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Sommaire

INTRODUCTION......................................................................................................................................3
Section 1 : jeux non coopératifs et décisions stratégiques :...................................................................4
1-Notion des jeux non coopératifs :...................................................................................................4
2- la stratégie dominante :.................................................................................................................5
Section 2 : jeux non coopératif et équilibre (équilibre de Nash) :..........................................................8
1- Le problème du choix d’un produit :..............................................................................................8
2- Le Jeu d’un emplacement sur une plage......................................................................................10
3- La stratégie du Maximin :.............................................................................................................11
4- La maximisation du gain espéré :.................................................................................................12
5- Les stratégies mixtes....................................................................................................................13
6- Le dilemme du prisonnier :...........................................................................................................16
Section 3 : les jeux répétés et jeux séquentiels :..................................................................................20
jeux répétés :....................................................................................................................................20
Les jeux séquentiels :........................................................................................................................22
Section 4 : Les enchères :.....................................................................................................................25
les différents types d’enchères.........................................................................................................26
Évaluation et information :...............................................................................................................27
3- la maximisation des revenus d’une enchère :..............................................................................28
CONCLUSION........................................................................................................................................29
INTRODUCTION :

La stratégie est un ensemble d'actions coordonnées, d'opérations habiles, de manœuvres


en vue d'atteindre un but précis.

Dans son approche économique, elle est l'ensemble des méthodes qui maximisent dans un
univers conflictuel ou concurrentiel, c'est-à-dire face à un rival, un opposant, un adversaire,
un concurrent ou un ennemi, les chances d'atteindre un objectif donné malgré les actions de
l'autre.

La théorie des jeux se propose d'étudier des situations (appelées « jeux ») où des individus
(les « joueurs ») prennent des décisions, chacun étant conscient que le résultat de son propre
choix (ses « gains ») dépend de celui des autres. C'est pourquoi on dit parfois de la théorie des
jeux qu'elle est une « théorie de la décision en interaction ». Les décisions ayant pour but un
gain maximum – elles relèvent d'un comportement rationnel. La théorie des jeux est de ce fait
parfois présentée comme une « branche des mathématiques ». La théorie des jeux s'intéresse à
des modèles d'un type particulier, les « jeux », qui sont constitués de trois éléments : les
joueurs, leurs ensembles de stratégies (un par joueur) et les règles du jeu (qui portent
notamment sur les gains et l'information de chacun). Après avoir caractérisé chacun de ces
éléments, on s'intéressera aux divers types de solution proposés par les théoriciens des jeux
pour leurs modèles, dans une perspective « non coopérative ».
Ainsi, l’utilisation de la théorie des jeux va nous permettre d’étendre l’étude des décisions
stratégiques. Les applications de la théorie des jeux ont connu un développement important en
microéconomie. Cet exposé présente et explique quelques aspects essentielles des cette
théorie, et montre comment elle peut être utilisé pour comprendre le fonctionnement des
marchés, et comment les chefs d’entreprise devraient réfléchir aux décisions stratégiques
auxquelles ils sont constamment confrontés. C’est le cas, par exemple, quand les entreprises
d’un oligopole fixent et ajustent stratégiquement leurs prix en fonction du temps, ce qui pose
à chaque fois le problème du dilemme de prisonnier. Nous montrons également comment ces
entreprises adoptent des actions stratégiques qui leur confèrent des avantages sur leurs
concurrents ou un pouvoir de négociation plus important. Enfin nous terminerons par les
systèmes d’enchères dont les stratégies peuvent être analysées grâce à la théorie des jeux.
Section 1 : jeux non coopératifs et décisions stratégiques :

Tout d’abord il nous faut clarifier ce que l’on entend par jeu et prise de décision
stratégique. Un jeu est une situation dans laquelle des joueurs (les participations) prennent des
décisions stratégiques c’est à dire des décisions qui prennent en compte toutes les actions et
réponses possibles des autres participants .des entreprises qui se faut concurrence entre elle
par le biais des prix, des consommateurs qui se battent entre eux pour obtenir aux enchères
une œuvre d’art, sont des exemples de jeux parmi d’autres.

Les décisions stratégiques aboutissent à des paiements encore appelles gain, le résultat d’un
jeu se traduit par le versement de rémunération, ou de bénéficier pour les participants. Pour
les entreprises qui fixent leurs prix, ce sont des profits qui constituent les gains. Pour les
participants à une enchère, le gain du gagnant est représenté par le surplus du consommateur
c’est à dire la différence entre la valeur que le consommateur à l’œuvre d’art et le prix
effectivement payé pour l’acquérir.

Un objectif essentiel de la théorie des jeux est de déterminer les stratégies optimale de chaque
joueur .une stratégie est une règle ou un plan d’action élaborés en vue de participes au jeu
.Donc la stratégie optimale pour un joueur est celle qui maximise son gain espéré.

1-Notion des jeux non coopératifs :

Si les joueurs font les décisions collectivement et avec la pleine confiance, pour que tous
les joueurs profitent à la mesure possible cela est dit le jeu coopératif. Il y a les questions de
négociation et la formation de coalition au sein de laquelle les joueurs cherchent à se
regrouper afin d’optimiser leurs gains. Si on ne permet aucune coopération parmi les joueurs,
donc nous somme dans un jeu non-coopératif, où on étudie les réactions individuelles des
joueurs face aux stratégies adoptées par leurs adversaires.

Un exemple de jeu non coopératif est la situation où deux entreprises concurrentes prennent
chacune en compte le comportement supposé de l’autre lorsqu’elles fixent isolément leurs
prix. Chaque entreprise sait que son comportement risque de déclencher une guerre des prix.
Les jeux d’enchères peuvent également être non coopératifs.

Nous allons principalement nous intéresser aux jeux non coopératifs. Cependant, dans tout
jeu, l’aspect le plus important de la prise de décision stratégique est de comprendre le point de
vue de votre adversaire, et (en supposant que votre adversaire soit rationnel) en déduire ses
réponses possibles à vos propres actions. Ce point de vue d’un adversaire. Pourtant, même
dans des situations de jeu simples, il arrive souvent que les gens ignorent ou évaluent mal les
positions de leurs adversaires et les réponses rationnelles que ces positions impliquent.

2- la stratégie dominante :

Une stratégie dominante pour un joueur est une stratégie qui lui donne toujours un gain
supérieur ou égal au gain qu’il peut atteindre de toutes ses autres stratégies (quelles que soient
les stratégies des autres joueurs)

- Une stratégie dominante domine toutes les autres stratégies.


