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Caractérisation des matériaux ISET de Sousse

Chap3: Essais mécaniques

I. ESSAI DE TRACTION
1. Principe :

L’essai consiste à soumettre une éprouvette à un effort de traction, et cela


généralement jusqu'à la rupture en vue de déterminer une ou plusieurs caractéristiques
mécaniques. Il est défini dans la norme NF EN 10002. On impose généralement une
déformation croissante à une éprouvette sur laquelle on a tracé deux repères initialement
distants de L0, et on mesure simultanément l’effort F et L’allongement ΔL=L-L0. L’essai se
fait à température ambiante et avec une vitesse d’application de la charge constante.

2. Eprouvettes :
L’essai se fait sur des éprouvettes obtenues par usinage d’un prélèvement d’un
produit ou d’une ébauche moulée ou sur des éprouvettes brutes de fonderie (fontes, alliages
non ferreux).
La section droite des éprouvettes peut être circulaire, carré, rectangulaire, ou, dans des cas
particuliers, d’une autre forme. Elles comportent une partie calibrée de longueur L c et des
repères définissent la longueur initiale L0 (Fig. 1).

3. Symboles et désignations :
Les symboles et leur désignation sont donnés dans le tableau 1.

4. Machine de traction
La machine de traction est constituée d'un bâti rigide qui comprend une traverse immobile
est une autre mobile. Les deux têtes de l'éprouvette sont fixées à ces deux traverses (Fig. 2).

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Fig. 1 Géométrie des éprouvettes de traction.

Tableau1. Symboles et désignations

Fig.2 Machine à traction

5. Exploitation des résultats de l’essai


Diagramme conventionnel :
Le diagramme de traction est dit conventionnel lorsque l’on rapporte respectivement les
mesures de l’effort et de l’allongement aux valeurs initiales S0 et L0 de l’éprouvette.
Le diagramme de traction représente l’évolution de la charge unitaire R=F/S0 en fonction du
taux d’allongement e=(L-L0)/L0.

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OA : Domaine élastique à déformation réversible R=E.e  (Le coefficient de proportionnalité


est le module de Young).
A : La limite du domaine élastique.
AB : Domaine de déformation plastique homogène
B : Point de la charge maximale ou début de striction.
BC : Domaine de déformation plastique hétérogène ou zone de striction
C : Point de rupture de l’éprouvette.
A la fin de l’essai on mesure la longueur Lu et la section Su à la rupture de l’éprouvette.
Caractéristiques classiques de l’essai de traction :
 Limite apparente d’élasticité :
Re: Elle correspond au point A en cas de palier
 Limite conventionnelle d’élasticité :

Rp0.2 : en cas de courbe sans palier elle correspond à un allongement e=0.2%

 Résistance maximale à la traction :


Rm : Le point le plus haut de la courbe

 Allongement pour cent après rupture :


A : allongement maximal

 Coefficient de striction :
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Z%=(S0-Su)/S0 où Su est la section minimale de l’éprouvette après rupture.


Diagramme rationnel :
Le diagramme rationnel est la représentation de courbe de traction avec en ordonnées la
contrainte vraie, et en abscisse la déformation rationnelle.

 Contrainte vraie  :
Elle tient compte de la variation de la section au cours de l’essai, et égale à la charge

rapportée à la section instantanée :   F   F (1e)R(1e)


S ou S0

 Déformation rationnelle :
L’allongement instantané est égal à L/l et, au même instant, l’allongement depuis le début
de l’essai est, en considérant des allongements infiniment petits dL :
L
   dL Ln( L )Ln( L0L )Ln(1e) donc  Ln(1e) .
L 0
L L0 L0

6. Comportement en traction des matériaux

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II. ESSAI DE RESILIENCE

1. Définition
La résilience est l'énergie nécessaire pour produire la rupture d'un échantillon entaillé
section droite de l'entaille (Résistance au choc). Unité : joules par centimètre carré (J/cm²).

2. Principe 
L’essai de résilience se fait sur une machine du nom de Mouton de Charpy :
Le couteau est écarté de la verticale à une hauteur correspondant à l'énergie de départ Wo,
on libère le couteau qui brise l'éprouvette,
on mesure la hauteur de remontée du pendule pour déterminer l'énergie non absorbée W1
on calcule l'énergie absorbée Wo-W1 = W = Poids * (ho-h1)

Mouton de Charpy

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3. Eprouvette :

4. Rupture fragile et ductile


Photographies prises après essai de résilience
Rupture fragile : l'énergie de rupture est faible Rupture ductile : l'énergie de rupture est élevée

La rupture ductile est liée essentiellement à la


La rupture fragile est caractérisée par l'absence de
présence d'inclusions. Dans ce mode de rupture la
déformation plastique macroscopique, et donc par
déformation plastique est importante et conduit à
la propagation très rapide des fissures avec faible
la rupture finale qui conduit à des microreliefs
consommation d'énergie. La rupture est bien nette,
appelés cupules.
elle suit des plans cristallographiques, on parle de

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rupture par clivage.


Le matériau rompt avant d'avoir quitté le régime
élastique, c'est le cas des céramiques, métaux
cubiques centrés à basse température, et certains
polymères à basse température.
La rupture fragile peut aussi intervenir pour des
conditions anormales :
 basse température,
 grandes vitesses d'application de la
charge,
défauts préexistants ou créés en service.

Cupule dans un alliage d'aluminium

III. ESSAI DE DURETE

1. Définition

La dureté caractérise la résistance qu’un matériau oppose à la pénétration d’un corps dur.
L’essai de dureté consiste à créer une empreinte sur une pièce par un pénétrateur soumis à
une force déterminée. C’est un moyen de contrôle non destructif, utilisé en contrôle final car
il est possible d’obtenir, à partir d’un indice de dureté, une bonne approximation de la
résistance à la traction.

2. Dureté BRINELL :

L'essai consiste à appliquer une force F Newton sur une bille en acier ou en carbure, de
diamètre déterminé D mm. Maintenir la pression pendant 15 à 30 s selon le métal. Mesurer
le diamètre d mm de l'empreinte obtenue. On en déduit la valeur de HB en MPa par la
formule indiquée.

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HB = Indice de dureté Brinell

3. Dureté VICKERS
L'essai consiste à appliquer une force F Newton sur une pyramide à base carrée en diamant
d'angle au sommet 136°. Maintenir la pression pendant 15 s. Mesurer la diagonale d mm. On
en déduit la valeur de HV en MPa par la formule indiquée.
C'est l'essai le plus précis des trois essais de dureté, et celui qui a le domaine
d'applications le plus étendu. Pour des matériaux rugueux on peut néanmoins préférer l'essai
Brinell.

HV = Indice de dureté Vickers

4. Dureté Rockwell
L'essai consiste à appliquer un pré chargement F0 puis une surcharge F1, le pénétrateur
s'enfonce d'une profondeur e1 mm puis e2. On supprime la force F1, le pénétrateur reste
enfoncé d'une profondeur e3 mm. La profondeur rémanente (e3 - e0) mm permet le calcul de
HR selon la formule indiquée.
La dureté Rockwell est donnée avec plusieurs échelles précisant chacune la forme et le
matériau du pénétrateur et les charges à appliquer.

HR  = Indices de dureté Rockwell

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