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BELGIë - BELGIQUE

La Lettredu
P.B./P.P.
B - 78
Bureau de dépôt
4099 Liège X
P501407

Patrimoine
Trimestriel • juillet - août - septembre 2009 • N° 15 • Bureau de dépôt : Liège X

Ce second numéro spécial consacré aux vingt ans de la régionalisation de la politique du Patrimoine est placé sous le signe des interpellations pour
l’avenir : il commence par un article consacré aux dix ans de l’IPW qui coïncidaient avec ce vingtième anniversaire (pages 1 et 2), suivi du bilan établi par
la Division du Patrimoine (pages 3 à 5) reçu le 2 juillet. Nos lecteurs retrouveront ensuite trois de nos rubriques habituelles (la page de la Commission, les
Nouvelles de l’Archéologie et la Lettre de la Paix-Dieu. Dès le n°16, en novembre prochain, sauf contrordre d’ici là, c’est l’ensemble du trimestriel qui
devrait retrouver sa présentation habituelle.
La rédaction

Les dix ans de l’IPW


Les dix ans de l’IPW ont été fêté avec éclat le Après avoir accueilli la princesse Claire en présence des
18 juin dernier au Château du Lac à Genval, membres du Comité de patronage de l’IPW, et lui avoir
en présence de S.A.R. la princesse Claire de présenté les directrices de l’Institut et plusieurs colla-
Belgique et de plusieurs centaines d’invi- borateurs avec lesquels celle-ci s’entretint longuement,
tés dont les Gouverneurs du Brabant et de l’Administrateur général de l’IPW prit la parole après la
Namur, le Ministre d’État Guy Spitaels, les projection d’un petit film (réalisé par Cultura Europa)
anciens Ministres Robert Collignon et Josly rappelant les multiples richesses du patrimoine wallon.
Piette, de nombreux députés wallons et pro- Dans un discours fort remarqué, Freddy Joris devait
vinciaux, les bourgmestres ou échevins de déclarer :
Bastogne, Charleroi, Jemeppe, Liège, Namur,
Spa, Verviers, Rebecq et bien sûr Rixensart. «  Merci d’être
Plusieurs fonctionnaires dirigeants du Service venus nombreux
public de Wallonie, de la Communauté fran- à cette soirée an-
çaise, de la Régie fédérale des bâtiments et niversaire et de
d’autres organismes publics wallons (l’AWT, manifester ainsi,
le Fonds du Logement, le Forem, la Spaque, la sinon votre sou-
Sofico, la SRWT et la SWL) avaient tenu à être tien, en tous cas
présents, tout comme beaucoup d’agents votre reconnais-
de la DGO4, tous ceux de l’IPW bien sûr, et sance pour le tra-
près du tiers des membres de la Commission Le château du lac à Genval. Photo G. Focant © SPW vail accompli en
royale des Monuments, Sites et Fouilles dont dix ans et à cet
leur président Robert Tollet. la Cathédrale, l’Université de Liège, Vivaqua, égard, Votre Al-
Wallonia Nostra, et, côté néerlandophone, le tesse, votre présence nous touche tout particulièrement
La plupart des partenaires institutionnels Président des Open Monumentendag Vlaan- puisque c’est la seconde fois en moins d’un trimestre
de l’IPW étaient représentés : les abbayes deren ainsi que le Président et la Secrétaire que vous nous faites l’honneur et le plaisir de répondre
de Stavelot et de Villers, les Amis de la Tour générale de Europa Nostra Belgium. positivement à une invitation de l’IPW, après votre visite
Schöffer, Archéolo-J, Bois-du-Luc, le Bois du en mars au Trésor de la Cathédrale de Liège ».
Cazier, le Centre Lemaire de la KUL, le Centre Preuve du rôle particulier joué désormais
urbain de Bruxelles, le Conseil scientifique du par l’IPW dans le secteur, les représentants « Bedankt ook aan onze nederlandstalige collega’s en vrien-
CTLM de Verviers, les châteaux de Bois-Sei- des milieux privés étaient particulièrement den om aanwezig te zijn zoals zij dit al gedaan hebben en
gneur-Isaac, Corroy, Havré et Tavigny, l’Asso- nombreux : la présidente du Conseil Écono- volgende week opnieuw zullen doen, tenmidden van de
ciation des Demeures historiques, l’asbl 1815, mique et Social de la Région wallonne, les Paix-Dieu, omdat we zo tonen, met de Open Monumen-
le Domaine Solvay, Europa Nostra, le Forum présidents et directeurs de la Confédération tendag en, dit jaar, met Europa Nostra, dat het Erfgoed een
de Liège, Haute Senne Logement, Hesbaye et Construction wallonne et de l’Union des Ar- brug is tussen personen voor wie het wederzijds respect
Meuse, Icomos Wallonie-Bruxelles, la Maison tisans du Patrimoine, les dirigeants de quan- samengaat met de persoonlijke overtuigingen ».
du Patrimoine médiéval mosan, les Musées tité de sociétés immobilières, de bureaux
de Liège et de Huy, Musées et Sociétés en d’architecture, de sociétés de la construction, « Les collaborateurs de l’Institut savent presque tous,
Wallonie, Qualité-Village-Wallonie, Promé- de bureaux d’ingénierie, de la construction après dix ans ou après six mois, que leur rôle n’est pas
théa, la RTBF, RTL, la Fédération des télés mécanique, de l’imprimerie, de l’édition, de toujours bien compris, bien expliqué, voire bien accepté
locales, SOS Mémoire de Liège, le Trésor de l’hôtellerie ou encore de l’événementiel. et qu’il leur faut parfois endurer, sur le terrain, pas partout
et pas toujours heureusement, des remarques incon-
grues voire des obstacles inattendus. Hector Berlioz
avait dit avec emphase lorsqu’il traversait l’océan des
critiques, je cite il faut collectionner les pierres que l’on
vous jette, c’est le début d’un piédestal . Et ce piédestal,
chers collègues, Sandrine Mathot et surtout Cultura
Europa et Sandrine Gobbe avec l’irremplaçable Guy
Focant l’ont dressé chacune à leur façon ce soir, dans le
petit film qui suivra mon intervention et dans le volume
avec lequel chaque invité quittera cette soirée qui ne
fait que commencer ».
La princesse en conversation avec des responsables de l’IPW. Photo G. Focant © SPW

Institut du Patrimoine wallon • Rue du Lombard, 79 • 5000 Namur 1


La Lettre du Patrimoine - N° 15 - 2009

Les dix ans de l’IPW (suite)

« Je ne vais pas rappeler ni les missions de


l’IPW, ni comment nous nous en acquittâmes.
L’Institut n’existait pas et il fallait l’inventer, Les Gouverneurs du Brabant et de Namur, entre la Robert Collignon, Guy Spitaels et Jean Barthélemy.
car, pour paraphraser Hugo dans son célèbre princesse Claire et Freddy Joris. Photo G. Focant Photo G. Focant © SPW
© SPW
texte Guerre aux démolisseurs, malgré tous
les efforts entrepris entre 1989 et 1999, il
n’y a peut-être pas à l’heure qu’il est une seule je me tournerai donc moi aussi vers l’avenir « 3. Adoptons d’emblée une attitude claire,
ville, un seul chef-lieu d’arrondissement, un seul pour terminer cette brève allocution et laisser univoque et moins insécurisante pour tous
chef-lieu de canton, où il ne se médite, où il ne se place à l’image puis à la fête ». lorsque l’IPW au bout de cinq à dix ans
commence, où il ne s’achève la destruction de d’efforts soit suggère le déclassement d’un
quelque monument historique, soit par le fait « Je ne suis pas le premier à observer qu’au monument saccagé et sans avenir, soit pro-
de l’autorité centrale, soit par le fait de l’auto- cours des dernières décennies, dans les pays pose un sauvetage en ayant réussi à séduire,
rité locale de l’aveu de l’autorité centrale, soit démocratiques, les leaders qui purent réfor- convaincre et arrimer un investisseur privé
par le fait de particuliers sous les yeux et avec mer en profondeur sont ceux qui surent agir ou public; qu’on accepte alors de meilleure
la tolérance de l’autorité locale. Fin de citation. vite après leur désignation sur base d’un pro- grâce le pragmatisme de l’IPW sans le mettre
C’était en 1829, nous voici en 2009, et si on gramme parfaitement défini et sans laisser le en balance avec des intégrismes parfois sou-
veut bien admettre que tous les édifices ou les temps aux forces d’opposition de coaliser tou- dainement renaissants. Un bon monument
ensembles à préserver pour les générations tes les formes de résistances aux réformes ». n’est pas un monument mort faute de soins
futures sont encore loin d’être tous classés ou pendant que les spécialistes se disputent sur
au moins protégés, la citation conserve hélas « Pour ma part, à titre strictement personnel la médication, comme dans Dr. House, c’est un
beaucoup de sa pertinence ». et informel, j’en distingue au moins trois de monument amputé peut-être, mais sauvé au
réformes, souhaitables sinon possibles, dans prix de cette amputation ».
« Bien sûr, n’ayons pas la prétention de tra- trois registres très différents ». 
vailler pour la postérité, puisque, pour repren- « Comme vous le voyez, je persiste à penser
dre la formule de Céline, invoquer la posté- « 1. Fusionnons, s’il le faut, en un seul orga- avec Régis Debray que le plaisir de ne pas se
rité, c’est faire un discours aux asticots. Mais nisme d’intérêt public doté de l’autonomie raconter d’histoires s’avère plus tonique que tous
chaque monument sauvé d’une destruction et de la souplesse nécessaires, Division du les autres, et avec Guy Spitaels ici présent qu’il
programmée ou d’un oubli mortel, chaque Patrimoine et IPW, ces deux acteurs d’une ne faut pas attendre trop de ceux qui cousent les
enfant éveillé au Patrimoine à Liège ou à Amay, même politique ». compromis sans bousculer les inerties ».
chaque adulte sensibilisé par nos publications
ou par les Journées du Patrimoine, chaque « Ou, alternative, déterminons encore plus clai- « J’en reste là de mes réflexions personnel-
jeune attiré vers les métiers du Patrimoine, rement les rôles de chacun en supprimant les les pour l’avenir et je vous invite à découvrir
c’est un morceau de notre héritage commun motifs de friction les plus criants, par exemple le second petit film de ce soir. Il retrace en
que nous contribuons à transmettre à ceux en permettant aux services de l’Archéologie, images et en musique le bilan dynamique de
qui nous suivent et qui sans doute nous pous- dont le caractère scientifique est incontesta- dix années au service du Patrimoine wallon, et
serons un jour, à leur tour, vers l’inéluctable ble et unique dans le secteur, de reprendre en je le dédie à toutes celles et ceux, agents du
sortie de scène ». main lui-même la responsabilité entière de SPW, de l’IPW, communaux, bénévoles de la
ses recherches, de ses publications et de ses Commission, propriétaires et investisseurs qui
« Je remercie nos quatre Ministres de tutelle expositions, sans toucher bien entendu aux travaillent au jour le jour à la difficile confron-
successifs qui ont contribué au développe- sites déjà gérés ou confiés à l’IPW (et notam- tation des points de vue et aux choix délicats
ment de l’Institut dans un contexte de concur- ment cet extraordinaire outil pédagogique des options qui permettent la restauration et
rence, non avec le privé que le patrimoine qu’est devenu l’Archéoforum en matière de si nécessaire la réaffectation du Patrimoine,
classé, bien loin d’attirer, fait malheureuse- sensibilisation à l’histoire et au patrimoine ainsi que bien sûr à tous les autres collabo-
ment fuir, mais avec d’autres acteurs ». liégeois tout en restant un lieu de fouilles) et rateurs de l’Institut, à Namur, Amay et Liège
sans transfert de personnel, comme ce fut le ainsi qu’à leurs conjoints ou compagnons que
« Nous pûmes ainsi vérifier cette vérité de cas dans l’autre sens lorsque l’on chargea l’IPW je remercie pour leur patience tant il est vrai
l’anarchiste français Émile Armand selon des missions de sensibilisation ». que le rythme de travail, à l’IPW, fait notre force
lequel, je cite, Tout milieu constitue une force et notre fierté ».
d’inertie, de conservation, une réserve de sta- « 2. Prenons à bras le corps dès l’entame de
gnation qui s’oppose, instinctivement pour ainsi cette législature, lors de l’élaboration du Après la projection du film (fort apprécié)
dire, à n’importe quelle tentative de novation. programme d’une nouvelle politique pa- réalisé par Manu Legrand – film qui pourrait
Puisse l’IPW ou son dirigeant en tous cas ne trimoniale, la problématique bien connue, servir de support à de futures présentations
pas tomber à son tour dans ce travers qui abondamment commentée mais toujours pas publiques de l’Institut tout comme la superbe
guette, admettons-le, chacun de nous ». résolue, de l’accès direct des artisans spécia- émission spéciale de Télétourisme diffusée
lisés du Patrimoine aux marchés publics, en par la RTBF pour ces dix ans – la soirée s’est
« Nous eûmes aussi à supporter ces derniers ce compris la problématique des délais de poursuivie par la prestation artistique de Ca-
mois d’autres difficultés et il fallait alors se paiement aux entreprises de toutes tailles rine Barella accompagnée par son groupe
souvenir de la devise du Taciturne,  Subir n’est bien sûr, et cela parallèlement à l’instauration Party Time.
pas accepter, se taire n’est pas approuver, atten- attendue, et déjà présente dans le précédent
dre n’est pas renoncer, comme ces derniers programme régional, d’un agrément pour
jours l’ont prouvé à ceux qui auraient pu en les architectes du Patrimoine qui serait le 99 00 01 02 03 04 05 06 07 08
douter ». complément indispensable au Master inter-
universitaire que les Ministres Jean-Claude
« Puisque notre Ministre n’a pu être des nôtres Marcourt et Marie-Dominique Simonet sont 1999 - 2009,
en raison des négociations du programme parvenus à mettre en place l’an dernier à la DIX ANS D’IPW
de la prochaine législature régionale de cinq Paix-Dieu, au terme de longues années de
ans, et que nous sommes à l’heure où les Ad- gestation initiées par Jean Barthélemy puis
ministrations, qui exécutent ensuite loyale- prises à bras le corps par notre expert chargé
ment ce programme quel qu’il soit, peuvent de missions, et ô combien digne de ce nom,
alimenter la réflexion des futurs décideurs, Jacques Barlet ». Le livre des 10 ans de l’IPW

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La Lettre du Patrimoine - N° 15 - 2009
La gestion du patrimoine en Wallonie a 20 ans