- Si chacun des joueurs possède une stratégie dominante, alors il existe au moins un
équilibre de Nash consistant pour les joueurs à choisir leur stratégie dominante.
L’exemple suivant illustre ce type de stratégie dans un contexte de duopole. Supposons que
les entreprises A et B vendent des biens concurrents et ont à décider de s’engager ou non dans
des compagnes publicitaires. La décision de chaque entreprise va être affectée par celle de sa
concurrente. Les résultats possibles de ce jeu sont représentés par la matrice des gains du
tableau 1. (Souvenez-vous que la matrice des gains résume les résultats possibles du jeu ; le
premier nombre de chaque cellule correspond aux gains de A et le second nombre à ceux de
B).

Tableau 1 : Matrice des gains d’un jeu de stratégie publicitaire.

Entreprise B

Publicité Pas de publicité


Entreprise A Publicité 10, 5 15, 0
Pas de publicité 6, 8 10, 2

Remarquez que si les deux entreprises décident de faire de la publicité, l’entreprise A fera
un profit égal à 10 tandis que l’entreprise B aura un profit égal à 5. Si l’entreprise A fait de la
publicité mais pas l’entreprise B, alors A gagne 15 et B ne gagne rien. Le tableau retrace
également les gains pour les deux autres possibilités.

Quelle stratégie doit adopter chacune des deux entreprises ? Prenons l’entreprise A. Il semble
clair qu’elle doit faire une compagne de publicité puisque, quoi que fasse B, elle gagne
toujours plus en la faisant que si elle ne le faisait pas. Lorsque B fait sa compagne de
publicité, A fait un profit égal à 10 si elle fait également de la publicité au lieu de 6 si elle
n’en fait pas. Si B ne fait pas de publicité, alors A gagne 15 en faisant de la publicité au lieu
de 10 si elle n’en fait pas. Ainsi, faire de la publicité est une stratégie dominante pour
l’entreprise A.

C’est la même chose pour l’entreprise B : quelle que soit la stratégie adoptée par A,
l’entreprise B gagne plus de profit si elle fait de la publicité. En conséquence, et en supposant
que les deux entreprises soient rationnelles, nous sommes sûrs que le résultat (ce que nous
appellerons plus rigoureusement l’équilibre du jeu) de ce jeu sera que les deux entreprises
feront de la publicité. Ce résultat est facile à obtenir, car les deux entreprises ont une stratégie
dominante.

Lorsque les deux joueurs ont chacune une stratégie dominante, le résultat du jeu est appelé
équilibre en stratégies dominantes. Ce type de jeu est facile à analyser, car la stratégie
optimale de chaque joueur est indépendante des actions possibles de l’autre joueur.

Malheureusement, il existe des jeux dans lesquels les joueurs n’ont pas toujours une stratégie
dominante. On le constate en modifiant légèrement notre exemple sur la publicité.

La matrice des gains du tableau 2 est identique à celle du tableau 1 à un élément près : la
dernière ligne de la dernière colonne – si aucune entreprise ne fait de publicité, l’entreprise B
gagne toujours 2, mais 1 gagne à présent 20.

Tableau 2 : Matrice corrigée des gains d’un jeu de stratégie publicitaire

Entreprise B

publicité Pas de publicité


Entreprise A publicité 10, 5 15, 0
Pas de publicité 6, 8 10, 2
A présent, l’entreprise A n’a plus de stratégie dominante. Sa décision optimale va
dépendre de ce que va faire l’entreprise B. Si B fait une compagne de publicité, A a l’intérêt à
en faire une aussi ; mais si B ne fait pas de compagne de publicité, alors l’entreprise A n’a pas
non plus intérêt à en faire une. Maintenant, supposons que les deux entreprises doivent
prendre leurs décisions en même temps. Que soit faire l’entreprise A ?

Pour répondre à cette question, l’entreprise A doit se mettre à la place de l’entreprise B,


Quelle est la meilleure décision du point de vue de B, et qu’est-ce que B serait susceptible de
faire ? La réponse est évidente : l’entreprise B a une stratégie dominante – faire une
compagne de publicité quelle que soit la décision de A. (Si A fait une compagne de publicité,
B gagne 5 au lieu de 0 en n’en faisant pas ; si A ne fait pas de publicité, B gagne 8 en faisant
aussi de la publicité, au lieu de 2 si elle n’en fait pas) Ainsi, l’entreprise A peut en déduire que
B fera forcément une compagne de publicité. Cela signifie alors que A aura tout intérêt à en
faire une aussi (elle gagnera par conséquence 10 au lieu de 6). L’équilibre de ce jeu est donc
que les deux entreprises vont faire une compagne publicitaire. C’est la conséquence logique,
car A agit du mieux qu’elle peut, compte tenu de la décision de B ; et B agit également du
mieux qu’elle peut, compte tenu de la décision de A.
Section 2 : jeux non coopératif et équilibre (équilibre de Nash) :

En théorie des jeux, un équilibre de Nash est une situation dans un jeu où aucun joueur
n'a intérêt à changer de stratégie. C'est un concept de solution dans lequel l'ensemble des
choix faits par plusieurs joueurs, connaissant leurs stratégies réciproques, est devenu stable du
fait qu'aucun ne peut modifier seul sa stratégie sans affaiblir sa position personnelle.
L'équilibre de Nash est une situation dans laquelle les acteurs économiques qui sont en
interaction (comme l'Oligopole) déterminent leur meilleure stratégie, compte tenu des
stratégies choisies par les autres agents. Il a été nommé d'après le mathématicien John Forbes
Nash.

1- Le problème du choix d’un produit :

Considérons le problème du « choix d’un produit » deux compagnies sont spécialisées


dans la production de céréales pour petit –déjeuner. Elles sont présentées sur un marché où
deux nouvelles variétés de céréales peuvent être introduites avec succès-sous réserve que
chaque variété ne soit produire que par une seule entreprises.il y a un marché pour des
céréales « croustillantes » et un marché pour des céréales « sucrées » mais chaque entreprise
n’a les moyens d’introduire qu’un seul nouveau produit. La matrice des gains pour les deux
entreprises devrait ressembler à celle présentée dans le tableau suivent :

Tableau 3: le problème du choix d’un produit.

