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Institut 

Supérieur des Technologie Médicales de Tunis

Mastère professionnel en Génie biomédical

Notes de Cours de:


BIOMATERIAUX ET PROTHESES

par
Moez Ben Jaber

Année Universitaire 2009-2010


BIOMATERIAUX ET PROTHESES

Objectifs (en termes de compétences): Cours d'introduction à la science des Biomatériaux.

A l'issue de cet enseignement, les étudiants seront en mesure de :

1. Décrire la structure et les propriétés des différentes classes de biomatériaux

2. Décrire les principes régissant les interactions entre matériaux et organismes vivants;

3. Justifier le choix d'un biomatériau donné par rapport à la fonction qu'il doit remplir
lorsqu'il est mis en contact avec un système biologique ou implanté dans l'organisme
humain.

Pré‐requis : notions de base en chimie, biochimie, physique et science des matériaux.


Plan du cours

I. Introduction générale :
II. Propriétés et caractérisation des matériaux biologiques et artificiels

1. Propriétés mécaniques
2. Propriétés physiques et chimiques :
3. Biocompatibilité interactions matériau‐organisme vivant :
4. Dégradabilité

III. Grandes classes de biomatériaux :  

1. Biomatériaux métalliques
2. Biomatériaux céramiques et composites 
3. Biomatériaux polymériques 
4. Biomatériaux naturels

VI. Démarche de conception de prothèses‐choix des biomatériaux
Chapitre 1:
INTRODUCTION GÉNÉRALE

Chapitre 1 : INTRODUCTION GÉNÉRALE 7
Qu’est ce qu’un biomatériau?

Tout matériau non vivant utilisé dans un dispositif médical et visant à


remplacer, ou traiter, un tissu, un organe ou une fonction
Conférence de consensus – Chester ‐ 1991

• contact avec des tissus ou  Biocompatibilité
fluides vivants.

• durée du contact >  quelques  Ce paramètre de durée 
Biomatériaux heures permet d'exclure les 
produits pharmaceutiques 
du champ des 
biomatériaux
•non vivant les différencier des greffes

Chapitre 1 : INTRODUCTION GÉNÉRALE 9
Domaines d’application

OPHTALMOLOGIE : lentilles , implants, coussinets de récupération,


produits visqueux de chambre postérieure

ODONTOLOGIE – STOMATOLOGIE: matériaux de restauration et


comblement dentaire et osseux, traitements prophylactiques,
orthodontie, traitement du parodonte et de la pulpe implants,
reconstruction maxillo‐faciale

CHIRURGIE ORTHOPEDIQUE: prothèses articulaires (hanche, coude,


genou, poignet,...), orthèses, ligaments et tendons artificiels,
cartilage, remplacement osseux pour tumeur ou traumatisme,
chirurgie du rachis, réparation de fractures (vis, agrafe, plaques,
clous, broches), matériaux de comblement osseux injectable

Chapitre 1 : INTRODUCTION GÉNÉRALE 10
Domaines d’application
CARDIOVASCULAIRE: valves cardiaques, matériel pour circulation
extra‐corporelle (oxygénateurs, tubulures, pompes, ...), coeur
artificiel, assistance ventriculaire, stimulateurs cardiaques, prothèses
vasculaires, matériels pour angioplastie luminale coronarienne et
stents, cathéters endoveineux

UROLOGIE/ NEPHROLOGIE: dialyseurs, poches, cathéters et tubulures


pour dialyse péritonéale, rein artificiel portable

ENDOCRINOLOGIE‐CHRONOTHERAPIE: pancréas artificiel, pompes


portables et implantables, systèmes de libération contrôlée de
médicaments, biocapteurs

CHIRURGIE ESTHETIQUE: matériaux et implants pour chirurgie


esthétique

Chapitre 1 : INTRODUCTION GÉNÉRALE 11
Les matériaux à vocation de biomatériaux

Quatre grandes catégories :
• les métaux et alliages métalliques :   Aciers, Chrome, Cobalt, NiTi…

• les céramiques  :  Alumine, Zircone, Phosphates tricalciques, Verres..

• les polymères :  Téflon, Polyéthylènes, Polyuréthanes, Silicones

• les matériaux d'origine naturelle : collagène, corail, nacre, os modifiés…

Chapitre 1 : INTRODUCTION GÉNÉRALE 12
Exigences pour un biomatériau

Exigences communes:
• au produit
• Biocompatibilité Tolérance  biologique: • à ses constituants
• à ses produits de dégradation

• biocompatibilité « négative » : le matériau ne doit pas avoir de réaction


inflammatoire ou de toxicité, …

• biocompatibilité élargie: la capacité d'un matériau à être utilisé avec une réponse
de l'hôte appropriée dans une application spécifique

• Biofonctionnalité: remplir la fonction pour laquelle il est prévu

Chapitre 1 : INTRODUCTION GÉNÉRALE 13
Exigences pour un biomatériau

Exigences de certaines propriétés mécaniques:

Suivant la nature du produit:

• résistance à la rupture
• résistance à l’usure
• résistance à la fatigue
• résistance au fluage
• résistance au choc
• …

Chapitre 1 : INTRODUCTION GÉNÉRALE 14
Exigences pour un biomatériau

Ce qu’il ne faut pas oublier:
• Corrosion des métaux
• Vieillissement des plastiques
• Détérioration mécanique
Le biomatériau va se dégrader: • débris
• fissures
• fractures
•…

Le biomatériau va modifier: • Positivement: adaptation tissulaire au nouveau 
régime des contraintes

• Négativement:   • réactions inflammatoires
• mort cellulaire
• toxicité locale ou générale

Chapitre 1 : INTRODUCTION GÉNÉRALE 15
Les outils de choix de biomatériaux

Calculs et simulations: • des contraintes


• des déformations
• des interfaces
• Simulation des milieux vivants

Essais Mécaniques: • tests à la rupture


• bancs d’essais : usure, écoulements
• simulateurs articulaires, vasculaires…

Biologiques: • Cultures cellulaires:


• Fibroblastes , ostéoblastes, cellules endothéliales,,,
• Modèles animaux
• Etudes chez l’homme: suivi clinique, radiologique...

Chapitre 1 : INTRODUCTION GÉNÉRALE 16
Une seule vraie sécurité

• L’implantation chez l’homme

•  Le suivi à long terme

•  Le recueil des données

• Résultats
• Echecs
• Survie

• Comparaison avec un produit équivalent plus ancien.

Chapitre 1 : INTRODUCTION GÉNÉRALE 17
Cahier des charges d’un biomatériau

• Stérilisable
• Absence de risque de transmission de maladie infectieuse ou parasitaire
• Absence de réaction immunitaire
• Pas de toxicité du produit d’origine et de ses produits de dégradation
• Fabrication et stockage faciles
• Moindre coût

Chapitre 1 : INTRODUCTION GÉNÉRALE 18
Enjeux économiques et de société

• En France 3,2 millions de personnes sont porteurs d’un biomatériau
• Un marché mondial estimé à 30 milliards d’Euro
• Un cout pour les dépenses de santé
• Un surcout majeur en cas d’échec

Chapitre 1 : INTRODUCTION GÉNÉRALE 19
Aspects législatifs

Marquage  via un organisme notifie

• tests sur bancs d’essais, in vitro, in vivo
• puis passage à l’homme selon un protocole très strict
• puis commercialisation
• procédure qualité
• procédure de suivi

Chapitre 1 : INTRODUCTION GÉNÉRALE 20
Conclusion

• Biomatériaux : champ d’étude en expansion 

• Domaine de haute technicité

• De haute responsabilité

• Domaine pluridisciplinaire: chirurgiens, cliniciens, mécaniciens, biologistes, 
biochimistes

• Nécessité d’une collaboration chercheurs – chirurgiens

Chapitre 1 : INTRODUCTION GÉNÉRALE 21
Chapitre 2:
Biomatériaux 
Propriétés et caractérisation

Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
23
caractérisation
Propriétés mécaniques

Les essais pratiqués pour apprécier les propriétés mécaniques peuvent se diviser en deux 
grands groupes :

 Essais relativement peu liés au temps :

L’essai de traction.
L’essai de dureté.
L’essai de résilience.  

Essais fondamentalement liés au temps :

L’essai de fatigue.
L’essai de fluage.
L’essai d’usure

Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
25
caractérisation
Propriétés mécaniques
1. L’essai de traction
a‐ Principe : Éprouvette. 
Solliciter une éprouvette en traction uniaxiale jusqu’à la * Lo longueur initiale
rupture pour déterminer ses caractéristiques mécaniques. * So section initiale
* Do diamètre initial
b‐ courbes de traction :
F
Contrainte:   
S
l
Déformation:    
l
Fe
Limite d’élasticité:  Re 
S
Fm
Résistance à la rupture:  Rm 
S
Re
Module de Young:  E 
e
D / D
Coefficient de poisson:  
l / l
l f  l0
Allongement à la rupture:  A%  100 
l0
S0  S f
Striction à la rupture:  Z %  100
S0
Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
26
caractérisation
Propriétés mécaniques
2. L’essai de dureté
a‐ Définition : La dureté d'un matériau définit la résistance qu'oppose une surface de
l'échantillon à la pénétration.
b‐ Principe : l’essai consiste à appliquer sur une pièce à mesurer, un pénétrateur (dont la
forme varie selon le type de l’essai) sous une charge F (variable). La dureté est
proportionnelle au quotient de la force "F", par l'aire "S" de la surface déformée par le
pénétrateur sur le matériau.
c‐ Essai Brinell : d‐ Essai Rockwell : e‐ Essai Vickers :
Cet essai est effectué en 3 étapes
d’application de la force (F0, F0+F1, F0). On
mesure l'accroissement "e" en profondeur et Le pénétrateur Vickers est
on en déduit la dureté Rockwell. en diamant de forme
pyramidale à base carrée.
• Pour les fortes duretés, essai C le On mesure la moyenne des
pénétrateur est un diamant conique . deux diagonales "d" de
• Pour les faibles duretés, essais B et F le l'empreinte laissée par le
pénétrateur est une bille en acier trempé. pénétrateur sur le
matériau. :

Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et  27
caractérisation
Propriétés mécaniques
3. L’essai de résilience :
a‐ Principe : L'essai a pour but de mesurer la résistance d'un
matériau à la rupture brutale.

