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Conservatoire National des Arts et Métiers

Mathématiques appliquées au BTP – UTC110

Enseignant responsable : W. Larbi

Correction des travaux dirigés n°3


Calculs d’incertitude

Exercice n°1 :
On cherche à mesurer l’accélération de la pesanteur g à partir d’un pendule en utilisant la relation
T  2 L / g .
∆𝑇
T est la période d’oscillation. T=0,8 s à 3% près → 𝑇
= 3%
∆𝐿
L la longueur du pendule. L=15 cm à 2% près → 𝐿
= 2%

a) Calcul de g:
(2𝜋)2𝐿
Si 𝑇 = 2𝜋√𝐿⁄𝑔 ; alors 𝑔 = 𝑇2
𝟏
Donc: 𝒈 = (𝟐𝝅)𝟐(𝑳)( 𝟐)
𝑻
Application numérique:
1
𝑔 = (2𝜋)2 (15 ∗ 10−2 ) ( 2 ) = 9.253 𝑚⁄𝑠 2
0.8
𝒈 = 𝟗. 𝟐𝟓𝟑 𝒎⁄ 𝟐
𝒔

b) Calcul de l’erreur relative sur g:


∆𝑔
On veut connaitre l'erreur relative 𝑔
1
𝑔 = (2𝜋)2 (𝐿)( 2 )
𝑇
On écrit le logarithme de cette expression:
1
ln 𝑔 = ln(2𝜋)2 + ln(𝐿) + ln ( 2 )
𝑇
= 2 ln (2𝜋) + ln(𝐿) + ln 1 − ln( 𝑇 2 )
ln 𝑔 = 2 ln 2𝜋 + ln(𝐿) + ln 1 − ln( 𝑇 2 ) Rappel1:
ln 𝑔 = 2 ln 2𝜋 + ln(𝐿) − ln( 𝑇 2 ) Différentielle logarithmique de f
𝐥𝐧 𝒈 = 𝟐 𝐥𝐧 𝟐𝝅 + 𝐥𝐧(𝑳) − 𝟐𝐥𝐧( 𝑻) 𝑑𝑓
𝑑(ln(𝑓)) =
𝑓
On écrit la différentielle et on différencie l'expression du ln(g): Dérivée logarithmique de f
d(ln 𝑔) = 2 d(ln 2𝜋 ) +𝑑 (ln(𝐿)) − 2𝑑 (ln( 𝑇)) 𝑑(ln(𝑓)) 𝑓′
=
𝑑𝑔 𝑑(2𝜋) 𝑑(𝐿) 𝑑(𝑇) 𝑑𝑥 𝑓
𝑔
= 2 2𝜋 + 𝐿 − 2 𝑇
𝑑𝑔 𝑑(𝐿) 𝑑(𝑇)
= −2 Rappel2:
𝑔 𝐿 𝑇

∆𝒈 ∆𝑳 ∆𝑻
| | = | | + 𝟐 | | = 𝟎. 𝟎𝟐 + 𝟐 ∗ 𝟎. 𝟎𝟑 = 𝟎. 𝟎𝟖
𝒈 𝑳 𝑻

On connaît donc g à 8% près.

1
c) L’erreur absolue g :

∆𝒈
Si l'erreur relative sur g est égale à 8% (| 𝒈 | = 𝟎. 𝟎𝟖), alors ∆𝑔 = 0.08 ∗ 𝑔

Donc: ∆𝒈 = 𝟎. 𝟕𝟒𝒎/𝒔 𝟐

Finalement, on peut écrire: 𝒈 = 𝟗. 𝟐𝟓 ∓ 𝟎. 𝟕𝟒𝒎/𝒔𝟐


𝟖. 𝟓𝟏𝒎/𝒔𝟐 ≤ 𝒈 ≤ 𝟗. 𝟗𝟗𝒎/𝒔𝟐

Exercice n°2 :
Deux résistances R1 et R2 sont montées en parallèle. R1  2200 (à 10%) et R2 120 (à 10%).
a) Valeur de la résistance équivalente et calcul des incertitudes
Quand deux résistances sont branchées parallèlement, leur résistance équivalente se calcule:
1 1 1 𝑹𝟏 ∗ 𝑹𝟐
=  +  ⇒ 𝑹 =  
𝑅 𝑅1 𝑅2 𝑹𝟏 + 𝑹𝟐

