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FICHE RÉGIME GÉNÉRAL DES OBLIGATIONS

SUJET DE DROIT = personne physique ou morale qui détient une personnalité juridique et qui se voit
reconnaitre le pouvoir d’agir sur la scène juridique. Tous les sujets de droit possèdent un patrimoine (le
pouvoir de nouer des relations juridiques, le pouvoir d’agir, contient des droits et des obligations).

LA PREUVE DES OBLIGATIONS


Le code civil traite de la preuve judiciaire (une partie relève de la procédure civile donc une partie de la
reglementation se trouve dans le code de procédure civile).

Principe de la charge de la preuve


La question de la charge de la preuve ne présente d’intérêt que quand le juge a un doute -lorsqu’une partie
n’a pas réussi à le convaincre-.
Article 1353 du code civil : « celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver. Réciproquement,
celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l’extinction de son obligation ».
Cet article ne s’applique qu’à la charge de la preuve d’une exécution d’une obligation. La jurisprudence a
élargie la portée de ce texte et applique ce texte à d’autres questions que l’exécution d’une obligation.

Les présomptions légales


Article 1354 du code civil: « la presomption que la loi attache à certains actes ou à certains faits en les tenant
pour certaines dispenses celui au profit duquel elle existe d’en rapporter la preuve. Elle est dite simple,
lorsque la loi réserve la preuve contraire, et peut alors être renversée pour tout moyen de preuve; elle est dite
mixte, lorsque la loi limite les moyens par lesquels elle peut être renversée ou l’objet sur lequel elle peut être
renversée; elle est dite irréfragable lorsqu’elle ne peut être renversée ».

Cet article défini la présomption (=mécanisme d’allègement du fardeau probatoire)>


-présomption simple : l’une des parties peut apporter la preuve contraire.
-présomption mixte : les moyens de preuves nécéssaires pour renverser la présomption sont ceux
définis par la loi.
-présomption irréfragable : ne peut être contestée, aucune preuve ne peut la réfuter.
Les présomptions irréfragables exclues tout mode de preuve contraire. L’article 1354 définit uniquement les
présomptions légales, pourtant il existe des présomptions judiciaires. En France, le juge ne peut créer du
droit, donc lorsqu’il crée une presomption, il ne fait qu’interpréter la loi = présomption légale.

Exemple de présomptions irréfragable : article 1355 du code civil : « l’autorité de la chose jugée n’a lieu qu’à
l‘égard de ce qui a fait l’objet du jugement. Il faut que la chose demandée soit la même; que la demande soit
fondée sur la même cause; que la demande soit entre les mêmes parties, et formée par elles et contre elles
en la même qualité ». Càd que lorsqu’un jugement/décision tranche un litige entre deux parties, l’autorité
attachée à cette décision interdit de renouveler le débat. Il s’agit ici des dispositifs et non pas réellement de
la preuve.

Les conventions de la preuve


Article 1356 du code civil: « les contrats sur la preuve sont valables lorsqu’ils portent sur des droits dont les
parties ont la libre disposition. Néanmoins, ils ne peuvent contredire les présomptions irréfragables établies
par la loi, ni modifier la foi attachée à l’aveu ou au serment. Ils ne peuvent davantage établir au profit de l’une
des parties une présomption irréfragable ».

Les parties peuvent conclure des contrats sur les preuves, peuvent aménager le débat probatoire qui pourra
avoir lieu entre elles. Tous les sujets de droit ont un patrimoine avec des droits patrimoniaux (réels ou
personnels) qui peuvent faire l’objet d’opération juridique.

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Principe de libre disposition de ces droits. Sauf qu’il existe des droits considérés comme indisponibles > qui
ne peuvent faire l’objet de convention, ce sont des droits d’ordre public (càd qu’ils échappent à la volonté
des parties). On ne peut pas aménager de régime probatoire dans ces droits.
Cet article pose des limites supplémentaires relatives aux conventions portant sur la preuve > les conventions
sur le preuve ne peuvent pas contredire les présomptions irréfragables. Les parties ne peuvent créer une
présomption irréfragable > il n’est pas possible de méconnaître la force probante attachée à l’aveu.

L’ADMISSIBILITÉ
Comment prouver qu’une personne est créancière ? Deux systèmes d’admissibilité de la preuve:
-preuve légale (que le législateur fixe)
-preuve morale (où le juge décide quelle preuve est la meilleure).
Le droit français a très tôt adopté un système énonçant qu’une obligation de préconstituer la preuve est
nécéssaire. Obligation d’établir un écrit au moment où l’obligation est créée. Cette obligation de
préconstituer la preuve ne concerne que les relations économiques non commerciales. L’obligation de
préconstitution ne résulte que des obligations qui résultent de la volonté des parties (=obligations
contractuelles). Ne concerne que les actes juridiques et donc le contrat > adage : nul ne peut se constituer
de preuve à soi-même. Pour les faits juridiques toutes les preuves sont admissibles.

>article 1358 du code civil : « hors les cas où la loi en dispose autrement, la preuve peut être
apportée par tout moyen ».
>article 1359 du code civil : « l’acte juridique portant sur une somme ou une valeur excédant un
montant fixé par décret doit être prouvé par écrit sous signature privée ou authentique. Il ne peut être prouvé
outre ou contre un écrit établissant un acte juridique, même si la somme ou la valeur n’excède pas ce
montant, que par un autre écrit sous signature privée ou authentique. Celui dont la créance excède le seuil
mentionné au premier alinéa ne peut pas être dispensé de la preuve par écrit en restreignant sa demande. Il
en est de même de celui dont la demande, même inférieure à ce montant, porte sur le solde ou sur une
partie d’une créance supérieure à ce montant ».

L’obligation de préconstitution ne concerne que les contrats civils, les contrats commerciaux échappent
toujours à cette obligation. La force probante de l’écrit vaut pour tout ecrit sous seing privé ou authentique.
Le législateur enonce des exceptions à l’exigence d’un écrit préconstitué à l’article 1360 :
-L’usage (=paratique, habitude d’agir) c’est dans le cadre professionnel qu’on le retrouve. Cette règle
d’usage existe entre commerçant/artisan.
-Force majeure/impossibilité morale ou matérielle de se procurer l’écrit
Il y a des modes de preuve toujours admissibles (aveu/serment).

