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CHAPITRE 5

POUTRES MIXTES ACIER-BÉTON


5.1 INTRODUCTION
D’une manière générale, un élément structural en construction peut être
défini comme mixte s’il associe deux matériaux de nature et de propriétés
différentes avec l’objectif de tirer le meilleur parti possible de cette
association au plan mécanique. Les constructions mixtes acier - béton sont
conçues avec l’idée d’utiliser :
le béton pour résister aux efforts de compression ;
l’acier pour résister aux efforts de traction et aux efforts tranchants.
La même idée est exploitée en béton armé : mais il existe un autre aspect
tout à fait spécifique des constructions mixtes : c’est le rôle essentiel joué
par la connexion.

Élément mixte acier-béton Élément en béton armé


En général, dans les constructions mixtes acier - béton, l’adhérence entre
l’élément en acier et celui en béton n’existe pas naturellement, la
solidarisation des deux matériaux est obtenue au moyen d’organes de
liaison, dits « connecteurs », fixés sur l’élément métallique (par exemple,
des goujons soudés, des cornières soudées, etc) dont le rôle est
d’empêcher le glissement pouvant se produire le long de l’interface acier -
béton
Béton

Acier Connecteurs

5.2 RETRAIT DU BÉTON

5.2.1 Généralités

Le retrait du béton est un phénomène complexe qui provient du processus


d’évaporation de l’eau vers l’extérieur.
On appellera l’état libre celui pour lequel le béton peut effectuer librement son
retrait, c’est-à-dire que la dalle, par exemple se raccourcit sans entrave donc
sans création de contrainte interne. C’est le cas de dalle non participante.

Retrait libre du béton

Or, dans les poutres mixtes les deux matériaux sont liés par des
connecteurs et sont astreints à subir la même déformation de leur contact
(dans l’hypothèse d’une connexion complète).
Le béton, lié à l’acier, ne peut se raccourcir librement, il effectue
partiellement son retrait empêcher en cela par les connecteurs et la rigidité
de la poutre métallique et par conséquent il en résulte des contraintes de
traction dans le béton. De ce fait, il entraîne partiellement la poutre en acier
connecté, qui se raccourcit et fléchit.
Dans l’étude de l’action de retrait, il convient de faire la différence entre les
poutres isostatiques et hyperstatiques.
5.2.2 Poutres mixtes isostatiques

Dans une poutre isostatique, librement déformable, l’action du retrait ne


développe aucune réaction d’appui. Les contraintes sont dues à des efforts
extérieurs nuls et forment un système d’efforts auto – équilibrés.
Nret Nret

Nret Nret

Mret Mret

Action du retrait sur


une poutre isostatique Mret Mret

Pour calculer les contraintes et les déformations dues au retrait, il faut fixer
les valeurs à considérer pour le coefficient d’équivalence (n) défini par :
n = E a / E c’
Ea est le module d’élasticité de l’acier de construction
E c’ est le module « équivalent » du béton .
Ec’ =Ecm/3 si cela est préciser pour un projet particulier et dans tous les cas
pour les bâtiments destinés principalement au stockage ;
Ec’ =Ecm/2 dans les autres cas.
Ecm est le module sécant moyen du béton pour un chargement à court
terme.
La flèche due au retrait se calcule comme si la poutre était sollicitée par
deux moments agissant aux extrémités de valeur Mret :
M ret L2
 ret 
8E a I m
Im inertie de la section mixte homogénéisée.

5.2.3 Poutres mixtes hyperstatiques

Dans les poutres hyperstatiques, les appuis intermédiaires s’opposent à la


déformation que la poutre prendrait librement si elle était isostatique. Il naît
alors des réactions d’appuis hyperstatiques de retrait, qui restituent les
liaisons surabondantes imposées. Ces réactions forment obligatoirement
un système de réaction en équilibre de résultante nulle.
Considérons une poutre
isostatique de porté L, la
flèche est égale à :
M ret L2
 ret 
8E a I m
Ajoutons un appui médian
C. La poutre devient
continue à deux travées de
portée L/2. La flèche en C
devant nécessairement
être nulle, l’appui doit
exercer alors sur la poutre
une réaction Rc.
On déduit Rc de l’égalité :
M ret L2 1 Rc  L3
 ret  
8E a I m 48 E a I m
M ret
Rc  6
L
Pour que le système de réactions hyperstatiques dues au retrait soit équilibré et par
raison de symétrie, il faut que chacun des appuis extrêmes A et B exerce une
réaction égale à (-Rc/2).
5.3 EFFETS DES ÉTAIS
Dans le calcul des poutres mixtes, il faut considérer les actions appliquées à la poutre
après le développement de l’action mixte, ce qui veut dire que le poids propre de la
charpente et de la dalle produit seulement des contraintes et déformations dans le
profilé métallique.
Il y a des situations où la poutre est étayée durant le bétonnage afin de diminuer les
déformations et les contraintes dans l’ossature métallique. Dans ce cas, il faut
prendre en compte dans la vérification de la poutre mixte les sollicitations dues à
l’enlèvement des étais.