Bref rappel du contexte institutionnel gestion ; ils se sont multipliés depuis. Il reste à déterminer
si cela s’est traduit de manière positive pour la matière
• La loi spéciale de réformes et à repréciser les rôles et les missions respectives de
institutionnelles du 8 août 1988 ces différents acteurs.
transfère la compétence du patrimoine
aux régions et la loi de financement Malgré l’intérêt grandissant du public, malgré des
du 1er janvier 1989 régionalise les budgets conséquents et malgré une augmentation
budgets concernés : la protection et sensible du nombre des acteurs, force est de constater
la conservation sont transférées de la que le patrimoine ne cesse de s’éroder en Wallonie –
Communauté française à la Région. comme dans bon nombre d’autres parties de la planète
• L’Archéologie quant à elle est transférée d’ailleurs. Si certaines atteintes au patrimoine ont pu être
en même temps du Fédéral (service freinées, d’autres persistent et de nouvelles menaces sont
national des fouilles) à la Région. Waterloo, la colline artificielle surmontée du lion. apparues. Comment vont-elles évoluer ?
Photo G. Focant © SPW
• En 1991, introduction dans le CWATU
(qui devient CWATUP) du livre 3 (Georges Horevoets, Gembloux, février L’évolution globale de la notion de patrimoine, son
consacré aux monuments, sites et 1999). Ceci revient à poser très clairement élargissement, la multiplication des acteurs, les sous-
aux fouilles. la question du sens de notre action. dimensionnements des crédits, ne sont-ils pas en soi
• En 1992, intégration du personnel dans Quel est encore aujourd’hui l’intérêt de des facteurs de fragilisation ?
l’administration wallonne sous forme nos concitoyens, mais aussi celui de nos
d’une Division de la DGATL qui devient responsables, pour le patrimoine ? Un bilan doit non seulement permettre de rassembler les
la DGATLP, avec à sa tête André Matthys, informations relatives à la période considérée, mais c’est
Inspecteur général, qui comporte trois Des moyens adaptés ? également le moment de s’interroger sur la portée de ce
directions la protection, la restauration Les moyens budgétaires mis à disposition qui a été réalisé afin de mieux préparer l’action future.
et les fouilles. de la gestion du patrimoine n’ont cessé
• La Commission royale des monuments d’augmenter pendant la première décennie. La protection
et des sites devient la CRMSF de la Ils ont par contre connu des fluctuations La direction de la protection remplit à cet égard
Région wallonne. diverses mais le plus souvent à la baisse plusieurs missions dont la principale est axée sur le
lors de la seconde. Le budget consacré classement et l’inscription de biens immobiliers sur la
Le bilan par la Région wallonne au patrimoine liste de sauvegarde. Au fil du temps, le nombre de biens
est aujourd’hui de 41,755M€ mais une classés a évolué pour atteindre aujourd’hui 3.381 biens.
Un premier bilan est établi à Gembloux en présentation globale des budgets ne suffit Cette protection s’étend aux monuments, sites naturels,
février 1999. C’est l’occasion de faire un pas. ensembles architecturaux et aux sites archéologiques.
premier retour en arrière après le transfert
de compétences et la nouvelle gestion de Un examen plus précis des répartitions En 1993, la notion de patrimoine immobilier exceptionnel
la matière par la Région wallonne. des masses budgétaires s’impose. Il est en a fait son apparition. La liste compte aujourd’hui 206 biens
effet indispensable d’examiner la portée et couvre huit catégories de biens : sites archéologiques,
Poursuivant l’exercice, l’administration des actions menées grâce à ces moyens sites, bâtiments civils publics, bâtiments industriels, ponts
organisera en mai 2010 un colloque sur le financiers en relation directe avec les et ouvrages hydrauliques, châteaux, donjons, tours,
thème : « 20 ans de gestion du patrimoine secteurs et sous-secteurs concernés. fermes, fermes-châteaux, jardins historiques, églises,
par la Région wallonne ». Ce colloque sera couvents, chapelles, orgues, mausolées, ensembles
précédé par plusieurs séminaires destinés La répartition par grand secteur des moyens architecturaux, maisons et hôtels particuliers.
à fonder, avec tous les acteurs concernés, ce d’action pour 2009 est la suivante :
bilan relativement aux différentes facettes • Travaux : 25,596M€ (hors intervention Après la ratification de la charte du patrimoine mondial
de la gestion du patrimoine en Wallonie. des fonds structurels européens) de l’Unesco en 1997, la Wallonie peut être fière d’avoir
• Archéologie : 1,2M€ inscrit sur la liste du patrimoine mondial 3 sites, les
Les facettes de ce bilan  • Sensibilisation : 0,620M€ ascenseurs du canal du Centre, la cathédrale de Tournai,
• IPW : 8,952M€ le site des minières néolithiques de Spiennes (Mons) et la
Une approche concertée et participative du • CRMSF : 0,375M€ notion de beffrois stigmatisée par ceux de Tournai, Mons,
patrimoine en Wallonie • Fonctionnement du Département : Binche, Charleroi, Thuin, Namur, Gembloux.
Rendue possible grâce à ce transfert 1,835M€
et à la connexion avec l’aménagement • Dotation à la Communauté Un nouveau label, celui du patrimoine européen, a
du territoire, la matière n’est plus gérée germanophone : 1,979M€ également pris forme. Le palais des Princes-Évêques de
seulement par une élite intellectuelle qui • Emplois APE/PTP : 1,198M€ Liège en est le premier exemple.
se réserve cette prérogative mais par des
personnes, qualifiées bien sûr, qui orientent Au-delà des budgets mis à disposition,
davantage leur travail vers le citoyen, le l’action de la Région wallonne depuis
propriétaire de biens classés et vers une 20 ans s’est traduite principalement par
plus large reconnaissance du patrimoine l’investissement d’hommes et de femmes
par la collectivité. dans leur travail au service du bien public, en
l’occurrence la conservation du patrimoine.
Une action cohérente et durable Les attentes en matière de ressources
La question du patrimoine comme valeur humaines n’ont pas toujours été à la hauteur
identitaire de notre région, comme des besoins. Qu’en est-il aujourd’hui ?
attachement aux racines mais également
regard tourné vers l’avenir est posée. L’administration est certainement le moteur
et la plaque tournante de la gestion du
S’agit-il toujours « d’un véritable phénomène patrimoine en Wallonie, mais dès avant le
de société qui s’ancre au plus profond des transfert des compétences, de nombreux
aspirations légitimes de nos concitoyens » ? autres acteurs étaient impliqués dans cette
Palais des Princes-Évêques à Liège. Photo G. Focant © SPW

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La Lettre du Patrimoine - N° 15 - 2009

La gestion du patrimoine en Wallonie a 20 ans (suite)

Parallèlement, un travail de réflexion visant La restauration


une requalification des anciens arrêtés est Suite à deux audits, l’un mené par la Cour
mené et sera une des principales activités des Comptes, l’autre par la société Deloitte,
des années futures. En effet, une grande la Direction de la restauration a connu
partie des anciens arrêtés de classement un véritable «  BPR  » (Business Process
sont imprécis et doivent être relus et reengineering). L’aide à la restauration des
précisés. Ce travail débutera par l’analyse monuments classés s’appuie désormais
des arrêtés relatifs aux sites. Ceux-ci sur des fiches d’état sanitaire, sur des
bénéficiant dans de nombreux cas d’autres études préalables plus systématiques,
protections telles que réserves naturelles, plus pragmatiques aussi, et sur une
Natura 2000… procédure de certificat de patrimoine qui
malheureusement vient de faire l’objet
Depuis 20 ans, la direction a suivi la d’une modification allant à contresens de
réalisation d’une série d’inventaires l’intérêt du patrimoine. Les acteurs sont
thématiques qui ont permis de distinguer également aidés par un appui renforcé au
les biens les plus représentatifs dans niveau technique et les subsides octroyés
chacune des catégories : orgues, églises pour la restauration font désormais l’objet
paroissiales du XIXe siècle, châteaux d’eau, d’un contrôle plus soutenu.
hôtels de ville, architecture industrielle…
Cette recherche scientifique est essentielle Les moyens budgétaires définis pour
pour mener à bien la requalification dont la restauration étaient déjà insuffisants
une des données est sûrement de repréciser en 1999. Ils n’ont pas véritablement
l’intérêt des biens protégés, dans le cadre augmentés ; au contraire le fossé entre les
régional. À l’avenir, la direction continuera besoins réels et les moyens disponibles
et tentera d’intensifier ce type d’étude. s’est considérablement accru, notamment
du fait de la poursuite de l’érosion du
patrimoine.

L’impact sur le secteur de la construction


reste trop diffus et pas assez substantiel.
Les savoir-faire s’érodent eux aussi et
disparaissent, malgré l’action plus soutenue
du centre de formation aux métiers du Travaux de restauration en Wallonie : Collégiale Saint-Vincent
à Soignies. Photo G. Focant © SPW
patrimoine de la Paix-Dieu à Amay (IPW).

La mise en place récente d’une maîtrise qui limiterait l’accès aux projets de
complémentaire conjointe pour former restauration pour s’assurer d’interlocuteurs
des « experts » du patrimoine (architecte, ayant les capacités de base requises pour
ingénieurs architectes, historiens de l’art et restaurer les monuments historiques en
archéologues) doit encore être confortée Wallonie et donner des garanties de bonnes
par la concrétisation d’un « agrément » fin d’exécution de chantiers.
Le Vieux-Chêne de Liernu (éghezée). Photo G. Focant © SPW

Le service traite aussi, en partenariat avec


la DGO3, l’inventaire des arbres et haies
remarquables. Terminé en 2008, des mises
à jour régulières sont nécessaires. Mais
le principal objectif de la direction de la
protection dans ce domaine est sûrement
la reconnaissance d’environ 200 arbres
patrimoniaux au titre de monument
« végétal ».

La direction traite aussi des travaux en


sites classés patrimoine exceptionnel. Son
action s’est révélée fort utile dans la gestion
de certains grands sites tels le champ de
bataille de Waterloo et la citadelle de
Namur.

Ces nombreuses activités et leur diversité se


sont matérialisés durant ces 20 ans par une
augmentation du personnel passant de 9
agents en 1991 à 20 agents aujourd’hui.

L’informatisation progressive depuis 10


ans continue à favoriser le dynamisme
de l’équipe, pour un meilleur service du Exemple de réalisation du PPPW : Moulin de la ferme du Après travaux.
Trodoir à Wodecq (Élezelle). Avant travaux.
public.

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La Lettre du Patrimoine - N° 15 - 2009
La gestion du patrimoine en Wallonie a 20 ans (suite)

La sensibilisation
Le patrimoine est d’abord une reconnaissance d’intérêt
par la collectivité pour des témoins du passé et qui forgent
dans une certaine mesure l’identité de la société qui les a
produits puis reconnus.

Cette reconnaissance passe par une sensibilisation toujours


plus large et certainement plus nécessaire au patrimoine
et à ses enjeux. Encore faut-il que cette sensibilisation
soit efficiente. Il ne suffit pas de multiplier les acteurs et
les vecteurs de sensibilisation notamment en utilisant
toutes les ressources technologiques de notre société
hypermédiatisée, il faut aussi donner de la substance à
cette sensibilisation et veiller à la maintenir étroitement
liée à la connaissance du patrimoine et à l’évolution de
celle-ci.

L’administration a développé considérablement cette


compétence pendant la première décennie et des moyens
conséquents ont, dans cette optique, été affectés à cette né-
cessaire sensibilisation. Depuis quelques années, le paysage
de la sensibilisation a changé. Il convient de s’interroger sur
Fouilles archéologiques en Région wallonne © SPW la motivation de ces changements, leur portée réelle et l’in-
dispensable clarification des rôles des différents acteurs.
Les enjeux de l’archéologie en Wallonie se sont développées notamment grâce
Les préoccupations en matière à l’apport des sciences auxiliaires. Dans cette optique, comment le développement et
d’archéologie ont certainement connu la L’archéologie du bâti quasi inexistante chez l’engouement pour les journées du patrimoine doit-il
plus grande avancée avec le transfert de nous dans les années 80 est aujourd’hui être interprété ?
compétences. Mais le champ des besoins une véritable préoccupation au service
était et reste très vaste. d’une meilleure connaissance de notre Faire un bilan des 20 ans de gestion du patrimoine revient,
patrimoine, protégé ou non protégé. à l’instar de ce qui a été fait en 1999, à interroger aussi
Des fouilles de sauvetage encore trop les principaux acteurs de cette gestion, aujourd’hui
fréquentes au cours de la première Quelques sites emblématiques ont fait considérés comme partenaires à part entière  : les
décennie, aux fouilles de programmes de l’objet d’investissements parfois lourds propriétaires des biens classés, les architectes, le secteur
plus en plus confidentielles, les fouilles pour leur assurer une reconnaissance et de la construction, les entreprises, les universités et autres
préventives ont acquis aujourd’hui une une attractivité touristique au service de la institutions de recherches, le milieu associatif, les institutions
réelle maturité. Le travail de l’archéologue sensibilisation au patrimoine archéologique, internationales, etc.
s’est largement imposé et diversifié. Les citons à cet égard le Préhistosite de Ramioul,
grands chantiers urbains comme les la maison du patrimoine médiéval mosan, Enfin, le décret du 1er avril 1999 qui a apporté un certain
recherches sur les grands tracés linéaires l’ancienne abbaye de Stavelot, l’archéosite nombre de changements mérite également de faire
ont permis à l’administration d’acquérir un d’Aubechies Beloeil, la villa gallo-romaine l’objet d’une réflexion rétrospective et prospective
réel savoir-faire et de récolter des données de la Malagne à Rochefort, etc. dans le cadre de ce bilan. Comment les nouveaux outils
essentielles à propos de notre région et de mis en place ont-ils été développés et mis au service
son histoire. Mais les menaces sur le sous-sol de la du patrimoine  ? Qu’en est-il de l’obligation pour les
Wallonie persistent, même si les travaux des propriétaires de biens classés de fournir une fiche d’état
Le travail interdisciplinaire s’est consolidé vingt dernières années en ont démontré sanitaire tous les 5 ans ? La maintenance du patrimoine
et les différentes facettes de l’archéologie sans conteste possible, la richesse. qui a connu un succès certain pendant les années 90
a-t-elle confirmé les attentes ? Les arrêtés d’applications
du décret sont seulement entrain de voir le jour près d’une
dizaine d’années après la promulgation de celui-ci ; pour
quelles raisons ? Avec quels effets ? L’informatisation de
la gestion du patrimoine, qui devait aller de pair avec la
nouvelle gestion initiée par le décret est-elle en place ?

Pour entamer la réflexion nécessaire à ce bilan, ces quelques


lignes sont en quelque sorte une amorce, un premier appel
du pied pour que tous ceux qui se sentent concernés par ce
bilan soient informés et se mobilisent s’ils le souhaitent.

