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CURS 2008 – 2009

Pel·lícula recomanada per a:


ESO. Batxillerats. Cicles Formatius

Àrees i Temes:
Ciències socials / Ètica / Educació per a la ciutadania /
Llengua francesa

PERSÉPOLIS
PERSÉPOLIS 2

FITXA TÈCNICA I ARTÍSTICA


Direcció: Marjane Satrapi i Vincent Paronnaud.
País: França.
Any: 2007.
Durada: 95 min.
Gènere: Animació, drama.
Guió: Marjane Satrapi i Vincent Paronnaud; basat en les novel·les gràfiques de
Marjane Satrapi.
Producció: Marc-Antoine Robert i Xavier Rigault.
Música: Olivier Bernet.
Muntatge: Stéphane Roche.
Disseny de producció: Marisa Musy.

Marjane és una jove de vuit anys que creix a l'Iran de la Revolució Islàmica. A
través dels seus ulls veiem com les esperances de la seva família queden
trencades quan els fonamentalistes religiosos prenen el poder. Intel·ligent i sense
por, Marjane enganya els "guardians socials" i descobreix la música occidental, el
punk, Abba i Iron Maiden. Però quan el seu oncle és executat i les bombes cauen
al voltant de Teheran en la guerra entre l'Iran i l'Iraq, la por diària que envolta la
seva vida és palpable. A mesura que creix, l'audàcia de Marjane fa que els seus
pares es preocupin per la seva seguretat. I així, als catorze anys, prenen la difícil
decisió d'enviar-la a una escola d’Àustria.
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EXERCICE 1.

Parmi les définitions suivantes, choisissez celle qui convient à


chaque mot:

1. Manière de se comporter.
2. Ce qui cause de la peine, triste.
3. Situation d’une personne
expulsée ou obligée de vivre
loin de sa patrie.
4. Emmener, avoir pour
conséquence.
5. Incident, fait qui se produit.
6. Destitution.
7. Personne avec laquelle les
degrés de parenté sont étroits.
8. Qui refuse à se soumettre à
l’autorité du gouvernement,
d’une personne.
9. Commencer.
10. Manière de se vêtir.
11. Temps futur.
12. Morceau d’étoffe servant
à couvrir le visage ou la tête
dans diverses circonstances.
13. Imaginer, désirer
vivement.
14. Mort.
15. Établissement .
16. Attacher.
17. Entourer d’attentions
tendres, de soins affectueux.

PERSÉPOLIS 4

SYNOPSIS

Téhéran 1978. Marjane, huit ans, songe à l'avenir (...) et se


rêve (...) en prophète sauvant le monde. Choyée (...) par des
parents modernes et cultivés, particulièrement liée (...) à sa grand-
mère, elle suit avec exaltation les évènements (...) qui vont mener
à la révolution et provoquer la chute (...) du régime du Chah.
Avec l'instauration (...) de la République islamique débute
(...) le temps des "commissaires de la révolution" qui contrôlent
tenues (…) et comportements (…). Marjane qui doit porter le
voile (…), se rêve désormais en révolutionnaire.
Bientôt, la guerre contre l'Irak entraîne (…) bombardements,
privations, et disparitions (…) de proches (…). La répression
intérieure devient chaque jour plus sévère.
Dans un contexte de plus en plus pénible (…), sa langue
bien pendue et ses positions rebelles (…) deviennent
problématiques. Ses parents décident alors de l'envoyer en
Autriche pour la protéger.
A Vienne, Marjane vit à quatorze ans sa deuxième révolution:
l'adolescence, la liberté, les vertiges de l'amour mais aussi l'exil
(…), la solitude et la différence.
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À PROPOS DU FILM

Le film de Marjane Satrapi est une adaptation de


son livre, édité à Paris en 2000. L'histoire de l'Iran
est devinée à travers les différentes étapes de la
vie d'une petite fille qui adore sa grand-mère, qui
aime sa famille et qui découvre la tragédie de son
pays de par les effets qu'elle a sur la vie de ses
amis, de ses parents, de ses voisins. C'est à
travers les dialogues des personnages qu'on
devine ce qui se passe dans la rue, dans la société,
et comment la révolution islamique a changé la vie
quotidienne des Iraniens.

Marjane Satrapi vit actuellement à Paris; son film a


gagné le prix de Cannes, ce qui a provoqué les
protestations du gouvernement Iranien.

EXERCICE 2.

Voici des phrases mal ordonnées. écrivez-les correctement:

 à-allée-ses-Vienne-est-études-pour-Marjane-finir
 interdite-et-Marjane-musique-qui-ses-écoutent-copains-
est-la-moderne
 vit-Paris-Actuellement-à-Marjane

Après le visionnement, répondez aux questions suivantes:

 Dans quel pays européen Marjane va-t-elle continuer ses


études lorsqu'elle est adolescente?
 Pourquoi les filles ne peuvent-elles pas courir dans la rue,
en Iran?
 La veille du départ de Marjane, que fait sa grand-mère?
 Quand est-ce que le nouvel an commence, en Iran?
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EXERCICE 3.
Voici le dialogue en désordre entre Marjane et ses copains du Lycée
de Vienne. Mettez chaque phrase en ordre afin de les faire
correspondre aux vignettes.
A. Quelques-uns
B. T’as vécu une révolution et une guerre ?
C. Balaise !
D. Ben, oui
E. Tu as vu beaucoup de morts?

1. ...................................

2. ..................................................

3. ........................................

4. ....................................................

5. ........................................
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EXERCICE 4.
Observez la carte de l’iran et répondez aux questions suivantes:
1. Quelle est la mer qui se trouve au nord de l’Iran?
2. Quels sont les pays à l’est de l’Iran?
3. Comment s’appellent les déserts Iraniens?
4. Quelle est la capitale de l’Iran?
5. Où se trouve le Golfe Persique?
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EXERCICE 5.
Retrouvez dans la grille le nom des villes indiquées ci-dessous: Meched,
Téhéran, Bam, Kermanchah, Ispahan, Babol, Qum, Ahwaz, Yezd, Gorgan,
Sanandaj, Arak, Sari, Tabriz

K E R M A N C H A H
S O F E T A B R I Z
A R B C H L K C A S
R T E H E R A N E A
I D W E B A B O L N
Y E Z D G A R A K A
M I S P A H A N C N
Q U T Z S W O P B D
U G O R G A N B A A
M R F I Y Z H L M J
PERSÉPOLIS 9

EXERCICE 6.
Lisez le texte et répondez aux questions
1- À quel moment Mohamed Reza advient au gouvernement de l'Iran?
2- Metionnez quelques-unes des réformes mises en place par le Shah.
3- Quand est-ce que l'Iran devient officiellement en république Islamique?
4- Quels sont les divers éléments de la coalition qui a renversé le Shah?

HISTOIRE RÉCENTE DE L'IRAN

Après la IIe. Guerre Mondiale, Mohammad-Reza Shah advient au gouvernement


de l’Iran. L’économie est en crise et la population s’agite contre les mesures du
gouvernement.
Le Shah, afin de donner une image de souverain moderne, met en oeuvre
beaucoup de réformes (droit de vote et éligibilité pour les femmes; instruction pour
toute la population; obligation de respecter les règles élémentaires d’hygiène;
préservation des ressources naturelles du pays). Mais il rencontre une forte
opposition parmi les factions les plus conservatrices du pays.
Le régime du Shah exerce une impitoyable répression contre les mouvements
d’opposition au régime; de nombreux militants sont tués.
De par l’intervention du président des États-Unis, le Shah est obligé de libéraliser
la censure et ouvrir les prisons. Mais il est trop tard, car de nombreuses
manifestations se produisent déjà pour réclamer plus de liberté.
C’est alors que de son exil l’Ayatollah Khomeiny fait un discours où il dit qu'il rêve
d'un Iran progressiste, où chacun sera libre de dire, écrire ou penser ce qu'il veut...
Alors les libéraux, les milieux de gauche, et les islamistes s'allient pour renverser le
Shah, chacun pensant qu'il éliminera les autres par après. Le Shah doit finalement
partir en exil lui-même.

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Après le retour de Khomeiny, la situation du pays est tout à fait ingérable: toute la
production économique est bloquée, des milliers d'armes se trouvent aux mains des
civils, et il n'est pas garanti que l'armée, encore très puissante, ne tentera pas un
coup d'état militaire afin de rétablir le régime du Shah. Par ailleurs, les divers
éléments (religieux-libéraux-marxistes) de la coalition qui vient de renverser l'Empire
nourrissent des projets contradictiores quand à la future Constitution.
Dès le lendemain de la Révolution, un Parti de la République Islamique est créé
qui prend rapidement une emprise considérable et accentue le conflit entre les
islamistes et les autres forces de la coalition (libéraux et marxistes).
La répression contre les dignitaires de l'Ancien Régime fait rage. Les anciens
partisans du Shah se voient éliminés en masse, au terme de procès sommaires....
Chaque jour, afin d'ajouter à la terreur, les photos des suppliciés sont montrés à la
"une" des journaux.....
Le 1er avril 1979, par référendum, l'Iran devient officiellement une République
Islamique. Le gouvernement crée alors une garde nationale, vraie force militaire, qui
s’imposera tant à l’intérieur du pays que sur les champs de bataille.
La situation en Iran est actuellement loin d’être un exemple de respect pour les
droits de l’homme. Arjane Satrapi a voulu raconter dans son livre son enfance, sa
jeunesse et son adolescence. Son histoire a tout à voir avec les différentes étapes
politiques que le pays a traversées depuis l’avènement du Shah jusqu’à nos jours.
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La pel·lícula Persèpolis es basa


en les experiències personals de
Marjane Satrapi. A través de la seva
història la Marjane ens explica com va
ser perseguida perquè els seus gustos i
la seva indumentària eren diferents als
establerts pels governants del seu país.
Fugint d’aquests extremistes
religiosos, la protagonista arriba a
Europa on ha de combatre un altre
problema, el fet de ser equiparada amb
els fonamentalistes dels quals va haver
de fugir.
La història de la Marjane Satrapi
ens podria servir per reflexionar sobre el
món en el qual vivim, un món format per
societats i cultures diverses. Després de
veure el film, llegeix aquest text i
comenta’l a classe.

UNA SOCIETAT PLURAL I MULTICULTURAL


La història de cada poble i els diferents espais geogràfics i climàtics on cadascú
d’ells s’ha desenvolupat fan del nostre planeta un món multicultural. Les cultures,
però, no són estàtiques, sinó que evolucionen i es transformen al llarg del temps a
partir la convivència entre els seus membres i les aportacions de cada nova
generació.
En els últims anys, a més, les relacions entre les diferents cultures,
tradicionalment allunyades entre si, han experimentat un canvi radical: els mitjans de
comunicació a l’abast de tothom (la televisió via satèl·lit arriba a molts racons del
planeta), uns transports cada vegada més ràpids i el creixement experimentat per la
immigració han facilitat la relació i la mescla entre cultures.
Tot i que la diversitat cultural dóna riquesa a una societat, també genera
problemes. Bàsicament, els problemes es generen per la resistència davant tradicions
i costums diferents i perquè costa acceptar formes d’actuar a les quals no estem
habituats. Cap cultura, a més, és perfecta i totes poden contenir tradicions que no
respectin la dignitat i la llibertat de les persones.
Una societat democràtica, que es basa en els ideals de llibertat, tolerància i
respecte vers els altres, segurament està més capacitada per acollir la diversitat
cultural que no pas una societat autoritària.

QUIN MÓN VOLEM?

Necessitem posar-nos d'acord en uns valors mínims que tothom ha de


compartir per tal de garantir una bona convivència. Això només és possible en el marc
d’una societat plural i democràtica on s’ofereix una àmplia varietat d'opcions i es deixa
que els seus membres triïn lliurement les que considerin millors.
PERSÉPOLIS

ORGANITZA

INFORMACIÓ I RESERVA
cinemaperaestudiants@cinemacultural.es
Telf. 935403698 / 660070129. Fax.935555070

AMB EL SUPORT DE
Ajuntament de Badalona (Àrea d’Educació)
Ajuntament de l’Hospitalet de Llobregat (Educació i Cultura)
Ajuntament de Mataró (Educació)
Ajuntament de Santa Coloma de Gramenet (Educació)
Ajuntament de Terrassa (Educació)
Diputació de Barcelona (Àrea de Cultura. Àrea d’Educació)

COL.LABOREN
Centres de Recursos Pedagògics
Maresme I, Maresme III i Ciutat de Badalona

________________________________
PERSÉPOLIS
CALIFICACIÓN POR EL MINISTERIO DE CULTURA: FICHA RECOMENDADA PARA:
No recomendada para menores de siete años. Alumnos de 14 a 16 años.

SINOPSIS
Persépolis es la historia de una familia y de un pueblo, el iraní, tras la Revolución Islámica, vista
a través de los ojos de Marjane, una precoz y abierta niña de nueve años. Cuando su tío es eje-
cutado sin piedad y se inicia la guerra entre Irán e Irak, sus padres deciden enviarla a una escuela
en Austria. Con catorce años, vulnerable y sola en un país extraño, resiste los malos tragos típicos
de un adolescente. Con el tiempo es aceptada, e incluso experimenta el amor, pero tras el instituto
se encuentra sola y con una terrible nostalgia de su hogar.

TEMÁTICA Y OBJETIVOS
Generalizaciones sobre la sociedad Iraní
n Fomentar la reflexión y el análisis.
n Analizar los posibles prejuicios de los alumnos.
n Promover el conocimiento de otras culturas.
La mujer en la sociedad y en el arte
n Fomentar el interés por el arte realizado por mujeres
n Desarrollar la creatividad
n Reflexionar sobre el papel de la mujer en la sociedad iraní y española

El exilio
n Ponerse en el lugar de las personas exiliadas
n Reflexionar sobre las consecuencias producidas por el exilio masivo
de intelectuales

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S O B R E L A P E L Í CU L A

ANÁLISIS CINEMATOGRÁFICO

Persépolis es una película de animación de producción francesa basada en la novela gráfica de


Marjane Satrapi donde narra su infancia y juventud tras la revolución islámica en Irán.
La película comienza en el aeropuerto Orly de París cuando Marjane, adulta, intenta comprar un
billete para regresar a país natal, Irán. Sin embargo, Marjane no puede regresar porque no tiene
la visa. Este triste incidente le da pie a rememorar su vida en Irán. En un gran flashback, que
forma el grueso de la película, vemos a través de los privilegiados ojos de la protagonista el duro
devenir de un pueblo, el iraní.

La película se divide estructuralmente en dos tiempos, el presente, que enmarca la historia, y el


pasado, donde transcurre la historia. Para diferenciar estos dos tiempos se hace uso del color:
blanco y negro para el pasado y el color para el presente. La película posee un palpable y personal
estilo tanto en la estética como en los aspectos narrativos. Siempre hay un contraste entre el
humor y la tragedia, entre el realismo y la exageración satírica, entre oriente y occidente.

Creo que se podría definir como "realismo estilizado", porque queríamos que los dibujos fue-
ran realistas, no dibujos animados. Así que no tuvimos mucho margen con las expresiones
faciales, esto es lo que les transmití a los diseñadores y animadores. Siempre he estado ob-
sesionada con el neo-realismo italiano y el expresionismo alemán y pronto aprendí por qué,
las dos son escuelas del cine de posguerra. En la Alemania posterior a la Segunda Guerra
Mundial, la economía estaba tan devastada que no se podían permitir rodar en exteriores,
así que rodaban en estudio utilizando increíbles ángulos y formas geométricas. En la Italia
del mismo periodo ocurrió lo mismo pero las cosas salieron de modo opuesto. Rodaban en
la calle con actores desconocidos porque no tenían dinero. En ambas escuelas, encuentras
la clase de esperanza en la gente que vivieron la guerra y que sufrieron una gran desespe-
ración.
Marjane Satrapi

Tal vez esa equilibrada mezcla de opuestos (realismo vs estilización) hagan de esta película una
obra compleja y entretenida, que a través de una estética y tono seductores, nos hacen llegar a
las cuestiones más peliagudas del ser humano.

Destaca la belleza de las ilustraciones y la capacidad creativa de los directores para transmitir
emociones tan fuertes con los mínimos elementos. Las imágenes a veces son expresionistas,
otras veces abstractas, otras muy políticas pero siempre hay una coherencia. Destacan los dife-
rentes niveles de lectura tanto en la historia como en las propias ilustraciones. En un primer nivel
la historia narra diferentes anécdotas de la vida de Marjane pero en un segundo y tercer nivel la
película va más allá y nos habla de aspectos más universales como son la cosmología de un
país, la diferencia entre occidente y oriente, el marxismo, la guerra y la opresión. Hay tal gusto
por el detalle que para poder apreciarlos en su medida se hace necesario un revisionado de la
cinta.

En cuanto a la animación en sí de los dibujos, la propia Marjane interpretó las escenas para que
los animadores vieran las expresiones faciales que la directora quería ver plasmadas en la pelí-
cula. Además, dibujó de frente y de perfil a los 600 personajes que aparecen en la película. Un
duro trabajo que les llevó tres años y medio. Aunque contaban con un presupuesto modesto para
una película de animación (6 millones de euros), a través de la creatividad supieron sacar el mayor
partido a sus recursos sin medrar en la calidad final de la película.

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S O B R E L A P E L Í CU L A

El doblaje original cuenta con la voz de Catherine Deneuve, actriz que se declara fan de la obra de
Marjane. La hija de Catherine, Chiara Mastroianni, dio voz al personaje de la niña. Para ello Marjane
y ella trabajaron arduo durante dos meses y medio. Las voces se grabaron antes de que comenzara
el rodaje de la película para que la animación se adaptara a la perfección a las voces.
La música acompaña a lo largo de toda la película y posee un valor importante a la hora de transmitir
emociones. Además, el valor que el personaje de Marjane le da a la música va más allá del gusto
y simboliza una visión y posición ante el régimen islamista. Ella escucha música punk, occidental,
que están prohibidos en su país. Cuando Marjane vive en austria y se da cuenta de la estupidez ni-
hilista de sus amigos punkies y el cinismo con el que frivolizan acerca del sufrimiento humano, Mar-
jane comienza a relacionarse con hippies y la música que escucha también cambia.
La película fue galardonada con el Premio Especial del Jurado en el Festival de Cannes en el año
2007 además de los premios a mejor película y a mejor adaptación en los premios César del año
2008.

ANÁLISIS ARGUMENTAL
Marjane es una niña inquieta y despierta que nació en el seno de una familia liberal durante la
dictadura del Sha. La familia de Marjane está a favor de un islamismo moderado y educan a su
hija con valores próximos a la cultura occidental: libertad, igualdad de oportunidades para hombres
y mujeres etc. Pero tras la Revolución Islámica y el cambio de régimen las normas de conducta
se recrudecerán, Marjane no encajará en su país y terminará en el exilio.
Cuando Marjane tiene 14 años sus padres la envían a estudiar al extranjero para alejarla de los
peligros del fundamentalismo islámico. Éste solo será el principio de un largo exilio.
Anouche, el tío comunista de Marjane, es liberado tras la Revolución Islámica. Marjane conocerá
a su tío y entablarán una relación muy fuerte. Anouche influirá fuertemente en Marjane pero su
relación se verá truncada cuando Anouche sea apresado por el nuevo régimen y ejecutado.
La abuela de Marjane es una mujer que se quedó viuda porque el régimen del Sha ejecutó a su
marido. Sin embargo ella no se lamenta, es una mujer luchadora, elegante y fiel a sus principios.
La abuela es la figura que representa la integridad. Será ella quien guíe éticamente a Marjane.

LOS DIRECTORES
Marjane Satrapi es una artista gráfica iraní que se hizo famosa tras publicar la serie de novelas grá-
ficas “Persépolis” en la que narra su infancia y juventud. A los 14 años sus padres la enviaron a
Viena para alejarla de la guerra. Al volver a su país estudió Bellas Artes en Teherán. Tras finalizar
sus estudios, consciente de la censura y la represión de su país, decidió trasladarse a Francia donde
vive y trabaja en la actualidad. En París conoce David B., un virtuoso dibujante de cómic y entra en
contacto con L'Association, una editorial de ilustración francesa. En el año 2000, animada por David,
realiza la serie de cuatro libros “Persépolis”, donde narra su vida y expresa su visión de la vida en
Irán. En paralelo escribió y/o ilustró varios libros infantiles como “Sagesses et Malices de la Perse”
(2001), “Les Monstres n'aiment pas la Lune” (2001), “Ulysse au Pays des Fous” (2001) y “Ajdar”
(2002). En el año 2003 publicó “Bordados” y en el siguiente año “Pollo con Ciruelas”. Su último tra-
bajo conocido es la película de su novela gráfica “Persépolis” (2007) dirigida y escrita junto con Vin-
cent Paronnaud.
Vincent Paronnaud es un reconocido artista de cómic francés, más conocido por el nombre de Wins-
hluss. Junto con el artista Cizo creó el personaje de Monsieur Ferraille, cuyas andanzas se pueden
ver en el cómic “Ferraille Illustré”. También es el autor de títulos como “Súper Négra”, “Welcome to
the Death Club” y “Pat Boon-Happy End”. Ha codirigido dos cortometrajes de animación “O'Boy,
What Nice Legs” y “Raging Blues”.

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S O B R E L A P E L Í CU L A

CONTEXTO DE LA PRODUCCIÓN

El mundo del cine está siendo agredido, que cineastas estén en la cárcel por hacer películas
es algo intolerable, el mundo no puede quedarse indiferente ante este atropello, porque con
esto, es el arte en su conjunto el que está preso.
Abbas Kiarostami

Estas son las declaraciones que el director Iraní manifestó en el festival de Cannes de 2010 para
expresar su profundo desacuerdo con la encarcelación de Jafar Panahi, uno de los directores de
cine más influyentes de la llamada nueva ola iraní y de la censura que los artistas sufren en su país.

Prácticamente el 100% de las películas que se producen en Irán están financiadas por el Estado ya
que la escasez de salas comerciales hace improbable la obtención de beneficios. Aparte de esto,
el Estado ejerce un control férreo a través de la censura. Para que una película sea exhibida en el
extranjero primero tiene que pasar por el filtro del Estado que juzgará si esa obra muestra una visión
del país apropiada. Es en la televisión donde se ejerce la censura más férrea debido a que el 80%
de la población la sigue:

Un mechón de pelo fuera del velo podría pasar en la gran pantalla,


pero no en la pequeña pantalla.
Mohammad Reza Abbasian, director del CIMA.

La mayor parte de las películas que se producen en el país son relatos épicos que narran actos he-
róicos de la guerra contra Irak o edulcoradas películas que fomentan la más conservadora moral
islámica.

Sin embargo, hay un grupo de cineastas atrevidos y valientes que burlan la censura, que realizan
películas en su país para ser exhibidas en el extranjero y que en definitiva, narran historias sobre
el verdadero Irán. Gracias al apoyo Internacional que han recibido sus voces, silenciadas en su pro-
pio país, han encontrado un eco en Europa. Abbas Kiarostami, que ganó en 1997 la Palma de Oro
del festival de Cannes por “El Sabor de las Cerezas”, es uno de los cineastas más representativos
del cine realizado fuera de los cánones establecidos en Irán. Jafar Panahi, Marjane Satrapi, Bahman
Ghobadi o Samira Makhmalbaf son algunos de los artistas que deben arriesgarse para expresar
ideas.

En este contexto, una película como “Persépolis” hubiera sido impensable en el país de origen de
la directora.

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S O B R E L A P E L Í CU L A

PERSONAJES

MARJANE
Marjane es la protagonista de la película, una niña de 9 años que vive en una familia de clase
alta y progresista en Irán. Es una niña despierta, inteligente y con inquietudes sociales. Le gusta
escuchar las conversaciones de los adultos, sobre todo si provienen de su valiente tío Anouche.
Adora a su abuela y con ella comparte los momentos más tiernos e íntimos de la película. Es ella
la que le marca espiritualmente, la que le dicta el camino a seguir. Cuando Marjane cumple 14
años sus padres deciden enviarla a estudiar al extranjero para mantenerla alejada del régimen
fundamentalista y de la guerra. Allí vivirá una adolescencia dura en un país extraño donde deberá
hacer frente a la soledad y a los prejuicios de los occidentales hacia su país. Se enamorará, se
mudará de un lado para otro hasta que la nostalgia le venza y decida volverse a Irán. Cuando re-
gresa a su casa estudiará Bellas Artes y, a través de la dialéctica, emprenderá una lucha contra
un sistema que oprime a las mujeres. Marjane es una mujer luchadora y compleja que debe salir
de su país para desarrollarse como persona y artista. Su drama es que no encuentra su lugar en
el mundo ya que en el extranjero añora lo que más quiere, su país y su familia pero en su país se
siente una extranjera.

SRA. SATRAPI
Es la madre de Marjane. Es una mujer inteligente, con un carácter dulce pero que cuando pre-
sencia una injusticia no reprime su cólera. Escucha y ayuda a las personas que lo necesitan. Es
estricta y dura con su hija cuando es necesario pero también comprensiva. Como madre sufre
muchísimo al ver a su hija vivir en un régimen donde no puede expresarse y evolucionar como
persona en libertad. Verla partir al extranjero, aunque sabe que es lo mejor para ella, le parte el
corazón.

SR. SATRAPI
Es un hombre inteligente, comedido y justo. Tanto él como su mujer son progresistas y están a
favor de un islamismo moderado. Ambos apoyan a la revolución con entusiasmo pero se decep-
cionan tremendamente al ver cómo su país se transforma en un país gobernado por fundamen-
talistas. El padre de Marjane respeta profundamente a las mujeres y ejerce una buena influencia
sobre su hija aportándole serenidad y explicándole la realidad de su país.

LA ABUELA
La abuela es una mujer inteligente, fuerte, lúcida, delicada, femenina y divertida pero, por encima
de todo, es una mujer íntegra. Es el personaje más carismático y entrañable de la película. La
abuela tiene una relación realmente especial con su nieta siendo ella la persona más dura cuando
Marjane traiciona los principios que defiende pero también la que más le apoya cuando está en
sus momentos bajos. La abuela es la persona que le recuerda las cosas importantes en la vida y
le guía en su desarrollo espiritual.

ANOUCHE
Debido a sus ideas marxistas, Anouche ha vivido encarcelado durante nueve años mientras es-
taba el régimen del Sha. Tras la revolución es liberado y Marjane lo conoce. Él es quien le habla
del comunismo. Sin embargo, tras las elecciones la situación de Anouche se complicará porque
el nuevo régimen fundamentalista será todavía más duro que la dictadura del Sha. Terminarán
por fusilarlo pero su espíritu luchador seguirá vivo en su sobrina Marjane.

MARCUS
Marcus es el primer amor de Marjane. Lo conoce en Viena y llenará su vida de color. Con él com-
partirá sus inquietudes políticas y artísticas además de su primera experiencia sexual. Sin em-
bargo un día le pilla in fraganti con otra mujer en la cama y Marjane cae en una depresión.

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G U Í A D E AC T I V I DA D E S

1. GENERALIZACIONES SOBRE IRÁN

Existe una concepción errónea en Occidente de que todos los iraníes son escoria, que todos los
hombres fuerzan a las mujeres a casarse, y entonces les pegan, y que todo el mundo es fanático.
Es como argumentar que la sociedad en Occidente está representada por la Inquisición.
Marjane Strapi

Un aspecto muy interesante para el espectador occidental al ver “Persépolis” es la capacidad de la


autora para desmontar prejuicios acerca de la sociedad iraní. Marjane muestra la cara de su país
más fanática pero también nos muestra la otra cara, mucho más cercana a nuestra forma de en-
tender la vida en sociedad, aportándonos una visión de conjunto más completa. En esta actividad
se pretende hacer reflexionar a los alumnos sobre los prejuicios que muchas veces tenemos sobre
aquellas personas, países y culturas que no conocemos de primera mano. Para ello deberán rellenar
la siguiente tabla con sus pensamientos antes y después de ver la película.

