Vous êtes sur la page 1sur 8

See discussions, stats, and author profiles for this publication at: https://www.researchgate.

net/publication/274752378

Les différentes conceptions de la pragmatique ou pragmatique où es-tu ?

Article  in  L Information Grammaticale · January 1982


DOI: 10.3406/igram.1982.2386

CITATIONS READS

3 267

1 author:

Georges Kleiber
University of Strasbourg
151 PUBLICATIONS   1,630 CITATIONS   

SEE PROFILE

Some of the authors of this publication are also working on these related projects:

it is a book about of the paremiologie View project

All content following this page was uploaded by Georges Kleiber on 26 September 2016.

The user has requested enhancement of the downloaded file.


L'Information Grammaticale

Les différentes conceptions de la pragmatique ou pragmatique


où es-tu ?
Kleiber Georges

Citer ce document / Cite this document :

Georges Kleiber. Les différentes conceptions de la pragmatique ou pragmatique où es-tu ?. In: L'Information
Grammaticale, N. 12, 1982. pp. 3-8.

doi : 10.3406/igram.1982.2386

http://www.persee.fr/doc/igram_0222-9838_1982_num_12_1_2386

Document généré le 16/10/2015


LES DIFFERENTES CONCEPTIONS

DE LA PRA GMA TIQUE

OU PRAGMA TIQUE, OÙ ES-TU ?

Georges KLEIBER

Un constat : l'avènement de la pragmatique la description du langage en action, du « langage en