Cette figure donne


les réactions dues à
la présence des
étais pour certains
cas de configuration
d’étaiement.
Exemple :

qI (surcharges d’exploitation)
qG2 (autres charges permanentes)
qG1 (poutre métallique + dalle)
L
Ia = inertie du profilé métallique.
Im = inertie de la poutre mixte (homogénéisée par rapport à l’acier).
Calculer le déplacement maximal max à mi-travée (en négligeant l’effet du
retrait) dans les cas suivants:
1. La poutre est étayée avant le durcissement du béton.
2. La poutre n’est pas étayée avant le durcissement du béton.
3. La poutre comporte un seul étai à mi-travée avant le durcissement du béton.
q
Q
Rappel :
5 q  L4 Q  L3
 max    max 
384 E  I 48  E  I
1. Poutre étayée :

Avant le durcissement du béton : I = Ia


qG1
Ia  max  0
L

Après le durcissement du béton : I = Im


qI
5 qG1  qG 2  q I   L4
qG2  max  
Im qG1 384 Ea  I m
L

Ea = module d’élasticité de l’acier.


2. Poutre non étayée :

Avant le durcissement du béton : I = Ia


qG1 5 qG1  L4
Ia  max 1  
L 384 E a  I a

Après le durcissement du béton : I = Im


qI 5 qG 2  q I   L4
 max   max 1  
Im qG2 384 Ea  I m

 max 1 5  L4 q q  qI 
L  max    G1  G 2 
384  Ea  I a Im 
3. Poutre comportant un étai à mi-travée :

Avant le durcissement du béton : I = Ia


qG1 À mi-travée on a un appui (étai)
Ia
=0
L/2 L/2
L
QG1  1,25  qG1 
2

Après le durcissement du béton : I = Im


QG1

qI 5 qG 2  q I   L4 QG1  L3
 max   
Im qG2 384 Ea  I m 48  E a  I m
L
5.4 CALCUL DES POUTRES MIXTES À L’ELU

5.4.1 Définitions et différents types de poutres mixtes

Une poutre mixte est un élément structural mixte soumis principalement à la


flexion. La figure ci-dessous montre des exemples types de sections
transversales de poutres mixtes.

Le béton d’enrobage d’une âme de poutre (fig.d) n’est pas pris en


considération pour le calcul de la résistance en flexion ou la résistance à
l’effort tranchant de la section. Toutefois, cet enrobage partiel de la poutre
en acier peut améliorer notablement sa résistance à l’incendie et contribue
à la résistance au voilement local ainsi qu’à la résistance au déversement.
5.4.2 Vérifications à l’ELU des poutres mixtes

Dans le cas d’une poutre mixte avec profilé normalisé, ces vérifications
portent essentiellement sur :
a) La résistance de sections transversales dites « critiques », définies
comme celles où le moment fléchissant passe par un maximum, celles
où l’effort tranchant est maximal, ou encore celles où la résistance
combinée vis-à-vis du moment fléchissant et de l’effort tranchant est
susceptible d’être atteinte. On doit également compter au nombre de
sections critiques les sections présentant un brusque changement de
dimensions ou de propriétés mécaniques (autre qu’une modification
due à la fissuration du béton).
b) La résistance au déversement en zone de moments négatifs, avec
déplacement latéral de la semelle inférieure en acier.
c) La résistance de la connexion au cisaillement longitudinal.
d) La résistance au cisaillement longitudinal de la dalle et des armatures
transversales
5.4.3 Caractéristiques des sections transversales des poutres

Afin de pouvoir étudier le plancher comme un ensemble de poutre en T


indépendantes, il est pratique d’introduire le concept de largeur participante
beff de dalle revenant à fixer la largeur de celle-ci, pour chaque poutre
métallique, qui contribue à la flexion générale du plancher avec l’hypothèse
d’une distribution uniforme des contraintes normales sur cette largeur.

beff = be1 + be2 avec: bei = min ( l0 / 8 ; bi)


où bi est la largeur réelle de chaque partie, à la moitié de la dalle entre
l’âme concernée et l’âme adjacente à l’exception des bords libres où la
largeur réelle est la distance entre l’âme et le bord libre.
beff
be1 be2

b1 b1 b2
Dans le cas d’une poutre continue, l0 peut être choisie selon les indications
données à la figure ci-dessous.

