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L’asymétrie d’information: anti-sélection,

aléa moral et contrats incitatifs

Master : Banque et Marchés Financiers

Préparé par  :
Abdessamad Jekki Encadré par  :
Othmane Mahi
Othmane Baba Mr. EL HASSANI

Année Universitaire 2016/2017


PLAN :

INTRODUCTION
Chapitre 1: Généralités sur l’asymétrie d’information
Section 1: Définition de l’asymétrie d’information
Section 2: Champs d’applications
Chapitre 2 : Anti-sélection
Section 1: Cas de Marché des assurances
Section 2: Cas de Marché du crédit
Chapitre 3 : Aléa moral
Section 1: Concept d’aide à la décision
Section 2: Cas de Marché de travail
Chapitre 4 : La trilogie analytique fondamentale
Section 1: Contrats
Section 2: Incitation
Section 3: La théorie économique des incitations
CONCLUSION

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Introduction :

Comme nous avons étudié pour que le marché se fonctionne de manière


parfaite, il faut que les conditions de la CPP sont réunies à titre de rappelle les
cinq conditions sont les suivantes :

Rappel : Les cinq conditions de la CPP

1). Information parfaite : il faut que les marchés soient entièrement


transparents.
2). Atomicité : il existe suffisamment d’acteurs pour qu’aucun d’entre eux ne
dispose d’un poids suffisant pour influencer le marché.
3). Homogénéité : Tous les biens répondant à un certain besoin sont identiques
pour les usagers (pas de différences liées à la marque, origine, etc.).
4). Mobilité parfaite des facteurs : Le travail et le capital se déplacent librement
et toutes les entreprises ont le même accès à ces ressources (en réalité, en raison
de leur image ce n’est pas toujours le cas : Google et Apple ont par exemple un
avantage dans le recrutement de développeurs informatiques).
5). Libre accès au marché : Les agents ne doivent pas supporter de coûts
d’entrée ou de sortie du marché.

Alors que la défaillance de marché se réalise lorsque l’une des cinq conditions
n’est pas réunie, on va distinguer trois types de défaillances :
- Asymétrie d’information
- Externalité
- Bien collectifs

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Chapitre1 : Généralité sur l’asymétrie
d’information

Section 1: Définition de l’asymétrie d’information

L’hypothèse de l’information imparfaite est une avancée importante de la


science économique depuis les années 60. Elle a donné lieu à des travaux sur les
asymétries de l’information et la théorie des contrats (G. AKERLOF, J.
STIGLITZ et M. SPENCE - Prix Nobel en 2001). Ces travaux permis une
meilleure compréhension du fonctionnement des marchés aujourd’hui.

Jusqu’aux travaux d’Akerlof, on considérait généralement que tous les acteurs


disposaient d’une information parfaite, ce qui permettait de considérer que le
marché s’ajuste directement en fonction du prix et de la qualité des bien sur
compréhension du fonctionnement des marchés aujourd’hui.

L'asymétrie de l'information est le constat que chaque acteur sur le marché ne


dispose pas des mêmes informations. Les informations des offreurs et des
demandeurs sur les prix et la qualité des biens peuvent ainsi être imparfaites et
inégalement réparties. Cette asymétrie de l'information favorise le pouvoir de
marché de certains acteurs et peut justifier les différences d’anticipation.
De telles inégalités d’informations peuvent être retrouvées dans une multitude
de situations économiques (employeur / candidat, vendeur / acheteur, assureur /
assuré, etc.).

Il existe en fait deux cas où la mauvaise information des agents pose des
problèmes majeurs pour le bon fonctionnement du marché :
- Le cas de l’anti-sélection ou la sélection adverse
- Le cas de l’aléa moral ou le risque moral

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En outre l’asymétrie d’information engendre certain risque telles que :

1. L’exclusion des produits de qualité


2. empêchement du déroulement de toutes les transactions
3. Ne permet pas l’agrégation harmonieuse des comportements
individuels
4. Risque de disparition de marché

Pour mieux illustrer ces risques on va traiter L’exemple le plus célèbre est
donné par George Akerlof dans son article « The market for lemons » de 1970.
En anglais fami3lier, lemon signifie une voiture de mauvaise qualité.

