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FONCTIONS EXPONENTIELLES ET FONCTIONS PUISSANCES

I) Définition et conséquences

Rappelons que la fonction ln est une bijection de + dans et que e est le nombre dont le logarithme népérien
est égal à 1. (ln e = 1 et e 2,718...)

Définition 1
On appelle fonction exponentielle de base e, la bijection réciproque de la fonction ln. On la note exp.

On a donc l'équivalence suivante, pour tout nombre y strictement positif :


y = exp x ⇔ x = ln y


Remarque : on verra au 6 qu'il existe des fonctions exponentielles de bases différentes de e. Lorsque la base
n'est pas précisée, on sous-entend qu'il s'agit de la base e.
On a donc :
• exp 0 = 1 car ln 1 = 0.
• exp 1 = e car ln e = 1.
• exp x > 0 pour tout réel x car la fonction ln est définie sur ]0 ; +∞[.
• Puisque les fonction ln et exp sont réciproques, on a :
ln(exp x) = x pour tout réel x
exp(ln x) = x pour tout réel x > 0.
• Puisque la fonction exp est une bijection on a l'équivalence suivante :
exp x = exp y ⇔ x = y
• La fonction exp est définie sur et à valeurs dans ]0 ; +∞[ puisque la fonction ln est définie sur ]0 + ∞[ et à

valeurs dans . Sa représentation graphique est symétrique de celle de la fonction ln par rapport à la première

bissectrice (droite d'équation y = x) : y


Cexp

Nous pouvons donc conjecturer les limites de la 3 ∆:y=x


fonction exponentielle aux bornes de son e

ensemble de définition : 2
Cln
lim exp x = 0 (puisque lim + ln x = −∞)
x →−∞ x→ 0
1
lim exp x = +∞ (puisque lim ln x = +∞)
x →+∞ x →+∞
x
(Ces résultats seront démontrés plus rigoureusement −1 1 2 e 3


au 5) −1

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II) Théorème fondamental

Théorème 1
∀a, b ∈ , exp(a + b) = exp a × exp b
La fonction exp transforme les sommes en produits

Démonstration : on utilise le fait que la fonction ln transforme les produits en somme :


ln(exp a × exp b) = ln(exp a) + ln(exp b) = a + b = ln(exp(a + b))

Et, compte tenu du fait que, pour tous réels A et B de +, ln A = ln B équivaut à A = B, on a :

exp(a + b) = exp a × exp b

Théorème 2
p
Pour tout réel a et tout entier relatif p, on a : exp(ap) = (exp a)

Démonstration :
p p
ln((exp a) ) = p ln(exp a) = pa = ln(exp(pa)) d'où exp(pa) = (exp a)
Nouvelle notation pour la fonction exponentielle :
Remarquons que d'après le théorème 2, pour tout entier relatif p, on peut écrire :
p
exp p = exp(1 × p) = (exp 1) = e p

Par convention, on posera : e x = exp x, pour tout réel x (Rappel : e 2,718...)


Nous allons voir que les propriétés de l'exponentielle telles qu'elles s'écrivent avec cette nouvelle notation sont
compatibles avec les propriétés des puissances.

III) Propriétés

Propriétés
Pour tous réels x et y (sauf restriction précisée) on a :

ex+ y = ex e y ex− y =
ex
ey
e− x =
1
ex
(e )
x y
= e xy

e 0 = 1 et e1 = e ex > 0 ln e x = x e ln x = x (pour x > 0)

Démonstrations : en utilisant les règles de calculs sur le logarithme :

ln( e x + y ) = x + y = ln e x + ln e y = ln( e x e y ) d'où e x + y = e x e y

ex ex
ln( e x − y ) = x − y = ln e x − ln e y = ln( y
) d'où e x − y = y
e e
1 1
ln( e − x ) = −x = −ln e x = ln x
d'où e − x = x
e e

( )
y
La relation e x = e xy n'a pas encore de sens pour y ∈


\ à ce stade de la leçon et sera démontrée au 6.

