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Notes de cours 9 législation et procédures ouvrières 4 novembre 2021

L.A.T.M.P. = Loi sur les accidents du travail et des maladies professionnelles

L’objet de la loi se trouve à l’article 1, c'est-à-dire la réparation des lésions professionnelles et


les conséquences qu’elles entrainent pour le bénéficiaire.

La loi bénéficie d’une interprétation large et libérale à cause de son caractère social et selon
l’article 4, c’est une loi d’ordre public et à cause de cela, une convention collective ne peut
prévoir des droits moindres seulement plus avantageux.

Portrait global de la loi par les différents principes

Le champ d’application, Art. 7 et 8

Les lésions professionnelles, Art. 28 et suivants

Les indemnités de remplacement du revenu, Art. 112 à 116

L’assistance médicale, Art. 189,190

La réparation et la réadaptation, Art. 185

Pour savoir si un évènement à causer une blessure à un travailleur, et conséquemment un


accident du travail, il faut se référer à la définition à l’article 2 de la loi.

Selon l’article 2, un accident du travail est un évènement imprévu et soudain attribuable à


toute cause survenant à une personne par le fait ou à l’occasion de son travail et qui entraine
pour elle une lésion professionnelle.

Donc :

1- Pour qu’il y est un accident, il faut d’abord qu’il y ait un fait accidentel, c'est-à-dire un
évènement qui se produit de manière imprévu;
2- L’évènement peut se produire par le fait du travail, c'est-à-dire, l’accident est relié
directement à l’activité du travail en exécutant ses tâches;
3- L’évènement peut également se produire à l’occasion du travail (situation où le
travailleur n’est pas normalement en train de faire son travail mais il fait quelque chose
connecte à son travail);
4- Pour qu’il y ait accident du travail, l’évènement doit entrainer une lésion
professionnelle, par exemple : une blessure;

La loi établit une présomption à l’article 28 selon laquelle une blessure qui arrive sur les lieux
du travail, alors que le travailleur est à son travail, est présumée une lésion professionnelle.

Le champ d’application

Les articles 7 et 8 de la loi prévoient les conditions générales de son application.

1- Le travailleur subit un accident ou contracte une maladie professionnelle au Québec


alors que l’employeur a un établissement au Québec;
2- Le travailleur est victime d’un accident hors du Québec cependant, il réside au Québec
et l’employeur a un établissement au Québec;
3- Le travailleur n’est pas domicilié au Québec mais au moment où il était affecté à un
emploi hors Québec, il était domicilié au Québec et l’employeur avait un établissement
au Québec.

L’article 2 de la loi donne la définition d’un travailleur au sens de la loi. Un travailleur


(personne physique) qui exécute un travail pour un employeur contre rémunération en vertu
d’un contrat de travail ou d’apprentissage.

En vertu des articles 9 à 17 de la loi, certaines personnes sont considérées comme travailleur à
certaines conditions notamment, les travailleurs autonomes (Art.9), les étudiants (Art.10), les
personnes visées par une entente (Art.15), les bénévoles (Art.13).

Dans le cas des travailleurs autonomes, l’article 18 de la loi prévoit qu’il peut s’inscrire lui-
même à la commission des lésions professionnelles afin de bénéficier des avantages prévues à
la loi. À défaut de quoi, il ne peut prétendre à aucun droit.
Les lésions professionnelles

L’article 2 de la loi définit la lésion professionnelle et l’article 31 prévoit le cas de blessure ou


de maladie qui survient par le fait ou à l’occasion des soins que le travailleur reçoit.

De ces 2 dispositions, il ressort qu’il existe 6 catégories de lésions professionnelles :

1- Une blessure qui survient par le fait ou à l’occasion d’un accident de travail;
2- Une maladie qui survient par le fait ou à l’occasion d’un accident de travail;
3- La maladie professionnelle;
4- La récidive, la rechute ou l’aggravation;
5- Une blessure ou une maladie qui survient à l’occasion d’un soin qu’un travailleur reçoit
ou à l’omission de soin;
6- Une blessure qui survient d’une activité prescrite au travailleur dans le cadre de
traitements médicaux ou de réadaptation.