On utilise un mouton‐pendule muni à son extrémité d'un


couteau qui permet de développer une énergie donnée au
moment du choc.

L'énergie absorbée est obtenue en comparant la différence


d'énergie potentielle entre le départ du pendule et la fin de
l'essai.

La machine est munie d'index permettant de connaître la


hauteur du pendule au départ ainsi que la position la plus
haute que le pendule atteindra après la rupture de
l'éprouvette.

Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
28
caractérisation
Propriétés mécaniques
4. L’essai de fatigue :
a‐ Principe :
L'essai consiste à soumettre une série d'éprouvettes à des cycles répétitifs de sollicitations. 

Plusieurs types d'essais de fatigues peuvent être distingués selon le type de sollicitation à 
savoir :  fatigue en traction‐compression,  fatigue en torsions alternées, fatigue en flexion.

Généralement les sollicitation sont appliqués d'une façon sinusoïdale en fonction du temps.
On définit N le nombre de cycles et Nf le nombre de cycles à la rupture.

Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
29
caractérisation
Propriétés mécaniques
4. L’essai de fatigue :
b. Courbe de Wöhler : 
Pour une contrainte donnée, on fait subir une série d'éprouvettes à des cycles de
sollicitations. On mesure ensuite le nombre N de cycles requis pour entraîner la
rupture de l'éprouvette (N=Nf).

On répète plusieurs fois l’essai, à différentes amplitudes de contraintes σa, puis on


trace, en échelle semi‐logarithmique, une courbe σD = f(N)

Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
30
caractérisation
Propriétés mécaniques
4. L’essai de fatigue :
b. Courbe de Wöhler : 

Sur cette courbe, connue sous le nom de courbe de


Wöhleron peut distinguer trois zones :

 une zone de fatigue oligocyclique : sous de fortes


amplitudes de contrainte, la durée de vie de l'éprouvette est
brève (N < 104 cycles) et celle‐ci subit, avant sa rupture, une
déformation plastique notable ;

 une zone de fatigue, ou d‘endurance limitée ; la rupture


se produit après un nombre de cycles qui croît quand la
contrainte décroît (104 < N < 106 cycles) ;

une zone d’endurance illimitée, ou zone de sécurité ; sous


de faibles amplitudes de contrainte, la rupture ne se produit
pas, même après un nombre élevé de cycles (N > 107 cycles).

Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
31
caractérisation
Propriétés mécaniques
4. L’essai de fatigue :
c. Limite d’endurance σD : 
Pour plusieurs matériaux (les aciers. en particulier), il existe une asymptote horizontale à la 
courbe de Wöhler, le niveau de cette asymptote déterminant la limite d'endurance σD du 
matériau. 

Pour un tel matériau soumis à une contrainte cyclique de valeur inférieure à σD, la rupture 
en fatigue ne se produit en principe pas.

Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
32
caractérisation
5. L’essai de fluage :
Propriétés mécaniques
a. principe : 
le matériau est soumis à une charge constante de traction ou de
compression sur une durée prolongée et à température
constante.

La déformation est enregistrée selon une périodicité donnée et


une courbe de fluage en fonction du temps est tracée.

La pente en un point de la courbe détermine la vitesse de fluage


en ce point.

Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
33
caractérisation
Propriétés mécaniques
6. L’essai d’usure:
a. Définition : 
C’est un phénomène complexe défini comme une perte de substance au niveau de contact
entre les deux matériaux du couple de frottement, relevant de deux mécanismes :
 la dégradation du matériau provoquant une altération de ses propriétés physico‐
chimiques (densité, liaisons atomiques, microstructure…), et donc une diminution de sa
résistance mécanique au frottement (Mode 1).
 une perte de substance par action mécanique sans altération des propriétés physico‐
chimiques (Mode 2).
b. Types d’usure:
On décrit différents types d’usure qui sont :
 l’abrasion : par frottement l’un sur l’autre de 2 ou 3 matériaux de duretés différentes
(usure à 2 ou 3 composants).
 l’adhésion : résultant du frottement de 2 matériaux de même dureté avec
développement de phénomènes chimiques (microsoudure).
 L’usure par fatigue : résultant du roulement de deux matériaux l’un sur l’autre avec
apparition d’un point de contrainte provoquant une fissure de fatigue.
 la corrosion : phénomène chimiques résultant dans la formation de produits de
dégradation (oxyde par exemple).
Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
34
caractérisation
Propriétés mécaniques
6. L’essai d’usure:
c. Exemple : 
l’usure linéaire d’une prothèse totale de
hanche telle qu’elle peut apparaître sur une
radiographie de face, sous la forme d’une
excentration de la bille fémorale dans la cupule
cotyloïdienne. Cette usure est évaluée par la
distance séparant le centre de la bille fémorale
du centre de la cupule cotyloïdienne (b).

l’usure linéaire chiffrée sur la radiographie


d’une cupule cotyloïdienne d’une prothèse
totale de hanche (en ordonnée), en fonction
des années postopératoire (en abscisse).

Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
35
caractérisation
Propriétés mécaniques
6. L’essai d’usure:
d. De quoi dépend l’usure:
 Le type des matériaux en présence
 Le coefficient de frottement du métal (acier inoxydable) sur  polyéthylène est d’environ 
0.05 à 0.10 selon les conditions de lubrification

 Il n’est que de 0 .01 dans une articulation normale. 

Le coefficient de friction du polyéthylène avec l’alumine ou la céramique de zircone est 
inférieur à celui du couple polyéthylène/métal.
 Qualité (rugosité) des surfaces en contact
 Les conditions de fonctionnement
 Le type de la charge et son rythme d’application 
pression de contact
 frottement de glissement,(usure par abrasion) 
 frottement de roulement ou de pivotement (usure par adhésion). 
 La température ambiante : lorsque la friction a lieu, une augmentation locale de 
température peut survenir et provoquer une modification de la structure chimique des 
couches superficielles du matériau.  
Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
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caractérisation
Propriétés mécaniques
6. L’essai d’usure:
d. De quoi dépend l’usure:
 Les conditions de fonctionnement
La lubrification :
la lubrification hémodynamique (interposition d’un film entre les deux surfaces de
glissement)
 la lubrification “ limite ”, par réaction chimique entre les deux surfaces de frottement
et production de substances lubrifiantes.
 L’environnement chimique

Exemple1: La présence d’oxygène sur un polyéthylène d’un PTH ayant déjà subi des
phénomènes de dégradation entretient la dégradation sous forme d’oxydation, y
compris si la dégradation n’était pas initialement de type oxydative.

Exemple2: la structure du polymère est probablement modifiée par l’imbibition du liquide


synovial, visible sous la forme d’une couleur jaunâtre sur les spécimens extraits
après implantation pendant une longue période.

Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
37
caractérisation
Propriétés mécaniques
6. L’essai d’usure:
e. Essai d’usure: 
Dans ce type d’essai on sollicite les matériaux en contact par un chargement mécanique et 
dans un  environnement thermo‐chimique semblables à ceux subit par les pièces en 
fonctionnement. 

On mesure alors la perte de substance au niveau du contact en fonction du nombre de cycles 
de chargement. 
f. Exemple d’essais d’usure: 

L’essai à 
Courbe d'usure 
cylindres  L’essai au crayon 
croisés  sur disque 
Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
38
caractérisation
Biocompatibilité et interactions matériau‐
organisme vivant
1. Définitions
 Biocompatibilité (négative)
L’ensemble des phénomènes mis en jeu dans un environnement physiologique tel que
le matériau ne soit pas toxique pour l’organisme et que l’organisme lui‐même ne
dégrade pas le dispositif implanté

 Bio‐inertie
Absence totale de réaction physico‐chimique du matériau au contact de l'hôte

 Bio‐activité (Biocompatibilité élargie ou mesurable)
Capacité de promouvoir des réactions spécifiques favorables, à l'interface implant‐tissu 
receveur (intégration du produit, qui est dégradé sous l'effet des milieux bio.)

Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
39
caractérisation
Biocompatibilité et interactions matériau‐
organisme vivant
2. interactions matériau‐organisme vivant Milieu  corrosif
Hémostase Hémostase
C’est une  Suite à une  (arrêt d'une hémorragie, d'un 
agression! rupture  écoulement du sang hors des 
vasculaire vaisseaux)

Réaction à un  Adsorption 
Interface protéique sur le 
corps étranger
Biomatériau

Réaction 
inflammatoire

Réparation  Restitution in integrum
tissulaire (réparation intégrale)
Cicatrisation fibreuse

Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
40
caractérisation
Biocompatibilité et interactions matériau‐
organisme vivant
2. interactions matériau‐organisme vivant
TISSUS BIOLOGIQUES BIOMATÉRIAU

Dégradation
Milieu corrosif chimique, électrochimique
enzymatique, cellulaire

Contraintes mécaniques Dégradation mécanique
cycliques élevées Usure, rupture, fatigue

Produits de 
Réactions de
dégradation :
Bio(in)compatibilité
ionique, particulaire

Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
41
caractérisation
Biocompatibilité et  interactions matériau‐
organisme vivant

3. Essais de biocompatibilité

La détermination de la biocompatibilité des matériaux et des dispositifs d'implant


implique:

 une caractérisation détaillée de la matière (densité, composition chimique de la


surface, porosité, propriétés mécaniques, électrique et de dégradation)

de nombreux essais, d'abord:

 à la protéine / cellules / tissus en dehors de l'organisme vivant  in‐vitro


 puis dans des modèles animaux  in vivo
 finalement, dans les essais cliniques humains

Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
42
caractérisation
Biocompatibilité et  interactions matériau‐
organisme vivant
3. Essais de biocompatibilité
3.1. Essais in‐vitro : 

Signifie un test en dehors de l'organisme vivant ou de la cellule.