Entreprise 2
croustillante sucrée
Croustillante -5, -5 10, 10
Entreprise 2
Sucrée 10, 10 -5, -5
Dans ce jeu, chaque entreprise est indifférente entre les deux variétés- tant qu’elle n’opte
pas pour la même variété que sa concurrente. S’il leur était possible de se coordonner, les
entreprises seraient probablement d’accord pour se partager le marché. Mais que se passe-t-il
si elles sont obligées de se comporter de façon non coopérative ? supposons que, par un
moyen quelconque-peut-être en communiquant par voie de presse- l’entreprise 1 indique
qu’elle est sur le point de mettre sur le marché de nouvelles céréales « sucrées » ,et que
l’entreprise 2 (après avoir pris connaissance)annonce son intention d’introduire l’autre variété
de céréales. Compte tenu de ce qu’elle croit sa concurrente va faire, aucune des deux
entreprises n’a intérêt à dévier de sa stratégie. Si elle agit comme elle l’annoncé, son gain est
10, mais si elle modifie son action- et si sa concurrente ne modifie pas la sienne elle perdra 5.
Ainsi, la paire de stratégies qui se situe en bas à gauche du tableau est stable et constitue un
équilibre de Nash. En tenant compte de la stratégie de sa concurrente, chaque entreprise fait
de mieux qu’elle peut et n’a aucune incitation à dévier.

Remarquons qu’il existe un autre équilibre de Nash (en haut à droite du tableau) qui se réalise
lorsque l’entreprise 1 annonce qu’elle va introduire la variété « croustillante ».

Chaque équilibre de Nash est stable parce qu’une fois les stratégies choisies, aucun joueur ne
déviera unilatéralement de l’équilibre. Cependant, faute d’information supplémentaire, nous
n’avons aucun moyen de savoir quel équilibre (croustillante/sucrés ou sucrés/croustillante)
résultera du jeu. Bien évidemment, les deux entreprises sont fortement incitées à aboutir à
l’un des deux équilibres – si elles optent pour la même variété de céréales, elles perdront
toutes les deux de l’argent. Le fait que les deux entreprises ne puissent pas créer une entente
entre elles ne veut pas dire qu’elles n’atteindront pas l’un des équilibres de Nash. Lorsqu’une
branche se développe, les connaissances et les mécanismes de compréhension des entreprises
évoluent, car elles « signalent » les unes aux autres leurs évolutions respectives.
2- Le Jeu d’un emplacement sur une plage

Supposons que vous (y) et un concurrent (c) projetiez de vendre des boissons fraiches sur
une plage cet été, La plage mesure 200 mètres. Et les vacanciers sont répartis régulièrement
sur toute sa longueur. Vous et votre concurrent vendez les mêmes boissons aux mêmes prix,
les clients vont donc s’adresser au vendeur le plus proche d’eux, ou allez-vous placer sur la
plage, ou pensez-vous que votre concurrent se mettra ?

Si vous réfléchissez une minute à cette question, vous vous rendrez compte qu’il n’y a qu’un
seul équilibre de Nash, qui consiste pour vous et votre concurrent à vous placer exactement au
même endroit de la plage : en son milieu.

Pour comprendre pourquoi, imaginez que votre concurrent se place en un point A qui se
situe aux trois quarts du bord de la plage. Dans ce cas, vous ne restez pas plus longtemps au
centre de la plage, vous aurez tout intérêt à vous placer près de votre concurrent, juste à sa
gauche. En agissant ainsi, vous allez attirer les trois quarts des vacanciers, alors que votre
concurrent n’aura comme clientèle que le quart restant. Le résultat de telles stratégies n’est
pas un équilibre, parce que votre concurrent lui aussi aura intérêt à dévier de sa première
décision. Il se déplacera juste à votre gauche pour capter votre clientèle, ce qui vous obligera
à modifier à nouveau votre choix. Il est alors facile de comprendre que vous et votre
concurrent allez vous déplacer jusqu’au centre de la plage.

Figure : installer un stand sur une plage


3- La stratégie du Maximin :

Le concept d’équilibre de Nash repose très fortement sur l’hypothèse de rationalité de


l’individu. Le choix stratégique de chaque joueur ne dépend pas seulement de sa propre
rationalité, mais également de celle de ses adversaires. C’est ce qui peut constituer une limite
à ce concept, comme l’illustre l’exemple dans le tableau ci- dessous.

Tableau 4 : La stratégie du Maximin.

Entreprise 2
N’investit pas investit
N’investit pas 0,0 -10,10
Entreprise 1
investit -100,0 20,10

Dans ce jeu, les entreprises se font concurrence en vendant des logiciels de cryptage de
fichiers. Parce que les deux entreprises utilisent la même technique de cryptage, les fichiers
cryptés par le logiciel d’une entreprise peuvent être lus par le logiciel produit par l’autre
entreprise – un avantage pour les consommateurs .cependant, l’entreprise 1 possède une part
de marché bien plus importante que l’entreprise 2. ( Elle est entrée sur le marché avant sa
concurrente et son logiciel possède une meilleure interface utilisateur.) Chacune de deux
entreprises se demande à présent si elle doit investir ou non dans une nouvelle méthode de
cryptage.

Il faut noter que l’entreprise 2 a une stratégie dominante : elle a intérêt à investir puisque, quoi
que fasse son concurrent, ses gains sont plus importantes en investissant. L’entreprise 1
s’attend donc à ce que l’entreprise 2 investisse. Dans ce cas, le mieux qu’elle puisse faire est
d’investir également (elle gagnera alors 20 millions d’euros). Il apparait clairement que la
paire de stratégies (investir, investir) est dans ce jeu un équilibre de Nash, et il est facile de
vérifier que cet équilibre est unique. Mais les gestionnaires de l’entreprise 1 doivent être
absolument sûrs que ceux de l’entreprise 2 ont parfaitement compris le jeu et son rationnel. Si
par malheur l’entreprise 2 se trompait et décidait de ne pas investir, ce serait extrêmement
coûteux pour l’entreprise 1. (Les méthodes de cryptage devenant alors incompatibles, cela
créerait de la confusion chez le consommateur, et l’entreprise 1, parce qu’elle domine une
grande part du marché, perdrait 100 millions d’euros.)

Si vous étiez l’entreprise 1, que feriez-vous ? Si vous avez plutôt tendance à être prudent-et si
vous pensez que les gestionnaires de l’entreprise 2 peuvent ne pas être bien informés ou
rationnels-alors vous choisirez de ne pas investir. Dans ce cas, le pire qui puisse arriver est
que vous perdiez 10 millions d’euros ; vous ne courrez plus le risque de perdre 100 millions.

