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T r a va i l d u M é ta l

du Patrimoine
indispensables

Métaux ferreux
Fer forgé
Les
Institut du Patrimoine wallon (IPW)
79, rue du Lombard
B - 5000 Namur
éditeur responsable : Freddy Joris

Rédaction
Nadine Babylas (IPW - « la Paix-Dieu »)
Ingrid Boxus (IPW - « la Paix-Dieu »)

Informations concernant la vente


Institut du Patrimoine wallon
Service Publications
Tél. : +32 (0)81 230 703
Fax : +32 (0)81 659 097
publication@institutdupatrimoine.be
www.institutdupatrimoine.be

Photos des 1re et 4e de couverture


Ingrid Boxus © IPW

Dépôt légal : D/2009/10.015/30


ISBN : 978-2-930466-96-5
EAN : 9782930466965
Travail du métal
Table des matières
Métaux ferreux
Fer forgé Préface 5

Objectifs 7

Regarder et observer 9
Fer forgé 10
Analyser historiquement 10
Analyser techniquement 10
Détailler l’ouvrage en fer forgé 11

Entretenir 21
Qu’appelle-t-on des travaux d’entretien ? 21
Entretenir c’est... 22

Maintenir 25
Qu’appelle-t-on des travaux de maintenance ? 25
Maintenir c’est... 25

Restaurer 29
Qu’appelle-t-on des travaux de restauration ? 29
Restaurer c’est... 29

Substituer 39
Qu’appelle-t-on des travaux de substitution ? 39
Substituer c’est... 39

Adapter 41
Qu’appelle-t-on des travaux d’adaptation ? 41
Adapter c’est... 41

Les ouvrages intérieurs 43


Entretenir et maintenir 43
Restaurer 43

Glossaire 45

Bibliographie 49

Carnet d’adresses 53
Préface

L’entretien d’un monument classé exige beaucoup d’attention. Le propriétaire,


rarement au fait des techniques de restauration, se pose de nombreuses questions
et doit pouvoir trouver les réponses auprès des artisans, des auteurs de projet ou
des agents du service public. Les artisans du patrimoine se doivent d’effectuer un
travail de qualité, de faire preuve d’un savoir-faire parfois méconnu ou oublié tout
en respectant les règles de l’art, pour mettre en exergue les qualités esthétiques
et techniques existantes du monument à entretenir ou à restaurer.

Pour aider tous les acteurs du patrimoine et apporter une information aussi com-
plète et pratique que possible, le Gouvernement wallon a chargé l’Institut du
Patrimoine wallon (IPW) et la Direction Générale Opérationnelle Aménagement
du Territoire, Logement, Patrimoine et Énergie (DGO 4), de rédiger les Indispen-
sables du patrimoine, collection de vingt-quatre fiches techniques à paraître au
rythme de deux à trois par an.

Ces fiches d’aide à la décision s’organisent autour de six thèmes différents en


suivant la logique de chantier : gros-œuvre, toiture, parachèvement des surfaces,
menuiserie, ferronnerie, peinture.

Qu’il soit clair toutefois que ces fiches ne sont pas des bréviaires – dans un
secteur où les chartes ne manquent pas ! – et que le bon sens, même sur les

P réf a ce
monuments classés, doit s’imposer le cas échéant lorsque la mise en œuvre de
la théorie pourrait avoir des effets pervers aberrants.
5
Que cette préface nous permette de remercier Messieurs Bernard Adam, Laurent
Mé tau x fer r eux • Fer for g é

Bouvy, artisans ferronniers, Bernard Wodon, historien de l’art au SPW, Dominique


Bossiroy, géologue à l’ISSeP, Caroline Pholien, peintre en décor du patrimoine
et toutes les personnes qui ont bien voulu consacrer du temps à la lecture et à
la rédaction de cette fiche.

Que soient aussi remerciés celles et ceux qui ont contribué à ce projet au sein de
la Direction de la restauration du patrimoine (Marianne Francotte, Lambert Jannes,
Pierre Paquet, Jean-Christophe Scaillet, Jean-Marc Steyvers) et du Centre des
métiers du Patrimoine de l’IPW « la Paix-Dieu » (Nadine Babylas, Jacques Barlet,
Sophie Bourland, Ingrid Boxus, Anne-Françoise Cannella).

Ghislain Geron Freddy Joris


Inspecteur général Administrateur général
du Département du Patrimoine (DGO 4) de l’Institut du Patrimoine wallon
6
Méta u x f e rre u x • F e r f o rgé Obje c tifs
Objectifs

Cette fiche «  d’aide à la décision  » Avoir une connaissance de l’édifice et


repose sur les expériences de chantier de ses besoins est une tâche ardue et
des différents acteurs du patrimoine : exigeante pour un maître de l’ouvrage,
les architectes, les historiens de l’art, indispensable pour maintenir un
l’administration du patrimoine et les bâtiment en état et ralentir le processus
artisans ferronniers. de dégradation. La détérioration d’un
bâtiment est rarement due à de grandes
Elle s’abstient de conseils techniques catastrophes (incendie, tremblement
ou pratiques sur la manière de de terre…) mais résulte généralement
restaurer les monuments, vu l’existence d’une multitude de dégâts minimes dus
d’ouvrages de référence mais elle vise à l’inattention ou à la négligence.
à assister les maîtres de l’ouvrage et
les professionnels dans leurs décisions L’objectif de ces fiches est de fournir
et dans leurs options relatives aux des renseignements concrets pour
problèmes de restauration ou de aider le maître de l’ouvrage dans cette
maintenance des biens classés ou à tâche. Les informations sont axées sur
valeur patrimoniale. les monuments classés et peuvent être
étendues à tout édifice présentant une
Les problèmes techniques et valeur patrimoniale.
esthétiques rencontrés sur les

Obj e cti f s
chantiers de restauration diffèrent Associées à l’expérience des artisans
selon les cas mais la manière de les qui allient savoir-faire et connaissance
aborder est toujours similaire. Un des techniques anciennes, ces obser- 7
travail de restauration commence vations permettront de stimuler une
Méta u x fe r reu x • Fe r fo r gé

impérativement par l’observation du certaine créativité indispensable pour


monument et l’analyse du bâti dans adapter avec intelligence les nouveaux
son environnement direct et se poursuit matériaux aux contraintes des anciens.
par une lecture attentive des détails. Il s’agira dès lors de réaliser un travail
Cette première approche permettra sensible et humain pour une restaura-
de restituer le caractère particulier de tion de qualité.
chaque ouvrage.

1
8
Méta u x f e rre u x • F e r f o rgé Tit r e c hapitre
Regarder et observer

fer forgé

Pour un grand nombre de maîtres de Cette fiche concerne le fer forgé uni-
l’ouvrage, l’élément grille en fer forgé quement et plus particulièrement les
présente une valeur d’accompagnement éléments extérieurs liés à la fermeture,
comme simple parure. Les éléments en à la clôture (grilles, portes, fenêtres,
fer forgé apparaissent comme parents soupiraux, garde-corps, barres d’ap-
pauvres de l’équipement immobilier quand pui), aux circulations (escaliers, rampes
les travaux de restauration sont décidés. d’escalier, rambardes) et aux éléments
Certains trouvent désuets barreaux ou décoratifs et structurels de façade (an-
grilles d’ouvertures de caves qui devien- cres, grattoirs, hampes, consoles).
nent vulnérables quand ils perdent leur
utilité. Cette réaction « fonctionnaliste » Du XIIIe siècle à nos jours, les termes
est d’autant plus regrettable que les techniques diffèrent d’une période à
éléments en fer forgé sont souvent répa- l’autre. Notons que depuis le XIXe siè-
rables ; aussi, dans la mesure du possible, cle, le terme serrurerie est utilisé pour
leur remplacement doit être évité. les ouvrages de fermeture servant à
serrer comme les clôtures, les grilles de
Le fer forgé reflète un style, une option, balcons et de rampes d’escalier. En re-
des techniques propres à une période vanche, le terme ferronnerie s’emploie

Reg a rde r et observer


particulière. Il individualise les façades, pour désigner de menues productions
leur sert de repère et rythme de manière en fer comme les clous, les patères,
significative un alignement dans un en- les fers à cheval. Retenons comme
vironnement urbain, une rue, une place. adéquate l’expression « fer forgé » par
Il enrichit l’architecture, offre une trame opposition à la fonte de fer.
solide et sécurisante. L’entretien régu-
lier des éléments portants et clôturants Toute intervention sur le fer forgé doit 9
s’avère indispensable pour éviter des être précédée d’une analyse historique
Méta u x fe r reu x • Fe r fo r gé

réparations de grande ampleur et souvent et technique détaillée de la situation


onéreuses. existante.