*Bref historique à propos d’akerlof  :

Né en 1940 aux États-Unis, Akerlof est un économiste qui a notamment travaillé


à l'université américaine de Berkeley. Les travaux qui l'ont rendu célèbre
renvoient notamment à la rationalité des agents économiques. Il est reconnu
pour être un économiste d'inspiration keynésienne, mais qui a travaillé sur un
thème généralement associé aux néoclassiques : la microéconomie.
Il prête attention aux dimensions psychologiques et sociologiques du
comportement économique. Il reçoit le prix Nobel d'économie en 2001, en
compagnie de M. Spencer et de J.Stiglitz, pour ses travaux sur la place des
asymétries d'information, c'est-à-dire, des situations d'échange où les agents ne
disposent pas des mêmes connaissances sur des variables utiles à la réalisation
de la transaction. La prise en compte de cette asymétrie d'information permet
d'expliquer pourquoi l'agent qui détient l'information possède un avantage sur
l'autre partie.

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Section 2: Champs d’applications

Le papier le plus connu de Akerlof date de 1970 et s'intitule : "The Market for
Lemons : Quality Uncertainty and the Market Mechanism". Les Lemons
correspondent au marché automobile d'occasion aux États-Unis dont la
traduction littérale est "guimbarde". Il y a une multiplicité d'acheteurs et de
vendeurs sur ce marché non réglementé (sans contrôle sur la qualité des voitures
vendues).
Le marché des Lemons constitue un exemple type d'asymétrie de l'information,
car le vendeur connait l'état réel de la voiture puisqu'il en a été l'utilisateur,
contrairement à l'acheteur qui ne le connait pas
Dans le cas où il existe deux types de voitures (bonne et mauvaise qualité), les
vendeurs n'accepteront pas de vendre en dessous d'un certain prix, alors que les
acheteurs n'accepteront pas d'acheter au-dessus d'un certain prix. Le vendeur
d'un véhicule de bonne qualité souhaite vendre à un prix correspondant à cette
qualité, alors qu'inversement, le vendeur d'un véhicule de mauvaise qualité est
prêt à le vendre à un prix faible.
Du côté de l'acheteur, ce dernier n'a pas de moyen de savoir si le véhicule est de
bonne ou de mauvaise qualité, il peut seulement pour cela se baser sur l'aspect
général du véhicule et les dires du vendeur. Dans ce contexte, l'acheteur sera
prêt à acheter le véhicule, mais à un prix moindre qu'un véhicule de bonne
qualité, car il sait qu'il y a une possibilité non nulle que ce véhicule s'avère de
mauvaise qualité. En payant un prix "moyen", il s'assure d'une certaine manière
contre ce risque
Par exemple si le prix auquel le vendeur1 est prêt à céder le bien de bonne
qualité est de 2000€, et le prix auquel le vendeur2 est prêt à céder le bien de
mauvaise qualité est de 1000€, et si l’acheteur est prêt à payer 2200€ pour un
bien de bonne qualité et 1200€ pour un bien de mauvaise qualité, l’acheteur sera
prêt à payer un prix de 1700€.

Mais ce prix est inférieur au prix auquel le vendeur1 est prêt à céder son bien de

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bonne qualité. La totalité des vendeurs1 va donc se retirer du marché, marché où
il ne restera que des biens de mauvaise qualité.
Dans cette situation, le vendeur d'un véhicule de bonne qualité va toujours
refuser l'offre faite par l'acheteur potentiel. En effet, l'asymétrie d'information
fait qu'il est impossible que s'établisse un prix auquel les vendeurs de véhicules
de bonne qualité auraient intérêt à conclure une transaction. Les vendeurs de
véhicules de bonne qualité vont progressivement se retirer du marché,
augmentant ainsi la proportion de véhicules de mauvaise qualité, jusqu'à ce qu'il
ne reste que ces véhicules sur le marché. Par la suite, le marché peut disparaître,
car aucune transaction profitable ne peut être réalisée. 