5.4.4 Résistances des sections transversales des poutres

5.4.4.1 Résistances des sections au moment fléchissant

La classification des sections transversales est importante car elle permet,


entre autres, de déterminer les critères de vérification de la résistance à la
flexion d’une section mixte.
Ainsi :
pour les sections mixtes de classe 1 ou 2, la résistance ultime est basée
sur leur résistance plastique ;
pour les sections mixtes de classe 3, la résistance ultime est basée sur
leur résistance élastique ;
pour les sections mixtes de classe 4, la résistance ultime est basée sur la
résistance élastique de la partie efficace de ces sections compte tenu du
voilement local.
Une section transversale est classée en fonction de la classe la plus
défavorable de ses parois comprimées en acier. La classe d’une section
mixte dépend logiquement du signe du moment fléchissant au droit de cette
section.
Toute semelle comprimée en acier, si elle est attachée à la dalle de béton
par des connecteurs présentant un espacement inférieur à 22t (pour une
dalle pleine), dans la direction longitudinale de la poutre, peut être
considérée d’emblée comme relevant de la classe 1.
 22t
a) Sections mixtes de classe 1 et 2

Pour les sections mixtes de classe 1 et 2, et dont la connexion est


complète, de manière que le profilé métallique, ou la dalle de béton, ou
encore l’ensemble des armatures, puisse atteindre sa résistance maximale,
la résistance au moment fléchissant de ces sections peut être déterminée
par le calcul plastique en adoptant les hypothèses suivantes :
la section efficace de l’élément en acier est soumise à une contrainte
égale à sa limite d’élasticité de calcul fy /a en traction ou en compression ;
les aires participantes des barres longitudinales d’armature tendue sont
soumises à des contraintes égales à leur limites d’élasticité de calcul fsk /s.
Il est admis de négliger l’armature comprimée dans la dalle ;
la section participante de béton comprimé résiste à une contrainte de
0,85fck /c, constante sur la totalité de la hauteur située entre l’axe neutre
plastique et la fibre la plus comprimée du béton ;
la résistance en traction du béton est négligée.
1. Cas d’une section sous moment positif

L’expression du moment de résistance plastique dépendant de la position


de l’axe neutre plastique (a.n.p.), trois cas sont envisagés ci-après.

1.1 Axe neutre situé dans la dalle

Désignant respectivement par Fa et Fc les résistances plastiques du profilé


en traction et de la dalle en compression :
F a = Aa  f y /  a Fc = hc  beff  (0,85 fck / c)

beff où Aa est l’aire de la section du profilé


Dalle en béton
hc a.n.p.
Fc = Fa

Donc pour que l’axe neutre plastique


ha Profilé métallique
soit situé dans la dalle, il faut que:
F c  Fa
Distribution plastique des contraintes avec axe neutre dans la dalle (moment positif)

beff 0,85fck/c
Fc1
Dalle en béton Z a.n.p.
hc
Compression

ha/2
Fa
ha Profilé métallique
Traction
ha/2

fy/a
La cote ‘z’ de l’axe neutre plastique (a.n.p.) par rapport à la face supérieure de la
dalle est donnée par :
Fc1 = z  beff  (0,85 fck / c) = Fa z = Fa / (beff  0,85 fck / c)  hc

Calculant le moment résistant au niveau de la résultante du béton comprimé, on


obtient immédiatement :
Mpl.Rd = Fa {(ha / 2) + hc - (z / 2)}
1.2 Axe neutre situé dans la semelle en acier

Distribution plastique des contraintes avec axe neutre dans la semelle (moment positif)
beff 0,85fck/c Compression
Fc
hc Dalle en béton
Z

Fa1
a.n.p.

