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CNUP 2016 Révision 16/06/2020

ITEM 11 : SOINS PSYCHIATRIQUES SANS CONSENTEMENT


Droit de consentir au traitement de manière libre et éclairée et de retirer ce consentement à tout moment : droit
fondamental des patients t article L. 1111-4 du Code de la santé publique
- Lorsque les patients sont hors d’état d’exprimer leur volonté : soins décidés en concertation avec la personne de confiance,
ou à défaut un proche, voire par le corps médical seul en cas d’impossibilité ou d’urgence
- En psychiatrie : les troubles psychiatriques induisent des troubles du jugement, des altérations du rapport à la réalité,
entravant la capacité des patients à consentir aux soins t soins librement consentis dans la majorité des cas (75% des
hospitalisations), ou « sous contraintes » (80 000 personnes/an en France)
- Loi « Esquirol » de 1838 (restée en vigueur pendant 150 ans) : admission en établissement psychiatrique « volontaire »
Législation

(contrainte à la demande de l’entourage familial) ou « d’office » (par arrêté préfectoral)


- Repris par la loi de 1990 : « hospitalisation à la demande d’un tiers » et « hospitalisation d’office »
- Loi du 5 juillet 2011 relative aux droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques, modifiée
en septembre 2013
- Remplacement des terme « hospitalisation à la demande d’un tiers » (HDT) et « d’office » (HO) par les termes
Nouveautés de la loi de 2011

« admissions en soins psychiatriques à la demande d’un tiers » (ASPDT) ou « du représentant de l’état » (ASPDRE)
- Période initiale d’observation et de soins de 72h en milieu hospitalier, suivi soit d’une hospitalisation complète (en
cas de nécessité de surveillance médicale constante) soit d’un programme de soins
- Instauration d’un contrôle des mesures par une autorité judiciaire, le juge des libertés et de la détention, dans un
délai de 12 jours à compter de l’admission, saisi systématiquement après un délai de 8 jours par le directeur de
l’établissement (ASPDT) ou le représentant de l’Etat (ASPDRE), ou avant par le patient ou toute personne agissant dans
son intérêt, contestant le bien-fondé de la mesure ou de ses modalités
- Création d’une nouvelle modalité d’admission en soins psychiatriques pour les situations relevant d’une ASPDT mais
sans demande de tiers: « admission en soins psychiatriques en cas de péril imminent » (ASPPI) en cas de péril
imminent pour la santé de la personne, sur la base d’un unique certificat médical
t Relève d’une décision du directeur de l’établissement d’accueil (pour les ASPDT et ASPPI) ou d’un arrêté du
représentant de l’Etat dans le département (pour les ASPDRE)
- ASPDT/ASPPI : - Etat mental nécessitant des soins immédiats et une surveillance médicale constante/régulière
Indication

- Troubles mentaux rendant impossible le consentement


- ASPDRE : - Troubles mentaux nécessitant des soins
- Compromettant la sûreté des personnes ou portant atteinte de façon grave à l’ordre public
- En pratique : épisode dépressif caractérisé avec velléités suicidaires, crise clastique avec éléments psychotiques,
troubles du comportement des patients maniaques…
- Obligation pour le patient de recevoir les soins proposés
- Respect des règles déontologiques et éthiques en vigueur
Conditions générales

- En cas de restrictions à l’exercice des libertés individuelles du patient : adaptées, nécessaires et proportionnées
- Respect de la dignité des patients en toutes circonstances, et recherche de leur réinsertion
- Seuls certains établissements autorisés en psychiatrie sont habilités à accueillir des patients sans consentement :
désignés par le directeur général de l’ARS, après avis du représentant de l’Etat dans le département
- En cas de prise en charge dans un établissement non-habilité (service d’urgences d’un hôpital général…) : délai
maximum de 48h pour instaurer une procédure de soins psychiatriques sans consentement, transport vers un
établissement habilité après établissement d’un certificat médical et de la demande du tiers en cas d’ASPDT
- Certificats : - Instauration des mesures : établi par tout médecin thésé inscrit au Conseil de l’Ordre
- Certificats suivants : médecins psychiatres seulement
- Demande manuscrite présentée par un membre de la famille du malade, ou toute personne justifiant de
l’existence de relations avec le malade antérieures à la demande de soins et lui donnant qualité d’action
pour l’intérêt du malade (à l’exclusion des personnels soignants exerçant dans l’établissement prenant en
Modalités d’ instauration