Leur apport à cette entreprise sans doute cruciale pour


l’avenir de la gestion du patrimoine en Wallonie est
nécessaire au moment où celle-ci est malmenée par
une méconnaissance accrue notamment de certains
responsables et sa traduction dans des textes réglementaires
inadaptés, mais aussi par la multiplication des acteurs, pas
toujours conscients du bien public et de la finalité même
de cette gestion du patrimoine.

Consolidation des vestiges de la villa gallo-romaine de Malagne grâce aux subventions publiques du secteur du Le Département du Patrimoine
Patrimoine (DGO4 et IPW) © Malagne la Gallo-Romaine du Service public de Wallonie (SPW)

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La Lettre du Patrimoine - N° 15 - 2009

La Commission royale des Monuments, Sites et Fouilles de 1989 à 2009…

Afin de répondre à la demande des res- de Koninklijke Commissie voor Monumenten En 2004, la Commission royale s’associe
ponsables de La Lettre du Patrimoine, en Landschappen, puis de 1970 à 1989 en avec l’asbl « Pierres et Marbres de Wal-
cet article retrace brièvement les grands tant que Bulletin de la Commission royale des lonie » pour organiser une exposition
événements qui ont jalonné la vie de la Monuments et des Sites édité par la section intitulée Pouvoir(s) de Marbres, mettant
Commission royale des Monuments, Si- autonome française, il renaît en 1995 sous en valeur les pierres marbrières. Cette ex-
tes et Fouilles (CRMSF) durant ces vingt le titre de Bulletin de la Commission royale position sera présentée au salon Techni-
dernières années, depuis la régionali- des Monuments, Sites et Fouilles, dénomina- pierre à la Foire internationale de Liège, au
sation. tion encore portée aujourd’hui. Le tome 21 Musée de Marbre à Rance, à l’ancien Palais
vient d’ailleurs de paraître. Parallèlement des Princes-Évêques de Liège, à Marmo-
Instaurée dès 1835 par Léopold 1er, la au Bulletin, une autre série est créée en macc à Vérone et au Salon international
Commission royale a naturellement suivi 1993, les Dossiers de la CRMSF, qui compte du Patrimoine à Paris.
l’évolution de la matière patrimoniale. C’est aujourd’hui douze numéros.
ainsi que quelques mois après la régionali- L’année 2007 est marquée par une ma-
sation du Patrimoine, elle est officiellement Toujours en 1995, à l’occasion du 160e an- nifestation qui a rencontré un énorme
installée en septembre 1989 par Sa Ma- niversaire de la Commission royale, leurs succès auprès de 250 participants, issus
jesté le Roi Baudouin 1er. Et, dans la foulée Majestés le Roi Albert II et la Reine Paola des milieux académiques belges et fran-
de la régionalisation du Service national viennent en visite au Vertbois. La Reine fera çais… la journée d’études « Les Wallons
des Fouilles, une section « Fouilles » vient l’honneur d’une autre visite à la CRMSF en à Versailles » organisée au cœur même
rejoindre celles des Monuments et des Sites octobre 1998, à l’occasion des « Journées du château de Versailles, dans la galerie
(pour rappel, cette dernière avait été créée de rencontre des métiers du Patrimoine » basse.
en 1912)… la dénomination est doréna- organisées en l’église du Grand Séminaire
vant : « Commission royale des Monuments, à Liège. Pour conclure ce tour d’horizon succinct
Sites et Fouilles ». des activités de la Commission royale, il
2002 constitue une autre année importante faut encore mentionner l’exposition
En mai 1990, le Secrétariat de la Commis- d’un point de vue des publications de la L’architecte Paul Jaspar (1859-1945). Pa-
sion royale est intégré au sein du Conseil CRMSF puisque est créée une collection trimoine et modernité, qui sera organisée
économique et social de la Région wallonne, « hors série » d’ouvrages de prestige, qui cette année à l’occasion des Journées du
organisme régional de consultation et de comptera fin 2009 quatre titres : Décors in- Patrimoine au Grand Curtius et accessible
concertation, à l’époque installé à Namur. En térieurs en Wallonie (3 tomes), Les Wallons à du 5 septembre au 25 octobre.
1994, le CESRW et donc la CRMSF s’installent Versailles, Paul Jaspar architecte (1859-1945)
au Vertbois à Liège. et Le panorama de la bataille de Waterloo. En effet, 2009 marque le 150e anniversaire
Témoin exceptionnel de la saga des panora- de la naissance de l’architecte liégeois
mas en Belgique. Ces ouvrages, qui jouissent Paul Jaspar. La CRMSF organise donc, en
d’une diffusion professionnelle, rencontrent collaboration avec la Ville de Liège et
un très beau succès auprès du public. l’asbl « Les Musées de Liège », une expo-
sition qui retrace son œuvre et rend ainsi
En 2003, le fonds d’archives de la CRMSF, qui hommage à la tête de file de l’architecture
était conservé depuis 1990 par la Direction liégeoise, à la fin du XIXe et au début du
générale de l’Aménagement du Territoire, XXe siècle.
du Logement et du Patrimoine, à Bruxelles,
puis à Namur, rejoint le siège de la CRMSF.
En effet, cet héritage documentaire souf-

Paul
frait d’un manque de visibilité ; c’est dans
le but d’une plus grande accessibilité aux
chercheurs, d’une exploitation plus judi- ARCHITECTE
1859 - 1945
cieuse et d’une réelle mise en valeur que
le Centre d’Archives et de Documentation PATRIMOINE & MODERNITÉ
de la CRMSF est créé. Depuis son ouverture
au public en juin 2004, la fréquentation du
Centre n’a cessé de s’accroître, preuve que
celui-ci est une réponse réelle aux attentes
des chercheurs. Le 1er juillet 2005, les riches
collections de l’ancien Musée d’Architecture
de la Ville de Liège sont venues se joindre DU

Le Vertbois, Liège. Photo G. Focant © SPW


aux archives de la CRMSF : une photothè-
que, une bibliothèque spécialisée et quel- 05
SEPTEMBRE
ques très beaux fonds d’architecture, dont AU

25
À l’initiative de la Commission royale est ceux de Paul Jaspar, ancien membre de la
instaurée, en 1993, la Liste du Patrimoine Commission royale, et d’une « dynastie »
OCTOBRE
immobilier exceptionnel de Wallonie, qui verviétoise, la famille Vivroux. Dans le cou- 2009
sera ensuite intégrée au Décret. Cette liste rant de l’année 2005, le Centre a également
a depuis été actualisée tous les trois ans, sur accueilli des documents d’archives du Baron
base d’une proposition de la CRMSF. Francis Bonaert, architecte et membre de
la CRMS pendant plus de quarante ans. Ce
L’année 1995 voit la renaissance du Bul- fonds concerne une centaine de bâtiments
Infos & réservations : +32(0)4 221 93 25
letin de la Commission royale. En effet, civils et religieux, du XIIe au XVIIIe siècle. En info@lesmuseesdeliege.be
publié initialement de 1949 à 1969 sous février 2006, l’important fonds des architec- www.grandcurtiusliege.be
www.crmsf.be
le nom de Bulletin de la Commission royale tes Arthur et Henri Snyers a également inté-
des Monuments et des Sites – Bulletin van gré les collections du Centre d’Archives.

6 Suite à la page 15
La Lettre du Patrimoine - N° 15 - 2009
Suite de la page 6

Nouvelle liste du patrimoine immobilier exceptionnel de Wallonie


Les ajouts à la liste sont les suivants : Province de Namur :
• Andenne : Collégiale Sainte-Begge
Province de Hainaut : • Assesse : Donjon de Crupet
• Mons : Buffet de l’orgue de l’église • Couvin : Site du trou de l’Abîme compris dans l’en-
Saint-Nicolas-en-Havré semble formé par le rocher dit « de la Falaise »
• Mons : Tour valenciennoise • Dinant : Vallée de la Meuse entre Bouvignes et
• Thuin : Les « Jardins suspendus » de Houx
Thuin • Namur : Les bâtiments et murailles de l’Abbaye
du Vivier à Marche-les-Dames, à l’exception des
Province de Liège : constructions postérieures à la fin du XVIIIe siècle
• Liège : Église Saint-Jean l’Évangéliste, • Ohey : Site du château d’Hodoumont et du parc en
à l’exclusion de l’orgue ce compris la pyramide de pierre, les bassins reliés
Porte de Trèves, Bastogne. Photo Guy Focant © SPW
• Liège : Église Saint-Denis et son buffet par l’étroit canal flanqué de deux pyramidions de
d’orgue, à l’exception de la mécanique pierre, la charmille, l’allée de tilleuls axée sur la cour
de l’orgue d’honneur, l’allée double de hêtres au sud, l’allée de
En sa séance du 27 mai 2009, le Gouverne- • Liège  : Tour cybernétique Nicolas tilleuls en bordure de la route vers Gœsnes
ment wallon a revu la liste des monuments Schöffer
et sites considérés comme patrimoine ex- • Liège : Athénée Léonie de Waha Par ailleurs, le Gouvernement wallon a choisi de suivre
ceptionnel de Wallonie comprenant des • Liège : Fontaine du Perron la proposition de la Commission royale des Monuments,
ajouts bien sûr, des précisions parfois et, Sites et Fouilles de retirer le caractère exceptionnel at-
fait rare, un retrait. Province du Luxembourg : tribué précédemment au Château et aux jardins d’An-
• Bastogne : Église Saint-Pierre nevoie. En effet, plusieurs interventions humaines ont
La réactualisation a été opérée en fonc- • Bastogne : Porte de Trèves récemment été effectuées et ont dénaturé de manière
tion de l’évolution des biens classés, mais • Houffalize : Site du canal de Bernistap significative et progressive, et par endroits irréversibles,
aussi de l’évolution des notions de « pa- formé par le tunnel et ses abords le caractère de ces jardins uniques en Europe et qui en
trimoine » et de « protection » de celui-ci. • La Roche-en-Ardenne : Site de la fange avait justifié le classement et l’inscription, dès 1992, sur
Ainsi, la liste comprend désormais 27 tumuli aux Mochettes la liste du Patrimoine exceptionnel de Wallonie.
hesbignons lesquels font partie d’un réseau
qui, pris dans son ensemble, mérite cette
reconnaissance. Citons par exemple ceux
de Cortil-Noirmont (Chastre), de Glimes (In-
court), d’Hottomont (Ramillies) ou encore
de Momalle (Remicourt).

La liste du Patrimoine exceptionnel porte


dorénavant sur 206 monuments, ensembles
architecturaux, sites ou sites archéologiques.
Outre la reconnaissance ultime qu’elle ap-
porte au bien, l’appartenance au Patrimoine
exceptionnel de Wallonie est particulière-
ment importante pour les monuments, dont
la restauration peut alors être subsidiée à
hauteur de 95% par la Région. Tumulus dit « Tombe d’Hottomont ». Abbaye Notre-Dame du Vivier, Marche-les-Dames (Namur).
Photo Guy Focant © SPW Photo © Philippe Demortier

Le Palais Stoclet à Bruxelles, reconnu Patrimoine mondial de l’UNESCO


Le Comité du patrimoine mondial, réuni annonce l’Art déco et le mouvement mo-
pour sa 33e session et présidé par María derniste en architecture. Le Palais Stoclet
Jesús San Segundo, Ambassadrice, Délé- est une des réalisations les plus abouties
guée permanente de l’Espagne auprès de de la Sécession viennoise. Il abrite des œu-
l’UNESCO, a inscrit 2 nouveaux sites na- vres de Koloman Moser et de Gustav Klimt,
turels et 11 sites culturels sur la Liste du liées à la conception du Gesamtkunstwerk
patrimoine mondial de l’UNESCO. Compte (architecture, sculpture, peinture et arts dé-
tenu du retrait d’un site – la vallée de l’Elbe coratifs s’intègrent dans une même œuvre).
à Dresde – de la Liste, celle-ci compte dé- Le Palais témoigne du renouveau artistique
sormais un total de 890 sites. de l’architecture européenne et présente un
haut niveau d’intégrité dans ses dimensions
Parmi les nouveaux sites culturels, un se d’architecture extérieure, d’architecture et
situe en Belgique, il s’agit du Palais Stoclet de décoration intérieures, avec des meubles
à Bruxelles. Le Palais a été conçu en 1905 à et objets originaux. Le palais Stoclet à Bruxelles
la demande du banquier et collectionneur
Adolphe Stoclet par l’un des chefs de file Les autres nouveaux sites inscrits sont : • Montagne sacrée de Sulamain-Too (Kirghizstan),
du mouvement artistique de la Sécession • ruines de Loropéni (Burkina Fasso), • ville sacrée de Caral-Supe (Pérou),
viennoise, l’architecte Josef Hoffman. Ce • centre historique de Ribeira Grande • Tombes royales de la dynastie Joscan (République
dernier a pu travailler sans limite financiè- (Cap Vert), de Corée),
re ou esthétique. Avec leur géométrisme • Mont Wutai (Chine), • Pont-Canal et canal de Pontcysyllte (Royaume-
épuré, le palais et le jardin (terminés en • Tour d’Hercule (Espagne), Uni),
1911) marquent un changement radical • système hydraulique historique de • Chaux-de-Fonds/Le Lode, urbanisme horloger
au sein de l’Art nouveau, changement qui Shushtan (Iran), (Suisse).

15
La Lettre du Patrimoine - N° 15 - 2009

En route vers les prochaines Journées du Patrimoine !


Les prochaines Journées du Patrimoine en
Wallonie se dérouleront, comme de cou-
tume, durant le deuxième week-end de
septembre autour du thème de la moder-
nité, décliné, fait tout à fait novateur, en trois
axes différents et proposant des circuits dont
une circulation inédite autour du patrimoine
contemporain.

