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La proposition subordonnée complétive

Introduction
I- Critères d’indentification de la complétive
1- Equivalences catégorielles et fonctionnelles de la complétive

La subordonnée complétive est une proposition qui complète la proposition principale


et particulièrement un élément qui en fait partie et qui peut être de nature grammaticale
différente comme le verbe, l’adjectif, le nom ou l’adverbe. Par exemple, son équivalence à un
SN lui permettra d’acquérir certaines des propriétés syntaxiques de ce syntagme. Dans son
Dictionnaire de Linguistique, J. Dubois a défini les complétives comme : « des phrases
insérées dans d’autres phrases, à l’intérieur desquelles elles jouent le rôle d’un syntagme
nominal sujet ou complément. »1
Une proposition subordonnée complétive, qui complète également le sens d’un
constituant de la proposition principale, est dotée de plusieurs propriétés syntaxiques : elle
n’accepte pas l’effacement puisqu’elle fait partie intégrante du syntagme verbal (SV) quand
elle dépend d’un verbe; par contre son déplacement se fait sous des conditions. Observons
l’exemple ci-dessous :
(1) Nous souhaitons que ce livre plaise à un large public.
En appliquant le test de l’effacement de la complétive, nous aurons une structure phrastique
agrammaticale et inacceptable :
(1’) Nous souhaitons …. (L’effacement de la proposition complétive entraine une phrase
incomplète et inacceptable.)
Par contre le test du déplacement serait possible sous la condition de la pronominalisation.

2- Pronominalisation de la complétive
La subordonnée complétive est l’équivalent d’un syntagme nominal qui peut avoir la
fonction d’un complément essentiel du verbe. Puisqu’elle est dotée de cette caractéristique
elle accepte d’être pronominalisée. Autrement dit, elle peut être remplacée par un pronom.
Prenons les exemples suivants :
(2) Je savais qu’il aura son baccalauréat.

1
DUBOIS. J., et al. Dictionnaire de Linguistique et sciences du langage, Paris, Larousse, 2007, p. 101.
→ (2’) Je le savais.
(3) Je m’attendais à ce que le gouvernement trouve urgemment une solution.
→ (3’) Je m’y attendais.
(4) Je profite de ce qu’il fasse beau pour faire un pique-nique.
4’→ J’en profite pour faire un pique-nique.

Lorsque la complétive conjonctive est introduite par la conjonction « que », la


transformation de pronominalisation se fait par le pronom neutre « le », comme c’est le cas
des exemples (2) et (2’). Ensuite la complétive introduite par à ce que qui est le cas de
l’exemple (3) sa pronominalisation se fait par «y » (3’) ; alors que, le pronom « en »
remplace une complétive introduite par la locution conjonctive « de ce que » comme en (4) et
(4’).

Remarques
1- Lorsque la conjonction de subordination « que » dans une subordonnée complétive
conjonctive est une réduction de « de ce que », la pronominalisation se fait au moyen
du pronom « en » ;
(5) Je suis certaine (de ce) que tu ne refais pas la même bêtise.
→ (5’) J’en suis certaine.
2- Les complétives qui ont pour verbes supports penser (à) et croire (à) sont
pronominalisées soit par « le » ou par « y » selon leur structure.
(6) Tu penses que je n’assiste pas à cette fête.
→ (6’) Tu le penses.
(7) Tu penses que ton avenir sera meilleur.
→ (7’) tu y penses ?

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