En comparaison avec les tests in vivo et cliniques, les milieux in vitro tels que les cultures
cellulaires ou bactériennes permettent de fournir un moyen rapide et relativement bon
marché pour l'estimation de la biocompatibilité d'un matériau.

Toutefois, il convient de noter que les caractéristiques d'un matériau in vitro ne


reflètent pas nécessairement les performances in vivo, car les interactions dynamiques
cellule/tissus et d'autres processus hormonaux et physiologiques ne sont pas reproduites
dans l’essai in vitro.

Les tests in vitro sont utilisés pour tester les effets  des biomatériaux et de leurs produits 
de dégradation sur le milieu vivant

Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
43
caractérisation
Biocompatibilité et  interactions matériau‐
organisme vivant
3. Essais de biocompatibilité
3.2. Essais in‐vivo :

De nombreux processus physiologiques complexes ne peuvent pas être simulés in vitro.
C'est pourquoi l'expérimentation animale in vivo est nécessaire avant l'essai clinique chez
l'homme.

Des lignes directives pour effectuer des essais de biocompatibité chez les animaux sont
décrites par les normes et les organismes gouvernementaux et internationaux de
réglementation.

Les tests peuvent être subdivisés en des tests fonctionnels et des tests non‐
fonctionnels.

Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
44
caractérisation
Biocompatibilité et  interactions matériau‐
organisme vivant
3. Essais de biocompatibilité
3.2. Essais in‐vivo :
Tests non‐fonctionnels
 Les tests non‐fonctionnels sont généralement menées les premiers afin d’étudier les
interactions directes de l'implant avec l'environnement physiologique.

 Dans ces tests, il est supposé que les intoxications aiguës ou inflammatoires ne sont
pas spécifiques et peuvent donc être évalués dans les tissus mous (par exemple, sous‐
cutanée, intramusculaire, intrapéritonéale)

 En effet l'implantation dans les tissus mous nécessite une intervention chirurgicale
mineure

 Des sites spécialisés tels que la cornée et le cortex cérébral sont utilisés pour les
matériaux destinés à ces applications spécifiques.

 Après des périodes de temps prédéterminée, les animaux sont euthanasiés (tués) et
les tissus de réaction aux matériau testé sont évalués et comparés aux tests sur les
biomatériaux actuellement acceptés qui ont une réponse tissulaire connue.
Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
45
caractérisation
Biocompatibilité et interactions matériau‐
organisme vivant
3. Essais de biocompatibilité
3.2. Essais in‐vivo :

Tests non‐fonctionnels
 l’analyse histologique peut être classé en fonction du degré de nécrose tissulaire
(mort d'un tissu lors d’accidents traumatiques), de dégénérescence, la fibrose, et les
types et les quantités des inflammatoires (les leucocytes, les macrophages, les
lymphocytes, etc).

 Puisque plusieurs facteurs associé au type d’implants et à sa conception ne sont pas


pris en compte dans ce type de test, il ne peut pas mesurer complètement la
biocompatibilité.

Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
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caractérisation
Biocompatibilité et  interactions matériau‐
organisme vivant
3. Essais de biocompatibilité
3.2. Essais in‐vivo :
Tests fonctionnels
 Après évaluation dans un tissu mou l’étape suivante est la sélection pour le dispositif
médical d’un modèle animal et d’un site d’implantation proche du site où finalement
sera implanté chez l’homme et permettant de simuler l’interaction de l’implant avec le
site d’implantation.

 Les tests fonctionnels sur modèle animal sont évidemment beaucoup plus
complexes parce que la conception, la fabrication, le traitement de surface, les essais
mécaniques, et l'implantation du dispositif peut être différents de ceux du dispositif
finalement produit à usage humain.

 La variation dans les procédures d'essai avec des différents modèles animaux peut
créer des difficultés dans la comparaison, l'évaluation et l'interprétation des résultats.

 les tests in‐vivo permettront aussi (en plus de la biofonctionnalité) l’évaluation


physiologique de génotoxicité, cancérogénicité, l'hypersensibilité, et la toxicité
systémique.
Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
47
caractérisation
Biocompatibilité et  interactions matériau‐organisme 
vivant

3. Essais de biocompatibilité
3.3. Essais cliniques:

 Les essais cliniques sont conçus pour tester la sécurité d'un nouvel implant chez les
humains et ne sont menés qu'après avoir été évalué par des essais in‐vitro et in‐vivo sur des
modèles animaux.

 Bien que les essais cliniques peuvent fournir des informations vitales sur l'efficacité d'un
implant biomédical, ils ne serviront pas à tester le biomatériau, mais plutôt à tester le
dispositif composé du biomatériau(s) conçu pour une application spécifique.

 Contrairement aux études sur l'animal in vivo, les implants dans les essais cliniques sont
toujours exposés au suivi expérimental, même après que la période d'observation se
termine.

 Plus le temps passe et plus les sujets hôtes de l’implant ne manifestent pas de résultats
négatifs, la confiance dans la biocompatibilité de l’implant augmente.

Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
48
caractérisation
Propriétés physiques et chimiques

On peut citer parmi les propriétés physiques:

 la densité
 la microstructure
 la conduction de l’électricité
 les propriétés magnétiques (ferromagnétique ou non)
 porosité

On peut citer parmi les propriétés chimiques:

 la résistance à la corrosion dans le milieu vivant

Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
49
caractérisation
Corrosion des biomatériaux

1. Définition 
Ce phénomène concerne surtout les biomatériaux métalliques
 On peut le définir comme une destruction progressive, lente désagrégation, effritement 
d’une substance, d’une surface par effet chimique.
 Pour les biomatériaux métalliques, la forme la plus pertinente est la corrosion aqueuse, 
telle qu’elle se produit à la surface d’un métal plongé dans un électrolyte aqueux.

2. Les trois comportements de base des métaux et alliages:
 Métaux inertes
Les métaux inertes dans un milieu donné ne s’oxydent pas et ne se dégradent pas.
 Métaux actifs
Les métaux actifs dans un milieu donné s’oxydent et se corrodent spontanément, 
libérant des ions métalliques dans le milieu.
 Métaux passifs
Les métaux passifs dans un milieu donné se recouvrent en surface d’une couche 
d’oxyde(s) protecteur(s), qui les protège(nt) contre la poursuite de la réaction 
corrosive.

Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
50
caractérisation
Corrosion des biomatériaux
3 . Condition d’une réaction corrosive
La spontanéité de la réaction corrosive est déterminée thermodynamiquement, et
exprimée par la valeur de l’enthalpie libre de Gibbs ΔG:
Si cette valeur est NEGATIVE, la réaction de corrosion (= oxydation du métal) est spontanée:

ΔG = ‐ E n F

où:  E = potentiel réel du métal
n = nombre d’électrons mis en jeu
F = constante de Faraday
La valeur du potentiel du métal dans les conditions réelles est donnée par l’équation de
Nernst :
E = E0 + RT / nF . ln aox / aréd

Dans cette équation, le potentiel standard du métal E0 est modifié par les conditions
particulières du milieu (température T, rapport des activités du métal oxydé aox et du métal
à l’état réduit à cet instant aréd).
Les potentiels standard des différents métaux sont donnés dans la série galvanique.

Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
51
caractérisation
Corrosion des biomatériaux
4. Série galvanique de quelques métaux

L’oxydation du fer est‐elle spontanée ?
Fe = Fe+++ + 3 e‐
Potentiel standard de réduction du fer, selon la série galvanique:
Fe+++ + 3 e‐ = Fe ‐ 0.44 V
Par conséquent, le potentiel standard d’oxydation du fer vaut:
Fe = Fe+++ + 3 e‐ + 0.44 V
L’énergie libre de Gibbs vaudra donc:
ΔG = ‐ E n F
ΔG = ‐ (+ 0.44) n F = ‐ 0.44 n F
Valeur négative de ΔG, donc la réaction d ’oxydation est spontanée !!!
Par exemple, le fer s'oxyde en présence du dioxygène pour former de l'hématite
(Fe203) :

peut s'écrire

Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
52
caractérisation
Corrosion des biomatériaux
5. Influence du milieu biologique
Caractéristiques importantes du milieu : ‐ milieu aqueux
‐ ions : Na+, K+, Ca2+, Mg2+,,Cl‐, phosphates 
bicarbonates, etc.
‐ substances organiques (protéines, etc)
‐ oxygène dissous
‐ pH relativement constant à 7.4
‐ température 37°C
 Les molécules organiques peuvent se lier aux ions libérés par la corrosion, entraînant un 
déplacement de l’équilibre

 la stabilité de la couche d’oxyde sur le métal peut être affectée par le pH et les substances 
organiques présentes

 La stabilité de la couche d’oxyde peut être également affectée par le niveau d’oxygène 
dissous :
déficience d’O2 = corrosion accélérée

 Des bactéries peuvent consommer l’hydrogène produit, d’où modification de l’équilibre des 
réactions de corrosion
Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
53
caractérisation
Corrosion des biomatériaux
6. Types de corrosion en milieu biologique

Corrosion par piqûre (pitting corrosion)
 Affecte les alliages recouverts d’une couche passive (aciers inox, 
stellites, titane...). 
 C’est une corrosion localisée résultant de défauts dans la couche 
d’oxyde.