charge le malade), accompagnée d’un justificatif de l’identité du demandeur (copie d’une pièce d’identité)
t Le tuteur/curateur d’un majeur protégé peut faire une demande de soins pour celui-ci en fournissant un
extrait de jugement de mise sous tutelle ou curatelle
- Vérification de la conformité de la demande et décision d’admission par le directeur de l’établissement
ASPDT
- 2 certificats médicaux circonstanciés datant de moins de 15 jours, attestant d’un état mental nécessitant
classique des soins immédiats avec une surveillance médicale constante ou régulière, et du fait que les troubles
mentaux rendant impossible le consentement
- 1er certificat : médecin n’exerçant pas dans l’établissement d’accueil
- 2nd certificat : médecin pouvant exercer dans l’établissement d’accueil, confirme le 1er certificat
t Les 2 médecins ne peuvent être parents ou alliés, au 4e degré inclusivement, ni entre eux, ni du
directeur de l’établissement d’accueil prononçant la décision d’amission, ni de la personne ayant demandé
les soins ou de la personne faisant l’objet des soins

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= En cas d’urgence, lorsqu’il existe un risque grave d’atteinte à l’intégrité du malade


ASPDT
- Admission par le directeur de l’établissement, à titre exceptionnel, au vu d’1 seul certificat médical,
d’urgence rédigé par un médecin exerçant ou non dans l’établissement
= En cas d’obtention impossible d’une demande de la part d’un tiers et de péril imminent pour la santé
de la personne à la date d’admission
- Admission par le directeur de l’établissement au vu d’1 seul certificat, par un médecin n’appartenant
ASPPI pas à l’établissement de soins exposant les raisons d’obtention impossible de demande de tiers
- Obligation d’informer, dans un délai de 24h (sauf difficultés particulières), la famille de la personne
faisant l’objet des soins, ou dans le cas échéant de la personne chargée de la protection juridique de
l’intéressé, ou à défaut toute personne justifiant de l’existence de relations avec la personne
Modalités d’ instauration

= Lorsque les troubles mentaux nécessitent des soins et compromettent la sûreté des personnes ou
portent atteinte de façon grave à l’ordre public
- Prononcé par arrêté préfectoral du département, désignant l’établissement qui assure la PEC
- 1 seul certificat nécessaire, d’un médecin n’appartenant pas à l’établissement d’accueil
t En cas de danger imminent pour la sûreté des personnes = par arrêté du maire (ou d’un commissaire
de police de Paris), sur la base d’un avis médical nécessaire et suffisant (et non un certificat) : mesure
ASPDRE
provisoire, devant être référée dans les 24h au représentant de l’Etat du département, qui statut sans
délai et prononce un arrêté d’ASPDRE s’il y a lieu, caduques au bout de 48h en l’absence de décision du
représentant de l’Etat
t Transformation possible d’ASPDT ou ASPPI en ASPDRE par un certificat du psychiatre de
l’établissement d’accueil, attestant que l’état mental de la personne nécessite des soins et compromet la
sûreté des personnes ou porte atteinte de façon grave à l’ordre public
- Identité du médecin et du patient (sans mettre l’identité du tiers), daté, signé
- Référence à l’article du Code de la Santé Publique : - ASPDT : L3212-1 (ASPDT), L3212-3 (ASPDTu)
- ASPPI : L3212-1-II-2
Certificat
- ASPDRE : L3213-1 (ASPDRE) ou L3213-2 (ASPDREu)
- Eléments cliniques justifiant l’hospitalisation (sans mettre le diagnostic psychiatrique)
- Mention de l’impossibilité de consentir aux soins
= Période initiale de soins et d’observation de 72h
- Sous forme d’hospitalisation complète nécessairement : aucun programme de soins ne peut être instauré avant la fin
- ≥ 1 examen médical somatique obligatoire dans les 24h, sans rédaction de certificat (noté dans le dossier)
Période initiale de 72h