En récapitulant tout ça, l'asymétrie d'information décrit une situation dans


laquelle tous les participants à un marché ne disposent pas de la même
information. C'est une imperfection du marché qui peut aboutir à deux situations
d’information asymétrique : d’une part l’anti sélection, appelée aussi sélection
adverse, où le marché est perturbée par le fait qu’une partie connaît mieux les
caractéristiques du bien échangé au moment de la signature du contrat et d’autre
part, l’aléa moral qui est une situation dans laquelle une des parties (encore
appelée principal) ne peut contrôler l’action de l’autre partie (appelée agent) ou
bien n’a pas les moyens d’en évaluer l’opportunité.

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Chapitre 2 : L’anti sélection

La sélection adverse ou anti sélection est un phénomène statistique et


économique qui joue un rôle important notamment dans les domaines de
l'assurance et de la gestion du risque, par lequel une offre faite sur un marché
aboutit à des résultats inverses de ceux souhaités, à cause d'asymétries
d'informations. C'est une forme du problème principal-agent. Dans une situation
principal-agent, le problème de la sélection adverse est essentiellement basé sur
l'incertitude concernant le type de l'agent, contrairement à une situation d'aléa
moral.
L’anti sélection est due à un problème d’asymétrie d’information qui se déclare
au moment de la signature du contrat (ex-ante). Lorsque les acheteurs observent
imparfaitement la qualité de biens qu’ils désirent acquérir, les vendeurs ont
intérêt à surestimer la qualité de leurs produits afin de les vendre au prix le plus
élevé possible.

Les acheteurs ne peuvent donc ni avoir confiance dans les déclarations des
vendeurs, ni déduire qu’un prix élevé signifie une bonne qualité. Dans un tel
cadre, les vendeurs de biens de bonne qualité, qui valent effectivement un prix
élevé, peuvent être dans l’impossibilité de vendre leur produit à leur véritable
prix dans la mesure où les acheteurs doutent de sa qualité.

Le prix n'est plus un parfait signal de la valeur du bien, puisque, pour un même
prix, il est possible d'obtenir des biens de qualités différentes.
Le prix ne peut plus jouer son rôle d’information. Dans ces conditions le marché
concurrentiel ne peut plus fonctionner efficacement. L’agent victime d’un
manque d’information risque de sélectionner un produit qui ne correspond pas
au prix affiché, ou demande un prix si bas que les bons produits sont retirés du
marché.

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Section 1 : Cas de marché des voitures d’occasion

