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PROBLEMATIQUE D’ALIMENTATION EN POTABLE DE LA VILLE DE

DJOUGOU : CONTRIBUTION DE LA GIRE

MEMOIRE POUR L’OBTENTION DU


MASTER SPECIALISE EN GESTION INTEGREE DES RESSOURCES
EN EAU …
------------------------------------------------------------------
Présenté et soutenu publiquement le [Date] par

Jean-Eudes OKOUNDE

Travaux dirigés par : Denis ZOUNGRANA

Enseignant

UTER ----

Jury d’évaluation du stage :

Président : Prénom NOM

Membres et correcteurs : Prénom NOM

Prénom NOM

Prénom NOM

Promotion [2009/2010]

i
DEDICACE
Je dédie cette formation à ma mère à titre posthume,
A mon père,
A ma chère épouse Charlotte OKOUNDE DJEGUI pour
son encouragement et son soutien,
A mes chers enfants Kébo, Katchoré et Founilayo que ce
travail soit pour vous un signe de motivation et de
volonté.

ii
REMERCIEMENT
Je voudrais remercier sincèrement mon maître de Stage
monsieur Adamou ADJALLA pour sa disponibilité
soutenue.
Je remercie mon maître de mémoire pour les conseils et sa
disponibilité.
Je remercie le directeur des Etudes et de la planification
de la SONEB Mr David BABALOLA et ses
collaborateurs pour avoir mis à ma disposition les
documents nécessaires pour rédiger ce mémoire.
Je remercie aussi mes collaborateurs qui n‟ont pas
ménagé leur temps pour m‟aider à collecter certaines
données.
Je remercie tous les professeurs et les tuteurs qui ont
contribué à cette formation.

iii
Résumé
Dans le cadre de l‟atteinte des OMD, le Bénin s‟est donné comme priorité l‟Approvisionnement
en Eau Potable (AEP) consacrée dans les documents de base (DSRP, OMD).
La Société Nationale des Eaux du Bénin (SONEB) mise en place depuis Janvier 2004 est
chargée de l‟Application de la réforme du secteur de l‟eau en milieu urbain. L‟inadéquation nette
de la disponibilité avec les besoins réels des populations en eau reste une épineuse question dans
les zones géologiques et hydrogéologiquement difficiles comme c‟est le cas du GRAND
DJOUGOU.
L‟AEP de Djougou est caractérisée par : une insuffisance des ressources en eau actuellement
mobilisées (deux forages à faibles débits et un barrage dont la capacité est réduite à plus de la
moitié) ; une vétusté du réseau existant ; un prix d‟eau amenant les populations à se rabattre sur
les bornes fontaines et les sources alternatives.
Dans ce contexte, la GIRE devra contribuer à améliorer les approches permettant d‟assurer la
durabilité de la ressource en eau pour l‟AEP de la ville de Djougou. Les objectifs spécifiques qui
découlent de cet objectif global sont : (1) diagnostiquer la situation actuelle de l‟AEP de la ville
de Djougou ; (2) analyser les données caractéristiques de l‟AEP; et (3) proposer la contribution
de la GIRE pour une gestion durable de l‟AEP.

Suite à l‟analyse des résultats des plusieurs propositions ont été faites dans le but d‟améliorer les
mobilisations des ressources en eau tant de surface que souterraines tout en respectant les
concepts de la GIRE. Dans le cadre de la mobilisation des eaux de surface qui représente
aujourd‟hui la solution la plus probante, cinq (05) sites de barrages ont été identifiés et comparés.
Quant à la mobilisation des eaux souterraines, elle viendra en appoint. Pour réussir cette
approche, l‟état centrale devra mettre en place un comité interministériel qui se chargera de la
mobilisation des ressources financières et servira de point focal aux différents acteurs.

iv
ABSTRACT
In the achievement of the MDGs, Benin is committed as a priority supply in water potable (EPA)
in background (PRSP, Millennium development goals).

Benin National Water Society (BNWS) implemented in January 2004 is responsible for the
implementation of the reform of the sector of water in urban areas. NET inadequacy of
availability with the real needs of populations in water remains a thorny question in geological
and hydrogeologically difficult areas as is the case of GRAND DJOUGOU.

What may be the contribution of the IWRM to answer this question?

The EPA from Djougou is characterized by: a lack of resources currently mobilized water (two
drill holes at low speeds and a dam which capacity is reduced to more than half); a dilapidated;
network affordable water causing people to rely on the fountains terminals and alternative
sources.

In this context, IWRM must contribute to improve approaches to ensure the sustainability of
resource AEP Djougou city water. The specific objectives arising from this overall objective are:
(1) diagnose the current status of the EPA in the town of Djougou; (2) analyze the characteristic
data of the ASP; and (3) offer the contribution of the IWRM for sustainable management of the
EPA.

Analysis results of several proposals were made with the aim of improving the mobilization of
water resources both surface underground while respecting the IWRM concepts. In the
mobilization of surface waters that represents today the most conclusive solution, several five
(05) sites of dams were identified and compared. On the mobilization of groundwater, it will be
extra. To succeed this approach, the central State must set up an interdepartmental Committee
that will load the mobilization of financial resources and will serve as a focal point for the
different actors.

v
SIGLES ET ABRÉVIATIONS

AEP : Alimentation en Eau Potable


AEV : Adduction d‟Eau Villageoise
AGETUR : AGence d‟Exécution des Travaux URbains
BDI : Base de Données Intégrées
CARDER : Centre d'Action Aégionale pour le Développement Rural
CeRPA : CEntre Régionale pour la Promotion Agricole
DG-Eau : Direction Générale de l‟Eau
DIEPA : Décennie Internationale de l‟Eau Potable et de l‟Alimentation
DSRP : Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté
EPE : Équivalent Point d‟Eau
ETP : ÉvapoTranspiration Potentielle
GIRE : Gestion Intégrée des Ressources en Eau
GPS : Global Positioning System
OMD : Objectifs du Millénaire pour le Développement
ONU : Organisation des Nations Unies
PANGIRE : Plan d‟Action Nationale de Gestion Intégrée des Ressources en Eau
PEA : Poste d‟Eau Autonome
PEHD : Polyéthylène Haute Densité
PVC : PolyChlorure de Vinyle
RGPH : Recensement Générale de la Population et de l‟Habitat
RNIE : Route Nationale Inter-Etat
SDAGE : Schéma Directeur d'Aménagement et de Gestion des Eaux
SNV : Organisation Néerlandaise pour le Développement
SONEB : Société Nationale des Eaux du Bénin
UEMOA : Union Économique et Monétaire Ouest Africaine
UNICEF : Fonds des Nations Unies pour l‟Enfance

vi
SOMMAIRE

I. INTRODUCTION .................................................................................................................................... 4
II. Hypothèses de travail et Objectifs ...................................................................................... 6
2.1. HYPOTHÈSES DE TRAVAIL .......................................................................................... 7
2.2. OBJECTIF GLOBAL ......................................................................................................... 7
2.3. OBJECTIFS SPÉCIFIQUES .............................................................................................. 8
III. Matériels et Méthodes ........................................................................................................ 9
3.1. MATÉRIELS ...................................................................................................................... 9
3.2. MÉTHODOLOGIE UTILISÉE .......................................................................................... 9
3.2.1. RENCONTRE AVEC LES RESPONSABLES ............................................................... 10
3.2.1.1. Rencontre avec les responsables de la SONEB .......................................................... 10
3.2.1.2. Rencontre avec les responsables de la DG-Eau ......................................................... 10
3.2.2. DOCUMENTATION AU NIVEAU DES MINISTÈRES ............................................... 10
3.2.3. RENCONTRE AVEC LES AUTORITÉS LOCALES DE LA VILLE DE DJOUGOU . 11
3.2.4. VISITE DE TERRAIN ET DIAGNOSTIC DES ÉQUIPEMENTS................................. 11
3.2.5. PRÉSENTATION DES RÉSULTATS ............................................................................ 11
3.2.6. ENQUÊTES SUR LES RESSOURCES EN EAU POTENTIELLES ............................. 11
3.2.7. ANALYSE DES RÉSULTATS ET DISCUSSION DES PROPOSITIONS ................... 12
3.2.8. RECOMMANDATIONS ................................................................................................. 12
IV. Résultats............................................................................................................................ 12
4.1. GÉNÉRALITÉS ............................................................................................................... 12
4.1.1. LOCALISATION ET ACCÈS DE LA COMMUNE DE DJOUGOU ............................. 12
4.1.2. RESSOURCES PHYSIQUES DE LA COMMUNE DE DJOUGOU ............................. 13
4.1.2.1. Climatologie................................................................................................................ 13
4.1.2.2. Relief, sols, végétation et hydrographie .................................................................... 16
4.1.2.3. Géologie et hydrogéologie ......................................................................................... 16
4.1.3. DONNÉES SOCIO-ÉCONOMIQUES ............................................................................ 20
4.1.3.1. Démographie .............................................................................................................. 20
4.1.3.2. Activités économiques et capacités de développement............................................ 20
4.1.3.3. Organisations locales de développement .................................................................. 21
4.2. DESCRIPTION DE LA SITUATION ACTUELLE DE L‟AEP DE DJOUGOU ........... 21
4.2.1. RESSOURCES EN EAU ................................................................................................. 21

1
4.2.1.1. Eaux souterraines ....................................................................................................... 21
4.2.1.2. Eaux de surface .......................................................................................................... 22
4.2.2. INFRASTRUCTURES ..................................................................................................... 24
4.2.2.1. Station de traitement de l’eau de surface ................................................................. 24
4.2.2.2. Réseau de distribution et réservoirs .......................................................................... 25
4.2.2.3. Production et tarifs de l’eau ....................................................................................... 26
4.2.2.4. Gestion du réseau ...................................................................................................... 27
4.3. PROPOSITIONS EN VUE DU RENFORCEMENT DES RESSOURCES EN EAU .... 27
4.3.1. RESSOURCES SOUTERRAINES MOBILISABLES .................................................... 28
4.3.2. RESSOURCES DE SURFACE MOBILISABLES .......................................................... 31
V. Discussion et Analyses ..................................................................................................... 35
5.1. ANALYSE DE L‟ÉTAT ACTUEL DU RÉSEAU ET DE SA GESTION ...................... 35
5.2. ANALYSE DES SCENARII ............................................................................................ 35
5.2.1. MOBILISATION HARMONISÉE DE LA RESSOURCE.............................................. 36
5.2.2. ÉQUITÉ ET SOLIDARITÉ DANS L‟ESPACE ET DANS LE TEMPS ENTRE LES
USAGERS ACTUELS ET FUTURS ............................................................................... 39
5.2.3. UTILISATION RATIONNELLE ET CONCERTÉE DE LA RESSOURCE
MOBILISÉE. .................................................................................................................... 40
5.2.4. PROTECTION HARMONISÉE DES RESSOURCES ................................................... 41
5.2.5. NON NUISANCE AUX AUTRES RIVERAINS OU USAGERS DE LA RESSOURCE
EAU .................................................................................................................................. 42
VI. RECOMMANDATION ....................................................................................................................... 45
VII. CONCLUSIONS ................................................................................................................................ 46
VIII. BIBLIOGRAPHIE………………………………………………………………………………..48
VII ANNEXES ........................................................................................................................................... 50