Mode de preuve
La preuve parfaite qui est toujours admissible et dont la force probante lie le juge.
La preuve imparfaite (le témoignage, présomptions, aveu extra-judiciaire) qui est admissible sous condition,
soumise à la libre appréciation du juge.
Reine des preuves = ecrit (=suite de signes intelligibles), ne peut pas avoir été établie par celui qui s’en
prévaut. -écrit authentique : dressé par un officier public, investie de la confiance publique. Toutes les
constatations de l’officier public sont présumées vraies.
-écrit sous signature privée/sous seing: pas d’officier public, il s’agit d’un écrit qui tire sa force
probante de l’apposition de la signature des cocontractants. Manifestation des consentements. On dit que la
date d’un acte sous seing privé n’est opposable aux tiers que s’il s’agit d’une date certaine. La date est
certaine quand il ya impossibilité de l’antidater (règle ne valant qu’à l’égard des tiers car entre les parties dès
lors qu’il y a eu vérification d’écriture, l’écrit fait pleinement office de preuve).

Il existe une autre catégorie d’écrit qui est important > les quittances. Et d’autres modes de preuves parfaites
> l’aveu + le serment.

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LES MODALITÉS LIÉES AU TEMPS : LE TERME ET LA CONDITION
Ces elements sont liés à la naissance de l’obligation
Le terme (=évènement certain) La condition (=évènement incertain)

Affecte l’exigibilité de l’obligation -affecte l’existence de l’obligation


Terme suspensif Article 1304 : « l’obligation est conditionnelle lorsqu’elle depend
-évènement futur et certain qui suspend l’exigibilité (= caractère d’un evenement futur et incertain »
d’une dette qui est venue à son terme et qui peut en cas de non Condition suspensive
paiement faire l’objet d’une mise en demeure) jusqu’à sa La condition est un evenement futur et incertain qui dépend de
réalisation. la naissance de l’obligation. Cette condition suspensive permet
-octroi un délai de paiement au débiteur. d’intégrer dans le champ contractuel une incertitude qui va
-le Terme peut être stipulé dans l’intérêt du débiteur, du affecter la viabilité.
créancier ou des deux parties. Condition resolutoire
La déchéance du terme : garanties que demande le créancier au L’evenement dépend de l’anéantissement de l’obligation.
débiteur (cautionnement/hypothèque) permet la déchéance du
terme. Critère : evenement incertain s’appreciant au moment de la
formation du contrat. Suspend l’obligation.
Terme extinctif :
-évènements qui va conduire à l’extinction de l’obligation. La
JPC reconnaît la possibilité de continuer le contrat malgré le
terme en cas de tacite reproduction (=renouvellement
automatique).

Selon l’article 1305 du code civil > Le TERME est une modalité de l’obligation qui fait dépendre l’exigibilité
de cette dernière de la survenance d’un événement futur et certain. Le terme se distingue donc de la
condition à deux égards:
-Premièrement, le terme n’affecte pas l’existence de l’obligation, mais seulement son exigibilité :
l’obligation existe dès la conclusion du contrat, mais son exécution ne peut pas être exigée par le créancier
avant que le terme ne soit échu.
-Deuxièmement, seul un événement certain peut être érigé en terme, alors que seul un événement
incertain peut être érigé en condition. Il faut comprendre par-là qu’il doit être certain que l’événement se
réalisera, mais la date de sa réalisation peut être incertaine.

Il faut bien comprendre que le terme, qu’il soit dit certain ou incertain, est toujours un événement dont la
réalisation est certaine : seule la date de sa réalisation est certaine ou incertaine. Ainsi, la mort d’une
personne est un terme incertain, car on ne peut jamais savoir avec certitude la date à laquelle une personne
mourra, mais il s’agit d’un événement dont la réalisation est certaine, car il est certain que ladite personne
mourra tôt ou tard. Si la réalisation de l’événement est incertaine, alors il s’agit d’une condition et non d’un
terme. Le terme peut être exprès ou tacite (article 1305-1, alinéa 1er). Lorsque les parties ont affecté
l’obligation d’un terme suspensif, mais que le délai du terme n’est ni déterminé, ni déterminable
indépendamment d’un nouvel accord de volonté des parties, le juge peut fixer ce délai (article 1305-1,
alinéa2). Le juge doit alors, pour fixer ce délai, prendre en considération la nature de l’obligation et la
situation des parties.

La conception retenue de la CONDITION est classique (article 1304). « L’obligation est conditionnelle
lorsqu’elle dépend d’un événement futur et incertain » (alinéa 1er). On comprend par cette formule que la
condition affecte l’existence même de l’obligation. Il s’agit d’une première différence avec le terme qui
n’affecte pas l’existence de l’obligation, mais seulement son exigibilité. La seconde différence essentielle
avec le terme est que la condition fait dépendre l’existence de l’obligation de la réalisation d’un événement
futur et incertain, alors que le terme fait dépendre l’exigibilité de l’obligation de la réalisation d’un
événement futur et certain. Autrement dit, seul un événement dont on n’est pas certain qu’il se réalisera peut
en principe être érigé en condition. Le terme affecte seulement la durée de l’obligation en précisant son
point de départ ou sa fin, quelle que soit cette durée, l’obligation existe ou a existé alors que la condition
subordonne l’existence même de l’obligation.

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Ainsi, la mort d’une personne physique est un événement qui ne peut être érigé en condition, car toute
personne est mortelle et il est donc certain que ladite personne mourra un jour.
En résumé, la condition est un évènement futur et incertain dont la réalisation fera naître l’obligation
(condition suspensive, article 1304, alinéa 2) ou anéantira l’obligation (condition résolutoire, article 1304, al. 3)

Dans l’ancien droit, distinction entre ces trois conditions:


-LA CONDITION CASUELLE
L’ancien article 1169 du Code civil définissait cette condition comme « celle qui dépend du hasard, et qui
n’est nullement au pouvoir du créancier ni du débiteur ».
Ainsi, selon cette disposition, la condition casuelle est celle dont la réalisation est totalement indépendante
de la volonté des parties. Elle peut dépendre de la survenance :
-Soit du fait de la nature
-Soit du fait d’un tiers