Une telle stratégie est appelée stratégie du Maximin, car elle consiste à maximiser le gain
minimum pouvant être obtenu. Si les deux entreprises ont des stratégies du type Maximin, il
en résultera que l’entreprise 1 n’investira pas, alors qu’au contraire l’entreprise 2 investira. La
stratégie Maximin est peu risquée, mais ne permet pas de maximiser les profits. (L’entreprise
1, par exemple, perd 10 millions au lieu de gagner 20 millions). Remarquons également que si
l’entreprise 1 savait de façon certaine que l’entreprise 2 adoptait une stratégie Maximin, elle
aurait préféré investir (et gagner 20 millions d’euros) plutôt que de suivre sa propre stratégie
Maximin qui était de ne pas investir.

4- La maximisation du gain espéré :

Si l’entreprise 1 n’est pas sure de ce que fera l’entreprise 2, mais qu’elle est capable
d’assigner des probabilités à chaque action possible de l’entreprise 2, elle peut alors adopter
une stratégie qui maximise son espérance de gain ? Supposons par exemple que l’entreprise 1
sache qu’il y a seulement 10% de chances pour que sa concurrente décide de ne pas investir.
Dans ce cas, le gain espéré de l’entreprise 1 – si elle investit – est : 10%(-100) +90%(20)=8
millions d’euros. Son gain espéré – si elle n’investit pas – est : 10%(0) +90%(-10)= -9
millions d’euros. Clairement, l’entreprise 1 a intérêt à investir.

Maintenant, supposons que l’entreprise 1 pense que la probabilité que l’entreprise 2


n’investisse pas est de 30%. Dans ce cas, le gain espéré de l’entreprise 1 – si elle investit –
est : 30%(-100) + 70%(20)=-16 millions d’euros. Son gain espéré – si elle n’investit pas –
est : 30%(0)+70%(-10)= -7 millions d’euros. Dons, l’entreprise 1 n’a pas intérêt à investir.
Avec cet exemple, vous pouvez comprendre comment la stratégie de l’entreprise 1 dépend
étroitement de son évaluation des probabilités de différentes actions de sa concurrente.
Déterminer ces probabilités est sans doute beaucoup demander. Pourtant, les entreprises sont
souvent confrontées à l’incertitude (sur les conditions du marché, les coûts futurs, et le
comportement de leurs concurrents), et elles doivent prendre les meilleures décisions
possibles en se basant sur des évaluations de probabilités et des valeurs espérées.

5- Les stratégies mixtes

Dans tous les jeux étudiés jusqu’ici, nous avons considéré des stratégies où les joueurs font un
choix précis ou une action spécifique : faire de la publicité ou non, fixer un prix à 4 euros ou
bien à 6 euros, etc. Les stratégies de ce type sont appelées stratégie pures. Il existe cependant
des jeux où la meilleure stratégie n’est pas une stratégie pure.

Le jeu du « pile ou face » (matching pennies) le jeu du « pile ou face » (matching pennies) est
une illustration de ce type de situation. Dans ce jeu, chaque joueur choisit pile ou face et les
deux joueurs révèlent leurs pièces en même temps. Si les deux pièces coïncident ( c’est à dire
si les deux joueurs ont choisi tous les deux pile ou bien tous les deux face), le joueur A gagne
et reçoit un euro du joueur B. Si les pièces sont différentes, c’est le joueur B qui gagne et
reçoit l’euro du joueur A. La matrice des gains es représentée dans le tableau 13.6

Tableau 5 : le jeu de pile ou face.

Joueur B
face pile
face 1, -1 -1, 1
Joueur A
pile -1, 1 1 ,-1

Nous pouvons remarquer qu’il n’y a pas d’équilibre de Nash en stratégie pures dans ce
jeu. Supposons, par exemple, que le joueur A choisisse de jouer face. Alors le joueur B jouera
pile. Mais si le joueur B joue pile, le joueur A aura lui aussi intérêt à jouer pile. Il n’y a
aucune combinaison de pile et face qui puisse satisfaire les deux joueurs à la fois – l’un des
deux voudra toujours modifier sa stratégie.
Même s’il n’existe pas d’équilibre de Nash en stratégie pures, il existe un équilibre de Nash
en stratégie mixtes, c’est à dire : des stratégies telles que les joueurs font des choix aléatoires
parmi deux ou plusieurs actions possibles, basés sur des ensembles de probabilités définis.
Dans ce jeu par exemple, le joueur A peut simplement lancer sa pièce en l’air, et par
conséquent jouer face avec probabilité 1/2 et jouer pile avec probabilité 1/2 .en fait, si le
joueur A adopte cette stratégie, et si le joueur B fait de même, nous aurons un équilibre de
Nash : les deux joueurs optent pour la meilleure action possible compte tenu de ce que fait son
adversaire. Il faut noter que même si le gain final est aléatoire, le gain espéré est égal à 0 pour
chaque joueur.

Il peut paraître étranger de jouer à un jeu en choisissant son action aléatoirement. Mais
mettez-vous à la place du joueur A, et réfléchissez à ce qui se passerait si, au lieu de lancer
votre pièce en l’air, vous adoptiez une stratégie différente. Supposons par exemple que vous
décidiez de jouer face. Si le joueur B connaissait votre stratégie, il devrait jouer pile et vous
perdiez. Même en ne connaissant pas votre stratégie, si le jeu était répété plusieurs fois, le
joueur B pourrait éventuellement déduire de vos actions votre façon de jouer, et il pourrait
alors choisir la stratégie qui permettre de vous neutraliser. Evidemment, vous pourriez alors
modifier votre stratégie – et alors ce ne devrait plus un équilibre de Nash. C’est seulement
lorsque vous et votre adversaire jouez pile ou face aléatoirement.

(Vous pouvez vérifier que des probabilités différentes, disons ¾ pour face et ¼ pour pile, ne
permettent pas d’obtenir un équilibre de Nash.)

Le fait qu’il n’existe pas toujours d’équilibre de Nash en stratégies pures (comme dans
l’exemple précédent) justifie que l’on envisage l’étude de stratégies mixtes. Il faut toutefois
noter que si l’on autorise les stratégies mixtes, alors n’importe quel jeu a au moins un
équilibre de Nash1. Les stratégies mixtes permettent ainsi de trouver des solutions à des jeux
là où les stratégies pures ne le permettent pas. Bien sûr, ces solutions impliquant des stratégies
mixtes ne sont pas toujours raisonnables : cela dépendra du type de jeu considéré. Elles le sont
dans notre exemple du « pile ou face », ou encore au poker, et d’autres jeux du même type.
Mais il ne semble pas très raisonnable de supposer qu’une entreprise pense que son
concurrent fixe ses prix de façon aléatoire.

