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SESSION 2012

Concours commun Mines-Ponts

DEUXIÈME ÉPREUVE. FILIÈRE MP

A. Préliminaires
1) Soit f ∈ L . Soit ξ ∈ R. La fonction x 7→ f(x)e−2iπxξ est continue par morceaux sur R. De plus, pour tout x ∈ R,
|f(x)e−2iπxξ | = |f(x)|. Puisque f est intégrable sur R, il en est de même de la fonction x 7→ f(x)e−2iπxξ . En particulier,
b existe dans R. On a montré que
f(ξ)

∀f ∈ L , fb est définie sur R.

Soit Φ : R2 → R .
(ξ, x) 7→ f(x)e−2iπxξ
• Pour chaque ξ ∈ R, la fonction x 7→ Φ(ξ, x) est continue par morceaux sur R.
• Pour chaque x ∈ R, la fonction ξ 7→ Φ(ξ, x) est continue sur R.
• Pour chaque (ξ, x) ∈ R2 , |Φ(ξ, x)| = |f(x)| = ϕ(x) où ϕ est une fonction continue par morceaux et intégrable sur R.
D’après le théorème de continuité des intégrales à paramètres, fb est continue sur R.

∀f ∈ L , fb est continue sur R.

2) Montrons que W (resp. W ∗ ) est un sous-espace vectoriel de l’espace vectoriel L (resp. L ∗ ). On a déjà W ⊂ L (resp.
W ∗ ⊂ L ∗ ).
La fonction nulle est dans L (resp. L ∗ ) et b0 = 0 est dans L (resp. L ∗ ). Donc la fonction nulle est dans W (resp. W ∗ ).
Soient f et g deux éléments de W (resp. W ) et λ et µ deux nombres complexes. Alors, f et g sont dans L (resp. L ∗ ) et

de plus fb et g
b sont dans L (resp. L ∗ ). La fonction λf + µg est encore dans L (resp. L ∗ ) puis par linéarité de l’intégrale

λf\
+ µg = λfb + µb
g.

Mais alors, puisque L (resp. L ∗ ) est un espace vectoriel, λf\


+ µg est dans L (resp. L ∗ ) et finalement λf + µg est dans
W (resp. W ∗ ).

W (resp. W ∗ ) est un sous-espace vectoriel de L (resp. L ∗ ).

Soit f ∈ W ∗ . Alors f et fb sont dans L ∗ ou encore f et fb sont continues sur R et sont dominées en +∞ ou −∞ par une
fonction du type x 7→ |x|−α , α > 1. On en déduit que f et fb sont continues par morceaux sur R et intégrables sur R et
donc que f est dans W . On a montré que

W∗⊂W.

3) Soient f ∈ L et α > 0. Soit ξ ∈ R. La fonction x 7→ f(αx)e−2iπxξ est continue par morceaux sur R et en posant
u = αx (l’application x 7→ αx est un C1 -difféomorphisme de R sur lui-même), on obtient l’intégrabilité sur R de la fonction
x 7→ f(αx)e−2iπxξ et de plus
Z +∞ Z  
c −2iπxξ 1 +∞ ξ
−2iπu α 1b ξ
fα (ξ) = f(αx)e dx = f(u)e du = f .
−∞ α −∞ α α
 
1b ξ
∀f ∈ L , ∀α > 0, ∀ξ ∈ R, fc
α (ξ) = f .
α α

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De même, pour (y, ν) ∈ R2 , en posant u = x + y, on obtient

Z +∞ Z +∞
fd
y,ν (ξ) = f(x + y)e−2iπ(ν+ξ)x dx = f(u)e−2iπ(ν+ξ)(u−y) du = e2iπy(ν+ξ) fb(ξ + ν) .
−∞ −∞

∀f ∈ L , ∀(y, ν) ∈ R2 , ∀ξ ∈ R, fd
y,ν (ξ) = e
2iπy(ν+ξ) b
f (ξ + ν).