Corrosion cavitaire (crevice corrosion)
 Résulte d’un déficit localisé en oxygène (faible renouvellement 
de l’électrolyte).
 C’est une corrosion localisée pouvant se combiner à d’autres 
types (p.ex. frottement).

Corrosion inter‐granulaire (intergranular corrosion)
 Affecte particulièrement les alliages dont les joints de grains 
sont le lieu d’accumulation de composants oxydables (carbures, 
impuretés, etc.).

Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
54
caractérisation
Corrosion des biomatériaux
6. Types de corrosion en milieu biologique
Corrosion sous contrainte (stress corrosion cracking)
Combinaison de l’effet de contraintes localisées et d’un milieu
corrosif. Les contraintes augmentent fortement le processus de
corrosion.

Corrosion galvanique (galvanic corrosion)


Résulte du contact électrique entre deux métaux différents. Le
métal le moins noble sera plus fortement oxydé que s’il n’était
pas en contact avec un métal plus noble.

Cas d’une patiente se plaignant de colorations noires sur des


dents restaurées. Après analyse, les dépôts noirs proviennent
de la corrosion d’un tenon radiculaire en acier, suite à un
couplage galvanique entre ce tenon, un faux‐moignon en
amalgame, et une couronne en alliage noble
Chapitre 2: Biomatériaux: Propriétés et 
55
caractérisation
Chapitre 3: 
Grandes classes de biomatériaux  

Chapitre 3: Grandes classes de 
57
biomatériaux  
Grandes classes de biomatériaux
• Les exigences demandées par un implant sont plus ou moins satisfaites par un matériau
ou un autre.
• Un matériau plus rigide peut être moins résilient. Un autre plus résistant à l’usure peut
être moins résistant à la fatigue ou moins rigide etc..

• Cette variation de la réponse des différents biomatériaux aux exigences de l’application


oblige le concepteur de prothèse à orienter son choix vers un biomatériau ou un autre
ou à utiliser plusieurs matériaux dans le même implant

• Dans ce chapitre nous décrirons les propriétés mécaniques, physico‐chimiques et de


biocompatibilité des différentes classes de biomatériaux ainsi que les domaines
d’utilisation de chacune d’entre eux.

• Les biomatériaux peuvent être classés en 4 familles: Résistance à l’usure de la 


surface de contact
• Biomatériaux métalliques
• Biomatériaux céramiques et composites Résistance à la 
corrosion
• Biomatériaux polymériques
• Biomatériaux naturels Rigidité et résistance 
à la fatigue
Compatibilité avec le 
tissu
Chapitre 3: Grandes classes de 
59
biomatériaux  
I. Les biomatériaux métalliques
 Ce sont en quelque sorte les "ancêtres" des biomatériaux puisque ce sont les premiers
à avoir été utilisés pour faire des implants.

 les métaux utilisés dans les implants médicaux sont en fait des alliages (combinaison de
plusieurs constituants : 2 au minimum dont un au moins est métallique).

Un métal est un élément chimique pouvant former des liaisons métalliques.

 La liaison métallique est un type de liaison chimique, qui consiste à mettre en commun,
par un très grand nombre d'atomes (typiquement plusieurs millions voire plus), un ou
plusieurs électrons, appelés « électrons libres ».

 Ces électrons sont à l'origine de la conductivité électrique et thermique des métaux et


permettent la cohésion des atomes d'un métal.

 Cette liaison est très forte comme en témoigne l’arrangement compact des atomes
(réseau cristallin) origine de la grande densité et de la température de fusion élevée de la
plupart des métaux.
Réseaux cristallins

Chapitre 3: Grandes classes de 
61
biomatériaux  
I. Les biomatériaux métalliques
 Par rapport à d'autres biomatériaux comme la céramique et polymères, les biomatériaux
métalliques ont la propriété d'être capable de supporter des contraintes élevé et aussi de
nature cycliques.
 C'est la raison pour laquelle ces alliages, par exemple ceux qui ont suffisamment de
résistance à la fatigue de flexion, sont largement utilisés comme :
 substituts passive pour le remplacement des tissus durs (os) comme dans la prothèse
totale de la hanche et du genou,
 aides à la guérison des fractures osseuses comme les plaques et les vis,
 des dispositifs de fixation vertébrale
 des implants dentaires en raison de leurs excellentes propriétés mécaniques et de
résistance à la corrosion

 Certains alliages métalliques sont utilisés pour des rôles plus actifs dans des dispositifs tels
que les endoprothèses vasculaires, guides cathéter et arcs orthodontiques.

Chapitre 3: Grandes classes de 
62
biomatériaux  
I. Les biomatériaux métalliques
 Les principaux problèmes mal résolus avec les métaux et alliages métalliques sont les 
suivants:

 corrosion électrochimique et durabilité,
 mécanismes de dégradation non électrochimiques incluant les interactions 
protéine/métal
 réactions immunitaires et d'hypersensibilité
 adaptation des propriétés mécaniques
 propriétés de frottements et problèmes de débris.

 La plupart des métaux comme le fer (Fe), le chrome(Cr), le cobalt (Co), le nickel (Ni), le
titane (Ti), le tantale (Ta), le niobium (Nb), le molybdène (Mo), et le tungstène (W) qui sont
largement utilisés pour former des alliages pour la fabrication d’implants ne peuvent être
tolérés par le corps que en petites quantités.

La biocompatibilité des implants métalliques est très préoccupante puisque ces implants
peuvent corroder dans un milieu in vivo.

 Cette corrosion implique d’une part la désintégration du matériau de l’implant ce qui lui
affaiblit mécaniquement et de l’autre part des effets nocifs des produits de corrosion sur les
tissus environnants et les organes
Chapitre 3: Grandes classes de 
63
biomatériaux  
I. Les biomatériaux métalliques
Relargage

‐ Un implant métallique libère des ions par dissolution dans le corps humain.
‐ Le phénomène augmente avec la corrosion.
‐ Les ions métalliques dissous forment rapidement des complexes métallo‐proteïniques
empêchant le transport des éléments nutritifs et entraînent une lyse des cellules adjacentes 
avec dégradation de la matrice extracellulaire.
‐ Le processus peut aboutir au descellement de l’implant.

Exemples :

‐ La rate accumule Cr, Co, Ti, Ni, Fe et Al.
‐ Les poumons et les reins accumulent le Co, et le Ni.
Etc …

Chapitre 3: Grandes classes de 
64
biomatériaux  
I. Les biomatériaux métalliques
Parmi les biomatériaux métalliques, le plus important par les volumes est sans doute
l'acier inoxydable, encore largement utilisé en chirurgie orthopédique.

 Il faut également mentionner particulièrement le titane et ses alliages, qui est utilisé
principalement en chirurgie orthopédique et pour réaliser des implants dentaires.

 Les alliages à mémoire de forme sont une variante intéressante de cette catégorie.

 On utilise également des alliages cobalt, chrome, molybdène, du tantale, etc.

Chapitre 3: Grandes classes de 
65
biomatériaux  
I. Les biomatériaux métalliques
I.1. Les aciers inoxydables
 Le premier acier inoxydable utilisé dans fabrication des implants est le 18‐8 (contient 8 %
de nickel et 18 % de chrome en masse, nommé inox 302 dans la classification actuelle) qui
est plus dure et plus résistant à la corrosion que l’acier inoxydable au vanadium.

 L’acier inoxydable au vanadium n’est plus utilisé dans les implants à cause de sa résistance à
la corrosion inappropriée in‐vivo.

 Plus tard, l’acier inox 18‐8 contenant un petit pourcentage de Molybdène a été introduit
pour sa résistance améliorée à la corrosion dans un milieu salé. Cet alliage est connu sous le
nom d’acier inox type 316.

 En 1950, la quantité de carbone dans l’inox 316 a été réduit de 0.08% à 0.03% au max en
masse pour améliorer sa résistance à la corrosion au milieu salé et pour minimiser
l’hypersensibilité. Ce nouveau alliage est connu sous le nom d’acier inox type 316L.

 La concentration minimale efficace du chrome est 11% pour conférer une résistance à la
corrosion dans les aciers inoxydables.

Le chrome est un élément réactif, mais lui et ses alliages peuvent être passivés par 30%
d'acide nitrique pour leur donner une excellente résistance à la corrosion.
Chapitre 3: Grandes classes de 
66
biomatériaux  
I. Les biomatériaux métalliques
I.1. Les aciers inoxydables
 L’acier inoxydable et plus particulièrement les types 316  et 316L, sont les plus largement 
utilisés dans la fabrication des implants. 
 Ces types d’acier ne sont pas durcis par traitement thermique mais par écrouissage. 
 Ils sont non magnétique et possède une bonne résistance à la corrosion par piqures dans 
l’eau salé. 
 Ils produisent des artefacts d’IRM.
 L’acier inoxydable  du type 316L  est plus recommandé que le 316 pour la fabrication des 
implants.

Chapitre 3: Grandes classes de 
67
biomatériaux  
I. Les biomatériaux métalliques
I 1. Les aciers inoxydables

 L’ingénieur doit être prudent lors du choix de ce type de biomatériaux.