Fa2
ha Profilé métallique
Traction

tf
bf fy/a fy/a

Fc + Fa1 = Fa2 = Fa – Fa1 Fa - Fc = 2  Fa1= 2  (bf  (z – hc)  fy/a)

(z – hc) = (Fa - Fc) / (2  bf  fy/a)  tf (Fa - Fc)  (2  bf  tf  fy/a)


z = (Fa - Fc) / (2  bf  fy/a) + hc
Conclusion: L’axe neutre se situe dans la semelle du profilé métallique lorsque :

Fc  Fa et (Fa - Fc)  (2  bf  tf  fy/a)

beff 0,85fck/c Compression


Fc
hc Dalle en béton
Z

(Fa – Fc)
a.n.p.

Fa
ha Profilé métallique
Traction

tf
bf fy/a fy/a

Calculant le moment résistant au niveau de la résultante du béton comprimé, on


obtient :
ha hc (F  Fc ).z
M pl.Rd  Fa (  ) a
2 2 2
1.3 Axe neutre situé dans l’âme

Lorsque l’on a : Fc  Fa et (Fa - Fc)  (2  bf  tf  fy/a)


 l’axe neutre plastique se situe dans l’âme.
Distribution plastique des contraintes avec axe neutre dans l’âme (moment positif)
beff 0,85fck/c Compression
Fc
hc Dalle en béton

a.n.p. Fa1
ha Profilé métallique
Zw
Fa2
tw ha/2
Traction
tf
bf fy/a fy/a
Fc + Fa1 = Fa2 Fc + (Fa/2) – (zw  tw fy/a) = (Fa/2) + (zw  tw fy/a)

Fc = 2  (zw  tw fy/a) zw = Fc /(2 tw  fy/a)


beff 0,85fck/c Compression
Fc
hc Dalle en béton

Fa/2
a.n.p.
Fc Zw
ha Profilé métallique

ha/2 Fa/2
tw
Traction
tf
bf fy/a fy/a

Le moment résistant se calcule alors au centre de gravité du profilé ( qui est la


position de l’a.n.p. pour un profilé symétrique) :
ha hc F .z
M pl.Rd  M apl.Rd  Fc (  ) c w
2 2 2
ou encore :
ha hc Fc2
M pl.Rd  M apl.Rd  Fc (  ) 
2 2 (4t w f y /γ a )
2. Cas d’une section sous moment négatif

L’axe neutre plastique se trouve dans le profilé. Deux cas sont envisagés, selon
que l’axe neutre se trouve dans la semelle ou dans l’âme. On désigne par As l’aire
totale des armatures participantes.

2.1 Axe neutre situé dans la semelle en acier

Distribution plastique des contraintes avec axe neutre dans la semelle (moment négatif)
beff fsk/s
Fs Le cas considéré ici se
hc hs
produit lorsque l’on a :
Dalle en béton

a.n.p. Fa1
Zf Fa  Fs
Fa2
ha Profilé métallique
et
Compression

(Fa - Fs)  (2  bf  tf  fy/a)


tf
bf fy/a fy/a

Désignant par Fs la résistance plastique des barres d’armature : Fs = As fsk / s


L’épaisseur zf de la semelle en traction est donnée par la condition d’équilibre :
Fa = Fs + (2  bf  zf  fy / a) zf = (Fa - Fs) / (2  bf  fy/a)

et le moment résistant, pris au niveau de la nappe d’armatures, par :


ha zf
M pl.Rd  Fa (  h s )  (Fa  Fs ).(  h s )
2 2

2.2 Axe neutre situé dans l’âme

Distribution plastique des contraintes avec axe neutre dans l’âme (moment négatif)
beff fsk/s
Fs Ce cas se produit
hc lorsque l’on a :
Dalle en béton hs Traction
Fa1
a.n.p. F a  Fs
Zw
ha Profilé métallique
et
Fa2
ha/2
tw
Compression (Fa - Fs)  (2  bf  tf  fy/a)
tf
bf fy/a fy/a
La hauteur d’âme en compression zw située au-dessus du centre de gravité du
profilé ( qui est la position de l’a.n.p. pour un profilé symétrique) est donnée par :
zw = Fs /(2 tw  fy/a)
et le moment résistant, pris au centre de gravité du profilé ( qui est la position de
l’a.n.p. pour un profilé symétrique), par :
ha Fs2
M pl.Rd  M apl.Rd  Fs (  h s ) 
2 (4t w f y /γ a )

b) Sections mixtes de classe 3 et 4

Dans le calcul de la résistance élastique en flexion dans le cas de construction


étayée, les contraintes limites de flexion doivent être prises égales à :
0,85 fck /c pour le béton comprimé ;
fy /a pour l’acier de construction en traction ou en compression dans une section
transversale de classe 3 ;
fy /Rd pour l’acier de construction en compression ou en traction dans une
section efficace de classe 4, ou Rd = 1,10 ;
fsk /s pour l’armature en traction. Il est permis de négliger l’armature en
compression dans la dalle.
Exemple de calcul de MRd dans le cas d’une section mixte de classe 3 :