- ≥ 2 examens psychiatriques obligatoires avec rédaction de 2 certificats médicaux par un psychiatre de


l’établissement : dans les 24h (J1) et au cours du 3e jour (J3)
t Le psychiatre rédigeant les 2 certificats ne doit pas être celui qui a rédigé le certificat ou l’un des 2 certificats sur
lesquels la décision d’admission a été prononcée
t En cas d’ASPDT en urgence, ASPPI ou ASPDRE : 2 psychiatres différents doivent rédiger les certificats de 24h et 72h
- En cas de nécessité de maintenir les soins psychiatriques sur les 2 certificats médicaux : proposition justifiée dans le
certificat de 72h de la forme de prise en charge (hospitalisation complète ou programme de soins)
- Levée de mesure possiblement demandée à tout moment par le psychiatre de l’établissement d’accueil s’il juge que
les conditions ne sont pas réunies pour justifier de la mesure de contrainte
= Justifiée en cas de nécessité d’une surveillance médicale constante
Autorisations de sortie de courte durée possibles, quel que soit le type de mesure d’admission,
pour favoriser la guérison, la réadaptation, la réinsertion sociale ou des démarches extérieures
- Sortie accompagnée < 12h : patient accompagné pendant toute la durée par un/plusieurs
membres du personnel de l’établissement, un membre de sa famille ou une personne de confiance
Hospitalisation
- Sorties non accompagnées < 48h
complète
- Autorisation de sortie délivrée par le directeur de l’établissement d’accueil, après avis favorable
continue
Maintien après 72h

d’un psychiatre de l’établissement


- En ASPDT : information du tiers de l’autorisation de sortie (en cas de sortie non accompagnée)
- En ASPDRE : transmission au représentant de l’Etat de la demande d’autorisation au plus tard 48h
avant la sortie, qui peut faire opposition par écrit jusqu’à 12h avant la sortie
t Le représentant de l’Etat ne peut imposer aucune mesure complémentaire
= Soins ambulatoires, soins à domicile, hospitalisation à domicile, ou séjours à temps partiel ou de
courte durée à temps complet dans l’établissement d’accueil
- Etabli par écrit, ne peut être modifié que par un psychiatre de l’établissement d’accueil
Programme de - Définit les types de soins, leur périodicité, les lieux de soins, la prise d’un TTT médicamenteux
soins t Ne comporte aucun renseignement sur la maladie, le diagnostic ou le nom des médicaments
t Aucune mesure de contrainte ne peut être mise en œuvre à l’égard d’un patient pris en charge
dans le cadre d’un programme de soins : évaluer la capacité du patient à adhérer et respecter le
programme

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- Passage d’une hospitalisation complète à un programme de soins possible à tout moment :


certificat médical circonstancié et rédaction du programme de soins, en concertation avec le patient
- Passage d’un programme de soins vers une hospitalisation complète possible (mais non
systématique) en cas de non respect du programme de soins par le patient : certificat médical
circonstancié adressé au directeur de l’établissement, après examen de la personne ou avis établi sur
le dossier médical
ASPDT/ - Modification de la forme de prise en charge par le directeur de l’établissement, sur la
ASPPI base du certificat ou de l’avis médical
Passage d’une
Passage d’une hospitalisation complète à un programme de soins :
forme de soins
- Notification au représentant de l’Etat dans les 24h par le directeur de l’établissement,
à l’autre
qui statue dans un délai de 3 jours après réception du certificat, en tenant compte de
l’avis médical et des exigences liées à la sûreté des personnes et à l’ordre public
Maintien après 72h