Rellena el cuadro antes de ver la película.

Ir a Anexo - Cuadro 1
s

Rellena el cuadro antes de ver la película.

Al terminar de ver la película completa la segunda mitad de la tabla. Compara las diferencias entre
tu percepción sobre la sociedad Iraní antes y después de ver la película.

Por parejas comparar vuestras respuestas. En caso de que haya diferencias notables entre las res-
puestas dadas antes de ver la película y las respuestas dadas después del visionado, preguntar al
compañero a qué se debe esa diferencia.

En medio folio escribe tu opinión sobre la vida en Irán haciendo especial hincapié en aquellos as-
pectos con los que no estés de acuerdo.

2. LA MUJER EN LA SOCIEDAD Y EN EL ARTE

Uno de los temas más interesantes que trata la película es el papel que juega la mujer en Irán. Per-
sépolis refleja, a través de los ojos de la joven Marjane, los pensamientos y emociones de las mu-
jeres de su entorno: su abuela, su madre y sus compañeras de clase. Desde occidente, la visión
que se tiende a tener sobre la situación de la mujer en los países islámicos suele ser sesgada y
llena de prejuicios. La película desmonta muchos de esos prejuicios, nos muestra la vida en intimi-
dad de las mujeres, y nos amplia nuestra mirada sobre el tema. Lo que está claro es que la situación
de la mujer en Irán dista mucho de ser la ideal y la película es muy crítica al respecto.

Comentar con toda la clase las siguientes situaciones contestando a estas tres preguntas.

a) ¿Cuáles son las causas por las que se da esa situación?

b) ¿Qué opinas de esa situación?

c) ¿Qué valores están en juego? ¿Es importante proteger/defender esos valores?


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G U Í A D E AC T I V I DA D E S

n A la madre de Marjane se le saltan las lágrimas cuando está dentro del coche.

n Las alumnas de arte dibujan el cuerpo de una mujer cubierto con un burka.

n A su vuelta de Austria dos chicas modernas le preguntan a Marjane qué se siente al


hacer el amor con un chico.

n En el aeropuerto de París Marjane se coloca el velo y una mujer le mira con despre-
cio.

n Una mujer se coloca el velo cuando el padre de Marjane llega a casa.

n Marjane se hunde al divorciarse pero su abuela le quita importancia.

n Dos guardias llaman la atención de Marjane porque cuando corre su trasero hace
unos movimiento impúdicos.

n Marjane actua como una mujer indefensa acusando a un hombre inocente para li-
brarse de la policía.

n Marjane argumenta frente a la clase las razones por las que está en desacuerdo a
las nuevas normas de vestimenta impuestas.

Para ampliar sobre la situación de la mujer en los países islámicos, leer el reportaje Revolucionarias
sí, pero sin poder adjunto en el anexo.

Después, reflexionar con toda la clase sobre los siguientes titulares acerca de cuestiones que afec-
tan a las mujeres occidentales respondiendo a las tres preguntas anteriores.

n El 6% de las mujeres españolas tiene anorexia o bulimia. (Cadena Ser)

n El Informe sobre Igualdad Salarial elaborado por UGT señala que la brecha salarial
en Europa (donde las trabajadoras cobran de media un 15% menos que los hombres)
todavía persiste y que España es uno de los países donde las diferencias salariales
son más elevadas. (UGT)

n Las mujeres universitarias tardan más en encontrar trabajo pese a estar mejor pre-
paradas. Ellas también consiguen menos contratos indefinidos y cobran menos que
sus compañeros, según un estudio de la Universidad de Granada. (ADN)

n 2010, récord de muertes por violencia de género desde que nació Igualdad.

Al finalizar el ejercicio leer el artículo del anexo.

7
G U Í A D E AC T I V I DA D E S

2.1 Artistas y representación de la mujer


El trabajo de Marjane Strapi es una revisión a sus recuerdos y a sus vivencias a través de imá-
genes. Se podría decir que Marjane se autorretrata de niña, de adolescente y de joven a través
de sus dibujos. Además, también retrata a todas las mujeres de su entorno, en especial a su
abuela.

La representación de la mujer en la historia del arte es un aspecto del arte muy interesante que
nos habla del papel de la mujer en la cosmovisión de cada época y cultura. En esta actividad nos
vamos a centrar en la forma en la que las propias artistas han representado a las mujeres.

Asignar una artista a cada uno de los alumnos. Después deberán buscar en la bibloteca o en In-
ternet una imagen donde la artista se autorretrate o donde esté representada una mujer. Es im-
portante que escojan una obra que les comunique algo, que les llame la atención, que les violente,
que les agrade, que les inquiete. En definitiva, una imagen que no les deje indiferentes. Una vez
seleccionada, en un folio tendrán que responder a las preguntas del final de la actividad. Para
terminar, tendrán que llevar impresa la imagen a clase. Formar un gran círculo para que todos
los alumnos muestren la imagen que han seleccionado al resto de la clase. Cada alumno tendrá
que explicar brevemente por qué ha seleccionado esa pieza artística.

ARTISTAS RECOMENDADAS:

n Sofonisba Anguissola (Italia, 1532- 1625)

n Artemisia Gentileschi (Italia, 1593 – 1654)

n Rosalba Giovanna Carriera (Italia, 1675 - 1757)

n Marie Spartali Stillman (Reino Unido, 1844 – 1927)

n Lilla Cabot Perry (EE.UU, 1848 – 1933)

n Anna Bilinska-Bohdanowiczowa (Ucrania, 1857 - 1892)

n Tamara de Lempicka (Varsovia, 1898- 1980)

n Frida Kahlo (México, 1907- 1954)

n Louise Bourgeois (Francia, 1911 - 2010)

n Esther Ferrer (San Sebastián, 1937 -)

n Rebecca Horn (Alemania, 1944 - )

n Marina Abramović (Yugoslavia, 1944 -)

n Kiki Smith (Alemania, 1954 -)

n Jana Sterbak (Canadá, 1955 -)

n Vanessa Beecroft (Italia, 1969 -)

8
G U Í A D E AC T I V I DA D E S

Contestar a las siguientes preguntas:

n ¿Por qué has escogido esta obra?, ¿qué te ha transmitido?

n ¿Qué técnica se ha empleado? ¿Con qué materiales está hecho?, ¿qué colores ha
empleado la artista?

n ¿Qué actitud tiene la mujer representada? ¿Cómo es su mirada?, ¿cómo es su posi-


ción corporal?

n ¿Qué está haciendo la mujer representada? ¿Crees que esa actividad tiene un valor
simbólico?, ¿por qué? ¿Por qué crees que la artista ha decidido representar a la mujer
ejecutando esa acción?

n ¿Cómo representa el cuerpo de la mujer? (Es anguloso, redondeado, idealizado, sim-


bólico, amputado...)

n ¿Qué características y valores transmite la imagen representada acerca de la mujer?

n Escribe en cinco líneas los aspectos más importantes de la vida y obra de la artista.

2.2 Retratar a una mujer


En esta actividad los alumnos tendrán que realizar un retrato a una mujer a la que admiren o
quieran. Lo importante es que los alumnos se expresen de forma creativa, que mejoren sus ca-
pacidades comunicativas y que aprendan a valorar a las mujeres de su entorno. Para llevar a
cabo correctamente la actividad es muy importante que cada paso sea realizado con el mayor
cuidado posible para conseguir los objetivos propuestos.

1. Elección de la mujer a retratar. Escoge a una mujer a la que admires o quieras por su
personalidad, valores y actitud que rige su vida.

2. Investigación. Para llevar a cabo el retrato es importante que conozcas en profundidad a


la persona escogida. Sea cual sea el grado de conocimiento que tengas de ella deberás re-
alizar un trabajo de investigación. Si es una persona a la que tienes acceso deberás quedar
con ella y preguntarle todas aquellas cosas que consideres apropiadas, o deberás pasar va-
rias horas con ella en un ámbito diferente al que habitualmente compartes. Así conocerás a
esa persona desde una nueva perspectiva. Si la persona escogida es de acceso imposible
deberás leer o investigar sobre ella.

3. Elección de la técnica artística. Deberás escoger aquella práctica artística con la que te
sientas más cómodo. Puedes escribir un texto sobre esa persona, pintar un cuadro, realizar
una fotografía, un vídeo artístico o un collage. No importa la forma de expresión escogida
siempre y cuando la emplees de una forma creativa.

4 .Ejecución. El tutor deberá fijar una fecha para la entrega del retrato. Durante el proceso
pregúntale todas tus dudas e inquietudes a tu tutor para que te asesore. Durante el proceso
de realización tendrás que buscar un título para tu obra.

5. Presentación. Una vez que todos tus compañeros hayan realizado su retrato tendrás que
mostrarlo a la clase. Sólo podrás decir el título y el nombre de la persona representada. El
resto de alumnos tendrán que decir en voz alta aquello que les sugiera tu retrato.

9
G U Í A D E AC T I V I DA D E S

3. EL EXILIO

Cuando Marjane Strapi tenía 14 años sus padres la enviaron al extranjero para alejarla del peligro
del régimen totalitario Iraní y de la guerra. Los años que pasó Marjane en el extranjero fueron real-
mente duros para ella porque tuvo que enfrentarse en soledad a un nuevo idioma, una nueva cultura,
a los prejuicios de los europeos con respecto a la cultura islámica además de las complejidades
propias de la adolescencia. Pero al menos esa vez tenía la opción de regresar a su país. Pero
cuando con 24 años salió de su país, divorciada y crítica con el sistema totalitario iraní, a Marjane
se le prohibió regresar a su país. Al respecto dice:

Por respeto a los que se han quedado allí, que comparten mis ideas pero no pueden expre-
sarlas, encontraría de mal gusto e inapropiado quejarme. Si me hubiera rendido a la deses-
peración, todo se habría perdido. Así que hasta el último momento mantendré la cabeza alta,
y seguiré riendo porque no me quitarán lo mejor de mí misma. Mientras estés vivo puedes
gritar y protestar, pero la risa es el arma más subversiva de todas.

La situación de Marjane es sólo un ejemplo de los muchos que en la actualidad y en el pasado se


han dado en sistemas donde no ha habido libertad.

3.1 ¿Y si tuvieras que exiliarte?


Completa la siguiente tabla.

Ir a Anexo - Cuadro 2
s

Una vez que hayas terminado de completar la tabla tacha con un bolígrafo rojo aquellos recuadros
en los que aparezcan cosas o personas de las que no podrías disfrutar si tuvieras que exiliarte.

Después contesta a las siguientes preguntas:

n ¿Qué dejarías de tu vida actual si tuvieras que exiliarte?

n ¿Cómo te sentirías si de la noche a la mañana tuvieras que renunciar a todas esas


cosas porque de lo contrario te encarcelarían o ejecutarían?

n ¿Cómo te imaginas tu vida en el exilio?

n ¿Qué sentirías si tuvieras que estar durante, al menos, 4 años sin ver a tu familia?

n ¿Cómo te sentirías si un familiar cercano estuviera muy enfermo y tu no pudieras ir


a despedirlo antes de su inminente muerte porque te han prohibido la entrada a tu país?

10
G U Í A D E AC T I V I DA D E S

3.2 El exilio español en México


Durante la Guerra Civil española hubo 540 mil muertes de ambos bandos, 200 mil represaliados
de ambos bandos, 270 mil presos del bando republicano contabilizados en el año 1939, 450 mil
exiliados contabilizados de enero a abril de 1939 y 250 mil asesinados durante los primeros cinco
años del régimen de Franco, según los datos aportados por Santos Juliá en el libro Víctimas de
la guerra civil.

En vista de las cifras, ser exiliado era el menor de los males. Sin embargo, eso no significaba
que su futuro fuera fácil. Muchos acabaron en campos de refugiados nazis, otros lucharon en el
frente durante la segunda Guerra Mundial, realizando trabajos forzados o como criados.

Sin embargo, hay un país que abrió sus puertas a los exiliados españoles dándoles una oportu-
nidad real para que rehicieran sus vidas. Un país que auxilió a los españoles cuando el resto les
daba la espalda. Ese país, bajo la presidencia de Lázaro Cárdenas, fue México.

"El Gobierno y pueblo de México os reciben como a exponentes de la causa imperecedera


de las libertades del hombre. Vuestras madres, esposas e hijos encontrarán en nuestro suelo
un regazo cariñoso y hospitalario".
Lázaro Cárdenas

Esta acogida provocó una emigración masiva, alrededor de 30 mil exiliados, en su mayoría inte-
lectuales y profesionales. Entre ellos destacan Max Aub, Luis Buñuel, Félix Candela, Luis Cer-
nuda, José Gaos y Recassens Sitges pero además hubo alrededor de 5000 profesionales
cualificados, 2700 catedráticos y profesores, 500 magistrados, abogados y estudiantes de dere-
cho, 500 escritores, poetas, pintores y periodistas y unos 250 ingenieros. La aportación del exilio
español en México a nivel intelectual fue muy importante.

Escribir una lista en la pizarra con las consecuencias demográficas, sociales, intelectuales y de
logística de una guerra respondiendo a las siguientes preguntas:

n ¿Qué necesidades tiene un país que acaba de ser arrasado por una guerra?

n ¿Qué tipo de profesionales necesita para que el país se reconstruya a nivel logístico
(edificios, puentes, carreteras etc.) e intelectual?

n A continuación subraya las profesiones de las personas exiliadas a México de la lista


del anexo. ¿Qué tipo de profesiones son?

n ¿Qué significa la expresión fuga de cerebros?

n ¿Qué sucede en un país si hay una fuga de cerebros? ¿Y si la mayoría de esos


intelectuales fueran de una tendencia ideología y política? ¿Quién dirigiría las
universidades, centros culturales e instituciones artísticas? ¿Quién redactaría las
diferentes políticas que rigen la vida de un país?

n ¿Sabías que México fue el país que manifestó mayor predisposición para acoger a
los exiliados españoles? Como ciudadanos españoles, ¿crees que deberíamos
agradecerles la ayuda que les prestaron a los exiliados políticos españoles?

11
G U Í A D E AC T I V I DA D E S

RECOMENDACIONES

Películas:
n Vals con Bashir, Ari Folman. Israel, Francia y Alemania, 2008.

n Ten, Abbas Kiarostami. Irán, 2002.

n Divorcio a la iraní, Kim Longinotto, Ziba Mir-Hosseini. Reino Unido- Irán, 1998.

Fuentes:
Juliá, Santos: Víctimas de la guerra civil. (Temas de hoy, 1999)

Kapuscinsky, R.: El sha. (Anagrama,2004)

Nemat, María: La prisionera de Teherán. (Espasa, 2008)

Gubern, Roman: Historia del cine. (Lumen, 2001)

Guía del cómic, Persépolis.

Entrevista Marjane Satrapi de Robert Chalmers en The Independent.

Entrevista ABC Guionistas.

Artículo sobre la situación del cine en Irán, El País.

Artículo Aplicación de la sharia, El mundo.

Artículo sobre la situación del cine en Irán, Mundo-Geo.

Artículo sobre los datos de anorexia y bulimia en España, Cadena Ser.

Informe sobre igualdad salarial, UGT.

Artículo El Mundo sobre violencia de género.

Asociación de descendientes del exilio.

Columna sobre el exilio español en México, El País.


FICHA TÉCNICA

Título Original: Persépolis


Año: 2007
Duración: 96 min.
País: Francia
Género: Drama
Dirección: Marjane Strapi y Vincent Parannaud
Guión: Marjane Strapi y Vincent Parannaud
Música: Olivier Bernet
Dirección artística: Marc Jousset
Producción: Xavier Rigault / Marc-Antoine Robert
Intérpretes: Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve, Danielle Darrieux, Simon Abkarian, Gabrielle
Lopes Benites, François Jerosme.

Disponible en: venta doméstica en DVD.

12
PERSÉPOLIS - Anexo

Cuadro 1
Antes de ver Después de ver
la película la película

¿Qué conoces sobre Irán?

¿Crees que todos los iraníes


son fanáticos de la religión?

¿Crees que pueden existir


iraníes marxistas?

¿Crees que a los jóvenes


iraníes les puede interesar la
música occidental?

¿Cómo crees que viven las


mujeres en Irán?

¿Crees que una mujer iraní


puede defender los
derechos de la mujer a pesar
de que lleve velo?

¿Cómo crees que la mayoría


de hombres iraníes tratan a
sus mujeres?

¿Crees que las chicas


jóvenes iraníes hablan
de sexo entre ellas?

¿Crees que las mujeres


iraníes van a la universidad?
PERSÉPOLIS - Anexo 2

Cuadro 2

PERSONAS IMPORTANTES
EN TU VIDA

PROGRAMAS DE TV
FAVORITOS

COMIDAS
FAVORITAS

EXPRESIONES O PALABRAS
QUE EMPLEES
PARA EXPRESARTE

OLORES
QUE TE GUSTEN

FESTIVIDADES QUE TE GUSTE


CELEBRAR

CONCIERTOS A LOS QUE


TE GUSTARÍA IR

COSAS QUE TE GUSTA


HACER
PERSÉPOLIS - Anexo 3

Revolucionarias sí, pero sin poder


Las mujeres participan en las movilizaciones de- hace falta una verdadera revolución social y cul-
mocráticas de los países árabes - ¿Van a estar tural", dice Shahida el Baz, directora del centro de
presentes en la nueva configuración del poder? investigación árabe y africano con sede en El
ANA CARBAJOSA 06/03/2011 Cairo. Ella es de las que, pese a los temores,
piensa que con la revolución política llegarán tam-
Las revueltas populares en el mundo árabe han bién los cambios sociales. "La liberación de los
dado paso a una nueva era democratizadora en hombres está íntimamente ligada a la de las mu-
la región. No hay vuelta atrás, coinciden estos jeres. Durante una revolución, la gente se trans-
días la gran mayoría de los expertos. Lo que no forma por el camino", piensa El Baz.
está tan claro es si en el futuro traslado de poder
de dictadores eternos al pueblo, participarán tam- Pero tanto unas como otras creen que la demo-
bién las mujeres, comienzan a preguntarse algu- cracia por sí sola no bastará para dar un vuelco a
nas feministas árabes. la situación en la que se encuentra la mujer en el
mundo árabe. Una situación, dicen las expertas
Las revueltas populares en el mundo árabe han consultadas, que es consecuencia de la falta de
dado paso a una nueva era democratizadora en libertades, pero también de las prácticas cultura-
la región. No hay vuelta atrás, coinciden estos les y del avance de las corrientes religiosas más
días la gran mayoría de los expertos. Lo que no conservadoras. Los datos regionales ofrecen un
está tan claro es si en el futuro traslado de poder panorama desalentador. Los indicadores en rela-
de dictadores eternos al pueblo, participarán tam- ción con el empleo, la participación política o las
bién las mujeres, comienzan a preguntarse algu- diferencias salariales, sitúan a las mujeres árabes
nas feministas árabes. Otras confían, sin a la cola, comparadas con otras regiones del
embargo, en que el impulso revolucionario propi- mundo.
ciará cambios culturales capaces de poner fin al
cuasi monopolio masculino del poder en muchos "El problema es que hay muchos hombres que ni
países árabes. siquiera entienden por qué las mujeres quieren
participar en política. Ellos están convencidos de
"Nos dicen que no es momento de hablar de los que son capaces de gobernar para el bien de la
derechos de la mujer, pero es precisamente ahora mujer", explica Dena Assaf, directora regional del
cuando tenemos que trabajar más que nunca. programa de Naciones Unidas para la mujer, con
Hombres y mujeres hemos luchado codo con sede en Jordania.
codo para acabar con el régimen de Mubarak,
pero ya hemos empezado a ver que cuando llega Los últimos datos de la Unión Interparlamentaria
el momento de la toma de decisiones políticas son muestran, por ejemplo, que los países árabes son
ellos los que deciden por nosotras", sostiene la región del mundo donde las mujeres tienen
Nihad Abul Qomsan, abogada y presidenta del menor representación parlamentaria. Un 12,5% a
Centro Egipcio para los Derechos de la Mujer. finales de 2010, frente a un 21,9% en Europa.

Abul Qomsan hace alusión a la famosa foto de la Las diferencias por países dentro del mundo
reunión del entonces vicepresidente egipcio Omar árabe son, sin embargo, enormes. No es lo mismo
Suleimán con el llamado consejo de sabios -aca- por ejemplo Kuwait, donde las mujeres tuvieron
démicos, empresarios e intelectuales- que debían que esperar hasta 2005 para obtener el derecho
discutir el camino hacia la transición democrática a votar y a ser elegidas, que Túnez, donde votan
poco antes de caer Mubarak. En aquella gran sala desde 1956.
había 27 sabios y solo una sabia. Días después,
el nuevo Gobierno militar egipcio seleccionó a un La educación, sobre todo en las nuevas genera-
grupo de siete expertos legales para enmendar la ciones no suele ser el problema. Las mujeres ára-
Constitución. Todos ellos son hombres. bes llenan las aulas de las universidades y en
A mujeres como Abul Qosam, la experiencia y el algunos países incluso superan al número de es-
profundo conocimiento de su sociedad les impide tudiantes masculinos. De media, el 59,4% de las
compartir plenamente el entusiasmo revoluciona- mujeres árabes han recibido una educación for-
rio. "La revolución política es fundamental, pero mal, según el último Informe de desarrollo hu-
para que la participación de las mujeres en los fu- mano del mundo árabe elaborado por Naciones
turos Gobiernos no sea puramente cosmética Unidas, que destaca también abismales diferen-

(SIGUE EN PAG. 4)
PERSÉPOLIS - Anexo 4

(VIENE DE PAG. 3)

cias entre países. Mientras en Marruecos, por de las limitaciones que sufren las mujeres para
ejemplo, algo más del 60% de las mujeres son participar en política o en el mundo empresarial.
analfabetas, en Jordania esa cifra cae hasta el La libertad por ejemplo para muchas mujeres para
13% y en Kuwait al 9%. viajar solas, o para alojarse en un hotel es redu-
cida o inexistente. En muchos lugares del mundo
Diferencias nacionales aparte, son muchas las árabe, si una mujer sufriera un abuso sexual, el
mujeres que tienen formación y determinación honor de toda la gran familia quedaría dañado, así
para participar en la vida política y económica del que cualquier precaución -incluso si eso supone
país, como ha quedado claro en las últimas se- no viajar sola- es poca con tal de prevenir un mal
manas. Las hemos visto en la calle gritando, al- considerado mayor.
zando pancartas, organizando protestas en
Internet y escapando de las balas. El problema es No faltan feministas árabes que culpan al auge del
que sus capacidades no se reflejan en unos mer- islamismo más conservador de unas restricciones
cados laborales que siguen primando a los hom- que en muchos países no han hecho sino ir a más
bres y en los que la conciliación con la vida en la última década. "Las voces islamistas más
familiar es un concepto casi marciano. Las cifras tradicionales cada vez se escuchan con más
de nuevo son desoladoras. Revelan que el mundo fuerza. Antes era cosa de unos expertos que ha-
árabe es la región del mundo donde menos muje- blaban en voz baja. Ahora forman parte de redes
res participan en el mercado laboral, solo un 28%, multinacionales" sostiene Soukeina Bouraoui, di-
según los datos de la Organización Internacional rectora del centro para la investigación y forma-
del Trabajo. ción de las mujeres árabes con sede en Túnez.
Bouraoui, como muchos otros expertos, cree que
Las mujeres se quejan en las encuestas de que el despertar islamista se ha visto favorecido por
se las excluye de las redes informales extralabo- Gobiernos como el egipcio, que pese a no permi-
rales -ya sea en cafés, clubs, o eventos para hom- tirles la participación política, los necesitaba como
bres- y que precisamente ese constituye uno de amenaza para justificar su permanencia en el
los mayores obstáculos a la hora de ascender en poder con vistas a Occidente y de alguna manera
la escala laboral que tiende a dejar de lado la me- los alimentaba.
ritocracia. Son problemas muy similares a los de
otras partes del mundo, incluido Occidente, solo La política occidental en la zona -apoyo incondi-
que en el caso de los países árabes algunos de cional a Israel, guerra de Irak...- también tiene su
los problemas son más acentuados. parte de culpa de que el feminismo no se vea con
buenos ojos en la región, según esta abogada tu-
Explican las expertas que la combinación de, por necina. "Hablar de derechos de la mujer está mal
un lado, un contexto cultural que favorece que la visto, porque en seguida te acusan de ser prooc-
mujer se dedique en exclusiva al cuidado de la fa- cidental", asegura.
milia, y por otro, una situación económica precaria
con altos índices de desempleo, es nefasta para Bouraoui tiene claro que después de la revolución
las mujeres. Los datos de Naciones Unidas ha- vendrá la lucha de los grupos políticos por ha-
blan también de diferencias salariares de la mitad cerse con el poder. Los más fuertes triunfarán, "y
o hasta de un tercio del salario de los hombres. le puedo asegurar que no serán precisamente las
Indican que la inmensa mayoría de las mujeres mujeres laicas", piensa. "Las elecciones son di-
trabaja en el sector de servicios o en la agricul- nero y las ganan los que más tienen. ¿Sabe cuán-
tura, a diferencia de los hombres, que lo suelen tos millones reciben los islamistas del extranjero?
hacer en la industria. Ellos cuentan con un apoyo multinacional. Si los
europeos quieren una verdadera democracia
Las normas sociales no escritas sobre qué se es- igualitaria, tendrán que apoyarnos como hicieron
pera de una mujer o qué debe hacer o qué no, son con España. Aquí lo que hace falta es un plan
también con frecuencia las culpables de muchas Marshall", asegura.
PERSÉPOLIS - Anexo 5