On note en particulier que la transformée de Fourier de la fonction x 7→ f(x + y) est la fonction ξ 7→ e2iπyξ fb(ξ).
Maintenant, si f est dans W (resp. W ∗ ), il est clair que les fonctions fα , α > 0, et fy,ν , (y, ν) ∈ R2 , sont encore dans W
(resp. W ∗ ).
4) La fonction s est dans L et donc b s est définie et continue sur R.
Z 1/2
Soit ξ ∈ R. b
s(0) = dx = 1 et si ξ 6= 0,
−1/2

Z 1/2  x=1/2
−2iπxξ e−2iπxξ eiπξ − e−iπξ sin(πξ)
b
s(ξ) = e dx = = = .
−1/2 −2iπξ x=−1/2 2iπξ πξ

 1 si ξ = 0
∀ξ ∈ R, b
s(ξ) = sin(πξ) .
 si ξ 6= 0
πξ

∗ b
Z 1 L et même dans L . Donc t est définie et continue sur R.
La fonction s est dans
Soit ξ ∈ R. bt(0) = (1 − |x|) dx = 1 et si ξ 6= 0, une intégration par parties fournit
−1

Z1 Z1 Z1
bt(ξ) = (1 − |x|) cos(2πxξ) dx − i
(1 − |x|) sin(2πxξ) dx = 2 (1 − x) cos(2πxξ) dx (par parité)
−1 −1 0
 x=1 Z1 !  x=1
sin(2πxξ) 1 1 cos(2πxξ)
= 2 (1 − x) + sin(2πxξ) dx = −
2πξ x=0 2πξ 0 πξ 2πξ x=0
1 − cos(2πξ)
= .
2π2 ξ2

 1 si ξ = 0
∀ξ ∈ R, bt(ξ) = 1 − cos(2πξ) .

2 2
si ξ 6= 0
2π ξ

On note que la fonction ξ 7→ ξ2bt(ξ) est bornée sur R et donc la fonction t est dans W ∗ .
s est continue sur R d’après la question 1). Vérifions que la fonction b
5) La fonction s est dans L . Donc la fonction b s n’est
pas intégrable sur R.

Z +∞ Z +∞ +∞ Z n+1
X
| sin(πξ)| | sin(πξ)|
s(ξ)| dξ >
|b dξ = dξ
−∞ 1 πξ πξ
n=1 n
+∞
X Z n+1 +∞
1 2 X 1
> | sin(πξ)| dξ = 2 = +∞.
(n + 1)π n π n+1
n=1 n=1
Z +∞
Donc, |b s n’est pas intégrable sur R. Ainsi, la fonction s est un élément de L tel
s(ξ)| dξ = +∞ ou encore la fonction b
−∞
que b
s n’est pas un élément de L ou encore s n’est pas dans W . Ceci montre que

W ∗ ⊂ W ⊂ L.
6=

6) Pour tout entier naturel n et tout ξ ∈ R,

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Z +∞ Z +∞

b c
f(ξ) − fn (ξ) = (f(x) − fn (x))e−2iπxξ
dx 6 |f(x) − fn (x)| dx = kf − fn k1
−∞ −∞


puis, pour tout entier naturel n, fb − fc
n 6 kf − fn k1 . Par hypothèse, lim kf − fn k1 = 0 et donc
∞   n→+∞

lim fb − fcn = 0. Ceci montre que la suite de fonctions fc n converge uniformément vers la fonction fb sur R. On
n→+∞ ∞ n∈N
note que le résultat persiste si on suppose simplement f et les fn , n ∈ N, dans L .
B. Formule sommatoire de Poisson
7) Soit f ∈ L . Il existe α > 1 et M > 0 tel que pour tout t réel, |t|α |f(t)| 6 M.

Soit x ∈ R. Pour n ∈ Z tel que n =6 −x,


M
f(x + n)| 6 .
|x + n|α
M M
Puisque α > 1, les séries numériques de terme généraux respectifs , n ∈ N, n 6= −x, et , n ∈ N, n 6= x,
|x + n|α |x − n|α
X X
sont convergentes. On en déduit que chacune des deux séries f(x + n) et f(x − n) sont absolument convergentes
n>0 n>0
e existe.
et donc convergentes. On en déduit encore que f(x)
Soit x ∈ R. En posant m = n + 1, on obtient
X X
e + 1) =
f(x f(x + 1 + n) = e
f(x + m) = f(x).
n∈Z m∈Z

∀f ∈ L ∗ , fe est définie sur R et 1-périodique.

