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Université Moulay Ismail Année universitaire

Faculté des Sciences 2020-2021


Département de Mathématiques Filière : SMIA, Semestre 1

Analyse 1

Jilali ASSIM & Youness MAZIGH

j.assim@umi.ac.ma

y.mazigh@umi.ac.ma

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Table des matières

1 Nombres réels 3
1.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Ensembles ordonnés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.3 Nombres réels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3.1 Valeur absolue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.3.2 Intervalles de R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.3.3 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12

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Chapitre 1

Nombres réels

1.1 Introduction

On note

• N = {0, 1, 2, · · · } l’ensemble des entiers naturels.

• Z = {· · · , −2, −1, 0, 1, 2, · · · } "l’anneau" des entiers relatifs.

• Q = { ab ; a ∈ Z, b ∈ N∗ } "le corps" des nombres rationnels, où N∗ = N \ {0}.

La construction de ces ensembles est naturelle. En effet, si a et b sont des entiers naturels,
la somme a + b et le produit ab (ou a × b ou a.b) sont aussi des entiers naturels. Par contre
le résultat d’une soustraction ou d’une division n’est pas toujours dans N. Arrivant au
"corps" Q des rationnels, on peut effectuer les quatre opérations naturelles : l’addition
a + b, la multiplication ab , la soustraction a − b et la division a/b (b 6= 0).

On a évidemment les inclusions

N⊂Z⊂Q

Dans l’antiquité (à commencer par les babyloniens qui écrivaient tous les nombres en base
60 !), l’opinion répandue était que tous les nombres sont dans Q. Les grecs se rendirent
assez vite compte qu’il existe bien des nombres qui ne sont pas rationnels. L’exemple le
plus célèbre est une conséquence du fameux théorème de Pythagore : Considérons un
triangle ABC rectangle en A et supposons que AB = AC = 1. Alors

BC 2 = AC 2 + AB 2 = 2


Si on note BC = 2 (c’est-à-dire BC 2 = 2), on a

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Proposition 1.1 Le nombre 2 6∈ Q.

Démonstration. Par l’absurde. Supposons que 2 ∈ Q. Alors il existe a ∈ Z, b ∈ N∗

tels que 2 = ab . On peut supposer que a et b sont premiers entre eux, c’est-à-dire que
a2
le seul entier naturel divisant a et b est 1. Élevant au carré, on obtient b2
= 2, ou encore
a2 = 2b2 . Donc a2 est pair et par suite a est pair (le vérifier !).
Écrivant a = 2a0 , a0 ∈ Z, on obtient b2 = 2a02 . Il s’ensuit que b2 , et donc b, est pair. Ainsi

a et b sont pairs ! contradiction. D’où 2 6∈ Q. 

Remarque 1.2

• Archimède a construit le nombre π ; le périmètre du demi-cercle unité ou celui d’un


cercle de rayon 1/2. On montre (mais c’est assez difficile) que π 6∈ Q.

• On montre aussi que le nombre e 6∈ Q (la démonstration est moins difficile que celle
de π 6∈ Q ; dans le chapitre suivant le nombre e sera défini comme limite d’une suite
de nombres rationnels).


Exercice 1.3 Monter que pour tout entier n ≥ 1, n2 + 1 6∈ Q.

1.2 Ensembles ordonnés

Définition 1.4 Soit E un ensemble non vide.

1. Une relation R sur E est un sous-ensemble de l’ensemble produit E × E.


Pour (x, y) ∈ E × E, on dit que x est en relation avec y, et on note xRy, si
(x, y) ∈ R.

2. Une relation R sur E est une relation d’ordre si

(a) R est réflexive : Pour tout x ∈ E, xRx

(b) R est antisymétrique : Pour tous x, y ∈ E,

(xRy et yRx) =⇒ x = y

(c) R est transitive : Pour tous x, y, z ∈ E,

(xRy et yRz) =⇒ xRz

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Si E est muni d’une relation d’ordre, on dit que E est un ensemble ordonné.

3. Une relation d’ordre R sur E est totale si :

∀x, y ∈ E, xRy ou yRx.