Les différents sujets traités à travers ce thème Cité Jean Cosse à Ciney. Photo J. Barbeaux
ont autorisé successivement à s’attarder aux Cours de Justice à Mons. Photo G. Focant © SPW © Centre culturel de Ciney
divers courants architecturaux du XXe siè-
cle qu’il s’agisse de l’Art nouveau, de l’Art Plus de 350 activités principales figurent au L’inauguration officielle de cette 21e édition
déco, du modernisme ou du post-moder- programme officiel de 2009 réparties dans des Journées du Patrimoine en Wallonie se
nisme (axe 1) ; à s’aventurer sur le terrain de 117 communes, le thème de la modernité déroulera à l’Aula Magna de Louvain-la-
l’architecture récente et d’aujourd’hui ayant sans conteste favorisé les villes, certai- Neuve le vendredi 11 septembre 2009 et
(axe 2) qui devrait constituer, au moins en nes développant des animations remarqua- sera ponctuée d’un grand concert gratuit
partie, notre patrimoine de demain ; et à re- bles. Citons à ce titre les villes d’Ottignies- d’Urban Trad à 20h30 (infos et réservations
prendre au programme des restaurations Louvain-la-Neuve, Nivelles, Charleroi, Mons, obligatoires : 085 / 278 880).
et réaffectations intégrant une interven- Tournai, Huy, Liège, Verviers, Arlon et Namur.
tion contemporaine et/ou induisant l’em- Au menu également, des dizaines d’anima- Épinglés pour vous !
ploi de nouvelles technologies (axe 3). Car, tions dans chacune des cinq provinces et Suivez le fil bleu tout au long de la brochure,
loin d’être figé, le patrimoine peut évoluer des balades, promenades et circuits suivant il vous signale les monuments en accès ex-
avec la création architecturale. Ce thème tous les modes de locomotion et autorisant ceptionnel.
et les axes développés ont contraint à une ponctuellement de très nombreuses dé-
plus grande sélectivité mais ont apporté un couvertes exceptionnelles. À souligner, les Patrimoine du XXe siècle
renouvellement profond du programme. quatre circuits mis sur pied par l’asbl Pro Charleroi  : Autour de Marcel Leborgne,
Vélo pour découvrir en famille et à vélo le animations et ouvertures exceptionnelles
patrimoine de Louvain-la-Neuve, Tournai, de lieux privés – Liège : Maison Comblen,
Spa et Namur. Une brochure reprenant l’en- exposition Paul Jaspar au Musée Curtius –
semble des activités est disponible gratuite- Braine-l’Alleud : Panorama de Waterloo –
ment sur simple demande (cf. infra). Ciney : Parcours Jean Cosse – Virton : L’Art
nouveau
Soulignons également que le Groupe TEC
offre tout le week-end un accès en bus gra- Patrimoine contemporain
tuit vers toutes les destinations reprises sur Mons : Cours de Justice – Arlon : Archives
ses lignes grâce à un coupon à découper de l’État – Grâce-Hollogne : Liège Airport –
Liège Airport, Bierset (Grâce-Hollogne). dans la brochure ou à télécharger sur le site Namur : ancien Camet – Louvain-la-Neuve :
Photo G. Focant © SPW web des Journées. Aula Magna

Pour se procurer la brochure-programme : Patrimoine, réaffectation et nouvelles


• Téléphone Vert de la Région wallonne : 0800 11 901 technologies
• Secrétariat des Journées du Patrimoine : +32 (0)85 / 278 880 - info@journeesdupatrimoine.be La Hulpe : Société Swift – Tournai : Tribunal
• Brochure disponible dans les Maisons du Tourisme, les Centres d’Information et d’Accueil et auditorat du travail – Amay : Abbaye de
de la Région wallonne, les mobil infos, les principaux Offices du Tourisme et Syndicats la Paix-Dieu – Attert : Vieux murs, nouvelles
d’Initiative, les Maisons du TEC et les FNAC de Liège et de Bruxelles. vies – Viroinval : Gare de Vierves
• L’ensemble du programme est également repris sur le site Internet
www.journeesdupatrimoine.be

Le fer forgé
2e numéro de la collection des « Indispensables du Patrimoine »

Comme nous l’évoquions dans la Lettre n°12 de l’équipement immobilier quand les tra-
(octobre à décembre 2008, p. 12), l’Institut du vaux sont décidés. Pourtant, il reflète un
Patrimoine wallon, en collaboration avec la style, une option, des techniques propres
DGO4, vient de mettre sur pied une nouvelle à une période particulière.
collection de fascicules destinée aux acteurs
du secteur du patrimoine, du propriétaire à À travers cette fiche, les auteurs aideront le
l’entreprise chargée des travaux. lecteur à « Regarder et observer » afin de
bien « Entretenir, Maintenir ou Restaurer » t r a va i l d u M é ta l
Ce nouveau numéro aborde la probléma- les éléments en fer forgé intégrés à leurs
du patrimoine

tique du fer forgé et tente d’aider tant les biens classés.


indispensabLes

maîtres d’ouvrage que les professionnels


Métaux ferreux
à opérer des choix de restauration de leur Cette fiche est téléchargeable dès à présent fer forgé
bâtiment classé. Pour un grand nombre du le site Internet de l’Institut du Patrimoine
de personnes, l’élément grille en fer forgé wallon ou en vente auprès du service Pu-
présente une simple valeur d’accompagne- blications de l’IPW au prix de 5 €.
ment. Les éléments en fer forgé apparais-
sent bien souvent comme parents pauvres www.institutdupatrimoine.be
Les

16
La Lettre du Patrimoine - N° 15 - 2009
Les Maisons du Peuple en Wallonie 1 Françoise FONCK

LES MAISONS DU PEUPLE


Les Maisons du Peuple constituent un pa- L’auteur s’est attachée à répertorier, de ma- en Wallonie
Les Maisons du Peuple constituent un patrimoine riche et diversifié, mais
trimoine riche et diversifié, mais menacé. nière non exhaustive, un grand nombre de
menacé. Ce répertoire indicatif permet d’en mesurer l’ampleur. Il s’inscrit

Ce répertoire indicatif permet d’en mesurer monuments issus du mouvement ouvrier,


dans le prolongement de l’Inventaire visuel des Maisons du Peuple réalisé

maintenant il y a un peu plus d’un quart de siècle par la Communauté fran-


l’ampleur. représentés essentiellement par les maisons
çaise. Un second volume paraîtra prochainement sous la plume du même

du peuple et les magasins coopératifs, mais


auteur, Françoise FONCK, Licenciée en Histoire de l’Art et Archéologie. Il

s’agira d’une monographie dont l’objectif sera de souligner les qualités


À l’origine de ce projet, l’Institut du Patri- aussi par les pharmacies, les maisons syndi-
architecturales de cet important patrimoine social.

moine wallon confie à Françoise Fonck, cales, les maisons des huit heures, les salles
Licenciée en Histoire de l’Art et Archéolo- de spectacle, les cinémas, etc.
gie, un travail de recherches concernant les
Maisons du Peuple en Wallonie. Ce réper- Ces répertoires, sans aucune prétention
toire, édité par l’IPW, constitue le premier d’exhaustivité, nous permettent aujourd’hui
volet du résultat de ses investigations ; le de considérer l’ampleur du phénomène et
second, qui fera l’objet d’une publication de faire le point sur l’état des bâtiments et
Prix de vente : 6 €
RÉPERTOIRE INDICATIF
Maisons du Peuple
ultérieure, consistera en une synthèse mo- leur affectation actuelle.
ISBN : 978-2-930466-91-0
Magasins coopératifs
nographique à paraître d’ici la fin de l’année, Institut du Patrimoine wallon (IPW)
Salles de spectacle
p
Cinémas
dont l’objectif sera de mettre en valeur les Françoise Fonck, Les Maisons du Peuple en 79, rue du Lombard
B-5000 Namur
Etc.
qualités architecturales d’un patrimoine Wallonie. Répertoire indicatif, Namur, 2009,
actuellement menacé. 48 pages, 6 €

Les Romains en Wallonie


Historien et archéologue, spécialiste de la les découvertes archéologiques. Ce sont ces valeurs
période gallo-romaine, Raymond Brulet matérielles qui sont abordées dans la première partie
vient de coordonner cet important vo- du volume, richement illustrées par les recherches me-
lume de plus de 600 pages consacré aux nées sur le territoire wallon par plusieurs générations
Romains en Wallonie et paru aux éditions d’archéologues. Ainsi, l’Administration des territoires oc-
Racine. Scindé en deux parties, l’ouvrage cupés, les voies de communication, les agglomérations,
offre au lecteur un double éclairage sur la l’économie rurale, la religion ou encore l’artisanat sont
période romaine dans notre Région. autant de thèmes abordés au long de cette première
partie de l’ouvrage.
La première partie présente la métamor-
phose qu’a connue la Wallonie depuis la La seconde partie, quant à elle, propose un atlas topo-
guerre des Gaules jusqu’à l’aube du Moyen graphique des sites archéologiques gallo-romains en
Âge. Le processus de romanisation de cette Wallonie, recensant les plus importants d’entre eux. Deux
région ne se conçoit toutefois pas comme cent douze notices ont été rédigées par des scientifiques,
une assimilation complète, on parlera plutôt appuyées par de nombreux plans, cartes et illustrations.
d’acculturation, un processus dynamique Ce faisant, cet ouvrage constitue véritablement une
dans lequel s’engage une culture évoluant source documentaire de première importance concer-
sous l’influence d’une autre. L’héritage laissé nant l’histoire de notre région à la période romaine. Un
par Rome est malgré tout considérable. index topographique et une importante bibliographie
Nombre de valeurs intellectuelles subsis- complètent utilement le volume.
teront, comme la langue latine. D’autres
plus tangibles se rattachent à la culture Raymond Brulet (dir.), Les Romains en Wallonie,
matérielle, continuellement révélée par Bruxelles, 2008, 624 pages, 54,95 €
www.racine.be

De Bavay à Tongres, une chaussée romaine, vingt regards, un livre…


La chaussée Brunehaut interpelle. À travers est bien plus encore que le fil rouge qui
la légende. À travers l’histoire. À travers ses relie de prestigieux sites archéologiques.
immenses horizons posés à cheval sur les Elle appartient à la mémoire collective. Par
crêtes qui séparent le bassin de l’Escaut du sa continuité, elle contribue à faire l’identité
bassin de la Meuse. Aucune route ne com- des communautés qui la côtoient au jour
munie aussi bien avec les paysages wallons. le jour. En 200 pages, le lecteur est invité à
Deux fois millénaire, trace archéologique « prendre la route » et à découvrir sous de
exceptionnelle, elle est aussi un témoin nouveaux jours ce patrimoine inscrit sur la
d’histoire, de mémoire et de vie, qui a retenu liste indicative de l’UNESCO.
l’attention de vingt témoins, spécialistes de
leurs disciplines respectives. Du linguiste à La chaussée romaine de Bavay à Tongres, col-
l’ingénieur, du paysagiste au militaire, du lectif sous la coordination de Gérard Bavay et
fouilleur au gestionnaire d’éoliennes, quel- Bruno Merckx, photographies de Guy Focant,
que vingt regards d’aujourd’hui se posent Mons, 2009, 200 pages, 25 €
sur la chaussée romaine. Enthousiastes,
rigoureux, interpellants ou marqués par Informations et commandes :
l’émotion, ils croisent celui du photographe Maison de la Mémoire de Mons ASBL,
Guy Focant qui propose sa vision person- rue des Sœurs noires, 2 B-7000 MONS
nelle des territoires traversés en une série www.mmemoire.be, rubrique « Publica-
originale de soixante prises de vue. L’appro- tions » – infos@mmemoire.be
che est originale. Car la chaussée Brunehaut Tél. : + 32 (0)65 / 336 671

17
La Lettre du Patrimoine - N° 15 - 2009

Des travaux à prévoir dans votre maison ?


Laissez-vous guider…
Remplacer la porte d’une grange, les châs- qu’elles font partie de l’histoire du village
sis d’une fenêtre ou la couverture d’un toit, et témoignent de celle de nos aïeux. Plus
créer de nouvelles ouvertures ou agrandir près de nous, ces maisons participent à la
la maison, aménager les abords de la mai- qualité et à l’ambiance générale de nos vil-
son ou encore éclairer les combles… autant lages wallons.
de travaux souvent indispensables dans Restaurer sa maison en respectant ses carac-
les anciennes habitations en milieu rural. téristiques n’est pas aussi contraignant ou
Aujourd’hui, ces travaux s’accompagneront difficile qu’on le pense parfois. Mais souvent
inévitablement d’améliorations en matière les repères historiques ou géographiques Prix : 2 €/pièce (1,50 € à partir de 2 numéros
de consommation d’énergie : le toit sera nous manquent et notre bonne volonté ne achetés ensemble), frais de port inclus.
isolé et peut-être muni de panneaux solaires, suffit pas toujours pour réaliser les travaux Toute la collection : 7 € frais de port inclus
les châssis seront accompagnés de double qui apporteront à la fois confort de vie et (tarif valable jusqu’au 31 août 2009).
vitrage amélioré, les nouvelles ouvertures qualité patrimoniale. C’est pourquoi la Fon-
éventuelles seront de préférence réalisées dation rurale de Wallonie édite depuis quel- Collection « La maison rurale au quotidien »
sur une façade bien exposée. Mais pourquoi ques années des petits guides pour vous y 7 titres disponibles :
ne pas aussi profiter de ces dépenses sou- aider. Chacun d’eux traite d’un thème par-
vent conséquentes pour valoriser la qualité ticulier et développe des conseils simples, N°1 – Remplacer la porte de grange
patrimoniale de votre habitat ? abondamment illustrés d’exemples. N°2 – Remplacer les châssis de fenêtre
N°3 – Créer de nouvelles ouvertures
En effet, dans nos villages, une grande Renseignements : N°4 – Remplacer la couverture du toit
partie des habitations font partie de notre Fondation rurale de Wallonie N°5 – Aménager les abords de la maison
patrimoine. Parce qu’elles datent des XVIIIe +32 (0)63 / 230 494 N°6 – Éclairer les combles
ou XIXe siècles ou tout simplement parce aau@frw.be N°7 – Agrandir la maison

Les mégalithes de Wéris à nouveau sous la loupe


Le « champ mégalithique de Wéris » a livré composent les rapports finaux des fouilles
la plus riche concentration de monuments des sites concernés par ces deux program-
mégalithiques de Belgique. Dans l’état actuel mes. Ainsi sont successivement présentés
des recherches, il compte deux allées couver- les résultats des recherches menées au
tes et plusieurs sites à menhirs et s’étire sur menhir d’Ozo en 1999 (chapitre 2) au men-
quelque 8 km de long. Partiellement connu hir « a Djeyi » en 1998 (chapitre 3), au petit
dès 1879, il a fait l’objet de fouilles intensives menhir de Morville en 1995 (chapitre 4), à
à la charnière des XIXe et XXe siècles, puis de l’allée couverte de « Wéris I » de 1979 à 1984
deux programmes de recherches modernes puis de 1999 à 2001 (chapitre 5), aux menhirs
de 1979 à 1987 et de 1995 à 2001. La publica- du « Champ Paquet » en 1986 (chapitre 6),
tion des travaux des deux dernières décennies à l’allée couverte de « Wéris II » en 1986 et
est programmée en trois volumes. 1987 (chapitre 7), aux 5 menhirs de « Wéris
II » en 1986 puis en 1996 et 1997 (chapitre 8),
Le premier d’entre eux, sorti de presse fin aux trois menhirs d’Oppagne en 2001 (cha-
2003, présente le contexte archéologique pitre 9) et, enfin, les résultats d’une série de
et géologique du champ mégalithique ainsi sondages exploratoires négatifs entrepris à
que les données fournies par les recherches la recherche de nouveaux monuments mé- ques et paléoanthropologiques, la troisième
antérieures à 1979, essentiellement par les galithiques (chapitre 10). à la conservation des mégalithes et à leur
fouilles de la fin du XIXe et du début du XXe, rôle dans la société actuelle, tandis que la
ainsi que par le dégagement du menhir Dan- Le troisième volume, en cours de préparation, quatrième présentera un bilan des études
thine en 1947. se propose d’intégrer les multiples données réalisées et l’analyse des perspectives relati-
acquises depuis la fin du XIXe siècle jusqu’à ves à l’avenir du mégalithisme local.
Le deuxième volume correspond au présent aujourd’hui dans des approches thématiques
ouvrage. Son chapitre introductif présente et comparatives, discipline par discipline. Les Michel Toussaint, Christian Frébutte et
les deux programmes de fouilles qui se sont multiples chapitres de cette ultime contri- François Hubert (dir.), « Le champ mégalithi-
développés depuis 1979 au champ mégalithi- bution seront regroupés en quatre parties. que de Wéris ». Fouilles de 1979 à 2001, vol. 2,
que, ainsi que les critères utilisés pour identi- La première sera consacrée aux sciences na- Rapports de fouilles, Namur,
fier les menhirs. Les neuf chapitres suivants turelles, la deuxième aux études archéologi- SPW-IPW, 2009, 320 pages, 30 €