1
Pour être plus précis, chaque jeu comportant un nombre fini de joueurs et d’actions possède au moins un
équilibre de Nash. Pour la démonstration se référer à David M.Kreps.A A course in microeconomic theory
(Princeton, N) : Princeton Université Press, 1990), p. 409.
La bataille des sexes il peut arriver que, pour un même jeu, il y ait à la fois un équilibre de
Nash en stratégie pures et un en stratégies mixtes. Prenons l’exemple de la « bataille des
sexes », un jeu qui doit vous sembler familier. Ce jeu est le suivant. Pierre et Lucie aimeraient
passer leur soirée de samedi ensemble mais n’ont pas les mêmes goûts.

Lucie aimerait aller à l’opéra, mais Pierre préfère les matchs de boxe ( vous pouvez inverser
les préférences). Comme le montre le tableau 13.7, Lucie préféra aller à l’opéra en compagnie
de Pierre, mais préféra également assister avec lui à un match de boxe plutôt que d’aller à
l’opéra toute seule. Et c’est la même chose pour Pierre.

Tableau 6 : la bataille des sexes.

Lucie
boxe opéra

Boxe 2, 1 0, 0
Pierre
Opéra 0 ,0 1, 2

Remarquons tout d’abord qu’il y a deux équilibres de Nash en stratégies pures – celui où
Lucie et Pierre assistent au match de boxe, et celui où ils vont tous les deux à l’opéra. Bien
sûr, Pierre préféra la première alternative, et Lucie la seconde mais les deux solutions sont des
équilibres – ni Lucie ni Pierre ne voudront modifier leur choix, compte tenu du choix de
l’autre.

Ce jeu également un équilibre en stratégies mixtes : Pierre choisit la boxe avec probabilité 2/3
et l’opéra avec probabilité 1/3, et Lucie choisit la boxe avec probabilité 1/3 et l’opéra avec
probabilité 2/3. Vous pouvez vérifier que si Lucie adopte cette stratégie, Pierre ne peut
espérer faire mieux avec une autre stratégie, et vice versa2. Le résultat est aléatoire : Pierre et
Lucie feront tous deux un gain attendu de 2/3.

Pouvons-nous penser que Pierre et Lucie recourront à, ces stratégies mixtes ? Probablement
pas, à moins qu’ils soient particulièrement enclins à prendre des risques ou qu’ils forment un

2
Supposons que Pierre a une probabilité p d’aller au match de boxe et (1- p) de se rendre à l’opéra. Parce que
Lucie a respectivement des probabilités 1/3 et 2/3 d’aller au match de boxe ou à l’opéra, la probabilité que les
deux se retrouvent au match de boxe est (1/3)p, et celle qu’ils aillent ensemble à l’opéra est (2/3)(1 – p). Le
gain espéré de Pierre est donc 2(2/3) p + 1(2/3)(1 – p) + (2/3)p + 2/3 – (2/3). Ce résultat est indépendant de p,
et Pierre ne peut avoir un gain espéré plus élever quel soit son choix.
couple vraiment bizarre. En tombant d’accord sur l’une des deux façons de passer la soirée,
chacun bénéficiera d’un gain au moins égal à 1, supérieur aux 2/3 espérés en utilisant des
stratégies mixtes. Dans ce jeu comme dans beaucoup d’autres, les stratégies mixtes
fournissent une autre solution mais qui n’est pas très réaliste. Par conséquent, nous étudierons
essentiellement des stratégies pures dans la suite de ce chapitre.

6- Le dilemme du prisonnier :

Il caractérise en théorie des jeux une situation où deux joueurs auraient intérêt à coopérer,
mais où, en l’absence de communication entre les deux joueurs, chacun choisira de trahir
l'autre si le jeu n'est joué qu'une fois. La raison est que si l’un coopère et que l'autre trahit, le
coopérateur est fortement pénalisé. Pourtant, si les deux joueurs trahissent, le résultat leur est
moins favorable que si les deux avaient choisi de coopérer.

Pour mieux comprendre de s’agit-il, on va prendre un exemple de deux jeunes hommes


appelés « HAJJARA Salah Eddine » et son ami « EL BARAKA Khalid », qui ont commis un
crime mais qui ont été arrêtés par la suite.

Lors des investigations on peut se trouver dans trois situations, ou bien que l’autorité
pénitentiaire offre à chacun des prisonniers les choix suivants :

Si par exemple :

1) Hajjara décide de trahir son ami khalid et le mettre en accusation tout seul, alors que
ce dernier choisit de ne pas avouer.

Hajjara : khalid :
Il apparait évident dans ce cas, que hajjara va être libre et son ami va être

sanctionné par une punition maximale de 10 par exemple.

2) Si l’un transmet l’accusation à l’autre ;

La durée de prison sera répartie sur les deux, de sorte qu’ils ne seront condamnés qu’à 5 ans
de prison chacun.

3) Le troisième choix consiste à que les deux décident de ne rien dire :

A cet égard, les deux prisonniers ne seront condamnés qu’à 6 mois de prison chacun.
Quel est l’équilibre de Nash dans l’exemple du dilemme de prisonnier ? Pour illustrer ce cas
nous proposons un tableau qui présente la matrice des gains des deux prisonniers A et B :

Tableau 7 : le dilemme de prisonnier.

Prisonnier B
avoue N’avoue pas
Avoue -5, -5 -1, -10
Prisonnier A
N’avoue pas -10, -1 -2, -2

Il ressort de ce tableau que le résultat idéal est celui où aucun des prisonniers n’avoue de sorte
que les deux prisonniers ne sont condamnés qu’à deux ans de prison. Mais la stratégie qui
consiste à avouer est pourtant une stratégie dominante pour chacun des deux prisonniers, elle
aboutit à des gains élevés quelque soit la stratégie de l’autre prisonnier. Les stratégies
dominantes sont également des stratégies de type maxi-min. ainsi le cas de figure où les deux
prisonniers avouent est à la fois in équilibre de Nash et une solution de type Maximin. Donc
elle est rationnel normalement pour chaque prisonnier d’avouer.
Section 3 : les jeux répétés et jeux séquentiels :

1- jeux répétés :

Sur les marchés oligopolistiques d’où il existe moins d’offreurs face à beaucoup
d’acheteurs ; les entreprises se retrouvent souvent dans la position du dilemme de prisonnier
lorsqu’elles décident de leur production ou de leur prix. Est-il donc possible qu’elles se
coopèrent au sein de l’oligopole ?

