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B- Filtrage de Nyquist

1- Interférence inter-symboles ISI


La PSD Sy(ω) d’un signal numérique y(t) est fortement
influencée par la forme d’impulsion p(t) employée, à cause du
terme |P(ω)|2.
Dans le codage en ligne, une forme d’impulsion rectangulaire
p(t) de largeur Tb (ou Tb/2), a été utilisée. Dans ce cas, la
largeur de bande P(ω), et par conséquent celle de la PSD,
sont infinies. Cependant, l’essentiel de la bande reste fini,
généralement contenu dans la rangée 0 à Rb Hz.
Si ce signal est transmis à travers un canal de bande limitée à
Rb, une partie importante de son spectre est transmise mais
une faible partie est supprimée. Une telle distorsion spectrale
s’accompagne d’une dispersion (ou étalement temporel) de
l’impulsion reçue.
L’étalement de l’impulsion au-delà de sa durée Tb, cause son
interférence avec les impulsions voisines. C’est l’interférence
entre symboles IES (ou ISI en anglais) qui augmente la
probabilité d’erreur, voir exemple d’impulsions rectangulaires
distordues par un canal RC passe-bas en figure 1.

Figure 1 : recouvrement (ISI) d’impulsions reçues dû à la distorsion du canal


Comme des impulsions à bande limitée ne peuvent être
également à temps limité et vice-versa, il apparaît que l’ISI ne
peut être évité.
Néanmoins, la détection des impulsions reçues devient
correcte malgré leur étalement, si l’ISI n’est pas présente aux
instants de décision nTb. Ceci est accompli par des formes
d’impulsions particulières à bande limitée.

2- Critère de Nyquist

La forme d’impulsion sinc(πt / Tb) assure une ISI nulle aux


instants nTb (avec n≠0), figure 2.
Ainsi, pour les impulsions successives centrées à nTb donc
de débit Rb=1/Tb, l’échantillonnage aux instants t=nTb est
dépourvu d’interférence causée par les impulsions voisines.
Figure 2 : impulsion à bande minimale de Nyquist

Utilisant cette impulsion, on peut transmettre sans ISI sous un


débit de Rb imp/s, à travers une largeur de bande minimale de
Rb/2.
En général, le critère de Nyquist assure donc une transmission
sans ISI où chaque échantillon du signal reçu provient d’un
seul symbole. La bande minimale nécessaire pour transmettre
sans ISI à une cadence 1/Ts est de 1/2Ts, appelée bande de
Nyquist.

Malheureusement, l’impulsion sinus cardinal n’est pas pratique


(non causal), car filtrée par un passe-bas rectangulaire idéal.
3- Filtrage en Cosinus surélevé
A partir de l’idéal passe-bas rectangulaire, dérive toute une
famille de filtres (ou impulsions) de Nyquist dont la bande est
supérieure à 1/2Ts mais vérifient le critère de Nyquist pour
transmettre des symboles à la cadence 1/Ts, sans ISI.
Par exemple, la retombée raide du filtre rectangulaire est
remplacée par une retombée d’un demi-cycle du cosinus
(surélevé de ½). La figure 3 montre le diagramme d’amplitude
du filtre en cosinus surélevé, dont la fonction de transfert est :

⎧1 f < f1

⎪1 ⎡ ⎛ π f − f1 ⎞⎤
H( f ) = ⎨ ⎢1 + cos⎜⎜ ⎟⎥
⎟ f1 < f < B
2
⎪ ⎣ ⎢ ⎝ 2 2 ∆ f ⎠⎥⎦
⎪0 f >B

Où B est la bande totale du filtre, et f0, la bande à -6 dB :
∆f = B – f0 et f1 = f0 – ∆f

Figure 3 : diagramme d’amplitude d’un filtre en cosinus surélevé

La figure 4 montre |H(f)| pour


plusieurs valeurs du facteur de
retombée α (roll off), défini comme
rapport entre l’excès de bande ∆f
et la bande théorique minimale :
α = ∆f / f0 (valeurs pratiques :
Figure 4 : |H(f)| à différents α
0.1 à 1).
La réponse impulsionnelle du filtre est, figure 5 :

⎡ cos (2π ∆f t ) ⎤
h(t ) = 2 f 0 sin c(2πf 0t )⎢ 2 ⎥
⎣ 1 − (4 ∆f t ) ⎦

Figure 5 : réponse impulsionnelle


à différents facteurs α

Des figures 3 et 5, on constate que pour un débit de symbole


D = 1/Ts = 2f0, la bande passante devient :
B = f0 + ∆f = (1+α) f0 = (1+α) D/2
Exemple 1 :
Un signal binaire avec codage NRZ polaire passe à travers
un filtre en cosinus surélevé à facteur de retombée α = 0.25.
Le débit binaire du signal est 64 kbits/s. Déterminer la largeur
de bande du signal filtré.