Prix Alexandre de Merode pour le Patrimoine


L’Association royale des Demeures histori- Cette année, le premier prix, d’une valeur de À cette occasion, l’Association a annoncé
ques et Jardins de Belgique vient de décerner, 6.000 €, a été décerné à Monsieur Charles de que le prix 2010 serait maintenu à 10.000 €.
le samedi 16 mai à l’occasion de son Assem- Quirini pour la restauration des stucs et po- Le règlement relatif à l’attribution de ce prix
blée générale, le Prix Alexandre de Merode. lychromes du XVIIIe siècle du château-ferme pourra être obtenu à partir de fin octobre
de Baya à Ohey (classé le 25 juin 1984). Le au siège de l’ARDH&J.
Celui-ci est destiné à promouvoir les efforts deuxième prix, d’une valeur de 4.000 €, a été
de protection, sauvegarde et restauration remis à Monsieur William De Smet pour la Renseignements complémentaires  :
d’un patrimoine privé ayant une spécifi- restauration du parc d’origine du château de ARDH&J - Rue de Trèves, 67 à 1040 Bruxelles
cité architecturale, historique ou artistique, Heywelgem à Evergem (Flandre). Un diplôme Tél. : +32 (0)2 / 235 20 07
situé en Belgique et est décerné tous les d’encouragement a été décerné au Château info@demeures-historiques.be
deux ans. de la Marquette à Montignies-lez-Lens. www.demeures-historiques.be

18
La Lettre du Patrimoine - N° 15 - 2009
Concours photo du Patrimoine architectural wallon
Pour sa treizième participation à l’Expé- Certains jeunes auront également l’immense chance
rience Photographique Internationale des de participer à une demi-journée de formation à la
Monuments (EPIM), l’Institut du Patrimoine photographie au Musée de la Photographie de Mont-
wallon a souhaité donner un nouveau souf- sur-Marchienne.
fle à cette approche du patrimoine par le
regard en organisant son premier Concours Une exposition itinérante proposera les meilleures prises
du Patrimoine architectural wallon avec de vue de ce concours aux côtés des photos lauréates
pour thème la Communication à travers des pays participant à l’EPIM suivant le calendrier ci-
l’architecture, celui-ci s’adressait aux jeu- dessous :
nes de 10 à 21 ans et aux adultes de 22 • du 21 novembre au 17 décembre 2009 : Musée des
ans et plus. Le patrimoine fluvial, routier, Beaux-Arts, Mons ;
ferroviaire et aéronautique était donc mis • du 5 janvier au 25 février 2010 : Maison du Tec,
à l’honneur. Liège ;
• du 3 au 24 mars 2010 : Espace Wallonie-Bruxel-
les ;
• 1re quinzaine d’avril 2010 : Service public de Wal-
lonie, Namur ;
• du 18 au 30 mai 2010 : Château de l’Ermitage,
Wavre ;
• juillet-août 2010 : Archéoscope, Bouillon ;
• du 6 au 24 septembre 2010 : Centre culturel de
Huy.
La gare de Mons, Jean-Yves Dal, lauréat « Adultes »
Dès à présent, les candidats peuvent travailler pour 2010
Pire à Huy dans la catégorie « Jeunesse ». sur le thème « Patrimoine & Lumière »…
Le pont père Pire, Romain B ronchart , lauréat
« Jeunes »
De nombreux autres prix ont également
été distribués grâce au soutien des parte-
Le premier prix, 500 € pour l’achat de maté- naires des Journées du Patrimoine, BASE Renseignements :
riel photographique, a été attribué à Jean- et le Groupe TEC. Le prix spécial Télétou- Secrétariat des Journées du Patrimoine
Yves Dal pour une photo de la gare de Mons risme (une journée de tournage avec Guy Tél. : +32 (0)85 / 278 882 – Fax : +32 (0)85 / 278 889
dans la catégorie « Adultes » et à Romain Lemaire) a été décerné à Frédéric Francotte c.lheureux@journeesdupatrimoine.be
Bronchart pour une photo du pont Père pour sa photo du pont Albert Ier à Liège.

Le Grand Atlas Ferraris détaillé et précis. Les nombreux détails passionnants


représentés en ont permis des usages variés dont, entre
À la fin du XVIIIe siècle, le territoire de la autres, une utilisation militaire.
Belgique actuelle fut cartographié pour la Ce document est également un merveilleux témoignage
première fois dans son ensemble. Ce travail du paysage belge à la veille de la révolution industrielle,
considérable, à une échelle extrêmement avant les grandes modifications du paysage dues à l’émer-
détaillée de 7,5 lignes pour cent toises ou gence des villes et agglomérations, au tracé de nouvelles
1 : 11.520, fut réalisé sous la direction de routes, voies de chemin de fer et voies navigables. À ce
Joseph-Jean-François, comte de Ferraris. Le titre, il s’agit donc là également d’un très précieux témoin
10 décembre 1777, le comte remit 275 cartes archéologique.
topographiques dessinées et coloriées à la
main à l’empereur Joseph II. Toutes ces car- Les spécialistes des paysages, les historiens, les archéo-
tes, réduites à l’échelle 1 : 20.000 furent alors logues, les géographes et tous ceux qui s’intéressent à
rassemblées dans le Grand Atlas Ferraris. leur environnement trouveront une source inépuisable
d’informations et un plaisir des yeux garanti dans ce
Tous les noms géographiques importants document historique unique, maintenant disponible
de l’Atlas sont regroupés dans un index de pour la première fois sous forme d’atlas.
plus de 3.000 toponymes. Ces cartes, de
toute l’Europe de l’Ouest, représentent un Le Grand Atlas Ferraris, Bruxelles, 2009, 600 pages,
document historique unique, extrêmement sous coffret, éditions Lannoo, 129 €.

Enghien, ville d’art et d’histoire


Enghien, située aux confins de la Wallonie Marcq et de Petit-Enghien, sans oublier le
picarde, est une ville à taille humaine qui folklore, le terroir et les rencontres cultu-
cultive l’art du bien vivre. Son territoire est relles annuelles.
un condensé de splendeurs architecturales,
patrimoniales et naturelles. Illustré de plus de 170 photographies, ce
beau livre paru aux éditions Luc Pire vous
Destination privilégiée pour une escapade invite à découvrir la cité des Titjes et ses
d’un jour, Enghien dévoile ses nombreux innombrables splendeurs.
charmes dans ce livre sous la plume de
Christian Debruyne : le domaine d’Arenberg, Christian Debruyne,
classé patrimoine exceptionnel de Wallo- Enghien, ville d’art et d’histoire,
nie, le musée de la tapisserie, le couvent Bruxelles, 2009,
des Capucins, les décors campagnards de 144 pages, 39 €

19
La Lettre du Patrimoine - N° 15 - 2009

Qui fait quoi ?


Sur les traces du
Mouvement wallon Éditeur responsable
Freddy Joris
Par Freddy Joris et Frédéric Marchésani Administrateur général de l’IPW

Grâce à cette nouvelle monographie Coordination


de l’Institut du Patrimoine wallon Aurore Lemal
co-écrite par Freddy Joris, historien et
Administrateur général de l’institution et Avec la collaboration de la Commission
Frédéric Marchésani, également historien, royale des Monuments, Sites et Fouilles
le Mouvement wallon est abordé pour la de la Région wallonne et du Départe-
première fois à travers les traces physiques ment du Patrimoine (DGO 4/SPW).
qu’il a laissées ou celles qui commémorent
les grandes figures et les faits majeurs de ce Les articles non signés émanent des
mouvement de notre histoire, ce qui n’avait collaborateurs de l’IPW.
jamais été fait durant les trois dernières
décennies parmi les ouvrages de synthèse On reste dans les éléments commémoratifs Mise en page
sur l’histoire de la Wallonie. avec la troisième partie du livre, qui recense Sandrine Gobbe
bustes, statues, plaques en hommage à de
Cet ouvrage comporte cent quinze notices fortes personnalités de l’action ou de la Impression
illustrées de photos contemporaines ou langue wallonne, tandis que le quatrième Imprimerie Bietlot
d’époque, au fil de cinq parties. permet de repérer des monuments Rue du Rond-Point, 185B
funéraires saluant l’engagement wallon de 6060 Gilly
Les premières portent sur des lieux où divers militants. +32 (0)71 / 283 611
peuvent être localisés des réunions, des
initiatives, des manifestations de l’histoire Enfin, la dernière partie de l’ouvrage
du Mouvement wallon, puis de la création sélectionne des bâtiments publics qui
de la Région elle-même. ponctuent des étapes importantes du
développement des institutions régionales S’abonner ?
La deuxième partie présente des monuments depuis 1980.
commémoratifs a priori non directement liés
au Mouvement wallon, mais tous d’une façon Freddy Joris et Frédéric Marchésani, La Lettre du Patrimoine est
ou l’autre soit « récupérés » par ce dernier soit Sur les traces du Mouvement wallon, intégralement téléchargeable sur le site
le fruit d’initiatives militantes celles-ci. Namur, 2009, 224 pages, 35 € w w w. i n s t i t u t d u p a t r i m o i n e . b e .

L’abonnement à La Lettre est entièrement


Le Patrimoine moderne et contemporain de Wallonie gratuit, si vous en faites la demande par
écrit, par fax ou par mail (en aucun cas
À l’occasion des Journées du Patrimoine, par téléphone, s’il vous plaît) auprès de
l’Institut du Patrimoine wallon vous propose l’IPW à l’adresse ci-dessous :
de découvrir, à tarif ultra préférentiel, un
des titres de la collection Le patrimoine de Institut du Patrimoine wallon
Wallonie consacré au Patrimoine moderne Cellule Communication
et contemporain. La Lettre du Patrimoine
Rue du Lombard, 79
Une belle occasion de préparer les visites sur B-5000 Namur
le terrain ou de les prolonger à la maison ! Fax : +32 (0)81 / 654 144 ou 150
Courrier électronique :
Le patrimoine moderne et contemporain lalettre@institutdupatrimoine.be
de Wallonie
Gaëtane Warzée (coord.), 1999, 424 pages Vous pouvez également choisir de
Prix public : 15 € (au lieu de 60 €) recevoir chaque trimestre la version
électronique de cette Lettre en en
Renseignements : faisant la demande à l’adresse :
Institut du Patrimoine wallon lalettre@institutdupatrimoine.be
Service Publications
Tél. : +32 (0)81 / 230 703 Ce numéro a été tiré
Fax : +32 (0)81 / 659 097 à 12.500 exemplaires.
publication@institutdupatrimoine.be
www.institutdupatrimoine.be

Dans le cadre du week-end « Archéopass »


qui s’est déroulé le dernier week-end du
mois de juin, l’Archéoforum de Liège a
proposé un petit tour d’horizon de la gastro-
nomie de nos ancêtres. Trois reconstitutions
Ce trimestriel est gratuit
historiques ont permis aux visiteurs venus
et ne peut être vendu.
en nombre de se balader depuis la période
préhistorique jusqu’aux Temps modernes
en passant par le Moyen Âge et l’époque
romaine. Le tout, bien sûr, agrémenté de
dégustation des mets d’autrefois !

20
BELGIë - BELGIQUE

Les Nouvelles
P.B./P.P.
B - 78
Bureau de dépôt
4099 Liège X

de l’Archéologie
P501410

Trimestriel • juillet - août - septembre 2009 • N° 15 • Bureau de dépôt : Liège X