 En effet, l’acier inoxydable de type 316L peut lui aussi corroder dans le milieu vivant
dans certaines circonstances où les contraintes mécaniques sont importantes et il y a
déficience en oxygène, comme dans le cas du contact au dessous des vis d’une plaque de
fixation d’un os fracturé.
 L’acier inoxydable n’est donc approprié que pour un implant temporaire come les
plaques de fixation de l’os, les vis et les clous de la hanche.
 Des procédés de modification de la surface comme l’anodisation, la passivation et la
nitruration sont largement utilisés pour améliorer la résistance à la corrosion, à l’usure et à
la fatigue de l’acier inoxydable 316L.
 Il faut éviter de combiner des implants en acier inoxydable avec des implants en titane 
non allié, en alliage de titane et en alliage à base de cobalt si les implants sont en contact 
direct pour ne pas générer des effets de corrosion galvanique dans l'organisme 
 L'utilisation d'une combinaison de métaux dans le même os n'entraîne aucun problème 
aussi longtemps que les métaux ne sont pas en contact direct. 

Chapitre 3: Grandes classes de 
68
biomatériaux  
I. Les biomatériaux métalliques
I.1. Les aciers inoxydables: applications
tige fémorale
et tête en inox

Clous en inox

Prothèse Vis 
de l’épaule orthopédique 
en inox
Arc  dentaire  
en acier 
Inoxydable
Chapitre 3: Grandes classes de 
69
biomatériaux  
I. Les biomatériaux métalliques
I.2. Les alliages Cobalt‐Chrome

 Il existe 2 types des alliages Cobalt‐Chrome:


1‐ l’alliage Co‐Cr‐Mo destiné à être coulée
2‐ l’alliage Co‐Ni‐Cr‐Mo façonné par forgeage à chaud

 Les alliages coulables Co‐Cr‐Mo ont été utilisés pour plusieurs décennies dans la
médecine dentaire et récemment pour la fabrication des implants articulaires.

 Les alliages forgeables Co‐Ni‐Cr‐Mo sont relativement nouveaux et sont utilisés pour
faire les tiges de prothèses pour les articulations lourdement chargés comme le genou et la
hanche.

 Quatre types d’alliages Co‐Cr sont recommandés pour les implants chirurgicaux:
1‐ l’alliage coulable Co‐Cr‐Mo type F75
2‐ l’alliage forgeable Co‐Cr‐W‐Ni type F90 
3‐ l’alliage forgeable Co‐Ni‐Cr‐Mo type F562
4‐ l’alliage forgeable Co‐Ni‐Cr‐Mo‐W‐Fe type F563 

Chapitre 3: Grandes classes de 
70
biomatériaux  
I. Les biomatériaux métalliques
I.2. Les alliages Cobalt‐Chrome
 Actuellement seulement 2 parmi les 4 alliages cités sont fréquemment utilisés dans la
fabrication des implants, le coulable Co‐Cr‐Mo (F75)et le forgeable Co‐Ni‐Cr‐Mo (F562).

 Les éléments de base de cet


alliage sont le Cobalt et le Chrome
avec un pourcentage en Cobalt
dépassant 60%.
 Le Molybdène est ajouté pour
former des grains fines ce qui en
résulte une résistance meilleure
après coulée et forgeage.

 Le Chrome améliore la résistance à la corrosion ( en formant une couche d’oxyde


compact à la surface) ainsi que la résistance mécanique de l’alliage.
 L’excellente résistance à la fatigue et la bonne résistance mécanique de l’alliage
forgeable Co‐Ni‐Cr‐Mo le rend très approprié aux applications exigeant une longue durée
de vie sans rupture sous charge statique ou cyclique (fatigue) élevée comme dans le cas
des tiges des prothèses de la hanche. Cette avantage est très appréciée dans le cas où il
est difficile de remplacer l’implant. Chapitre 3: Grandes classes de 
71
biomatériaux  
I. Les biomatériaux métalliques
I.2. Les alliages Cobalt‐Chrome

 Cet alliage est très résistant à la corrosion sous contrainte dans l’eau de mer ( contenant
des ions de chlore).

 L’écruissage à froid peut augmenter considérablement la résistance mécanique comme le


montre le tableau. Cet alliage est plus rigide et plus résistant que l’acier inoxydable.

 Cependant il est très difficile de le façonner à froid surtout pour la fabrication de grande
pièce comme les tiges de la prothèse de la hanche.

 Seulement le forgeage à chaud est possible pour la fabrication de telle type d’implant

Chapitre 3: Grandes classes de 
72
biomatériaux  
I. Les biomatériaux métalliques
I. 2. Les alliages Cobalt‐Chrome
 Le comportement à l’usure de l’alliage forgeable Co‐Ni‐Cr‐Mo est similaire à celui de l’alliage
coulable Co‐Cr‐Mo ( à peu prés 0,14 mm/an pour un test d’articulation avec un cotyle (Cavité
articulaire de l’os iliaque) en polyéthylène).

 Cependant le dernier alliage n’est pas recommandé pour les surfaces de frottement dans les
prothèses articulaires à cause de son mauvais coefficient de frottement avec lui même ou
avec un autre matériau.

 Le module de Young de l’alliage Co‐Cr est de l’ordre de 220 à 234 GPa ce qui dépasse le
module de Young des autres matériaux comme l’acier inoxydable.

 Ceci peut avoir des conséquences sur les différents modes de transfert des efforts vers l’os
dans les implants articulaires artificiels malgré que l’effet d’augmentation du module de
Young sur la fixation et la longévité des implants n’est pas encore bien connu.

 La faible usure a été reconnu comme un avantage des prothèses de hanche à contact
métal sur métal en alliage CoCrMo en raison de sa dureté et sa ténacité ( par exemple
l’usure linéaire moyenne de la prothèse de hanche McKee‐Farrar à contact métal sur métal
a été de 4,2 m / an).
Chapitre 3: Grandes classes de 
73
biomatériaux  
I. Les biomatériaux métalliques
I.2. Les alliages Cobalt‐Chrome
 La détermination expérimentale du taux de Nickel libéré par l’alliage Co‐Ni‐Cr‐Mo et l’acier
inox 316L à 37° dans une solution de Ringer (une solution dans de l’eau distillé bouilli
contenant 8.6 g de chlorure de sodium, 0.3 g de chlorure de potassium et 0,33 g de chlorure
de calcium par litre) a montré des résultats très intéressants.

 A l’exception du début où la libération d’ion de Nickel dans la solution est plus importante
par l’alliage de cobalt, la vitesse de libération devient après presque la même pour les deux
matériaux.

 Ceci est surprenant, puisque la teneur en nickel de l'alliage Co‐Ni‐Cr‐Mo est environ trois
fois celle de l'acier inoxydable 316L.

 Les produits métalliques libérés par la prothèse suite à une usure, corrosion ou dégradation
(fretting) peut altérer les organes et les tissus locaux.

 Des études In vitro ont montrés que les particules de Cobalt et de Nickel sont toxiques pour 
les cellules vivantes.

 Cependant, les particules de Cr  et Co‐Cr sont bien acceptés par les cellules et ne présentent 


aucune toxicité significative. 
Chapitre 3: Grandes classes de 
74
biomatériaux  
I. Les biomatériaux métalliques
I.2. Les alliages Cobalt‐Chrome: applications

Prothèse totale de la  Stent en alliage CoCr


hanche en alliage  d’épaisseur très 
CoCr réduit grâce aux 
(état après 38 ans  propriétés 
d’implantation) mécanique de 
l’alliage CoCr

filtre cave en CoCr pièce fémorale en alliage de Chrome‐
(pour filtrer le sang revenant des  Cobalt  de bonnes capacités d’élasticité 
membres inférieurs vers le cœur et  Implants  et de résistance.
les poumons)  dentaires en 
CoCr

Remarque importante!: un implant en CoCr  est une cause d’artéfact en IRM 
Chapitre 3: Grandes classes de 
75
biomatériaux  
I. Les biomatériaux métalliques
I.3. Le Titane et ses alliages

 Le titane est l’un des métaux les plus biocompatibles, avec l’or et le platine, c’est‐à‐dire
qu’il résiste totalement aux fluides corporels.

 De plus, il possède une haute résistance mécanique et un module d’élasticité très bas
(100 GPa à 110 GPa), plus proche de celui des structures osseuses (20 GPa) que l'acier
inox (210 GPa).

 Cette élasticité qui favorise remodelage osseux en obligeant l'os à travailler (prévention
du stress shielding ou ostéoporose peri‐implantaire) fait du titane un biomatériau
particulièrement intéressant.

 Il est plus léger mais moins rigide que l’alliage CoCr et l’acier inox

 Il n’est pas source d’artéfact d’IRM

Chapitre 3: Grandes classes de 
76
biomatériaux  
I. Les biomatériaux métalliques
I.3. Le Titane et ses alliages

Afin d’améliorer la biocompatibilité tout en améliorant d’autres aspects de la prothèse tels


que la colonisation cellulaire, l’augmentation de la bio activité, la résistance à l’usure, etc.,
plusieurs alliages de titane sont développés dont :

 L’alliage le plus couramment utilisé dans le biomédical est le TiAl6V4 (TA6V ) qui peut
être sujet au relargage de Vanadium toxique pour l’homme.

 Ti‐6Al‐7Nb propriétés similaires au TA6V mais avec une meilleure résistance à la


corrosion.

 Ti‐5Al‐2.5Fe utilisé pour les électrodes de pacemakers grâce à la qualité du signal.

 Ti‐13Nb‐13Zr utilisé pour les implants orthopédiques grâce à un module d’Young plus
faible que celui du TA6V.