On dit alors que (E, R) (ou simplement E) est un ensemble totalement ordonné.

Exemple 1.5

1. L’ensemble Q muni de la relation d’ordre usuelle ≤ définie par :

a
x ≤ y ⇐⇒ y − x ∈ Q+ := { ; a ∈ N, b ∈ N∗ }
b

est un ensemble totalement ordonné.

2. Soit E un ensemble non vide. On munit l’ensemble P(E) des parties de E de la


relation ⊆ définie par :

(A ⊆ B) ⇐⇒ (∀x ∈ E, x ∈ A =⇒ x ∈ B)

Alors (P(E), ⊆) est un ensemble ordonné. Si E contient deux éléments distincts a


et b alors {a} * {b} et {b} * {a}, et donc (P(E), ⊆) n’est pas totalement ordonné.

Dans la suite de ce cours, sauf mention du contraire, on note ≤ une relation d’ordre.

Définition 1.6 Soit (E, ≤) un ensemble ordonné et soit A une partie non vide de E.

1. Un élément M ∈ E est un majorant de A si :

∀x ∈ A, x ≤ M.

S’il existe un tel élément M , on dit que A est majorée.

2. Un élément m ∈ E est un minorant de A si :

∀x ∈ A, m ≤ x.

S’il existe un tel élément m, on dit que A est minorée.

3. Si A est majorée et minorée, on dit que A est une partie bornée de E.

Notations : Soit (E, ≤) un ensemble ordonné.

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• Si x ≤ y et x 6= y, on note x < y.

• On définit sur E la relation d’ordre ≥ par : x ≥ y ⇐⇒ y ≤ x.

Dans la suite, nous ne considérons que des ensembles totalement ordonnés.

Définition 1.7

1. Si M est un majorant de A et M ∈ A, on dit que M est l’élément maximal (ou


le plus grand élément) de A. On le note max(A).

2. Si m est un minorant de A et m ∈ A, on dit que m est l’élément minimal (ou


le plus petit élément ) de A. On le note min(A).

Remarque 1.8 Une définition plus générale des éléments maximaux ou minimaux sera
donnée en cours d’algèbre 1. Elle coïncide avec la nôtre si E est totalement ordonné.

Exemple 1.9 Soit A = {−3, 0, 1, 3, 6, 7} ⊆ Z. Alors

• min(A) = −3

• max(A) = 7

Exercice 1.10 Vérifier que le plus grand élément (respectivement plus petit élément) de
A, lorsqu’il existe, est unique.

Définition 1.11 Soit (E, ≤) un ensemble totalement ordonné et soit A une partie non
vide de E.

1. Le plus petit des majorants de A, s’il existe, s’appelle la borne supérieure de A


qu’on note sup(A) :
(
∀x ∈ A, x ≤ M
M = sup(A) ⇐⇒
∀M 0 ∈ E, M 0 < M =⇒ ∃x ∈ A, M 0 < x ≤ M.

2. Le plus grand des minorants de A, s’il existe, s’appelle la borne inférieure de A


qu’on note inf(A) :
(
∀x ∈ A, m ≤ x
m = inf(A) ⇐⇒
∀m0 ∈ E, m < m0 =⇒ ∃x ∈ A, m ≤ x < m0

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Exemple 1.12

1. Soit A = {x ∈ Q; 0 < x < 2} ⊆ Q. Alors A est borné (dans Q) et sup(A) = 2,


inf(A) = 0.

2. Soit A = {x ∈ Q; x > 2}. Alors A est minoré par 2 et inf(A) = 2, mais A n’est pas
majoré.

3. L’ensemble Z ⊆ Q n’est ni majoré, ni minoré.

Exercice 1.13 Montrer que

1. Si A admet un plus grand élément M alors sup(A) existe et sup(A) = M .

2. Si A admet un plus petit élément m alors inf(A) existe et inf(A) = m.

3. Si A est une partie non vide de N, alors A admet un plus petit élément.

4. Toute partie finie non vide de Z admet un plus grand élément et un plus petit élé-
ment.

Définition 1.14

• On dit qu’un ensemble (E, ≤) totalement ordonné vérifie la propriété de la borne


supérieure si :

"Toute partie non vide majorée de E admet une borne supérieure dans E".