2
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1 : Récapitulatif des facteurs climatiques de la Commune de Djougou ....................................... 13
Tableau 2 : Caractéristiques des forages raccordés au réseau AEP de la ville de Djougou ....................... 21
Tableau 3 : Caractéristiques du lac contribuant à l‟AEP de la ville de Djougou ....................................... 22
Tableau 4 : Production mensuelle d‟eau pour l‟AEP de la ville de Djougou ............................................. 26
Tableau 5 : Tarifs de l‟eau pour la ville de Djougou .................................................................................. 27
Tableau 6 : Caractéristiques des forages analysés ...................................................................................... 28
Tableau 7 : Caractéristiques morphométriques des bassins versants des sites (1 existant et 3 proposés) .. 31
Tableau 8 : Points d‟eau modernes existants dans un rayon de 15 km autour de la ville de Djougou et les
besoins en eau brute des populations. .................................................................................... 37

LISTE DES FIGURES


Figure 1 : Variation mensuelle des températures minimales et maximales ............................................... 14
Figure 2 : Variation mensuelle des hauteurs de pluie et de l‟évapotranspiration ....................................... 14
Figure 3 : Accès à la ville de Djougou à partir de Cotonou (RÉF. CARTE TOURISTIQUE DU BENIN,
IGN-France, 2000) ...................................................................................................................... 15
Figure 4 : Relief, sols, végétation et hydrographie de la Commune de Djougou (RÉF. CARTE
TOURISTIQUE DU BENIN, IGN-France, 2000)...................................................................... 18
Figure 5 : Géologie et hydrogéologie de la Commune de Djougou (RÉF. CARTE
HYDROGÉOLOGIQUE DU BENIN, GEOHYDRAULIQUE - 1985)..................................... 19
Figure 6 : Projection démographique de la Commune de Djougou ........................................................... 20
Figure 7 : Points d‟eau fonctionnels dans la Commune de Djougou (RÉF. BANQUE DE DONNÉES
INTÉGRÉE DU BENIN, DG-Eau - 2009) ................................................................................. 23
Figure 8 : Schéma hydraulique du système d‟AEP actuel.......................................................................... 24
Figure 9 : Organes de prise d‟eau sur le lac ............................................................................................... 24
Figure 10 : Parties de la station de traitement des eaux de surface ............................................................ 25
Figure 11 : Variation des productions mensuelles d‟eau pour l‟AEP de Djougou ..................................... 26
Figure 12 : Position des forages (existants et proposés) et du réseau de collecte ...................................... 29
Figure 13 : Position du site du barrage existant (Lac) Figure 14 : Position du site du barrage DJ-1
Figure 15 : Position du site du barrage DJ-1 bis ...................................................................... 33
Figure 16 : Position du site du barrage DJ-2 .............................................................................................. 33
Figure 17 : Position du site du barrage DJ-3 .............................................................................................. 33
Figure 18 : Position du site du barrage DJ-4 .............................................................................................. 33
Figure 19 : Position du site du barrage Affon ............................................................................................ 34

3
I. INTRODUCTION

La 108ème séance plénière de l‟Assemblée Générale de l‟Organisation des Nations Unies


(ONU) tenue le 28 juillet 2010, a reconnu le droit à une eau potable salubre et propre comme un
droit fondamental de l‟homme, essentiel au plein exercice du droit à la vie et de tous les droits de
l‟homme. Ce vote majoritaire (122 pour, 0 contre et 41 abstentions) s‟inscrit dans la logique de
l‟atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) à l‟horizon 2015.

En déclarant le droit à l‟eau potable comme droit fondamental de l‟homme, la communauté


internationale en général et les Nations Unies en particulier viennent d‟élever le droit des
populations à accéder à l‟eau potable et salubre au rang des droits fondamentaux de l‟homme,
comme le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité.

En effet, en 2004, dans la résolution 58/217, les Nations Unies ont proclamé la période 2005-
2015 décennie internationale d‟action, «L‟eau, source de vie ». A travers cette résolution,
l‟Assemblé Générale appelait la communauté internationale à faire davantage attention sur les
questions relatives aux ressources en eau, à tous les niveaux, et sur l‟exécution de programmes et
de projets relatifs à l‟eau, tout en visant à garantir la participation des femmes aux activités de
développement concernant l‟eau, et la poursuite de la coopération à tous les niveaux, en vue de
la réalisation des objectifs relatifs aux ressources en eau convenus sur le plan international.
Ainsi, la question relative à l‟eau potable est déclinée au point sept (7) des OMD.

Dans la mise en œuvre de cette résolution des Nations Unies, le Bénin, à travers la Direction
Générale de l‟Eau, a mis en place deux stratégies pour l‟approvisionnement en eau potable en
milieu rural (2005-2015) et en milieu urbain (2006-2015). D‟après ces stratégies, l‟eau constitue
une ressource rare et indispensable à la vie et au développement socio-économique du pays.
L‟alimentation, la santé et toutes les activités humaines dépendent de sa disponibilité en quantité
et qualité suffisantes. Actuellement, le secteur de l‟Approvisionnement en Eau Potable (AEP)
constitue une des priorités nationales consacrées dans les documents de base du Bénin (DSRP,
OMD) et bénéficie d‟importants appuis techniques et financiers par les partenaires au
développement.

En milieu urbain, depuis la décennie internationale de l‟eau potable et de l‟assainissement


(DIEPA) 1990-2000, des efforts tangibles ont été réalisés en matière d‟équipements des villes en
installations hydrauliques modernes, l‟augmentation du taux de desserte des populations et de
gestion du service de l‟eau par la mise en place depuis Janvier 2004 de la Société Nationale des

4
Eaux du Bénin (SONEB). La stratégie nationale de l‟AEP en milieu urbain 2006-2015 s‟inscrit
dans le cadre d‟un processus plus large de la réforme qui touche le secteur de l‟eau (politique
nationale de l‟eau, GIRE, Code de l‟eau, création de la SONEB, stratégie de l‟hydraulique
rurale). Celle-ci vient compléter le dispositif des stratégies sous-sectorielles. Cette stratégie
constitue un instrument de la politique nationale du Bénin en matière d‟AEP en milieu urbain.
Elle traduit selon la Direction Générale l‟Eau, la volonté de l‟Etat de renforcer le développement
du secteur de l‟approvisionnement en eau potable en milieu urbain pour mieux satisfaire les
besoins de la population et rendre plus efficace sa gestion. Quant à la stratégie nationale de
l‟approvisionnement en eau potable en milieu rural 2005-2015, elle tient compte de la Stratégie
de la Réduction de la Pauvreté et des Objectifs de Développement du Millénaire, et oriente
l‟action du gouvernement dans le secteur par des principes directeurs et un plan d‟action en vue
de sa mise en œuvre.

La SONEB, société d‟état chargée d‟approvisionner en eau tous les chefs lieux de communes,
rencontre d„énormes difficultés dues au développement que connaissent les villes notamment la
croissance démographique, le développement des industries etc., facteurs qui, combinés,
dénotent une inadéquation nette avec la disponibilité et les besoins réels des populations en eau.

Des efforts sont faits par la SONEB en initiant assez de projets visant à améliorer la qualité des
services aux usagers. Ces efforts se traduisent à travers des projets et programmes de
réhabilitation, d‟extension, de densification, de construction et de recherche des ressources en
eau suffisantes et pérennes.

Plusieurs études ont été lancées par la SONEB, d‟autres sont en cours de préparation. La gestion
intégrée des ressources en Eau (GIRE) qui doit être perçue comme un outil de développement et
de planification de la gestion des ressources en eau dont les principes sont clairement définis est-
elle prise en compte dans la préparation des divers projets en cours où à venir ?

Quelle pourrait être l‟apport de la GIRE pour un projet d‟alimentation en eau potable ?

Le GRAND DJOUGOU, c'est-à-dire la ville de Djougou et les agglomérations environnantes


sont situées dans un contexte géologique et hydrogéologique difficile, caractérisé par un socle
cristallin avec des forages de faibles débits. Il est alimenté par deux forages à débits faibles et un
barrage dont la capacité est réduite de plus de la moitié. Pour palier à ce problème, quelle pourra
être la contribution de la GIRE ?

5
II. HYPOTHESES DE TRAVAIL ET OBJECTIFS

L‟eau est la base de toute forme de vie. Elle est à la fois habitat, aliment, moyen de production,
moyen de transport et bien marchand. L‟eau tisse naturellement un vaste réseau de connections
du fait :

 qu‟elle est liée aux autres ressources naturelles (sol, végétation, biodiversité, etc.) ;
 que les systèmes aquatiques sont interconnectés ;
 que les problèmes environnementaux se répercutent d‟un bout à l‟autre d‟un bassin
hydrographique ;
 que différents groupes d‟intérêts l‟utilisent pour subvenir à leurs besoins.

La croissance démographique, l‟urbanisation et les progrès réalisés en termes d‟industrialisation


se combinent pour créer une demande en eau toujours plus importante. Les écosystèmes, milieux
producteurs et régénérateurs de cette ressource, sont menacés, pollués et détruits.

Lorsque les ressources en eau sont restreintes et que différents groupes d‟intérêts manifestent en
même temps des besoins par rapport à ces ressources, des réactions concurrentielles et
conflictuelles apparaissent. Droits de propriété, construction de barrages, gestion d‟un même
bassin hydrographique entre plusieurs entités d‟un pays (Communes, Départements, Régions),
concurrence entre milieux naturels et ruraux qui renouvellent l‟eau d‟une part et le milieu urbain
qui la capte et la rejette polluée d‟autre part sont autant de sources conflictuelles qui accentuent
encore la crise mondiale. Il règne à l‟heure actuelle une distribution inéquitable parmi les
différents utilisateurs.

La lutte des intérêts et le manque de coopération apparaissent à tous les niveaux, tant dans la
discussion internationale, dans la mise en œuvre institutionnelle, que dans l‟utilisation au niveau
communautaire.

Saisons des pluies violentes et irrégulières, crues, inondations, glissements de terrain,


sécheresses prolongées et changement de climat se manifestent déjà par des changements
drastiques du cycle de l‟eau dans certaines régions de la planète. Les coûts engendrés par les
catastrophes naturelles liées à l‟eau ont plus que doublé ces dernières années. Les barrages,
constructions et autres risques potentiels créés par l‟homme aggravent encore la situation.

6
Les gouvernements manquent de capacités et de moyens financiers pour mettre en place des
méthodes efficaces de préparation aux effets des catastrophes et d‟atténuation de ces effets. Les
approches privilégiant la prévention sont encore peu répandues par rapport aux approches
curatives classiques. La réduction des risques n‟est pas suffisamment intégrée dans la gestion des
ressources en eau et a été jusqu‟à présent principalement considérée comme un problème
technique à retombée économique, sans tenir compte des aspects socioculturels et écologiques.