La présomption de lésion professionnelle

L’article 28 de la loi prévoit la présomption et pour en bénéficier, le travailleur doit démontrer


3 conditions :

1- Une blessure;
2- Qui arrive sur les lieux du travail;
3- Alors que le travailleur est à son travail et qu’il travaille.

Et ces 3 conditions sont cumulatives.

La notion de lieu de travail comprend tous les lieux auquel le travailleur a accès dans le cadre
de l’exécution de son travail. Une personne qui travaille de 7h à 15h, à l’intérieur de ces
heures la loi le protège tant et aussi longtemps qu’il ne quitte pas les lieux pour des raisons
personnelles.
L’accident de travail

L’accident de travail est définit à l’article 2 et cette définition implique la démonstration de 4


conditions :

1- Un évènement imprévu et soudain qui arrive lorsqu’on ne s’y attend pas donc,
inattendu.

C’est soudain, cela se produit en très peu de temps, instantané, brusque.

Les tribunaux ont rappelé à plusieurs occasions que ce ne sont pas les douleurs qui
doivent être imprévues et soudaines. Le fait qu’un travailleur ressente une douleur au
travail, n’équivaut pas un accident de travail. Ce n’est pas la douleur mais l’évènement
lui-même.

La preuve d’un évènement peut se faire par présomption de faits et à la condition que
les faits soit graves, précis et concordants.

2- Attribuable à toute cause, on n’exclut rien.

3- Qui survient par le fait du travail.

Dès qu’un travailleur commet un geste dans l’exercice de ses fonctions et qu’il se
produit un évènement imprévu et soudain, cela sera reconnu par le fait du travail.

4- Qui entraine une lésion professionnelle.

Il appartient au travailleur de démontrer une relation entre l’évènement et la lésion


subie.

C’est l’examen des gestes ou de l’évènement et le mécanisme de production de la lésion


qui permet de conclure à la présence ou non d’une lésion professionnelle.
La présomption de maladie professionnelle

L’article 29 crée une présomption de maladie professionnelle et édicte 2 conditions :

1- Une maladie prévue à l’annexe 1 de la loi;


2- Exercer un travail correspondant à cette maladie.

« La maladie professionnelle » au sens de l’article 30 de la loi

Cette expression signifie non seulement une maladie énumérée à l’annexe 1 mais le genre
d’agent spécifique qui en est la cause ou la caractéristique.

Elle sera caractéristique, celles que l’ont retrouvent de manière significative chez les travailleur
exerçant le même travail dans les mêmes conditions par rapport à la population en général.

La rechute, la récidive ou l’aggravation

Ces notions ont été interprétées comme étant une reprise évolutive, la réparation ou la
recrudescence ou de ses symptômes. La première condition à la reconnaissance d’une telle
lésion c’est être en présence d’une lésion antérieure, acceptée par la commission et
deuxièmement, démontrer un lien de causalité.

La négligence grossière et volontaire Art. 27

Il s’agit ici d’une exception qui restreint la notion de maladie de travail en excluant les gestes à
caractère personnel.

La négligence consiste en une faute non intentionnelle résultant d’un manque de vigilance, de
soin consistant à ne pas accomplir un acte qu’on aurait dû accomplir.

On doit nécessairement retrouver la présence d’une faute qu’elle soit par omission ou action
ou doit revêtir un caractère suffisamment grave et important et qu’elle ne résulte d’un acte de
volonté et non d’un simple réflexe ou réaction.

Les indemnités de remplacement du revenu


Il peut s’agir d’indemnités de remplacement du revenu ou pour préjudice corporel ou la
réparation et remplacement de vêtement à la suite d’un accident de travail ou pour le décès
qui donne ouverture à une indemnité pour le conjoint, les parents, les enfants, etc. (Art. 92 à
111).

Art. 44 et suivants de la loi, indemnités de remplacement du revenu (IRR)

Les IRR exigent les conditions suivantes :

1- Que le travailleur soit incapable d’exercer son emploi en raison de sa lésion


professionnelle;

2- L’article 44, al.2 prévoit le cas du travailleur qui n’occupe pas d’emploi lorsque se
manifeste la lésion et prévoit qu’il a droit à l’indemnité de remplacement du revenu s’il
est incapable d’exercer qu’il occupe habituellement en raison de la lésion;

Selon l’article 44 de la loi, il n’est pas nécessaire que le travailleur soit invalide et incapable
d’exercer tout emploi. Il suffit qu’il soit incapable d’exercer son emploi ou celui qu’il occupe
habituellement.

