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REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Université de Kasdi Merbah Ouargla

Faculté des Hydrocarbures, des énergies renouvelables et


Des sciences de la terre et de l’univers

Domaine : Hydrocarbures
Module : Diagraphie différée et de production
Spécialité : Production des hydrocarbures
Niveau : 3 ème Année licence Production Professionnelle

PRESENTE PAR M. Brahmia Nabil (Maître de Conférences B)

Année Universitaire : 2019-2020


Généralités :

La pétrophysique est la discipline qui étudie les propriétés physiques et chimiques des roches
en termes de porosité, perméabilité et mécanismes de drainage des fluides saturant le milieu
poreux. L’analyse quantitative des formations, l’estimation des réserves en place et les
mécanismes de déplacement des fluides dans le réservoir sont contrôlés par un certain nombre
de concepts et paramètres pétrophysique

Les roches réservoirs sont les plus connues et les plus étudiées. Leur présence dans un bassin
conditionne l’existence de gisement d’hydrocarbures, et leurs caractéristiques pétrophysiques
déterminent l’exploitabilité. Les qualités qui conditionnent le rendement potentiel d'un
réservoir, qu'il soit aquifère ou pétrolier, sont principalement : Son volume, sa porosité, son
taux de saturation, sa perméabilité, les différents fluides qu'il renferme (huile, gaz, eau).

1. Les principales roches réservoirs :

• Les roches détritiques (Sables et Grès).


• Les roches carbonatées (Calcaires et Dolomies).
1.1. Les roches détritiques :

Résultent de l’accumulation d’éléments arrachés à des roches préexistantes. La sédimentation


de ces éléments laisse subsister des vides qui engendrent une “porosité ” et une
“ perméabilité ”.

Figure 1 : Représentation schématique d’une roche clastique.

Les éléments détritiques sont classés selon leur taille : Galets- Graviers- Sables- Silts-
Argiles.

• Du point de vue minéralogique le quartz représente parfois plus des 2/3 des éléments de la
roche.
Le reste est constitué soit de minéraux détritiques tels que les feldspaths, les micas, les
minéraux lourds ... ; ou authigènes comme les argiles, la pyrite, la glauconie ...

1.2. Les roches carbonatées :


Résultent de précipitations chimiques ou d’accumulations de squelettes ou de coquilles
d’organismes vivants.
• La porosité est souvent le résultat de dissolutions par les circulations d’eau à travers la
roche.

• Les eaux riches en magnésium à travers les calcaires provoquent la dolomitisation. Ce


phénomène induit la diminution du volume des minéraux de calcite CaCO3, lorsqu’ils sont
transformés en dolomite CaMg (CO3)2

Pour déterminer le volume d'hydrocarbures en place, il est nécessaire de connaître la porosité,


les saturations et la hauteur imprégnée.
2. La porosité :
La porosité est définie comme étant le rapport du volume des vides de la roche au volume
total de celle-ci exprimé en pourcentage.

Volume des pores Volume des grains solides Volume totale


Figure 2 : Schéma explicative de la porosité
2.1. Types, classification et nomenclatures de la porosité
On distingue plusieurs types, classes et nomenclatures de la porosité, selon:
Le temps de sa formation

Le processus de sa formation

Sa forme

Ses dimensions

Son milieu de formation

2.1.1. La porosité totale Øt : est égale au rapport du volume total des pores sur le volume
total de la roche :
Vt – Vs Vp
∅t = Vt = V
t
Vp : volume des pores,
Vs : volume occupé par les éléments solides,
Vt : volume total de la roche,
Øt : porosité exprimée en pourcentage.
La porosité totale englobe :
• d'une part, la porosité intergranulaire ou inter-cristalline constituant la porosité
primaire Ø1, qui dépend de la forme et de la taille des éléments solides, ainsi que de leur
classement,
• d'autre part, la porosité vacuolaire, acquise par dissolution, et la porosité de fissure et
de fracture, acquise mécaniquement, constituant la porosité secondaire Ø2 que l'on rencontre
le plus souvent dans les roches chimiques ou biochimiques (calcaires).
La porosité totale Øt est donnée par : Øt = Ø1 + Ø2
2.2.2. La porosité connectée :

Représente le pourcentage de pores reliés entre eux. Elle peut être très inférieure à la porosité
totale.

2.2.3. La porosité effective (ou utile) :

C’est la porosité accessible aux fluides libres. Elle est en général inférieure de 20 à 25 % à la
porosité totale. Ce pourcentage est d'autant plus élevé que la granulométrie de la roche est
plus fine, ce qui accentue l'action des phénomènes capillaires.
La porosité d'une roche est dite faible si elle est inférieure à 5 %, médiocre de 5 à 10 %,
moyenne de 10 à 20 %, bonne de 20 à 30 % et excellente si supérieure à 30 %. Seule la
porosité effective est intéressante pour déterminer le volume d'hydrocarbures "récupérable".
2.2.4. Porosité occluse ou fermée : c'est la porosité des pores non accessibles par les agents
extérieurs (inutilisables pour l'exploitation du fluide).
2.2.5. Porosité libre: par opposition à la porosité occluse ou fermée.
2.2.6. Porosité piégée : porosité libre ne permettant pas la récupération des fluides piégés.
2.2.7. Porosité utile : c'est la porosité qui permet la récupération de la phase piégée (terme
principalement utilisé par les pétroliers).
2.2.8. Porosité résiduelle : c'est la porosité due aux pores ne communicant pas entre eux ou
avec le milieu extérieur.
2.2.9. Porosité totale : c'est la somme de la porosité utile et de la porosité résiduelle.
2.2.10. Porosité efficace: rapport entre le volume d’eau libre (Veau libre) sur le volume total
(Vt) de l’échantillon: Øe = Veau libre / Vt.
2.2.8. Porosité résiduelle : c'est la porosité due aux pores ne communicant pas entre eux ou
avec le milieu extérieur.
2.2.9. Porosité totale : c'est la somme de la porosité utile et de la porosité résiduelle.
2.2.10. Porosité efficace: rapport entre le volume d’eau libre (Veau libre) sur le volume total
(Vt) de l’échantillon: Øe = Veau libre / Vt.
2.2.11. Porosité intergranulaire (ou primaire): Porosité entre les grains dans les grès et les
carbonates.
Mauvais classement des grains