BREVE LISTA DE EXILIADOS ESPAÑOLES


EN MÉXICO
•Max Aub (Escritor, dramaturgo, poeta y ensa- y guionista de cine, más conocido como Celso
yista. Exiliado en México.) Amieva. Emigró después a México, donde pu-
•Benito Artigas Arpón (Periodista. Exiliado en blicó la mayor parte de su obra poética y ejerció
México.) el periodismo. Desde 1969 residió en Moscú.)
•Trinidad Arroyo Villaverde de Márquez (Profe- •Eugenio Alvarez Díaz (Ingeniero. Exiliado en
sora auxiliar de Oftalmología de la Universidad México.)
de Madrid. Médico. Exiliada en México) •Ramiro Alvarez Alvarez (Ingeniero. Exiliado en
•Manuel Arnal Rojas (Ingeniero. Exiliado en Mé- México.)
xico.) •José Almoina Mateos (Maestro y escritor. Exi-
•Armando Arriola Ortega (ngeniero. Exiliado en liado en México)
México.) •Almendro (Librero. Funda la Librería Juárez.
•Eduardo Arín Borgoños (Médico. Exiliado en Exiliado en México)
México) •José Aliseda Olivares Maestro (Maestro nor-
•David Arias Rodríguez del Valle (Abogado y malista. Inspector de segunda enseñanza. Es-
escritor. Fue exiliado, francia, Santo Domingo y tudió derecho en la Universidad Central de
México.) Madrid. Exiliado en México.)
•Luis Fernando Arévalo Massa (Ingeniero. Exi- •María Luisa Algarra (Escritora, nació en Bar-
liado en México.) celona, en 1916. Llegó a México en 1939. Par-
•Luis Aransay Alvaro (Médico. Exiliado en Mé- ticipó en el movimiento teatral mexicano desde
xico.) 1944, sus obras fueron representadas en varios
•Félix Aranguren Janusaras (Médico. Exiliado teatros de la ciudad de México.)
en México.) •Luis Alcoriza (Cineasta. Exiliado en México)
•José Ramón Arana (Librero. Llega a México en •Álvaro de Albornoz Salas (Ingeniero industrial
1939. Contaba con una Librería Ambulante que y escritor humorístico. Aunque había publicado
llevaba su nombre.) ya tres obras antes del exilio, fue en México
•José Luis Arana (Arquitecto. Exiliado en Mé- donde adquirió fama como escritor.)
xico.) •Álvaro de Albornoz Liminiana Luarca (Jurista,
•Guillermo Añoveros Yuste (Médico. Exiliado en político y escritor. Exiliado en México)
México.) •Alvaro de Albornoz de la Escosura (Econo-
•Antonio Robles (Escritor de literatura infantil. mista, nació en Madrid en 1936; llegó a México
Se exilió en México.) en compañía de su familia al término de la gue-
•Manuel Álvarez-Ugena y Sánchez Tembleque rra civil española. Se naturalizó mexicano y es-
(Diputado de Izquierda Republicana al Con- tudió en la Escuela Nacional de Economía de
greso de los Diputados por Toledo en las elec- la Universidad Nacional Autónoma de México)
ciones del 16 de febrero de 1936. Ingeniero. •José Alameda (Escritor, comentarista taurino.
Exiliado en México.) Se licenció en la Facultad de Derecho de la Uni-
•Emilio Alvarez Ullan (Químico. Exiliado en Mé- versidad Central de Madrid y trabajó en el Mi-
xico.) nisterio de Propaganda del gobierno de la
•Ma. Luisa Alvarez Santullano (Ciencias Exac- República Española a las órdenes de Juan
tas. Exiliada en México.) José Domenchina. Durante la guerra civil espa-
•Luis Álvarez Santullano (Escritor y pedagogo. ñola ocupó un cargo en la Embajada de Es-
Director de estudios del Centro Asturiano de paña en Bruselas. Llegó a México en 1940)
Madrid. Profesor en la Columbia University de •Jesús Acero Laguna (Médico. Exiliado en Mé-
Nueva York y en el Politechnic Institute de xico.)
Puerto Rico. Pasó los primeros años de la emi- •Luis Abad Carretero (Filósofo. Después de la
gración en los estados Unidos y llegó a México guerra civil española se exilió en México en
en 1944. Oficial mayor del Colegio de México.) donde realizó la parte más importante de su
•José María Álvarez Posada (Periodista, poeta obra. Colaborador de El Colegio de Mexico.)
PERSEPOLIS 22/3/10 10:01 Página 1

PERSEPOLIS

PRESENTACIÓN .................................................................................... 3
Justificación de la utilización de esta película ................................................. 4

INTRODUCCIÓN . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
FICHA TÉCNICA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
FICHA ARTÍSTICA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
SINOPSIS DE LA PELÍCULA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
APROXIMACIÓN A LOS PERSONAJES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
ANÁLISIS DE LA REALIDAD (marco socio-económico, Histórico, geográfico,
político-religioso) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
OBJETIVO GENERAL . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
METODOLOGÍA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

ACTIVIDADES PREVIAS A LA PROYECCIÓN DE LA PELÍCULA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11


Objetivos específicos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
Metodología . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
Actividades . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
Duración ................................................................................... 12
Materiales necesarios . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
Evaluación . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12

PROYECCIÓN DE LA PELÍCULA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
Objetivos Específicos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
Metodología . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
Actividades . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
Duración ................................................................................... 14
Materiales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
Evaluación . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

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ACTIVIDADES POSTERIORES A LA PROYECCIÓN DE LA PELÍCULA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15


Objetivos específicos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
Metodología . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
Actividades . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
Duración . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
Materiales necesarios . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
Evaluación . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
Apuntes para la persona que guíe las actividades . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

MATERIAL COMPLEMENTARIO . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
Páginas Webs para ampliar información sobre Irán y la película . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
Cómics sobre Irán y mujeres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23

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PRESENTACIÓN

El cine es una herramienta lúdica y enriquecedora para conseguir hacer visible lo invisible. Consigue poner en imagen de
dimensiones enormes historias que a menudo reflejan realidades vitales y otras veces sirven para poder analizar estereotipos y
poner de manifiesto múltiples discriminaciones. Es un elemento que no podemos despreciar o minusvalorar a la hora de trabajar
dife-rentes aspectos de conocimiento y reflexión en el ámbito educativo formal, no formal e informal.

….To be continued es, como su propio nombre indica, la continuación de un trabajo anterior, la guía para análisis de produc-
tos cinematográficos desde la perspectiva de género.

Con esta colección de unidades didácticas de explotación cinematográfica pretendemos hacer visible las situaciones de viola-
ciones de los derechos humanos y discriminación que sufren las mujeres en distintas partes del mundo, acercar al público intere-
sado historias alternativas y diferentes de otros espacios y de otras mujeres que viven situaciones diferentes pero que en muchas
ocasiones tienen tanto en común con nosotras que hace que reflexionemos y tomemos conciencia de que la discriminación es el
nexo que une a la mitad de la humanidad sin excepción.

Milenta Muyeres continúa aquí con su tradición de elaborar y difundir materiales didácticos y educativos en diferentes
campos para hacer del feminismo una cuestión presente y cotidiana.

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…To be continued 5

Justificación de la utilización de esta película

El comic es una herramienta de expresión cercana a la adolescencia y se integra perfectamente en el currículum. El cómic
es una de las primeras lecturas espontánea de los alumnos y alumnas, pero además es un vehículo excelente en la iniciación a
los lenguajes de los medios de comunicación de masas, para su análisis y para la creación artística y literaria, poniendo al alum-
nado en posición de comunicar. Permite además, que se expresen en un lenguaje afín a su modo de ver el mundo. La palabra y
la imagen se dan la mano
El paso de una visión del mundo desde una mirada infantil a una perspectiva adolescente que se observa en la película,
proporciona un apoyo adecuado en la construcción del propio pensamiento del alumnado.
Además de que la película es una herramienta muy propicia para abordar diversas temáticas propias de la adolescencia (rela-
ciones familiares, cambios físicos, dudas y temores, amoríos, prejuicios…), el hecho de que el protagonismo de la historia resida
en una chica, hace visible una perspectiva no utilizada habitualmente en los medios de comunicación de masas dirigidos al
público adolescente.

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INTRODUCCIÓN

FICHA TÉCNICA

Título original Persépolis


País Francia
Dirección Vicent Paronnaud, Marjane Satrapi
Guión Vicent Paronnaud, Marjane Satrapi
Producción Xavier Rigault, Marc Antonie Robert
Co-productor Tara Grace
Productor ejecutivo Kathleen Kennedy
Música Oliver Bernet
Dibujante de fondos Thierry Million
Duración 95 minutos
Género animación
Público al que se dirige Para mayores de 7 años
Información adicional Candidata a la mejor película animada de los Oscar en 2007, ganadora del premio del jurado
seleccionada para la palma de oro en el Festival de Cannes del 2007. Candidata al Globo de
oro a la mejor película en legua no inglesa en el 2008 y en el 2009 candidata a la BAFTA a la
mejor película en lengua no inglesa.

FICHA ARTÍSTICA

Niña (Marjane) Chiara Mastroianni


Madre Catherine Deneuve
Abuela Danielle Darrieux
Padre Simón Abkarian

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SINOPSIS DE LA PELÍCULA

Persépolis es la historia autobiográfica de Marjane Satrapi, una niña iraní que crece en el Irán de la Revolución Islámica, en pleno
apogeo del fundamentalismo islámico. Por su pertenencia a una familia progresista había estudiado en el Liceo Francés hasta la
llegada de la revolución en 1979, cuyas autoridades prohibirán los colegios bilingües. Cuando los fundamentalistas toman el poder
forzando a las mujeres a llevar velo y encarcelan a miles de personas, Marjane con 10 años descubre el punk, ABBA y a Iron
Maiden mientras vive el terror de la persecución del nuevo gobierno y la guerra entre Irán e Irak. Cuando su tío es ejecutado y las
bombas comienzan a caer alrededor de Teherán, ciudad donde reside, su familia la envía con 14 años a Europa, a una escuela en
Austria. Vulnerable y sola en un país extraño, sufre los malos tragos típicos de la adolescencia, teniendo que combatir además el
hecho de ser equiparada con el fundamentalismo religioso y el extremismo de los que tuvo que huir, pero no soporta la soledad y
finalmente vuelve con su familia a Irán, aunque eso signifique ponerse el velo y vivir sometida a un régimen tiránico.

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APROXIMACIÓN A LOS PERSONAJES

MARJANE
La protagonista de la historia es una niña con una gran inqui-
etud intelectual, nacida en una familia de clase alta y educada
por una abuela, una madre y un padre de ideología progresista y
religiosidad islámica moderada. A lo largo de la película, la
acompañamos en el proceso de búsqueda de su identidad y asis-
timos a su evolución personal y emocional a través de los años.
En su infancia se nos presenta como una niña que trata en todo
momento de comprender el mundo que la rodea y que escucha
con atención las opiniones de su familia y de su entorno sobre lo
que sucede en su país. Marjane va tener que hacer frente a los
retos de la guerra, el miedo, la religión, la sexualidad o la falta
de libertad. No se presenta como una víctima, sino como una
persona que trata de superar las dificultades surgidas a lo largo
de su vida.

ABUELA
Mujer independiente y de mentalidad abierta, proviene de
una familia noble. Se siente orgullosa de sus orígenes pero, a la
vez, repudia a los integristas islámicos y su empeño en determi-
nar cómo han de vivir las personas. La abuela es el referente
moral y emocional para Marjane desde pequeña y le indica cómo
ha de recorrer su camino hacia la madurez. Le enseña a rechazar
la mentira, a sentirse orgullosa de sí misma, a no olvidar nunca
sus orígenes, a mantener la dignidad pese a las circunstancias.

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TAJBI (madre) y EBI (padre)


Los progenitores de Marjane son una pareja de intelectuales
marxistas, cuyas esperanzas de alcanzar una república
democrática y laica en Irán se ven truncadas antes el giro
ideológico que supone la revolución; la madre tendrá que llevar
velo en la cabeza y ambos serán testigos de todas las injusticias
que se cometen a su alrededor. Comprometidos políticamente,
tienen más suerte que algunos de sus amigos que morirán en la
cárcel. El miedo les obligará a mandar a su hija fuera del país, y
en todo el proceso de madurez de ésta, respetarán sus deci-
siones aunque consideren que son equivocadas.

TÍO ANOUCHE
El tío de Marjane es para ella un héroe. Tras sus estudios en
la URSS, volverá a Irán, donde el régimen del Sha les encarce-
lará por sus ideas comunistas. Permanecerá en la cárcel 9 años,
sufriendo torturas y malos tratos. Liberado en los inicios de la
revolución, el nuevo gobierno le volverá a arrestar y posterior-
mente será ejecutado bajo acusación de espiar para el Gobierno
ruso. En la víspera de su muerte, es visitado por Marjane y él le
cuenta que, pese a todo, cree en la victoria final del pueblo.

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ANÁLISIS DE LA REALIDAD (marco socio-económico, Histórico, geográfico, político-religioso)

La Revolución iraní 1978-1979 y el régimen islámico surgido de ella, ha supuesto para las mujeres toda una serie de normas
que van a dirigir tanto su vida privada como pública. Las mujeres iraníes son el blanco preferido por los militantes islamistas.
Aunque los cambios llegaron antes que las normas legislativas, las leyes que dirigían la vida de las mujeres se fueron suce-
diendo, así, en 1982 se voto la Ley del Talion por las que las mujeres no podían ser juezas, aunque no podían ejercer desde 1979,
lo mismo ocurrió con el velo, hiyad, se declaró obligatorio en los lugares oficiales en 1980, pero en realidad, hacia un año que se
llevaba de forma sistemática. Las mujeres que no cumpliesen estas leyes perderían su trabajo. En 1982 se aprobó una ley en la
que se establecía como edad mínima para casarse los 9 años en las niñas y 15 años en los niños. El divorcio seguía siendo compe-
tencia del marido, al igual que la poligamia.
La enseñanza mixta en las escuelas, algo que no era normal antes de 1979, terminó desde el inicio de la revolución, mien-
tras que la universidad, aunque se intentó, la falta de medios no lo permitió; se recurrió a la separación física por sexos, dife-
rentes entradas,… En las escuelas se enseña el árabe, por ser la lengua en que está escrito el Corán. Casi dos tercios de la
población habla alguna lengua indoirani, aunque la única oficial es el persa, escrito en un alfabeto árabe modificado.
Se puede ver en la película como el gobierno busca inculcar por todos los medios su ideología islámica, por lo que se utilizan
todos los recursos disponibles, en la escuela, en el trabajo, incluso con carteles, pintadas,… en las paredes; transmitir y compar-
tir la fe religiosa y moral, pasaron de ser temas privados, de las familias en sus casas, a ser temas públicos. Toda esta propagan-
da busca inculcar el ideal de mujer musulmana, madre y militante. El tiempo de ocio también es controlado, con cierre de li-
brerías, censura en las películas,…
Para hacer cumplir las normas islámicas en los espacios públicos los Guardianes de la revolución podían detener a cualquier
persona sospechosa de relajación en el cumplimiento de estas normas. En 1981 se produjo una ola de detenciones que provocó
que muchas mujeres dejasen atrás toda señal visible de resistencia.
Todo esto no ha podido eliminar las muchas asociaciones de mujeres iraníes que están trabajando por los derechos de la
mujer. Concretamente, Shidi Ebadi es una abogada iraní que recibió el premio nobel de la paz en el 2003 como reconocimiento a
su esfuerzo por la democracia y los derechos humanos.

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OBJETIVO GENERAL

1. Conocer los efectos que el integrismo islámico tiene sobre las mujeres en Irán. Conocer cuál es su situación y sus
derechos.

METODOLOGÍA

1. El material estaría planteado para trabajar con alumnado de Educación Secundaria Obligatoria y Bachillerato,
alumnado de Ciclo medio de FP.
2. Las actividades que se proponen en esta unidad se pueden trabajar desde Tutoría y Orientación, Historia y Ciencias
Sociales, Ética y Filosofía, Educación para la Ciudadanía, Lengua y Literatura, Educación plástica y Visual e Imagen y
Técnicas de Expresión Gráfico-Plástica. La música también tiene un papel fundamental en la narración dramática de la
historia tratada.
3. El material está planteado para que se visione la película y se trabajen escenas concretas también desde el cómic en
el que se inspira la misma, en dos momentos: antes y después de su proyección. Antes de la proyección es interesante
que puedan trabajarse los conocimientos previos necesarios para entender mejor el contexto en que se desarrolla la
historia y posteriormente, empleando centros de interés reales, próximos que despierten el interés del alumnado,
conseguir que construyan unas nuevas maneras de ver y analizar los problemas para que tomen conciencia de la
situación de la mujer en el Irán de la Revolución.
4. La propuesta y el enfoque didáctico tiene una doble lectura, por un lado la historia personal de la protagonista y por
otro la historia política de su país, Irán. No es propiamente una película política, sino que lo que nos narra es la búsque-
da de la identidad personal de una adolescente en un contexto lleno de obstáculos.

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ACTIVIDADES PREVIAS A LA PROYECCIÓN DE LA PELÍCULA

E Objetivos específicos
• Conocer la civilización persa y el papel de la mujer en ella.
• Valorar el cómic y la animación como una forma de expresión artística y vehículo narrativo. Acercarse a la realización
de un comic.

E Metodología
Utilizando los ordenadores con conexión a internet se guiará al gran grupo de trabajo en la búsqueda de fuentes de información
secundarias sobre los temas a tratar en las actividades Se analizarán conjuntamente las fuentes utilizadas y su fiabilidad.
Tras la búsqueda de información individualmente, se pondrá en común la información obtenida para responder a cada actividad.

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E Actividades
1. ¿Qué es Persépolis? Buscar información sobre los orígenes de esta civilización y la evolución del papel de la mujer en ella.
2. Recabar información sobre la realidad de la mujer en el Irán durante la Revolución islámica, 1979.
3. Buscar información sobre como se crea un cómic. Conocer las características del comic y de la animación.
4. Leer entrevistas que se han hecho a la autora, sobre la realización de la película.

E Duración
2 sesiones de 50 minutos cada una. Se puede hacer una sesión para las dos primeras actividades y otra para las otras dos.

E Materiales necesarios
Un ordenador para cada dos personas con conexión a internet.
Pizarra o mural donde ir recogiendo la información obtenida.
Opcional: Persépolis en comic.

E Evaluación
Observación directa del trabajo de cada persona participante: su participación en la búsqueda de información, su intervención en
las puestas en común, etc.

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PROYECCIÓN DE LA PELÍCULA

E Objetivos Específicos
1. Conocer la situación de las mujeres en Irán y lo que supone para ella la vida diaria bajo un régimen fundamentalista.
2. Conocer las características de la animación.

E Metodología
La persona encargada de llevar a cabo la sesión dirigirá la atención del público tanto al argumento como a las características de
la animación que se utiliza en la película.

E Actividades
1. Visionado de la película
2. Buscar información sobre cómo se hizo la película.

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E Duración
95 minutos del visionado de la película.
30 minutos de búsqueda de información.

E Materiales
DVD de Persépolis; reproductor de DVD + televisión u ordenador + cañón para proyectar película (distribuidor de la película:
Vértigo Films, www.vertigofilms.es)
Ordenadores con acceso a Internet.

E Evaluación
Observación directa del trabajo de las personas participantes: su nivel y capacidad en la búsqueda de información, su interven-
ción en las puestas en común, etc.

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ACTIVIDADES POSTERIORES A LA PROYECCIÓN DE LA PELÍCULA

E Objetivos específicos
1. Reflexionar y comentar los temas principales que aparecen en la película.
2. Poner en práctica los conocimientos sobre la realización de un comic.

E Metodología
La persona encargada de dirigir la sesión se ocupará de preparar las escenas que se van a analizar. Tras verlas, el grupo leerá y
contestará individualmente a las preguntas, para posteriormente hacer una puesta en común en grupos de 4-5 personas. Se ela-
borarán respuestas de forma grupal y consensuada. Posteriormente, se elige una persona por grupo para comentar las respues-
tas. Finalmente se ponen en común las respuestas de todos los grupos y se llega a un resumen de cuáles son los aspectos más
destacables de cada una de las escenas.

E Actividades
1. LOS COMIENZOS. UN POCO DE HISTORIA. (Capítulo 1, 01:40)
Marjane, la protagonista, está a la espera de coger un avión para Teherán. Sola y pensativa, recuerda momentos de su infancia
en Teherán: “Recuerdo que llevaba una vida tranquila. Me encantaban las patatas fritas con kétchup y Bruce Lee era
mi ídolo. Mis dos grandes obsesiones eran poder depilarme las piernas algún día y convertirme en la última profeta
de la galaxia”. La acción nos sitúa en el Teherán de 1978, en un momento histórico: las manifestaciones en las calles contra el
gobierno del Sha. Marji (que es como la llamarán en la infancia) dice: “A mí me gusta el Sha, ha sido elegido por Dios. Me
lo ha dicho el mismo Dios y la maestra”. Es entonces cuando su padre le dice: “Eso es lo que te dicen, pero yo te contaré
lo que pasó”.
• ¿Qué descubre en esta escena Marjane acerca de su familia? ¿Cómo crees que le influye?

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2. HABLANDO CON DIOS (capítulo 2, 12:43)


A partir del relato de un amigo de sus padres recién liberado de la cárcel, Marji conocerá lo que es sufrir la persecución, la cárcel,
la tortura y el asesinato por mantener unas determinadas ideas políticas. Es entonces cuando Marji mantiene un “diálogo” con
Dios, con su Dios, en el que éste le dirá “los malos acabarán por pagar tarde o temprano por sus maldades. A mí me
corresponde la justicia. No te corresponde a ti llevarla a cabo. Tu deber es perdonar”.
1. Si te encontrarás con una entidad que se supone que lo sabe todo? ¿Qué le preguntarías?
2. Elabora cuatro viñetas en las que se relate esta experiencia.

3. APARICIÓN DEL TIO ANOUCHE. (Capítulo 3, 14:00)


Marji conoce a su tío Anouche, encarcelado por el gobierno del Shah durante 9 años. Éste le cuenta sus años de exilio en la URSS,
su formación en marxismo-leninismo, sus ideales revolucionarios, y le hace la siguiente observación “si te cuento todo esto es
porque la memoria de la familia no debe perderse. Aunque no sea fácil para ti, aunque no lo entiendas todo”. Marji
responderá “tranquilo tío Anouche, no lo olvidaré jamás”. Éste le entregará un pato de miga de pan hecho durante su paso
por la cárcel para ella. Tras esta escena, vendrán imágenes en las que amigos y conocidos de la familia de Marji son asesinados,
mientras que otros emprenderán el exilio.
• ¿Por qué creéis que el tío de Marji le hace ver la importancia de la memoria?
• ¿Os ha contado vuestra familia algún acontecimiento que tenga que ver con la historia más reciente de vuestro país y
que no conocierais, o que conocierais de otro modo?
• ¿Por qué consideráis que algunas amistades de la familia de Marji emprenden el exilio?

4. UN PATO, DOS PATOS... (capítulo 4, 18:54’)


Tío Anouche es detenido y encarcelado de nuevo, lo que apena enormemente a Marji y a toda su familia. Éste únicamente puede
recibir una visita y su deseo es que sea la de Marji. En la cárcel él le dirá “es un honor que vengas a verme. Eres la hija que
siempre soñé. Pero ya verás, un día el proletariado reinará… Mi vida…” Le entrega a Marji otro pato de miga de pan, dicién-
dole que es el tío de aquel primero que le había hecho. Marji se echa a llorar y ambos se funden en un tierno abrazo.
• ¿Cómo valoras la actitud del tío Anouche en la cárcel?
• ¿Qué crees que significa el pato que Marji recibe de su tío?
• ¿Cómo interpretamos el momento del abrazo? ¿Qué tipo de música se utiliza en la escena?

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5. TÚ CÁLLATE! (Capítulo 4, 20:46’)


Tras la visita a la cárcel donde verá por última vez a su tío, Marji mantendrá una “conversación” con Dios. Éste le dirá que no
esté triste, a lo que ella responderá “Tú cállate. Le han matado y tú no has hecho nada. Cállate, no quiero verte más. ¡Vete!
¡Vete!”.
• Investigad alguna de las funciones que las religiones dan a las mujeres.

6. LA GUERRA SIEMPRE TE PILLA DE IMPREVISTO (capítulo 4, 21:25’)


Marji narra el comienzo de la guerra entre Irán e Irak “en nombre de la lucha contra el enemigo exterior, el gobierno iraní
exterminó al enemigo interior, es decir, a los antiguos adversarios al régimen del Sha. Las detenciones y las ejecu-
ciones se convirtieron en algo corriente. Todo el mundo tenía miedo. En dos años nuestra vida cotidiana cambió de
aspecto y nosotros también”.
• Trata de imaginar cómo cambiaria tu vida si ahora se declarara una guerra en tu país. Realiza una redacción de qué
cosas crees tú que cambiarían para las mujeres. ¿Perderían derechos, cambiarían las funciones que la sociedad le
impone,….?

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7. EL VELO OS HARÁ LIBRES (Capítulo 4, 22:02’)


En esta escena observamos a Marji junto con otras niñas, todas ellas con la cabeza cubierta por un velo. Una voz les va dicien-
do “vamos niñas, de corazón por nuestros mártires”. Las jóvenes se golpean el pecho con la mano al unísono. Poco después,
una de las maestras les dirá “el velo es sinónimo de libertad. Una mujer digna es una mujer que se cubre de la mirada
del hombre. La que enseña la cabeza vive en pecado…”.
• Investigad acerca del velo, su complejidad, su origen, sus usos. Poned en común la información obtenida y comentad
la afirmación de que “el velo es sinónimo de libertad”.
• ¿Por qué dice la maestra que para que una mujer sea digna se ha de cubrir de la mirada del hombre? ¿En qué creéis
que ha de basarse la dignidad de una mujer?¿y de un hombre?
• Buscad información acerca de normas en torno a la vestimenta de las mujeres y de los hombres en las tres grandes
religiones: cristianismo, islamismo y judaísmo.

En la religión cristiana hay elementos muy similares. San Pablo, con San Agustín, son los dos padres de la iglesia más
misóginos del cristianismo. Este es un resumen de un párrafo de San Pablo de la Epístola a los corintios: “El hombre
no debe taparse la cabeza, él es la imagen y la gloria de Dios, pero la mujer es la gloria del hombre, no es el hombre
el que se sacó de la mujer sino la mujer del hombre, el hombre no se creó para la mujer sino la mujer para el hombre,
por eso la mujer debe llevar en su cabeza la marca de su dependencia”.

Pero el peor de todos es San Cirilo, que dice: “las mujeres cristianas tienen que llevar velo que tiene que cubrirlas
enteramente de manera que si se las ve en la calle ni su propia familia las pueda reconocer”. Esto fue dicho para las
mujeres cristianas en el siglo IV. Dice: “Una mujer cristiana honrada se vela enteramente, y así hace mi hermana, que
es honestísima”. El velo en las iglesias cristianas fue recomendado para todas las mujeres.

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8. PUNK IS NOT DEAD (Capítulo 5, 26:00’)


Mientras la vida continúa entre bombas y escasez de alimentos Marji, como una adolescente más, se identifica con un tipo de
música: el punk. Borda en una cazadora el lema “Punk is not dead” y compra música en el mercado negro. Un día, dos mujeres
“hermanas de la revolución” la paran por la calle y cuestionan su modo de vestir “llevas zapatos punk, y eso que llevas (una chapa
de Michael Jackson) es un símbolo de la decadencia occidental. Te llevaremos al comité”
• ¿Por qué crees que dicen estas mujeres que la chapa es un símbolo de la decadencia occidental?
• ¿Os identificáis vosotros/as con algún símbolo? ¿de qué tipo?
• Lectura del artículo Barbie, Batman y Harry Potter, prohíbidos en Irán Fuente: http://anodis.com/nota/12055.asp No a
la occidentalización

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…To be continued 5

9. PIENSA EN TU FUTURO. VIENA TE ACOGERÁ. (Capítulos 6 y 7)


Con el panorama de una vida rodeada de muertes, violencia y represión, los padres de Marjane deciden enviarla a estudiar fuera
del país, concretamente al Liceo Francés de Viena. La víspera del viaje, su abuela va a dormir con ella. Marjane le confía sus
dudas y temores ante lo que le pueda deparar Viena. La abuela le dice entonces: “En la vida te encontrarás a muchos gilipollas
que te harán daño. Piensa que es su estupidez la que les empuja a hacerte daño. No responderás a su maldad. Porque no hay
nada en el mundo peor que la amargura y la venganza. Así, sé siempre integra y digna contigo misma.”
Ya en el momento de embarcar, sus padres le dan un consejo: “No olvides jamás quién eres y de dónde vienes”
• ¿Qué crees que le está diciendo su abuela? ¿Estás de acuerdo con su consejo?
• Si tuvieras que marcharte a otro país sin tu familia (o lo has tenido que hacer) o ya lo hubieras hecho, ¿cómo te sentirías?
Elabora una tira cómica en la que reflejes esa situación.