 Ti‐15Mo‐3Nb utilisé pour les implants orthopédiques grâce à sa grande résistance


mécanique et son faible module d’Young ainsi que son absence d’Al et de Va
potentiellement toxique pour l’organisme.

Chapitre 3: Grandes classes de 
77
biomatériaux  
I. Les biomatériaux métalliques
I.3. Le Titane et ses alliages
 Propriétés chimiques :
 Excellente résistance à la corrosion (assuré par une couche de passivation TiO2 qui 
le protège de la corrosion)
 Inertie chimique

 Propriétés biologiques :
 Biocompatible
 Ostéointégration (Aptitude d’un matériau à être colonisé par les cellules vivantes)
 Propriétés mécaniques:
 Module de Young plus proche de celui de l’os que le 316L et l’alliage CoCr
 De même pour la densité
 Très résistant mécaniquement
 Ses propriétés mécaniques dépendent fortement des éléments d’alliages et des 
traitement thermomécaniques

Chapitre 3: Grandes classes de 
78
biomatériaux  
I. Les biomatériaux métalliques
I.3. Le Titane et ses alliages
La biocompatibilité des alliages de
titane:
 A la surface de tout alliage de titane
se forme un oxyde passivant : TiO2.
Cette couche passivante permet de
protéger le matériau de la corrosion:
 d’une part elle est très résistante à la
corrosion par les ions chlorure et
l’isole du milieu d’autre part.
 L’épaisseur et la composition de la
couche passivante évoluent au cours
du temps sous l’influence du milieu
environnant: en partie détruite par
les attaques chimiques ou
mécaniques, la couche se reforme
de façon dynamique.
Problèmes d’usure des alliages de titane
A cause de sa mauvaise résistance à l’usure le titane n’est plus utilisé en couple de  friction
Chapitre 3: Grandes classes de 
79
biomatériaux  
I. Les biomatériaux métalliques
I.3. Le Titane et ses alliages
 Un os sous‐contraint va se densifier (diminution de sa densité)

 La pose d’une prothèse va générer un phénomène appeler le « stress‐shielding »


(absorption des contraintes par la prothèse) qui va généré une ostéoporose (diminution de
la densité de l’os) localisée dans la région de la prothèse.

 Le faible module d’Young du titane par rapport aux autres métaux permet une meilleure
diffusion des contraintes dans l’os et diminue les risques de fragilisation de l’os.

Chapitre 3: Grandes classes de 
80
biomatériaux  
I. Les biomatériaux métalliques
I.3. Le Titane et ses alliages: traitements de surface

Intérêt des Traitements et Revêtements de surface :
‐ Accroître la biocompatibilité.
‐ Accroître la résistance à l’usure.
‐ Accroître la résistance à la fatigue.
‐ Accroître la résistance à la corrosion.
‐ Prévenir l’infection.
‐ Favoriser l’intégration biologique.
‐ Accroître la tenue en service des biomatériaux.

Traitements de surface sur les implants en titane: 
• Anodisation
• Les dépôts d’HAP et de titane
• L’implantation ionique

Chapitre 3: Grandes classes de 
81
biomatériaux  
I. Les biomatériaux métalliques
I.3. Le Titane et ses alliages : applications

Les tiges des 
Prothèse  prothèses de  implan
de côtes en  hanche sont  ts 
titane  généralement  dentair
expansible en TiAl6V4 es

Systèmes de 
fixation en 
Titane:  Tiges, 
plaques, vis, 
La Prothèse  clous …
tibiale est en 
générale en 
Titane Ti6Al4V

Chapitre 3: Grandes classes de 
82
biomatériaux  
I. Les biomatériaux métalliques
I.4. Les alliages à mémoire de forme NiTi (ou Nitinol)
 Alliage Nickel‐Titane à presque 50%‐50%
 Biocompatible
 Microstructure: Deux états de  phase solide, une à haute 
température appelé MARTENSITE, et une autre stable à basse 
température appelé AUSTENITE Réseau cristallin

Microstructure des AMF

Formes de martensite dans un AMF
Chapitre 3: Grandes classes de 
83
biomatériaux  
I. Les biomatériaux métalliques
I.4. Les alliages à mémoire de forme NiTi (ou Nitinol)
• L’effet mémoire de forme simple 
• L’effet superélastique
sens

forme initiale Déformation
Déformation élastique (réversible)  
très importante  ( jusqu’à 8%)

chauffage Mémoire de 
forme

• L’effet mémoire de forme double sens

Chapitre 3: Grandes classes de 
84
biomatériaux  
I. Les biomatériaux métalliques
I.4. Les alliages à mémoire de forme NiTi (ou Nitinol)

 Les alliages à mémoire de forme sont des matériaux actifs. Les fonctions que ces alliages 
peuvent exécuter sont divisées en cinq catégories principales:

 L’effet mémoire de forme libre se rapporte aux applications dans lesquelles la seule 
fonction de l'élément en AMF est de causer des mouvements ou des déformations 
pouvant atteindre 8%.
 L’effet mémoire de forme sous contrainte inclut les applications dans lesquelles la 
déformation due à l’effet de mémoire est empêchée de se manifester ce qui produit de ce 
fait des efforts importants.
 Les actionneurs : Ce sont les applications dans lesquelles il y a un mouvement 
accompagné d’effort. Ainsi, un travail par unité de masse qui peut atteindre jusqu‘à 5 
J/gramme, est produit par l'élément en AMF.
 Les applications superélastiques sont isothermes en nature et concernent le stockage 
d’une énergie potentielle. 

Chapitre 3: Grandes classes de 
85
biomatériaux  
I. Les biomatériaux métalliques
I.4. Les alliages à mémoire de forme NiTi (ou Nitinol)

Avant l’intervention Après intervention Agrafe en AMF pour la correction 


de la scoliose idiopathique  par  
Agrafe d’ostéotomie modulation de la croissance
Plaque de fixation en 
AMF

stent

Tige de Harrington en  pince en Nitinol une pince‐panier en Nitinol


AMF
Arc pour appareil dentaire Chapitre 2: Grandes classes de 
86
biomatériaux  
I. Les biomatériaux métalliques
I.5. Etude comparative

Chapitre 3: Grandes classes de 
87
biomatériaux  
II. Les Céramiques
 La céramique est défini comme étant l’art et la science de fabriquer des pièces solides 
composées principalement de matériau non organique et non métalliques [Kingery et al., 
1976]. 
 Les céramiques sont des matériaux réfractaires (résistant à la chaleur), polycrystalline, 
inorganiques, contenant des silicates, des oxydes métalliques, des carbures et divers 
hydrures réfractaires, des sulfures et des séléniures.
 Les céramiques sont obtenues par frittage Récemment, l’homme a constaté que les 
céramiques et leurs composites peuvent être utilisées pour réparer ou remplacer 
plusieurs organes dans le corps et en particulier l’os. 
 Ces types de céramiques sont nommées des biocéramiques
 Les céramiques utilisés dans la fabrication des implants peuvent être classées en deux 
categories:
 bio‐inertes ou non résorbables (relativement inerte)
 biodégradables ou résorbables (non inertes)
 L’alumine, le zircone, les nitrures de silicone, et les fibres de carbones sont des 
biocéramiques inertes.
 L’hydrox‐apatites denses et  le phosphate tricalcique sont des céramiques résorbables.

Chapitre 3: Grandes classes de 
89
biomatériaux  
II. Les Céramiques
 Les biocéramiques ont les propriétés mécaniques suivantes:
 très grande résistance à la compression
 très dures
 Bonne résistance à l’usure
 Résistance à la traction faible mais peut être amélioré dans les composites de céramiques
 grande résistance au cisaillement 
 non résilient (ne résiste pas au choc) donc fragile
 non ductile (pas de déformation plastique)
 Les biocéramiques ont les propriétés biologiques suivantes:
 Non toxiques
 Non cancérigènes
 Non allergiques
 Non inflammatoires
 biocompatibles
 biofonctionnelles pendant toute la durée d’implantation
 Les biocéramiques ont aussi les propriétés suivantes:
 mauvais conducteur d’électricité
 mauvais conducteur de chaleur
 température de fusion très élevée
Chapitre 3: Grandes classes de 
90
biomatériaux  
II. Les Céramiques
II.1. Biocéramiques non résorbables ou relativement bio‐inerte

 Ce type de biocéramique conserve ses propriétés physiques et mécaniques tout au long de 
son implantation dans l’hôte.
 Elle résiste à la corrosion et à l’usure et très biocompatible.

II.1.1. L’alumine (Al2O3)
 Minerai: Bauxite
 l’oxyde d’aluminium pur (l’alumine) est monophasique et stable (a 1 seule forme 
cristallographique)
 L’ASTM (The American Society for Testing and Materials) recommande que l’alumine utilisé
dans la fabrication des implants doit contenir 99.5% d’alumine pure et moins que 0.1% de 
mélange de SiO2 et d’oxydes alcalins (souvent Na2O).

Chapitre 3: Grandes classes de 
91
biomatériaux  
II. Les Céramiques
II.1. Biocéramiques non résorbables ou relativement bio‐inerte frittage
II.1.1. L’alumine (Al2O3)
 Fabrication : par frittage ( agglomération de poudres par 
chauffage sous forte pression)
 Technique HIP(Hot Isostatic Pressing): chauffage entre 1400 
&1500°,sous atmosphère neutre, sous forte  pression (≥1000  prothèse totale de la 
bars) hanche 
 L’Utilisation de la technologie HIP permet d’obtenir une bonne 
résistance à la flexion (limite élastique atteint 580MPa)

 La grande dureté, le faible coefficient de frottement, la bonne résistance à l’usure et l’inertie 


au milieu in vivo de l’alumine le rend un biomatériau idéal pour les couples de friction dans 
les implants articulaires.