3 4 5

Appauvrissement successif de l’ouvrage en fer forgé, de sa simplification jusqu’à une disparition totale et définitive

2
6 7

Analyser historiquement  Analyser techniquement 

 Existe-il des documents anciens  Existe-t-il une fiche d’état sanitaire


montrant l’ouvrage en fer forgé ? de cet ouvrage en fer forgé ? La fiche
 photographies, cartes postales, d’état sanitaire est un inventaire
plans, dessins, modèles issus à un moment donné de l’état
de traités d’architecture ou physique général du monument,
d’ornement… qui aide le maître de l’ouvrage à
 Existe-il un millésime visible ? planifier les travaux d’entretien et de
 monogramme, armoiries, restauration à court, moyen et long
poinçon, nom de maître- terme, qui permettent d’assurer la
R ega r der et observer

serrurier… conservation du monument.


 L’ouvrage a-t-il été restauré ?  Si la fiche d’état sanitaire manque,
 remplacement total ou contacter la Direction de la
partiel ; restauration du patrimoine1 et pour
 date des différentes campagnes les biens inscrits sur la liste des
de restauration. biens menacés confiés à l’IPW,
 L’ouvrage a-t-il été modifié et/ou contacter la Cellule des missions
10 transformé ? immobilières2.
 présence de panneaux  Dans quel environnement l’ouvrage
Méta u x f e rre u x • F e r f o rgé

différents ; en fer forgé est-il situé ?


 présence d’autres métaux ;  extérieur ou intérieur ?
 absence d’éléments ;  type d’exposition  : plein
 renouvellement ou adjonction soleil, humidité, pollution,
d’ornements. environnement végétal, contact
 De quelle époque l’ouvrage date- direct avec le public…
t-il ?  fréquence d’utilisation de
 le style et l’époque (voir l’ouvrage : période de festivité,
tableaux pages 14 à 19). événements, horaires divers.
 Quelle en est la fonction ?
 élément portant : console de
balcon, ossature de grille,
ossature de portail, ancres,
tirants…
 élément de sécurité : grilles des
garde-corps, rampes d’escalier,
clôtures d’accès…
 élément de protection  : acier : fin XIXe et début XXe
barreaux de fenêtre, d’imposte, siècle.
de soupirail, chardons, Alliage de fer et de carbone
espontons… forgé à chaud. Plus dur que
 élément ornemental: médaillon, le fer et donc plus adapté
armoiries, guirlandes, acanthes, pour la construction de
monogrammes, millésimes structures = LE matériau
calligraphiés, roseaux… pour la construction de gran-
 Quelle est son utilisation ?  des structures comme halls
 ouvrant, fixe, type de de gare, pavillons d’exposi-
sollicitation. tion, hangars, serres. Peu
 De quel type de métal s’agit-il ? d’impact dans la construc-
 ferreux ou non-ferreux ? tion d’habitations, sinon en
• ferreux : fer, fonte et acier. remplacement de poutres
fer : le plus ancien. de bois ou colonnes. Bonne
Ductile et malléable, forgé à résistance à la traction et à
chaud. Bonne résistance à la compression. Très peu de
la traction et au pliage, pas à résistance à la corrosion.
la compression. Résistance
raisonnable à la corrosion. Remarque : issus d’un même
Façonnage à haute tempé- minerai, les métaux ferreux
rature (entre 700 et 1.400°C) ont des propriétés et des
au marteau de forgeron et à qualités différentes selon
l’enclume. l’origine, la composition du
minerai et les traitements
fonte : technique remontant subis.
à la Haute Antiquité avec un Le nom du produit dépend

Reg a rde r et observer


essor au XIXe siècle. de la teneur en carbone :
Fragile et cassable, fon- • le fer pur, aussi appelé
due et coulée. Peu de ré- acier de forge, contient
sistance à la traction et au moins de 0,01% de
pliage. Grande résistance à carbone ;
la compression. Résistance • le fer contient entre
moyenne à la corrosion. 0,01% et 0,19% de 11
Idéale pour production en carbone ;
Méta u x fe r reu x • Fe r fo r gé

série.

8 9 10
• l’acier est un fer ayant  Quel est le degré de corrosion du
une teneur en carbone support ?
comprise entre 0,2% et  sa localisation, son aspect :
1,99% ; couleur, forme, répartition… 
• la fonte présente une  les déformations, fissures,
teneur en carbone déchirures, exfoliations…
supérieure à 2%. Remarque  : le cahier des
Actuellement, les produits charges doit impérativement
que l’on trouve sur le marché décrire de manière précise
sont des aciers. Le fer pur est les conditions d’utilisation et
peu commercialisé car il est d’exposition des éléments
plus fragile et plus onéreux en fer forgé à traiter afin
(coût dix fois plus élevé que de déterminer au mieux le
l’acier)  ; on le réservera traitement de surface.
donc pour les ornements.
Cependant, l’acier est plus
souple et plus résistant à la
corrosion que le fer. 1
La Direction de la restauration
• non-ferreux  : aluminium, du patrimoine propose un modèle
zinc, plomb, étain, cuivre, de fiche d’état sanitaire (F.E.S.),
argent, or (du moins noble accompagné par un « guide de mise
au plus noble). en œuvre », disponible sur demande ou
 Peut-on différencier les métaux téléchargeable sur le site de la DG0 4,
constituant l’ouvrage en fer Département du patrimoine, Direction
R e gar der et observer

forgé ? de la restauration du patrimoine (http://


 si oui, noter la position des mrw.wallonie.be/dgatlp, cliquez sur
uns par rapport aux autres Département du patrimoine, Direction
et évaluer les surfaces en de la restauration du patrimoine) ou par
contact : présence de corrosion téléphone au 081 332 173.
galvanique (formation d’une
pile électrochimique lorsque 2
Pour les biens menacés confiés à
12 deux métaux différents sont en l’IPW : Cellule des missions immobilières
contact dans un environnement (www.institutdupatrimoine.be) ou par
Mé tau x fe r reu x • Fe r fo r gé

corrosif conducteur. Le métal le téléphone 081 654 154.


plus noble attaque le métal le
moins noble).
 Quel est l’état des revêtements de
surface ?
 propreté : poussières, croûtes
noires, graisse… 
 constituants : huile, poix, céruse,
cire, vernis, peinture…
Détailler l’ouvrage en fer forgé Remarque : au XVIIIe siècle,
les tonalités en usage sont
 Quel est son aspect ? généralement le noir, le vert
 dimensions générales des élé- et l’or (le vert pour les grilles
ments ; de jardin et le noir pour les
 sections des montants et des grilles intérieures telles que les
traverses ; rampes d’escalier, les clôtures
 types de barres : dimensions de chœur). Au XIXe siècle, la
et formes ; couleur bronze est utilisée en
 sections et entraxes de chaque extérieur, tandis que les gris-
élément ; vert, les verts d’eau, les bleus
 types de grille : en claire-voie et les gris-bleu apparaissent
aux panneaux alternative- avec l’Art nouveau.
ment longs et courts, châssis
constitués de montants et de
traverses ;
 types d’ornements : volutes à
noyau, à courbe, à contre cour-
be, palmettes, pistils à graines,
fleurs, acanthes, feuilles d’eau,
fers de lance, médaillons, ro-
cailles…
 Quelles sont les techniques utili-
sées ?
 le fer forgé est un travail de
sculpture du fer à chaud sans
enlèvement de matière, avec

R ega r der et o bserver


pour propriété unique de se
souder à lui-même ;
 types d’assemblages  : trou
renflé, collier, tenon-mortaise,
lien, rivure, contre rivure, mi-
11
fer, brasure, soudure, vis…
 Quelle est sa finition ? 13
 couleur, brillance, texture.
Mé tau x fer r eux • Fer for g é

 Quel est le type de scellement ?


 plomb, résine, mortier de ci-
ment… pour les ouvrages
fixes, pattes de scellement,
tourillons, pivots, crapaudines
pour les ouvrages mobiles.
 Existe-t-il des éléments cassés ou
manquants ?
 lister les manques.