Les projets d‟alimentation en eau potable (AEP) sont tributaires des situations ci-dessus citées et
s‟avèrent plus vulnérables parce qu‟il s‟agit d‟assurer la vie des populations. L‟AEP de Djougou
n‟échappe pas à cette situation, elle qui est caractérisée par :

 une insuffisance des ressources en eau actuellement mobilisées


 une vétusté du réseau existant
 un prix d‟eau amenant les populations à se rabattre sur les bornes fontaines et les sources
alternatives

2.1. HYPOTHÈSES DE TRAVAIL


 la situation actuelle de l‟AEP de Djougou est connue ;
 il existe des ressources en eau pérennes, suffisantes et mobilisables ;
 le réseau de l‟AEP de Djougou est géré de façon efficiente ;
 tous les aspects de la GIRE sont pris en compte dans la conception et la gestion de l‟AEP
de Djougou.

2.2. OBJECTIF GLOBAL


La Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) est un processus qui encourage la mise en
valeur et la gestion coordonnée de l‟eau, des terres et des ressources associées en vue de
maximiser le bien-être économique et social qui en résulte d‟une manière équitable, sans
compromettre la durabilité d‟écosystèmes vitaux.

L‟objectif global du travail en cours est de contribuer à améliorer les approches permettant
d‟assurer la durabilité de la ressource en eau pour l‟AEP de la ville de Djougou au Bénin.

7
2.3. OBJECTIFS SPÉCIFIQUES
Les objectifs spécifiques qui découlent de l‟objectif global sont :

 diagnostiquer la situation actuelle de l‟AEP de la ville de Djougou ;


 analyser les données caractéristiques de l‟AEP de la ville de Djougou ;
 proposer la contribution de la GIRE pour une gestion durable des ressources en eau pour
l‟AEP de Djougou, tenant compte d‟une desserte des agglomérations traversées par les
infrastructures hydrauliques.

8
III. MATERIELS ET METHODES

3.1. MATÉRIELS
Les matériels utilisés pour l‟étude sont :

 Le Plan d‟investissement de la Société Nationale des Eaux du Bénin (SONEB) ;


 La carte hydrographique du Bénin avec un accent sur le sous-bassin hydrographique
auquel appartient la ville de Djougou ;
 La carte hydrogéologique du Bénin avec un accent sur la zone de Djougou ;
 La base de données (BDI) de la Direction Générale de l‟Eau (DG-Eau) ;
 Les études sectorielles concernant la ville de Djougou ;
 Le Plan de Développement Communal de la ville de Djougou ;
 Les matériels de terrain (GPS, Appareil photo numérique, jumelles, kit d‟analyses
physico-chimiques de l‟eau, etc.) ;
 Les fiches de collecte de données ;
 Les matériels de bureau (curvimètre, planimètre, ordinateurs portable et de bureau,
imprimantes, photocopieuse, etc.).

3.2. MÉTHODOLOGIE UTILISÉE


Notre méthodologie est basée sur le concept d‟une approche systémique, en concertation avec
l‟ensemble des acteurs et intervenants dans le développement de la zone du projet. La recherche
a été conduite de façon participative sur la base d‟une consultation des acteurs afin de favoriser
une compréhension de la problématique, discuter des objectifs de la recherche et des mutations
possibles dans la mise en œuvre des projets d‟AEP avec la contribution de la GIRE

En effet l‟alimentation en eau potable (AEP) est un système assez sensible dans une société, au
regard des contraintes auxquelles elle est soumise : contradictions et conflits des intérêts entre le
fournisseur (ici, la Société Nationale des Eaux du Bénin - SONEB) et les usagers, ces derniers
étant de plus en plus exigeants du point de vue des quantités d‟eau disponibles et des prix
pratiqués (davantage de quantités d‟eau disponibles et à moindre coût).

Nonobstant cette situation que connait la SONEB, la difficulté majeure réside dans la mise à
disposition de la ressource de façon durable.

Cette méthodologie est conduite selon les rubriques suivantes

9
 Rencontre et échanges avec les responsables de la SONEB et de la DG-Eau ;
 Documentation au niveau des Ministères ;
 Rencontre des autorités locales de la ville de Djougou ;
 Visite de terrain et diagnostic des équipements ;
 Présentation des résultats obtenus ;
 Enquêtes sur les ressources en eau potentielles
 Analyse des résultats et discussion des propositions ;
 Recommandations ;
 Conclusion et perspectives.

3.2.1. RENCONTRE AVEC LES RESPONSABLES

3.2.1.1. Rencontre avec les responsables de la SONEB

Cette rencontre a permis de discuter avec la Direction des Études et de la Planification sur le
plan d‟investissement de la SONEB et plus spécifiquement les actions à mener sur l‟AEP de
Djougou, notamment en matière de problèmes de mobilisation des ressources en eau.

3.2.1.2. Rencontre avec les responsables de la DG-Eau

Au niveau de la DG-Eau, des rencontres ont permis de recueillir le Code de l‟eau et les
différents textes réglementaires en matière de gestion des ressources en eau et des documents
relatifs aux avancées de la GIRE. Suite à ces rencontres, il apparait que le PANGIRE n‟est
pas encore adopté et que le SDAGE est en cours de démarrage dans la Basse et Moyenne
Vallée de l‟Ouémé qui prend en compte la zone d‟étude actuelle.

3.2.2. DOCUMENTATION AU NIVEAU DES MINISTÈRES

Les Ministères qui on fait l‟objet de nos investigations sont :

 Le Ministère du Développement et de la Prospective pour les données relatives aux


budgets-programmes de tous les Ministères, ce qui a permis de collecter des données à
caractère hydraulique dans la zone d‟étude.
 Le Ministère de l‟Agriculture, de l‟Elevage et de la Pêche à travers la Direction de la
Programmation et de la Prospective pour recueillir les données relatives aux programmes
en cours dans le secteur, la Direction du Géni-Rural.
10
 Le Ministère de la Décentralisation et du Développement Local pour apprécier
l‟implication des autorités locales dans les projets et programmes parmi lesquels ceux
relatifs à l‟AEP.

3.2.3. RENCONTRE AVEC LES AUTORITÉS LOCALES DE LA VILLE


DE DJOUGOU
Cette rencontre avec le Maire et ses Conseillers a permis de prendre la mesure de l‟acuité du
problème d‟accessibilité de l‟eau, surtout en saison sèche. Le problème de comblement et de la
pollution de l‟eau du barrage, qui affecte la bonne qualité de l‟eau. La séance a aussi permis
d‟expliquer au conseil communal les objectifs de à la recherche et de la faire adopter comme un
problème à résoudre par tout le monde.

3.2.4. VISITE DE TERRAIN ET DIAGNOSTIC DES ÉQUIPEMENTS


La visite de terrain et le diagnostic des équipements a permis de visiter et d‟apprécier tous les
ouvrages et équipements notamment les ressources (forages et lac), le réseau de transport, la
station de traitement, le réseau d‟adduction et de distribution, les réservoirs, les équipements de
puisage, les équipements électromécaniques, etc.

3.2.5. PRÉSENTATION DES RÉSULTATS

Suite à la revue documentaire, aux rencontres, à la visite de terrain et diagnostic des


équipements, les résultats seront présentés sous forme de textes et de graphiques.

3.2.6. ENQUÊTES SUR LES RESSOURCES EN EAU POTENTIELLES

En nous référant aux principes de la GIRE et suite à l‟état des lieux fait sur la situation actuelle
du système d‟alimentation en eau potable de la ville de Djougou, les différents scénarii vont être
analysés et des propositions vont être faites dans le but de l‟application optimale de la gire. Les
éléments ci après vont êtres pris en compte dans les appréciations notamment :

 Mobilisation harmonisée de la ressource.

11
 Équité et solidarité dans l‟espace et dans le temps entre les usagers actuels et futurs.
 Utilisation rationnelle et concertée de la ressource mobilisée.
 Préoccupation genre.
 Protection harmonisée des ressources.
 Non nuisance aux autres riverains ou usagers de la ressource eau.

3.2.7. ANALYSE DES RÉSULTATS ET DISCUSSION DES


PROPOSITIONS

Les résultats présentés précédemment vont être analysés en tenant compte d‟un certain nombre
de paramètres et des hypothèses initialement formulées. Des propositions pourront être faites
suite aux scénarii comparés entre eux suivant des poids attribués selon le niveau de respect de la
procédure GIRE.

3.2.8. RECOMMANDATIONS

Suite aux différentes propositions comparées entre elles issues de l‟analyse des résultats, des
recommandations seront faites pour le choix d‟un système qui répond le plus aux exigences de
l‟AEP de la ville de Djougou.

IV. RESULTATS

4.1. GÉNÉRALITÉS

4.1.1. LOCALISATION ET ACCÈS DE LA COMMUNE DE DJOUGOU

La commune de Djougou est située au Nord-ouest de la République du Bénin, dans le


Département de la Donga dont Djougou est le Chef-lieu.

Sur la carte touristique de la République du Bénin au 1/600 000, la ville de Djougou est repérée
par les coordonnées géographiques suivantes :

 Longitude Est : 01° 40‟ 16″


 Latitude Nord : 09° 42‟ 18″

Pour accéder à la ville de Djougou à partir de Cotonou, on emprunte l‟itinéraire Cotonou-


Bohicon-Dassa par la RNIE2 (204,05 km) puis l‟itinéraire Dassa-Savalou-Djougou par la RNIE3
(260,87 km) soit une distance totale de 465 km entièrement bitumée. L‟accès est ainsi possible
en toutes saisons de l‟année.

12
4.1.2. RESSOURCES PHYSIQUES DE LA COMMUNE DE DJOUGOU

4.1.2.1. Climatologie

La Commune de Djougou est caractérisée par un climat tropical sec caractérisé par deux
saisons bien marquées que sont la saison sèche dont la durée est de cinq mois (Novembre à
Mars) et la saison des pluies dont la durée est de six mois (Avril à Septembre). Le mois
d‟Avril est celui du régime transitoire de printemps. Le mois d‟Octobre est marqué par le
régime transitoire d‟automne.

La pluviométrie annuelle moyenne est de 1 310 mm. Le mois le plus pluvieux est celui
d‟Août avec 313 mm.

Le mois le plus chaud est celui d‟Avril avec une température moyenne de 30°C et le mois le
moins chaud est celui d‟Août avec une température moyenne de 25°C.

L‟évaporation annuelle est de 1 488 mm en moyenne. Elle est plus intense au cours du mois
de Mars et faible en Août.

Tableau 1 : Récapitulatif des facteurs climatiques de la Commune de Djougou

JANV. FÉV. MARS AVR MAI JUIN JUIL. AOUT SEPT OCT NOV DEC ANNÉE
Tn 18,7 19,4 21,2 23,4 24,0 22,9 21,8 21,2 21,0 20,8 20,6 18,9

Tx 34,7 36,8 37,7 36,3 33,8 31,6 29,7 29,4 30,7 32,8 34,9 34,7
Etp 125,9 127,2 152,8 148,5 140,5 119,3 107,4 103,2 106,2 118,7 118,3 119,7 1 487,7
Pan 1,2 4,9 32,3 89,9 124,3 178,0 260,4 313,3 221,0 77,4 6,6 0,2 1 309,5

Source : Service Météorologique National du Bénin

13
Figure 1 : Variation mensuelle des températures minimales et maximales

Source : Traitement des données météo


Figure 2 : Variation mensuelle des hauteurs de pluie et de l’évapotranspiration

Source : Traitement des données météo

14
Figure 3 : Accès à la ville de Djougou à partir de Cotonou (RÉF. CARTE TOURISTIQUE DU BENIN, IGN-
France, 2000)

15
4.1.2.2. Relief, sols, végétation et hydrographie

La ville de Djougou présente un relief de plateau parsemé de collines de faibles


dénivellations.

