Vous êtes sur la page 1sur 40

L’armée de Terre

Au contact
Édition 2016

«Avec cette nouvelle organisation, l’armée de Terre


met en avant ce qui la caractérise le mieux: le contact,
protecteur des Français, agressif avec l’adversaire,
pragmatique avec les réalités du monde d’aujourd’hui.»
Le général d’armée Jean-Pierre Bosser
Chef d’état-major de l’armée de Terre
SOM
MAIRE
Synthèse p. 3

Le contexte p. 7
Pourquoi l’armée de Terre Au contact : une adaptation au monde qui vient p. 7
Pourquoi l’armée de Terre Au contact maintenant :
changer un modèle qui est en train d’atteindre ses limites p. 8

Les grandes caractéristiques de l’armée de Terre Au contact p. 9


Un modèle-seuil p. 9
Une nouvelle offre stratégique p. 9
Une armée mature p. 10
Une armée fortement liée à Scorpion p. 11

La cible visée par l’armée de Terre Au contact p. 12


Rééquilibrer l’offre opérationnelle de l’armée de Terre en faisant effort
sur le territoire national et sur le champ de la prévention p. 12
Simplifier la chaîne de commandement p. 13
Ajuster les équilibres capacitaires p. 13
Fluidifier le fonctionnement p. 14

L’horizon LPM : des 8 piliers aux 12 commandements de niveau divisionnaire p. 15


Les ressources humaines p. 15
Le territoire national p. 17
Les forces spéciales Terre p. 19
L’aérocombat p. 20
La force interarmes Scorpion p. 21
L’entraînement et le combat interarmes p. 23
Les commandements spécialisés p. 24
Le maintien en condition opérationnelle des matériels terrestres p. 27

Conclusion p. 29

Annexes p. 30
Les organismes directement rattachés au MGAT p. 31
Catalogue des mesures de l’armée de Terre Au contact p. 33
SYN
THÈSE

L
a France connaît depuis 2015 un durcissement et un rapprochement
des menaces. Au cours des derniers mois, les menaces de la force et les
risques de la faiblesse se sont exprimés avec une nouvelle acuité. Dans
cet environnement nouveau, l’équilibre général des grandes fonctions
stratégiques s’est trouvé modifié et la résilience de notre pays deman-
dait à être renforcée. L’armée de Terre faisait donc face à un spectre
d’opérations plus large et plus différencié.
Parallèlement, l’armée de Terre issue de la professionnalisation avait atteint ses
limites, sous l’effet de contraintes qui ne faiblissaient pas. Le ministère et le champ
de l’interarmées se sont également profondément transformés, dans une démarche
de modernisation et d’adaptation que le plan stratégique interarmées CAP 2020
poursuit.

Dans ce contexte, l’armée de Terre a proposé un nouveau modèle, qui repose sur
quatregrandes caractéristiques:
• La première est celle d’un modèle-seuil, bâti autour du niveau de référence de
100000hommes et intégrant des mécanismes de remontée en puissance.
• Ce nouveau modèle rééquilibre la participation et la visibilité de l’armée de
Terre dans certaines fonctions stratégiques, en particulier celles de la prévention
et de la protection.
• Il est le modèle d’une armée de Terre arrivée à maturité, permettant aux hommes
et femmes de l’armée de Terre de combiner sans complexe ce qui leur est commun
et ce qui leur est singulier, d’intervenir sur des champs opérationnels différents
sans besoin d’adaptation préalable.
• Ce nouveau modèle est enfin celui de l’arrivée du programme Scorpion. Il permet
à l’armée de Terre de changer de génération, d’absorber les évolutions profondes
qui marquent le champ de bataille, et d’amplifier l’intégration interarmes du combat
moderne.

3
4
… Ce nouveau modèle se dessine autour de quatre dimensions:
• Dans l’emploi, ce modèle rééquilibre l’offre opérationnelle de l’armée de Terre en
faisant effort sur le territoire national et sur le champ de la prévention.
• Sur le plan de l’organisation, ce nouveau modèle s’intègre parfaitement dans le
commandement des armées en redonnant verticalité et simplicité au comman-
dement de l’armée de Terre.
• Dans le champ capacitaire, des ajustements permettent de donner la priorité aux
capacités qui, au fil du temps, seront les plus directement employées.
• Ce format vise enfin à assouplir les modes de fonctionnement de l’armée de Terre,
dans un souci d’amélioration des conditions d’exercice du métier et de vie en
garnison.

L’armée de Terre Au contact se concrétise par l’évolution ou la création de 12 comman-


dements de niveau divisionnaire, représentant l’ensemble des effets produits par
l’armée de Terre:
• Au centre de l’armée de Terre, les forces terrestres sont articulées en une force
interarmes Scorpion disposant d’un cœur médian renforcé de 6 brigades inter-
armes réparties en 2 divisions.
• Un commandement de l’entraînement et du combat interarmes regroupant les
écoles de la cavalerie, l’infanterie, l’artillerie et le génie, d’une part, et les centres
de préparation des forces, d’autre part, qui permet de conforter l’adaptation des
forces aux opérations.
• Des commandements spécialisés du renseignement, des systèmes d’information et
de communication, de la logistique et de la maintenance opérationnelle, regroupent
l’ensemble des moyens et expertises de chaque domaine, pour mieux les connec-
ter à l’interarmes comme à l’interarmées.
• Trois commandements valorisent l’expertise de milieu de l’armée de Terre dans
les domaines du territoire national, des forces spéciales et de l’aérocombat.
Chacun de ces commandements permet de renforcer la combinaison des moyens et
d’assurer l’interface avec les composantes des autres armées.
• Dans le domaine du maintien en condition opérationnelle terrestre, une distinction
plus claire entre maintenance industrielle et maintenance opérationnelle permet
de renforcer le lien à la fois vers les forces et vers les industriels pour relever les
défis cruciaux de la disponibilité technique des matériels.
• Enfin, la nouvelle politique des ressources humaines vise à permettre un emploi op-
timal des militaires terriens d’active ou de réserve et à valoriser le cœur de l’armée
de Terre: le régiment. 

5
6
LE
CONTEXTE
POURQUOI L’ARMÉE DE TERRE ment marqué par le prolongement des situations de
AU CONTACT : UNE ADAPTATION crises liées à la faillite de certains États générant
AU MONDE QUI VIENT régulièrement des désastres humanitaires auxquels
C’était désormais une évidence pour tous depuis les la communauté internationale devait faire face et
attentats commis sur le territoire national en 2015 et dont la France, compte tenu de son statut, ne pouvait
2016: la France fait face aujourd’hui à un durcissement se désintéresser. Rien ne permettait de penser que
et un rapprochement des menaces. Cette augmentation cette tendance aurait pu se réduire au cours des
de la menace terroriste sur notre propre sol prenait place prochaines décennies.
dans le faisceau des tendances lourdes décrites précisé- Simultanément, le djihadisme international se
ment dans le dernier Livre blanc. Au cours des derniers développait à proximité du continent européen. Que
mois, les menaces de la force et les risques de la faiblesse ce soit au Sahel, en Afrique du Nord ou au Proche-
s’étaient exprimés avec une nouvelle acuité. Orient, il s’agissait d’une menace de long terme qui
La crise ukrainienne qui se prolongeait aux fron- pouvait se déployer tant dans des zones lacunaires
tières de l’Union européenne, les tensions en Asie ou reculées, vastes et difficiles d’accès, que dans
du Sud-Est, la montée en puissance des dépenses des zones urbaines. Par ailleurs, ces mouvements
militaires dans le monde révèlaient la rémanence terroristes développaient des liens de plus en plus
d’un potentiel de conflits interétatiques. Plus globa- étroits avec le territoire national. Hier importées,
lement, on pouvait estimer que 25ans après la fin de la ces menaces pouvaient aujourd’hui être considérées
guerre froide, la multipolarité avait désormais défini comme endogènes, c’est-à-dire plus diffuses et plus
le cadre d’une nouvelle géopolitique, dans laquelle dangereuses. Un front intérieur semblait peu à peu
les rapports de puissances, sous toutes leurs formes, se dessiner dans l’esprit de nos concitoyens, front
retrouvaient un nouveau cadre d’expression. duquel les forces armées ne pouvaient être absentes.
Ce nouvel environnement international était égale- Enfin, les fragilités économiques et sociales de

1 2

1. Un soldat
français devant un
checkpoint
islamiste à Gao
au Mali.
2. Patrouille mixte
de la police
nationale d’Angers
et des sapeurs
du 6e régiment
du génie.
3. Lutte contre la
cybercriminalité.
4. Vigipirate à
Calais, protection
du site Eurotunnel. 3 4

