Vous êtes sur la page 1sur 16

Caractérisation des matériaux ISET de Sousse

Chap2: Structure des matériaux

I. Introduction
Les matériaux sont classés d’après leurs structures en 4 classes: les métaux et leurs alliages,
les polymères, les céramiques et les composites.
La structure métallurgique peut être appréhendée à trois niveaux de connaissance :
A l’échelle macroscopique: tout ce qui est apparent et observés à l’œil nu donnant des
renseignements sur la macrostructure des matériaux.
A l’échelle microscopique: en utilisant un microscope optique, l’observation des
particularités des matériaux devient plus fine et nous renseigne sur leurs microstructures.
A l’échelle atomique il existe un niveau structural encore plus fondamental, mais que le
microscope ne peut pas atteindre compte tenu de son pouvoir de grossissement.
Il est à noter que la plupart des progrès technologiques importants sont presque tous liés à
l'amélioration des propriétés des matériaux. Ainsi :
- l'augmentation du rendement d'un moteur d'avion, par exemple, nécessite de pouvoir le
faire travailler à des températures plus élevées, ce qui implique d'améliorer la tenue des
matériaux à haute température (problèmes d'oxydation, de fluage) ;
- le développement des prothèses a nécessité la mise au point de matériaux résistants
mécaniquement, et compatibles avec le corps humain ;
- le développement des performances des composants électroniques passe par une meilleure
maîtrise des matériaux...

II. Liaisons interatomiques


1. Structure de l'atome
L'atome est constitué d'un noyau
autour duquel gravitent des électrons.
Le noyau est formé de :
- protons de charge positive ;
- neutrons de charge nulle.

Chap2 : Structure des matériaux Page 1


Caractérisation des matériaux ISET de Sousse

 Les électrons ont une charge négative égale à -e. Le nombre d'électrons est égal au
nombre Z de protons: la charge électrique d'un atome est nulle. Le nombre Z qui est
appelé numéro atomique de l'atome permet de classer les éléments dans l'ordre croissant
de leur nombre d'électrons.
 Les électrons sont répartis autour du noyau sur des couches électroniques de différentes
énergies appelées K, L, M, N, etc., au fur et à mesure que l'on s'éloigne du noyau
(énergies de liaison décroissantes). Chaque couche peut recevoir un nombre maximal
d'électrons : 2 pour K, 8 pour L, 18 pour M, etc.
 Les électrons ont une trajectoire complexe autour du noyau, que l'on représente de façon
commode, mais physiquement incorrecte, par une trajectoire circulaire. Cela conduit à
la représentation de l'atome suivant un modèle de sphère centrée sur le noyau.
 La couche périphérique est la plus importante. Les éléments qui ont cette couche
saturée sont très stables: ce sont les gaz rares (hélium, néon, etc.). Les autres éléments
peuvent acquérir cette structure stable:
 soit en perdant des électrons: les métaux (Mg, Al, Fe)
 soit en gagnant des électrons: les non-métaux (CI, O...)
 Les liaisons interatomiques sont directement reliées à cette couche périphérique. Elles
sont principalement de type ionique, covalent ou métallique, et entraînent de
caractéristiques spécifiques des différents matériaux (tableau 2-1).

Liaison Matériaux Caractéristiques


NaCl, Mauvaise conductivité électrique, rigide,
Ionique
Al2O3 fragile, transparente, haute point de fusion
Mauvaise conductivité électrique,
Covalente Si Très grande dureté, très haut point de
fusion
Bonne conductivité électrique et thermique,
Na, Al, Cu,
Métallique facilement déformable, opaque, Température
Fe
de fusion et rigidité moyennes à élevées
Tableau 2-1. Différentes liaisons interatomiques.

Chap2 : Structure des matériaux Page 2


Caractérisation des matériaux ISET de Sousse

2. Liaisons ioniques
Elle a lieu entre les éléments très électropositifs (des atomes ayant une faible énergie
d'ionisation (électropositifs) comme les métaux alcalins (Li, Na, K, ...)) et très
électronégatifs (des éléments ayant une grande électroaffinité (électronégatifs) comme les
halogènes (F, CI, Br, ...)), on observe que les premiers ont tendance à perdre un électron et
à former un ion positif, tandis que les seconds ont tendance à gagner un électron pour
compléter leur couche électronique extérieure et former un ion négatif. La liaison ionique
résulte de l'association d'ions positifs et d'ions négatifs.
Dans cette liaison, l'atome électropositif donne un ou plusieurs électrons à l'atome
électronégatif ce qui produit des ions de charges opposées. Les forces de liaison résultent
de l'attraction électrostatique entre les ions.