Solution :
On a Ts = Tb, soit D = Rb d’où : B = (1+α) Rb/2 = 40 kHz.
Qui est inférieure à la bande de 64 kHz (du 1er passage par 0)
propre au signal non filtré. La bande de Nyquist est de 32 kHz.

Exemple 2 :
Quelle est la bande requise pour transmettre une information à
un débit de 8 kbits/s utilisant un signal en bande de base à 64
niveaux, à travers un canal en cosinus surélevé avec un
facteur roll off de 40% ?
Solution :
Le débit binaire Rb et débit de symbole D sont liés par l’entropie
H (nombre de bits par symbole) :
D = Rb / H = 8.103 / log264 = 1,33.103 symb/s
B = (1+α) D/2 = (1+0.4) 1,33.103 / 2 = 933.1 Hz.
Ceci illustre l’efficacité de la largeur de bande d’un signal
multiniveaux. La bande de Nyquist (α=0) est D/2 = 665 Hz.

4- Diagramme en œil
Le diagramme en œil constitue un moyen de vérification et
d’évaluation des performances d’un système de communication
digitale.
Le diagramme est mesuré à l’oscilloscope ou déterminé par
simulation.
Une distorsion d’interférence entre symboles ou action d’un
bruit apparaît aisément sur un diagramme en œil.
La figure 6 illustre les signaux émis et reçus dans le cas d’un
codage NRZ avec bruit capté négligeable.
La ligne de transmission a une fonction de transfert de type
passe-bas et transforme donc les fronts du signal émis en
variations continues (réponse indicielle). Il en résulte un retard
R des fronts du signal reconstitué sur ceux du signal émis.
Ce retard présente un caractère aléatoire lié à l’information.

Figure 6 : Signal émis et signal reçu avec son diagramme en œil


Par exemple, le front F2 qui termine une longue suite de ‘0’,
présente un retard plus important que le front F1 qui est inclus
dans une séquence alternée de ‘01010…’.
D’une manière générale, les fluctuations des positions des
fronts d’un signal constituent ce que l’on appelle la gigue de
phase du signal (jitter en anglais).

Une représentation de la déformation du signal reçu peut être


obtenue sur un oscilloscope, dont le balayage horizontal est
synchronisé avec l’horloge des données reçues. La largeur de
l’écran représente alors la durée TS d’un symbole (ou quelques
symboles) durant laquelle, se superposent les signaux reçus.
L’image obtenue, appelée diagramme en œil, est schématisée
en figure 6.
Les signaux relatifs aux longues suites de ‘0’ ou de ‘1’ qui ont
atteint les niveaux crêtes, délimitent le diagramme
horizontalement. Les signaux les plus déformés relatifs aux
séquences alternées, déterminent les frontières courbées
auxquelles le diagramme doit son nom. Les signaux n’entrant
pas dans l’une de ces catégories couvrent de façon plus ou
moins complète la zone hachurée.

Lors de la détection des données, on choisira le seuil de


décision au niveau traversant l’œil (région non hachurée) dans
sa plus grande verticale.
Dans le cas de distorsion ISI ou superposition du bruit au
signal capté, le diagramme en œil est moins ouvert. Mais si
leur action est importante au point de fermer complètement
l’œil, le système de détection est inexploitable.
Une source de données pseudo-aléatoires, est généralement
utilisée dans la mesure du positionnement optimal des seuils
de décision ainsi que dans la mesure de la gigue (épaisseur
horizontale du trait) aux passages par zéro du diagramme en
œil.

Figure 7 : Mesure à l’aide du diagramme en œil


Propriétés du diagramme en œil :
L’immunité contre le bruit et
l’ISI est d’autant plus grande
que l’ouverture verticale ‘a’ de
l’œil est grande, figure 8.
L’instant d’échantillonnage
optimal est au point de
maximum d’ouverture verticale
de l’œil.
L’immunité contre la gigue de
phase (erreurs temporelles) est
d’autant plus grande que
l’ouverture horizontale ‘b’ de Figure 8 : Propriétés du
diagramme en œil
l’œil est grande.
Une asymétrie dans le diagramme indique des non linéarités
dans le canal.
La figure 9 montre un exemple des cas, sans et avec bruit.

