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Vidéo 1 – L’action sociale : les

différentes étapes historiques


Mise à jour : mai 2018

Trois grandes étapes jalonnent l’histoire de l’action sociale dans notre pays : une approche
caritative - l’aide est alors apportée par les congrégations religieuses ou les mouvements
philanthropiques - ; la consécration de l’Etat providence au lendemain de la seconde guerre
mondiale et enfin le transfert des politiques d’action sociale aux collectivités territoriales suite
au vote des lois de décentralisation dans les années 1980.

1 – L’approche de l’action sociale a longtemps été caritative

L'assistance a longtemps été perçue comme une obligation morale ou religieuse même si,
sous l'Ancien Régime, la charité a été municipalisée au nom du maintien de l'ordre public.

Comme l’écrit Robert Lafore, professeur de droit public à Sciences Po Bordeaux (Source :
Lafore, Robert. « Le rôle des associations dans la mise en œuvre des politiques d'action
sociale », Informations sociales, vol. 162, no. 6, 2010, pp. 64-71) : « Bien avant que l’État ne
s’en préoccupe, les phénomènes de pauvreté, d’indigence, de marginalité et de déviance
sous toutes leurs formes ont suscité des initiatives, de la part de groupes caritatifs ou
confessionnels pour les plus anciennes et, dès le début du XIXe siècle, de mouvements
philanthropiques. Leur antériorité aurait donc donné aux groupements de solidarité une
légitimité pour se maintenir en place quand la puissance publique s’est engagée elle-même
dans le « social ».

Et il poursuit : « La seule véritable modernisation dans le champ vient de la mutation des


formes de prise en charge de l’enfance, tant « abandonnée » qu’« assistée », avec les lois de
1889, 1898 et 1904. Celles-ci jettent les bases de la protection de l’enfance en instituant déjà
une certaine articulation entre les institutions publiques et les structures privées, du moins
celles qui sont issues de milieux « modernistes » (médecins, juges, enseignants) ».

2 – L’après-guerre : naissance de la Sécurité sociale et de l’Etat Providence

En mars 1944, le Conseil National de la Résistance propose dans son programme un « plan
complet de sécurité sociale visant à assurer, à tous les citoyens, des moyens d’existence dans
tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail ».

Deux ordonnances des 4 et 19 octobre 1945 créent le système de sécurité sociale sur un
modèle dit « bismarckien ». La Sécurité sociale, gérée par les partenaires sociaux sous le
contrôle de l’Etat, est financée par les cotisations sociales à la charge des employeurs et des
salariés.

C’est aussi à partir de 1945 et dans les années qui vont suivre que l’action sociale se voit
assigner des objectifs ambitieux. Comme l’écrit Robert Lafore (Source : Lafore, Robert. « Le
rôle des associations dans la mise en œuvre des politiques d'action sociale », Informations
sociales, vol. 162, no. 6, 2010, pp. 64-71) : « un temps promise à une absorption dans la
protection sociale de droit commun, l’assistance va cependant se maintenir et se moderniser

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avec sa transformation en « aide sociale » en 1953-1954. Plus largement, autour de ce noyau


central va s’élaborer une action sociale bien plus ambitieuse qui commence par la
protection de l’enfance (ordonnance de 1945, décret de 1946, réformes de 1958-1959), puis
invente le champ du « handicap » (loi de 1949, décret de 1956 en attendant la grande loi de
1975). (…) Les associations vont devenir gestionnaires de structures dont les formes sont
fortement encadrées, en échange de quoi elles pourront suppléer aux financements
aléatoires de la charité ou de la philanthropie par des ressources publiques relativement
pérennes ; en arrière-fond, les structures sont enserrées dans des normes techniques
(encadrement professionnel, locaux, catégorisation des publics) dont on attend une
rationalisation et une modernisation forte du secteur. À la coexistence entre public et privé se
substitue, progressivement, une association du privé au service public mis à égalité tandis
que les administrations centrales s’en tiennent à des fonctions d’administration globale,
qu’on appellerait aujourd’hui de « régulation » (aménagement de l’offre, répartition des
ressources et contrôle) ».

3 – Les lois de décentralisation

Les lois de décentralisation de 1982-1983, ont confié, essentiellement aux conseils


départementaux l’exercice de compétences larges en matière d’aide et d’action sociales
auprès de différents publics : les personnes âgées, les personnes handicapées, les personnes
confrontées à des difficultés professionnelles et/ou sociales et les enfants.

Les départements sont notamment responsables des trois allocations individuelles de


solidarité (AIS) : l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA), la Prestation de compensation
du handicap (PCH) et le Revenu de solidarité active (RSA).

Ils ont également en charge l’aide sociale a� l’hébergement (ASH), destinée à aider les
personnes a� faibles ressources a� payer les frais de leur hébergement dans des
établissements sociaux ou médico-sociaux.

Ils se voient transférer les services en charge de l’action sociale et médico-sociale auprès des
publics vulnérables :

• Le service social polyvalent : Le service social départemental poursuit trois objectifs


majeurs : l’accueil, l’accompagnement et la prévention. Toutes les personnes, seules ou
accompagnées, peuvent demander à être reçues au service social. Là, un assistant de
service social pourra les orienter, notamment en matière d’accès aux droits. Les bénéficiaires
du service social pourront aussi participer à des actions collectives : séances d’information,
activités culturelles…Le service social départemental offre par ailleurs une large palette de
compétences : les assistants de service social exercent généralement aux côtés de
conseillères en économie sociale et familiale et d’agents d’insertion et il travaille également
en lien avec les professionnels des services de la Protection Maternelle et Infantile (médecins,
sages-femmes…) et de l’Aide Sociale à l’Enfance (référents éducatifs, psychologues…).

• La PMI : La protection maternelle et infantile, gérée par le conseil départemental, a


pour missions de proposer des actions de prévention et d’éducation pour la santé aux futurs
parents et aux jeunes enfants ; de surveiller et de contrôler les établissements et services
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d’accueil de la petite enfance ainsi que les assistantes maternelles. De plus longs
développements seront consacrés à ce sujet dans le chapitre 2.

• Le service de l’aide sociale à l’enfance : Ce service a pour objectif de proposer des


actions de prévention, de protection et de lutte contre la maltraitance aux enfants et à leur
famille. L’ASE intervient également lorsqu'un mineur ne peut être maintenu dans sa famille et
qu’il doit être accueilli dans une famille d'accueil agréée ou dans un établissement à
caractère social. De plus longs développements seront consacrés à ce sujet dans le chapitre
2.

L’article 49 de la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales consacre le
département comme chef de file de l’action sociale : « Le département définit et met en
œuvre la politique d'action sociale, en tenant compte des compétences confiées par la loi à
l'Etat, aux autres collectivités territoriales ainsi qu'aux organismes de sécurité sociale. Il
coordonne les actions menées sur son territoire qui y concourent. »

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