Dans un article célèbre (« The market for lemons : Quality uncertainity and the
market mechanisms »1970), Akerlof va démontrer que le prix n'est pas
nécessairement synonyme de qualité, bonne ou mauvaise selon son évolution.
Et pour cela, il prend l'exemple d'un marché de cent voitures d'occasion où
cinquante sont des modèles de mauvaise qualité (« lemons ») et cinquante sont
des modèles de bonne qualité.
Qui connaît la qualité exacte du modèle proposé? Certainement pas l'acheteur.
Seul le propriétaire dispose de l'information. Pour les acheteurs potentiels,
l'asymétrie d'information est totale. Quel sera le prix du marché ? Tout laisse à
penser que le propriétaire d’un mauvais modèle est prêt à le vendre beaucoup
moins cher que le propriétaire d'une voiture de bonne qualité. Si la qualité des
modèles est parfaitement identifiée, pas de problème. Par contre, que se passe t-
il si l'acheteur est incapable d'estimer la qualité du modèle proposé, asymétrie
d'information oblige ?
À cette question, Akerlof répond simplement : en proposant un prix unique, qui
pourrait être un prix moyen, le marché permet uniquement la mise en vente des
modèles de médiocre qualité. A ce prix, les propriétaires des modèles de bonne
qualité se retirent du marché, le prix moyen du marché étant trop faible.
L'asymétrie de l'information exclut donc du marché les produits de bonne qualité
au profit des produits de moindre qualité. C'est ce qu'on appelle donc
l’antisélection ou sélection adverse. « Les mauvais produits chassent les bons
»...Ainsi le laisser faire peut avoir des conséquences désastreuses : élimination
des bons produits, voire absence d’échange.
Dans ce cadre, une réglementation, assurant la révélation de tout ou partie de
l’information, ou encore instituant des procédures de recours efficaces contre les
ventes de produits de mauvaise qualité (garantie légale contre les vices cachés),
permet d’améliorer le fonctionnement des marchés.

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Section 2 : Cas de marché des assurances

Les sociétés d’assurance ne connaissent qu’imparfaitement les qualités


intrinsèques des individus qu’elles sont censées couvrir contre un certain
nombre de risques.
Si les compagnies fixent une prime d’assurance, supposée couvrir un risque
moyen s'appliquant à l'ensemble de la population, elle s’expose à leur tour à un
risque évident
L'assurance n'étant pas obligatoire, on peut raisonnablement penser que les «
faibles risques », trouvant la prime moyenne trop élevée, ne vont pas s'assurer,
privant la compagnie de recettes attendues et nécessaires à son équilibre
financier. À l'inverse, les dépenses engagées par celles et ceux qui ont décidé de
s'assurer (les « hauts risques ») sont beaucoup plus importants en volume et
valeur, que celles retenues dans l'hypothèse d'un risque moyen. Un tel choix
conduit donc à la faillite du système.
L’antisélection s'est traduite par l’impossibilité d’assurer un grand nombre de
clients potentiels jugeant la prime d'assurance trop élevée par rapport au risque
encouru. L’asymétrie d’information privant la compagnie d’assurance de
pouvoir proposer des primes différentes selon les types de risques.
Une solution consiste alors à amener les assurés à révéler leurs risques en
mettant en place un système de franchise. L’entreprise d’assurance offre des
contrats avec des primes d’assurance assez faibles, mais une franchise assez
élevé et d’autres contrats avec, au contraire des primes assez fortes et une faible
franchise. Les agents à risque faible opteront rationnellement pour les premiers
et les agents à risques élevés opteront pour les seconds. Le problème de
sélection adverse trouve dans cette situation une solution évidente : payer en
fonction du risque encouru. Cette discrimination, effectivement, permet de
conserver les bons clients
Dans le domaine de l’assurance santé on peut encore opter pour une autre
solution, tout aussi efficace, économiquement, et plus juste, socialement. Il
s’agit de rendre l'assurance santé obligatoire et imposer aux moins risqués (les
jeunes par exemple) une prime d'assurance plus élevée. Le montant de la prime
est alors calculé en anticipant les dépenses globales de santé.

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Sachant que les plus âgés ont été un jour les plus jeunes, ce n'est pas
nécessairement le système le plus « injuste » sur une longue période. Il permet à
la fois de contrecarrer les effets pervers de l’antisélection (n’assurer que les
hauts risques) et de parvenir à l'équilibre financier (garder les bons clients).
Cette solution a par ailleurs d’autres vertus en matière de « justice sociale »,
celle d’assurer à un « prix raisonnable » les « hauts risques à faible revenu ».

