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Cours Prothèse complète Adjointe

AU 2020 /2021

Pr Houda Chraief

La polymérisation

Introduction
La reproduction fidèle des maquettes prothétiques est une étape, si non fondamentale dans la
réalisation d’une prothèse complète.

Les résines acryliques qui sont habituellement utilisées, ne permettent pas une reproduction
toujours parfait des maquettes initiales. Ceci est fonction de la technique d’utilisation adoptée.

Les résines acrylique r&agissent de façon importante à des erreurs de manipulation.

La qualité du produit final dépend largement de son historique, ces erreurs ont des conséquences à
deux niveaux différents :

L’intrados ne correspond pas exactement au moulage dont il est issu.

Les variations importantes au niveau de l’occlusion apparaissent au niveau vertical, transversal et


sagittal.

Causes des variations dimensionnelles des résines acryliques

1-Le retrait à la polymérisation :

La densité du méthylmetacrylate monomère est seulement de 0.945 g / à cm3 à 20°C, le


polyméthylmetacrylate qui est le polymère a une densité qui varie entre 1.16 et 1.19 par cm 3 à 20°C,.
pour obtenir une réaction de polymérisation, nous mélangeons du polymère ( poudre) à du
monomère ( liquide) ainsi le produit final obtenu présente un changement de densité qui compte
tenu du fait que la poudre et le liquide ne sont pas mélangés en quantité égales, est de 6 à 7% ce qui
correspond à « un retrait linéaire » d’environ 2%

Cette variation de volume se matérialise au moment de la polymérisation dans le moufle ce qui fait
qu’une partie plus ou moins grande de ce retrait est transformée en contraintes internes dans la
prothèse. La libération des ces contraintes internes après le démouflage se traduira par des
variations dimensionnelles secondaires plus ou moins importante.

2-Le retrait thermique

A la température de polymérisation ( 100°C) la résine à l’intérieur du moufle est à l’état visqueux ;


lors du refroidissement ;, la résine se rétracte thermiquement à la même vitesse que le modèle tant

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qu’elle est encore à l’état visqueux, mais lorsqu’on se rapproche de température de transition
vitreuse, la rigidité de la résine augmente à mesure que le refroidissement continue.

Dès que l’on sera passé au dessous de la température de transition vitreuse, la résine deviendra
solide et ainsi, ne se contractera plus à la même vitesse ni à la même manière que le modèle, ainsi
apparait un retrait qui est appelé retrait thermique.

Ce retrait de durcissement est différent selon Les zones proches ou éloignées des bords des bords du
moufle et selon l’épaisseur de la résine.

Le deuxième retrait va être aussi refoulé par la présence du plâtre et du moufle, ce qui se traduira
par l’apparition de nouvelles contraintes internes, la libération de ces contraintes lors du démouflage
va donner lieu à des distorsions et à des flexions de la base prothétique. La recherche d’une
technique adéquate de polymérisation nous permettra de limiter au maximum les conséquences de
la formation de ces contraintes internes.

3- Erreurs de manipulation

Un certain nombre de facteur vont se surajouter à ces causes de variations dimensionnelles que sont
le retrait thermique et le retrait à la polymérisation, ce sont

Le non respect du rapport poudre /liquide

La présence d’impuretés

La sorption d’eau et de liquide.

Choix d’une technique de polymérisation

1- Choix d’un vecteur thermique


La quasi généralisation de la polymérisation au bain marie ne doit pas nous faire penser qu’il
s’agit du seul procédé pour cuire la prothèse en résine.
Un certain nombre de méthodes différentes permettent d’effectuer l’apport calorique
nécessaire au déclenchement de la réaction de polymérisation: vapeur, induction, air sec,
infrarouges.
Les résultats des études faites avec ces différentes méthodes ne sont jamais supérieures à
ceux que l’on obtient avec l’eau chaude : le contrôle de la repartition thermique est plus
aisée avec l’eau.
Une étude sur les variations dimensionnelles en poids et en volume après polymérisation
dans une enceinte à air chaud et au bain marie a montré qu’après un séjour à l’air durant 36
jours et dans de l’eau distillée pendant 36 jours les variations les plus faibles sont obtenues
avec une polymérisation au bain marie.
2- injection ou compression ?
Deux techniques sont proposées pour introduire la résine dans le moufle la compression ou
l’injection, depuis qu’on a introduit un procédé d’injection des résines une grande
controverse s’est installée à ce sujet : les résultats obtenus par ces procédés sont – ils
supérieurs à ceux obtenus par les techniques classiques de compression ?

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De point de vue stabilité dimensionnelle on a comparé au niveau de la limite palatine


postérieure d’une prothèse supérieure les trois types de méthodes : résine thermo
polymérisée introduite dans le moufle par compression ou par injection et la résine auto
polymérisable.
Les résultats de ces expérimentations prouvent que les variations dimensionnelles minimales
sont obtenues avec les résines autopolymérisables et les résines introduites dans le moufle
par compression.

Les impératifs de la mise en moufle


1- Etre effectuée dans un moufle de longueur et de largeur en relation avec le volume du
modèle et de sa maquette.
2- Assurer une épaisseur de plâtre en tout point excédant 1 cm.
3- Permettre la récupération des modèles.
4- Assurer la séparation des différentes parties du moufle.
5- Prévoir et compenser toutes les expansions de la résine acrylique au cours de la
polymérisation.
6- Supprimer et éliminer tout risque de surépaisseur, distorsion et de porosité.
Règles de la polymérisation
Les techniques permettant de remplir le moufle ne causent pas de variations
dimensionnelles mais ce sont les techniques de polymérisation et de refroidissement du
matériau résineux inclus dans le moufle qui en sont responsables.