- En cas de non accord avec l’avis psychiatrique : examen du patient par un 2nd
ASPDRE psychiatre avec un avis sur la nécessité d’hospitalisation complète dans un délai de 72h
- Si les 2 avis psychiatriques concordent : passage en programme de soins ordonné par le
représentant de l’Etat
- Si les 2 avis psychiatriques diffèrent : hospitalisation complète maintenue, avec saisie
du juge des libertés et de la détention par le directeur de l’établissement afin de statuer
dans un délai bref
- ASPDT/ASSPI : mesures maintenues par le directeur de l’établissement, sur décision médicale, pour
des périodes d’1 mois renouvelables
- ASPDRE : mesures maintenues par une durée d’1 mois à compter de la fin de la période initiale de
Modalités de 72h, puis pour une nouvelle durée de 3 mois, puis pour des périodes maximales de 6 mois
maintien de la renouvelables (ne préjugeant pas d’une éventuelle levée de la mesure dans l’intervalle)
mesure - Etablissement mensuel d’un certificat médical circonstancié par un psychiatre de l’établissement,
(hospitalisation confirmant ou infirmant la poursuite des soins ou la forme de prise en charge (ou sur la base du
ou programme dossier médical lorsqu’il ne peut être procédé à l’examen de la personne malade)
de soins) - En cas de maintien des soins sur une période continue > 1 an : évaluation médicale approfondie de
l’état mental par un collège de 3 membres du personnel de l’établissement (1 psychiatre et 1
représentant de l’équipe pluridisciplinaire participant à la prise en charge du patient + 1 psychiatre ne
participant pas à la prise en charge), avec recueil de l’avis du patient, renouvelé tous les ans
t Toute situation d’hospitalisation complète doit faire l’objet d’un examen par le juge des libertés et de la détention
du tribunal de grande instance dont dépend l’établissement d’accueil
- Dans un délai de 12 jours suivant l’admission (ou la réintégration en cas de passage d’un programme de soins à une
hospitalisation complète)
- Tous les 6 mois tant que l’hospitalisation complète se prolonge
- Juge préalablement saisi par le directeur de l’établissement (ASPDT/ASPPI) ou le représentant de l’Etat (ASPDRE) dans
un délai de 8 jours après l’admission ou la réadmission, accompagné d’un avis médical d’un psychiatre de
l’établissement, ou du collège pluridisciplinaire après 1 an d’hospitalisation complète (ou dans le cas échéant les motifs
médicaux faisant obstacle à l’audition du patient car ils nuiraient à son intérêt)
- Lieu : - Salle aménagée selon les consignes définies par la loi, située dans l’établissement de santé
Contrôle judiciaire

- Tribunal de grande instance sur décision du juge


- Cour d’appel en cas d’audience d’appel
- Débat public, mais peut avoir lieu en chambre du conseil sur décision du juge ou demande du
Déroulement patient ou de son représentant
de l’audience - Présence obligatoire d’un avocat assistant ou représentant le patient, choisi ou commis d’office
- Sans possibilité de recours à une visioconférence
- Débat contradictoire
- Convoqués : patient, directeur de l’établissement d’accueil/représentant de l’Etat, tiers si ASPDT
t Le tiers et le patient n’ont aucune obligation de se rendre à l’audience
= Ordonnance du juge rendue dans les suites immédiates de l’audience :
- Statue sur le maintien de la mesure dans sa forme d’hospitalisation complète, la levée de
l’hospitalisation complète (laissant la possibilité d’instaurer un programme de soins) ou la levée
Décision du
totale de la mesure
juge
- Le juge est seul souverain de sa décision (sauf cas particulier : situations avec irresponsabilité
pénale) : non tenu de suivre l’avis médical, peut ordonner une expertise (non obligatoire)
- Transmise aux parties : au patient et au directeur de l’établissement/représentant de l’Etat

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= Le patient ou le directeur de l’établissement/représentant de l’Etat peuvent faire appel de