• On dit que (E, ≤) vérifie la propriété de la borne inférieure si :

"Toute partie non vide minorée de E admet une borne inférieure dans E ".

Théorème 1.15 L’ensemble Q muni de la relation d’ordre usuelle ne vérifie pas la pro-
priété de la borne supérieure.

Démonstration. Considérons la partie non vide de Q :

A = {x ∈ Q; x2 ≤ 2}.

Il est clair que A est majorée par 2. Supposons que q := sup(A) existe. Noter d’abord que
q > 1 (par exemple 1 < 5/4 et 5/4 ∈ A). On a deux cas :

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2−q 2
• Si q ∈ A, posons ε = 3q
∈ Q. Alors

(q + ε)2 = q 2 + 2εq + ε2

≤ q 2 + 3εq (car ε < q, le vérifier)

= q 2 + (2 − q 2 ) = 2

et donc (q + ε)2 ≤ 2. Par suite q + ε ∈ A et q + ε > q, ce qui contredit l’hypothèse


q = sup(A).
q 2 −2
• q 6∈ A, posons ε = 2q
> 0. Alors :

q2 − 2
(q − ε)2 = q 2 − 2εq + ε2 > q 2 − 2qε = q 2 − 2q =2
2q
ce qui est implique que (q − ε)2 > 2. On a ainsi un majorant q − ε < q appartenant
à Q, ce qui contredit l’hypothèse q = sup(A). 

C’est ce genre de "trous" dans Q que l’on cherche à combler avec la construction de R.
En gros : R est le plus petit ensemble totalement ordonné, contenant Q et vérifiant la
propriété de la borne supérieure.

1.3 Nombres réels

Fixons une origine O dans une droite (horizontale) D. Fixons également une gradua-
tion de D. Si A est un point sur la droite D, à droite du point O, la longueur du segment
[OA] est un nombre réel positif x := OA. Si A est situé à gauche de O, soit A0 le sy-
métrique par rapport à O du point A. Alors la mesure algébrique OA est le nombre réel
négatif −x où x est la lonqueur du segment [OA0 ]. L’ensemble R des nombres réels est la
collection de tous ces nombres. La droite D s’appelle l’axe réel. On note R+ l’ensemble
des nombres réels positifs et R− celui des nombres réels négatifs.
Définis comme des mesures algébriques des points situés sur l’axe réel, il est clair que
l’ensemble R contient tous les nombres rationnels.

Une définition plus rigoureuse découle du théorème suivant :

Théorème 1.16 (Fondamental) Il existe un corps (R, +, ×, ≤) totalement ordonné, conte-


nant Q et vérifiant la propriété de la borne supérieure.

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Les lois "+" et "×" prolongent l’addition et la multiplication usuelles dans Q. Il en est
de même de la relation d’ordre totale ≤.
Rappelons que (R, +, ×) est un corps (commutatif) veut dire que :

1. (R, +) est un groupe abélien, c’est-à-dire

• La loi + est commutative :

∀x, y ∈ R, x+y =y+x

• La loi + est associative :

∀x, y, z ∈ R, (x + y) + z = x + (y + z)

• Le nombre 0 est l’élément neutre pour + :

∀x ∈ R, x+0=x

• Tout nombre réel x admet un opposé noté −x :

x + (−x) = 0

2. (R∗ , ×) est un groupe abélien, où R∗ := R\{0}. On note x−1 = 1


x
l’inverse de x ∈ R∗
dans R∗ (c’est-à-dire xx−1 = 1).

3. La multiplication est distributive par rapport à l’addition :

∀x, y, z ∈ R, x(y + z) = xy + xz

Remarque 1.17 Le corps (R, +, ×, ≤) vérifie aussi la propriété de la borne inférieure


(Exercice).

Nous admettons le théorème 1.16 ci-dessus. La démonstration est hors programme. On


représente R par la droite numérique. R+ représente la demi-droite à droite de 0 et R− la
demi-droite à gauche de 0. La relation ≤ est définie par

x ≤ y ⇔ x − y ∈ R− .

