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Chapitre I: Mécanique des sols

Introduction :
La mécanique des sols est l’application des lois mécaniques et hydrauliques au matériau sol.
Comparé aux nombreux autres matériaux étudiés en mécanique, les bétons, les aciers, les
plastiques, le bois..., le sol présente deux originalités. C’est tout d’abord un milieu discontinu
qu’il faudra donc étudier à la fois dans sa globalité et dans sa composition élémentaire.
D’autre part, c’est un matériau triphasique formé de grains solides, d’eau et d’air. Nous
verrons que les phases non solides jouent un rôle fondamental. [1]

Les domaines d’application de la mécanique des sols sont nombreux et variés. Ils concernent
la profession des travaux publics, ainsi que celle du bâtiment.

Le domaine d’application de la mécanique des sols ne se limite pas aux constructions ; il


comprend également des milieux naturels tels que les versants (problèmes de glissement de
terrain) et les berges de cours d’eau ou de retenues

I.1- Résistance au cisaillement des sols


La résistance au cisaillement du sol est l’un des paramètres les plus importants dans l’étude de
la stabilité d’un ouvrage de soutènement. En dehors des sols pulvérulents ou seuls intervient
l’angle de frottement interne , les sols comportant une partie notable de fines ont une
résistance au cisaillement dépendant à la fois de leur état de saturation et de la rapidité de la
sollicitation de cisaillement. Pour un sol fin saturé, la résistance à court terme est caractérisée
par la seule cohésion non drainée , l’angle de frottement étant alors nul ( = 0). Par contre,
la résistance effective ou à long terme est caractérisée par deux paramètre la cohésion
effective et l’angle de frottement interne effectif.

I.1.1 - Etat de contraintes


La contrainte en un point M situé à l’intérieur d’un milieu continu se définit par rapport à une
facette passant par ce point. La contrainte sur une facette donnée se décompose en :
contrainte normale (ζ) et tangentielle( η ).

Figure I.1: Contraintes relatives à une facette

L’état de contraintes au point M est défini par un tenseur appelé tenseur des contraintes. Il
existe en tout point trois plans privilégiés pour lesquels la contrainte est uniquement normale

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(η = 0). Ils sont appelés plans principaux et sont orthogonaux ; les contraintes normales
correspondantes sont les contraintes principales notées : , , .

Mais dans ce qui suit, nous allons nous limiter aux problèmes courants auxquels l’ingénieur
essaie de se ramener et pour lesquels et sont égaux (problèmes axisymétriques) ou pour
lesquels = 0 (problèmes à deux dimensions). [1]

I.2 - Diagramme de Mohr-Coulomb


Pour étudier l’état de contraintes en un point, on utilise généralement une représentation
graphique du vecteur, dans un système d’axes (ζ, η). Les points représentant les contraintes
principales (η = 0) sont donc sur l’axe O. On démontre que lorsque le plan de la facette tourne
autour d’une direction principale, l’extrémité du vecteur contrainte décrit dans le plan (ζ, η)
un cercle, appelé cercle de Mohr-Coulomb (figure I.2).

Figure I.2: Cercle de Mohr-Coulomb

On démontre aussi que lorsque la facette tourne d’un angle α, l’extrémité du vecteur
contrainte tourne d’un angle 2α sur le cercle de Mohr-Coulomb.

Remarque: dans le cas particulier d’un liquide, η est toujours nul et = = (pression
hydrostatique). Dans ce cas la représentation de Mohr-Coulomb est évidemment sans intérêt.
[1]

I.3 - Relations contraintes déformations


Le tenseur des déformations et le tenseur des contraintes sont liés par des relations traduisant
le comportement rhéologique du matériau. Le modèle rhéologique le plus simple est celui de
l’élasticité linéaire isotrope. Si { , , ,} désigne le tenseur des déformations et { , ,
} le tenseur des contraintes, l’élasticité linéaire isotrope s’écrit :

{ } { }{ } (I-1)

Où E est le module d’élasticité (ou module d’Young) et ν est le coefficient de Poisson.

Dans un essai de compression simple suivant l’axe zz’, on aboutit aux relations simples
suivantes :

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= et - v.ε (I-2)

Ce modèle élastique linéaire isotrope peut être considéré comme une assez bonne
approximation du comportement des sols dans le domaine des faibles contraintes, et en
compression uniquement. Lorsqu’on sort de ce domaine, le sol subit des déformations
irréversibles et entre dans le domaine de la plasticité. Dans le plan (ζ, η), la limite du domaine
élastique peut être représentée par une courbe appelée «courbe intrinsèque ». C’est
l’enveloppe des cercles de Mohr correspondant à la rupture (figure I.3).