*Les effets de l'asymétrie d'information sur le marché du crédit : le


rationnement du crédit  :

Le banquier, prêteur sur le marché du crédit, ne connaît qu'imparfaitement les


risques afférents aux prêts qu'il accorde. En revanche, les emprunteurs
connaissent parfaitement la probabilité de réussite de leur projet. Il y a donc une
asymétrie d'information qui va provoquer une antisélection. Les banques fixent
des taux d'intérêt assez élevés pour leur permettre de se couvrir de la probabilité
de tomber sur de «mauvais emprunteurs», mais ces taux risquent de faire fuir les
« bons emprunteurs » qui mériteraient des taux d'intérêt plus faibles. Comme les
emprunteurs risqués ont une demande de crédit moins élastique au taux d'intérêt,
la banque sélectionne involontairement les emprunteurs risqués et se voit dans
l'obligation d'augmenter encore ses taux. Il existe un seuil au-dessus duquel
l'augmentation du risque est plus forte que l'augmentation du taux. Les
intermédiaires renoncent à augmenter leur taux d'intérêt au-delà.
Non seulement les emprunteurs à faible risque n'ont pas pu trouver le moyen de
financer leurs projets, mais tous les emprunteurs à haut risque n'ont pas réussi à
se faire financer car le crédit a été rationné ; le marché s'est clos sans être soldé
(égalité entre l'offre et la demande).
L’anti sélection induite par l’asymétrie d’information montre que les perdants
sont toujours les « bons » produits et les « bons » clients.

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Chapitre 3 : L’aléa moral

Section 1: Concept d’aide à la décision

Dans le cas des phénomènes d’ « anti sélection » il a été question des situations
où l'asymétrie d'information intervient ex-ante, au moment de la conclusion du
contrat, elle concerne la nature et la qualité des biens offerts sur le marché mais
il est difficile d'anticiper le comportement de l'acheteur après avoir acheté (ex-
post). On parlera alors de «comportement caché», «d'aléa moral» ou de «hasard
moral». Cette absence de connaissance parfaite du comportement après achat
conduit à une situation où le marché ne peut être traité de façon globale. Chaque
cas devient un cas particulier.
Prenons un autre exemple souvent cité en économie de l’assurance, celui de
l'assurance contre l’incendie et le vol. La question qui se pose au nom du «l’aléa
moral » est celle de savoir si l'assuré prendra autant de précautions après s'être
assuré qu'il en prenait avant pour éviter vol et/ou incendie. L'incitation à se
protéger ne se trouve-t-elle pas réduite du fait d'être assuré ? On constate
globalement que trop d'assurances favorisent la perte de précautions. Bien
évidemment, l'existence d'un comportement caché modifie la nature de
l'équilibre par rapport à celui observé là où les comportements sont rationnels et
prévisibles.
Le risque moral apparaît dans les situations où certaines actions des agents, qui
ont une conséquence sur le risque de dommage, sont inobservables par les
assureurs.
Mais le développement de l'économie de l'information a conduit à donner une
définition plus générale du risque moral.

- On distingue deux types de situations :

Dans le premier cas, l’individu non informé (le principal) ne peut apprécier
l'action de son « partenaire » (l’agent). Celui-ci est donc tenté de se comporter

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dans son propre intérêt et d'annoncer au principal non informé que les mauvais
résultats sont le fait d'événements indépendants de sa volonté. Par exemple,
l'effort des travailleurs est généralement imparfaitement observable et ceux-ci
peuvent avoir intérêt à profiter de cet état de fait pour «tirer au flanc» et déclarer
que les mauvaises performances ne sont pas la conséquence d'un relâchement de
leur effort.
Dans le second cas, le principal non informé peut observer l'action, mais ne peut
vérifier si elle est appropriée, car il ne peut apprécier les circonstances dans
lesquelles le diagnostic doit être établi et la décision d’agir effectivement prise.
Cette situation émerge pour tous les services d'experts : les experts disposent
d'une information privée dans la mesure où ils sont seuls à pouvoir établir un
diagnostic. Ils peuvent donc avoir intérêt à annoncer un diagnostic erroné bien
qu'ils choisissent ensuite une action parfaitement adaptée au diagnostic.
Par exemple un garagiste peut choisir de remplacer une roue et la poser
parfaitement alors qu'une simple réparation du pneu aurait suffit.