 L’application la plus populaire de l’alumine est celle de la prothèse totale de la hanche (PTH).
Le couple de friction alumine‐alumine et alumine‐polyéthylène de haute densité (UHMWPE:
ultra‐high‐molecular‐weight polyethylene ) a montré des performances meilleures que celle
de métal (CoCr ou inox)‐UHMWPE. Chapitre 3: Grandes classes de 
92
biomatériaux  
II. Les Céramiques
II.1. Biocéramiques non résorbables ou relativement bio‐inerte
II.1.2. La zircone (ZrO2): oxyde de zirconium
 structure triphasique
 Structure cristalline (maille):
 Cubique centrée (propriétés modestes)
 Tétragonale (propriétés satisfaisantes)
 Monoclinique: plus de cohésion des grains et plus dense 
 Fabrication : par frittage ( agglomération de poudres par chauffage sous forte pression)
 La zircone pure peut être obtenue par une transformation chimique du (ZrSiO4), qui est très 
abondant dans les minerais. 
 La zircone possède une température de fusion très élevée ( 2953 °K) et une grande stabilité 
chimique.
Les propriétés de la zircone sont relativement 
inférieures à celles de l’alumine
La zircone à haute densité est:
 très biocompatible
 très résistant à l’usure 
 faible coefficient de frottement lorsqu’il est en contact avec la polyéthylène UHMWPE
Chapitre 3: Grandes classes de 
93
biomatériaux  
II. Les Céramiques
II.1. Biocéramiques non résorbables ou relativement bio‐inerte
II.1.3. Applications
Prothèse totale de hanche  Prothèse totale de hanche 
Alumine‐Alumine  Zircone‐Zircone

Prothèse dentaire

Chapitre 3: Grandes classes de 
94
biomatériaux  
II. Les Céramiques
II.1. Biocéramiques non résorbables ou relativement bio‐inerte
II.1.4. Carbone pyrolytique
 Le carbone peut être fabriqué en plusieurs formes allotropiques: cristalline (diamond et 
graphite), non crystalline (carbone vitreux) et quasi‐cristalline(carbone pyrolytique). 
 Parmi eux seulement le carbone pyrolytique est largement utilisé dans la fabrication des 
implants. Il est principalement utilisé dans les revêtements de surface. 
 Le réseau cristallin du carbone utilisé dans les implants est similaire à celui du graphite. 
La matrice hexagonale plane est constituée de fortes liaisons covalentes dans lesquelles des 
électrons de valence  sont libres de se déplacer ce qui en résulte une bonne conductivité 
électrique.

Réseau cristallin du graphite
Réseau cristallin du carbone pyrolytique 
Chapitre 3: Grandes classes de 
95
biomatériaux  
II. Les Céramiques
II.1. Biocéramiques non résorbables ou relativement bio‐inerte
II.1.4. Carbone pyrolytique

Propriétés mécaniques du carbone pyrolytique
Chapitre 3: Grandes classes de 
96
biomatériaux  
II. Les Céramiques
II.1. Biocéramiques non résorbables ou relativement bio‐inerte
II.1.4. Carbone pyrolytique: applications

La biocompatibilité des implants couverts de carbone pyrolytique avec le sang est à 
l’origine de la grande utilisation de ce matériau dans les valves cardiovasculaires

Disque en carbone pyrolytique

valve cardiovasculaire 
valve cardiovasculaire
entièrement en carbone 
pyrolytique

Chapitre 3: Grandes classes de 
97
biomatériaux  
II. Les Céramiques
II.2. Biocéramiques résorbables ou biodégradables
 La céramique résorbable comme le nom l’indique se dégrade
durant son implantation dans l’hôte.
 La céramique résorbable est remplacée progressivement par les Différentes formes de 
tissus endogènes. substituts osseux de 
 La vitesse de dégradation varient d’un matériau à un autre. synthèse
 La majorité des céramiques résorbables sont des variantes du
phosphate de calcium.
 Le phosphate de calcium a été utilisé comme de l’os artificiel. Il a
été appliqué aussi dans la fabrication des implants ainsi que dans Structure microporeuse 
les revêtements solides ou poreux d’autres implants du céramique 
phosphocalcique
 Le principal biocéramique résorbable mis en œuvre est
l’hydroxypatite (HAP) Ca10(PO4)6(OH)2, de composition très proche
de l’os, mais également la whitlockite ‐3caO‐P2O5 (le phosphate
tricalcique  (TCP)) ou des composites hydropatite‐whitlockite.

Interface biodynamique 
os/biocéramique
Chapitre 3: Grandes classes de 
98
biomatériaux  
II. Les Céramiques
II.2. Biocéramiques résorbables ou biodégradables
 On réalise des revêtement par projection plasma sur les surfaces de
tiges fémorales ou de cupules acétabulaires.
 La surface de ces revêtements est microporeuse et il se produit une
repousse osseuse par épitaxie.
 Le taux de réussite est estimé à 90% dix ans après la mise en place de Revêtement poreux
la prothèse.
 Cependant les propriétés mécaniques en sont encore peu maitrisées,
faibles aujourd’hui, ce qui limite l’utilisation de ces céramiques à des
parties du corps peu sollicités mécaniquement, par exemple dans des
applications de chirurgie maxillo‐faciale.
 Cependant d’autres types de biomatériaux comme les ciments
phosphocalciques injectables sont utilisés comme substituts osseux. revêtement solide 

 Ces biomatériaux sont résorbables et ostéoconducteurs, ce qui les


rend très utiles pour remplacer les greffes analogues.

Chapitre 3: Grandes classes de 
99
biomatériaux  
II. Les Céramiques
II.3. Problèmes

Les principaux problèmes mal résolus avec les céramiques sont :

 les mécanismes de dégradation,
 la durabilité,
 la résistance à la fracture
 l'activité de surface,
 l'adhésion des protéines ou des cellules en surface.

Avec les céramiques biorésorbables, les problèmes sont :

 la mesure et le contrôle de la biorésorption et l'effet sur le tissu local
 la calcification

Chapitre 3: Grandes classes de 
100
biomatériaux  
III. Les Polymères
 Un polymère est un matériau formé par un ensemble de macromolécules de même 
nature chimique. Il est issu de l'enchaînement covalent d'un grand nombre de motifs (ou 
unités) monomères identiques ou différents. 
 Les biomatériaux polymèriques sont des polymères organiques (chaines de carbones et 
d’hydrogénes). 
 L'enchaînement des unités répétitives peut se faire de façon linéaire (polymères 
linéaires), présentant des ramifications aléatoires (polymères branchés) ou systématiques 
et régulières (dendrimères).

Chapitre 3: Grandes classes de 
101
biomatériaux  
III. Les Polymères

 Du fait des degrés de liberté de la conformation (disposition dans l'espace) de chaque motif 
monomère, la conformation du polymère résulte de cet enchaînement mais également des 
interactions entre motifs.

 Les polyoléfines, représentées principalement par les polymères thermoplastiques de 
grande consommation polyéthylène (sigle PE) et polypropylène (PP), constituent la plus 
importante famille de polymères.

Les polymères ont un comportement viscoélastique. 

En effet, ils démontrent simultanément des propriétés élastiques et un caractère visqueux.

Les principaux avantages des biomatériaux polymériques devant ceux métalliques et en 
céramiques sont:
 la simplicité de fabrication
 le cout  raisonnable
 la possibilité d’adaptation des propriétés mécaniques et physiques

Chapitre 3: Grandes classes de 
102
biomatériaux  
III. Les Polymères
III.1. Polymère d’éthylène (PE) 
 C’est un paraffine (molécule linéaires d'hydrocarbures saturés à chaîne droite CnH2n+2)   
inerte biocompatible composé de chaines de carbone et d’hydrogène reliées entre elles.

 Caractérisée par:
• Masse moléculaire (noyau moléculaire = 28 X n chaînes)
• Cristallinité 50% en moyenne, proportionnelle à la densité
• Masse moléculaire & cristallinité → propriétés 
mécaniques 

III.2. Le PE à haut poids moléculaire ou Ultra High Molecular Weight Polyethylene (UHMWPE) 


 Poids moléculaire élevé  résistance à la friction & peu  
d’oxydation 

 Densité élevée  meilleure résistance aux chocs et au
cisaillement 

 Cristallinité du PE: % de phase structurellement bien organisée // phase amorphe (filaments)

Chapitre 3: Grandes classes de 
103
biomatériaux  
III. Les Polymères
III.3. Fabrication

 L’extrusion →barres : Fibrage longitudinal=Densité plus élevée,+ homogène Barres & plaques
 Le pressage →plaques : Fibrage orienté dans le plan de la plaque →usinage implants
 L’injec on →moules à la forme des implants  

extrusion pressage

L’injection 
Chapitre 3: Grandes classes de 
104
biomatériaux  
III. Les Polymères
III.4. Application

Polytétrafluoroéthylène Implants vasculaires, chirurgie faciale
Polyuréthane Urologie, implants mammaires, valves cardiaques, 
pacemaker (stimulateur cardiaque)(isolant)
Silicone Implants mammaires, urologie, implants testiculaires, 
pacemaker (isolant), chirurgie faciale, chirurgie de la 
main
Polymères 

Polyéthylène Sutures, implants vasculaires
Dacron Implants vasculaires, ligaments, chirurgie du tube 
digestif
Polyméthylmethacrylate Lentilles intraoculaires, ciment orthopédique
Polyester Sutures, implants vasculaires 
Polypropylène Sutures, ligaments
Polyamide Sutures
Acides polylactiques et  Sutures, implants biodégradables, support de 
polyglycoliques médicaments implantables 

Chapitre 3: Grandes classes de 
105
biomatériaux  
III. Les Polymères
III.4. Application
Les utilisations des polymères dans le domaine des biomatériaux sont extrêmement 
nombreuses. On peut citer parmi ces biomatériaux:

Valve cardiovasculaire greffes vasculaires Tige en titane tête fémorale en 


céramique et d'un cotyle en 
polyéthylène.