-LA CONDITION POTESTATIVE


L’ancien article 1170 du Code civil définissait cette condition comme « celle qui fait dépendre l’exécution de
la convention d’un événement qu’il est au pouvoir de l’une ou de l’autre des parties contractantes de faire
arriver ou d’empêcher ». La condition potestative constitue de la sorte l’exact opposé de la condition
casuelle. Sa réalisation n’est nullement indépendante de la volonté des parties. Bien au contraire, elle
dépend du pouvoir de l’une d’elles qui, discrétionnairement, peut décider de réaliser ou non la condition.
Au fond cette prérogative, que confère la condition potestative à l’une des parties, l’autorise à imposer à sa
volonté à son cocontractant. Aussi, cela a-t-il conduit le législateur à distinguer deux hypothèses :
-La condition subordonne l’existence de l’obligation à la seule volonté du débiteur
Dans cette hypothèse la condition potestative est nulle.
-La condition subordonne l’existence de l’obligation à la seule volonté du créancier
Dans cette hypothèse la condition potestative est valable.
Parfois, il apparaîtra pour le moins délicat de déterminer si l’on est ou non présence d’une condition
potestative, spécialement lorsqu’elle sera en concours avec la qualification de condition alternative.

-LA CONDITION MIXTE


L’ancien article 1171 du Code civil définissait cette condition comme « celle qui dépend tout à la fois de la
volonté d’une des parties contractantes, et de la volonté d’un tiers».
Contrairement à la condition potestative, la condition mixte comporte un aléa puisque que sa réalisation
dépend, pour partie, à la volonté d’un tiers. Il en résulte qu’elle est pleinement valable.
Exemple: les parties subordonnent la réalisation d’une vente immobilière à l’obtention, par l’acquéreur, d’un
prêt. Le legislateur n’a pas souhaité garder ces distinctions, et fait la distinction entre la condition suspensive
(=condition qui suspend la naissance de l’obligation jusqu’à ce que l’evenement prévu arrive) et la condition
résolutoire (=qui conditionne la résolution de l’obligation).

-LA CONDITION SUSPENSIVE :


Le nouvel article 1304 du code civil prévoit, en son alinéa 2 que « la condition est suspensive lorsque son
accomplissement rend l’obligation pure et simple ».
La condition suspensive est de la sorte celle qui suspend la naissance de l’obligation à la réalisation d’un
événement futur et incertain. Le rapport au Président de la République précise que « en présence d’une
condition suspensive, la naissance de l’obligation est suspendue à l’accomplissement de cette condition :
tant que la condition n’est pas réalisée, l’obligation conditionnelle n’existe qu’en germe, seul
l’accomplissement de la condition rend l’obligation pure et simple».
Deux hypothèses sont alors envisageables :
-La condition suspensive se réalise. L’obligation est confirmée dans sa création, dès lors, le
contrat devient efficace : il peut recevoir exécution.
-La condition suspensive ne se réalise pas. L’obligation est réputée n’avoir jamais existé
La conséquence en est que si elle constituait un élément essentiel du contrat, l’acte est frappé de caducité.
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-LA CONDITION RÉSOLUTOIRE :
Le nouvel article 1304 du Code civil prévoit en son alinéa 3 que la condition « est résolutoire lorsque son
accomplissement entraîne l’anéantissement de l’obligation».
Ainsi, la condition résolutoire est celle qui, si elle se réalise, menace de disparition une obligation qui existe
déjà. Plus précisément, selon le rapport au Président de la République « en présence d’une condition
résolutoire, l’obligation naît immédiatement et produit tous ses effets, mais son anéantissement est
subordonné à l’accomplissement de la condition ».
Exemple : Les parties prévoient que, en cas de nom paiement du loyer à une échéance déterminée, le bail
est résilié de plein droit.

L’obligation à sujets multiples est celle où il existe, pour la même obligation, plusieurs créanciers ou plusieurs
débiteurs >
Obligation conjointe
Il s’agit de l’obligation qui se divise entre les débiteurs ou les créanciers. C’est l’état par défaut d’une
obligation à pluralité de sujets, par opposition à l’obligation solidaire. Concrètement, cela signifie qu’un
débiteur ayant plusieurs créanciers doit diviser entre eux le paiement. Un créancier ayant plusieurs débiteurs
devra faire de même pour les débiteurs. En cas de litige, assigne chacun d’eux pour sa part > division des
poursuites. La division de la quote-part se fait à parts égales (parts viriles) sauf s’il en a été stipulé autrement.
Une fois la part de chacun établie, chaque créancier ne peut réclamer le paiement que pour sa part, chaque
débiteur ne doit payer que sa part.

Obligation solidaire
Il s’agit de l’obligation établissant entre les sujets un lien de droit téléphone qu’il facilite le paiement > en
permettant au débiteur de payer n’importe lequel des créanciers solidaires; en permettant au créancier de
réclamer à un seul des débiteurs solidaires le paiement du tout.

-Solidarité active
C’est la situation où un débiteur est tenu envers plusieurs créanciers. Elle permet à n’importe lequel des
créanciers d’exiger du débiteur la totalité du paiement. Le paiement fait entre les mains de n’importe lequel
créancier libère le débiteur pour le tout > article 1311 du code civil : « la solidarité entre créanciers permet à
chacun d’eux d’exiger et de recevoir le paiement de toute la créance. Le paiement fait à l’un d’eux, qui en
doit compte aux autres, libère le débiteur à l’égard de tous. Le débiteur peut payer l’un ou l’autre créancier
solidaires tant qu’il n’est pas poursuivi par l’un d’eux ».
Cette solidarité ne se présume pas et doit être expresse > légale ou conventionnelle.

La solidaritéactive offre aux créanciers la qualité pour recouvrer et sauvegarder la créance, mais sans pouvoir
en disposer > les créanciers doivent ensuite se répartir le paiement entre eux, en fonctionne de leur quote-
part respective. Ainsi, chacun des créanciers peut exiger ou recevoir le paiement de la totalité de la créance,
ainsi qu’en donner la quittance au débiteur. Le débiteur peut choisir celui qu’il paiera (sauf s’il est poursuivi).
La mise en demeure d’un créancier produit ses effets pour tous les créanciers. Une interruption ou suspension
de la prescription produira ses effets pour tous les créanciers.

