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Schéma des filières énergétiques

Notre organisme est une vraie centrale énergétique. Nous consommons des carburants, les aliments, et
un comburant pour bruler tout ça, l’oxygène.
Nous faisons tourner la machine, les muscles, le cerveau … et nous rejetons des déchets, du gaz
carbonique, de l’eau par transpiration. Et même, nous recyclons une partie des déchets pour recréer de
l’énergie. C’est le cas du lactate, venant de l’acide lactique, ou de la créatine.

Produire de l’énergie en chimie demande une réaction chimique sur une molécule de carburant. La
réaction va libérer l’énergie. C’est le principe d’un moteur à explosion et d’à peu près tous les
phénomènes énergétiques de la nature.

Notre carburant dans sa forme moléculaire s’appelle ATP. : Adénosine Tri-Phosphate.


Nos muscles ont donc besoin d’ATP. Il suffirait d’avoir un gros stock d’ATP pour avoir une
endurance d’ultra-traileur. Oui mais voilà, c‘est une molécule très lourde (il faudrait environ 50 kg
d’ATP pour courir un 10 km. Ramené au poids d’un coureur élite, ça ne laisse plus beaucoup de poids
pour le reste.)
La nature étant bien faite, si nous ne stockons qu’une très petite quantité d’ATP, nous sommes bien
équipés pour le produire au fur et à mesure des besoins. Là intervient la centrale énergétique humaine.
Le métabolisme.

Comme pour produire de l’électricité, nous disposons de plusieurs moyens, des filières au nombre de 3
On les distingue selon qu’elle consomme ou non de l’oxygène et qu’elle produise ou non un 
« déchet » gênant : l’acide lactique. Ce dernier est le responsable de l’épuisement des muscles. Les
jambes lourdes par exemple.

La filière anaérobie alactique


C’est la plus simple des filières : elle ne consomme pas d’oxygène et ne produit pas d’acide lactique.
Elle utilise une molécule présente dans le muscleATP +la phospho-créatine, qui permet une libération
rapide de l’énergie mais que nous n’avons qu’en très petite quantité. C’est donc la filière des efforts
puissants de quelques secondes. Le sprint par exemple

La filière anaérobie lactique


Anaérobie signifie que l’on ne consomme toujours pas d’oxygène. Par contre, cette fois on va avoir le
problème de l’acide lactique. Pour le carburant, il s‘agit là du glycogène.
Les aliments dit à sucres lents, ou riche en hydrate de carbone contiennent le glucose qui par réaction
chimique va donner le glycogène. On stocke ce dernier dans les cellules musculaires et le foie.
Cependant, la production d’acide lactique, provoquant l’épuisement, est proportionnelle à l’intensité
de l’effort. Il ne va tenir quelques minutes.
En dosant notre effort, nous allons donc réussir à rester dans la dernière zone beaucoup plus
intéressante à plus d’un titre, aussi bien pour l’ultra-traileur que pour ceux qui veulent garder la
ligne….

La filière aérobie
En dessous d’une certaine intensité, la réaction de production d’ATP à partir du glycogène – la
glycolyse – ne génère plus d’acide lactique.
Elle sait en plus travailler à partir d’un autre carburant, les acides gras libres dont nous stockons une
quantité plus qu’intéressante dans la graisse et qui ont un meilleur rendement – environ 15 fois plus.
Mais, bien sûr, là encore, ce n’est pas aussi simple. L’utilisation des lipides pour produire l’ATP est
lente à se mettre en œuvre. Un vrai diesel. Avant cela, nous avons "tapé" dans le stock venant du
glucose.
Voilà pourquoi pour consommer de la graisse, il faut courir dans une zone de confort, sans être
essoufflé, et surtout longtemps. : L’endurance fondamentale du footing.

Comme son nom l’indique, cette filière utilise de l’oxygène. Beaucoup d’oxygène et tous les substrats
(principalement glucides et lipides). Elle est prépondérante sur des efforts d’endurance. Sa capacité est
gigantesque, mais sa puissance est relativement faible.
Les filières énergétiques ne fonctionnent pas l’une après l’autre. Elles fonctionnent en même temps !
Mais selon le type et la durée de l’effort, l’une prend le dessus sur les autres.
Votre travail…
Vous utilisez les 3 filières en même temps.
. Au début de votre course vous allez être en mode contact et accélérateur, dans l’anaérobie alactique
pour quelques secondes. ATP + CP
 La glycolyse prend le relais. La version anaérobie lactique domine quelques minutes jusqu’à ce que
vous ayez assez d’oxygène pour que la version aérobie devienne prépondérante. Il faut juste
comprendre que les deux versions « cohabitent» dans une certaine plage d’intensité d’effort.

*En haut de cette plage, se trouve la vitesse correspondant à la limite de consommation d’oxygène. La
VMA (100%). Celle-ci est liée au Volume Maximum d’oxygène que vous pouvez absorber (mesuré
par le VO2 Max).
*Au-dessus de la VMA, plus d’aérobie : arrêt de l'effort ou baisse de la vitesse

D'où les différentes séances d’entrainement :


 La zone "diesel" permet d’habituer son organisme à consommer plus de graisse que de sucre.
D’où l’utilité des sorties longues et lentes, c'est le travail en endurance fondamentale.
 Pour aller plus vite, un seul moyen : augmenter sa VMA. D’où le travail de fractionné rapide à
100% ou plus de VMA sur des efforts courts et donc intenses, c'est le travail en puissance
aérobie.
 Pour tenir le plus longtemps possible, donc aller vite sur une durée conséquente (5/10/15kms
et plus…!), il faudra alors courir moins vite entre la zone "basse" (seuil aérobie) et la zone
"haute" (seuil anaérobie) d'où le travail en %age de VMA, par petites fractions, plus facile à
supporter qu'un travail "en un seul coup…"

En conclusion :
Vous comprenez peut-être mieux qu’avant d’avoir assez d’oxygène pour utiliser le "moteur diesel" de
l’aérobie, vous tournez sur les réserves insuffisantes du sang venant de votre rythme cardiaque au
repos et vous devez vous endetter, quoiqu'il arrive…
Donc, pour éviter un endettement trop important, une solution est de contrôler les dépenses et donc de
s’échauffer progressivemenr à allure footing avant un effort important ou de ne pas vider les
"réservoirs" en allant trop vite au début de la course.

La capacité serait la grosseur du réservoir, sa contenance


La puissance serait la largeur de l'ouverture, du débit…
Car la "machine humaine" ne pourrait pourvoir suffisamment rapidement à l'effort demandé, tant au
niveau des "réservoirs", qu'au niveau du système de transport vers les muscles, les poumons (système
ventilatoire et circulatoire….

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