Section 2 : Cas de marché du travail

Appliquée au marché du travail l’asymétrie d’information aboutit à différents


types d’analyse des comportements rationnels des agents. On regroupe sous les
termes de salaire d’efficience l’ensemble des travaux (Shapiro, Stiglitz,
Akerlof...) qui étudie le lien entre le niveau du salaire d’un individu et celui de
sa productivité (salaire-productivité). Il existe plusieurs explications possibles
d’une relation croissante entre salaire et productivité, en ce qui nous concerne
nous n’en retiendrons que deux.
Dans la relation qui le lie à ses salariés, l’employeur a le souci d’obtenir de
ceux-ci le plus haut niveau de productivité possible. Or les actions des employés
sont imparfaitement observées par l’employeur (aléa moral). Dans cette
situation, l’employeur doit imaginer un système salarial incitatif, empêchant les
attitudes de tire-au-flanc, afin d’atteindre les objectifs qu’il s’est fixé.
Une autre explication suppose qu’un chef d’entreprise n’observant
qu’imparfaitement les caractéristiques des individus qu’il embauche (risque

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d’anti-sélection), pourrait pratiquer une politique de « hauts salaires » afin
d’attirer dans son entreprise les meilleurs éléments de la population active.
Compte tenu de toutes ces asymétries d’information (information cachée et
action cachée), le chef d’entreprise, soucieux d’inciter l’employé à plus d’effort,
fixe un niveau de salaire qui obéit à des impératifs d’efficacité productive et non
à une logique de marché résultant de la confrontation d’une offre et de demande
de travail. Dans le cas où l’offre de travail est supérieure à la demande de travail
des entreprises, l’économie se trouve dans une situation de chômage
involontaire dans la mesure où il y a des offreurs de travail qui ne trouvent
aucune entreprise prête à les embaucher. Dans cette situation, les firmes
pourraient songer à baisser les salaires, mais alors le niveau d’effort de chaque
employé ne serait plus optimal. Plus exactement, pour chaque entreprise, le gain
occasionné par une baisse de salaire serait annulé, et même au delà, par la
diminution de la productivité individuelle. Au total, le marché du travail se
trouve dans une situation stable d’équilibre de sous-emploi où le salaire est
rigide à la baisse.
Cela dit, les employeurs peuvent également améliorer l’efficacité de leurs
employés sans leur verser de hauts salaires. Par exemple, des rémunérations
augmentant avec l’ancienneté permettent de stabiliser la main d’œuvre, ou
d’inciter les travailleurs à fournir un effort élevé en présence d’aléa moral. Les
politiques salariales des entreprises n’ont alors plus de raison d’entraîner du
chômage involontaire.
Les problèmes d’incitation et de stabilisation de la main d’œuvre auxquels sont
confrontées les entreprises peuvent néanmoins contribuer à exclure des
travailleurs faiblement productifs de l’emploi.

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Chapitre 4 : La trilogie analytique fondamentale

Cette trilogie repose sur la mise en évidence du concept d’asymétries


d’information que prolongent ceux de contrats et d’incitations.

