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Fiche Méthodologie

Nº : 011002 PHILOSOPHIE Séries L-ES-S LE TALENT C’EST D’AVOIR ENVIE

Réussir la dissertation de philosophie :


L’analyse du sujet

Plan de la fiche
I - Analyser le sujet avec des connaissances philosophiques acquises
II - Analyser le sujet sans posséder des connaissances philosophiques
III - La problématique du sujet
IV - Sélectionner les connaissances et éviter les lieux communs

Parmi les règles de la méthode cartésienne, l’une consiste à déduire tout ce qui peut l’être logiquement des vérités premières et
l’autre à procéder à l’énumération de tout ce qui est nécessaire à la résolution du problème posé. C’est ce que l’on va appliquer
ici.

I - Analyser le sujet avec des connaissances philosophiques acquises

En premier lieu, tous les étudiants savent qu’il convient de procéder à l’analyse des termes du sujet. Mais la plupart trouve cet
exercice fort difficile. Car, même s’ils constatent que leur professeur semble déduire facilement toutes sortes de propositions et
de sous-entendus d’un sujet donné, ils ont constaté qu’eux-mêmes, le plus souvent, ne parviennent pas à voir dans le terme de
« Liberté » par exemple, autre chose que le fait d’être libre, ce qui revient à ne rien déduire du tout.
Disons immédiatement qu’il n’y a là rien d’étonnant. Si les professeurs savent analyser les termes d’un sujet, ce n’est pas parce
que leur capacité de déduction est réellement supérieure à celle de l’étudiant. Bien plus simplement, c’est parce qu’ils connaissent
l’histoire de la philosophie et que le terme de « Liberté » par exemple, se réfère à la fois à cette idée chez les penseurs politiques
du XVIIIe siècle, où la liberté est politique, à la liberté morale chez Spinoza, chez les Stoïciens de l’antiquité. Ils savent également que,
par exemple, la question de la liberté individuelle chez les Stoïciens se pose au moment où la pratique politique devient impossible,
et que la liberté de l’individu à l’époque classique est directement liée à l’éclatement de la conception d’un monde créé et ordonné
par Dieu. Pourvu d’un pareil bagage, ces professeurs n’ont pas de difficulté à analyser le terme de « Liberté » de l’individu en
opposition au problème du déterminisme : à l’époque classique c’est parce que l’individu échappe au déterminisme d’un monde
divin qu’il parvient à la liberté tant politique, grâce à la question du pacte social, que morale grâce à l’impératif catégorique kantien ;
à l’époque antique, au contraire, le stoïcisme réconcilie liberté et déterminisme puisque le sage sait que tout ce qui advient dépend
de la Raison, du Logos, et que la liberté consiste à consentir à la raison universelle. Ainsi, si le sujet est libellé de la façon suivante :
« Existe-t-il des limites à la liberté de penser ? », la question des limites peut se poser en termes déterminisme religieux (conception
du monde avant la révolution des XVIIe-XVIIIe siècles, moral (l’esclavage de l’âme par les idées inadéquates chez Spinoza lorsque
celle-ci ignore quelle est sa cause véritable) ou rationnel (stoïcisme).
On voit donc qu’il n’y a rien ici de difficile si tant est que l’on possède des connaissances philosophiques. Mais comment procéder
si ces dernières viennent à manquer ?

II - Analyser le sujet sans posséder des connaissances philosophiques

Le problème ici devient beaucoup plus ardu mais il est possible de le résoudre au moins partiellement si l’on possède une bonne
culture générale.
Il est nécessaire de partir de connaissances concrètes. L’étudiant doit rassembler tout ce qui, dans sa culture littéraire, artistique,
de l’actualité, peut se rapporter aux termes du sujet. Surtout, il faut éviter absolument de réfléchir dans l’abstrait.
Ainsi, sur le terme de « Bien » dans un sujet donné, on peut convoquer l’exemple de « l’axe du Mal », évoqué régulièrement par le
président des Etats-Unis après les attentats du 11 septembre 2001, et s’interroger : pourquoi G.W. Bush estime-t-il que le Bien ce
n’est autre que lui-même, comme symbole de son pays tout entier et que le Mal c’est par conséquent tous ceux qui s’y attaquent ?
Est-ce que le Bien c’est systématiquement soi-même ou existe-t-il une définition du Bien et de la justice qui dépasse cette vision
étroite ?
On voit qu’un effort d’analyse est demandé. Le défaut principal de cette approche est que d’une part les connaissances peuvent
venir à manquer et d’autre part qu’elles ne sont ni analysées ni structurées à l’avance. Il faut donc tout inventer et organiser et ceci,

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dans le laps de temps imparti à la plupart des exercices, risque de prendre un temps considérable. Mais c’est en même temps la
seule manière de procéder. Sans des analyses concrètes, l’étudiant court à la catastrophe.