Montrons que fe est continue sur [0, 1]. Pour n ∈ Z et x ∈ [0, 1], posons fn (x) = f(x+n) puis kfn k∞ = sup{|fn (x)|, x ∈ [0, 1]}.
Soit n ∈ N∗ . Avec les notations de la question 7), pour tout x ∈ [0, 1],
M M
|fn (x)| = |f(x + n)| 6 α
6 α,
(x + n) n
M M
et donc kfn k∞ 6 . Puisque la série numérique de terme général α , n ∈ N∗ , converge, la série de fonctions de terme
n∗α n
général fn , n ∈ N , converge normalement et en particulier uniformément sur [0, 1]. Puisque chaque fonction fn est
+∞
X
continue sur [0, 1], il en est de même de la fonction fn .
n=1
+∞
X +∞
X +∞
X
On montre de même que la fonction f−n est continue sur [0, 1] et finalement fe = f−n + f + fn est continue sur
n=1 n=1 n=1
[0, 1] puis sur R par 1-périodicité.

∀f ∈ L ∗ , fe est continue sur R.

8) Soit n ∈ Z. Avec les notations de la question précédente, pour tout réel x de [0, 1],
X +∞
X +∞
X
e
f(x)e−2iπnx
= fk (x)e−2inπx
= f−k (x)e −2inπx
+ f(x)e −2inπx
+ fk (x)e−2inπx .
k∈Z k=1 k=1

Pour tout k ∈ Z et tout x ∈ [0, 1], fk (x)e−2inπx = |fk (x)|. La question précédente montre alors que les séries de fonctions
de termes généraux respectifs x 7→ fk (x)e−2inπx , k ∈ N∗ , et x 7→ f−k (x)e−2inπx , k ∈ N∗ , convergent uniformément sur le
segment [0, 1]. On peut donc intégrer terme à terme et on obtient

  X Z1 X Z k+1
e
cn f = f(x + k)e−2iπnx
dx = f(y)e−2iπn(y−k) dy
k∈Z 0 k∈Z k
X Z k+1 X Z k+1
= e2inkπ f(y)e−2inπy dy = f(y)e−2inπy dy
k∈Z k k∈Z k
Z +∞
= b
f(y)e−2inπy = f(n).
−∞

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∀n ∈ Z, cn fe = f(n).
b

X   X
9) Soit f ∈ W ∗ . Pour x ∈ R, posons S(x) = cn fe e2inπx = b
f(n)e2inπx
.
n∈Z n∈Z

Puisque fb ∈ L ∗ , il existe M > 0 et α > 1 tel que ∀x ∈ R, |x|α |f(x)| 6 M. Pour tout n ∈ Z∗ et tout x ∈ R, on a en
particulier
  M
b
cn fe e2inπx = f(n) 6 α.
|n|
   
Ceci montre que les séries de fonctions de termes généraux respectifs x 7→ cn fe e2inπx , n ∈ N∗ , et x 7→ c−n fe e−2inπx ,
n ∈ N∗ , convergent normalement sur R et en particulier uniformément et simplement sur R. La fonction S est donc définie
sur R. De plus, S est continue sur R en tant que limite uniforme sur R d’une suite de fonctions continues sur R et aussi S
est 1-périodique.

 coefficients de Fourier de S. Soitn∈ Z. Encore une fois, les séries de fonctions de termes généraux
On peut calculer les
respectifs x 7→ ck fe e2i(k−n)πx , k ∈ N∗ , et x 7→ c−k fe e2i(−k−n)πx , k ∈ N∗ , convergent uniformément sur le segment
[0, 1]. On peut de nouveau intégrer terme à terme et on obtient

!
Z1 X  
cn (S) = ck fe e2ikπx e−2inπx dx
0 k∈Z
X   Z1 X  
= ck fe e2i(k−n)πx dx = ck fe δk,n
k∈Z 0 k∈Z
 
= cn fe .