- Les asymétries d’information  :

Les asymétries d’information se focalisent en deux approches essentielles :


information cachée et action cachée. L’information cachée ou anti-
sélection correspond à la situation de base étudiée par G. Akerlof. Sur un
marché donné, un paramètre exogène (la qualité par exemple) est connu des
vendeurs et imparfaitement connu des acheteurs. Dans ce cas il n’y a aucune
garantie pour que toutes les transactions mutuellement avantageuses se réalisent.
Il y a bien anti-sélection car les vendeurs risquent d’être exclus du marché. Dans
cette situation deux mécanismes économiques peuvent être mis en œuvre : auto-
sélection ou signal. Dans le premier cas c’est le vendeur qui se retire du marché,
le prix susceptible d’être obtenu ne lui paraissant pas satisfaisant. Dans le
second cas c’est le comportement du vendeur qui conduit à la révélation de
l’information cachée : par exemple sur le marché de l’emploi, en révélant des
choix de formation différents, des candidats à un emploi signalent aux
employeurs potentiels une information cachée sur leurs aptitudes. L’action
cachée ou risque moral est celle qui, dans une relation économique entre agents,
porte sur l’inobservabilité du comportement d’un agent par les autres. Ce type
de situation se retrouve dans de nombreux cas : assurance, qualité des produits,
effort au travail…Dans ce dernier cas par exemple l’employeur (l’Etat) observe
mal l’effort déployé par le salarié (le fonctionnaire) dont l’action est
partiellement cachée .Une solution possible est de mettre en place des incitations
à l’effort (indirectement observé par l’intensité du travail) en instaurant des
primes qui diminuent le risque moral.

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Section 1 : Les contrats

Les contrats sont fondés en une approche économique sur une théorie de


l’agence ou modèle principal-agent. Un contrat est un accord proposé par un
agent appelé le principal à une autre partie contractante appelée l’agent dans une
situation d’information asymétrique dans un univers risqué. Le contrat
détermine les actions à effectuer par les cocontractants pendant une certaine
période temporelle, en fonction de signaux vérifiables par une tierce partie.
Cette démarche se rencontre dans de nombreux domaines économiques :
contrats d’assurance, contrats de travail, contrats d’endettement…Les fonctions
d’un contrat sont essentiellement au nombre de quatre : révélation de
l’information, incitation à l’effort, partage des risques, affectation du
comportement des tiers dans une perspective de relations stratégiques.

Section 2 : Les incitations

Les incitations sont des variables économiques que l’on inclut dans les contrats
pour orienter les agents dans le sens souhaité par le principal, dans le cadre de la
théorie de l’agence précitée, dans un univers économique à risque dans lequel
les asymétries d’information sont une caractéristique fondamentale.

Section 3 : La théorie économique des incitations

La théorie économique des incitations a pour objet la mise en évidence des


processus par lesquels peuvent être minimisés dans les contrats les désavantages
afférents aux deux grandes catégories d’asymétries d’information. L’économie
publique est un champ potentiel d’application de cette théorie : la réforme de
l’Etat et de la gestion publique en est un exemple privilégié.

- Les incitations en économie publique  :

Les incitations face à l’anti-sélection visent à révéler une information cachée. Le


principal propose à l’agent un choix d’options et l’agent répond par un

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message ; l’option incitative peut devenir une option révélatrice. Les incitations
face au risque moral visent à révéler une action cachée. Le principal vise à
maximiser son espérance d’utilité sous une double contrainte : contrainte de
participation de l’agent (la proposition du principal doit être acceptable par
l’agent) ; contrainte d’incitation pour l’agent (la proposition du principal doit
prévoir une règle de paiement ou de rémunération adéquate, dépendant de
signaux vérifiables informant sur le niveau d’effort de l’agent). Le
développement d’une théorie des incitations pour les politiques d’achats publics
et la réglementation par J.J. Laffont et J. Tirole est en économie publique un
exemple clé de la démarche incitative. De même la redéfinition des systèmes de
tarification (enrichissement de la règle de M. Boiteux sur la gestion des
monopoles publics soumis à la contrainte budgétaire), la réforme des principes
d’adjudication des enchères publiques … sont d’autres analyses de choix. On
ajoutera : la définition de principes de réforme de l’Etat et de la gestion publique
dans une optique de performance est un travail novateur sur lequel il convient de
réfléchir
L’approche de l’économie des asymétries d’information, contrats, incitations est
importante sur le plan théorico-analytique : elle a eu ainsi reçu deux fois le prix
Nobel en Economie en 2001 et 2007. Elle est aussi importante sur le plan
opératoire car elle a inspiré les réformes de l’Etat de nombreux pays occidentaux
depuis deux décennies. Elle inspire aussi les réformes actuelles de l’Etat et de la
gestion publique en France. Cette réforme est à l’évidence indispensable et
urgente …mais pourquoi faudrait-il admettre la recherche de l’intérêt individuel
comme moteur et projet de l’activité publique ; pourquoi faudrait-il admettre
que les incitations éviteront effectivement la capture des régulateurs par suite du
seul jeu de l’interaction stratégique des intérêts des régulateurs et des
régulés ? L’Etat ne perd-il pas sa spécificité en devenant essentiellement un
prestataire de services non-marchand en voie de marchéisation ? La crise
actuelle ne nous rappelle-t-elle pas le rôle régulateur - réglementateur de l’Etat
dans un univers ou de simples incitations semblent bien incapables de faire face
aux désordres macroéconomiques actuels ?