Pour pouvoir répondre à cette question nous prenons en compte que même si les prisonniers
n’ont souvent qu’une seule chance d’avouer ou non leur délit, les entreprises, elles décident
de leur production et de leur prix à plusieurs reprises.

Tout se passe comme si les entreprises jouaient en réalité à des jeux répétés.

Dans les jeux répétés les stratégies peuvent être plus complexe, par exemple à chaque
répétition du jeu du dilemme du prisonnier, chaque entreprise acquiert une réputation sur son
propre comportement, et peut également étudier le comportement de ses concurrents.

Proposant à titre d’exemple un tableau qui retrace la matrice des résultats possibles des deux
entreprises dans le jeu du dilemme du prisonnier.

Tableau 8 : le choix d’un prix.

Entreprise 2
Prix bas Prix haut
Prix bas 10, 10 100, -50
Entreprise 1
Prix haut -50, 100 50, 50

Alors supposons que vous soyez l’entreprise 1, si vous et votre concurrent optez pour un
prix élevé, vous allez tous deux obtenir un profit plus élevé que celui que vous obtiendrez en
fixant ensemble un prix faible. Cependant, vous craignez de fixer un prix élevé, car si votre
concurrent fixe un prix faible, vous perdrez de l’argent et contrepartie votre concurrent
deviendra riche. Mais supposez que ce jeu soit répété un grand nombre de fois, considérant
que par exemple les annonces de prix se font le premier de chaque mois.
Est-ce que vous allez jouer à ce jeu de façon différente en choisissant de modifier votre prix à
chaque période en réponse au comportement de votre concurrent ?

- La stratégie de l’œil pour œil :

Comme vous pouviez y attendre une stratégie fonctionnera mieux contre certaine stratégie,
cependant l’objectif est de trouver la stratégie la plus robuste possible qui fonctionnera le
mieux en moyenne contre toutes les autres stratégies possibles. Le résultat obtenu fut
surprenant la stratégie qui semblait le mieux fonctionner était la plus simple : celle du œil
pour œil : je commence la partie avec un prix élevé et je persiste tant que vous continuez à
coopérer en pratiquant également un prix élevé. Mais dés que baisser votre prix je vous suis et
baisse le mien. si par la suite vous décidez de coopérer à nouveau et augmentiez votre prix,
j’augmenterais immédiatement le mien.

Pourquoi cette stratégie œil pour œil fonctionne le mieux, en l’appliquant, cela va inciter
l’entreprise concurrente à adopter un comportement coopératif (et à pratiquer un prix élevé) ?

- Jeu répété à l’infini :

Supposons que ce jeu soit répété à l’infini. En d’autre terme mon concurrent et moi fixons
nos prix, mois après mois pour toujours, un comportement coopératif c'est-à-dire fixer un
prix élevé et alors la réponse rationnelle à une stratégie de œil pour œil. Supposons que dans
le mois mon concurrent décide de vendre mois chère que moi et baisse son prix, son profit
sera alors plus important. Mon concurrent sait que le mois prochain je fixerai également un
prix bas, son profit baissera et restera à ce niveau tant que nous continuerons tous deux à
pratiquer des prix bas. Parce que le jeu est répété à l’infini. Les pertes de profits cumulés qui
en résultent ne sont pas compensées par le gain obtenu le premier mois par mon concurrent.

lorsqu’il décide de baisser son prix il n’est donc pas rationnel pour un joueur de baisser
unilatéralement son prix lorsque le jeu est répété à l’infini, il est rationnel pour mon
concurrent de coopérer, même s’il n’est pas certain que je jouerai œil pour œil .

Avec un jeu répété à l’infini ses gains espérés à coopérer compenseront ceux obtenus en ne
coopérant pas. Et cela est vrai même si la probabilité que j’adopte une stratégie œil pour œil
(en continuant à coopérer) est faible.

-
- Jeu à horizon fini :

Le jeu ne soit répété qu’un nombre fini de fois. si mon concurrent (entreprise2) raisonnera
comme suit : parce que l’entreprise 1 joue œil pour œil, je (entreprise 2) n’ai pas intéressé à
vendre moins chère qu’elle jusqu’au dernier mois. Mais le dernier mois, j’aurai intérêt à
baisser mon prix, car je pourrai alors augmenter mes profits, et , comme c’est la fin de la
période de jeu , l’entreprise 1 ne pourra pas baisser ensuite le sien par représailles ,par
conséquent, je pratiquerai un prix élevé jusqu’au dernier mois, et à ce moment là je baisserai
mon prix.

Mais comme je (entreprise1) raisonne exactement de la même façon, je décide également de


fixer un prix bas le dernier mois. Bien sûr l’entreprise 2 peut également anticiper mon
raisonnement, elle sait donc que je fixerai un prix faible le dernier mois. Comme il n’y aura de
toute façon pas de coopération le dernier mois, les deux entreprises ont tout intérêt à ne pas
coopérer dès l’avant dernier mois, donc le seul équilibre rationnel de ce jeu est que , dès le
premier mois, chacun a intérêt à ne pas coopérer et à fixer un prix bas.

- La stratégie œil pour œil en pratique :

La stratégie de coopération est profitable au sens où l’espérance de gains pour les deux
parties est alors la plus forte, ainsi dans un jeu répété, le dilemme du prisonnier peut avoir une
solution qui soit celle de la coopération. Sur la plupart des marchés, (le jeu) est ainsi répété
sur une durée longue et incertaine, et les gestionnaires ne savent pas réellement si leurs
concurrents et eux même agissent de façon. (Parfaitement rationnelle)

Parfois, la coopération est rompue ou ne voit jamais le jour parce que trop d’entreprises sont
en concurrence sur u même marché. Mais le plus souvent, la coopération échoue, car la
demande ou la structure de couts des entreprises se modifient rapidement.

2- Les jeux séquentiels :

Dans les jeux séquentiels les participants jouent l’un après l’autre par exemple une
entreprise dont les capacités d’investissement constituent des barrières à l’entrée pour des
concurrents potentiels. Pour analyser un jeu séquentiel il suffit de se mettre à la place de
chaque joueur et de se demander quelles sont leurs actions possibles et leurs réactions
rationnelles.
Reprenant l’exemple précédent du choix d’un produit celui des deux compagnies sur le
marché des céréales. Deux nouvelles variétés de céréales peuvent être introduites avec succès
sur le marché à la condition que les entreprises n’introduisent qu’une seule variété chacune.