contexte » (2), les termes d'utilisation, d'usage ou d'acre,
Le fait marquant de ces dernières années en linguistique est d'action ou encore de contexte ou de discours servant de
incontestablement l'avènement de la pragmatique. dénominateur commun aux différentes caractérisations
Quasiment ignorée il y a une dizaine d'années encore, (cf. proposées. A cette définition apparemment claire répond
l'absence d'une rubrique pragmatique dans certains paradoxalement une diversité troublante de conceptions qui a
dictionnaires de linguistique de cette époque), la pragmatique est pour conséquence des différences considérables dans le
devenue une discipline à la mode, en pleine expansion, domaine d'application de la pragmatique. Dès qu'il s'agit de
comme en témoigne le nombre élevé d'articles, d'ouvrages, préciser l'extension et la place de la pragmatique dans la
de revues et de colloques consacrés ces derniers temps aux science linguistique, les divergences surgissent de telle
questions pragmatiques (1). Trois faits révélateurs, sorte que le terme pragmatique, malgré l'unanimité
l'existence depuis trois ans d'une revue réservée à la pragmatique définitoire, ne recouvre finalement pas pour tout le monde les
(Journal of Pragmatics, An Interdisciplinary Quaterly of mêmes réalités et, partant, donne lieu à de fréquentes et
Language Studies, Amsterdam), l'établissement par J. Vers- regrettables confusions.
chueren d'une importante bibliographie des études
pragmatiques (Pragmatics : an annotated Bibliography, with Ces divergences ont deux origines selon nous. A la source
particular reference to Speech Act Theory, 1978, à compléter directe des écarts enregistrés se trouve la notion centrale
chaque année) et l'apparition de certaines questions d'utilisation du langage, son statut linguistique mal délimité
pragmatiques dans les manuels scolaires (cf. par exemple De la et l'immensité du domaine qu'elle conduit à explorer. La
phrase au texte, 3e, B. Combettes, J. Fresson et R. notion d'utilisation du langage s'avère être un concept
Tomassone, Delagrave, 1980). théorique et méthodologique aux frontières imprécises et
Les raisons de cet essor considérable sont diverses. H y a mouvantes, ce qui autorise les interprétations discordantes
tout d'abord une explication interne, chrono-linguistique. , et qui, par ailleurs, recouvre un champ d'investigation si
L'avènement de la pragmatique s'inscrit logiquement dans large et si varié que l'on peut s'interroger sérieusement sur
le cycle de progression des études linguistiques. Il est tout la possibilité même d'arriver à décrire un domaine aussi
naturel qu'après le développement de la syntaxe, puis celui vaste et aussi complexe. Comme le montrent les questions à
de la sémantique, soit survenu l'essor de la pragmatique. l'aide desquelles B.N. Grunig {1979, p. 7) cerne l'objet
Une seconde origine, externe, peut être trouvée dans d'étude de la pragmatique. Que fait-on lorsqu'on parle ?,
l'échec, tout relatif, de la grammaire generative Quel est l'effet du langage ou son utilité ?, Que vise un
transformationnelle. Le désenchantement provoqué par la mise à jour locuteur lorsqu'il s'adresse à son interlocuteur ? Comment
des faiblesses et limites de la grammaire chomskyienne n'a agissent-ils l'un avec l'autre en parlant ?, la pragmatique
pu qu'être favorable au mouvement pragmatique. Beaucoup relève en fait non seulement de la linguistique, mais aussi de
de générativistes, déçus par la grammaire generative la sociologie, de la psychologie, de la philosophie du
transformationnelle, dont ils attendaient vraisemblablement trop, langage, de l'éthique, etc. Or, le cadre théorique et
ont opté pour le cadre théorique plus large et plus puissant méthodologique capable de dominer une telle interdisciplinarité, malgré
que leur offrait la pragmatique. Celle-ci, et nous avons là les efforts et les progrès accomplis ces dernières années
notre troisième explication, représente, de par son contenu, dans cette direction (3), manque encore crucialement. De
un beau terrain de revanche à la fois pour ceux qui s'acco- là, le retard « relatif » (4) de la pragmatique, le refus même
modent mal du dogme saussurien de la coupure pour certains, de la pragmatique, ou le pessimisme quant à
langue/parole et pour ceux qui trouvent appauvrissant et l'avenir d'une telle science. De là, aussi, une discordance
trop étroit le formalisme rigide et aride des grammaires dis- inévitable dans les conceptions.
tributionnelles et génératives.
A cela s'ajoute une deuxième raison, les différentes
Un paradoxe : un consensus définitoire, mais des branches généalogiques du développement de la pragmatique.
conceptions différentes La pragmatique s'est développée dans trois lieux différents :
Presque tous les linguistes s'accordent pour définir la chez les logiciens, avec comme problème central la
pragmatique comme l'étude de l'utilisation du langage, comme détermination de la valeur de vérité de phrases comme Je pars com-
portant des déictiques, chez les philosophes, avec la notion Un second risque découle de la conception globalisante,
d'actes de discours comme centre d'intérêt, et chez les celui de procéder à une simple transcription artificielle, aux
linguistes, lors du débat sémantique interprétative/sémantique « couleurs » de la pragmatique, des acquis antérieurs de la
generative. Ces différents foyers historiques ont une grande syntaxe et de la sémantique. B.N. Grunig (1979, pp. 30-