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Conclusion :

On voit que l’asymétrie d’information enrichit le raisonnement économique, en


montrant les difficultés d'application d'une des conditions de la théorie de la
concurrence pure et parfaite. L'information est imparfaitement distribuée,
certains agents étant naturellement, et de manière transitoire, mieux informés
que d'autres. De plus, l'utilisation de l'information ne suit pas totalement les
hypothèses de rationalité des agents (finance comportementale). Par ailleurs,
l'agent peut détourner l'information à son avantage (désinformation).en outre le
problème d’asymétrie d’information de plus en plus fréquent au sein des
entreprises du fait de la multiplicité des relations commerciales internationale , il
est donc nécessaire que l’entreprise le prenne en considération dans l’élaboration
dans sa stratégie afin d’intégrer les couts générés par la mise en place de
système de surveillance ou de contrat incitatif ainsi la collecte de l’information .

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Table des matières :

INTRODUCTION……………………………………………………………………………….………….3
Chapitre 1: Généralités sur l’asymétrie d’information………………………….…….4
Section 1: Définition de l’asymétrie d’information………………………………………..4
Section 2: Champs d’applications…………………………………………….…………………….6
Chapitre 2 : Anti-sélection……………………………………………………….…………………8
Section 1: Cas de Marché des assurances……………………………………………………..9
Section 2: Cas de Marché du crédit…………………………………………………….……….10
Chapitre 3 : Aléa moral…………………………………………………………………………….12
Section 1: Concept d’aide à la décision………………………………………….…………….12
Section 2: Cas de Marché de travail……………………………………………….…………….13
Chapitre 4 : La trilogie analytique fondamentale…………………………..………….15
Section 1: Contrats………………………………………………………………………………………16
Section 2: Incitation……………………………………………………………………………………..16
Section 3: La théorie économique des incitations…………………………….………….16
CONCLUSION…………………………………………………………………………………………….18

19
WEBOGRAPHIE :

 https://fr.scribd.com/presentation/122429476/sous-theme-3-TD1-les-
asymetries-de-l-information#fullscreen&from_embed
 https://prezi.com/en6rc02q0-cc/lasymetrie-dinformation/?webgl=0
 http://www.hec.unil.ch/amattei/trasmi11.pdf
 https://www.lyceedadultes.fr/sitepedagogique/documents/eco/eco1ES/
e_1ES_04_Les_defaillances_du_marche.pdf
 http://www.sffp.asso.fr/dictionnaire/index.php/Incitations_(Th
%C3%A9orie_%C3%A9conomique_des)
 http://www.creg.ac-versailles.fr/IMG/pdf/asymetrie_info.pdf
 https://fr.wikipedia.org/wiki/Asym%C3%A9trie_d'information
 https://banque.ooreka.fr/astuce/voir/491775/alea-moral

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