7
LE CONTEXTE

… notre pays, les vulnérabilités liées au cyberes-


pace, les crises sanitaires et environnementales,
le dérèglement climatique pouvaient aujourd’hui
POURQUOI L’ARMÉE DE TERRE
AU CONTACT MAINTENANT :
CHANGER UNE ARMÉE QUI ÉTAIT
être considérés comme des risques majeurs, dans la EN TRAIN D’ATTEINDRE SES LIMITES
mesure où ils étaient susceptibles d’affecter sensible- Il n’était pas opportun d’attendre la fin de cette loi
ment, voire gravement, la sécurité de la Nation. Le de programmation militaire pour mettre en chantier
fonctionnement même de l’État aurait pu être engagé l’armée de Terre Au contact. C’était la condition pour
dans certaines circonstances. conserver «le temps d’avance» qui avait permis
De ce bref panorama des menaces et des risques, on à l’armée de Terre d’être à la hauteur de ses engage-
pouvait tirer quelques idées générales qui intéres- ments opérationnels et pour lui éviter le décrochage
saient au premier chef l’armée de Terre. qui l’aurait guetté si elle avait trop tardé à s’adapter
• En premier lieu, il était nécessaire de penser un aux réalités opérationnelles et économiques du
nouveau format à un horizon de moyen terme, moment.
seul à même de prendre en compte les trajectoires Mais c’était également parce que notre actuel système
et les tendances lourdes qui étaient d’ores et déjà à de fonctionnement était arrivé en limite de cohérence.
l’œuvre. Ce nouveau format engageait donc l’armée Il s’essoufflait dans son format et dans ses processus.
de Terre pour au moins deux décennies, tout en Matrice de la professionnalisation, il avait été conçu
restant suffisamment souple pour s’ajuster réguliè- en 1996 sur une logique de forces modulables et proje-
rement aux circonstances. tables. Ce modèle s’était fragilisé dans sa taille-critique,
• Il était probable que l’équilibre général des grandes ses capacités, ses structures et ses modes opératoires.
fonctions stratégiques soit progressivement modifié Le volume de l’époque et le besoin de formatage pour
par ces évolutions profondes. Le besoin de protection construire une armée professionnelle, ne correspon-
des populations, y compris au contact de la commu- daient plus à la réalité d’une armée désormais arrivée à
nauté nationale, se faisait de plus en plus sentir et maturité mais considérablement réduite (1/3des effec-
nous devions pouvoir anticiper cette demande par un tifs en moins par rapport à 1999).
ajustement de notre «offre stratégique». La connais- Parallèlement, le ministère et le champ de l’interarmées
sance et la compréhension de crises de plus en plus se sont profondément transformés depuis 20ans. La
complexes, toujours dans un cadre interarmées, démarche de modernisation et d’adaptation récemment
nécessitaient également un effort significatif porté engagée avec le plan stratégique interarmées CAP2020
sur le renseignement, qui devait garantir la complé- poursuivait ce mouvement. Certains principes de
mentarité entre les niveaux stratégique et tactique. fonctionnement de l’armée de Terre sont aujourd’hui
• Le caractère transverse et transnational de ces devenus inadaptés à un environnement plus matriciel
risques et menaces exposait le territoire national et fortement mutualisé. Nous avons aujourd’hui atteint
beaucoup plus fortement que par le passé. Il était les limites de la plasticité de notre modèle.
donc nécessaire de renforcer la résilience globale
du pays et des armées pour pouvoir faire face à des CONCLUSION
pics de tension impromptus. Par son volume et son Au bilan, pour tenir le rythme imposé par le contrat
maillage territorial, l’armée de Terre constituait opérationnel et les évolutions de la vie courante,
naturellement une force de réserve indispensable l’armée de Terre affaiblissait peu à peu ses bases et
dans le champ sécuritaire. Sa masse critique et son ses fondations héritées d’un modèle ancien. Cette
organisation devaient donc être pensées en consé- «dette physique» qui s’alourdissait inéluctablement,
quence, en s’appuyant sur des relais forts, d’opinion faisait rentrer l’armée de Terre dans une zone de
et de structures, jusqu’au niveau local. danger et la rendait vulnérable à de nombreux aléas.
• L’armée de Terre devait faire face dans les prochaines Cette situation se mesurait concrètement dans le
décennies à un spectre d’engagements opération- moral collectif. C’est un baromètre fiable qui permet
nels plus large. Elle devait se préparer à des formes de mesurer le rendement global de notre institution.
d’action plus différenciées. Nous ne pouvions donc Il indiquait que l’équilibre OPEX/MISSINT/vie en
consentir d’impasse capacitaire. Dans le même garnison était rompu et que certaines populations
temps, le volume global de forces engagées aurait étaient fortement fragilisées.
dû rester stable, voire s’accroître, ce qui imposait de Face à cette réalité, il n’était pas d’autre choix que de
conserver et d’entretenir un socle de polyvalence poursuivre la mise en chantier l’armée de Terre Au
pour tenir la cadence. Au bilan, ce nouveau format contact, qui fut capable d’inverser rapidement cette
devait donc définir de nouveaux équilibres capaci- tendance lourde d’une armée consommant peu à peu
taires dont les ajustements devaient être régulière- son capital, et qui s’insérait mieux dans les grandes
ment réappréciés. orientations du ministère et des armées.

8
LES GRANDES
CARACTÉRISTIQUES
DE L’ ARMÉE DE TERRE
AU CONTACT
UN MODÈLE-SEUIL dimensions de l’armée de Terre, devait permettre
Au 31 décembre 2014, l’armée de Terre comptait une meilleure adaptation aux évolutions de la charge
100000hommes (civils et militaires). Ce fut avec ce opérationnelle réelle que la situation tant nationale
format qu’elle avait su en quelques jours se déployer qu’internationale aura commandé.
massivement sur le territoire national tout en entre- Pour autant, ce format ne fut pas extensible au-delà de
tenant en opérations extérieures un volume d’effec- certaines limites. Sa cohérence et son efficience repo-
tifs légèrement supérieur à ce que lui imposait son saient sur certains équilibres et certaines logiques
contrat opérationnel. Si tout le monde s’était félicité d’échelle qui ne pouvaient être dépassés.
de ce niveau de réactivité et de cet appoint opéra-
tionnel déterminant pour rehausser le niveau du plan
Vigipirate, il était clair que la réduction des effectifs, UNE ARMÉE DE TERRE AU CONTACT
telle qu’elle était alors engagée, ne permettait plus de PROPOSANT UNE NOUVELLE OFFRE
reconduire ce type d’opération dans les mêmes condi- STRATÉGIQUE
tions. Toute réflexion sur un modèle d’armée devait Sur le plan politico-stratégique, l’armée de Terre
donc impérativement tenir compte de cette réalité. devait rééquilibrer sa participation et sa visibi-
Par ailleurs, de l’environnement sécuritaire décrit lité dans le champ des fonctions stratégiques de la
précédemment procédait un seuil physique, opéra- dissuasion, de la protection, de la connaissance-anti-
tionnel et politique qui s’établissait à ce niveau d’ef- cipation et de la prévention.
fectifs. Le référentiel théorique du modèle proposé En premier lieu, l’armée de Terre conforta la crédibi-
fut donc bâti autour de ce format. Ainsi l’armée de lité de la dissuasion en incarnant l’essentiel de son
Terre Au contact, résultat des ressources budgétaires volet non nucléaire et la complémentarité entre les
réelles allouées à l’armée de Terre, intégrait la trajec- fonctions dissuasion et intervention. Elle doit être
toire du volume d’effectifs, en liaison avec les déci- mieux reconnue comme telle.
sions prises sur la programmation militaire. Par ses capacités propres, elle apporta également à la
C’est pourquoi, et c’est là une réelle originalité, l’armée fonction connaissance-anticipation un renseigne-
de Terre Au contact intégrait pour la première fois des ment technique et humain de proximité, très complé-
mécanismes de remontée en puissance qui devaient mentaire de l’action des capteurs stratégiques. Cet
permettre de se rétablir, de manière organisée et dans apport doit être valorisé, quel que soit le théâtre d’en-
des délais courts, vers le niveau de référence. Cette gagement envisagé.
remontée en puissance ne devait pas être considérée L’armée de Terre qui était essentiellement une force
comme un simple outil additionnel permettant de vouée à l’intervention extérieure souhaita promouvoir
réguler conjoncturellement une capacité. Il s’agissait sa contribution réelle à la défense et la sécurité des
en réalité d’un processus nouveau qui avait été mis citoyens sur le sol national (en métropole comme
en œuvre précisément et devait être compris comme outre-mer). Faisant effort sur la fonction protection,
une nouvelle façon de gérer un potentiel dans le elle se construisit de manière plus équilibrée entre la
temps. projection extérieure et l’engagement intérieur.
L’armée de Terre Au contact fut donc structurellement Enfin, l’armée de Terre souhaita faire valoir son
construite pour être en mesure de se décliner dans expertise dans le registre de la fonction préven-
une plage assez large de maquettes. Cette souplesse tion. Le développement des actions d’assistance
du modèle, qui était déclinée dans les différentes opérationnelle et de coopération régionale portées

9
LES GRANDES CARACTÉRISTIQUES DE L’ ARMÉE DE TERRE AU CONTACT

… par les forces prépositionnées et les détachements


d’assistance opérationnelle pourraient être inté-
grés dans une politique d’influence plus ambitieuse.
au cours de ces dernières années avaient permis de
construire un solide référentiel opérationnel dans
toutes les composantes de la manœuvre interarmes
L’armée de Terre en sera naturellement un acteur (C2, logistique, contact, renseignement, etc.).
essentiel. Au-delà de cette définition classique, la Aujourd’hui, la professionnalisation est achevée.
fonction prévention peut être étendue à un cadre Cette longue période de transition qui avait conduit
national afin de renforcer la résilience de la Nation, une armée de conscription à l’état d’armée profession-
clairement identifiée dans les deux derniers Livres nelle, tant dans ses savoir-faire que dans son état d’es-
blancs comme un objectif majeur. Elle sert de cadre prit, est désormais terminée.
à une contribution des armées aux actions de forma- Cette situation doit être considérée par chacun
tion de la jeunesse et notamment le service militaire comme une réelle opportunité.
volontaire qui est principalement porté par l’armée C’est d’abord en s’appuyant sur cette maturité qu’il
de Terre. fallait simplifier et alléger le modèle qui avait jusqu’ici
servi de tuteur. L’enjeu est simple: il s’agit de trans-
former un environnement conçu pour profes-
UNE ARMÉE MATURE sionnaliser en un environnement conçu pour des
L’armée de Terre professionnelle aura bientôt 20ans. professionnels. Initiative, imagination, autonomie,
Deux décennies au cours desquelles elle aura subsidiarité, créativité des petits échelons: telles sont
progressivement forgé son identité et son expé- les qualités sur lesquelles il est désormais impératif
rience dans de nombreux engagements opération- de s’appuyer pour penser un fonctionnement plus
nels. Les résultats sont tangibles et personne ne peut fluide et une organisation plus lisible. Les soldats
les contester. Ses principaux alliés reconnaissaient pleinement professionnels attendent beaucoup de
l’armée de Terre française comme une force de réfé- cette phase d’émancipation car ils souhaitent que
rence. L’engagement en Afghanistan avait indubi- l’on puisse leur faire confiance. Cette nouvelle atmos-
tablement constitué un creuset fondateur dont on phère qu’il faut instiller dans l’armée de Terre aura
avait pu mesurer le bénéfice avec la RCI, la Libye et certainement un impact rapide et réel sur le moral.
l’engagement d’urgence dans l’opération Serval. La Cette maturité permet également aujourd’hui aux
multiplicité et la diversité des engagements vécus hommes et aux femmes de l’armée de Terre de

1. Mission de
renseignement,
au cœur de la
fonction
connaissance-
anticipation.
2. Pièce Mistral
sur le toit du PC
du 3e régiment
étranger 1 2
d’infanterie en
Guyane.
3. Les volontaires
des régiments du
service militaire
adapté de
Guadeloupe et
Martinique sur
un chantier
d’application, en
renfort de l’ONF.
4. Reconnaissance
d’axe par une
équipe du
17e régiment du
génie parachutiste
en Afghanistan. 3 4