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PERSEPOLIS

10. SOY IRANÍ Y NO ME AVERGÜENZO DE SERLO (Capítulo 8, 42:12’) (Capítulo 9, 48:00’) (Capítulo 10, 53:13’)
Tras un primer periodo en el que Marjane se siente sola, comenzará a entablar relaciones en el Liceo y pasará por distintos grupos
de amigos, vivirá nuevas experiencias, entre las cuales están sus primeras relaciones sentimentales, sufrirá los cambios físicos
propios de la adolescencia, pero también la incomprensión , el rechazo y la discriminación, los prejuicios, la soledad, el desarrai-
go, las dudas existenciales (“acabé encontrando mi lugar pero en el fondo seguía sintiéndome diferente”), etc. que sumadas a
una fuerte decepción amorosa
• Capítulo 8. En la residencia de estudiantes donde Marjane se aloja durante un tiempo, tiene que oír frases tales como
“los iraníes no tienen educación”. Debatir qué significado tiene tal expresión y a qué obedece. ¿Qué son los prejuicios
y los estereotipos?¿Recordáis alguna escena similar vivida por Marjane en Irán?
• Capítulo 9. Los sentimientos de culpa serán algo que en un momento determinado se le harán insoportables a Marjane
“Yo llevaba una vida frívola mientras todas las personas a las que amaba vivían bajo el infierno de la guerra”. Intentad
explicar cómo creéis que se siente para decir algo así.
• Capítulo 10. Marjane se enamora perdidamente de un joven llamado Marcus “por fin había encontrado el amor. Ya nada
me daba miedo… éramos un solo ser”. Pero el desengaño amoroso que sufrirá con Marcus, la llevara a vivir en la calle
y enfermar. En ese momento Marjane dirá “había vivido una revolución que me había quitado a una parte de mi familia.
Había sobrevivido a una guerra y por poco me mata una banal historia de amor”. Comenta la expresión “éramos un solo
ser”. ¿Qué idea del amor parece tener Marjane? ¿Qué entiendes tú por amor y en qué crees que debe basarse?

11. LA LIBERTAD TIENE UN PRECIO (Capítulo 11-Capítulo 15)


Marjane regresa a Irán, donde deberá ponerse velo, se encontrará una ciudad de posguerra (“cuando paseas por Teherán las
calles parecen un cementerio”), comienza a sentir un sentimiento permanente de estar “fuera de lugar”, cayendo más adelante
en una depresión. Se recuperará y acudirá a la universidad para estudiar Bellas Artes “por fin la guerra quedaba atrás, y teníamos
tantas ganas de ser felices que acabamos olvidando que no éramos libres”. Marjane se casará y al poco tiempo se divorciará.
Entonces abandonará Irán definitivamente
• Elabora unas viñetas en las que des cuenta de las cosas más importantes que le suceden a Marjane a su regreso a
Irán.

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E Duracción
Sesión de 55 minutos para cada actividad.

E Materiales necesarios
Televisión u ordenador donde visionar las escenas elegidas.
Fotocopias con el guión de cada actividad.
DVD de Persépolis; reproductor de DVD + televisión u ordenador + cañón para proyectar película (distribuidor de la película:
Vértigo Films, www.vertigofilms.es)
Ordenador con conexión a internet.

E Evaluación
Observación directa del trabajo de los alumnos y alumnas: su participación en la búsqueda de información, su intervención en las
puestas en común, etc.

Apuntes para la persona que guíe las actividades:


El cómic arranca a partir del año 1979, cuando se produce un gran cambio social y político en Irán y llega la República Islámica.
Al tiempo que va creciendo, Marjane, la protagonista, se da cuenta de que el nuevo régimen por el que lucharon sus padres ha
caído en manos de los integristas y no trae consigo nada bueno.
En el segundo libro, la situación es cada vez más difícil. Muchos conocidos de la familia son torturados o asesinados, y los padres
de Marjane deciden enviar a su hija al Liceo Francés de Austria. El libro termina con una Marjane de catorce años despidiéndose
de sus padres y de su abuela en el aeropuerto.
El tercer libro nos cuenta las vivencias de Marjane Satrapi en Austria: cómo tiene que adaptarse a un “mundo nuevo”, sus
primeras relaciones sentimentales y los prejuicios y el desconocimiento que tienen sus compañeros respecto de su cultura y su
país.
En el cuarto y último libro, Marjane vuelve a Irán después de cuatro años viviendo en Viena. Experimenta entonces el rechazo de
sus antiguas amistades por sus vivencias en Occidente. Más tarde, vemos cómo encuentra su lugar allí, realiza sus estudios y
consigue encontrar un grupo de gente más acorde con su estilo de vida. El libro termina con la decisión de dejar de nuevo su país
y emigrar a Francia

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MATERIAL COMPLEMENTARIO

PÁGINAS WEB PARA AMPLIAR INFORMACIÓN SOBRE IRÁN Y SOBRE LA PELÍCULA

• http://www.noticiasdeiran.com/
• http://es.wikipedia.org/wiki/Ir%C3%A1n
• http://www.persepolislapelicula.es/
• www.lahiguera.net/cinemania/pelicula/3373/comentario.php
• http://www.materialesdelengua.org/LITERATURA/TEXTOS_LITERARIOS/COMIC/pagina1.htm
• http://www.guiadelcomic.com/
• http://www.guiadelcomic.com/comics/persepolis.htm

COMICS SOBRE IRÁN Y MUJERES

• MARJANE, SATRAPI. Persépolis I, II, III y IV. Norma Editorial. Barcelona


• MARJANE SATRAPI. Pollo con ciruelas. 2004. Norma editorial. Barcelona
• MARJANE SATRAPI. Bordados. 2004. Norma Editorial. Barcelona
• BASHI, PARSUA. Nylon road. 2009. Norma Editorial. Barcelona.
• MARJANE, SATRAPI. Persépolis 2.0

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…To be continued 5

Edita
COLECTIVU MILENTA MUYERES

Textos
MERCED MEDIAVILLA MARTÍNEZ
LUISA LOBO ÁLVAREZ

Finacian
GOBIERNU DEL PRINCIPÁU D’ASTURIES
CONSEYERIA DE BIENESTAR SOCIAL Y VIVIENDA
AGENCIA ASTURIANA COOPERACIÓN AL DESARROLLO

Colabora
CONSEYU DE LA MOCEDÁ DEL PRINCIPADO D’ASTURIES

Diseña
IDENTITY Diseño & Comunicación

Imprime
OLSANGRAF, S.L.

D.L.: AS/0145/2010

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Guia didàctica

PERSÉPOLIS

Guia didàctica elaborada per: Estefania Àlvarez Sanyer

Cinema i educació
Associació CineBaix
Joan Batllori, 21
08980 Sant Feliu de Llobregat
Tel. 93 666 18 59
educa@cinebaix.com
www.cinebaix.com

Organitza: Amb el suport de:

Associació
CineBaix
Guia didàctica: Persépolis

PERSÉPOLIS
FITXA TÈCNICA
Títol original_Persepolis
País_França
Any_2007
Director_Marjane Satrapi i Vincent Paronnaud
Gènere_animació i drama
Durada_95 min

SINOPSI

Marjane és una jove de nou anys que creix l’Iran de la Revolució Islàmica. A través
dels seus ulls veiem com les esperances del seu poble queden trencades quan els
fonamentalistes prenen el poder. Intel·ligent i sense por, Marjane enganya als
“guardians socials” i descobreix el punk, Abba i Iron Maiden. Però quan el seu tiet és
executat sense pietat i les bombes cauen al voltant de Teherán en la guerra entre
Iran i Irak, la por diària que envolta la seva vida és palpable. A mesura que creix,
l’audàcia de Marjane fa que els seus pares es preocupin per la seva seguretat. I així,
als catorze anys, prenen la difícil decisió d’enviar-la a una escola a Àustria.
Vulnerable i sola en un país estrany, resisteix els mals tràngols típics d’un
adolescent. A més, Marjane ha de combatre el fet de ser equiparada amb el
fonamentalisme religiós i l’extremisme dels que va haver de fugir.

PERSONATGES

Marjane: de petita era curiosa i observadora del que passava al seu voltant, en el
seu país, Iran. D’adolescent va viure a Viena una etapa rebel i confusa. I ja d’adulta,
tot i sentir-se molt orgullosa de ser iraniana, decideix deixar Iran i lluitar per la seva
pròpia llibertat i seguir el seu camí a França.

Àvia: dona moderna i oberta de ment. És un referent moral i emocional molt


important per la Marjane; l’ensenya a no mentir, a sentir-se orgullosa d’ella mateixa,
a no renunciar als seus orígens i a mantenir sempre la dignitat.

Pares de la Marjane: oberts i tolerants; només volen el millor per a la seva filla. No
tenen cap inconvenient en enviar a la seva filla a l’estranger, no necessiten
explicacions del que va viure a Viena i accepten les decisions que pren la Marjane
encara que pensin que no són les correctes. Volen que la seva filla visqui la seva
vida i tingui un futur millor.

Associació 2
CineBaix
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ACTIVITATS

1. Per entrar una mica en context, en grups de quatre persones, elaboreu tres
fitxes diferents per tractar els següents temes:

- L’Iran modern

- La guerra entre Iran i Iraq

- L’Islam

En cada una d’aquestes fitxes s’haurà d’adjuntar alguna fotografia, mapa...,


elaborar un breu resum de cada temàtica i anomenar les característiques i
curiositats més importants.

2. Tens coneixement de la cultura musulmana? Creus que té aspectes molt


diferents a la nostra?

Per parelles, busqueu informació sobre la cultura musulmana destacant


aquells aspectes que més us cridin l’atenció o que siguin més diferents dels
nostres.

Després, obriu un debat a classe i doneu les vostres opinions.

3. Al llarg dels anys el nostre país ha rebut molta immigració, i per tant, són
moltes les religions que s’hi practiquen.

Elaboreu, en grups de quatre persones, un mural amb les principals religions


que es practiquen en el nostre país. Busqueu informació sobre cadascuna
d’elles i intenteu veure les similituds i diferències que hi ha entre aquestes.
Plasmeu-ho tot en el mural; i si és possible, pengeu-lo a classe.

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4. Què és per tu la llibertat? Escriu la teva pròpia definició.

Després, comenteu totes les definicions, anoteu-les a la pissarra i elaboreu


una definició comuna.

Segons la definició en comú, debateu el fet de si teniu aquesta llibertat o si us


és negada. Justifiqueu la vostra resposta.

5. Si haguessis de marxar del teu país degut a la repressió política i cultural;


com et sentiries? per on començaries la teva ‘nova vida’? Intentaries integrar-
te amagant coses, o et mostraries tal i com (i d’on) ets? Per què?

6. “El vel és sinònim de llibertat; una dona digna és la que es cobreix de la


mirada de l’home”; què penses d’aquesta frase que els hi diu la mestra a les
alumnes? Hi estàs d’acord? Per què? Creus que es pot jutjat sense conèixer?

7. Com creus que deu ser la vida d’una persona que diu: “les detencions i les
execucions es van convertir en una cosa corrent”? I si qui ho viu és un/a
nen/a? Com se’l pot protegir?

8. Què penses del desenvolupament del personatge de la Marjane al llarg de la


seva vida? Quins canvis importants destacaries?

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GUIA PER AL PROFESSOR

Suggeriments previs al visionat de la pel·lícula

- Veure el tràiler i comentar si algú ha vist la pel·lícula, de què creuen que va,
què els suggereix... 

http://www.youtube.com/watch?v=FGjcfGgVm64

- Es podria anar a la sala d’ordinadors i veure els següents enllaços; són


fotografies de la vida diària a l’Iran. Estaria bé obrir un debat per saber l’opinió
dels alumnes sobre el que veuen:

y La vida a la ciutat:
http://conflictiran.blogspot.com/2006/04/inside-iran-city-life.html
 
y La gent:  
http://conflictiran.blogspot.com/2006/04/inside-iran-people.html

y Conflicte Iran-Iraq:  
http://conflictiran.blogspot.com/2006/04/iran-iraq-war-pictures.html

y Fàbrica de tancs:  
http://conflictiran.blogspot.com/2006/04/iranian-tank-factory-
upgrades.html

- Demanar que per al dia de la realització de la guia portin la informació


necessària per a les activitats.

- Demanar que per grups portin una cartolina per a fer el mural de la tercera
activitat.

- Portar impreses les dues frases de la pel·lícula.

Sobre aquesta guia...

Aquesta guia està pensada per a realitzar amb alumnes de tercer i quart d’ESO
durant una hora de classe, encara que sempre, si es té temps, es pot allargar per tal
que la reflexió sigui més profunda.

Amb aquesta guia, les àrees de coneixement curricular que es treballen són; l’àrea
de llengua i l’àrea d’educació per al desenvolupament personal i la ciutadania.

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Descripció de les activitats proposades

- Activitat 1

Per aquesta activitat seria convenient que amb uns dies d’antelació es fessin els
grups i es demanés que per al dia de la guia es portés la informació necessària
sobre els tres temes per tal de fer les fitxes corresponents.

Amb aquesta activitat el que es pretén és que l’alumne conegui el context per tal
d’entendre una mica millor la pel·lícula i començar a treballar aquesta guia.

El temps destinat per a aquesta activitat seria de 10 minuts.

- Activitat 2

Per aquesta activitat seria convenient que amb uns dies d’antelació es fessin les
parelles i es demanés que per al dia de la guia es portés la informació necessària
per a realitzar l’activitat.

Bàsicament, seria fer un breu resum sobre la cultura musulmana i destacar


aquells aspectes que més cridin l’atenció o siguin més diferents dels nostres.

Després de que per parelles es llegeixi la informació que han portat i discuteixin
sobre el tema, s’obriria un debat per a que tothom donés la seva opinió.

Amb aquesta activitat el que es pretén és que l’alumne conegui la cultura


musulmana per a poder parlar-ne i comparar-la amb la nostra. Per a poder parlar
o criticar quelcom cal tenir coneixement sobre el tema.

El temps destinat per a aquesta activitat seria de 10 minuts.

- Activitat 3

Per aquesta activitat seria convenient que amb uns dies d’antelació es fessin els
grups i es demanés que portessin per al dia de la guia la informació necessària
per a fer l’activitat.

Primer, esbrinar quines són les principals religions que es practiquen en el nostre
país; i segon, buscar informació sobre cadascuna d’elles per tal de veure les
similituds i diferències que tenen.

Tota aquesta informació s’hauria de plasmar en un mural de la manera més


comprensible possible i penjar-ho a classe.

D’aquesta manera, coneixent les diferents religions, fomentarem el respecte a la


diversitat. Cal respectar als altres referent a la seva cultura, ideologia política,

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religió... Podem o no estar-hi d’acord, però no s’ha de discriminar per aquest fet; i
cal que aquest missatge arribi als/les alumnes.

En la pel·lícula es mostra com l’Occident no acaba de tractar bé a la Marjane; en


varies ocasions es veu que se la discrimina i el poc respecte que se li té. Cal
reflexionar-hi, pensar si és correcte que se la discrimini per ser d’on és.

El temps destinat per a aquesta activitat seria de 10 minuts.

- Activitat 4

Amb aquesta activitat es pretén tractar el tema de la llibertat; elaborant primer,


individualment, una definició sobre aquest terme; i després, elaborant-ne una
comuna.

Segurament per a cadascú dels/les alumnes la llibertat serà una cosa ben
diferent. Per tant, a l’hora de fer la definició comuna, caldrà tenir en compte totes
les opinions per elaborar-ne una el més completa possible.

Després, segons la definició que hagi sortit, caldrà debatre si es senten lliures o
en alguns casos aquesta llibertat se’ls és negada i per què.

És important fomentar la llibertat sempre i quan no afecti a la dels altres i es


regeixi sota uns valors ben definits. Cadascú ha de poder ser lliure d’escollir la
vida que vol dur, com la Marjane, que finalment, lluita per la seva pròpia llibertat
marxant a França.

El temps destinat per a aquesta activitat seria de 5 minuts; es miraria de posar en


comú les diferents opinions.

- Activitat 5

Amb aquesta activitat el que es pretén és que l’alumne es posi en la pell de la


Marjane i pensi què sentiria i què hagués fet ell/a en aquella situació; marxant del
país sol/a.

Viure sota una repressió política i cultural no és gens fàcil; no és com marxar per
voluntat pròpia sense cap condicionant negatiu darrere. És molt dur, i per això cal
transmetre als/les alumnes una conscienciació positiva vers totes aquestes
persones que venen d’altres països condicionades per aquest fet.

És cert que no tothom s’intenta integrar, però també cal que posem de la nostra
part; no podem discriminar ni deixar de costat a certes cultures o races, cal fer tot
el possible perquè es sentin a gust i amb ganes d’integrar-se; conèixer la nostra
cultura, els nostres costums...

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No és dolent sentir-se orgullós de la procedència d’un, i no s’ha de pensar que


totes les persones d’un país són iguals. Aquest fet es veu en la pel·lícula quan la
Marjane renega dels seus orígens per tal de ser ‘una més’.

El temps destinat per a aquesta activitat seria de 5 minuts; es miraria de posar en


comú les diferents opinions.

- Activitat 6

Amb aquesta activitat el que es pretén és que l’alumne conegui la realitat que
viuen les dones en aquell país, però també que conegui el perquè. No es pot
jutjar sense conèixer, i per això estaria bé buscar informació sobre el fet de portar
vel i el que significa per a elles.

Igualment, el que es demana és que doni la seva opinió sobre aquest tema a
partir de la frase (“El vel és sinònim de llibertat; una dona digna és la que es
cobreix de la mirada de l’home”). Potser després, si coneix més sobre el tema,
canvia d’opinió o augmenta el seu respecte cap a aquest fet i cultura.

El temps destinat per a aquesta activitat seria de 5 minuts; es miraria de posar en


comú les diferents opinions.

- Activitat 7

Viure una guerra no és gens fàcil ni agradable; i menys si ets un/a nen/a i veus
segons quines coses, com detencions i execucions.

Pensar que algú pot dir aquesta frase (“les detencions i les execucions es van
convertir en una cosa corrent”) fa que se’t posi la pell de gallina. Com pot haver
tanta violència? Com es pot tenir la sang tan freda?

Amb aquesta activitat es pretén que l’alumne reflexioni en com seria la vida d’una
persona que visqués aquesta situació. Com influiria en ella, quines
conseqüències patiria... i en el cas de que fos un/a nen/a qui ho visqués, com se’l
protegiria.

Aquesta reflexió hauria de fer més sensibles als/les alumnes vers aquestes
persones que avui en dia estan vivint una situació així i promoure un sentiment
de solidaritat i tolerància cap a ells/es.

El temps destinat per a aquesta activitat seria de 5 minuts; es miraria de posar en


comú les diferents opinions.

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- Activitat 8

Amb aquesta activitat el que es pretén és que l’alumne faci una reflexió sobre el
personatge de la Marjane, la seva evolució al llarg de la seva vida; tot el que viu,
en que la canvien, com se’n surt...
Alguns canvis importants a destacar serien:

y Quan executen al seu tiet

y Quan hi ha el canvi de govern

y Quan marxa del país amb 14 anys

y Els seus desenganys amorosos

y Quan torna a casa

y Quan es casa

y Quan marxa a França

S’obriria un debat per analitzar tot el que viu la protagonista, que a la vegada, és
l’història biogràfica de la directora/guionista.

El temps destinat per a aquesta activitat seria de 10 minuts.

Per concloure...

Amb el visionat de Persépolis i la realització d’aquesta guia; el que s’ha volgut


intentar és que l’alumnat reflexioni sobre la necessitat de sentir-se part d’alguna
cosa, sobre la intolerància religiosa i ideològica, sobre la falta d’empatia d’Occident
vers totes aquelles persones que viuen des d’altres realitats socials i culturals, sobre
la soledat i els desenganys i, especialment, sobre el descobriment de la identitat
personal.

Amb aquesta obra biogràfica tan arriscada un veu i pot reflexionar sobre com és i
com funciona la nostra complexa realitat. A partir d’aquí, hem de lluitar per a un futur
millor, just i tolerant.

A continuació s’adjunten dues frases significatives de la pel·lícula. Estaria bé penjar-


les a classe com a recordatori del dia d’avui.

Associació 9
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La memòria de
la família no
s’ha d’oblidar
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Sigues sempre
íntegre/a amb
tu mateix/a
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Marjane Satrapi DOSSIER 169
et Vincent Paronnaud

Persépolis

COLLÈGE AU CINÉMA

Avec la participation
de votre Conseil général
Les Fiches-élèves ainsi que des Fiches-films
sont disponibles sur le site internet :
www.lux-valence.com/image
Base de données et lieu interactif, ce site,
conçu avec le soutien du CNC, est un outil
au service des actions pédagogiques, et de
la diffusion d’une culture cinématographique SYNOPSIS
destinée à un large public.
France, aéroport d’Orly. Une jeune femme hésite à prendre un avion en
Edité par le :
direction de Téhéran. Elle se souvient.
Centre National de la Cinématographie 1978, Iran : la petite et insouciante Marji rêve de changer le monde en se
proclamant prophète, elle tutoie Dieu et amuse sa grand-mère. Mais la
Ce dossier a été rédigé par :
Carole Wrona, professeur en esthétique de
chute du chah d’Iran en 1979, la révolution islamique et l’arrivée au
l'image à l'Ecole Supérieure de Réalisation pouvoir des religieux la propulsent très tôt dans l’univers de la répression,
Audiovisuelle (ESRA), auteur de Imaginaires des interdits, emprisonnements, exécutions, interdictions. Elle découvre
de la taille humaine au cinéma,
L'Harmattan, 2006. alors l’histoire de son grand-père, aristocrate et communiste, de son oncle,
Anouche (Hanouche dans la BD), emprisonné sous le chah, exécuté sous
Les textes sont la propriété du CNC. l’ayatollah Khomeyni. Forte de cette mémoire familiale que lui a confiée
Remerciements : Anouche avant de mourir, Marji se veut révolutionnaire.
Joël Magny et Michel Cyprien, ainsi qu'à 1980, la guerre Iran-Irak : la vie à Téhéran continue malgré les bombar-
Vincent Jourde et à Arnaud Bisselbach pour dements, les martyres et les arrestations si nombreuses orchestrées par le
leur lecture attentive.
Photos de Persépolis : Diaphana Distribution, régime en place. Le port du voile est obligatoire. Les parents de Marji
Marjane Satrapi, Vincent Paronnaud, décident alors d’envoyer leur fille à Vienne.
L’Association.
L’adolescence de Marjane se déroule donc sous le ciel autrichien. Dès son
Directeur de la rédaction : arrivée, elle est expédiée dans une pension tenue par des sœurs. La jeune
Joël Magny fille s’isole mais retrouve sa faconde au lycée français de la ville. Elle
Rédacteur en chef :
apprend la culture occidentale, le racisme, l’intolérance, grandit, devient
Michel Cyprien femme et rencontre son premier amour, Marcus. Après une brève idylle
romantique, Marjane découvre qu’il la trompe. Effondrée, elle sombre,
Conception graphique :
Thierry Célestine. Tél. : 01 46 82 96 29
corps et âme. Ses parents lui demandent expressément de revenir à Téhéran.
La guerre Iran-Irak est finie mais pas les répressions ni les interdits. Dans son
Impression : pays, Marjane ne se retrouve pas, s’ennuie, déprime, puis refait surface : elle
I.M.E.
3 rue de l'Industrie – B.P. 17 décide alors de prendre des cours en art à l’université et rencontre son
25112 – Baume-les-Dames cedex premier mari, Réza. Elle se heurte à l’absurdité des lois qui contrôlent tenue
et comportements, à l’obscurantisme. Sa mère lui reproche de n’avoir pas su
Direction de la publication :
Joël Magny garder sa liberté et Marjane quitte époux et Iran pour venir s’installer à Paris.
Idoine production
8 rue du faubourg Poissonnière
75010 – Paris
idoineproduction@orange.fr

Achevé d’imprimer : décembre 2008


SOMMAIRE

PERSÉPOLIS
MARJANE SATRAPI & VINCENT PARONNAUD

LE FILM Carole Wrona

LES RÉALISATEURS 2
GENÈSE DU FILM 4
PERSONNAGES 5
DÉCOUPAGE SÉQUENTIEL 7
DRAMATURGIE 8
ANALYSE D'UNE SÉQUENCE 10
MISE EN SCÈNE 13
SIGNIFICATIONS 15
RETOURS D’IMAGES 16

INFOS

INFORMATIONS DIVERSES 17

PA S S E R E L L E S

LE DÉCOR POLITICO-HISTORIQUE 21
CINÉMA ET BANDE DESSINÉE 22
VILLES ET PAYS : UNE « IMAGE MÉTÉOROLOGIQUE » 23
L’ISLAM, LE CORAN ET LA FEMME 24

RELAIS

PISTES DE TRAVAIL 25
L E S R É A L I S AT E U R S

Répartition de compétences

Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi

Marjane Satrapi Nasser Ali Khan, un joueur de tar (luth avec un long manche)
Marjane Satrapi est née en 1969 en Iran sous le régime du qui se laisse mourir après la perte de son instrument à cordes
chah dans une famille de militants communistes. Elle grandit pincées. Le noir et blanc reste une façon de mettre en valeur
et étudie au lycée français de Téhéran puis poursuit ses études les expressions des personnages, d’encadrer les visages, de
à Vienne (Autriche). De retour en Iran, elle s’inscrit aux Beaux- souligner leurs propos. L’épurement est maximal. L’absence de
Arts de Téhéran. Elle obtient une maîtrise de communication décors permet de rester au plus près (et les gros plans sont
visuelle avec un sujet qui porte sur la création d’un parc d’at- légion) de ce qui se chuchote, se dit, se vit.
tractions consacré aux héros de la mythologie persane. En
« Dans la bande dessinée, contrairement à l’illustration, les
1994, elle s’installe en France où elle fait des études à l’Éco-
dessins font partie de l’écriture. Ils ne viennent pas accom-
le Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg pour devenir
pagner un texte déjà existant, les deux fonctionnent ensemble.
graphiste. Elle vit et travaille désormais à Paris.
À ma connaissance c’est le seul médium qui marche comme
Elle fait alors la connaissance de David B., en réalité Pierre-
ça. Et si vous ajoutez de la couleur, des décors ou autres, ce
François Beauchard. Ce dessinateur et scénariste, un des
sont des codes supplémentaires qui changent le rythme de lec-
représentants les plus importants de la Nouvelle Bande
ture du livre. Voilà donc une première raison pour laquelle je
Dessinée française, est également cofondateur de la maison
choisis le noir et blanc : parce que mes histoires sont souvent
d’édition l’Association. Cette dernière, qui a vu le jour en
très bavardes, et si le dessin est lui aussi très bavard, cela
1990, va révéler des artistes comme Johann Sfar et, juste-
peut devenir excessif. J’essaie d’obtenir une harmonie, je
ment, Marjane Satrapi. Elle édite des petits formats, souvent
mise sur l’expression et préfère zapper le reste, les choses vrai-
brochés, en noir et blanc. Cette rencontre est déterminante :
ment secondaires. » (M. Satrapi in www.cuverville.org)
la jeune femme s’intéresse immédiatement au 9e art. David B.
l’encourage à raconter sa vie et préfacera le premier album de Avec Persépolis, Marjane Satrapi s’attelle à l’autobiographie.
la série Persépolis. Leur style se croise parfois. Écrire pour elle devient la seule façon de parler sans être
Parallèlement à cette récente passion, elle réalise des illus- interrompue, se plait-elle à préciser. Elle croque et raconte sa
trations de livres pour enfants, des dessins pour les journaux, famille, son pays, l’exil, les bouleversements historiques et
des fresques murales. Outre Persépolis, dont le premier tome rend universelle l’histoire de cette petite Iranienne. Elle décrit
paraît en 2001, elle a également publié Broderies (2003), un avec le même humour les travers de la société occidentale
récit qui met en image le salon des Satrapi et les discussions nantie et le recul des droits individuels dans son pays natal.
amusantes, sérieuses et délicieuses des femmes qui prennent Le succès est tel que l’adaptation au cinéma s’impose.
le thé ensemble. La grand-mère de Marji a, bel et bien, tou-
jours le sens de la repartie. Poulet aux Prunes (2004, Prix du
meilleur album au festival d’Angoulême) rend hommage à