Ainsi, les fonctions fe et S sont continues sur R, 1-périodiques et ont les mêmes coefficients de Fourier. On en déduit que
ces deux fonctions sont égales d’après le rappel de l’énoncé ou encore fe est égale à la somme de sa série de Fourier.
Par suite, pour tout réel x,
X X   X
e =
f(x + n) = f(x) cn fe e2inπx = b
f(n)e2inπx
.
n∈Z n∈Z n∈Z

Pour x = 0, on obtient
X X
e =
f(n) = f(0) b
f(n).
n∈Z n∈Z

X X
∀f ∈ W ∗ , f(n) = b
f(n).
n∈Z n∈Z

C. Application à la formule d’inversion de Fourier


10) Soit f ∈ W ∗ . Soit (x, ξ) ∈ R2 . Pour tout n ∈ Z, fx,ξ (n) = f(x + n)e−2iπnξ puis, d’après la question 3),

fd
x,ξ (n) = e
2iπx(ξ+n) b
f(n + ξ).

La formule de Poisson appliquée à la fonction fx,ξ (qui est encore dans W ∗ ) fournit alors pour tout (x, ξ) ∈ R2 ,
X X X X
f(x + n)e−2iπnξ = fx,ξ (n) = fd
x,ξ (n) =
b + ξ)e2iπx(ξ+n) .
f(n
n∈Z n∈Z n∈Z n∈Z

b
Soit x ∈ R. Pour ξ ∈ R, posons Fx (ξ) = f(ξ)e 2iπxξ
. Puisque f est dans W ∗ , fb est continue sur R et dans L ∗ . Puisque

|Fx | = fb , Fx est également dans L ∗ et d’après la partie B, on peut définir sa périodisée : pour tout ξ ∈ R,

X X
Ff
x (ξ) = Fx (ξ + n) = b + ξ)e2iπx(n+ξ) .
f(n
n∈Z n∈Z

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D’autre part, une nouvelle fois on peut intégrer terme à terme, la série de fonctions considérée convergeant uniformément
sur le segment [0, 1],

 
  Z1 Z1 X
cn Fx = Ff
f x (ξ)e
−2inπξ
dξ =  f(x + p)e−2iπpξ  e−2inπξ dξ (d’après la formule de Poisson généralisée)
0 0 p∈Z
X Z1 X
= f(x + p) e−2iπ(p+n)ξ dξ = f(x + p)δp,−n
p∈Z 0 p∈Z

= f(x − n).
X X
Le développement de f
Fx en série de Fourier est donc f(x − n)e2iπnξ = f(x + n)e−2iπnξ et f
Fx est égale à la
n∈Z n∈Z
somme de sa série de Fourier.
11) Soit x ∈ R. D’après la question 8), pour tout n ∈ Z,
  Z +∞ Z +∞ Z +∞
cn f c
Fx = Fx (n) = Fx (ξ)e−2iπnξ
dξ = b
f(ξ)e2iπxξ −2inπξ
e dξ = b
f(ξ)e2iπ(x−n)ξ

−∞ −∞ −∞

En particulier, d’après la question précédente,


  Z +∞
f(x) = c0 f
Fx = b
f(ξ)e2iπxξ
dξ.
−∞

12) D’après la formule d’inversion de Fourier, pour tout f ∈ W ∗ et x ∈ R,



d  Z +∞
fb (x) = b
f(ξ)e−2iπxξ
dx = f(−x).
−∞

Soit alors λ ∈ C une valeur propre de la transformation de Fourier dans W ∗ . Donc il existe un élément non nul f0 de
W ∗ tel que fb0 = λf0 . La transformation de Fourier étant linéaire, pour tout réel x,

b
f0 (−x) = fb0 (x) = λfb0 (x) = λ2 f0 (x),

puis f0 (x) = f0 (−(−x)) = λ2 f0 (−x) = λ4 f0 (x). Finalement, f0 = λ4 f0 puis λ4 = 1 car f0 6= 0. On a ainsi montré qu’une
valeur propre de la transformation de Fourier est élément de {1, i, −1, −i}.
Les seules valeurs propres réelles possibles de la transformation de Fourier sont 1 et −1. Maintenant, la fonction t est
dans W ∗ d’après la remarque de la fin de la question 4).

Puisque pour tout réel x, b bt(x) = t(−x), bt est également dans W ∗ . Puisque t et bt sont dans W ∗ , il en est de même de
f1 = t + bt et f2 = t − bt d’après la question 2).
• Pour tout réel x, puisque t est paire

fb1 (x) = bt(x) + b


bt(x) = bt(x) + t(−x) = bt(x) + t(x) = f1 (x).