Figure I.3: Droite intrinsèque de Mohr-Coulomb

I.4 - Modèles simplifiés de comportement des sols


I.4.1 - Notion de contrainte effective

L’approximation de Terzaghi consiste à considérer que le sol est composé de deux milieux
couplés, l’ossature granulaire et l’eau interstitielle. Dans un sol saturé, les contraintes totales
notées ζ se répartissent entre le squelette solide (contraintes effectives notées ζ ’) et l’eau
(pression interstitielle isotrope notée u). D’où la relation très importante de Terzaghi:

ζ = ζ ’ + u et η = η ’. (I-3)

Dans un sol non saturé, la phase liquide n’est plus continue. Donc, si l’on néglige les
contraintes de capillarité, u est partout nul ζ = ζ ’, η = η’.

I.4.2 - Sols pulvérulents (sables et graviers)

Ces sols étant assez perméables, il est habituellement considéré qu’il ne s’y développe pas de
pression interstitielle. Il est constaté par l’expérience que la courbe intrinsèque dans le plan
de Mohr-Coulomb peut être correctement assimilée à une droite passant par l’origine. L’angle
qu’elle forme avec l’axe des ζ est appelé angle de frottement interne du sol 1(figure I.4). Il
y a début de glissement, et le domaine de la plasticité est atteint lorsque : η = ζ.tan .

η = contrainte tangentielle

ζ = contrainte normale η = ζ tan + c (I-4)

= angle de frottement interne.

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Figure I.4: Droite de Mohr-Coulomb pour un sol pulvérulent

Pour déterminer l’angle , on peut réaliser, en laboratoire, l’essai de cisaillement, ou essai à


la boîte de Casagrande. Il consiste à appliquer une contrainte normale à un échantillon de sol
maintenu en conditions drainées, puis à le soumettre à un cisaillement horizontal jusqu’à la
rupture (figure I.5). La courbe intrinsèque s’obtient directement en reportant les couples (ζ, η )
où ζ est la contrainte normale appliquée pendant une rupture et η la contrainte de cisaillement
mesurée pour la rupture. Cet essai s’interprète en considérant que la courbe intrinsèque est
une droite (droite de Mohr-Coulomb), l’angle qu’elle fait avec l’axe des ζ étant l’angle de
frottement interne. [1]

Figure I.5: Schéma de la boîte de cisaillement

Au cours d’un chargement, pour un sable dense, il y a dilatance. Un sable lâche, au contraire,
se contracte lors du cisaillement. La densité critique est la densité initiale telle que la
déformation volumique de l’échantillon ∆V/V ne reste nulle pendant tout le cisaillement
(figure I.6). [1]

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Figure I.6: Changement de volume d’un sable pendant un cisaillement (ε = déformation


longitudinale)

I.4.3 - Sols fins

Un sol fin normalement consolidé se trouve généralement dans un état de densité inférieure à
la densité critique. D’où une tendance pendant le cisaillement à la diminution de volume, ce
qui entraîne l’augmentation des pressions interstitielles. Pour déterminer les paramètres de la
courbe intrinsèque d’un sol fin, l’essai de laboratoire le plus courant est l’essai triaxial. Un
échantillon cylindrique de sol est placé dans une cellule contenant de l’eau, dont une
membrane étanche le sépare. Par l’intermédiaire de l’eau, une contrainte est appliquée. Un
piston applique une contrainte axiale croissante (figure I.7). Une rupture permet de tracer
un cercle de Mohr-Coulomb, généralement celui pour lequel l’extrémité de diamètre
correspond au pic de contrainte. C’est la contrainte principale majeure, étant la contrainte
principale mineure. [1]

Figure I.7: Schéma de l’appareil triaxial

Trois ruptures sont en général réalisées, sous différentes valeurs de , avec trois échantillons
répétés identiques. Elles permettent de tracer la droite tangente aux trois cercles de Mohr-
Coulomb. Son ordonnée à l’origine (c) est par définition la cohésion du sol. L’angle θ formé
avec l’axe des contraintes normales est l’angle de frottement interne du sol. Les sols
pulvérulents sont donc dépourvus de cohésion(c = 0). Dans le plan de Mohr-Coulomb, la
courbe intrinsèque est donc une droite, appelée droite de Mohr-Coulomb. Coulomb avait, le

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premier, considéré que les contributions des deux phénomènes mécaniques, la cohésion et le
frottement interne pouvaient s’ajouter indépendamment l’une de l’autre.