part de responsabilité dans l'établissement de conceptions 31) dénonce ce discours « pseudo-grammatical » qui
pragmatiques concurrentes. consiste à dire, par exemple, au lieu de nombre est incident à
substantif, le locuteur opère le dénombrement des objets
U. Weinreich constatait en 1 963 que la pragmatique n'avait qu'il a cernés par l'emploi du substantif.
pas de contenu bien précis, qu'elle était finalement la
composante linguistique la moins claire et la moins rigoureuse. La pragmatique comme branche de la linguistique
La pragmatique, aujourd'hui, ne mérite certes plus une
condamnation aussi sévère, mais il faut toutefois reconnaître Deux grandes options sont à distinguer. Il y a d'une part
qu'elle est loin d'avoir atteint sa majorité linguistique. ceux qui conçoivent la pragmatique comme une
Beaucoup d'ambiguïtés, de confusions et d'équivoques composante de la linguistique qui s'oppose aux autres
accompagnent encore le terme de pragmatique. Le présent article composantes que sont la syntaxe et la sémantique. Nous parlerons
n'a d'autre but que d'en dissiper quelques-unes en décrivant dans ce cas de pragmatique autonome. Il y a d'autre part
les différentes conceptions de la pragmatique et les ceux qui, refusant cette séparation étanche, font intervenir
difficultés qu'elle suscitent. la pragmatique à des niveaux différents de l'analyse
linguistique. Nous appellerons ce second courant la pragmatique
éclatée.
La pragmatique comme base englobante de la théorie La pragmatique autonome : Les « minimalistes »
linguistique
Certains linguistes comme Y. Bar-Hillel (1954), D. Kalish
Dans cette conception héritée de C.S Peirce (1 931-1935), (1967) et R. Montague (1968 et 1970) réduisent
la pragmatique n'est pas une composante de la linguistique, explicitement la pragmatique à la seule étude des déictiques lou
comme la phonologie, la syntaxe et la sémantique, mais embrayeurs, ou symboles indexicaux ou encore
constitue une théorie d'accueil unifiée pour toutes les circonstanciels égocentriques) , c'est-à-dire à l'analyse des expressions
branches de la linguistique. A l'intérieur d'une telle théorie maxi-
linguistiques comme Je, tu, ici, maintenant, demain, le
maliste, tout fait linguistique devient finalement (dans le temps des verbes, les démonstratifs, etc., dont le sens
sens de « est subordonné à », ou « est intégré dans ») implique le recours à la situation d'énonciation. Pour ces
pragmatique. La pragmatique se définit ainsi, pour D. Wunderlich « minimalistes », il s'agit avant tout de résoudre le problème
(1 972, p. 34) comme « la théorie de la totalité du domaine que pose la détermination de la valeur de vérité des phrases
de la compétence linguistique » On citera également L. avec déictiques. La pragmatique ainsi conçue est «
Apostel (1980, p. 306), dont l'hypothèse sur l'intégration simplement, comme le dit Kalish (1 967, p. 356) l'extension de la
de la théorie du discours et de l'acte de communication dans
une théorie générale de l'action devrait aboutir « à une définition sémantique de la vérité à des langues formelles
contenant des termes indexicaux ».
grammaire et une sémantique (...) basée sur la théorie de
l'action ». L'explication de cette attitude expansionniste est La conception classique : sémantique VS pragmatique
à chercher dans le courant philosophique appelé
pragmatisme (Cf. C.S. Peirce, 1931-1935 et G. Mead, 1938). En Depuis C.W. Morris (1938) et sa célèbre trilogie
tant que doctrine philosophique, le pragmatisme tend à syntaxe/sémantique/pragmatique, la façon la plus courante
privilégier l'utile au détriment du vrai, l'action au détriment de de définir la pragmatique consiste à l'opposer à la
la pensée, ce qui fait qu'appliqué au langage il conduit à composante sémantique. Si l'on a gardé la définition morrissienne
subordonner syntaxe et sémantique à l'utilité, à l'action, en de la pragmatique comme l'étude de l'utilisation des signes,
somme à faire de la pragmatique le réceptacle de toutes les on n'a, en revanche, pas toujours repris sa définition
autres branches linguistiques. « représentationnelle » de la sémantique comme l'étude de
la relation des signes aux objets. Eu égard à la distinction
Le danger d'une telle conception, c'est finalement de court- saussurienne langue-parole ou à l'opposition peircienne
circuiter les autres domaines linguistiques, de faire, en entre le signe type (hors contexte) et le signe
particulier, l'économie du sens. Bien que le courant maximaliste occurrence (en contexte), l'accent a été mis au contraire sur le
ait pea <j'adeptes, la tentation de nier 4'existence de la caractère conventionnel des traits sémantiques. Et à
sémantique au profit du seul sens « situationnel » se l'opposition morrissienne de la sémantique et de la pragmatique se
retrouve dans de nombreux écrits pragmatiques. Dans le substitue ainsi une opposition en termes de langue-parole
modèle textuel de J. Petôfi (1 974), par exemple, la (ou de type-occurrence) : la sémantique ressortit à la langue,
composante pragmatique annexe les données sémantiques. elle étudie les traits sémantiques du type ; la pragmatique
Révélateur également à cet égard est l'article de J.R. Searle relève de la parole (ou discours), elle étudie les « effets de
(1 979) sur le sens littéral, dans lequel l'auteur conclut que sens » des occurrences.
la notion de sens ne s'applique que relativement à une
situation de discours. C'est dans cette même voie que Cette nouvelle conception de la pragmatique comme le