12
Époques/
Illustrations Décors Types d’éléments
siècles
Roman - Motifs à répétitions Grilles à claire-voie
XIe et XIIe simples
siècles - Volutes au calibrage dé-
croissant jusqu’au noyau
de départ
- Grilles : petits panneaux
à volutes adossées ou
affrontées. Noyau ouvert
dû à un spiralage serré

Gothique - Motifs à répétitions et Apparition de menues


XIIIe siècle souvent verticaux : élé- clôtures dans les édifices
ments végétaux, floraux, religieux : chœurs ou
anthropomorphes et théothèques
zoomorphes
- Décors de feuilles réali-
sées à l’étampage aux
extrémités des volutes
R e gar der et observer

Gothique - Motifs quadrilobés et Grilles de défense et clôtu-


rayonnant et répétitifs res de chœurs
flamboyant - Volutes moins présentes
XIVe et XVe - Apparition des feuilles
siècles d’acanthe et de chêne
14 - Motifs en carreaux (cartes
à jouer)
Mé tau x fe r reu x • Fe r fo r gé

- Succession de barreaux
présentés sur angle ou
« de chant »

Renaissance - Quadrilobes en lancettes - Grilles : peu d’exemples


Gothique tardif flamboyantes - Apparition du travail de
XVIe siècle - Style flamboyant et végé- serrurerie, décoration
tal : bouquets de fleurs, intérieure et mobilier
rosaces
- Barreaudages verticaux
terminés en pointe
- Traverses horizontales à
bandes chargées de dé-
cors en repoussé, gravé
et repercé
Illustrations Techniques Illustrations Assemblages

- Étiré au marteau - Trous renflés


- Soudure à chaud par - Tenons et mortaises
forgeage, chauffage et - Utilisation du collier
martelage sans apport pour l’adossement de
de matière motifs en C
- Brasure

- Apparition de l’étampa- - Embrèvements


ge pour les ornements - Rivets
(rosaces, brindilles,
acanthes)
- Travail en ronde bosse
- Barre spatulée
(écrasée en forme de
cuillère)

- Utilisation de tôles - Colliers plus rares

R e gar d er e t o bserver
ajourées obtenues par - Rivets agrémentés
martelage, découpées d’une corolle découpée
et repoussées et repoussée
- Travail en orbe voie - Mi-fer et vis
- Influence des tech-
niques d’orfèvrerie :
ajourage et filigrane
Mé tau x fer r eux • Fer for g é 15

- Usage du vérin hy- - Usage courant de la


draulique pour étirer le vis, du mi-fer et des
fer et la tôle entrelacs
- Usage de la fenderie
- Bandes de décor tôlé
battu, repoussé, gravé
et repercé
- Apparition du repous-
sage
- Ciselure pour croix faî-
tières et théothèques
Époques/
Illustrations Décors Types d’éléments
siècles
Baroque - Grande rigidité symétrique - Apparition des rampes
XVIIe siècle - Thématique de l’Antiqui- d’escaliers
Style Louis XIII té : chapiteaux, frontons, - Garde-corps de fenêtres
et Style Louis moulures… et de portes-fenêtres
XIV - Décor de balustres en
pistils à graines
- Découpe sommaire et
sèche : simple retour à la
ligne

Début XVIIIe - Excellence technique - Rampes d’escaliers


siècle - Syntaxe rigoureusement à panneaux longs et
Style Louis XIV symétrique (axe vertical + pilastres
axe horizontal) - Frise sous la main cou-
- Surfaces décorées : rante des escaliers
feuillages, coquilles, - Grilles pour portes monu-
palmettes, médaillons mentales, clôtures, grilles
inscrits ou non dans un de chœurs d’église,
cartouche, entrelacs, chapelles
feuilles d’eau, feuilles - Pilastres et frontons aux
d’acanthe, fers de lance ailerons involutés
- Spiralage serré du noyau
R e gar der et observer

de départ des volutes


- Alternance panneaux
courts et panneaux longs

Moitié XVIII e - Compositions symétriques Idem


siècle (réalisation plus aisée) et
Style Louis XV asymétriques (plus rare)
16
Rococo - Triomphe pour la
Mé tau x fe r reu x • Fe r fo r gé

courbe et la fantaisie :
volutes doubles, triples et
profusion d’ornements,
accolades, arabesques,
feuillages exubérants

Fin XVIIIe siècle - Motifs géométriques : - Grilles : compositions


Style Louis XVI cercle, carré, rectangle, barreaudées à frontons à
Néoclassique losange. Rigidité des volutes, armoiries centra-
lignes. Sécheresse des les et pilastres
décors - Importante production de
- Médaillons circulaires, rampes d’escaliers
ovales, vases, succession
de perles et de grecques
formant des frises
- Cadre intérieur évidé en
demi-carré ou saillant à
crossettes et rosaces
Illustrations Techniques Illustrations Assemblages

- Fers plats minces - Liens de cordon


- Tôles de fer rivées - Maintien du collier rivé

- Fer carré pour le - Montage de fers ins-


châssis et fer plat pour piré des assemblages
l’élément de claire-voie de menuiserie : tenons
- Ornements en tôle et mortaises et mi-fer
repoussée, parfois - Montage exigeant
coulés en bronze quant au cadre inté-
- Étampage pour les rieur et aux motifs de
ornements la claire-voie
- Liens de cordon

R e gar d er e t o bserver
- Apparition de la fonte : - Usage généralisé des
travail au laminoir à billes d’espacement ou
chaud : production plus contre-rivures
rapide - Abandon progressif
- Ornements en tôle des colliers
repoussés et relevés - Usage généralisé 17
- Emploi d’éléments fon- du rivet et du lien de
Mé tau x fer r eux • Fer for g é

dus pour la décoration cordon

- Emploi d’ornements en - Usage fréquent des vis


fonte concurrençant - Concurrence fer-fonte
les relevures en tôle
Époques/
Illustrations Décors Types d’éléments
siècles
Début XIXe - Composition géométrique - Garde-corps de fenêtres
siècle rigoureuse - Abandon de l’encadre-
1er style Empire - Ornements en fonte : ment intérieur dans les
ou prolonge- palmettes, feuillages, rampes d’escaliers
ment du style rosaces circulaires, cou-
néoclassique ronnes de laurier

Début XXe - Éclectisme : styles néo - Garde-corps aux barres


siècle Louis XIV et néo Louis de section rectangulaire,
Art nouveau ou XV ronde ou carrée
style 1900 - Art nouveau : motifs
d’inspiration végétale
(lianes, ceps de vigne,
feuilles), asymétriques -
Courbes en « coup de
fouet »
R e gar der et observer

Vers 1930 - Formes aux angles arron- - Garde-corps, balustrades,


Art déco dis, ovoïdes, circulaires rampes
- Enchevêtrements de
carrés, de triangles, de
cercles
- Grappes de fruits, rosa-
18 ces, bouquets stylisés
Mé tau x fe r reu x • Fe r fo r gé
Illustrations Techniques Illustrations Assemblages

- Pratique de la fonte - Fin du XIXe siècle :


totalement maîtrisée abandon du rivet pour
et utilisée pour l’art dé- la vis (grands ouvrages
coratif. Le fer sert pour métalliques)
le travail de structures Ornements vissés
portantes dans les ouvrages
- Décors moulés - Art du monteur et de
l’ajusteur dans les
assemblages mi-fer et
tenon et mortaise

- Renaissance de l’art - Début XXe siècle :


de la forge face à une retour du rivet
grande vitalité d’œu- - Exploitation décora-
vres en fonte tive du rivet et de la
- Fin XIXe siècle : contre-rivure en bille
production intensive de ou pommette
l’acier
- Apparition de l’alumi-
nium

- Utilisation et mélange - Utilisation des vis


de cuivre, laiton et - Apparition de la

R e gar d er e t o bserver
acier poli soudure électrique et
- Fer laminé à forte oxyacétylénique
teneur en carbone
donc vulnérable à
l’oxydation
- Décors coulés en série

Mé tau x fer r eux • Fer for g é 19


20
Mé t aux fer r eux • Fer for g é Ti tre chapitre
Entretenir

ENTRETENIR UN BIEN CLASSÉ EST UNE OBLIGATION LÉGALE

Le propriétaire d’un bien classé peut bénéficier d’une


déductibilité fiscale pour les frais d’entretien, de conservation
ou de mise en valeur du monument1.

