intuitu personae : limite maximale du nombre des associés à 20 personnes au
maximum, le régime des parts sociales (négociabilité subordonnée à l'accord des autre
associés).

Le caractère commercial d'une société est déterminé par sa forme ou par son objet.
Sont commerciales à raison de leur forme, et quel que soit leur objet, les sociétés en nom
collectif, les sociétés en commandite, les sociétés à responsabilité limitée et les sociétés
par actions (Art 544 du C.C).

La société est, à peine de nullité, constatée par acte authentique. Entre associés, aucun
moyen de preuve n'est admis outre et contre le contenu de l'acte de société. Les tiers
peuvent, s'il y a lieu, être admis à prouver par tous les moyens, l'existence de la société
(Art 545 du C.C).

La forme, la durée qui ne peut excéder 99 ans, la raison ou la dénomination sociale, le


siège social, l'objet social et le montant du capital social sont déterminés par les statuts de
la société (Art 546 du C.C).

Le domicile de la société est au siège social. Les sociétés qui exercent une activité en
Algérie sont soumises à la loi algérienne (Art 547 du C.C).

Les actes constitutifs et les actes modificatifs des sociétés commerciales doivent, à peine
de nullité être publiés au centre national du registre du commerce, selon les modalités qui
sont propres à chaque forme de société (Art 548 du C.C).

La société ne jouit de la personnalité morale qu'à compter de son immatriculation au


registre du commerce. Avant l'accomplissement de cette formalité, les personnes qui
auront pris les engagements au nom et pour le compte de la société, seront tenues
solidairement et indéfiniment sur leur patrimoine à moins que la société, après avoir été
régulièrement constituée, ne reprenne à sa charge les engagements pris. Les
engagements sont alors réputés avoir été souscrits dès l'origine par la société (Art 549 du
C.C).

La dissolution de la société doit être publiée dans les mêmes conditions et délais que l'acte
constitutif lui-même (Art 550 du C.C).

Les associés des SARL ne sont pas commerçants. Les associés non gérants peuvent
exercer une activité au sein de leur société et recevoir, en contrepartie, une rémunération.

C.C ; Code de commerce 7


Section 1/ Création et constitution d’une SARL

La constitution d’une société commerciale nécessite un acte juridique particulier appelé


contrat de société qui va être formalisé dans les statuts.

1/- Le contrat de société

1-1/- Les éléments caractéristiques du contrat de société : Selon l'art 54 code


civil, un contrat de société comporte 4 éléments : mettre ensemble les associés qui font
des apports à la société en vue de participer aux résultats de la société (bénéfice ou
perte) et qui témoignent d'un affectio societatis.

1-1-1/- L'existence d'associés : La constitution d'une société nécessite la


présence d'un nombre minimum d'associés (ex : un pour la SARL et 20 pour les SPA).
Les associés peuvent recevoir des dénominations variables. Ainsi, dans une SARL on parle
d'associés, d'actionnaires pour les SPA et pour les sociétés en commandite on parle de
commanditaires et de commandités en fonction de la situation. Les associés peuvent
être des personnes physiques ou morales (des sociétés peuvent constituer une société).
Toute personne peut adhérer à une société, mais il existe des exceptions. Ainsi, un
mineur, même par le biais de son représentant, ne peut pas faire partie d'une société de
personnes où la responsabilité peut bien aller au delà de l'apport effectué.

1-1-2/- La mise en commun d'apports

Définition de l'apport : C'est un bien, soit en argent, en immeuble, ou en fonds de


commerce dont l'associé transfère la propriété ou la jouissance à la société et en
contrepartie duquel il va recevoir des parts sociales ou des actions.
Chaque associé doit obligatoirement faire un apport. En effet, par cet apport, l'associé
marque sa volonté de contribuer à l'activité commune et en outre il va doter la société de
moyens d'existence et de moyens qui lui permettront d'exercer son activité. La valeur
globale des apports réalisés correspond au capital social.

Dans certains types de sociétés, la loi impose la réunion d'un capital social minimale. A ce
titre, pour une SARL, cet apport de base minimal est fixé à 100 000 Da, par contre pour
une société par action faisant appel à l’épargne public, le capital minimal est de 5 000 000
Da et dans le cas contraire, le capital minimal est de 1 000 000 Da. Pour d'autres sociétés
comme la SNC il n'existe pas de minimum exigé.
Les apports des associés peuvent être d'importance inégale et ils peuvent être de nature
différente. La loi impose uniquement que ces apports soient réels et non fictifs.

1-1-3/- La participation au résultat d'exploitation

A/ Principe : Le principe de base d’une association, c'est la participation au profit


mais également une participation aux pertes. Le contrat de société est par essence un
contrat aléatoire, dont les résultats dépendent du hasard.
Cette participation est une participation au profit, d’ailleurs, la société est un groupement de
profit, et c’est le but même de la réunion des associés.
La société doit être très nettement distinguée de l'association qui peut éventuellement
effectuer des bénéfices, mais ces bénéfices doivent être intégralement investis dans
l'association. Il est hors de question que les bénéfices soient distribués entre les sociétaires
(membres d'une association).

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Les profits sont les gains réalisés par la société, et constituent, en cours de vie sociale, les
dividendes que les associés se partagent. A la dissolution de la société, cette participation
se traduira par une distribution de boni de liquidation, c'est à dire ce qui reste en caisse
après paiement des créanciers et reprise des apports par les associés.

C'est également une participation aux pertes. Les risques supportés par les associés vont
être très inégaux selon le type de société. Dans les sociétés à responsabilité limitée, le seul
risque auquel ils s'exposent va se matérialiser à la constitution de la société. De même, ce
risque peut se traduire par d'éventuelle perte de leurs apports.
Dans les sociétés à responsabilité illimitée telles les sociétés civiles ou sociétés en nom
collectif, il existe un risque très important. En effet, celui-ci demeure omniprésent pendant
toute l'existence de la société. En outre, le risque est beaucoup plus important, car les
associés s'exposent personnellement à payer sur leurs biens personnels en cas de
défaillance de la société.

B/- Mesure de la participation : Dans une association, chaque associé doit


participer au bénéfice et contribuer aux pertes ou dettes. Cependant cette participation peut
être inégale. Elle est généralement fonction de l'importance des apports effectués et donc
de la participation au capital social. Cette règle de répartition n'est pas impérative. Par
conséquent, les statuts peuvent prévoir une règle de répartition différente. Il est toutefois
interdit d'insérer des clauses dites léonines qui réservent à l'un des associés la "part du
lion". Selon les textes, une clause est dite léonine lorsqu'elle préserve un associé de tout
aléa ou en lui attribuant la totalité ou quasi-totalité des bénéfices. Dans législation
commerciale Algérienne, aucune disposition ne faisait référence à cette clause, même
d’une façon indirecte.

1-1-4/- L'affectio societatis


L’affectio societatis est l'élément moral du contrat de société. C'est l'intention de
s'associer, c'est à dire la volonté d'agir ensemble dans un but commun qui est la réalisation
et le partage du bénéfice. La présence ou l'absence de l'affectio societatis s'apprécie
généralement par rapport aux comportements des associés, à leur investissement dans la
vie de l'entreprise et sa gestion. Ainsi, il est acquis qu'une mésentente grave entre les
associés qui paralyse le fonctionnement des assemblées (si elle apparaît durable) est une
cause de dissolution pour absence d'affectio societatis.

1-2/- Typologie des apports : La réglementation commerciale a définis trois (03) types
d'apports.

1-2-1/ - Apport en numéraires ; Il s’agit d’un apport en somme d'argent apportais


par les associés pour la constitution du capital social de la SARL. Il ne doit pas être
confondu avec un prêt consenti à la société. Cet apport va entraîner l'attribution de parts
sociales, et il sera ou non restitué à la dissolution de la société, et dépendra de la situation
financière de l'entreprise. Par contre, un prêt peut être rémunéré ou non par des intérêts, il
est appelé à être remboursé par la société lorsque le créancier l'exigera.

Il faut distinguer les étapes à suivre en ce qui concerne cet apport :


D'une part la souscription de l'apport, c'est à dire l'engagement pris par l'associé
d'apporter une somme donnée à la société.
D'autre part, la libération de l'apport qui correspond au versement effectif de la somme.
Les conditions de l'apport en numéraire varient selon les sociétés. Pour certaines sociétés,
la libération immédiate et totale est exigée, alors que pour dans d'autres, la libération
immédiate ne peut être que partielle (ex : SA où seule la moitié des sommes est exigée).
Dans les SARL, 20% du capital social doit être versé par les associés lors de la signature
des statuts. Cependant cette somme restera bloquée sur un compte de trésor public ou
chez le notaire, en l'attente de l'immatriculation de la société au CNRC (Art 567 C.C). Les
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associés peuvent ainsi obtenir restitution de leurs fonds si la société n'est pas immatriculée
au bout de six mois (Art 604 du C.c - décret législatif n°93-08 du 25/04/1933)

1-2-2/- Apport en nature : C'est l'apport de tout bien autre qu'une somme
d'argent (ex: immeuble, fonds de commerce, brevet).
Tout apport en nature comporte deux variantes:
L'apport en propriété : le propriétaire transfère la propriété du bien à la société qui en
devient seule propriétaire. Les parts sociales ou actions attribuées à l'apporteur en
constituent le prix.
L'apport en jouissance : l'associé se contente de mettre le bien à disposition de la société
qui en a simplement l'usage, l'associé en demeure le seul propriétaire.
La difficulté essentielle de l'apport en nature est celle de son évaluation avec un risque
majeur qui est un risque de surévaluation pour l'apporteur car cela lui permettra de
bénéficier davantage de parts. Cependant cette surévaluation va minorer la valeur réelle de
l'actif de la société. C'est pour cette raison qu'on a des garanties particulières d'évaluation
constituées par l'intervention du commissaire aux apports qui est choisi parmi les
commissaires aux comptes.

1-2-3/- Apport en industrie : il consiste à mettre au service de la société un savoir


faire ou une compétence particulière. C'est une valeur qui n'est pas saisissable par les
créanciers.
Il ne faut pas confondre la situation de l'apporteur en industrie et celle du salarié. En effet,
l'apporteur en industrie est un associé qui est lié à la société par le contrat de société et qui,
en sa qualité d'associé, participe à la direction de la société. En outre, s'il est rémunéré ce
sera par la distribution de dividendes. A contrario, un salarié est lié à la société par un
contrat de travail, ce qui le met en subordination.

L'apport en industrie n'est pas pris en compte lors de l'évaluation du capital, car il n'est pas
saisissable. Cet apport va donner droit à des parts de société mais le nombre de parts
attribué à l'apporteur en industrie est évalué forfaitairement par la loi. En principe, il est égal
au nombre de parts attribué à l'associé qui a effectué le plus faible apport en nature ou en
numéraire. Cette règle peut être écartée par les statuts qui peuvent prévoir une
rémunération plus importante.
Les apports effectués lors de la constitution de la société seront restitués à la dissolution, à
condition qu'ils ne soient pas utilisés pour faire face à d'éventuelles dettes sociales.

1-3/ - La taxation des apports :


L'apport suppose normalement un transfert de propriété, car il va passer du patrimoine de
l'apporteur à celui de la société, ce qui va entraîner une perception de droits particuliers
appelés droits d'apport (droits d’enregistrement).

1-3-1/. Les apports purs et simples ; sont ceux qui confèrent à l'apporteur en
échange de sa mise des simples droits sociaux (part d'intérêt ou d'action) exposés à tous
les risques de l'entreprise.

L'article 248 du code d’enregistrement (CE) prévoit que les actes de formation de sociétés
sont assujettis à un droit de 1% sur le montant global des apports mobiliers et immobiliers
effectués à titre pur et simple.
Pour que ce droit soit exigible, il faut qu'il y ait :
- Apport pur et simple.
- Une véritable société.
- Un acte authentique.

Le droit d'apport est liquidé sur le montant total des apport mobiliers et immobiliers,
déduction faite du passif.
C.C ; Code de commerce 10
1-3-2/ Apports à titre onéreux : L'apport à titre onéreux s'analyse comme une
véritable vente consentie par l'apporteur à la société et donne par conséquent ouverture au
droit de mutation d'après la nature des biens qui en sont l'objet.

A/. Le tarif du droit de mutation :


Le droit de mutation est déterminé suivant les mêmes modalités applicables aux ventes.

B/. Assiette :
Le droit de mutation à titre onéreux est perçu sur le prix augmenté des charges ou sur la
valeur vénale réelle des biens si elle est supérieure.

1-3-3/ Apports mixtes : Un apport est considéré comme mixte, s'il est pur et simple
pour partie et onéreux pour le surplus.
Les parties sont admises à déclarer dans l'acte quels sont les biens transmis à titre
onéreux.
Si cette déclaration a pour objet des meubles et des immeubles, le tarif relatif aux
immeubles est le seul applicable à condition que les meubles ne soient pas estimés article
par article dans le contrat.

Art. 248 Code d’enregistrement : « Les actes de formation, de prorogation, de transformation ou


de fusion de sociétés, qui ne contiennent pas transmission de bien meubles ou immeubles entre les
associés ou autres personnes ou prise encharge d'un passif, sont assujettis, à un droit de 1%.
Le droit est liquidé sur le capital social. Cependant, pour les sociétés d'économie mixte dont le
capital social est susceptible d'être libéré par tranche, l'impôt sera perçu sur le montant du capital
libéré.
Au fur et à mesure de la libération du complément, les droits seront calculés sur les sommes mises
à la disposition de la société jusqu'a concurrence du capital social énoncé. »

2/- Les formalités de constitution


Généralement, on distingue trois phases distinctes et successives pour la constitution d’une
société commerciale en général et une société à responsabilité limitée SARL;

2-1/- La phase préalable à la signature des statuts


Elle consiste à démarcher des associés potentiels et à discuter avec eux des conditions de
leur adhésion à la société (ex : quel sera le type de société institué, conditions de
fonctionnement, participation aux pertes et bénéfices et les apports qu'ils sont prêts à faire).
D'une manière générale, pour que la société puisse être constituée, notamment pour les
SPA et les SARL, il faut que capital minimal soit souscrit et complètement libéré pour les
SARL. A ce niveau, il est utile de procéder à des signatures de protocoles d'accord qui
permettent d'acter les différentes étapes et éviter le désistement d'associés un peu indécis.
C'est à cette phase qu'interviendra le commissaire aux apports et c'est également à cette
étape qu'il faudra libérer les apports en numéraires.
Si la société se constitue en faisant appel public à l'épargne, cette phase préalable va
nécessiter de nombreuses opérations supplémentaires réglementées de façon rigoureuse.
En effet, il faut protéger les épargnants. Cette protection passe spécifiquement par leur
information.
Toutes les sociétés ne peuvent pas se constituer en faisant appel public à l'épargne.
Concernant les sociétés commerciales, seules les sociétés anonymes SA et les sociétés
par action SPA peuvent le faire, avec une condition supplémentaire qui est celle du capital
social qui doit être d'au moins 5 000 000 Da.

C.C ; Code de commerce 11


2-2/- La phase de la rédaction et la signature des statuts
Les statuts d’une société commerciale doivent être rédigés par écrits. S'il existe des
apports d'immeubles, un rapport d’évaluation doit être établi par un commissaire aux
apports et qui sera joint avec les statuts. S'il n'existe pas d'immeuble, on a le choix entre
rédiger les actes sous seing privé ou par acte authentique.

Le contenu des statuts comporte des mentions obligatoires pour toute société. Il s'agit de
l'indication de la forme de la société, l'objet social, la dénomination social, le siège social,
montant du capital social et durée de la société (la durée maximale d'une société est de 99
ans renouvelables indéfiniment).
Il existe également des mentions imposées par la loi, variables selon le type de société.
De même, il existe des mentions facultatives qui sont diverses en fonction de la volonté des
associés. On peut y trouver des clauses statutaires limitatives de pouvoirs qui concernent
les pouvoirs des dirigeants et qui viennent encadrer les pouvoirs légaux qui lui sont
attribués.
Toute clause spécifique et facultative est envisageable à condition qu'elle n'aboutit pas à
écarter une règle légale impérative.
Lorsque la société est constituée en faisant appel public à l'épargne, l'adoption des
statuts se fait lors d'une assemblée générale constitutive réunissant l'ensemble des
associés.

2-3/- La phase de formalité postérieure à la signature des statuts


La société est constituée dès la signature des statuts mais elle n'existe pas en tant que
personne morale jusqu’à inscription au centre national des registres de commerce CNRC.

Il existe des formalités postérieures ;


- Il faut procéder à l'insertion d'un avis de la constitution dans un journal d'annonces légales
paraissant dans la localité du siège légal de la société.
- Il faut enregistrer les statuts auprès de l'administration fiscale. Cette formalité est
provisoirement gratuite car les droits d'apports devront être versés dans les trois mois de
cet enregistrement.

En effet, cet avis de constitution doit comporter un certain nombre de mentions.


Il faut procéder (sans délai) au dépôt d'un dossier auprès du centre national des registres
de commerce (CNRC) en vue de l'immatriculation de la société. Le CNRC va procéder à
l'immatriculation qui marque la naissance de la société. C'est à partir de ce moment que la
société existe en tant que personne dotée d'une existence autonome. Le CNRC délivre un
reçu de dépôt de dossier, qui est valable pour accomplir les autres formalités
administratives.
Un avis doit être publié au bulletin national des annonces légales (BAOL). En cas d'apport
de fonds de commerce, d'immeubles, des formalités particulières de publicité devront être
effectuées. Il faut noter que toutes les formalités de publicité n'ont qu'une force probante de
présomption simple c'est à dire que la preuve contraire peut être rapportée.

Section 2/- Les conditions de fonds


Il faut au moins deux associés (un seul associé pour la SARL unipersonnelle) et au
maximum 20 associés. Si ce nombre est dépassé, il faudra régulariser la situation dans un
délai d’une année sous peine de dissolution de la société.
La création et la constitution d’une SARL nécessitent le consentement de tous les associés.
Pour créer une SARL, il faut au moins 2 et au plus 20 associés. Les associés peuvent être
des personnes physiques ou des personnes morales.

C.C ; Code de commerce 12


Le contrat de société, comme tout contrat, nécessite quatre (04) conditions pour être
valablement formé ;

1/- Le consentement des associés : Le consentement des associés doit être réel et
non pas simulé, sinon on se trouve en présence d'un associé de complaisance ou d'un
prête-nom.
La présence d'associé de complaisance n'est pas une cause de nullité sauf si le recours en
simulation conduit à rendre la société purement fictive.
Le consentement des associés doit non seulement exister, mais il doit être également être
éclairé et licite. Ceci porte sur la nature de la société, car s'il a commis une erreur ou s'il y a
été induit, le contrat pourra être annulé.

2/- La capacité : En principe toute personne physique comme morale peut adhérer à
une société mais il existe des incapacités (ex : un mineur ne peut pas adhérer à une
société en nom collectif même par l'intermédiaire de son représentant).

3/- L'objet : Il faut distinguer l'objet du contrat de l'objet de la société.


L'objet du contrat de société est le but du contrat. Cet objet est toujours identique, c'est
de créer une société en vue de réaliser et de partager des bénéfices.
L'objet de la société est très variable. On parle également d'objet social. Il s'agit de
l'activité pour l'exercice de laquelle la société est constituée. Cet objet doit être licite. De
même, la délimitation de cet objet social est importante car elle délimite en principe la
capacité d'action de la société.

4/- La cause : Il s'agit de la cause mobile, la raison pour laquelle les associés se sont
associés. Ce mobile doit être licite.

Une SARL "unipersonnelle" (composée d'une seule personne) s'appelle une EURL. Le
capital social minimal est de 100 000 Da, il est divisé en parts sociales qui doivent être
intégralement souscrites par les associés lors de la constitution. Le capital social est
représentatif de la valeur des apports réalisés.

Le capital peut aussi être apporté en partie en numéraire et une autre en nature. Le capital
apporté est bloqué jusqu'à l'inscription au centre des registres de commerce (CNRC), et qui
sera remis au gérant de la société après la présentation du justificatif de l’immatriculation
au centre national des registres de commerce CNRC.

La souscription et la libération totale des parts doit se faire à la constitution c'est-à-dire à la


signature des statuts.
La répartition des parts sociales doit être mentionnée dans les statuts. La répartition du
bénéfice et des pertes n'est pas forcément proportionnelle aux parts mais la participation
aux pertes ne peut être supérieure aux parts.

Art. 567 du C.C « Les parts sociales doivent être souscrites en totalité par les associés et
intégralement; libérées, qu'elles représentent des apports en nature ou en numéraire. Elles
ne peuvent représenter des apports en industrie. La répartition des parts et mentionnée
dans les statuts.
Les fonds provenant de la libération des parts sociales, déposés en l'étude notariale, seront
remis au gérant de la société après son inscription au registre du commerce. »

Un associé de SARL ne peut céder ses parts sociales à un tiers qu'après autorisation de
l'ensemble des autres associés de la SARL représentant 75% des parts sociales.
En cas de cession de parts, le vendeur doit acquitter un droit d'enregistrement de 2,50% du
montant des plus values de cession.

C.C ; Code de commerce 13


Art. 566 - du C.C (Décret législatif n° 93-08 du 25 avril 1993) « Le capital social de la
S.A.R.L. ne peut être inférieur à 100.000 DA ; il est divisé en parts sociales d'égale valeur
nominale de 1.000 DA au moins.
La réduction à un montant inférieur doit être suivie, dans le délai d'un an d'une augmentation
ayant pour effet de le porter au montant prévu à l'alinéa précédent, à moins que, dans le
même délai, la société n'ait été transformée en société d'une autre forme.
A défaut, tout intéressé peut demander en justice la dissolution de la société, après
avoir mis les représentants de celle-ci en demeure de régulariser la situation.
L'action est éteinte lorsque cette cause de dissolution a cessé d'exister le jour où le
tribunal statue sur le fond en première instance ».

Section 3/- Les conditions de forme


La procédure classique est applicable : rédaction des statuts, apports, immatriculation. Il
existe une particularité pour les statuts qui doivent comporter des mentions générales et
également des mentions spécifiques en ce qui concerne les apports en nature et la
répartition des parts sociales entre les associés.

1/ Les statuts
Ils doivent être écrits (sous seing privé ou par acte authentique) et être signés par tous les
associés.
Outre les mentions communes à toute société, on doit y inclure pour la SARL l'évaluation
des apports en nature, le choix des gérants et la répartition des pouvoirs, la transmission
des parts, les modes de consultation des associés et les modes de répartition des
bénéfices.
En annexe, on ajoute le rapport du commissaire aux apports et l'état des actes accomplis
pour le compte de la société en formation.

2/ Les actes passés pour le compte de la société non encore immatriculée


Les personnes agissant pour le compte de la société sont responsables solidairement et
indéfiniment des conséquences de leurs actes à moins que la société, après avoir été
constituée et immatriculée, ne reprenne leurs engagements à son compte. Ces
engagements sont alors réputés avoir été souscrits dès l'origine par la société.
Il existe 2 procédés de reprise automatique : les actes annexés aux statuts et les actes
prévus par les statuts.

3/ La publicité
Le gérant de la SARL doit respecter les formalités de publicité tel qu’elles ont été définies
par le code de commerce sous peines de sanctions pénales, à savoir;
- Insertion dans un journal d'annonces légales ‘’bulletin des annonces officielles légales’’
BAOL la création de la société;
- Immatriculation au centre national des registre de commerce CNRC, pour la
reconnaissance de la personnalité morale de la société (Art 13 décret exécutif n°2003-453
du 1décembre 2003 et Art 806 du C.C).

Les actes et documents émanant de la société et destinés aux tiers, notamment les lettres,
factures, annonces et publications diverses, doivent indiquer la dénomination sociale,
précédée ou suivie immédiatement et lisiblement des mots "société à responsabilité limitée
" ou des initiales "SARL" et, de l'énonciation du montant du capital social qui peut être
arrondi à la valeur entière inférieure, et l’adresse du siège social (Art 804 du C.C).

C.C ; Code de commerce 14


Section 4/- La transformation de la SARL
Si la société se transforme en société en nom collectif ou en société civile, cela exige
l'accord unanime des associés.
Si la société se transforme en société par action SPA, il y a des conditions à respecter. Une
délibération des associés représentant au moins les 3/4 des parts sociales est nécessaire.
Les bilans des deux (02) derniers exercices doivent être approuvés par les associés.

Un rapport d'un commissaire à la transformation est exigé sur la situation de la société. En


outre, le gérant va demander au président du Tribunal de commerce de désigner un
commissaire à la transformation (qui peut être le commissaire aux comptes). Le
commissaire à la transformation apprécie la valeur des biens composant l'actif et les
avantages particuliers au profit des associés ou des tiers. Il présente un rapport dans lequel
il atteste que le montant des capitaux propres est au moins égal au capital social. Dans la
pratique, il peut être chargé de l'établissement du rapport sur la situation de la société.
La SARL qui se transforme en SPA doit suivre les règles particulières à la SPA c'est-à-dire
20 associés au moins, le capital, la nomination d'un commissaire aux comptes, la
modification des statuts, la transformation des parts sociales en actions et le respect des
formalités de publicité.

Section 5/- Dissolution de la SARL


En plus des causes communes à tout type de société, les causes de dissolution d’une
société à responsabilité limitée SARL définies par la loi sont les suivantes:
- Nombre d'associés supérieur à 20 ;
- Perte de ¾ du capital social ;
- Réduction du capital social à un montant inférieur à 100 000 Da
- Extinction de l’objet de la société
- Cessation de paiement

Les associés peuvent être amenés à dissoudre une SARL (ou EURL), notamment lorsqu'ils
ne désirent plus continuer cette activité. Dans ce cas, il est nécessaire de réunir une
Assemblée générale extraordinaire afin de délibérer sur une proposition de dissolution et
de nomination d’un liquidateur. Cependant, les formalités à suivre ne sont pas de toute
évidence, puisqu’une seconde convocation est également nécessaire, dans les trois ans
maximum suivant la date de l’assemblée décidant la dissolution, afin de délibérer sur la
clôture de la liquidation de la Société. La procédure, tout aussi complexe qu’elle soit, doit
néanmoins être scrupuleusement respectée, faute de se voir sanctionner par un refus de
prendre en compte cette décision par le Greffe du Tribunal de Commerce.

