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IUSPM

INSTITUT UNIVERSITAIRE DES


SCIENCES PETROLIERES ET
DE MANAGEMENT

SMP 531
TRANSFERT EN MILIEUX POREUX

DIRIGE PAR :
AMBASSA ARMEL
Géologue pétrolier
OBJECTIFS GENERAUX

Les cours de transferts dans les milieux poreux visent à:

faire acquérir les connaissances de base dans le contexte applicatif du génie


des procédés et les bases théoriques nécessaires à la compréhension des mé-
canismes de transfert de matière et de chaleur par conduction et diffusion;
préparer l’étudiant à posséder une base solide pour aborder différents pro
blèmes impliquant des écoulements ou transferts par conduction thermique et
diffusion pendant et après son cursus;
appliquer les concepts de base et inculquer la méthodologie du choix et dimens
ionnement des pompes.
OBJECTIFS SPECIFIQUES

A la fin de l’étude de chacun des thèmes traités dans le contenu, l’étudiant devrait être ca
pable de :
décrire un écoulement avec des outils adéquats;
comprendre les processus physiques intervenant en conduction et diffusion;
d’appliquer les concepts acquis pour résoudre des problèmes où interviennent des écou-
lements et/ou des processus de transferts par conduction et diffusion;
raisonner et justifier la solution proposée dans le contexte de l’ingénieur de procédés;
distinguer les différents types de pompes et choisir ou dimensionner une pompe.

Noms des enseignants : Dr. NGATCHOU et M. AMBASSA Armel (Géologue Pétrolier)


CHAPITRE : GENERALITE SUR LES RESERVOIRS

OBJECTIF DU CHAPITRE :

Identifier les types de réservoirs et les caractéristiques des roches qui les constituent
connaitre les propriétés pétrophysiques d’une roche réservoir
INTRODUCTION

Le pétrole et le gaz sont des matières premières d'une grande importance dans
l'industrie actuelle, car ils représentent les capitales sources d'énergie sur lesquels
sont basés l'industrie, et par conséquent, toute la civilisation contemporaine. Les
quantités vendues de pétrole et de gaz ne sont seulement pas liées aux réserves en
place, mais beaucoup plus, en la récupération ou la rentabilité de l'investissement
sur l'exploitation du réservoir. La rentabilité de l'investissement que constitue un
réservoir est liée à la longévité de ses puits et à l'importance de la production qu'on
en retirera. Cette longévité et cette importance de production sont fonction directe
des caractéristiques du réservoir.
Les roches réservoirs
Un réservoir est une formation du sous-sol poreuse, perméable, renfermant une
accumulation naturelle, individuelle et séparée, d’hydrocarbures (huile et/ou gaz), limitée
par une barrière de roche imperméable et souvent par une barrière aquifère, et qui est
caractérisée par un système de pression naturelle unique. Le réservoir, sous-entendu
« imprégné d’hydrocarbure », est généralement subdivisé en couches, ou niveaux, ou unités
(qui sont individualisés de façon lithologique, par l’étude des carottes et des diagraphies). La
caractéristique essentielle de ces réservoirs est que ce sont des milieux poreux où les fluides
sont stockés et vont se déplacer dans des pores de dimensions très faibles (ordre du
micromètre), les forces mises en jeux ici sont les forces de capillarité. Un réservoir peut
contenir soit de l’huile, soit du gaz, soit encore les deux fluides superposés.
Les principales roches réservoirs sont constituées de grès et/ou de carbonates (99%
au total). Ce sont des roches sédimentaires, c'est-à-dire formées à partir de sédiments
constitués en surface par des débris (minéraux, animaux ou végétaux) ou des précipitations
chimiques. Elles sont stratifiées en lits successifs, nous distinguons ainsi deux types de
réservoirs : les réservoirs gréseux et les réservoirs calcaires.
Les réservoirs gréseux

Ce sont de loin les plus répandus, ils représentent 80% des réservoirs et
60% des réserves d’huile.
La roche est formée de grains de quartz (silice SiO2). Si les grains sont
libres, il s’agit de sable. Si les grains sont cimentés entre eux, il s’agit de grès. Il
existe aussi des grès argileux, des grès carbonatés