Ainsi, f1 est un élément, clairement non nul, de W ∗ tel que fb1 = f1 . Donc 1 est effectivement une valeur propre réelle de
la transformation de Fourier dans W ∗ .
• De même, pour tout réel x,

fb2 (x) = bt(x) − b


bt(x) = bt(x) − t(−x) = bt(x) − t(x) = −f2 (x).

Ainsi, f2 est un élément non nul de W ∗ tel que fb2 = f2 . Donc −1 est effectivement une valeur propre réelle de la
transformation de Fourier dans W ∗ .

Les valeurs propres réelles de la transformation de Fourier dans W ∗ sont 1 et −1.

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D. Application au théorème d’échantillonnage de Whittaker
 
1 1 1 1
13) Soit f ∈ W ∗ telle que fb s’annule en dehors de l’intervalle − , . Notons alors que fb s’annule en − et par
2 2 2 2
continuité.
D’après la formule de Poisson généralisée de la question 10), utilisée avec x = 0, pour tout réel ξ, on a
X X
f(n)e−2iπnξ = b + ξ).
f(n
n∈Z n∈Z
 
1 1 1 1 b + ξ) = 0.
Supposons de plus ξ ∈ − , . Si n > 1, n + ξ > 1 − = et donc f(n
2 2 2 2
1 1 b + ξ) = 0. Il reste
De même, si n 6 −1, n + ξ 6 −1 + = − et donc f(n
2 2
  X
1 1 b
∀ξ ∈ − , , f(ξ) = f(n)e−2iπnξ .
2 2
n∈Z

b 1
(et d’autre part, f(ξ) = 0 si |ξ| > ). Ainsi, la donnée des (f(n))n∈Z détermine fb de manière unique. Mais alors, f est
2
déterminée de manière unique grâce à la formule d’inversion de Fourier :
Z +∞ Z 1/2 !
X
∀x ∈ R, f(x) = b
f(ξ)e2iπxξ
dξ = f(n)e−2iπnξ
e2iπxξ dξ.
−∞ −1/2 n∈Z

! !
1 1
ξ− 2 ξ+ 2
14) Soit ε > 0. Pour ξ ∈ R, posons g(ξ) = t −t . g est dans W ∗ . On peut donc appliquer à g la
ε ε
formule d’inversion de Fourier.
Z +∞ ! !!
1 1
ξ− ξ+
Pour x ∈ R, posons f(x) = t 2
−t 2
e2iπxξ dξ = −b
g(−x).
−∞ ε ε
Pour tout réel x, on a f(x) c
b = −(−(b
g)(−x)) = g(x).
1 ξ + 12 ξ − 21 b = 0 si ξ < − 1 − ε par parité. fb est donc
b = g(ξ) = 0. On a aussi f(ξ)
Si ξ > + ε, alors > > 1 et donc f(ξ)
2  ε ε  2
1 1 ∗
nulle en dehors de − − ε, + ε . D’autre part, f est un élément de l’espace vectoriel W .
2 2
Déterminons maintenant les f(n), n ∈ Z. D’après la question 3), pour tout réel ξ,

f(ξ) = −bg(−ξ) = −ε e−iπξ − eiπξ bt (−εξ) = 2iε sin(πξ)bt (εξ).
Par suite, pour n ∈ Z,
f(n) = 2iε sin(nπ)bt (εn) = 0.
Ainsi, f est un élément de W ∗ qui coïncide avec la fonction nulle sur Z. Mais f n’est pas la fonction nulle car pour ξ 6= 0,
1 − cos(2επξ)
f(ξ) = 2iε sin(πξ) . f n’est donc pas uniquement déterminée par ses valeurs sur Z.
2π2 ε2 ξ2
E. Contre-exemple de Katznelson
15) Puisque la fonction t s’annule en chaque entier non nul, pour tout k ∈ N et tout n ∈ Z∗ , on a uk (n) = 0. D’autre part,
uk (0) = t(0) − t(0) = 0. Ainsi, chaque fonction uk s’annule sur Z. Mais alors, si x est un entier relatif, chaque uk,Nk (x)
est nul. On en déduit que f(x) existe et vaut 0.
 