-Solidarité passive
Institution beaucoup plus utilisée en raison des garanties qu’elle offre aux créanciers. Les débiteurs solidaires
sont tenus du paiement de la totalité de l’obligation, peu importe leur quote-part réelle dans la dette. Il suffit
donc pour le créancier d’agir contre le débiteur le + solvable. Source légale :
-la solidarité pour cause de communauté d’intérêts : solidairté qui s’explique par une
situation juridique commune aux débiteurs (exemple: époux pour les dettes du ménage).
-la solidarité pour faute commune
-la solidarité pour garantie de crédit
Source conventionnelle: la solidarité doit être expressement stipulée. Sauf en matière commerciale.

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Effets de la solidarité passive :
L’OBLIGATION À LA DETTE > le créancier peut réclamer l’intégralité de sa créancier à l’un des codébiteurs
solidaires car il y a unicité de la dette + pluralité des liens obligatoires.
Si l’un des codébiteurs paie la totalité de la dette, il libère les autres à l’égard de créancier.
Opposabilité des exceptions :
Article 1315 du code civil: « Le débiteur solidaire poursuivi par le créancier peut opposer les exceptions qui
sont communes a tous les codébiteurs, telles que la nullité ou la résolution, et celles qui lui sont
personnelles ».
-l’exception commune est celle inhérente à la dette (unicité de la dette) cela peut toucher à la validité
de la dette, qui concerne les modalités de l’obligation, relatives à l’extinction.
-l’exception personnelle peut être invoquée que par le codébiteur concerné.

CONTRIBUTION À LA DETTE
Qui va supporter le poids de la dette ? Si les deux codébiteurs sont solidaires et intéréssés à la dette, ils
doivent tout deux supporter le poids de la dette. Le codébiteur qui a payé (le solvens) va disposer d’un
recours contre l’autre codébiteur pour obtenir sa part.
Le recours du codébiteur solidaire a 2 fondements :
-Personnel : car le seul fait de payer la dette avec les autres donne le droit d’exiger des autres le
paiement de leur part > on devient créancier des autres codébiteurs.
-Subrogatoire : constitue à se substituer dans les droits de quelqu'un d’autre, celui qui a payé le
créancier va prendre la place du créancier. Limite : le codébiteur solidaire qui a payé ne beneficie pas de la
solidarité des codébiteurs sauf s’il y a eu un cautionnement.
Les codébiteurs bénéficient d’une remise de solidarité > le créancier fait beneficier l’un des codébiteurs
solidaires la division de la dette (ne beneficie qu’au débiteur à qui le créancier l’a donné).

Solidarité in solidum
Ne se présume pas, effets secondaires font peser une lourde charge sur les codébiteurs. Il y a obligation in
solidum lorsque plusieurs personnes sont tenus d’une même dette sans qu’il y ait solidarité. Le créancier peut
demander le paiement de la totalité de sa créance à l’un quelconque des débiteurs, qui va libérer les autres.
Création jurisprudentielle qui va permettre au créancier de demander à l’un des coresponsables la totalité de
la créance > les coauteurs sont tenus in solidum.
Domaine d’application limité > s’applique en matière de responsabilité civile. Il faut un dommage unique et
un lien de causalité entre le fait et le dommage unique.

-rapports entre la victime et les coauteurs : la victime peut demander le dédommagement à n’importe
lequel des coauteurs qui va libérer les autres coauteurs.
-rapports entre coauteurs : possèdent un recours envers les autres coauteurs, se fait en fonction de la
gravité des faits, la division peut se faire par parts égales.

L’OBLIGATION PLURALE

Obligation cumulative
Article 1306 du code civil : « l’obligation est cumulative lorsqu’elle a pour objet plusieurs prestations et que
seule l’exécution de la totalité de celles-ci libère le débiteur ». Les parties ont voulu lier différentes
obligations, le débiteur ne sera libéré que s’il fournit toutes les prestations.

Obligation alternative
Article 1307 du code civil : « l’obligation est alternative lorsqu’elle a pour objet plusieurs prestations et que
l’exécution de l’une d’elles libère le débiteur ». Pluralité de prestations + liberation si une est exécutée.
Le choix de la prestation appartient au débiteur > délai raisonnable mais choix définitif.

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Obligation facultative
Article 1308 du code civil : « l’obligation est facultative lorsqu’elle a pour objet une certaine prestation mais
que le débiteur a la faculté, pour se libérer, d’en fournir une autre ». Remplacée par une equivalence. Si
l’obligation initiale ne peut être exécutée en raison de la force majeure, le débiteur est libéré.

OBLIGATION À PRESTATION INDIVISIBLE


Article 1320 du code civil : « Chacun des créancier d’une obligation à prestation indivisible, par nature ou par
contrat, peut en exiger et en recevoir le paiement intégral, sauf à rendre compte aux autres; mais il ne peut
seul disposer de la créance ni recevoir le prix au lieu de la chose ». Lorsqu’il y a plusieurs débiteurs,
l’indivisibilité de la prestation permet de réclamer au débiteur la totalité de la prestation. Cette technique
produit des effets voisins de la solidarité, qui lui est généralement préférée. L’obligation citée à l’article 1320
est dite absolue lorsque l’objet de l’obligation n’est pas matériellement divisible (obligation de ne pas faire,
de livrer un animal vivant...). Elle est dite relative lorsqu'elle l’objet, matériellement divisible, n’est pas
susceptible d’exécution fractionnée.

L’intérêt de cette prestation est lorsqu’il y a une pluralité de débiteurs > « chacun des débiteurs d’une telle
obligation en est tenu pour le tout; mais il a ses recours en contribution contre les autres ». Il y a plusieurs
liens obligatoire mais unicité de l’objet > chaque débiteur doit fournir la totalité de la prestation de la dette.
L’effet essentiel de l’obligation est d’éviter un fractionnement actif ou passif du paiement.
-indivisibilité active : il y a plusieurs bailleurs et locataires > objet = paiement du loyer où chaque
bailleur peut demander à chaque locataire le paiement total du loyer et lorsque le paiement aura lieu, il sera
divisé.
-indivisibilité passive : pluralité de liens obligatoires> le créancier dispose d’autant d’actions qu’il n’a
de débiteur. Lorsqu’un lien obligatoire disparait pour nullité alors les autres liens ne seront pas facetté par
cela car principe de pluralité des liens obligatoires.