 Trois types d’essais triaxiaux sont couramment pratiqués.

1- Dans l’essai consolidé, drainé (CD), les pressions interstitielles se dissipent au fur et à
mesure (essai lent qui correspond au comportement à long terme du sol). Donc à tout instant
u = 0. Cet essai s’interprète classiquement en considérant le critère de Mohr-Coulomb: la
courbe intrinsèque est une droite d’équation η = c’ + ζ’. tanθ’ où θ’, angle de frottement
interné effectif, et c’, cohésion drainée ou effective, sont les caractéristiques intergranulaires
du sol. (Voir figure I.8 ci-après, essai CD).

2- Dans l’essai consolidé, non drainé avec mesure de la pression interstitielle u (CU),
l’échantillon est tout d’abord consolidé sous une contrainte isotrope jusqu’à dissipation des
pressions interstitielles ; puis le drainage est fermé et la contrainte verticale est augmentée
jusqu’à la rupture tout en mesurant les variations de la pression interstitielle. Cet essai, plus
rapide que l’essai consolidé drainé, permet malgré tout d’accéder aux caractéristiques
intergranulaires du sol c’ et , à condition de l’interpréter en contraintes effectives (voir
figure I.8, essai CU).

3- Dans l’essai non consolidé non drainé (UU), les pressions interstitielles ne se dissipent
pas. Cet essai rapide correspond au comportement à court terme. Pendant l’essai, le volume
est constant. Cet essai est interprété en contraintes totales et permet d’estimer , cohésion
non drainée. L’angle de frottement interne es généralement supposé nul (voir figure I.8,
essai CU). [1]

Figure I.8: Interprétation des différents types d’essais triaxiaux

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L’essai triaxial est le plus classique, mais il existe d’autres essais :

- compression à déformation latérale nulle ou essai œdométrique : =0;

- cisaillement direct ;

Compression simple ( = = 0). Ce dernier essai est facile à interpréter en contraintes


totales. En effet, le cercle de Mohr-Coulomb passe par l’origine et a pour diamètre ,
d’où: = /2

I.5- Utilisations des paramètres de cisaillement dans le calcul des ouvrages


géotechniques
I.5.1- Stabilité des pentes

L’étude de stabilité d’un talus est généralement menée en considérant une section plane et en
se donnant une surface de rupture circulaire (figure I.9). Cette dernière hypothèse correspond
d’ailleurs bien à ce que l’on observe en réalité. Le terrain entre la surface et le cercle est
découpé en tranches verticales minces pour lesquelles on calcule les forces en présence en se
plaçant à l’instant de la rupture (poids de la tranche, frottement contre le massif de sol qui
reste en place...). Par définition, le coefficient F de sécurité au glissement est le rapport entre
le moment cumulé des forces résistantes et celui des forces motrices. Le cercle qui conduit au
coefficient minimal est le cercle critique. Il conduit au coefficient de sécurité du talus.

Pour un remblai à construire, le calcul doit être mené d’une part à court terme
(caractéristiques et obtenues à partir de l’essai triaxial UU interprété en contraintes
totales) et d’autre part à long terme (caractéristiques c’et obtenues à partir de l’essai CD
ou de l’essai CU interprété en contraintes effectives). Le bon choix des paramètres
géotechniques de calcul est fondamental. Avec l’approche de FELLENIUS qui suppose en
particulier que les actions inter-tranches se compensent, le coefficient de sécurité au
glissement à long terme vaut :

F= (I–5)

Wi désigne le poids humide ou saturé de la tranche verticale i, désigne la longueur du


contact de cette tranche avec la surface de rupture considérée et désigne la pression
interstitielle qui règne dans la zone (notations en figure I.9).

A court terme, l’hypothèse d’un matériau non saturé est en général valide, tout au moins pour
des remblais de hauteur modérée construits avec des matériaux à teneur en eau inférieure à
celle de l’optimum Proctor.