Contrôle judiciaire l’ordonnance rendue devant le 1er président de la cour d’appel ou son délégué
- Appel non suspensif (la décision du juge doit être mise en application) sauf en cas de risque grave
Voies de d’atteinte à l’intégrité du malade ou d’autrui = demande d’appel dans les 6h, mentionnant le risque
recours grave d’atteinte à l’intégrité du malade ou d’autrui, transmise par le procureur de la République au 1er
président de la cour d’appel ou son délégué, pouvant déclarer le recours suspensif
- Délai bref de réponse par le 1er président de la cour d’appel ou son délégué : 3 jours en cas d’appel
suspensif ou 14 jours en cas de demande d’expertise préalable à la nouvelle audience
= Certificat médical circonstancié d’un psychiatre de l’établissement, mentionnant l’évolution ou la
disparition des troubles ayant justifié des soins
- Information du patient de la nécessité de poursuivre son traitement en soins libres
- ASPDT/ASPPI : mesure levée par le directeur de l’établissement dès la proposition du psychiatre
Sur avis
- ASPDRE : mesure levée par le représentant de l’Etat, après avis psychiatrique référé par le directeur
psychiatrique de l’établissement au représentant de l’Etat dans les 24h, qui statue dans un délai de 3 jours
t En cas de non accord du représentant de l’Etat : 2nd avis psychiatrique dans les 72h, avec levée de
la mesure si les avis concordent et maintien de la mesure si les avis diffèrent (et saisie du juge des
libertés par le directeur de l’établissement d’accueil)
= Levée de la mesure de soins sans consentement ou d’hospitalisation complète par le juge des
Sur
libertés et de la détention
ordonnance
- En cas de levée de l’hospitalisation complète : poursuite de la mesure sous forme d’un programme
du juge de soins sur décision du psychiatre, avec délai de 24h durant lequel le patient reste hospitalisé
= Commission Départementale des Soins Psychiatriques :
- Examen de toute personne faisant l’objet de soins psychiatriques dont elle reçoit réclamation
- Examen systématique de toute personne admise en ASPPI ou dont les soins sont prolongés > 1 an
- Peut prononcer la levée de la mesure de soins psychiatriques, qui doit être suivi par le directeur
A la demande - 2 psychiatre : 1 désigné par le procureur général près de la cour d’appel, l’autre
Modalités de levée

de la CDSP par le représentant de l’Etat


- 1 magistrat : désigné par le président de la cours d’appel
Composition
- 2 représentants d’associations agréées comme personnes malades et familles de
personnes malades : désignés par le représentant de l’Etat
- 1 médecin généraliste : désigné par le représentant de l’Etat
= ASPDT/ASPPI : levée de la mesure de soins psychiatriques par le directeur de l’établissement si
demandée par toute personne remplissant les conditions d’un tiers (toute personne justifiant de
l’existence de relations antérieures avec le malade), non nécessairement celui ayant signé la
demande
- Non tenu de faire droit à cette demande en cas de certificat médical ou d’avis médical établi par
A la demande
un psychiatre de l’établissement, datant de < 24h, attestant que l’arrêt des soins entraînerait un péril
d’une tierce
imminent pour la santé du patient : information par écrit du refus au demandeur, en lui indiquant les
personne voies de recours prévues auprès du juge des libertés et de la détention
- En cas de certificat médical ou d’avis médical établi par un psychiatre de l’établissement datant de <
24h, attestant que l’état mental du patient nécessite des soins et compromet la sûreté des personnes
ou porte atteinte de façon grave à l’ordre public, le directeur de l’établissement peut informer le
représentant de l’Etat qui peut prendre un arrêté transformant la mesure en ASPDRE
= Saisie du juge des libertés et de la détention pour des anomalies sur la forme de la mesure :
t Toute anomalie n’entraîne pas systématiquement la levée de la mesure
Pour défauts - Levée de la mesure d’hospitalisation complète si le juge n’a pas statué dans les délais prévus par la
dans les loi, ou s’il n’a pas été saisi dans les délais impartis (sauf circonstance exceptionnelle)
procédures t En cas de défaut de production d’un des certificats médicaux, des avis ou attestations prévues par
la loi, ou d’absence de décision du représentant de l’Etat : levée de la mesure de soin sans nécessité
de recourir aux autorités judiciaires
= Admission en ASPDRE, uniquement en hospitalisation complète, des personnes détenues
nécessitant des soins psychiatriques sans consentement
Cas particuliers