EXTINCTION DE L’OBLIGATION

PAIEMENT = l’extinction de l’obligation à la suite de son exécution volontaire par le débiteur, article 1342 du
code civil : « le paiement est l’exécution volontaire de la prestation due ». En droit, le paiement est en effet
l’exécution volontaire de toute obligation, quel qu’en soit l’objet. On se libère ainsi par le paiement d’une
obligation de somme d’argent, de livraison d’une chose, d’une obligation de faire.
>effet libératoire (quand le débiteur a remis le chèque) + effet exctinctif (quand le créancier a encaissé le
chèque). Ainsi = acte volontaire dont le résultat est l’extinction de la créance.

Le paiement était traditionnement considéré comme un acte juridique, résultant d’une convention entre le
débiteur qui exécute l’obligation et le créancier qui accepte le paiement. Analyse contestée par la doctrine
contemporaine qui propose de qualifier le paiement de fait juridique, car son effet exctinctif n’est pas lié à
l’accord de volonté entre le créancier et le débiteur mais à la loi. Confirmée par la JPC récemment.
Le paiement sert à éteindre l’obligation (extinction des obligations) + libère le débiteur (libération).
Où l’obligation exigible doit-elle être exécutée ?
-prestation en nature = le créancier doit se déplacer afin d’obtenir satisfaction.
-prestation monétaire = le débiteur doit se déplacer.

Parties au paiement
Le solvens : la personne qui effectue le paiement, plus généralement le débiteur ou son représentant. Le
paiement, selon l’article 1342-1, admet qu’il puisse être fait même par une personne qui n’y est pas tenue.
Ainsi, le créancier est tenu d’accepter le paiement même si celui-ci n’est pas exécuté par le débiteur tant qu’il
est conforme à l’objet de sa créance (le paiement avec subrogation).
L’accipiens : la personne qui reçoit le paiement. Il s’agit par principe du créancier, ou de son représentant.
Article 1342-2 du code civil : « le paiement doit être fait au créancier ou à la personne désignée pour le
recevoir ».
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Modalités du paiement
Une fois le montant de la dette determiné, elle peut être payée en espèces ayant cours légal, billets de
banque ou monnaie métallique + monnaie scripturale + monnaie électronique.
Le paiement partiel ou par dation > le créancier ne peut se voir imposer un paiement partiel « même si la
prestation est divisible ». On dit qu’il y a dation en paiement lorsque le débiteur transfère la propriété d’un
de ses biens à son créancier, qui accepte de le recevoir à la place et en paiement de la prestation due. La
dation en paiement (=la possibilité pour le créancier de recevoir en paiement autre chose que ce qui lui est
dû) est désormais admise à l’article 1342-4 du code civil. Il s’agit donc d’un accord de volontés des parties au
paiement, dont le juge doit constater l’existence de l’acte juridique. La perte de la chose devra être
supportée par le propriétaire > le débiteur est tenu de restituer le corps certain dans l’état où il se trouve
mais pourra voir sa responsabilité engagée en cas de détérioration.
Le paiement doit être fait dès que la dette est exigible + principe de quérabilité qui impose le paiement au
domicile du débiteur. Effet extinctif (eteint la créance) + effet translatif (transfert de propriété).

L’imputation des paiements > les règles qui régissent l’ordre dans lequel le débiteur de plusieurs dettes doit
s’en acquitter. Le débiteur a le choix de l’ordre dans lequel il paie ses dettes : « le débiteur de plusieurs
dettes peut indiquer, lorsqu’il paie, celle qu’il entend acquitter » article 1320-10 du code civil. L’imputation se
fait d’abord sur les dettes échues, si les dettes sont toutes échues/toutes non échues, l’imputation se fait sur
la dette que le débiteur avait le plus d’intérêt à régler. Ou sinon sur la dette la plus ancienne.

Régime propre aux obligations monétaires


La monnaie est d’abord un signe auquel on attribue une valeur > le principe est celui du paiement en
espèces en monnaie fiduciaire mais le paiement par chèque, par monnaie électronique (CB) ou encore par
virement bancaire sont possibles. Article 1343 du code civil : « le débiteur d’une obligation de somme
d’argent se libère par le versement de son montant nominal. Le montant de la somme d’argent due peut
varier par le jeu de l’indexation ».

>PRINCIPE DU NOMINALISME MONÉTAIRE = ainsi, selon l’article 1343, même si la valeur de la monnaie a varié, le
debiteur devra payer la somme numérique prévue au contrat.
-LA CLAUSE D’INDEXATION = le législateur peut autoriser les parties à prendre en compte la variation
du pouvoir libératoire de la monnaie dans le temps par le biais de cette clause. Peut faire varier le montant
de la somme due. Les parties peuvent ainsi se prévaloir des fluctuations monétaires. Le code monétaire et
financier interdit « toute clause prévoyant des indéxations fondées sur le salaire minimum de croissance, sur
le niveau général des prix ou des salaires ou sur le prix des biens, produits et servies n’ayant pas de relation
directe avec l’objet du statut ou de la convention ou avec l’activité de l’une des parties ».
principe d’interdiction de l’indexation automatique des biens et des services mais exception : il est possible
d’adopter une indexation qui est en relation directe avec l’objet de la convetnion ou l’activité des parties et
c’est la JP qui enonce quand la relation directe existe.
-si la clause d’indexation est valable, la dette est variable donc le montant va augmenter dans le
temps. Si l’indice disparait, on admet que le juge puisse procéder à une substitution de l’indice.
-si la clause d’indexation est illicite, on va considerer que la nullité ne frappe que la clause
d’indéxation (ne remet pas en cause le contrat).

Exception au principe du nominalisme monétaire > Article 1343 alinéa 3 : « Le débiteur d’une dette de
valeur se libère par le versement de la somme d’argent résultant de sa liquidation », soit d’une somme
d’argent actualisée, qui peut varier selon les circonstances. L’intérêt de la dette de valeur est que sur la durée
elle intègre la valorisation des biens mais aussi un pouvoir d’achat plus important des unités monétaires.

>l’obligation avec intérêts = en cas de paiement avec intérêts, le paiement s’impute d’abord sur les intérêts,
puis sur le capital. L’intérêt constitue une technique permettant de se prémunie contre la dépréciation
monétaire et donc de contourner le principe du nominalisme monétaire. Doit necessairement être stipulé.

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Les intérêts ayant couru sur une année entière, peuvent produire des intérêts = capitalisation des intérêts
(anatocisme).