Selon l’article 45 de la loi, l’indemnité versée au travailleur correspond à 90% de son revenu
net que le travailleur tire habituellement de son revenu.

En vertu de l’article 56 de la loi, l’IRR sera réduite de 25% à compter du 65 ème anniversaire de
naissance du travailleur, de 50% à compter de la 2ème année et de 75% à compter de la 3ème
année suivant cette date.

Par ailleurs, l’article 57 de la loi nous indique que le droit à la IRR prend fin lorsque l’une des
conditions mentionnées est remplies soit :

1- Le travailleur redevient capable d’exercer son emploi;


2- Il meurt;
3- au 68ème anniversaire de naissance ou s’il est victime d’une lésion d’au moins 64 ans,
4 ans après le début de son incapacité.
La commission peut cependant suspendre ou réduire le versement de l’indemnité dans les cas
prévus à l’article 142 de la loi.

Le paiement de l’indemnité par l’employeur

L’employeur au service duquel se trouve le travailleur au moment où il est victime d’une lésion
professionnelle doit lui payer la partie de la journée qu’il aurait normalement travaillé n’eut
été son incapacité de le faire (Art. 59).

Il doit également payer au travailleur 90% de son salaire net pour toute journée d’incapacité
partielle ou complète qu’il aurait normalement travaillé et ce pour les 14 jours complets
suivant la date de son incapacité (Art. 60).

Le salaire versé par l’employeur lui sera remboursable par la commission (Art. 60, al.3).

Le calcul de l’indemnité de remplacement du revenu

Comme mentionné, l’indemnité versée au travailleur correspond à 90% de son revenu annuel
net (Art. 45).

Elle est versée au 2 semaines sous forme de rente.

Pour obtenir un revenu annuel brut plus élevé, le travailleur peut inclure les bonis, les primes,
les pourboires, les commissions, les heures supplémentaires, les vacances.

Le salaire brut à retenir est donc celui qui est prévu au contrat de travail (Art. 67)

Les indemnités au cas de décès Art. 92 à 97

La loi accorde des indemnités au conjoint, aux enfants, aux parents dont le travailleur
pourvoyait au besoin.

Les indemnités au conjoint

Le conjoint est défini à l’article 2 de la loi.


Donc, selon l’article 98 de la loi, le conjoint ou la conjointe a droit à une indemnité forfaitaire
(Art. 98) et cette indemnité est calculée à partir du salaire brut retenu multiplié par le facteur
prévu à l’annexe 3 de la loi, facteur établi en fonction de l’âge du conjoint au moment du
décès.

Les indemnités aux enfants du travailleur

Ces indemnités sont établies en fonction de leur âge (Art. 102).

Les indemnités pour le préjudice corporel

Dans le cas d’une atteinte permanente à son intégrité physique ou psychique subsistante (Art.
83) et calculé selon Art. 84.

L’assistance médicale Art. 189 et 190

Lorsque la lésion professionnelle se produit chez l’employeur, celui-ci doit donner au


travailleur les premiers secours.

L’employeur doit le faire transporter à l’hôpital ou à son domicile (Art. 190).

La notion d’assistance médicale se retrouve à l’article 189.

Les articles 193 et 194 prévoient que le choix du médecin et de l’établissement de santé
revient au travailleur.

La réparation et la réadaptation

Le droit à la réadaptation s’ouvre lorsque les conditions de l’article 145 sont remplies, c'est-à-
dire, lorsqu’il subsiste une atteinte permanente à l’intégrité physique ou psychique.

L’existence d’une atteinte permanente est une condition essentielle pour prétendre au droit à
la réadaptation.
La loi prévoit 3 types de réadaptation possible :

1- physique : doit viser les buts fixés par l’article 148;


2- social : Art. 141;
3- professionnel : Art. 166.

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