1 1 1
On note maintenant que pour k ∈ N, la fonction uk s’annule en dehors de − k , k car si x est un réel tel que |x| > k ,
2 2 2
alors |2k x|
 > 1et |2
k+1
x| > 2 > 1 puis uk (x) = 0.
1
Soit ε ∈ 0, puis K ∈ Z. Pour x ∈ [K + ε, K + 1 − ε], on a |x − n| > ε pour tout entier relatif n. Soit alors k0 un entier
2  
1 1 1 1
naturel tel que k < ε (par exemple, k0 = log2 + 1). Pour tout entier naturel k > k0 , on a k 6 k < ε et donc
2 0 ε 2 2 0
1
pour tout x de [K + ε, K + 1 − ε] et n ∈ Z, on a |x − n| > k et donc
2
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∀k > k0 , ∀x ∈ [K + ε, K + 1 − ε], ∀n ∈ Z, uk (x − n) = 0,

puis

∀k > k0 , ∀x ∈ [K + ε, K + 1 − ε], uk,Nk (x) = 0,

et donc
k0
X
∀x ∈ [K + ε, K + 1 − ε], f(x) = uk,Nk (x).
k=0

k0
X
Ainsi, f/[K+ε,K+1−ε] = uk,Nk /[K+ε,K+1−ε] . Puisque la somme est finie et que chaque uk,Nk est continue sur R, ceci
k=0  
1
montre que f est définie et continue sur [K + ε, K + 1 − ε]. Ceci étant vrai pour chaque K ∈ Z et chaque ε ∈ 0, , on a
2
montré que

f est définie sur R et continue sur R \ Z.

16) D’après l’énoncé, f est continue par morceaux sur R. Ensuite,


1
• si |x| > k , uk (x) = 0,
2
1 1
• si k+1 < |x| 6 k , uk (x) = t(2k x) = 1 − 2k |x| > 0,
2 2
1
• si |x| 6 k , uk (x) = (1 − 2k |x|) − (1 − 2k+1 |x|) = 2k |x|.
2
Donc, chaque fonction uk , k ∈ N, est positive sur R, puis chaque fonction uk,Nk , k ∈ N, est positive sur R et finalement
f est positive sur R.
Soit k ∈ N.

Z +∞ Z 1/2k Z 1/2k+1 Z1 Z1
1 1 1 1
uk (x) dx = t(2k x) dx − t(2k+1 x) dx = t(u) du − t(u) du = −
−∞ −1/2k −1/2k+1 2k −1 2k+1 −1 2k 2k+1
1
= .
2k+1
Z +∞ Z +∞
1
Ensuite, pour tout k ∈ N et tout n ∈ Z, uk (x − n) dx = uk (t) dt = . Par suite,
−∞ −∞ 2k+1
Z +∞
1 X  |n|
 Z +∞
1 X  |n|

uk,Nk (x) dx = 1− uk (x − n) dx = 1−
−∞ Nk Nk −∞ Nk 2k+1 Nk
n∈Z, n∈Z,
|n|<Nk |n|<Nk
Nk 
X !  
1 n 1 1
= 1+2 1− = 1 + 2Nk − × Nk (Nk + 1)
Nk 2k+1 Nk Nk 2k+1 Nk
n=1
1
= .
2k+1
Z +∞
On en déduit que la série de terme général uk,Nk (x) dx converge.
−∞

Ainsi,
• Chaque fonction uk,Nk , k ∈ N, est continue par morceaux sur R.
• La série de fonctions de terme général uk,Nk , k ∈ N, converge simplement vers f sur R et f est continue par morceaux
sur R. Z +∞ Z +∞
• La série numérique de terme général |uk,Nk (x)| dx = uk,Nk (x) dx, k ∈ N, converge.
−∞ −∞
D’après un théorème d’intégration terme à terme, f est intégrable sur R et
Z +∞ +∞ Z +∞
X +∞
X 1
f(x) dx = uk,Nk (x) dx = = 1.
−∞ 2k+1
k=0 −∞ k=0

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Ensuite, pour K ∈ N,
Z +∞ X
K
X +∞ +∞ Z +∞
X +∞
X 1 1

f − uk,Nk = uk,Nk (x) dx = uk,Nk (x) dx = = K,
−∞ −∞ 2k+1 2
k=0 1 k=K+1 k=K+1 k=K+1