LES GARANTIES GÉNÉRALES D’EXÉCUTION


L’ACTION OBLIQUE : article 1341-1 du code civil : « lorsque la carence du débiteur dans l’exercice de ses droits
et actions à caractère patrimonial compromet les droits de son créancier, celui-ci peut les exercer pour le
compte de son débiteur, à l’exception de ceux qui sont exclusivement rattachés à sa personne ». Ainsi, cette
action oblique permet à un créancier d’exercer à la place de son débiteur les droits et actions que celui-ci
néglige d’exercer contre son propre débiteur.
L’action oblique constitue un mécanisme de représentation où le créancier n’a la qualité d’agir que si son
débiteur est inactif. Si le débiteur a commencé à agir, le créancier n’a plus la qualité à agir. Mais actions et
droits qu’à caractère patrimonial = ceux qui ont une valeur pécuniaire directe.

Conditions d’exercice de l’action oblique > il faut que les droits du créancier soient compromis + il faut que
le débiteur fasse preuve d’une carence en ce qu’il ne demande pas à bénéficier de la prestation qui lui a été
promise par son débiteur.
Effets > le créancier exerce les droits de son débiteur.

L’ACTION PAULIENNE : vise à sanctionner la fraude, la fraude au droit du créancier. Principe selon lequel le
débiteur est libre sans la gestion de son patrimoine où le créancier n’a pas de droit de regard sur cette
gestion. Action personnelle du créancier dirigée contre le tiers qui a traité avec le débiteur > article 1341-2 :
« le créancier peut aussi agir en son nom personnel pour faire déclarer inopposables à son égard les actes
faits par son débiteur en fraude de ses droits, à charge d’établir, s’il s’agit d’un acte à titre onéreux, que le
tiers cocontractant avait connaissance de la fraude » tous les actes juridiques du tiers peuvent être attaqués. Il
y a des actes exclus du domaine de l’action paulienne > action en partage.
-en présence d’un acte à titre onéreux, dans lequel un débiteur reçoit une contre partie monétaire,
cette opération là est opposable au créancier sauf s’il démontre que le tiers est un complice du débiteur dans
la fraude.
-en présence d’un acte à titre gratuit, le créancier n’a pas besoin de démontrer la fraude du tiers
ratifié.
Effets> n’entraîne pas la nullité de l’opération frauduleuse, la sanction est l’inopposabilité, l’opération est
censée ne pas avoir eue lieu à l’égard du créancier qui agit.

L’ACTION DIRECTE : article 1341-3 du code civil « le créancier peut agir directement en paiement de sa créance
contre un débiteur de son débiteur ». Dérogation à l’effet relatif de l’obligation > l’action directe permet à C
d’agir vers A.

CONDITIONS DE L’EXÉCUTION FORCÉE


Article 1341 du code civil : « le créancier a droit à l‘exécution de l’obligation; il peut y contraindre le débiteur
dans les conditions prévues par la loi ». Il faut d’abord que l’on soit en présence d’une obligation civile et non
d’une obligation naturelle + la créance invoquée doit être certaine et exigible (arrivée à échéance) + la
créance doit être constatée par un titre exécutoire (acte notarié ou décision judiciaire) + le débiteur doit avoir
officiellement été invité à exécuter par une mise en demeure.

La mise en demeure du débiteur


Article 1344 du code civil: « le débiteur est mis en demeure de payer soit par une sommation ou un acte
portant interpellation suffisante, soit si le contrat prévoit par la seule exigibilité de l’obligation ». La mise en
demeure a lieu par sommation (acte officiel dans lequel est dit au débiteur le fait de le sommer d’exécuter
son obligation ou de faire tout acte qui implique de lui dire qu’il doit exécuter). Lorsque la créance est une
somme d’argent, la mise en demeure fait courir les intérêts de retard (intérêts moratoires) sans avoir à
demontrer un quelconque préjudice.

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La mise en demeure du créancier
Lorsqu’un créancier fait en sorte de ne pas recevoir ce qui lui est du. Le débiteur peut le mettre en demeure,
cela arrêt le cours des intérêts et met les risques du bien sur la tête du créancier. Le créancier a deux mois
pour mettre fin à son obstruction, si au terme du délai il ne le fait pas :
-obligation qui porte sur une somme d'argent > le débiteur peut consigner la somme à la caisse
des dépôts et des consignations, qui liberera le débiteur.
-obligation porte sur la livraison d’une chose > le débiteur peut la confier à titre de dépôt à un
gardien professionnel. S’il n’est pas possible de consigner le bien, le juge pourra exiger la vente et l’argent
dégagé sera consignée.
-obligation porte sur une chose > le débiteur sera libéré après le délai de 2 mois.

LE DROIT DE GAGE DU CRÉANCIER


Article 2284: « Quiconque s'est obligé personnellement, est tenu de remplir son engagement sur tous ses
biens mobiliers et immobiliers, présents et à venir ».
Article 2285: « Les biens du débiteur sont le gage commun de ses créanciers ; et le prix s'en distribue entre
eux par contribution, à moins qu'il n'y ait entre les créanciers des causes légitimes de préférence ».
Le créancier qui n’a pas de droit spécial sur un bien particulier du débiteur a le droit de se payer non
seulement sur les biens qui existent dans le patrimoine du débiteur et sur les biens qui vont venir l’alimenter.
Tout créancier a un droit de gage général, ce patrimoine a vocation à satisfaire tous les créanciers donc
égalité des créanciers. Les créanciers sont tous égaux, mais égalité ne peut pas dire identité de traitement. Si
un créancier est plus rapide pour obtenir le paiement alors il obtiendra tout et les autres n’auront rien.

LES FORMES DE L’EXÉCUTION FORCÉE


La force de l’obligation juridique est qu’elle bénéficie de la puissance de l’Etat > intervention étatique afin de
contraindre le débiteur à executer son obligation.
-la saisie juridique: permet de placer le débiteur sous-main de la justifie et de se payer sur les unités
monétaires qui résulteront d’une vente forcée du bien.
-l’astreinte: le cas où le créancier obtient la condamnation du débiteur devant le juge > le juge
condamne le débiteur a exécuter son obligation et précise que s’il ne l’exécute pas il devra une certaine
somme d’argent en plus par jour de retard.

Si le paiement de ce qui était dû au créancier constitue le mode normal d’exctinction des obligations, celles-
ci peuvent aussi s’éteindre moyennant une forme de satisfaction autre que celle initialement prévue. Forme
de satisfaction immédiate > dation en paiement + compensation + confusion...