(a) (b)

Figure 9 : diagramme en œil d’un signal : (a) sans bruit, (b) avec bruit

Après perturbation par un bruit, on peut malgré tout retrouver


les données émises en choisissant correctement l’instant
d ’échantillonnage sur le diagramme en œil du signal.
Effet de l’excès de bande du filtrage de Nyquist :
L’effet du filtrage en cosinus surélevé avec différentes valeurs
pour le facteur roll off, est illustré en figure 10. On note que
lorsque l’excès de bande augmente (α augmente), l’ouverture
horizontale devient grande. Pour α=0, l’ouverture horizontale
devient nulle : le système devient extrêmement sensible aux
erreurs du timing (ceci indique encore une fois l’impossibilité
d’utiliser les impulsions sinc en communication digitale).
Pour α=1, les ouvertures
horizontale et verticale
sont maximales
(robustesse optimale vis
à vis à la fois du bruit et
de l’instant
d’échantillonnage).

Figure 10 : diagramme en œil d’un PAM à 2 niveaux avec : (a) α=0.25, (b) α=1
Un autre exemple d’un signal M-aire est donné en figure 11.
Le signal est un PAM à 4 niveaux, filtré en cosinus surélevé
avec α=0.2.

Figure 11 : diagramme en œil d’un PAM (M=4)


filtré en cosinus surélevé avec α=0.2
5- récepteur optimal
Pour aboutir à un récepteur optimal en bande de base, figure
12, il faut :
• minimiser l’interférence intersymbole ISI,
• maximiser le rapport signal sur bruit S/N.
Le 1er point a été discuté précédemment.

Figure 12 : structure du récepteur


Pour le 2ème point, nous avons déjà établi (au chap. 2)
l’expression de la probabilité d’erreur des signaux binaires à
impulsions rectangulaires d’écart ∆V entre les deux niveaux :

Pe = Q(∆V / 2σ)
Cette expression a été minimisée en optimisant le seuil de
décision. Dans le cas d’une réception en bande de base sans
ISI (figure 12 sans changeur de fréquence, ni égaliseur), il
reste à optimiser le filtre de réception en minimisant Pe, c-à-d
en maximisant l’argument de Q(x).

1- Récepteur à filtre adapté :

Il s’agit d’un filtre linéaire qui fournit le maximum du rapport


en puissance, signal sur bruit S/N, à sa sortie pour une forme
d’onde donnée de symboles transmis.
A l’entrée du filtre de réception suivi de l’échantillonneur, est
appliquée une forme d’onde reçue, composée du signal utile
s(t) et du bruit n(t) de type AWGN.
L’échantillon de sortie consiste donc en une composante ai du
signal et une composante du bruit de puissance moyenne σ02
(variance). Ainsi, à t=T, le rapport signal sur bruit est :

On cherche la fonction de transfert du filtre H(f) qui maximise


ce rapport. Dans le domaine fréquentiel, le signal filtré s’écrit
S(f)×H(f). La transformée de Fourier inverse donne :

La PSD du bruit d’entrée étant N0/2, celle filtrée devient :


N0/2 × |H(f)|2
La puissance moyenne du bruit filtré n’est que l’aire de sa
PSD :

Le rapport S/N à t=T devient :

En posant H(f)=f1(x) et S(f) ej2πfT=f2(x), on peut exploiter


l’inégalité de Schwarz valable que si f1(x)=k f2* (x) :

soit
Le rapport S/N à t=T devient :

Or, l’intégral représente l’énergie E du signal d’entrée s(t) sur


une durée T. Le S/N maximal dépend donc de l’énergie du
signal d’entrée et la PSD du bruit, et non de la forme
d’impulsion utilisée :

Ce S/N maximal n’est atteint que si la fonction de transfert


H(f) du filtre optimal est employée, telle que d’après
f1(x)=k f2*(x), on a :
La TF-1 donne la réponse impulsionnelle du filtre adapté :
*
df = k ⎡ ∫ S ( f ) e df ⎤ = k [s (T − t )]
∞ ∞
h(t ) = k ∫ S ( f ) e − jωT jω t jω ( T − t )
* *
e
−∞ ⎢⎣ −∞ ⎥⎦

Soit pour s(t) réelle :


Le filtre adapté qui maximise le rapport S/N et minimise la
probabilité d’erreur, est donc l’image miroir du signal
d’information d’entrée s(t), retardé de la durée de symbole (ce
retard T rend le filtre causal, car s(-t) est irréalisable), figure 13.