s'orientent les philosophes causalistes S. Kripke (1972) et M. domaine du discours, du non conventionnel, par rapport à la
Devitt (1 976), qui se fondant sur l'exemple du nom propre sémantique, domaine de la langue, du conventionnel,
qu'ils déclarent vide de sens, refusent également un n'entre pas en conflit avec la définition de la pragmatique
contenu sémantique à des noms comme or, chat, etc. comme l'étude de l'utilisation des signes, puisque ce n'est
qu'en discours que les signes sont effectivement utilisés et on souvent que l'opposition morphologique
que, par ailleurs, pour utiliser un signe, il faut connaître son indicatif /subjonctif dans 1 ) et 2) est une preuve du caractère
sens. La vision de la sémantique comme l'étude des traits sémantique de la distinction référentielle spécifique (« une
conventionnels attachés au type ne coïncide par contre plus Tahitienne précise »)/non spécifique (« n'importe quelle
avec la définition « représentationnelle ». la différence des Tahitienne ») :
deux conceptions se fait jour au niveau des déictiques. La
définition morrissienne exclut les déictiques de l'étude 1 ) Je veux épouser une Tahitienne quia des yeux verts
sémantique, puisque ces expressions exigent une 2) Je veux épouser une Tahitienne qui ait des yeux
description qui fait entrer en ligne de compte le hic et nunc de leur verts
utilisation. La définition concurrente les réintègre, au
contraire, dans le champ sémantique, parce que, Inversement, on aura plutôt tendance à accorder un statut
inéluctablement, elles présentent, hors-contexte, des traits pragmatique à l'ambiguïté référentielle usage
conventionnels. Mais du même coup elles échappent à la référentiel/usage attributif de la description définie L
pragmatique, et celle-ci, dans cette conception qui oppose la 'assassin de Smith de 3), parce qu'elle ne se trouve appuyée par
sémantique, domaine de la langue, à la pragmatique, domaine du aucune marque spécifique :
discours, ne s'étend plus qu'aux faits de signification non 3) L'assassin de Smith est fou
conventionnels (ou au sens non littéral). Elle regroupe ainsi
l'étude des actes de discours, des lois de discours, des - a) « /'assassin de Smith, à savoir X, ...» (usage
effets de sens, bref, de tous les éléments non inscrits en référentiel)
langue qui contribuent à la signification en contexte. La ou b) « l'assassin de Smith, en tant que tel, quel qu'il
problématique énonciative (déictiques, marqueurs de soit,...» (usage attributif)
renonciation) étant l'affaire de la sémantique, on pourrait croire que
la pragmatique ainsi conçue est essentiellement une Quatrièmement enfin, le rôle de la pragmatique se trouve
pragmatique de l'illocutoire. On constate d'ailleurs que pour bon bien souvent limité à l'étude des seuls effets de sens
nombre de linguistes la pragmatique se réduit effectivement individuels, imprévisibles. La pragmatique ressortissant à la
à l'étude des actes de langage. Il faut toutefois parole, et la parole étant, selon Saussure, un acte individuel,
immédiatement préciser qu'il n'y a pas identité entre la pragmatique on comprend que l'on ait pu cantonner la pragmatique dans
définie comme l'étude des actes de langage et la la description des cas particuliers. Or, l'ambition des prag-
pragmatique conçue comme composante non sémantique, dans la maticiens, particulièrement ceux de l'illocutoire, est tout
mesure où l'illocutoire (cf. par exemple le mode impératif) autre : ils entendent également décrire des régularités,
est également présent dans la composante sémantique. mettre en relief les conventions qui régissent l'utilisation des
Même si on opte pour une pragmatique uniquement illocu- signes et faire abstraction ainsi des particularités
toire, on n'échappe pas aux difficultés de classification individuel es (cf. F. Récanati, 1979, p. 11).
qu'entraîne l'opposition sémantique/pragmatique. Mais ceci repose le problème de la définition du sens en
Cette conception de la pragmatique comme composante termes de convention. Si la pragmatique s'occupe également
non sémantique autonome, que beaucoup de linguistes de conventions, la distinction sémantique
partagent ou ont partagé à un moment donné (5), est (conventions)/pragmatique (non conventions) devient
théoriquement défendable, à condition toutefois d'éviter les excès caduque. Nous prendrons l'exemple classique de l'interrogation
auxquels elle a pu donner lieu. avec le verbe modal pouvoir pour illustrer cette difficulté :
Nous en citerons quatre. Premièrement, face à la 4) Pouvez-vous ouvrir la fenêtre ?
sémantique, considérée, parce qu'elle relève de la langue, comme
seule digne d'être étudiée, la pragmatique a pu passer pour D'un point de vue sémantique, la phrase 4) correspond à
un sous-produit de la linguistique. une question sur la capacité d'ouvrir la fenêtre, mais elle
peut aussi être interprétée comme une requête (« je vous
Deuxième excès, la distinction sémantique/pragmatique a demande d'ouvrir la fenêtre »). Or, cette valeur pragmatique
conduit à une définition purement négative de la de requête n'est pas attachée à un emploi particulier de 4), à
pragmatique : est pragmatique tout ce qui n'est pas traité par la une condition d'énonciation précise, individuelle, comme
sémantique. Ipso facto, la pragmatique devient un fourre- l'est par exemple la valeur de requête « Ouvrez la fenêtre ! »
tout, une poubelle « pragmatique », comme dit Y. Bar-Hillel que peut véhiculer la phrase // fait chaud ici. On peut dire