 Exemple (Fig. 1)
En perdant un électron, l'atome de
sodium forme un ion positif Na+. Le
chlore, en gagnant un électron, devient un
ion négatif Cl-.
les deux ions Na+ et Cl- se retrouvent liés Fig. 1. Liaison ionique:
par une force de liaison électrostatique. Ils cristal de chlorure de sodium NaCI.
forment une molécule de NaCI
La liaison ionique est non orientée car le champ d'attraction entre ions a une symétrie
sphérique.
3. Liaison covalente
Cette liaison a lieu entre des éléments proches de la classification périodique. Les atomes
mettent en commun des électrons pour compléter leurs couches périphériques (fig. 2).
 Exemple 1 : Formation de la molécule de fluor F2.

Fig. 2. Liaison covalente: molécule de fluor F2.

Chap2 : Structure des matériaux Page 3


Caractérisation des matériaux ISET de Sousse

 Exemple 2 : Formation de la molécule d’hydrogène à partir de deux atomes


d’hydrogène.

Fig. 3. Liaison covalente: molécule


d’hydrogène

4. Liaison métallique
 Elle est caractérisée par le fait que les électrons de liaison sont libres.
 La liaison métallique est donc caractérisée par une structure d'ions positifs noyés dans
un gaz d'électrons. Ce gaz d'électrons assure la liaison entre les ions positifs.
 On peut considérer le métal comme un empilement d'ions positifs entourés par un nuage
d'électrons. Ces électrons libres expliquent, par exemple, les propriétés de conductivité
thermique et électrique des métaux (Fig.4).
 Cet empilement d'ions conduit à des structures compactes qui peuvent être représentées
par un empilement régulier de sphères dures.

(isotrope) dans toutes les directions de


l'espace. Ce type de liaison favorise la
création de structures cristallines
simples, de grande symétrie et très
compactes. C'est la présence d'électrons
mobiles qui permet d'expliquer la

Fig. 4 Représentation schématique conductivité électrique et thermique

de la structure électronique d'un métal. élevée des métaux.

(+) = ions positifs; (.) = électrons.

La liaison métallique est une liaison


forte qui agit de manière identique
Chap2 : Structure des matériaux Page 4
Caractérisation des matériaux ISET de Sousse

5. Liaison secondaire (ou de Van der Waals)


Ce sont des liaisons faibles mettant en jeu des énergies comprises entre 4 et 40 kJ/mol et
qui n'entraînent que des modifications minimes de la position des électrons.
Les liaisons secondaires les plus faibles existent entre les molécules peu polaires (méthane)
et entre les atomes non combinés comme les gaz rares. Ce dernier type de liaison est déterminant
pour les propriétés mécaniques des polymères.

6. Liaisons mixtes (Fig.5)


Dans les paragraphes précédents, nous avons traité les liaisons covalente et ionique comme
des liaisons «pures ». En fait, la réalité est moins nette, et il est rare de rencontrer des liaisons
entièrement covalentes ou entièrement ioniques.

Fig. 5 Liaisons mixtes.

Chap2 : Structure des matériaux Page 5


Caractérisation des matériaux ISET de Sousse

Liaisons
Propriétés Covalente Ionique Métallique Van der Waals

Rigidité
Module d’Young
Température
de fusion
Coefficient
de dilatation
Conductibilité
0 0

III. Propriétés des matériaux


1. Exemples de propriétés
 La ductilité des métaux résulte en grande partie du caractère isotrope de la liaison
métallique. La fragilité d'un certain nombre de solides, matériaux organiques et
céramiques, est à mettre en relation avec le caractère orienté des liaisons covalentes ou
iono-covalentes qui rend difficile la déformation plastique de ces matériaux à température
ambiante.
 Les matériaux ioniques (autre type de céramiques) ont également un caractère fragile qui
est induit par la présence d'ions de signe opposé qui inhibe à basse température le
mécanisme de déformation plastique par dislocation.
 Certaines propriétés physiques comme la conductivité électrique, la brillance ou la
transparence, sont directement liées à la mobilité des électrons. Ainsi, la lumière qui est
une onde électromagnétique est réfléchie par interaction avec le nuage électronique des
matériaux métalliques. Ceci se traduit par l'opacité des métaux et par la brillance de leur
surface.
 Les propriétés des solides moléculaires comme les polymères sont, en grande partie,
déterminées par la faiblesse de leurs liaisons secondaires, c'est-à-dire par les liaisons
entre les chaînes.
Chap2 : Structure des matériaux Page 6
Caractérisation des matériaux ISET de Sousse