On considère le cas d’une section mixte sollicitée par un moment positif et dont le
centre de gravité de la section mixte homogénéisée « Gm » est situé dans le profilé
métallique. beff
L’axe neutre élastique (a.n.e.) passe par
hc Dalle en béton Gc le centre de gravité.
Gm a.n.e.
ha/2 beff  hc hc h
Ga Si:   Aa  a
ha Profilé métallique
n 2 2
(symétrique)
ha/2 alors, l’axe neutre élastique (a.n.e.) est
situé à l’interface acier-béton.

beff  hc hc h
  Aa  a  a.n.e. est situé dans la dalle en béton.
n 2 2
beff  hc hc ha
  Aa   a.n.e. est situé dans le profilé métallique.
n 2 2
c a a a
Pas de glissement à c  a    c  
l’interface acier-béton Ec' Ea Ea n
Ec'
beff  hc hc h
On suppose que :   Aa  a  l’a.n.e. est situé dans le profilé métallique.
n 2 2
beff
c
hc Dalle en béton
vc
'
Gm a.n.e. v a

ha MSd Profilé métallique


(symétrique) va

a
M Sd  v a fy Diagramme des Diagramme des
a  
Im a déformations contraintes

M Sd  vc 0,85  f ck
c   Im  f y 
n  Im c  
 va   a 
M Sd  M elRd  min  
 n  I m  0,85  f ck 
 vc   c 
5.4.4.2 Résistance des sections à l’effort tranchant

Certaines sections transversales peuvent être sollicitées à l’effort tranchant pur,


entre autres les sections des extrémités de poutres. Dans ce cas, on suppose que
la résistance à l’effort tranchant est celle du profilé en acier. La condition à satisfaire
par l’effort tranchant de calcul VSd, dans une section sollicitée essentiellement par ce
type d’effort, est donc :
fy 1
VSd  V pl.Rd avec : V pl.Rd  Av 
3 a

En fait, la vérification précédente n’est valable que si l’âme reste stable vis-à-vis
du voilement par cisaillement. Dans le cas où l’âme n’est pas prémunie contre le
voilement par cisaillement, la condition à satisfaire par l’effort tranchant de calcul
VSd, dans une section sollicitée essentiellement par ce type d’effort, sera donc :

 ba
V Sd  Vba.Rd  d  t w 
 M1
5.4.4.3 Résistance des sections à la flexion et effort tranchant

Dans les poutres mixtes continues, au voisinage des appuis intermédiaires, les
sections transversales peuvent être sollicitées à la fois à l’effort tranchant VSd et au
moment fléchissant MSd. Lorsque l’effort tranchant VSd ne dépasse pas la moitié de
la résistance plastique à l’effort tranchant Vpl.Rd, il n’y a pas de réduction sensible du
moment résistant. Dans le cas contraire, il convient d’adopter le critère d’interaction
ci-après :
MRd Mf.Rd
   
2
2V
M Sd  M f .Rd  ( M Rd  M f .Rd ) 1   Sd  1 
  V pl.Rd  
   

MRd est la résistance de calcul en flexion,


Mf .Rd est la résistance plastique de calcul en flexion d’une section transversale
ne comportant que les membrures, avec des sections efficaces identiques à celles
utilisées dans le calcul de MRd.
Dans le cas où l’âme n’est pas prémunie contre le voilement par cisaillement, on
doit remplacer, dans les critères de vérification précédents, Vpl.Rd par Vba.Rd.
5.5 CONNEXION DANS LES POUTRES DE BATIMENTS

5.5.1 Introduction

Des connecteurs doivent être prévus tout le long de la poutre afin de transmettre
l’effort de cisaillement longitudinal entre la dalle et la poutre en acier à l’état limite
ultime, en négligeant l’effet d’adhérence naturelle entre les deux.
Les connecteurs doivent être capables de présenter une résistance vis-à-vis du
soulèvement de la dalle. Il convient donc de concevoir et calculer les connecteurs
pour un effort de traction nominal, perpendiculaire au plan de la semelle en acier,
d’au moins 0,1 fois la résistance de calcul au cisaillement de ces connecteurs. Si
nécessaire, il convient de compléter les connecteurs par des dispositifs d’ancrage.
On peut admettre que les connecteurs de type goujon à tête confèrent une
résistance suffisante au soulèvement.