(1971), dans laquelle on verse les déchets de la que, hors-contexte déjà, donc d'une certaine manière con-
sémantique. Ce n'est plus alors une science autonome propre, mais ventionnellement, la phrase 4) présente cette possibilité
tout simplement une série de problèmes qui n'ont pas trouvé d'emploi. Du coup, nous revoici sur la case Départ : si l'on
de solution sémantique. accepte l'existence de conventions pragmatiques, il faut
Troisièmement, en partant de l'idée qu'un trait de dépasser le stade commode de l'opposition sémantique
signification, s'il est marqué au niveau de l'expression, ne peut être (traits conventionnels)/pragmatique (traits non
qu'un fait sémantique, ce qui découle logiquement de la conventionnels) en y introduisant de nouvelles distinctions.
définition du sens comme convention attachée à un La pragmatique « éclatée »
signe , on arrive à la conclusion que les faits pragmatiques
ne possèdent pas de marque spécifique. La séparation Toutes ces considérations et difficultés et le fait que les
sémantique/pragmatique se fait' alors selon le critère déictiques et autres marqueurs non descriptif soient exclus
présence d'une marque/absence d'une marque. Ainsi du domaine pragmatique ont finalement conduit au refus de
Université Frné DESCARTES
U.E.R. de Liti'jjisliq'ie Gtinorole 5
et Appliquée Bibliothèque
la séparation radicale sémantique/pragmatique. Au lieu tre beaucoup moins comme en témoigne le débat qui met
d'être une composante autonome qui s'oppose aux autres aux prises partisans et détracteurs de la pragmatique «
branches de la linguistique, et plus particulièrement à la intégrée ». On peut d'une part, comme G. Fauconnier (1 976) à
sémantique, la pragmatique se voit divisée en plusieurs propos de même, refuser le caractère sémantique aux
parties, de telle sorte qu'elle trouve place, non dans une seule indications pragmatiques en arguant qu'il ne s'agit que
composante, mais dans plusieurs à la fois. Il faut donc d'indications dérivées qui se laissent expliquer à partir d'un contenu
distinguer plusieurs « niveaux pragmatiques » (cf. R. Martin, sémantique escamoté par la description « integrative ».
1980 et F. Récanati, 1980). Inversement, on peut aussi nier leur statut pragmatique en
faisant valoir qu'elles se laissent décrire en termes
La pragmatique « intégrée » vériconditionnels et font donc partie du sens dénotatif. C'est le cas,
Premier niveau, la sémantique pragmatique ou pragmatique nous semble-t-il, de la présupposition existentielle d'unicité
intégrée (J.C. Anscombre et O. Ducrot, 1976) rassemble attachée au syntagme Le chien de la voisine. Elle peut être
les indications pragmatiques qui sont à traiter au niveau de considérée comme présupposition sémantique «
la composante sémantique. L'élément nouveau est descriptive », dans la mesure où elle se laisse appréhender à l'aide
l'intrusion de la pragmatique dans le domaine sémantique. On des valeurs de vérité.
reconnaît explicitement qu'au niveau du sens littéral il y a La raison de ces « flottements » réside, à notre avis, dans
déjà des valeurs pragmatiques, que prend en charge la l'imprécision de la notion d'état de choses. Cette notion,
pragmatique « intégrée » (cf. le schéma ci-dessous). décisive pour la répartition sémantique vériconditionnelle
(dénotative)/sémantique non vériconditionnelle
(pragmatique), n'est pas aussi claire qu'on le croit. Elle autorise, selon
l'extension qu'on lui prête, le placement d'un élément aussi
bien dans le giron du sens descriptif que dans celui du sens
sémantique pragmatique pragmatique pragmatique. De façon plus générale, il faut dénoncer, dans
« intégrée » ce domaine, la tendance à tenir pour équivalentes d'un côté
les notions d'asserter, de descriptif, de représenter, de
Ce nouveau cadre théorique suppose bien entendu un vériconditionnel, et d'explicite et de l'autre les notions
réajustement de la définition classique du sens. La sémantique opposées de présupposer, d' indiquer/ de présenter, de non
est toujours définie comme l'ensemble des traits de vériconditionnel et d'implicite, parce que de telles équivalences
signification qui s'attachent à un signe conventionnellement, mais conduisent à des équations abusives comme pragmatique
on y distinguera deux types de sens « intrinsèque ». Il y aura = ce qui n'est qu 'indiqué/implicite, pragmatique = ce qui
d'une part le sens dénotatif (ou cognitif, ou représentation- n'est pas asserté, pragmatique = ce qui n'est pas descriptif ,
nel, ou encore descriptif), dans la lignée du sens de Morris, synonymies quLconvenons-en, ne sont pas faites pour
qui correspond aux conditions que doit remplir un segment dissiper les confusions et équivoques auxquelles donne lieu le
de la réalité ou un état de choses pour que la phrase puisse le terme pragmatique.
représenter. Il s'agit, en somme, pour une phrase, de ses
conditions de vérité, d'où l'appellation de sens véricondi- Les conventions d'usage non sémantiques
tionne/.ll y aura d'autre part le sens pragmatique qui, tout en
faisant partie des traits sémantiques conventionnels Ce n'est que récemment que l'on a été amené à distinguer ce
véhiculés par une expression, ne se laisse pas définir en termes de second niveau. J.R. Searle (1975) et J.L. Morgan (1978) ont
conditions de vérité. La pragmatique « intégrée » montré la nécessité de postuler entre les conventions