Ainsi R+ = {x ∈ R | x ≥ 0} et R− = {x ∈ R | x ≤ 0}.

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√ √
Exemple 1.18 Soit A = {x ∈ R; x2 < 2}. Alors inf(A) = − 2 et sup(A) = 2.

Proposition 1.19 (Règles de compatibilité) Soient x, y, z, t ∈ R. Alors on a

• si x ≤ y et z ≤ t alors x + z ≤ y + t

• si x ≤ y et z ≥ 0 alors xz ≤ yz

• si x ≤ y et z ≤ 0 alors xz ≥ yz

1.3.1 Valeur absolue

On rappelle que pour x ∈ R, la valeur absolue de x, notée |x| est définie par
(
x si x ≥ 0
|x| := max(−x, x) =
−x si x ≤ 0

En particulier
x ≤ |x| et − x ≤ |x|

et
−|x| ≤ x ≤ |x|.

Proposition 1.20

• Pour tous x, y ∈ R, |xy| = |x||y|.

• Soit M ∈ R+ . Alors

(i) |x| ≤ M ⇐⇒ −M ≤ x ≤ M

(ii) |x| ≥ M ⇐⇒ x ≤ −M ou x ≥ M .

En particulier,
|x| = 0 ⇐⇒ x = 0.

Démonstration. Exercice. 

Remarque 1.21 Dans les chapitres suivants, nous utilisons souvent (i) sous la forme
suivante
|x − a| < ε ⇐⇒ a − ε < x < a + ε

Proposition 1.22 (Inégalité triangulaire) Pour tous x, y ∈ R, on a

||x| − |y|| ≤ |x + y| ≤ |x| + |y|

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Démonstration. On a |x + y| = −x − y ou x + y qui sont tous les deux ≤ |x| + |y|. D’où

|x + y| ≤ |x| + |y|

Pour la deuxième inégalité :

• Si |x| ≤ |y| :

||x| − |y|| = |y| − |x| = |(y + x) + (−x)| − |x| ≤ |x + y| + | − x| − |x| = |x + y|

• Si |x| ≥ |y| :

||x| − |y|| = |x| − |y| = |(x + y) + (−y)| − |y| ≤ |x + y| + | − y| − |y| = |x + y|

Exercice 1.23 Montrer les inégalités de la proposition 1.22 en comparant les carrés.

1.3.2 Intervalles de R

Soient a et b deux réels vérifiant a ≤ b. Le segment [a, b] est défini par

[a, b] := {x ∈ R; a ≤ x ≤ b}.

Définition 1.24 Soit I un sous-ensemble de R. On dit que I est un intervalle de R si


pour tous a, b ∈ I, le segment [a, b] ⊆ I.

Plus précisément, les intervalles de R sont les suivants (a et b sont deux réels vérifiant
a ≤ b) :

• l’intervalle fermé borné (ou segment) [a, b] := {x ∈ R; a ≤ x ≤ b}

• l’intervalle ouvert ]a, b[:= {x ∈ R; a < x < b}

• les intervalles semi-ouverts (ou semi-fermés) [a, b[:= {x ∈ R; a ≤ x < b} et ]a, b] :=


{x ∈ R; a < x ≤ b}

• les intervalles ouverts ] − ∞, a[:= {x ∈ R; x < a} et ]b, +∞[:= {x ∈ R; b < x}

• les intervalles fermés ] − ∞, a] := {x ∈ R; x ≤ a} et [b, +∞[:= {x ∈ R; b ≤ x}

• l’intervalle (ouvert et fermé) R =] − ∞, +∞[

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Notons en particulier que ∅ =]a, a[ est un intervalle, et que les singletons {a} = [a, a]
sont des intervalles.

Définition 1.25 Soit x0 ∈ R. On dit que V est un voisinage de x0 s’il existe un inter-
valle ouvert contenant x0 et contenu dans V .