(
Exemple : simplifier e x + e − x )2 − e2 x (1 − e −4 x )

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IV) Étude des variations de la fonction exponentielle de base e

Théorème 3
La fonction exponentielle de base e est dérivable sur et pour tout réel x on a :

( )
ex = ex
la fonction exponentielle est égale à sa propre dérivée

Démonstration :

ex +h − ex
Soit x ∈ . Montrons que le rapport admet une limite finie (égale à e x ) lorsque h tend vers 0.
h
ex +h − ex eh − 1
Pour tout h ≠ 0, on a d'après les propriétés : = ex .
h h
eh − 1 t −1
En posant t = e h nous avons : = . Comme h tend vers 0, nous avons t qui tend vers 1.
h ln t
ln t t −1
Or, nous savons que lim = (ln)'(1) = 1, donc lim = 1 également.
t →1 t − 1 t → 1 ln t

eh − 1 ex +h − ex
D'où lim = 1 et, par suite, lim = ex . La fonction exponentielle est donc solution
h→ 0 h h→ 0 h
du problème différentiel suivant :

( )
Ce qui prouve que, pour tout réel x, nous avons e x = e x . y' = y et y(0) = 1
Autre démonstration (plus simple mais moins rigoureuse) :

on considère les fonctions ƒ et g définies sur par ƒ(x) = ln e x et g(x) = x

( e x )′
Il est clair que ƒ = g sur . Nous aurons donc également ƒ' = g' sur . Or ƒ'(x) = et g'(x) = 1.
ex

D'où (e ) = e
x x

(Cette dernière démonstration est moins rigoureuse car elle s'appuie sur le fait que la fonction exponentielle est

( )
dérivable et ne prouve que le résultat e x = e x )

Théorème 4
La fonction exponentielle de base e est continue et strictement croissante sur .

Démonstration :
Le fonction exponentielle étant dérivable sur , elle est continue sur .

Sa dérivée (qui est e x ) est strictement positive sur , donc la fonction exponentielle est donc strictement

croissante sur .

Conséquence : on a l'équivalence suivante : ex ey ⇔ x y

Cette dernière propriété sera très utile pour établir des inégalités ou pour résoudre des inéquations.
Tableau de variation :

x −∞ +∞

signe de la dérivée e x +
+∞
variation de la fonction exp
0

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V) Limites de référence

Lemme

La représentation graphique de la fonction exponentielle est toujours située au dessus de la première bissectrice

(y = x) : x < e x pour tout x ∈

Démonstration :

On considère la fonction ƒ définie sur par ƒ(x) = e x − x. Sa dérivée ƒ' est définie sur par : ƒ '(x) = e x − 1.

On a : ƒ '(x) 0 ⇔ ex 1 ⇔ x 0
D'où le tableau de variations suivant :

x −∞ 0 +∞

Signe de ƒ' − 0 +

Variations de ƒ
1

La fonction ƒ admet un minimum m strictement positif en 0 : m = ƒ(0) = e 0 − 0 = 1.


Par conséquent la fonction ƒ est strictement positive pour tout réel x, d'où le lemme.

Remarque : on a même : 1 + x e x , pour tout x ∈ . (Démonstration analogue)


Exercices :
+ x2
• Démontrer que, pour tout x ∈ , on a : 1 + x + ex .
2

• Démontrer que, pour tout x ∈ , on a : 2x e x . A-t-on : 3x e x pour tout x ∈ ? Soit a ∈ . En étudiant

la fonction ƒa définie sur par ƒa(x) = e x − ax, déterminer le plus grand réel a tel que : ax e x pour tout

x∈ . Interpréter graphiquement en terme de tangentes (à des courbes que l'on précisera)

• Comparer sur , e x et x 2 . Puis e x et x 3 .

Théorème 5 Limites de l'exponentielle en −∞ et en +∞ :

lim e x = +∞ lim e x = 0
x →+∞ x →−∞

Démonstration :

D'après le lemme on a, pour tout x ∈ : x < ex .

Or, nous savons que lim x = +∞.


x →+∞

D'après le théorème de comparaison des limites, on en déduit que l'exponentielle admet bien une limite en +∞ et :

lim e x = +∞.
x →+∞
1 1
Posons X = −x. Si x tend vers −∞ alors X tend vers +∞. Compte tenu de la relation e x = −x
= nous avons :
e eX
1
lim e x = lim = 0 (puisque lim e X = +∞)
x →−∞ X → +∞ e X X → +∞

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ex ex − 1
Théorème 6 lim = +∞ lim x e x = 0 lim =1
x →+∞ x x →−∞ x →0 x

ex
Pour tout n ∈ *
: lim = +∞ lim x n e x = 0
x →+∞ xn x →−∞

ex ex ex
Exemple : lim = lim × x = +∞ car lim = +∞ et lim x = +∞.
x →+∞ x x →+∞ x x →+∞ x x →+∞

Démonstration du théorème 6 :

Posons X = e x (donc x = ln X).