Cependant, il convient de garder à l’esprit que ces formalités impliquent certaines


conséquences sur la personnalité morale de la Société, et que la prise de décision de la
dissolution n’entraîne pas nécessairement, ni immédiatement, extinction de la personnalité
morale de la Société.

1/- Maintien de la personnalité morale de la SARL


L’article 766 du code commerce du Code de commerce dispose que, quelle que soit la
cause de dissolution de la Société, la personnalité morale de celle-ci subsiste pour les
besoins de la liquidation, jusqu’à la clôture de celle-ci.

Le maintien de cette personnalité morale entraîne un certain nombre de conséquences :


- La société continue d’être désignée par sa dénomination sociale, cependant, celle-ci doit
désormais être suivie de la mention « société en cours de liquidation » (art. 766 du Code de
commerce). Cette mention ainsi que le nom du liquidateur devront figurer sur tous les actes
et documents émanant de la société et destinés à des tiers.

- Le siège social de la société en liquidation reste le même. Cependant, il est possible de le


C.C ; Code de commerce 15
transférer pendant le période de liquidation, notamment au domicile du liquidateur.

- La société conserve sa capacité juridique uniquement pour les besoins de sa liquidation.


Ainsi, elle ne peut pas être transformée en société d’une autre forme, pas plus qu’elle ne
peut entreprendre une nouvelle activité. Le liquidateur n’a pour rôle que de terminer les
affaires en cours.

- Le patrimoine de la société continue de lui appartenir. Les associés ne deviennent donc


pas copropriétaires de l’actif. Ce patrimoine demeure de ce fait le gage des seuls
créanciers de la société.

2/- Disparition de la personnalité morale


La personnalité morale de la société ne survit que pendant la période de liquidation. Elle
disparaît donc à la clôture de cette liquidation.
Cette clôture n’intervient que dans un deuxième temps, au plus tard dans les 3 ans qui
suivent la décision de dissolution de la société. Cependant, la dissolution et mise en
liquidation et la clôture de la liquidation ne peuvent faire l’objet d’une seule et même
décision. Deux assemblées doivent être réunies successivement. Cette clôture ne peut être
prononcée que si les comptes ont été apurés et les dettes intégralement payées.

3/- Choix du liquidateur


Le liquidateur peut être choisi parmi les associés ou les tiers, il doit cependant avoir la
capacité juridique à représenter la société. Plusieurs liquidateurs peuvent être nommés
pour les besoins de la liquidation. Dans tous les cas, la désignation des liquidateurs doit se
faire à la majorité en capital des associés. Cependant, les conditions de majorité exigée
pour que soit adoptée la proposition de dissolution de la société sont celle prévues pour la
modification des statuts. Ainsi, il est nécessaire de réunir les trois quarts des parts sociales
afin que la dissolution de la société soit prononcée.

4/- Formalités de la dissolution


La décision de dissolution de la société prise par l’assemblée des associés doit faire l’objet
de différentes formalités. Ainsi, elle sera :
- Enregistrée à la recette des impôts
- Publiée dans un journal d’annonces légales BAOL
- Déposée au Greffe du Tribunal de Commerce du lieu du siège social et inscrite au CNRC

En cas de cession ou de cessation et dans les mêmes conditions qu'en matière d'I.R.G,
cela entraîne :
- Dépôt d’une déclaration de cessation d’activité ou de cession à l’inspection des impôts
territorialement compétente dans un délai spécial de 10 jours;
- Imposition immédiate des revenues de la période fiscale considérée;
- Exigibilité immédiate de l'impôt.

Selon la nature de l’opération de cessation, le délai de dix (10) jours comme à courir ;
- Lorsqu'il s'agit de la vente ou de la cession d'un fonds de commerce, du jour où la vente
ou la cession a été publiée dans un journal d'annonces légales ;
- lorsqu'il s'agit de la vente ou de la cession d'autres entreprises, du jour où l'acquéreur ou
le cessionnaire a pris effectivement la direction des exploitations.
- lorsqu'il s'agit de la cessation d'entreprise, du jour de la fermeture définitive des
établissements ;
- lorsqu'il s'agit d'un retrait d'agrément, à compter de la date de ce retrait

Si le contribuable ne produisait la déclaration et les renseignements requis pour l’inspection


des impôts dans le délai de dix (10) jours, les bases d’impositions seront arrêtés d’offices
par l’inspection, avec application de majorations de retards.
C.C ; Code de commerce 16
5/- Liquidation de la Société
Une seconde assemblée devra être tenue, dans les trois ans maximum suivant la date de
l’assemblée décidant la dissolution, afin de délibérer sur la clôture de la liquidation de la
Société. La clôture ne peut être prononcée que si les comptes ont été apurés et les dettes
intégralement payées.

Ainsi, en cas de dettes de la Société, les associés ne pourront clôturer la période de


liquidation qu’en décidant à l’unanimité de répartir le mali de liquidation entre eux, au
prorata du nombre de parts détenues par chacun d’eux, en tenant compte de tous les
éléments d’actif et de passif du bilan de la Société.
Cependant, en cas de Boni de liquidation, les associés répartiront alors cette somme entre
eux, au prorata du nombre de parts détenues par chacun d’eux.

6/- Formalités de la clôture de liquidation


La décision de clôture de liquidation par l’assemblée des associés doit également faire
l’objet de différentes formalités. Ainsi, elle sera :
- Enregistrée à la recette des impôts
- Publiée dans un journal d’annonces légales ‘’bulletin des annonces légales ‘’ BAOL
- Déposée au Greffe du Tribunal de Commerce du lieu du siège social et inscrite au CNRC

Cependant, il convient de noter que l’ensemble des décisions prises au cours de ces deux
Assemblées générales, décidant de la dissolution et de la clôture de liquidation, peut
emporter des conséquences patrimoniales importantes concernant tant la Société que ses
associés.

Article. 589 du C.C « La société à responsabilité limitée n'est point dissoute par l'interdiction,
la faillite, ou la mort d'un des associés, sauf en ce dernier cas, stipulation contraire des
statuts.
En cas de perte des trois-quarts du capital social, les gérants sont tenus de consulter
les associés à l'effet de statuer sur la question de savoir s'il y a lieu de prononcer la
dissolution de la société. La décision des associés est, dans tous les cas, publiée dans un
journal habilité à recevoir les annonces légales de la wilaya du siège social, déposée su
greffe du tribunal du lieu de ce siège et inscrite su registre du commerce.
A défaut, par les gérants, de consulter les associés comme dans le cas où ceux-ci
n'auraient pu délibérer régulièrement, tout intéressé peut demander la dissolution de la
société devant les tribunaux ».

Art. 590 du C.C « Le nombre des associés d'une société à responsabilité limitée ne peut être
supérieur à vingt. Si la société vient à comprendre plus de vingt associés, elle doit, dans le
délai d'un an, être transformée en société par actions. A défaut, elle est dissoute, à moins
que, pendant ledit délai, le nombre des associés ne soit devenu égal ou inférieur à vingt ».

Art. 590 bis 2 du C.C- (Ordonnance n° 96-27 du 9 décembre 1996 - JO n° 77) – « Une
personne physique ne peut être associée unique que d'une seule société à responsabilité
limitée. Une société à responsabilité limitée ne peut avoir pour associé unique une autre
société à responsabilité limitée composée d'une seule personne.
En cas de violation des dispositions de l'alinéa précédent, tout intéressé peut
demander la dissolution des sociétés irrégulièrement constituées. Lorsque l'irrégularité
résulte de la réunion en une seule main de toutes les parts d'une société ayant plus d'un
associé, la demande de dissolution ne peut être faite moins d'un an après la réunion des
parts. Dans tous les cas, le tribunal peut accorder un délai maximal de six (6) mois pour
régulariser la situation et ne peut prononcer la dissolution si, au jour où il statue sur le fond, la
régularisation a eu lieu ».

C.C ; Code de commerce 17


Section 6/- Gérance d’une société à responsabilité limitée SARL
Le statut du gérant de SARL dépend du nombre de parts sociales qu'il détient dans la
société.
Un gérant est majoritaire s'il détient avec son conjoint (quel que soit son régime
matrimonial) et ses enfants mineurs, plus de 50 % du capital de la société.
Il aura le statut de gérant minoritaire s'il détient, avec son conjoint et ses enfants mineurs,
au plus 50 % du capital.
Selon la jurisprudence, doivent également être prises en compte les parts sociales
détenues par une société contrôlée par le gérant.
S'il y a plusieurs gérants, chaque gérant est considéré comme majoritaire dès lors que les
co-gérants détiennent ensemble plus de la moitié des parts sociales.

La rémunération du gérant de SARL est fixée par les associés en AGO (assemblée
générale ordinaire). Selon les cas, cette rémunération donnera lieu au versement de
cotisations sociales auprès des caisses des non-salariés ou auprès des caisses
des salariés.

Pour déterminer si un gérant est majoritaire ou minoritaire, il convient d'additionner le


nombre de parts sociales détenues dans la SARL par:
- Le gérant (une société pouvant avoir plusieurs gérants, pour déterminer si la gérance est
majoritaire, il faut additionner toutes les parts sociales détenues par les co-gérants),
- Le conjoint du gérant (et, le cas échéant, du conjoint de tout co-gérant) et
- Les enfants mineurs non émancipés du gérant (et, le cas échéant, des enfants mineurs
non émancipés de tout co-gérant).

Si ce total dépasse 50% des parts sociales de la SARL, le gérant est considéré comme
majoritaire (ou, le cas échéant, les co-gérants sont tous considérés comme des gérants
majoritaires). Si le total est inférieur (ou égal) à 50% des parts sociales, le gérant est
minoritaire (le gérant égalitaire suit le même régime social que le gérant minoritaire).

Art. 576 – du C.C « La société à responsabilité limitée est gérée par une ou plusieurs
personnes physiques.
Les gérants peuvent être choisis en dehors des associés.
Ils sont nommés par les associés, dans les statuts ou par un acte postérieur, dans les
conditions prévues à l'article 582, alinéa 1er. »

Art. 577 – du C.C « Dans les rapports entre associés, les pouvoirs des gérants sont
déterminés par les statuts, et dans le silence de ceux-ci, par l'article 554 ci-dessus.
Dans les rapports avec les tiers, le gérant est investi des pouvoirs les plus étendus pour
agir en toute circonstance au nom de la société, sous réserve des pouvoirs que la loi
attribue expressément aux associés. La société est engagée même par les actes du gérant
qui ne relèvent pas de l'objet social, à moins qu'elle ne prouve que le tiers savait que l'acte
dépassait cet objet ou qu'il ne pouvait l'ignorer compte tenu des circonstances, étant exclu
que la seule publication des statuts suffise à constituer cette épreuve.
Les clauses statutaires limitant les pouvoirs des gérants qui résultent du présent article sont
inopposables aux tiers.
En cas de pluralité de gérants, ceux-ci détiennent séparément les pouvoirs prévus au
présent article. L'opposition formée par un gérant aux actes d'un autre gérant est sans effet
à l'égard des tiers, à moins qu'il ne soit établi qu'ils en ont eu connaissance. »

C.C ; Code de commerce 18


1/- Qui peut diriger une SARL ?
La SARL est nécessairement gérée par une ou plusieurs personnes physiques aux termes
de la loi sur les sociétés (Art. 576 du C.C). Le gérant est le représentant légal de la société,
à ce titre, il est mandataire social.
La fonction de direction peut être assurée par un ou plusieurs gérant(s) choisi(s) ou non
parmi les associés.
Les conditions de fond sont des règles liées à l'âge et à la reconnaissance de sa
responsabilité personnelle : personne majeure, mineur émancipé, étranger (dans certains
cas exigence d'une carte de commerçant étranger).
Une personne majeure en tutelle ou en curatelle ne peut être gérante d'une SARL, ni une
personne ayant perdu l'usage de ses droits civiques : condamnation pour crimes de droit
commun, escroquerie, abus de confiance, faillite.
Les personnes morales ne peuvent pas non plus être gérantes.
L'exercice de certaines professions interdit également l'accès à cette fonction : avocat,
notaire, officier ministériel, fonctionnaire, commissaire aux comptes, personnel des
établissements de crédit.

2/- Modes de nomination

2-1/- Lors de la constitution de la société


Le gérant est nommé par les associés dans les statuts ou dans un acte postérieur, c'est-à-
dire par une décision de l’assemblée générale des associées. La nomination statutaire a
toutefois l’inconvénient de nécessiter une modification des statuts à chaque changement de
gérant et, par conséquent, d’entraîner une assemblée générale extraordinaire.
Concernant la nomination extrastatutaire, la décision doit être adoptée par un ou plusieurs
associés représentant plus de la moitié des parts sociales mais les statuts peuvent prévoir
une majorité plus forte.
La nomination doit alors intervenir rapidement, c'est-à-dire après la signature des statuts et
avant l’insertion de l’avis de constitution de la société dans un journal d’annonces légales.
En effet, l’identité du gérant est l’une des mentions obligatoires à faire figurer dans cet avis.

2-2/- Au cours de la vie sociale


La nomination du gérant au cours de la vie sociale est prise, lors d’une assemblée
générale, par un ou plusieurs associés représentant plus de la moitié des parts sociales.
Cette majorité absolue constitue un minimum. Si elle n’est pas obtenue sur première
consultation, il n’est pas possible de statuer à la majorité relative lors de la seconde
consultation. Les statuts peuvent prévoir une majorité plus forte.

2-3/- Publicité de la nomination


Dans le mois qui suit la décision des associés, un avis doit être publié dans un journal
d’annonces légales du département du siège social de la SARL.
En outre, le centre de formalité des entreprises doit être informé de cette nomination. Celui-
ci assurera le dépôt, au greffe du tribunal de commerce, des différentes pièces afin de
permettre au greffier de procéder à l’inscription modificative au registre du commerce et
des sociétés et à l’insertion au journal d’annonces légales BAOL.

3/- Révocation
Le gérant peut être révoqué sur la décision des associés représentant plus de la moitié des
parts sociales (Art. 579 du C.C). Toute clause contraire est réputée non écrite.

Le gérant, s'il est associé, participe au vote concernant sa révocation. Ainsi, un gérant
majoritaire ou égalitaire (c'est-à-dire détenant la moitié des parts sociales) peut s'opposer à
sa révocation. Mais, cette situation ne rend pas le gérant inamovible. Tout associé peut
demander justice sa révocation. Deux cas peuvent se présenter :

C.C ; Code de commerce 19


3-1/- La révocation est décidée par les associés
Les associés n'ont pas à invoquer une cause légitime mais simplement de justes motifs. La
décision des associés prises régulièrement ne risque pas d'être annulée. Toutefois, le
gérant pourra obtenir en justice une indemnité si sa révocation est injustifiée.

Constituent des "justes motifs" de révocation des faits qui causent un préjudice à la société
tels que par exemple :
 La situation financière catastrophique de celle-ci ;
 L’absence d'assemblées depuis deux ans ;
 Non respect des réglementations juridiques en vigueur ;
 Violation des dispositions des statuts
 Des dépenses inconsidérées.

En revanche, n'ont pas été considérés comme des "justes motifs" de révocation:
 Des fautes personnelles du gérant qui n'engageaient pas sa responsabilité en tant
que représentant de la société ;
 De simples divergences d'ordre comptable entre les associés et le gérant qui
auraient pu être réglées à l'amiable.

L'absence de "justes motifs" ne remet pas en cause la décision des associés.


Le gérant ne peut pas obtenir sa réintégration. Il peut seulement obtenir le versement de
dommages intérêts.

3-2/- La révocation est demandée au tribunal


Elle ne peut avoir lieu que pour une cause légitime (incapacité du gérant, mauvaise
gestion, paralysie du fonctionnement de la société provoquée par la mésentente de deux
gérants).
La révocation comme la démission du gérant doivent être impérativement publiées au
registre du commerce et des sociétés. Il est très important d'accomplir ces formalités, car la
cessation des fonctions non publiée sera inopposable au fisc, celui-ci pouvant poursuivre le
gérant démissionnaire en cas de redressement fiscal.
Le gérant démissionnaire ou révoqué doit s'assurer que les formalités de publicité sont
effectuées par la société. A défaut, il peut les effectuer lui-même.

Art. 579 du C.C « Le gérant est révocable par décision des associés représentant plus de
la moitié du capital social. Toute clause contraire est réputée non écrite.
Si la révocation est décidée sans juste motif, elle peut donner lieu à une réparation du
préjudice subi.
En outre, le gérant est révocable par les tribunaux pour cause légitime, à la demande de
tout associé. »

4/- Les pouvoirs du gérant de la SARL


Dans la société à responsabilité limitée (SARL), le gérant dispose de pouvoirs très étendus
pour gérer la société. Il est possible de limiter ses pouvoirs par une clause statutaire, mais
la portée d'une telle limitation diffère selon que l'on est en présence d'associés ou de tiers.

Avant d'aborder à proprement parler les pouvoirs du gérant, nous allons énumérer les
principes généraux, mais néanmoins fondamentaux qui forment les attributions du gérant.
- Le gérant doit établir pour chaque exercice l'inventaire, les comptes annuels et le
rapport de gestion. Il doit adresser aux associés ces documents accompagnés du rapport
du commissaire aux comptes, le cas échéant, du texte des résolutions proposées.
- Une Assemblée Générale Annuelle doit être tenue obligatoirement pour toute SARL
dans un délai de six mois à compter de la clôture de l'exercice.

C.C ; Code de commerce 20


- Lorsqu'un Commissaire aux compte a été désigné, il doit être convoqué à cette
assemblée comme à toute autre assemblée par lettre recommandée avec accusé de
réception.
- Tous les associés doivent être convoqués quinze jours avant la date de l'assemblée.
La convocation doit être accompagnée des documents illustrant la situation de l'entreprise
(liasse fiscale).
- Toute délibération da l'Assemblée des associés doit être constatée par un procès
verbal signé par le gérant.
- Dans les SARL, si le collège de la gérance est majoritaire par suite de gérance de fait
(signature bancaire, signatures de documents officiels ou tous actes de gérance),
l'administration est en droit de considérer les dirigeants non comme des salariés, mais
comme des gérants majoritaires.

4-1/- Les pouvoirs du gérant vis à vis des associés


Dans les rapports entre associés, le gérant est autorisé à accomplir tous actes de gestion
dans l'intérêt de la société.
Comme il peut être dangereux de laisser les pleins pouvoirs à une seule personne, les
associés ont la possibilité d'organiser dans les statuts une limitation des pouvoirs du gérant.
Par exemple, il est possible d'insérer une clause statutaire imposant au gérant d'obtenir
l'accord préalable des associés pour réaliser certaines opérations jugées importantes (les
statuts comportent alors la liste des opérations qui nécessitent une autorisation préalable: il
peut s'agir de la cession d'un actif particulier, de la conclusion d'opérations pour un montant
supérieur à un certain seuil, de la prise de participation dans une autre société, etc.).
En cas de violation d'une limitation statutaire, le gérant engage sa responsabilité à l'égard
des associés. En outre, cette violation des statuts pourra constituer un juste motif de
révocation.

Si la société comprend plusieurs gérants, chaque gérant peut agir séparément pour
accomplir tous actes de gestion dans l'intérêt de la société (sauf dans l'hypothèse où les
statuts contiendraient des dispositions particulières attribuant des pouvoirs spécifiques à
chaque gérant). Toutefois, un gérant a la possibilité de s'opposer à une décision d'un autre
gérant avant qu'elle ne soit conclue.

Art. 583 du C.C « L'assemblée des associés est présidée par le gérant.
Toute délibération de l'assemblée des associés est constatée par un procès-verbal ».

4-2/- Les pouvoirs du gérant vis à vis des tiers


Par "tiers", on entend, de manière très large, toute personne qui n'est pas associée de la
société: client, fournisseur, salarié, etc.

Alors que les statuts peuvent limiter les pouvoirs du gérant vis à vis des associés, il en va
autrement vis à vis des tiers. En effet, pour protéger les tiers, le Code de commerce a posé
une présomption forte : dans les rapports avec les tiers, le gérant est investi des pouvoirs
les plus étendus pour agir en toute circonstance au nom de la société, sous réserve des
pouvoirs que la loi attribue expressément aux associés.
Dès lors, les clauses statutaires limitant les pouvoirs du gérant sont inopposables aux tiers.
La société est engagée même par les actes du gérant qui ne relèvent pas de l'objet social,
à moins qu'elle ne prouve que le tiers savait que l'acte dépassait cet objet ou qu'il ne
pouvait l'ignorer compte tenu des circonstances, étant exclu que la seule publication des
statuts suffise à constituer cette preuve (en pratique, la société aura beaucoup de difficultés
à apporter une telle preuve).

Si la société comprend plusieurs gérants, chaque gérant détient séparément les pouvoirs
les plus étendus pour agir en toute circonstance au nom de la société. L'opposition formée
par un gérant aux actes d'un autre gérant est donc sans effet à l'égard des tiers, à moins
C.C ; Code de commerce 21
qu'il ne soit établi que le tiers avait connaissance de l'opposition formée par l'autre gérant.
(Art 577 du C.Com)

Art. 577 du C.C – « Dans les rapports entre associés, les pouvoirs des gérants sont
déterminés par les statuts, et dans le silence de ceux-ci, par l'article 554 ci-dessus.
Dans les rapports avec les tiers, le gérant est investi des pouvoirs les plus étendus pour
agir en toute circonstance au nom de la société, sous réserve des pouvoirs que la loi
attribue expressément aux associés. La société est engagée même par les actes du gérant
qui ne relèvent pas de l'objet social, à moins qu'elle ne prouve que le tiers savait que l'acte
dépassait cet objet ou qu'il ne pouvait l'ignorer compte tenu des circonstances, étant exclu
que la seule publication des statuts suffise à constituer cette épreuve.
Les clauses statutaires limitant les pouvoirs des gérants qui résultent du présent article sont
inopposables aux tiers.
En cas de pluralité de gérants, ceux-ci détiennent séparément les pouvoirs prévus au
présent article. L'opposition formée par un gérant aux actes d'un autre gérant est sans effet
à l'égard des tiers, à moins qu'il ne soit établi qu'ils en ont eu connaissance. »

5/- Statut du gérant associé


On rappellera que sur le plan juridique, une SARL est nécessairement gérée par une ou
plusieurs personnes physiques aux termes de la loi sur les sociétés (Art 576 du C.C). Le
gérant est le représentant légal de la société, à ce titre, il est le mandataire social.

Le statut de gérant majoritaire est assimilé à celui d'un commerçant. Il bénéficie, en effet,
du même régime de protection sociale que celui des travailleurs indépendants et affilié à la
caisse nationale de sécurité sociale des non salariés CASNOS. Il paiera ces cotisations sur
sa rémunération professionnelle déclarée à l'administration fiscale et sur les revenus tirés
des dividendes distribués.

Les rémunérations des gérants majoritaires et minoritaires suivent des règles d'imposition
différentes. Pour la société, la rémunération versée au gérant majoritaire est imposable à
l’IRG annuel des bénéfices non commerciaux BNC, par contre, la rémunération versée au
gérant minoritaire est imposable en matière d’IRG salaire, et constitue une charge
d’exploitation déductible au même titre que les autres rémunérations versées aux salariés.

Sur le plan social et en vertu des dispositions de l’article 12 et 14 du code travail (Loi 90-
11), cette qualité d’associé entraîne que le gérant minoritaire de la SARL est un salarié. Par
contre, il ne peut bénéficié de la protection du droit du travail, et il n'a pas à être pris en
compte dans l'effectif des salariés d'une entreprise.

Dans cette hypothèse, le gérant aura la qualité de salarié au titre de son contrat de travail
et relèvera alors du droit du travail mais pour les seules fonctions définies par son contrat
de travail. Il ne faut pas confondre ici le droit du travail et le droit de la sécurité sociale : un
PDG de société anonyme par exemple n'est pas soumis en tant que tel au droit du travail
mais il est assimilé à un salarié au regard du droit de la sécurité sociale. La différence est
d'importance puisqu'un gérant minoritaire qui perçoit une rémunération relève certes du
régime de la sécurité sociale des non salariés, mais il ne peut pas bénéficier de
l'assurance-chômage, des avantages accordés par la convention collective applicable dans
l'entreprise, du privilège pour le règlement des salaires (article du code de travail – loi 90-
11).

C.C ; Code de commerce 22


Décret exécutif n° 96-434 du 19 Rajab 1417 correspondant au 30 novembre 1996
modifiant et complétant le décret n° 85-35 du 9 février 1985 relatif à la sécurité
sociale des personnes exerçant une activité professionnelle non-salariée. « Art. 15. -
Toute personne exerçant simultanément une activité salariée et une activité non-salariée,
doit être affiliée au titre de l'activité non-salariée même si cette activité n'est exercée qu'à
titre accessoire, sans préjudice de son affiliation au titre de l'activité salariée. Dans ce cas,
les prestations des assurances sociales sont dues au titre de son activité salariée.
Toutefois, si l'assuré ne remplit pas les conditions d'ouverture de droit au regard de l'activité
salariée, l'assuré ou ses ayants-droit peuvent, le cas échéant, bénéficier des prestations au
titre de son activité non-salariée dans les conditions prévues par le présent décret. »

Art. 2 du code de travail – Loi 90-11- « Au titre de la présente loi, sont considérés
travailleurs salariés toutes personnes qui fournissent un travail manuel ou intellectuel
moyennant rémunération dans le cadre de l’organisation et pour le compte d’une autre
personne physique ou morale, publique ou privée ci-après dénommée «employeur» ».

Art. 4 - du code de travail – Loi 90-11- « Nonobstant les dispositions de la présente loi et
dans le cadre de la législation en vigueur, des dispositions particulières prises par voie
réglementaire préciseront, en tant que de besoin, le régime spécifique des relations de
travail concernant les dirigeants d’entreprises, les personnels navigants des transports
aériens et maritimes, les personnels des navires de commerce et de pêche, les travailleurs
à domicile, les journalistes, les artistes et comédiens, les représentants de commerce, les
athlètes d’élite et de performance et les personnels de maison. »

5-1/-Quel est la différence entre le statut de gérant majoritaire et le statut de


gérant minoritaire ?
Le gérant est :
o Minoritaire s'il détient moins de la moitié des parts sociales ;
o Egalitaire s'il détient la moitié des parts sociales ;
o Majoritaire s'il détient plus de la moitié des parts sociales (50 % plus une part sociale). Il
est possible d'avoir un statut de gérant majoritaire sans posséder la majorité du capital.
Pour cela, il suffit que les associés, quelle que soit leur part du capital, créent un " collège
de gérance " (co-gérance).

