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2010-2011 MET203 Chapitre 1 Ecoulement de puissance

1.1 Introduction
Le calcul de répartitions de charge, ou encore calcul d’écoulement de charge (ou de puissance) est sans
aucun doute le calcul le plus fréquemment effectué dans les réseaux d’énergie électrique.

En termes simples, son objectif est de déterminer l’état électrique complet du réseau, à savoir les tensions
à tous les nœuds, les transits de puissance dans toutes les branches, les pertes, etc. . . à partir des
consommations et des productions spécifiés dans chaque nœud.

On utilise couramment la traduction anglaise “Load Flow”. En anglais, le terme “Power Flow” est aussi
utilisé.

À travers les études du lad flow nous pouvons obtenir les modules et les déphasages des tensions dans
chaque nœud en régime statique. Ceci est très important parce que les modules des tensions sont à
maintenir dans des limites spécifiées. Une fois les modules et les déphasages des tensions sont déterminés,
les puissances actives et réactives transitant à travers les lignes de transports ou de répartitions peuvent
être calculées. Aussi, en se basant sur les différences entre les puissances des nœuds source et réception
de la même ligne, on peut déterminer les pertes actives et réactive de cette ligne et par suite les pertes
active et réactive an tous le r »seau de transport. En outre, à partir des écoulements de puissance dans les
lignes, on put aussi déterminer les surcharges dans les lignes de transport.

1.2 Les équations de Load Flow


1.2.1 Quadripôle universel

Afin de simplifier les développements analytiques, nous supposerons toutes les branches du réseau (ligne,
câbles, transformateurs) modélisées par le quadripôle représenté à la figure suivante.

Figure 1.1: quadripôle universel

On vérifier aisément que:

• le schéma équivalent en pi de la ligne (ou du câble) s’obtient en posant nij = 1 et φij = 0

• le schéma équivalent du transformateur s’obtient en posant Bsji = 0; seuls les transformateurs déphaseurs
ont un paramètre φij différent de zéro.

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Supposons que le quadripôle relie les nœuds i et j. Le courant 𝐼𝑖𝑗 qui y entre du coté du nœud i vaut

𝑉𝑗
𝐼𝑖𝑗 = 𝑗𝐵𝑠𝑖𝑗 𝑉𝑖 + 𝑌𝑖𝑗 𝑉𝑖 − 𝑒 𝛷𝑖𝑗 (1,1)
𝑛 𝑖𝑗

1.2.2 Bilans de puissance nodaux

Soit N le nombre de jeux de barres du réseau. On note N(i) l’ensemble des nœuds reliés au i-ème

nœud (i = 1, . . . ,N) par au moins une branche (figure 1.2).

Figure 1.2: topologie au voisinage de l’i-ème nœud

La première loi de Kirchhoff donne:

𝐼𝑖 = 𝑗𝐵𝑠𝑖 𝑉𝑖 + 𝑗𝜖𝑁 (𝑖) 𝐼𝑖𝑗 𝑖 = 1, … , 𝑁 (1.2)

Où le courant 𝐼𝑖 est compté positivement quand il entre dans le réseau.

La puissance complexe entrant dans le réseau à l’i-ème jeu de barres vaut:

𝑃𝑖 + 𝑗𝑄𝑖 = 𝑉𝑖 𝐼𝑖∗ = −𝑗𝐵𝑠𝑖 𝑉𝑖2 + ∗


𝑗𝜖𝑁 (𝑖) 𝑉𝑗 𝐼𝑖𝑗 𝑖 = 1, … , 𝑁 (1,3)

En remplaçant 𝐼𝑖𝑗 par son expression (1.1), on obtient successivement:

(1.4)

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et une décomposition en parties réelle et imaginaire fournit:

(1.5)

1.3 Formation de la matrice admittance


1.3.1 Hypothèse simplificatrices

Afin de faciliter la compréhension de la problématique d’écoulement de puissance, les hypothèses


simplificatrices suivantes sont prises en compte :

 Pas de transformateur régleur en charge (nij = 1)


 Pas de transformateur déphaseur (φij = 0)
 Pas de compensation (Bsi=0)

On pose aussi :

𝑦𝑠𝑕𝑖𝑗 = 𝑗𝐵𝑠𝑖𝑗 (1.6)

Qui est l’admittance shunt de la ligne reliant le noud i au nœud j coté nœud i

1
𝑦𝑠𝑖𝑗 = 𝑅𝑖𝑗 +𝑗 𝑋 𝑖𝑗
(1.7)

Qui est l’admittance série de la ligne reliant le noud i au nœud j

1.3.2 Matrice admittance du réseau

En tenant compte de tous ça, le courant 𝐼𝑖𝑗 qui entre du coté du nœud i vaut :

𝐼𝑖𝑗 = 𝑦𝑠𝑕𝑖𝑗 𝑉𝑖 + 𝑦𝑠𝑖𝑗 𝑉𝑖 − 𝑉𝑗 (1.8)

On définit le courant injecté au réseau dans un nœud i par la différence entre la production et la
consommation dans ce nœud, ce courant est donné mathématiquement par :

𝐼𝑖 = 𝐼𝑔𝑖 − 𝐼𝑐𝑕𝑖 = 𝑗𝜖𝑁 (𝑖) 𝐼𝑖𝑗 𝑖 = 1, … , 𝑁 (1.9)

Avec :

𝐼𝑔𝑖 : Courant produit par les générateurs raccordés au nœud i

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𝐼𝑐𝑕𝑖 : Courant consommé par les charges raccordées au nœud i

L’expression du courant injecté en tenant compte de l’équation (1.8) vaut :


𝑁 𝑛
𝐼𝑖 = 𝑗 =1,𝑗 ≠𝑖 (−𝑦𝑠𝑖𝑗 𝑉𝑗 ) + 𝑉𝑖 𝑗 =1(𝑦𝑠𝑕𝑖𝑗 + 𝑦𝑠𝑖𝑗 ) (𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑖 = 1, … , 𝑁) (1.10)

N est le nombre des nouds du réseau.

Remarque : si le nœud i n’est pas relié avec le nœud j, nous aurons alors :

𝑦𝑠𝑖𝑗 = 𝑦𝑠𝑕𝑖𝑗 = 0 (1.11)

On définit les éléments diagonaux et les éléments non diagonaux de la matrice admittance du réseau à
partir de l’équation (1.10) comme suit:

𝑌𝑖𝑗 = −𝑦𝑠𝑖𝑗 (1.12)

𝑁
𝑌𝑖𝑖 = 𝑗 =1(𝑦𝑠𝑕𝑖𝑗 + 𝑦𝑠𝑖𝑗 ) (1.13)

Le système d’équations reliant les courants injectés et les tensions aux nœuds du réseau est donné par :
𝑁
𝐼𝑖 = 𝑌𝑖1 𝑉1 + 𝑌𝑖2 𝑉2 + ⋯ + 𝑌𝑖𝑖 𝑉𝑖 + ⋯ + 𝑌𝑖𝑁 𝑉𝑁 = 𝑗 =1 𝑌𝑖𝑗 𝑉𝑗 (𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑖 = 1, … ; 𝑁) (1.14)

Sous forme matricielle, on peut l’écrire comme suit :

𝐼1 𝑌11 𝑌12 … 𝑌1𝑛 𝑉1


𝐼2 = 𝑌21 𝑌22 … 𝑌2𝑛 = 𝑉2 (1.15)
. . . … . .
𝐼𝑛 𝑌𝑛1 𝑌𝑛2 … 𝑌𝑛𝑛 𝑉𝑛

Sous forme plus compacte :

𝐼 = 𝑌 𝑉 (1.16)

𝑌 est connu par la matrice admittance du réseau.