10
combiner sans complexe ce qui leur est commun et ce CONCLUSION
qui leur est singulier. Cela vaut pour le domaine des Une vision: l’armée de Terre Au contact se définit
traditions, où de fortes spécificités doivent pouvoir davantage comme une cible à viser que comme un
s’exprimer sans risquer d’affaiblir la cohésion de l’en- objectif à atteindre. Il est ainsi question de décrire un
semble. Cela vaut aussi pour les relations entre civils horizon de moyen terme qui engage sur au moins deux
et militaires qui contribuent chacun à leur manière décennies. La vision déclinée à travers ce modèle est
à une œuvre commune. Cela vaut enfin pour le engageante au sens où elle oriente l’armée de Terre
domaine de l’emploi où l’armée de Terre doit pouvoir sur des pentes et dans des directions irréversibles.
de manière dépassionnée trouver un nouvel équilibre Au-delà du cadre d’une programmation militaire en
entre polyvalence et différenciation et où chacun doit cours et du plan stratégique CAP2020 du chef d’état-
notamment pouvoir passer avec facilité d’un champ major des armées, l’armée de Terre Au contact trace
opérationnel à un autre. des perspectives qui serviront de fil guide aux étapes
L’armée de Terre est désormais pleinement adulte. ultérieures de sa réalisation.
Elle doit pouvoir s’exprimer dans un modèle adapté à Rupture et continuité: structuré autour de ces
cette nouvelle réalité. quatregrandes caractéristiques (un modèle-seuil;
une nouvelle offre stratégique; une armée de Terre
mature; un champ capacitaire articulé autour du
UNE ARMÉE FORTEMENT programme Scorpion), Au contact permet de conci-
LIÉE À SCORPION lier une exigence de rupture et une exigence de
La dernière dimension, essentielle à souligner, continuité. Rupture, car l’armée de Terre doit se repo-
concerne le cœur de métier. L’armée de Terre Au sitionner sans tarder dans un nouveau référentiel;
contact est fortement marquée par l’arrivée du continuité, car la transition se fera en capitalisant sur
programme Scorpion dans les forces. Bien plus les points forts et sur l’expérience acquise au cours de
qu’une somme d’équipements, ce programme deux décennies de mutation. À la différence de 1996,
constitue la véritable colonne vertébrale du champ il ne faut pas parler de refondation, car les bases sur
capacitaire de l’armée de Terre. La réalisation nomi- lesquelles vit l’institution sont solides. En réalité,
nale de ce programme permettra tout simplement à il s’agit ni plus ni moins pour l’armée de Terre de
l’armée de Terre de changer de génération, c’est-à-dire conserver les murs et les fondations de l’édifice mais
de s’adapter au XXIesiècle. de changer profondément l’agencement intérieur.
À travers Scorpion, l’armée de Terre Au contact Pour conduire cette réforme, l’armée de Terre a donc
absorbe les évolutions profondes qui marquent le été amenée à créer rapidement de nouvelles struc-
champ opérationnel et la progressive numérisation tures permettant de répondre à de nouveaux besoins.
de l’espace de bataille ou l’info-valorisation présente Une nouvelle approche: au-delà des évolutions
dès la conception des nouveaux programmes. Avec de structure et d’organisation dont les premières
le développement des nouvelles technologies de mesures ont été déclinées, c’est tout le logiciel de
l’information, la manœuvre tactique devient poten- fonctionnement de l’armée de Terre qui a été changé.
tiellement plus rapide, plus fluide et plus complexe, Ce logiciel fait apparaître une nouvelle approche,
sans pour autant modifier la rusticité et la brutalité un nouveau vocabulaire et de nouveaux concepts:
du combat. Il en résulte une évolution profonde du remontée en puissance; subsidiarité; niveau divi-
métier de soldat qui doit être intégrée dans les outils sionnaire; recentrage sur une logique d’emploi;
de formation et d’entraînement. engagement sur le TN; capacité clé; référentiel
Il sera d’ailleurs indispensable que le programme interarmées; adaptation capacitaire. C’est seulement
puisse s’ajuster aux évolutions de contexte, notam- par appropriation de cette nouvelle façon de penser et
ment en permettant l’intégration de nouvelles briques de travailler qu’il sera possible de conduire les chan-
qui ne seraient pas aujourd’hui identifiées. Centré gements en profondeur qu’impose le monde qui vient.
sur l’engagement des forces médianes et lourdes,
ce programme structurant devra si nécessaire être
élargi à des registres plus spécifiques comme celui
des forces légères.
En tout état de cause, l’organisation et le fonctionne-
ment de l’armée de Terre Au contact s’établissent en
relation étroite avec ce référentiel.

11
LA CIBLE VISÉE PAR
L’ ARMÉE DE TERRE
AU CONTACT
Cette vision générale s’organise autour des quatre et un plus fort engagement sur le territoire national.
grandes dimensions d’une armée que l’on peut Il est souhaitable tout d’abord que l’armée de Terre
définir comme la combinaison d’une organisation puisse être reconnue comme un acteur central de
et d’un fonctionnement pour agencer dans le temps ces trois champs d’action spécifiques (opérations
des moyens (capacités) en vue d’une fin (l’emploi spéciales, opérations aéroterrestres, opérations sur
opérationnel). le territoire national). La création de structures plus
visibles et mieux positionnées, notamment vis-à-vis
des acteurs interarmées, permet d’affirmer cette
RÉÉQUILIBRER L’OFFRE ambition.
OPÉRATIONNELLE DE L’ARMÉE Concernant le territoire national, et anticipant sur
DE TERRE EN FAISANT EFFORT un besoin politique croissant, l’armée de Terre a créé
SUR LE TERRITOIRE NATIONAL une structure qui, sous le commandement d’un offi-
ET SUR LE CHAMP DE LA PRÉVENTION cier général, est en charge de mettre en cohérence
Le premier éclairage concerne l’emploi opéra- plusieurs chantiers complémentaires:
tionnel de l’armée de Terre. L’ambition affichée dans • l’optimisation de la coordination avec tous les
ce domaine est de permettre à l’armée de Terre de acteurs de l’action de l’État sur le territoire national;
rééquilibrer progressivement son activité opération- • la mise en synergie de tous les acteurs et de tous les
nelle entre un cœur de métier organisé autour des moyens de l’armée de Terre (réserves, moyens duaux);
opérations conventionnelles et spéciales en OPEX • l’apport d’une réflexion doctrinale de l’armée de
Terre à l’engagement des armées sur le TN. Il est
désormais indispensable que l’on puisse progres-
sivement évoluer d’une logique de moyens et d’ap-
point de type Vigipirate vers une logique d’emploi
des effets d’une force complémentaire, c’est-à-dire
un outil militaire capable d’apporter une plus-value
militaire à la manœuvre sécuritaire conduite par
l’État. Ce complément pourrait s’exprimer au quoti-
dien par la valorisation du maillage territorial, mais
surtout dans la gestion de crise par l’utilisation de
modes d’action militaires et d’équipements adaptés.
Parallèlement, l’armée de Terre développera des
1 partenariats locaux avec ses régiments répartis sur
l’ensemble du territoire.
Toutes ces actions convergentes ont vocation à
renforcer une posture générique de l’armée de Terre
permettant de consolider la résilience de la Nation et
la capacité des armées à renforcer la fonction protec-
tion. Elles ne peuvent être engagées qu’avec un fort
1. Patrouille à pied. soutien des niveaux ministériel et interarmées.
Opération Enfin, l’armée de Terre doit contribuer à l’offre de
Sentinelle
à Lyon, 2015.
service des armées sur le sujet de la cohésion natio-
2. Inauguration nale et de la citoyenneté. En marge de ce projet, un
des portes service militaire volontaire est expérimenté depuis
ouvertes de
la brigade
2016. Il aura ensuite vocation à constituer un réseau
franco-allemande. 2 national au profit de la jeunesse de notre pays.

12
SIMPLIFIER LA CHAÎNE ses ambitions. Ce niveau de direction et de conception
DE COMMANDEMENT sera complété pour la plupart des sujets de fond par
Le deuxième point touche à l’organisation générale et les six commandants de zone Terre, responsables de
à la gouvernance de l’armée de Terre. Hier peu lisible, l’ancrage territorial de l’armée de Terre et du soutien
il a fallu clarifier sa structure en définissant une spécifique de nos forces.
nouvelle verticalité, parfaitement intégrée au sein du Parallèlement, les missions et processus de pilotage
commandement des armées (CDA). Pour cela, trois et de conduite opérationnelle sont délégués, décon-
niveaux de commandement obéissant à des logiques centrés aux niveaux subordonnés, avec un effort
de conception, de mise en œuvre et d’exécution ont marqué sur un échelon divisionnaire. Les brigades
été précisément définis. Cet objectif de bon sens doit interarmes participent également à ce niveau de
permettre de rendre de la liberté d’action à tous les conduite et de pilotage.
acteurs de la chaîne. Le régiment reste le maillon de référence de l’orga-
En premier lieu, il importe de redéfinir une nouvelle nisation et du fonctionnement de l’armée de Terre, et
gouvernance générale de l’armée de Terre. Plus l’unité visible au niveau territorial et politique. Afin
resserré, plus intégré, cet échelon de commande- de mieux promouvoir l’entité «régiment-garnison»,
ment est conçu dans une finalité de production de un effort est engagé pour:
«valeur opérationnelle». Il regroupe, autour du chef • renforcer les leviers à disposition des chefs de corps
d’état-major de l’armée de Terre, le major général de (soutien, préparation opérationnelle, condition du
l’armée de Terre et les trois grands commandeurs personnel, maintenance, RH);
en charge respectivement de l’entraînement et de la • faire du régiment un bénéficiaire exigeant du
préparation à l’engagement, des ressources humaines soutien;
et de la maintenance de milieu. Dans un contexte de • favoriser l’initiative des régiments dans l’entretien
ressources très contraintes, c’est seulement par une des liens au niveau local;
combinaison fine et régulière de ces trois dimensions, • maintenir le régiment comme point d’appui d’inter-
auxquelles il faut ajouter le soutien interarmées et vention sur le territoire national.
ministériel, que l’armée de Terre peut «produire» la
capacité opérationnelle nécessaire à son contrat et à
AJUSTER LES ÉQUILIBRES
CAPACITAIRES
La troisième idée touche au champ capacitaire. Il
s’agit d’orienter les choix pour donner la priorité aux
capacités qui, au fil du temps, seront les plus directe-
ment employées.
Ainsi, certaines fonctions qui apparaissent comme
devoir être très fortement sollicitées (forces
spéciales, aérocombat, renseignement, C2, cyber,
logistique) sont davantage valorisées. Par ailleurs,
deux commandements à caractère opérationnel ou
fonctionnel, placés directement sous l’autorité du
1. Visite du chef CEMAT ont été créés ou adaptés: le commandement
d’état-major de
l’armée de Terre 1 des forces spéciales Terre; le commandement de
au 61e régiment
d’artillerie.
2. Entraînement
sur une piste
d’obstacles d’un
équipage dans un
véhicule patrouille
spéciale du
13e régiment
de dragons
parachutistes.
3. Un hélicoptère
Tigre du
groupement
aéromobile
survolant le
désert malien. 2 3