Aux origines du vicus : épuration des eaux et archéologie préventive à Namur,


place Maurice Servais
Sous l’impulsion de l’Europe, la Région Aux origines du vicus
wallonne a entrepris un vaste programme Quelques artefacts, incorporés à la partie
d’épuration des eaux usées en vue sommitale des limons alluvionnaires,
d’améliorer l’état sanitaire de ses cours attestent d’une fréquentation ou d’une
d’eau. à cette fin, l’Intercommunale occupation diffuse du site durant
Namuroise des Services Publics (INASEP), la Préhistoire – probablement au
mandatée par la Société Publique de Mésolithique.
Gestion de l’Eau (SPGE), a été chargée
d’installer un réseau dense de collecteurs, Les premiers éléments d’une installation
stations de pompage, stations de durable, à verser au dossier de la fondation
traitement et stations d’épuration sur de Namur, remontent manifestement à
l’ensemble du territoire de la Ville de l’époque romaine, au règne d’Auguste.
Namur. La mise en œuvre de ce Projet Particulièrement précoce, le faciès
d’Assainissement du Grand Namur céramique (terra rubra, terra nigra,
passe notamment par la réalisation céramiques non tournées et kurkurn)
d’une cinquantaine de vortex, ouvrages devrait en confirmer la datation durant
destinés à prétraiter les eaux usées par la dernière décennie avant J.-C. Une
séparation hydrodynamique. Placés digue en pierre protège alors le site des
en sous-sol, à grande profondeur, ces crues de Sambre, tandis qu’un parcellaire
ouvrages entraîneront irrémédiablement orthogonal sert de trame à cette première
la destruction des niveaux archéologiques organisation. Des trous de poteaux y Des bâtiments gallo-romains, conservés en élévation… (IIe s.).
Photo : R. Vanmechelen © SPW
et nécessitent à ce titre fouilles préventives désignent plusieurs constructions en bois
ou suivis de chantiers, en fonction de la successives. Alentour, plusieurs fosses et perpendiculairement à la rivière et séparés d’une zone
sensibilité archéologique des lieux. quelques structures de combustion mal d’activités, pérennisent la partition originelle du sol.
conservées se rapportent toutes à la Une troisième construction sur soubassement en pierre,
L’un de ces vortex est actuellement en métallurgie du fer. plus légère et toute en longueur, leur sera adjointe
construction, sur la place Maurice Servais. tardivement. Deux puits et plusieurs fosses complètent
Localisé dans le centre ancien, sur la rive Les occupations vont ensuite se succéder l’équipement des infrastructures. L’incendie de ces
gauche de la Sambre, le site occupe une à un rythme rapide, sur une épaisseur bâtiments interviendrait dans le courant de la seconde
position privilégiée dans la topographie stratigraphique exceptionnelle pour nos moitié du IIIe siècle. Leurs remblais de démolition sont
urbaine, justifiant une opération préventive. régions. Aux IIe et IIIe siècles, deux grands traversés par les trous de poteaux de constructions en
D’une durée totale de 8 mois et réparties bâtiments d’habitation en pierre, orientés bois, à la datation pour le moment mal assurée ; leur
en deux phases distinctes, les recherches y attribution au Bas-Empire paraît néanmoins probable.
ont été effectuées en 2008 par le Service de Le site entame ensuite une léthargie de plusieurs
l’Archéologie en province de Namur (SPW), siècles, l’habitat permanent s’étant contracté sur le
en collaboration avec l’asbl Recherches et seul confluent Sambre-et-Meuse.
Prospections Archéologiques en Wallonie.
De premier intérêt, les données recueillies Redéploiement de l’habitat et urbanisation
alimentent plusieurs problématiques Peu après l’An Mil, quelques fosses attestent du retour
sensibles de l’historiographie namuroise. de l’habitat dans ce secteur, alors compris en dehors de
l’enceinte. Trois basses-fosses de latrines en trahissent
ensuite la structuration progressive au XIIe siècle, sous la
forme de premières maisons mitoyennes. L’organisation
comme l’équipement sanitaire de ces parcelles font déjà
preuve d’un caractère urbain certain et désignent la mise
en place d’un habitat aggloméré et structuré, développé
au sortir de la Rue de Vis, à la manière d’un faubourg aux
abords immédiats de la Deuxième Enceinte. Passé intra
muros, le quartier subit les effets de l’urbanisation dès
le XIIIe siècle. La rue du Four sera créée dans ce cadre,
au détriment de l’une des anciennes parcelles. De part
et d’autre, chaque espace parcellaire connaît, au fil
du bas Moyen Âge, une évolution qui lui est propre.
Ainsi, l’une de ces propriétés reçoit-elle, à la fin du XVe
ou au XVIe siècle, une grande maison dont la qualité
architecturale trahit le rang social de ses commanditaires,
Namur, place M. Servais : fouilles archéologiques dans l’enceinte Statuette de Mater en terre cuite (IIIe s.). la démarquant des constructions voisines.
du vortex. Photo : P. Moers-Balloïde, 2008 © SPW Photo : R. Vanmechelen © SPW (suite page suivante)

7
Les Nouvellles de l’Archéologie - N° 15 - 2009

Aux origines du vicus : épuration des eaux et archéologie préventive à Namur,


place Maurice Servais (suite)
Au début du XVIIIe siècle, le quartier fait conserva manifestement cette physionomie
l’objet d’une reconstruction fondamentale, jusqu’au XXe siècle.
probablement encouragée par le Gagné par la paupérisation, avec la
Magistrat au sortir des guerres de la fin taudisation progressive des habitations pour
du siècle précédent. Dix petites maisons corollaire, le quartier subira de premières
se partagent alors les anciennes parcelles, démolitions dès l’entre-deux-guerres, pour
ouvrant façades et boutiques sur la rue du finalement aboutir à la création de la place
Four ; leur agencement serré comme leurs Maurice Servais.
dimensions confinées donnent la mesure
de la densification du tissu urbain local, sous Raphaël Vanmechelen Les caves des maisons du XVIIIe s., de part et d’autre de
l’effet de la pression immobilière. Le quartier & Véronique Danese la rue du Four. Photo : R. Vanmechelen © SPW

Découverte d’un tronçon de l’enceinte de l’Antiquité tardive à Arlon


Le projet de démolition d’un bâtiment Son état de conservation remarquable fortification. La présence d’une voirie bordée
insalubre situé au n° 3 de la rue de la et son caractère imposant ont d’ailleurs par un fossé est à signaler. Elle longeait le
Grand-Place a retenu notre attention lors incité le propriétaire des lieux à intégrer ces rempart du côté intra-muros. Nous avons pu
de son passage dans le circuit d’octroi de vestiges dans les caves du futur bâtiment, en réaliser la coupe et constater les traces
permis d’urbanisme des Administrations condition qui n’avait pas été exigée par d’une réfection. Ce niveau de circulation
communales et régionales. En effet, la partie l’Administration. L’aménageur estimait nous autorise à départager avec précision
arrière de la parcelle (Arlon Ire Div. Sect. A 316) que la conservation in situ de cet élément les parties aériennes et les fondations de la
contenant l’ancienne habitation incendiée défensif antique était une plus-value pour structure défensive.
est positionnée sur le tracé présumé de son projet architectural. Denis Henrotay
l’enceinte gallo-romaine d’Arlon. Nous Service de l’archéologie,
restituons celui-ci grâce aux découvertes La muraille, fondation comprise, est Direction du Luxembourg, SPW
réalisées en 1936 dans l’emprise de la rue des conservée sur une hauteur totale de 3,10
Capucins et aux recherches archéologiques mètres. Elle est constituée d’un parement
de 1963-1964 menées à l’emplacement de maçonné (2 mètres) au moyen de moellons
l’actuelle librairie « Le point Virgule » sur la appareillés suivant des assises régulières,
Grand-Place. Le chantier de démolition et plusieurs trous de boulin y ont été relevés.
de reconstruction est situé entre ces deux Un lit d’une dizaine de gros blocs de
points, où furent mis au jour de nombreux récupération provenant de monuments
blocs sculptés dont les fragments de la funéraires soutient ce parement. Ce premier
célèbre stèle dite « des Voyageurs ». niveau de fondation repose sur une épaisse
couche de drainage formée de petites
Une fouille archéologique a donc été pierres posées en vrac et sans liant (0,70
prescrite dans le permis d’urbanisme. mètre). Cette couche drainante est plus large
Celle-ci s’est déroulée à la fin du mois de que la muraille et était rendue étanche au
mai 2008 et a été intégrée dans le planning moyen d’une couche d’argile plastique de
des travaux sans les retarder. Après la couleur grise. L’analyse du remblai comblant
première étape qui a consisté à démolir et la tranchée de fondation qui entaille le sol
à évacuer les gravats du chancre urbain, en place sur près de 2 mètres n’a révélé
les terrassements en sous-sol ont été que quelques fragments de céramique
effectués sous notre surveillance. La face attribuables au Haut-Empire. Elle ne nous
intra-muros de l’enceinte a rapidement été permet pas d’apporter des éléments neufs Le rempart en cours de dégagement.
découverte. quant à l’époque de construction de la Photo : D. Henrotay © SPW

Sites archéologiques de Wallonie, le nouveau site Internet


dédié à l’archéologie en Wallonie
«  Sites archéologiques de Wallonie  » entre connaissance vulgarisée et savoir La navigation à travers le site peut se faire
est né d’une double intention. Mettre à scientifique. de manière intuitive, l’internaute clique
disposition des archéologues un moyen alors sur une photo ou un slogan qui lui
de diffusion souple et dynamique, qui leur Au cœur du site web, des fiches présentent est suggéré, ou bien de manière raisonnée
permette de partager avec le public le fruit les résultats des recherches archéologiques. en effectuant une recherche (mots clés,
de leurs recherches. Offrir au public, profane Chaque fiche est consacrée à un site. Elle est périodes, provinces, communes, etc.).
ou averti, un accès inédit à cette mine de déclinée en une ou plusieurs « séquences ». En outre, le site propose une actualité
connaissances. Chaque séquence propose des informations de l’archéologie et invite les visiteurs à
substantielles et concises agrémentées partager les préoccupations qui animent
Plus qu’une simple source d’information, d’une illustration. À partir de cette fiche, les archéologues à travers un « blog ».
«  Sites archéologiques de Wallonie  » l’utilisateur peut accéder en quelques clics à
constitue une véritable interface entre d’autres informations : une carte d’identité, Le site web à été développé par l’asbl In Situ,
archéologues et public. Il invite les un plan du site, des fiches thématiques, avec le soutien de l’Institut du Patrimoine
archéologues à mettre directement en des articles en ligne, des ouvrages wallon (qui en assure désormais la gestion),
ligne et à leur rythme, les résultats de leurs recommandés. Il lui est ainsi loisible et les apports financiers de la DGO4 et de la
travaux. Il propose au public un espace d’appréhender rapidement l’essentiel DGEE du Service public de Wallonie.
de découverte attrayant et convivial, des découvertes des archéologues ou d’en
dans lequel il peut naviguer à sa guise connaître davantage. www.sitesarcheo.be

8 Suite à la page 13
Les Nouvelles de l’Archéologie - N° 15 - 2009
Suite de la page 8

La céramologie gallo-romaine : un champ d’investigations utiles et inépuisables

La céramique est sans aucun doute l’objet sur l’origine des céramiques de fabrication diversifié, de la chronologie précise de leurs phases de
archéologique le plus abondamment répandu régionale. Même si la plupart des ateliers production ou de leur présence sur des sites bien datés
sur les chantiers de fouilles. Les habitats gallo- de potiers demeurent méconnus, on par les sources historiques, servent de repères pour la
romains livrent des quantités impressionnantes peut néanmoins attribuer une origine datation des faits archéologiques. Dans la littérature
de tessons qui se chiffrent parfois à plusieurs géographique à de nombreux groupes de archéologique, on qualifie ces céramiques de « fossiles-
dizaines de milliers (fig. 1). vases et déterminer leur provenance par directeurs ». Cependant, la présence d’un ou de plusieurs
l’examen de leur pâte à l’aide d’une loupe fossiles-directeurs ne rend pas superflue l’étude de toutes
binoculaire (fig. 3). les composantes céramiques d’un contexte et il faut se
garder de tirer des conclusions définitives sur base de
leur seule datation. En céramologie, la pertinence réside
dans l’universel plutôt que dans le factuel.

1. Des tessons en abondance… le pensum journalier du


céramologue. Photo C. Ballieux © SPW – DGO4
3.Les deux « outils » du céramologue : la tenaille et la
Ces vingt dernières années, la multiplication loupe binoculaire pour déterminer la provenance des
des fouilles préventives ou de sauvetage a poteries. Photo C. Ballieux © SPW – DGO4
considérablement étoffé nos connaissances
de l’occupation romaine dans les cinq
provinces wallonnes. Une véritable La civilisation gallo-romaine est métissée.
mine d’informations inédites attend Elle naît peu avant le tournant de l’ère et 4.Une céramique issue du grand commerce : amphore à huile d’olive
d’être étudiée pour pouvoir être in fine résulte de la fusion progressive des éléments d’Andalousie, découverte à Arlon (Service de l’Archéologie, Dir.
communiquée au grand public. En effet, une culturels indigènes du deuxième âge du Fer Luxembourg, SPW). Photo C. Ballieux © SPW – DGO4
fouille n’est terminée qu’une fois publiée avec des apports étrangers venus d’Italie et
et sa publication passe inévitablement par du bassin méditerranéen. On retrouve cette L’intérêt de la céramologie ne se limite pas à la
l’analyse de son mobilier archéologique. transformation culturelle dans le répertoire chronologie. Elle nous renseigne sur les grands courant
À côté de la recherche sur terrain, l’étude des céramiques des populations gallo- commerciaux de l’Empire romain et l’économie des
du matériel est un des pans majeurs de romaines, avec la persistance de traditions provinces septentrionales. Les amphores sont des
l’archéologie ; des « spécialistes » en ont protohistoriques, notamment dans la témoins précieux du grand commerce, il s’agit au
fait leur activité première. Les céramiques batterie de cuisine, et l’arrivée de formes départ d’emballages utilisés pour le transport de
romaines constituent un corpus très nouvelles comme les cruches, les mortiers et denrées typiquement méditerranéennes comme le
diversifié, avec une multitude de formes l’apparition de véritables services de tables vin, l’huile d’olive ou les sauces de poissons employées
différentes parmi lesquelles les céramiques inspirés de l’orfèvrerie gréco-romaine. pour assaisonner les plats (fig. 4). Une fois parvenus à
issues du grand commerce côtoient des destination, ces récipients volumineux étaient souvent
productions originaires d’ateliers locaux L’intérêt premier de l’étude des céramiques recyclés à d’autres fins comme le stockage par exemple.
ou régionaux (fig. 2). est l’apport de datations fiables. En raison de La présence sur les sites romains de Wallonie d’amphores
leur fréquence, le témoignage des tessons originaires du sud de l’Espagne, d’Italie ou du sud de
pour préciser la chronologie d’un site est la France montre que notre territoire était au centre
de loin statistiquement plus fiable que des échanges commerciaux qui reliaient les différentes
celui des autres artefacts archéologiques. parties du monde romain. L’étude des céramiques
La durée de vie d’une poterie est en apprend à l’historien de l’économie antique que la
moyenne relativement courte car il s’agit nature et l’intensité des échanges ont évolué au cours
d’un instrument de la vie quotidienne des cinq siècles de domination romaine. L’examen
pouvant être aisément remplacé. Par sa des provenances des poteries découvertes sur un site
seule présence in situ, l’archéologue de met en lumière les liens économiques qui le relient au
terrain peut déterminer à quelle période terroir environnant et à des cités plus lointaines. Ainsi,
2.Goulots de cruches à une ou deux anses de production d’occupation appartiennent les vestiges à côté des poteries de fabrication locale ou régionale,
locale, retrouvés à Arlon (Service de l’Archéologie, Dir. en cours de dégagement. La datation des agglomérations antiques comme Arlon ou Namur
Luxembourg, SPW). Photo D. Brüll © SPW – DGO4 d’un fait archéologique (fosse, fossé, cave, ont livré des quantités diversifiées de céramiques
sépulture, etc.) se fonde notamment sur d’importation et apparaissent comme de véritables
Les connaissances s’enrichissent et l’examen de toutes les données céramiques carrefours commerciaux (fig. 5).
évoluent d’année en année, le céramologue mises au jour. Un tesson ou un vase, pris
doit constamment se tenir au courant isolément, n’est jamais parlant en soi. La
des nouvelles publications et partager réflexion chronologique découle de la
ses connaissances avec ses pairs lors de description de l’ensemble des formes (ou
colloques spécialisés. types) en présence et de la détermination
des proportions des différentes catégories
L’étude des céramiques de la période gallo- de céramiques les unes par rapport aux
romaine a véritablement émergé à la fin autres. Toutes les céramiques ne sont pas
des années 1970. Depuis lors, son essor d’égale valeur pour la datation, certaines
est constant, des revues et des collections catégories, surtout les céramiques utilisées
étrangères lui sont entièrement consacrées. pour le service de la table, se révèlent plus
En Belgique, l’Université catholique «  datantes  » que d’autres. Il existe tout
de Louvain et le Centre de recherches au long de la période romaine quelques
5.Un autre vase d’importation : bol en sigillée moulée d’Argonne (France)
d’Archéologie Nationale ont fait œuvre de céramiques qui, en raison de leur abondance, avec scène de chasse, mis au jour à Arlon (Service de l’Archéologie, Dir.
« pionniers ». Les progrès récents portent de leur répertoire typologique évolutif et Luxembourg, SPW). Photo D. Brüll © SPW – DGO4