Lorsque x tend vers +∞, X tend vers +∞ également, d'où :

ex X ln X ln X
lim = lim = + ∞ car lim = 0 avec > 0 puisque X > 1.
x →+∞ x X →+∞ ln X X →+∞ X X
Lorsque x tend vers −∞, X tend vers 0 par valeurs supérieures, d'où :

lim x e x = lim X ln X = 0.
x →−∞ X →0
X >0

(On peut également poser X = −x et utiliser la première limite)


Pour la troisième limite, nous reconnaissons l'accroissement moyen de la fonction exponentielle en 0, sa limite
0
est donc égale au nombre dérivé en 0 à savoir e = 1 :

ex − 1 e x − e0 0
lim = lim = exp' 0 = e = 1
x →0 x x →0 x − 0

(Plus rigoureusement, on devrait procéder comme dans la démonstration du théorème 3)


x
Posons X = .
n
Lorsque x tend vers +∞, X tend vers +∞ également, d'où :
  n
 x n  x  n
ex  en   en
−n eX eX
lim n = lim   = lim  n = lim   n −n = 0 (puisque lim = 0)
x →+∞ x x →+∞  x  x →+∞  x
X →+∞ X X →+∞ X
n
Lorsque x tend vers −∞, X tend vers −∞ également, d'où :
   
x n x n
x n
( )n
n n
lim x e = lim = lim e  n n = lim Xe X = 0 (puisque lim Xe = 0)
n x X
 xe n  
x →−∞ x →−∞   x →−∞  n  X →−∞ X →−∞

Conséquence des deux dernières limites : Soit P un polynôme différent du polynôme nul (P ≠ 0).

ex
On a alors : lim = +∞ lim P(x) e x = 0
x →+∞ | P( x) | x →−∞

La preuve est immédiate puisque un polynôme est équivalent en +∞ (et −∞) à son terme du plus haut degré.
En conséquence, l'exponentielle ne peut être majorée par aucune fonction polynôme sur [0, +∞[.

ex − 1
Exercice : Étudier la limite suivante : lim
x →0 x

ex − 1 ex − 1 ex − 1
(On écrit simplement = × x et on en déduit, par produit : lim = 1 × 0 = 0)
x x x →0 x

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VI) Fonctions exponentielles de base a (a > 0)

Définition 2
Soit a un réel strictement positif.

On appelle fonction exponentielle de base a, la fonction ƒa (notée parfois expa) définie sur par ƒa(x) = e x ln a
On remarque que, pour x ∈ , on a : ƒa(x) = a x .

On notera donc, par convention : a x = e x ln a pour tout x = .


On remarquera la nécessité de la condition a > 0 pour définir les fonctions ƒa et le rôle de la condition a > 1 pour
le sens de variation de ces fonctions.
1
Exemples : on considère les fonctions exponentielles ƒ et g de bases 2 et respectivement :
2

ƒ(x) = 2 x = e x ln 2 et g(x) =  21  x


= e − x ln 2 . y

On a : 2
ƒ'(x) = ln 2 e x ln 2
> 0 pour tout réel x,
donc ƒ est strictement croissante sur .

g'(x) = − ln 2 e − x ln 2 < 0 pour tout réel x,


1

donc g est strictement décroissante sur .


Cg
x
−3 −2 −1 1 2 3

Application : Nous avons vu lors du cours sur le logarithme néperien la relation : ln a p = p ln a (p ∈ )


Nous pouvons maintenant étendre cette relation à tout exposant x réel :

ln a x = ln e x ln a = x ln a

Règles de calculs

Pour tous a et b de + et tous x et y de :

a x+ y = a x a y a x− y =
ax
ay
a−x =
1
ax
(a ) x y
= a xy a x b x = ( ab) x
ax
b x
=
a
b
   x

Démonstrations :

• a x + y = e ( x + y ) ln a = e x ln a + y ln a = e x ln a e y ln a = a x a y

e x ln a ax
• a x − y = e ( x − y ) ln a = e x ln a − y ln a = =
e y ln a ay
1 1
• a − x = e − x ln a = x ln a
=
e ax

( )
y x ln a
• Posons b = a = e x ln a . On a : a x
x
= b y = e y ln b = e y ln( e )
= e yx ln a = a xy

• a x b x = e x ln a e x ln b = e x ln a + x ln b = e x (ln a + ln b) = e x ln( ab ) = ( ab) x


a x e x ln a
b x
x ln( )
= x ln b = e x ln a − x ln b = e x (ln a − ln b ) = e b =
e
a
b
a
   x

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( )
y
Conséquence : démonstration de la propriété : e x = e xy pour tous réels x et y :

( )
y
on applique simplement la relation a x = a xy avec a = e > 0.