5-2/- Gérance majoritaire


Doit être considéré comme gérant majoritaire, l’associé-gérant qui possède plus de la
moitié des parts sociales de la SARL. Si la gérance est exercée collégialement, c’est
l’ensemble des parts détenues par les co-gérants qui est retenu de telle manière que si
cette collégialité détient plus de la moitié des parts sociales, chaque co-gérant sera
assimilé à un gérant majoritaire. Dans tous les autres cas, la gérance sera réputée
minoritaire.

Les parts qui entrent en ligne de compte sont celles directement détenues en pleine
propriété ou en usufruit par le gérant, celles dont il a l’administration ou la gestion, celles
dont il dispose par l’intermédiaire d’une société qu’il contrôle et celles détenues en pleine
propriété ou en usufruit par son conjoint et/ou ses enfants mineurs non émancipés.

L'affiliation au régime des non salariés de sécurité sociale (CASNOS) des gérants
égalitaires ou majoritaires des SARL est obligatoire à condition qu'ils possèdent ensemble,
conjoint et avec enfants mineurs, plus de la moitié du capital social.
Le gérant peut recevoir une rémunération au titre de son mandat social en contre partie de
son travail effectif dans la société. Le salaire n’est pas soumis aux cotisations sociales
CNAS, ni même imposable à l’IRG salaire, par contre, il sera intégré dans les revenus

C.C ; Code de commerce 23


annuels soumis aux cotisations CASNOS et qui sera en même temps imposable à l’IRG
annuel.

5-3/- Gérance minoritaire et égalitaire


Le statut de gérant minoritaire est assimilé à celui d'un salarié. Il bénéficie donc du régime
de sécurité sociale propre à ce dernier. Le gérant minoritaire n'est obligé de cotiser au
régime des salariés que dans la mesure où il est rémunéré.
Au statut de gérant minoritaire, il faut assimiler le statut de gérant égalitaire (gérant associé
possédant 50 % du capital social).
Il est possible de cumuler la fonction de gérant minoritaire avec la qualité de salarié. Le
gérant doit pour cela remplir les conditions suivantes :
o Occuper un poste de travail effectif et réel ;
o Etre rémunéré par un salaire ;
o Travailler sous un lien de subordination.

L'affiliation au régime des salariés de sécurité sociale CNAS des gérants minoritaires des
SARL est obligatoire à condition qu'ils ne possèdent pas ensemble, conjoint et avec enfants
mineurs, plus de la moitié du capital social.
La rémunération du gérant au titre de son mandat social relève du régime des salariés, et
soumis aux cotisations sociales CNAS, et imposable à l’IRG salaire.

Section 7/ Les associés de la société à responsabilité SARL


Les associés doivent avoir la capacité civile, personne physique ou morale. Le nombre
minimal est de deux (02) associés, sinon si un seul associé c’est une EURL. Les associés
ont des droits et des obligations envers la société et envers le collège d’actionnaires.

1/ Les droits

1-1/- Droits d'informations et de contrôles : Les associés d’une SARL disposent


des droits multiples en matière d’informations et de contrôle envers la société, à savoir ;

- 15 jours avant l'assemblée générale annuelle AGO, ils doivent recevoir le rapport d’activité
(de gestion) sur les opérations de l'exercice clôturé.
- 2 fois par an, les associés non gérants peuvent obtenir communication des livres de
comptes, des contrats, des factures, de la correspondance, des procès verbaux ainsi qu'une
copie de ces documents ;
- 2 fois par an, les associés non gérants peuvent poser des questions écrites sur tout fait de
nature à compromettre la continuité (réponse par écrit, dans le mois, aux associés et au
commissaire aux comptes) ;
- Les associés doivent désigner un commissaire aux comptes ;
- Participer aux décisions collectives.
- La réunion d'une assemblée est obligatoire pour l'approbation des comptes annuels dans
les six mois de la clôture, ou lors de la demande par un associé ;
- Tout associé ou groupe de représentant 10% du capital social de la société peut demander
la désignation d'un expert pour une expertise des comptes comptables.

1-2/- Droit politiques : Dans la SARL, il y a une particularité concernant la


répartition des voix : une part sociale = une voix. Ainsi, chaque associé dispose d'autant de
voix que de parts sociales. C'est une disposition d'ordre public. Il est donc interdit de créer
des parts sociale avec droit de vote double ou des parts sociales sans droit de vote.

Art. 580 du C.C « Les décisions des associés sont prises en assemblée.
Toutefois, les statuts peuvent stipuler que toutes les décisions ou certaines d'entre elles
pourront être prises par consultations écrites des associés.

C.C ; Code de commerce 24


Les associés sont convoqués 15 jours su moins avant la réunion de l'assemblée par lettre
recommandée portant indication de l'ordre du jour.
Un ou plusieurs associés représentent au moins le 1/4 en capital social, peuvent demander
la réunion d'une assemblée. Toute clause contraire est réputée non écrite.
Tout associé peut demander, en justice, la désignation d'un mandataire chargé de convoquer
l'assemblée et de fixer son ordre du jour ».

Art. 581 du C.C - « Chaque associé a le droit de participer aux décisions et dispose d'un
nombre de voix égal à celui des parts sociales qu'il possède.
Un associé peut se faire représenter par un autre associé ou par son conjoint.
Il ne peut se faire représenter par une autre personne que si les statuts le permettent.
Un associé ne peut constituer un mandataire pour voter du chef d'une partie de ses parts et
voter en personne du chef de l'autre partie.
Toute clause contraire aux dispositions des alinéas 1er, 2 et 4 ci-dessus est réputée non
écrite. »

Art. 585 du C.C « Tout associé a le droit :


1° D'obtenir à toute époque, au siège social, la délivrance d'une copie conforme des statuts
en vigueur au jour de la demande. La société doit annexer à ce document la liste des gérants
et, le cas échéant, des commissaires aux comptes en exercice et ne peut, pour cette
délivrance, exiger le paiement d'une somme supérieure à celle fixée par la réglementation en
vigueur;
2° A toute époque, de prendre par lui-même et au siège social, connaissance des documents
suivants : compte d'exploitation générale, compte des pertes et profits, inventaires, rapports
soumis aux assemblées et procès-verbaux de ces assemblées concernant les trois derniers
exercices sauf en ce qui concerne l'inventaire; le droit de prendre connaissance emporte
celui de prendre copie.
A cette fin, il peut se faire assister d'un expert agréé.
3° De prendre connaissance ou copie pendant le délai de quinze jours qui précède toute
assemblée, du texte des résolutions proposées, du rapport de la gérance ainsi que, le cas
échéant, du rapport du commissaire aux comptes ».

1-3/- Droits pécuniaires (Droits financiers)


Les associés ont droit aux bénéfices sociaux (répartition des dividendes selon les statuts),
boni de liquidation. La répartition des bénéfices s'effectue conformément aux statuts, et
sous réserve de respecter et vérifier l’application des dispositions du commerce, à savoir :
- La constitution de réserve légale de 5% sur le bénéfice annuel net, jusqu’à ce que le
montant de la réserve atteint 1/10 du capital social.
- Les clauses d'intérêt fixe (attribution d'un dividende fixe même en l'absence de bénéfices)
sont interdites
- La mise en paiement des dividendes doit avoir lieu dans un délai maximal de neuf mois
après la clôture de l'exercice, sauf prolongation de ce délai par décision de justice sur
demande des gérants;
- Aucune répétition de dividendes ne peut être exigée des associés, hors le cas de
distribution de dividendes fictifs ou d'attribution d'un intérêt en l'absence de bénéfices. A
notre avis, les dividendes ne peuvent pas être considéré comme des fruits civils.

Art. 588 du C.C « La répartition des dividendes ne correspondant pas à des bénéfices
réellement acquis, peut être exigée des associés qui les ont reçus.
L'action en répartition se prescrit par le délai de trois ans à compter de la mise en distribution
des dividendes ».

C.C ; Code de commerce 25


2/ Les Obligations des associés
Ils sont responsables uniquement des pertes à concurrence de leurs apports. S'ils veulent
conclure un contrat avec la SARL dans leur intérêt personnel, ils seront soumis aux mêmes
règles que le gérant de la SA.

2-1/- Obligation au passif social ; A l'égard des tiers, les associés ne sont tenus du
passif social que dans la limite du montant de leurs apports. Toutefois, ils peuvent être
tenus au-delà de ce montant ;
- Si des apports en nature on tété effectués à l'occasion de la constitution de la société or
lors d'une augmentation de capital;
- S'ils se sont comportés comme des gérants de fait- s'ils ont cautionné une ou plusieurs
dettes de la société

Dans les rapports des associés entre eux, les pertes sociales sont réparties selon les
règles fixées dans les statuts, à défaut de clause statutaire, cette répartition doit être faite
proportionnellement aux apports de chacun des associés

2-2/- Autres obligations ; Obligation de non-concurrence. En principe, l'associé


d’une société à responsabilité limitée n'est pas obligé de s'abstenir de tout acte susceptible
de faire concurrence à la société s’il n’en serait autrement que si les statuts le prévoyait. En
fait, l'obligation de non concurrence se rencontre sur tout en cas d'apport de fonds de
commerce.
Restitution des dividendes fictifs ; La répétition des dividendes fictifs peut être exigée des
associés , il en est de même des sommes qui ont pu leur être attribuées, en l’absence de
bénéfices, à titre d'intérêt fixe.

Art. 582 du C.C « Dans les assemblées ou lors des consultations écrites, les décisions sont
adoptées par un ou plusieurs associés représentant plus de la moitié du capital social.
Sauf stipulation contraire dans les statuts, si la majorité n'est pas atteinte à la première
consultation, les associés sont selon les cas, convoqués ou consultés une seconde fois et les
décisions sont prises à la majorité des votes émis, quelle que soit la portion du capital social
représentée ».

Section 8/ Cession de parts sociales


Les parts sociales constituent des biens personnels des associés. Leur existence et leur
répartition sont matérialisées par les statuts. Les associés peuvent les céder, les vendre,
les transmettre à leurs héritiers ou même les nantir.

La personnalité des associés n'est pas totalement indifférente ; ainsi, les parts sociales ne
sont pas des titres librement négociables. Leur cession et leur transmission peuvent être
subordonnées à l'accord des autres associés

Théoriquement, les cessions de parts sociales doivent être constatées par acte sous seing
privé ou notarié. Dans les rapports entre les parties, la cession est parfaite dés la signature
de l’acte par la volonté des deux parties. Ainsi, la preuve de cession est l’acte signé par les
parties concernées. Les cessions de parts ne sont opposables aux tiers qu’après
accomplissement des formalités de publicité et dépôt au centre des registres de commerce
de l’acte de cession et les statuts modificatifs (article 572 du code de commerce).

C.C ; Code de commerce 26


1/- Conditions de forme : La cession doit obligatoirement être constatée par écrit (il faut
un contrat). Elle doit également être officiellement portée à la connaissance de la SARL. En
pratique le mode d'information le plus utilisé consiste à déposer l'original de l'acte au siège
social. Cette cession doit être portée à la connaissance du public.

Un prélèvement fiscal est appliqué, d'abord auprès du vendeur pour d'éventuelle plus value
puis auprès de l'acquéreur (droit d'enregistrement : taux 5%).

2/- Conditions de fond : On distingue deux hypothèses :

- Lorsque le bénéficiaire de la cession est un autre associé ou un parent du vendeur, la


cession est en principe libre sauf clause statutaire contraire.

- Lorsque le bénéficiaire de la cession est un tiers, l'acquéreur doit être agrée par les
autres associés. Cet agrément est voté à la majorité représentant les 3/4 des parts sociales
(cédant y compris, toute clause contraire est réputée non écrite). Ceci est une règle d'ordre
publique (impérative). Si l'engagement n'est pas voté, la loi prévoit un dispositif de sécurité :
si le vendeur détient ses parts depuis deux ans, les associés en place ont un délai de trois
mois pour trouver une solution de rechange qui pourra consister à racheter les parts par
une personne qui leur choix ou de les faire racheter par la société elle même (à charge de
réduire le capital social en proportion), autorisation tacite (en cas de non réponse dans les
trois mois), autorisation par déchéance (en cas de refus et si la société ne rachète pas les
parts dans le délai imparti). La cession de parts peut contenir une clause de garantie de
passifs (Art 571 du C.C).

Si au bout de ce délai de trois mois aucune de ces solutions n'a été retenue, la loi donne à
l'associé le droit de réaliser l'opération initialement prévue.

Lors de la réunion de toutes les parts d'une SARL dans une même main, le passage de la
SARL à l'EURL est réalisé dès que la cession des parts entraînant réunion de tous les
droits sociaux dans une même main devient opposable aux tiers, c'est-à-dire après dépôt
d'un original de l'acte de cession au siège social (ou la signification par huissier à la
société) et après dépôt au greffe du Tribunal de commerce de deux (02) exemplaires de
l'acte de cession.

Les cessions de parts sociales sont soumises au droit d’enregistrement et ce, en vertu de
l’article 351 du code d’enregistrement.

Art. 571 - du C.C (Ordonnance n° 96-27 du 9 décembre 1996 - JO n° 77)-« Les parts
sociales ne peuvent être cédées à des tiers étrangers à la société qu'avec le
consentement de la majorité des associés représentant au moins le trois-quarts du capital
social.
Lorsque la société comporte plus d'un associé, le projet de cession est notifié à la société
et à chacun des associés.
Si la société a refusé de consentir à la cession, les associés sont tenus dans le délai de
trois mois, à compter de ce refus, d'acquérir ou de faire acquérir les parts au prix fixé par un
expert agréé désigné soit par les parties, soit à défaut d'accord entre elles, par ordonnance
du président du tribunal rendue sur requête de la partie la plus diligente. A la demande du
gérant, ce délai peut être prolongé une seule fois par décision de justice, sans que cette
prolongation puisse excéder six mois.
La société peut également avec le consentement de l'associé cédant, décider dans le
même délai, de réduire son capital du montant de la valeur des parts de cet associé et de
racheter ces parts au prix déterminé dans les conditions ci-dessus.
Un délai de paiement qui ne saurait excéder un an peut, sur justification, être accordé à la
société par décision de justice.
C.C ; Code de commerce 27
Si à l'expiration du délai imparti, aucune des solutions prévues aux alinéas 3 et 4 ci-dessus
n'est intervenue, l'associé peut réaliser la cession initialement prévue.
Toute clause contraire aux dispositions du présent article est réputée non écrite. »

Art. 572 du C.C « Les cessions de parts sociales ne peuvent être constatées que par acte
authentique.
Elles ne sont opposables à la société et aux tiers qu'après leur signification à la société ou
leur acceptation par elle dans un acte authentique ».

Art. 351 du C.Enr « Il est fait défense aux inspecteurs de l'enregistrement d'accomplir la
formalité d'enregistrement à l'égard des actes sous signature privée ayant pour objet, les
biens immeubles ou droits mobiliers, les fonds de commerce ou d'industrie ou tout élément
les composant, les cessions d'actions ou parts de sociétés, les baux commerciaux, les
gérances de fonds de commerce ou d'établissements industriels, les actes constitutifs ou
modificatifs de sociétés.
Toutefois, la formalité d'enregistrement peut être accomplie à l'égard des actes sous
signature privée ayant pour objet le nantissement de fonds de commerce en faveur des
banques et établissements financiers. »

Section 9/- Transmission des parts sociales


Le décès d'un associé n'est pas en principe une cause de dissolution de la société. Ses
parts sont librement transmissibles à ses héritiers, mais les statuts peuvent prévoir une
solution contraire, comme par exemple prévoir l'agrément des héritiers par les autres
associés (Art 570 du C.C)

Art. 570 – du C.C « Les parts sociales sont librement transmissibles par voie de
succession et librement cessibles entre conjoints et entre ascendants et descendants.
Toutefois, les statuts peuvent stipuler que le conjoint, un héritier, un ascendant ou un
descendant ne peut devenir associé qu'après avoir été agréé dans les conditions qu'ils
prévoient. A peine de nullité de la clause, les délais accordés à la société pour statuer sur
l'agrément ne peuvent être plus longs que ceux prévus à l'article 571 et la majorité exigée
ne peut être plus forte que celle exigée audit article. En cas de refus d'agrément, il est fait
application des dispositions de l'article 571, alinéas 3 et 4. Si aucune des solutions prévues
à ces alinéas n'intervient dans les délais impartis, l'agrément est réputé acquis. »

Section 10/- Nantissement


Un associé peut garantir un prêt par nantissement de ses parts, après acceptation à la
double majorité. Ce nantissement doit être constaté par acte authentique ou sous seing
privé.

Section 11/- Déroulement des assemblées des actionnaires et les décisions


collectives
L’assemblée a en théorie un rôle fondamental dans l’exercice des droits des actionnaires
dans l’entreprise. Les dirigeants font rapport de leur gestion et la soumette au vote, en
particulier par l'approbation des comptes, après avoir mis à la disposition des actionnaires
les documents prévus par la loi (rapport annuel, rapport des commissaires aux
comptes,etc.) . Ils fournissent les réponses aux questions des actionnaires;

Les décisions sont prises en consultation pendant l’assemblée des actionnaires. Consultation
par écrit à l'initiative du gérant, qui adresse aux associés le texte de résolutions proposées et
les documents nécessaires. Les associés ont un délai de 15 jours pour répondre par écrit,
avec consentement dans un acte sous seing privé ou notarié. Cette possibilité doit être
prévue dans les statuts et il ne doit pas s'agir d'une décision pour laquelle une assemblée est
obligatoire.
C.C ; Code de commerce 28
Art. 580 du C.C « Les décisions des associés sont prises en assemblée.
Toutefois, les statuts peuvent stipuler que toutes les décisions ou certaines d'entre elles
pourront être prises par consultations écrites des associés.
Les associés sont convoqués 15 jours au moins avant la réunion de l'assemblée par lettre
recommandée portant indication de l'ordre du jour.
Un ou plusieurs associés représentent au moins le 1/4 en capital social, peuvent demander
la réunion d'une assemblée. Toute clause contraire est réputée non écrite.
Tout associé peut demander, en justice, la désignation d'un mandataire chargé de convoquer
l'assemblée et de fixer son ordre du jour ».

Art. 677. du C.C (Décret législatif n° 93-08 du 25 avril 1993) – « Trente jours (30) avant la
tenue de l'assemblée générale, le conseil d'administration ou le directoire doit adresser ou
mettre à la disposition des actionnaires les documents nécessaires pour permettre à ceux-ci
de se prononcer en connaissance de cause et de porter un jugement informé sur la gestion
et la marche des affaires de la société ».

Art. 678. du C.C (Décret législatif n° 93-08 du 25 avril 1993) – « La société doit adresser
aux actionnaires ou mettre à leur disposition, les renseignements suivants contenus dans un
ou plusieurs documents :
1° Les noms, prénoms usuel et domicile, soit des administrateurs et directeurs généraux,
soit, le cas échéant, l'indication des autres sociétés dans lesquelles ces personnes exercent
des fonctions de gestion, de direction ou d'administration;
2° Le texte des projets de résolution présenté par le conseil d'administration ou le directoire;
3° Le cas échéant, le texte et l'exposé des motifs des projets de résolution présentés par les
actionnaires;
4° Le rapport du conseil d'administration ou du directoire qui sera présenté à l'assemblée;
5° Lorsque l'ordre du jour comporte 1a nomination ou la révocation d'administrateurs ou de
membres du conseil de surveillance ou du directoire :
a) Les nom, prénom usuel et âge des candidats, leurs références professionnelles et
leurs activités professionnelles au cours des 5 dernières années, notamment les fonctions
qu'ils exercent ou ont exercées dans d'autres sociétés;
b) Les emplois ou fonctions occupés dans la société par les candidats et le nombre
d'actions de la société dont ils sont titulaires ou porteurs.

6° S'il s'agit de l'assemblée générale ordinaire, le tableau de comptes des résultats, les
documents de synthèse, le bilan et le rapport spécial des commissaires aux comptes faisant
apparaître les résultats de la société au cours de chacun des cinq derniers exercices ou de
chacun des exercices clos depuis la constitution de la société ou l'absorption parcelle-ci,
d'une autre société si leur nombre est inférieur à cinq;
7° S'il s'agit d'une assemblée générale extraordinaire, le rapport des commissaires aux
comptes qui sera, le cas échéant, présenté à l'assemblée ».

Art. 681. du C.C (Décret législatif n° 93-08 du 25 avril 1993) – « A chaque assemblée est
tenue une feuille de présence contenant les mentions suivantes :
1° les noms, prénom usuel et domicile de chaque actionnaire présent, le nombre d'actions
dont il est titulaire;
2° les noms, prénom usuel et domicile de chaque actionnaire représenté, et ceux de leur
mandataire ainsi que le nombre de voix attachées à leurs actions.
Le bureau de l'assemblée annexe à la feuille de présence la procuration portant les nom,
prénom usuel et domicile de chaque mandant et le nombre d'actions dont il est titulaire.
Dans ce cas, le bureau de l'assemblée n'est pas tenu d'inscrire, sur la feuille de
présence, les mentions concernant les actionnaires représentés, mais le nombre des
pouvoirs annexés à ladite feuille est indiqué sur celle-ci. Ces pouvoirs devront être
communiqués dans les mêmes conditions et en même temps que la feuille de présence.

C.C ; Code de commerce 29


La feuille de présence, dûment émargée par les actionnaires présents et les
mandataires, est certifiée exacte par le bureau de l'assemblée ».

1/ Assemblée Générale Ordinaire (AGO) ;


L’assemblée ordinaire annuelle est obligatoire au moins une fois par an. Elle a pour objet
de prendre les décisions autres que celles modifiant les statuts ou autorisant les cessions
de parts à des tiers.
Les prérogatives de l’assemblée ordinaire sont :
- L’approbation des comptes et la distribution des dividendes ;
- La nomination, la révocation et la fixation de la rémunération du gérant, même statutaire;
- L’approbation des conventions passées entre la société et son gérant ou ses associés ;
- L’autorisation donnée à la gérance de faire des actes qui statutairement dépassent les
pouvoirs des gérants.
Aucun quorum n’est exigé pour que l’assemblée puisse valablement délibérer

1-1/- Actes préparatoires ; Préalablement à la tenue de l'assemblée annuelle, le gérant


doit satisfaire à un certain nombre d'obligations relatives à l'établissement et à la
communication des documents sociaux.

1-1-1/- Établissement des documents sociaux ; Au terme de l'article 801 du Code


de commerce, à la clôture de chaque exercice, le gérant doit établir les documents suivants
:
- Un inventaire ;
- Les comptes annuels (comprenant le bilan, le compte de résultat et l'annexe) ;
- Le rapport de gestion.

Concernant plus précisément le rapport de gestion, il doit exposer :


- La situation financière, économique et sociale de la société durant l'exercice écoulé ;
- Son évolution prévisible ;
- Les événements importants survenus entre la date de clôture de l'exercice et celle à
laquelle le rapport est établi ;

Par ailleurs, il doit aussi comporter les modifications intervenues dans le mode de
présentation ou d'évaluation des comptes annuels, le montant des dividendes versés au
titre des trois exercices précédents, les prises de contrôle ou de participation significatives,
l'activité des filiales et la régularisation des participations réciproques (à savoir qu’une SA
ne peut être associée d’une SARL qui détient plus de 10 % de son capital social).

L'article 801 du C.C (Décret législatif 93-08 du 25 avril 1993), condamne le gérant de
20 000 Da à 200 000 Da d'amende en cas de défaut d'établissement des documents
sociaux.

1-1-2/- Communication préalable des documents sociaux ; Le gérant doit


communiquer aux associés, outre les documents sociaux, le texte des résolutions
proposées et le rapport du commissaire aux comptes s'il en existe un (Alinéa 2 Article. 801
du C.C).
Il doit envoyer l'ensemble de ces documents, à l'exception de l'inventaire, à chaque associé
au moins 15 jours avant la date de réunion. Quant à l'inventaire, il est tenu à disposition des
associés, dans le même délai, au siège social.

Dans le cas où le gérant ne respect pas cette obligation, chaque associé peut demander,
en référé, au président du tribunal de commerce :
- Soit d'enjoindre au dirigeant de procéder à cette communication sous astreinte ;
- Soit de désigner un mandataire chargé de le faire.

C.C ; Code de commerce 30


À compter de la date de communication, les associés ont la possibilité de poser par écrit
des questions auxquelles le gérant devra répondre au cours de l'assemblée générale.

Il est également à noter que suivant l’article 94 alinéa 6 du Code du travail, le chef
d'entreprise est tenu d'adresser ces mêmes documents au comité d'entreprise, avant leur
présentation à l'assemblée ordinaire annuelle.

Art. 94 du code de travail- « Le comité de participation a les attributions suivantes :


………..6) Consulter les états financiers de l’organisme employeur : bilans, comptes
d’exploitation, comptes profits et pertes…….. »

1-2/- Tenue de l’assemblée ordinaire annuelle (AGO)

1-2-1/- Convocation de l'assemblée annuelle


L'approbation annuelle des comptes est de la compétence exclusive de l'assemblée
générale ordinaire des associés. Elle doit être réunie au moins une fois par an, dans les six
mois après la clôture de l’exercice.

Le gérant doit dès lors envoyer à chaque associé une convocation par lettre recommandée
quinze jours au moins avant la date de la réunion. Généralement, la lettre de convocation
est accompagnée de l'envoi des documents sociaux, à savoir, les états financiers de
clôture, le rapport du commissaire aux comptes, le rapport d’activité et l’ordre du jour.
Néanmoins, une requête tendant à proroger le délai pour la tenue de l'assemblée peut être
adressée au président du tribunal de commerce dans les six mois qui suivent la date de
clôture de l’exercice.
Si l'assemblée n'est pas réunie dans les délais légaux impartis, le gérant encourt un mois à
six mois d'emprisonnement et/ou une amende de 20 000 Da à 200 000 Da (Art. 802 du C.C
– Décret législatif 93-08 du 25 avril 1993).