2. Lien entre les liaisons atomiques et les propriétés caractéristiques des classes de
matériaux :
a. Les Métaux :
Liaisons métalliques (et covalentes)
Structures cristallines
Les métaux sont typiquement :
Bons conducteurs de chaleur et d’électricité à cause de la haute mobilité d’électrons
Ductiles à cause de leur capacité de casser et de reformer des liaisons sans briser
la structure cristalline.

b. Les Céramiques
Liaisons ioniques et covalentes
Oxydes métalliques à structure cristalline Al2O3, MgO, Fe3O4, TiN, TiC
Liaisons fortes
Structure cristalline compact, non ductile
Les céramiques sont typiquement :
Bons isolateurs de chaleur et d’électricité à cause du manque de mobilité d’électrons
(pas d’électrons libres) ;
Fragiles à cause de leur incapacité de casser et de reformer des liaisons sans briser la
structure cristalline ;

Rigides et dures, température de fusion élevée à cause de la force des liaisons ioniques
et covalentes ;

Chap2 : Structure des matériaux Page 7


Caractérisation des matériaux ISET de Sousse

c. Les Polymères
Liaisons covalentes utilisées dans la création de chaînes de polymères ;
Chaînes reliées entre elles par des liaisons secondaires (Van der Waals & ponts
hydrogènes)
Les polymères sont typiquement moins résistants et rigides que métaux et céramiques, car
leurs propriétés sont contrôlées par des liaisons secondaires (faibles).

δ+ et δ– sont les
fractions de charge
élémentaire portées
par chacun des atomes
du dipôle.

Chap2 : Structure des matériaux Page 8


Caractérisation des matériaux ISET de Sousse

IV. CRISTALLOGRAPHIE GEOMETRIQUES


1. Introduction
L'état cristallin se rencontre dans la plupart des métaux et dans un nombre important de
céramiques et de polymères organiques. L'état amorphe est par contre très fréquent dans un
certain nombre de céramiques (verres minéraux) et de matériaux organiques (verres organiques,
caoutchoucs).
2. Structure cristalline
La cristallographie décrit l'architecture des cristaux, c'est-à-dire la répartition des atomes
dans l'espace et les lois géométriques qui en fixent la position. Les solides cristallins sont donc
caractérisés par un ensemble d’atomes arrangés périodiquement suivant les trois directions de
l'espace dans un ordre strict qui définit la structure cristalline.

Deux concepts fondamentaux sont à la base de la description de la structure cristalline: le


réseau et le motif (Fig.6).
 Un réseau spatial est constitué par un ensemble de nœuds ;
 Le motif constitue l'élément de base dont la répétition suivant le réseau spatial
engendre le cristal. Le motif peut être un atome ou un groupe d'atomes ayant une orientation et
une géométrie bien déterminées.

La structure cristalline est engendrée par


translation dans l'espace du motif qui vient
occuper les nœuds du réseau spatial. La maille
contient le motif d’atome qui se répète. La maille
élémentaire est définie par trois vecteurs a, b et c.
Les mailles ont donc un volume de formes
géométriques simples (cube, parallélépipède)
dont la répétition dans l'espace engendre le
réseau et le cristal

Fig.6 : Réseau et maille cubique du NaCl

Chap2 : Structure des matériaux Page 9


Caractérisation des matériaux ISET de Sousse

3. Plans et directions cristallographiques


Lorsqu’il est question de matériaux cristallins, il devient souvent nécessaire d’indiquer, à
l’échelle des atomes, une direction ou un plan cristallographique particulier. C’est la maille
élémentaire qui sert ainsi de base pour déterminer la valeur des indices, au moyen d’un système
de coordonnées à trois axes (x, y, z) partant de l’un des coins de la maille élémentaire et
coïncidant avec ses arrêtes.
Plan cristallographique :
On appelle plan cristallographique, un plan qui passe par trois nœuds non alignés du
réseau, soit un plan qui coupe les axes (ox), (oy) et (oz) en M, N et P, de coordonnées
respectivement (m,0,0), (0,n,0) et (00,p). Ce plan sera désigné par les indices de Miller h,k,l
1 1 1
définis comme les plus petits entiers proportionnels à , , .
m n p

 Détermination des indices de Miller :


Pour déterminer les indices de Miller, il faut :
- Déterminer les points d’intersection (L’origine des 3 axes ne doit pas être dans le
plan);
- Prendre les inverses;
- Réduire les trois fractions au plus petit commun dénominateur;
- Prendre les numérateurs (notés entre parenthèse).