correspond de ce fait à la partie non vériconditionnelle (ou « non sémantiques (descriptives et pragmatiques) et les
descriptive ») du sens (cf. le schéma ci-dessous). implications conversationnelles (troisième niveau) engendrées par
les conditions d'emploi du langage en général des
sens intrinsèque (ou littéral) conventions d'emploi attachées à certains signes. Il s'agit donc à ce
niveau d'étudier les indications pragmatiques qui,
véhiculées par certaines expressions, ne font toutefois pas partie
du sens intrinsèque de ces expressions. La valeur de requête
sens vériconditionnel sens pragmatique que nous avons attribuée hors-contexte à la phrase 4)
(pragmatique» intégrée ») Pouvez-vous ouvrir la fenêtre ? est un exemple de ce type
de convention pragmatique non sémantique (7). Le sens
Son domaine d'application comprend les déictiques, les intrinsèque 4), constitué d'une partie vériconditionnelle, la
marqueurs de force illocutoire (comme le mode impératif, capacité d'ouvrir la fenêtre, et d'une partie pragmatique, la
par exemple), les connecteurs argumentatifs (comme mais, force illocutoire d'interrogation, équivaut à une question 6ur
même, donc, certes, etc.), les marqueurs présupposition- la capacité d'ouvrir la fenêtre, mais 4) présente, en outre, la
nels (comme l'article défini le, par exemple), dans la mesure virtualité d'une utilisation comme requête indirecte. Cette
où les traits véhiculés par ces expressions sont requête, « Ouvrez la fenêtre ! », se divise en deux parties
conventionnellement attachés à ces formes, mais ne sont pas des traits également, la force illocutoire d'ordre et l'état de choses
sémantiques vériconditionnels. Grice les appelle pour cela « ouvrir la fenêtre », ce qui fait que cette pragmatique du
implications conventionnel/es (1). second niveau n'a pas seulement en charge un sens non
littéral non descriptif, ici en l'occurrence la valeur de requête,
Si le statut sémantico-pragmatique des déictiques est mais également un sens non littéral descriptif, qui
relativement bien défini, celui des autres marqueurs l'est par correspond ici au contenu de la requête.
Autrement dit, la pragmatique à ce niveau, comme d'ailleurs rents comme « J'ai soif », « la pêche sera bonne », « je ne
au troisième (cf. ci-dessous), s'occupe d'un sens véricondi- vais pas faire du vélo aujourd'hui », etc., significations dont
tionnel, certes non littéral, mais vériconditionnel quand la dérivation sera expliquée par les principes généraux
même. Ce résultat à lui seul prouve, s'il en était encore discursifs. La dépendance contextuelle de ces effets de sens
besoin, la difficulté, les pessimistes diront l'impossibilité, de conversationnels est prouvée par leur maintien possible
trouver des critères sûrs et univoques pour une définition dans un même contexte d'énonciation, alors que l'on
unitaire de la pragmatique. A cela s'ajoute que les « sens » substitue à l'expression utilisée une autre expression qui exprime à
différents que prend le mot sens, que penser de peu près le même état de choses. Le remplacement de // fait
l'expression sens sémantique ? , même si des épithètes chaud idr par, par exemple. J'étouffe, laisse intacte la valeur
restrictives en précisent l'acception, finissent par lui ôter toute de requête « Ouvrez la fenêtre ! ». Inversement, nous avons
pertinence opératoire. vu que le changement de situation entraîne, pour la même
phrase, des valeurs pragmatiques notablement différentes
La mise à jour des conventions pragmatiques non et imprévisibles. ,
sémantiques a pour corollaire la mise en relief d'un nouveau type
d'ambiguïté, illustré par 3) intermédiaire entre l'ambiguïté Comme il a la charge duetc.),' sens global (cf. sens dérivé, sous-
sémantique, illustrée par 5), et l'ambiguïté « contextuelle » entendu, insinuation, le domaine de ce troisième
illustrée par 6) r niveau pragmatique est vaste et complexe. Il s'étend
principalement aux actes de discours (dans la lignée des travaux
5) Je vole (deux sens intrinsèques) de J.L. Austin et de J.R. Searle) et aux fameuse"! « lois de
3) L'assassin de Smith est fou (usage référentiel et discours » (O. Ducrot, 1979 a), ou maximes
usage attributif) conversationnel/es (P. H. Grice), ou encore postulat de conversation (D.
6) a) Pau/ est parti (soit Pau\-\, Paul2-.Pauln) Gordon et G. Lakoff, 1 971), comme la loi d'informativité, la
loi de pertinence, la loi d'exhaustivité, etc.
La phrase 3) se range du côté de 5) en ce que, hors-
contexte, on peut prédire le nombre de ses lectures. Elle se Deux mises en garde s'imposent. On n'oubliera pas,
différencie de 5) en ce qu'elle ne présente qu'une lecture premièrement, que le statut de ces lois de discours et actes de
sémantique (cf. la présupposition existentielle d'unicité). langage n'est pas univoque, parce qu'ils ressortissent certes à
Elle est par contre disponible a priori pour deux types la linguistique, mais aussi à la psychologie, à la sociologie, à
d'emploi, l'usage référentiel (« l'assassin de Smith, à savoir l'anthropologie, à l'éthique. Ceci pose, en second lieu, la
X...») et l'usage .attributif (l'assassin de Smith, en tant que question de leur prétendue universalité. L'hypothèse univer-
tel,...). L'intérêt de ce type d'ambiguïté, que l'on pourrait saliste, en ce domaine, est risquée. L'impossibilité de
appeler pragmatique, si cette expression ne servait pas déjà trouver aux actes de langage une notation universelle,
pour les ambiguïtés situationnelles comme 6), est certain. Il indépendante d'une langue donnée et la difficulté de dresser un