13
LA CIBLE VISÉE PAR L’ ARMÉE DE TERRE AU CONTACT

… l’aérocombat. Ces commandements ont vocation à


devenir pour l’armée de Terre les têtes de chaîne de
leur domaine, permettant une plus grande synergie
terrestres, et intégrées dans une combinaison
interarmes modernisée (notamment avec le
programme Scorpion), ont été préservées.
avec l’interarmées. À l’inverse, les capacités moins employées pourraient
Est également étudié le développement de la fonction connaître une inflexion, mais seraient couplées à des
d’assistance opérationnelle par la création structurelle dispositifs de remontée en puissance capables, sur un
de détachements d’assistance opérationnelle (DAO). pas de temps raisonnable (2 ans), de répondre à une
L’intégration d’équipements modernes prévus en évolution stratégique rapide.
programmation est la principale assurance d’un L’ensemble de ces mesures vise à construire une
engagement opérationnellement efficace dans le armée d’emploi, c’est-à-dire une organisation plus
combat de contact actuel et futur. Le programme directement tournée vers sa finalité opérationnelle.
Scorpion constitue la colonne vertébrale du projet.
Il devra pouvoir agréger de nouvelles composantes.
Les fonctions les plus employées dans les engage- FLUIDIFIER LE FONCTIONNEMENT
ments actuels (infanterie; cavalerie; génie combat; Le quatrième volet de cette vision générale a pour
coordination des feux), placées au cœur des forces objectif de réformer et assouplir les modes de fonc-
tionnement de l’armée de Terre. Avec l’appui de l’ins-
pection de l’armée de Terre, des mesures visant à
améliorer les conditions d’exercice du métier et de vie
en garnison, à transformer ses processus et à assurer
une meilleure interface avec les acteurs extérieurs
sont mises en œuvre.
L’armée de Terre doit d’abord moderniser son fonction-
nement en basculant sur une logique de performance,
seule à même d’optimiser l’agrégation des ressources
extérieures à des domaines dont elle porte l’entière
responsabilité (préparation opérationnelle; soutien des
forces ; condition du personnel et moral).
1 Elle doit également adapter sa politique de préparation
opérationnelle pour la rendre plus souple, sans remettre
en cause l’excellence atteinte, reconnue par les acteurs et
confirmée par les succès remportés en opérations. Elle
veillera également à améliorer l’efficience de la politique
d’emploi et de gestion des parcs (PEGP).
Dans le domaine des ressources humaines, l’employa-
bilité du personnel est davantage développée, avec
notamment une individualisation des carrières, dans un
souci de plus grande efficacité opérationnelle. Une plus
grande subsidiarité dans la gestion est réalisée, redon-
nant ainsi aux chefs de corps davantage de latitude.
Le fonctionnement de la maintenance est également
2 amélioré, avec une différenciation faite entre le niveau
de soutien opérationnel et le niveau de soutien indus-
triel, le premier permettant de bénéficier d’une main-
tenance de proximité alors que le second rapproche
la fonction des partenaires industriels.
Dans ses relations avec les acteurs du soutien
(internes ou externalisés), l’armée de Terre doit redé-
finir certains équilibres entre soutenants et soutenus
1. Individualisation et devenir un partenaire plus fiable dans l’expression
des carrières.
2. Maintenance
des besoins et plus exigeant quant à la qualité du
sur un hélicoptère service rendu.
Gazelle. Elle s’organise enfin à tous les échelons, pour alléger
3. Forum de
la simulation
et simplifier l’ensemble de ses processus, notamment
opérationnelle. 3 d’ordre administratif.

14
L’HORIZON LPM :

DES 8 PILIERS AUX


12 COMMANDEMENTS
DE NIVEAU
DIVISIONNAIRE
Dans la réflexion initiale, l’armée de Terre Au contact s’articulait autour de capacités regroupées par pilier.
Ces piliers ont par la suite donné naissance à 12 commandements de niveau divisionnaire.
À l’horizon de la LPM en cours, l’armée de Terre Au contact se décline autour de l’architecture suivante :

XXXX XXX
Cabinet CEMAT IAT

COMLE XXX CDEC


Major Général
EMAT
STAT SMV

XXX XXX XXX XXX


DRHAT COM ZT CFT XXX SIMMT
CRR-FR
XXX
CRR -E

XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX
RH COM COM COM COM 1re 3e COM COM COM COM
FORM TN FST ALAT ECIA DIV DIV RENS SIC LOG MAINT SMITER
des forces

Cette partie vise à présenter successivement et de des objectifs à atteindre entre 2016 et 2019, et recense
manière concrète les 12 commandements qui consti- un certain nombre de mesures dont le tableau récapi-
tuent le fondement de cette architecture. Elle définit tulatif est annexé en fin de document.

LES RESSOURCES HUMAINES

La nouvelle politique RH de l’armée de Terre doit


permettre un emploi optimal des militaires terriens
d’active ou de réserve, garantir la capacité de
remontée de puissance et valoriser le cœur de l’armée
de Terre: le régiment. Cette politique doit aussi inté-
grer la plasticité des organisations, les orientations
de la politique RH 2025 du ministère et l’atteinte d’un
seuil critique en matière d’effectifs qui commandent
de concilier polyvalence et spécialisation. Elle est
Forum emploi
« La nuit de mise en œuvre par le COM RH-Formation, comman-
l’orientation ». dement de niveau divisionnaire.

15
L’HORIZON LPM :
DES 8 PILIERS AUX 12 COMMANDEMENTS DE NIVEAU DIVISIONNAIRE

… À cet effet:
• Le modèle RH a été ajusté:
– recrutement important vivifiant les forces, régulé
– recrutement de compétences critiques sur étagères
[MESURE N°5];
– suivi de la RO2 et des promotions d’officiers pour
par la maîtrise de départs qui ajustent la partie supé- répondre en opportunité au besoin de remontée en
rieure de la pyramide (modèle en Y) [MESURE N°1, puissance [MESURE N°6].
réalisée]; • Des soldats plus en phase avec les opérations et
– reclassement dynamique (livret de compétence, les populations sont formés :
@CV) [MESURE N°2]; – transfert des organismes de formation spécialisés
– parcours duaux (alternance de postes militaires et au COM FT et au COM ALAT pour l’EA ALAT,
en entreprise) pour accroître les capacités de rétrac- qui rapproche la formation de l’emploi et conforte
tation/dilatation [MESURE N°3]; l’adaptation des forces aux opérations [MESURE
– nombre de colonels strictement ajusté sur le juste N°8, réalisée];
besoin en haut encadrement militaire. Leur rôle est – E@D, tutorat, et nouveaux services offerts aux forces
repensé (responsabilité, rémunération) [MESURE grâce à la NEF qui permettent l’adaptation réactive
N°4]; des savoir-faire [MESURE N°10].

XXXX XXX
Cabinet CEMAT IAT
Doctrine
RETEX

COMLE XXX CDEC Scorpion


battle lab
Major Général
EMAT EMS (1,2
STAT SMV ORSEM

XXX XXX XXX XXX


DRHAT COM ZT CFT XXX SIMMT
CRR-FR
XXX
CRR -E

XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX
RH COM COM COM COM 1re 3e COM COM COM COM
MAINT SMITER
FORM TN FST ALAT ECIA DIV DIV RENS SIC LOG des forces
DRAT

X 7 X 2
X 9 6
27 11
4

X
BFA

III III III III III III III III III


X FS RHC X26 X 25
FS RHC X5 X5 X8 X6 BSMAT
RGTS SMA FS RHC BSMAT
BSMAT
X II
9 BSAM
BSPP
ECOLE III X
SAINT-CYR INF EMSOME
ECOLE UIISC ECOLE
ECOLES
III ST MAIXENT UIISC ACADEMIE
ECOLE CAV Centres ECOLE ECOLE ECOLE ECOLE
III ALAT RENS SIC-TRANS TRAIN-LOG MATERIEL
FS GEN
LMD
RGA ART

16
• Les chefs retrouvent des leviers :
– le chef de corps désigne les MDR accédant au
semi-direct, les SGT accédant au grade de sergent-
chef et les sous-officiers accédant à la formation
BSTAT et au statut de carrière (SOC) [MESURE
N°13];
– effort de simplification (fin FEP, notation allégée si
chef inchangé) [MESURE N°15].
• Les réserves sont plus employables:
– réservistes commandés et administrés comme
le personnel d’active (déconcentration vers les
chefs de corps et assouplissement de la gestion)
[MESURE N°14];
– meilleure lisibilité sur l’avenir (ESR 3 ans) [MESURE
N°7];
– formation au juste besoin pour s’engager sur le TN
[MESURE N°11].

1. Cérémonie
Sabres et Casoars
aux écoles
de Saint-Cyr
Coëtquidan.
2. Pour la Patrie,
toujours présents.
Lycée militaire
d’Autun. 1 2

LE TERRITOIRE NATIONAL – certifier les états-majors zonaux;


– renforcer les DIV OPS des EMIAZD (métropole et
La nouvelle politique de l’armée de Terre sur le terri- outre-mer);
toire national doit faire d’elle une force de référence, – participer à la gestion d’une opération TN inter-
permanente et réactive, qui soit, à l’avenir, complé- zones sur ordre du CEMA.
mentaire des forces primo-intervenantes. De façon • La réserve est rénovée en capacités dédiées
plus globale, il s’agit de renforcer la résilience de la employables sur le TN:
Nation. – par le placement de l’ensemble de la réserve sous
Cette politique vise à renforcer qualitativement la responsabilité de cette structure [MESURE N°17,
l’OTIAD, accroître l’employabilité de la réserve, s’ap- réalisée];
puyer sur notre maillage territorial et être une force – par le renforcement de l’emploi de la réserve opéra-
de proposition en matière d’emploi des capacités tionnelle (RO1) sur le TN au travers des MISSINT
Terre au profit de la sécurité des Français sur le terri- [MESURE N°18];
toire national (métropole et outre-mer). – par la réorganisation de la réserve opérationnelle
À cet effet: différée (RO2) afin qu’elle participe à une éventuelle
• Le commandement du territoire national, référent remontée en puissance [MESURE N°6];
Terre pour les opérations en métropole, a été créé – par la prise sous commandement par l’OGZDS réfé-
sous le commandement opérationnel du CEMA et rent, en cas de crise, de l’EMT de réserve de niveau4,
dont les missions sont de: issu des états-majors de BIA.
– anticiper et planifier au profit du CPCO/TN; • Des capacités et des moyens d’actions sont donnés
– suivre l’état de la protection des installations du au niveau zonal:
MINDEF; – par davantage d’autonomie, en donnant un «droit de

17
L’HORIZON LPM :
DES 8 PILIERS AUX 12 COMMANDEMENTS DE NIVEAU DIVISIONNAIRE

… – par une meilleure intégration des savoir-faire


«défense et sécurité» [MESURE N°21];
– par la proposition d’un plan d’équipement TN en
programmation [MESURE N°22];
– des évolutions réglementaires sont proposées afin
d’adapter l’action des forces armées, avec des capa-
cités étendues, sur le territoire national [MESURE
N°24].
• Une capitalisation sur un maillage territorial
Pose d’un pont assumé sera réalisée:
Bailey lors des – par la «territorialisation» des unités de l’armée de
inondations dans
Terre en binômant le DMD avec une unité Terre de
les Pyrénées.
son département ou d’un département limitrophe
tirage» sur les unités Terre dans la zone de respon- [MESURE N°23];
sabilité de l’OGZDS sous conditions à définir; – y inscrivant le régiment dans le cadre du rayonne-
– par l’identification et le maintien de capacités duales ment, de la préparation opérationnelle déconcen-
des forces terrestres directement employables sur le trée et de la défense et sécurité;
TN [MESURE N°19]; – par la contribution à l’insertion des jeunes, en élar-
– par le regroupement des moyens du génie (produc- gissant le service civique sous la forme d’un service
tion d’énergie ; d’appui au déploiement lourd) dans militaire volontaire, d’une durée de 6 à 12 mois
2RGAD [MESURE N°20, réalisée]; [MESURE N°25, réalisée].