Les sols sont à texture argilo-sableuse ou latéritique (gravillonnaire à caillouteux)


globalement favorables aux activités de productions agricoles. Les superficies emblavées
représentent 35,7 % de l‟espace communal.

La végétation est dominée par la savane boisée et arbustive dont 37 180 hectares constituent
des forêts classées. Cependant des poches non négligeables de forêts claires et de forêts
denses s‟observent par endroits.

Plusieurs cours d‟eau traversent la Commune de Djougou. Ce sont tous des affluents du
fleuve Ouémé. Parmi eux, on note la Donga qui a donné son nom au Département dont
Djougou est le chef-lieu.

4.1.2.3. Géologie et hydrogéologie

La Commune de Djougou est géologiquement caractérisée par des roches de l‟âge du


Dahomeyen dominées par une série de gneiss de la Mékrou et de Djougou ; il s‟agit de :
gneiss à biotite, à deux micas, amphibole dans la zone Nord :

 forages caractérisés par une profondeur variable de 45 à 65 mètres, un niveau d‟eau


variable de 25 à 50 mètres, un débit inférieur à 2 m3/s et un taux de réussite de 29%
 gneiss à biotite et grenat, amphibolite à pyroxène et grenat, leptynite, paragneiss à
muscovite, filons de pegmatite, gneiss fin, micaschistes à deux micas :
 forages caractérisés par une profondeur inférieure à 45 mètres, un niveau d‟eau
variable de 10 à 25 mètres, un débit de pompage inférieur à 2 m3/s et un taux de
réussite de 70%
 amphibolite schisteuse dans la zone de Djougou où les profondeurs de forages
atteignent 65 m
 intrusions tardives de massifs intrusifs, granites, granites prophyriques au Centre-nord
sur une superficie d‟environ 46 km2 et à l‟Ouest sur une superficie de 40 km2 environ.
Ces zones révèlent une faiblesse en matière de potentialité de développement à partir
des eaux souterraines :
 forages caractérisés par une profondeur inférieure à 45 mètres, un niveau d‟eau
variable de 10 à 23 mètres, un débit d‟exploitation variable de 2 à 5 m 3/s et un taux de
réussite de 33%

16
 apparition de formations associées au gneiss, complexe amphibolotique gneissique de
Founogo (amphibolites, gneiss, micaschistes mylonitisés et en écailles) orientées
Nord-sud à environ 18 kilomètres à l‟Ouest de la ville de Djougou ; la superficie de
ces formations associées est de 35 km2 environ
 roches volcano-sédimentaires de l‟Ouémé au Nord-ouest de la Commune :
 forages caractérisés par une profondeur inférieure à 45 mètres, un niveau d‟eau
variable de 10 à 25 mètres, un débit d‟exploitation inférieur à 2 m3/s et un taux de
réussite de 60%.

17
Figure 4 : Relief, sols, végétation et hydrographie de la Commune de Djougou (RÉF. CARTE TOURISTIQUE DU BENIN, IGN-France, 2000)

18
Figure 5 : Géologie et hydrogéologie de la Commune de Djougou (RÉF. CARTE HYDROGÉOLOGIQUE DU BENIN, GEOHYDRAULIQUE - 1985)

19
4.1.3. DONNÉES SOCIO-ÉCONOMIQUES

4.1.3.1. Démographie

La Commune de Djougou, qui compte 3 arrondissements urbains et 30 villages ou quartiers


de villes, a une population jeune à 65% environ. Le taux d‟accroissement moyen, sur la base
des recensements de 1992 et 2002, est de 3,1%. En cette année 2010, le nombre d‟habitants
est estimé à 83 848 avec un nombre de personnes variable de 8 à 11 par ménage.

Figure 6 : Projection démographique de la Commune de Djougou

4.1.3.2. Activités économiques et capacités de développement

Les activités agricoles sont exercées par environ 70 % de la population active. Les principales
cultures vivrières sont : l‟igname, le sorgho, le maïs, le mil, le niébé, le manioc. Les
principales cultures de rentes sont le coton et l‟arachide. Le ramassage et la cueillette du néré,
de l‟anacarde et du karité sont également des sources de revenus.

L‟élevage reste encore traditionnel et non intégré à la production végétale. Les bovins sont en
général confiés aux éleveurs peulhs. Les autres animaux élevés sont les ovins, les caprins et
les porcins. Un important marché de bétail est situé à Kolokondé, un Arrondissement de la
Commune de Djougou.

Le commerce et l‟artisanat représentent ensemble la deuxième source de revenus après les


activités agricoles. Ce commerce est basé sur les échanges des biens de consommation

20
courants, à savoir les vivres et les produits manufacturés. L‟artisanat est une activité menée
par les potiers, les vanniers, les tisserands, les soudeurs et les menuisiers.

4.1.3.3. Organisations locales de développement

La Commune de Djougou dispose de diverses organisations mises en place par les


populations. On distingue entre autres :

 Les organisations à petite échelle qui sont des organisations plus ou moins structurées
qui participent à l‟épanouissement des communautés à travers les entraides et les
tontines.
 Les organisations de gestion des biens communautaires dont les plus connues sont :
o Les Associations des Parents d‟Élèves pour la gestion des affaires financières
et sociales des écoles publiques
o les Comités de Gestion des Points d‟Eau qui assurent la gestion et l‟entretien
des ouvrages hydrauliques essentiellement en zone hors SONEB.

4.2. DESCRIPTION DE LA SITUATION ACTUELLE DE L’AEP DE


DJOUGOU

4.2.1. RESSOURCES EN EAU

L‟AEP de Djougou est assurée à la fois par des eaux souterraines (2 forages à débits faibles pour
une AEP) et des eaux de surface (1 barrage de retenue d‟eau).

4.2.1.1. Eaux souterraines

Deux forages, situés dans l‟Arrondissement de Sérou, sont raccordés au réseau de distribution
de l‟AEP de la ville de Djougou. Leurs caractéristiques sont :

Tableau 2 : Caractéristiques des forages raccordés au réseau AEP de la ville de Djougou

Localisation Caractéristiques

Distance Source
N° Localité Profondeur Débit observations
% d’énergie
Longitude Est Latitude Nord forée et d‟exploitation
Djougou
équipée (m) (m3/h)
(km)

21
Alpha-Kpara Groupe
1 01° 46‟ 08,8” 09° 36‟ 54,2” 16 73 8 Fonctionnel
Centre électrogène

Réseau
2 Nangatchouri 01° 44‟ 24,9” 09° 38‟ 47,0” 11 57 9 Fonctionnel
électrique SBEE

Source : SONEB et mission effectuée sur le site

Les forages situés dans un rayon de 15 km autour de la ville de Djougou et ayant un débit
au développement supérieur à 10 m3/h sont en nombre très faible (0,84%). Ceci explique
l‟insuffisance des capacités en eaux souterraines pour satisfaire les besoins des
populations en eau potable. Néanmoins, des systèmes d‟adduction d‟eau villageoise
(AEV, nombre = 2), des postes d‟eau autonomes (PEA, nombre = 5), des forages à
motricité humaine (nombre = 116 dont 109 fonctionnels) et des puits à grand diamètre
(nombre = 340 dont 324 fonctionnels) sont installés dans des localités de la Commune
afin de pallier à cette insuffisance.

4.2.1.2. Eaux de surface

En complément aux forages, un prélèvement d‟eau de surface est assuré au niveau du lac
nommé Téro situé à l‟entrée Sud de la ville de Djougou. L‟eau ainsi prélevée est envoyée
dans une station de traitement en vue de la rendre potable. Les caractéristiques de ce lac sont :

Tableau 3 : Caractéristiques du lac contribuant à l’AEP de la ville de Djougou

Localisation Caractéristiques du bassin versant


Indice Apports Capacité
Coefficient
Superficie Périmètre de d‟eau année cuvette observations
Longitude Est Latitude Nord 2
écoulement 3
S (km ) P (km) pente moyenne (m )
Ke (%) 3
Ig (‰) (m )
 Envasement de la
cuvette de retenue
01° 39‟ 20,0” 09° 41‟ 03,0” 29,08 23,87 5,4 24 9 109 000 103 000  Présence
d‟habitations du côté
Ouest
Source : SONEB, mission effectuée sur le site

22
Figure 7 : Points d’eau fonctionnels dans la Commune de Djougou (RÉF. BANQUE DE DONNÉES INTÉGRÉE DU BENIN, DG-Eau - 2009)

23
4.2.2. INFRASTRUCTURES

Le schéma hydraulique du système d‟AEP de Djougou est le suivant :

Figure 8 : Schéma hydraulique du système d’AEP actuel

Source : Visite de terrain

Figure 9 : Organes de prise d’eau sur le lac

Source : Visite de terrain

4.2.2.1. Station de traitement de l’eau de surface

La station de traitement de l‟eau brute en provenance du barrage existant est composé de :

 2 décanteurs floculateurs métalliques de forme cylindro-conique et traitant chacun un


débit de 15m3/h ;
 2 filtres à sable de 15 m3/h chacun.

24
Le sulfate d‟alumine, le lait de chaux et l‟hypochlorite de calcium sont injectés dans la
conduite à l‟entrée de la station de traitement.

L‟eau traitée est recueillie dans une bâche de 20 m3, une station de reprise construite en
dessus composée de deux pompes verticaux de 30m3/h – HMT 35 m chacun, refoule l‟eau
traitée dans le réseau de distribution.

Figure 10 : Parties de la station de traitement des eaux de surface

Source : Visite de terrain et des équipements

4.2.2.2. Réseau de distribution et réservoirs

En 2008, le réseau de distribution, entièrement en PVC, avait une longueur totale de 45 526
mètres linéaires pour 1 133 abonnés. Durant la période de 1998 à 2008, le taux
d‟accroissement des abonnés est de 7,6 %, soit un peu plus que le taux moyen national qui est
de 6,5%.

Le réseau de distribution comprend deux réservoirs en béton armé de capacités respectives de


160 m3 et 180 m3. Le réservoir de 160 m3 ne domine pas suffisamment les concessions situées
dans son voisinage immédiat.

Le nombre des gros consommateurs est de 20 dont 9 usagers collectifs, avec une
consommation moyenne mensuelle de 3 366 m3, représentant 22 % de la consommation
totale de Djougou. La consommation mensuelle moyenne par gros consommateur est de
168 m3.

Le volume annuel d‟eau traitée refoulée est de 242 793 m3, ce qui donne 214,3 m3 par
branchement pour Djougou, contre 242, 65 m3 pour l‟ensemble du Bénin.

