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Météo France et Euronext s'allient contre les aléas

climatiques
Guillaume Evin - publié le 10/05/2007 à 17:50

Météo France et Euronext lancent aujourd'hui jeudi Metnext,


une société commune à même d'aider les entreprises à se
couvrir contre les accidents climatiques.
Comment surmonter les aléas du temps ? Comment se prémunir contre les accidents climatiques ?
Pour les entreprises « sensibles », c'est-à-dire opérant aussi bien dans l'énergie que l'agriculture, le
textile, l'agroalimentaire, les loisirs ou le tourisme, cette question - qui vaut parfois plusieurs
millions d'euros- ne devrait plus rester sans réponse. Et ce grâce à la batterie d'indices ad hoc
fournis prochainement par Météo France et Euronext, aujourd'hui filiale de l'opérateur boursier
américano-européen NYSE Euronext.
La place financière et l'établissement public météorologique ont en effet décidé de lancer
conjointement Metnext, une société qui propose d'évaluer la sensibilité « météo » de ses clients.
Autrement dit, leur coefficient de dépendance à l'égard des phénomènes climatiques, lequel peut
conditionner en bout de course le niveau des stocks, celui des ventes, la politique marketing ou
publicitaire.
Dans un premier temps, la nouvelle entité établira un diagnostic « climat » sur mesure avec chaque
entreprise. « Quand on sait qu'environ 20 à 30% du PIB d'un pays fortement industrialisé est
directement impacté par les écarts de température ou de précipitations, on mesure mieux l'intérêt
stratégique pour telle ou telle firme d'anticiper ou de pallier ces aléas climatiques » confie à
LExpansion.com Dominique Lapeyre de Chavardes, président de Metnext. Ainsi, dans le textile, la
météo est même le premier critère discriminant : 2 ou 3 degrés de plus ou de moins en moyenne et
les ventes changent du tout au tout. « On se souvient par exemple de l'épisode caniculaire il y a
quatre ans où les sociétés d'eaux en bouteilles s'étaient retrouvées seules sur le marché au-delà des
35°C. Plus récemment, lors du dernier automne particulièrement doux, 83% des achats dans le
textile furent motivés par des considérations climatiques ».
Pour les brasseurs, une augmentation de 1 degré durant l'été se traduit ainsi par une progression de
leurs ventes de 1,2% dans le Nord-Pas-de-Calais et de 5,2% en Provence ! Pour les chocolatiers,
l'effet thermomètre est strictement inversé. Leurs ventes ont d'ailleurs fondu des deux tiers sous le
soleil de 2003. Au final, tous les biens de grande consommation oscillent selon les fluctuations du
temps, avec une mention particulière pour les chips, à l'exception avérée toutefois du papier
hygiénique, dont le business reste désespérément étal tout au long des saisons?
Dans un second temps, Metnext pourra créer une palette de produits financiers dédiés à la
couverture du risque climatique, sur le modèle désormais classique de ce qui existe pour les
variations de devises ou des taux d'intérêts. Car, comme l'avait démontré dans une étude référence
Didier Marteau, professeur à l'ESCP et consultant au sein du courtier d'assurances américain AON,
les groupes sont plus sensibles encore aux variables météorologiques qu'aux variables financières,
type taux de change ou taux d'intérêt.
De quoi intéresser cette fois des banques, des sociétés d'assurance ou de réassurance, qui proposent
déjà pour certaines d'entre elles des produits concurrents. C'est le cas notamment du géant suisse
UBS qui a sorti le mois dernier son propre indice climatique « maison », le Global Warming Index.
« Sauf que Metnext pourra se prévaloir d'un avantage concurrentiel énorme : celui d'être un acteur
neutre, adossé à un acteur public incontesté, en l'occurrence Météo France » explique Roland
Bellegarde, directeur général délégué chez Euronext, en charge des marchés actions. Metnext
n'entend d'ailleurs pas se limiter au marché français. La firme, dont Météo France détient 66% et
Euronext 33%, nourrit même des ambitions mondiales, au point de vouloir s'attaquer aux Etats-
Unis. Mais, là-bas, le marché à terme de Chicago s'est déjà doté d'indices similaires.