permet notamment de régler la question du statut de catalogue fini de ces actes et des lois de discours donnent a
l'ambiguïté transparence/opacité (cf. l'exemple canonique penser plutôt qu'il s'agit de phénomènes socio-
d' dipe voulait épouser sa mère, qui présente deux culturellement marqués (cf. B.N. Grunig, 1979, pp 8-1 1).
lectures possibles, selon qu'OEdipe sait ou ne sait pas que celle
qu'il veut épouser est sa mère), d'ordonner la description Vers une pragmatique diachronique .
sémantique du verbe modal pouvoir en lui attribuant un seul
sens littéral : la possibilité, et trois emplois conventionnels r La division de la pragmatique en trois niveaux différents
la capacité, la permission et l'éventualité. En termes d'effets tolère en fait des degrés intermédiaires. La notion
de sens, nous dirons qu'il s'agit des effets de sens d'implication conversationnelle généralisée de Grice (1 979, pp. 70-
prédictives, par opposition aux effets de sens non prévisibles, 71 ) conduit à distinguer un niveau supplémentaire entre les
engendrés pas renonciation particulière de la phrase et qui conventions d'usage non sémantiques et les implications
échappent à toute codification. conversationnelles contextuelles. Les implications
conversationnelles généralisées se séparent des conventions
La pragmatique situationnelle ou contextuelle d'usage non sémantiques en ce que la forme linguistique
particulière ne joue aucun rôle dans la dérivation de
Ce dernier niveau concerne les mécanismes de dérivation du l'implication. Elles présentent donc ce que Grice appelle un haut
sens situationnel global (ou sens contextuel). Par rapport degré de non détachabilité (ou d' inamovibilité) par rapport
aux premier et deuxième niveaux, les valeurs pragmatiques aux conventions d'usage non sémantiques qui, comme nous
ne sont pas liées aux expressions elles-mêmes, mais l'avons vu avec Pouvez-vous ouvrir la fenêtre ?, sont au
obéissent à des principes généraux gui gouvernent le code contraire faiblement non détachables. Autre différence,
langagier. D'où le nom d'implications conversationnelles donné hors-contexte, la phrase qui comporte une convention
par Grice (1979, p. 60) à ces indications « liées à d'usage non sémantique est pragmatiquement ambiguë
l'existence de certains traits généraux du discours ». Ainsi la (sens littéral et sens conventionnel d'usage), alors que celle
valeur de requête « Ouvrez la fenêtre I », que nous avons qui peut véhiculer une implication conversationnelle
attribuée ci-dessus à la phrase // fait chaud ici, sera analysée généralisée ne présente normalement que le sens dérivé. Du côté
à ce troisième niveau pragmatique. On observera que cette du niveau inférieur, elles se différencient des implications
valeur n'est pas prédictible hors-contexte comme le sont les conversationelles contextuelles par leur relative
valeurs pragmatiques du second niveau. Selon la situation indépendance contextuelle. Ce sont donc finalement des
d'énonciation, la phrase // fait chaud ici peut en effet implications qui ne sont ni attachées à des formes linguistiques
exprimer des effets de sens conversationnels tout à fait particulières ni à des contextes d'énonciation particuliers. Soit
pour illustration l'exemple de Grice (1 979, p. 70) X blèmes plus spécifiques comme le processus de la dérivation
rencontre une femme ce soir. Toute personne qui utilise cette délocutive (cf. E. Benveniste, 1 966, B. de Cornulier, 1 976,
phrase « implicite normalement, selon Grice, que la J.C. Anscombre, 1979 et O. Ducrot, 1979 b).
personne qui va être rencontrée n'est ni la femme de X, ni sa
mère, ni sa sur, ni même peut-être une proche amie En guise de conclusion
platonique ». Cette implication vérifie les deux traits exigés d'une
implication conversationnelle généralisée. Elle est Pragmatique, où es-tu ? La réponse appartient à l'avenir des
indépendante du contexte particulier d'énonciation et n'est pas recherches pragmatiques. La pragmatique se présente
attachée à une forme particulière donnée, en l'occurrence ici aujourd'hui comme une science en mouvement, un domaine
l'article indéfini. en pleine ebullition, largement ouvert. On peut s'en plaindre,
on peut s'en féliciter. On peut regretter l'existence de
L'émergence de nouveaux degrés intermédiaires, dont la diverses conceptions concurrentes, qui rend difficile une
pertinence, soulignons-le, reste sujette à caution, prouve au approche sereine de la pragmatique, on peut déplorer l'absence
moins une chose. Plutôt qu'à une tripartition rigide, nous cruciale d'une définition unitaire et le flou de certains
avons affaire à un continuum, que nous pouvons concepts opératoires, mais on ne peut nier que ce
appréhender, comme dit F. Récanati ( 1 980, p. 1 1 ) « sous la forme du bouil onnement théorique et méthodologique, qui conduit, comme
processus diachronique de littéralisation du sens nous l'avons vu, à la multiplication du nombre de niveaux
contextuel ». La voie est ainsi ouverte à une pragmatique d'analyse pragmatique, constitue, pour la pragmatique, le
diachronique qui étudie les fluctuations qu'entraîne facteur principal de son développement.
l'interdépendance du sens littéral et du sens contextuel. Cette
pragmatique dynamique redécouvre, sous un angle nouveau,
certains avatars sémantiques bien connus des étymologisrtes et Georges KLEIBER
des philologues, mais développe aussi de son côté des Université de Metz