Ø = 47.6 % Ø = 30.2 % Ø=
26 %

Ø = 25 % Ø ≤ 13.7 % Ø

Figure 2 : La porosité intergranulaire.


2.2.12. Porosité secondaire: porosité créée après la sédimentation (fractures,
dissolution, mutation minéralogique, etc.
2.2.13. Porosité de fracture : Porosité formée par fracturation naturelle de la
roche après sédimentation.
2.2.14. Porosité vacuolaire (vug) : porosité caractéristique des carbonates
visible à l’œil nu (diamètre plus grand que 1/16 mm). La dissolution est le
processus dominant de formation de ce type de porosité.
2.2.15. Porosité moldique (mouldic) : formée par une dissolution d’un ancien
constituant du sédiment (ex. une coquille ou une oolite). Les pores moldiques
sont très abondants dans les roches carbonatées.

Figure 3 : Les différentes formes de porosité.


2.3. Mesure de la porosité :
Pour mesurer la porosité, on peut déterminer trois paramètres :

• Vt, qui est le volume total de l'échantillon ;


• Vs, qui est le volume de l'échantillon sans sa porosité ;
• Vp, qui est le volume des pores.
2.3.1. Mesure directe (au laboratoire) :
La Porosimétrie par intrusion de mercure utilise la propriété du mercure pour obtenir les
caractéristiques de la porosité des matériaux solides: la porosité, la distribution de la taille des
pores et la densité. Tandis que l'intrusion de mercure dans les macropores se produit déjà à
basse pression, une pression plus élevée est nécessaire pour forcer l'intrusion du mercure dans
les pores plus petites. De cette façon, une large étendue dynamique de la taille des pores peut
être mesurée et une distribution de taille de pore peut être obtenu à partir de 4 nm (pression =
400 MPa) jusqu'à env. 800 µm (sous vide). En conséquence, la Porosimétrie par intrusion de
mercure convient particulièrement aux matériaux à large distribution de pores ou ayant
principalement des macropores.
Figure : Analyse de la porosité avec
porosimétrie par intrusion de mercure.
2.3.2. Mesure Indirecte :
Par le biais de l’utilisation des enregistrements de diagraphie :
Neutron (N): porosité totale
Densité (D): porosité moyenne
Sonique (S): porosité primaire
Combinaisons: N-D, N-S, D-S

3. La perméabilité :
La perméabilité caractérise l’aptitude d’un milieu poreux à se laisser traverser par un fluide
sous l’effet d’un gradient de pression. Dans ce qui suit, nous traiterons uniquement le cas des
écoulements monophasiques, c’est-à-dire que les milieux poreux considérés sont saturés par
une seule phase fluide. La perméabilité est indépendante des propriétés du fluide saturant
contrairement à la conductivité hydraulique. En effet, la conductivité hydraulique traduit une
vitesse de percolation qui dépend de la nature du fluide. La perméabilité, qui a l’unité d’une
surface, est quant à elle une propriété intrinsèque des matériaux. La perméabilité peut être
ainsi analysée en fonction de la microstructure des milieux poreux et ce sont essentiellement
les caractéristiques morphologiques de l’espace poreux (tortuosité, connectivité, surface
spécifique, taille des pores,…) qui sont les facteurs influant sur sa valeur [Dana 1999 ; Dullien
1992].
Loi de Darcy :
En 1856, Darcy a établi une relation entre la vitesse de percolation d’un fluide dans un milieu
poreux et le gradient de pression du fluide. Cette relation s’appuie sur les hypothèses
suivantes [Dullien 1992] :
- les forces d’écoulement sont dues à la viscosité (les forces d’inertie sont négligées),
- le milieu poreux est totalement saturé par une seule phase fluide,
- les écoulements du fluide sont supposés laminaires,
- le fluide n’a pas d’interaction physico-chimique avec le matériau.
Q = k . S ∆P
µ . ∆l
Q : débit du fluide traversant la roche en cm3/s,
S : surface de passage du fluide en cm2,
µ : viscosité du fluide en centipoises (viscosité dynamique),
∆P : gradient de pression en bar/cm,
∆l
k : perméabilité de l'échantillon exprimée en darcy (d).

Lorsqu'un seul fluide est présent dans les pores, la perméabilité mesurée est la perméabilité
absolue pour ce fluide.
Lorsque plusieurs fluides sont présents dans une roche, on définit la perméabilité effective de
chacun des fluides. Elle est toujours inférieure à la perméabilité absolue. Elle exprime la
propriété d'une roche à être traversée par un fluide en présence d'autres fluides. Elle dépend de
la roche et de la saturation des différents fluides. La perméabilité relative d'un fluide est le
rapport perméabilité effective / perméabilité absolue.
Granulométrie et perméabilité (1 darcy = 1 cm3/s à travers 1 cm2 sous un gradient
hydraulique de 1 atm/cm)
3.1. Facteurs influençant sur la perméabilité :

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