La matrice des gains ci-dessous montre que : la céréale « sucrée » sera inévitablement une
meilleure vente que la céréale «  croustillante » car elle permet d’obtenir un profit de 20
contre un profit de 10 avec l’autre variété (peut être des consommateurs préfèrent –ils le gout
sucrée au gout croustillant). Cependant, ces deux céréales ne seront rentables que si chacune
est produite par une seule entreprise.

Tableau 9 : exemple modifié du choix d’un produit.

Entreprise 2
Croustillante Sucrée
croustillante -5, -5 10, 20
Entreprise 1
Sucrée 20, 10 -5, -5

Supposons que les deux entreprises, chacune ignorant les intentions de l’autre, doivent
annoncer leurs décisions de façon indépendante et simultanée. Dans ce cas de figure les deux
vont très certainement décider d’introduire la variété « sucrée » de céréales-el elles perdront
toutes les deux de l’argent.
À présent, supposons que l’entreprise 1 puisse produire et introduire son produit plus
rapidement que sa concurrente. Nous sommes en présence d’un jeu séquentiel : l’entreprise 1
introduit sa nouvelle variété de céréale, puis c’est au tour de l’entreprise 2.

Quel sera l’équilibre de ce jeu ? Lorsqu’elle prendre sa décision, l’entreprise 1 devra tenir
compte de la meilleur réponse de sa concurrente à sa propre décision. Elle sait que quel que
soit le type de céréales qu’elle introduira, l’entreprise 2 aura toujours intérêt à opter pour
l’autre variété. L’entreprise 1 décidera donc d’introduire les céréales « sucrées », en sachant
que l’entreprise 2 répondra par l’introduction de variété « croustillante ».

- L’avantage à jouer en premier :

Dans ce jeu de choix de production ; il apparait clairement que l’entreprise qui joue la
première dispose d’un avantage certain. En introduisant les céréales « sucrées » l’entreprise 1
met sa concurrente devant un fait accompli, ce qui ne laisse pas d’autre choix à l’entreprise 2
que de produire les céréales croustillantes.

On va citer à titre d’illustration une matrice des gains obtenus de deux entreprises lorsqu’elles
produisent une telle quantité :

Tableau 10 : les choix de production.

Entreprise 2
7,5 10 15
7,5 112,50 112, 50 93,75 125 56,25 112,50
Entreprise 1 10 125 93,75 100 100 50 75
15 112,50 56,25 75 50 0 0

Il ressort donc de ce tableau deux situations possibles à savoir :

- Si les deux entreprises jouent simultanément, l’unique solution de ce jeu est qu’elles
produiront toutes deux 10 et gagneront 100.
- Mais, si l’entreprise 1 joue en premier, elle sait que sa décision va contraindre celle de
l’entreprise 2.

 Nous pouvons voir que si l’entreprise 1 choisit Q1= 7,5 ; la meilleure réponse de
l’entreprise 2 sera de fixer Q2=10. Les profits respectifs seront alors dans ce cas
93,75 et 125.
 Si l’entreprise 1 choisit Q1=10 ; l’entreprise 2 choisira Q2=10 et chacune gagnera
100.
 Mais si l’entreprise 1 choisit Q1=15 ; la meilleure réponse de l’entreprise 2 sera
de fixer Q2=7,5 à cet égard, l’entreprise 1 gagnera 112,50 alors que l’entreprise 2
ne gagnera plus que 56,25.

Il apparait naturel que l’entreprise 1 va chercher le profit maximum qui est de


112,50, elle décidera donc de produire Q1= 15 ; et par conséquent l’entreprise 2
atteindra moins de profits.
Section 4 : Les enchères :

Image d’une vente aux enchères à New York

Dans cette section nous allons étudier les marchés d’enchères- des marchés sur lesquelles
les produits sont achetés et vendus par le biais de mécanisme d’enchères 3. Il existe des
enchères de toutes formes et de toutes tailles. Elles sont le plus souvent utilisées pour des
produits qui sont différenciés, en particulier des biens uniques comme les œuvres d’art, les
antiquités, ou encore les droits d’extraction pétrolière sur un terrain particulier. Ainsi, ces
dernières années, la France a utilisé ce système pour vendre aux plus offrants les canaux de
téléphonie mobile nouvelle génération (UMTS), le Trésor américain est passé par un système
d’enchères pour vendre ses bons de trésor, et le comité olympique pour vendre les droits de
diffusion audiovisuels. De tels processus d’enchères présentent de gros avantages : ils
permettent d’obtenir une issue plus rapidement qu’une négociation directe avec chaque
prétendant, et ils encouragent la concurrence entre les acheteurs, ce qui permet au vendeur
d’obtenir le meilleur prix possible.

Pourquoi les mécanismes d’enchères sont-ils devenus si populaires et ont-ils eu


tant de succès  ?
3
Il existe une littérature importante sur le sujet ; par exemple Paul Milgrom, « Auctions and Bidding : A
Primer » journal of Economic Perspective (été 1989) : 3-22 ; Avinash Dixit et Susan Skeath, Games of Strategy
(New York : Norton, 1999) ; Preston McAfee, Competitive Solutions : The Strategist’s, Princeton University Press
(2002) 
Leur faible coût de mise en place n’est qu’une partie de la réponse. Contrairement aux ventes
classiques, les enchères sont par définition interactives, avec plusieurs acheteurs ayant tous un
intérêt à acquérir le même bien. Cette interaction peut être intéressante lorsqu’il s’agit en
particulier de vendre des biens uniques (comme des œuvres d’art ou des trophées sportifs) qui
n’ont pas de réelles valeurs de marché. Les enchères permettent également la vente de biens
qui ne sont pas forcément uniques, mais dont la valeur fluctue dans le temps.

C’est par exemple le cas pour le thon frais, qui fait l’objet d’enchères quotidiennes sur le
marché du poisson de Tokyo. Chaque poisson est unique par sa taille, sa forme, et sa qualité,
et par conséquent sa valeur n’est jamais la même. Si chaque transaction était négociée face à
face avec tous les acheteurs potentiels, cela prendrait beaucoup trop de temps. Au contraire,
les ventes se font aux enchères tous les matins, chaque thon étant alors vendu au plus offrant.
Ce type de vente permet de réelles économies en terme de coûts de transaction et accroît de ce
fait l’efficacité du marché.