14 15

Q u ’ a pp e l l e - t - o n des t r ava u x
d’entretien ?

 Ce sont des interventions régulières Si l’eau et l’air n’atteignent pas le


et légères visant à maintenir l’ouvra- métal, il n’y aura pas de corrosion. La

E ntr e ten i r
ge en fer forgé en bon état. peinture reste la technique traditionnelle
 L’entretien ne modifie en aucun cas pour protéger le fer forgé. Un entretien
l’aspect de l’élément. régulier évite d’importants travaux de 21
réparation et de restauration.
Mé tau x fer r eux • Fer for g é

Les peintures et vernis deviennent


poreux par vieillissement ou sous
l’influence des conditions atmosphéri-
ques. Ils commencent à se fissurer, à
s’exfolier ou à se délaminer. Le métal
quant à lui se dilate sous l’influence des
variations de température, provoquant
l’altération de la couche de protection.

1
Consulter :

• SPW, DGO 4, Département du patrimoine, Direction de la protection du patrimoine


(http://mrw.wallonie.be/dgatlp, cliquez sur Département du patrimoine, Direction
de la protection du patrimoine) ou téléphonez au 081 332 189.

13
Entretenir c’est…

 Tous les 6 mois, le propriétaire : Remarque : les produits à base


 entretient la végétation environ- de chlore sont à proscrire pour
nante, éradique les éventuels le nettoyage du fer forgé.
micro-organismes (bactéries,
champignons, algues…) ;  Tous les ans, le propriétaire :
 nettoie à l’eau savonneuse  vérifie, pour les balcons, l’état
tous les éléments en fer forgé, de l’assise en pierre et la soli-
notamment les points les plus dité du garde-corps ;
sensibles, c’est-à-dire les en-  vérifie la solidité du scellement
droits où l’eau et les salissures des montants.
peuvent s’accumuler ou péné-
trer (zones d’assemblages, de
scellements et de fixations) ;
 rince l’ouvrage à l’eau claire.
E n tre t enir

22
Mé tau x fe r reu x • Fe r fo r gé

16 17
 Tous les 5 à 10 ans, le propriétaire  applique un système de pein-
ou le peintre : ture :
 vérifie la présence de traces • retouche les parties dénu-
de rouille ; dées en superposant plu-
 prépare le support : sieurs couches picturales
• nettoie à l’eau savonneuse compatibles entre elles (voir
pour enlever poussières, sa- chapitre maintenir).
letés et l’un ou l’autre dépôt
gras ; Remarque : les parties dé-
• passe à la brosse métalli- nudées doivent absolument
que ou ponce à l’aide de être traitées par temps sec, à
papier de verre les taches l’abri du soleil et du gel dans
de rouille pulvérulente et les les 3 à 4 heures qui suivent
peintures non adhérentes. le ponçage. Le support doit
L’aspect obtenu doit être absolument être sec, propre
lisse et présenter un lé- et dépoussiéré.
ger « brillant métallique ».

E n tre t eni r
Mé tau x fer r eux • Fer for g é 23

18 19
24
Mé tau x fe r reu x • Fe r fo r gé Titr e ch apitre
Maintenir

21 22

Q u ’ appelle - t - on des travaux de Maintenir c’est…


maintenance ?
Réaliser des réparations « in situ ».

 Ce sont des travaux, provisoires ou Préparer le support :


définitifs, suite à des dégradations
avancées, qui ne compromettent  nettoyer et dégraisser, c’est-à-dire
pas une restauration future. éliminer tout ce qui est néfaste à

Mai n ten i r
la protection appliquée ultérieure-
ment ;
 enlever tous les points de rouille 25
par brossage (brosse métallique) ou
Mé tau x fer r eux • Fer for g é

ponçage au papier de verre. Cette


méthode donne le meilleur résultat
même si la tâche est ardue. Le meu-
lage mécanique et le martelage sont
à réserver aux spécialistes. L’aspect
obtenu doit être un « blanc métalli-
que » très net ;
 les zones inaccessibles par l’abra-
sion mécanique peuvent être im-
prégnées par un produit inhibiteur
de rouille fluide qui « absorbera »
la rouille jusqu’au métal (jonction
d’une volute, d’une feuille…). Ce
produit ne remplace pas un anti-
rouille.

20
23

L’épiderme de l’ornement a été éliminé par un sablage trop abrasif, qui a également démultiplié la surface
en y creusant une multitude d’aspérités

Remarque : pour les monuments  appliquer une couche intermédiaire


classés, le sablage « in situ » est de phosphate de zinc dans les 24
M ain t enir

à proscrire car mal utilisé ou mal heures ;


contrôlé, il abîmera de manière  appliquer une à deux couches de
irréversible l’ouvrage en fer forgé. finition (voir chapitre restaurer) ;
26 Par ailleurs, il est difficile de pro-  effectuer le travail par temps sec, à
téger totalement les matériaux l’abri du soleil et du gel, en couches
Mé tau x fe r reu x • Fe r fo r gé

environnants (maçonneries, minces et régulières, en observant


menuiseries…). La récupéra- un temps de séchage entre chaque
tion du sable est difficile et des couche ;
précautions particulières doivent  s’assurer qu’il n’y aura pas de
être prises s’il s’agit d’anciennes condensation sur les pièces à pein-
peintures au plomb. dre ;
 dans le cas de forts reliefs, d’angles
Appliquer un système de produits : droits ou aigus, de creux, de
systèmes d’assemblage de type
 appliquer à la brosse ou au pistolet rivets ou boulons, des pré-retouches
à air une peinture antirouille. Cette à la brosse sont nécessaires afin de
peinture doit contenir au minimum garantir en tous points l’uniformité
94% de poudre de zinc et 98% en des épaisseurs.
zinc total. Les liants doivent être
insaponifiables ;
Les éléments à sauvegarder

24 25 26

27 28 29

M ain t eni r
Mé tau x fer r eux • Fer for g é 27

30 31 32

24 : blocage de tirant 29 : grille de fenêtre


25 : faîtage 30 : barreaudage
26 : girouette 31 : main courante
27 : arrêt de contrevent 32 : grattoir
28 : soupirail
28
Mé tau x fe r reu x • Fe r fo r gé Titr e ch apitre
Restaurer

Le propriétaire d’un bien classé peut bénéficier d’aides


financières régionales (procédure administrative et de
subsides appelée certificat de patrimoine) auprès de la
Direction de la restauration du patrimoine et obtenir des
conseils spécifiques pour la réaffectation auprès de la Cellule
des missions immobilières de l’Institut du Patrimoine wallon
(IPW).

34 35

Q u ’ appelle - t - on des travaux de Restaurer c’est…


restauration ?

 Intervenir sur des ouvrages en fer


 Ce sont des travaux qui ont pour forgé dont l’état nécessite la dépose
but de conserver et de révéler les et la restauration en atelier.

R est a ure r
valeurs esthétiques et historiques
d’un monument. Ils se fondent sur le
respect de la substance ancienne et 29
de documents authentiques. La res-
Mé tau x fer r eux • Fer for g é

tauration s’arrête là où commence


l’hypothèse. Les travaux de restau-
ration doivent garder un caractère
exceptionnel (extraits de la Charte
de Venise).

Consulter :

• SPW, DGO 4, Département du patrimoine, Direction de la restauration (http://


mrw.wallonie.be/dgatlp, cliquez sur Département du patrimoine, Direction
de la restauration du patrimoine) ou par téléphone au 081 332 173
• Le guide du propriétaire de monument tomes 4, 5 et 6
• Institut du Patrimoine wallon (IPW) – Cellule des missions immobilières
(www.institutdupatrimoine.be) ou par téléphone 081 654 154.