1.3.3 Expression de puissances injectées

La puissance injectée au réseau au nœud i est donnée par :

𝑆𝑖 = 𝑃𝑖 + 𝑗𝑄𝑖 = 𝑉𝑖 𝐼𝑖∗ (1.17)

On peut écrire aussi :

𝑆𝑖∗ = 𝑃𝑖 − 𝑗𝑄𝑖 = 𝑉𝑖∗ 𝐼𝑖 (1.18)

Remplaçant par l’expression du courant donnée par (1.14) ; les puissances actives et réactives injectées
sont valent :

𝑃𝑖 = 𝑅𝑒(𝑉𝑖∗ 𝑁
𝑗 =1(𝑌𝑖𝑗 𝑉𝑗 )) (1.19)

𝑄𝑖 = −𝐼𝑚(𝑉𝑖∗ 𝑁
𝑗 =1(𝑌𝑖𝑗 𝑉𝑗 )) (1.20)

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Posons:

𝑉𝑖 = 𝑒𝑖 + 𝑗𝑓𝑖 = 𝑉𝑖 𝑒 𝑗 𝜃 𝑖 (1-21)

𝑌𝑖𝑗 = 𝐺𝑖 𝑗 + 𝑗𝐵𝑖𝑗 = 𝑌𝑖𝑗 𝑒 𝑗 𝛼 𝑖𝑗 (1-22)

Les puissances actives et réactives peuvent être exprimées en coordonnées polaires ou en coordonnées
rectangulaires en fonctions des tensions des nœuds et la matrice admittance du réseau.

En coordonnées polaires elles s’écrivent:


𝑁
𝑃𝑖 = 𝑗 =1 𝑌𝑖𝑗 𝑉𝑖 𝑉𝑗 cos(𝛼𝑖𝑗 + 𝜃𝑗 − 𝜃𝑖 ) (𝑖 = 1, … , 𝑁) (1-23)

𝑁
𝑄𝑖 = − 𝑗 =1 𝑌𝑖𝑗 𝑉𝑖 𝑉𝑗 sin(𝛼𝑖𝑗 + 𝜃𝑗 − 𝜃𝑖 ) (𝑖 = 1, … , 𝑁) (1-24)

En coordonnées rectangulaires elles s’écrivent:


𝑁
𝑃𝑖 = 𝑗 =1[𝑒𝑖 (𝑒𝑖 𝐺𝑖 𝑗 + 𝑓𝑗 𝐵𝑖𝑗 )+𝑓𝑖 (𝐺𝑖𝑗 𝑓𝑗 − 𝐵𝑖𝑗 𝑒𝑗 )] (𝑖 = 1, … , 𝑁) (1-25)

𝑁
𝑄𝑖 = 𝑗 =1[𝑓𝑖 (𝑒𝑖 𝐺𝑖 𝑗 + 𝑓𝑗 𝐵𝑖𝑗 )+𝑒𝑖 (𝐺𝑖𝑗 𝑓𝑗 − 𝐵𝑖𝑗 𝑒𝑗 )] (𝑖 = 1, … , 𝑁) (1-26)

Remarque : Dans ce cours, on va se limité à la formulation de la problématique d’écoulement de puissance


en coordonnées polaires. Vous trouvez dans la documentation citée en fin de chapitre les autres types de
formulation.

1.4 Spécification des données du Load Flow


1.4.1 Données nodales

Le réseau est décrit par les 2N équations (1.23 et 1.24 ou 1.25 et 1.26). En chaque nœud du réseau, ces
équations font intervenir quatre grandeurs: le module 𝑉𝑖 et la phase 𝜃𝑖 de la tension, les puissances active
𝑃𝑖 et réactive 𝑄𝑖 .

Pour qu’inconnues et équations soient en nombre égal, il faut donc spécifier deux de ces quatre grandeurs
en chaque nœud.

Le tableau 1.1 détaille les différentes données nodales que l’on spécifie en pratique ainsi que les équations
et les inconnues correspondantes.

1.4.2 Nœuds PQ :

En un jeu de barres où est connectée une charge, on spécifie les puissances active et réactive consommées
par celle-ci, car ces informations sont généralement disponibles au départ de mesures. Les équations
relatives à un tel nœud sont données par (1.23, 1.24) où 𝑃𝑖 et 𝑄𝑖 sont les consommations changées de
signe.

En un tel nœud, les inconnues sont donc 𝑉𝑖 et 𝜃𝑖 .

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Les mêmes informations sont généralement spécifiées pour les générateurs de faible puissance. La
production active P est, aux pertes prés, la puissance générée par la turbine, tandis qu’un asservissement
𝑃
maintient le facteur de puissance à une valeur spécifiée, ce qui fournit la puissance réactive
𝑃 2 +𝑄 2
générée.

Ces nœuds où l’on spécifie P et Q sont souvent désignés sous le vocable de “nœuds PQ”.

Tableau 1.1 Classification des nœuds d’un réseau électrique


en remplaçant modules
Equipements Equations Inconnues et phases dans l’équ. de
concernés bilan de puissance non
utilisée, on en déduit :

𝑉𝑖

𝜃𝑖

𝑉𝑖

𝜃𝑖

𝜃𝑖

𝑉𝑖

𝜃𝑖

𝜃𝑖

1.4.3 Nœuds PV :

Les générateurs des grandes centrales sont dotés de régulateurs de tension qui maintiennent constantes
leurs tensions terminales. En un tel jeu de barres, il est plus naturel de spécifier la tension que la puissance
réactive. Les données sont donc Pi et Vi. Le module de la tension étant directement spécifiée, il ne reste

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que θi comme inconnue. L’équation (1.24) n’est donc pas utilisée pour calculer l’état électrique du système.
Cependant, elle est utilisée à posteriori pour calculer la puissance réactive produite par le générateur.
Ces nœuds o`u l’on spécifie P et V sont désignés sous le vocable de “ nœuds PV”.
Certains jeux de barres peuvent recevoir une charge et un générateur. Dans ce cas, ce sont les données
relatives au générateur qui dictent le type du nœud: PQ ou PV selon le cas. L’injection de puissance active
Pi (resp. réactive Qi) est évidemment la différence entre la puissance générée et la puissance consommée.

1.4.4 Nœud balancier (de référence)

A ce stade, deux remarques s’imposent:

 on ne peut spécifier les puissances Pi et Qi à tous les nœuds. En effet, le bilan de puissance
complexe du réseau s’écrit:
𝑁
𝑖=1 𝑃𝑖 = 𝑝 (1.27)
𝑁
𝑖=1 𝑄𝑖 = 𝑞 (1.28)

ou p (resp. q) représente les pertes actives (resp. réactives) totales dans le réseau. Spécifier toutes
les valeurs Pi et Qi reviendrait donc à spécifier les pertes. Or, ces dernières sont fonction des
courants dans les branches et donc des tensions aux nœuds, lesquelles ne sont pas connues à ce
stade;

 seules des différences angulaires interviennent dans les équations (1.23, 1.24); on peut ajouter une
même constante à toutes les phases sans changer l’état électrique du réseau. Il convient en fait de
calculer les déphasages de n−1 nœuds par rapport à l’un d’entre eux pris comme référence. Pour
satisfaire ces deux contraintes, un des jeux de barres du réseau se voit spécifier le module et la
phase de sa tension, plutôt que les puissances. Ce jeu de barres sert de référence angulaire, la
phase de sa tension étant arbitrairement posée égale à zéro. En ce nœud, aucune des équations
(1.23, 1.24) n’est utilisée et il n’y aucune inconnue à déterminer.

Ce jeu de barres est désigné sous le nom de balancier.

En pratique, on choisit comme balancier un jeu de barres ou est connecté un générateur, ce qui est
cohérent avec l’imposition de la tension. Si nous choisissons le nœud 1 comme nœud de référence. La
relation (1.27) donne:
𝑃1 = 𝑁 𝑖=2 𝑃𝑖 (1.29)
Ou les différents termes de la somme sont spécifiés dans les données, tandis que, comme indiqué
précédemment, p n’est connu qu’à l’issue du calcul de load flow.