K
X

et donc f − uk,Nk tend vers 0 quand K tend vers +∞ ou encore la série de terme général uk,Nk , k ∈ N, converge

k=0 1
K
X
en moyenne vers f sur R. Maintenant, f est dans L de même que chaque uk,Nk , K ∈ N. Les calculs effectués à la
k=0
\
question 6) sont encore valables et montrent que la série de terme général u b
k,Nk , k ∈ N, converge uniformément vers f
sur R.
17) D’après la question 3), pour chaque k ∈ N et chaque n ∈ Z, la transformée de Fourier de la fonction x 7→ uk (x − n)
est la fonction ξ 7→ e−2inπξ u
ck (ξ). Par suite, pour tout réel non entier ξ, pour tout k ∈ N et tout N ∈ N∗ ,
 
     2
1 X |n| −2inπξ 1 

X |n| 
2inπξ  1 sin πNξ
[
u (ξ) = 1 − e c
u (ξ) = 1 − e c
u (ξ) = ck (ξ).
u
N  k
k,N k
N N N N2 sin πξ
n∈Z, n∈Z,
|n|<N |n|<N

et donc pour n ∈ Z et ξ ∈]n, n + 1[,


   
   
1  X |n|  1  X |n| 
u[  e2inπξ   e2inπξ 
k,N (ξ) =
N  1−
N  uk (ξ)| 6
|c
N  1−
N  sup |c uk |,
n∈Z, [n,n+1]
n∈Z,
|n|<N |n|<N

ce qui reste vrai pour x = n ou x = n + 1 par continuité. Mais alors,

Z +∞ X Z n+1

u[
k,N (ξ) dξ =
u[
k,N (ξ) dξ
−∞ n∈Z n
 
Z n+1  
1 X  X |p| 
sup |cuk |  1− e2ipπξ 
6
N [n,n+1]
 N  dξ
n∈Z n p∈Z
|p|<N
 
    n+1
1 X  X |p| e2ipπξ 
= sup |cuk | 
 1 + 1 − 

N [n,n+1] N 2ipπ n
n∈Z ∗
p∈Z
|p|<N
1 X
= sup |cuk | .
N [n,n+1]
n∈Z

Soit maintenant n ∈ Z \ {−1, 0}. Pour ξ ∈ [n, n + 1], d’après les questions 3) et 4),

   
ξ ξ
    1 − cos 2π k 1 − cos 2π k+1
1 ξ 1 ξ
uk (ξ)| = k bt
|c − k+1 bt = 1 2 1
− k+1
2
2 2k 2 2k+1 2k 2
ξ 2 2 2
ξ 2

2π 2k 2π 2k+2
2 2
2k 2k+1 3 × 2k
6 2 2+ 2 2 6 2 2 .
π ξ π ξ π n

3 × 2k X
et donc, pour tout n ∈ Z \ {−1, 0}, sup |c
uk | 6 . Ceci montre que sup |cuk | < +∞.
[n,n+1] π2 n2
n∈Z [n,n+1]
! !
X
18) Pour k ∈ N, on choisit Nk = 2k E sup |c
uk | + 1 . (Nk )k∈N est une suite d’entiers strictement positifs et
n∈Z [n,n+1]
pour tout k ∈ N,

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Z +∞
1 X 1
u\
k,Nk (ξ) dξ 6 sup |cuk | 6 k .
−∞ Nk [n,n+1] 2
n∈Z

Z +∞

Mais alors la série de terme général u\
k,Nk (ξ) dξ, k ∈ N, converge.
−∞

D’autre part, f est continue par morceaux et intégrable sur R de même que chaque uk,Nk , k ∈ N ou encore f et les uk,Nk
sont dans L . La question 1) permet d’affirmer que fb et les u\
k,Nk , k ∈ N, sont définies et continues sur R.