25
4.2.2.3. Production et tarifs de l’eau

La production d‟eau de la ville de Djougou en 2008 est d‟environ 242 800 m3, répartie
mensuellement comme suit :

Tableau 4 : Production mensuelle d’eau pour l’AEP de la ville de Djougou

mois Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc

Vol (m3) 20 585 23 490 27 736 29 633 24 441 17 869 15 242 14 908 15 435 14 914 18 933 19 607

Source : SONEB

A cause de l‟insuffisance d‟eau potable disponible, la consommation spécifique par habitant


est relativement faible, à savoir 4,5l/j/hab bien en dessous de la valeur nationale qui est de
9l/j/hab. Une autre raison est certainement le faible revenu des familles dans leur ensemble
qui se disciplinent dan l‟usage de l‟eau pour ne pas dépasser le premier seuil des tarifs (voir
tableau ci-dessous). Le montant du branchement est de cent mille (100 000) Francs CFA.

Figure 11 : Variation des productions mensuelles d’eau pour l’AEP de Djougou

35 000

30 000
Volume produit (m3)

25 000

20 000

15 000

10 000

5 000

0
Jan. Fév. Mars Avril Mai Juin Juill. Août Sept. Oct. Nov. Déc.
V (m3) 20585 23490 27736 29633 24441 17869 15242 14908 15435 14914 18933 19607

Source : SONEB

Les besoins en eau sont élevés pendant la période de Novembre à Mai qui correspond à la
saison sèche, période au cours de laquelle les ressources alternatives (puits, citernes, mares,
etc.) sont inexistantes.

26
Tableau 5 : Tarifs de l’eau pour la ville de Djougou

Seuils de consommation Prix du m3 d’eau (FCFA)


3
0 à 5 m /mois 198
3
6 à 50 m /mois 459
Plus de 50 m3/mois 658
Pour les consommations collectives 300
Source : SONEB

4.2.2.4. Gestion du réseau

Le réseau d‟AEP de la ville de DJOUGOU et ses environs est géré par un service
déconcentré de la SONEB nommé « AGENCE » qui a à sa charge un ou plusieurs réseaux
dans un rayon donné et suivant la taille des villes.

L‟AGENCE chargée de la gestion de l‟AEP de DJOUGOU est composé de : un service


technique et un service administratif et financier. Le service technique est chargé de la gestion
technique du réseau et des autres équipements techniques dans le but de rendre continu le
service de l‟eau pour les usagers. Les problèmes que rencontre souvent ce service sont, entre
autres :

 Casse de conduites
 Fuites d‟eau au niveau des raccordements des compteurs
 Fuites d‟eau au niveau des autres pièces de raccord
 Lenteur dans les interventions pour les réparations des fuites à ciel ouvert
 Non disponibilité de certaines pièces de rechanges
 Difficulté dans l‟identification des fuites dans le réseau

4.3. PROPOSITIONS EN VUE DU RENFORCEMENT DES


RESSOURCES EN EAU
Afin de renforcer l‟AEP de la ville de Djougou et des localités voisines, les propositions
suivantes ont été faites :

27
4.3.1. RESSOURCES SOUTERRAINES MOBILISABLES

L‟analyse documentaire couplée aux études hydrogéologiques ont permis d‟identifier les
caractéristiques de la zone et de privilégier celles qui assurent la réussite des implantations.
L‟inventaire des ouvrages existants et des archives d‟anciens projets réalisés par la DG-Eau, l‟ex
CARDER, la SNV, l‟UNICEF, l‟UEMOA, l‟AGETUR… et l‟analyse des renseignements ainsi
obtenus ont permis de caractériser les points d‟eau dont les débits sont compris entre 4 et 21m3/h
et une profondeur équipée de 50 ml à 65 ml. Le tableau suivant récapitule les caractéristiques des
forages :

Tableau 6 : Caractéristiques des forages analysés

Débit Niveau dynamique Niveau dynamique Amplitude du niveau


Indice IRH de
Longitude Est Latitude Nord d'exploitation moyen en période de moyen en période dynamique observée h
forage
(m3/h) crue (m) d'étiage (m) (m)

DJO-B-2104-07 01°56'02,1" 09°42'40,0" 5,3 3 5,7 2,7

DJO-B-1940-07 01°43'22,5" 09°49'00,0" 4,3 5,2 8,3 3,1

DJO-B-1701-07 01°52'55,0" 09°58'49,0" 9,45 3,1 6,3 3,2

DJO-B-2265-07 01°59'09,2" 09°30'00,0" 8,5 13,43 17,2 3,77

DJO-D-0674-07 01°55'03,0" 09°25'00,0" 10 5,4 11,4 6

INC-C-1100-07 02°05'12,5" 09°25'30,0" 7,37 4,6 9,6 5

INC-C-0861-07 01°46'46,9" 09°54'00,0" 6,7 8,6 13,4 4,8

PAR-C-0330-07 02°06'37,8" 09°23'00,0" 3,6 3,5 4,35 0,85

PAR-C-0426-07 02°00'48,1" 09°28'30,0" 8,8 2,8 4,96 2,16

PAR-A-0168-07 02°01'26,6" 09°44'27,0" 21 12,31 17,3 4,99

Source : mesures opérées sur le terrain

Dans la Commune de Djougou, les recharges sont assurées et se présentent en 2 classes : la


classe de 2 m à 5 m et la classe de 6 m et plus. L‟investigation hydrogéologique et géophysique
montre la possibilité de créer 10 nouveaux forages dans un rayon de 15 km autour de la ville de
Djougou. Nous admettons un débit moyen de 8,5 m3/h pour lesdits forages.

28
Figure 12 : Position des forages (existants et proposés) et du réseau de collecte

29
30
4.3.2. RESSOURCES DE SURFACE MOBILISABLES

Du point de vue hydrographique, la Commune de Djougou est essentiellement drainée par 2


principaux cours d‟eau que sont la Donga et la Doninga, affluents de l’Ouémé en rive droite. Le
site existant est celui situé à l‟entrée Sud de la ville de Djougou. En plus de ce site existant, 3
autres sites sont proposés. Les deux premiers sont recherchés sur les affluents de la Donga plus
proches de la ville, 10 km pour le premier (avec 1 variante) et 5 km pour le second (avec 2
variantes). La position du troisième site permet de retenir les eaux provenant de la Donga et de la
Doninga. Ce site est à 50 km environ.

Les bassins versants des sites sont caractérisés par les données morphométriques que sont : la
superficie, le périmètre, l‟indice de compacité, la longueur du rectangle équivalent, les altitudes
en crête et au droit du site de barrage, l‟indice global de pente, la dénivelée spécifique. Les
caractéristiques morphométriques des bassins versants correspondants aux sites sont :

Tableau 7 : Caractéristiques morphométriques des bassins versants des sites (1 existant et 3 proposés)

Site n°1 Site n°2 Site n°3


Sites de barrages Site existant
DJ-1 DJ-1bis DJ-2 DJ-3 DJ-4 Afon

Latitude Nord 09°41‟3,02" 09°45‟0,80 " 09°44‟54,80" 09°44‟17,91" 09°44‟58,00" 09°45‟5,60" 09°43‟22,8"
Coordonnées
Longitude Est 01°39‟20,00" 01°36‟32,7" 01°36‟28,80" 01°39‟53,02“ 01°40‟59,60" 01°41‟7,30" 02°06‟57,6"

Superficie
29,5 11,4 8,5 43,9 47,9 96,3 3 471
(km2)

Périmètre
23,6 13,5 12,9 26,5 29,2 39,3 275,8
(km)

Long cours
9,40 5,90 5,10 10,20 12,70 15,80 91,93
d‟eau (km)

Cote max (m) 470 468 468 442 442 474 468

Cote min (m) 419 430 432 398 390 420 350
Caractéristiques
bassin versant Indice de
1,23 1,13 1,25 1,13 1,19 1,13 0,02
compacité

Long rect équ


8,22 3,44 4,61 6,83 9,64 10,33 33,13
(km)

Indice pente
6,21 11,04 7,81 6,44 5,39 5,23 3,56
(m/km)

Déniv spécif
33,71 37,29 22,77 42,65 37,34 51,32 60,45
(m)

Relief Assez faible Assez faible Faible Assez faible Assez faible Modéré Modéré

31
Réseau Radial Radial Radial Radial Radial Radial

Apport
moyen annuel 7 670 3 409 2 542 10 843 11 831 22 535 805 966
(x 1 000 m3)

32
Figure 13 : Position du site du barrage existant (Lac) Figure 14 : Position du site du barrage DJ-1 Figure 15 : Position du site du barrage DJ-1 bis

Figure 16 : Position du site du barrage DJ-2 Figure 17 : Position du site du barrage DJ-3 Figure 18 : Position du site du barrage DJ-4

Source : cartes de Djougou Feuille NC-31-VIII au 1/200 000, IGN-PARIS, édition 1955

33
Figure 19 : Position du site du barrage Affon

Source : Base de Données Intégrées, BDI-DGEau, 2009

34
V. DISCUSSION ET ANALYSES

5.1. ANALYSE DE L’ÉTAT ACTUEL DU RÉSEAU ET DE SA


GESTION
Plus de la moitié de l‟eau courante est gaspillée suite à des fuites. L‟accès à l‟eau douce passe
nécessairement par une réduction des gaspillages. L‟eau douce est de plus en plus rare et chère,
comme n‟importe quel autre produit. Qu‟elle soit distribuée à des petits consommateurs urbains
ou à des grands consommateurs industriels, cette denrée a un prix.

Dans le cas particulier de l‟AEP de Djougou, le réseau, en PVC, révèle des faiblesses suite aux
nombreuses années d‟exploitation. On note de manière intempestive des fuites à ciel ouvert dues
à des cassures de tuyau ou à un relâchement au niveau des raccordements des compteurs ou
autres pièces spéciales. Concernant les fuites internes, elles ne sont découvertes que lorsque les
terrains traversés sont mouillés à la surface du sol.

Pour ce qui concerne les fuites à ciel ouvert, une section de l‟AGENCE de la SONEB est mise en
place pour les réparations y afférentes. Par contre la SONEB ne dispose pas d‟équipements et de
compétence pour déceler à temps les fuites internes du réseau et les traiter.

Pour palier les pertes dues aux diverses fuites, il s‟avère nécessaire de procéder à l‟usage de
conduites PEHD pour les extensions du réseau et du remplacement progressif des conduites PVC
existantes.

Afin d'améliorer la qualité du service rendu aux usagers, les gestionnaires des réseaux d'eau potable
doivent, non seulement garantir la qualité de l'eau et assurer la continuité de l'alimentation, mais aussi
réduire les pertes en eau et préserver le cadre urbain tout en diminuant les coûts.

5.2. ANALYSE DES SCENARII


Avant de poursuivre la discussion et les analyses il est important de rappeler l‟objectif de la
recherche qui est de voir en quoi la gire peut contribuer à la problématique de l‟alimentation en
eau de la ville de DJOUGOU. Pour cela nous rappelons le consensus international sur la GIRE
basé sur les quatre principes de Dublin :

 l’eau douce est une ressource limitée et vulnérable, indispensable au maintien de la


vie, au développement et à l’environnement ;

35
 l’exploitation et la gestion de l’eau doivent se fonder sur une approche Participative,
impliquant les usagers, les planificateurs et les décideurs à tous les niveaux ;
 les femmes jouent un rôle central dans l’approvisionnement, la gestion et la
préservation de l’eau ;
 l’eau a une valeur économique dans toutes ses utilisations concurrentes et doit être
reconnue comme un bien économique.