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Chapitre I: Mécanique des sols

A long terme pour un barrage en terre, la zone saturée et la zone non saturée doivent être
distinguées. Le calcul consiste à considérer dans la zone saturée les sous-pressions définies
par un réseau de lignes de courant et d’équipotentielles en se plaçant dans le cas le plus
défavorable pour la vie du barrage. Pour le talus amont, c’est toujours celui de la vidange
rapide où l’eau dans la retenue s’abaisse beaucoup plus vite que l’eau infiltrée dans le
remblai. Le même principe vaut pour l’étude de stabilité des parois d’un canal en terre. [1]

Figure I.9: Principe d’un calcul de stabilité au glissement

I.5.2 - Détermination des pressions des terres

I.5.2. 1- Etat des sols au repos

A une profondeur z:

 La contrainte effective verticale (sur une facette horizontale) est =


 La contrainte horizontale (sur une facette verticale) est :

= s’il n’y a pas de déplacement latéral, étant, par définition, le coefficient de


poussée des terres au repos (Figure I.10).

Figure I.10: Contrainte au repos

Pour un sable, JAKY a montré expérimentalement que = 1 - sin . Pour les argiles
molles et les vases, = 1. Pour les argiles normalement consolidées, ≈ 0,5.

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I.5.2.2 - Notion de poussée et de butée

Imaginons un écran mince vertical lisse dans un massif de sable. Il est soumis par définition à
la poussée au repos. En supprimant le demi-massif de gauche, et en déplaçant l’écran
parallèlement à lui même vers la droite, il se produit un équilibre dit de butée (ou passif). En
le déplaçant vers la gauche, il se produit un équilibre de poussée (ou actif). La (Figure I.11)
représente la force horizontale F à appliquer à cet écran pour le déplacer d’une longueur ε. [1]

Figure I.11: Principe de la poussée et de la butée

I.5.3 - Théorie de Coulomb (1773)


Cette théorie, déjà ancienne, permet la détermination de la force de poussée s’exerçant sur un
écran d’orientation verticale ou inclinée (voir la Figure I.12). [1]

Hypothèses :

- le sol est homogène et isotrope ;

- le mur est rigide ;

- la surface de rupture est plane ;

- l’angle de frottement δ entre le mur et le sol est connu (δ est l’angle entre la résultante des
forces de poussée et la perpendiculaire au mur) ;

- la cohésion n’est pas prise en compte

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Figure I.12: Poussée sur un mur selon Coulomb

1
Pa  Ka   H 2 Coefficient de poussée, est donné par la formule (I-6)
2

sin 2    
Ka  (I-7)
sin      sin     
2

sin 2   sin    1  
 sin      sin     

La force de butée a, de même que pour expression générale :

sin 2    
KP  (I-8)
sin      sin     
2

sin 2   sin    1  
 sin      sin     

1
PP  KP   H 2 (I-9)
2

Pour β = 0, η = π /2 et δ = 0 (mur lisse), on obtient

= =1/ (I-10)

I.5.4 - Théorie de Rankine (1860)


Hypothèses :

- le sol est isotrope ;

- le mur ne modifie pas la répartition des contraintes verticales :

= .h pour un sol à surface horizontale ;

= .h.cos pour un sol à surface inclinée d’un angle β sur l’horizontale.

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Chapitre I: Mécanique des sols

Nous considérerons seulement le cas d’un écran vertical.

Pour les sols pulvérulents (c = 0) et à surface horizontale.

La contrainte de poussée (active) est = .h avec :

De même, la contrainte de butée (passive) est = .h avec :

= =1/

Pour les sols purement cohérents ( = 0).

=1- 2. = 1 + 2.

Pour les sols cohérents et frottants.

= ( ) - 2. tan( ) (I-11)

= ( ) + 2. tan( ) (I-12)

I.5.5 - Calcul des efforts sur un mur vertical


Les forces de poussée et de butée sont :

= H2 (La dernière égalité n’est valable que pour un sol pulvérulent car Ka est alors
indépendant de h).

De même, = H2 , si le sol est pulvérulent.

Plans de rupture:

Le diagramme de Mohr-Coulomb (voir Figure I.14) montre que les surfaces de rupture, qui
se développent dans le massif en terre, font avec la direction de la contrainte principale
majeure un angle de :

Pour la poussée (point I)

Pour la butée (point J).

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Chapitre I: Mécanique des sols

Figure I.14: Surfaces de rupture en poussée et en butée

I.6-Fondations superficielles
On appelle ainsi des fondations telles que la profondeur d’encastrement (D) reste inférieure à
5 ou 6 fois la largeur de la fondation (B).