Le jour de l'assemblée, établissement du procès verbal et transcription sur le registre des


délibérations d'associés, et dans le mois de l'approbation des comptes, dépôt centre national
des registres de commerces (CNRC) des documents et du procès verbal de l’assemblée.

Art. 584 du C.C (Ordonnance n° 96-27 du 9 décembre 1996 - JO n° 77) – « Le rapport sur
les opérations de l'exercice, l'inventaire, le compte d'exploitation général, le compte des
résultats et le bilan, établis par les gérants sont soumis à l'approbation des associés réunis
en assemblée, dans le délai de six mois à compter de la clôture de l'exercice.
A cette fin, les documents visés à l'alinéa précédent, ainsi que le texte des résolutions
proposées et le cas échéant, le rapport des commissaires aux comptes sont communiqués
aux associés dans les conditions et délais déterminés ci-dessous. Toute délibération prise
en violation des dispositions du présent alinéa peut être annulée.
Toute clause contraire aux dispositions du présent article est réputée non écrite ».

Art. 588 – du C.C « La répartition des dividendes ne correspondant pas à des bénéfices
réellement acquis, peut être exigée des associés qui les ont reçus.
L'action en répétition se prescrit par le délai de trois ans à compter de la mise en distribution
des dividendes ».

1-2-2/- Décision collective ordinaire


A chaque assemblée, une feuille de présence doit être tenu par le gérant légal et qui doit
contenir des informations sur l’adresse, le nombre d’actions, le nombre de voix de chaque
actionnaire, à défaut, les mêmes informations sur leurs mandataires.

C.C ; Code de commerce 31


Lors de la réunion, l'assemblée annuelle se prononce sur :
- L'approbation, le rejet ou le redressement des comptes ;
- La distribution éventuelle des dividendes et les modalités de leur mise en paiement.

Les décisions doivent être adoptées par un ou plusieurs associés représentant plus de la
moitié des parts sociales (article 582 du Code de commerce).
Si cette majorité n’est pas obtenue, et sauf clause contraire des statuts, les associés
peuvent être convoqués ou consultés une seconde fois. Les décisions sont alors adoptées
à la majorité des votes émis quel que soit le nombre de votants (article 582 du Code de
commerce).

En cas de délibération sur une convention réglementée, l’intéressé ne prend pas part au
vote et ses parts ne sont pas prises en compte.

Cette assemblée est également l'occasion de donner un quitus, à savoir une décharge de
responsabilité au gérant pour l'accomplissement de son mandat, de ratifier les conventions
passées entre la société et l'un de ses gérants ou associés, ou de prendre toute autre
décision relevant de la compétence de l'assemblée générale ordinaire des associés. Le
vote se fait à la majorité simple des parts sociales.
Pour le cas de l’EURL, lorsque l’associé unique est également le gérant de l’entreprise, le
dépôt des comptes annuels dûment au CNRC vaut approbation.

Lorsqu'une assemblée n'a pu délibérer régulièrement, faute du quorum requis, la deuxième


assemblée est convoquée dans les formes prévues à l'article 582 du code commerce et
l'avis de convocation rappelle la date de la première.
Il en est de même pour la convocation d'une assemblée générale extraordinaire ou d'une
assemblée spéciale.

1-2-3/- Formalités de publicité


Une fois les comptes approuvés, le gérant dispose d'un délai d'un mois pour les déposer au
centre national des registres de commerces (CNRC).

Doivent faire l'objet d'un dépôt :


- Les comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexe) ;
- Le rapport de gestion ;
- La proposition d’affectation du résultat soumise à l'assemblée ;
- La résolution votée d'affectation du résultat ;
- Le rapport du commissaire aux comptes s’il en existe un ;
- Le cas échéant, les comptes consolidés et le rapport sur la gestion du groupe.

Ils sont ensuite publiés au bulletin officiel des annonces légales (BOAL), à la diligence du
greffier.
Le dépôt des comptes s'effectue en deux exemplaires datés et certifiés conformes par le
représentant légal de la société.

En cas de refus d'approbation des comptes annuels, le gérant doit déposer deux copies
certifiées conformes du procès verbal de l'assemblée attestant de ce refus au greffe du
tribunal de commerce.

A défaut de dépôt au CNRC de ces documents dans les délais est sanctionné pénalement
d’une amende de 30.000 à 300.000 DA (art. 35 de la Loi 04 - 08 du 27 Août 2004).

C.C ; Code de commerce 32


Art. 582 du C.C « Dans les assemblées ou lors des consultations écrites, les décisions sont
adoptées par un ou plusieurs associés représentant plus de la moitié du capital social.
Sauf stipulation contraire dans les statuts, si la majorité n'est pas atteinte à la première
consultation, les associés sont selon les cas, convoqués ou consultés une seconde fois et les
décisions sont prises à la majorité des votes émis, quelle que soit la portion du capital social
représentée ».

Art. 583 du C.C « L'assemblée des associés est présidée par le gérant.
Toute délibération de l'assemblée des associés est constatée par un procès-verbal ».

Les procès verbaux doivent être numérotés et datés à chaque réunion.


Ces procès verbaux doivent être tenu sous forme de registre spécial tenu au siège de la
société. Ainsi, la tenue d’un registre spécial des délibérations de l’assemblée générale des
actionnaires est obligatoire.
Ces registres doivent être côtés et paraphés auprès du tribunal du lieu du siège social de la
société, ou par la direction de la société, et ils doivent être remplis sans ratures ni
surcharges.

Art. 676. du C.C (Décret législatif n° 93-08 du 25 avril 1993) – « L'assemblée générale
ordinaire est réunie au moins une fois par an, dans les six mois de la clôture de l'exercice,
sous réserve de prolongation de ce délai, à la demande du conseil d'administration ou du
directoire, selon le cas, par ordonnance de la juridiction compétente statuant sur requête.
Cette ordonnance n'est susceptible d'aucune voie de recours.
Après lecture de son rapport, le conseil d'administration ou le directoire, présente à
l'assemblée le tableau de comptes des résultats et documents de synthèse et le bilan. En
outre, les commissaires aux comptes relatent, dans leur rapport, l'accomplissement de la
mission qui leur est dévolue par l'article 715 bis 4 ».

Art. 680. du C.C (Décret législatif n° 93-08 du 25 avril 1993) – « Dans un délai de 15 jours
avant la tenue de l'assemblée générale ordinaire, tout actionnaire a le droit d'obtenir
communication :
1° de l'inventaire du tableau de comptes des résultats, des documents de synthèse,
du bilan et de la liste des administrateurs du conseil d'administration et du directoire ou du
conseil de surveillance.
2° des rapports des commissaires aux comptes qui seront soumis à l'assemblée.
3° du montant global, certifié exact par les commissaires aux comptes, des
rémunérations versées aux personnes les mieux rémunérées, le nombre de ces personnes
étant de cinq ».

2/- Assemblée générale extraordinaire (AGEX)


Elle a pour objet de modifier les statuts ou d’agréer de nouveaux propriétaires de parts. Elle
est notamment compétente en cas :
- de changement de dénomination sociale ;
- de modification de l’objet social ;
- de transfert de siège social ;
- d’augmentation ou de réduction du capital social ;
- de décision de dissolution anticipée de la société.
- de décision de fusion, de transformation ou de scission

Les décisions sont prises par les associés représentant au moins les 3/4 des parts sociales
(sauf exceptions). Toute clause aggravant cette majorité est réputée non écrite. Toute
modification statutaire doit être publiée dans le journal d’annonces légales.

C.C ; Code de commerce 33


Art. 586. du C.C – « Toutes modifications dans les statuts sauf stipulation contraire, sont
décidées à la majorité des associés représentant les trois-quarts du capital social. Toutefois,
en aucun cas, la majorité ne peut obliger un des associés à augmenter sa part sociale ».

Section 12/ Les conventions (SARL)

1/ Les Conventions libres


Il s’agit des conventions courantes et conclues à des conditions normales entre la société et
les autres partenaires économiques. Ce sont des conventions qui régissaient la relation
commerciale ou professionnelle, et établies conformément aux engagements des deux
parties.

2/ Les Conventions réglementées


Il s'agit des conventions passées entre la SARL et un associé, un gérant ou une autre société
dont une personne est commune aux deux. Ce type de convention sont réglementées et
soumises à des conditions strictes pour leurs établissements et leurs exécutions.
A ce titre, la convention doit être soumise à l’approbation des associés avant son exécution,
et un rapport doit être établis sur les conventions par le gérant ou un commissaire aux
comptes.
Par contre pour le gérant non associé, un vote postérieur à la clôture du contrat est
nécessaire pour l’exécution de la convention.
- Le gérant concerné ne peut pas participé au vote de la dite convention ;
- Si une convention non approuvée produit ses effets, le contractant en supporte les
conséquences,
- L'action en responsabilité se prescrit par 3 ans à partir du fait dommageable (conclusion du
contrat) ou de sa révélation (en cas de dissimulation).

3/ Conventions interdites
Il s’agit des conventions qui sont interdites par la réglementation commerciale (code de
commerce), et concerne ces cas expressément définis par la loi, à savoir ;
- Personnes visées : gérants, associés (ou représentants légaux pour les personnes
morales), conjoints, ascendants et descendants, ainsi que toute personne interposée,
- Opérations visées : emprunts auprès de la société, découverts en compte courant
d'associés, cautions ou avals pour garantir un engagement...
- Sanctions civiles : nullité absolue. Cette nullité peut être opposée aux tiers sauf s'ils sont de
bonne foi ;
- Sanctions pénales : en cas de détournement de biens sociaux.

Section 13/ Les livres obligatoires

1/- Les livres comptables légaux


Toute personne physique ou morale ayant la qualité de commerçant doit procéder à
l'enregistrement comptable des mouvements affectant le patrimoine de son entreprise. Ces
mouvements sont enregistrés chronologiquement.
Elle doit contrôler par inventaire, au moins une fois tous les douze mois, l'existence et la
valeur des éléments actifs et passifs du patrimoine de l'entreprise.
Elle doit établir des comptes annuels à la clôture de l'exercice au vu des enregistrements
comptables et de l'inventaire. Ces comptes annuels comprennent le bilan, le compte de
résultat et une annexe, qui forment un tout indissociable. Les entreprises soumises au
régime de la comptabilité en partie double doivent utiliser le Plan Comptable National en
vue d’établir les livres comptables légaux.

C.C ; Code de commerce 34


1-1/ - Livre journal ou centralisateur
Le livre journal de la société est appelé ‘journal’ ou centralisateur dans le jargon comptable.
Le choix des livres journaux auxiliaires revient à l’entreprise. Toutefois, les livres suivants
sont obligatoires:
- Le journal des achats: Pour les opérations d’achat et d’importation, les services reçus et
les retours sortants.
- Le journal des ventes: Pour les opérations de vente et d’exportation, les services fournis
et les retours entrants.
- Le journal des opérations diverses: Pour toutes les écritures dont les postes journaliers ne
peuvent être repris dans un livre comptable particulier.
- Le journal de la trésorerie ou journal financier: Pour assurer le suivi des mouvements
financiers en espèces et par virement (les entrées comme les sorties) et faire apparaître les
destinations de ces mouvements.

Les inscriptions dans ces livres journaux auxiliaires sont complétées et centralisées
périodiquement. Cela signifie qu’au moins une fois par mois, les montants totaux des livres
journaux auxiliaires sont récapitulés dans le livre centralisateur.

1-2/- Livre d’inventaire


La société doit dresser son inventaire au moins une fois par an. A cet effet, il faut
enregistrer, vérifier, examiner, évaluer et résumer dans un état descriptif tous les biens,
créances, dettes et obligations (de toute nature) de votre entreprise ainsi que tous les
moyens propres mis à sa disposition. Ce résumé, nommé ‘inventaire’, est inscrit dans le
livre d’inventaire.

L’inventaire est donc bien plus que le seul relevé des stocks de marchandises de votre
entreprise. Tous les actifs immobilisés, les créances, les moyens financiers, les dettes et
les fonds propres doivent être évalués une fois par an. Il faut indiquer les quantités et
valeurs de ces éléments à la date d’inventaire, qui est celle du dernier jour de l’année
comptable. C’est pourquoi l’inventaire est le document de base pour l’établissement de
comptes annuels fiables.

Les comptes annuels et les pièces d’inventaire sur lesquelles ils reposent sont retranscrites
dans le livre d’inventaire. Les pièces d’inventaire qui en raison de leur volume rendent une
transcription difficile, sont résumées dans ce livre et y sont annexées. Le livre d’inventaire
doit, en outre, reprendre les règles d’évaluation fixées par l’entreprise.

1-3/- Tenue de la comptabilité


Les personnes morales sont astreintes à la tenue d'une comptabilité réglementaire (art 65
CTVA). Cette dernière doit être complète et régulière.
La comptabilité doit être pourvue des documents obligatoires par les articles 9 à 11 du code
de commerce. Il s'agit, en l'occurrence, de la tenue d'un livre-journal (appelé également
journal centralisateur ou journal général) et d'un livre d'inventaires. Ces deux documents
doivent être côtés et paraphés par le tribunal territorialement compétent.
La régularité de la comptabilité consiste à la tenir conformément aux principes et aux règles
édictés par les prescriptions du plan comptable national et de l’arrêter du 23/06/1975 relatif
aux modalités de son application.
Le non respect des obligations édictées ci-dessus est susceptible d'entraîner le rejet de
cette comptabilité, et par conséquent, la mise en oeuvre de la procédure de taxation d'office
des bases d'imposition.

La comptabilité, ainsi que les documents et pièces comptables des opérations effectuées
par les redevables, doivent être conservés pendant un délai de 10 ans (article 12 du code
de commerce et article 70 du code TVA).
C.C ; Code de commerce 35
Ce délai est décompté, en ce qui concerne les livres, à compter de la date de la dernière
écriture et pour les pièces justificatives, à partir de la date de leur établissement

2/- Les registres sociaux


votre entreprise a opté pour la forme d’une S.A. ou S.A.R.L., vous devez tenir, outre les
livres comptables, un registre des procès-verbaux, pour conserver la trace des décisions
prises, ainsi qu’un registre des actions.

2-1/- Le registre des procès-verbaux


la SARL doit tenir un registre des procès-verbaux reprenant toutes les décisions prises par
les actionnaires (Assemblée Générale des Actionnaires – AGO et AGEX).

Aucune prescription légale ne régit la forme de ces procès-verbaux. Aussi, le secrétaire de


l’Assemblée Générale (ou le notaire, si la réunion se tient en sa présence) peut rédiger les
procès-verbaux sur des feuilles mobiles qu’il collera par la suite dans un registre ou qu’il
glissera simplement dans une farde.

Les documents nécessaires à la bonne compréhension des décisions constituent un


complément indispensable aux procès-verbaux et doivent par conséquent être ajoutés en
tant qu’annexes dans le registre des procès-verbaux.

Les registres des procès-verbaux doivent être conservés au siège de la société dont la
durée n’est pas fixée par aucun texte juridique, mais à notre avis, il y a lieu de prévoir dans
les statuts de la société la durée de conservation, qui à nos yeux doit être de dix ans
(comme pour les livres comptables).

2-2/- Le registre des actions


En tant que société d’actionnaires, la SARL doit tenir un registre des actionnaires. Celui-ci
reprend une liste détaillée des actions nominatives.
L’inscription dans le registre des actions constitue la preuve de la propriété de ces actions
nominatives.

Le registre des actions mentionne notamment, en les datant, les transferts et cessions
d’actions. Il doit en principe être conservé au siège de la société et c’est le Conseil
d’Administration qui répond de l’exactitude de l’information reprise dans le registre.

Section 14/ Augmentation de capital


L’augmentation du capital en numéraire est interdit tant que le capital social n'est pas
entièrement libéré. Une décision obligatoire par l’assemblée générale extraordinaire (car
modification statutaire), avec une majorité requise de 3/4 des parts sociales pour
augmentation en numéraire ou en nature, et 1/2 pour augmentation par incorporation de
réserves ou de bénéfices.

1/- L'augmentation par voie d'apports

1-1/ Apports en numéraire


L'augmentation de capital sera décidée par l'assemblée générale extraordinaire puisqu’il
s’agit d’une modification des statuts avec une majorité de 3/4 des parts sociales. Si les
statuts l'ont prévu, la décision peut être prise par consultation écrite.

A la première consultation, l'assemblée doit décider des modalités les plus importantes
(montant, nombre de parts, montant de la prime,...). Le gérant s'occupe des souscriptions
et des libérations de fonds puisque la libération intégrale est exigée de suite.
La seconde consultation entérine l'augmentation de capital et modifie les statuts.

C.C ; Code de commerce 36


Si l'augmentation n'est pas réalisée dans les 6 mois du 1er dépôt des fonds, les apporteurs
peuvent demander le remboursement de leurs dépôts. En cas de souscription par un tiers,
un agrément est nécessaire.

En ce qui concerne la publicité :


- Enregistrement du procès-verbal de l'assemblée
- Insertion dans un journal d'annonces légales
- Dépôt au greffe (PV de l'assemblée, les statuts, déclaration de conformité)
- Demande modificative au centre national de registre de commerce CNRC
- Insertion dans le journal d’annonces légales BAOL.

1-2/ Apports en nature


L'apport de bien en nature doit résulter d'un contrat écrit. La procédure est voisine de celle
qui existe au niveau de la constitution : on évalue les apports dans un rapport annexe aux
statuts sous la responsabilité d'un commissaire aux apports. Le contrat d'apport doit être
agréé par les associés.
Concernant la publicité, idem que pour l'augmentation par apports en numéraire mais dépôt
en plus du rapport du commissaire des apports au greffe du tribunal de commerce.

2/ Compensation de créances en parts sociales


Soit par apport en nature, sot par voie de compensation. Les créances compensées
doivent être certaines et exigibles. De plus, cette possibilité doit être prévue par
l'assemblée extraordinaire qui décide de l'augmentation.

3/ Augmentation par voie d'incorporation de réserves, primes d'émission et


bénéfices
La décision de procéder à une telle augmentation de capital est valablement prise par les
associés représentant la moitié au moins des parts sociales et non pas 3/4. Les formalités
sont identiques à celles d'une augmentation par apports en numéraire.

Art. 574 du C.C « Si l'augmentation du capital est réalisé, soit en totalité, soit en partie, par
des apports en nature, les dispositions de l'article 568, alinéa 1, sont applicables.
Les gérants de la société et les personnes ayant souscrit à l'augmentation du
capital sont solidairement responsables pendant cinq ans, à l'égard des tiers, de la valeur
attribuée aux apports en nature ».

Art. 573 – du C.C « En cas d'augmentation du capital par souscription de parts sociales en
numéraire, les dispositions de l'article 567 sont applicables. »

C.C ; Code de commerce 37


Section 15/- Réduction de capital social
La réduction du capital social doit être décidée par l’assemblée générale extraordinaire
(AGEX), avec une majorité des 3/4 du capital social. S'il existe un commissaire aux comptes,
le projet de résolution doit lui être communiqué 45 jours avant la tenue de l’assemblée.
Si la réduction n'est pas motivée par des pertes, les créanciers ont un mois à compter du
dépôt au greffe du tribunal de commerce pour former une opposition.

Art. 575 du C.C « La réduction du capital est autorisée par l'assemblée des associés
statuant dans les conditions exigées pour la modification des statuts. En aucun cas, elle ne
peut porter atteinte à l'égalité des associés.
Lorsque l'assemblée décide d'une réduction de capital non motivée par des pertes, les
créanciers dont la créance est antérieure à la date de dépôt au greffe du procès-verbal de
délibération, peuvent former opposition à la réduction dans le délai d'un mois à compter du
jour de ce dépôt. Une décision de justice rejette l'opposition ou ordonne, soit le
remboursement des créances, soit la constitution des garanties, si la société en offre et si
elles sont jugées suffisantes. Les opérations de réduction du capital ne peuvent commencer
pendant le délai d'opposition.
L'achat de ses propres parts par une société est interdit. Toutefois, l'assemblée qui a
décidé une réduction du capital non motivée par des pertes peut autoriser le gérant à acheter
un nombre déterminé de parts sociales pour les annuler ».

Le gérant doit consulter les associés dans les six (6) mois, qui suit la date d’approbation des
comptes qui fait apparaître la perte de ¾ du capital social. Les associés doivent se
prononcés sur la régularisation de la situation ou la dissolution de la société. Si la dissolution
est écartée, la société doit régulariser au plus tard à la clôture du second exercice suivant
celui de la constatation. Par contre, si la situation n'est pas régularisée, elle devra réduire son
capital du montant au moins égal aux pertes non imputables sur les réserves, à défaut, tout
intéressé peut demander la dissolution.

C.C ; Code de commerce 38


Chapitre 2/ L'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL)

C'est une SARL à associé unique qui suit les mêmes règles que la SARL classique sous
réserve d'adaptation pour tenir compte de l'unicité de l'associé. C'est une société
commerciale quelle que soit l'activité exercée.

Section I/- Constitution


La règle de constitution est identique à celle de la SARL hormis quelques particularités.
Ainsi il existe un capital minimum de 100 000 Da et toutes les règles relatives aux apports
sont celles de la SARL.

Les particularités concernent l'associé. Il est toujours seul, il peut être une pers physique ou
une personne morale. De même, une même personne peut constituer une ou plusieurs
EURL. Cependant une EURL ne peut pas être l'associée unique de plusieurs autres EURL.

C'est la société qui exerce l'activité économique en son propre nom et pour son propre
compte contrairement à l'entreprise individuelle où c'est la personne physique même qui
exerce l'activité en son propre nom et pour son propre compte.

Section 2/- Fonctionnement

1/- La gérance
Elle est assurée dans les mêmes conditions que dans la SARL. Ainsi elle peut être gérée
par l’associé unique ou par une tiers personne. Le gérant, particulièrement s'il est associés
unique, doit être attentif au cloisonnement entre son patrimoine personnel et celui de la
société. Les biens affectés à l'exercice de l'activité appartiennent à la société. Par ailleurs,
le gérant unique doit respecter toutes les règles légales contraignantes de fonctionnement
de la SARL. L’associé unique prend les décisions ordinaires et extraordinaires, le régime des
conventions lui est applicable au même titre que la SARL.

2/- Droits et obligations de l’Associé


unique

2-1/- Obligations : Il est associé d'une société à risque limitée. Contrairement à


entreprise individuelle, sa responsabilité se limite aux apports. Le recours à cette formule
limite les risques d'exploitation. Cependant, cette limitation des risques est toute relative car
elle ne couvre pas les fautes de gestion. Ainsi, en cas de confusion d'actif, si l'entreprise est
mise en redressement ou liquidation judiciaire, l'associé unique (surtout si il est gérant)
risque d'être exposé à l'action des créanciers.
En outre, très fréquemment dans les entreprises, en particulier lorsqu'elles sollicitent un
prêt, les établissements de crédits bancaires demandent la garantie personnelle de
associés unique (cautionnement).
Enfin, en cas de dissolution de l'entreprise, le patrimoine de la société (biens et dettes) sont
directement transmis à associé unique.

2-2/- Droits : Ce sont les droits classiques. Il existe une particularité concernant les
droits de vote de l'associé unique. Le mode d'expression (vote) est très simplifié car il suffit
d'écrire la décision sur un registre spécial.

3/- Les organes de contrôle


La désignation du commissaire aux comptes est obligatoire en vertu de l’article 12 de la loi
de finance complémentaire 2005, qui stipule que les gérants des SARL doivent désigné un
commissaire aux comptes pour un mandat de trois (03) ans à compter de l’exercice 2006.

C.C ; Code de commerce 39


4/- Responsabilité
Sur ce chapitre, il conviendra d'appliquer les mêmes règles que celles applicables aux
gérants de SARL.

5/- Rémunération
Le ou les gérants peuvent exercer leurs fonctions en étant rémunérés ou à titre gratuit. La
rémunération, quand elle est prévue, peut être fixe et/ou proportionnelle. La rémunération
est une charge d’exploitation déductible au même titre que les autres salaires, si la
rémunération est une contre partie d’un travail effectif au sein de la société.

6/- Décisions de l'associé


L'associé unique, selon l'article 564 du code de commerce, exerce les pouvoirs dévolus à
l'assemblée des associés des SARL.

Ainsi, l'associé unique va pouvoir prendre toutes les décisions, sans pouvoir déléguer ses
pouvoirs d'associés à un tiers, relevant normalement de la compétence des assemblées.
Chacune des décisions qu'il va prendre de la sorte sera consignée par lui sur le registre
spécial des procès verbaux qui sera, comme dans la SARL, coté et paraphé par un juge du
tribunal de commerce, ou un juge du tribunal d'instance, ou le maire ou un adjoint de la
commune. Certaines décisions devront par ailleurs faire l'objet de mesures de publicité
(exemple : les décisions ayant comme objet une modification des statuts, la nomination ou
révocation du gérant...).
Dans les six mois de la clôture de chaque exercice, l'associé unique devra de la même
manière approuver les comptes de l'exercice écoulé ; comme dans la SARL, les comptes
devront être déposés au greffe du Tribunal de Commerce, en annexe au Registre du
Commerce et des Sociétés.

Section 3/- Régime des parts sociales


Dans une entreprise la cession ou la transmission des parts est libre. En cas de cession à
plusieurs personnes, on pourra opérer un changement des statuts pour basculer dans le
régime de la SARL. Ceci ne nécessite pas une véritable formalité de transformation de
société.

L'EURL est plus avantageuse d'un point de vue juridique et fiscal, notamment pour les
possibilités de transformation, et la responsabilité limitée.