- Certificat médical initial par un psychiatre hors établissement d’accueil, adressé au représentant
Personnes de l’Etat du département de l’établissement pénitentiaire d’affection du détenu
détenues - Hospitalisation en établissement habilité : unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA)
- Transport aller sous la charge de l’établissement de soin, et retour par l’administration
pénitentiaire
- Modalités d’hospitalisation selon les obligations de soins et de détention

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- Décision de justice d’irresponsabilité pénale pour cause de troubles mentaux


- 2 modalités d’ASPDRE : par les autorités judiciaires directement, ou par
signalement au représentant de l’Etat (avec obligation d’en informer la
Modalités
personne concernée)
d’instauration
- Nécessite une expertise psychiatrique figurant au dossier de la procédure,
Cas particuliers d’ ASPDRE

établissant que les troubles mentaux nécessitent des soins et compromettent


la sûreté des personnes ou portant atteinte de façon grave à l’ordre public
Situation Cas général - Modalités d’applications identiques à toute ASPDRE
d’irresponsabilité
En cas de procédure judiciaire concernant des faits punis de ≥ 5 ans
pénale d’emprisonnement en cas d’atteinte aux personnes ou ≥ 10 ans en cas
d’atteinte aux biens : dispositions spécifiques plus contraignantes
- Contrôle par le JLD : aucun contrôle à 12 jours, contrôle tous les 6 mois, avis
Cas particulier de collège (et non d’un seul psychiatre) préalable à l’audience, décision de
levée de la mesure seulement après 2 expertises psychiatriques
- Passage en programme de soins : nécessite l’avis du collège pluridisciplinaire
- Levée de la mesure : après avis du collège pluridisciplinaire et des conclusions
concordantes de 2 expertises, dans un délai de 72h suite à l’avis du collège
- Obligation légale d’information au patient de toutes décisions prises par les médecins, directeurs
Information d’établissement ou représentants de l’Etat
du patient - Avant toute décision, l’avis du patient sur la mesure de soins et ses modalités doit être recherché et
pris en considération dans la mesure du possible
- Dès l’admission ou aussitôt que son état le permet, le patient doit être informé de sa situation
juridique, de ses droits, des voies de recours qui lui sont ouvertes, et des garanties offertes
- Possibilité de saisir à tout moment : le juge des libertés et de la détention, la Commission des
Voies de
relations avec les usagers et de la qualité de la prise en charge de l’établissement d’accueil ou la
recours
Commission départementale des soins psychiatriques
Droits des patients

- Droit de communication avec les députés, les sénateurs et les représentants au Parlement européen
élus en France, ainsi qu’avec le Contrôleur général des lieux de privation de liberté
- Prendre conseil d’un médecin ou d’un avocat de son choix
- Emettre ou recevoir des courriers
- Consulter le règlement intérieur de l’établissement et recevoir les explications s’y rapportant
Droits
- Exercer son droit de vote
préservés
- Se livrer aux activités religieuses ou philosophiques de son choix
t Au décours de la mesure : conserve la totalité de ses droits et devoirs civiques sans que ses
antécédents psychiatriques puissent lui être opposés (sauf instauration d’une mesure de protection)
t Aucune mesure de protection ne découle de manière systématique des mesures de soins
Obligation de
psychiatriques sans consentement
protection
- Tout médecin de l’établissement constatant la nécessité pour le patient d’être protégé dans les actes
par
de la vie civile est légalement tenu d’en faire déclaration obligatoire au procureur de la République
sauvegarde
afin de placer le malade sous sauvegarde de Justice
de justice
- Le représentant de l’Etat doit être informé par le procureur de la mise sous sauvegarde
- En ASPDT, le tiers doit être informé de toute modification dans la forme de la prise en charge, des sorties de courte
durée non-accompagné et de la levée de la mesure
Information de tiers