2
■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■

Vincent Paronnaud qu’elle lui porte et finit par être conquis. L’idée de travailler
Plus connu sous le pseudo Winshluss, Vincent Paronnaud est ensemble germe ainsi petit à petit et finalement, c’est le film,
né à la Rochelle en 1970. Consacré grand maître de l’humour l’animation, qui les réunit pour Persépolis.
macabre, il reste une figure incontournable de la bande des- Marjane écrit l’histoire, Vincent Paronnaud l’aide à rédiger le
sinée underground. Mélangeant allègrement les genres, revi- scénario et le découpage. Ensuite, Marjane se penche sur les
sitant les codes de la bande dessinée, son esthétisme et son objets et sur les personnages. Elle les dessine d’ailleurs tous
histoire, il publie des albums, Super Négra (1999), Welcome (600 personnages au total ! un record !), de face, de profil. Elle
to the Death Club et Pat Boon, Happy End (2001), et réalise fait même réaliser des séquences où seule face à la caméra,
également des story-boards pour des séries. elle montre à ses animateurs comment dessiner une expres-
Il est le créateur de Monsieur Ferraille, figure emblématique sion, un geste, faire découvrir un mouvement. Vincent, lui,
de la revue « Ferraille illustré » dont il est le rédacteur en chef s’occupe des décors. Or, il n’existe aucun décor dans la bande
avec Cizo (Lyonel Mathieu) et Felder. Publiée de façon irré- dessinée. Le défi est de taille : respecter l’univers Satrapi tout
gulière par les Requins Marteaux depuis 1996, cette revue en créant une nouveauté. Le dessinateur s’inspire alors des
décalée – mi-fanzine, mi-magazine – met en avant des auteurs photographies de Téhéran et de Vienne pour saisir l’espace
comme Christophe Blain (Donjon Potron-Minet ou Le réduc- autour de la petite Marji. De même, il remarque que le noir
teur de vitesse), Mathieu Sapin (le créateur de Supermurgeman), et blanc si tranché de la bande dessinée ne peut convenir au
Killoffer (illustrateur de Fantomette) et d’autres. Pour dénoncer cinéma : après moult réflexions, les personnages restent au
la société de consommation, Winshluss et Cizo organisent plus près de leur origine dessinée mais Vincent Paronnaud
également des expositions « Supermarché Ferraille » ou impose un décor composé d’un dégradé de gris. Ensuite, les
« Musée Ferraille ». deux dessinateurs divisent encore leur travail : Paronnaud
Il coréalise avec Cizo deux courts métrages d’animation : O s’intéresse à l’articulation entre les scènes, et Marjane à ce qui
boy what nice legs (noir et blanc, 1 minute, 2004), Raging se passe dans les plans, à l’intérieur des scènes.
blues (noir et blanc, pictogrammes animés, 6 minutes, 2003), Enfin, clin d’œil amusé, leur collaboration se retrouve dessi-
voir le site : née en ouverture du film : la silhouette de Vincent – ce jeune
http://www.mrhyde.fr/realisateur.php?lang=fr&idCategorie=2& homme barbu qui regarde sa montre – côtoie Marjane qui
realisateur=97. consulte les horaires de vol pour Téhéran.
Marjane Satrapi envisage de porter à l’écran, toujours avec
« Au début, j’avais peur du côté ethnique ‘Jamais sans ma fille’ Vincent Paronnaud, Poulet aux Prunes, qu’elle considère
et aussi du côté ‘BD de filles’ qui, dans les médias, entouraient comme son meilleur album.
le travail de Marjane. (…) Ce genre de livres est à la fois péda-
gogique, informatif, tout en restant artistique et ludique, tout
en mélangeant l’humour, le sérieux et l’émotion, ce qui n’est
pas courant. (...) C’est primordial artistiquement de savoir
pourquoi on fait les choses. Marjane, elle, a répondu à ces
questions par son travail. On sent bien qu’il a un sens, une uti-
lité artistique, une profondeur. Il n’y a pas tellement de bou-
quins comme ça qui changent le regard.» Vincent Paronnaud.

Une collaboration
En 2000, Marjane Satrapi demande à Vincent Paronnaud de par-
tager son atelier. Un peu étonné, Vincent Paronnaud se rend à
son invitation, la trouve très extravertie, se méfie de l’admiration

3
GENÈSE DU FILM

De la bande dessinée à l’animation

La BD... ...le film

De la case… production, 2.4.7. Films. Le financement – grâce aux succès


Les couvertures de Persépolis symbolisent avec ironie la pulsion des BD – se monte autant avec l’aide de la fondation Gan que
conquérante des hommes. Sur des fonds colorés, un cavalier, de celle de Kathleen Kennedy (productrice de S. Spielberg).
sabre à la main, s’apprête à donner l’assaut. L’attitude des che- Une bande dessinée n’est pas un story-board de cinéma. Le
vaux, la longueur de l’arme tranchante, le geste, accusent la dessinateur croque l’instant idéal et laisse aux lecteurs le soin
cruauté de ces individus. Cependant, la dernière couverture de compléter le geste. La case est différente du plan et la nar-
représente Marjane, immobile, sur un cheval. L’auteur a maintes ration ne peut être travaillée de la même façon. Il a donc fallu
fois spécifié que dans la mythologie persane, beaucoup d’hé- à Marjane Satrapi penser au mouvement, à la musique, aux
roïnes montent à cheval, ce qui dans l’Iran d’aujourd’hui est bruits, aux voix.
inconcevable : une femme portant tchador ne peut décemment
devenir cavalière. Ces couvertures ne font donc pas écho à Adaptation
l’affiche du film qui montre la photo de famille, assurant dès lors Scénariste de ses bandes dessinées, Marjane reprend la trame
de se retrouver en famille pour Persépolis. narrative mais se concentre sur sa famille et sur des moments
1er tome : 1978-1980 – Enfance de Marji et chute du chah. Le bouleversants. Ainsi y-t-il peu de séquences à l’école, et ne
premier volume se clôt sur l’exécution de l’oncle Hanouche. sont rappelés ni le départ des parents pour la Turquie ni leur
2e tome : 1980-1984 – Description de la vie quotidienne retour avec des cadeaux occidentaux (le badge de M. Jackson
durant la guerre contre l’Irak et la montée de l’extrémisme reli- vient de là) ; Marjane évite d’illustrer les scènes de torture
gieux. Le volume s’achève sur le prochain départ de Marji pour décrites par Siamak, pourtant montrées dans le tome 1. De
l’Autriche. même, elle laisse de côté les déboires sentimentaux de la
3e tome : 1984-1988 – L’adolescence à Vienne se termine par bonne (tome 1) qui suggèrent cependant les différentes couches
l’image de Marjane reflétée dans un miroir et qui redécouvre sociales iraniennes nullement évoquées dans le film. Enfin,
le port du voile. lorsqu’une bombe détruit l’immeuble des Baba-Lévy (tome 2),
4e tome : 1988-1994 – L’âge de raison et le retour à Téhéran Marjane ne dessine pas la main, juste le bracelet et laisse une
laissent dubitative la jeune femme qui va devoir réintégrer la case noire pour cacher ce qu’elle ne consent à voir.
société iranienne. À la fin, elle laisse sa famille à l’aéroport de Certaines images de l’œuvre dessinée trouvent une expression
Téhéran. cinématographique, ainsi Marji planant dans son lit (tome 1),
Marji épinglée par les oreilles (tome 1), Marcus criant son
400 000 exemplaires sont vendus en France, mais l’œuvre de amour au seuil de sa chambre (tome 3), etc. L’auteur reprend
Marjane Satrapi dépasse les frontières. « On m'a proposé d'en aussi la crudité des dialogues. Le quatrième tome est alors sans
faire une série à la Beverly Hills ou un film avec Jennifer doute celui qui est le plus rapidement résumé.
Lopez dans le rôle de ma mère et Brad Pitt dans celui de mon Les scènes ajoutées sont celles traitées en couleur. Se dérou-
père, ou quelque chose comme ça ! » (M. Satrapi). lant à l’aéroport d’Orly, elles prennent racine dans la mélan-
colie de l’exilée et provoquent le retour, non pas au pays, mais
… au plan aux souvenirs.
Marjane Satrapi décide de coréaliser son film avec l’aide de
Vincent Paronnaud. Elle rejette d’emblée l’idée de mettre en
scène un Persépolis à prises de vue réelles et se tourne vers
l’animation en 2D, du dessin animé traditionnel. Trois années
de travail et 80 000 dessins ont été nécessaires pour 130 0000
images. Convaincus par le talent de Marjane, Marc-Antoine
Robert et Xavier Rigault ont spécialement créé une maison de

4
PERSONNAGES

Des croquis dans « l’œil du Tigre »

même statut social en dehors de l’Iran. Notons que son métier


n’est pas mentionné dans le film. D’ailleurs, aucune profession
n’est expressément citée, l’intérêt tourne bel et bien autour de
l’engagement politique de cette famille ouverte, progressiste,
moderne. Ses premières apparitions dénotent le caractère
engagé du personnage : lors d’une fête, il parle d’un ami
emprisonné et, surexcité, il court rejoindre sa femme pour lui
annoncer que la révolution a commencé. Ebi aide, soutient,
manifeste, prend des clichés des événements historiques. Actif,
il n’est cependant pas inquiété, mais il craint pour sa fille. Il
prend en charge l’éducation politique de Marji. Pédagogue, il
explique les tenants et aboutissants de l’histoire iranienne
contemporaine. Sa vie privée, sa rencontre avec Tadji, son
Marjane mariage, ne sont jamais évoqués.
Enfant unique et choyée par des parents issus d’une classe
sociale aisée, Marji (son diminutif) est délicieusement insup-
portable. C’est à la première personne du singulier que le
film est construit : dans l’image et dans la bande sonore se
côtoient la voix off d’une Marjane adulte et l’image d’une
enfant en train de grandir. La petite fille est curieuse, avide de
savoir et de comprendre. Elle est également réceptive aux his-
toires contées, notons que ces récits ne mettent guère en
scène des princesses en péril, des dragons et que les contes
chuchotés le soir sont ceux de la vie et regroupent la mémoire
familiale. Elle aime la culture occidentale (des Bee Gees à
Terminator en passant par Iron Maiden, les baskets ou le punk,
et elle parle français). Elle s’identifie à ses héros (un prophète,
Che Guevara, Bruce Lee) et possède une imagination qui lui
permet de tutoyer Dieu et Marx. Déterminée, elle dit ce qu’elle Tadji, la mère
pense : si enfant, cela lui vaut des désagréments attendrissants, Mère protectrice, jeune et belle, douce, affectionnant le pan-
adolescente, cette franchise peut provoquer de plus graves talon et le foulard noué comme une cravate, Tadji n’est guère
ennuis. Elle se sent responsable, prend parti et son parcours montrée portant le voile. Ce qui accentue son modernisme.
politique est lié à celui de ses parents, communistes. C’est en Femme au foyer, elle s’occupe du repas, fait les courses, tou-
Autriche cependant qu’elle reniera ses origines. En même jours serviable mais capable de piquer une colère lorsqu’elle
temps, au-delà des différences de langue, géographie, religion, entend certains propos machistes. Son intérieur est constitué
le personnage de Marjane fait écho à tous ces adolescents qui d’une bibliothèque (signe de culture) et d’un tableau abstrait.
ont pris une raquette de badminton pour une guitare et joué Lorsqu’elle pleure lors du mariage de Marjane, l’accusant de ne
sur une musique de hard rock. pas être restée une femme libre, Tadji laisse entendre qu’elle ne
souhaite pas que sa fille suive son parcours de femme au foyer,
spectatrice plutôt qu’actrice de sa vie. Le modernisme qui se
dégage de Tadji vient fortement de l’éducation qu’elle a reçue
de sa propre mère. Bien qu’elles soient complices toutes deux,
la grand-mère reporte sur sa petite-fille ses illusions.

La grand-mère
Le grain de beauté situé juste au-dessus de sa lèvre est le lien
le plus sûr entre elle et sa petite-fille. Mariée à un prince Kadjar
(ou Ghajar) communiste et privé de son bien, élégante, cultivée,
elle a connu la pauvreté et a même divorcé. Elle reste l’inter-
locutrice privilégiée de Marji qui se confie à elle. Elle fume la
pipe et ne porte pas le hijab (voile). Elle n’hésite pas à user
d’un vocabulaire cru ou à s’emporter devant le film catas-
Ebi, le père trophe japonais, Godzilla. La grand-mère est liée aussi aux
Ingénieur, il décide de ne pas quitter son pays dans la tour- fleurs de jasmin, à l’odeur de l’enfance. Elle mourra un an
mente car il n’est pas assuré que la famille Satrapi retrouve le après le départ de Marjane en France.

5
■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■

C’est par le biais du récit de sa femme (Tamer a fait une crise


cardiaque) et par celui de la grand-mère (Tamer a obligé ses
fils à partir à l’étranger) que se dessine une autre destinée tra-
gique, bouleversée par les événements historiques. Il n’est pas
précisé s’il est le frère de Tadji ou d’Ebi, mais l’attitude de la
grand-mère, mère de Tadji, peut faire penser qu’il n’est pas le
frère de celle-ci.

Khosro et Niloufar
Ancien éditeur, Khosro fabrique des passeports et a recueilli
Niloufar, sœur de son coursier et communiste. Sans doute
dénoncé, il va devoir fuir le pays. Niloufar quant à elle est exé-
cutée. Mais avant, elle devra se marier avec un « gardien de
Oncle Anouche la révolution » pour ne pas mourir vierge. Une horreur qui
Le frère d’Ebi est le héros de la famille, image d’une vie enga- bouleverse Tadji et, suivant le déroulement de la narration,
gée, d’un sacrifice total. Libéré après la chute du chah, il est laisse à penser que cet épisode a accéléré le départ de Marji
exécuté sous l’ayatollah. Dans sa jeunesse, avec l’oncle en Autriche.
Fereydoune (grand-oncle de Marji), il participe à la création
d’une république indépendante dans l’Azerbaïdjan irakien. Il
Génération punk
est lié aux deux cygnes confectionnés en mie de pain lors
Momo, Thierry, Olivier et Eve sont les marginaux, mais bien nan-
de son emprisonnement. Les deux cygnes, images alors
tis, du lycée français. Ils apprennent à Marjane nonchalance et
d’Anouche et de Fereydoune, partent libres à la fin du rêve de
nihilisme. C’est dans cette génération que Marjane va vivre ses
Marji. Sa mort provoque une révolte spirituelle chez Marjane
premiers émois et déceptions, hors de tout contexte politique.
qui remet en cause l’existence de Dieu.
Une galerie de portraits qui fait plonger dans les tenues vesti-
mentaires et coiffures typiques des années 80 en Europe.

Marcus
Visuellement, il rappelle Le Petit Prince de Saint-Exupéry.
Blond, élégant, élancé, il est prince charmant pour la brune
Marjane. Sa trahison est suivie d’images peu flatteuses du
personnage. Il provoque le retour de Marjane en Iran.

Réza
Le premier époux de Marjane, rencontré sur les bancs de
l’université, est plutôt désinvolte. Le mariage qu’il propose à
Marjane semble lié plus aux circonstances (interdiction de se
rencontrer pour un couple s’il n’est pas uni) plutôt qu’à une
Siamak passion. Marjane ne sourit guère sur les photos de mariage et
Ami de la famille, Siamak est journaliste, un des rares métiers la scène choisie pour illustrer ce soir mémorable est celle
cité dans le film accentuant ainsi sur les interdits, censures, sur d’une Tadji accusant sa fille de ne pas avoir suivi ses préceptes
un Siamak défenseur des libertés. Son arrivée dans la vie des et l’incitant à choisir sa vie. Cet « épisode Réza » permet de
Satrapi au début du film permet de plonger aussitôt Marji mettre un éclairage sur la situation des femmes en Iran lors-
dans la vie politique et engagée. Emprisonné sous le chah, il qu’elles souhaitent divorcer. Réza sera le moteur qui va pro-
est libéré sous la révolution, mais il va devoir fuir le pays. C’est voquer le dernier départ de Marji en France.
le premier prisonnier politique que Marji rencontre, le premier
héros aussi. Ses récits où il parle sans détour de son calvaire
donne une idée à Marji : torturer un copain de classe. Ainsi
le supplice subi par Siamak trouve écho dans les jeux cruels
enfantins.

Oncle Tamer
Nous ne verrons pas son visage, nous ne l’entendrons pas par-
ler. Seule sa respiration artificielle accentuera l’angoisse qui
point à la vision de cet hôpital dirigé par des incompétents.

6
D É C O U PA G E
SÉQUENTIEL

Sauve qui peut (le bonheur)

1 0h 00’00 une clé du Paradis... Tadji convainc le fils de Mme 41 1h01’16


Générique. Nasrine de ne pas écouter l’instituteur et refuser (N&B). Marjane retrouve Téhéran, ville martyre, son
d’être un martyre. père qui parle des huit ans de guerre pour rien.
2 0h00’32
(Couleurs). Orly. Une femme noue un foulard et 21 0h30’04 42 1h03’29
hésite à prendre un avion pour Téhéran. Fête clandestine. Fabrication de l’alcool prohibé. Grand-mère raconte le destin de la famille, des amis
3 0h02’35 22 0h30’45 qui la trouve trop peu occidentalisée.
Elle songe (N&B) : aéroport Téhéran, les Satrapi La voiture des Satrapi est arrêtée par les Pasdaran, qui 43 1h05’22
accueillent une amie de Paris. acceptent un bakchich. Elle s’ennuie, voit un psy, songe au suicide, mais
4 0h03’23 23 0h32’38 Dieu et Marx affirment : « La lutte continue ».
« Téhéran, 1978 ». Fête. Propos frivoles, allusions Hôpital Téhéran. Oncle Tamer doit subir une opéra- 44 1h09’26
aux prisonniers politiques... tion en Occident. Fermeture des frontières. Ebi com- Au réveil, Marji fonce : Université, gym...
mande un passeport chez Khosro qui cache une
5 0h04’15 45 1h10’32
communiste, Niloufar.
Tadji en cuisine. Marjane dicte à Grand-mère les « Téhéran, 1992 ». Cours d’histoire de l’art aux
lois du bonheur. Ebi rentre enthousiaste d’une manif 24 0h34’57 images censurées. Marji rencontre Réza : fête et
et fait taire Marji, persuadée des pouvoirs divins du Godzilla au cinéma amour...
chah. (Enchaîné rideau de théâtre). 25 0h36’32 46 1h12’20
6 0h05’55 Khosro s’exile. Niloufar violée et exécutée. L’oncle Trop maquillée, elle dénonce un passant aux soldats
Il explique qui était le père du chah. (Rideau). meurt. de la révolution. Rappel de Grand-mère : l’intégrité
7 0h07’14 26 0h37’18 ! Accusée une autre fois de « mouvements impu-
Marji apprend avec surprise que son papi, de famille Bombes. Marji voit un cadavre. diques », elle lance : « Regardez pas mon cul ! »
royale est communiste. 27 0h38’23 47 1h15’17
8 0h07’50 Marji contredit violemment une prof de religion. Ses Grand-mère est fière quand Marjane dénonce l’hy-
Émeutes. Un soldat tue un homme. parents l’envoient à Vienne. Grand-mère lui conseille pocrisie des cours d’anatomie sans nu.
de rester « digne et intègre ». 48 1h17’25
9 0h08’41
Retour de manif des parents. Marji scande « À bas le 28 0h40’45 Réza aimerait partir à l’étranger. Contrôle des pas-
chah ! » Émeutes. Retour et récit d’un ex-prisonnier Aéroport de Téhéran. Vision de Tadji, brisée. daran, libération sous caution : ils se marient...
torturé. 29 0h41’42 49 1h18’59
10 0h11’20 Aéroport d’Orly (couleurs). Marjane enlève son fou- Photos du mariage. Tadji reproche à Marji de se
Marji entraîne ses copains à appliquer la torture à un lar. Visage de Marji fumant et immeuble à Vienne marier à 21 ans, perdant son indépendance.
camarade, Ramine. Tadji intervient. (split screen). 50 1h19’48
11 0h12’40 30 0h42’24 « Un an plus tard ». Dissensions dans le couple.
Dieu fait la morale à Marji qui pardonne à Ramine, Bref séjour chez une amie de sa mère, puis Marji en Discussion au café sur les femmes divorcées. Grand-
dont la réaction anti-communiste la fige. pension chez les religieuses. Ne parlant pas alle- mère approuve l’idée.
mand, elle trouve son bonheur au supermarché. 51 1h22’45
12 0h13’34
Le chah parti, Marji est sceptique devant l’hypocri- 31 0h43’42 Lors d’une fête clandestine, les pasdaran tuent un
sie des adultes.... L’oncle Anouche raconte sa vie à Lycée français, nouveaux amis impressionnés par ami de Marjane. Elle quitte Réza et ira en France.
Marji, lui conseille de « ne pas perdre la mémoire de son histoire. Marji découvre avec plaisir la vie alter- 52 1h25’51
la famille » et lui offre un cygne en mie de pain native viennoise. Dernières vacances avec Grand-mère. Adieu à
fabriqué en prison. 32 0h45’01 l’oncle Anouche.
13 0h18’09 Seule à Noël. Elle ment à ses parents et se fâche 53 1h26’40
Élections, répression, menaces d’un ayatollah à la TV. avec les sœurs qui la chassent. Chez une prof de Aéroport Téhéran. Adieux de la famille.
En prions, Anouche offre à Marji un autre cygne. philo, elle s’instruit. Mélancolie.
54 1h 28’09
14 0h 20’41 33 47’59 (Couleurs). Orly, taxi. Marjane dit au chauffeur
Anouche a été tué. Dans sa chambre, elle chasse Carton « Vienne 1986 ». Discussion avec ses amis qu’elle vient d’Iran.
Dieu. (Fondu au noir sur les cygnes). autour de l’engagement.
55 1h28’30
15 0h21’22 34 0h48’53 Voix off de Marji et Grand-mère dont les fleurs de
« Un an après ». Guerre Iran-Irak. Exécutions, voile, Marji grandit, prend forme, séduit. Elle se fait passer jasmin envahissent l’écran.
chants patriotiques islamistes à l’école. Marji est rap- pour française. La voix de Grand-mère le lui
Générique de fin.
pelée à l’ordre. reproche.
Durée totale : 1h32’
16 0h22’44 35 0h51’04
« Téhéran 1984 ». À l’école, pendant la propagan- Café. Des jeunes femmes critiquent son attitude : elle
de, Marji et les autres discutent musique. Alerte. hurle qu’elle est iranienne !
17 0h23’23 36 0h51’29
Un supermarché vide : deux femmes se disputent de Après trois ans et de nouveaux amis, rencontre avec
la nourriture. Tadji intervient mais est interpellée : elle Fernando, qui se découvre homosexuel.
est « mal couverte ». 37 0h53’01
18 0h24’52 Rencontre avec Marcus. Bonheur, mais il la trompe !
Nuit. Bombardements. Les Satrapi se réfugient dans 38 54’54
la cave. Accusée de vol par sa propriétaire, Marjane rentre.
19 0h25’47 39 1h00’04
Téhéran en ruine. Marji arbore un T-shirt « Punk is Aéroport Téhéran. Ses parents la reconnaissent à
not ded » (sic). Interpellée par des femmes extré- peine.
mistes, elle invente une histoire. 40 1h00’50
20 0h28’17 Orly (couleurs). Marjane songe : « Plus rien ne sera
Guerre. Des martyres sont poussés à se sacrifier pour comme avant ».