Article 571 - (Ordonnance n° 96-27 du 9 décembre 1996 - JO n° 77) du C Com «Les


parts sociales ne peut être cédées à des tiers étrangers à la société qu'avec le
consentement de la majorité des associés représentant au moins le trois-quarts du capital
social.
Lorsque la société comporte plus d'un associé, le projet de cession est notifié à la société
et à chacun des associés.
Si la société a refusé de consentir à la cession, les associés sont tenus dans le délai de
trois mois, à compter de ce refus, d'acquérir ou de faire acquérir les parts au prix fixé par un
expert agréé désigné soit par les parties, soit à défaut d'accord entre elles, par ordonnance
du président du tribunal rendue sur requête de la partie la plus diligente. A la demande du
gérant, ce délai peut être prolongé une seule fois par décision de justice, sans que cette
prolongation puisse excéder six mois.
La société peut également avec le consentement de l'associé cédant, décider dans le
même délai, de réduire son capital du montant de la valeur des parts de cet associé et de
racheter ces parts au prix déterminé dans les conditions ci-dessus.
Un délai de paiement qui ne saurait excéder un an peut, sur justification, être accordé à la
société par décision de justice.
Si à l'expiration du délai imparti, aucune des solutions prévues aux alinéas 3 et 4 ci-dessus
n'est intervenue, l'associé peut réaliser la cession initialement prévue.
C.C ; Code de commerce 40
Toute clause contraire aux dispositions du présent article est réputée non écrite. »

Article 572 – du C.Com « Les cessions de parts sociales ne peuvent être constatées que
par acte authentique. Elles ne sont opposables à la société et aux tiers qu'après leur
signification à la société ou leur acceptation par elle dans un acte authentique. »

Section 4/- Dissolution


Outre les causes communes à toutes les sociétés et celles prévues pour la SARL, un cas de
dissolution judiciaire s'ajoute aux EURL.

La dissolution d'une société dont toutes les parts sociales étaient réunies en une seule
main entraînait la transmission universelle du patrimoine de la société à l'associé unique,
sans qu'il y ait lieu de procéder à la liquidation de celle-ci.
Afin d'éviter cette solution pénalisante pour l'associé unique d'une EURL, (risque de devoir
payer l'intégralité des dettes sociales), il devra être procédé à une dissolution et à une
liquidation de la société dans les mêmes conditions que les SARL.

Section 5/- Cession de parts


Le régime des parts est identique que pour la SARL. En cas de cession partielle,
transformation en SARL. Etant seul et détenant les pouvoirs dévolus à l'assemblée
générale, l'associé unique peut céder librement ses parts à des tiers à la société.
La cession des parts sociales sera faite sous la forme d'un acte écrit, elle devra faire l'objet
de mesures de publicité dans les mêmes conditions que pour les cessions de parts de
SARL.

Section 6/- Régime social du gérant


En vertu des dispositions de la loi sur la sécurité sociale, l'associé unique d'une EURL est
assujetti au régime obligatoire des travailleurs indépendants. Il est doit être affilié à la
CASNOS caisse nationale de sécurité sociale des non salariés, au même titre que les
gérants majoritaires d’une SARL.

Les cotisations du gérant à la CASNOS seront calculées sur la base des rémunérations
perçues (salaires perçus+ les dividendes encaissés), et qui ne seront pas déductibles dans
les comptes de la société.

Il est rappelé, dans ce régime, que la présence d'une rémunération n'est pas un critère
d'assujettissement (sauf cas particulier, l'associé unique sera quand même redevable de
cotisations calculées sur des bases forfaitaires minimales).

Le cas du gérant non associé peut être tout à fait différent. S'il est rémunéré, il sera
assujetti au régime général de sécurité sociale des salariés (CNAS).

Section 7/- Régime fiscal du gérant


Lorsque l'EURL est constituée par un associé personne physique, le régime fiscal
applicable au gérant est celui de l'impôt sur le revenu salaire (IRG salaire) s’il perçoit une
rémunération en contre partie d’un travail effectif. L'imposition personnelle de l'associé non
gérant, le principe est le même que celui s'appliquant aux gérants majoritaires des SARL.
Lorsque l'EURL est constituée par un associé personne morale, elle est obligatoirement
soumise à l'impôt sur les sociétés.

C.C ; Code de commerce 41


Chapitre 3/ La responsabilité des gérants de la SARL ou de l'EURL

Avant d'aborder à proprement parler les pouvoirs du gérant, nous allons énumérer les
principes généraux mais néanmoins fondamentaux qui forment les attributions du gérant.
- Le gérant doit établir pour chaque exercice l'inventaire, les comptes annuels et le rapport de
gestion. Il doit adresser aux associés ces documents accompagnés du rapport du commissaire
aux comptes, le cas échéant, du texte des résolutions proposées.
- Une Assemblée Générale Annuelle doit être tenue obligatoirement pour toute SARL dans un
délai de six mois à compter de la clôture de l'exercice.
- Lorsqu'un Commissaire aux compte a été désigné, il doit être convoqué à cette assemblée
comme à toute autre assemblée par lettre recommandée avec accusé de réception.
- Tous les associés doivent être convoqués quinze jours avant la date de l'assemblée. La
convocation doit être accompagnée des documents illustrant la situation de l'entreprise (liasse
fiscale).
- Toute délibération da l'Assemblée des associés doit être constatée par un procès verbal
signé par le gérant.
- Dans les SARL, si le collège de la gérance est majoritaire par suite de gérance de fait
(signature bancaire, signatures de documents officiels ou tous actes de gérance),
l'administration est en droit de considérer les dirigeants non comme des salariés, mais comme
des gérants majoritaires.

La responsabilité des associés est limitée au montant de leur participation au capital. Par
contre, les gérants peuvent être déclarés responsables des fautes commises dans leur
gestion et poursuivis pour réparation du préjudice sur leurs biens.
D’autre part, la loi prévoit que les dettes sociales peuvent être mises à la charge des
gérants lorsque le redressement judiciaire ou la liquidation judiciaire de la société fait
apparaître une insuffisance d’actif.
En cas de distribution de dividendes fictifs, de présentation de comptes annuels ne donnant
pas une image fidèle de la situation financière de la société, ou d’abus de biens sociaux,
ces faits sont considérés comme des délits sanctionnable pénalement.
D’autre part les manquements aux obligations énoncées ci-dessus peuvent faire l’objet de
sanctions pénales.

Le Code de commerce prévoit que les gérants sont responsables, individuellement ou


solidairement, selon le cas, envers la société ou envers les tiers, soit des infractions aux
dispositions législatives ou réglementaires applicables aux sociétés à responsabilité limitée,
soit des violations des statuts, soit des fautes commises dans leur gestion.
Si plusieurs gérants ont coopéré aux mêmes faits, le tribunal détermine la part contributive de
chacun dans la réparation du dommage.
Outre l'action en réparation du préjudice subi personnellement, les associés peuvent, soit
individuellement, soit en se groupant dans les conditions fixées par la loi, intenter l'action
sociale en responsabilité contre les gérants. Les demandeurs sont habilités à poursuivre la
réparation de l'entier préjudice subi par la société à laquelle, le cas échéant, les dommages
et intérêts sont alloués.
Est réputée non écrite toute clause des statuts ayant pour effet de subordonner l'exercice de
l'action sociale à l'avis préalable ou à l'autorisation de l'assemblée, ou qui comporterait par
avance renonciation à l'exercice de cette action.
Aucune décision de l'assemblée ne peut avoir pour effet d'éteindre une action en
responsabilité contre les gérants pour faute commise dans l'accomplissement de leur
mandat.

Ainsi, le gérant de S.A.R.L. peut voir sa responsabilité engagée, tant sur le plan civil que
sur le plan pénal, lorsqu'il commet des fautes de gestion et/ou des infractions à la
réglementation en vigueur.
C.C ; Code de commerce 42
Section 1/ Le gérant de droit
Dans une société à responsabilité limitée (SARL) ou dans une entreprise unipersonnelle à
responsabilité limitée (EURL), le gérant légal ne doit pas prendre son rôle à la légère. Si un
associé peut être dormant, ce ne doit pas être le cas du gérant car de nombreuses
obligations pèsent sur lui. En cas de faute (et la négligence est une faute), le gérant peut voir
sa responsabilité engagée sur trois plans:
- Responsabilité civile si la faute a causé un préjudice à la société ou à un tiers ;
- Responsabilité particulière en cas de procédure collective ;
- Responsabilité pénale dans les cas de fraude.

1/ La responsabilité civile
Sur le plan civil le gérant peut être responsable individuellement ou solidairement envers la
société ou envers les tiers :
 Des infractions aux dispositions législatives ou réglementaires applicables aux SARL
(inobservation des formalités de constitution, refus de communication des documents
sociaux à un associé, inobservation des prescriptions relatives à la présentation des
comptes sociaux);
 Des violations des statuts (inobservation de clauses statutaires limitant le pouvoir du
gérant)
 Des fautes commises dans la gestion (commandes trop importante par rapport aux
finances de la société, dissimulation aux associés de la mauvaise situation de la société)
La responsabilité peut être mis en cause :
 Par toute personne (associé ou tiers) pouvant prouver qu'elle a subi un préjudice
personnel (action individuelle)
 Par un ou plusieurs associés lorsqu'il s'agit de réparer le préjudice subi par la société
(action sociale)

 S'il s'agit d'une action collective, les associés représentant au moins le 10ème du capital
social peuvent, dans leur intérêt commun, charger à leur frais un ou plusieurs d'entre eux
de les représenter pour soutenir l'action sociale contre les gérants.

En vertu des dispositions du code civile (art 159), l'action en responsabilité contre le gérant
se prescrit par :
 Dix ans à compter de la date du fait dommageable ou, si celui-ci a été dissimulé, de sa
révélation ;
 Quinze ans lorsque le fait dommageable constitue une infraction qualifiée crime.

Art. 159 C.Civile « L’action résultant de la gestion d’affaire, se prescrit par dix ans, à
compter du jour où chaque partie a eu connaissance de son droit et, dans tous les cas, par
quinze ans, à compter du jour où le droit a pris connaissance. »

Art. 578 du C.C « Les gérants sont responsables conformément aux règles de droit
commun, individuellement ou solidairement suivant le cas, envers la société et envers les
tiers, soit des infractions aux dispositions du présent code, soit des violations des statuts, soit
des fautes commises par eux dans leur gestion.
En outre, si la faillite de la société fait apparaître une insuffisance d'actif, le tribunal peut, à la
demande du syndic, décider que les dettes sociales seront supportées jusqu'à concurrence
du montant qu'il déterminera, soit par les gérants, associés ou non, salariés ou non, soit par
les associés, soit par certains des uns ou autres, avec ou sans solidarité, sous condition pour
les associés qu'ils aient participé effectivement à la gestion de la société.
Pour dégager leur responsabilité, les gérants et les associés impliqués doivent faire la preuve
qu'ils ont apporté à la gestion des affaires sociales, toute l'activité et la diligence d'un
mandataire salarié ».

C.C ; Code de commerce 43


Un gérant est donc susceptible de voir sa responsabilité civile engagée pour trois types de
fautes:

- Une infraction aux dispositions législatives ou réglementaires applicables aux sociétés à


responsabilité limitée :
Le droit des sociétés comporte un nombre important de règles (principalement issues du
Code de commerce). Le gérant doit les respecter et censer les connaître. A titre d'exemple,
la conclusion d'un contrat entre la SARL et l'un de ses gérants ou l’un de ses associés fait
l'objet d'une réglementation particulière ; si la procédure prévue par la loi n'est pas respectée,
le gérant engage sa responsabilité. De la même manière, le gérant qui ne tient pas les
comptes de la société de la manière prescrite par la réglementation en vigueur engage
également sa responsabilité.

- Une violation des statuts:


Les statuts de la SARL peuvent prévoir, en plus des dispositions législatives ou
réglementaires, des règles de fonctionnement particulières. Si la règle prévue par les statuts
est violée, il s'agit d'une faute susceptible d'engager la responsabilité du gérant.

- Une faute de gestion:


La jurisprudence a donné des exemples très variés des fautes pouvant être qualifiées de
fautes de gestion du gérant. On peut citer, à titre d’illustration, le cas d’une fraude fiscale
ou encore le fait d’avoir conclu, au nom de la SARL, un contrat de bail s’avérant lui être
tout à fait préjudiciable.

Pour que la responsabilité du gérant soit engagée, trois éléments cumulatifs doivent être
réunis et démontrés:
- Une faute (infraction aux dispositions législatives ou réglementaires applicables aux SARL,
violation des statuts ou faute de gestion),
- Un préjudice (par exemple, la faute du gérant a eu des conséquences financières pour la
société),
- Et un lien de causalité (le préjudice doit avoir été causé, au moins en partie, par la faute).

En cas de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire d'une personne morale, le


tribunal peut ouvrir une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire à
l'égard de tout dirigeant de droit ou de fait, rémunéré ou non, contre lequel peut être relevé
un des faits ci-après :
1. Avoir disposé des biens de la personne morale comme des siens propres ;
2. Sous le couvert de la personne morale masquant ses agissements, avoir fait des actes de
commerce dans un intérêt personnel ;
3. Avoir fait des biens ou du crédit de la personne morale un usage contraire à l'intérêt de
celle-ci à des fins personnelles ou pour favoriser une autre personne morale ou entreprise
dans laquelle il était intéressé directement ou indirectement ;
4. Avoir poursuivi abusivement, dans un intérêt personnel, une exploitation déficitaire qui ne
pouvait conduire qu'à la cessation des paiements de la personne morale ;
5. Avoir tenu une comptabilité fictive ou fait disparaître des documents comptables de la
personne morale ou s'être abstenu de tenir toute comptabilité conforme aux règles légales ;
6. Avoir détourné ou dissimulé tout ou partie de l'actif ou frauduleusement augmenté le
passif de la personne morale ;
7. Avoir tenu une comptabilité manifestement incomplète ou irrégulière au regard des
dispositions légales.

La faute d'un gérant peut donc lui coûter très cher (au sens propre), a fortiori en cas de
procédure collective. Mais ce n'est pas tout, un gérant peut également faire l’objet de
poursuites pénales.

C.C ; Code de commerce 44


1-1/- Responsabilité en matière de capital social

1-1-1/- Capital non entièrement libéré


Le Code de commerce permet une libération partielle des apports en numéraire lors de la
création d'une SARL (au moins un cinquième de leur montant).

La libération du surplus doit alors intervenir en une ou plusieurs fois sur décision du gérant,
dans un délai qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'immatriculation de la société au
registre du commerce et des sociétés.

Si les associés ont utilisé cette faculté et que le capital n'est pas entièrement libéré, la part
non libérée du capital social est une dette de l'associé qui peut donc à tout moment lui être
réclamée.

1-1-2/- Evaluation des apports en nature


En cas d'apports en nature (par opposition aux apports en numéraire), les statuts doivent
contenir l'évaluation de chaque apport en nature. Cette évaluation doit en principe faire
l'objet d'un rapport annexé aux statuts et établi par un commissaire aux apports. Toutefois,
les futurs associés peuvent décider à l'unanimité de ne pas avoir recours à un commissaire
aux apports.

Si les associés décident d'utiliser cette faculté de ne pas faire évaluer un apport en nature
par un commissaire aux apports, ils sont solidairement responsables pendant cinq ans, à
l'égard des tiers, de la valeur attribuée aux apports en nature.

1-2/- Responsabilité lors de la constitution de la société


L'article 548, 549 et l’article 568 Code de commerce prévoyaient que la responsabilité des
fondateurs d'une société peut être engagée pour l'accomplissement irrégulier d'une
formalité prescrite par la loi et les règlements pour la constitution de la société:

Les fondateurs de la société, ainsi que les premiers membres des organes de gestion,
d'administration, de direction et de surveillance sont solidairement responsables du
préjudice causé par le défaut d'une mention obligatoire dans les statuts ainsi que par
l'omission ou l'accomplissement irrégulier d'une formalité prescrite par la loi et les
règlements pour la constitution de la société.
Les dispositions de l'alinéa précédent sont applicables en cas de modification des statuts,
aux membres des organes de gestion, d'administration, de direction, de surveillance et de
contrôle, en fonction lors de ladite modification.

1-3/- Responsabilité de l'associé qui s'est porté caution


Si une société qui fait une demande de prêt risque de ne pas avoir, selon l'établissement
prêteur, les reins suffisamment solides pour assurer le remboursement du prêt sollicité, la
banque demandera très probablement des garanties aux dirigeants ou associés de la
société. Un associé de SARL peut donc être amené à se porter caution d'un emprunt
contracté par la société. Si la société ne rembourse pas l'emprunt, l'associé qui s'est porté
caution sera tenu de le rembourser à la place de la société défaillante.

Art. 150. C. Civil – Il y a gestion d’affaires lorsqu’une personne, sans y être obligée,
assume sciemment la gestion d’affaire d’une autre personne pour le compte de celle-ci.

Art. 151. C. Civil – La gestion existe alors même que le gérant aurait géré l’affaire d’autrui
en même temps qu’il s’occupait de sa propre affaire, à raison d’une connexité entre les
deux affaires, telle que chacune d’elles ne peut être gérée séparément de l’autre.

C.C ; Code de commerce 45


Art. 152. C. Civil – Les règles du mandat s’appliquent si le maître de l’affaire a ratifié
l’opération accomplie par le gérant.

Art. 153. C. Civil – Le gérant doit continuer le travail qu’il a commencé, jusqu’à ce que le
maître de l’affaire soit en mesure d’y procéder à lui-même. Il doit aussi, dès qu’il le pourra,
aviser de son investissement, le maître de l’affaire.

Art. 154. C. Civil – Le gérant doit apporter à la gestion la diligence d’un bon père de
famille. Il répond de sa faute; mais le juge peut réduire le montant des réparations dues à
raison de la faute du gérant, si les circonstances justifient cette réduction.
Si le gérant a délégué à une autre personne tout ou partie de l’affaire dont il s’est chargé, il
répond des actes de son délégué, sans préjudice du recours que le maître peut
directement
exercer contre ce dernier.
S’il y a plusieurs gérants d’une même affaire, ils sont solidairement responsables.

Art. 155.- C. Civil « Le gérant est tenu des mêmes obligations que le mandataire, quant à
la restitution de ce qu’il a reçu par suite de la gestion et de la reddition des comptes.

Art. 156. C. Civil – En cas de décès du gérant, ses héritiers se trouvent tenus des mêmes
obligations que celles des héritiers mandataire, conformément à l’article 589, alinéa 2.
En cas de décès du maître de l’affaire, le gérant de tenu envers les héritiers des mêmes
obligations que celles dont il était tenu envers leur auteur.

Art. 157. C. Civil – Le gérant est considéré comme représentant le maître de l’affaire, s’il a
agi en bon père de famille, alors même que le résultat poursuivi n’aurait pas été réalisé. Le
maître de l’affaire doit alors exécuter les obligations contractées pour son compte par le
gérant,
dédommager celui-ci des engagements qu’il a pris, lui rembourser toutes les dépenses
nécessaires ou utiles justifiées par les circonstances et l’indemniser du préjudice qu’il a
subi
par suite de cette gestion. Le gérant n’a droit à aucune rémunération pour son travail, à
moins que ce travail ne rentre dans l’exercice de sa profession.

Art. 158. C. Civil – si le gérant n’est pas capable de s’obliger par contrat, il n’est
responsable de sa gestion que dans la mesure de l’enrichissement qu’il en a retiré, à moins
que sa
responsabilité ne résulte d’un fait illicite.
Le maître de l’affaire, même s’il n’a pas de capacité de s’obliger par contrat, encourt une
responsabilité entière.

2/ La responsabilité pénale
Les gérants encourent aussi une responsabilité pénale particulière au titre de leur gestion.
Toutes les irrégularités d'une certaine importance sont sanctionnées pénalement.

Le Code de commerce fournie des dispositions pénales applicables aux dirigeants, et donc
aux gérants de SARL. Il est donc très difficile d'être exhaustif et nous nous contenterons de
quelques illustrations de sanctions pénales.

A titre d'exemples on peut citer :


 Surévaluation d'apports en nature ;
 Répartition de dividendes fictifs ;
 Présentation de comptes annuels ne donnant pas une image fidèle de la situation de
l'entreprise ;
 Abus de biens sociaux,
C.C ; Code de commerce 46
 Le défaut d'établissement des comptes annuels et du rapport de gestion ;
 Le défaut de communication des documents comptables et financiers aux associés
préalablement à l'assemblée annuelle ;
 Emission de valeurs mobilières ;
Une SARL ne peut pas émettre de valeurs mobilières : il est donc interdit dans une SARL de
procéder à une émission d’obligations, de bons de souscription d'actions (BSA), sous peine
de sanctions pénales (Art 569 C.C).

 Distribution de dividendes fictifs ;


Cette disposition vise à sanctionner le gérant qui, sans avoir fait d'inventaire ou sur la base
d'un inventaire frauduleux, distribue des dividendes aux associés alors que ces sommes
n'étaient pas distribuables (Art 800 C.C).

 Présentation de comptes non fidèles ;


Les comptes sont un élément très important pour juger de la solvabilité d'une société, pour
les associés comme pour les créanciers. Le Code de commerce réprime donc le gérant qui
dissimule la véritable situation de la société en ne fournissant pas des comptes présentant
une image fidèle de ce qu'ils sont en réalité (Art 800 C.C).

 Abus de bien social ;


Le gérant ne doit jamais confondre ses propres biens avec ceux de la société. Par exemple,
faire payer par la société des travaux non destinés à la société mais à ses besoins
personnels constitue un abus de bien social passible d'une lourde sanction (Art 800 C.C).

 Abus de pouvoirs ou de voix ;


Un gérant qui, au préjudice de la société qu'il dirige, profite de ses pouvoirs pour favoriser
une autre entreprise dans laquelle il est intéressé est passible de sanctions prévue.

Ces faits sont punis d'un emprisonnement d'un an à cinq ans et/ou d'une amende de 20
000 Da à 200 000 Da ou de l’une de ces deux peines (Art. 800 du C.C).

3 / La Responsabilité fiscale
Sur le plan fiscal la responsabilité du gérant peut être mis en cause lorsque le
recouvrement des impôts de toute nature dus par une S.A.R.L. a été rendu impossible par
des manoeuvres frauduleuses ou des inobservations répétées des obligations fiscales. Le
gérant peut être rendus solidairement responsable avec la société du paiement des impôts
et pénalités.

4/ Banqueroute
Infraction d’ordre pénale commise par un commerçant en état de cessation de paiement qui
a soustrait sa comptabilité, détourné oui dissipé tout ou partie de son actif, ou qui, soit dans
ses écritures, soit par des actes publics ou des engagements sous seing privé, se sera
reconnu débiteur de sommes qu’il ne devra pas.

Dans le cadre d'une procédure collective, pour les fautes les plus graves, le gérant peut
être condamné pénalement pour banqueroute. Le délit de banqueroute est puni suivant le
cas, de deux à cinq ans d'emprisonnement (Article 383 du code pénal et article 379 et 380
du code de commerce).

C.C ; Code de commerce 47


En cas d'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire,
sont coupables de banqueroute les personnes contre lesquelles a été relevé l'un des faits
ci-après :

1. Avoir, dans l'intention d'éviter ou de retarder l'ouverture de la procédure de


redressement judiciaire, soit fait des achats en vue d'une revente au-dessous du
cours, soit employé des moyens ruineux pour se procurer des fonds ;
2. Avoir détourné ou dissimulé tout ou partie de l'actif du débiteur ;
3. Avoir frauduleusement augmenté le passif du débiteur ;
4. Avoir tenu une comptabilité fictive ou fait disparaître des documents comptables de
l'entreprise ou de la personne morale ou s'être abstenu de tenir toute comptabilité
lorsque la loi en fait l'obligation ;
5. Avoir tenu une comptabilité manifestement incomplète ou irrégulière au regard des
dispositions légales.

Art. 383 du code pénal « Ceux qui, dans le cas prévu par le code de commerce, sont déclarés
coupables de banqueroute, sont punis :
- les banqueroutiers simples, d’un emprisonnement de deux mois à deux ans;
- les banqueroutiers frauduleux, d’un emprisonnement d’un an à cinq ans.
En outre, l’interdiction pendant un an au moins et cinq ans au plus d’un ou plusieurs des droits
mentionnés en l’article 14 du présent code peut être prononcée à l’encontre des banqueroutiers
frauduleux. »

Art. 384 du code pénal « Les complices de banqueroute, simple ou frauduleuse, encourent les
peines prévues à l’article 383, même s’ils n’ont pas la qualité de commerçant. »

Art. 14 du code pénal « Lorsqu’ils prononcent une peine délictuelle, les tribunaux peuvent,
dans les cas déterminés par la loi, interdire au condamné l’exercice d’un ou plusieurs des
droits visés à l’article 8 pour une durée n’excédant pas cinq ans ».

Art. 8 du code pénal - (Loi n° 82-04 du 13 février 1982) « La dégradation civique


consiste :
1°) dans la destitution et l’exclusion des condamnés de toutes fonctions ou emplois
supérieurs, du Parti ou de l’État, ainsi que de tous emplois en rapport avec l’infraction;
2°) dans la privation du droit d’être électeur ou éligible et, en général, de tous les droits
civiques et politiques et du droit de porter toute décoration;
3°) dans l’incapacité d’être assesseur-juré, expert, de servir de témoin dans tous actes et
de déposer en justice autrement que pour y donner de simples renseignements;
4°) dans l’incapacité d’être tuteur ou subrogé tuteur si ce n’est pas de ses propres enfants;
5°) dans la privation du droit de porter des armes, d’enseigner, de diriger une école ou
d’être employé dans un établissement d’enseignement à titre de professeur, maître ou
surveillant. »

5/- Autres responsabilités


En dehors des cas de responsabilité personnelle ou statutaire du dirigeant, d’autres
situations justifient des poursuites pénales, à savoir :

5-1/- La complicité : Le complice est la personne" qui, sciemment, par aide ou


assistance, a facilité la préparation ou la consommation d’une infraction " ou " qui, par don,
promesse, menace, ordre, abus d’autorité ou de pouvoir, aura provoqué à une infraction ou
donné des instructions pour la commettre ".
Le complice est passible des même peines que l’auteur de l’infraction.

5-2/- Le recel est une infraction spécifique qui consiste à dissimuler, détenir,
transmettre ou bénéficier du produit d’une infraction.
C.C ; Code de commerce 48
En application des dispositions du code pénal (art 387 et 388), le complice est passible des
même peines que l’auteur de l’infraction.