III - La problématique du sujet

La problématique d’un sujet n’est pas une reformulation plus ou moins vague de ce même sujet. Elle dépend essentiellement elle
aussi de la connaissance philosophique accumulée.
Les étudiants, dans ce cas également, on souvent constaté et peut-être admiré la facilité avec laquelle leur professeur élabore des
problématiques vastes et précises tout à la fois alors qu’eux-mêmes, qui ont réfléchi sur le sujet avec attention, s’en sont révélés
incapables. Qu’ils n’aillent pas estimer que leur professeur appartient à une espèce animale d’un tout autre genre qu’eux-mêmes !
La capacité à problématiser un sujet vient de la somme des connaissances que l’on est capable de concentrer sur lui.
Prenons le même exemple que précédemment : « Existe-t-il des limites à la liberté de penser ? ». Si le professeur élabore la
problématique suivante : « La pensée est-elle soumis à un déterminisme fût-il rationnel ou moral ou l’individu détient-il dans
ce domaine une liberté complète ? », l’étudiant est en droit de se demander comment ont pu être convoqués les termes de
« déterminisme rationnel », de « déterminisme moral » et d’« individu ». Mais si l’on sait que « déterminisme rationnel » peut
renvoyer au stoïcisme et même au spinozisme ; que « déterminisme moral » à la philosophie de Nietzsche et à son analyse de
tout système de compréhension du monde comme le reflet de valeurs morales ; que « individu » est entraîné par le fait que les
politiques qui mettent la liberté, de penser entre autres, au cœur de la société humaine sont toutes liées à la révolution des XVIIe-
XVIIIe siècles qui fait naître l’individu, l’on perçoit que, bien que formulée de manière abstraite, la problématique renvoie à des
éléments très concrets et précis et qu’il suffit de les acquérir pour être également capable de l’élaborer.
Pour les étudiants qui manquent de connaissances philosophiques, la tâche est plus difficile. Là aussi, il faut convoquer les connaissances
et tenter de comprendre le contexte général des idées dégagées de l’analyse des termes du sujet. Pour le sujet que l’on a déjà
partiellement évoqué : « Existe-t-il un Bien universel », l’analyse à partir de l’exemple de l’ « axe du Mal » permet de parvenir à se
demander si les valeurs ne sont que la projection, sous une forme morale, des intérêts de chacun.
Une fois la problématique dégagée, comment procéder pour organiser un devoir en plusieurs parties ?

IV - Sélectionner les connaissances et éviter les lieux communs

Suivons le second principe de Descartes. Au brouillon, il convient de rassembler sous forme de notes tout ce qui peut se rapporter
à ce qui a été dégagé par l’analyse des termes du sujet. Il faut chercher méthodiquement, en passant en revue en pensée les auteurs
et en distinguant bien les domaines : métaphysique, politique, morale.
C’est dans cette optique que l’on recommande d’apprendre presque par cœur les résumés qui ont été proposés pour chaque
auteur. C’est ce qui simplifiera beaucoup cette étape. Si la connaissance est imprécise et désordonnée, par petits morceaux, ne
surnageront que des idées floues et le plus souvent banales.
C’est aussi ce qui permet d’éviter les lieux communs. La plupart des copies se contentent de citer, inlassablement et pour le plus
grand énervement du correcteur, l’allégorie de la Caverne chez Platon, « L’homme est un loup pour l’homme » et le Discours de la
Méthode de Descartes. Si ce sont là les seules connaissances dont dispose un étudiant, il est certain de courir à l’échec complet : il
est évident qu’elles ne pourront suffire à affronter tous les sujets de philosophie susceptibles d’être proposés.
Il faut donc pallier ce problème en recourrant là aussi, en cas de manque dramatique de connaissances philosophiques, aux exemples
tirés de la culture générale entendue au sens large. Il faut à ce stade accumuler le plus d’exemples possibles sur le brouillon et éviter,
là encore, toute envolée abstraite.

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