Grès à ciment argileux


Les réservoirs carbonatés

Les roches carbonatées sont d’origines variée :


détritiques, formées de débris (grains de calcaires, coquilles…) ;
construites, du type récif ;
chimiques, formées par précipitation de bicarbonate et ayant pour origine des
boues marines.
Elle sont constituées de calcaire (CO3Ca) et/ou de dolomie (CO3Ca,
CO3Mg) et présentent souvent des bonnes qualités de réservoir. Il existe aussi des
carbonates argileux, mais les « marnes » qui contiennent entre 35% et 65% d’argile
ne sont plus des réservoirs : en effet, une petite proportion d’argile, liant les grains,
diminue considérablement la perméabilité . La craie et le karst sont deux cas
particuliers

Calcaire à débris
Les roches carbonatées

Comme roches carbonatées on distingue :

le calcaire, principalement de la calcite (CaCO3, rhomboédrique) et/ou


d'aragonite (CaCO3, orthorhombique);
la dolomie dont le 50%, au moins, de la fraction carbonatée est formé
de dolomite (CaMg (CO3)2).
calcaires et dolomies sont tendres, rayables à l'acier et parfois à l'ongle (par
exemple, la craie).

les calcaires se dissolvent rapidement en présence d'acides. leur contact à froid


avec de l'acide chlorhydrique provoque une effervescence (dégagement de
CO2).
L'acide carbonique (H2CO3) présent dans les eaux de pluie attaque et dissout le
calcaire, donnant naissance aux paysages karstiques.
Les carbonates représentent 20 à 25% des roches sédimentaires et renferment
environ 1/3 des réserves mondiales d'hydrocarbures.
Calcaires et dolomies constituent en outre d'excellentes pierres de
construction.
Les calcaires

Les calcaires peuvent être subdivisés en trois groupes :


Les calcaires détritiques englobent des conglomérats et des calcarénites
constitués par des fragments de calcaires pré-existant.
Les calcaires biogéniques comprennent:
les calcaires biodétritiques (ou bioclastiques), qui résultent de
l'accumulation de débris d'organismes (bioclastes)
les calcaires construits qui sont constitués par des organismes
fossilisés en position de vie.
Les calcaires chimiques et biochimiques résultent de
la précipitation de carbonates à partir d'une solution aqueuse, avec ou sans
l'influence de micro-organismes.
Les calcaires détritiques

Ils résultent de l'accumulation de fragments de roches calcaires pré-existantes.


Les calcaires détritiques sont formés de débris provenant de l'érosion de calcaires
pré-existants. On reconnaît les conglomérats à éléments calcaires, dont la taille
des fragments dépasse 2 cm, et les calcarénites, dont les grains mesurent entre 2
cm et 2 mm. La matrice de ces roches est souvent constituée de calcaire.
Ces roches sont relativement rares car les calcaires ont tendance à se dissoudre
plutôt qu'à se fragmenter. De plus, les particules calcaires sont rapidement
dissoutes lors du transport fluviatile.
Les calcaires détritiques résultent souvent de l'écroulement de falaises sous-marines
ou de la remobilisation de couches calcaires partiellement consolidées. Dans ce
dernier cas, la roche produite se présente comme un conglomérat monogénique,
dont la matrice et les fragments ont une composition très proche,
appelé conglomérat intraformationnel.
Les calcaires biodétritiques

Les calcaires biodétritiques résultent de l'accumulation de fragments d'origine


organique.
De nombreux groupes d'animaux et végétaux, comme les mollusques, les coraux et
certaines algues, possèdent des squelettes ou des coquilles en calcite ou en
aragonite. Après la mort de ces organismes, coquilles et squelettes sont fragmentés,
transportés et accumulés au fond des océans.
Ces accumulations sont à l'origine des calcaires biodétritiques.
Les péloides sont des petits
grains ovoïdes
correspondant à des
fragments d'organismes
arrondis et altérés
(micritisés) ou encore à des
déjections d'animaux
(crabes, poissons).
Les calcaires à
péloides résultent de
l'accumulation de ces
particules.
Les calcaires construits

Les calcaires construits ont été formés par des colonies d'organismes
constructeurs comme les coraux, les éponges, les algues et les
stromatolites.
Certains organismes marins, comme les coraux, les éponges et
certaines algues, vivent parfois en colonies et peuvent édifier des
constructions imposantes (récifs). Si ces dernières sont préservées
telles quelles lors de la fossilisation, on parle de «calcaires
construits».
Ces roches sont massives, sans stratification apparente.
L'enchevêtrement des squelettes des organismes constructeurs est
parfois bien visible. Elles forment généralement des reliefs positifs et
diffèrent nettement par leur aspect des roches encaissantes.
L'exemple actuel le plus connu de calcaires construits est la grande
barrière de corail en Australie qui mesure plus de 5000 km de long.
Quant aux récifs fossiles du Paléozoïque et du Mésozoïque, ils
consistent surtout de stromatolites. 13
Les calcaires chimiques et biochimiques