Énigme : où est l'erreur dans le calcul suivant :


1 1

( )

−1 = ( −1) = ( −1)1 2 = ( −1) 2 2
= ( −1) 2 = 1=1

( )
y
Réponse : la relation a x = a xy n'est pas valable pour a = −1...

Théorème 7

Si a > 1 alors : lim a x = +∞ lim ax = 0


x →+∞ x →−∞

Si 0 < a < 1 alors : lim a x = 0 lim a x = +∞


x →+∞ x →−∞

Si a = 1 alors : lim a x = lim ax = 1


x →+∞ x →−∞

Démonstration :

Si a > 1 alors lim x ln a = +∞ (puisque ln a > 0) d'où lim a x = lim e x ln a = +∞


x →+∞ x →+∞ x →+∞

De même lim x ln a = −∞ donc lim a x = lim e x ln a = 0.


x →−∞ x →−∞ x →−∞

Si 0 < a < 1 alors lim x ln a = −∞ (puisque ln a < 0) d'où lim a x = lim e x ln a = 0


x →+∞ x →+∞ x →+∞

De même lim x ln a = +∞ donc lim a x = lim e x ln a = +∞.


x →−∞ x →−∞ x →−∞

Si a = 1, le résultat est évident puisque ƒ1 = 1 sur .

Théorème 8
ax
Si a > 1 alors : lim = +∞
x →+∞ x
ax
Si 0 < a < 1 alors : lim = −∞
x →−∞ x

Démonstration :

ax e x ln a e x ln a eX
Si a > 1 alors lim = lim = lim ln a = +∞ (puisque ln a > 0 et lim = +∞)
x →+∞ x x →+∞ x x →+∞ x ln a X →+∞ X

ax e x ln a e x ln a eX
Si 0 < a < 1 alors : lim = lim = lim ln a = −∞ (puisque ln a < 0 et lim = +∞)
x →−∞ x x →−∞ x x →−∞ x ln a X →+∞ X

 1 + ax   x

 
Exercice : Soit a ∈ . Démontrer que : lim = ea .
x →+∞

Nous avons : 1 +


a
x
  x
= e
x ln 1+
a
x
= e
a
a
ln (1+ X )
X
X=
x

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ln(1 + X )
Or, lorsque x tend vers +∞, X tend vers 0 et nous savons que lim = ln'(1) = 1
X →0 X

Donc lim
x →+∞
 1 + ax   x
= lim e
X →0
a
ln (1+ X )
X = e a . Et en particulier : lim
x →+∞
 1 + 1x   x
= e.

Exercice : étudier lim x x .


x →0

VII) Dérivées et primitives

Théorème 9

Soit u une fonction dérivable sur un intervalle I. La fonction définie par eu est dérivable sur I et :

(e ) = u' e
u u

Exemples :
2 2
• Dériver la fonction ƒ suivante sur : ƒ(x) = e x . On obtient : ƒ'(x) = 2x e x .

• Trouver une primitive de la fonction ƒ suivante sur : ƒ(x) = cos x e sin x . On obtient : F(x) = e sin x .
Démonstration :
Simple conséquence du théorème de dérivation d'une fonction composée (voir leçon sur le calcul différentiel) :

On applique la formule : (v o u)'(x) = u'(x) v'(u(x)) avec v(x) = e x

e − αt − e −βt
Exercice : Soient α, β ∈ . Étudier la limite lorsque t tend vers 0 de :
t

e − αt − e −βt e − αt − 1 e −βt − 1
On écrit : = − .
t t t

Considérons la fonction ƒ définie sur par ƒ(t) = e −λt . La fonction ƒ est dérivable et ƒ '(t) = −λ e −λt .

ƒ (t ) − ƒ (0) e − λt − 1 e − λt − 1
L'accroissement moyen de ƒ en 0 s'écrit : = . Nous avons donc lim = ƒ '(0) = −λ.
t t t →0 t

e − αt − e −βt e − αt − e −βt e − αt − 1 e −βt − 1


Ainsi, admet une limite en 0 et lim = lim − = −α − (−β) = β − α.
t t →0 t t →0 t t

VIII) Fonctions puissances

Définition 3
α
Soit α un réel. On appelle fonction puissance la fonction ƒα définie sur ]0 ; + ∞[ par ƒα(x) = x .
α
Dans la pratique, ces fonctions s'étudient sans problèmes en écrivant : x = e α ln x . (On notera la nécessité de
définir ƒα sur ]0 ; +∞[)
π π ln x
Exemple : ƒπ(x) = x = e .