Goujon à tête soudé Cornière soudée


5.5.2 Résistance de calcul des connecteurs

5.5.2.1 Goujons à tête soudés en présence d’une dalle pleine

La résistance de calcul d’un goujon à tête, soudé et présentant en pied un bourrelet


de soudure normal, est donnée par la plus petite valeur des deux formules
suivantes (correspondant à des ruines au niveau respectivement du goujon et du
béton enrobant le goujon) :

 d 2 1 1
PRd  0,8 f u ou PRd  0,29    d 2 f ck E cm 
4  
où l’on désigne par :
d le diamètre du fût du goujon (d  22 mm) ;
fu la résistance ultime en traction spécifiée du matériau du goujon, sans dépasser 500 N/mm2 ;
fck la résistance caractéristique sur cylindre du béton à l’âge considéré ;
Ecm la valeur moyenne du module sécant du béton ;
 = 0,20 [(h/d) + 1] pour 3  h/d  4 ;
 =1 pour h/d > 4, et
h la hauteur hors-tout du goujon.
Le coefficient partiel de sécurité  est pris égal à 1,25 à l’état limite ultime.
5.5.2.2 Connecteurs en cornières dans les dalles pleines

Il convient de déterminer la résistance de calcul d’une cornière soudée sur la


poutre en acier au moyen de la formule :

PRd  10bh 3 4 f ck2 3  

où :
PRd est en Newtons et où l’on désigne par :
b la longueur de la cornière en mm,
h la hauteur de l’aile verticale de la cornière en mm,
fck la résistance caractéristique du béton en N/mm 2.
 le coefficient partiel de sécurité à l’état limite ultime égal à 1,25.

Il convient de dimensionner l’armature utilisée pour s’opposer au soulèvement de


sorte que : f
Ae sk  0,1PRd

s
en désignant par :
Ae l’aire de section transversale de la barre,  2/4,
fsk la limite d’élasticité caractéristique de l’armature,
s le coefficient partiel de sécurité pour une armature.
5.5.3 Effort de cisaillement longitudinal
Pour le cas des poutres pour lesquelles on utilise le calcul plastique, et dans
l’hypothèse d’une connexion complète, l’effort total de cisaillement longitudinal de
calcul Vl auquel sont tenus de résister les connecteurs espacés entre le point de
moment fléchissant positif maximal et un appui d’extrémité libre doit être calculé de
la façon suivante :
 Aa f y

Vl  min 
a
 0,85 Ac f ck
 c

5.5.4 Dispositions constructives concernant la connexion

1) Il convient que l’épaisseur d’enrobage d’un connecteur soit d’au moins 20 mm.
 20 mm  20 mm
2) Pour l’entraxe longitudinal maximal des connecteurs, il convient de ne pas
dépasser 6 fois l’épaisseur totale de la dalle, ni 800 mm.
6  hc  6  hc 
 min    min  
800 mm  800 mm 

3) Il convient d’avoir une distance d’au moins 20mm entre le bord d’un connecteur
et le bord de la semelle de la poutre sur laquelle il est soudé.

 20 mm  20 mm

h  2 d

4) Il convient d’avoir une hauteur hors tout de d h


goujon d’au moins 2d, où d représente le
diamètre du fût.
5) L’espacement des goujons dans la direction de l’effort de cisaillement
longitudinal doit être supérieur ou égal à 5d et l’espacement dans la direction
perpendiculaire de l’effort de cisaillement longitudinal doit être supérieur ou
égal à 2,5d pour les dalles pleines.
 2,5  d
 5 d

6) À l’exception des cas où les goujons sont situés directement au-dessus de


l’âme, il convient d’adopter pour le diamètre d’un goujon soudé une valeur ne
dépassant pas 2,5 fois l’épaisseur de la partie sur laquelle il est soudé.

d2,5t d2,5t
t
7) Il convient de limiter la hauteur h de l’aile verticale d’une cornière à 10 fois
l’épaisseur, et à 150 mm, et il faut également limiter la longueur b d’une
cornière à 300mm.
b  300 mm
h  10  t
et
t h  150 mm

8) Le calcul des soudures fixant la cornière sur la poutre en acier doit être fait en
supposant un effort de 1,2 PRd , appliqué avec un excentrement égal à :
e = (h/4).

FSd = 1,2  PRd


e = (h/4)

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