- Les certificats médicaux rédigés dans le cadre des soins sous contraintes sont transmis au directeur de l’établissement
d’accueil, le représentant de l’Etat du département (ou préfet de police à Paris), et la commission départementale des
soins psychiatriques
- Le procureur de la République près le tribunal de grande instance dans le ressort de l’établissement d’accueil ou du
lieu de résidence du patient doit être informé de l’instauration et de la levée de la mesure
- En ASPDRE, le représentant de l’Etat avise de toute décision le maire de la commune de l’établissement d’accueil et le
maire de la commune du lieu de résidence du patient, la famille de la personne, et le cas échéant la personne chargée
de protection juridique
- Par un psychiatre n’appartenant pas à l’établissement d’accueil
- Choisi par le représentant de l’Etat sur une liste établie par le procureur de la République après
Autres

Expertise
avis du directeur général de l’ARS, ou à défaut sur la liste des experts inscrits près la cour d’appel
psychiatrique t Le représentant de l’état peut ordonner à tout moment l’expertise psychiatrique des personnes
faisant l’objet d’une ASPDRE, indépendamment des circonstances

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- Les établissements habilités à recevoir les patients sous contraintes sont visités sans publicité
préalable au moins 1 fois par an par le représentant de l’Etat ou son représentant, par le président
du tribunal de grande instance ou son délégué, par le procureur de la République et par le maire
Autres

Visites des de la commune ou son représentant


établissements - Lors de cette visite, ces autorités reçoivent les réclamations des personnes admises en soins
psychiatriques sans consentement ou de leur conseil et procèdent à toute vérifications utiles
- Les députés, sénateurs et représentants au Parlement européen élus en France sont aussi
autorisés à visiter à tout moment les établissements
- Décision d’admission en soins psychiatriques ou de levée de mesure demandées, selon les
situations, par les personnes titulaires de l’exercice de l’autorité parentale ou par le tuteur
- Information et consentement du mineur : son consentement doit être systématiquement
recherché s’il est apte à exprimer sa volonté et participer à la décision
Cas général
- En cas d’urgence : soins possibles du mineur sans consentement des titulaires d’autorité parentale
- En cas de désaccord entre les titulaires de l’autorité parentale : saisi du juge aux affaires familiales
- Peuvent faire l’objet d’une mesure d’ASPDRE prononcée par le représentant de l’Etat si les
conditions sont réunies ou pour les mineurs détenues
Hospitalisation des mineurs

Ordonnance de placement provisoire (OPP) : placement d’un mineur non émancipé auprès d’une
personne (un parent, autre membre de la famille ou tiers digne de confiance) ou dans une structure
(service départemental de l’aide sociale à l’enfance, service ou établissement habilité à l’accueil de
mineurs à la journée, services ou établissement sanitaire ou d’éducation, ordinaire ou spécialisé)
- Décision prise par le juge des enfants lorsque la santé, la sécurité ou la moralité du mineur sont en
Hospitalisation danger ou si les conditions de son éducation ou son développement sont gravement compromises,
par ou si urgence par le procureur de la République (avec saisie dans les 8 jours du juge des enfants)
ordonnance de t Le mineur peut être confié à un établissement de soins psychiatriques à des fins d’évaluation
placement et/ou de traitement spécialisé :
provisoire - Après évaluation médicale préalable par un médecin extérieur à l’établissement
- Pour une durée < 15 jours, pouvant être renouvelée après avis médical d’un psychiatre de
l’établissement d’accueil pour une durée d’1 mois renouvelable
- Les parents conservent un droit de correspondance, de visite et d’hébergement selon les
modalités fixés par le juge, sauf en cas de suspension provisoire, de droit de visite seulement en
présence d’un tiers de l’établissement d’accueil, voire un anonymat du lieu d’accueil

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SOINS PSYCHIATRIQUES SOUS CONTRAINTE