Figure 13 : caractéristique du filtre adapté (avec k=1)

Pour un signal s(t) à l’entrée de son filtre adapté, le signal en


sortie s’écrit : ∞ ∞
s (t ) * h(t ) = ∫ s (t ' ) h(t + t ' ) dt ' = k ∫ s (t ' ) s (T − t + t ' ) dt '
−∞ −∞

On pose T – t = τ : ∞
s (t ) * h(t ) = k ∫ s (t ' ) s (t ' + τ ) dt ' = k Rss (τ )
−∞
2- Récepteur à corrélateur :
Comme la sortie du filtre adapté est l’autocorrélation du signal
s(t) appliqué à son entrée, on peut donc utiliser un corrélateur
en tant que filtre de réception. Un corrélateur et un filtre adapté
sont équivalents et donnent le même résultat à l’instant de
décision T, figure 14.

Figure 14 :
équivalence entre
(a) filtre adapté,
(b) corrélateur
3- Récepteur à détecteur I+D :
Il s’agit d’un cas particulier du filtre adapté où le signal d’entrée
est constitué d’impulsions rectangulaires de largeur T.
La réponse impulsionnelle du filtre adapté étant également
rectangulaire de largeur T, la sortie autocorrélée est un triangle
de durée 2T, figure 15.

Figure 15 :
signal d’entrée,
signal inversé,
réponse impulsionnelle
du filtre et sa sortie
Le maximum du signal triangulaire arrive à l’instant t=t2. C’est
l’instant qu’on choisit pour échantillonner la sortie du filtre, la
suite du signal étant inutile. En pratique, ce filtre adapté opère
comme un filtre à intégration et décharge (ou RAZ), dit filtre I+D
(integrate and dump). Son principe est le suivant :

Au récepteur, les symboles en bande de base sont détectés en


présence de bruit gaussien, par un circuit de décision. Dans ce
traitement et pendant la durée d’un symbole, une seule valeur
d’échantillon du signal plus bruit est comparée avec un seuil
approprié.
Afin de minimiser la probabilité d’erreur d’une telle procédure,
plusieurs échantillons du signal plus bruit sont à examiner à
différents instants pendant la durée de symbole, figure 16.
Ainsi pour un symbole donné, on prend sa valeur sélectionnée
par la majorité des décisions associées.
Figure 16 : multi-échantillonnage de chaque symbole
Mieux encore, si n échantillons sont examinés par symbole, on
peut les additionner pour les comparer avec n fois le seuil de
décision approprié (la méthode précédente présentait n
opérations de décision par symbole, alors qu’ici, il n’y a qu’une
seule par symbole). En reprenant l’idée avec n→∞, la
sommation discrète d’échantillons de symbole plus bruit
devient une intégration continue de la tension symbole plus
bruit.

Le seuil de décision quant à lui, devient


où ν0 et ν1 sont les niveaux de tension représentant les
symboles binaires équiprobables 0 et 1.
Après chaque symbole, la sortie de l’intégrateur doit être
remise à zéro pour le prochain symbole, figure 17. Cette
technique de traitement du signal dites détection I+D, est une
nette amélioration du circuit de décision.
Figure 17 : Détection I+D pour impulsions polaires bruitées avec réalisation pratique
4- Probabilité d’erreur du récepteur optimal :
L’expression de la probabilité d’erreur des signaux binaires à
impulsions rectangulaires, d’écart entre niveaux ∆V = V1–V2
(établie au chap. 2), est : ⎛ V1 − V2 ⎞ ⎛ ∆V 2 ⎞
Pe = Q⎜⎜ ⎟⎟ = Q⎜ ⎟
⎝ 2σ ⎠ ⎜ 4σ ⎟
2
⎝ ⎠
Dans cette expression, seul le niveau du seuil de décision a
été optimisé. Après avoir également optimiser le filtre de
réception, cette expression peut être réduite.
S ∆V 2 (T)
A l’instant t=T d’échantillonnage, le rapport : = 2
N σ (T )
est maximisé par le filtre adapté au signal de différence ∆V,
dont la réponse impulsionnelle est :
h(t) = k [V1(T–t) – V2(T–t)]
Soit : ∆V 2 (T ) 2 E d
2
=
σ (T ) N0

Où N0/2 est la PSD du bruit gaussien d’entrée, et Ed est


l’énergie du signal de différence à l’entrée, telle que :