Théorème 10
Les fonctions puissances ƒα sont dérivables sur ]0 ; +∞[ et :
α−1
ƒα'(x) = αx
π−1
Exemple : ƒπ'(x) = πx .

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1 α ln x 1 α α−1
Démonstration : ƒα(x) = e α ln x , d'où ƒα'(x) = α e = α x = αx .
x x
Le signe de α détermine donc le sens de variation des fonctions ƒα :
si α > 0 alors ƒα est strictement croissante sur ]0 ; +∞[
si α < 0 alors ƒα est strictement décroissante sur ]0 ; +∞[
α
Lorsque α > 0, nous avons lim x = lim e α ln x = 0 (puisque α > 0 et lim ln x = −∞).
x →0 x →0 x →0
x>0 x>0 x>0

Les fonctions puissances ƒα sont donc (pour α > 0) prolongeables par continuité en 0. Nous pouvons donc poser
α
ƒα(0) = 0, c'est-à-dire : pour tout réel α > 0 : 0 = 0.
0
Cas particulier : lorsque α = 0, nous avons ƒ0(x) = x = e 0 = 1 et lim ƒ0(x) = 1. La fonction ƒ0 est donc
x →0
x>0

0
prolongeable par continuité en 0. Nous pouvons donc poser : ƒ0(0) = 1, c'est-à-dire : 0 = 1.


Exercice : étudier l'application ƒ définie + par ƒ(x) = xe. Démontrer que la tangente à sa courbe au point

d'abscisse e coïncide avec celle de l'exponentielle à la même abscisse.


Application des fonctions puissances : racine nième (n 2) : on appelle racine nième l'application :
Rn : ]0 ; +∞[ → ]0 ; +∞[ Lorsque n est impair (n = 2p + 1),
1
on peut définir la racine nème sur
x x n
comme bijection réciproque (de
1
dans ) de l'application x x2p+1.
Pour x > 0, on note souvent xn = n
x et on a l'équivalence : y = n
x ⇔ (x = y n et y > 0)


1 1
ln x 1
Remarquons que lim x n = lim en = 0 (puisque > 0 et lim ln x = −∞). La fonction Rn est donc
x →0 x →0 n x →0
x>0 x>0 x>0

prolongeable par continuité en 0 et nous pouvons donc poser Rn(0) = 0, c'est-à-dire n


0 = 0.
Représentation graphique des fonctions puissances :

α>1
y Type x2 α=1
y=x

0<α<1
2
Type x

α=0
1 y=1

α<0
Type 1
1 2 3 x

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Propriété :
lorsque x > 1, les fonctions puissances sont "rangées" dans le même ordre que les exposants :
1 1
... < 2
< < 1 < x < x < x 2 < x 3 < x π < x 4 < ...
x x
lorsque 0 < x < 1, les fonctions puissances sont "rangées" dans l'ordre inverse des exposants :
1 1
... < x 4 < x π < x 3 < x 2 < x < x < 1 < < < ...
x x2
α β
Cette propriété se démontre aisément : soient α et β deux exposants réels tels que α < β. Comparons x et x :
On a α<β
Si x > 1, alors ln x > 0, d'où : α ln x < β ln x
α β
Et comme l'exponentielle est une fonction strictement croissante : eα ln x < eβ ln x c'est-à-dire x < x .
Par contre, si 0 < x < 1, alors ln x < 0, d'où : α ln x > β ln x
α β
Et comme l'exponentielle est une fonction croissante : e α ln x > eβ ln x c'est-à-dire x > x .
α
Voyons maintenant comment dériver une expression du type u :

Théorème 11
Soit α un réel et u une fonction strictement positive et dérivable sur un intervalle I.

( )
α
La fonction définie par u est dérivable sur I et : u α = α u' u α −1


( )
α u' u' α α−1
Démonstration : u = eα ln u , d'où u α = α eα ln u = α u = α u' u .
u u

Théorème 12
Soit α un réel différent de −1 et u une fonction strictement positive et dérivable sur un intervalle I.

u α +1
Une primitive de la fonction définie par u' uα sur I est : .
α +1

u α +1
Démonstration : on utilise le théorème 9 en dérivant l'expression .
α +1
Exemples :

• Déterminer une primitive de la fonction ƒ définie sur par ƒ(x) = x x 2 + 1 .