7
D R A M AT U R G I E

Une autobiographie en exil

Si la littérature regorge d’ouvrages autobiographiques depuis Ce point de départ narratif aimerait finalement être également
Les Confessions de Rousseau, la bande dessinée a plus de dif- un retour, et un retour aux sources. C’est donc l’image de l’aé-
ficultés à opter pour la première personne du singulier. Notons roport, lieu des départs et des arrivées, qui va construire le
cependant la floraison de dessins à case tirés de la vie des film. Par trois fois, Marji se trouve dans un aéroport, celui de
auteurs depuis quelques années, ainsi l’exceptionnel Téhéran, par trois fois, Marjane reprend le fil de son passé à
L’Ascension du Haut Mal (David B., 2000), Pedro et moi (Judd Orly et laisse venir dans son plan la petite fille qu’elle était.
Winick, 2000), ou Maus (Art Spiegelman, 1986 et 1991 aux La première arrivée ne concerne pas Marji, mais un membre
États-Unis, Prix Pulitzer 1992) bien sûr. Le biographique est de la famille : une jeune femme aux longs cheveux dénoués
ainsi de plus en plus présent dans le 9e art, les artistes choi- (sans contrainte donc) revient de Paris1. Cette amorce annonce
sissent alors des croquis réalistes, souvent en noir et blanc, ils le départ final, celui qui emmènera Marjane en France.
centrent leur narration sur le personnage qui a vécu de l’in- Révolution, émeutes, chute et exil (encore un) du chah d’Iran
térieur cette histoire-là. Le dessin permet d’user d’images composent cette partie qui s’ouvrait bien autrement sur le
fortes, et les traits des personnes se retrouvent caricaturés thème du voyage, de la découverte, du bonheur et de la fête.
dans ceux des personnages. La seconde vision de l’aéroport est liée à l’exil autrichien. Le
En projetant son autobiographie dessinée sur grand écran, départ est une contrainte et la scène d’adieu un déchirement.
Marjane Satrapi doit trouver un point de départ narratif fort. L’héroïne ne parle pas allemand et ce choix géographique est
lié à la présence d’une amie de Tadji à Vienne. Une présence
L’exil et le flash-back vite évacuée au demeurant. La Marjane en couleurs défait
Persépolis est ainsi construit en flash-back. La scène d’ouver- alors son foulard. Ce geste peu anodin est un dévoilement nar-
ture qui se déroule à l’aéroport d’Orly pose d’emblée l’image ratif évident (Marji a dû elle aussi enlever ce voile à son arri-
de l’exilée, de celle qui aimerait (re)partir. Il n’empêche que vée à Vienne) mais également un enjeu narratif : Marjane n’a
cette image est dès l’abord constituée de petits effets narratifs jamais raconté son séjour en Autriche. Le dévoilement se fait
qui donnent une consistance politique à cet exil. En effet, dans confession.
les toilettes pour dames, Marjane se couvre d’un foulard, elle Enfin, la troisième partie correspond au retour de l’enfant
s’apprête à quitter l’Europe pour l’Iran. Et s’apprêter ici signi- prodigue à Téhéran, ses parents ayant bien du mal à la recon-
fie aussi bien modifier son apparence physique que se pré- naître tant elle a grandi. Remarque que feront régulièrement
parer à partir. L’image dans le miroir révèle la part narcissique certains personnages au cours du film. La petite fille n’en finit
de Marjane. Et si elle se recouvre d’un foulard dès le début du jamais de grandir dans Persépolis. La Marjane en couleurs boit
film, c’est pour mieux se dévoiler au fur et à mesure. un café, fondu enchaîné, et Marji en noir et blanc déguste une

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omelette à la tomate, un petit-déjeuner, avec ses parents. Le en parlant de Bakounine. L’éducation donnée par ses parents
retour au pays passe par la nourriture. Cette dernière prenant n’est pas très loin. Cependant, cette soirée tourne rapidement
de l’importance quelques scènes plus tôt lorsque Marjane ne au drame lorsque Marjane renie justement ses origines et son
peut s’acheter ce fameux gâteau autrichien tant vanté par son éducation. La hippie Bergitt organise des soirées dites anar-
père avant son départ de Vienne. chistes où aucune question politique n’est abordée. Et c’est la
Le film s’achève alors sur la Marjane en couleurs qui quitte première déconvenue amoureuse pour Marjane sous les traits
l’aéroport d’Orly. Ambiguïté narrative car l’auteur a joué sur de Fernando. Puis une fête est rapidement citée lorsqu’elle
cette phrase « Je viens d’Iran », dite par la Marjane qui va assu- tombe amoureuse de Marcus, scène délicieuse où ils sont
mer son exil en France et la Marjane du passé qui vient d’ar- seuls au monde. C’est écrire ainsi l’importance de la fête
river à Paris. durant la période adolescente de Marjane. Liberté et permis-
sions se conjuguent avec détente et séduction.
La montée de la cruauté ou l’image de la fête
Si le lieu, l’aéroport, permet à Marjane Satrapi de nouer un lien
entre les épisodes de son existence et d’imposer d’emblée le
thème de l’exil, les scènes de fêtes, savamment distillées,
assurent une montée dans l’intolérance jusqu’à la chute finale
et la mort d’un camarade.
Chaque époque a son moment d’évasion, traité différemment
mais permettant, à travers le prisme du divertissement, de
saisir les enjeux, politiques, sociaux, etc.
La première fête suit de près l’arrivée à Téhéran de la cousine
qui revient de voyage. Danse, boissons (un plateau est servi
au premier plan), discussions féminines, jeu de Marji mettent
en avant le dialogue entre Ebi et l’épouse de Siamak sur le sort
d’un détenu opposant au régime du chah. Cette façon d’abor-
Enfin les dernières fêtes ont lieu lors du retour de Marjane en
der le contexte iranien entre deux éclats de rire va permettre
Iran. Une cérémonie officielle, celle du mariage, est traitée
de lui donner une ampleur que les scènes suivantes vont
sous deux formes : la photographie qui fige ainsi l’instant du
révéler. La découverte de la dictature et des sanctions impo-
bonheur, et une scène entre Marji et sa mère. Cette scène traite
sées n’est pas encore une réalité pour Marjane.
de l’indépendance de la femme et de l’éducation que Tadji a
donnée à sa fille, elle montre également le combat de l’une
contre l’asservissement et les contraintes du mariage.
L’échange des alliances, la fête en tant que telle, le repas ne
sont nullement abordés, laissant alors l’impression que cette
union est vouée à l’échec, que cette cérémonie, guindée, n’a
rien d’un moment d’euphorie et de détente. Au sourire figé de
Marji s’opposent les pleurs de sa mère.
Enfin, la dernière image de fête laisse un goût bien amer, fête
clandestine qui s’achève dans la tragédie mais provoque le
départ de Marjane.
C’est un fait, la jeune femme ne se découvre pas seulement
physiquement à travers ces scènes dansées, euphoriques,
interdites, permissives, mais elle se découvre aussi elle-même.
La deuxième fête se déroule durant le régime de Khomeyni et Ainsi, le lieu aéroport assure une construction idéale et divise
la guerre Iran-Irak. C’est en cachette que les Iraniens conti- le film en séquences tandis que les fêtes font monter la ten-
nuent à s’amuser et d’autant en cachette que les dénoncia- sion au cœur même de ces séquences.
tions, les espionnages sont légion. Ainsi, faire la fête devient
un acte de résistance. L’alcool, interdit, est l’élément essentiel
à la réussite de ce genre de soirée. Le danger est dès lors impo-
sé avec l’arrivée de l’oncle qui longe les murs de la ville et l’ar-
restation de la famille Satrapi.
Ensuite, trois fêtes se déclinent lorsque Marjane vit à Vienne,
façon alors de rappeler la liberté qui deviendra rapidement
liberté sexuelle. La première fête a lieu la nuit sous une véran-
da, au vu et su de tout le monde. Marjane, devenue jeune 1) Une scène ajoutée par rapport à la BD.
femme, s’habille élégamment, se maquille et espère séduire

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A N A LY S E
D'UNE SÉQUENCE

Séquence 37 : Marji sort d’une déception avec Amour et désillusion


Fernando qui s’est révélé brusquement
homosexuel...
De 53’10” à 54’43” (1’33”).

Plan 1 - Après avoir conclu que « l’amour est un sentiment petit-bourgeois » mais
que « Life is life », Marji est plongée dans sa tristesse, apparemment indifférente au
monde et s’absorbant dans sa lecture. Elle apparaît d’autant plus isolée qu’elle forme
une silhouette noire (manteau et cheveux), sur un banc sombre, se détachant sur un
fond clair façon sfumato évoquant les brumes de l’automne. Elle lève des yeux tristes
d’épagneul mais ouverts à ce qui se présente : une autre forme noire, en amorce,
qui vient refermer le cadre.

Plan 2 - En contrechamp, du point de vue de Marji, le visage clair, les cheveux


blonds, souriant sur un fond de ciel presque blanc, contrastant avec le présage
sombre du plan précédent. Une musique romantique renforce cette vision idyllique
et un fondu enchaîné commente encore cette vision subjective en remplaçant le
visage de Marcus par une boule reflétant la lumière par de multiples facettes, sur
fond de ciel étoilé... Elle évoque la fête, le plaisir, mais aussi le cosmos (avec des
rayons qui font un instant songer à un satellite planétaire) : le destin a frappé à la
porte de son imaginaire..

Plan 3-4 - C’est l’idée de fête qui l’emporte avec une danse sur fond d’étoiles en
mouvement. Les corps sveltes des deux jeunes gens, tous deux vêtus de vêtements
collants noirs, évoluent avec grâce, dans un accord immédiat, au gré de la musique.
L’harmonie du couple, l’importance du moment sont indiquées par le parfait raccord
dans le mouvement entre ce plan 3 et le 4 (non reproduit), qui resserre le cadre sur
le couple, faisant mieux percevoir leur plaisir et leurs regards amoureux. Pourtant,
ce noir et le caractère totalement artificiel du décor (une boîte de nuit réduite à la
nuit et des étoiles de pacotille) laisse planer une sourde inquiétude.

Plan 5-6 - Un fondu enchaîné, suivant la proposition de Marcus (« Je te


raccompagne ? »), amène un plan d’ensemble composé de surimpressions décalées
d’une grande rue évoquant une ville plus viennoise qu’orientale, renvoyant le
spectateur occidental aux clichés de l’Orient des contes, auquel appartient
également cette voiture de rêve évoluant dans les airs tel un tapis de légende. Le
mouvement de la voiture s’enchaîne sur deux plans (plan 6, sur la voiture plus
proche de la caméra, non reproduit), ajoutant au sentiment de légèreté, d’envol, de
tourbillon.

Plan 7 - À l’intérieur de la voiture, gros plan de Marji regardant amoureusement


Marcus, mais avec encore une certaine réserve, marquée encore par son échec
précédent : yeux grands ouverts et incrédules, bouche à peine dessinée d’un trait
minime. Les étoiles en arrière-plan prolongent l’effet de merveilleux et d’illusion des
plans précédents (3 à 6). Marji est presque au septième ciel. Presque...

Plan 8 - Contrechamp banal sur Marcus regardant vers Marji. La banalité du procédé
renvoie évidemment à celle de la situation, vécue comme exceptionnelle par la
jeune femme, mais très « cliché » pour le spectateur (renforcé par l’écho des étoiles
en arrière-plan). Plus que dans le plan 7, le personnage semble fixer directement
Marji (et le spectateur). C’est nous qui sommes invités à partager la fascination de
celle-ci pour cette apparition, cette blancheur (cheveux, visage) sur fond noir, et
surtout ces yeux clairs et profonds, nécessairement sincères.
Plan 9 - Non reproduit. Contrechamp, reprise du plan 7.

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Plan 10 - Après un plan 9 reprenant le plan 7, on retrouve l’axe du plan 6, de face
le couple (qui s’embrasse) à travers le pare-brise. Mais cette fois, carrosserie et
personnages sont en ombres chinoises. Retour à la formule de la lanterne magique
qui ajoute encore à l’effet de cliché. Ces ombres dissolvent les personnages et leur
personnalité : Marji perd conscience et devient un fantôme, mais un fantôme
sombre. De cette noirceur sourd une menace...

Plan 11 - Introduit par un ciel étoilé, le couple se retrouve en ombres chinoises,


prolongeant l’effet du plan précédent, mais cette fois dans le mouvement d’une danse
qui emporte les corps dans une sorte de paradis, arbre, lac, fleurs... Les deux canards
rappellent les cygnes en mie de pain voguant sur l’eau après la mort de l’oncle
Anouche. La fragile architecture décorative se plie à la composition végétale. Mais les
sombres reflets sur le lac demeurent menaçants.

Plan 12 - Fondu enchaîné sur Marcus qui emporte Marji dans son élan et dans une
sorte d’apesanteur. Les deux silhouettes semblent identiques, le corps, la position de
Marji répétant celui de Marcus, les écharpes blanches sur fond noir formant les
mêmes angles. L’accord parfait se réalise physiquement.

Plan 13 - À l’accord physique succède l’accord intellectuel, artistique par un fondu


enchaîné rapide. Un décor extérieur romantique à souhait comme dans un film de
Douglas Sirk, avec passage de nuages diaphanes et feuilles qui se détachent au gré
du vent d’automne... Le cadre de la fenêtre met en relief le couple, Marcus au travail
à sa machine. Marji l’observant en retrait. Il crée, elle est la muse inspiratrice du
grand écrivain... C’est peut-être là le bug que signalent les montants de la fenêtre,
qui cassent la perfection de cette composition idyllique.

Plan 14 - Un volet circulaire produit un rapide changement de lieu. La statue de


Mozart – Autriche oblige –, sépare étrangement le couple. Un mouvement de
caméra descendant nous a ramenés sur terre (du moins sur neige), le jeune futur
prodige est tout à sa gloire rêvée, mais Marji est plus futile et enfantine, préférant
une banale bataille de boules-de-neige. Un instant, recevant une boule dans le dos,
Marcus se retourne le visage transformé, furieux, son extase narcissique rompue.
Marji prend peur, Marcus bondit sur elle...

Plan 15 - En un instant, Marcus a repris ses esprits, le rêve amoureux se rétablit,


bouleversant à nouveau l’équilibre du monde physique. Le couple descend à
l’horizontale vers l’eau qui pourrait être celle du lac du plan 11, mais est plutôt hors
du temps et de tout lieu, dans un monde et un temps qui n’appartiennent qu’au
couple amoureux.

Plan 16 - Un mouvement de caméra rapide vers le bas prolonge ce paradis


psychologique vers d’autres sortes de paradis. Allongés de profil dans l’herbe, les
yeux clos, ils fument ce qui n’est manifestement pas une simple cigarette. L’herbe,
la nature, les fleurs évoquent les mouvements des années 70, prônant l’amour, la
paix, mêlant nature et paradis artificiels. Marji a trouvé l’amour et s’est insérée du
même coup dans son époque et le mode de vie de la jeunesse occidentale.

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Plan 17 - La caméra surplombe le couple à 180°. Elle s’anime d’un mouvement
circulaire. Les visages de Marji et Marcus respirent le calme, la satisfaction, le
plaisir d’être dans un monde sans pesanteur, physique, sociale, morale... Aux étoiles
des plans 2 à 10 se sont substitués les petites fleurs et les papillons. Mais à la fin de
la spirale décrite par le mouvement de caméra, les bords du cadre s’ornent de feuilles
sombres annonciatrices de lendemains qui déchantent...

Plan 18 - Du délire quasi psychédélique à la comédie musicale. On ne sait si l’on


doit évoquer West Side Story ou l’univers de Minnelli, mais Marji est passée des
effets de l’ecstasy à ceux de la MGM. La silhouette de Marji évolue sur fond de décor
stylisé, de toiles peintes, telle Cyd Charisse se précipitant avec une légèreté
dionysiaque vers un Gene Kelly encore hors champ...

Plan 19 - Sur un escalier non moins stylisé, aux formes, courbes et volutes instables,
Marji monte au septième ciel, celui où l’attend son nouvel amant, un mystérieux
sachet à la main... Un premier mouvement gauche-droite la montre grimpant avec
allégresse, en image réelle, si l’on peut dire, couleurs du noir et blanc respectées.
Une fois le palier passé, dans un mouvement inverse, sa silhouette passe en ombre
chinoise, l’escalier s’est assombri, alors que l’élan de la jeune femme demeure
guilleret...

Plan 20 - Quoi de plus menaçant que la poignée d’une porte fermée (en insert) ?
Surtout lorsque cette porte s’inscrit dans les ténèbres de l’escalier d’un immeuble
imprécis, inconnu du spectateur ? Quelle menace se profile derrière cet obstacle ?
Quel drame va déclencher la main qui se tend vers cette poignée ?...

Plan 21 - Non ! Aucun drame à l’horizon. Apparemment du moins. Marji surgit de


l’autre côté de la porte en plan moyen, purement descriptif, tendant le mystérieux
sachet, que l’on comprendra rempli de croissants et autres « viennoiseries ». Mais
le cadre n’arrive pas à s’équilibrer. Porte et encadrement sont penchés comme
dans un classique du film expressionniste. L’univers merveilleux de la jeune femme,
envahi par la noirceur des murs et de la porte, est sur le point de basculer.

Plan 22 - Contrechamp : l’horreur vue par Marji ! En opposition violente et radicale


avec l’obscurité alarmante du plan précédent, revoici la blancheur du visage, de la
chevelure et du regard de Marcus, redoublé par les éléments homothétiques chez
sa compagne... Un drap noir au bas du tableau souligne la noirceur d’âme de
Marcus, dont le regard n’exprime que la crainte de la réaction de Marji, en aucun
cas la culpabilité, le regret ou l’amour...

Plan 23 - Encadré par une porte ouverte (à la géométrie cette fois totalement
déséquilibrée), le visage de Marji clôt la séquence. La bouche est largement ouverte
à la différence du plan 1, les yeux écarquillés par l’horreur, le bras tendu que l’on
devine tenant inutilement les friandises des temps heureux, illusoires, révolus... Un
« cri » que l’on devine aussi angoissé que celui du célèbre tableau de Munch...
L’horreur n’est pas seulement psychologique, elle prend une dimension
métaphysique, surtout redoublant et accentuant l’échec précédent de Marji...

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MISE EN SCÈNE

Style visuel

Métropolis.

Dans la bande dessinée, les dessins sont en noir et blanc. Les bande dessinée, elle a dû se plier aux exigences de l’anima-
contours sont travaillés soit en noir, soit en blanc. Aucun tion, aux 24 images/seconde, à la durée. Ainsi Renaissance (C.
contraste, tout est en aplats et les fonds, noir ou blanc, ren- Volkmann, 2006), qui use d’une esthétique noir et blanc, est
forcent la vision des personnages, de leur silhouette. Persépolis une épreuve pour le spectateur : le contraste violent, justement
est agrémenté d’un texte bavard au langage familier et courant. entre le noir et le blanc, et l’absence de dégradé indisposent
Vincent Paronnaud aime d’ailleurs comparer la BD au Pigeon, l’œil. L’utilisation de la couleur et du dégradé de gris en toile
comédie italienne de 1958 réalisée par Mario Monicelli et qui de fond dans Persépolis permet de reposer la vision tout en res-
met en scène une famille très volubile. Les images, dans ces tant au plus près du réalisme imposé. Marjane n’encombre pas
quatre tomes, illustrent les propos. Marjane Satrapi, s’inspirant son décor. Lors des scènes dans l’aéroport, seuls quelques per-
du dessin de David B., nomme son graphisme, réalisme styli- sonnages sont taches de couleur et le ciel qui voit l’envol des
sé. En adaptant sur grand écran son œuvre, Marjane échange avions est bleu.
les fonds en noir et blanc par des fondus au noir, de grandes Opposant la couleur du présent à une palette de gris pour trai-
ombres qui viennent envahir le plan, des fondus enchaînés, ter du passé, Persépolis garde son graphisme épuré et utilise
retrouvant par à-coups l’esthétisme de l’expressionnisme, la force des contours, la trace, pour faire mouvoir ses person-
s’amusant dès lors à baptiser son œuvre Persépolis, un clin nages. Les visages sont expressifs et l’émotion vient aussi de
d’œil à Métropolis (Fritz Lang, 1927). Cependant, si l’auteur ce don pour rendre un sourire, une crainte, une colère sans
emprunte à l’expressionnisme allemand les décors aux pers- exagérer, caricaturer les traits. Certaines idées visuelles sont
pectives faussées, le travail obsédant sur les ombres, la thé- réussies : les moments de danger sont toujours dessinés en
matique de la folie des hommes, l’usage des ouverture et ombres chinoises, la foule, silhouettes noires, vient souvent
fermeture à l’iris cher au muet, elle ne compare pas Persépolis envahir l’écran et fondre l’image dans un noir endeuillé.
(ancienne capitale de la Perse) à Métropolis (délire visuel du Tous les dessins ont été retravaillés au feutre suivant des empâ-
cinéaste Fritz Lang). tements différents, ils ont été tracés. La trace, en animation,
correspond au moment où on finalise le trait, où on lui donne
Réalisme vs expressionnisme : la manière son épaisseur. Pour garder une identité graphique originale à
Le dessin de Marjane est réaliste, il n’emprunte nullement au Persépolis, ce tracé a été une étape importante et obligatoire1.
cartoon ou à l’esthétisme d’un Walt Disney. Il s’inscrit dans la Le réalisme cher à Marjane Satrapi met alors en évidence les
droite ligne d’un réalisme imposé en bande dessinée, depuis scènes d’onirisme, très présentes dans la bande dessinée.
les comic strips américains des années 20 jusqu’au travail Aucune frontière n’est imposée entre espace quotidien et lieu
d’un Spiegelman sur Maus. Si Marjane refuse la couleur en de la rêverie. Les instants de douces envolées – et ce terme

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n’est point galvaudé puisque tous ces moments montrent d'étouffer l’enfant. La façon de modifier l’apparence et de
Marjane volant, planant, ne touchant plus terre – sont incor- rendre à ces femmes leur caractère venimeux se retrouve
porés, voire définissent la scène. Le rêve est de l’ordre de l’ap- alors dans les formes « serpent » qui menacent Marji.
parition, une incrustation possible dans l’espace de l’enfant Les silhouettes noires – ombres portées sur le fond – sont
(Dieu, Karl Marx). Mais certains plans, certaines scènes se ainsi envahissantes, mais permettent de se concentrer sur le
tournent davantage du côté du fantasme dans le monde ado- premier plan et de reconnaître d’emblée les personnages prin-
lescent (Marji modifiant son apparence, Marji et Marcus, etc.). cipaux. Un truc visuel qui dirige l’œil du spectateur, l’attire.
Ainsi l’onirisme se révèle fantastique et s’attaque au graphisme À l’aéroport, Marji qui décide de s’occuper seule des bagages
qui se veut réaliste, modifiant une apparence et offrant un est alors cadrée en plan d’ensemble, la famille est laissée en
point de vue poétique sur la scène. ombres chinoises et la petite, décidément seule, reste « éclai-
Marjane Satrapi se sent très proche de l’expressionnisme alle- rée », tache blanche qui se détache des autres et du fond.
mand et du néoréalisme italien parce que ce sont deux ciné- L’utilisation alors des ombres dites chinoises permet de ne pas
mas qui ont vu leur essor dans une période d’immédiat identifier, un individu dans la foule, un soldat de la révolution,
après-guerre, le premier dès 1919, le second à partir de 1945 et s’oppose à l’usage des pantins dessinés lorsque Ebi raconte
(même si le film fondateur, Ossessione de Visconti, date de à sa fille l’arrivée du chah en Iran et l’allégeance aux pays
1943). Or, l’auteur se dit être quelqu’un « d’après-guerre ». anglo-saxons. Ce théâtre de marionnettes, qui n’est pas sans
Persépolis, pour elle, semble être une synthèse relative de ces rappeler notre Guignol occidental, assure la vision d’un
deux courants cinématographiques : à des scènes quoti- homme manipulé.
diennes, réalistes, presque documentaires, s’opposent des
parties graphiques. Gardons cependant cette expression –
réalisme stylisé – pour définir son travail et ajoutons-lui la
manière. Celle de Vasari bien sûr qui emploie ce terme, syno-
nyme de style, pour offrir une expression qui recouvre des
qualités d’harmonie, de mesure, d’imagination et de fantaisie.

Le fondu au noir
Pour accentuer le passage de la BD au cinéma, pour donner
une durée, un étalement, une impression de mouvement
même entre les plans, Marjane Satrapi, gourmande, use de
fondus au noir, fondus enchaînés, voire fondu au blanc (un
seul au début du film qui met en évidence le bonheur dans
lequel fond Marji, l’insouciance). Ces fondus au noir closent
une scène ou un épisode et offrent du temps avant une nou-
velle ouverture. Ils sont une pause entre les plans, une façon
Nosferatu, de F. W. Murnau. de donner au spectateur la possibilité de souffler entre deux
bouleversements. De même, l’usage du fondu enchaîné pour
Les ombres relier une image fantôme à une autre image, joue du deuil, du
La frontière est ténue entre la satire et l'horreur. Marjane ne souvenir qui s’efface et contrecarre l’implacabilité des cuts.
cesse de toucher à l’une comme à l’autre, contrebalancée par Des panoramiques, avant et arrière, resituent régulièrement le
les événements historiques et ses répercussions sur le quotidien. personnage dans le lieu ou le lieu autour du personnage. Ils
Et ce dangereux yoyo se manifeste par l’utilisation d’un noir qui dévoilent aussi le problème qu’ont rencontré les auteurs avec
bouleverse le cadre, efface les corps, engloutit, dévore, tache le décor, qui tour à tour prédomine, s’efface, revient, s’oublie,
de sang aussi qui s’étale. Image du régime en place qui fait dis- s’impose.
paraître au fur et à mesure ses opposants.
Ces formes noires peuvent également servir la crainte qui
s’empare de Marji. L’adolescente part clandestinement ache-
1) Notons que le métier de traceur est devenu fort rare. Il n’existe aujourd’hui
ter une cassette d’Iron Maiden lorsqu’elle est interceptée par qu’un seul traceur, Franck Miyet. Il a donc fallu former une équipe spécialement
deux extrémistes : le noir des tenues envahit l'écran, menaçant pour le film.

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S I G N I F I C AT I O N S

La leçon : Marjane et son éducation

Persépolis est un film sur la mémoire familiale et sur l’édu- qui se dit. Peut-être parce que la fin du film propose des cours
cation, une façon ici de parler des moyens mis en œuvre aux Beaux-Arts qui ne dévoilent plus les corps, et ne raconte
pour former et développer un esprit. Ainsi la famille très sou- plus exactement une histoire. Un trop plein de voir pour
dée – le terme clan peut être usité – va permettre à Marjane contrebalancer ce qu’il ne faut plus voir sous le régime des
de s’épanouir. Si elle pose des questions, des réponses lui sont ayatollahs.
aussitôt données, si elle s’interroge, des ouvrages lui sont
recommandés, si elle doute, des explications lui sont offertes. De la leçon à la morale
Cet aspect didactique fort, où chaque rencontre (Anouche, Finalement, Marjane Satrapi reprend le rôle de son père, Ebi,
Tamer, Siamak, Marcus, Réza) devient exemplaire, s’approche et donne leçon aux spectateurs de son histoire. Elle aussi
de la leçon, un enseignement à tirer d’un événement. explique tenants et aboutissants, ne laisse rien au hasard et au
mystère, montre et dévoile sans fausse pudeur. « Explication »
L’illustration et l’explication est l’action de présenter clairement, c’est un développement
Cette leçon a pris le sens courant de ce qu’un élève doit destiné à faire comprendre quelque chose, on déroule, on
apprendre et réciter. Cette récitation, ici, a trait à la mémoire déploie, on étale. Un comportement et un fait doivent avoir
familiale. Marjane a écouté et transmet son histoire, l’histoire une raison et pour Marjane Satrapi, ce rapport action/expli-
qu’elle a héritée. cation, mot/illustration, forme le nœud narratif de son œuvre.
Autant règle de conduite que lecture traitant d’un fait qu’il faut Les personnages de Persépolis sont intrinsèquement liés à
transmettre, la leçon entoure la construction narrative de l’état d’esprit de Marjane. Ils illustrent des moments forts, ils
Persépolis. Ainsi Ebi, le père, peut donner des cours sur l’ar- sont à chaque fois des leçons, ce que Marji doit apprendre et
rivée au pouvoir du chah ou la fin des hostilités. Ces cours sont comprendre de la vie. Dès lors, la morale, cette pratique sur
illustrés, l’image suppléant au mot, rappelant les illustrations soi et ouverture sur l’autre, peut parfois se substituer à la
de livres pour enfants. Une première leçon destinée à incor- leçon qui devient moralisatrice, dans un souci conscient de
porer de façon divertissante une histoire contemporaine com- guider le spectateur.
plexe. Puis, l’histoire devient individuelle par le biais de récits Ainsi, la leçon prend sa source dans l’explication et l’illustra-
qui illustrent, eux, les conséquences de cette même histoire tion, et le film fonctionne sur ce schéma. L’objectif est alors
sur des vies. Les souvenirs de Siamak ou ceux d’Anouche por- de transmettre simplement une histoire complexe, de montrer
tent directement atteinte à la dignité de l’homme, ils en ce qu’une petite fille a retenu de sa leçon d’histoire, une
deviennent exemplaires et mettent en lumière les cours don- leçon héritée puis vécue.
nés par Ebi. Les décisions prises par ceux d’en haut ont des
répercussions sur le quotidien. Une deuxième leçon qui relie
l’histoire à la vie. Le récit de Siamak n’est pas illustré car
Marji va elle-même l’illustrer en inventant un jeu cruel avec
ses camarades : la torture est ce qu’elle retient du discours
mais ne saisit pas l’image qui en découle. Une pratique s’im-
pose donc. Le récit d’Anouche, presque légendaire, est au
contraire raconté le soir, avant de dormir et « s’imagine » lit-
téralement dans la tête de Marji.
Dès lors, la politique, liée aux événements, est à la fois proche
de Marjane et mise à distance – l’enfant n’a pas encore l’âge
de manifester par exemple. Cette mise à distance se retrouve
fortement dans ce souci d’illustrer au maximum ce qui est
raconté, énoncé, dans cette façon de voir et de faire voir ce

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R E T O U R S D ’ I M A G E S

Un cinéma de citations et de références

1 2

3 4

5 6

7 8

Image 1 & 2 – Des films symbolique est alors à mettre en porte-à-faux avec la vision de la série,
Les cinéastes citent plusieurs films – mais pas de films d’animation - L’Inspecteur Derrick, à la télévision lors du séjour de Marjane à
qui ont ainsi servi d’inspiration : pour l’énergie du montage et Vienne. Le moment choisi est encore l’instant crucial, le meurtre.
l’utilisation de la voix off, Les Affranchis (M. Scorsese, 1990), pour
l’esthétique du noir et blanc, La Soif du mal (O. Welles, 1958) et pour Image 5 & 6 – Le cri
l’esthétique de l’ouverture et fermeture à l’iris, La Nuit du chasseur (C. La citation du Cri d’E. Munch (1893) se glisse dans la scène où
Laughton, 1955). Marjane découvre, horrifiée, une main qui dépasse des décombres de
son immeuble voisin. Le cri est silencieux, l’auteur isole la tête de la
Image 3 & 4 – Godzilla jeune fille, sa bouche s’ouvre, ses mains se placent sur ses joues,
Godzilla, ce monstre fabriqué par T. Tomoyuki au sortir de la Seconde panoramique arrière, Marjane devient petite, disparaît. Le cri s’efface.
Guerre mondiale, né de la peur des essais nucléaires, est le film que
Marjane voit avec sa grand-mère en pleine tourmente meurtrière. Et Image 7 & 8 – Les gardiens de l’ordre
les plans de Téhéran bombardée font férocement écho à ceux de Ils se ressemblent tous, n’ont aucune personnalité, aucune indivi-
Tokyo, ville détruite par la fureur d’une invention humaine. La grand- dualité. Ils sont masses noires, ombres menaçantes. Les gardiens de
mère s’énerve et insulte ce citadin pétrifié sur l’écran, un abruti, qui la révolution font écho aux gardes du chah d’Iran entr’aperçus au
se laisse écraser par le monstre comme un vulgaire insecte. Aller au début du film. Ces derniers, ainsi dessinés avec des yeux perçants, sont
cinéma – moment de détente – est alors associé à la peur, aux sans doute des images actualisées de CRS futuristes du manga animé
bombardements, aux cris et à la passivité. Cette séance de cinéma Jin Roh (de H. Okiura, 1998).