Art. 387 du code pénal –« Quiconque, sciemment, recèle, en tout ou en partie, des
choses enlevées, détournées ou obtenues à l’aide d’un crime ou d’un délit, est puni d’un
emprisonnement d’un an au moins et cinq ans au plus, et d’une amende de 500 à 20 000
DA.
L’amende peut être élevée au-delà de 20 000 DA, jusqu’à la moitié de la valeur des objets
recelés.
Le coupable peut, en outre, être frappé pour un an au moins et cinq ans au plus de
l’interdiction d’un ou plusieurs des droits mentionnés à l’article 14 du présent code.
Le tout sans préjudice de plus fortes peines, s’il y échut, en cas de complicité de crime,
conformément aux articles 42, 43 et 44. »

Art. 388 du code pénal – « Dans le cas où une peine criminelle est applicable au fait qui a
procuré les choses recelées, le receleur est puni de la peine attachée par la loi au crime et
aux circonstances dont il a eu connaissance au temps du recel.
Néanmoins, la peine de mort est remplacée à l’égard du receleur par celle de la réclusion
perpétuelle.
L’amende prévue par l’article 387 peut toujours être prononcée. »

Section 2/- Le gérant de fait


Si un associé, bien qu'il ne soit pas officiellement gérant de la SARL, se comporte dans les
faits comme un véritable gérant (par exemple en raison de son immixtion dans la gestion
de la société), sa responsabilité personnelle (et donc son patrimoine personnel) peut
également être engagée.

Ainsi, quand une procédure collective (redressement ou liquidation judiciaire) est ouverte à
l'égard d'une SARL, le tribunal peut décider de mettre à la charge du ou des gérants une
partie des dettes sociales ou, pour les fautes les plus graves, d'ouvrir une procédure
collective directement contre le ou les gérants en cause. Or, ces dispositions peuvent être
appliquées non seulement aux gérants en droit, mais également aux "gérants de fait".

C.C ; Code de commerce 49


Chapitre 4/ Les avantages et les inconvénients d’une SARL

Section 1/ Quels sont les avantages d’une SARL?


La forme juridique de société à responsabilité limitée SARL est la forme la plus répondue
dans l’environnement économique, vu qu’elle renferme des avantages en matière de
responsabilité et d’engagements :
 La responsabilité des associés est limitée au montant de leur apport ;
 Le capital social minimum est moindre que dans les SPA. La loi a fixé un capital
minimum de 100 000 Da, ce qui permet de créer une entreprise avec moins de moyens,
cependant il faut se méfier qu'une société avec un capital social faible aura une moins
grande crédibilité financière ;
 Le gérant associé minoritaire peut avoir le statut de salarié.

Section 2/ Quels sont les inconvénients d’une SARL?


 La SARL ne peut avoir plus de 20 associés ;
 Sur les 100 000 Da de capital, un cinquième peuvent être apporté au départ et le reste
être libéré sur 5 ans ;
 L’appel public à l’épargne est impossible ;
 Les actions sont nominales et elles ne peuvent pas être représentées par des titres
négociables.

C.C ; Code de commerce 50


Partie II/ La réglementation fiscale applicable pour la société à responsabilité limitée
SARL

L'article n° 51du code des taxes sur chiffre d’affaires (CTCA) dispose que toute personne
effectuant des opérations passibles de la TVA, doit dans les 30 jours du commencement de
ses opérations, souscrire auprès de l'inspection des impôts dont elle dépend, une
déclaration d'existence conforme au modèle fourni par l'administration.

L'article n°52 prévoit pour les sociétés, que cette déclaration doit être appuyée d'un
exemplaire certifié conforme des statuts, de la signature légalisée du gérant ou du
directeur, et lorsque ces derniers ne sont pas statutaires, d'un extrait certifié conforme de la
délibération du conseil d'administration ou de l'assemblée des actionnaires qui les a
désignés.

L'article n°53 précise que lorsque l'assujetti(personne physique ou morale) possède, en


même temps que son établissement principal, une personne ou plusieurs succursales,
agences ou unités, il doit souscrire, pour chacune d'elles, une déclaration identique auprès
de l'inspection territorialement compétente dont relève la dite succursale, agence ou unité.
Les entreprises publiques économiques sont tenues de souscrire cette déclaration pour
chacune de leurs unités auprès de l'inspection territorialement compétente.

Chapitre 1/ Régime d’imposition

La législation fiscale a définie les impôts et taxes applicables pour les sociétés à
responsabilité limitée en particulier et pour les sociétés commerciales en général.

Section 1/ Les impôts directs

1/ Impôt sur le bénéfice IBS;

1-1/ Définition ; C’est impôt direct établi et calculé annuellement sur les bénéfices
réalisés par les sociétés soumises à l’impôt sur les bénéfices IBS (Art. 135 du C.I.D).

Art. 149 – du CID « L'impôt sur les bénéfices des sociétés est établi au nom des
personnes morales au lieu de leur siège social ou de leur principal établissement. Toute
personne morale n'ayant pas d'établissement en Algérie et y réalisant des revenus dans les
conditions de l'article 137 doit faire accréditer auprès de l'administration fiscale, un
représentant domicilié en Algérie et dûment qualifié pour s'engager à remplir les formalités
auxquelles sont soumises les personnes morales passibles de l'impôt sur les bénéfices des
sociétés et pour payer cet impôt aux lieu et place de ladite personne morale. A défaut,
l'impôt sur les bénéfices des sociétés et le cas échéant, les pénalités y afférentes, sont
payés par la personne agissant pour le compte de la personne morale n'ayant pas
d'établissement en Algérie. »

1-2/ Taux d’imposition ; Le taux d’imposition normal en vigueur est de 25%, par
contre les SARL peuvent bénéficier d’un taux d’imposition réduit de 12.5% dans le cas où
elles s’engageront à investir la totalité du bénéfice dans les exercices ultérieurs ou si elles
justifieront qu’elles ont réalisés des investissements dans l’exercice en cours.

Art. 150 1 –du CID « Le taux de l'impôt sur les bénéfices des sociétés est fixé à 30 %.
Les bénéfices réinvestis sont soumis au taux réduit de 15 % suivant les conditions fixées à
l'article 142. Ce taux s'applique aux résultats des exercices 1998 et suivants……. »

C.C ; Code de commerce 51


Art. 2 de loi de finances complémentaire 2006 « Les dispositions de l’article 150 du code
des impôts directs et taxes assimilées sont modifiées et rédigées comme suit :
.Art. 150 - 1. . Le taux de l’impôt sur les bénéfices des sociétés est fixé à 25%.
Les bénéfices réinvestis sont soumis au taux réduit de 12,5% suivant ...(sans changement
jusqu’à) ...
2 . Les taux des retenues ...(le reste sans changement)..... »

1-3/ Base imposable ; La base imposable est le bénéfice net résultant entre, les
produits réalisés par l’entreprise (Ventes, produits d’exploitation et produits exceptionnels),
moins les charges engagées dans le cadre de l’exercice de l’activité (Consommations,
Frais généraux, frais personnels, frais financiers, amortissement, provisions, impôts et
taxes professionnels).

Art. 148 –du CID « Les personnes morales énoncées par l'article 136 sont obligatoirement
soumises au régime de l'imposition d'après le bénéfice réel, quel que soit le montant du
chiffre d'affaires réalisé.
Le bénéfice réel est déterminé sur la base d'une comptabilité tenue conformément aux lois
et règlements en vigueur et suivant les dispositions des articles 152 et 153. »

1-4/ Périodicité ; L’IBS est un impôt calculé annuellement sur le bénéfice réalisé à la
clôture de chaque exercice d’exploitation. Par contre son paiement suit un système
d’échéances trimestrielles avec le versement d’acomptes provisionnels, déterminés par
rapport à l’IBS de l’année précédente (année N-1).

Art. 151 – du CID


« 1) Les personnes morales visées à l'article 136 sont tenues de souscrire avant le 1er avril
de chaque année auprès de l'inspecteur des impôts directs du lieu d'implantation du siège
social ou de l'établissement principal, une déclaration du montant du bénéfice imposable de
l'entreprise, se rapportant à l'exercice précédent.
Si l'entreprise a été déficitaire, la déclaration du montant du déficit est produite dans les
mêmes conditions.
L'imprimé de la déclaration est fourni par l'administration fiscale.
2) En cas de force majeure, le délai de production de la déclaration visée au 1, peut être
prorogé par décision du directeur général des impôts. Cette prorogation ne peut toutefois
excéder trois (3) mois. »

1-5/ Exonération et abattement; Les activités exercées par les jeunes promoteurs
d’investissement éligibles à l’aide du « Fonds de Soutien à l’emploi des jeunes »
bénéficient d’une exonération totale de l’impôt sur les bénéfices des sociétés pendant une
période de trois (03) années à compter de la date de mise en exploitation. Si ces activités
sont exercées dans une zone à promouvoir, la période d’exonération est portée à six (06)
années à compter de la date mise en exploitation.

1-6/ Lieu d’imposition ; Les sociétés soumises à l’IBS doivent payées l’impôt dans
la recette des contributions diverses du lieu du siège de la société. Généralement le siège
de la société se trouve au lieu même de l’exercice de l’activité.
Lorsque le siège de la société a été changé au cours de l’année, le paiement de l’impôt
peut être effectué dans la nouvelle adresse (Art 184 C.I.D).

Art. 135 du C.I.D-« Il est établi un impôt annuel sur l'ensemble des bénéfices ou revenus
réalisés par les sociétés et autres personnes morales mentionnées à l'article 136.
Cet impôt est désigné sous le nom d'impôt sur les bénéfices des sociétés. »

C.C ; Code de commerce 52


Art. 184 du C.I.D « Lorsqu'un contribuable a déplacé, soit le siège de la direction de son
entreprise ou exploitation, soit le lieu de son principal établissement ou de l'exercice de sa
profession, soit son domicile ou sa résidence principale, les cotisations dont il est redevable
au titre de l'impôt sur le revenu global ou de l'impôt sur les bénéfices des sociétés, tant pour
l'exercice au cours duquel s'est produit le changement que pour les exercices antérieurs
non atteints par la prescription, peuvent valablement être établies au lieu d'imposition qui
correspond à la nouvelle situation. »

Art. 152 – du CID « Les contribuables visés à l'article 136 doivent indiquer dans la
déclaration prévue à l'article 151, le montant de leur chiffre d'affaires, leur numéro
d'inscription au registre de commerce ainsi que le nom et l'adresse du ou des comptables
ou experts chargés de tenir leur comptabilité ou d'en déterminer ou d'en contrôler les
résultats généraux, en précisant si ces techniciens font ou non partie du personnel salarié
de leur entreprise. Ils peuvent, le cas échéant, joindre à leur déclaration les observations
essentielles et les conclusions signées qui ont pu leur être remises par les experts
comptables ou les comptables agréés chargés par eux, dans les limites de leur
compétence d'établir, contrôler ou apprécier leur bilan et leurs comptes de résultats
d'exploitation.
La comptabilité doit être tenue conformément aux lois et règlements en vigueur ; si elle est
tenue en langue étrangère admise, une traduction certifiée par un traducteur agréé doit être
présentée à toute réquisition de l'inspecteur.
Les contribuables sont tenus de fournir, en même temps que la déclaration dont la
production est prévue à l'article 151, sur les imprimés établis et fournis par l'administration. :
- Les extraits de comptes des opérations comptables tels qu'ils sont fixés par les lois et
règlements en vigueur et notamment un résumé de leur compte de résultats, une copie de
leur bilan, le relevé par nature de leurs frais généraux, de leurs amortissements et
provisions constitués par prélèvement sur les bénéfices avec l'indication précise de l'objet
de ces amortissements et provisions ;
- Un état des résultats permettant de déterminer le bénéfice imposable;
- Le cas échéant, l'engagement de réinvestir prévu à l'article 173-2 du présent code ;
- Un relevé des versements en matière de taxe sur l'activité professionnelle.
Pour les sociétés : un relevé détaillé des acomptes versés au titre de l'impôt sur les
bénéfices des sociétés.
Le déclarant est tenu de présenter, à toute réquisition de l'inspecteur, tous documents
comptables, inventaires, copies de lettres, pièces de recettes et de dépenses, de nature à
justifier l'exactitude des résultats indiqués dans la déclaration. »

Art. 153 – du CID « Les contribuables visés à l'article 136 ci-dessus sont tenus de fournir,
en même temps que la déclaration des résultats de chaque exercice, un état comportant
l'indication de l'affectation de chacune des voitures de tourisme ayant figuré à leur actif ou
dont l'entreprise à assumé les frais au cours de cet exercice.
Ces mêmes contribuables doivent obligatoirement inscrire en comptabilité, sous une forme
explicite, la nature et la valeur des avantages en nature accordés à leur personnel.
Toute infraction aux dispositions des deux alinéas qui précèdent donne lieu à l'application
de l'amende prévue à l'article 192-2.
Cette amende est encourue autant de fois qu'il est relevé d'omissions ou d'inexactitudes
dans les renseignements fournis et autant de fois qu'il existe de salariés pour lesquels la
nature et la valeur des avantages en nature n'ont pas été inscrites en comptabilité. »

C.C ; Code de commerce 53


2/ Taxe sur activité professionnelle TAP

2-1/ Définition
C’est une taxe applicable sur le chiffre d’affaires brut.

2-2/- Personne imposable ; La taxe est due sur les Personnes Physiques ou
morales exerçant une activité dont les produits relèvent de l’IRG catégorie de bénéfice
industriel et commercial BIC ou de l’impôt sur le bénéfice des sociétés IBS.
Dans les sociétés, quelque soit leur forme, comme dans les associations professionnelles,
la taxe est établie au nom de la société ou de l'association

2-3/ Base d’imposition


Pour Les Assujettis à la TVA :* Chiffre d’Affaires hors TVA Pour Les Non Assujettis à la
TVA : * Chiffre d’Affaires TVA comprise, Pour la détermination de la base imposable, il y a
lieu de tenir compte des réfactions de 30%, 50% et 75% prévues par la loi en faveur de
certaines opérations.

Selon l'article 217 du CID, la taxe est due à raison :


Des recettes réalisées par les contribuables qui, ayant en Algérie une installation
professionnelle permanente, exercent une activité dont les profits relèvent de l'impôt sur le
revenu global, dans la catégorie des bénéfices non commerciaux;

Du chiffre d'affaires réalisé en Algérie par les contribuables qui exercent une activité dont
les profits relèvent de l'impôt sur le revenu global, dans la catégorie des bénéfices
industriels et commerciaux ou de l'impôt sur les bénéfices des sociétés (article 21 loi de
finances pour 1996)

2-4/ Taux d’imposition ; Le taux de la taxe sur activité professionnelle en vigueur est de
2%, calculé sur le chiffre d’affaires brut.

2-5/ Périodicité ; C’est impôt mensuel et trimestriel selon le cas, dont chaque
contribuable est tenue par l’obligation de verser la taxe avant le 20 du mois qui suit le mois
d’imposition.

a. Pour les contribuables anciens le paiement sera trimestriel dans les cas suivants :
Les commerçants relevant de l'I.B.S ou de l'I.R.G catégorie des BIC : lorsque le chiffre
d'affaires imposable éventuellement ramené à l'année est compris entre 50000 DA ou
80000 DA (selon le cas) et 240 000 DA.

Les commerçants relevant de l'I.B.S ou de l'I.R.G catégorie des BIC : lorsque le chiffre
d'affaires imposable éventuellement ramené à l'année est compris entre 50000 DA ou
80000 DA (selon le cas) et 240 000 DA.

La T.A.P afférente à chaque trimestre doit être versée dans les 20 premiers jours du mois
suivant la fin du trimestre.
Par contre, le paiement sera mensuel lorsque le chiffre d'affaires ou le montant des recettes
professionnelles éventuellement ramenées à l'année, viennent à excéder les limites des
240 000 DA ou 300 000 DA selon le cas
Dans ce cas, la T.A.P sera versée dans les 20 premiers jours du mois suivant.

b. Pour les contribuables nouveaux


Le premier versement doit être effectué dans les 20 premiers jours du mois suivant celui au
cours duquel le chiffre d'affaires ou les recettes professionnelles imposables depuis le
début de l'exercice viennent à dépasser les limites respectives des 50000 ou 80000 DA,
pour le premier, ou 15000 DA pour les secondes.
C.C ; Code de commerce 54
Les versements suivants doivent être trimestriels ou mensuels dans les mêmes conditions
que pour les contribuables anciens selon que le chiffre d'affaires ou les recettes
professionnelles de l'exercice en cours et ramenés à l'année (à la fin du mois de
dépassement des 50 000 DA ou 80 000 DA d'un côté ou 15 000 DA de l'autre) est inférieur,
égal ou supérieur selon le cas à 240 000 DA ou 30 000 DA.

c. Cas des entreprises de bâtiment et de travaux publics, et des entreprises de transports ;


Les unités des entreprises de bâtiment et de travaux publics et les unités des entreprises
de transports sont autorisées, quelque soit le montant de leur chiffre d'affaires, à effectuer
les versements dus, durant les vingt (20) premiers jour du mois qui suit le trimestre civil au
cours duquel le chiffre d'affaires a été encaissé ou réalisé.

2-6/ Lieu d’imposition ; C’est le lieu de l’exercice effectif de l’activité, même si le


siège de la société se trouve dans une autre circonscription, ainsi les droits doivent être
acquittés à la caisse du receveur des impôts du lieu d'imposition.
Pour ce qui concerne les contribuables relevant de l'I.B.S ou de l'I.R.G-catégorie des
bénéfices industriels et commerciaux, la T.A.P est établie pour chacun de leurs
établissements ou unités dans chacune des communes du lieu de leur installation.
Pour les personnes physiques et assimilées qui exercent une profession dont les profits
relève de l'impôt sur le revenu global, dans la catégorie des bénéfices des professions non
commerciales, en cas de pluralité d'établissements, la taxe est établie au lieu d'implantation
du principal établissement, et non pas dans chacun des établissements (article 224-4 CID).

2-7/ Exonération ou réfaction ; En application de l'article 219 de CID, certaines


affaires imposables ne sont retenues dans la base de calcul de la taxe que pour une partie
de leur montant: on dit qu'elles bénéficient d'une réfaction. Cette réfaction est fixée à 30%,
50% et 75%.

Part contre, les exonérations de la T.A.P sont énoncées par les articles 218, 220, 13 et 138
du code des impôts directs. Ces exemptions sont quelques fois spécifiques à la T.A.P.
Elles peuvent être communes à cette taxe et à l'I.B.S, d'une part, ou à l'I.R.G/catégorie des
BIC, d'autre part. Enfin, cette exonération peut être conjointe à ces trois impôts.

2-7-1/ Réfaction ; Le bénéfice de réfaction au taux de 30% pour les opérations de


ventes en gros doit être justifié par des factures de ventes dans la forme légale.

Opérations bénéficiant de la réfaction de 30%

Définition : selon les dispositions de l'article 219 du CID, "Sont considérées


comme ventes en gros, les ventes faites par les producteurs ou les commerçants
grossistes soit à des commerçants en vue de la revente, soit dans les mêmes
conditions de prix et de quantité à des entreprises publiques et privées,
exploitations ou collectivités territoriales ou administrations publiques".

Opérations bénéficiant d'une réfaction de 50%


a. Le montant des opérations de ventes en gros portant sur les produits dont le prix de
vente au détail comporte plus de 50% de droits indirects:
il s'agit, notamment, des ventes en gros de tabacs et allumettes, de carburant, etc...
b. Le montant des opérations de vente au détail portant sur le médicament à la double
condition d'être classé bien stratégique tel que défini par le décret exécutif n°96-31 du
15/01/1996 et que, la marge de vente au détail soit située entre 10% et 30%.

Opérations bénéficiant d'une réfaction de 75%


Bénéficient de cet avantage, le montant des opérations de vente au détail de l'essence
super, normal et le gas-oil.
C.C ; Code de commerce 55
2-7-2/ Exonération
Il y a lieu de préciser que les exemptions en matière de T.A.P pour les contribuables
relevant de l'I.R.G-catégorie des revenus non commerciaux, sont très limitées. La seule qui
soit citée par le code des impôts directs (article 357-1) concerne les contribuables dont les
recettes professionnelles de l'exercice précédent éventuellement ramenées à l'année,
n'excède pas 15 000 DA, qui sont dispensées de s'acquitter de cette taxe.
Les personnes relevant de ce régime peuvent néanmoins, bénéficier de l'exemption de
cette taxe s'ils sont éligibles au "Fonds National De Soutien A l'Emploi Des Jeunes".

Article 220 du CID


« Sont exemptées de la taxe les opérations suivantes :
a- Le chiffre d'affaires n'excédant pas les limites ci-après:
- 80 000 DA s'il s'agit de contribuables dont l'activité principale est de vendre des
marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur
place
- 50 000 DA lorsqu'il s'agit de prestataires de services.

Pour bénéficier de cet avantage, les personnes physiques doivent travailler seules et
n'utiliser le concours d'aucune personne.
b. Le montant des opérations de vente, portant sur les produits de large consommation
soutenus par le budget de l'état ou bénéficiant de la compensation. (Actuellement seuls les
blés durs et tendres produits localement bénéficient d'une garantie des prix à la
production).
c. Le montant des opérations de vente de transport ou de courtage qui portent sur des
objets ou marchandises destinés directement à l'exportation.

Cette exemption a également été étendue aux opérations de processing, ainsi que les
opérations de traitement pour la fabrication de produits pétroliers destinés directement à
l'exportation (article 13 LF 2000). Le processing représente un système spécifique de
traitement de matériels destinés directement à l'exportation. »

Par objets et marchandises exportés, il y a lieu d'entendre les marchandises, matière,


objets achetés ou produits sur le marché local et exportés sur les marchés extérieurs.

Les opérations de courtage portant sur les biens consommables, visent les opérations
d'entremise d'une personne (ou bureau) entre vendeurs et acheteurs en vue de la cession
de marchandises par une coordination des offres, des demandes et des acceptations.
Pour bénéficier de cette exonération, ces opérations doivent être effectivement réalisées et
appuyées de pièces et documents justificatifs.
d. Le montant des opérations de vente au détail portant sur les biens stratégiques tels que
visés par le décret exécutif n°96-31 du 15 janvier 1996 portant modalités de fixation des
prix de certains services stratégiques lorsque la marge détail n'excède pas 10%.
En l'état actuel de la réglementation, bénéficient notamment de cette exonération, les
ventes au détail :
- Le pain et les farines panifiables;
- Le lait pasteurisé (liquide) en sachet, bouteille ou pure-back;
- Et les produits pharmaceutiques vitaux (ces produits sont fixés par voie réglementaire
conformément au décret n° 96-41 du 15/01/1996 modifié et complété par décret n° 96-237
du 02/07/1996).

Enfin, les activités de prospection, de recherche, d'exploitation et de transport par


canalisation des hydrocarbures prévues par la loi n° 86-14 du 19/08/1986, sont également
exonérées de la T.A.P

C.C ; Code de commerce 56


Exonération communes à la T.A.P, l'I.B.S et l'I.R.G
a. Exonérations prévues par les articles 218-13 et 138-1 du CID
Les activités exercées par les jeunes promoteurs d'investissement éligibles à l'aide du
"Fonds National De Soutien A l'Emploi Des Jeunes" bénéficient d'une exonération de la
T.A.P de 03 ans à compter de la date de mise en exploitation.
Lorsque ces activités sont implantées dans une zone à promouvoir dont la liste est fixée
par voie réglementaire, la période de l'exonération est portée à 06 ans.

b. Investissements réalisés dans le cadre du décret législatif n° 93-12 du 05/10/1993 relatif


à la promotion des investissements
Les opérateurs économiques, personnes physiques et morales, qui ont bénéficié d'une
décision d'octroi des avantages délivrée par l'APSI, bénéficient des exonérations suivantes
:
Exonération totale et permanente de la T.A.P si leur activité est implantée dans une zone
franche. Ces zones franches sont placées sous surveillance douanière et leurs activités
tournées vers l'exportation.
Exonération d'une durée comprise entre 05 et 10 ans de la T.A.P si leurs projets sont
implantés dans des zones spécifiques, et ce, à compter de la date de mise en exploitation.
Exonération pendant une durée comprise entre 02 et 05 ans dans le cas du régime
général.

Sanctions
Les sanctions susceptibles de frapper les contribuables défaillants sont très diversifiées et
varient en fonction de la nature et de la gravité de l'infraction commise.

Pénalités pour absence de déclaration (articles 226 et 192 du CID)


Les contribuables qui se sont abstenus de produire leur déclaration annuelle T.A.P sont
taxés d'office et leurs cotisations sont majorées de 40%.
Toutefois, ces deux sanctions ne peuvent s'appliquer que pour les contribuables qui, mis en
demeure par l'administration de fournir cette déclaration, ne se sont pas exécutés dans le
délai de 30 jours qui doit leur être accordé à cet effet.

Pénalités pour retard de production de la déclaration annuelle (articles 226, 192 et


322 du CID)
La taxation d'office est applicable dans les même conditions que dans le cas précédent;
mais le taux de la majoration varie en fonction de la durée du retard; la majoration est de :
10% si le retard n'excède pas un mois;
20% si le retard est compris entre un et deux mois;
40% si le retard dépasse une année à compter de la date d'expiration du délai de
déclaration (note-circulaire n° 167/MF/DGI/2000 du 22 mars 2000)

Pénalités pour déclaration incomplète (article 192-2 du CID)


Lorsque le contribuable n'a pas appuyé sa déclaration de l'ensemble des renseignements
et documents exigés, il est passible d'une amende fiscale de 50 DA autant de fois qu'il y a
de documents non produits ou parvenus tardivement à l'inspection.
En outre, ce redevable peut faire l'objet d'une taxation d'office avec application d'une
pénalité de 25%, s'il ne produit pas les documents manquants dans un délai de 30 jours
après avoir été mis en demeure par l'administration fiscale.

Pénalités pour déclaration inexacte (articles 227 et 193 du CID)


Lorsqu'un contribuable, déclare ou fait apparaître une T.A.P insuffisante ou inexacte, le
montant des droits éludés est majoré de :
10% lorsque le montant des droits éludés est inférieur ou égal à 50000 DA;
15% lorsque le montant des droits éludés est supérieur à 50000 DA et inférieur ou égal à
200000 DA;
C.C ; Code de commerce 57
40% lorsque le montant des droits éludés est supérieur à 200000 DA.

Infractions et sanctions relatives à l'état détaillé des clients (articles 227 et 228 du
CID)
Le défaut de production de l'état détaillé des clients, les omissions ou inexactitudes dans le
dit état sont sanctionnés de la manière suivante :

Perte de la réfaction :
En ce qui concerne les contribuables effectuant des opérations de gros, le défaut de
production de l'état détaillé des clients, ou les inexactitudes susceptibles de l'entacher,
entraînent la perte de la réfaction.