L = longueur de la semelle (L B)

B = Largeur de la semelle c’est la plus petit dimension de la semelle

D = Encastrement épaisseur minimale de terres au-dessus de la base de la semelle

D/B 4…………….semelle superficielle

L/B 5…………….semelle filante (continu)

L/B 5……………..semelle isolées (carrées, rectangle, circulaire)

I.6.1- Calcul d’une fondation par la théorie de la plasticité

On étudie dans ce paragraphe le cas d’une semelle filante de longueur infinie, de largeur B et
supportant une charge P par mètre de longueur. Prandtl étudié la rupture sous une fondation
rugueuse, à partir de la théorie de Rankine en considérant un schéma de rupture (figure I.15),
avec un coin de sol sous la fondation en état de poussée et un coin en état de butée, qu’est la
contrainte qui provoque la rupture (u pour ultime). [1]

 Sol pulvérulent non pesant et semelle enterrée

Le sol environnant applique une surcharge uniforme ( .D) au plan passant par la base de la
semelle (figure I.15). Selon Prandtl, le sol sous la fondation est en rupture de poussée, les
lignes de rupture étant des droites inclinées de (π /4+ /2) sur l’horizontale.

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Chapitre I: Mécanique des sols

Figure I.15: Coins de poussée et de butée lors d’une rupture plastique

De part et d’autre de la fondation, le sol est en rupture de butée, les lignes de rupture étant
inclinées de (π /4 − π /2) sur l’horizontale, c’est à dire perpendiculaires aux précédentes.
Toujours selon la théorie de Prandtl, la contrainte qui provoque la rupture est :

= = ( ) (I-13)

 Sol pulvérulent, pesant

Ajouter au terme précédent : = . Les valeurs du coefficient figurent au tableau


ci-après en fonction de

 Sol non pesant, cohérent et frottant

En appliquant une surcharge H = c.cotan à la fois au sol environnant et à la semelle elle


même.

D’où: + H = Q. soit = c. Avec =

 Sol à la fois pesant, cohérent et frottant

Finalement, la formule générale donnant la pression limite est :

= = + + c. (I-14)

, , sont donnés en fonction de , dans le tableau I.1 ci-après.

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Chapitre I: Mécanique des sols

Tableau I.1: Valeurs des coefficients , , . [1]

0° 5° 10° 15° 20° 25° 30° 35° 40°


1 ,0 1,6 2,7 7 13 22 41 81 173
0 ,0 0,5 1,2 2,5 5,0 10 20 43 110
5 ,1 6,9 9,1 13 18 25 37 58 96

I.7-Vérification de la stabilité des murs de soutènements

Apres avoir évalué toutes les forces agissant sur le mur, on passe à la vérification de la
stabilité en tout point. Il est nécessaire de procéder à la vérification:

 La stabilité du mur au glissement

Sous l’action de la poussée des terres, et éventuellement des surcharges, le mur tend a se
déplace horizontalement par glissement. Les forces stabilisatrices qui s’opposent au
glissement sont:

Le poids du mur W ;
La buté; des terres coté aval (souvent négligeable) B.
La condition de non-glissement s’écrit :

é é (I-15)

 La stabilité du mur au renversement

Pour vérifier la stabilité du mur au renversement, on localise arbitrairement l’axe de rotation


du mur au droit de l’arête extérieure de la semelle et l’on compare les moments par rapport à
cet axe :

Des forces stabilisatrices qui sont le poids du mur et des terres ainsi que l’action horizontale
de la surcharge ;

Des forces renversantes qui sont les poussées des terres, des surcharges et de la nappe d’eau

Le rapport de ces moments est illustre par un coefficient de sécurité qui ne doit en aucun cas
descendre au-dessous de 1 ,5 . La vérification au renversement s’écrit alors :

é é (I-16)

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Chapitre I: Mécanique des sols

 La résistance du sol de fondation

Il faudra également qu’en tout point de la partie inferieure de la fondation du mur, la


contrainte maximale induite par les différentes actions reste inferieure à la portance du sol,
désignée par . La vérification des contraintes dans le sol s’écrit :

(I-17)

Après cette vérification préliminaire, on évalue les sollicitations (effort normale (N), effort
tranchant (T) et moment fléchissant (M)) maximales qui agissent sur le mur. Ces sollicitations
serviront des données pour le calcul des armatures des différentes parties du mur.

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