En nous référant à ces principes et suite à l‟état des lieux fait sur la situation actuelle du système
d‟alimentation en eau potable de la ville de Djougou, les différents scénarii vont être analysés et
des propositions vont être faites dans le but de l‟application optimale de la GIRE. Les éléments
ci après vont êtres pris en compte dans les appréciations notamment :

 Mobilisation harmonisée de la ressource.


 Équité et solidarité dans l‟espace et dans le temps entre les usagers actuels et futurs.
 Utilisation rationnelle et concertée de la ressource mobilisée.
 Préoccupation genre.
 Protection harmonisée des ressources.
 Non nuisance aux autres riverains ou usagers de la ressource eau.

5.2.1. MOBILISATION HARMONISÉE DE LA RESSOURCE


La mobilisation des ressources en eau nécessaires pour la réalisation de l‟AEP de la ville de
Djougou requiert la réalisation de forages ou de barrages. L‟eau étant une denrée vulnérable et
limitée, l‟objectif sera d‟assurer une gestion rationnelle par la réalisation des infrastructures de
mobilisation d‟eau.

La ressource pourrait être affectée par une mobilisation non coordonnée et non harmonisée. Que
ce soit le barrage ou le forage, la matrice des interrelations potentielles permettra de visualiser
les différentes relations entre le potentiel de la ressource en eau et le besoin réel de la population
de la ville de Djougou et ses environs. En effet le potentiel hydrogéologique et le besoin en eau
brute de la population de la ville de Djougou et ses environs se présentent à l‟horizon 2030
comme suit :

36
Tableau 8 : Points d’eau modernes existants dans un rayon de 15 km autour de la ville de Djougou et les
besoins en eau brute des populations.

BESOIN EN EAU BRUTE


3
POTENTIEL HYDROGÉOLOGIQUE TOTAL [Qmoy] (Millions m /an)
2010 2015 2020 2025 2030

Nombre d‟Equivalent Point d‟Eau (EPE)


237
dans un rayon de 15 km par rapport à la
ville de 1985
Moyenne desà 2008
profondeurs des forages se
situant dans un rayon de 15 km par rapport à 55.5m
la zone du projet
Moyenne des NS d‟eau des forages réalisés
8.28m/repère sol
dans un rayon de 15 km autour de la ville
Pourcentage des forages ayant un débit au
développement (en m3/h) compris dans 86.52%
l‟intervalle [0,7 ; 5[et dans un rayon de 15
km autour de des
Pourcentage la ville
forages ayant un débit au 0.7 0.9 1.5 2.4 3.7
3
développement (en m /h) compris dans 12.64%
l‟intervalle [5; 10[et dans un rayon de 15 km
autour de la ville
Pourcentage des forages ayant un débit au
développement ≥ 10 m3/h et dans un rayon 0.84%

de 15 km autour de la ville
Gneiss, des
micaschistes à
deux micas, des
Structure géologique souvent captée
amphibolites
schisteuses, des îlots
de quartzites

Le sous-sol de la commune de Djougou, présente un potentiel hydrogéologique passablement


généreux mais le débit d‟exploitation des forages positifs obtenus avec des taux des réussites de
52% pour la meilleure des campagnes de sondage, demeure très faible. La quasi inexistence de
forage de débit supérieur ou égal à 10m3/h ou le faible pourcentage de forages de débit compris
entre 5 et 10m3/h montre la difficulté d‟utiliser uniquement des forages comme source de
captage dans un système d‟Alimentation en Eau Potable, face aux besoins évolutifs des
populations.

Les eaux de surface des différents sous-bassins seraient un moyen sûr car d‟importants volumes
d‟eau pourraient être mobilisés. La caractéristique hydraulique des eaux de surface, c‟est leurs

37
écoulements intermittents dus aux variabilités pluviométriques. En effet au nord du Bénin, où se
localise la zone d‟étude, le déficit d‟écoulement, de l‟ordre de 40%, correspond à une diminution
de la pluviométrie de 15 à 20% (Lebel et Vischel, 2005). L‟hypothèse la plus avancée sur cette
diminution trouverait son origine dans la réduction durable des apports en eau souterraine.
(Kamagaté, 2006).

Il est donc nécessaire d‟assurer une gestion durable de la ressource à travers l‟amélioration du
système d‟alimentation en eau de la ville de Djougou sur les différents sites proposés, à savoir :
DJ1, DJ2, DJ3, DJ4 et Affon.

D‟après les enquêtes réalisées sur l‟option de mobilisation (forages ou barrages) de la ressource
(voir annexe 1) pour l‟AEP de la ville de Djougou il résulte ce qui suit :

Les thèmes de cette enquête ont porté sur le potentiel hydrogéologique de la commune, la mise
en appointage des forages, la possibilité d‟implantation de barrage sur les sites, l‟existence de
zone à risque de salinisation et l‟impact de chacun des barrages sur la variation des niveaux de la
nappe et des débits des cours d‟eau. L‟enquête a consisté dans un premier temps à répondre par
l‟affirmation ou la négation concernant les thèmes cités ci-dessus. A travers les réponses, les
sites ont été mis en concurrence selon que ceux-ci répondent favorablement aux préoccupations
de la GIRE (au quel cas on leur affecte un signe positif "+"). Ainsi le site qui aurait plus de
pourcentage d‟attribution positif sera le plus indiqué pour répondre au principe de mobilisation
harmonisé de ressource en eau.

Les eaux souterraines de la commune de Djougou peuvent être utilisées en appointage dans le
système d‟approvisionnement en eau avec les barrages des sites DJ2, DJ3, DJ4 et Affon.

38
5.2.2. ÉQUITÉ ET SOLIDARITÉ DANS L’ESPACE ET DANS LE TEMPS
ENTRE LES USAGERS ACTUELS ET FUTURS

La gestion participative de la population riveraine et concertée des différents acteurs intervenant


dans le domaine de l‟eau ainsi que les acteurs institutionnels doivent assurer une gestion
intégrée et efficace des ressources naturelles en l‟occurrence celle de l‟eau dans la ville de
Djougou.

Le barrage de Téro est le patrimoine de la SONEB qui en assure la gestion. La nouvelle


approche visera à intégrer les secteurs de la pêche, de l‟élevage et de l‟agriculture. Tout devra se
baser sur une planification et une projection des actions possibles dans le bassin, tout ceci dans
un environnement législatif adéquat. Cette autorité de régulation doit mettre en place des
instruments tels que le Contrôle direct : règles, droits, normes, plans d‟utilisation des sols,
réglementation des services publics, etc.…ou encore les instruments économiques : prix, tarifs,
subventions, aides, redevances, frais, marchés, taxes, etc.

Suivant le principe précédent d‟enquête, les sites DJ1 DJ1bis, DJ2, DJ3, DJ4 et Affon ont été mis en
compétition pour des raisons de volume mobilisable par ceux-ci, leur capacité à supporter
d‟autres activités en dehors de l‟AEP puis la possibilité de mettre en place dans le cas où les
barrages de ces sites seraient réalisés, un comité plurisectoriel de gestion.

D‟après le diagramme présenté ci-dessus, la réalisation du barrage sur le site de Affon


permettrait le développement d‟activités auxiliaires à l‟approvisionnement en eau potable car il
mobilise non seulement un volume important de la ressource mais il présente un atout majeur lié
à son isolement qui favoriserait non seulement le développement de l‟agriculture, du tourisme,
de la pisciculture, mais aussi de mini AEP pour les agglomérations qui existent entre le barrage
et le centre urbain de la commune de Djougou. De plus par la proximité du site avec la forêt
classée de l‟Ouémé supérieur, une synergie de gestion pourrait être établie entre l‟administration
forestière et la SONEB.

Quant aux sites DJ1 DJ1bis, DJ2, DJ3, DJ4, pour lesquels les pourcentages obtenus lors de cette
enquête sont de 13% pour le meilleur score, la réalisation des barrages ne pourrait pas favoriser
une organisation communautaire en raison de l‟exiguïté de ces bassins et de leur situation au
voisinage du centre urbain. La réalisation de ces ouvrages resterait l‟apanage de la SONEB et les
autres secteurs qui auraient besoin d‟eau pour le développement de leurs activités ne pourraient
en avoir à cause de l‟insuffisance du volume mobilisable d‟une part et de la situation
géographique de ces barrages d‟autre part.

39
5.2.3. UTILISATION RATIONNELLE ET CONCERTÉE DE LA
RESSOURCE MOBILISÉE.
Plusieurs acteurs interviennent au niveau de la gestion et de l‟utilisation du barrage et de son
bassin versant. On peut les regrouper en deux grandes catégories à savoir :

 Les acteurs étatiques parmi lesquels il y a les services nationaux et déconcentrés de l‟État
(SONEB, DG Eau, CeRPA etc.…), les collectivités locales (Mairies des communes
traversées par le bassin);
 les utilisateurs des ressources en eau et des ressources naturelles au niveau des barrages
(existant et à construire) et de leurs bassin versants. Il s‟agit surtout des producteurs
agricoles, des maraîchers, des éleveurs, des pêcheurs, des exploitants forestiers et
exploitants du bois énergie etc.…

Il convient de noter qu‟autour des barrages et de leurs bassins versants, chaque acteur, surtout les
utilisateurs, développe son activité/intérêt avec sa logique, sa stratégie de façon à optimiser à son
seul profit les services de l‟eau et des ressources naturelles associées.

Comme il a été développé dans le paragraphe précédent, la réalisation de barrage sur le site de
Affon pourrait satisfaire l‟intérêt de chacune de ces parties. En tenant compte de sa capacité
mobilisatrice et de son isolement, ce site peut constituer sans équivoque la grande marmite
autour de laquelle les simples consommateurs de la ville de Djougou et ses environs, ainsi que
les usagers lucratifs pourront se satisfaire à condition d‟une utilisation rationnelle qui passe par

40
des actions d‟information, de sensibilisation, de formation, d‟éducation et de mise en place des
mesures d‟accompagnement en faveur de tous les acteurs et les populations vivant dans le bassin
versant.

Sur le plan du genre (voir le diagramme ci-dessous), tous les sites recensés dans le cadre de la
présente étude favoriseraient l‟intégration des femmes et des franges vulnérables de la
population au développement de leurs activités personnelles mais aussi dans l‟organe de gestion
et de prise de décision.

La phase de réalisation de ces ouvrages apportera une valeur ajoutée aux commerçantes en
raison de la forte mobilisation de moyens humains que nécessiteraient les divers chantiers. Ces
sites favoriseraient de même l‟éclosion des cultures maraichères, ainsi que les cultures de contre
saison qui utilisent dans la plupart des cas, une main d‟œuvre féminine.

5.2.4. PROTECTION HARMONISÉE DES RESSOURCES


Les systèmes d‟alimentation en eau potable doivent bénéficier d‟une protection efficace, tant au niveau de
la ressource que des infrastructures mises en œuvre pour le stockage ou la distribution. La protection aura
pour objectifs de :

 Produire une eau dont la qualité ne nuit pas à la santé. Pour cela, elle doit être conforme à la
réglementation sanitaire.
 Mettre à la disposition de l‟usager une quantité d‟eau suffisante pour couvrir ses besoins.
 Procurer un confort d‟utilisation en approvisionnant l‟eau à une pression adaptée à l‟usage.
 Garantir une distribution 24 heures sur 24 grâce à des solutions de secours.
 La protection se doit de protéger tous les objectifs du système AEP et notamment des pollutions
accidentelles.