XXXX XXX
Cabinet CEMAT IAT
Doctrine
RETEX

COMLE XXX CDEC Scorpion


battle lab
Major Général
EMAT EMS (1,2
STAT SMV ORSEM

XXX XXX XXX XXX


DRHAT COM ZT CFT XXX SIMMT
CRR-FR
XXX
CRR -E

XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX
RH COM COM COM COM 1re 3e COM COM COM COM
MAINT SMITER
FORM TN FST ALAT ECIA DIV DIV RENS SIC LOG des forces
DRAT

X 7 X 2
X 9 6
27 11
4

X
BFA

III III III III III III III III III


X FS RHC X26 X 25
FS RHC X5 X5 X8 X6 BSMAT
RGTS SMA FS RHC BSMAT
BSMAT
X II
9 BSAM
BSPP
ECOLE III X
SAINT-CYR INF EMSOME
ECOLE UIISC ECOLE
ECOLES
III ST MAIXENT UIISC ACADEMIE
ECOLE CAV Centres ECOLE ECOLE ECOLE ECOLE
III ALAT RENS SIC-TRANS TRAIN-LOG MATERIEL
FS GEN
LMD
RGA ART

18
LES FORCES SPÉCIALES TERRE

XXXX XXX
Cabinet CEMAT IAT
Doctrine
RETEX

COMLE XXX CDEC Scorpion


battle lab
Major Général
EMAT EMS (1,2
STAT SMV ORSEM

XXX XXX XXX XXX


DRHAT COM ZT CFT XXX SIMMT
CRR-FR
XXX
CRR -E

XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX
RH COM COM COM COM 1re 3e COM COM COM COM
MAINT SMITER
FORM TN FST ALAT ECIA DIV DIV RENS SIC LOG des forces
DRAT

X 7 X 2
X 9 6
27 11
4

X
BFA

III III III III III III III III III


X FS RHC X26 X 25
FS RHC X5 X5 X8 X6 BSMAT
RGTS SMA FS RHC BSMAT
BSMAT
X II
9 BSAM
BSPP
ECOLE III X
SAINT-CYR INF EMSOME
ECOLE UIISC ECOLE
ECOLES
III ST MAIXENT UIISC ACADEMIE
ECOLE CAV Centres ECOLE ECOLE ECOLE ECOLE
III ALAT RENS SIC-TRANS TRAIN-LOG MATERIEL
FS GEN
LMD
RGA ART

L’armée de Terre fournit la majorité des forces et conventionnelles via un groupement d’appui aux
spéciales, dont l’emploi, aujourd’hui intensif, reste opérations spéciales (GAOS) dédié est recherchée.
sous le commandement de l’EMA. Le commande- Dans la continuité des mesures COS + 1000, le GAOS
ment des forces spéciales Terre (FST) [MESURE est renforcé dans les fonctions actuelles et élargi à
N°26, réalisée] a pour objectif de valoriser l’expertise d’autres [MESURE N°27, réalisée];
des forces spéciales Terre, de proposer un projet utile • un pôle d’entraînement est créé à Pau. Ce pôle d’ex-
et attractif pour les OIA et d’améliorer la synergie pertise et de formation aux opérations spéciales, mis
avec les forces terrestres. au service des trois armées et des forces amies et
À cet effet: alliées, est capable d’accueillir l’ensemble des spécia-
• l’amélioration des synergies entre forces spéciales lités du domaine [MESURE N°28, réalisée].

1. Intervention en
zone urbaine.
2. Exercice
d’aérocordage du
4e RHFS. 1 2

19
L’HORIZON LPM :
DES 8 PILIERS AUX 12 COMMANDEMENTS DE NIVEAU DIVISIONNAIRE

L’AÉROCOMBAT

XXXX XXX
Cabinet CEMAT IAT
Doctrine
RETEX

COMLE XXX CDEC Scorpion


battle lab
Major Général
EMAT EMS (1,2
STAT SMV ORSEM

XXX XXX XXX XXX


DRHAT COM ZT CFT XXX SIMMT
CRR-FR
XXX
CRR -E

XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX
RH COM COM COM COM 1re 3e COM COM COM COM
MAINT SMITER
FORM TN FST ALAT ECIA DIV DIV RENS SIC LOG des forces
DRAT

X 7 X 2
X 9 6
27 11
4

X
BFA

III III III III III III III III III


X FS RHC X26 X 25
FS RHC X5 X5 X8 X6 BSMAT
RGTS SMA FS RHC BSMAT
BSMAT
X II
9 BSAM
BSPP
ECOLE III X
SAINT-CYR INF EMSOME
ECOLE UIISC ECOLE
ECOLES
III ST MAIXENT UIISC ACADEMIE
ECOLE CAV Centres ECOLE ECOLE ECOLE ECOLE
III ALAT RENS SIC-TRANS TRAIN-LOG MATERIEL
FS GEN
LMD
RGA ART

L’armée de Terre détient l’expertise de la couche basse naison de l’ensemble des moyens aéromobiles Terre
de l’espace aéroterrestre. avec les autres composantes, de coordonner les capa-
La rénovation du commandement de l’aviation légère cités du milieu aéroterrestre et d’assurer l’interface
de l’armée de Terre (ALAT) vise à positionner l’armée avec les composantes aéronautiques interarmées.
de Terre comme experte de la fonction aéromobilité, À cet effet:
d’en améliorer la performance, de renforcer la combi- • un commandement unique des hélicoptères a été
créé sous la subordination hiérarchique du chef
d’état-major de l’armée de Terre [MESURE N°29,
réalisée]. Ce commandement est assuré par le
COMALAT, lui permettant d’assurer une meilleure
cohérence du milieu3D, dans les domaines de la
doctrine, de l’aérocombat (autonome ou interarmes),
de la maintenance, de la navigabilité, de la forma-
tion (écoles). Ce commandement entretient des liens
fonctionnels avec les unités des forces terrestres et
des forces spéciales (4eRHFS), dotées de vecteurs
aériens. Il dispose d’une structure de maintenance
Exercice dédiée et assure l’interface avec les composantes
d’évacuation aéromobiles des autres armées. Il constitue ainsi le
sanitaire durant
l’opération
référent unique, en interarmées, pour l’emploi et la
Serval au Mali. maintenance des hélicoptères de l’armée de Terre;

20
• une brigade d’aérocombat disposant d’une structure générer une force interarmes à dominante «inter-
de commandement tactique, capable d’accueillir vention dans la 3 edimension (I3D)» [MESURE
et de faire manœuvrer des unités interarmes de N°32, réalisée]. Cette entité peut être directement
contact, a été créée [MESURE N°30, réalisée]. Elle subordonnée à la BAC;
est subordonnée au COMALAT; • une autorité fonctionnelle sur la brigade d’aérocombat
• les écoles du domaine aérocombat sont regroupées, et les écoles de l’ALAT est exercée par le COMFT
permettant ainsi de rapprocher la formation du prin- [MESURE N°33, réalisée], notamment au profit de la
cipal employeur [MESURE N°31]; préparation opérationnelle et du combat interarmes
• un groupement d’appui à l’aérocombat a été créé. (optimisation de la prise en compte des hélicoptères
Cette structure ad hoc et de circonstance permet de de nouvelle génération par l’armée de Terre).

LA FORCE INTERARMES SCORPION

L’armée de Terre s’adapte à deux évolutions: la dimension Elles regroupent par ailleurs certaines fonctions et capa-
interarmes croissante des opérations et le déploiement cités actuellement dévolues aux brigades.
prochain du programme Scorpion. Dans un contexte Cette nouvelle organisation vise à:
où le combat aéroterrestre reste le cœur du métier de • ajuster le dimensionnement et la répartition des
l’armée de Terre et où les niveaux de commandement capacités;
sont de plus en plus imbriqués en opération, l’armée de • s’approprier le programme Scorpion, dont les
Terre s’organise de façon plus fluide, lisible et économe premiers Griffon arrivent dans les forces en 2019;
autour d’un niveau divisionnaire densifié [MESURE • combiner mouvement, feu, et effets immatériels, si
N°34, réalisée]. Échelon de cohérence et de synthèse, besoin dans la durée;
les divisions sont constituées par déconcentration du • disposer, immédiatement ou à l’issue d’un processus
commandement des forces terrestres, notamment en de remontée en puissance, d’un spectre large de
matière de conduite de la préparation opérationnelle. capacités.