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FILMO-BIBLIO
GÉNÉRIQUE Les voix off
M. SATRAPI / V. PARONNAUD
Titre original Persépolis Publications de Marjane Satrapi Les voix off ont été enregistrées avant la réalisation
Production 2. 4. 7. Films Persépolis, L'Association, Paris, Tome 1, 2000 - Tome du film. Les animateurs avaient ainsi un matériau sur
Coproduction avec France 3 Cinéma, 2, 2001 - Tome 3, 2002 - Tome 4, 2003 lequel travailler pour souligner les gestes, les expres-
The Kennedy/Marshall Persépolis, réunion des quatre tomes, 2007 sions, les intonations.
Company, Diaphana, Sagesse et malices de la Perse, avec Lila Ibrahim- Marjane a retrouvé des liens de cinéma, mère, fille,
Franche Connection Ouali et Bahman Namwar-Motlag, Albin Michel, grand-mère, petite-fille, entre Danielle Darrieux et
Paris, 2001 Catherine Deneuve (Les Demoiselles de Rochefort
Animations
Les Monstres n'aiment pas la lune, Nathan, Paris, 2001 de Jacques Demy, 1967), Chiara Mastroianni et
Produit par Marc-Antoine Robert
Ulysse au pays des fous, avec Jean-Pierre Duffour, Danielle Darrieux (L’Heure zéro de Pascal Thomas,
et Xavier Rigault 2007), Chiara et Deneuve (Ma saison préférée, 1993
Productrice associée Kathleen Kennedy Nathan, Paris, 2001
Adjar, Nathan, Paris, 2002 et Les Voleurs d’André Téchiné, Le Temps retrouvé
Directeur de Raul Ruiz, 1999).
Broderies, L'Association, Paris, 2003
de producion Olivier Bizet Aux États-Unis, la BD a un immense succès et les
Poulet aux prunes, L'Association, Paris, 2004
Réalisation Marjane Satrapi Le Soupir, Bréal Jeunesse, Rosny-sous-Bois, 2004 voix utilisées sont celles de Kirsten Dunst, Catherine
et Vincent Paronnaud Deneuve, Gena Rowlands, Sean Penn, Iggy Pop.
Scénario Marjane Satrapi Publications et filmographie de
et Vincent Paronnaud, Vincent Paronnaud
d’après l’œuvre originale
Super negra #1, Les Requins Marteaux, 1999
de Marjane Satrapi Comix 2000, avec Cizo, L'Association, 2000, (Album La musique
Direction artistique Marc Jousset collectif noir et blanc)
Montage Welcome to the death club, 6 pieds sous terre, 2001
et composing Stéphane Roche Monsieur Ferraille, avec Cizo, Les Requins Marteaux, Olivier Bernet compose là sa première bande origi-
Direction septembre 2001 nale pour un long métrage. Il a créé le groupe
de l’animation Christian Desmares Pat Boon - "Happy End", L'Association, 2001 Shunatao au milieu des années 90 (sept albums rock,
Photographie François Girard Smart Monkey, Cornélius, 2004 blues, jazz, électro).
Musique originale Olivier Bernet Wizz et Buzz, avec Cizo, Delcourt Pour Persépolis, Marjane Satrapi lui a demandé de ne
Tome 1 : Gras Double, 2006 pas composer de la world music, ni de l’orientalisme,
Avec les voix de : ni du Peter Gabriel ! Il travaillait dès les séquences ter-
Marjane adolescente Filmographie minées, il a donc œuvré tout au long de l’élaboration
et adulte Chiara Mastroianni Raging Blues (Court métrage de 6 minutes en noir et de Persépolis.
Tadji, blanc, 2003, avec Cizo) La production n’a pas eu les droits des chansons qui
mère de Marjane Catherine Deneuve O’ boy, What nice legs ! (Court métrage de 1 minute sont donc des pastiches (ainsi Iron Maiden, du heavy
La grand-mère en noir et blanc) metal). Seule Eye of the Tiger (la chanson originale de
de Marjane Danielle Darrieux Hollywood superstars avec Monsieur Ferraille -– la Rocky 3, du groupe américain Survivor, et que l’on
biographie non autorisée de Monsieur Ferraille (Faux retrouve dans Rocky 4) a pu être enregistrée avec une
Ebi, père de Marjane Simon Abkarian
documentaire de 23 minutes, avec Cizo) Chiara Mastroianni s’évertuant à chanter faux.
Marjane enfant Gabrielle Peres
Si le groupe suédois ABBA est dénigré par Marji,
Oncle Anouche François Jérosme
elle affiche ostensiblement son badge du roi de la
Pop, Michael Jackson.
Année 2007 Quatre parties musicales sont à distinguer dans
Pays France Persépolis qui correspondent aux quatre mouve-
Format 1.85 ments du film et à l’évolution musicale de l’enfant
Durée 1h 32’ Marjane. La partie la plus éclectique se déroule à
Sortie France 27 juin 2007 Vienne avec le concert rock, les fêtes, la valse. La
N° de visa 112 904 musique devient décor et action. Les première et
Distributeur Diaphana Distribution troisième parties sont plus sobres, ainsi les scènes
oniriques, un piano, quelques cordes. Notons que du
2007 : Prix du jury au festival de Cannes (ex-aequo disco ouvre la première fête du film et que le com-
avec Lumière silencieuse de Carlos Reygadas), positeur s’est inspiré d’un disque de rock iranien
Prix spécial du jury au Cinemanila International des années 60-70.
Film Festival
2008 : César du meilleur premier film et de la
meilleure adaptation, Prix des auditeurs de l'émis-
sion radiophonique « Le Masque et la plume »
(France Inter)

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Persépolis, la ville PRESSE

Qu’était Persépolis, qui donne son nom au film sans Unique et universelle Avant de se mettre au travail, Marjane Satrapi et son
jamais y apparaître ? Elle fut (nom grec) l’ancienne « On songe à Maus, la bande dessinée dans laquelle complice de cinéma, Vincent Paronnaud, ont visionné
capitale de l’empire perse achéménide (premier Art Spiegelman restituait l’horreur nazie d’après le des films, en noir et blanc, bien sûr – La Nuit du chas-
empire perse à régner sur une grande partie du témoignage de son père, juif polonais déporté. seur, de Laughton, et La Soif du mal, de Welles –,
Moyen-Orient). Persépolis donne à voir les plus hautes valeurs et les pour en retrouver le climat de cauchemar. D’où l’an-
Fondée par Darius 1er en -521 et composée de palais pires abjections, toujours à hauteur d’humanité. goisse que l’on ressent, dans l’Iran de Khomeyni,
construits sur une immense terrasse fortifiée de 12,5 Marjane Satrapi préfère imaginer Dieu et Karl Marx avec ces arrestations et ces exécutions qui se multi-
hectares, elle doit avant tout être l’image de la puis- débattant sur un lit de nuages plutôt qu’abattant plient. Dans de somptueux dégradés de gris, toutes
sance et de la grandeur (escaliers gigantesques, leurs foudres. Scènes de guerre et de prison rencon- ces silhouettes qui passent à la trappe semblent ava-
palais aux cent colonnes, allée des Processions). Les trent le contrepoint de leur dramaturgie dans des lées par une diabolique machine à tuer. Imaginez
héritiers de Darius poursuivent son œuvre en impo- moments cocasses ou tendres. D’autres jubilatoires, Ubu dans l’univers expressionniste de Fritz Lang. […]
sant une architecture utilitaire, emblématique et comme cette chorégraphie d’adolescente déchaî- Le film est peuplé de silhouettes sinistres ou drôles,
rituelle. née sur Eye of the Tiger [...]. Ces contrastes sont croquées avec un humour rosse. [...] »
Persépolis est partiellement détruite deux siècles plus maniés avec suffisamment de subtilité pour que la Pierre Murat, Télérama, 30 juin 2007
tard par Alexandre le Grand (-330) qui décide d’in- complexité du réel n’en soit jamais affectée. Ainsi
cendier cette capitale, axe stratégique et politique son histoire nous apparaît unique et universelle,
L’autoportrait d’une jeune femme
fort d’une Perse qui résiste. Un acte qu’il regrettera étrangement proche. » Persépolis ne prétend pas faire le portrait d’une
amèrement. génération. Il s’agit seulement de porter à l’écran
Dominique Widemann, L’Humanité, 27 juin 2007
Persépolis fascine et les missions scientifiques se l’autoportrait d’une jeune femme. L’exercice est
succèdent à partir du XIXe siècle pour faire resurgir Des Cahiers à Picsou Magazine sans précédent, et Persépolis peut se prévaloir d’être
la magnificence du lieu. Le dernier chah d’Iran célè- le premier film de son genre – l’autobiographie
« Alors voilà, Persépolis est bien, c'est dit, chanté,
brera 2500 ans de monarchie en 1971 : trois jours de animée. Lorsqu’un récit à l’intérieur du récit renvoie
célébré de Elle à Libé, des Cahiers à Picsou
fêtes somptueuses. Le coût est exorbitant (22 millions le spectateur à un épisode de l’histoire iranienne, le
Magazine, et on est d'accord. La BD était chouette,
de dollars américains) et provoque le mécontente- trait se fait encore plus économe, le mouvement
l'adaptation est réussie, Marjane est sympa et l’été
ment du peuple, réprimé par la police politique. Le des personnages est délibérément calqué sur celui
arrive. Que dire de plus, qu'ajouter à pareil concert
financement de ce grand péplum à l’italienne se fait de marionnettes de carton. [...] Ce n’est qu’un
de louanges, au chœur de la critique réconciliée, au
au détriment de projets de constructions utilitaires. exemple de cette souplesse athlétique qui permet à
prix cannois ? Louer peut-être, sans crier non plus au
À l’arrivée de l’ayatollah Khomeyni, Persépolis est Persépolis de circuler sans effort apparent entre la
génie, l'intelligence du duo Satrapi/Paronnaud, célé-
purement et simplement menacée de destruction, car tragédie historique et la comédie familiale, entre le
brer surtout, parce que c'est mérité, le gymkhana
elle reste l’image de la monarchie et de la grandeur drame vu par les yeux d’un enfant et la satire sociale.
sans faute entre les écueils d'un parcours infiniment
passée. [...] »
casse-gueule, de la BD best-seller à la version ciné-
Située à 70 kilomètres de Chiraz dans la province de Thomas Sotinel, Le Monde, 27 juin 2007
ma. Il y avait la crainte, aux vues du sujet, du livre
Fars, dans le Sud du pays, Persépolis est aujourd’hui
d'images pédago, du type la République des Mollahs
un haut lieu de fouilles archéologiques, un site clas-
expliquée aux lecteurs d’Okapi. Paronnaud lui-
sé au patrimoine mondial, une audace de l’art
même [...] avait redouté [...] le côté Jamais sans ma
antique ou la beauté comme valeur suprême.
fille. Nous aussi, mais là-dessus le récit, impeccable,
navigue à vue entre gravité digeste et légèreté parfois
irrésistible [...], réconciliant Le Monde Diplo et John
Hughes. »
Jérôme Momcilovic, Chronic’art, juin 2006

Incarné, sensible et sensuel


« Il est rare que l'animation soit employée pour
raconter une expérience humaine aussi personnelle
et complexe [...]. La stylisation du trait, la liberté
d'interprétation du réel que permet le dessin animé
apportent une force et un humour qui correspondent
au tempérament de l’héroïne-auteur. En même
temps, le film garde la richesse descriptive de l'ana-
lyse psychologique, et l’ampleur d'une foisonnante
saga familiale, sociale et politique grâce au contre-
point de la bande sonore, où l'interprétation vocale
[...] donne quelque chose de très incarné, de sensible
et de sensuel. »
Marie-Noëlle Tranchant, Le Figaro, 14 octobre 2007

Ubu dans l’univers expressionniste de


Fritz Lang
« Ses souvenirs, elle les avait jusqu’alors dessinés :
quatre BD en noir et blanc, au style épuré et à l’hu-
mour féroce. [...] Persépolis est devenu un film, à la
fois fidèle aux albums et plus ample, plus tragique.

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L’affaire Persépolis Le cinéma d’animation


ou la censure en Iran en Iran
La censure en Iran n’est pas chose nouvelle au tant mieux ! Mais je n'ai pas envie de nourrir cette Abbas Kiarostami avait jadis et pendant plus de
moment de l’affaire Persépolis. Beaucoup de films polémique et je pense que celles-ci grandissent quinze ans fait ses premières armes au service de
sont soumis à ces interdictions, notamment les films parce qu'on les alimente en y répondant, c'est pour- l’Institut pour le développement intellectuel,
étrangers qui sont laïcs, féministes et soumis à la quoi je ne le ferai pas. » Kanoon. Cet institut, créé en 1964 par l’épouse du
propagande des États-Unis. La musique n’est pas en La réalisatrice ajoute, à l’adresse du gouvernement chah, a toujours souhaité développer la force ciné-
reste, qui pousse les jeunes à consommer de la iranien et pour minimiser l’impact politique et his- matographique et son impact sur le jeune public.
drogue, à être violents, et qui fait la propagande de torique de son œuvre : « Peu importe l'histoire, au L’animation a donc une réelle et importante place
l’oppression mondiale. Dès lors, les bandes origi- cinéma, un scénario devient une fiction, puisqu'on pour saisir le monde en recréant un univers com-
nales sont à leur tour touchées par ces interdictions : est obligé de construire une histoire, et dans la posé de papiers découpés, de marionnettes ou de
elles ne doivent pas être à consonance étrangère, ni construction, il y a évidemment tricherie. Nous ne pâte à modeler.
entraîner le spectateur dans un tourbillon d’insou- sommes pas en quête de la réalité, mais nous Photo ci-dessus. À la suite des délicats Contes de la
ciance. Les danses sont censurées à l’écran. Les essayons de nous approcher le plus possible de la mère poule (2001, distribués par les Films du Préau)
cybercafés également sont interdits, Internet est vérité. La réalité doit apparaître dans la presse, dans et des Contes persans (2004, distribués par Gebeka
l’image dévoyée, si accessible, du monde occiden- les journaux et aux informations,... Le cinéma est Films), tous produits par les studios de Kanoon, Le
tal. Quant aux films iraniens, ils doivent être présent pour raconter de bonnes histoires et le plus Petit monde de Bahador (2006) renouvelle les sur-
conformes à la morale islamique et soumis au diktat précisément possible, et c'est ce que j'ai fait. » prises et montre l’efficacité technique des anima-
de la fondation Farabi (fondée en 1983, structure teurs en Iran. Destinés exclusivement aux enfants,
d’aide à l’industrie cinématographique) : la femme ces séries de petits films d’animation sont d’une
est le centre de toutes les attentions. La séductrice ne facture simpliste mais particulièrement réussie. Une
peut officiellement exister en Iran. Ainsi, les sujets fable politique (Le Petit monde de Bahador), une ini-
sont soumis à cette exigence, les rapports homme/ tiation (Rentrons chez nous) ou une image de la
femme sont savamment réétudiés. création du monde (Compagnon) sont donc fon-
Notons que Persépolis a failli ne pas sortir au Liban cièrement pédagogiques mais usent de la grâce
de crainte de heurter la sensibilité des chiites pour pointer du doigt les fléaux de tous les temps :
(Courrier international, n°909). Cette hésitation l’abus de pouvoir, la gourmandise ou l’égoïsme.
– qui reste une forme douteuse d’interdiction – a été Il existe un Festival international du film d’animation
décriée par un critique de cinéma, Pierre Abi Saab, à Téhéran (www.tehran-animafest.ir) depuis 2003.
dans le quotidien Al-Akhbar, proche du Hezbollah. Citons la figure de Bahram Rohani, réalisateur qui
C’est écrire combien ce film, au discours politico-his- a travaillé en Occident sur la série d’animation fran-
torique, suscite à son tour des analyses politico-his- co-allemande Draculito, mon seigneur (1991), sur
toriques qui vont autoriser sa sortie ou l’interdire. les décors des Aventures extraordinaires de Michel
Dans Persépolis, Marjane voit la chute du chah Strogoff (Bruno-René et A. Huchez, 2004) et sur
d’Iran, l’espoir d’une révolution, la montée des isla- Ti’Tom, l’île au volcan ou encore celle d’Abdollah
mistes, le port du voile obligatoire, les interdits et Alimorad, La Montagne aux bijoux (2006) ou Le
censures par le biais de vies qui tournent autour corbeau et un drôle de moineau (2006). Un ciné-
d’elle : oncles, tantes, parents, amis. Cette chro- ma qui use de l’animation exclusivement destinée
nique du quotidien est une plongée dans l’existen- aux enfants.
ce sous toutes ses formes de résistance, un plaidoyer
pour la tolérance, l’amour et le bonheur. Il n’est donc
guère étonnant qu’une organisation dépendant du
ministère de la Culture (la fondation Farabi) en Iran ait
jugé ce film « anti-iranien », « un tableau irréel des
conséquences et des réussites de la révolution isla-
mique » en accusant alors le festival de Cannes d’être
« un acte politique ou même anti-culturel ». Persépolis
a notamment été retiré de la sélection du festival de
films de Bangkok, censuré en Iran mais projeté dans
une petite salle – en catimini – à Téhéran (les scènes
osées ayant alors été coupées).
Lors de la conférence de presse de Persépolis à
Cannes, Marjane Satrapi a précisé qu'elle regrettait
que cette affaire ait pris tant d'ampleur. « Il faut voir
le côté humaniste et universel de ce film et le fait que
ce film aille à l'encontre des clichés qui existent sur
les Iraniens et sur l'Iran. Ensuite, en tant que véritable
démocrate, je suis évidemment ouverte à toutes cri-
tiques et protestations et je pense que c'est aussi en
écoutant ces critiques qu'on peut construire quelque
chose. Je crois à la liberté d'expression et à la liber-
té de paroles, je me suis exposée et il semble que ces
critiques sont le résultat de cette exposition, tout le
monde ne peut pas être d'accord avec moi, et c'est

19
L’histoire

Cinéma et bande dessinée

.....LES PASSERELLES.....

Villes et pays

L’islam, le Coran
et la femme
PA S S E R E L L E S

Le décor politico-historique

La dynastie Pahlévi La République islamique


Persépolis débute sous le régime du L’Iran devient ainsi une République isla-
chah d’Iran (1919-1980), fils aîné de mique en 1979. Cette révolution – et
Réza khan (1878-1944) de dynastie per- pourtant le mot est synonyme d’espoirs,
sane. Celui-ci avait destitué Ahmad à l’instar de la Révolution française, ber-
chah, dernier souverain Qadjar (une ceau des droits de l’homme –, si elle a
dynastie qui régnait depuis 1786) par souhaité renverser la monarchie, instau-
un coup d’État en décembre 1925 pour rer une démocratie, a dû faire face à
prendre le pouvoir sous le nom de Réza l’anarchie des coalitions qui n’ont pas
chah. Fondateur d’un Iran moderne qu’il réussi, elles, à s’organiser, permettant la
veut laïc (à la façon d’Atatürk en montée en puissance de ces pasdaran. Le
Turquie), il instaure la dynastie des nouveau gouvernement est fondé sur l’is-
Pahlévi, mais est dépossédé de son trône lam et espère exporter sa révolution, ce
par les Britanniques en 1941 pour s’être qui inquiète Saddam Hussein et pro-
rapproché de l’Allemagne hitlérienne. voque la guerre Iran-Irak. Leur chef, l’aya-
Son fils Mohammed Réza Pahlévi lui tollah (« signe de Dieu ») Khomeyni, est
succède donc. Il poursuit son action appelé « Guide suprême ou Guide de la
(« révolution blanche » de 1963), rompt révolution » et se situe au-dessus du pré-
avec de vieilles traditions religieuses, sident de la République.
alphabétise la population, prend en L’événement historique – ainsi décrit par
compte les femmes, souhaite une révo- Ebi au début du film – devient régime po-
lution industrielle et culturelle. Mais son litique fort et pèse sur le quotidien des Ira-
régime trop autoritaire fait naître des niens. Dans un premier temps, soutenu
contestations. En 1978, le président par le peuple et les opposants au chah, la
américain Jimmy Carter dénonce censu- révolution islamique se révèle réaction-
re, ralentissement du processus démo- naire et cruelle, parcours signifié par
cratique, atteintes aux droits de l’homme, Marjane à travers la figure d’Anouche. Le
et demande au chah de libéraliser le père indique aussi rapidement que ces
pays. La police politique très répressive gardiens de la révolution sont corruptibles
Le chah et l’impératrice (la chahbanou) Farah Diba.
(SAVAK, mise en place par la CIA en et laisse planer un doute sur la sincérité de
1957) torture et assassine. Siamak dans leur engagement.
Persépolis évoque l’habileté de ces bour- Enfin, une phrase prononcée durant le
reaux, formés par les services secrets séjour de Marjane à Vienne, évoque la
américains. Le 8 septembre 1978 (bapti- montée de l’extrême droite autrichienne
sé « Vendredi noir »), une manifestation (le FPÖ, parti d’anciens nazis, et Jörg
est violemment réprimée par la SAVAK et Haider1) qui glane les succès électoraux
par l’armée du chah qui use de chars (1986). Phrase lapidaire, reprise par
d’assaut et d’hélicoptères. Marjane : elle dénonce la passivité de
La révolution est donc en marche sous ces anarchistes qui perdent leur cons-
les traits de l’ayatollah Khomeyni, anti- cience politique. Cette militante, issue
américain et anti-israélien (1902-1989, d’un milieu communiste actif, voit avec
jamais cité dans le film, sa mort même stupéfaction fatalisme et nonchalance
n’est pas évoquée, il est la menace qui politique s’implanter dans cette jeunesse
plane). Au départ, cette révolution dite dorée cosmopolite.
iranienne regroupe des libéraux, des
communistes, des socialistes et des reli-
gieux. Cependant, elle a été vite acca-
parée par les religieux seuls (parti Soldats iraniens.
républicain islamiste). Ce sont les théo-
logiens et leur milice – les gardiens de
la révolution (pasdaran) – qui, très orga-
nisés, prennent le pouvoir localement,
laissant derrière eux les autres acteurs 1) Mort dans un accident de la route le 11 octobre
de cette révolution. 2008.

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Cinéma et bande dessinée

Séquence, narration, temps travaillent De son côté, le manga japonais connaît


deux arts, le 7e et le 9e, le cinéma et la de gros succès lors de ses passages au
BD, nés au XIXe siècle. Si l’un a inspiré cinéma : en témoignent des films comme
l’autre (pensons à Mickey d’abord ciné- Akira (Katsuhiro Otomo, 1988) ou Ghost
matographié puis devenu personnage in the Shell (Mamoru Oshii, 1995).
illustré), l’inverse est forcément vrai,
d’un cinéma qui a adapté régulièrement Des auteurs
les bandes dessinées (Popeye, création Plusieurs auteurs de BD sont devenus
de Ségar en 1929, par exemple). réalisateurs ou scénaristes : Gérard
Lauzier (Le Plus beau métier du monde,
Adaptations 1996), Patrice Leconte, Marc Caro (le
Deux catégories sont à différencier : les comparse de Jeunet), Terry Gilliam, Frank
Superman, de Richard Donner. films à prises de vue réelle et les films Miller (qui a notamment écrit le scénario
d’animation. Les adaptations de comics de Robocop), Enki Bilal (Bunker Palace
américains, si elles sont importantes, Hôtel, 1989 ou Immortel, 2004).
restent souvent cantonnées au film pro- Si ces auteurs ont choisi la prise de vue
prement dit. Notons comme films réelle pour mettre en scène science-fic-
récents Sin City (R. Rodriguez et F. tion, fantastique, merveilleux, d’autres
Miller, 2005 d’après F. Miller), A histo- comme Marjane Satrapi ou Vincent
ry of violence (David Cronenberg, Paronnaud ont opté pour l’adaptation
2005, d’après le roman graphique de en animation de leur graphisme.
John Wagner et Vince Locke), The Mask Ce qui est aussi le cas de Jean Giraud dit
(Charles Russell, 1994, d’après la BD Moebius, le dessinateur de Blueberry
de Mike Richardson) ou Dick Tracy (personnage adapté par J. Kounen en
(Warren Beatty, 1990, d’après Chester 2004). Il a travaillé à la conception gra-
Gould). L’adaptation, avant 1990, rimait phique de nombre de films (Tron de S.
souvent avec série Z, et c’est bien le Lisberger, 1982, Willow de T. Howard,
Batman de Tim Burton (1989) qui a 1988, Abyss de J. Cameron, 1989 ou Le
imposé un esthétisme et une vision per- Cinquième élément de L. Besson, 1997)
sonnelle d’une œuvre connue, par le et réalisé pour la télévision une série
choix des couleurs, le souci de rendre d’animation en 2002, Arzak Rhapsody,
éminemment photographique chaque une plongée dans son propre style, un
scène, un casting pointilleux, une bande échec.
musicale originale (Prince). Remarquons alors l’étroite collabora-
La France – de Bécassine à Astérix en tion, passionnante, riche et étonnante,
passant par Lucky Lucke ou Tintin – a d’un metteur en scène unique, René
tenté de projeter sur grand écran les Laloux, avec trois grands de la bande
mimiques et histoires de héros adulés. dessinée : Roland Topor, Moebius et
Avant la série à prises de vues réelles Philippe Caza : La Planète sauvage
dont la dernière mouture en date est (1971), premier film d’animation de
celle de T. Langmann et F. Forestier science-fiction pour adultes, Les Maîtres
Astérix aux Jeux olympiques (2007), du Temps (1981) et Gandahar (1988),
Goscinny et Uderzo ont commencé à trois longs métrages qui rendent hom-
adapter leur BD en dessin animé dès mage à la ligne, aux traits et au gra-
1967 (Astérix le Gaulois). De même pour phisme de dessinateurs mythiques.
Lucky Luke : La Ballade des Dalton (ani- Laloux adaptera, plan par plan (ou case
mation dirigée par Goscinny, Morris et par case) La Prisonnière de Caza (1985,
Henri Gruel, 1978), Daisy Town (ani- court métrage), une expérience intéres-
mation réalisée par Goscinny, Morris et sante sur ce qui rapproche cinéma et
Pierre Tchernia, 1971), Tous à l'Ouest BD et ce qui, irrémédiablement, les
Blueberry, de Jean-Michel Charlier et Giraud (animation de Olivier Jean-Marie, 2007) éloigne : le problème du mouvement et
(© Dargaud).
ou encore Lucky Luke (western réalisé de l’instant décisif.
par Terence Hill, 1991) ou Les Dalton
(western de Philippe Haïm, 2004).