33
Avant de déposer un ouvrage en fer  déterminer l’état des revête-
forgé ments et des anciens fonds qui
recouvrent le métal : minium de
études préalables éventuelles plomb, peinture…
• propreté : poussières, croû-
 Analyse en laboratoire pour défi- tes noires, graisse…
nir le type de métal (composition • écaillement de la peinture :
chimique). uniformément ou locale-
 Étude de stabilité. ment ;
 Étude des polychromies. • gerçure du métal ;
• perforation du métal ;
réaliser un relevé photographique et • éclatement et perte du ma-
dimensionnel tériau.
 Définir le degré de corrosion :
 Photographier l’élément. la corrosion est la détérioration d’un
 Photographier chaque panneau matériau par le milieu dans lequel il
fixe ou ouvrant, chaque type de se trouve. En présence d’humidité
fixation. et d’air, une couche d’oxyde de fer
 Réaliser un inventaire rigoureux : à caractère hydrophile, la rouille,
 chaque élément doit être loca- se forme naturellement à la surface
lisé, identifié, analysé dans sa du fer. Cette modification chimique
composition, sa position, son bouleverse les qualités physiques
mode de fixation ; de la matière : le métal gonfle et
 relever les manques et toutes devient poreux, puis s’exfolie, ce qui
les déformations ; provoque diverses déformations et
 relever les cassures et déchi- une perte de résistance.
rures dans les éléments de  les facteurs de corrosion :
jonction ; • physiques : vent, sable, ré-
R e sta urer

 relever les présences de cor- sultats de chocs…


rosion ; • chimiques : liés aux agents
 relever les assemblages man- polluants ;
30 quants ; • biologiques  : micro-orga-
 relever les défauts de la couche nismes (bactéries, champi-
Mé tau x fe r reu x • Fe r fo r gé

de finition, de la porosité… gnons, algues…) ;


• électrochimiques : se déve-
évaluer l’état de surface du métal loppent en présence d’un
électrolyte composé par
 Examiner l’état des revêtements : exemple d’eau, de sels et
 la couleur est le premier élé- d’oxygène. Ce facteur est
ment visible de l’altération d’un susceptible d’entraîner un
métal. À chaque stade d’obser- autre type de corrosion : la
vation d’un champ visuel large corrosion galvanique. C’est
puis de plus en plus rétréci, la l’altération la plus fréquente
couche picturale permet d’éta- en patrimoine.
blir un bilan sanitaire ;
 les conséquences de la cor-
rosion :
• gonflement : le métal gonfle
et exerce des pressions qui
peuvent entraîner des fissu-
res dans les maçonneries
de pierres ou de briques ;

38

36

• affaiblissement : perte de
résistance du métal, il se 39
délamine, se fend ou se
casse ;
 les objectifs de la protection
anticorrosion :
• protéger le métal de la cor-
rosion ;
• modifier les caractéristiques
de surface du métal : le dur-

R est a ure r
cir, augmenter sa rugosité,
faciliter l’accrochage d’une
peinture… 31
• aspect esthétique : brillan-
Mé tau x fer r eux • Fer for g é

ce, couleur, effet de mar-


brure…

La dépose d’un ouvrage en fer forgé


37

 Déposer seulement les panneaux


• aspect esthétique : perte des qui présentent des pathologies
ornements et de la finesse graves.
des détails. Le fer corrodé  Privilégier la dépose panneau par
peut également déposer panneau.
des marques brunes sur les  Desceller  : le descellement d’un
matériaux sous-jacents. ancrage au plomb est un travail
difficile et délicat. Pour libérer les
ancrages :
 ramollir le plomb pour pouvoir dans les zones de contact. Il
retirer les barres de l’ouvra- est recommandé pour les élé-
ge ; ments délicats, les décors et
 brûler les scellements avec un les assemblages. Toutefois, la
oxycoupeur. À réserver dans surface obtenue ne présente
des cas exceptionnels car ce pas une rugosité favorable à
système occasionne des dé- une meilleure accroche du sys-
gâts aux matériaux environ- tème de peinture.
nants ;  Établir un inventaire précis de tout
 couper les éléments au-dessus ce qui peut être sauvé et de tout ce
de l’ancrage et réaliser par la qui devra être remplacé :
suite un assemblage à mi-fer,  réaliser le plan des éléments
pour autant que l’ancrage soit manquants : dessins, prises
toujours en bon état. d’empreintes, moulages…
 Démonter complètement l’ouvrage.  possibilité de production en sé-
Éviter au maximum de démonter rie des éléments manquants :
les assemblages (soudures, rivu- découpe au jet d’eau ou au
res…). laser (diminution du coût de
la main-d’œuvre).
 Définir les nouveaux assemblages
Après dépose d’un ouvrage en fer à réaliser :
forgé  par brasure :
• assemblage par apport d’un
restaurer les fers métal plus fusible ;

 Ôter la rouille de tous les fers et


de tous les assemblages pour per-
mettre une visualisation exacte de
R e sta urer

son état :
 par gommage, qui peut être
réalisé avec des granulats de
32 nature différente, en fonction
de leur dureté (voir échelle de
Mé tau x fe r reu x • Fe r fo r gé

Mohs). Le granulat utilisé sera


choisi en fonction de la nature
du support, de son niveau de
40
dégradation et de la finesse des
ornements. Le gommage reste
un procédé relativement vio-  par soudure autogène :
lent, à éviter sur les ouvrages • à la forge, sans apport de
en mauvais état. Des essais matière, méthode la plus
doivent toujours être réalisés ancienne ;
et permettront de déterminer • à l’arc électrique ou oxyacé-
la méthode à prescrire pour le tylénique, avec apport de la
nettoyage complet ; même matière.
 par bain électrolytique (eau + 5% Réserver les techniques
de polysulfure de potassium). contemporaines de soudure
Ce système a l’avantage d’en- pour les pièces fragilisées
lever toute la rouille, la cala- qui ne pourraient suppor-
mine, la peinture et l’antirouille ter un travail à la forge.
Veiller à chanfreiner les quel type de produits utiliser ?
bords pour réaliser une sou-
dure invisible. Les soudures Revêtement organique
sont définitives et irréversi-  Un bon système de peinture doit
bles. comprendre :
 par assemblage à mi-fer :  une préparation du support,
système réversible qui permet avec 2 objectifs :
un réglage dimensionnel ; • nettoyer suite à la restaura-
tion de l’ouvrage (graisse,
calamine…) ;
• favoriser l’accrochage de la
couche primaire (en fonc-
tion de la nature du métal
et de l’état de dégradation
de l’ouvrage en fer forgé).
Voir : restaurer les fers.
 l’application d’un système de
peinture :
• une couche de primaire
antirouille riche en zinc,
pour trois raisons :
- un effet barrière entre le fer
et son environnement ;
- une protection électrochi-
mique du fer par ce mé-
tal ;
- le zinc possède le même
coefficient de dilatation
que le fer.
41
Les traitements à base de
zinc demandent une surface