La procédure est alors la suivante. Pour une charge totale donnée, on estime les pertes actives et l’on
répartit la somme des deux sur les différents générateurs, en ce compris le balancier. A l’issue du calcul, on
connait les pertes p relatives à ce schéma de production. Si l’estimation des pertes était imprécise, la
production du balancier est éloignée de ce qu’on a supposé lors de la répartition de la production sur les
différents générateurs. Si l’écart est trop grand, on peut corriger cette répartition en prenant comme
estimation des pertes la valeur qui vient d’être calculée. On peut itérer de la sorte jusqu’à ce que la

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production du balancier après calcul soit proche de l’estimation avant calcul. Quand une telle correction est
nécessaire, une seule itération suffit dans la plupart des cas pratiques.

I.5 Equations d’écoulement de puissance


Soient Nq le nombre de nœuds PV et Np le nombre de nœuds PQ, avec:
Np + Nq + 1 = N (1.30)
Soient:
 V le vecteur des modules des tensions aux nœuds PQ (dimension Np)
 pq le vecteur des injections actives spécifiées aux nœuds PV et PQ (dimension N − 1)
 qo le vecteur des injections réactives spécifiées aux nœuds PQ (dimension Np)
 θ le vecteur des phases des tensions aux nœuds PV et PQ, rapportées au nœud balancier
(dimension N − 1).

Les équations de load flow peuvent s’écrire sous forme vectorielle de la façon suivante:
N − 1 équations de puissance active (1.23) aux nœuds PV et PQ:
𝑓 𝑉, 𝜃 − 𝑝0 = 0 (1.31)
NPQ équations de puissance réactive (1.24) aux nœuds PQ:
𝑔 𝑉, 𝜃 − 𝑞0 = 0 (1.32)
ou les composantes de f (resp. g) sont les fonctions fi (resp. gi) définies par (1.23) (resp. 1.24).

1.6 Résolution du problème de Load Flow par la méthode itérative de Gauss-Seidel

1.6.1 Rappel théorique


C’est une méthode itérative de calcul utilisée dans les méthodes numériques. Elle utilise les résultats le
l’itération précédente pour calculer la nouvelle itération.

Supposons qu’un ensemble d’équations linéaires simultanées à N inconnue (x1 x2 ,…, xN variables
indépendantes ) est donné par :

𝑎11 𝑥1 + 𝑎12 𝑥2 + ⋯ + 𝑎1𝑁 𝑥𝑁 = 𝑏1


𝑎21 𝑥1 + 𝑎22 𝑥2 + ⋯ + 𝑎2𝑁 𝑥𝑁 = 𝑏2
.
.
.
(1.33)
𝑎𝑖1 𝑥1 + 𝑎𝑖2 𝑥2 + ⋯ + 𝑎𝑖𝑁 𝑥𝑁 = 𝑏𝑖
.
.
.
𝑎𝑁1 𝑥1 + 𝑎𝑁2 𝑥2 + ⋯ + 𝑎𝑁𝑁 𝑥𝑁 = 𝑏𝑁

Ou les coefficients aij sont des connus et les bi sont des variables dépendants.

On peut écrire les équations (1) sous la forme

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1
𝑥1 = 𝑎 11
𝑏1 − (𝑎12 𝑥2 + ⋯ + 𝑎1𝑁 𝑥𝑁 )
1
𝑥2 = 𝑏2 − (𝑎21 𝑥1 + ⋯ + 𝑎2𝑁 𝑥𝑁 )
𝑎 22
.
.
. (1.34)
1
𝑥𝑖 = 𝑎 𝑖𝑖
𝑏𝑖 − (𝑎𝑖1 𝑥1 + ⋯ + 𝑎𝑖𝑖 −1 𝑥𝑖−1 + 𝑎𝑖𝑖 +1 𝑥𝑖+1 + ⋯ + 𝑎𝑖𝑁 𝑥𝑁 )
.
.
.
1
𝑥𝑁 = 𝑎 𝑏𝑁 − (𝑎𝑁1 𝑥1 + ⋯ + 𝑎𝑁𝑁−1 𝑥𝑁−1 )
𝑁𝑁

Supposons que les valeurs approximatives initiales des variables indépendantes sont respectivement :
(0)
𝑥𝑖 𝑖 = 1, 𝑁 (1-35)

Alors, après substitutions, on peut calculer une nouvelle solution comme suit :
(1) 1 (0) (0)
𝑥1 = 𝑎 11
𝑏1 − (𝑎12 𝑥2 + ⋯ + 𝑎1𝑁 𝑥𝑁 )
(1) 1 (1) (0)
𝑥2 = 𝑏2 − (𝑎21 𝑥1 + ⋯ + 𝑎2𝑁 𝑥𝑁 )
𝑎 22
.
.
. (1.36)
(1) 1 (1) (1) (0) (0)
𝑥𝑖 = 𝑎 𝑖𝑖
𝑏𝑖 − (𝑎𝑖1 𝑥1 + ⋯ + 𝑎𝑖𝑖 −1 𝑥𝑖−1 + 𝑎𝑖𝑖 +1 𝑥𝑖+1 + ⋯ + 𝑎𝑖𝑁 𝑥𝑁 )
.
.
.
(1) 1 (1) (1)
𝑥𝑁 = 𝑏𝑁 − (𝑎𝑁1 𝑥1 + ⋯ + 𝑎𝑁𝑁−1 𝑥𝑁−1 )
𝑎 𝑁𝑁

Cette méthode itérative détermine les nouvelles valeurs des N variables indépendantes sur la base des
valeurs précédentes simultanées. La procédure de calcul est répétée jusqu’à convergence. A l’ordre k+1, le
système (1-36) devient :
(𝑘+1) 1 (𝑘) (𝑘)
𝑥1 = 𝑏1 − (𝑎12 𝑥2 + ⋯ + 𝑎1𝑁 𝑥𝑁 )
𝑎 11
(𝑘+1) 1 (𝑘+1) (𝑘)
𝑥2 =
𝑏2 − (𝑎21 𝑥1
𝑎 22
+ ⋯ + 𝑎2𝑁 𝑥𝑁 )
.
.
. (1.37)
(𝑘+1) 1 (𝑘+1) (𝑘+1) (𝑘) (𝑘)
𝑥𝑖 = 𝑎 𝑏𝑖 − (𝑎𝑖1 𝑥1 + ⋯ + 𝑎𝑖𝑖 −1 𝑥𝑖−1 + 𝑎𝑖𝑖 +1 𝑥𝑖+1 + ⋯ + 𝑎𝑖𝑁 𝑥𝑁 )
𝑖𝑖
.
.
.
(𝑘+1) 1 (𝑘+1) (𝑘+1)
𝑥𝑁 = 𝑎 𝑏𝑁 − (𝑎𝑁1 𝑥1 + ⋯ + 𝑎𝑁𝑁−1 𝑥𝑁−1 )
𝑁𝑁

Le processus itératif est obtenu quand l’expression suivante est satisfaite :

𝑚𝑎𝑥|xi(k+1) – xi(k)| < ε (précision exigée) i=1,2,…..,N

Un autre critère peut être simplement un nombre fixé d’itérations.