Avec les valeurs numériques des résistances R1 et R2, on Obtient: 𝑹 = 𝟏𝟏𝟑. 𝟖𝛀


Pour calculer l'incertitude relative de cette résistance équivalente, on prend le logarithme népérien de
son expression:
𝑅1 ∗ 𝑅2
ln(𝑅) = ln ( ) = ln(𝑅1 ∗ 𝑅2 ) − ln(𝑅1 + 𝑅2 )
𝑅1 + 𝑅2
On écrit la différentielle et on différencie l'expression du ln(R):
d(ln(𝑅)) = d(ln(𝑅1 )) + 𝑑(𝑙𝑛𝑅2 )) − 𝑑(ln(𝑅1 + 𝑅2 ))
𝑑𝑅 𝑑𝑅1 𝑑𝑅2 𝑑(𝑅1 + 𝑅2 )
= + −
𝑅 𝑅1 𝑅2 (𝑅1 + 𝑅2 )
Or, 𝑑 (𝑅1 + 𝑅2 ) = 𝑑𝑅1 + 𝑑𝑅2 , D'où l'expression de la différentielle de R qui s'écrit finalement:
𝑑𝑅 𝑑𝑅1 𝑑𝑅2 𝑑𝑅1 𝑑𝑅2
= + − −
𝑅 𝑅1 𝑅2 (𝑅1 + 𝑅2 ) (𝑅1 + 𝑅2 )
𝑑𝑅 ( )
𝑅1 + 𝑅2 𝑑𝑅1 𝑅1 𝑑𝑅1 (𝑅1 + 𝑅2 )𝑑𝑅2 𝑅2 𝑑𝑅2
= − + −
𝑅 (
𝑅1 𝑅1 + 𝑅2 ) (
𝑅1 𝑅1 + 𝑅2 ) (
𝑅2 𝑅1 + 𝑅2 ) 𝑅2 𝑅1 + 𝑅2 )
(

𝒅𝑹 𝑹𝟐 𝒅𝑹𝟏 𝑹𝟏 𝒅𝑹𝟐
= +
𝑹 (
𝑹𝟏 𝑹𝟏 + 𝑹𝟐 ) 𝑹𝟐 𝑹𝟏 + 𝑹𝟐 )
(

On retrouve l'expression de l'incertitude relative en remplaçant les d par les ∆


∆𝑹 𝑹𝟐 ∆𝑹𝟏 𝑹𝟏 ∆𝑹𝟐
= +
𝑹 ( )
𝑹𝟏 + 𝑹𝟐 𝑹𝟏 ( )
𝑹𝟏 + 𝑹𝟐 𝑹𝟐

On sait à partir de l'énoncé de l'exercice que les incertitudes des deux résistances sont égales et ont
pour valeur:
∆𝑅1 ∆𝑅2
= = 10% = 0.1
𝑅1 𝑅2
D'où l'incertitude sur la résistance relative:
∆𝑹 ∆𝑹𝟏 𝑹𝟐 𝑹𝟏 (𝑹𝟏 + 𝑹𝟐 )
= ( + ) = 𝟎. 𝟏 = 𝟎. 𝟏 = 𝟏𝟎%
𝑹 𝑹𝟏 (𝑹𝟏 + 𝑹𝟐 ) (𝑹𝟏 + 𝑹𝟐 ) (𝑹𝟏 + 𝑹𝟐 )

L'application numérique donne ∆𝑹 = 𝟏𝟐𝛀, d'où l'encadrement des valeurs de R, 𝟏𝟎𝟐𝛀 ≤ 𝑹 ≤ 𝟏𝟐𝟔𝛀.

b) Résistances en série
Quand deux résistances sont branchées en série, leur résistance équivalente se calcule:
𝑹 = (𝑹𝟏 + 𝑹𝟐 )
Le calcul de l'incertitude relative et absolue se fait en suivant les mêmes étapes que la question a.

2
Exercice n°3 :
La loi de réfraction pour un rayon lumineux est donnée par n  sin i /sin r , où i et r sont les angles
d’incidence et de réfraction. On mesure i   / 4  310 4 rad et r   /6  310 4 rad.

Calcul de n et de l’incertitude sur n: 


𝜋
sin 𝑖 sin 4 √2 2  
𝑛= = = = 𝟏. 𝟒𝟏𝟏𝟒
sin 𝑟 sin 𝜋 2 1
6

Le calcul différentiel permet de faire le calcul d'incertitude


sin 𝑖
Dans la loi 𝑛 = sin 𝑟 , les variables sont les angles d'incidence et de réfraction i et r. on prend le
logarithme népérien de son expression:
sin 𝑖
ln 𝑛 = ln
sin 𝑟
ln 𝑛 = ln (sin 𝑖) − ln( sin 𝑟)

En différenciant cette relation on obtient:


𝑑(ln 𝑛) = d(ln (sin 𝑖)) − d(ln( sin 𝑟))
Rappel:
𝑑𝑛 1 1 si: 𝑦 = 𝑓(𝑔(𝑥))
= 𝑑 sin 𝑖 − 𝑑 sin 𝑟 alors sa différentielle:
𝑛 sin 𝑖 sin 𝑟 𝑑𝑓
𝑑𝑦 = . 𝑑(𝑔(𝑥))
𝑑𝑥
Or: 𝑑 sin 𝑖 = cos 𝑖 𝑑𝑖
𝑑𝑛 cos 𝑖 𝑑𝑖 cos 𝑟 𝑑𝑟
= −
𝑛 sin 𝑖 sin 𝑟
𝑑𝑛 𝑑𝑖 𝑑𝑟
= −
𝑛 𝑡𝑔 𝑖 𝑡𝑔 𝑟
On passe aux incertitudes et on écrit:
∆𝑛 ∆𝑖 ∆𝑟
= +
𝑛 𝑡𝑔 𝑖 𝑡𝑔 𝑟
∆𝑖 = ∆𝑟 = 3 ∗ 10−4

∆𝒏 𝟏 𝟏 1 √3
𝒏
= ∆𝒊 (𝒕𝒈 𝒊 + 𝒕𝒈 𝒓) = 3 ∗ 10−4 (1 + 1
)=8.19*10−4

∆𝒏
= 𝟖. 𝟏𝟗 ∗ 𝟏𝟎−𝟒 = 𝟎. 𝟎𝟖𝟐%
𝒏

L'application numérique donne ∆𝒏 = 𝟏. 𝟏𝟓𝟔 ∗ 𝟏𝟎−𝟑 d'où l'encadrement des valeurs de n


𝟏. 𝟒𝟏𝟎𝟐 ≤ 𝒏 ≤ 𝟏. 𝟒𝟏𝟐𝟓

Exercice n°4 :

a) Charge résiduelle au bout de 12s :


On souhaite calculer numériquement la charge résiduelle à 12s avec une résistance R de 12000 , une
capacité C 1000 F . Le condensateur est chargé avec une alimentation stabilisée dont la tension E est
12 V.

𝑡 12
−( )
𝑄 = 𝐶𝐸𝑒𝑥𝑝 (− ) = 1000 ∗ 10−6 ∗ 12 ∗ 𝑒 12000∗1000∗10−6
𝑅𝐶

𝑸 ≈ 𝟒. 𝟒 ∗ 𝟏𝟎−𝟑 𝑪

3
b) Calcul des incertitudes
∆𝐶
C 1000 F ; = 10%
𝐶
∆𝐸 10−5
𝐸 = (12 ± 10−5 )𝑉 ; = = 8.3 ∗ 10−7
𝐸 12
∆𝑅
 R 12000 ; 𝑅 = 10%
∆𝑡 0.5
𝑡 = (12 ± 0.5)𝑠 ; =
𝑡 12

On calcule le logarithme de l'équation:


𝑡
𝑄 = 𝐶𝐸𝑒𝑥𝑝 (− )
𝑅𝐶
𝑡
ln 𝑄 = ln 𝐶 + ln 𝐸 −
𝑅𝐶
En différentiant, on obtient l'expression suivante:
𝑑𝑄 𝑑𝐶 𝑑𝐸 𝑑𝑡 1
= + − − 𝑡 𝑑( )
𝑄 𝐶 𝐸 𝑅𝐶 𝑅𝐶
𝑑𝑄 𝑑𝐶 𝑑𝐸 𝑑𝑡 𝑡 𝐶𝑑𝑅 + 𝑅𝑑𝐶
= + − + [ ]
𝑄 𝐶 𝐸 𝑅𝐶 𝑅𝐶 𝑅𝐶

On factorise les termes qui peuvent l'être et on obtient une expression simplifiée:
𝑑𝑄 𝑑𝐶 𝑡 𝑑𝐸 𝑡 𝑑𝑡 𝑑𝑅
= ( + 1) + + ( + )
𝑄 𝐶 𝑅𝐶 𝐸 𝑅𝐶 𝑡 𝑅

On passe finalement aux incertitudes:


∆𝑄 ∆𝐶 𝑡 ∆𝐸 𝑡 ∆𝑡 ∆𝑅
= ( + 1) + + ( + )
𝑄 𝐶 𝑅𝐶 𝐸 𝑅𝐶 𝑡 𝑅

∆𝐸 10−5
L'incertitude relative sur la tension est négligée. 𝐸
= 12
= 8.3 ∗ 10−7
𝑡 12
= =1
𝑅𝐶 12000 ∗ 1000 ∗ 10−6

Alors l'incertitude relative sur la charge Q:


∆𝑄 ∆𝐶 ∆𝑡 ∆𝑅 2 0.5 1
=2 + + = + + ≈ 35%
𝑄 𝐶 𝑡 𝑅 10 12 10

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