R est a ure r
 par rivetage, clavetage. de fer parfaitement propre.
Le traitement antirouille
Remarque : utiliser toujours du fer doit être compatible avec 33
pour éviter la corrosion galvani- tous les produits qui seront
Mé tau x fer r eux • Fer for g é

que. en contact avec lui (joint,


produit de scellement, do-
rure…). Il doit être appliqué
dans un délai maximum de
3 à 6 heures après la pré-
paration du support ;
• une couche intermédiaire :
elle constitue une barrière
étanche à l’eau et aux
gaz. Cette couche est un
phosphate de zinc avec ou
sans durcisseur. L’applica-
tion de la couche intermé-
42 diaire doit être impérative-
ment réalisée dans les 24
Acier inoxydable
heures après la pose de la Pas recommandé en patrimoine ;
couche antirouille ; température très élevée (400 à
• une ou deux couches de 600°C) qui augmente les risques
finition : de déformations et de contraintes
pour l’esthétique mais aux soudures.
également pour protéger
la couche intermédiaire du Revêtement mixte
rayonnement ultra-violet.  Revêtement métallique + peinture
La finition peut également
être réalisée par thermola- Remarque : la dorure et l’argenture sont
quage (peinture en poudre des traitements de finition au même titre
+ cuisson) ; elle donne un que la peinture. Les zones dorées à la
aspect fort neuf qui est à feuille le sont par-dessus le traitement
déconseiller sur les ouvra- anticorrosion.
ges anciens. La dorure se fait à froid, à la feuille sur
mixtion, ou à chaud :
Remarque : il est très important de res-  dorure à la feuille sur mix-
pecter les délais de recouvrement et tion :
les modalités d’application préconisés on commence par isoler le
par le fabricant. Si certains paramètres support par une couche de
ne sont pas respectés (délais, épais- couleur tampon (rouge, jaune
seur des couches…), cela entraîne ou ocre) compatible avec la
une diminution de la durabilité du trai- mixtion. La mixtion (vernis
tement. Des couches incompatibles avec temps de séchage
entre elles risquent de provoquer très prédéfini) est posée sur
rapidement (dans les 2 à 3 mois) des le support. Lorsqu’elle est
désordres tels que décollements, clo- « amoureuse », la feuille d’or
ques, reprise de corrosion… (minimum 24 carats à l’exté-
Re s tau rer

rieur) est appliquée et lissée


Revêtement métallique au pinceau doux ;
 Le zingage électrolytique :
34 la pièce est plongée dans une solu-
tion aqueuse de sels de zinc qui, sous
Mé t aux fer r eux • Fer for g é

l’action du courant, se dissocient ; le


zinc métal se déposant sur la pièce
placée en cathode.
Valable pour des éléments de petites
dimensions (dimension du bac de
trempage).
 La métallisation ou shoopage (traite-
ment à froid) :
43
à l’aide d’un pistolet, des gouttelettes
de zinc fondu sont projetées sur la
pièce à traiter.
 La galvanisation au trempé (traitement
à chaud) :
inventée en 1836. Protection de sur-
face qui consiste à revêtir les pièces
métalliques par immersion dans un
bain de zinc fondu.

44
 dorure à chaud ou à l’amal- Remarque : presque toutes les
game : anciennes peintures (jusque dans
on applique un amalgame d’or les années 1970) contiennent de
en poudre et de mercure à la la céruse, un carbonate de plomb
surface du métal et on laisse toxique.
le mercure s’évaporer au feu. NB: l’emploi de la céruse comme
pigment est interdit en Belgique de-
quel type de peintures ? puis 1926, et les peintures actuelles
ne peuvent plus en contenir.
Anciennement
 Les peintures se composaient de : Actuellement
 pigment (poudre colorée)  :  Les peintures se composent de :
les plus fréquemment utili-  pigment, naturel ou artificiel :
sés étaient le noir de fumée, produit de charge qui donne
l’oxyde de cuivre (malachite), la couleur et l’opacité ;
le minium de plomb, le vert-de-  liant :
gris et la poudre d’or ; substance filmogène qui
donne son nom à la peintu-
re : alkyde, époxyde, polyu-
réthane ;
 solvant :
qui dissout le liant et s’éva-
pore après application.
 Les peintures à base de résines alk-
ydes en solution sont des peintures
brillantes ou satinées qui présentent
une bonne durabilité en atmosphère
normale.
45
 Les peintures à base de résines
époxydes à deux composants en
 liant : solution sont des peintures brillantes

Re s tau r er
qui enrobe les particules du qui présentent une bonne dureté,
pigment et les fait adhérer au une bonne résistance à l’eau, aux
support : les huiles, la colle agents chimiques, aux ambiances 35
ou la gomme végétale ; agressives et à l’abrasion.
Mé ta ux f err e ux • Fer f org é

 solvant :  Les peintures à base de résines po-


qui est un produit diluant, flui- lyuréthanes à deux composants en
de et volatile, comme l’eau, solution sont des peintures brillan-
la térébenthine et l’alcool ; tes qui présentent une bonne du-
 siccatif : reté, une bonne résistance à l’eau,
qui améliore la dessiccation aux agents chimiques et à l’abra-
des couleurs, comme l’huile sion ainsi qu’une très bonne tenue
de lin, l’huile grasse, la cé- à l’extérieur.
ruse calcinée…  Les peintures à base de résines
polyuréthanes à un composant,
 Les vernis sont à base de résine ou d’aspect mat à brillant, durcissent
de gomme végétale dissoute dans à l’humidité atmosphérique et offrent
la térébenthine ou l’alcool. Ils sont une bonne résistance générale et
translucides, incolores et assurent très bonne adhérence aux subjec-
brillance et protection. tiles métalliques.
montage à blanc l’aide de mailles de plomb
que l’on tasse dans le trou de
 Pour éviter les erreurs avant la pose scellement.
finale.
 À réaliser avant le traitement de Les scellements contemporains
surface.  Le mortier à la chaux, perméable à
l’eau, le ciment ou les résines trop
rigides sont à proscrire sur monu-
La repose d’un ouvrage en fer forgé ments classés.

sceller

Au plomb
 L’utilisation du plomb présente plu-
sieurs avantages :
 cohésion :
lorsqu’il est coulé, il se dif-
fuse dans les interstices et,
en se refroidissant, il donne
une forte cohésion à l’ensem-
ble tout en conservant une
certaine souplesse ;
 souplesse :
il amortit la dilatation du fer
due aux changements de
température ;
 antirouille :
en constituant une gangue
R e sta urer

autour des ancrages, il per-


met de contenir les oxydes
46
de fer et d’éviter que ceux-ci
36 ne viennent endommager la
pierre.
Mé tau x fe r reu x • Fe r fo r gé

 La mise en œuvre peut être exécu-


tée de deux manières :
 à chaud :
avant de couler le scellement,
il est prudent de préchauffer
le trou destiné à recevoir l’an-
crage. La présence d’humidité
lors de la coulée du plomb en
fusion peut créer des projec-
tions dangereuses pour l’opé-
rateur en provoquant l’éjection
du scellement.
 à froid :
pour les scellements verti-
caux. Le plomb permet, par
47
sa souplesse, de sceller à
Les détails inacceptables

48 49

50 51

R est a ure r
Mé tau x fer r eux • Fer for g é 37

52 53

48 : suppression de l’ouvrage
50 : altération préjudiciable
49 et 51 : adaptation sans respect de l’ouvrage en place
52 et 53 : déplacement de l’ouvrage hors contexte
38
Mé tau x fe r reu x • Fe r fo r gé Titr e ch apitre
Substituer

Substituer signifie mettre quelque chose à la place d’une


autre pour lui faire jouer le même rôle.

55 56

Création contemporaine sur base de données archéologiques

Q u ’ appelle - t - on des travaux de


substitution ?

 Ce sont des travaux reconnus indis- Parmi les métaux employés pour la
pensables pour raisons techniques substitution, les aciers inoxydables

S ubs t itu e r
ou esthétiques relevant de la com- sont de plus en plus utilisés pour leur
position architecturale et qui porte- bonne résistance à la corrosion, pour
ront la marque de notre temps (cf. leur coefficient de dilatation équivalent
Charte de Venise). à celui de la pierre et pour leur identifi- 39
cation immédiate en tant qu’éléments
Mé tau x fer r eux • Fer for g é

de restauration. Cependant, une mé-


Substituer c’est… connaissance des différentes qualités
d’aciers inoxydables et de leurs produits
 une création contemporaine qui de scellement (résines, plâtres...) ne
allie le programme d’un maître de donne pas toujours le résultat escomp-
l’ouvrage et la créativité d’un archi- té. Dans ce cas, il est indispensable
tecte ; de s’adresser aux spécialistes de ces
 un geste architectural qui s’intègre à techniques et de vérifier leur tenue dans
un bâti existant, sans s’y imposer. le temps.

54
40
Mé tau x fe r reu x • Fe r fo r gé Titr e ch apitre
Adapter

58 59

Q u ’ a pp e l l e - t - o n des t r ava u x Adapter c’est…


d’adaptation ?
 mécaniser une ouverture de grille
grâce à une boîte hydraulique en-
 Ce sont des travaux qui ont pour but castrée dans le sol. Cette solution
de combiner respect de l’ouvrage en permet un verrouillage sans adjonc-
fer forgé, technologies et contrain- tion d’une serrure contemporaine ;
tes des valeurs architecturales.
 rapporter des éléments : panneaux
publicitaires, boîtes aux lettres, son-
nettes, supports de jardinières…
À proscrire sur monuments clas-

A dap t er
sés.