LA COMPENSATION
Article 1347 du code civil « La compensation est l’extinction simultanée d’obligations réciproques entre deux
personnes. Elle s’opère, sous réserves d’être invoquée, à due concurrence, à la date ou ses conditions se
trouvent réunies ». Le code civil comprend désormais des dispositions générales communes à toutes les
formes de compensations puis des dispositions spécifiques aux compensations judiciaires.
La compensation est l’extinction simultanée de deux obligations de même nature existant entre deux
personnes réciproquement créancières et débitrices l’une de l’autre. C’est un procédé de règlement simplifié.
Si les obligations sont de montants inégaux, elle s’opère à concurrence du montant le plus faible. Ainsi, la
compensation s’analyse en un mode d’extinction simplifié des obligations et c’est à ce titre que le code civil
l’envisage.

Un mode d’exctinction simplifié > compensation s’apparente à un paiement abrégé. Elle suppose que les
obligations en cause soient réciproques mais aussi qu’elles aient des objets fongibles (que l’on peut
remplacer par une chose du meme genre équivalente >argent). La compensation se traduit par une dispense
totale ou partielle accordée à chaque débiteur d’avoir à payer sa dette. S’analyse comme une exctinction de
l’obligation par satisfaction indirecte du créancier.

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Une garantie de paiement > si l’une des parties à la compensation est insolvable, normalement la partie
solvable devrait payer l’intégralité de sa dette et entrer en concours avec les autres créanciers de l’insolvable
quant au recouvrement de sa créancie. Or, dans la compensation, elle se paiera de sa créance en imputant
sur son montant celui de sa dette et échappera au concours des autres créanciers. En ce sens, la
compensation ne permet pas simplement à la partie qui s’en prévaut de se payer par préférence sur
l’élément d’actif qu’est la créance dont l’autre partie est titulaire à son encontre.

LA COMPENSATION DES DETTES CONNEXES


La compensation légale :
-les conditions positives : pour que la compensation puisse s’opérer, il faut, comme l’indique l’article
1347 une réciprocité d’obligations entre deux personnes > les parties doivent être débitrices l’une envers
l’autre. Nulle compensation ne peut être envisagée entre « deux obligations dans lesquelles les parties ne
figurent pas en la même qualité » JP du 7 février 1983.
La condition de reciprocité implique également que le débiteur d’une créance transférée à autrui ne puisse
plus, postérieurement au transfert, invoquer la compensation avec une dette contractée envers lui par son
créancier originaire. Les obligations doivent être non seulement réciproques mais également fongibles. A
contrario, sont exclues du domaine de la compensation les obligations de faire, de ne pas faire...

-les conditions empruntées au régime du paiement : réglés obligations réciproques doivent être
certaines et liquides pour être éligibles à la compensation. La liquidité suppose que les obligations
réciproques soient déterminées dans leur montant et certaines dans leur existence.
La compensation ne peut jouer que si les obligations réciproques sont exigibles. Une créance non échue ne
peut entrer en compensation avec une dette échue. Le délai de grâce ne fait pas obstacle à la compensation.

Les obstacles à la compensation


-les obstacles relatifs : il existe des créances qui ne peuvent faire l’objet d’une compensation en
raison de leur qualité > article 1347-2 « les créances insaisissables et les obligations de restitution d’un dépôt,
d’un prêt à usage ou d’une chose dont le propriétaire a été injustement privé ne sont compensables que si le
créancier y consent ». Les créances insaisissables ne sont pas susceptibles de compensation. Le défaut de
fongibilité des créances réciproques suffit à rendre la compensation impossible.

-les obstacles généraux : si l’une des créances a fait l’objet d’une saisie ou encore si une procédure
collective a été ouverte, la condition de réciprocité ne sera plus remplie.
Article 1347-7 : « la compensation ne préjudicie pas aux droits acquis par des tiers ». Si les conditions de la
compensation étaient réunies avant la date de la saisie (saisie-attribution qui emporte attribution immédiate
de la créance au créancier saisissant et la saisie conservatoire qui rend aussitôt la créance indisponible) le
débiteur pourra s’en prévaloir > la saisie tombera dans le vide. En revanche, après la date de la saisie, le
débiteur qui ne peut valablement se libérer entre d’autres mains que celles du créancier saisissant, ne saurait
davantage lui opposer la compensation au mépris de son droit.
Ouverture d’une procédure collective : la compensation légale ne peut plus s’opérer postérieurement au
jugement prononçant l’ouverture d’une procédure collective du code de commerce contre le débiteur
(redressement ou liquidation)...
Mécanisme de la compensation légale
Auparavant, le mécanisme compensatoire se déclenchait automatiquement du seul fait de La Réunion des
conditions légales. Désormais « s’opère, sous réserve d’être invouée, à due concurrence, à la date où ses
conditions sont réunies ». Remis à la volonté des parties.

La compensation judiciaire
Article 1348 du code civil : « la compensation peut être prononcée en justice, même si l’une des obligations,
quoique certaine, n’est pas encore liquide d'où exigible » + article 70 du code de procédure civile : « les
demandes reconventionnelles ou additionnelles ne sont valables que si elles se rattachent aux prétentions
originaires par un lien suffisant ».
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Ainsi, la compensation judiciaire est celle qui peut être accordée par le juge sur demande reconventionnelle
d’un défendeur qui, poursui en paiement, ne peut invoquer la compensation légale car les conditions ne sont
pas toutes réunies. Si a compensation judiciaire peut permettre de pallier l’absence originaire d’une condition
positive de la compensation légale, elle ne peut aboutir à surmonter un eventuel obstacle au jeu de cette
derniere.

-absence d’une condition positive de la compensation légale : selon un principe énoncé par la cour
de cass, le 30 juin 1993, la compensation judiciaire pouvait s’opérer au moyen d’une demande
reconventionnelle formée par la partie dont la créance ne réunissait pas encore toutes les conditions requises
pour la compensation légale. La compensation judiciaire était donc impossible si les obligations ne
présentaient pas

Il y a compensation lorsque deux parties sont réciproquement créancières l’une de l’autre et que leurs dettes
respectives s’eteignent à concurrence de la plus faible (exemple: A doit 100 à B, qui lui doit 75. A ne doit
plus que 25 à B, et B ne lui doit plus rien). Simplifie les paiements et donne au créancier l’équivalent d’une
sureté.