41
L‟enquête réalisée sur les sites DJ1 DJ1bis, DJ2, DJ3, DJ4, et Affon ne révèle pas de difficulté physique lié à
la mise en place de dispositif de protection (voir le diagramme ci-dessous). Cependant les périmètres de
protection qui sont actuellement occupés par des agriculteurs constituant une source potentielle de
pollution aux pesticides, devront être délocalisés.

5.2.5. NON NUISANCE AUX AUTRES RIVERAINS OU USAGERS DE LA


RESSOURCE EAU

Dans ce paragraphe nous aborderons les questions relatives aux impacts positifs, que la
réalisation de barrage sur chacun de ces sites aurait sur l‟environnement (pollution, zone
protégée, diversité biologique…) et l‟aspect socio économique (santé et mode de vie). Il s‟agira à
l‟issue de cette enquête, d‟identifier le site qui donnerait un poids considérable aux paramètres
énumérés ci-dessus. Il est à noter que les sites DJ1 DJ1bis, DJ2, DJ3, DJ4, sont plus urbanisés que
celui de Affon à cause de leur proximité avec le centre ville de Djougou.

Le manteau géologique est constitué de trois ensembles relativement distincts :

La rive gauche présente des terrasses alluvionnaires composées de sable argileux et d‟argile
limoneuse. Ces terrasses donnent à la cuvette une certaine étanchéité. Au niveau du lit mineur,
on retrouve des affleurements métamorphiques dus à l‟effet érosif du cours d‟eau, ils sont formés
de gneiss fins et micaschistes à biotite. Aucune trace de faille n‟a été observée.

42
En s‟éloignant du cours d‟eau, les rives (surtout en rive droite) deviennent couvertes par des
colluvions résultant de l‟érosion de la roche mère qui affleure par endroit.

Le site est favorable pour la construction d‟un barrage en présence de deux élévations sur les
deux rives pouvant servir comme appuis pour la digue et des terrasses alluvionnaires qui peuvent
être des zones d‟emprunts (surtout en rive gauche).

AVANTAGE

La réalisation de ce barrage mobilisera un stock d‟eau

Sur le plan socio-économique, au-delà de l‟objet principal du projet qui est d‟assurer l‟alimentation en
eau potable, ce stock d‟eau peut servir au développement des cultures de contre saison par le système
d‟irrigation, le maraîchage, ou au renforcement de l‟abreuvement des animaux domestiques des localités
concernées. Certaines autres activités seront développées ; parmi elles, on peut citer les activités
piscicoles et de pêche au niveau de la retenue et/ou sur le cours d‟eau.

Du point de vue de la santé de la population, l‟existence de ce stock d‟eau permet de garantir une bonne
santé à la population par la distribution d‟eau potable en toutes saisons, ce qui éviterait les maladies
d‟origine hydrique.

IMPACTS NEGATIFS

Destruction du couvert végétal : la mise en eau du réservoir du barrage induirait l‟inondation d‟environ 30
ha. Ce qui provoquerait la destruction en cet endroit des espèces ligneuses telles que : Isoberlinia doka,
Daniellia oliverii, Combretum sp, Terminalia sp, …Il en ressort la perturbation de la quiétude et
l‟émigration obligatoire des espèces de faune terrestre occupant ce biotope. La microfaune et la
microflore y seraient également modifiées.

43
 Conséquences socio-économiques : environ 15 hectares de champs seront envahis par les
eaux. Cela empêcherait les populations occupant la zone d‟effectuer leurs activités
agricoles. La production du riz, du manioc, du mil, du sorgho, des ignames, du niébé, de
vouandzou, du soja, et des plantations d‟anacardiers seront abandonnées. Sur le plan de la
pêche, les activités seront sans doute modifiées à l‟amont et à l‟aval du cours d‟eau à
cause de la modification du régime des eaux.

 Modification de la qualité des sols : L‟inondation et la permanence des eaux dans le


réservoir du barrage agiraient sur la qualité des sols. L‟absence de l‟aération des sols crée
les conditions anaérobies au niveau de la zone. Cette qualité actuelle des sols jouerait sur
la modification de la végétation et de la faune locale.

44
VI. RECOMMANDATION

En vue d‟assurer la gestion durable du barrage de Téro et de son bassin versant, en plus des
initiatives déjà entreprises par l‟Etat, les communautés, les collectivités locales, les institutions
de recherche et les projets, il s‟avère urgent et prioritaire de mener dans le temps les actions qui
suivent :

 Création d‟un périmètre de protection de la retenue ;

 Etablissement d‟une vision partagée et d‟un cadre de concertation réunissant l‟ensemble


des différents acteurs impliqués dans la gestion et la survie du bassin ;

 Mise en place d‟un cadre de concertation opérationnel des acteurs de la gestion durable
des ressources en eau du barrage et de son bassin versant ;

 Réalisation des travaux d‟augmentation de la capacité de la retenue et/ou d‟un second


barrage

 Réalisation des barrages par l‟état ou le pouvoir central, ainsi tous les acteurs concernés
par la question de l‟eau pourraient se regrouper à la grande jarre. Autrement la
construction de ces ouvrages onéreux serait (i) un fardeau pour la SONEB, (ii) et les
autres secteurs comme la pèche l‟agriculture, le tourisme…resteraient (selon les pires
scénarii comme les saisons de grande sécheresse) sans la ressource en eau.

45
VII. CONCLUSIONS ET PERSPECTIVES

Les professionnels de l‟eau doivent promouvoir le concept de gestion intégrée des ressources en
eau (GIRE), cette approche étant la seule qui soit capable d‟assurer un équilibre entre la
demande croissante et l‟état actuel des ressources en eau. Aujourd‟hui au Bénin, les lois relatives
à l‟eau semblent promouvoir une gestion intégrée par bassin versant, laquelle offre un éventail de
solutions acceptables pour l‟ensemble des parties prenantes et fixe des objectifs flexibles
permettant de gérer le processus en tenant compte des capacités humaines et institutionnelles. Au
Benin, le concept de la GIRE ne s‟applique pas encore avec succès au niveau des bassins
versants, mais les profondes réformes en cours du secteur de l‟eau doivent permettre un
véritable décollage de sa mise en application.

La GIRE est une approche holistique qui tient compte de la problématique d‟ensemble des
bassins versants à travers une perspective multisectorielle mobilisant l‟ensemble des ressources –
sol, eau, biomasse, énergie. Elle s‟efforce, par ailleurs, d‟équilibrer les besoins humains et la
protection de l‟environnement et vise principalement à développer les ressources dans le but
d‟assurer l‟approvisionnement en eau des zones riveraines, à travers des méthodes d‟irrigation à
petit échelle et la protection des ressources en eau disponibles contre les risques de
surexploitation et de pollution. Globalement, elle a pour objectif d‟améliorer les moyens de
subsistance locaux et d‟accroître la résilience communautaire face aux aléas naturels. Le
processus de planification participative de gestion par bassin versant sera à promouvoir dans le
bassin versant au cours de la mise en œuvre du SDAGE, dans la basse et moyenne vallée de
l‟Ouemé et la réforme du secteur de l‟eau au Bénin. Les problèmes liés à l‟environnement et au
développement, ainsi que le potentiel mobilisable des ressources en eau, doivent être identifiés
par la population locale et les différentes parties prenantes, en partenariat avec les professionnels
du secteur. La GIRE doit être considérée comme un formidable outil de planification au service
des communautés locales et des professionnels des organisations de bassin versant.

Pour réussir l‟application de la GIRE pour l‟AEP de DJOUGOU, des fonds suffisants devront
être mobilisés par l‟état central pour financer la construction du barrage ou les services
d‟approvisionnement en eau des différents consommateurs (usage domestique, industrie et
agriculture), car la SONEB seule ne pourra pas mobiliser les fonds pour prétendre à une
rentabilité du projet. Le site du barrage d‟AFFON nous parait adéquat pour alimenter la ville de
DJOUGOU tout en mettant en œuvre les principes de la GIRE au vue des résultats d‟enquête.

46
Il va sans dire qu‟une telle approche nécessite la mise en place d‟un comité interministériel qui
doit travailler sur tous les aspects de la GIRE, notamment le mécanisme de mobilisation des
fonds. Pour une gestion efficace et durable de la ressource et une pérennité des infrastructures,
chaque usager devra s‟acquitter d‟une redevance, quelle que soit l‟activité (agriculture irriguée,
abreuvement de bétails, mini AEP, pépinières villageoises, usines, pêche, tourisme, etc.).

47
VII. BIBLIOGRAPHIE
AFOUDA F.M., (1990) : L'eau et les cultures dans le Bénin Central et septentrional: Etude de la
variabilité des bilans de l'eau dans leurs relations avec le milieu rural de la savane africaine.
Thèse de Doctorat Nouveau Régime. Institut de Géographie, Université de Paris IV-Sorbonne.
Paris, 428 pages

BARBE L., Alé G., Millet B., Texier H., Borely., Gualde D., (1993): Les ressources en eaux
Superficielles de la république du Bénin, ORSTOM/DH, Editions de l‟ORSTOM, collection
Monographies hydrologiques n°11, 540 p.

Bénin : Politique nationale de l‟eau, Ministère de l‟Energie et de l‟Eau, octobre 2008.

2. Bénin : Vision nationale de l‟eau en l‟an 2025 - rapport de synthèse - Ministère des Mines, de
l‟Energie et de l‟Hydraulique, décembre 1999.

3. Bénin : Vision eau 2025 - Document final – janvier 2000.

4. Bénin : Appui à la gestion des ressources en eau du Bénin - Etat des lieux du cadre
juridique et institutionnel du secteur de l‟eau - Ministère des Mines, de l‟énergie et de
l‟Hydraulique, janvier 2004.

5. Bénin: Etude des systèmes de gestion/utilisation de l‟eau et définition des actions


prioritaires de valorisation locale des ressources en eau dans une approche GIRE au Bénin,
volume 1 - Etat des lieux de la gestion des ressources en eau du Bénin. - Ministère des
Mines, de l‟Energie et de l‟Hydraulique, octobre 2006.

6. Bénin: Etude des systèmes de gestion/utilisation de l‟eau et définition des actions


prioritaires de valorisation locale des ressources en eau dans une approche GIRE au Bénin,
volume 2 - Propositions d‟actions pilotes de promotion de la gestion intégrée des
ressources en eau - Ministère des Mines, de l‟Energie et de l‟Hydraulique, septembre
2006.

7. Bénin : Stratégie nationale de l‟approvisionnement en eau potable en milieu rural du


Bénin 2005-2015, Ministère des Mines, de l‟énergie et de l‟Hydraulique, janvier 2005.

8. Bénin : Stratégie nationale de l‟approvisionnement en eau potable en milieu urbain du


Bénin, Ministère des Mines, de l‟Energie et de l‟Hydraulique, janvier 2007.

9. Bénin : Stratégie nationale de l‟assainissement des eaux usées en milieu urbain du Benin,
Ministère des Mines, de l‟énergie et de l‟Hydraulique, novembre 2007.