Remarque : dans le cas d’une fai- 41


blesse dans l’ouverture d’une grille,
Mé tau x fer r eux • Fer for g é

éviter de placer un roulement de


renfort au pied du vantail mobile car
celui-ci risque de créer de nouveaux
désordres au niveau des charniè-
res.

60 61 62

57
42
Mé t aux fer r eux • Fer for g é
Les ouvrages intérieurs

65
64

Les ouvrages en fer forgé situés à l’in-  le délai entre le nettoyage et


térieur échappent aux facteurs princi- la pose du traitement anticor-
paux de corrosion dus aux conditions rosion est de 6 heures maxi-
atmosphériques. Leur entretien et leur mum ;
maintien sont plus aisés mais ils doivent  la couche intermédiaire doit
être réguliers et adaptés. être appliquée dans les 24
heures maximum.

L es o uvr a ges intérieurs


ENTRETENIR ET MAINTENIR
RESTAURER
Les recommandations énoncées dans
les chapitres « entretenir » et « main- Processus de dépose, d’évaluation
tenir » des ouvrages en fer forgé exté- de l’état de surface et choix du trai-
rieurs sont valables pour l’intérieur. tement
(voir chapitre restaurer des ouvrages
Pour le traitement « in situ » : en fer forgé extérieur). 43
 le brossage manuel et le pon-
Mé tau x fer r eux • Fer for g é

çage au papier de verre sont quel type de peintures ?


les méthodes recommandées
qui donnent le meilleur résultat, Anciennement
tout en sachant que cette tâche  Les revêtements étaient :
est ardue ;  l’huile :
 les moyens mécaniques de le métal encore chaud était en-
type « gommage » sont à pros- duit d’une couche d’huile pour
crire, tout comme le nettoyage provoquer, en réaction, une
à la flamme (risque d’incendie : pellicule de protection (huile de
la peinture est un matériau in- lin cuite et minium suivie d’une
flammable) ; application de noir de fumée
 le nettoyage à l’aide de pro- ou de vert de montagne). Cette
duits chimiques est déconseillé opération demandait un temps
pour les ouvrages en fer forgé de pose entre chaque phase
en atmosphère intérieure ; pouvant atteindre 3 à 4 jours ;

63
 le vernis : Sur des ouvrages anciens en fer forgé,
protection transparente pour il est tout à fait possible de retrouver des
bloquer le processus de cor- traces de mise en couleurs polychro-
rosion et isoler la ferronnerie mes, notamment parce que les ferron-
de l’agression d’agents oxy- neries intérieures sont moins abîmées ;
dants ; les couches primaires sont donc mieux
 la cire : conservées.
pour protéger des agents oxy-
dants et donner un aspect pa- C’est le cas du palais abbatial de Saint-
tiné. Il s’agit de cire diluée avec Hubert (province de Luxembourg).
de l’essence de térébenthine, L’étude effectuée à la demande du
cire en bâton ou cire d’abeille Département du patrimoine a révélé
fondue avec du noir de fumée une riche polychromie du garde-corps
ou du noir d’os (brunissage). de l’escalier d’honneur, probablement
entouré de décors polychromes sur les
Actuellement enduits des murs.
 Les revêtements sont :
 les cires minérales qui offrent Il s’agit de panneaux à claire-voie
un bon vieillissement ; constitués de barres forgées en volutes
 les peintures  : voir page 35 auxquelles sont rivetées des représen-
« Quel type de peintures ? ». tations réalistes bifaces en tôle repous-
sée (feuillages, animaux et personna-
scellements ges). L’étude a permis de déterminer les
Le s ou vrages intérieurs

couleurs utilisées (rouge vif, bleu ciel et


 Au plâtre. vert olive) et a proposé une restitution
 Vis à bois ou boulons de fixation : du garde-corps polychromé.
pour remplacer par une vis en acier
inoxydable, il faut tenir compte de
la corrosion galvanique.

44
Mé t aux fer r eux • Fer for g é

66 67
Glossaire acier : alliage de fer et de carbone.
L’acier peut être forgé, mis en
forme au marteau et fondu.
Comme pour le fer ou la fonte,
d’autres éléments tels que sa
provenance, sa composition,
les traitements subis influent
sur ses propriétés et ses
utilisations.

aluminium : mélange blanc et léger,


mou, malléable et inoxydable à
l’air. Il peut être fondu, laminé ou
estampé. Il peut subir tous les
travaux de décor et de finition
par ciselure, matage et gravure,
très faciles à réaliser grâce au
peu de dureté du métal.

ancre : pièce de métal rapportée à


l’extrémité d’un tirant ou d’une
chaîne.

armoiries : ensemble des emblèmes


symboliques qui distinguent
une famille noble ou une
collectivité.

bague ou collier : assemblage formé


d’un anneau ou d’un cercle
mouluré, décoré ou non,

Gl o ssa i re
maintenant deux éléments
juxtaposés latéralement ou
superposés horizontalement. La 45
bague ou collier est constitué(e)
Mé ta ux f err e ux • Fer f org é

d’un seul morceau ou de deux


moitiés assemblées par des vis
ou des rivets.

barreaudage  : remplissage de
barreaux. Néologisme pour
désigner l’ensemble des
barreaux verticaux formant la
claire-voie d’une clôture en fer
forgé.
bille : assemblage constitué d’une dard : ornement en forme de fléchette
petite masse sphérique de fer ou de fer de lance.
forgé disposée entre deux fers
droits ou courbes et maintenue dard flammé : ornement dans lequel
par un rivet transversal à tête la fléchette est torsadée,
affleurante. Les billes peuvent ressemble à une flamme.
être plus ou moins aplaties.
ductile : qui peut être allongé, étendu,
brasure  : procédé d’assemblage à étiré sans se rompre.
chaud consistant à coller des
pièces par un métal d’apport très électrolyte : solution liquide saline,
fusible (bronze ou cuivre). basique ou acide, pouvant être
décomposée sous l’action d’un
céruse : colorant blanc, carbonate de courant électrique.
plomb que l’on employait en
peinture. embrèvement  : assemblage sous
forme d’encoche creusée
chanfreiner  : abattre une arête dans une barre enroulée pour
pour former une face étroite y greffer soit une autre barre
intermédiaire entre les deux soit un ornement.
plans adjacents d’une arête.
esponton : pointe effilée à la base d’un
chardon : groupe de pointes de fer barreau de grille de clôture.
acérées qui est disposé sur les
grilles de clôture pour s’opposer étampage : action de chauffer le fer
aux tentatives d’escalade. suffisamment pour pouvoir
changer sa forme à l’aide d’une
claire-voie : paroi travaillée en ajouré matrice en fer ou en acier en
Gl o ssa ire

pour laisser passer la lumière. creux.

clavetage : procédé de blocage avec exfolier  : détacher par feuille, par


46 des chevilles en métal en forme lamelle.
de sifflet.
Mé t aux fer r eux • Fer for g é

fenderie : découpage de la barre de fer


console  : support d’un élément en dans le sens de la longueur à
surplomb. l’aide d’une tranche à froid ou
à chaud.
crapaudine  : godet de métal dans
lequel entre le gond d’une feuille d’eau  : feuille ondée ou
porte. échancrée terminée en large
lèvre retroussée.
cuivre  : métal de couleur brun
rouge, ductile, très malléable, filmogène : qualifie un produit utilisable
particulièrement bon conducteur en couches très minces ou un
de la chaleur et de l’électricité. Il matériau qui se présente sous
est très attaquable par les acides. forme de film.
Le cuivre se travaille au marteau ;
il peut être étiré ou laminé. Il ne folioles  : chacune des petites
peut être fondu qu’en alliage feuilles qui forment une feuille
avec d’autres métaux. composée.
fonte : alliage de fer et de 2 à 6% de palmette : motif composé de petites
carbone, de couleur gris noir, palmes dont les folioles se
obtenu par fusion réductrice recourbent en s’évasant
du minerai de fer au charbon. symétriquement de part et
Matériau dur, cassant, mis en d’autre d’un pédoncule.
forme par moulage, se prêtant mal
à d’autres modes de traitement. phosphate  : sel naturel de l’acide
phosphorique (sel minéral ou
gangue : matière, substance qui entoure organique).
un minerai à l’état naturel.
pistil à graines  : ornement axial
liant : matière qui permet de donner de constitué d’un chapelet de
la consistance, de faire passer perles terminé par une lancette
de l’état liquide à l’état solide, ondoyante.
d’assembler par «  collage  »
des matériaux inertes : sables, poix : matière visqueuse à base de
cailloux, métaux. résine ou de goudron de bois.