1. Tir d’un Caesar


en Afghanistan
durant l’opération
Pamir.
2. Fantassins
embarqués à bord
d’un VBCI en
protection d’un
groupe d’ouver-
ture d’itinéraire en
Afghanistan. 1 2
3. Progression
d’un char Leclerc
lors de l’exercice
Gulf Falcon 2013.
4. Souvim,
véhicule équipé
de plateaux à
détection
magnétique.
Opération de
vérification de non
pollution (VNP)
par des sapeurs du
génie en
Afghanistan
durant l’opération
Pamir. 3 4

21
L’HORIZON LPM :
DES 8 PILIERS AUX 12 COMMANDEMENTS DE NIVEAU DIVISIONNAIRE

… Articulée autour de 2 divisions à compétence


interarmes regroupant 6 brigades interarmes, la
force interarmes Scorpion est constituée d’une capa-
• la BIA est maintenue dans son rôle d’intégrateur
interarmes et densifiée [MESURE N°37, réalisée];
• chaque division interarmes, constituée à partir des
cité structurante de combat interarmes de contact, anciens EMF, a autorité sur trois BIA [MESURE
apte à la coopération interarmées qui intègre: N°36, réalisée];
• des capacités de commandement (C2) et d’appui • la composante française de la BFA est rattachée à la
au commandement (SIC); 1re division pour le cycle de préparation opération-
• des capacités de renseignement (compétence multi- nelle et de projection [MESURE N°38, réalisée];
capteurs, capacité d’exploitation permanente); • les divisions nouvelles créées héritent des tradi-
• des capacités de soutien logistique étendues agis- tions des BIA restructurées [MESURE N°39,
sant en coordination avec les services interarmées. réalisée];
À cet effet: • le combat interarmes est valorisé au travers du
• deux divisions interarmes de même pied, comme concept d’emploi des unités Scorpion (combat
échelon intermédiaire (entre CFT et BIA), par inté- collaboratif);
gration de responsabilités supplémentaires (prépa • l’école militaire de spécialisation de l’outre-mer et
ops, entre autres) ont été créées [MESURE N°36, l’étranger devient l’état-major spécialisé outre-mer
réalisée]; et étranger (EMSOME) [MESURE N°39 bis].

XXXX XXX
Cabinet CEMAT IAT
Doctrine
RETEX

COMLE XXX CDEC Scorpion


battle lab
Major Général
EMAT EMS (1,2
STAT SMV ORSEM

XXX XXX XXX XXX


DRHAT COM ZT CFT XXX SIMMT
CRR-FR
XXX
CRR -E

XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX
RH COM COM COM COM 1re 3e COM COM COM COM
MAINT SMITER
FORM TN FST ALAT ECIA DIV DIV RENS SIC LOG des forces
DRAT

X 7 X 2
X 9 6
27 11
4

X
BFA

III III III III III III III III III


X FS RHC X26 X 25
FS RHC X5 X5 X8 X6 BSMAT
RGTS SMA FS RHC BSMAT
BSMAT
X II
9 BSAM
BSPP
ECOLE III X
SAINT-CYR INF EMSOME
ECOLE UIISC ECOLE
ECOLES
III ST MAIXENT UIISC ACADEMIE
ECOLE CAV Centres ECOLE ECOLE ECOLE ECOLE
III ALAT RENS SIC-TRANS TRAIN-LOG MATERIEL
FS GEN
LMD
RGA ART

22
L’ENTRAÎNEMENT ET LE COMBAT INTERARMES

XXXX XXX
Cabinet CEMAT IAT
Doctrine
RETEX

COMLE XXX CDEC Scorpion


battle lab
Major Général
EMAT EMS (1,2
STAT SMV ORSEM

XXX XXX XXX XXX


DRHAT COM ZT CFT XXX SIMMT
CRR-FR
XXX
CRR -E

XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX
RH COM COM COM COM 1re 3e COM COM COM COM
MAINT SMITER
FORM TN FST ALAT ECIA DIV DIV RENS SIC LOG des forces
DRAT

X 7 X 2
X 9 6
27 11
4

X
BFA

III III III III III III III III III


X FS RHC X26 X 25
FS RHC X5 X5 X8 X6 BSMAT
RGTS SMA FS RHC BSMAT
BSMAT
X II
9 BSAM
BSPP
ECOLE III X
SAINT-CYR INF EMSOME
ECOLE UIISC ECOLE
ECOLES
III ST MAIXENT UIISC ACADEMIE
ECOLE CAV Centres ECOLE ECOLE ECOLE ECOLE
III ALAT RENS SIC-TRANS TRAIN-LOG MATERIEL
FS GEN
LMD
RGA ART

Le combat tel qu’il se déroule dans les conflits actuels programme Scorpion, qui procurera aux niveaux
place d’emblée les chefs de tout niveau au cœur d’un SGTIA et GTIA une cohérence interarmes accrue,
environnement interarmes, voire interarmées. Ce doit être anticipée et prise en compte dès aujourd’hui
constat exige que soit poussée plus avant et plus tôt la dans la formation des chefs de demain.
formation interarmes des cadres de l’armée de Terre C’est pourquoi, dans un premier mouvement, toutes
et que soit renforcée la continuité entre formation et les écoles d’armes, ont été transférées de la DRHAT
entraînement tactiques. Parallèlement, l’arrivée du au COM FT ou au COM ALAT pour l’EALAT, afin
de rapprocher la formation de l’employeur. Dans un
second mouvement, un commandement de l’entraî-
nement et du combat interarmes sera créé au sein du
COM FT [MESURE N°40], s’appuyant sur les anciens
commandements des écoles du combat interarmes
et des centres de préparation des forces. Ce nouveau
commandement deviendra, pour l’armée de Terre, un
véritable pôle d’excellence de l’intégration interarmes
au sein du commandement des forces terrestres
[MESURE N°41].
Ce rapprochement poursuit également les objectifs
Exercice tactique
suivants :
à Mailly. • rationnaliser les moyens;

23
L’HORIZON LPM :
DES 8 PILIERS AUX 12 COMMANDEMENTS DE NIVEAU DIVISIONNAIRE

… • économiser aux forces des partenariats écoles en les


mutualisant.
Par ailleurs, l’école d’état-major sera transférée au
outre-mer et à l’étranger:
• optimisation des ressources (allègement de la PEGP,
aménagement des espaces collectifs d’instruction,
centre de doctrine et d’enseignement du comman- utilisation optimisée de la simulation) [MESURE
dement afin de regrouper l’enseignement militaire N°42, réalisée];
supérieur et créer une synergie entre doctrine et • valorisation de la préparation opérationnelle de
rayonnement. proximité (proximité des espaces collectifs d’ins-
Ces mesures de réorganisation de l’entraînement truction, préparation opérationnelle décentralisée)
et du combat interarmes confortent l’adaptation [MESURE N°43];
des forces aux opérations, poussent l’intégration • réévaluation des normes (révision du parcours
interarmes et anticipent l’arrivée de Scorpion pour normé), validation de l’expérience acquise, réduc-
répondre aux exigences des engagements modernes. tion des durées de rotation [MESURE N°44];
Elles s’accompagnent de mesures d’assouplissement • délocalisation de l’instruction spécifique [MESURE
des conditions de la préparation opérationnelle, N°45];
dans le triple but d’en améliorer la performance, de • effort différencié par niveau entre préparation à
redonner des marges de manœuvre aux unités et de l’engagement spécifique et préparation au combat
mieux adapter l’armée de Terre à son nouvel environ- générique [MESURE N°46].
nement opérationnel, sur le territoire national comme

LES COMMANDEMENTS SPÉCIALISÉS

XXXX XXX
Cabinet CEMAT IAT
Doctrine
RETEX

COMLE XXX CDEC Scorpion


battle lab
Major Général
EMAT EMS (1,2
STAT SMV ORSEM

XXX XXX XXX XXX


DRHAT COM ZT CFT XXX SIMMT
CRR-FR
XXX
CRR -E

XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX
RH COM COM COM COM 1re 3e COM COM COM COM
MAINT SMITER
FORM TN FST ALAT ECIA DIV DIV RENS SIC LOG des forces
DRAT

X 7 X 2
X 9 6
27 11
4

X
BFA

III III III III III III III III III


X FS RHC X26 X 25
FS RHC X5 X5 X8 X6 BSMAT
RGTS SMA FS RHC BSMAT
BSMAT
X II
9 BSAM
BSPP
ECOLE III X
SAINT-CYR INF EMSOME
ECOLE UIISC ECOLE
ECOLES
III ST MAIXENT UIISC ACADEMIE
ECOLE CAV Centres ECOLE ECOLE ECOLE ECOLE
III ALAT RENS SIC-TRANS TRAIN-LOG MATERIEL
FS GEN
LMD
RGA ART

24
Le renseignement ment multicapteurs et de garantir la performance de
Les menaces actuelles nécessitent une forte mobili- préparation opérationnelle au sein de la fonction et
sation du renseignement Terre, qui couvre l’ensemble au profit des états-majors opérationnels [MESURE
du spectre (humain, image et électromagnétique). N°47, réalisée];
Dans ce contexte, l’ambition est de faire du rensei- • les spécialistes de l’exploitation du renseignement
gnement multicapteurs une capacité clé de l’armée sont regroupés et professionnalisés au sein d’un
de Terre, s’appuyant sur un commandement unique, centre d’exploitation du renseignement Terre chargé
reconnu de la DRM, capable de coordonner l’emploi de la production de renseignements tactiques actua-
et l’évolution des moyens de recherche, d’exploitation lisés nécessaires à l’engagement et à la préparation
et d’influence. opérationnelle des forces [MESURE N°48, réalisée].
Ayant bâti sa performance sur un concept «multi- Il complète les B2 des états-majors opérationnels
capteurs» innovant, le renseignement des forces (exercices, opérations) et appuie la DRM dans le
terrestres doit poursuivre sa mutation et: cadre de délégations;
• créer les conditions d’une coopération plus poussée • la modernisation des équipements, notamment celle
avec la DRM; des drones tactiques, est poursuivie.
• renforcer la capacité d’exploitation du renseignement
en regroupant les acteurs, unifiant les procédures de Les SIC
travail et en développant l’analyse permanente des Le taux d’engagement des moyens de commande-
données sur les opérations en cours; ment (états-majors opérationnels, capacités satel-
• renforcer la capacité de recherche en regroupant des lite et réseau informatiques notamment) dans les
ressources rares, en homogénéisant leur efficacité opérations en cours, les alertes nationales, l’OTAN,
opérationnelle et en les orientant vers de nouveaux exigent de l’armée de Terre qu’elle valorise davan-
savoir-faire (mise en service du SDT, biométrie, etc.); tage cette fonction et qu’elle adapte encore mieux à
• consolider le lien étroit entre forces et renseigne- l’engagement ces capacités clés. Dans ce contexte,
ment, en favorisant le «travail ensemble», la culture l’ambition est de faire des SIC une capacité unifiée
du renseignement à fin d’action, et la rapidité des de commandement, permettant la conception et la
boucles de décisions; génération d’architectures de C2 performantes et
• développer les synergies avec le COM FST (GAOS) protégées (Cyber), tout en mutualisant des moyens
et le COM ALAT, en particulier dans le domaine de et des compétences rares et en anticipant l’évolution
la coopération drones/hélicoptères;
• développer des conditions favorables à l’innovation
et au renforcement de certains savoir-faire (ciblage
tactique, renseignement de source ouverte, etc.);
• é tendre l’effort renseignement à l’analyse et la
compréhension des codes culturels (médias, cyber,
etc.).
À cet effet:
• regroupant les capacités renseignement, le comman-
dement du renseignement, aux ordres du COMFT,
devient l’interlocuteur direct des divisions et de la
DRM, à même d’armer les structures de commande-
2
1. Recueil de
renseignement
d’origine humaine
par une patrouille
du 2e RH.
2. Poste de
commandement
du groupement
aéromobile de
l’opération Serval
au Mali, 2013.
3. Vérification
d’un relais RITA
sur les toits de
Strasbourg lors du
sommet de
l’OTAN. 1 3

25
L’HORIZON LPM :
DES 8 PILIERS AUX 12 COMMANDEMENTS DE NIVEAU DIVISIONNAIRE

… des technologies de l’information.