Exemple :
1. Intersections avec les 1 2 1
axes :
2. Inverses des 1/1 1/2 1/1
intersections :
3. Réduction des 2/2 1/2 2/2
Fraction :
4. Indices de Miller du 2 1 2
plan :

Chap2 : Structure des matériaux Page 10


Caractérisation des matériaux ISET de Sousse

Remarques :
 Lorsque le plan passe par le point d’origine choisi, il faut soit procéder à une
translation appropriée afin de produire un nouveau plan parallèle dans la maille
élémentaire, soit établir un nouveau point d’origine sur le coin d’une autre maille
élémentaire. Exemple : Déplacer l’origine en O’ :

Intersections avec les axes :


Inverses des intersections :
Réduction des Fraction :
Indices de Miller du plan :

 Dans le cas d’un plan parallèle à un axe, son point d’intersection se situe à l’infini et,
par conséquent, l’indice est zéro. Exemple :
Intersections avec les axes :
Inverses des intersections :
Réduction des Fraction :
Indices de Miller du plan :

 En réalité, tout ensemble h,k,l désigne non seulement un plan mais aussi toute une
famille de plans équivalents que l’on désigne par h, k , l  ;
 Tout indice négatif est désigné par un signe – au-dessus du chiffre h, k , l  .

Direction cristallographique :
On appelle direction cristallographique, une droite passant par deux nœuds du réseau, donc
par une infinité de nœuds. Si l’on suppose qu’elle passe par l’origine, on peut la désigner par

Chap2 : Structure des matériaux Page 11


Caractérisation des matériaux ISET de Sousse

les coordonnées u,v,w du nœud le plus proche de l’origine. Voici les étapes à suivre pour
déterminer les trois indices de direction :
1. On détermine la longueur de la projection vectorielle sur chacun des trois axes
(les coordonnées de premier nœud, uvw) ;
2. On multiplie ou on divise ces trois nombres par un facteur commun, afin de les ramener
aux plus petites valeurs entières possibles ;
3. On inscrit ensuite les trois indices [notés entre crochets droits].
Exemple :
les coordonnées du 1 2 1
premier nœud :
Réduction des Fraction : 1 2 1
Indices de Miller de 1 2 1
direction :

Remarques :
 Comme pour les plans, un ensemble de coordonnées u,v,w désignera une famille de
droites parallèles à la précédente que la note <uvw> ;
 Tout indice négatif est représenté par une barre au-dessus de l’indice : [ uv w ].

V. STRUCTURES CRISTALLINES DES MÉTAUX


Les métaux sont de «solides cristallisés » constitués de mailles élémentaires qui sont de
groupements ordonnés d’atomes. C’est la répétition de ces mailles dans les trois dimensions qui
compose la matière. Les structures cristallines les plus fréquentes présentées par les métaux purs
à l'état solide appartiennent aux systèmes cubique et hexagonal. Trois structures principales y
sont représentées: la structure cubique centrée (CC) ; la structure cubique à faces centrées
(CFC) ; la structure hexagonale compacte (HC).

Remarque : Un même élément (fer, titane, etc.) peut présenter plusieurs structures cristallines
selon l'intervalle de température considéré. On dit que l'élément présente un polymorphisme
cristallin. Le passage d'une forme à une autre est une transformation allotropique ; par
exemple dans le cas du fer :
CC CFC CC
-273°C 912 °C 1394 °C 1538°C.
Chap2 : Structure des matériaux Page 12
Caractérisation des matériaux ISET de Sousse

1. Structure cubique centré (CC) :


Pour le système cubique centré (CC), dans la maille se trouve en plus des atomes des
sommets, un atome central (Cr, W, Mo, Fe). (1 au centre + 8 aux sommets du cube mais
appartenant chacun à 8 mailles). Les plans denses sont les plans {110}, et les directions denses
sont les directions < 111 > (Fig. 7,8 et 9).

Fig. 7 Maille du système cristallin cubique centré (cc).

Exemple de métaux à maille CC : fer , chrome, tungstène, molybdène.