Les calcaires chimiques et biochimiques résultent de la précipitation


de carbonate de calcium avec ou sans l'influence de micro-organismes.
La solubilité du CaCO3 dans l'eau est fonction de la teneur de celle-ci en
dioxyde de carbone (CO2). Une précipitation survient lorsque du dioxyde
carbone est soustrait au système comme, par exemple, lors d'une
évaporation, d'une baisse subite de la pression ambiante ou d'une
augmentation de la température. Certains organismes, qui consomment
du dioxyde de carbone (algues, bactéries), peuvent également favoriser
la précipitation.
Les principales roches de cette catégorie sont:
les travertins (ou tufs calcaires), qui se forment aux émergences des
sources et comportent fréquemment des empreintes de végétation;
les stalactites et les stalagmites, qui précipitent dans les grottes suite à
l'évaporation des eaux d'infiltration;
les calcrètes, croûtes calcaires que l'on trouve dans certains sols ;
le tartre qui se forme sur les parois des bouilloires et des chaudières et
à l'embout des robinets ! 14
Les calcaires oolithiques
C’est un calcaire d'origine complexe formé par l'accumulation de petits
grains ovoïdes d'origine (bio)chimique.
Les calcaires oolitiques sont constitués d'oolites, sphères millimétriques
ressemblant à des œufs de poisson, liés ensemble par un ciment ou
une matrice carbonatée.
Les oolites comportent un noyau, représenté par un débris carbonaté
quelconque, ou un grain minéral, et d'une enveloppe qui peut présenter une
structure concentrique ou radiaire.
Les oolites se forment dans des eaux marines chaudes et agitées
par précipitation de CaCO3 autour du noyau. Cette précipitation survient
lorsque la particule est en suspension, comme l'atteste l'épaisseur uniforme
des enveloppes. Lorsque l'oolite atteint une certaine masse, il ne peut plus
être remis en suspension, mais peut être transporté par des courants hors
de son lieu de formation. Il devient alors un grain détritique.
Les calcaires oolitiques sont ainsi des calcaires détritiques constituées de
particules d'origine (bio)chimique. Ils sont pas faciles à placer dans la
classification des calcaires.
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Les calcaires oolithiques

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Les dolomies

La dolomie est une roche sédimentaire carbonatée, de couleur


claire et d'aspect souvent massif, contenant au moins 50%
de dolomite (CaMg(CO3)2). Ce dernier se forme aux dépends de la
calcite et de l'aragonite lors de la diagenèse.
La dolomie ressemble au calcaire mais réagit très peu ou pas du
tout pas à l'acide chlorhydrique à froid.
La dolomite se forme lors de la diagenèse à partir de la calcite ou de
l'aragonite.
La dolomitisation peut être précoce (diagenèse syn-sédimentaire)
ou tardive (diagenèse pendant l'enfouissement des sédiments).

Les dolomies précoces sont formées de dolomite en petits


cristaux (1 à 2 microns) que l'on nomme souvent protodolomite.
Les dolomies tardives sont généralement constituées de gros
cristaux losangiques. Dans ce cas, les structures sédimentaires et
les bioclastes ne sont pas préservés.
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Les dolomies

Les lagunes sursalées, un milieu favorable à la dolomitisation


Les sédiments calcaires formant le fond des lagunes sursalées
peuvent être dolomitisés au contact d'eau de mer enrichie en
magnésium suite à l'évaporation.
Plusieurs types de processus semblent ainsi conduire à la formation
de ce minéral:
Dans les lagunes sursalées en climat aride « sebkhas », l'évaporation
de l'eau de mer conduit à la précipitation d'aragonite (CaCO3) puis
de gypse (CaSO4.2H2O). Suite à la formation de ces minéraux, le
rapport Mg2+/Ca2+ augmente dans l'eau de mer résiduelle. Le
mouvement de ce fluide riche en Mg2+ dans les sédiments calcaires
du fonds de la lagune semble favorable à la dolomitisation.
L'association fréquente de dolomie et d'évaporites (sel, gypse) dans
les séries fossiles constitue un bon argument en faveur de ce
modèle.
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GEP910: LES ROCHES CARBONATEES 19

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