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1.6.2 Application sur le calcul du Load Flow


Pour le cas concret de calcul de Load Flow les 𝑁 équations de courant s’expriment alors en fonction des 𝑁
tensions inconnues (équation 1.14):

𝐼𝑖 = 𝑌𝑖1 𝑉1 + 𝑌𝑖2 𝑉2 + ⋯ + 𝑌𝑖𝑖 𝑉𝑖 + ⋯ + 𝑌𝑖𝑁 𝑉𝑁 (𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑖 = 1, … ; 𝑁)

A partir de l’équation (1.18), on peut tirer l’expression suivante du courant injecté au nœud i :

𝑃𝑖 −𝑗 𝑄𝑖
𝐼𝑖 = 𝑉𝑖∗
(1.38)

En appliquant la méthode de Gauss-Seidel, on peut écrire pour l’itération k+1 :


(𝑘+1) 1 𝑃1 −𝑗 𝑄1 (𝑘) (𝑘)
𝑉1 = − (𝑌12 𝑉2 + ⋯ + 𝑌1𝑁 𝑉𝑁 )
𝑌11 𝑉1∗
(𝑘+1) 1 𝑃2 −𝑗 𝑄2 (𝑘+1) (𝑘)
𝑉2 = − 𝑌21 𝑉1 + ⋯ + 𝑌2𝑁 𝑉𝑁
𝑌22 𝑉2∗
.
.
.
(𝑘+1) 1 𝑃𝑖 −𝑗 𝑄𝑖 (𝑘+1) (𝑘+1) (𝑘) (𝑘)
(1.39)
𝑉𝑖 = 𝑌𝑖𝑖 𝑉𝑖∗
− (𝑌𝑖1 𝑉1 + ⋯ + 𝑌𝑖𝑖 −1 𝑥𝑖−1 + 𝑌𝑖𝑖 +1 𝑉𝑖+1 + ⋯ + 𝑌𝑖𝑁 𝑉𝑁 )
.
.
.
(𝑘+1) 1 𝑃𝑁 −𝑗 𝑄𝑁 (𝑘+1) (𝑘+1)
𝑉𝑁 = − (𝑌𝑁1 𝑉1 + ⋯ + 𝑌𝑁𝑁−1 𝑉𝑁−1 )
𝑌𝑁𝑁 𝑉𝑁∗

a) Solution initiale

Puisque nous travaillions avec le système d’unité relative, les modules des tensions dans tous les nœuds du
réseau vont être proches de 1. Alors on initialise tous les modules des tensions des nœuds PQ
(𝑉𝑖 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑙𝑒𝑠 𝑛𝑜𝑒𝑢𝑑𝑠 𝑃𝑄) à 1. Les déphasages des tensions (𝜃𝑖 ) sont prises nuls.

b) Calcul des tensions à l’itération (k+1)

En se basant sur la solution de l’itération (k), le calcul des nouvelles tensions à l’itération (k+1) dépend
du type de nœud concerné.

Nœud balancier (de référence) :

Comme la tension du nœud balancier est spécifiée, on n’a pas besoin de la calculer et elle reste fixe
durant tous le processus itératif.

Après la convergence, toutes les tensions aux autres nœuds sont déterminées et on peut calculer la
puissance active et réactive produite par le générateur du nœud balancier par les expressions (1.19) et
(1.20) qu’on rappelle ici :

𝑃𝑖 = 𝑅𝑒(𝑉𝑖∗ 𝑁
𝑗 =1(𝑌𝑖𝑗 𝑉𝑗 ))

𝑄𝑖 = −𝐼𝑚(𝑉𝑖∗ 𝑁
𝑗 =1(𝑌𝑖𝑗 𝑉𝑗 ))

Nœuds PQ :

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Pour les nœuds PQ, les puissances actives et réactives sont spécifiées, alors pour une solution donnée
des tensions à l’itération (k), la tension au nœud i à l‘itération (k+1) se calcule comme suit :

(𝑘+1) 1 𝑃𝑖 −𝑗 𝑄𝑖 (𝑘+1) (𝑘+1) (𝑘) (𝑘)


𝑉𝑖 = 𝑌𝑖𝑖 𝑉𝑖∗
− (𝑌𝑖1 𝑉1 + ⋯ + 𝑌𝑖𝑖−1 𝑥𝑖−1 + 𝑌𝑖𝑖 +1 𝑉𝑖+1 + ⋯ + 𝑌𝑖𝑁 𝑉𝑁 ) (1.40)

Nœuds PV :

Pour les nœuds PV, la puissance active P et l’amplitude de la tension V sont connues. On calcule
d’abord l’énergie réactive Q en utilisant l’équation (1.20) :

𝑄𝑖 = −𝐼𝑚(𝑉𝑖∗ 𝑁
𝑗 =1(𝑌𝑖𝑗 𝑉𝑗 ))

Cette dernière peut s’écrire en tenant compte des tensions déjà trouvée comme suit :
𝑘 𝑘+1 𝑘
𝑄𝑖 = −𝐼𝑚(𝑉𝑖∗ ( 𝑖−1
𝑗 =1(𝑌𝑖𝑗 𝑉𝑗 + 𝑁
𝑗 =𝑖 (𝑌𝑖𝑗 𝑉𝑗 )) (1.41)

La partie imaginaire de la dernière équation nous donne la puissance réactive du nœud de génération :

Une fois l’énergie réactive calculée, la phase de la tension 𝜃𝑖 du nœud PV se calcule en utilisant l’équation
(1-40).

Remarque : Le module de la tension des nœuds PV ne change pas. La correction du changement du module
de la tension se fait en utilisant l’équation suivante :
𝑐𝑎𝑙
𝑠𝑝é𝑐 𝑉𝑖
𝑉𝑖𝑐𝑜𝑟𝑟 = 𝑉𝑖 (1.42)
𝑉𝑖𝑐𝑎𝑙

𝑉𝑖𝑐𝑜𝑟𝑟 : La tension corrigée du i-ème nœud PV

𝑉𝑖𝑐𝑎𝑙 : La tension calculée du i-ème nœud PV en utilisant l’équation (1.40)


𝑠𝑝é𝑐
𝑉𝑖 : Le module spécifié du i-ème nœud PV

Ce processus itérative de Gauss-Seidel commence en prenant des valeurs initiales pour les amplitudes et
phases des tensions inconnues et les utilisés pour calculé des nouvelles valeurs, ce processus est répété
jusqu’à convergence.

1.6.3 Test de convergence


On trouve dans la pratique plusieurs critères pour tester la convergence du processus itératif. O site ici les
trois critères les plus utilisés.

Premier critère : En fixant tous simplement un certain nombre d’itération

Deuxième critère : Nous comparons avec une certaine précision, l’écart maximal entre les puissances
actives et réactives calculées en utilisant les tensions à l’itération (k+1) et ceux spécifiées dans les données.

Troisième critère : Nous comparons avec une certaine précision, l’écart maximal entre les modules des
tensions à l’itération (k+1) et les modules des tensions à l’itération (k).

1.6.4 Calcul des puissances des lignes


Apres avoir calculé les tensions dans tous les nœuds, on peut calculer maintenant les puissances qui transit
dans les lignes pour pouvoir compléter la résolution du problème d’écoulement de puissance.

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Le courant entre les nœuds i et j, Iij se calcule comme suit:

𝐼𝑖𝑗 = 𝐼𝑠é𝑟𝑖𝑒 + 𝐼𝑠𝑕𝑢𝑛𝑡 = 𝑉𝑖 − 𝑉𝑗 𝑦𝑠𝑖𝑗 + 𝑉𝑖 𝑦𝑠𝑕𝑖𝑗 (1-43)

La puissance de transit peut être calculée par la formule suivante :

𝑆𝑖𝑗 = 𝑃𝑖𝑗 + 𝑗𝑄𝑖𝑗 = 𝑉𝑖 𝐼𝑖𝑗∗ (1-44)

1.6.5 Facteur d’accélération


Comme la méthode de Gauss-Seidel ne converge qu’après un grand nombre d’itération, il est très utile
d’utilisé un facteur d’accélération 𝛼 pour réduire le temps de calcule .Cette méthode est dite méthode
de relaxation.
(𝑘)
On définit la correction de la tension ∆𝑉𝑖 par :
(𝑘) (𝑘+1) (𝑘)
∆𝑉𝑖 = 𝑉𝑖 − 𝑉𝑖 𝑖 = 1, … , 𝑁 (1.45)

Cette dernière équation peut être exprimée comme suit :


(𝑘+1) (𝑘) (𝑘)
𝑉𝑖 = 𝑉𝑖 + ∆𝑉𝑖 𝑖 = 1, … , 𝑁 (1.46)
𝑘+1
Avec (𝑉𝑖 , 𝑖 = 1, … , 𝑁) sont les tensions calculées à l’itération (k+1) en utilisant les équations
(1.40).