La perte de la réfaction est limitée au seul montant des opérations réalisées avec le ou les
clients pour lequel ou lesquels il est relevé des insuffisances ou des inexactitudes;
- L’adresse des clients ne doit pas être considérée comme incomplète lorsque la seule
désignation de la localité est suffisante pour permettre leur identification précise
(notamment les clients situés dans les petites communes ou agglomérations).
- D’omissions ou d'inexactitudes dans les renseignements exigés.
- La quotité de l'amende doit être fonction :
- De la gravité de chaque omission ou inexactitude constatée;
- Ainsi que de la fréquence dans la répétition des erreurs ou omissions.

Amende fiscale et peines correctionnelles pour manoeuvres frauduleuses


article 228-3 du CID
En outre, une amende fiscale de 1 000 DA à 10 000 DA est applicable aux contribuables
qui ont sciemment :
Fait figurer parmi les opérations de gros des ventes effectivement réalisées dans des
conditions de détail (soit en majorant le montant des livraisons à certains clients détaillants,
soit en faisant état de clients fictifs);

Ou été complices de la fraude consistant à favoriser la minoration par un tiers de son chiffre
d'affaires, et, par voie de conséquence, de son bénéfice, en réduisant le chiffre d'achats de
ce dernier.

Défaut ou retard de versement (articles 360 et 361 du CID)


L'absence de dépôt du bordereau de versement, ainsi que le défaut de versement ou le
retard de versement :
Des versements mensuels ou trimestriels de la T.A.P;
D’acomptes provisionnels dont le contribuable s'est dispensé à tort;
Du solde de liquidation annuel;
Ou du solde de liquidation en cas de cession ou cessation d'activité.

Est sanctionné d'une pénalité de retard de 10%.

C.C ; Code de commerce 58


3/ Impôt sur les revenus IRG;

3-1/ Définition ; C’est un impôt perçu sur les revenus quel que soit sa nature
conformément à un barème IRG fixé par la législation fiscale (Article 66 et 67 du C.I.D).

Le salaire désigne toute rémunération versée en contrepartie de prestations fournies par


une personne; ils rémunèrent plutôt un travail manuel et sont fréquemment payés à l'heure,
à la journée, à la semaine ou à la quinzaine.

Il faut considérer comme salariée, toute personne qui, liée par un contrat de louage de
services avec un employeur, est sous les ordres de ce dernier et n'a pas la possibilité de
tirer de profils spéculatifs de son travail, en dehors de la rémunération convenue

3-2/ Base d’imposition ; Le salaire imposable est la somme des avantages divers
reçus en rémunération d'un travail, quelle que soit la dénominations, qu'on leur donne
(traitements, salaires, appointements, émoluments, vacations, commissions, indemnités
primes, gratifications etc.) et quelles qu'en soient les modalités de calcul ou de paiement
(paiement mensuel, journalier, horaire, à la tache, proportionnel aux affaires traitées, etc.)
dés lors que celui qui les perçoit a bien la qualité de salarié (Art.69 et 210-2 du CID).

Ainsi, pour le calcul de la base imposable à l’IRG salaire, il faut ajouter aux traitements et
salaires les avantages en nature (logement, voiture service, la nourriture) et déduire les
cotisations sociales part ouvrière et les cotisations retraites (Art 69 à 73 du C.I.D). Ensuite,
en application du barème IRG salaires tel qu’il est fixé par la législation fiscale, on aura le
montant de l’IRG à payer. Par contre, pour les autres revenus annuels, on leurs applique
un autre barème IRG (barème progressif).

En principe, les avantages en nature doivent être évalues à leur valeur réel; toutefois,
conformément aux dispositions des articles 71 et 210-3 du CID, la valeur à retenir, au titre
de la nourriture pour son évaluation, peut être fixée à 50 DA par repas à défaut de
justification.

3-3/- Personne imposables ; Selon les dispositions combinées des 1,2,3,4,92 et 93


du code des impôts direct, sont imposables en Algérie, lorsque le bénéficiaire est domicilié
ou réside en Algérie (même si l'activité rétribuée s'exerce hors d'Algérie ou si l'employeur
est domicilié ou réside hors d'Algérie): article 3 CID.
Ou lorsque l'activité rétribuée est en Algérie (même si le bénéficiaire est domicilié ou réside
hors d'Algérie) article 93 CID.
L'IRG sur les salaires est à la charge des bénéficiaires des rémunérations, mais doit, dans
la plupart des cas, être retenu à la source par l'employeur et le débirentier (article 75-1
CID).

3-4/ Taux d’imposition ; L'IRG est calculé à l'occasion de chaque paiement effectif
de salaires ou de pensions, sur le montant total des rémunération nettes imposables
revenant à chaque pensionné; le calcul est opéré à l'aide d'un barème qui permet de tenir
compte de situation matrimoniale de ces derniers.
Le barème a été établi selon les taux progressif avec des abattements

3-5/ Périodicité ; Les traitements et salaires versés par les employeurs sont soumis
au barème IRG mensualité dont l’impôt doit être versé à la recette des contributions
diverses avant le 20 du mois qui suit le mois d’imposition.

C.C ; Code de commerce 59


2-6/ Exonération ou Abattement ; Un abattement est appliqué pour les salariées
mariés dont l’imposition en matière d’IRG est réduit par rapport aux employés célibataires.

3-7/ Lieu de paiement ; Les prélèvements d'un mois donné doivent être reversés
dans les (20) premiers jours du mois suivant à la caisse du receveur des contributions
diverses du lieu de l’exercice de l’activité par l’employeur.
Pour ce qui a trait à l’IRG, les salaires et les pensions sont imposables dans la commune
ou se trouve le domicile de la personne, le siège de l'établissement ou du bureau qui a
payé les imposables; il n'y a donc pas lieu de considérer le domicile ou résidence des
salariés ou pensionnés.
Toutefois, lorsque la retenue doit être effectuée et versée par le bénéficiaire lui même,
L'impôt est du dans la commune ou se trouve le domicile ou la résidence de ce dernier.

L'entreprise étrangère qui verse des salaires, indemnités et avantages en nature à ses
employés, est tenue d'opérer, au moment du paiement des sommes imposables, une
retenue à la source sur les dites sommes, calculée par application du barème IRG-salaires.
Cette retenue à la source est fixée à 20% lorsqu'il s'agit des personnels techniques et
d'encadrement de nationalité étrangère qui exercent dans des secteurs définis par l'arrête
interminesteriel du 4 juillet 1993, et de verser le montant de la retenue à la source à la
caisse du receveur des contributions diverses dans les mêmes conditions que celles
prévues en matière de V.F.

En matière de l’IRG Salaire : Les salaires, indemnités et avantages en nature versés par
l'entreprise étrangère à ses employés sont soumis à l’IRG au moment de leur paiement,
soit ;
- Dans les vingt (20) premiers jours du mois suivant pour les salaires payés pendant un
mois donné ;
- Dans les vingt (20) premiers jours de chaque trimestre civil pour le trimestre écoulé
lorsque le montant de l'IRG salaires n'excède pas 1.000 DA pour le trimestre.
Le paiement de l’IRG doit être effectué à la caisse du receveur des impôts du domicile de la
personne ou du siège de l'établissement ou du bureau qui a payé les salaires.

Pour les sociétés nationales (SARL) faisant travailler un personnel étranger, il y a lieu de
signaler que les salaires versés font l’objet de retenue à la source. La retenue à la source
est calculée par application aux sommes imposables du barème IRG mensualité prévu
pour les salaires et prélevée au moment de chaque paiement effectué par l'employeur ou le
débirentier.

Toutefois, le taux de la retenue est de :


*/- 15 % pour :
- Les primes de rendement, gratifications ou autres, d'une périodicité autre que mensuelle
habituellement servies par les employeurs.
- Les sommes versées à des personnes exerçant, en sus de leur activité principale de
salarié, une activité d'enseignement, de recherche, de surveillance ou d'assistanat à titre
vacataire.
- Les rappels afférents aux rémunérations, indemnités, primes et allocations suscitées.

*/- 20 % pour les salaires des personnes techniques et d'encadrement de nationalité


étrangère employés en Algérie par des sociétés étrangères employés exerçant des
activités dans des secteurs définis par voie réglementaire.

L'application des taux respectifs de 15 et 20 % exclut le bénéfice de l'abattement sur l'impôt


prévu en faveur des salariés et pensionnés.

C.C ; Code de commerce 60


Art. 66 du CID « Les traitements, indemnités, émoluments, salaires, pensions et rentes
viagères concourent à la formation du revenu global servant de base à l'impôt sur le revenu
global. »

Art. 67 – « Sont considérés comme des salaires pour l'établissement de l'impôt :


- Les rémunérations allouées aux associés minoritaires des sociétés à responsabilité
limitée;
- Les sommes perçues en rémunération de leur travail par des personnes exerçant à
domicile à titre individuel, pour le compte de tiers,
- Les indemnités, remboursements et allocations forfaitaires pour frais versés aux
dirigeants de sociétés.
- Les primes de rendement, gratifications ou autres, d'une périodicité autre que mensuelle,
habituellement servies par les employeurs;
- Les sommes versées à des personnes exerçant, en sus de leur activité principale de
salariés, une activité d'enseignement, de recherche, de surveillance ou d'assistant à titre
vacataire, ainsi que les rémunérations provenant de toutes activités occasionnelles à
caractère intellectuel ) ».

Art. 69 – « Pour la détermination du revenu à retenir pour l'assiette de l'impôt sur le revenu
global, il est tenu compte du montant des traitements, indemnités et émoluments, salaires,
pensions et rentes viagères versées aux bénéficiaires, ainsi que des avantages en nature
qui leur sont accordés.

Art. 71 « Par avantages en nature, il y a lieu d'entendre entre autres la nourriture, le


logement, l'habillement, le chauffage et l'éclairage dont l'estimation est faite par l'employeur
d'après la valeur réelle des éléments fournis, ramenée au trimestre, mois, quinzaine, jour,
heure, selon le cas.
De même que la valeur à retenir peut être fixée à 50 DA par repas à défaut de
justification. »

Art. 72 –« Par dérogation aux dispositions de l'article 71 ci-dessus, les avantages en


nature correspondant à la nourriture et au logement exclusivement dont bénéficient les
employés travaillant dans les zones à promouvoir, n'entrent pas dans l'assiette de l'impôt
sur le revenu.
Les zones à promouvoir seront définies par voie réglementaire. »

Art. 73 – « Le montant du revenu imposable est déterminé en déduisant du montant brut


des sommes payées et des avantages en nature accordés :
1). Les retenues faites par l'employeur en vue de la constitution de pensions ou de retraites
;
2). La cotisation ouvrière aux assurances sociales.) »

4/ Taxe Foncière

4-1/ Définition ; c’est une taxe instituée par la législation fiscale et mise à la charge
des propriétaires de terrains nus ou bâtis situés dans les zones en voie d’urbanisation ou
de rénovation et où sont réalisés des équipements publics d’infrastructures à la charge des
collectivités locales. Elle perçue au profit des collectivités locales.
La taxe foncière est établie au nom du propriétaire, qu'il soit personne physique ou morale

4-2/ Base imposable ; Pour les propriétés bâties, la base imposable de la taxe
foncière sur les propriétés bâties est obtenue en appliquant à la surface imposable une
valeur locative fiscale exprimée en mètre carré et fixée par zone et sous zone

C.C ; Code de commerce 61


Pour les propriétés non bâties, la base imposable de la taxe foncière est obtenue en
appliquant à la superficie imposable de la propriété une valeur locative fiscale fixée par
zone et exprimée :
• à l'hectare pour les terres agricoles
• et au mètre carré pour les autres catégories de terrains.

4-3/ Taux d’imposition ;

Propriétés bâties ;
• Immeubles Individuels : La superficie imposable est déterminée par les parois
extérieures de la construction.
• Maisons Situées dans des immeubles collectifs :La superficie imposable est la
superficie utile. Est notamment comprise dans la superficie utile, celle des pièces,
couloirs intérieurs, balcons et loggias, augmentés, la cas échéant, de la quote part des
parties communes à la charge de la copropriété.
• Locaux professionnels : La superficie imposable est déterminée dans les mêmes
conditions que celle des immeubles individuelles ou des maisons situées dans des
immeubles collectifs. En ce qui concerne les locaux industriels, la superficie imposable
est déterminée par celle de son emprise au sol.
• Terrains constituant des dépendances des propriétés bâties : La superficie
imposable est égale à la superficie foncière de la propriété moins celle de l'emprise au
sol de l'immeuble (construction).

Propriétés non bâties ;


• Terrains situés dans des secteurs urbanisés ou urbanisables
• Carrières, sablières et mise à ciel ouvert
• Salines et marais salants
• Terres agricoles.

4-4/ Lieu de paiement ; Le lieu de paiement de la taxe est le lieu d’existence de


l’immobilier.

4-5/ Périodicité ; C’est une taxe annuelle qu’il faut versée à la recette des
contributions des impôts du lieu d’existence de l’immobilier.

4-6/ Exonération et ou Abattement ; Pour tenir compte de la vétusté des


propriétés bâties, il est appliqué un abattement à la base imposable de 2% l'an, sans que
cet abattement ne puisse excéder un maximum de 40%.
Pour les usines, le taux d'abattement est fixé uniformément à 50%

Vous pouvez bénéficier d'un dégrèvement de la taxe foncière dans les cas suivants :
- Désaffectation de l'immeuble par décision de l'autorité administrative pour des motifs liés
à la sécurité des personnes et des biens et de l'application des règles de l'urbanisme ;
- Perte de l'usage total ou partiel de l'immeuble consécutivement à un évènement
extraordinaire ;
- Démolition totale ou partielle de l'immeuble.

Il y a lieu d’introduire, avant le 31 Décembre de l'année qui suit celle de la réalisation de


l'évènement, une démarche de dégrèvement auprès de l'inspection des impôts du lieu de
situation de l'immeuble.

L’exonération en matière de la taxe foncière concerne les immeubles de l'état, des wilayas
et des communes ainsi que ceux appartenant aux établissements publics à caractère
administratif exerçant une activité dans le domaine de l'enseignement de la recherche
scientifique, de la protection sanitaire et sociale, de la culture et du sport.
C.C ; Code de commerce 62
Cette exonération est subordonnée à une double condition:
- L’immeuble doit être affecté à un service public ou d'utilité générale
- L'immeuble doit être improductif de revenu.

Bénéficient d'une exonération temporaire de la taxe Les constructions nouvelles et


additions de constructions destinées à l'habitation pendant une durée de sept (07) ans à
compter du 1er janvier de l'année suivant celle de l'achèvement ou de l'occupation ;

5/ La taxe d’apprentissage et de formation professionnelle :

La taxe d'apprentissage (1%) et la taxe de formation continue (1%) sont définies par le
décret exécutif N°98-149 du 13 mai 1998 fixant les conditions et modalités d'application des
articles 55 et 56 de la Loi N° 97-02 du 31 décembre 1997 portant Loi de Finances pour
1998, relatifs respectivement à la taxe de formation professionnelle continue et à la taxe
d'apprentissage.

Les taxes ci-dessus sont dues lorsque les employeurs visés aux articles 2 et 3 du décret ci-
dessus n'ont pas consacrés un montant au moins égal à 1% de la masse salariale annuelle
aux actions de formation professionnelle continue, et au moins égal à 1% de la masse
salariale annuelle aux actions d'apprentissage (Article 4 du décret 98-149). Dans le cas où
la société n'a pas réalisée des actions de formation et d'apprentissage, elle est tenue de
verser l'intégralité du montant de ces taxes, comme prévu par l'article 7, qui dispose que
celles-ci obéissent aux mêmes règles applicables en matière de versement forfaitaire sur
les salaires.

Chapitre 2/- Traitement fiscal des revenus du gérant légal de la SARL

Dans la mesure où elle correspond à un travail effectif et qu’elle n’excède pas les limites
posées, la rémunération du gérant minoritaire est soumise à l’impôt sur le revenu selon les
modalités arrêtées par l’article 6 de la loi de finance 2003.

Les sommes imposables comprennent les traitements, remboursements forfaitaires de frais


et toutes autres rémunérations (en argent ou en nature) mises à la disposition des
bénéficiaires (effectivement versées ou créditées en compte), au cours de l'année
précédente.

Les cotisations versées aux régimes obligatoires de sécurité sociale CNAS sont
déductibles du bénéfice annuel de la société. Pour les revenus imposables du gérant
majoritaire, les cotisations sociales CASNOS sont déductibles du revenu annuel.

Section 1-/ Statut fiscal du gérant légal


Les gérants minoritaires relèvent du même régime fiscal que les salariés. Par contre les
gérants majoritaires relèvent du régime fiscal des bénéfices non commerciaux BNC. Ils
doivent porter sur leur déclaration annuelle de revenus leur rémunération, déduction faite
des cotisations sociales payées au cours de l’année.

« Article 6 LF 03 Modification des dispositions de l’article 32 du CIDTA


Article 6 / Les dispositions de l’article 32 du code des impôts directs et taxes assimilées
sont modifiées et rédigées comme suit :
«Art. 32 – Le bénéfice imposable des associés de sociétés de personnes, des sociétés
civiles professionnelles, des membres des sociétés de participation, des gérants
majoritaires des sociétés à responsabilité limitée est déterminé dans les conditions prévues
aux articles 23 à 26, 28 et 29 du présent code Sont réputés associés gérants des sociétés
à responsabilité limitée et soumis en cette qualité et à concurrence des parts sociales
C.C ; Code de commerce 63
réputées détenues par eux, les gérants de ces sociétés qui n’ont pas personnellement la
propriété des parts sociales si leur conjoint ou leurs enfants non émancipés ont la qualité
d’associé. Les parts sociales appartenant en toute propriété ou en usufruit à leur conjoint
ou leurs enfants non émancipés sont considérées détenues par les gérants des sociétés à
responsabilité limitée.
Les rémunérations versées aux associés gérants minoritaires des sociétés à responsabilité
limitée sont soumises à l’impôt sur le revenu global dans la catégorie des traitements et
salaires et suivants les règles propres à cette catégorie.» »

Cette mesure s’inscrit dans le cadre des dispositions tendant à exclure les revenus des
gérants majoritaires des SARL, de la catégorie des BIC pour les intégrer dans celle des
BNC. Elle va dans le même sens que l’article n°2 de la loi de finance 2003.

Section 2/- Le gérant de fait


Il s’agit d’une personne physique ou morale qui dispose dans une entreprise de pouvoirs de
direction et de gestion, sans avoir été régulièrement désignée en qualité de dirigeant de
droit.
Au regard de la fiscalité et du droit social, le dirigeant de fait est assimilé au dirigeant de
droit.
Fiscalement, le gérant de fait sera soumis au régime fiscal applicable aux gérant majoritaire
ou minoritaire selon que le collège de gérants auquel il appartient.
Socialement, les dirigeants de fait ne peuvent être assujettis au régime général de sécurité
sociale. Contrairement à la situation fiscale des gérants majoritaires, les parts détenues par
le dirigeant de fait ne sont pas prises en compte pour l’assujettissement au régime général
de sécurité sociale des gérants des SARL. L’associé, gérant de fait, relève du régime des
travailleurs salariés.

Section 3/- Régime fiscal des associés SARL


Les revenus des associés imposables à l’IRG sont constitués des dividendes distribués par
la SARL sur les bénéfices réalisés chaque année (Art n°7 du C.I.D). La distribution des
dividendes est prononcée par l’assemblée générale annuelle des actionnaires (AGO), qui
doit se réunir obligatoirement avant le 30 juin de chaque année. Parfois, les actionnaires
bénéficiaient des avances sur dividendes en application des dispositions du code de
commerce. Ces avances doivent être considérées comme des revenus imposables à l’IRG,
en plus des dividendes distribués sur le bénéfice réalisé.

En plus de ces revenus, les actionnaires de la SARL peuvent avoir d’autres revenus, qui
doivent être cumulé avec les dividendes pour avoir la base imposable à l’IRG.

Art. 7 du C.I.D – « Sont personnellement soumis à l'impôt sur le revenu global pour la part
des bénéfices sociaux correspondant à leurs droits dans la société :
- les associés de sociétés de personnes ;
- les associés des sociétés civiles professionnelles constituées pour l'exercice en commun
de la profession de leurs membres ;
- les membres des sociétés civiles soumises au même régime que les sociétés en nom
collectif à condition que ces sociétés ne soient pas constituées sous forme de sociétés par
actions ou à responsabilité limitée et que leurs statuts prévoient la responsabilité indéfinie
des associés en ce qui concerne le passif social ;
- les membres des sociétés en participation qui sont indéfiniment et solidairement
responsables, »

C.C ; Code de commerce 64


Article 6 de la loi de finance 2003: « Les dispositions de l'article 32 du code des impôts
directs et taxes assimilées sont modifiées et rédigées comme suit :
"Art. 32. - Le bénéfice imposable des associés de sociétés de personnes, des sociétés
civiles professionnelles, des membres des sociétés de participation, des gérants
majoritaires des sociétés à responsabilité limitée est déterminé dans les conditions prévues
aux articles 23 à 26, 28 et 29 du code des impôts directs et taxes assimilées.
Sont réputés associés gérants des sociétés à responsabilité limitée et soumis en cette
qualité et à concurrence des parts sociales réputées détenues par eux, les gérants de ces
sociétés qui n'ont pas personnellement la propriété des parts sociales si leur conjoint ou
leurs enfants non émancipés ont la qualité d'associé. Les parts sociales appartenant en
toute propriété ou en usufruit à leur conjoint ou leurs' enfants non émancipés sont
considérées détenues par les gérants des sociétés à responsabilité limitée.
Les rémunérations versées aux associés gérants minoritaires des sociétés à responsabilité
limitée sont soumises à l'impôt sur le revenu global dans la catégorie des traitements et
salaires et suivant les règles propres à cette catégorie. »

Partie III/ La réglementation sociale du gérant SARL

Chapitre 1/ Statut social du gérant majoritaire


Le gérant majoritaire est rattaché au régime social des non-salariés. Il doit donc demander
son inscription et cotiser aux mêmes caisses que :
- Les commerçants, si la SARL a un objet commercial ou industriel,
- Les artisans, si la SARL a un objet artisanal,
- Les professions libérales, si la SARL a un objet libéral.

Il doit s’affilier à la CASNOS ‘’Caisse nationale de sécurité sociale des non salariées’’ dans
les dix (10) premiers jours de l’établissement du registre de commerce de la société. Il doit
déposer un dossier d’affiliation auprès de l’agence CASNOS dont relève le lieu d’activité
(copie du registre de commerce, un Extrait de naissance d’origine, copie des statuts). En
même temps, il doit s’acquitter d’une cotisation minimale forfaitaire, qui est actuellement de
21 600 Da, en l'absence de rémunération au titre de l'assurance maladie et de la retraite.

Les années suivantes, les charges sociales seront calculées sur les revenus réalisés
chaque année à partir des dividendes encaissés de la société et cumulés avec d’autres
revenus.

Cependant, s'il dispose d'une couverture sociale au titre d'un emploi salarié exercé
parallèlement, le gérant sera dispensé de verser cette cotisation minimale pour l'assurance
maladie.

Les cotisations sociales constituent des charges personnelles pour le gérant et doivent en
principe être payées directement par ce dernier auprès des organismes sociaux. Elles sont
déductibles de ses revenus professionnels personnels.

Il est cependant fréquent que les sociétés déchargent leurs dirigeants du paiement de leurs
cotisations sociales personnelles.
Dans un tel cas, elles ne peuvent les comptabiliser en tant que "charges sociales". Elles
considèrent qu'il s'agit d'un supplément de rémunération accordé aux gérants et
comptabilisent l’ensemble (rémunération + charges) dans la catégorie des "rémunérations".

Chapitre 2/ Statut social du gérant minoritaire ou égalitaire


Le gérant minoritaire est susceptible de recevoir deux types de rémunérations :
- Une rémunération au titre de son mandat social (actes de gestion, représentation de la
société vis à vis des tiers),
C.C ; Code de commerce 65
- Une rémunération au titre de fonctions techniques distinctes de son mandat social et en
vertu d'un contrat de travail.

Pour la partie de sa rémunération se rapportant au mandat social : il est "assimilé salarié"


au regard de l'assurance maladie, des allocations familiales et du régime de retraite. Il
bénéficie donc du régime social des salariés (protection sociale des salariés, retraite des
cadres...), par contre, ne bénéficie pas de l'assurance chômage. Au sens du droit de
travail, il n'est pas soumis aux règles du droit du travail et de la convention collective. Il ne
peut être "révoqué" sans préavis, mais ne sera pas licencié.

Pour la partie de sa rémunération se rapportant au contrat de travail : il est, en principe,


considéré comme un véritable salarié. Cependant, en ce qui concerne l'assurance
chômage, la CNAS vérifient si les conditions du contrat de travail sont réellement réunies et
notamment s'il existe un lien de subordination entre le gérant salarié et la société.
Si la CNAS ne reconnaît pas le contrat de travail, le gérant ne payera pas de cotisations et
ne sera pas protégé du risque chômage.

Chapitre 3-/ Exceptionnellement, cumul avec un contrat de travail


Exceptionnellement, à côté de son mandat social, un gérant peut bénéficier d'un contrat de
travail conclu avec la société.
Les conditions d'un tel cumul sont cependant strictes :
- Le contrat de travail doit présenter un caractère réel et sérieux,
- Les fonctions exercées doivent correspondre à des fonctions techniques distinctes de
celles exercées au titre du mandat social (l'administration générale de la société ne
constituant bien évidemment pas une fonction technique distincte),
- Il doit y avoir un lien de subordination entre le gérant et la société relativement à ces
fonctions techniques.

Afin d'éviter de verser des cotisations à tort, il est recommandé de consulter les services de
la caisse nationale assurance sociale (CNAS) sur la validité du contrat de travail d'un
gérant.
Dans l'hypothèse où le gérant bénéficie valablement d'un contrat de travail, il aura les
mêmes droits que tout autres salariés.

C.C ; Code de commerce 66


Partie V/ Contrôle légal des SARL par le commissaire aux comptes

Chapitre 1-/ Qui est le Commissaire aux Comptes?