Les caractéristiques d’une enchère, notamment le choix des règles opérationnelles, ont un
impact important sur les gains potentiels qui lui sont liés. Le vendeur préfèrera en général un
système d’enchères qui maximise les revenus de la vente du bien. De l’autre côté, un acheteur
désirera un système d’enchères qui lui permette de minimiser le coût d’achat espéré du bien.

1- les différents types d’enchères.

Nous allons voir que le choix d’un type particulier d’enchères peut modifier le gain du
vendeur. Différents formes d’enchères sont couramment utilisées.

- Les enchères ouvertes :

(Appelées aussi enchères anglaise) : le vendeur sollicite de façon active des offres de prix de
plus en plus élevés provenant d’un groupe d’acheteurs potentiels. A chaque étape du
processus, chaque participant connaît la meilleure offre du moment. Le processus se termine
lorsqu’il n’y a plus de propositions supérieures à la meilleure offre ; le bien est alors vendu
au meilleur offrant à un prix correspondant à l’enchère la plus élevée, c'est-à-dire la sienne.

- les enchères hollandaises :

Le vendeur commence par offrir le bien à un prix relativement élevé. Si aucun des
prétendants au bien ne veut payer ce prix, le vendeur baisse le prix progressivement d’un
montant fixe. Le premier acheteur qui accepte le prix demandé remporte le bien et le paye à
ce prix.

- Les enchères fermées :

(Encore appelées ‘’scellées’’ ou à l’aveugle) : tous les acheteurs font leur offre au même
moment. Ils inscrivent le montant de leur enchère sur une feuille de papier qui est ensuite
placée dans une enveloppe scellée. Le gagnant est celui qui a inscrit l’enchère la plus
élevée. Le prix qui est alors payé peut varier selon les règles régissant les enchères. Dans
le cadre d’une enchère au premier prix, le prix payé sera le prix maximum proposé.
Lorsqu’il s’agit d’un système d’enchères au deuxième prix, le bien est remporté par le
plus offrant, mais celui-ci ne paiera que le prix correspondant à la deuxième meilleure
enchère.

2- Évaluation et information :

Imaginons que vous désirez vendre un bien unique et précieux, disons un tableau ou une
pièce de monnaie rare. Quel type d’enchères allez-vous préférer ? La réponse à cette question
dépend des préférences des enchérisseurs, ainsi que de l’information dont ils disposent. Nous
allons envisager deux cas ici :

- lorsqu’il s’agit d’enchères avec évaluation privée du bien, chaque enchérisseur


connait sa propre évaluation du bien, ou encore son prix de réserve, et les évaluations
sont différents selon les enchérisseurs. Par contre, aucun d’eux ne sait quelle valeur les
autres enchérisseurs accordent au bien. Par exemple, je peux accorder une valeur très
élevée à une photo dédicacée de Marilyn Monroe, mais sans savoir que pour vous elle
aura moins de valeur.
- lorsqu’il s’agit d’enchères avec évaluation commune du bien, la valeur du bien est
approximativement la même pour tous les enchérisseurs. Mais ces enchérisseurs ne
connaissent pas parfaitement cette valeur –ils ne peuvent que l’estimer, et les
estimations peuvent différer selon les enchérisseurs. Ainsi, pour une enchère portant
sur un gisement pétrolier offshore, la valeur de ce gisement est égale au prix du pétrole
moins le coût d’extraction, multiplié par la quantité de pétrole contenue dans ce
gisement. La valeur de ce gisement pétrolier doit donc être normalement la même pour
tous les enchérisseurs. Pourtant, ceux-ci ne peuvent pas connaitre ex ante la quantité
de pétrole effectivement contenue dans le gisement et ce que coutera son extraction-
ils ne peuvent qu’estimer ces valeurs. Et comme leurs estimation ne seront pas
obligatoirement les mêmes, ils offriront vraisemblablement des sommes différentes
pour acquérir les droits d’exploitation.

En réalité, les enchères peuvent présenter à la fois des éléments d’évaluations privées et
communes. Dans l’exemple de l’enchère sur le gisement de pétrole, nous pourrions considérer
qu’une part de l’évaluation est privée, puisque des gisements pétroliers différents supposent
des coûts d’extraction différents. Mais pour simplifier notre analyse, nous dissocierons ces
deux aspects. Nous allons commencer par présenter les enchères basées sur des évaluations
privées, pour terminer avec les enchères basées sur une évaluation commune.

3- la maximisation des revenus d’une enchère :

Reprenons à présent notre analyse des systèmes d’enchères du point de vue du vendeur.

Voici quelques éléments permettant au vendeur de choisir le meilleur type d’enchères.

- lorsqu’il s’agit « d’enchères avec évaluation privée du bien », vous devez


encourager la participation d’enchérisseurs nombreux : plus le nombre de participants
aux enchères est important, plus l’offre du futur gagnant sera élevée, tout comme celle
du deuxième meilleur enchérisseur.

- Lorsqu’il s’agit « d’enchères avec évaluation commune du bien », vous devez (a)
préférer un système d’enchères ouvertes plutôt que scellées, car, en général, les
enchères ouvertes permettent d’obtenir des recettes espérées plus importantes ; et (b)
diffuser de l’information sur la vraie valeur du bien mis en vente. Cela permet de fait
de protéger les enchérisseurs de la malédiction du gagnant, et par conséquent, de les
encourager à enchérir.

- Lors « d’enchères avec évaluation privée du bien », il vous faut fixer une enchère
minimale égale ou juste supérieure à la valeur de conservation du bien en vue d’une
vente prochaine. Cela vous évitera de perdre de l’argent s’il y a relativement peu de
participants à l’enchère et s’ils n’accordent pas beaucoup de valeur au bien. De plus en
signalant aux acheteurs la valeur réelle du bien, cela permettait d’augmenter le
montant des enchères. La possibilité de remettre le bien aux enchères, si personne ne
propose l’enchère minimale, constitue un atout évident. Mais cela peut aussi devenir
un inconvénient si l’impossibilité de vendre le bien la première fois est considérée
comme un signal de mauvaise qualité du bien par les participants aux enchères
futures.

CONCLUSION

La théorie des jeux permet d’analyser les situations dans lesquelles l’action optimale
pour un agent dépend des anticipations qu’il forme sur la décision d’un autre agent. Cet agent
peut être aussi bien une personne physique, une entreprise ou un animal. L’objectif de la
théorie des jeux est de modéliser ces situations, de déterminer une stratégie optimale pour
chacun des agents, de prédire l’équilibre des jeux et de trouver comment aboutir à une
situation optimale.

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