 Relation rayon atomique-paramètre de la maille : r a 3


4
 Nombre d’atome par maille : N=1/8*8+1=2
 Plans denses :
 Directions denses :

2. Structure cubique à faces centrées (CFC) :


Pour le système cubique à faces centrées (CFC), dans la maille il n’y a pas d’atome au
centre mais un atome au centre de chacune des six faces de cube (6 sur les faces appartenant
chacun à 2 mailles + 8 aux sommets appartenant chacun à 8 mailles). Les plans denses sont les
plans {111}, et les directions denses sont les directions <110> (Figures 10 et 11).

Exemple de métaux à maille cubique centrée : fer , aluminium, nickel, cuivre.

Chap2 : Structure des matériaux Page 13


Caractérisation des matériaux ISET de Sousse

 Relation rayon atomique-paramètre de la maille : r a 2


4
 Nombre d’atome par maille : N=1/8*8+1/2*6=4
 Plans denses :
 Directions denses

Fig.8 : Structure cubique à faces centrées.

3. Structure Hexagonal Compact (H.C) :


La maille hexagonale représentative contient 6 ions (3 à l'intérieur + 2 sur les bases,
communs chacun à 2 mailles + 12 sur les sommets, communs chacun à 6 mailles). Les plans et
les directions denses sont de même type que dans le système CFC (Figures 12 et 13).

Fig.9 : Structure hexagonale compacte.

Chap2 : Structure des matériaux Page 14


Caractérisation des matériaux ISET de Sousse

Exemple de métaux à mailles HC : Magnésium, cobalt, titane.

 Relation rayon atomique-paramètre de la maille : r a


2
 Nombre d’atome par maille : N=1/2*2+1/6*12+3=6
 Plans denses
 Directions denses

VI. DÉFAUTS CRISTALLINS

Les structures cristallines sont en réalité très rarement parfaites. On y trouve une
grande variété de défauts qui jouent un rôle fondamental envers les propriétés des matériaux.
Les défauts sont généralement classés selon le nombre de dimensions de l’espace qui sont
concernées ponctuel, linéaire et plan. Tous possèdent une énergie propre qui gouverne leur
apparition et leur agencement dans le cristal.

1. Défauts ponctuels
Ce sont des perturbations du réseau à l’échelle atomique. Parmi les défauts atomiques on
trouve :
 Les lacunes (sites vacants sur le réseau),
 les interstitiels (atomes situés entre les atomes du cristal : en position autointerstitiels),
 les atomes d’une espèce chimique différente en solution de substitution (dans le réseau) ou
d’insertion (interstitiels).
Parmi les propriétés influencées par les défauts ponctuels on trouve le comportement mécanique
à chaud, les propriétés de percolation et de transport (diffusion de matière, de chaleur), ainsi que
la conductivité électrique.

Fig. 10. Différents défauts ponctuels dans un réseau plan

Chap2 : Structure des matériaux Page 15


Caractérisation des matériaux ISET de Sousse

2. Défauts linéaires
Ce sont les dislocations, qui représentent des distorsions locales du réseau. On distingue
 Les dislocations coin : frontière d’un demi-plan supplémentaire de l’espace donnant l'image
d'un coin
 Les dislocations vis : le cristal est constitué par une rampe hélicoïdale autour de la ligne de
dislocation
 Les dislocations mixtes (caractère à la fois coin et vis).

Les dislocations sont caractérisées


localement par deux vecteurs :
 Le vecteur ligne, qui suit
localement la ligne de la
dislocation ;
 Le vecteur de Bürgers, qui
caractérise le défaut.
Ces défauts sont à l'origine de tous les processus liés à la déformation plastique.
Fig. 11. Dislocation-coin et dislocation-vis.

3. Défauts plans
Ce sont par exemple les surfaces libres (perturbation du voisinage des atomes de
surface qui ont perdu certains de leurs voisins) et les interfaces entre grains ou entre phases
différentes. On trouve aussi les faute s d’empilement, qui sont des perturbations de
l’empilement des plans atomiques, et les joints de macle , qui sont des plans de symétrie (
généralement denses) entre deux « grains » possédant une désorientation particulière.
 Surface libre : Elles séparent le solide du gaz.
 Joints de grains : Ils séparent des régions d'orientations cristallographiques différentes.
 Interfaces entre deux phases : L'interface sépare deux phases différentes.

Chap2 : Structure des matériaux Page 16

Vous aimerez peut-être aussi