Face à la généralisation de moyens performants au
plus bas échelon (SATCOM, numérisation, etc.),
contributrice principale du soutien dans le milieu aéro-
terrestre. Elle assure notamment la «boucle avant» de
la manœuvre logistique aéroterrestre, garantissant
le commandement des SIC devra garantir l’effica- ainsi la cohérence et le rythme tactique de ses unités
cité des architectures d’échange de demain, tout en au contact.
préservant leur simplicité d’emploi et leur sécurité Parallèlement, en tant que référente du milieu aéro-
(cyberdéfense). terrestre, elle assure sur le sol national la majorité des
À cet effet: transports interarmées de surface en régie avec ses
• l’ensemble des moyens SIC a été regroupé au sein vecteurs routiers, sous l’autorité des opérateurs interar-
d’un commandement des SIC, placé aux ordres du mées (MOAD: CSOA; MOE: CTTS). Il s’agit donc de
COMFT [MESURE N°49, réalisée]; valoriser l’expertise d’intégrateur logistique opératif et
• les capacités des unités d’appui au commandement tactique de la manœuvre aéroterrestre et améliorer la
décentralisées sont concentrées dans les seuls régi- performance de la fonction acheminement-transport
ments de transmissions [MESURE N°50, réalisée]; de surface au profit de l’interarmées.
• une unité dédiée à la cybermenace a été créée À cet effet:
[MESURE N°51, réalisée]; • un commandement de la logistique a été créé, regrou-
• les compétences vers les moyens satellitaires ont été pant tous les éléments de la brigade logistique et
concentrées; à l’inverse certains moyens de réseau associant le Centre des transits et des transports de
ont été placés en disponibilité différée [MESURE surface (CTTS) [MESURE N°53, réalisée];
N°52]. • l’armée de Terre recherche la responsabilité de l’orga-
nisation et de la conduite des transports de surface
La logistique au profit de l’interarmées, en lien fonctionnel avec le
Avec les nouvelles opérations et la création d’un Centre du soutien des opérations et des achemine-
soutien mutualisé en interarmées, la logistique a peu ments (CSOA) [MESURE N°54];
à peu été intégrée à un niveau dépassant l’armée de • elle souhaite également confirmer son rôle de réfé-
Terre, y compris dans les engagements opérationnels. rent de l’intégration logistique du niveau opératif, en
Cependant, cette dernière conserve cette responsa- liaison avec les différents services de soutien interar-
bilité aux niveaux opératif et tactique, comme armée mées (SCA, SSA, SIMu, SID, SEA), notamment par
les savoir-faire de l’état-major de la brigade logistique
[MESURE N°55];
• ce commandement, autorité fonctionnelle de l’en-
semble des moyens d’acheminement transport des
forces, permettra également d’être plus réactif au
profit des opérations sur le territoire national, au
moment où l’armée de Terre met en place un comman-
dement dédié.

1. Départ du
porteur polyvalent
logistique
à dispositif de
protection du
503e régiment du
train pour le Mali.
2. Acheminement
des VBCI du 92e RI
par voie ferrée
suite au
déclenchement du
Guépard.
Opération Serval
au Mali, 2013. 2

26
LE MAINTIEN EN CONDITION OPÉRATIONNELLE DES MATÉRIELS TERRESTRES

XXXX XXX
Cabinet CEMAT IAT
Doctrine
RETEX

COMLE XXX CDEC Scorpion


battle lab
Major Général
EMAT EMS (1,2
STAT SMV ORSEM

XXX XXX XXX XXX


DRHAT COM ZT CFT XXX SIMMT
CRR-FR
XXX
CRR -E

XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX
RH COM COM COM COM 1re 3e COM COM COM COM
MAINT SMITER
FORM TN FST ALAT ECIA DIV DIV RENS SIC LOG des forces
DRAT

X 7 X 2
X 9 6
27 11
4

X
BFA

III III III III III III III III III


X FS RHC X26 X 25
FS RHC X5 X5 X8 X6 BSMAT
RGTS SMA FS RHC BSMAT
BSMAT
X II
9 BSAM
BSPP
ECOLE III X
SAINT-CYR INF EMSOME
ECOLE UIISC ECOLE
ECOLES
III ST MAIXENT UIISC ACADEMIE
ECOLE CAV Centres ECOLE ECOLE ECOLE ECOLE
III ALAT RENS SIC-TRANS TRAIN-LOG MATERIEL
FS GEN
LMD
RGA ART

Afin d’améliorer le niveau actuel de la disponibi- maintien en condition opérationnelle des maté-
lité des matériels terrestres au cours de la LPM et riels terrestres (SIMMT) est l’autorité fonctionnelle
d’être au rendez-vous du programme Scorpion, le unique de l’ensemble des maîtres d’œuvre du MCO
MCO-terrestre évolue en sanctuarisant la mainte- terrestre [MESURE N°56, réalisée]. La distinction
nance opérationnelle et en consolidant la mainte- et la séparation progressive des périmètres d’inter-
nance industrielle. vention entre maintenance opérationnelle (MO) et
À cet effet: maintenance industrielle (MI) se poursuit;
• le directeur central de la structure intégrée du • la maintenance opérationnelle (MO), réalisée

1. Des soldats du
matériel retirent
une roue d’un
VBCI pour une
maintenance sur
des disques de
frein au NTI
blindé, sur le camp
de Gao au Mali.
2. Dépannage
d’un VLTT P4 et
évacuation de son
équipage par
hélicoptère.
Opération Serval
au Mali, 2013. 1 2

27
L’HORIZON LPM :
DES 8 PILIERS AUX 12 COMMANDEMENTS DE NIVEAU DIVISIONNAIRE

… corps du RMAT est ainsi responsable fonctionnel du


MCO terrestre au niveau zonal et porte sa perfor-
mance selon une logique géographique. Il exploite
et coordonne l’action de toutes les capacités de main-
tenance de sa zone de responsabilité (y compris
les sections de maintenance régimentaires et les
ateliers de maintenance des formations);
• la maintenance industrielle (MI) complète la mainte-
nance opérationnelle. Sous la responsabilité directe
Maintenance
industrielle : de la SIMMT, elle est confiée à un organisme dédié:
dépose d’une le service de la maintenance industrielle terrestre
tourelle de char (SMITer), ayant autorité sur les BSMAT [MESURE
Leclerc.
N°58, réalisée]. Ce dernier agit en complémenta-
par du personnel militaire à l’identique sur les rité avec les industriels privés pour régénérer les
théâtres d’opérations et en métropole, est confiée matériels complets et les rechanges réparables, avec
à un commandement de la maintenance des forces un dispositif concentré et spécialisé par chaîne de
(CMF), à compétence nationale, ayant autorité sur production. Chaque site de production est en parte-
les RMAT [MESURE N°57, réalisée]. Ce comman- nariat étroit avec un industriel majeur réalisant le
dement dépend directement du COM FT. Le chef de même type d’activités [MESURE N°59].

28
CONCLUSION

Changer de modèle correspond à un temps fort et à modèle qui permet à l’armée de Terre de retrouver
un point d’inflexion majeur dans la vie d’une armée. son point d’équilibre dans un nouvel environnement.
En 40 ans, l’armée de Terre n’en a connu que deux, Cette étape de modernisation permet également de
le dernier en date ayant été conçu au milieu des désamorcer une crainte identitaire forte qui pèse
années90. de manière croissante sur le moral. Ce format doit,
Cette démarche constitue donc une décision lourde in fine, permettre à l’armée de Terre d’être reconnue
de sens pour une armée puisqu’elle l’oriente de dans sa spécificité et consolidée dans son rôle d’ac-
manière irréversible et sur le long terme, dans le teur central du milieu aéroterrestre. En reprenant
cadre d’une nouvelle vision et sur les bases d’une l’initiative, l’armée de Terre pourra ouvrir de manière
logique différente. décomplexée et conquérante un nouveau chapitre de
Le temps est venu de mettre en œuvre un nouveau son histoire.

XXXX XXX
Cabinet CEMAT IAT
Doctrine
RETEX

COMLE XXX CDEC Scorpion


battle lab
Major Général
EMAT EMS (1,2
STAT SMV ORSEM

XXX XXX XXX XXX


DRHAT COM ZT CFT XXX SIMMT
CRR-FR
XXX
CRR -E

XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX XX
RH COM COM COM COM 1re 3e COM COM COM COM
MAINT SMITER
FORM TN FST ALAT ECIA DIV DIV RENS SIC LOG des forces
DRAT

X 7 X 2
X 9 6
27 11
4

X
BFA

III III III III III III III III III


X FS RHC X26 X 25
FS RHC X5 X5 X8 X6 BSMAT
RGTS SMA FS RHC BSMAT
BSMAT
X II
9 BSAM
BSPP
ECOLE III X
SAINT-CYR INF EMSOME
ECOLE UIISC ECOLE
ECOLES
III ST MAIXENT UIISC ACADEMIE
ECOLE CAV Centres ECOLE ECOLE ECOLE ECOLE
III ALAT RENS SIC-TRANS TRAIN-LOG MATERIEL
FS GEN
LMD
RGA ART

