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Terminale 6 Contrôle sur les intégrales, le dénombrement et la loi binomiale Le 23 avril 2011

Exercice 1 7 points

On lance un dé tétraédrique dont les quatre faces portent les nombres 1, 2, 3 et 4.
On lit le nombre sur la face cachée.
Pour k ∈ {1 ; 2 ; 3 ; 4), on note pi la probabilité d’obtenir le nombre k sur la face cachée.
Le dé est déséquilibré de telle sorte que les nombres p1 , p2 , p3 et p4 dans cet ordre, forment une progression arithmétique.

1. Sachant que p4 = 0, 4 démontrer que p1 = 0, 1, p2 = 0, 2 et p3 = 0, 3.

Si p1 , p2 , p3 et p4 dans cet
 ordre, forment une progression arithmétique de raison r, alors p2 = p1 + r, p3 = p1 + 2r et
 p4 = p1 + 3r = 0, 4
p4 = p1 + 3r. On a donc :
 p + p + r + p + 2r + p + 3r = 1 (loi des probabilités totales)
1 1 1 1
 
 p1 + 3r = 0, 4  2p1 + 6r = 0, 8
⇐⇒ =⇒ 2p1 = 0, 2 ⇐⇒ p1 = 0, 1.
 4p + 6r = 1  4p + 6r = 1
1 1

D’où p1 + 3r = 0, 4 ⇐⇒ 0.1 + 3r = 0.4 ⇐⇒ r = 0, 1 et : p2 = 0, 2, p3 = 0, 3, p4 = 0, 4.

2. On lance le dé trois fois de suite. On suppose que les lancers sont deux à deux indépendants.

(a) Quelle est la probabilité d’obtenir dans l’ordre les nombres 1, 2, 4 ?

La probabilité d’obtenir dans l’ordre 1, 2, 4 est p = 0, 1 × 0, 2 × 0, 4 = 0, 008.

(b) Quelle est la probabilité d’obtenir trois nombres distincts rangés dans l’ordre croissant ?

Les tirages donnant trois nombres distincts croissants sont : (1, 2, 3), (1, 2, 4), (1, 3, 4) et (2, 3, 4).
La probabilité d’avoir l’un de ces tirages est donc :
p1 × p2 × p3 + p1 × p2 × p4 + p2 × p3 × p4 + p2 × p3 × p4 = 0, 006 + 0, 008 + 0, 012 + 0, 024 = 0, 05.

3. On lance 10 fois de suite le dé. On suppose les lancers deux à deux indépendants. On note X la variable aléatoire qui
décompte le nombre de fois où le chiffre 4 est obtenu.

(a) Pour 1 6 i 6 10, exprimer en fonction de i la probabilité de l’événement (X = i).

On répète dix fois de manière indépendante la même épreuve ayant deux issues possibles :
– on obtient le chiffre 4 de probabilité p = 0.4
– on obtient pas le chiffre 4 de probabilité 1 − p = 0.6
X suit la loibinomiale
 B(10, 0.4). On sait que la probabilité d’obtenir i fois le chiffre 4 est (pour 0 6 i 6 10) :
10
p(X = i) = 0, 4 0, 610−i .
i
i

(b) Calculer l’espérance mathématique de X. Interpréter le résultat obtenu.

On a E(X) = 10 × 0.4 = 4. On peut dire alors que le chiffre 4 sortira en moyenne 4 fois sur les 10 lancers si l’on
répète un grand nombre de fois ces 10 lancers

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(c) Calculer la probabilité où le chiffre 4 est obtenu au moins une fois. On donnera une valeur arrondie au millième.

On a p(X > 1) = 1 − p(X = 0). Or p(X = 0) = 0, 610 .


Donc p(X > 1) = 1 − 0, 610 ≈ 0, 9939 ≈ 0, 994, soit à peu près 994 chances sur 1000 d’obtenir au moins une fois le 4
en 10 tirages.

4. Soit n un entier naturel non nul. On lance n fois le dé, les lancers étant encore supposés indépendants deux à deux.
On note Un la probabilité d’obtenir pour la première fois le nombre 4 au n-ième lancer.

(a) Montrer que (Un ) est une suite géométrique et qu’elle est convergente.

La probabilité d’obtenir n − 1 fois un autre chiffre que le 4 et ensuite le 4 au ne tirage est :

Un = 0, 6n−1 × 0, 4.

Cette suite est une suite géométrique de premier terme U1 = 0, 4 et de raison 0, 6.


Comme −1 < 0, 6 < 1, cette suite converge vers 0.

n
X
(b) Calculer Sn = Ui puis étudier la convergence de la suite (Sn ).
i=1

1 − 0, 6n
Sn = 0, 4 × 0, 60 + 0, 4 × 0, 61 + · · · + 0, 4 × 0, 6n−1 = 0, 4 × = 1 − 0, 6n .
1 − 0, 6
Or lim 0, 6n = 0, donc lim Sn = 1.
n→+∞ n→+∞

(c) Déterminer le plus petit entier n tel que Sn > 0, 999.