13
Les Nouvellles de l’Archéologie - N° 15 - 2009

La céramologie gallo-romaine : un champ d’investigations utiles et inépuisables (suite)


Les sources historiques sont pratiquement leur évolution morphologique au cours du grands récipients pansus à fond plat. Avec la
muettes sur les évènements et l’histoire des temps. La découverte de plusieurs ateliers domination romaine, on privilégiera davantage
populations des provinces du nord-ouest de de potiers a dynamisé les recherches sur la les mets rôtis au four, les préparations mijotées
l’Empire. L’étude des céramiques nous fait technologie des vases et les structures de ou revenues dans l’huile à l’intérieur de formes
entrer dans le quotidien des sociétés du passé, production. Désormais, les travaux les plus ouvertes issues du vaisselier méditerranéen.
elle nous dévoile des traits de la civilisation récents envisagent la poterie comme un reflet L’étude du mobilier archéologique nous
gallo-romaine absents des textes antiques. d’identités culturelles disparues. À travers la montre que le monde gallo-romain n’était pas
Elle nous informe sur les instruments de la vie céramique se dégagent des faciès culturels, uniforme sur le plan culturel, certaines régions
de tous les jours ainsi que sur le niveau social de nouvelles questions sont soulevées qui ont conservé longtemps des particularismes
des occupants d’un site. La détermination abordent le phénomène de la romanisation qui les distinguaient des autres. Ainsi, d’une
de la fonction des vases nous dit quelles ou à l’inverse les éventuelles résistances région à l’autre on n’utilisait pas les mêmes
poteries étaient utilisées pour la préparation indigènes à l’intégration au système céramiques. Les formes de vases retrouvées
et la cuisson des aliments, quelles étaient économique, social et politique du monde en Gaume diffèrent radicalement de celles
celles qui entraient dans la composition de romain. En effet, la céramique nous permet de présentes sur les sites romains de Hesbaye et
la vaisselle de table et lesquelles servaient suivre les progrès de la romanisation dans nos ces dernières sont elles-mêmes très éloignées
à la conservation et au stockage dans les régions dès le début de la période romaine. du répertoire des sites fouillés en Hainaut
réserves. Les proportions de ces trois groupes Ce phénomène d’acculturation se traduit par occidental.
de vases peuvent donner une indication sur une modification des habitudes alimentaires
la nature exacte d’un site (habitat à fonction des populations autochtones, avec l’utilisation Il reste beaucoup de choses à découvrir
résidentielle, quartier artisanal, bâtiment de formes de vases étrangères au monde encore. Plus que jamais, l’étude des
d’exploitation agricole, occupation à caractère gaulois comme le mortier, le plat à cuire ou céramiques est au cœur même de la réflexion
cultuel, etc.). la bouilloire. L’introduction de l’huile d’olive archéologique. L’engagement en janvier 2009
Les premiers travaux sur la céramique dans le régime alimentaire gallo-romain va de trois céramologues par la Direction de
romaine traitaient surtout de questions bouleverser les pratiques culinaires. Avant l’Archéologie (DGO4) est un signal qu’il faut
typologiques et chronologiques. Il s’agissait la conquête romaine, la vaisselle culinaire interpréter comme la volonté de conduire
de classer le matériel en un éventail de était surtout adaptée à la préparation de à leur terme une série de travaux passés, en
types distincts et de mettre en lumière bouillies, de soupes ou pot-au-feu dans de cours et à venir.

Frédéric Hanut,
Attaché, Direction de l’Archéologie
Réseau Archéopass (DGO4 – SPW)

Dans l’actualité du réseau ArchéoPass :


l’Abbaye de Villers s’élève de ses ruines
on découvre une cour du travail beaucoup
plus «  occupée  » qu’actuellement. La
reconstitution du réfectoire des moines
permet de se rendre compte, grâce à la
taille des murs par rapport aux colonnes,
de la hauteur des voûtes. Un autre apport
de ces reconstitutions est le rendu de la Abbaye de Villers avec coupe de l’église, vers 1300.
Yves Plateau d’après THOC © Casterman
polychromie. On apprend ainsi que les murs
de l’église étaient cachés sous de fausses
pierres peintes.

Les murs revivent à travers les dessins


Aux 6 reconstitutions archéologiques
s’ajoute une série de 5 mises en scène
grâce auxquelles on se représente mieux
les moines dans leurs occupations
quotidiennes. Par exemple l’accueil d’un
chevalier et de son écuyer à la porterie,
Chœur des moines, vers 1300. Jardin de l’infirmerie, vers 1300.
Yves Plateau © Casterman
le jardinage par quelques convers sous
Yves Plateau © Casterman
la houlette d’un moine ou encore, lors du
À quoi ressemblait l’Abbaye au Moyen repas, les moines mangeant côte à côte, La publication représente une belle
Âge  ? Cette question vient souvent à dos au mur. opportunité pour Villers de s’inscrire dans
l’esprit du visiteur des ruines. Grâce aux 6 une collection internationale, créée par
reconstitutions réalisées par Yves Plateau, Un album numéroté Jacques Martin, auteur notamment d’Alix et
illustrateur pour les Éditions Casterman, Les 11 reconstitutions exposées dans les de Lefranc. L’Abbaye éditera 3000 ouvrages
chacun peut désormais se représenter les ruines seront reprises dans un ouvrage à numérotés.
bâtiments principaux qui composaient le paraître aux Éditions Casterman en octobre
monastère vers 1300. 2010 : Les Voyages de Jhen. Elles seront En attendant la sortie de l’album, découvrez
complétées par d’autres dessins et intégrées dès à présent l’Abbaye reconstituée au
Les reconstitutions, très précises dans à divers visuels (photos, cartes, plans), ce qui travers de l’exposition de dessins visible
leurs détails archéologiques, permettent permettra de comparer les reconstitutions dans les ruines, tous les jours de 10 à 18h.
d’imaginer les bâtiments dans leur élévation avec l’état actuel de l’Abbaye. Des textes sur
complète, avec pas mal de surprises à la l’histoire et la vie des moines commenteront Infos :
clé ! Sur une vue aérienne du monastère, les reconstitutions. www.villers.be et www.archeopass.be

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BELGIë - BELGIQUE

Le Centre
P.B./P.P.
B - 78
Bureau de dépôt
4099 Liège X

de la Paix-Dieu
P501411

Trimestriel • juillet - août - septembre 2009 • N° 34 • Bureau de dépôt : Liège X

Le Master : premiers résultats très satisfaisants


L’année académique 2008-2009 aura de restauration et du suivi de chantier), par 42 et 7 (Analyses pratiques, questions approfondies) et à
vu la création, à l’initiative de l’IPW, d’un enseignants – professeurs et conférenciers – la réalisation du travail de fin d’études. L’auditoire sera
master complémentaire en conservation sur les sites des trois académies universitaires complété par les étudiants de la nouvelle promotion
et restauration du patrimoine culturel et au Centre des métiers du patrimoine, après 2009-2010 qui suivront cette année les cours en même
immobilier, unissant les trois académies deux semaines de session d’examens, les temps que ceux de deuxième année.
universitaires, tous les instituts supérieurs résultats sont très satisfaisants. Sur les 15
d’architecture de la Communauté française, étudiants inscrits – dont un élève libre – 6 ont Si cette formation interdisciplinaire qui s’inscrit à la
ainsi que la Haute École Charlemagne. réussi avec distinction, 4 avec satisfaction, 2 fois dans la philosophie de « conservation intégrée »
sont ajournés et 2 autres ont choisi d’étaler prônée par le Conseil de l’Europe et dans une politique
La première année de cette formation en la formation sur plusieurs années. de développement durable impliquant les reconversions
deux ans s’est achevée par la délibération économique, sociale et culturelle indispensables à la survie
du jury le vendredi 12 juin dernier. Après L’année académique 2009-2010 reprendra de ce patrimoine vous intéresse, si vous êtes ingénieur
60 crédits dispensés, soit 720 heures de sur les chapeaux de roue avec un voyage architecte, architecte, historien de l’art, archéologue,
cours couvrant les modules 1 (Philosophie à Avignon, coordonné par Jacques Barlet, ingénieur en construction ou architecte du paysage, si
du patrimoine), 2 partiellement (Histoire au cours duquel les étudiants auront vous souhaitez poursuivre votre carrière dans le domaine
et principes de l’architecture), 3 (Jardins l’opportunité d’enrichir leur formation par du patrimoine bâti, n’attendez plus pour vous inscrire
historiques – Architecture du paysage), 4 des visites de terrain et d’ateliers et par la via le service des inscriptions de toutes les universités
partiellement (Méthodologie des études rencontre de plusieurs spécialistes. Le reste partenaires.
préalables et techniques de restauration), de l’année sera consacré à la poursuite des
5 (Acteurs institutionnels, législation cours des modules 2 (Histoire et principes de Informations pratiques :
et procédures administratives) et 6 l’architecture), 4 (Méthodologie des études IPW – Centre des métiers du patrimoine « la Paix-Dieu »
(Méthodologie d’établissement du dossier préalables et techniques de restauration) +32 (0)85 / 410 365 – master@paixdieu.be

Classes d’éveil : bilan de l’année écoulée


Pour la huitième année scolaire consécutive, ont participé au module pédagogique des
les actions pédagogiques du centre des classes d’éveil sur une période de quatre
métiers du patrimoine « la Paix-Dieu » ont jours. 44 classes ont opté pour le logement
rencontré un vif succès. Durant cette année sur le site de la Paix-Dieu, dans l’ancienne
scolaire 2008-2009, 55 classes en majorité aile de l’abbesse réaffectée en espace
du premier degré de l’enseignement d’hébergement.
secondaire, venues de 30 écoles différentes,
Encadrés des deux historiennes de l’art
de la cellule pédagogique, ces 931 jeunes
accompagnés de leurs professeurs ont pu
découvrir et expérimenter les gestes des
métiers de la restauration du patrimoine
architectural comme ceux de l’artisan
menuisier, du couvreur ardoisier, du maçon,
du tailleur de pierre, du peintre en décor, région bruxelloise ont apprivoisé au fur et à mesure
du stucateur ou encore ceux de l’artisan les notions de conservation, de restauration et de
doreur. Évoluant dans un environnement à réaffectation de sites classés. L’œil ainsi aiguisé, l’esprit
valeur patrimoniale, les jeunes élèves venus ouvert et plein d’enthousiasme, ils nous ont révélé tous
de toute la Wallonie et pour certains de la leurs talents.

Ouverture exceptionnelle du Centre des métiers du patrimoine « la Paix-Dieu »


dans le cadre des Journées du Patrimoine
Exceptionnellement cette année, le Centre des savoir-faire traditionnels et des des futurs projets d’aménagement du site, dégustation
des métiers du patrimoine ouvrira ses nouvelles technologies pour la restauration, et vente de la bière de la Paix-Dieu, possibilité de se
portes les 12 et 13 septembre prochains réaffectation et valorisation des bâtiments restaurer à La Table de l’abbaye, et bien d’autres choses
dans le cadre du week-end des Journées anciens. Au programme : visites guidées, encore, le tout dans une ambiance musicale. Nous vous
du Patrimoine. Outre la présentation des artisans et spécialistes du patrimoine au attendons nombreux le samedi 12/09 de 14h à 18h et
interventions contemporaines sur le site travail, possibilité de découvrir différents le dimanche 13/09 de 11h à 18h.
de l’ancienne abbaye cistercienne de la matériaux et de s’initier à plusieurs métiers
Paix-Dieu, ces deux journées permettront à travers des ateliers pour tous les âges, Pour tout renseignement :
de mettre en évidence la complémentarité activités pour les enfants, présentation +32 (0)85 / 410 350 – info@paixdieu.be

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Le Centre de la Paix-Dieu - N° 34 - 2009

Vers un nouveau partenariat…


Les 16 et 17 février, l’Administrateur gé- ou de demandeurs d’emploi (dans le cadre Le 12 juin, les contacts entre les deux
néral adjoint de l’IPW, accompagné d’une d’actions conventionnées par la Région). La institutions se sont renforcés lors de la vi-
délégation du Centre de la Paix-Dieu, s’est ressemblance entre les deux institutions ne site en Belgique de Madame Maïté Waag,
rendu à Troyes pour une visite de l’Institut s’arrête pas là puisque, dans le cadre de sa Directrice de l’IUMP. Ces deux rencontres
universitaire des métiers du patrimoine mission de formation, l’IUMP a aussi créé ont fait l’objet d’un tournage pour une
(IUMP). Proche des objectifs du Centre de une matériauthèque aujourd’hui installée séquence de l’émission Télétourisme.
la Paix-Dieu, cet institut est un centre de dans une église du XIXe siècle. De son côté,
formation et de réflexion spécialisé dans le l’ancienne église abbatiale de l’abbaye de Le début d’une collaboration très riche
patrimoine bâti. L’association a été créée en la Paix-Dieu accueillera, d’ici quelques an- qui pourrait aboutir, dans les prochains
1989 par les organisations professionnelles nées, un Conservatoire des savoir-faire et du mois, à la mise sur pied d’un réseau
de la branche en vue de répondre aux be- patrimoine associant une matériauthèque européen des centres de formation aux
soins de perfectionnement du personnel et un centre d’information et de documen- métiers du patrimoine.
des entreprises, des nouveaux embauchés tation.