3
1 3
1
On remarque que ƒ(x) = × 2x ×
2
1
x 2 + 1 = u' u 2 . D'où F(x) =
2
1 u2
2 3
=
1 2
3
x +1 2 . ( )
2

• Déterminer une primitive de la fonction ƒ définie sur [0 ; +∞[ par ƒ(x) = x .

1 u α +1
La fonction ƒ est de la forme ƒ = u' uα avec u(x) = x et α = . Donc F = .
2 α +1
3
x2 2
On trouve : F(x) = = x x.
3 3
2

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IX) Croissances comparées

Théorème 13
Pour tous réels α et β strictement positifs et pour tout réel a > 1 :

(ln x ) β ln x
1. lim α
= 0 et en particulier lim =0
x →+∞ x x →+∞ xα

(a x ) β ex
2. lim = +∞ et en particulier lim = +∞
x →+∞ xα x →+∞ x α

3. lim x α (ln x ) β = 0 et en particulier lim x α ln x = 0


x→0 x→0
x>0 x>0

4. lim x α (a − x ) β = 0 et en particulier lim x α e − x = 0


x →+∞ x →+∞

Ce théorème étant techniquement difficile à retenir, on lui préfère parfois la règle suivante (à formuler avec
minutie) :
Pour les produits ou quotients indéterminés ne faisant intervenir que des exponentielles (de base a > 1), des
puissances et des logarithmes (ou des puissances d'exposants positifs de ceux-ci) l'exponentielle "l'emporte" sur
les puissances qui elles-mêmes "l'emportent" sur le logarithme...
Ces résultats prolongent ceux déjà établis dans les paragraphes "limites de références" (n°5 dans la présente
leçon et n°4 dans le leçon sur le logarithme népérien)
Démonstration :

(ln x ) β
e β ln(ln x )
  
X β
ln X
−α

  
1. α
= α ln x = eβ ln(ln x ) −α ln x = eβ ln X − αX = e X
x e X = ln x

  ln X
ln X ln X X β −α
Or, lim β − α = −α (< 0) donc lim X β − α = −∞ donc lim e X
=0
X → +∞ X X →+∞ X X →+∞

(ln x ) β ln x

  
On en déduit lim = 0 puis lim = 0 (β = 1)
x →+∞ xα x →+∞ xα
x β βx ln a ln x
(a ) e x β ln a − α
2. = α ln x = eβx ln a − α ln x = e x
xα e

  
ln x
Or, lim β ln a − α = β ln a > 0 (car a > 1 et β > 1)
x →+∞ x
ln x
x β ln a − α (a x ) β ex
On en déduit lim e x
= +∞ c'est-à-dire lim = +∞ puis lim = +∞ (a = e et β = 1)
x →+∞ x →+∞ xα x →+∞ x α

( − ln X ) β
3. x α (ln x ) β =
X=
1 Xα
x

Or, si x tend vers 0 par valeurs supérieurs, X tend vers +∞. On a donc :

( − ln X ) β ( −1) β (ln X ) β
lim x α (ln x ) β = lim = lim = 0 d'après 1.

  
x→0 X → +∞ Xα X → +∞ Xα
x>0

ln x
x α − β ln a
4. x α (a − x ) β = e α ln x − xβ ln a = e x

Fonctions exponentielles et puissances page 11 G. COSTANTINI


  
ln x
Or, lim α − βln a = −β ln a < 0 (car a > 1 et β > 0)
x →+∞ x
ln x
x α − β ln a
On en déduit lim e x
= 0 c'est-à-dire lim x α (a − x ) β = 0 puis lim x α e − x = 0 (a = e et β = 1)
x →+∞ x →+∞ x →+∞

Exemples :

(ln x ) π 1
lim = 0 (cas 1 avec β = π et α = )
x →+∞ x 2

x 1000
lim = 0 (cas 4 avec α = 1000, a = 1,01 β = 1) (imprévisible avec une calculatrice !)
x →+∞ 1,01x

X) Complément : fonctions ch et sh

Définition 4
On définit les fonction ch (cosinus hyperbolique) et sh (sinus hyperbolique) par :

e x + e− x e x − e− x
ch x = et sh x = pour tout x ∈
2 2

Ces fonctions s'étudient sans peine et l'on a notamment : ch' x = sh x et sh' x = ch x.

Fonctions exponentielles et puissances page 12 G. COSTANTINI

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