On a Sn > 0, 999 ⇐⇒ 1 − 0, 6n > 0, 999 ⇐⇒ 0, 6n < 0, 001 ⇐⇒ ln [0, 6n ] < ln (0, 001)
ln 0, 001
D’où n ln 0, 6 < ln 0, 001 (par croissance de la fonction ln) ⇐⇒ n >
ln 0, 6
car
ln 0, 001
ln 0, 6 < 0. Comme ≈ 13, 5, il faut donc faire 14 tirages.
ln 0, 6

Exercice 2 8 points
 − →
→ −
Le plan est muni d’un repère orthogonal O, u , v .

Partie A

La courbe (C), donnée en annexe, est la courbe représentative d’une fonction f dérivable sur [0 ; +∞[, de fonction dérivée

f continue sur [0 ; +∞[.  
1
La courbe (C) passe par les points O et A 1 ; et, sur [0 ; 1], elle est au dessus du segment [OA].
2e
Z 1
1
1. Montrer que f ′ (x) dx = .
0 2e

f ′ étant définie et continue sur [0 ; 1] est intégrable sur cet intervalle.


Z 1
1 1 1
D’où f ′ (x) dx = [f (x)]0 = f (1) − f (0) = −0= .
0 2e 2e

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1
1
Z
2. Montrer que f (x) dx >
0 4e

On sait que sur [0 ; 1], la courbe (C) est au dessus du segment [OA] ; l’intégrale de f sur [0 ; 1] égale à l’aire de la surface
limitée par (C) et les droites y = 0, x = 0 et x = 1, est supérieure à l’aire du triangle OIA (avec I(1 ; 0)).
1
OI × IA 1 × 2e 1
Cette aire est égale à = = .
Z 1 2 2 4e
1
Donc f (x) dx > .
0 4e

Partie B
xe−x
On sait désormais que la fonction f considérée dans la partie A est définie sur [0 ; +∞[ par : f (x) = 2 .
Z 2n x +1
On considère la suite (un ) définie pour tout entier naturel n par : un = f (x) dx.
n
x 1
1. Montrer que pour tout x de [0 ; +∞[, 0 6 2 6 .
x +1 2

x
On étudie sur [0 ;1] la fonction g définie par g(x) = x 0 1 +∞
+1 x2
′ 1 × (x2 + 1) − (x × 2x) 1 − x2 (1 − x)(1 + x) f ′ (x) + −
g (x) = = 2 =
(x2 + 1)2 (x + 1)2 (x2 + 1)2
x 1 1 1/2
lim = lim = lim =0
x→ +∞ x2 + 1 x→ +∞ x + 1/x x→ +∞ x f (x)
(−∞) (−∞) (−∞)

D’où le résultat 0 0

1 −n 
2. Montrer que pour tout entier naturel n, 0 6 un 6 e − e−2n .
2

x 1 xe−x 1
On a montré que pour tout x > 0, 06 2 6 ⇐⇒ 0 6 2 6 × e−x (e−x > 0)
Z 2n x + 1 2 x + 1 2
1 2n −x
Z
Et donc par propriété 0 ≤ f (x) dx ≤ e dx..
n 2 n
1  −x 2n 1  −2n 1 −n
− (−en ) ⇐⇒ 0 ≤ un 6
 
On obtient 0 ≤ un ≤ −e n
⇐⇒ 0 ≤ un ≤ −e e − e−2n
2 2 2

3. En déduire la limite de un quand n tend vers +∞.

Comme lim e−n = lim e−2n = 0, on en déduit par application du théorème des gendarmes : lim un = 0.
n→+∞ n→+∞ n→+∞

ANNEXE

0.3

0.2 b
A

C
0.1

O
1 2

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Exercice 3 5 points
Soit la fonction f définie sur l’intervalle [0 ;1] par f (x) = 2xe−x .
On considère le volume du solide engendré par la rotation autour de l’axe (O; x)
de la courbe représentative de f Comme l’indique la figure ci-contre. y Cf

1. A l’aide d’une intégration par partie montrer que


Z 1
3 O x
I= (−4xe−2x ) dx = 2 − 1 1
0 e

2. En déduire à l’aide d’une nouvelle intégration


 par partie que le volume
5
du solide est égal, en unité de volume, à π 1 − 2 .
e

 
 u(x) = x  u′ (x) = 1
1. On pose
 v ′ (x) = −4e−2x  v(x) = 2e−2x
Z 1 Z 1 Z 1 Z 1
1 1
u v ′ = [u v]10 − 2e−2x = 2e−2 − −e−2x 0 = 2e−2 − −e−2 − (−e0 )
   
I= (−4xe−2x ) dx = u′ v = 2xe−2x 0 −
0 0 0 0
D’où I = 2e−2 + e−2 − 1 = 3e−2 − 1
Z 1 Z 1
2
2. On a V = S(x) d(x) avec S(x) = πr2 = π(f (x))2 = π 2xe−x = π4x2 e−2x . D’où V = π 4x2 e−2x dx
0 0
Z 1
On pose J = 4x2 e−2x dx et on effectue à nouveau à une intégration par partie.
0
 
 u(x) = x2  u′ (x) = 2x
 v ′ (x) = 4e−2x x  v(x) = −2e−2x
Z 1 Z 1 Z 1 Z 1
1
4x2 e−2x dx = u v ′ = [u v]10 − u′ v = 2x2 e−2x 0 −

J= −4xe−2x = −2e−2 − I
0 0  0 0
Et donc J = −2e−2 − 3e−2 − 1 = −2e−2 − 3e−2 + 1 = 1 − 5e−2
D’où le résultat

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