Ainsi, comme à la question 16),


• Chaque fonction u \k,Nk , k ∈ N, est continue par morceaux sur R.
• La série de fonctions de terme général u\ b b
k,Nk , k ∈ N, converge simplement vers f sur R et f est continue par morceaux
sur R. Z +∞

• La série numérique de terme général u\
k,Nk (ξ) dξ, k ∈ N, converge.
−∞

D’après un théorème d’intégration terme à terme, fb est intégrable sur R puis la série de fonctions de terme général u\
k,Nk ,
b
k ∈ N, converge en moyenne vers f.
Comme chaque fonction u\ b
k,Nk , k ∈ N est dans L de même que f, on en déduit encore que la série de fonctions de terme
b
général u\
\ , k ∈ N, converge uniformément vers fb sur R.
k,Nk

Soi k ∈ N. La fonction uk,Nk est continue sur R et nulle sur un voisinage de ±∞. Donc la fonction uk,Nk est dans L ∗ .
\
Ensuite, uk,Nk est continue sur R puis pour tout réel ξ,



 
1 X |n|
u\
k,Nk (ξ) = 1− e−2iπnξ
ck (ξ)
u
Nk n∈Z,
Nk
|n|<Nk
X      
1 |n| 1 ξ 1 b t
6 1− uk (ξ)| = |c
|c b
uk (ξ)| = k t − kξ .
Nk Nk 2 2k 2 2k
n∈Z,
|n|<Nk

La question 4) permet alors d’affirmer que la fonction ξ 7→ ξ2 u


\k,Nk (ξ) est bornée sur R et finalement que la fonction

uk,Nk est dans W . La formule d’inversion de Fourier montre alors que pour tout ξ ∈ R, u\

\ (ξ) = uk,Nk (−ξ).
n,Nk

bb
On en déduit que la série de fonction de terme général uk,Nk converge uniformément sur R vers la fonction ξ 7→ f(−ξ)
qui est donc aussi la fonction f. La formule d’inversion de Fourier s’applique donc à la fonction f.
X
19) On a déjà vu que f s’annule sur Z. Par suite, f(n) = 0.
n∈Z

Pour tout k ∈ N et tout ξ ∈ R, d’après la question 3),


  X    
1 X |n| 1 |n| 1 b p  1 b p 
u\k,Nk (ξ) = 1− e−2iπnξ u
ck (ξ) = 1− e−2iπnξ
t − k+1 t k+1 .
Nk Nk Nk Nk 2k 2k 2 2
n∈Z, n∈Z,
|n|<Nk |n|<Nk

En particulier, pour tout k ∈ N tout p ∈ Z,

1 X  |n|

u\
k,Nk (p) = 1− ck (p)
u
Nk Nk
n∈Z,
|n|<Nk

ck (p) (d’après le calcul de la question 16)


=u
1 p 1  p 
= k bt k − k+1 bt k+1
2 2 2 2
puis,

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+∞   m  
1 b p  1 b p  1 b p  1 b p 
+∞
X X X
b =
f(p) u\k,Nk (p) = t − k+1 t k+1 = lim t − k+1 t k+1
2k 2k 2 2 m→+∞ 2k 2k 2 2
k=0 k=0 k=0
 
1 b p  1 b p 
= lim t − t (somme télescopique)
m→+∞ 20 20 2m+1 2m+1
= bt(p).
X X
b = bt(p) = δp,0 puis
Ainsi, ∀p ∈ Z, f(p) b = 1 6= 0 =
f(p) f(n). La formule de Poisson n’est donc pas vérifiée par la
p∈Z n∈Z
fonction f. On a donc un exemple de fonction vérifiant la formule d’inversion de Fourier et ne vérifiant pas la formule
de Poisson.

F. Application à la resommation d’Ewald


 x 
20) Pour x ∈ R, posons h(x) = g b
. h est dans L et d’après la question 3), pour tout x ∈ R, h(x) = 100b
g(100x) =
100
100g(100x). Mais alors, h est dans W ∗ et on peut lui applique la formule de Poisson. On obtient

+∞
X  n  +∞
X +∞
X
1 + 2S = g = h (n) = b
h(n)
n=−∞
100 n=−∞ n=−∞
+∞ +∞
!
X X
−10000πn2
= 100 g(100n) = 100 1 + 2 e ,
n=−∞ n=1

puis
+∞
X 2
S = 49, 5 + 100 e−10000πn
n=1

et donc

+∞
X 2
|S − 49, 5| = 100 e−10000πn
n=1
+∞  10000
X 
−10000π n 100e−10000π 1 10000
6 100 e = 6 101e−10000π = = (0, 04 . . .)
1 − e−10000π eπ−
ln(101)
10000
n=1
6 0, 110000 = 10−10000 .

S = 49, 5 à 10−10000 près.

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