- Etat mental nécessitant des soins immédiats et/ou une surveillance médicale constante ou régulière
- Troubles mentaux rendant impossible le consentement

ASPDT ASPDTu ASPPI ASPDRE ASPDREu


Type
L3212-1 L3212-3 L3212-1-II-2 L3213-1 L3213-2

Compromettant la
Risque grave Péril imminent pour
Consentement d’un sûreté des personnes Danger imminent pour
Indication d’atteinte à la santé
tiers Atteinte de façon la sûreté des personnes
l’intégrité du malade Absence de tiers
grave à l’ordre public

1 certificat hors Arrêté municipal


Demande Demande + 1 certificat ou avis
établissement
manuscrite de tiers manuscrite de tiers + 1 certificat hors médical hors
+ pièce d’identité pièce d’identité établissement établissement
Modalité t Obligation
+ + +
d’informer un tiers t Arrêt préfectorale
2 certificats, dont 1 1 certificat hors ou Arrêté préfectoral
dans un délai de dans les 48h : passage
hors établissement dans l’établissement
24h en ASPDRE

Décision du Directeur de l’établissement Arrêté préfectoral


Hospitalisation initiale

t Hospitalisation complète pendant 72h, dans un établissement autorisé en psychiatrie (liste de l’ARS)
ou transfert dans les 48h en établissement autorisé en cas de PEC initial dans un établissement non habilité
1 certificat par psychiatre de l’établissement ≠ du certificateur initial
24h
1 examen somatique noté dans le dossier médical
1 certificat avec avis motivé par psychiatre ≠ du certificateur initial
72h
(≠ du psychiatre ayant rédigé le certificat de 24h si ASPDTu, ASPPI ou ASPDRE)
Systématique dans un délai de 12 jours, saisi dans un délai de 8 jours
Saisie du
A tout moment par demande du patient
JLD
Tout les 6 mois en cas d’hospitalisation complète
Mesure maintenue par RDE pour durée d’1
Mesure maintenue par le directeur pour des périodes d’1 mois
mois, puis 3 mois, puis périodes de 6 mois
Maintien
Certificat médical circonstancié par un psychiatre de l’établissement tous les mois
Evaluation par un collège pluridisciplinaire (2 psychiatres dont 1 hors PEC + 1 soignant) tous les ans
= Nécessité de surveillance médicale constante
Hospit-
Autorisation de sortie : accompagnée < 12h ou non accompagnée < 48h
alisation
complète Demande au RDE 48h avant la sortie :
Information du tiers de l’autorisation de sortie
opposition jusqu’à 12h avant la sortie
= Soins ambulatoires, à domicile, hospitalisation à domicile, séjour à temps partiel ou complet de courte durée
Pro-
Etablit par écrit, modifiable seulement par un psychiatre de l’établissement
gramme
Définit : types de soins, périodicité, lieux, prise d’un traitement médicamenteux
de soins
t Aucun renseignement sur la maladie, le diagnostic ou le nom des médicaments
Notification au RDE : statue en 3 jours
Modifi- t 2nd avis psychiatrie si désaccord
Certificat ou avis médical
cation t Hospitalisation maintenue si 2 avis
psychiatriques différent, avec saisie du JLD
Avis psychiatrique avec certificat médical circonstancié Avis psychiatrique avec certificat médical
circonstancié, après avis du RDE dans un délai
A la demande d’un tiers (non forcément signataire de la demande de 3 jours
d’admission) t non tenu de lever la mesure si certificat ou avis t 2nd avis psychiatrique si désaccord
Levée de psychiatrique < 24h attestant des conditions nécessaires pour t Maintien de la mesure si désaccord du 2nd
mesure passer en ASSPI ou ASPDRE psychiatre, avec examen par JLD
Sur ordonnance du juge
A la demande de la CDSP : examen systématique si ASPPI ou soins > 1 an, ou à la demande du patient
Pour défaut dans la procédure : défaut de production de certificat ou d’avis ou absence de prise de décision du RDE

CODEX.:, S-ECN.COM

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