29
ANNEXES
30
LES ORGANISMES
DIRECTEMENT
RATTACHÉS AU MGAT
LE CENTRE DE DOCTRINE matériels et d’équipements satisfaisant les besoins
ET D’ENSEIGNEMENT opérationnels exprimés dans les conditions de coûts,
DU COMMANDEMENT de délais et de performances définies par l’EMA et
Le centre de doctrine et d’enseignement du comman- l’EMAT. Pour vérifier l’adéquation des systèmes au
dement (CDEC) regroupe les anciens centre de besoin militaire, elle conduit les évaluations et les
doctrine et d’emploi des forces (CDEF) et centre expérimentations technico-opérationnelles de tous
d’études stratégiques de l’armée de Terre (CESAT), les matériels et équipements relevant de sa compé-
ainsi que l’école d’état-major à compter de l’été 2017. tence. Elle associe son action d’évaluation aux essais
Le CDEC a pour finalités l’efficacité opérationnelle et techniques de la DGA à travers les programmes
l’animation de la pensée militaire. Il est le référent de communs d’essais et d’évaluation (PCEE) et éven-
la doctrine de l’armée de Terre et le garant de l’ensei- tuellement les essais industriels. Elle propose ensuite
gnement militaire supérieur, en liaison étroite avec au CEMAT les décisions d’adoption et de mise en
la DRHAT, le commandement des forces terrestres. service opérationnel des matériels et équipements.
Il est en outre un vecteur majeur de la stratégie d’in- Pour les besoins urgents de certains théâtres d’opé-
fluence de l’armée de Terre et de son rayonnement. rations et lorsque les conditions requises pour la mise
Sous l’autorité du MGAT, le CDEC est chargé: en service opérationnel (MSO) ne sont pas remplies,
• de participer aux réflexions sur l’action future des elle peut être amenée à proposer au CEMAT des auto-
forces terrestres et de la prospective générale inté- risations d’emploi provisoires.
ressant l’armée de Terre, sous l’autorité de l’EMAT; Enfin, la STAT participe aux travaux de veille tech-
• d’élaborer et de diffuser la doctrine d’emploi des nologique, d’évaluation de systèmes sur étagère et de
forces terrestres dans leur environnement interar- soutien à l’exportation de matériels.
mées, interministériel et interallié, et de coordonner
la fonction RETEX de l’armée de Terre sous l’autorité LE COMMANDEMENT
du SCOAT; DE LA LÉGION ÉTRANGÈRE
• de dispenser l’enseignement militaire supérieur afin Le commandant de la Légion étrangère (COMLE)
de préparer les futurs chefs militaires d’active et de est le conseiller technique du CEMAT pour tout ce
réserve à l’exercice de hautes responsabilités de qui concerne l’ensemble de la Légion étrangère. Ces
commandement, ou de postes de direction exigeant prérogatives s’appliquent aux domaines suivants:
un niveau élevé de qualifications scientifiques ou • le recrutement, la sélection et l’incorporation des
techniques; volontaires désirant servir à titre étranger;
• de piloter le niveau national du rayonnement de • la réalisation des effectifs des formations de la
l’armée de Terre pour faire apprécier ses spécificités Légion étrangère;
et faire valoir ses besoins. • l’administration de tous les militaires servant à titre
étranger;
LA SECTION TECHNIQUE • la formation et l’instruction;
DE L’ARMÉE DE TERRE • la protection et la sécurité du personnel servant à
La section technique de l’armée de Terre (STAT) titre étranger;
assure, par délégation de l’état-major de l’armée de • le moral, le patrimoine et les traditions;
Terre, conjointement avec les unités de management • l’action sociale et la solidarité.
de la Direction générale de l’armement (DGA), la En matière d’actions à l’international, l’officier général
conduite et le suivi des opérations d’armement dès le en charge des relations internationales en tant que
stade d’orientation et jusqu’au retrait du service des chef de chaîne pourra associer le COMLE à son action
matériels et équipements. et lui déléguer des responsabilités.
Son action première s’exerce donc en étroite colla- Les militaires servant à titre étranger ne sont pas
boration avec la DGA et l’EMAT. S’appuyant sur son membres de droit du CFMT. Ils disposent, afin de
expertise technico-opérationnelle, la STAT veille mettre en avant leur spécificité, d’une structure de
à la mise à disposition des forces aéroterrestres de concertation, nommée conseil de la Légion étrangère

31
LES ORGANISMES DIRECTEMENT RATTACHÉS AU MGAT

… (CLE). Ce conseil se réunit une fois par an, sous la


présidence du CEMAT. Les présidents de catégorie
des différents régiments y sont représentés.
Inspiré de l’exemple du service militaire adapté
(SMA) qui, depuis plus de 50 ans, prépare des jeunes
ultra-marins à l’insertion professionnelle, le SMV a
pour objet de recruter et de former des volontaires
LE SERVICE MILITAIRE VOLONTAIRE stagiaires encadrés par du personnel militaire ainsi
La cohésion nationale et l’attachement aux valeurs que par des volontaires techniciens dans des fonc-
fondamentales de notre pays constituent une des tions de soutien ou d’aide-moniteurs, dans les filières
composantes amont essentielles de la fonction préven- professionnelles retenues par le SMV.
tion. Le lancement du service militaire volontaire Le SMV est composé de 5 entités :
(SMV), annoncé par le président de la République au • un état-major stationné à Arcueil;
lendemain des événements de janvier 2015, participe • le CSMV Lorraine, implanté à Montigny-lès-Metz ;
de l’objectif de renforcement de la cohésion nationale, • le CSMV Île-de-France, implanté à
en instituant un outil complémentaire d’insertion et Bretigny- sur-Orge;
de préparation à l’emploi pour les jeunes de 18 à 25ans • le CSMV Poitou-Charentes, implanté à La Rochelle;
en situation de décrochage ou de chômage. • le CSMV de Chalons-en-Champagne, qui ouvrira
début 2017.

32
CATALOGUE DES MESURES
DE L’ ARMÉE DE TERRE
Mesures réalisées
AU CONTACT
Mesures en cours de réalisation

PILIER MESURE ÉNONCÉ


Ressources humaines 1 Maintenir un recrutement important régulé par une maîtrise des départs
à mi- carrière
2 Assurer un reclassement dynamique du personnel militaire à l’aide d’outils
plus modernes
3 Développer des parcours de carrière duaux (alternance de postes militaires
et en entreprise)
4 Ajuster le nombre de colonels au strict besoin du haut encadrement militaire
5 Recruter des compétences critiques sur étagères
6 Suivre dans la durée les militaires d’active et de réserve pour répondre
au besoin de remontée en puissance
7 Donner aux réservistes une meilleure visibilité sur leur avenir (ESR 3 ans)
8 Transférer les écoles d’armes au CFT tout en maintenant un lien fonctionnel
9 Transférer les organismes de formation spécialisés aux ordres
des commandements spécialisés du CFT
10 Développer l’enseignement à distance et le tutorat
11 Former des réservistes au juste besoin
12 Recentrer la DRHAT sur le pilotage de la politique RH
13 Responsabiliser le chef de corps en lui confiant certains actes de gestion
14 Déconcentrer vers le chef de corps et alléger la gestion des réservistes
15 Simplifier certains processus RH
Territoire national 16 Créer un commandement du territoire national
17 Placer l’ensemble de la réserve sous la responsabilité du COM TN
18 Renforcer l’emploi de la réserve opérationnelle de niveau 1 (RO1) sur le TN
et structurer la réserve opérationnelle de niveau 2 (RO2)
19 Identifier des capacités duales des FT (transport, NRBC, soutien de
l’homme, génie)
20 Regrouper les moyens du génie (production d’énergie,
d’appui au déploiement lourd) dans 2 RGAD
21 Mieux intégrer les savoir-faire « défense et sécurité »
22 Proposer un plan d’équipements TN en programmation
23 Territorialiser les unités de l’armée de Terre en liaison avec le DMD
24 Proposer des évolutions réglementaires pour adapter l’action des forces
armées sur le TN
25 Expérimenter un service militaire volontaire (SMV)

Forces spéciales Terre 26 Créer un commandement des Forces spéciales Terre à Pau,
doté de capacités, budget, doctrine et équipement
27 Renforcer le GAOS dans les fonctions actuelles et l’élargir à d’autres
28 Créer un pôle d’entraînement à Pau, pôle d’expertise et de formation
aux opérations spéciales

33
CATALOGUE DES MESURES DE L’ARMÉE DE TERRE AU CONTACT

Mesures réalisées Mesures en cours de réalisation

PILIER MESURE ÉNONCÉ


Aérocombat 29 Créer un commandement unique des hélicoptères
30 Créer une brigade d’aérocombat
31 Regrouper les écoles du domaine dans le pilier de l’aérocombat
32 Créer un groupement d’appui à l’aérocombat permettant de réfléchir
à l’amélioration de la coordination 3D (drones, ASA)
33 Mettre en place l’autorité fonctionnelle du COMFT sur la BAC
et les écoles de l’ALAT
Force interarmes Scorpion 34 Créer un niveau divisionnaire par déconcentration du CFT
(notamment sur la prépa ops)
35 Rééquilibrer la Force interarmes Scorpion au profit de son cœur médian
36 Créer deux divisions IA de même pied à partir des EMF actuels
ayant chacune autorité sur trois brigades interarmes
37 Densifier les divisions et brigades pour disposer de tout le panel
de capacités
38 Rattacher la composante FR de la brigade franco-allemande
à l’une des divisions pour le cycle de prépa ops et projection
39 Transmettre les traditions des états-majors restructurés aux divisions IA
nouvellement créées
39bis Transformer l’école militaire de spécialisation de l’outre-mer et l’étranger
en état-major spécialisé outre-mer et étranger (EMSOME).
Commandement de l’entraîne- 40 Transformer le COM ECIA en un commandement de l’entraînement
ment et du combat interarmes et du combat interarmes au sein du COM FT
41 Créer une école du combat interarmes à partir du rapprochement
des EMD, EMS, EG
42 Optimiser les ressources dédiées à la prépa ops
43 Valoriser la préparation opérationnelle de proximité (POD)
44 Réévaluer et assouplir des normes
45 Délocaliser l’instruction spécifique
46 Différencier l’effort entre préparation à l’engagement spécifique
et préparation au combat générique

34
Mesures réalisées Mesures en cours de réalisation

PILIER MESURE ÉNONCÉ


Commandements spécialisés 47 Regrouper tous les capteurs au sein d’un commandement
du renseignement
48 Regrouper les spécialistes de l’exploitation du RENS au sein d’un CERT

49 Regrouper l’ensemble des moyens SIC au sein d’un commandement


des SIC
50 Concentrer les capacités des unités d’AC décentralisées
dans les seuls RTRS
51 Créer une unité dédiée à la cybermenace

52 Renforcer les moyens satellitaires

53 Créer un commandement de la logistique

54 Demander la responsabilité de l’organisation et de la conduite


des transports de surface au profit de l’interarmées (CTTS)
55 Devenir le référent de l’intégration logistique du niveau opératif
vis-à-vis des DSIA
Maintien en condition 56 Confier au DCSIMMT l’autorité fonctionnelle de l’ensemble des MOE
opérationnelle Terre du MCO terrestre (RMAT, BSMAT, SMR, ateliers)
57 Créer un commandement responsable de la maintenance opérationnelle
(CMF), au sein du CFT, à compétence nationale, ayant autorité sur les RMAT
58 Confier la maintenance industrielle au SMITer avec autorité sur les BSMAT

59 Développer la notion de plateau industriel (jumelage étatique/privé)

35
Conception / réalisation: IDIX

Vous aimerez peut-être aussi