La loi de finance complémentaire 2005 (article 12 section 4) a institué l’obligation pour les
SARL de désigner un commissaire aux comptes pour une durée de trois (03) ans et ce, à
partir de l’exercice 2006. La désignation du commissaire aux comptes relève des
prérogatives de l’assemblée ordinaire annuelle des actionnaires (AGO), qui doit choisir un
professionnel parmi ceux inscrit sur la liste du tableau de l’ordre national des experts
comptables des commissaires aux comptes et des comptables agrées.

Le défaut de désignation de commissaire aux comptes sera punis d’une amende de 100 000
Da à 1 000 000 Da, et cela relève de la responsabilité du gérant légal.

Section 1-/ Définition légale


Le seul texte juridique qui a donné une définition légale du commissaire aux comptes c’est la
loi 91-08 relative à la profession d’expert comptable de commissaire aux comptes et de
comptable agrée.

Article 2 7 de la loi 9 1- 0 8
“Est Commissaire aux comptes, au sens de la présente loi, toute personne qui, en son nom
propre et sous sa responsabilité, fait profession habituelle d'attester de la sincérité et de la
régularité des compte des sociétés et des organismes prévus a l'article 1er ci-dessus en
vertu des dispositions de la législation en vigueur ".

Section 2-/ Définition lexicale


Le Commissariat aux comptes est un contrôle exercé par les professionnels dûment habilités
pour certifier la régularité et la sincérité des états et documents annuels d'une entreprise;
ceux-ci, sont: l'inventaire, le compte d'exploitation générale, le compte des pertes et profits et
le bilan

Le commissariat aux comptes est une profession réglementée : l'organisation de la


profession et le statut des commissaires aux comptes sont fixés la loi 91-08 relative à la
profession d’expert comptable et par les diligences professionnelles du commissaires aux
comptes. Seules les personnes physiques ou morales inscrites au tableau de l’ordre
national des experts comptables des commissaires aux comptes et comptables agrées,
peuvent exercer les fonctions de commissaires aux comptes. Les principales
caractéristiques de cette réglementation peuvent être résumées en deux points :

 La qualification technique des commissaires aux comptes, assurée par :


- Des examens professionnels permettant d'exciper de ce titre,
- Des normes et une déontologie professionnelles,
- Un contrôle confraternel de leur activité,

 Leur indépendance qui résulte :


- De l'incompatibilité de ce mandat légal avec tout autre activité : l'expert comptable, le
conseil ou l'administrateur d'une société ne peut en être commissaire aux comptes,
- D'une définition légale et réglementaire de ce mandat qui n'est pas divisible ni ne peut être
restreint.

C.C ; Code de commerce 67


Section 3/- Quelles sont les missions du commissaire aux comptes ?

Les commissaires aux comptes certifient que les comptes annuels sont réguliers et
sincères et donnent une image fidèle du résultat des opérations de l'exercice écoulé ainsi
que de la situation financière et du patrimoine de la société à la fin de cet exercice

Ils ont pour mission permanente, à l'exclusion de toute immixtion dans la gestion, de vérifier
les valeurs et les documents comptables de la société et de contrôler la conformité de sa
comptabilité aux règles en vigueur.

Ils vérifient également la sincérité et la concordance avec les comptes annuels des
informations données dans le rapport de gestion du conseil d'administration ou du
directoire, selon le cas, et dans les documents adressés aux actionnaires sur la situation
financière et les comptes annuels. Ils vérifient, le cas échéant, la sincérité et la
concordance avec les comptes consolidés des informations données dans le rapport
sur la gestion du groupe.

Les commissaires aux comptes doivent être convoqués à toutes les réunions du conseil
d'administration ou du directoire et du conseil de surveillance qui examinent ou arrêtent des
comptes annuels ou intermédiaires.

Les missions du commissaire aux comptes (CAC = abréviation du commissaire aux comptes)
des sociétés par actions sont définies par le Code de Commerce ( Art 678 à Art 684) et par la
Loi 91-08 portant sur l’organisation de la Profession d'expert- comptable, de commissaire aux
comptes et de comptable agréé.

Article 28 de la Loi 91-08 :


" Le commissaire aux comptes a pour mission de :
- Certifier que les comptes annuels sont réguliers et sincères et qu'ils donnent une image
fidèle des résultats des opérations de l'exercice écoulé ainsi que de la situation financière et
du patrimoine de la société, des organismes prévus dans l'article 1er ci-dessus à la fin de
l'exercice:
- Vérifier la sincérité et la concordance avec les comptes annuels des informations données
dans le rapport de gestion fourni par les dirigeants aux actionnaires, associés ou sociétaires:
- Apprécier les conditions de conclusion des conventions entre l'entreprise con trôlée et les
entreprises ou organismes qui lui sont affiliés ou avec les entreprises dans lesquelles les
administrateurs et dirigeants de la dite entreprise ont un intérêt direct ou indirect:
- Signaler aux dirigeants et à l'Assemblée Générale ou à /organe délibérant habilité, toute
insuffisance de nature à compromettre la continuité d'exploitation de l'entreprise et dont il a
pu avoir connaissance. Ces missions consistent à l'exclusion de toute immixtion dans la
gestion à vérifier les valeurs et les documents de la société ou de l'organisme et à contrôler
la conformité de la comptabilité aux règles en vigueur".

C.C ; Code de commerce 68


Chapitre 2/- Désignation d’un commissaire aux comptes

Art. 715 bis 4 du C.C « L'assemblée générale ordinaire des actionnaires désigne,
pour trois (03) exercices, un ou plusieurs commissaires aux comptes choisis parmi les
professionnels inscrits sur le tableau de l'ordre national.
Ils ont pour mission permanente, à l'exclusion de toute immixtion dans la
gestion, de vérifier les livres et les valeurs de la société et de contrôler la régularité et la
sincérité des comptes sociaux. Ils vérifient également la sincérité des informations données
dans le rapport du conseil d'administration ou du directoire, selon le cas, et dans les
documents adressés aux actionnaires, sur la situation financière et les comptes de la société.
- Ils certifient la régularité et la sincérité de l'inventaire, des comptes sociaux et du bilan.
- Les commissaires aux comptes s'assurent que l'égalité a été respectée entre les
actionnaires.
- Ils peuvent, à toute époque de l'année, opérer les vérifications ou contrôles qu'ils
jugent opportuns.
- De même qu'ils peuvent convoquer l'assemblée générale en cas d'urgence.

A défaut de nomination des commissaires aux comptes par l'assemblée générale ou en cas
d'empêchement ou de refus d'un ou plusieurs des commissaires nommés, il est procédé à
leur nomination ou à leur remplacement par ordonnance du président du tribunal du siège de
la société à la requête du conseil d'administration ou du directoire ».

Cette demande peut être présentée par tout intéressé et dans les sociétés qui font
publiquement appel à l'épargne par l'autorité chargée de l'organisation et de la surveillance
des opérations de bourse.

Art. 715 bis 5. du C.C (Décret législatif n° 93-08 du 25 avril 1993) « Lorsque à l'expiration
des fonctions d'un commissaire aux comptes, il est proposé à l'assemblée de ne pas les
renouveler, le commissaire aux comptes doit être entendu par l'assemblée générale ».

Art. 715 bis 6. du C.C (Décret législatif n° 93-08 du 25 avril 1993) – « Ne peuvent être
commissaires aux comptes d'une société par actions :
1° les parents et alliés au quatrième degré inclusivement des administrateurs, des
membres du directoire et du conseil de surveillance de la société;
2° les administrateurs, les membres du directoire ou du conseil de surveillance les
conjoints des administrateurs, ainsi que des membres du directoire ou du conseil de
surveillance des sociétés possédant le 1/10 du capital de la société ou dont celle-ci possède
le 1/10 du capital desdites sociétés;
3° les conjoints des personnes qui reçoivent des administrateurs ou des membres du
directoire ou du conseil de surveillance un salaire ou une rémunération en raison d'une
activité permanente autre que celle de commissaire aux comptes;
4° les personnes ayant perçu de la société une rémunération, à raison de fonctions,
autres que celles de commissaire aux comptes, et ce dans un délai de cinq ans à compter de
la cessation de leurs fonctions;
5° les personnes ayant été administrateurs, membres du conseil de surveillance, du
directoire, et ce dans un délai de cinq (05) ans à compter de 1a cessation de leurs
fonctions. »

Art. 715 bis 7. du C.C (Décret législatif n° 93-08 du 25 avril 1993) –« Les
commissaires aux comptes sont nommés pour trois exercices. Leurs fonctions expirent après
la réunion de l'assemblée générale ordinaire qui statue sur les comptes du troisième
exercice.
Le commissaire aux comptes nommé par l'assemblée en remplacement d'un autre, ne
demeure en fonction que jusqu'à l'expiration du mandat de son prédécesseur. Si l'assemblée
C.C ; Code de commerce 69
omet de désigner un commissaire aux comptes, tout actionnaire peut demander en justice la
désignation d'un commissaire au comptes, le président du conseil d'administration ou du
directoire dûment appelé; le mandat ainsi conféré prend fin lorsqu'il a été pourvu par
l'assemblée générale à la nomination du ou des commissaires aux comptes »

Art. 715 bis 9. du C.C (Décret législatif n° 93-08 du 25 avril 1993) « En cas de
faute ou d'empêchement les commissaires aux comptes peuvent à la demande du conseil
d'administration, du directoire, d'un ou plusieurs actionnaires représentant au moins 1/10 du
capital social ou de l'assemblée générale, être relevés de leurs fonctions avant l'expiration
normale de celles-ci par la juridiction compétente. »

Chapitre 3/- Le contrôle des comptes


Le commissaire aux comptes contrôle, en vue de leur certification, les comptes annuels qui
comprennent, de façon indissociable :
 Le bilan, qui décrit, à la fin de l'exercice, les actifs et passifs de l'entreprise, et fait
apparaître, de façon distincte, les capitaux propres ;
 Le compte de résultat, qui récapitule les produits et les charges de l'exercice, sans
qu'il soit tenu compte de leur date de dénouement en trésorerie et fait ressortir, après
amortissement et provisions, le résultat de l'exercice ;
 L'annexe, qui a pour objet de commenter et compléter l'information donnée dans le
bilan et le compte de résultat.
La mission consiste (pour reprendre la formule consacrée) à certifier que les comptes
annuels sont réguliers et sincères et donnent une image fidèle du résultat, de la situation
financière et du patrimoine de la société. La régularité des comptes est issue, selon le plan
comptable général, de leur conformité aux règles et procédures en vigueur. Toujours selon
la même source, la sincérité est l'application de bonne foi des règles et procédures, en
fonction de la connaissance que les responsables de ces comptes doivent normalement
avoir de la réalité et de l'importance des opérations, événements et situations. En fonction
des différentes définitions de la doctrine, la notion d'image fidèle peut constituer un principe
dont il est fait recours lorsque les règles applicables sont inexistantes ou insuffisantes à
traduire la réalité économique. S'agissant de notion subjectives, il est clair qu'il s'agit, pour
le commissaire aux comptes, de se forger une opinion - et de la formuler - sur le point de
savoir si les comptes produits reflètent bien la situation économique de l'entreprise. En
d'autres termes, l'exactitude des comptes n'est pas certifiée.

Art. 715 bis 10. du C.C (Décret législatif n° 93-08 du 25 avril 1993) « Les
commissaires aux comptes portent à la connaissance du conseil d'administration ou du
directoire et du conseil de surveillance selon le cas :
1° les contrôles et vérifications auxquels ils ont procédé et les différents sondages auxquels
ils se sont livrés;
2° les postes du bilan et des autres documents comptables auxquels des modifications leur
paraissent devoir être apportées, en faisant toutes observations utiles sur les méthodes
d'évaluation utilisées pour l'établissement de ces documents;
3° les irrégularités et les inexactitudes qu'ils auraient découvertes;
4° les conclusions auxquelles conduisent les observations et rectifications ci-dessus sur les
résultats de l'exercice comparés à ceux du précédent exercice. »

Art. 715 bis 11. du C.C (Décret législatif n° 93-08 du 25 avril 1993) – « Le
commissaire aux comptes dans une société par actions peut demander des explications au
président du conseil d'administration ou au directoire qui est tenu de répondre sur tous faits,
de nature à compromettre la continuité de l'exploitation, qu'il a relevé à l'occasion de
l'exercice de sa mission.

C.C ; Code de commerce 70


A défaut de réponse ou si celle-ci n'est pas satisfaisante le commissaire aux comptes invite
le président ou le directoire à faire délibérer le conseil d'administration ou le conseil de
surveillance sur les faits relevés; le commissaire aux comptes est convoqué à cette séance.
En cas d'inobservation de ces dispositions ou si en dépit des décisions prises, il constate que
la continuité de l'exploitation demeure compromise, le commissaire aux comptes établit un
rapport spécial qui est présenté à la plus prochaine assemblée générale ou en cas d'urgence
à une assemblée générale extraordinaire qu'il convoque lui-même pour lui soumettre ses
conclusions ».

Art. 715 bis 12. du C.C (Décret législatif n° 93-08 du 25 avril 1993) – « Les commissaires
aux comptes sont convoqués à la réunion du conseil d'administration ou du directoire, selon
le cas, qui arrête les comptes de l'exercice écoulé ainsi qu'à toutes les assemblées
d'actionnaires ».

Art. 715 bis 13. du C.C (Décret législatif n° 93-08 du 25 avril 1993) – « Les commissaires
su comptes signalent à la plus prochaine assemblée générale les irrégularités et
inexactitudes relevées par eux, au cours de l'accomplissement de leur mission.
En outre, ils révèlent au procureur de la République les faits délictueux dont ils ont eu
connaissance.
Sous réserve des dispositions des alinéas précédents, les commissaires aux comptes
ainsi que leurs collaborateurs sont astreints au secret professionnel pour les faits, actes et
renseignements dont ils ont pu avoir connaissance en raison de leurs fonctions ».

Art. 715 bis 14. du C.C (Décret législatif n° 93-08 du 25 avril 1993) – « Les commissaires
aux comptes sont responsables tant à l'égard de la société que des tiers, des conséquences
dommageables des fautes et négligences par eux commises dans l'exercice de leurs
fonctions.
Ils ne sont pas civilement responsables des infractions commises par les administrateurs ou
les membres du directoire, selon le cas, sauf si, en ayant eu connaissance, ils ne les ont pas
révélées dans leur rapport à l'assemblée générale et/ou au procureur de la République ».

Chapitre 4/- Les honoraires


La rémunération des commissaires aux comptes est déterminée à la vacation en fonction
du nombre d'heures de travail consacrées au contrôle. À cet effet, les commissaires aux
comptes doivent établir par écrit un programme de travail décrivant les diligences estimées
nécessaires au cours de l'exercice, compte tenu des prescriptions légales, des normes
professionnelles et des pratiques usuelles tout en indiquant le nombre d'heures de travail à
y consacrer ainsi que le montant des honoraires correspondants. Le montant de la vacation
horaire est fixé d'un commun accord entre le ou les commissaires et les dirigeants sociaux.
Les honoraires sont pris en charge par l'organisme contrôlé.
Les honoraires du commissaire aux comptes sont définis et fixés par la loi 91-08, et par
l’arrête du 09 octobre 1993, ensuite ont été modifiés par arrêté du 06 décembre 2006 du
ministère des finances et publié dans le journal officiel n°04 du 14 janvier 2007;
*/ Le montant des honoraires, pour un exercice social, est calculé suivant un barême fixé par
le ministère de l’économie dans l’arrêté du 09 Octobre 1993 relatif au barême des honoraires
des commissaires aux comptes et publiés dans le journal officiel n°30 en date du 15 Mai
1994, comme ce qui suit ;

C.C ; Code de commerce 71


Ancien barème des honoraires

Total brut bilan plus le montant Tranches en Taux Honoraires Plafond des
des produits milliers de pour de tranche en honoraires de la
(En milliers de dinars MDA) Dinars 1 000 DA DA classe en DA
Jusqu'à 5 000 5 000 6 30 000 30 000
5 000 à 20 000 15 000 4,3333 65 000 95 000
20 000 à 50 000 30 000 3,33333 100 000 195 000
50 000 à 100 000 50 000 1,4 70 000 265 000
100 000 à 200 000 100 000 0,75 75 000 340 000
200 000 à 500 000 300 000 0,7833 235 000 575 000
500 000 à 1 000 000 500 000 0,38 190 000 765 000
1 000 000 à 2 000 000 1 000 000 0,17 170 000 935 000
2 000 000 à 5 000 000 3 000 000 0,1066 320 000 1 255 000
5 000 000 à 10 000 000 5 000 000 0,064 320 000 1 575 000
Au-delà de 10 000 000 0,0038

Nouveau barème des honoraires :

Plafond des
Total brut bilan plus le montant des produits Tranches en milliers de
honoraires de la
(En milliers de dinars MDA) Dinars
classe en DA
Jusqu'au moins 50 millions de DA 80 à moins de 160 40 à moins de 80
De 50 millions à moins de 100 millions de DA 160 à moins de 240 80 à moins de 120
De 100 millions à moins de 200 millions de DA 240 à moins de 340 120 à moins de 170
De 200 millions à moins de 400 millions de DA 340 à moins de 460 170 à moins de 230
De 400 millions à moins de 800 millions de DA 460 à moins de 600 230 à moins de 300
De 800 millions à moins de 1 600 millions de DA 600 à moins de 760 300 à moins de 380
De 1 600 millions à moins de 3 200 millions de DA 760 à moins de 1 030380 à moins de 515
De 3 200 millions à moins de 6 400 millions de DA 1 030 à moins de 1 400
515 à moins de 700
De 6 400 millions à moins de 12 800 millions de DA 1 400 à moins de 1 800
700 à moins de 900
900 à moins de 1
De 12 800 millions à moins de 25 600 millions de DA 1 800 à moins de 2 400 200
Au-delà de 25 600 millions de DA Maximum 4 500 heures Maximum 2 250

- Les critères de détermination du barême visé sont le total du bilan et le total des produits
tels que désignés dans le PCN, à l’exclusion des comptes de transfert de charges (Comptes
75 et 78).
- Les honoraires fixés par le barême ci-dessus s’entendent hors taxes.
- Les honoraires du commissaire aux comptes sont plafonnés à deux millions de dinars
(2 000 000 DA).

*/ Le règlement des honoraires du commissaire aux comptes se réalise sur présentation de


notes d’honoraires et s’effectuent comme suit ;
30% au commencement des travaux
20% à la fin des travaux intérimaires
40% à l’achèvement des travaux
10% un mois au plus tard après la remise des rapports d’audit.

*/ Les frais engagés par le Commissaire aux Comptes dans l'exercice de ses fonctions,
notamment les frais de déplacement, de séjour et de restauration sont pris en charge ou
payés par le client.
C.C ; Code de commerce 72
Chapitre 5/- Obligation d’information et de communications

Le commissaire aux comptes doit communiquer le résultat de ces investigations :


 Aux dirigeant sociaux : les contrôles et les vérifications procédés, les modifications
proposées pour les méthodes d’évaluation, les irrégularités découvertes,
 Aux associés : à l’assemblée générale ordinaire (AGO), le commissaire aux comptes
établit et présente un rapport général relatant l’accomplissement des missions générales, et,
un rapport spécial sur les conventions conclues entre la société et ses dirigeants, dans le
cadre de la procédure d’alerte, sur certaines opérations particulières (fusions, réduction du
capital …).

Section 1/ Information des dirigeants sociaux


Les commissaires aux comptes doivent porter à la connaissance du conseil d’administration,
du directoire ou du conseil de surveillance, selon le cas, les informations suivantes ;
 Les contrôles et vérifications auxquels ils ont procédés et les différents sondages auxquels
ils se sont livrés.
 Les observations sur les modifications leur paraissant devoir apportées aux postes du
bilan et autres documents comptables, ainsi que sur les méthodes d’évaluation utilisées pour
l’établissement de ces documents ;
 Les irrégularités et les inexactitudes qu’ils auraient découvertes
 Les conclusions auxquelles conduisent les observations et rectifications ci-dessus sur les
de l’exercice comparés à ceux de l’exercice précédent.

Section 2/ Information des actionnaires


Dans l’assemblée générale ordinaire annuelle, les commissaires aux comptes sont appelés à
rendre compte aux actionnaires les résultats de leurs contrôles et présentés deux types de
rapports comme cela a été défini pas le code commerce.

Article 43 de la loi 91-08 ; « les commissaires aux comptes assistent aux assemblées
générales lorsqu’elles sont appelées à délibérer sur la base d’un rapport établi par eux. Ils
ont le droit de prendre la parole à l’assemblée en relation avec l’accomplissement de leurs
fonctions. »

Article 621 - du C.C (Décret législatif n° 93-08 du 25 avril 1993) – « Les commissaires aux
comptes veillent, sous leur responsabilité, à l'observation des dispositions prévues aux
articles 619 et 620 et en dénoncent toute violation dans leur rapport à l'assemblée générale
annuelle ».

Article 660 - du C.C (Décret législatif n° 93-08 du 25 avril 1993) – « Le commissaire aux
comptes veille sous sa responsabilité à l'observation des dispositions de l'article 659 ci-
dessus et en signale toute violation dans le rapport destiné à l'assemblée générale ».

Section 3/ Rapport d’audit général


La loi impose aux commissaires aux comptes de rendre compte des résultats de leurs
vérifications dans ce rapport. Le rapport d'audit doit mentionner le but, les objectifs, la période
couverte, la nature et l'étendue de l'audit réaliser. Il doit identifier l'organisation, les
destinataires voulus et toute restriction dans la distribution. Le rapport doit contenir les
résultats, conclusions et recommandations ainsi que toute réserve ou qualification de
l'auditeur vis-à-vis de l'audit.

Le rapport général est le document dans lequel le commissaire aux comptes présente à
l'assemblée générale des actionnaires qui l'a nommé les conclusions de ses travaux. Le
rapport général est établi sous une forme prévue par les normes professionnelles : les
informations qui doivent y figurer sont fixées par la loi. Ce rapport a deux parties :
C.C ; Code de commerce 73
 L'une relative à l'expression de l'opinion du commissaire aux comptes sur les comptes
annuels. Dans cette partie, le rapport distingue la référence aux contrôles effectués et
l'expression de l'opinion sur les comptes annuels (certification sans réserve - avec
réserve(s) - refus de certifier) ;
 L'autre relative aux vérifications et informations spécifiques prévues par la loi et les
règlements. Dans cette partie, il est fait état, en trois paragraphes, des observations
résultant des vérifications spécifiques prévues par la loi n'entachant pas directement la
certification des comptes, et des informations que le commissaire aux comptes doit
mentionner ; notons qu'au titre des vérifications spécifiques, le commissaire aux comptes
s'assure de la sincérité des informations fournies par le conseil d'administration aux
actionnaires et de leur concordance avec les comptes annuels.
Dans la présentation du rapport, les deux parties doivent être nettement individualisées afin
que les deux composantes apparaissent clairement.

L'opinion du commissaire aux comptes sur les comptes annuels est clairement exprimée en
conclusion de la première partie de son rapport général. Cette opinion ne peut être que
l'une des suivantes :
 La certification pure et simple : les comptes annuels sont alors certifiés réguliers et
sincères et donner une image fidèle de la situation financière, du résultat et du patrimoine
de la société ;

 La certification avec réserve(s) ; la réserve formulée par un commissaire aux comptes


peut être définie comme étant l'absence de certification de la régularité, de la sincérité et de
l'image fidèle, limitée à un point particulier des comptes annuels ; une réserve peut ainsi
être formulée si :
*/ Des erreurs, des anomalies ou des irrégularités dans l'application des règles et principes
comptables dont l'incidence, bien que significative, est insuffisante pour rejeter l'ensemble
des comptes annuels ;

*/ Une ou des incertitudes affectant les comptes annuels dont la résolution dépend
d'événements futurs mais dont l'incidence est insuffisante pour refuser de certifier. Il
appartient au commissaire aux comptes qui formule une réserve de préciser clairement
dans son rapport la nature des erreurs, limitations ou incertitudes qui l'ont conduit à la
formuler, le tout avec des éléments chiffrés si possible ;

 Le refus de certification ; Dans ce cas, le commissaire aux comptes a :


*/ Constaté des erreurs, des anomalies ou des irrégularités dans l'application des règles et
principes comptables qui sont suffisamment importantes pour affecter la validité d'ensemble
des comptes annuels,
*/ Constaté des incertitudes affectant les comptes annuels dont la résolution dépend
d'événements futurs et dont l'importance est telle qu'il ne lui est pas possible de se faire
une opinion sur l'ensemble des comptes annuels.

Les commissaires aux comptes font état des observations que les comptes annuels appellent
de leurs parts et, éventuellement, des motifs pour lesquels ils refusent leur certification ou
l’assortissent de réserves. Aussi, ils doivent faire mention sur la sincérité des informations
données dans le rapport de gestion et dans les documents adressés aux actionnaires sur la
situation financière e la société, ainsi que sur la concordance de ces informations avec les
comptes annuels.

Le rapport général doit signaler aux actionnaires les événements rattachés à la vie sociale,
entre autres ;
 Irrégularités et inexactitudes relevées par les commissaires aux comptes aux cours de
l’accomplissement de leur mission ;
C.C ; Code de commerce 74
 Modifications apportées dans la présentation des comptes annuels ou dans les méthodes
d’évaluation ;
 Infractions éventuelles aux dispositions concernant les actions que les administrateurs ou
les membres du conseil de surveillance doivent détenir dans leurs sociétés ;
 Prise de participation significative dans le capital de la société ;
 Les infractions commises par les administrateurs ou les membres du directoire durant
l’exercice.

Section 4/ Rapport spécial


Les commissaires aux comptes doivent présenter un rapport spécial sur les conventions
conclues directement ou indirectement entre la société et l’un de ses administrateurs,
directeurs généraux, membres du directoire ou du conseil de surveillance.

C.C ; Code de commerce 75


Bibliographie

1) Code de commerce C.C


2) Code des impôts directs C.I.D
3) Code des impôts indirects C.I.I.D
4) Code d’enregistrement
5) Code de la taxe sur chiffre d’affaires C.T.C.A
6) Code de travail C.T
7) Sociétés commerciales – Mémento pratique Francis Lefebvre- année 2002

C.C ; Code de commerce 76

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