1- Règle du mélange

Le mélange monomère- polymère doit être réalisé de manière que le liquide monomère empreigne
totalement mais sans excès la poudre polymère. Ce mélange ne doit être utilisé avant d’avoir atteint
sa complète homogénéité.

Le rapport entre le polymère et le monomère a une importance considérable sur la stabilité


dimensionnelle de la future prothèse. Plus on utilise de monomère, plus le retrait à la polymérisation
sera important.

Le principe que l’on doit obtenir est que le monomère doit être présent en quantité suffisante pour
mouiller les grains de polymère mais ne doit pas être en excès.

A cause de la différence de poids et de taille des particules de polymère, la proportion varie d’un
produit à un autre. La meilleure technique de dosage consiste à verser, dans un récipient clos, la
quantité de liquide que l’on juge nécessaire et de saturer ce liquide de poudre de telle sorte qu’après
un repos de 10 mn, il reste toujours de la poudre en excès à la surface du mélange. Cet excès de
poudre est ensuite éliminé.

La réaction poudre-liquide va se dérouler en quatre stades fluides, visqueux, pâteux et


caoutchouteux. Le mélange doit être introduit dans le moufle au stade pâteux.

Une utilisation prématurée du mélange aura pour conséquence un degré de polymérisation


insuffisant et donc des variations dimensionnelles.

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2- Règle de la pureté du mélange


 Toute inclusion de corps étrangers dans le mélange monomère polymère doit être
rigoureusement proscrite.
 Le travail du mélange poudre liquide doit être effectué avec les mains recouvertes de gains.
 Les moulages seront parfaitement nettoyés pour éliminer toute trace de pâte à empreinte
(surtout l’oxyde de zinc).
 Les moufles seront nettoyés pour éliminer les traces de cire. Ils seront séchés à l’air chaude
pour éliminer les traces d’humidité.les vernis à base d’alginate seront évités.
 Les moufles doivent être parfaitement hermétiques après la dernière pressée. Toutes les
bavures seront éliminées.
 Les résines utilisées seront d’une qualité irréprochable, la quantité de conservateur
( hydroquinone ) ne dépassant pas 1% .
3-règle du cycle de cuisson
La polymérisation des résines acryliques est réalisée selon un cycle de cuisson composée des
étapes suivantes :
Montée en température d’une durée minimale de 120 mn
Cuisson à la température constante de 100 °C pendant une durée de 30mn.
Refroidissement lent et linéaire au minimum 15H.
3-1 Influence de la vitesse de montée en température
Deux sondes thermiques disposées à l’intérieur du moufle permettent de suivre
l’évolution thermique à l’intérieur du moufle pour toute une série de vitesse de
montée en température dont nous choisirons que deux exemples
a-Vitesse de montée en température rapide : lorsqu’on atteint la température
d’ébullition de l’eau avec une vitesse relativement rapide, 45 mn, l’analyse des
évolutions de température à l’intérieur du moufle montre que chacune des
sondes thermiques atteint 100°C a sa propre vitesse.
 La mesure des températures au niveau des zones fines et épaisses de résine
s’élève au-delà de 100°C atteignant 110°C. or la température d’ébullition du
monomère étant de 100,8°C il va s’en suivre une vaporisation de ce dernier
ce qui se traduit par des zones mal polymérisées par des porosités.
 Par ailleurs, les variations importantes de vitesse de montée en température
au niveau de la prothèse vont se traduire par déclenchement fractionné de la
polymérisation ce qui aura pour conséquence l’apparition de zones de
polymérisation décalées avec autant de zones de contraintes et de
déformation.
 Si l’on mesure sur un grand nombre d’échantillon, l’importance de la fissure
palatine postérieure entre la prothèse et son modèle on aura une valeur
relativement importante.

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b-Vitesse de montée en température lente


 Nous avons une réponse unique dans toutes les sondes thermiques
contenus dans le moufle. La polymérisation va être beaucoup plus
homogène.les zones de contraintes seront beaucoup moins
nombreuses et les conséquences sur l’importance de la fissure
palatine postérieure seront très significatives.
 Une vitesse de monté en température intermédiaire (120°C) nous
donnerais certes des résultats moins bon mais acceptables.
3-2 influence de la durée de polymérisation à 100°C
Il est tout d’abord extrêmement important que la polymérisation se fasse à 100°C.
D’une part, parce que les propriétés mécaniques du matériau obtenu seront plus
importantes et d’autre part, parce qu’en conséquence, le pourcentage de monomère
résiduel sera beaucoup moins important pour une même durée de cuisson.
La durée de cuisson à 100°c semble devoir être préconisée par la plus part des
fabricants de résine càd 30mn. Un raccourcissement exagéré de ce temps de cuisson
se traduit par des variations dimensionnelles secondaires après 8 jours.
3-3 influence de la vitesse de refroidissement
Un refroidissement trop rapide a pour conséquence une augmentation considérable
des contraintes internes dans la prothèse, cause de variations dimensionnelles
importantes. En effet on observe une grande disparité du refroidissement en
fonction des zones concernées. Chacune des zones de refroidissement a sa propre
vitesse. Ainsi à quelques centimètres de distance, on a des écarts de températures
considérables de l’ordre de plusieurs dizaines de degrés.
Au cours du refroidissement lent et linéaire tous les points du moufle se refroidissent
à la même vitesse le refroidissement est homogène.

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