Compensation légale : conditions : dettes réciproques, fongibles, liquides, certaines et exigible


-une dette est certaine quand elle est née, lorsque ses éléments constitutifs sont incontestablement
réunis et que son existence n’est pas subordonnée à la survenance incertaine d’un evenement futur.
La compensation éteint la dette, avec tous ses accessoires, notamment les suretés qui garantissaient le
créancier. Si les deux étaient inégales, elle interrompt en outre la prescription de la plus forte, qui demeure
pour l’excédent.

Compensation judiciaire est prononcée par le juge lorsque manque à une des dettes réciproques la
condition de liquidité ou d’exigibilité; elle suppose remplir les autres conditions de la compensation légale,
notamment celles de certitude et de fongibilité. Lorsqu’en outre les dettes croisées sont connexes, le juge ne
peut refuser d’en ordonner la compensation au motif qu’elles ne seraient ni liquides, ni exigibles : la
connexité est un substitut aux conditions d’exigibilité et de liquidité; elle est d’une grande vigueur puisqu’elle
contraint le juge à admettre la compensation alors que la compensation judiciaire est normalement
facultative.

LA CONFUSION
= réunion sur une même dette de deux qualités contradictoires. Il y a confusion lorsqu’un débiteur est
débiteur de lui-même. Résulte d’une transmission de droit. Lorsque la double qualité se trouve sur la même
personne, il se produit une extinction des créances et dettes.
Article 1349 du code civil « la confusion résulte de la réunion des qualités de créancier et de débiteur d’une
même obligation dans la même personne. Elle éteint la créance et ses accessoires, sous réserve de droits
acquis par ou contre des tiers ».
Effets > lorsque cette double réunion de créanicer et débiteur est sur une même personne, il y a extinction
de l’obligation.

L’EXTINCTION DE L’OBLIGATION SANS LA SATISFACTION DU CRÉANCIER

La prescription extinctive
La prescription en droit est le temps qui s’écouler, qui peut faire acquerir des droits (prescription acquisitive)
ou qui peut entrainer la perte de droit (prescription extinctive).
Délais > délai de droit commun énoncé à l’article 2224 du code civil disposant que les actions personnelles
ou mobilières se prescrivent par 5 ans à compter du jour où le titulaire d’un droit a connu ou aurait du
connaitre les faits lui permettant de l’exercer. Ce délai quinquennal s’applique à toutes les créances
personnelle ou mobilières. L’action en nullité est soumise à cette prescription quelque soit sa nature.

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Il existe des délais spéciaux > en matière de responsabilité dans le cadre de la construction immobilière la
garantie est dite décennale.
Le legislateur a supprimé la catégorie des créances périodiques et soumet désormais les créances au délai de
droit commun. L’article 2224 indique le point de départ du délai, critère assez subjectif. La prescription
possède un délai butoir. La prescription peut être suspendue et peut avoir une origine conventionnelle. Elle
peut également être interrompue (rupture dans le flux temporel). L’interruption peut résulter d’un acte de
volonté d’être payé le créancier va interpeler son débiteur > délai de 5 ans.
Le délai de prescription peut faire l’objet d’amenagement > peut être réduit (ne peut être inférieur à 1 an) ou
allongé (ne peut être supérieur à 10 ans).

Mise en oeuvre: L’effet extinctif de la prescription doit être invoqué par son bénéficiaire et le juge ne peut le
relever d’office. Irrecevable lorsqu’elle est soulevée la premiere fois devant la cour de cassation. Il peut y
avoir renonciation qui doit résulter d’un acte univoque.
Effets: La prescription extinctive est un mode d’extinction d’un droit résultant de l’inaction de son titulaire
pendant un certain laps de temps. A pour effet de libérer le débiteur, porte sur l’action dont est titulaire le
créancier. Elle ne fait disparaitre que l’obligation juridique.

La prescription est fondée sur l’inaction du créancier tandis que la forclusion (ou délai préfix) est un délai qui
insère dans le temps la possibilité d’agir par choix de politique juridique. Le législateur va fixer une durée de
vie à une prérogative.
Imprescriptibilité : l’ecoulement du temps et l’abstention du créancier n’emporte pas l’extinction de ce droit.
La prescription extinctive s’applique aux actions personnelles ou mobilières et l’imprescriptibilité ne concerne
que le droit de propriété. Les actions réelles et immobilières se prescrivent par trente ans à compter du jour
où le titulaire d’un droit a connu ou aurait du connaitre les faits lui permettant de l’exercer.

La remise de dette
Article 1350 du code civil > c’est la convention par laquelle le créancier libère le débiteur, qui l’accepte, étant
entendu qu’ici le silence pourrait valoir acceptation; mais il doit s’agir d’un véritable contrat. La remise de
dette n’est soumise a aucune condition particulière. Il s’agit d’un acte gratuit vu qu’il n’y a pas de
contrepartie de la part du débiteur. Le créancier aura un intérêt financier à abandonner une partie de sa
dette. Convention qui relève du droit commun des contrats (obligation de pré constitution d’un écrit si la
valeur est supérieure à 1500€). La remise volontaire par le créancier au débiteur de l’orginal sous signature
privée ou de la copie exécutoire de sa créance vaut présomption simple de sa libération. La remise doit être
volontaire et doit porter sur l’original. Debiteur présumé libéré > soit parce que le créancier lui a consenti une
remise de dette, soit parce que il a payé.

Effets > libération du débiteur + extinction de la créance et de ses accessoires. En cas de remise de dette
dans le cadre d’une pluralité de débiteur solidaire, si le créancier décide de libérer l’un des débiteurs, cela
profite aux autres débiteurs dans la mesure de la part qu’il incombait au débiteur solidaire.

Impossibilité d’exécuter : la force majeure est une cause d’exonération de responsabilité en matière
contractuelle. Elle peut entrainer soit la suspension de l’exécution de l’obligation, soit rendre impossible
l’exécution. Constitue egalement une cause de libération du débiteur > 1351 du code civil « l’impossibilité
d’exécuter la prestation libère le débiteur à due concurrence lorsqu’elle procède d’un cas de force majeure et
qu’elle est définitive, à moins qu’il n’ait convenu de s’en charger ou qu’il ait été préalablement mis en
demeure ».

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