Bouclier fémorale en CoCr 
glisse sur un plateau tibial en  stent couvert 
polyéthylène.

 Dans les prothèses totales de la hanche le PE est réservé au versant cotyloïdien
 On les retrouvent fréquemment dans les implant visant à  remplacer les tissus mous
Chapitre 3: Grandes classes de 
106
biomatériaux  
III. Les Polymères
III.4. Problèmes
Les principaux problèmes mal résolus avec les polymères actuellement mis en œuvre ne 
concernent pas que la biocompatibilité à l'interface matériau‐ tissu. 

Pour les polymères non résorbables on peut citer :
 instabilité au rayonnement gamma (problème de stérilisation),
 réactivité à certains types de médicaments,
 variabilité de chaque "lot",
 stabilité hydrolytique,
 calcification,
 risques liés aux additifs, aux composants de bas poids moléculaire, aux produits de 
dégradation in vivo, aux produits résiduels de stérilisation,
 manque de base de données pour évaluer les propriétés de surface, les réactions de 
biocompatibilité, etc,
 manque de standards.

Chapitre : Grandes classes de biomatériaux   107
IV. Les biomatériaux naturels

Le souci de biocompatibilité des implants a orienté les chercheurs vers des matériaux 
logiquement biocompatibles puisque d'origine naturelle.

 la chitine, polysaccharide extrait des coquilles de crabe, qui est susceptible d'application 
pour les fils de suture, la chirurgie reconstructive et la peau artificielle ; 

 les fucanes, polysaccharides extraits des algues marines (anticoagulants ‐
anticomplémentaires, etc...) ;

 la cellulose, traditionnellement utilisée pour les membranes de dialyse, mais dont d'autres 
applications sont à l'étude, notamment comme ciment de prothèse de hanche ;

 le corail, qui pourrait être utilisé en chirurgie orthopédique et/ou maxillo‐faciale, grâce à la 
possibilité de recolonisation de ce matériau par les cellules osseuses ;

Chapitre 3: Grandes classes de 
109
biomatériaux  
IV. Les biomatériaux naturels

 le collagène, d'origine animale (extrait de la peau) ou humaine (extrait du placenta 
humain) et dont les applications existantes ou envisageables sont très nombreuses :

‐ cosmétologie et chirurgie esthétique,
‐ pansements et éponges hémostatiques,
‐ implants oculaires et pansements ophtalmologiques,
‐ reconstitution de tissus mous et durs à l'aide de mélanges collagène‐facteurs de 
croissance‐hydroxyapatite,
‐ peau artificielle (derme).

 L'avantage du collagène réside dans le fait que :
‐ c'est un produit hémostatique,
‐ il a certaines propriétés mécaniques qui permettent de le manipuler,
‐ il est indispensable au développement cellulaire,
‐ il est biodégradable.

Chapitre 3: Grandes classes de 
110
biomatériaux  
V. Comparaison des propriétés mécaniques

Chapitre 3: Grandes classes de  111
biomatériaux  
Chapitre 4 : 
principes de sélection des matériaux

Chapitre 4 : principes de sélection des matériaux 113
principes de sélection des matériaux

1. Analyse fonctionnelle de l’objet

• Quelle est la fonction de l’objet ?
• Comment l’objet est‐il sollicitée en service ? Quelles sont les conditions aux limites ?
• Quelles sont les sollicitations les plus critiques à votre avis ?

2. Rédaction du cahier des charges

• Lister les différents attributs de l’objet : comment est‐il caractérisé en termes de 
géométrie et de propriétés ?

Chapitre 4 : principes de sélection des matériaux 115
principes de sélection des matériaux
Exemple : prothèse de la hanche
• Conception de la prothèse

Chapitre 4 : principes de sélection des matériaux 116
principes de sélection des matériaux

Exemple : prothèse de la hanche
• Analyse fonctionnelle:
F1• Fonction de support mécanique
• diminution des fractures de fatigue

F2• Fonction tribologique
• diminution des frottements
• diminution des débris d’usure

F3• Fonction ancrage osseux
• assurer la stabilité à long terme de 
l’interface Os‐implant

F4• Fonction résistance à la corrosion
• Assurer la résistance à la corrosion de 
l’implant au milieu vivant

Chapitre 4 : principes de sélection des matériaux 117
principes de sélection des matériaux
Exemple : prothèse de la hanche
• Analyse fonctionnelle:

F1• Fonction de support mécanique
F2• Fonction tribologique
F3• Fonction ancrage osseux
F4• Fonction résistance à la corrosion

fonction F1 F2 F3 F4

Tige fémorale X X X
Tête fémorale X X X
cotyle X X X X

Chapitre 4 : principes de sélection des matériaux 118
principes de sélection des matériaux
Exemple : prothèse de la hanche
• Solutions techniques
Fonction Solutions

Fonction tribologique 316L ou CoCr/ Polyéthylène haute densité


Al2O3/Polyéthylène haute densité
ZrO2/Polyéthylène haute densité
Al2O3/Al2O3
alliage CoCr/Alliage CoCr
Fonction de support mécanique CoCr; 316L; Ti6AlV4

Fonction ancrage osseux tige‐os Prothèses cimentées: ciment acrylique (PMMA: poly‐
méthylméthacrylate)
Prothèses non cimentées: 
surfaces métalliques poreuses 
revêtements d’HAP (hydroxyapatite)
revêtements de titane
Fonction ancrage osseux os cotyle Prothèses cimentées: ciment acrylique (PMMA: poly‐
méthylméthacrylate)
Prothèses non cimentées: 
surfaces métalliques poreuses 
revêtements d’HAP (hydroxyapatite)
revêtements de titane
par des vis 
par encastrement en force
Chapitre 4 : principes de sélection des matériaux 119
principes de sélection des matériaux
Exemple : prothèse de la hanche
• Evaluation des solutions techniques
Exemple : Fonction tribologique

Solutions Coefficient  316L/UHDPE CoCr/ UHDPE Al2O3/UHDPE ZrO2/UHDPE Al2O3/Al2O3 CoCr/ CoCr


Critères

Résistance  à l’usure 1 3 3 4 4 4 4 3 3 5 5 5 5
Biocompatibilité  3 3 9 2 6 4 12 3 9 5 15 2 6
Résistance au choc 1 5 5 5 5 1 1 1 1 1 1 5 5
Coût 2 5 10 2 4 3 6 3 6 3 6 1 2
Total 7 27 19 23 19 27 18

Niveau de performance des critères 1 2 3 4 5

Solution retenues pour la fonction tribologique: couple de friction 316L/UHDPE ou Al2O3/Al2O3

Chapitre 4 : principes de sélection des matériaux 120
principes de sélection des matériaux
Exemple : prothèse de la hanche
Exemple de solutions finales

Chapitre  4 : principes de sélection des matériaux 121
Annexes

ANNEXES 123
Diagrammes d’Ashby pour la sélection des matériaux
Diagramme de résistance à l’environnement et au rayonnement ultraviolet

ANNEXES 125
Diagrammes d’Ashby pour la sélection des matériaux
Diagramme résistance mécanique – densité

ANNEXES 126
Diagrammes d’Ashby pour la sélection des matériaux
Diagramme ténacité – résistance

ANNEXES 127
Diagrammes d’Ashby pour la sélection des matériaux
Diagramme module  d’élasticité– densité

ANNEXES 128
Ressources bibliographiques

1. Mary P (2009), "Biocompatibilité – Biomatériaux  définitions – aspects fondamentaux", DESC de 


Chirurgie Pédiatrique Session de mars 2009 – PARIS
2. Geiger D (2000), "Biomécanique et Biomatériaux ", Exposition " bricoler le vivant " du 5 décembre 
2000 au 7 janvier 2001 à la Cité des Sciences et de l'Industrie , Paris.
3. Masson B, Dietrich M, Lazennec J Y & Catonné Y (2005). " Expérience et avenir: de la céramique 
classique à la céramique composite ". Maîtrise Orthopédique, 149.
4. Cales B (1998), " Fractures des têtes de prothèse de hanche en zircone, comparaison avec les têtes 
alumine ". Maîtrise Orthopédique, Online edition
5. Cours de Petit Y (2010), " Conception d'orthèses et de prothèses ". École de Technologie Supérieure, 
Montréal, Canada.
6. Cours de Meyer J M (2009), " Biomatériaux‐Dégradation des Biomatériaux". Université de Genève.
7. Black J & Hastings G (1998). Handbook of biomaterial properties. Springer.
8. Park J B & Bronzino J D (2002). Biomaterials: principles and applications. crc press.
9. Bizot P, Nizard R & Sedel L (2010) " Le couple alumine‐alumine dans les prothèses totales de hanche. 
de la théorie a la pratique ". Maîtrise Orthopédique , Online edition.
10. Baquey C & Bordenave L (2002) "Les biomateriaux : des materiaux doublement exigeants ". L'école 
d'été de physique 2002 "La physique pour la santé : du diagnostic à la thérapie" . Université Claude 
Bernard Lyon 1.
11. …

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