On peut accélérer la convergence de la méthode de Gauss-Seidel en multipliant par ce facteur


(𝑘)
d’accélération la correction de la tension ∆𝑉𝑖 afin de rapproché la valeur de la prochaine itération de
la valeur finale. Les tensions à l’itération (k+1) sont calculées par :
(𝑘+1) (𝑘) (𝑘)
𝑉𝑖 = 𝑉𝑖 + 𝛼∆𝑉𝑖 𝑖 = 1, … , 𝑁 (1.47)

Ce facteur d’accélération ne peut pas prendre n’importe qu’elle valeur. Des recherches ont montré que
ce facteur varie entre 1,5 et 2. La valeur optimale dépend de la topologie du réseau étudié. La valeur la
plus utilisé en pratique est 1,6.

I.7 Exemple d’écoulement de puissance par la méthode de Gauss-Seidel


1.7.1 Enoncés du problème
Soit le schéma unifilaire d’un réseau électrique suivant :

Figure 1.3: Schéma unifilaire du réseau étudié

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2010-2011 MET203 Chapitre 1 Ecoulement de puissance

Le tableau suivant donne les impédances séries et shunt en pu des lignes du réseau.

Tableau 1.2 Données des lignes

Linge (nœud à nœud) Impédance série Z (pu) Admittance shunt (Y /2) (pu)

1-2 0.02 + j 0.10 j 0.030


1-5 0.05 + j 0.25 j 0.020
2-3 0.04 + j 0.20 j 0.025
2-5 0.05 + j 0.25 j 0.020
3-4 0.05 + j 0.25 j 0.020
3-5 0.08 + j 0.40 j 0.010
4-5 0.10 + j 0.50 j 0.075

Les données initiales des puissances des charges et des générateurs et des tensions des nœuds sont :

Tableau 1.3 données des nœuds et conditions initiales

N° Nœud Tensions des nœuds Puissances générées Puissances consommées

Magnitude (pu) Angle (deg) P (MW) Q (MVAr) P (MW) Q (MVAr)

1 1.05 0 - - 0 0
2 1 0 0 0 96 62
3 1 0 0 0 35 14
4 1 0 0 0 16 8
5 1.02 0 48 - 24 11

Calculer l’écoulement de puissance du réseau ci-dessus par la méthode de Gauss-Seidel en prenant comme
puissance de base de S=100 MVA et une précision de 10-6?

1.7.2 Résolution du problème


1) Classification des nœuds : Selon les données de l’exercice,
Le nœud N°1 est le nœud de référence
Les nœuds N° 2,3 et 4 sont des nœuds PQ

N° Nœud P injectée en pu Q injecté en pu


2 P2inj= -0.96 Q2inj= -0.62
3 P3inj= -0.35 Q3inj= -0.14
4 P4inj= -0.16 Q4inj= -0.08

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Le nœud N° 5 est un nœud PV avec V(5)=1.02 pu et P(5)=+0.24 pu


2) Calcul de la matrice admittance : Y

1 2 3 4 5
1 2.6923 - j 13.4115 - 1.9231 + j 9.6154 0 0 - 0.7692 + j 3.8462
2 - 1.9231 + j 9.6154 3.6538 - j 18.1942 - 0.9615 + j 4.8077 0 - 0.7692 + j 3.8462
3 0 - 0.9615 + j 4.8077 2.2115 - j 11.0027 - 0.7692 + j 3.8462 - 0.4808 + j 2.4038
4 0 0 - 0.7692 + j 3.8462 1.1538 - j 5.6742 - 0.3846 + j 1.9231
5 - 0.7692 + j 3.8462 - 0.7692 + j 3.8462 - 0.4808 + j 2.4038 - 0.3846 + j 1.9231 2.4038 - j 11.8942

3) La solution initiale de tension : V1(0)= 1.05, V2(0)= 1, V3(0)=1, V4(0)=1, V5(0)=1.02, les déphasages initiales
sont tous prises nuls.

4) Calcul de la nouvelle solution : (tensions à l’itération N°1)

4.a) Tension des nœuds PQ :


(1) 1 P 2 −jQ 2 (0) (0) (0)
V2 = − Y21 V1 + Y23 V3 + Y24 V4 + Y25 V5
Y 22 V ∗ (0)
2

(1) 1 −0.96−j0.62
V2 = − Y21 ∗ 1.05 + Y23 ∗ 1 + Y24 ∗ 1 + Y25 ∗ 1.02
Y 22 1

V2(1) = 0.9927 < − 2.5959°


(1) 1 P 3 −jQ 3 (1) (0) (0)
V3 = − Y31 V1 + Y32 V2 + Y34 V4 + Y35 V5
Y 33 V ∗ (0)
3

V3(1) = 0.9883 < − 2. 8258°


(1) 1 P 4 −jQ 4 (1) (1) (0)
V4 =Y (0) − Y41 V1 + Y42 V2 + Y43 V3 + Y45 V5
44 V ∗4

V4(1) = 0. 9968 < −3.4849°


4.b) Tension du nœud PV
On commence par le calcul de l’estimation de la puissance réactive injectées par :
(1) (0) (1) (1) (1) (0)
Q 5 = −Im V5∗ Y51 V1 + Y52 V2 + Y53 V3 + Y54 V4 + Y55 V5

Q5inj(1)=0.0899 pu
On calcul ensuite la tension par :
(1) 1 P 5 −jQ 5 (1) (1) (1) (1)
V5 =Y (0) − Y51 V1 + Y52 V2 + Y53 V3 + Y54 V4
55 V ∗5

V5(1) = 1.0169 < − 0.8894°


Le module de la tension étant spécifié (Nœud PV), alors il faut corriger cette tension comme suit :

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(1)
(1) 𝑉5
𝑉5𝑐𝑜𝑟𝑟 = 𝑉5
𝑉5 (1)

V5(1) = 1.02 < − 0.8894°

5) Test de convergence :
Calcul des puissances actives et réactives par :

𝑃𝑖 = 𝑅𝑒(𝑉𝑖∗ 5
𝑗 =1(𝑌𝑖𝑗 𝑉𝑗 )) 𝑖 = 1, … ,5

𝑄𝑖 = −𝐼𝑚(𝑉𝑖∗ 5
𝑗 =1(𝑌𝑖𝑗 𝑉𝑗 )) 𝑖 = 1, … ,5

Calcul de : ΔP2(1)=P2-P2inj, ΔP3(1)=P3-P3inj, ΔP4(1)=P4-P4inj, ΔP5(1)=P5-P5inj, ΔQ2(1)=Q2-Q2inj, ΔQ3(1)=Q3-Q3inj,


ΔQ4(1)=Q4-Q4inj.
La convergence est assurée lorsque la valeur max en valeur absolu de toutes ces différences est
inférieure à la Précision fixée à 10-6.
6) Si la condition de convergence n’est pas vérifiée, il faut revenir à 4 et calculer une nouvelle solution
à l’itération suivante.
Si la condition de convergence est vérifiée, alors :
7) Calculer la puissance active et réactive du nœud de référence (ici le nœud N°1) et la puissance
réactive du nœud PV N°5 par les expressions données en étape 5.
Pour ce réseau, la méthode de Gauss-Seidel converge après 28 itérations et nous obtenons les résultats
suivants:

Tension du Nœud Puissances générées Puissances consommées


N° Nœud Module (pu) Déphasage P (MW) Q (MVAr) P (MW) P (MVAr)
1 1.05 (deg)
0 126.60 57.11 0 0
2 0.9826  5.0124 0 0 96 62
3 0.9777  7.1322 0 0 35 14
4 0.9876  7.3705 0 0 16 8
5 1.02  3.2014 48 15.59 24 11

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1.8 Résolution du problème de Load Flow par la méthode de Newton-Raphson


En analyse numérique, la méthode de Newton, ou méthode de Newton-Raphson, est un algorithme
efficace pour trouver des approximations d'un zéro (ou racine) d'une fonction d'une variable réelle à
valeurs réelles. L'algorithme consiste à linéariser une fonction f en un point et à prendre le point
d'annulation de cette linéarisation comme approximation du zéro recherché. On réitère cette procédure en
l'approximation obtenue. Dans les cas favorables, les approximations successives obtenues convergent
avec une vitesse quadratique. De manière informelle, le nombre de décimales correctes double à chaque
étape.