E d = ∫ [V1 (t) − V2 (t)] dt


T 2
0

Ainsi, pour des signaux binaires affectés de bruit blanc


gaussien, traités par un filtre adapté, et détectés avec seuil
optimal, la probabilité d’erreur s’écrit :

⎛ Ed ⎞
Pe = Q⎜⎜ ⎟

⎝ 2N 0 ⎠
Pe des signaux binaires en bande de base

1. Signal unipolaire :

Sur une durée T d’un bit, on a : V1(t)=+A pour bit « 1 »


V2(t)=0 pour bit « 0 »
Ce signal plus un bruit blanc gaussien est présent à l’entrée
du récepteur, figure 18. À l’instant d’échantillonnage t=T,
l’énergie du signal de différence est Ed=A2T, avec :
⎛ A 2T ⎞ ⎛ Eb ⎞
Pe = Q⎜ ⎟ = Q⎜⎜ ⎟
⎜ 2N 0 ⎟ N ⎟
⎝ ⎠ ⎝ 0 ⎠

Où l’énergie moyenne par bit est Eb=½ [A2T+0]. En exprimant


Pe en fonction de l’énergie moyenne par bit Eb, la
performance des différents signaux peut aisément être
comparée.
Pour une forme d’impulsion rectangulaire, le filtre adapté est un
intégrateur. Par conséquent, le seuil optimal de décision est :
V1 (T) + V2 (T) 1 ⎛ T AT
V0 = = ⎜ ∫ A dt + 0 ⎞⎟ =
2 2⎝ 0 ⎠ 2
2. Signal polaire :
Sur une durée T d’un bit, on a : V1(t)=+A pour bit « 1 »
V2(t)=–A pour bit « 0 »
Le signal polaire est antipodal, puisque V1(t)=–V2(t). Le filtrage
adapté I+D pour ce signal est montré en figure 17. Comme
l’énergie du signal de différence est Ed=(2A)2T, d’où :
⎛ 2A 2 T ⎞ ⎛ E ⎞
Pe = Q⎜ ⎟ = Q⎜⎜ 2 b ⎟
⎜ N0 ⎟
⎝ ⎠ ⎝ N 0 ⎟⎠
L’énergie moyenne par bit est Eb=½ [A2T+A2T]=A2T. Le seuil
optimal de décision est V0=0. Pour une même Pe, la figure 18
montre la différence de 3dB entre les signaux, unipolaire
(orthogonal) et polaire (antipodal).
orthogonal signals :

antipodal signals :

Figure 18 :
Pe pour une
réception à
filtre adapté
de plusieurs
signaux
binaires
3. Signal bipolaire :
Le bit 1 est alternativement représenté par ±A, soit sur une
durée T d’un bit : V1(t)=±A pour bit « 1 »
V2(t)=0 pour bit « 0 »
Ce signal est similaire à l’unipolaire sauf qu’il a besoin de
deux seuils ±V0 (figure 2 du chap.3a). La probabilité moyenne
d’erreur pour des bits transmis de façon équiprobable, a été
établie au chap.3a :
Pe = 1.5 Q(A/ 2σ)
L’énergie du signal de différence pour le bipolaire NRZ est
comme en unipolaire, Ed=A2T (évaluée entre +A et 0, ou –A
et 0), et l’énergie moyenne par bit est, ⎛ A2 T ⎞ 3 ⎛ E ⎞
Eb=¼ A2T+¼ A2T+½ 0= A2T/2, d’où : Pe = Q⎜ ⎟ = Q⎜ b ⎟
⎜ 2N ⎟ 2 ⎜ N ⎟
⎝ 0 ⎠ ⎝ 0 ⎠
Pour un bipolaire RZ, on a Ed=A2T/2 et, ⎛ A2 T ⎞ 3 ⎛ E ⎞
Eb=¼ A2T/2+¼ A2T/2+½ 0= A2T/4, d’où : Pe = Q⎜ ⎟ = Q⎜ b ⎟
⎜ 4 N0 ⎟ 2 ⎜ N0 ⎟
⎝ ⎠ ⎝ ⎠
4- généralisation de Pe pour les signaux binaires
Une expression plus générale de la probabilité d’erreur en
fonction de l’énergie reçue par bit peut être développée.
On définit pour cela, le coefficient d’intercorrélation ρ qui
mesure la similitude entre les formes d’onde V1(t) et V2(t)
employées par le signal binaire :
⎡ T
V1 V2 dt ⎤ ⎧E = T V 2 dt
∫ ⎪ b1 ∫0 1
− 1 ≤ ⎢ρ = 0 ⎥ ≤ +1 où E = E E et ⎨
⎢ Eb ⎥ b b1 b2 T
⎢⎣ ⎥⎦ ⎪E b2 = ∫ V22 dt
⎩ 0