Exemple 1.26 L’intervalle [−1, 2] et l’ensemble ] − 2, −1] ∪ [0, 3[ sont des voisinages de
1, puisque
1 ∈] − 1, 2[⊂ [−1, 2] et 1 ∈]0, 2[⊂] − 2, −1] ∪ [0, 3[.

L’ensemble Q n’est voisinage d’aucun de ses points alors que l’ensemble R (ou plus géné-
ralement un intervalle ouvert de R) est voisinage de chacun de ses points.

1.3.3 Applications

La propriété de la borne supérieure a des conséquences très importantes

Théorème 1.27 Soient x, y ∈ R avec x > 0. Alors il existe n ∈ N tel que nx > y. On
dit que (R, ≤) est archimédien.

Démonstration. Soit A = {nx; n ∈ N}. Supposons que pour tout n ∈ N, nx ≤ y.


Alors A est une partie majorée de R, et donc A admet une borne supérieure dans R. Soit
a = sup(A). Puisque a − x < a, il existe n ∈ N tel que nx > a − x et donc

(n + 1)x > a

ce qui contredit a = sup(A). 

Proposition 1.28 (Partie entière) Pour tout réel x, il existe un unique entier relatif
m ∈ Z tel que
m ≤ x < m + 1.

On appelle cet entier la partie entière de x et on le note E(x) ou [x].

Démonstration. Commençons par prouver l’unicité d’un tel entier. Pour cela supposons
qu’il existe deux entiers m et m0 vérifiant

m ≤ x < m + 1 et m0 ≤ x < m0 + 1

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On déduit alors de la première inégalité que m ≤ m0 et de la seconde que m0 ≤ m. Nous
avons donc m = m0 .
Montrons maintenant qu’un tel entier existe.

• Supposons d’abord que x > 0 et notons Ax = {n ∈ N; n ≤ x}. Alors Ax est non vide
car il contient 0 et si on applique la propriété d’Archimède à 1 et x, on voit que Ax
est majorée. En effet, il existe n0 ∈ N tel que n0 × 1 > x. Ainsi, pour tout n ∈ Ax ,
on a n ≤ x < n0 donc n0 est un majorant de Ax dans N. L’ensemble Ax possède
donc un plus grand élément, puisque c’est une partie finie de N. Soit m l’élément
maximal de Ax . Alors par définition m vérifie

m ≤ x < m + 1.

D’où la propriété.

• Si maintenant x < 0, l’ensemble Bx = {n ∈ Z; n ≤ x} est majoré par 0 et il est non


vide grâce, cette fois, à la propriété d’Archimède appliquée à −x et 1. Par suite Bx
est une partie non vide majorée de Z, et donc admet un élément maximal dans Z.
Appelons m son plus grand élément, nous avons m ≤ x < m + 1 ; d’où la propriété.

Théorème 1.29 Pour tous x, y ∈ R avec x < y, il existe q ∈ Q tel que x < q < y. On
dit que Q est dense dans R.

Démonstration. Puisque y − x > 0, il existe, d’après le théorème 1.27, un entier n ∈ N


tel que n(y − x) > 1, et donc nx + 1 < ny.
Posons m = E(nx) + 1 ∈ Z. Par définition de la partie entière( Proposition 1.28), on a

m − 1 ≤ nx < m.

D’où
nx < m ≤ nx + 1 < ny.
m m
Le rationnel n
vérifie x < n
< y. 

Remarque 1.30 L’ensemble R \ Q des nombres irrationnels est aussi dense dans R (voir
TD).

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Théorème 1.31 (Caractérisation de la borne supérieure et de la borne inférieure)

1. Soit A une partie non vide majorée de R. Alors


(
∀x ∈ A, x ≤ M
M = sup(A) ⇐⇒
∀ε > 0, ∃x ∈ A, M − ε < x ≤ M

2. Soit A une partie non vide minorée de R. Alors


(
∀x ∈ A, m ≤ x
m = inf(A) ⇐⇒
∀ε > 0, ∃x ∈ A, m ≤ x < m + ε

Démonstration. Le théorème 1.16 assure l’existence d’une borne supérieure (resp. infé-
rieure) de A. Le reste découle pratiquement de la définition. 

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