Appliqué à la dérivée d'une fonction, cet algorithme permet d'obtenir une évaluation des points critiques.
La méthode de Newton se généralise en dimension supérieure. La raison réside en une utilisation du
théorème du point fixe, qui cependant n'est pas nécessaire pour comprendre le sens du résultat.

Cette méthode porte le nom des mathématiciens anglais Isaac Newton (1643-1727) et Joseph Raphson, qui
furent les premiers à la décrire pour l'appliquer à la recherche des zéros d'une équation polynomiale.

Pour les réseaux complexes, cette méthode et la plus répandue pour résoudre numériquement les
équations d’écoulement de puissance. Dans ce qui suit nous rappelons le principe théorique de la méthode
avant de la faire appliquer au cas d’écoulement de charge d’un réseau électrique.

1.8.1 Solution numérique d’un système d’équation algébrique non linéaire :

Considérons une n fonction fi non linéaires de n variables x1, x2 …., xN données par :

(1, 48)

En définissant n nouvelles fonctions gi , ce système peut être réécrit comme suit:

(1, 49)

Supposant que les estimations initiales de la solution des n variables sont x1(0) , x2(0) , ... , xn(0) . En ajoutant à
cette solution les corrections Δx1(0) , Δx2(0) , ... , Δxn(0)on peut avoir la solution exacte par :

(1, 50)

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2010-2011 MET203 Chapitre 1 Ecoulement de puissance

Les fonctions dans l’équation (1, 49) peuvent donc s’écrire comme suit :

(1, 51)

Cette équation peut être obtenue en développant en série de Taylor autour de la solution nominale x1(0) ,
x2(0) , ... , xn(0 et en négligeant les termes d’ordre supérieur à 2. Nous pouvons écrire, donc :

(1, 52)

Avec est le dérivé partielle de la fonction gk.

Sous forme matricielle, on peut écrire :

(1, 53)

La matrice carrée des dérivés partielle est dite la matrice Jacobéenne J et J(0) indique que la matrice est
évaluée pour les valeurs initiales x1(0) , x2(0) , ... , xn(0) .

A partir de (1, 53), on peut avoir :

(1.54)

, k= 1, ....n (1.55)

Parce que la série de Taylor est tronquée en négligeant les termes dont l’ordre est supérieur à 2, alors on
ne peut pas avoir la solution exacte à la fin de la première itération. La solution obtenue est utilisé pour
calculer une nouvelle solution à l’itération suivante.

(1.56)

Le processus est continue jusqu’à une précision donnée.

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1.8.2 Application sur le problème d’écoulement de charge :

Soit un réseau de N nœuds dont Np nœuds PQ, Nq nœuds PV et le nœud N°1 est le nœud de référence.
Nous allons utiliser les équations (1.31) et (1.32) donnant respectivement les variations de ΔPi and ΔQi.
L’approche de Newton-Raphson utilisé pour résoudre le problème d’écoulement de puissance est similaire
à celle utilisé pour résoudre un système d’équation algébrique non linéaire. A chaque itération nous
devrons former la matrice Jacobéenne et calculer les corrections à partir des équations suivantes :

𝛥𝜃2
⋮ 𝛥𝑃2
𝛥𝜃𝑁 ⋮
𝛥𝑉2 𝛥𝑃𝑁
𝐽 = 𝛥𝑄2 (1.57)
𝑉2
⋮ ⋮
𝛥𝑉 (1+𝑁 𝑃 )
𝛥𝑄(1+𝑁𝑃 )
𝑉 (1+𝑁 𝑃 )

Avec la matrice Jacobéenne J est constituée de 4 sous matrices et donnée par :

𝐽11 𝐽12
𝐽= (1.58)
𝐽21 𝐽22

Les dimensions de cette matrice est: J (N + NP − 1) x (N + NP −1).

Les dimensions des sous matrices sont :

J11: (N  1)  (N  1), J12: (N  1)  NP, J21: NP  (N  1) and J22: NP  NP

Ces sous matrices sont définies comme suit :

𝜕𝑃2 𝜕𝑃2
𝜕𝜃2
… 𝜕𝜃𝑁
𝐽11 = ⋮ ⋱ ⋮ (1.59)
𝜕𝑃𝑁 𝜕𝑃𝑁
𝜕 𝜃2
… 𝜕𝜃𝑁

𝜕𝑃2 𝜕𝑃2
𝑉2 … 𝑉(1+𝑁𝑝 )
𝜕𝑉2 𝜕𝑉 (1+𝑁 𝑝 )
𝐽12 = ⋮ ⋱ ⋮ (1.60)
𝜕𝑃 𝜕𝑃
𝑉2 𝜕𝑉𝑁 … 𝑉(1+𝑁𝑝 ) 𝜕𝑉 𝑛
2 (1+𝑁 𝑝 )

𝜕𝑄2 𝜕𝑄2
𝜕𝜃2
… 𝜕𝜃𝑁
𝐽21 = ⋮ ⋱ ⋮ (1.61)
𝜕𝑄(1+𝑁 𝑝 ) 𝜕𝑄 𝑃 (1+𝑁 𝑝 )
𝜕𝜃2
… 𝜕𝜃𝑁

𝜕𝑄 𝜕 𝑄2
𝑉2 𝜕𝑉2 … 𝑉(1+𝑁𝑝 ) 𝜕𝑉
2 (1+𝑁 𝑝 )

𝐽22 = ⋮ ⋱ ⋮ (1.62)
𝜕𝑄(1+𝑁 𝑝 ) 𝜕𝑄(1+𝑁 𝑝 )
𝑉2 𝜕𝑉2
… 𝑉(1+𝑁𝑝 ) 𝜕𝑉
(1+𝑁 𝑝 )

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2010-2011 MET203 Chapitre 1 Ecoulement de puissance

1.8.2 Formation de la matrice Jacobéenne :


Nous allons discuter maintenant la formation des sous matrices Jii . Pour cela devrons utiliser les équations
(1.23) et (1.24) donnant expressions des énergies actives et réactives.
𝑁
𝑃𝑖 = 𝑗 =1 𝑌𝑖𝑗 𝑉𝑖 𝑉𝑗 cos(𝛼𝑖𝑗 + 𝜃𝑗 − 𝜃𝑖 ) (𝑖 = 1, … , 𝑁) (1-23)

𝑁
𝑄𝑖 = − 𝑗 =1 𝑌𝑖𝑗 𝑉𝑖 𝑉𝑗 sin(𝛼𝑖𝑗 + 𝜃𝑗 − 𝜃𝑖 ) (𝑖 = 1, … , 𝑁) (1-24)

Ces dernières peuvent s’écrire comme suit (en rappelant que 𝑌𝑖𝑗 = 𝐺𝑖𝑗 + 𝑗𝐵𝑖𝑗 = 𝑌𝑖𝑗 𝑒 𝑗 𝛼 𝑖𝑗 ) :

𝑁
𝑃𝑖 = 𝑉𝑖2 𝐺𝑖𝑖 + 𝑗 =1 𝑌𝑖𝑗 𝑉𝑖 𝑉𝑗 cos 𝛼𝑖𝑗 + 𝜃𝑗 − 𝜃𝑖 (𝑖 = 1, … , 𝑁) (1.63)
𝑗 ≠𝑖

𝑁
𝑄𝑖 = −𝑉𝑖2 𝐵𝑖𝑖 − 𝑗 =1 𝑌𝑖𝑗 𝑉𝑖 𝑉𝑗 sin 𝛼𝑖𝑗 + 𝜃𝑗 − 𝜃𝑖 (𝑖 = 1, … , 𝑁) (1.64)
𝑗 ≠𝑖

1.8.2.1 Formation de J11:


Définissant les éléments Lij de J11 par :

𝐿22 … 𝐿2𝑁
𝐽11 = ⋮ ⋱ ⋮ (1.65)
𝐿𝑁2 … 𝐿𝑁𝑁

Nous pouvons démontrer à partir de l’équation (1.59) que les éléments Lij sont les dérivées partielles de Pi
par rapport à θj. Les dérivées de Pi par rapport à θj lorsque i ≠j sont données par :