Le patrimoine retrouve des couleurs. Du pigment aux métiers

Dans le cadre des journées d’étude qu’elles soient du domaine monumental entrepreneurs, scientifiques ou fabricants,
organisées au Centre de la Paix-Dieu, l’IPW avec Francis Tourneur et Georges Baines un dialogue autour d’une thématique, qu’il
a souhaité que soit abordé le thème de ou qu’elles relèvent de simples ensembles s’agisse d’un matériau, d’une technique ou
la couleur dans le patrimoine, gardant au patrimoniaux urbains avec Jean-Jacques d’un métier.
cœur de ses préoccupations les métiers et Algros, ou ruraux illustrés par Georges La journée du 15 mai consacrée
les matériaux, de l’histoire des pigments Calteux et Cécile Francescangeli, jusqu’aux essentiellement aux couleurs des enduits
évoquée par Jean-Pierre Rose, en passant métiers valorisés par Jacques de Pierpont extérieurs a connu un réel succès puisqu’elle
par les traités anciens avec Isabelle Gilles, et Nathalie Delaby. a rassemblé plus de 140 participants
les méthodes d’analyse utilisées par Jana L’objectif de ces rencontres est d’instaurer, d’horizons divers. Vu la richesse du
Sanyova, l’impérieuse nécessité de mener entre différents acteurs du patrimoine, sujet, une deuxième journée sera plus
des études préalables soulignée par Martine qu’ils soient architectes, historiens de particulièrement consacrée aux couleurs
Marchal, soutenue par des analyses de cas, l’art, archéologues, ouvriers, artisans, dans les décors intérieurs et extérieurs.

La pédagogie et le patrimoine : un mariage d’amour et de raison


Des élèves face à un choix d’une
(ré)orientation scolaire, quelques vieux
débris de pierre enfouis sous un couvert
végétal... et des enseignants convaincus
du rapport pouvant les réunir. Des ailes et
des racines... une formule déjà citée bien
souvent et trouvant tout son sens dans un
projet d’école porté sur quatre années au
Collège Saint-Michel de Gosselies où est
dispensé un enseignement général, certes,
mais ouvert, par cette approche innovante,
sur les perspectives des métiers techniques
et artistiques liés à la conservation et la
revalorisation de l’art et du patrimoine Par une pédagogie différenciée avec les préservation et de mise en valeur par le
bâti! élèves de deuxième année complémentaire socle; un artisan tailleur de pierre pour
(14-15 ans), il s’agit de les conscientiser à la réalisation avec les élèves du socle; un
Une première semaine de stage à la Paix- ces métiers par une ouverture d’esprit artisan sculpteur en restauration pour le
Dieu, en 2008, a éveillé la curiosité des particulière afin de travailler leur travail sur la statue et le centre des métiers
enseignants dans leur désir d’associer des projet personnel. Par quel moyen ? Par du patrimoine « la Paix-Dieu » à Amay pour
élèves à cet objectif. l’accompagnement de la restauration d’une la sensibilisation au patrimoine architectural
ancienne statue de style renaissance d’un et la réalisation concrète du socle lors des
saint Michel et de son dragon, actuellement stages annuels.
en trois parties cassées (ailes, bras et lance
étant à recréer) et la réalisation d’un socle La Fondation Roi Baudouin, pour sa partie
en harmonie avec elle. comptes de projet, s’est associée à nous.
Une riche collaboration s’est ouverte. Quatre
Initier ces jeunes à la pratique du travail années scolaires à vivre passionnément
artisanal, proche du compagnonnage, et un archange retrouvé dans toute sa
est un réel défi. Pour y parvenir, un large superbe ? Rendez-vous en 2012 lors de
partenariat est mis sur pied. Le caractère son inauguration!
innovant de ce projet, la motivation des
enseignants et l’enthousiasme des élèves Yves Jeanfils et Xavier Sollas
ont vite convaincu des partenaires à Collège Saint-Michel de Gosselies
rejoindre notre école comme lieu de
questionnement et de réflexion: le Musée Projet à suivre sur www.csmg.be
Royal de Mariemont pour les conseils de

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Le Centre de la Paix-Dieu - N° 34 - 2009
Merci à la Paix-Dieu

Il convient tout d’abord de saluer granit » typique de la région wallonne. Le


l’incroyable capacité d’accueil et de partage savoir des tailleurs de pierre de la région
de l’ensemble de l’équipe du Centre de la s’est alors imposé en toute évidence
Paix-Dieu et de les remercier pour cette face aux exigences d’unicité imposées à
impulsion qui nous a portés tout au long l’ensemble du site.
de ces trois semaines. Ainsi, c’est dans ce
merveilleux cadre d’une ancienne abbaye En effet, la pierre comme la pratique de taille
en pleine rénovation que notre petite changent beaucoup une fois confrontée
quinzaine a été reçue dans les meilleures à la conception belge des chantiers de
conditions. restauration. Les différences de point de vue
sont évidentes une fois « au pied du mur » ;
Notre objectif, la réalisation de plans et le l’intégration de matériaux modernes dans
départ d’un escalier pour un colombier des bâtiments anciens diffère radicalement
datant du XVIIe siècle. Notre ignorance en la des objectifs français lors des travaux. Les
matière a été comblée par les très précieux monuments historiques français misent sur C’est avec cette philosophie de partage du savoir que le
cours de Marie De Belder, nous permettant l’invisibilité des interventions quitte à vieillir dialogue a été instauré entre tous les protagonistes de
d’aiguiser nos esprits sur tous les problèmes artificiellement les nouvelles pierres par des ce projet, la parole étant laissée à chacun, libre d’exposer
que relève ce type de chantier-école. La méthodes diverses comme le sablage ou la ses idées et préférences. Mais tout cela serait resté flou
découverte est également passée par les dégradation volontaire des arêtes. sans les visites faites dans plusieurs villes de Belgique
matériaux que nous avons utilisés et pour À l’inverse, et c’est ce qui donne sa (Bruxelles, Liège, Bruges) où les méthodes ainsi que les
lesquels le savoir de personnes comme spécificité aux chantiers de Belgique, aspects de taille nous sont apparus dans leurs réalités.
Christophe Mahy nous a été des plus la restauration fait partie de la vie du Le passage dans l’entreprise et la carrière Jullien a
précieux. monument raccrochant ainsi son histoire également appuyé en ce sens.
à l’actualité. Cette démarche, après nous
Les trois semaines dont nous disposions avoir déconcertés, s’est avérée des plus Ce voyage fut un succès tant par son côté humain que
se sont déroulées dans l’ordre logique, motivantes car l’idée de laisser une trace pédagogique, les Belges nous ayant réellement ravis par
d’une semaine de théorie, d’une seconde visible et non pas fondue dans la masse, leur générosité et leur simplicité à envisager les relations,
de réalisation des plans et d’entraînement pousse à une perfection de réalisation et qu’elles soient du domaine professionnel ou amical et
à la taille avec la réalisation d’une maquette à un état d’esprit particulier ; il ne s’agit par conséquent, naturellement, des deux. Un grand
pour étudier les faiblesses et points forts plus de reproduire mais de créer. Créer en MERCI à tous ceux qui ont rendu possible ce voyage, à
de nos plans. Enfin une troisième semaine harmonie avec un architecte contemporain nos voisins wallons pour leur authenticité.
de taille concrète et définitive des marches tout en tenant compte des réflexions d’un
dans la pierre dure et bleue appelée « petit homme de terrain. Les apprentis tailleurs de pierre de Cepoy

La charte européenne des abbayes et sites cisterciens.


Assemblée générale 2009 au Portugal

L’Assemblée générale de la Charte cisterciennes qui constituèrent en son


européenne des abbayes et sites temps un réseau culturel de première
cisterciens s’est déroulée cette année au importance pour la cohésion européenne,
Portugal, dans le cadre exceptionnel de et sur sa continuité aujourd’hui au travers
l’abbaye d’Alcobaça, patrimoine mondial de la Charte. Plusieurs pays étaient
de l’Unesco. Deux représentantes de représentés lors de cette AG : le Portugal,
l’IPW, Virginie Boulez et Annick Mahin, y la France, l’Allemagne, la Pologne, l’Italie,
participaient. Cette charte regroupe les et une belle délégation belge : Villers-la-
représentants (propriétaires ou animateurs, Ville, la Paix-Dieu, Clairefontaine, Orval, La
publics ou privés) d’environ 150 lieux Ramée et Herkenrode.
historiques liés au monde cistercien
(abbayes, granges, refuges, etc.). Les initiatives lancées l’année dernière
lors de l’assemblée générale de La Ramée
Pour rappel, les sites adhérents sont ont porté leurs fruits, avec notamment
fédérés autour de plusieurs initiatives : la la diffusion du bulletin électronique
création d’une carte des sites cisterciens, la trimestriel qui informe sur les différentes
diffusion d’un « routier » qui les présente, activités des sites adhérents.
la formation de guides spécialisés dans
la visite d’abbayes, la gestion d’un portail Le séjour au Portugal s’est poursuivi
Internet «  cister.net  » ou «  cister.eu  » avec la visite d’abbayes cisterciennes
qui présente chaque site. Ces initiatives remarquables et variées  : Santa Maria
tendent à optimiser le développement de Cos, Tabosa, Tarouca, Salzedas et Sao
culturel et touristique du patrimoine Christovao de la Foes.
cistercien. Abbaye d’Alcobaça
Une rencontre réussie grâce à l’accueil
L’assemblée s’est ouverte avec le discours chaleureux des hôtes portugais et à leur
filmé de José Manuel Barroso, président de passion pour le patrimoine. L’assemblée Pour en savoir plus :
la Commission européenne, discours axé générale de 2010 est prévue à Paris, au http://cister.net
sur l’importance des fondations d’abbayes collège des Bernardins.

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Le Centre de la Paix-Dieu - N° 34 - 2009

Nouveau programme des stages 2009-2010.


Onzième édition à découvrir très prochainement
Le centre des métiers du patrimoine de l’IPW Comme les années précédentes, les stages Les stages sont accessibles à toute personne
conçoit un programme annuel de stages. se déroulent sur des périodes courtes, entre ayant le désir d’améliorer ses connaissances
L’objectif est de former les professionnels de 2 et 8 jours, et couvrent différents domaines dans le domaine de la conservation et de
la construction aux métiers du patrimoine, des métiers du patrimoine. Les formations la restauration du patrimoine architectural :
à sa conservation et à sa restauration, en sur mesure, notamment à destination des artisans, architectes, historiens de l’art,
organisant des stages qui allient théorie communes, sont également toujours à gens de métiers, enseignants du secteur
et pratique. Dialogue et interdisciplinarité l’honneur. et gestionnaires du patrimoine.
caractérisent nos formations.
Le nouveau programme, disponible depuis Le programme, les dates des stages et tout
Au programme de cette nouvelle année le mois de juillet sur notre site Internet renseignement complémentaire peuvent
académique : 45 stages soit près de 230 www.paixdieu.be, sera dans les boîtes aux être obtenus au Centre de « la Paix-Dieu »,
jours de formation. lettres dans le courant du mois d’août. rue Paix-Dieu 1b à 4540 AMAY (téléphone :
+32 (0)85 / 410 350 – fax : +32 (0)85 / 410 380
e-mail : info@paixdieu.be)
Le Prix du Mémoire 2009
Après les éditions de 2006 et 2007, étude monographique de l’œuvre d’un Le jury a également accordé une mention
l’Institut du Patrimoine wallon a décidé architecte ou d’un homme de métiers. particulière à Amandine Leusch pour
de réitérer, en 2009, l’opération « Prix du Cette année, deux prix ex-æquo ont « Le cimetière de Spa, image d’une ville et
Mémoire », portant sur un mémoire relatif été décernés sur les onze candidatures de son époque », mémoire de maîtrise en
à la sauvegarde du patrimoine immobilier examinées. histoire de l’art et archéologie, ULg, 2008
et s’adressant aux titulaires d’un diplôme et Isabelle Gilles pour « Étude et projet de
d’historien de l’art et archéologue, Les lauréates sont : Anne Guilleaume pour restauration du pavillon et four banal du
architecte ou ingénieur-architecte. « L’établissement des bains de Spa : étude château-ferme de Bourdon », mémoire de
de l’architecture et des décors préliminaire la Formation européenne de spécialisation
Les sujets retenus sont soit une au projet de conservation  », mémoire en restauration du patrimoine architectural,
étude préalable à la restauration d’un de fin d’études au Centre international 2008.
monument, une étude historique et/ Raymond Lemaire et Jehanne Seghers « La
ou technique d’un monument, une restauration du mausolée de Clémentine La remise officielle des prix se déroulera le
typologie architecturale, une technique d’Oultremont », travail de fin d’étude en samedi 12 septembre prochain, au Centre
ancienne, une analyse des potentialités vue de l’obtention du diplôme d’architecte des métiers du patrimoine, dans le cadre
de réaffectation d’un monument, soit une à l’ISA Saint-Luc Bruxelles, 2008. des Journées du Patrimoine.

Projet européen « Les toits de l’Europe II »


Exposition au Palais de Chaillot à Paris (juillet-septembre 2009)

Ce projet a pour objet le partage des


connaissances et des expériences sur les
charpentes anciennes par des spécialistes
européens suivant une approche
interdisciplinaire qui aborde l’aspect
chronologique (datation absolue avec la
dendrochronologie), technologique (point
de vue des ingénieurs, des architectes et des
charpentiers) et typologique (archéologues
du bâti).

Plusieurs workshops ont été organisés entre


2007 et 2009. Les différents organisateurs
(Liège, Auxerre, Tocnik-Tchéquie, Florence)
y ont exposé leurs recherches, organisé des
visites de charpentes remarquables sur
Charpente de l’Église de Verden (nord-ouest de
l’Allemagne). E. Preßler place, comme par exemple la charpente de L’exposition sera illustrée à l’aide de dix-
l’Orme (XVIe siècle) dans le pavillon d’été sept maquettes de toitures à deux versants,
Le projet « Toits de l’Europe II » est cofinancé des rois de Bohème à Prague ou encore la représentant huit pays européens. Une
par le programme européen « culture 2007- charpente du XIVe siècle de San Marco à partie de ces maquettes, réalisées par Henri
2013 » ; il fait suite au projet I (2005-2007). Florence qui vient d’être restaurée. Deneux au début du XXe siècle, provient
Le chef de file de ce projet est le Centre de la Cité de l’Architecture ; la majorité
européen d’Archéométrie de l’ULg, en la Le projet II, axé sur la diffusion de ces savoirs, des autres modèles ont été réalisés par
personne du Professeur Patrick Hoffsummer, se clôture par une exposition présentée à la les différents partenaires du projet, dont
secondé par Sarah Crémer, doctorante. Le Cité de l’Architecture (Palais de Chaillot, Paris). Dominique Gustin pour le Centre des
projet rassemble différents partenaires, co- Celle-ci se tient du 8 juillet au 7 septembre métiers du patrimoine.
organisateurs, dont l’IPW, le Centre d’Études 2009. Elle aborde les thèmes du travail du
médiévales d’Auxerre, l’Universita degli Studi charpentier, les précurseurs de la recherche Le résumé des interventions et des réflexions
di Firenze, l’Academy of Sciences of the Czech dans le domaine des charpentes anciennes issues des différents workshops sera publié
Republic et la Médiathèque de l’Architecture à la fin du XIXe - début du XXe siècle et les dans un Carnet du Patrimoine édité par IPW,
et du Patrimoine, CRMH, Paris. objectifs de la recherche aujourd’hui. qui sortira à la mi-octobre 2009.

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