10- Antony Leroy (centre de télécontrôle de la Lyonnaise des Eaux) « réseau intelligent »
http/raxenv.brgm.fr, http.www.business.anywhere.net

11Bruno BARBIER (CIRAD/2ie , Mahamoudou KOUTOU(CIRAD) cours de gestion des


bassins versants Nationaux et transfrontaliers

12 www.revue-ein.com du 12/12/10

48
13 SETEM-BENIN /STUDI INTENATIONAL Etude de faisabilité cinq villes Octobre 2007

14- l'environnement et structure de rédaction des travaux d'étude et de recherche.50 p.


BOKO M., (1988) : Climats et communautés rurales au Bénin : Rythmes climatiques et rythmes
de développement économique. Thèse d‟Etat, Paris IV, 2 volumes, 608 p.

15- BOKONON-GANTA E. B., (1986): Les sécheresses africaines récentes le cas du Bénin et
du Togo. Communication aux journées climatologiques de France, Centre de Recherches de
Climatologie, Université de Bourgogne.

16-BRICQUET J.P , OLIVRY J.C., PICOUET C., ORANGE D., (1998) : Transferts et dépôts
de matière dans le delta intérieur du Niger (Mali). Orstom Actualités, Numéro spécial Erosion
n°56, pp. 115 – 16.

17- CCNUCC [Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques], (2007)
:
Programme d'Action National d'Adaptation aux Changements Climatiques du Bénin. Cotonou,
71. P.

49
IX. ANNEXES
ANNEXE 1 : Enquête AEP / GIRE
ANNEXE 2 : Recensement de la population en 2002

50
ANNEXE 1 : Enquête AEP / GIRE

PRÉOCCUPATIONS DE LA GIRE
Forages Site DJ1 Site DJ1 bis Site DJ2 Site DJ3 Site DJ4 Site Affon
O N O N O N O N O N O N O N
MOBILISATION HARMONISÉE DE LA RESSOURCES
Est- ce que le potentiel hydrogéologique de la commune de Djougou peut fournir une
-
quantité suffisante en eau souterraine ?
Est- ce que les forages peuvent être en appoint pour la mobilisation de la ressource en
+
eau ?
Est-ce que ce site est favorable à l‟implantation de barrage ? + + + + + +
Y-t-il des zones instables d‟un point de vue géologie ou des sols (érosion glissement de
- - + + + +
terrain, effondrement) ?
Y-a-t-il des zones à risque de salinisation ? + + + + + +
La réalisation de barrage sur ce site occasionnera-t-elle des variations de niveau de la
- - - - - -
nappe d‟eau souterraine, ou des débits des cours d‟eau ?
ÉQUITÉ ET SOLIDARITÉ DANS L’ESPACE ET DANS LE TEMPS ENTRE LES USAGERS ACTUELS ET FUTURS
La réalisation de ce barrage permettrait elle à la SONEB de pourvoir toute la population
+ + + + + +
de la ville de Djougou et ses environs?
La réalisation du barrage sur ce site avantagerait-elle les populations du sous bassin en
+ + + + + +
amont?
La réalisation du barrage sur ce site favorise-t-elle l‟augmentation des productions
- - - - - - - - - - - -
agricoles et autres ?
La réalisation du barrage sur ce site permet-elle l‟émergence de nouvelles cultures
- - - - - - - - - - - -
locales?
La réalisation du barrage sur ce site avantagerait-elle les populations du sous bassin en
- - - - - +
aval ?
La réalisation de barrage sur ce site pourrait elle permettre la création d'autres activités
- - - - - +
ne relevant du domaine de l'approvisionnement en eau potable?
La réalisation du barrage sur ce site permettrait elle une gestion participative des
- - - - - +
populations de la ville de Djougou?

51
Pourrait-on avoir d'autres acteurs sectoriel de gestion (agriculture, pèche, élevage…) en
association avec la SONEB si les barrages étaient installés sur ce site? - - - - - +

UTILISATION RATIONNELLE ET CONCERTÉE DE LA RESSOURCE MOBILISÉE


La réalisation du barrage sur ce site pourrait-elle permettre la résolution les difficultés
- - - - - +
liées à la transhumance en termes d‟abreuvage des bétails?
Développerait-on les cultures de contre saison dans la commune de Djougou par
- - - - - +
l‟implantation de barrage sur ce site ?
La réalisation de barrage sur ce site prendrait elle en compte tous les besoins de
- - - - - +
différents usagers du secteur de l‟eau ? (foresterie, agriculture, pêche, élevage…etc.)
Le volume mobilisable par le bassin de ce barrage permettra-t-il de satisfaire tous les
- - - - - +
projets des secteurs de l‟agriculture, de la pêche de l‟élevage et de l‟industrie?
PRÉOCCUPATION GENRE
La réalisation du barrage sur ce site permet-elle la création d‟emplois aux femmes? + + + + + +
La réalisation du barrage sur ce site favorise-t-elle une intégration des femmes et autres
- - - - - - -
couches vulnérables ?
La réalisation du barrage sur ce site prend-elle en charge les préoccupations des femmes
- - - - - -
et favorise-t-elle leur implication dans la prise de décision ?
PROTECTION HARMONISÉE DE LA RESSOURCE
La réalisation du barrage sur ce site prévoit-elle des dispositifs de protection des
+ + + + + +
ressources (sol, végétation, faune etc.) ?
La réalisation du barrage sur ce site prévoit-elle des périmètres de protection de la
- - - - - -
ressource en eau ?
NON NUISANCE AUX AUTRES RIVERAINS OU USAGERS DE LA RESSOURCE EAU
La réalisation de barrage sur ce site pourrait-elle entrainer une diminution qualitative et
- - - - - -
quantitative des ressources naturelles (sable, gravier, latérite, eau, etc.)
La réalisation du barrage sur ce site pourrait-elle occasionner un niveau élevé de bruit? - - - - - -
Pollution
La réalisation du barrage sur ce site risquerait-t-elle de générer des déchets solides et
- - - - - -
liquides?

52
Y a-t-il des équipements et des infrastructures pour la gestion des déchets de la
+ + + + + +
commune de Djougou?
La réalisation du barrage pourrait-elle affecter la qualité des eaux de surface,
- - - - - -
souterraine, source d‟eau potable ?
La réalisation du barrage sur ce site risquerait-t-elle d‟affecter l‟atmosphère (poussière,
- - - - - -
gaz divers)
La réalisation du barrage sur ce site risquerait-t-elle d‟entrainer des pollutions sonores ? - - - - - -
Diversité biologique
Le site risquerait-t-il de causer des dommages sur les espèces rares, vulnérables et/ou
- - - - - -
importants du point de vue économique, écologique et culturel ?
Y a-t-il des zones de sensibilité environnementale qui pourraient être affectées
négativement par le projet ? Foret, zone humide (lac, rivières, zones d‟inondation - - - - - -
saisonnières, marécage)
Zones protégées
Ce site (ou ses composantes) comprend il des aires de protégées (parcs nationaux,
+ + + + + -
réserves nationales, foret protégée, site de patrimoine mondiale etc.)
Si la réalisation du barrage sur ces sites est en dehors, mais à faible distance de zone
protégées, pourrait-il affecté négativement l‟écologie dans la zone protégée ? (P.ex. + + + + + -
interférence avec les vols d‟oiseau, avec les migrations des mammifères)
Sites historiques, archéologiques et culturels
La réalisation du barrage sur ce site pourrait-elle affecter (notamment nécessiter des
+ + + + + +
excavations) un ou plusieurs sites historiques archéologique ou culturel.
Est-ce que la réalisation du barrage sur ce site déclenchera la perte temporaire ou
permanente de culture, de terres agricoles, de pâturage, d‟arbre fruitier et - - - - - -
d‟infrastructure domestique (Habitat, grenier, toilette et cuisines extérieures, etc.) ?
Santé et sécurité
La réalisation du barrage sur ce site pourrait-elle induire des risques d‟accidents des
- - - - - -
travailleurs et de la population ?
La réalisation du barrage sur ce site pourrait-elle causer des risques pour la santé des
- - - - - -
travailleurs et de la population ?

53
La réalisation du barrage sur ce site peut-elle entraîner une augmentation des vecteurs
- - - - - -
de maladies ?
Mode de vie
La réalisation du barrage sur ce site peut-elle entraîner des altérations des modes de vie
- - - - - -
des populations locales ?
La réalisation du barrage sur ce site peut-elle entraîner des utilisations incompatibles ou
- - - - - -
des conflits sociaux entre les différents usagers
La réalisation du barrage sur ce site peut-elle entraîner un accès à des biens et services
- - - - - -
(éducation, soins médicaux service de santé, marché, lieux de culte etc.)

1 0 1 1 1 1 1 2 1 2 1 2 1 2
0 0 2 0 2 0 2 0 2 0 2 0 6 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 4 0
0 0 1 0 1 0 1 0 1 0 1 0 1 0
0 0 1 0 1 0 1 0 1 0 1 0 1 0
0 0 1 3 1 3 1 3 1 3 1 3 1 1

Forages Site DJ1 Site DJ1 bis Site DJ2 Site DJ3 Site DJ4 Site Affon
poids poids poids poids poids poids poids
MOBILISATION HARMONISÉE DE LA RESSOURCE 1 2 2 3 3 3 3
ÉQUITÉ ET SOLIDARITÉ DANS L’ESPACE ET DANS LE TEMPS ENTRE LES USAGERS
ACTUELS ET FUTURS 0 2 2 2 2 2 6
UTILISATION RATIONNELLE ET CONCERTÉE DE LA RESSOURCE MOBILISÉE 0 0 0 0 0 0 4
PRÉOCCUPATION GENRE 0 1 1 1 1 1 1
PROTECTION HARMONISÉE DE LA RESSOURCE 0 1 1 1 1 1 1
NON NUISANCE AUX AUTRES RIVERAINS OU USAGERS DE LA RESSOURCE EAU 0 4 4 4 4 4 2

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ANNEXE 2 : Recensement de la population de Djougou en 2002

DEP = Département COM = Commune ARROND = Arrondissement

RGPH3, 2002 Population estimée en 2006


Taux d'accroissement
entre 1992 et 2002
Total Masculin Féminin (%) Total Masculin Féminin
DEP: DONGA 350 062 175 349 174 713 3,48 400 159 200 454 199 704
COM: DJOUGOU 181 895 91 287 90 608 3,10 207 926 104 357 103 569
ARROND: BAREI 9 259 4 623 4 636 2,45 10 584 5 285 5 299
ARROND: BARIENOU 29 257 14 618 14 639 3,42 33 444 16 711 16 733
ARROND: BELLEFOUNGOU 5 125 2 579 2 546 2,60 5 858 2 948 2 910
ARROND: BOUGOU 5 358 2 610 2 748 4,10 6 125 2 984 3 141
ARROND: KOLOKONDE 17 419 8 609 8 810 3,89 19 912 9 842 10 070
ARROND: ONKLOU 14 693 7 475 7 218 4,60 16 796 8 545 8 250
ARROND: PATARGO 19 568 9 850 9 718 3,97 22 368 11 260 11 108
ARROND: PELEBINA 7 208 3 685 3 523 0,83 8 240 4 213 4 027

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