𝜕𝑃
𝐿𝑖𝑗 = 𝜕𝜃 𝑖 = −𝑌𝑖𝑗 𝑉𝑖 𝑉𝑗 sin 𝛼𝑖𝑗 + 𝜃𝑗 − 𝜃𝑖 , 𝑖 ≠ 𝑗 (1.66)
𝑗

Similairement, les dérivées de Pi par rapport à θj lorsque i=j sont données par :

𝜕𝑃 𝑁
𝐿𝑖𝑖 = 𝜕𝜃 𝑖 = 𝑗 =1 𝑌𝑖𝑗 𝑉𝑖 𝑉𝑗 sin 𝛼𝑖𝑗 + 𝜃𝑗 − 𝜃𝑖 (1.67)
𝑖
𝑗 ≠𝑖

En combinant cette dernière avec l’équation (1.64), on peut avoir :

𝜕𝑃𝑖
𝐿𝑖𝑖 = = −𝑄𝑖 − 𝑉𝑖2 𝐵𝑖𝑖 (1.68)
𝜕𝜃 𝑖

1.8.2.2 Formation de J21:


Définissant les éléments Mij de J21 par :

𝑀22 … 𝑀2𝑁
𝐽21 = ⋮ ⋱ ⋮ (1.69)
𝑀𝑁𝑝 2 … 𝑀𝑁𝑝 𝑁

A partir de l’équation (1.61), il est évident que les éléments Mij de J21 sont les dérivées partielles de Qi par
rapport à θj. On peut écrire donc :

Pour i différent de j:

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2010-2011 MET203 Chapitre 1 Ecoulement de puissance

𝜕𝑄
𝑀𝑖𝑗 = 𝜕𝜃 𝑖 = −𝑌𝑖𝑗 𝑉𝑖 𝑉𝑗 cos 𝛼𝑖𝑗 + 𝜃𝑗 − 𝜃𝑖 , 𝑖≠𝑗 (1.70)
𝑗

Pour i égale à j:

𝜕𝑄𝑖 𝑁
𝑀𝑖𝑖 = = 𝑗 =1 𝑌𝑖𝑗 𝑉𝑖 𝑉𝑗 cos 𝛼𝑖𝑗 + 𝜃𝑗 − 𝜃𝑖 = 𝑃𝑖 − 𝑉2𝑖 𝐺𝑖𝑖 (1.71)
𝜕𝜃 𝑖
𝑗 ≠𝑖

La dernière égalité est évidente en utilisant l’équation (1.63).

1.8.2.3 Formation de J12:


Définissant les éléments NIj de J12 par :

𝑁22 … 𝑁2𝑁𝑃
𝐽21 = ⋮ ⋱ ⋮ (1.72)
𝑁𝑁 2 … 𝑁𝑁𝑁𝑃

Il est évident à partir de (1.60) que les éléments Nij de J12 sont les dérivées partielles de Pi par rapport aux
modules des tensions des nœuds |Vj|. Pour i ≠ j on peut écrire :

𝜕𝑃
𝑁𝑖𝑗 = 𝑉𝑖 𝜕𝑉 𝑖 = 𝑌𝑖𝑗 𝑉𝑖 𝑉𝑗 cos 𝛼𝑖𝑗 + 𝜃𝑗 − 𝜃𝑖 = −𝑀𝑖𝑗 , 𝑖≠𝑗 (1.73)
𝑗

Pour i =k on peut écrire :

𝜕𝑃 𝑁
𝑁𝑖𝑖 = 𝑉𝑖 𝜕𝑉𝑖 = 𝑉𝑖 2𝑉𝑖 𝐺𝑖𝑖 + 𝑗 =1 𝑌𝑖𝑗 𝑉𝑗 cos 𝛼𝑖𝑗 + 𝜃𝑗 − 𝜃𝑖
𝑖
𝑗 ≠𝑖

𝑁
= 2𝑉𝑖2 𝐺𝑖𝑖 + 𝑗 =1 𝑌𝑖𝑗 𝑉𝑖 𝑉𝑗 cos 𝛼𝑖𝑗 + 𝜃𝑗 − 𝜃𝑖
𝑗 ≠𝑖

= 2𝑉𝑖2 𝐺𝑖𝑖 + 𝑀𝑖𝑖 (1.74)

1.8.2.4 Formation de J22:


Définissant les éléments Oij de J12 par :

𝑂22 … 𝑂2𝑁𝑝
𝐽22 = ⋮ ⋱ ⋮ (1.75)
𝑂𝑁𝑝 2 … 𝑂𝑁𝑝 𝑁𝑝

A partir de l’équation (1.61), on peut écrire pour i ≠ j :

𝜕𝑄
𝑂𝑖𝑗 = 𝑉𝑖 𝜕𝑉 𝑖 = 𝑉𝑖 −𝑌𝑖𝑗 𝑉𝑗 sin 𝛼𝑖𝑗 + 𝜃𝑗 − 𝜃𝑖 = 𝐿𝑖𝑗 , 𝑖≠𝑗 (1.76)
𝑗

Et pour i=k, on peut écrire :

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2010-2011 MET203 Chapitre 1 Ecoulement de puissance

𝜕𝑄 𝑁
𝑂𝑖𝑖 = 𝑉𝑖 𝜕𝑉 𝑖 = 𝑉𝑖 −2𝑉𝑖 𝐵𝑖𝑖 − 𝑗 =1 𝑌𝑖𝑗 𝑉𝑗 sin 𝛼𝑖𝑗 + 𝜃𝑗 − 𝜃𝑖
𝑖
𝑗 ≠𝑖

𝑁
= −2𝑉𝑖2 𝐵𝑖𝑖 − 𝑗 =1 𝑌𝑖𝑗 𝑉𝑖 𝑉𝑗 sin 𝛼𝑖𝑗 + 𝜃𝑗 − 𝜃𝑖
𝑗 ≠𝑖

= −2𝑉𝑖2 𝐵𝑖𝑖 − 𝐿𝑖𝑖 (1.77)

On peut constater qu’une fois les éléments des sous matrices J11 et J21 sont calculés, la formation des sous
matrices J12 et J22 est très facile. Ceci nous aide à préserver un temps de calcul considérables pour les
grands réseaux électriques.

1.8.3 Algorithme de Newton-Raphson pour l’écoulement de puissance:


La procédure de résolution d’écoulement de puissance par la méthode de Newton-Raphson est comme
suit :

Etape N°1 : Donner une solution initiale de tension |V| (0) et θ (0)

Etape N°2 : Utiliser cette solution (|V| (0) et θ (0)) pour calculer n-1 puissance active Pcalc(0) et les n-1
différences entre ces dernières et les puissances actives spécifiées ΔP (0).

Etape N°3 : Utiliser la solution estimée (|V| (0) et θ (0)) pour calculer np puissance réactive Qcalc(0) et les np
différences entre ces dernières et les puissances réactives spécifiées ΔQ (0).

Etape N°4 : Utiliser la solution estimée (|V| (0) et θ (0)) pour calculer la matrice Jacobéenne J (0) .

Etape N°5 : Résoudre (1.57) pour avoir Δ θ (0) et Δ |V| (0) / |V| (0).

Etape N°6 : obtenir la nouvelle solution par :

𝜃 (1) = 𝜃 (0) + 𝛥𝜃 (0) (1.78)

𝛥𝑉 (0)
𝑉 (1) = 𝑉 (0) 1 + 𝑉 (0)
(1.79)

Etape N°7 : Utiliser cette nouvelle solution pour calculer les nouvelles puissances actives et réactives et les
comparées avec les puissances actives et réactives spécifiées. Si l’erreur max est inférieure à la précision
demandée on arrête le processus itératif sinon on revient à l’étape N°1.

1.9 Exemple d’écoulement de puissance par la méthode de Newton-Raphson

La méthode de Newton-Raphson est utilisée pour résoudre le problème d’écoulement de puissance pour le
réseau donné par la figure 1.3. Les données du système et les conditions initiales sont données par les
tableaux (1.2) et (1.3).