BIBLIOGRAPHIE
J.C. Anscombre, 1979, Délocutivité benvénistienne, délocutivité R. Martin, 1 980, De la sémantique à la pragmatique : théorie et illustration, à
généralisée et performativité, dans Langue Française. n° 42, pp. 9-69-84. paraître dans les Actes du XVI' Congrès International de linguistique et
J.C. Ascombre et O. Ducrot, 1976, L'argumentation dans la langue, dans philologie romanes (Palma de Majorque, 7-12 avril 1980).
Langages. n° 42, pp. 5-27. G. Mead, 1 938, The Philosophy of the An, Chicago et Londres.
L. Appstel, 1 980, Pragmatique praxéologique : communication et action, R. Montague, 1968, Pragmatics, dans Contemporary Philosophy, pub. par
dans Le langage en contexte, pub. par H. Parret, John Benjamins B.V. R. Kiblansky, repris dans Formal Philosophy Selected Papers of Richard
Amsterdam, pp. 191-315. Montague, pub. par Thomason, New Haven University Press, pp. 95-1 18.
Y. Bar-Hillel, 1954, Indexical Expressionsdans Mind, n° 6'3. R. Montague, 1970, Pragmatics and Intensionai Logic, dans Synthèse, vol.
Y. Bar-Hillel, 1971, Out of the pragmatic Wastebasket, dans Linguistic 22, pp. 68-94.
Inquiry, 2, pp. 401-407. J.L. Morgan, 1 978, Two Kinds of Convention in Indirect Speech Acts, dans
E. Benveniste, 1 966, Les verbes délocutifs, dans Problèmes de linguisitique Syntax and Semantics, vol. 9 Pragmatics, pub. par P. Cole, pp. 260-281.
générale, Gallimard, Pans, pp. 285. C.W. Morris, 1 938, Foundations of the Theory of Signs, dans international
B. de Cornulier, 1976, La notion de dérivation délocutive, dans Revue Encyclopedia of Unified Science, vol. Ml : Foundations of the Unity of
linguistique romane, n° 40, pp. 1 16-144. Science, Chicago et Londres.
M. Devitt, 1 976, Semantics and the Ambiguity of Proper Names, dans The H. Parret, 1980, Le langage en contexte, ouvrage collectif pub. par H.
Monist, 59, n° 3, pp. 404-423. Parret, John Benjamins B.V., Amsterdam.
O. Ducrot, 1972, Dire et ne pas dire, Hermann, Paris. C.S. Peirce, 1 931-35, Collected Papers, pub. par C. Hartshorne, P. Weiss et
O. Ducrot, 1 979 a. Les lois de discours, dans Langue française, n° 42, pp. A. Burks, Cambridge, Mass., 8 vol.
21-33. J. Petôfi, 1974, Semantics-Pragmatics-Text Theory, Documents de Travail
O. Ducrot, 1 979 b. Analyses pragmatiques, dans Communications, n° 32, 36/A du Centre International de Sémiotique et de Linguistique de l'Université
pp. 11-60. d'Urbino.
G. Fauconnier, 1 976, Remarque sur la théorie des phénomènes scalaires, F. Récanati, 1 979, Le développement de la pragmatique, dans Langue
Semantikos, 1, n° 3, pp. 13-35. française, n° 42, pp. 6-20.
D. Gordon et G. Lakoff, 1 971 , Conversational Postulates, dans Papers from F. Récanati, 1 980, Les niveaux de /'analyse pragmatique. Documents de
the seventh Regional Meeting, Chicago Linguistic Society, 7, pp. 63-83. Travail 94/A du Centre International de Sémiotique et de Linguistique de
H.P. Grice, 1979, Logique et conversation, dans Communications, n° 30, l'Université d'Urbino.
pp. 57-72 (traduction de Logic and Conversation, Syntax and Semantics, J.R. Searle, 1975, Indirect Speech Acts, dans Syntax and Semantics, vol.
vol. Ill, Speech Acts, pub. par P. Cole et J.L. Morgan, 1975, pp. 41-58). Ill, Speech Acts, pub. par P. Cole et J.L. Morgan, pp. 59-82.
B.N. Grunig, 1 979, Pièges et illusions de la pragmatique linguistique, dans J.R. Searle, 1979, Le sens littéral, dans Langue Française, n° 42, pp.
Modèles linguistiques, t. 1, 2, pp. 7-38. 34-47.
D. Kalish, 1967, Pragmatics, dans Encyclopedia of Philosophy, pub. par P. U.Weinreich,1953, Languages in Contact, Linguisitc Circle of New York,
Edward, Londres. New York, réimprimé Mouton, La Haye, 1963.
S. Kripke, 1972, Naming and Necessity, dans Semantics of Natural D. Wunderlich, 1972, Linguistische Pragmatik, Athenaeum, Francfort.
Language, pub. par D. Davidson et G. Harman, Reidel, Dordrecht, pp. 253-355.
R. Martin, 1976, Inference, antonymie et paraphrase. Eléments pour une
théorie sémantique, Klincksieck, Paris.

(1) Se reporter à la bibliographie établie par A.M. Diller à la fin du n°42 de (5) Cf. par exemple 0. Ducrot (1972) et R. Martin (1976).
Langue française (ap. 103-107). (6) H.P. Grice, 1 979, p. 60. Implication est à prendre dans le sens de « qui
(2) Titre de l'ouvrage publié par H. Parret (1980).
(3) Aux recherches ponctuelles s'opposent les travaux théoriques et n'est pas dit ». Le terme anglais de Grice est implicature, que l'on trouve
méthodologiques d'ordre général qui essaient d'ériger la pragmatique en science, traduit également par implicitation et implicature.
de délimiter ses relations avec les autres branches de la linguistique et (7) Autre exemple classique (cf. F. Récanati, 1 979, p. 1 9) celui de Voudnez-
d'établir des modèles de description adéquats. vous avoir l'amabilité de... ?, auquel est associé conventionnellement une
(4) Il ne faut pas oublier les précurseurs, parmi lesquels nous citerons K. Buh- force illocutoire de requête qui ne fait pas partie du sens intrinsèque de
ler, R. Jakobson et E. Benveniste. l'expression.

View publication stats

Vous aimerez peut-être aussi