22
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Villes et pays :
une « image météorologique »
Persépolis emprunte son titre à l’an- dans le parc de cinq hectares du Palais
cienne capitale de la Perse, nom jadis Clam-Gallas.
usité par les Grecs pour désigner l’Iran Téhéran est située au nord de l’Iran, sur
antique. Perse désigne également une une plaine, au pied de la chaîne monta-
région de ce même pays. En 1934, Réza gneuse Alborz. Le mont Demavend (5671
Pahlévi impose la nomination Iran au mètres) est le plus haut et se trouve juste
reste du monde. Cette référence impo- au-dessus de la capitale. Cependant, si le
sée, Persépolis, marque le désir de rendre nord de la ville côtoie ces monts ennei-
gloire à cette capitale de l’empire perse gés, sa partie méridionale est proche du
achéménide qui instaura des satrapes, désert Dasht-e-Kavir (grand désert salé).
protecteurs du royaume, pour diriger des Deux climats se touchent ainsi : frais et
satrapies, divisions administratives de chaud. Les quartiers nord sont résiden-
l’Empire perse. Les noms ainsi se fon- tiels, regroupent la population aisée avec
dent et se retrouvent, Persépolis, Satrapi, ses ambassades et l’ex-palais du chah. Le
au cœur d’une ancienne renommée. quartier sud a été construit sur la ville his-
Le générique propose dès lors un décor torique de Ray.
qui va effectivement resurgir au cours
du film : architecture persane, jardin La prison d’Evine à Téhéran
public, mer, montagnes, arbres en fleurs. Par deux fois cinématographiée dans
Printemps et Hiver semblent être les Persépolis, la prison d’Evine se trouve
deux saisons qui rythment l’œuvre ani- au nord de Téhéran. Aussi célèbre
mée. L’éclosion, la naissance, le renou- qu’Alcatraz, connue pour ses salles de
veau laissent ainsi place à la froideur, au torture, elle a été construite par la Ruines de Persépolis.
gel, à l’immobilité. SAVAK et a servi à l’époque de la révo-
lution islamique. Elle abrite tous les
La ville opposants au régime.
Vienne et Téhéran sont les deux villes,
deux capitales, que parcourt Marjane à Régions
la recherche de sa propre identité. Le récit d’Anouche dévoile les régions
Vincent Paronnaud a scrupuleusement de l’Iran, sa géographie, des montagnes
suivi l’itinéraire de sa collaboratrice et d’Alborz à Astara (ville de la province
rendu réalistes les lieux : les bars très à de Gilan, située à la frontière de
la mode dans les années quatre-vingt l’Azerbaïdjan, nœud commercial impor-
dans le quartier de la Schwedenplatz, tant entre le Caucase et l’Iran). Enfin, à
les jardins publics, le Danube, le monu- la fin du film, Marji et sa grand-mère
ment Mozart sculpté en 1896 par Viktor partent quelques jours sur les bords de
Tilgner dans le parc Burrggarten, où se la mer Caspienne, plus grande mer fer-
trouve également une serre à papillons. mée du monde, enjeu stratégique géo- Téhéran.
Il n’empêche que la vision de Vienne politique pour les États-Unis, l’Iran, la
– ce qui va accentuer la situation d’exi- Russie, l’Arménie…
lée et les préoccupations adolescentes Notons que la richesse de l’Iran, en
de Marjane – n’est nullement une vision pétrole notamment (quatrième produc-
touristique (exit la cathédrale Saint- teur), est un enjeu politique, comme
Étienne, les châteaux et les musées). l’allégeance du chah aux États-Unis le
Cependant, lorsque Marji arrive dans montre sous son règne.
la capitale autrichienne et après avoir
découvert sa compagne de chambre,
un plan d’ensemble montre la chambre
de Marji proche de l’église Saint-
Charles-Borromée, avec son dôme et
son architecture baroque. Les cloches de
l’église se mettent alors à sonner. Le lycée
français de Vienne, scrupuleusement
représenté, inauguré en 1946, est établi

23
■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■

L’islam, le Coran et la femme

L’islam est une religion monothéiste ins- Les critiques de Marjane


tituée par Mahomet au VIIe siècle, dont Cette réforme qui touche la silhouette
les fidèles se nomment musulmans. de la femme, hypocrite et absurde, est
L’islamisme est un courant de pensée alors dénoncée par Marjane à plusieurs
né au XIXe siècle prônant le retour aux reprises jusqu’à la vision d’un cours
valeurs fondamentales de l’islam (telles d’anatomie sans corps dénudé. Cette
qu’il les interprète) pour redresser le obsession vestimentaire est pleinement
monde musulman face aux politiques justifiée par l’âge et le sexe de Marjane,
de modernisation économiques et so- qui grandit, suit la mode, fait des
ciales. Ainsi, le gouvernement mis en régimes, bref se découvre femme, se
place en 1979 fonde sa République isla- sent femme. La sexualité n’est alors pas
mique en imposant le Coran (la « Réci- un tabou pour cette jeune personne qui
tation »), livre saint de l’islam. Cependant, s’est épanouie en Europe.
la République islamique est liée à une Le catholicisme a droit aussi à quelques
tradition, très conservatrice, moralisa- piques : les sœurs renvoient aux deux
trice, et pas forcément issue d’une tra- femmes extrémistes qui lorgnent sur la
dition musulmane. tenue peu réglementaire de Marji. Le
droit d’asile, la tolérance sont démysti-
Obligation ou conseil ? fiés : car les préjugés racistes sont
La religion ne tient pas une place pré- tenaces. Noël est plus une fête familia-
pondérante dans Persépolis, car elle est le qu’un événement religieux fonda-
devenue fait social, qui édicte des lois à mental. Les Satrapi, laïques, n’imposent
suivre. Ainsi, ni prière, ni mosquée, ni aucune culture religieuse à leur fille et
ramadan mais port du voile, prohibi- lui inculquent plutôt liberté d’expres-
tion de l’alcool, des fêtes. Durant la sion et d’imagination. L’apparition de
guerre Iran-Irak, on salue cependant l’image occidentale de Dieu (un homme
l’avènement des Martyres. L’homme a barbu) est mise en parallèle avec Karl
toute raison de se sacrifier pour sa patrie Marx, autre barbu célèbre (sans parler
puisqu’il y gagne une clé qui le conduit du Che). « La religion, c’est l’opium du
au Paradis, lieu de jouissances maté- peuple », disait Marx. Ainsi, Lénine
rielles et corporelles : femmes et vin en (révolutionnaire, dirigeant du parti bol-
abondance (ce qui est interdit sur terre chevique), Bakounine (fondateur du
est promis au Ciel). socialisme libertaire : le peuple ne peut
Sous le régime de l’ayatollah, interdic- atteindre l’unité qu’en dehors de l’exis-
tions et censures apparaissent, notam- tence d’un Dieu extérieur), mais aussi
ment sur la culture occidentale et l’alcool. communisme (société sans classe) et
La femme devient une cible privilégiée anarchisme (philosophie politique anti-
des mollahs : esclave de l’homme, elle autoritaire) sont des mots qui rempla-
doit rester confinée dans son espace cent Jésus, Mahomet, Coran et Bible ; ils
privé, le port du hijab (voile qui couvre accompagnent Marjane durant sa forma-
les cheveux) est obligatoire dès qu’elle tion. Si elle doute de Dieu et de ses bon-
sort. Notons que le tchador couvre tout tés, elle ne remet jamais en question les
le corps et que le niqab est un voile lé- fondements de son éducation politique.
ger qui dissimule la partie inférieure du
visage. Le port du voile est fort ancien,
il a même pu servir à distinguer la
femme libre (hurra) de la femme de
condition inférieure. La sourate 33 du
Coran : « Prophète, dis à tes épouses, à
tes filles, aux femmes des croyants de
revêtir leurs mantes : sûr moyen d’être
reconnue (pour des dames) et d’échap-
per à toute offense » (trad. Jacques
Berque), est-elle une obligation ou un
conseil donné ? Chez les islamistes, ces
mots sont suivis à la lettre.

24
DRAMATURGIE

MISE EN SCÈNE

L E S R E L A I S

PERSONNAGES
& SIGNIFICATIONS

PASSERELLES
DRAMATURGIE

Le parcours de Marjane Satrapi


• Mettre en évidence l’originalité du parcours de l’héroïne, la variété des situations qu’elle
traverse (familiale, scolaire, sociale, politique...) et des obstacles qu’elle rencontre :
les interdits sous les règnes du chah, des ayatollahs et des gardiens de la révolution, la vie
d’exilée en Autriche, etc. 8
T R A V A I L

• Repérer les détails qui indiquent la situation d’une exilée : transformation vestimentaire,
décor, habitation, relation avec les autres, coutumes... 8
• Chercher les efforts que fait Marjane pour s’intégrer aux groupes qu’elle rencontre et ceux
où, au contraire, elle s’isole et se referme sur elle-même.
Quelles sont ses raisons ? 5 8
• Repérer les fêtes, gaies ou tristes, et les interventions de la musique dans l’itinéraire de
Marjane : quel est leur rôle (social, psychologique, autre...). 8
D E

MISE EN SCÈNE

Style visuel
P I S T E S

• Caractériser le dessin utilisé par Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud :


noir et blanc tranché, aplats, etc. 13
• Marjane Satrapi définit son style comme « réalisme stylisé ». Que signifient ces termes ?
Montrer ce que le dessin a de « réaliste » et ce qu’il a de stylisé, ce qui rappelle
l’expressionnisme (à préciser). 13 14
• Repérer et étudier les plans ou scènes en « ombres chinoises ». À quels sentiments ou
situation correspondent-elles ? (Joie, plaisir, inquiétude, danger, etc.). 13
PERSONNAGES
& SIGNIFICATIONS
La famille Satrapi
• Définir la famille de Marjane, les Satrapi, en particulier le père Ebi et la mère Tadji :
leur situation sociale, leurs opinions politiques... 5 15
• Quelles sont les caractéristiques, les orientations politiques des amis de la famille :
Siamak, Koshro... ? Comparez-les avec les jeunes du lycée français de Vienne : Momo, Thierry,
Olivier, Eve... 5 15
• Remarquer les différences entre la mère et la grand-mère, le père et les oncles, Anouche et
Tamer. Où se situe Reza par rapport aux autres ? 5
• Quelles relations Marjane entretient-elle avec les différents membres de cette famille ?
Le père, la mère, la grand-mère, l’oncle Anouche... Avec son mari Reza ? 5 15

PASSERELLES

Politique, religion, censure...


• Énumérez les interdits auxquels se heurtent les personnages de Persépolis.
Y a-t-il des interdits différents qui frappent les femmes ? Les hommes ? Marjane brave-t-elle ces
interdits ? Lesquels ? 15
• Tel qu’il est décrit dans le film, à l’époque du chah puis de ayatollahs, le régime iranien vous
paraît-il démocratique ? 21 24
Cahier pédagogique IFI Education

PERSEPOLIS
“Persepolis est … un film sur l’exil et un travail sur la mémoire.” Marjane Satrapi, co-réalisatrice

Avant le film
1. Observez l’affiche de Persepolis ci-contre et répondez aux questions ci-dessous.
Utilisez votre dictionnaire.

a) De quel genre de film s’agit-il ?


b) De quoi parle le film ?
c) Qui sont les personnages principaux ?

Exemple : Persepolis est un film d’_______. C’est l’histoire de ______...

Résumé
2. (a) Utilisez les mots suivants (a-j) pour compléter le résumé ci-dessous. (Réponses page 5.)

a. curieuse b. liberté c. la politique d. bouleverser e. strictes


f. éclate g. problèmes h. l’avenir i. finalement j. comportement

curieuse et dynamique qui vit avec sa famille à Téhéran en Iran. Elle


1978. Marjane Satrapi est une petite fille de huit ans, (1)_______________
pense beaucoup à (2)_______________ et rêve de devenir prophète. Elle aime la musique, les baskets Adidas et (3)_______________. Mais
la révolution de 1979 va tout (4)_______________. Les dirigeants de la République islamique instaurent des lois (5)_______________ afin
de contrôler le (6)_______________ des gens. Marjane critique ce nouveau gouvernement qu’elle déteste. Elle a des (7)_______________ à
l’école et lorsque la guerre avec l’Irak (8)_______________, ses parents décident de l’envoyer étudier en Autriche. Á Vienne, elle découvre la
(9)_______________, l’amour et la difficulté de l’exil face à sa différence. Elle retourne (10)_______________ en Iran mais tout est très
différent et elle doit décider où elle veut vraiment vivre.

(b)Répondez aux questions :


i) Nommez deux choses que Marjane aime.
ii) En quelle année a eu lieu la Révolution iranienne ?
iii) Pourquoi Marjane quitte-t-elle l’Iran ?

La vieille ville
3. ‘Persepolis’ est le nom du film et également le nom d’une vielle ville en Iran.
Lisez les informations ci-dessous.

Persepolis, la vieille ville (a) Vous visitez la vieille ville Persepolis pendant vos vacances
d’été. Écrivez une carte postale à votre ami(e) français(e)
- Capitale de l’Empire Achaemenid (550-330 av. JC) et racontez lui votre voyage :
- Située à 70 km au nord-est de Shiraz, Iran
- Construite par Darius le Grand, puis par son fils,
le roi Xerxes le Grand
- La ville aurait été construite pour les cérémonies, en Où êtes-vous allé(e) ?
particulier pour le ‘Nowruz’ (la nouvelle année perse) Qui avez-vous rencontré ?
- Détruite par Alexandre le Grand (330 av. JC) Qu’avez-vous visité ?
- Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1979 Qu’avez-vous mangé ?
Qu’avez-vous acheté ?

(b)D’après vous, pourquoi Marjane a-t-elle décidé d’appeler son livre


et son film Persepolis ?
(c) Trouvez un autre titre pour ce film.
“‘ Persepolis’ est-il un film politique ?” Ferdinand Denis, La Libre
“ Ce n'est pas un film politique en tant que tel, c'est un film sur la condition humaine (…) un film sur une fille qui grandit.”
Marjane Satrapi, co-réalisatrice

Jeu de rôle
1. Les parents de Marjane l’envoient étudier à Vienne. Imaginez qu’elle participe à un échange scolaire et visite votre école.

Décrivez votre première conversation avec elle. Exemple:


A: Bonjour Marjane, je m’appelle _______. D’où viens-tu ?
B: Bonjour. Je m’appelle Marjane.

La famille de Marjane
2. a) Marjane est très proche de sa famille. Celle-ci joue un rôle important dans sa vie et son éducation. Lisez les citations 1-4
et reliez les aux citations a, b, c, d correspondantes. (Réponses page 5.)

Un premier mariage, C’était une époque différente,


c’est seulement un mais c’était néanmoins le
entraînement pour même pays.
le suivant.
(1) La grand-mère (3) Le père

Tu sais, si je te raconte tout


Je voulais seulement que tu cela, c’est parce qu’il est
sois indépendante, éduquée important que tu connaisses
et cultivée. Et toi tu décides l’histoire de notre famille.
de te marier à 21 ans.
(2) La mère (4) Oncle Anouche

a c d
J’ai horreur de dire b Tu seras bien plus
Je veux que tu quittes Il ne faudra jamais oublier,
cela mais c’est comme heureuse la même si c’est douloureux
ça maintenant. l’Iran ! Je veux que tu sois prochaine fois.
heureuse et émancipée. pour toi et même si tu ne
comprends pas tout.

b) Répondez aux questions suivantes :


i) Que souhaite la mère de Marjane pour sa fille ? Donnez trois exemples.
ii) Quel conseil sa grand-mère lui donne-t-elle ?
iii) Par deux, choisissez deux des personnages ci-dessus et parlez de leurs personnalités.
iv) Qui est votre personnage préféré ? Pourquoi ?

“Moi, Marjane, future prophète...”


3. Regardez la scène au début du film où Marjane rêve d’être un prophète. (DVD Chapître 1, 4:18)
a) Écoutez et notez cinq choses que Marjane ferait si elle était prophète. (Réponses page 5.)

Premièrement i. Tout le monde doit avoir un bon comportement


devoir = to have to

Deuxièmement je dois
ii. Tout le monde doit ________________________
tu dois
il/elle/on doit
Troisièmement iii. Tout le monde doit ________________________ nous devons
vous devez
il/elle doivent
Moi, Marjane, Quatrièmement iv. Les pauvres doivent ________________________
future prophète,
ai décidé que :
Cinquièmement v. Plus aucune _____________________________

b) Si vous pouviez changer le monde, que feriez-vous ? Donnez quatre exemples.


Utilisez la structure suivante : “Si je pouvais changer le monde, je déciderais que _______________________________.”
“ Quelles possibilités offrait l'animation par rapport au dessin ? ” Ferdinand Denis, La Libre
“ Le mouvement, bien sûr. (…) L'animation apporte énormément. C'est vraiment une autre manière de raconter. ”
Vincent Paronnaud, co-réalisateur

Persepolis : La bande dessinée et le film


Persepolis est l’adaptation cinématographique de la bande dessinée de Marjane Satrapi. Au
départ, l’idée d’un film en noir et blanc inspiré d’une bande dessinée et qui raconte l’histoire
d’une jeune iranienne dans les années 80 n’était pas facile à défendre. Pourtant, le film a
rencontré un succès mondial. Il a remporté le Prix du Jury au Festival de Cannes en 2007 et
a été nominé pour l’Oscar du meilleur film d’animation en 2008.

1. Selon vous, pourquoi la bande dessinée et le film Persepolis ont-ils eu autant de


succès à travers le monde ?
2. Discutez les advantages et les inconvénients du film d’animation pour l’adaptation
de Persepolis.
3. Citez deux autres adaptations cinématographiques de bandes dessinées.

Marjane Satrapi : Graphic Novelist and Filmmaker


Marjane Satrapi was born in 1969 and grew up in Tehran, Iran, where she studied in the
lycée français. She studied in Vienna and then moved to France in 1994. When she arrived
in Paris, she met other designers and entered the Atelier des Vosges1 , the meeting place
of some of the best contemporary comic artists.

Her first graphic novel, Persepolis 1, published in November 2000, recounts some of her
family history through the story of her first ten years, until the fall of the Shah of Iran
and the beginning of the Iran-Iraq war.

Persepolis 2 recalls the Iran-Iraq war and her teenage years until she leaves for Vienna at
the age of 14. Persepolis 3 and Persepolis 4 retrace her exile in Austria and her return to
Iran. She has since released two more novels: Embroideries and Chicken with Plums.
Persepolis is co-directed with Vincent Paronnaud and is her first film.

1. Á Téhéran, dans quelle école étudiait Marjane ?


2. Qu’a-t-elle fait lors de son arrivée à Paris ?
3. Quand son premier livre a-t-il été publié ?
4. De quoi parle Persepolis 1 ?
5. Est-ce que Marjane a écrit d’autres livres ? Lesquels ?

The French Connection

Due to the difficulty of making films in Iran under strict censorship rules,
many Iranian actors and filmmakers like Mohsen Makhmalbaf, Bahman
Ghobadi and Golshifteh Farahani have now left Iran and live in exile in
cities around the world. Like Marjane Satrapi, a lot of these artists have
chosen Paris as their new home and have joined the Iranian artistic
diaspora in the French capital.

Expression écrite
Á la fin du film, Marjane quitte l’aéroport d’Orly en taxi. Imaginez que vous écrivez la
suite de Persepolis. Rédigez un texte d’environ 200 mots en expliquant ce qu’il va se
passer dans Persepolis 2.

1
L'Atelier des Vosges est un groupe d'auteurs de bande dessinée qui ont
décidé de travailler dans un même lieu, Place des Vosges, à Paris, en 1995.
“ Pour moi, le clash des cultures n'existe pas. Une fois qu'on est instruit, éduqué, on a des références communes.”
Marjane Satrapi, co-réalisatrice

Le port du voile
1. Après la révolution de 1979, Marjane doit porter le voile lorsqu’elle va à l’école.
Il existe différents types de voiles islamiques. Reliez les images ci-dessous avec leur description. (Réponses page 5.)

A B C D
Burqa: Le plus couvrant des voiles islamiques. La burqa Niqab: Voile qui couvre le visage mais laisse les yeux libres.
couvre la totalité du visage et du corps.
Chador: Cape qui couvre la totalité du corps et qui est portée
Hijab: Voile qui couvre les cheveux et le cou mais laisse par les femmes iraniennes. Un voile couvrant la tête
le visage libre. est souvent ajouté en dessous.

Les tenues obligatoires


2. Il existe des situations où le port d’une tenue spécifique est obligatoire (par exemple, les uniformes scolaires).
a) Citez deux tenues qui peuvent être obligatoires et les situations concernées.
b) Que pensez-vous de ces obligations ?

Le voile en Irlande
3. Dans un récent article de The Irish Times, Mary Fitzgerald a interviewé des femmes qui portent le niqab en Irlande.
Voici quelques-unes de leurs réponses :

J’ai commencé à porter le hijab après m’être


convertie à l’Islam, en 2004, lorsque j’avais 18 ans.
Le niqab s’est imposé comme une progression (a) Vrai ou faux ? V F
naturelle. Porter le niqab en Irlande peut être i) Amna est née musulmane.
©The Irish Times

difficile parfois car quelques personnes vous ii) Jasmina n’a pas connu
regardent de travers. Ils oublient qu’il y a une d’incidents sérieux
femme sous le voile. Ils vous crient des choses en Irlande.
comme “ retourne dans ton pays”. C’est mon Amna Han, originaire de iii) Jasmina pense que les
pays. Où dois-je retrourner ? Á Tallaght ? Tallaght, s’est convertie Irlandais sont intolérants.
à l’Islam en 2004. iv) Jasmine et Amna sont
originaires d’Irlande.

Lorsque je le porte ici, je n’ai jamais eu


d’incident sérieux. Une fois, je marchais (b)Comparez les expériences de Jasmina
à côté d’un groupe de jeunes et l’un deux et d’Amna en Irlande.
a fait une remarque à propos de mon
niqab. Il voulait juste s’amuser mais son
Jasmina Kid s’est installée en Irlande ami lui a tapé sur l’épaule en lui disant
il y a moins d’un an avec son mari, “hey, c’est un peu raciste”. Les Irlandais
un musulman irlandais qu’elle a sont très tolérants.
rencontré aux Emirats Arabes Unis
où tous deux enseignaient.

Débat
4. “Nous devrions être libres de porter ce que nous voulons, quand nous voulons”.
Discutez ce sujet avec votre voisin/voisine, notez vos idées et présentez-les à la classe.
“ Soudain, en Iran, les choses les plus simples-trouver une cassette de Michael Jackson, acheter une veste, porter un tee-shirt ou un
badge-sont devenues des affaires d’Etat. Cela frôlait l’absurdité. ”
Marjane Satrapi, co-réalisatrice

A Fresh Design. www.fresh.ie


Décembre 2005 Quiz
1. Lisez le texte et répondez
aux questions :

Retour en arrière : interdiction de la a) Quelles musiques le


président Ahmadinejad
musique occidentale! a-t-il interdit ?
Mauvaise nouvelle pour les amateurs de la musique classique à la radio et quelques b) Citez deux risques
musique en Iran : le président Mahmoud concerts publics. auxquels s’exposent
Ahmadinejad a interdit aujourd’hui la les musiciens en Iran
diffusion de musique occidentale ‘indécente’ La situation s’est améliorée pendant la aujourd’hui.
et de musique classique à la radio et à la présidence du réformiste Mohammas Khatami, c) Qui a introduit le
télévision. Cette décision s’inscrit dans son dans les années 1990 et début 2000. Khatami premier l’interdiction de
projet de valorisation de la culture islamique a levé l’interdiction et a encouragé la liberté la musique occidentale ?
face à la culture occidentale. Les concerts d’expression, la tolérance et l’amélioration d) Qui était au pouvoir dans
publics sont strictement contrôlés et les des relations avec l’Occident. La musique les années 1990-2000 ?
musiciens risquent d’être verbalisés ou occidentale était peu à peu disponible dans e) Est-ce que la situation
arrêtés lors de leurs répétitions. les boutiques et la scène rock underground a changé sous son
s’est développée. gouvernement ? Comment ?
L’Ayatollah Khomeini a été le premier à interdire
la musique occidentale, peu après la Révolution De nos jours et grâce à Internet, les fans
islamique de 1979. C’est d’ailleurs pour de musique ont la possibilité d’écouter les
protester contre cette interdiction qui a duré derniers morceaux. Mais cette dernière
une dizaine d’années que les Clash ont écrit la interdiction a créé des conditions très difficiles
chanson ‘Rock the Casbah’. Avant sa mort en pour les musiciens indépendants en Iran.
1989, l’Ayatollah Khomeini a peu à peu autorisé

La vie sans…
2. Marjane ne peut pas vivre sans musique pop.
Elle aime tellement en écouter qu’elle prend le risque d’ acheter des cassettes au marché noir.

En groupe, faites une liste de cinq choses sans lesquelles vous ne pourrez jamais vivre.
Présentez votre liste à la classe et désignez par un vote l’élément de cette liste qui vous
semble le plus important et pourquoi.

Utilisez la structure suivante :


“Je ne pourrais jamais vivre sans_____________parce que_______________.”

Débat
3. “La musique a le pouvoir de changer la société.” Qu’en pensez-vous ? Donnez des arguments.

Page 4, Q3(a) : i = F, ii = V, iii = F, iv = F


Page 4, Q1 : A=Niqab, B=Hijab, C=Chador, D=Burqa
Page 2, Q3 : ii=avoir une bonne parole, iii=faire une bonne action, iv=tous manger un poulet rôti par jour, v=vieille ne souffrira
Page 2, Q2(a) : 1=c, 2=b, 3=a, 4=d
Page 1, Q2(a) : 1=a, 2=h, 3=c, 4=d, 5=e, 6=j, 7=g, 8=f, 9=b, 10=i

Persepolis directed by Marjane Satrapi and Vincent Paronnaud, 2007.


Running time 96 mins
Devised and written by: Basil Al-Rawi
Translated by: Julie Marot, Cultural & Scientific Service of the French Embassy
in Ireland
Special thanks to: Cultural & Scientific Service of the French Embassy in Ireland
Editorial contributions from: Alicia McGivern, Irish Film Institute, Dee Quinlan,
Irish Film Institute; Julie Marot, Cultural & Scientific Service of the French Embassy
in Ireland; Claire Greene, French Teachers Association.

Quotations reprinted courtesy of Diaphana Films, The Irish Times, L’Express & La Libre.
© Irish Film Institute 2010. Irish Film Institute, 6 Eustace Street, Dublin 2.
Stills from Persepolis courtesy of Optimum Releasing and Diaphana Films. T: 01 679 5744 E: schools@irishfilm.ie W: www.irishfilm.ie

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