A partir de (1.66) on peut écrire :

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2010-2011 MET203 Chapitre 1 Ecoulement de puissance

(0) (0) (0)


𝐿23 = −𝑌23 𝑉2 𝑉3 sin 𝛼23 + 𝜃3 − 𝜃2 = −𝑌23 sin 𝛼23 = −𝐵23 = −4.8077

D’une manière similaire, à partir de (1.64) on peut avoir :

𝑁=5

𝑄20 0
𝑌23 𝑉2 0 𝑉𝑗 0
= (𝑉2 )2 𝐵22 − sin 𝛼2𝑗 + 𝜃𝑗 − 𝜃2
𝑗 =1
𝑗 ≠2

= −𝐵22 − 1.05𝐵21 − 𝐵23 − 𝐵24 − 1.02𝐵25 = 0.6327

A partir de (1.67) nous aurons :

0 (0)
𝐿22 = −𝑄2 − (𝑉2 0 )2 𝐵22 = −0.6327 − 𝐵22 = 18.8269

D’une similaire nous obtenons les éléments de la sous matrice J11(0). Elle est donnée par :

Pour former les éléments non diagonaux de la sous matrice J21, nous pouvons écrire à partir de l’équation
(1.70) :

(0) (0) (0)


𝑀23 = −𝑌23 𝑉2 𝑉3 cos 𝛼23 + 𝜃3 − 𝜃2 = −𝑌23 cos 𝛼23 = −𝐺23 = 0.9615

Aussi et à partir de (1.63), la partie active de la puissance injectée au nœud N°2 est calculée comme suit :

𝑁=5
0 0
𝑌23 𝑉2 0 𝑉𝑗 0
𝑃2 = (𝑉2 )2 𝐺22 + sin 𝛼2𝑗 + 𝜃𝑗 − 𝜃2
𝑗 =1
𝑗 ≠2

= 𝐺22 + 1.05𝐺21 + 𝐺23 + 𝐺24 + 1.02𝐺25 = −0.1115

Alors et à partir de (1.71), nous avons :

(0)
𝑀220 = 𝑃2 − (𝑉2 0 )2 𝐺22 = −0.1115 − 𝐺22 = −3.7654

Le reste des éléments de la matrice J12 se calculent de la même manière, la matrice est donnée par :

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2010-2011 MET203 Chapitre 1 Ecoulement de puissance

Pour calculer les éléments non diagonaux de la matrice J12, notons à partie de (1.73) qu’ils sont les négatifs
des éléments non diagonaux de la sous matrice J21 sauf que les dimensions de J21 sont (3x4) alors que les
dimensions de J12 sont (4x3). Pour éviter tout confusion, on calcule d’abord une matrice M (4x4) donnée
par :

Les éléments de cette matrice M sont calculés en concordance avec (1.70) et (1.71). Nous pouvons donc
définir :

En outre, les éléments diagonaux de J12 sont calculés en concordance avec (1.74). Cette matrice est donnée
donc par :

Finalement, on peut noter à partir de (1.76) que J22 = J11 (1:3, 1:3). Cependant les éléments diagonaux J22 de
sont calculés en concordance avec (1.77). Ceci donne la matrice suivante :

A partir de la solution initiale, les énergies actives et réactives injectées sont calculées en utilisant les
équations (1.63) et (1.64) respectivement, ce qui donne :

Par conséquence le calcul des divergences en puissance qui sont les différences entre les puissances
calculées et les puissances spécifiées donne :

En utilisant (1.57), on calcule Δθ(0) et Δ|V|(0) / |V|(0) en enfin la solution à la première itération en utilisant
les équations (1.78) et (1.79) :

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2010-2011 MET203 Chapitre 1 Ecoulement de puissance

(0)
𝜃2
𝜃3
(0) −4.91 𝑑𝑒𝑔
(0) −6.95 𝑑𝑒𝑔
𝜃4 −7.19 𝑑𝑒𝑔
(0)
𝜃5 = −3.09 𝑑𝑒𝑔
(0) 0.9864 𝑝𝑢
𝑉2
(0)
0.9817 𝑝𝑢
𝑉3 0.9813 𝑝𝑢
(0)
𝑉4

La méthode converge en 7 itérations et nous aurons toutes les divergences en puissances actives et
réactives inférieures à 10−6.

Le tableau suivant donne les tensions aux nœuds ainsi que les puissances générées après convergence.

Tension Puissances générées Charges


Nœud
N° Module (pu) Angle (deg) P (MW) Q (MVAr) P (MW) P (MVAr)

1 1.05 0 126.60 57.11 0 0


2 0.9826  5.0124 0 0 96 62
3 0.9777  7.1322 0 0 35 14
4 0.9876  7.3705 0 0 16 8
5 1.02  3.2014 48 15.59 24 11

1.10 Présentation pratique des résultats d’écoulement de puissance :

Les figures ci-après présentent les calculs qu’on réalise avec les résultats d’écoulement de puissance.

Figure 1.4 : Exemple de présentation d‘écoulement de puissance

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2010-2011 MET203 Chapitre 1 Ecoulement de puissance

La figure 1.4 présente l’écoulement de puissance dans les différents éléments d’un réseau électrique
(Générateurs, Charges, Transformateurs, Compensations et lignes).

Les trois dernières figures présentent les variations d’écoulement des puissances dans les lignes en fonction
des plans de génération établis par les exploitants du réseau.

300.0 MW
400.0 MW 300.0 MW

A B 250.0 MW D

10% 71%
71.1 MW C
60% 57%
92% 0.00 deg 64%
55%
11%

G F E
150.0 MW

74% 250.0 MW 250.0 MW 44% 32%

24%
H I

200.0 MW
150.0 MW

Figure 1.5 Ligne BG très chargée

300.0 MW
400.0 MW 300.0 MW

A B 250.0 MW D

43% 30%
71.1 MW C
57% 10%
13% 0.00 deg 20%
35%
2%

G F E
150.0 MW

34% 250.0 MW 250.0 MW 34% 32%

34%
H I

200.0 MW
150.0 MW

Figure 1.6 Ligne AG très chargée

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2010-2011 MET203 Chapitre 1 Ecoulement de puissance

300.0 MW
400.0 MW 300.0 MW

A B 250.0 MW D

6% 18%
71.1 MW C
6% 6%
12% 0.00 deg 12%
61%
19%

G F E
150.0 MW

21% 250.0 MW 250.0 MW 20%

21%
H I

200.0 MW
150.0 MW

Figure 1.7 Ligne GF très chargée

1.11 Conclusion
L’objectif principal visé dans ce chapitre c’est d’introduire l’étudiant au problème de calcul
d’écoulement de charge dans un réseau électrique. Nous avons vu en modélisant tous les éléments du
réseau que le problème d’écoulement de puissance revient à résoudre un système d’équations algébriques
non linéaires. Toutes les équations dans ce chapitre ont été données en représentation polaires. Vous
pouvez trouvez dans la littérature la formulation des équations en coordonnées rectangulaires. Aussi on
s’est limité dans ce cours aux deux principales méthodes numériques itératives utilisées pour la résolution
du problème de Load Flow. Pour des études plus poussées elles existent d’autres méthodes et même
d’autres algorithmes pour les deux méthodes présentées ici.

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2010-2011 MET203 Chapitre 1 Ecoulement de puissance

1.12 Bibliographies
[1] Y. N. Yu, Electric Power Systems Dynamics, (Academic Press, New York, 1983).

[2] P. Kundur, Power System Stability and Control,( New York: McGraw-Hill, 1994).

[3] T. V. Cutsem, Analyse et Fonctionnement des Systèmes d’Energie Electrique, (2010)

[4] M. Boudour et A. Hellal, Réseaux Electrique Fondamentaux et Concepts de Base, (Pages Bleues, 2010)

[5] J. P. Barret, P. Bornard et M. Meyer, Simulation des réseaux Electriques, (Edition Eyrolles, 1997)

[6] T. Wildi, Electrotechnique, (DeBook Université, 2003)

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