Si Eb=Eb1=Eb2, le développement de l’énergie de différence


donne :
E d = ∫ [V1 − V2 ] dt = E b + E b − 2 ∫ V1V2 dt = 2E b − 2ρ E b = 2E b (1 − ρ)
T 2 T

0 0

⎛ Ed ⎞ ⎛ E b (1 − ρ ) ⎞
On obtient donc : Pe = Q⎜⎜ ⎟ = Q⎜
⎟ ⎜

⎝ 2N 0 ⎠ ⎝ N 0 ⎟⎠
Différents cas se présentent :
• ρ=1 : les signaux V1 et V2 sont parfaitement corrélés et ne
peuvent être utilisés en pratique (impossible de les
différentier et détecter).
• ρ=0 : les signaux V1 et V2 ont zéro corrélation entre eux, et
sont dits orthogonaux, figure 19.
• ρ=–1 : les signaux V1 et V2 sont anticorrélés sur une durée
d’un symbole, et sont dits antipodaux (images miroirs),
figure 19.

Dans la figure 19, les amplitudes des signaux sont prises


égales à √Eb, ce qui permet de retrouver l’expression de la
probabilité d’erreur pour chaque cas.
Figure 19 : signaux binaires orthogonaux et antipodaux
Exemple :

Un système de communication binaire reçoit des signaux


équiprobables s1(t) et s2(t), figure 20, superposés de bruit
AWGN. Pour une PSD du bruit N0=10-12 W/Hz, calculer la
probabilité d’erreur binaire à la sortie du filtre adapté.

Figure 20 : formes d’ondes en bande de base, s1(t) et s2(t)


Solution :
L’énergie reçue par bit est déterminée par l’aire de s1(t) ou
s2(t).

Comme les signaux utilisés sont antipodaux et détectés par


un filtre adapté, la probabilité d’erreur binaire est donc :
Pe des signaux M-aires en bande de base
L’expression de la probabilité d’erreur des signaux PAM
M-aires, d’écart entre niveaux adjacents ∆V (établie au chap.
3a), est :

Dans cette expression, seul le niveau du seuil de décision a


été optimisé. L’utilisation d’un récepteur optimal la réduit
encore, en assurant comme établie précédemment :
⎛ ∆V ⎞ ⎛ Ed ⎞
Q⎜ ⎟ = Q⎜⎜ ⎟

⎝ 2σ ⎠ ⎝ 2N 0 ⎠
Où Ed est l’énergie du signal de différence de niveaux ∆V.
Les formes d’onde (ou symboles) d’un signal PAM M-aire sont
exprimées par :

Où gT(t) est l’impulsion de base de durée de symbole T et


d’amplitude normalisée à 1, Am sont les valeurs d’amplitude.
Cependant, les symboles ont différentes énergies :

Où Eg est l’énergie de l’impulsion gT(t).


On note que l’amplitude des symboles peuvent être exprimée
en tant que √Em, comme en figure 19.
soit :

Pour des symboles équiprobables, l’énergie moyenne est :

En prenant des amplitudes symétriques par rapport à l’origine,


figure 21 (revoir aussi les figures 11 et 12 du chap.3a pour les
cas M=4 et 8), il vient :
Figure 21 : exemple de symboles d’un 4-PAM

L’énergie moyenne devient :


Comme la distance (l’écart) entre amplitudes adjacentes vaut
2√Eg, on a donc :
12 12
E d = 4E g = 2 E= 2 E b log 2 M
M −1 M −1
Où Eb représente l’énergie moyenne par bit.
La probabilité d’erreur devient ainsi :
M − 1 ⎛⎜ E d ⎞⎟ M − 1 ⎛⎜ 6 log 2 M E b ⎞⎟
PeM =2 Q⎜ =2 Q⎜
M ⎝ 2N 0

⎠ M ⎝ M( 2
− 1 )
N 0


Noter que le cas M=2, correspond à la probabilité d’erreur de
signaux binaires antipodaux.
La figure 22 montre les courbes de PeM paramétrées par M.
Le rapport S/N augmente de 4dB à chaque augmentation de M
d’un facteur de 2.
Figure 22 :
probabilité d’erreur d’un
signal PAM M-aire

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