lien en / à cordon  : élément polylobé  : arrondi ou découpé en


d’assemblage orné d’une plusieurs lobes.
moulure ou d’un motif forgé.
Le lien en cordon a la forme quadrilobé : motif en forme de quatre
d’un élément rectiligne percé lobes.
de trous dans lesquels viennent
s’ajuster les tenons de l’autre queue d’aronde  : assemblage en
élément. forme de queue d’hirondelle
(en trapèze).
lobe : dent arrondie en arc de
cercle comme les écailles de quincaillerie  : de nos jours, la
poisson. quincaillerie de bâtiment
recouvre un nombre important

Glos s air e
millésime : chiffres qui indiquent la date d’éléments métalliques semi-
d’un ouvrage. manufacturés (tôles, profilés…)
ou ouvrés (clous, vis, serrures, 47
mixtion : vernis gras siccatif facilitant outillages…) auxquels se sont
Mé tau x fer r eux • Fer for g é

l’adhésion des feuilles de ajoutés divers éléments en


dorure. matière plastique (chevilles,
moulures, poignées…).
monogramme : chiffre composé de
l’initiale ou des initiales d’un repoussage  : technique selon
prénom ou d’un patronyme. laquelle la plaque de métal
est fréquemment travaillée à
orbe-voie (travail en) : effet de relief l’envers pour relever les reliefs
obtenu par la superposition de et à l’endroit pour exécuter les
plaques repercées. creux, à l’aide de moules, âmes
de bois, ciselets et marteaux.
oxyacétylénique  : chalumeau
oxyacétylénique, qui fonctionne
avec un mélange d’oxygène et
d’acétylène.
rivet : élément de fixation d’un
assemblage se présentant
comme un petit cylindre
s’insérant dans les deux pièces
de métal à fixer.

serrurerie : art et technique(s) de la


conception et de la fabrication
des serrures et, autrefois,
des accessoires de fermeture
qui aujourd’hui relèvent de
la quincaillerie  ; le terme de
serrurerie s’applique aussi
actuellement aux ouvrages
métalliques en général.

siccatif  : corps gras utilisé comme


catalyseur de durcissement
et ajouté en faible proportion
dans une peinture, un vernis
ou un mastic pour faciliter leur
durcissement.

subjectile : synonyme de support ou


de fond lorsqu’il est destiné à
recevoir une peinture.

tirant : pièce horizontale d’un ancrage


Gl o ssa ire

qui travaille en traction et qui


retient des éléments solidaires
de ses extrémités appelés
48 ancres.
Mé t aux fer r eux • Fer for g é

tourillon : partie d’un axe qui tourne


dans un support (pivot).

trou renflé : assemblage exécuté à


chaud à l’aide d’un burin dans la
barre de métal formant un trou
et produisant un élargissement
du calibre de la pièce percée.

vantail : panneau plein ou ajouré d’une


porte, d’un volet, d’une grille. En
général, le vantail est mobile.

volute : élément enroulé, synonyme


de spirale, formé de plusieurs
circonvolutions à partir d’un
point de départ.
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Paix-Dieu, 2008. Bibliothèques

■■ Études préalables réalisées dans le

B ibl i ogr a phi e


cadre d’une procédure de certificat de ■■ Centre d’information et de documen-
patrimoine : tation (CID) du Centre des métiers du
- Étude de la polychromie de la patrimoine « la Paix-Dieu » de l’IPW
rampe d’escalier en fer forgé au Rue Paix-Dieu, 1b
Palais abbatial de Saint-Hubert, B – 4540 Amay 51
Pascale Wéry, novembre 1998. +32 (0)85 410 377
Mé tau x fer r eux • Fer for g é

- Étude des traces de polychromie documentation@paixdieu.be


sur les garde-corps en fer forgé au
Palais Abbatial de Saint Hubert, ■■ SPW-DGO 4-Aménagement du Territoi-
Pascale Wéry, octobre 2000. re, Logement, Patrimoine et Énergie
- Château d’Aigremont, recherche Bibliothèque du Patrimoine
et identification de traitements Rue des Brigades d’Irlande, 1
picturaux sur les ferronneries B – 5100 Jambes
extérieures, Dominique Bossiroy +32 (0)81 332 381
– ISSeP n°1296/2006 du bibliotheque@spw.wallonie.be
30 octobre 2006.
■■ Service publications
Institut du Patrimoine wallon (IPW)
Rue du Lombard, 79
B – 5000 Namur
+32 (0)81 230 703
www.institutdupatrimoine.be
52
Mé t aux fer r eux • Fer for g é Ca r net d’adresses
Carnet d’adresses Formation et enseignement

■■ Centre des métiers du patrimoine « la


Paix-Dieu » (Institut du Patrimoine wal-
lon – IPW)
Rue Paix-Dieu, 1b
B – 4540 Amay
+32 (0)85 410 354
info@paixdieu.be
www.paixdieu.be

■■ Les compagnons du devoir


Rue t’Kint, 42
B – 1000 Bruxelles
+32 (0)2 514 06 03
compagnonsdudevoir@skynet.be
www.compagnons-du-devoir.com

■■ IFAPME
Place Albert 1er, 31
B – 6000 Charleroi
+32 (0)71 232 222
ifapme@ifapme.be
www.ifapme.be

Carn e t d ’ adr e sses


■■ Le Forem – Forem Formation
Boulevard Tirou, 104
B – 6000 Charleroi
+32 (0)71 206 585
www.leforem.be Mé tau x fer r eux • Fer for g é 53

68
Administration À visiter

■■ SPW-DGO 4-Aménagement du ■■ Les Musées du Fourneau Saint-


Territoire, Logement, Patrimoine Michel - Musée du fer
et Énergie B - 6870 Saint-Hubert
Département du patrimoine +32 (0)84 210 613
Direction de la restauration du www.fourneausaintmichel.be
patrimoine
Rue des Brigades d’Irlande, 1 ■■ Maison de la métallurgie et de l’in-
B – 5100 Jambes dustrie de Liège asbl
+32 (0)81 332 173 Boulevard Raymond Poincarré, 17
http://mrw.wallonie.be/dgatlp B - 4020 Liège
+32 (0)4 342 65 63
www.mmil.be
IPW

■■ Institut du Patrimoine wallon


(IPW)
Cellule des missions immobilières
Rue du Lombard, 79
B – 5000 Namur
+32 (0)81 654 154
Ca r net d’adresses

www.institutdupatrimoine.be

54
Mé t aux fer r eux • Fer for g é
Divers Crédits photographiques

■■ Centre Scientifique et Technique © Nadine Babylas


de la Construction Photos nos 3, 4, 5, 9, 14, 16, 21,
Lozenberg, 7 22, 24, 27, 32, 38, 40, 41, 52, 53,
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monumentenwacht.be 55, 59
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■■ IFRAM – Institut de Formation et Photos nos 63, 68
de Recherche pour les Artisanats © Marianne Francotte
des Métaux Photos nos 15, 19, 23, 25, 33, 39,
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Ca r net d’a d res ses


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Photos nos 65, 67
Mé ta ux f err e ux • Fer f org é

Crédits photographiques tableau

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Page 19
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Pages 15 et 17
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Page 19
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Page 17
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Page 19
Ti tre chapitre

56
Mé t aux fer r eux • Fer for g é

Prix : 5 euros
ISBN : 978-2-930466-96-5
Dépôt légal : D/2009/10.015/30

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